Apprentissage des formes géométriques chez un enfant TAC
Apprentissage des formes géométriques chez un enfant TAC
1- Définition/classifications............................................................................................ 23
2- Epidémiologie ............................................................................................................ 24
3- Signes généraux ......................................................................................................... 25
4- Facteurs de risque ....................................................................................................... 26
5- Evolution .................................................................................................................... 27
6- Diagnostic .................................................................................................................. 27
1- Sous-groupes .............................................................................................................. 29
2- Comorbidités .............................................................................................................. 29
3- Compétences nécessaires à l’acquisition des formes géométriques chez le TAC ..... 31
Conclusion ................................................................................................................................ 38
PARTIE PRATIQUE
I- Bilans initiaux et diagnostic ............................................................................................. 39
1- Précision visuo-motrice.............................................................................................. 60
2- Perception visuelle ..................................................................................................... 63
3- Acquisition des formes géométriques ........................................................................ 63
Effectuant mon stage au Centre d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP), j’ai rencontré
Romain, scolarisé en moyenne section et admis au CAMPS pour suspicion de Trouble
d’Acquisition de la Coordination (TAC) . L’enfant était en grande difficultés dans de
nombreuses activités de coordinations motrices et particulièrement dans le graphisme, activité
qu’il tend à refuser. Je me suis alors demandée comment aider les enfants avec un TAC pour
progresser dans le graphisme, activité prégnante dans le cadre scolaire, et quel type de prise
en charge proposer à Romain afin qu’il améliore ses compétences graphomotrices , et ne
refuse plus ce type d’activités?
J’ai choisi de travailler principalement l’acquisition des formes géométriques élémentaires,
qui se mettent généralement en place entre 2 et 6 ans et constituant le socle de base du dessin
figuratif et de l’écriture.
1
PARTIE THEORIQUE
I- Développement de la graphomotricité
Le graphisme est une habileté qui requiert des compétences perceptivo-motrices. Lorsqu’il
réalise une activité graphique, l’enfant observe sa trace, il va aussi contrôler ses gestes. Il va
enfin donner un but à ses tracés : créer une forme, imiter un objet... Il s'agit là de trois niveaux
différents de l'activité : le niveau moteur, le niveau perceptif et le niveau de la représentation
définit par Lurçat . Ces compétences sont à la base du développement graphomoteur (Lurçat,
1983).
Au niveau moteur :
Dessin et écriture mettent en jeu le même système effecteur qui comprend deux articulations
proximales : l’épaule qui permet au bras de se mouvoir et le coude qui mobilise l’avant bras ;
ainsi que deux articulations distales : le poignet qui est responsable de la mobilité de la main
et la main qui met en mouvement les doigts. Les articulations proximales, responsables de la
production de traces de grande taille, sont matures plus précocement que les articulations
distales, qui permettent la formation de traces plus réduites et précises.
Les articulations proximales permettent l’organisation des différents tracés dans l’espace
graphique (composante topocinétique) tandis que les articulations distales vont plutôt être
concernées par la réalisation des formes graphiques (composante morphocinétique). (Chartel
et Vinter, 2004)
2
A cette époque, les traits verticaux sont réalisés de bas en haut, les horizontales de gauche à
droite avec la main droite et de droite à gauche pour la main gauche, en fonction du référentiel
égocentrique. Lorsque la rotation du bras autours de l’épaule s’opère et que les deux
articulations proximales se coordonnent, des traces circulaires apparaissent (balayages
incurvés puis ellipse, boucle, cycloïdes allongées, épicycloïdes, hypocycloïdes), (Albaret,
2004). Vers 3, 4 ans les productions circulaires se font dans le sens horaire et anti horaire,
l’enfant produit également des arabesques.
Henderson et Schneck en 1990 propose une classification des prises immatures et transitoires :
- Les prises immatures sont au nombre de cinq : - deux prises palmaires avec pronation
(a) ou supination (b) de l’avant-bras.
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- La main qui tient l’outil scripteur
se situe dans le prolongement du poignet, ce dernier étant en pronation, un © ou deux
(d) doigts sont tendus sur l’outil.
- Les prises transitoires sont au nombre de trois : - prise cross thumb (f) : l’outil est
repose sur le bord latéral de l’index et est stabilisé par le pouce en adduction, les
doigts sont fléchis.
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- La prise à 4 doigts : l’outil est
maintenu par la pulpe des quatre premiers doigts.
Par la suite, se développe généralement une prise dite mature. Il n’existe pour ce type de prise
aucun consensus de la part des auteurs. Albaret, Kaiser et Soppelsa (2013) proposent la
classification suivante :
- La prise tripodique (1) avec le stylo reposant sur la première commissure et le bord
latéral du majeur, la pulpe de l’index se positionne sur l’outil.
- La prise latérale (2) : l’outil est maintenu de manière verticale et repose sur la
première phalange de l’index, le pouce en adduction.
- La prise tridigitale (3): ‘outil scripteur est maintenu entre la pulpe du pouce de l’index
et du majeur et repose la plupart du temps sur la première commissure. Les autres
doigts ne sont pas complètement fléchis.
Ces prises peuvent être modulées : la position du pouce peut varier (par-dessus l’index, le
majeur ou le crayon), de même pour la position de l’index (sur le pouce ou le crayon), les
doigts en appui sur l’outil scripteur peuvent être plus ou moins fléchis au niveau de la
troisième phalange.
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Les différents types de prises matures (Albaret, Kaiser, Soppelsa, 2013)
Sur le plan postural, l’enfant se redresse progressivement ce qui permet de diminuer les
appuis de son tronc et de son membre supérieur sur le support. Les différents segments du
membre supérieur se dissocient davantage, l’outil scripteur est tenu de manière plus souple.
(Ajurriaguerra et al, 1964 ; Blöte 1988).
De grandes variabilités interindividuelles sont observées concernant la posture lors des
activités graphiques. De plus cette dernière est influencée par la position de la feuille (plus la
feuille est éloignée, plus l’enfant risque de fléchir son tronc), par l’espace graphique. Les
mouvements de l’avant bras dépendent également de l’activité proposée.
Au niveau perceptif :
La modalité kinesthésique va, dans un premier temps, permettre le respect des premières
règles topocinétiques telles que le respect de la contrainte spatiale imposée par le support
graphique, par le ralentissement du mouvement aux abords des bordures de la page.
Puis entre 2 et 4 ans, la vision va servir de guide à la trace en suivant le geste, le gribouillage
devient une action dirigée, l’enfant observe attentivement les marques qu’il produit. (Soppelsa,
2012/2013). Grâce à ses compétences visuelles, l'enfant va alors pouvoir produire des formes
plus complexes (traits verticaux puis horizontaux, les cercles…). Petit à petit, l'enfant anticipe
l'acte graphique (pré requis de l'écriture) (Albaret, 2004).
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Ce double contrôle, kinesthésique et visuel, va permettre l’obtention d’un tracé précis,
réajusté du début à la fin.
Entre 4 et 6 ans, le tracé devient de plus en plus contrôlé, les formes anciennement acquises
vont être réalisées de manière plus précise et de nouvelles figures émergent (spirale, croix,
carré, triangle, losange). (Albaret, 2004)
Au niveau représentationnel :
Avant même d’utiliser l’outil scripteur pour réaliser une trace sur une feuille, l’enfant produit
des marques (barbouillage), souvent de manière accidentelle, qu’il va reproduire de plus en
plus aisément. Au fur et à mesure de ses expérimentations (via par exemple de la nourriture
qu’il étale sur la table …), l’enfant va peu à peu découvrir le lien de causalité entre l’action
(étaler de la nourriture) et le résultat (la trace laissée sur la table). C’est « la préhistoire du
dessin » (Naville ,1950).
Vers 2 ans, le gribouillage devient une production d’action. L’enfant indique par des marques,
une action, un mouvement, une succession temporelle, appuyés par le langage et la
symbolique. Cependant, il est impossible de remonter à la source de ce qu’il a voulu
représenter. L’enfant saisit ainsi peu à peu le concept de représentation : l’image représente
quelque chose. Les premières verbalisations sont notées pendant l'activité graphique.
Vers 3-4 ans, un changement qualitatif s’opère dans le graphisme de l’enfant, les premières
représentations graphiques faisant suite au « gribouillage » apparaissent. Le but de l’enfant est
désormais de produire une trace qui représente un objet. Avant cet âge, l'enfant produit la
trace avant de lui donner un sens en fonction de la représentation ; désormais, il anticipe
l'objet qu'il souhaite représenter avant de le tracer.
Luquet, en 1927 (in Albaret, 2004) distinguait trois phases dans le dessin faisant suite au
gribouillage :
- le réalisme manqué : vers 4/5 ans, l'enfant souhaite représenter de manière réaliste un objet
mais n'y parvient pas notamment parce que les relations spatiales ne sont pas maîtrisées.
- le réalisme intellectuel : vers 5/7 ans, l'enfant dessine tous les éléments composant un objet
sans même se préoccuper de la perspective, du point de vue.
- le réalisme visuel : le plus souvent cette phase s'observe entre 8 et 9 ans, l'enfant dessine en
tenant compte des règles de la perspective.
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2- Evolution : des premières traces vers l’écriture
Le dessin est une activité complexe impliquant des habiletés perceptivo-motrices et
conceptuelles incluant l’utilisation de schémas et de règles spécifiques au dessin (Gombritch
1977, Thomas, 1995).
Il est à discriminer du pré-graphisme, il s’agit en effet de deux activités distinctes dont la
transition vers l’écriture s’opère de manière parallèle. Le dessin est une technique de
représentation au moyen de symboles tandis que le pré-graphisme, lui, consiste en la
production de formes et de traits non représentationnels à partir d’un modèle.
Il s’agit d’une période qui prépare l’activité d’écriture via l’acquisition progressive des
formes géométriques de bases nécessaires pour écrire : les traits, les diagonales, les cercles,
les ellipses… (Dana et al, 2012).
A partir de 3 ans et demi / 4 ans, l’enfant fait semblant d’écrire en substituant certaines lettres
par des formes (le triangle par exemple représente le A, le cercle un O). Cependant, l’écriture,
contrairement au dessin, reste une habileté complexe nécessitant un apprentissage, pour cela
l’enfant va devoir distinguer ces deux activités.
Du dessin à l’écriture
Dessin et écriture découlent d'un socle commun d'habiletés graphomotrices. Ces deux
systèmes s'individualisent au cours du développement pour être complètement indépendants
vers l'âge de 6 ans.
Le dessin et l'écriture se distinguent sur le plan moteur, par la variabilité des mouvements
produits : lorsqu’il écrit l’enfant utilise une gamme de mouvements plus limitée que lors du
dessin ce qui permet de gagner en vitesse lors de l’écriture, c’est ainsi que la production d’une
lettre telle que le «o » est plus rapide que la réalisation d’un rond. (Adi-Jaha et Freeman, 2000,
in Albaret, Kaiser, Soppelsa, 2013).
Les différentes études menées sur le graphisme suggèrent que dessin et écriture sont dans un
premier temps confondus et se spécifient progressivement au cours du développement (Noyer,
2005). Ainsi plusieurs étapes marquent la transition entre ces deux activités.
Au départ, écriture et dessin sont deux tâches non dissociées (Levin & Bus, 2003) issues des
mêmes circuits nerveux (Freeman et Adji-Japha, 2001 in Albaret, Kaiser, Soppelsa, 2013)
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Puis, l'enfant comprend qu'écrire n'est pas dessiner. Durant cette période, l'individu prend en
considération les caractéristiques de surface de l'écriture : à la fois les formes des signes
graphiques (morphocinèse), mais aussi l'agencement de ces signes dans l'espace graphique
(topocinèse). Sur le plan moteur, Freeman et Adji-Japha en 2001 stipulent que les enfants de 4
ans réalisent les deux activités selon une voie procédurale commune spécifique au dessin. A
cet âge, l'enfant reconnaît l'écriture, il produit des « pseudo-lettres » qu'il associe ou non à
d'autres signes et respecte les règles topocinétiques. Cette distinction écriture/dessin se
matérialise par des différences comportementales en fonction de l’activité réalisée, et ce, en
accord aux attentes sociales et culturelles : l’enfant adopte une attitude plus sérieuse lorsqu’il
écrit que lorsqu’il dessine : cette dernière activité est assimilée au jeu. (Brenneman, Massey,
Machado, & Gelman, 1996). Durant cette période, l'enfant ne corrèle pas le langage oral avec
les signes produits. Les dimensions de l'objet peuvent influer la longueur du mot : les lettres
sont présentes en plus grand nombre lorsqu'il s'agit d' « écrire » un objet de grande dimension
que lorsque il s'agit d' « écrire » un petit objet. (Noyer & Baldy, 2002).
L'enfant vers 5 ans accède à la conscience phonologique, il accorde alors les sons émis avec
les graphèmes produits. Cette étape est primordiale dans l’acquisition de l’écriture.
Enfin, l'enfant développera par la suite les autres règles qui régissent cette activité complexe
qu'est l'écriture : segmentation syllabique, syllabo-alphabétique, alphabétique et
orthographique (c'est le codage phonographique). (Tolchinsky & Teberosky, 1998 ; Ferreiro,
2000 ; Fijalkow & Liva, 1993 in Noyer, Baldy, 2002)).
Ces différentes étapes sont soumises à de grandes différences interindividuelles, par exemple,
en fin d'école maternelle, certains élèves, lors d'une activité d'écriture, restent cantonnés au
dessin tandis que d'autres appliquent déjà les règles phonographiques (Shatil, Share et Levin,
2000).
Des différences intra-individuelles sont également observables, l'enfant dispose de différentes
stratégies applicables en fonction de la situation d'écriture à 6 ans.
9
Par la suite, avec l'apprentissage, l'écriture se stabilise et la variabilité des stratégies diminue
(Ziarko et Montesinos-Gelet, 2003).
Ainsi, il incombe aux enfants, pour acquérir l'écriture, de se détacher des caractéristiques du
dessin. Cette transition semble complexe et s'effectue à des stades différents en fonction des
individus. Via l'apprentissage formel de l'écriture, l'enfant combine progressivement les
phonèmes avec les graphèmes et se détache ainsi des caractéristiques figuratives propres au
dessin.
Du pré-graphisme à l'écriture
Comme nous l’avons vu précédemment, dès lors que l'enfant acquiert des compétences visuo-
motrices efficientes, c'est-à-dire lorsque la vision guide la trace, il commence à expérimenter
les différentes formes de base, pré-requis du dessin figuratif et de l'écriture.
L'enfant réalise un ensemble de composés graphiques élémentaires.
L'enfant, entre deux et six ans, maîtrise peu à peu les formes de base essentielle à l'écriture :
traits verticaux et horizontaux, carré, rond, croix et croix oblique, diagonales, et triangle
(Beery, 2004). (voir II-2)
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II- Les formes géométriques
Concernant la composante perceptive, Irani en 2011 (in Albaret, Chaix, 2014) propose une
définition de l'habileté visuo-spatiale, selon lui il s'agit d'une : « composante de la perception
visuelle qui permet le traitement de l’orientation visuelle ou de l’emplacement des objets dans
l’espace ». Ainsi cette compétence serait régie par la voie visuelle occipito-pariétale du
« où » , voie qui est également impliquée dans l'intégration des informations spatiales
nécessaires à la réalisation du mouvement (Milner & Goodale, 2008, in Albaret, Chaix, 2014).
Quant aux habiletés visuo-perceptives, elles seraient à l'origine de l'extraction des
informations visuelles nécessaires à la reconnaissance des objets (Irani 2011, in Albaret,
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Chaix 2014 ) et impliqueraient donc la voie occipito-temporale du « Quoi » (Ungerleider &
Mishkin, 1982, in Albaret, Chaix 2014).
Concernant la composante motrice, les habiletés visuo-motrices renvoient aux comportements
moteurs gouvernés par la vision et les feedbacks visuels (ex : activités de précision
graphomotrice). Quant à la visuo-construction, elle concerne la reproduction de dessin à partir
d'un modèle, le dessin libre, la construction par le biais d'objets 2D ou 3D (cubes, bâtonnets...),
c'est-à-dire, « intégrer un ensemble d’éléments perçus visuellement en un tout cohérent par le
biais d’une réponse motrice » (Albaret, Chaix, 2014).
Conclusion
Ainsi, les tâches de visuo-construction bidimensionnelle, dont la copie de formes
géométriques appartient, requièrent un certain nombre de compétences : aptitudes visuo-
spatiales, planification, motricité, perception visuelle, mémoire de travail visuo-spatiale et
attention suffisante.
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et Ames » (Ilg, Ames, 1965). En 2004, Albaret dans son article « Développement du dessin,
des praxies constructives et de l’écriture » regroupe ces données dans un tableau :
Plus tardivement, l’enfant parvient à copier des figures en trois dimensions (rare avant 10 ans).
Pour les figures complexes, la construction se fait souvent de manière focale dans un premier
temps c'est-à-dire détail par détail. Petit à petit, l’enfant va débuter sa construction par
l’élément principal ou l’armature. (Albaret, 2004)
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3- Règles de production graphique
En 2003, Vinter et Marot réalisent une étude qui avait pour but de modéliser l’organisation
locale (la manière dont chaque segment d’une figure est tracé) des activités de dessin chez des
enfants de 4 à 9 ans ainsi que chez des adultes. Les sujets devaient copier plusieurs fois une
série de 8 items composés de segments connectés par un angle droit. Les items étaient soit
compatibles, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de conflit entre les différentes règles syntaxiques,
soit incompatibles, il fallait alors choisir entre le respect des règles de départ ou des règles de
progression.
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Les résultats montrent que le comportement graphique des individus évolue nettement pour la
plupart des règles de la grammaire de l’action. Ainsi les plus jeunes enfants (4-5 ans) ont
tendance à adopter un référentiel égocentrique lors des activités graphiques : le mouvement
débute proche du corps et se dirige vers l’extérieur. La production graphique débute à gauche
et la plupart du temps en bas de la figure, l’enfant privilégie les mouvements en abduction et
en extension. Ainsi l’enfant aura tendance à réaliser les verticales plutôt de bas en haut et les
horizontales de gauche à droite si il utilise sa main droite et l’inverse si il utilise sa main
gauche. En plus de l’hypothèse d’adoption privilégiée du référentiel égocentrique, il faut aussi
prendre en considération qu’à cet âge, l’enfant n’analyse pas la figure de manière globale
mais le tracé s’opère de préférence de manière discontinue segment par segment avec un point
de départ commun entre le premier trait tracé et le second (Nihei, 1983). L’enfant adopte un
tracé dit « confortable ».
Par la suite (6-8 ans), l’enfant débute son tracé le plus souvent en haut de l’espace graphique,
la progression se fait de haut en bas et le traçage est plutôt continu, et ce, au détriment de la
règle de départ à gauche et de progression gauche-droite. L’enfant planifie de manière rigide
afin de permettre le tracé en continu, plus économique.
Enfin, vers 8-9 ans, le traçage continu n’est plus une « obligation », le départ à droite et le
tracé de gauche à droite réapparaissent plus nettement. L’enfant allie au mieux le tracé
confortable (de gauche à droite) et le tracé économique (en continu) : il planifie à la fois au
niveau du segment en essayant de respecter au mieux les règles syntaxiques et également au
niveau de la figure globale en essayant de tracer de manière continue.
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Modèles cognitifs de la copie de dessins
Différentes modélisations de la copie de figures rendent compte des différentes étapes
présentes chez l’adulte.
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D’après plusieurs études (Marr, Windsor,Cermack, 2001 et Weil, Cunningham-Amundson,
1994, in Albaret, Kaiser, Soppelsa, 2013) la capacité à imiter ces formes est corrélée à celle
de copier des lettres majuscules. Lorsque l’on combine à ces formes les ellipses, l’enfant est
apte à apprendre l’écriture minuscule cursive.
Ainsi, l’intégration visuo-motrice, et donc la capacité à copier certaines formes, est une
compétence nécessaire pour produire une écriture lisible. Le VMI est un outil de dépistage
intéressant pour détecter les enfants à risque de développer des difficultés d’écriture.
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Ainsi progressivement, l’enfant va apprendre à écrire en distinguant les sons de la parole, en
abordant le principe alphabétique : il apprend à reconnaître les différentes lettres, à
comprendre la correspondance entre phonème et graphème. Il va également s’entraîner à
produire les gestes utiles ultérieurement à l’écrit. Ces compétences vont se développer par le
biais d’activités graphiques diverses (enchaînement de lignes simples, de courbes…). A la fin
des trois années de maternelle, l’enfant sait reconnaître et écrire la plupart des lettres de
l’alphabet, écrire son prénom en cursive, copier en écriture cursive des mots simples…
L’enfant va également découvrir les formes et les grandeurs : par la manipulation il apprend à
distinguer des propriétés simples (petit/grand…), il va pouvoir comparer, classer selon la
forme, la taille… Il apprend à compter, à discriminer et à tracer les chiffres. Il s’initie au
repérage spatial, à la distinction de la droite et de la gauche, au passage du plan horizontal au
plan vertical et inversement, tout en conservant les positions relatives des objets … par ce
biais, l’enfant va pouvoir s’orienter dans l’espace graphique.
A la fin de l’école maternelle, l’enfant compare, range, catégorise des objets, dessine un rond,
un carré, un triangle, se situe dans l’espace, utilise du vocabulaire spatial de manière adaptée,
se repére dans l’espace de la page,…
Enfin, l’enfant va pouvoir par le biais des activités artistiques graphiques, adapter son geste au
support, aux matériels, à l’outil scripteur…, utiliser le dessin comme moyen d’expression et
de représentation.
18
: Subtest 1 : Identification d’objets :
Ce subtest comporte 3 items :
Identifications des couleurs (non administré dans ce mémoire)
Identification des formes :
- selon consigne visuelle : présenter une forme à l’enfant qui doit retrouver sa
semblable
- sur consigne orale : demander à l’enfant de nous donner une forme désignée
Identification d’objets selon la modalité tactilo-kinesthésique (haptique) sur :
- consigne visuelle (présenter visuellement à l’enfant la forme qu’il doit rechercher,
sans la vue, parmi d’autres)
- consigne orale (demander à l’enfant de rechercher la forme désignée).
Remarque : les formes à identifier sont les suivantes : carré, cercle, triangle, croix, losange.
19
Pour chaque figure, au maximum 4 points peuvent être attribués, ainsi la note brute maximale
est de 72. Il est cependant nécessaire de retirer 6 points à la note brute finale à cause de la
différence de résultat entre la population française et la population américaine (population
d’étalonnage).
Selon Korkman (2003), un faible score peut résulter « d’une mauvaise coordination motrice,
de capacités visuo-spatiales insuffisantes, d’un manque d’intégration des aptitudes visuo-
spatiales avec une activité motrice coordonnée (intégration visuo-motrice), d’une
inexpérience et/ou difficulté à utiliser un outil pour planifier un comportement visuo-
moteur. » (Barray et al, 2010).
20
PRECISION VISUOMOTRICE DE LA NEPSY
Dans cet item de la NEPSY, l’enfant doit tracer le chemin en partant d’un point A et en
s’arrêtant à un point B sans dépasser les bords du « chemin ». Le tracé est plus long et plus
courbé que lors de l’épreuve du Frostig. La vitesse ainsi que le nombre de dépassements sont
calculés.
L’épreuve graphique des 4-6 ans qui nous intéresse dans ce mémoire est une épreuve de
précision oculo-manuelle. Elle consiste à tracer une ligne continue suivant le trajet sans
dépasser. L’enfant doit éviter de lever le stylo. Le nombre d’erreurs (dépassements) est noté,
une erreur supplémentaire est comptabilisée dès lors que le dépassement dépasse les 12
millimètres.
Observations complémentaires
L’évaluation du graphisme d’un enfant nécessite la réalisation de tests standardisés (données
para-cliniques) combinée à diverses observations cliniques :
- Observation de la prise (voir I1)
- Observation de la posture et du tonus. La posture influence la qualité du graphisme. Le
mobilier doit donc être adapté : siège (cuisses et fesses supportent le poids du tronc,
les jambes sont placés à la verticale dans le prolongement des pieds qui sont posés au
sol), table (ni trop haute ni trop basse pour éviter les positions inadéquates), il faut
21
veiller à ce que l’enfant adopte la bonne distance par rapport à sa feuille afin que ses
yeux contrôle au mieux son tracé (Paoletti, 1999).
Conclusion
Le graphisme est une habileté perceptivo-motrice qui apparaît précocement et qui évolue
conjointement aux compétences psychomotrices de l’enfant. L’accès aux formes
géométriques va lui permettre de développer le dessin figuratif et l’écriture. Le
développement de ces activités graphiques peut être perturbé. Il convient, en tant que
psychomotricien de rechercher, par un bilan psychomoteur complet, si d’autres domaines sont
également déficitaires, afin de mettre en place un projet thérapeutique adapté aux difficultés
du sujet. Dans le Trouble d’Acquisition des Coordinations (TAC), la mise en place des
habiletés graphiques est souvent entravée. Dans une seconde partie, nous décrirons le TAC
ainsi que ses conséquences sur la mise en place du graphisme. .
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Partie B : Le Trouble d’Acquisition de la Coordination (TAC)
1- Définition/classifications
Définition générale
Le Trouble d’Acquisition de la Coordination (TAC) est un trouble neurodéveloppemental
caractérisé par une perturbation du développement psychomoteur et des habiletés
psychomotrices permettant l’émergence d’une motricité intentionnelle. Cette perturbation
n’est pas imputable à un déficit sensoriel, neurologique ou intellectuel. (Albaret, Chaix, 2015).
Dans le DSM V (2013), le TAC est classé dans les troubles neurodéveloppementaux, dans le
sous-groupe des troubles moteurs.
Le trouble fait preuve d’une grande hétérogénéité quant à ses manifestations : elles peuvent se
cantonner à un domaine moteur spécifique (par exemple : difficultés manifestes en motricité
fine seulement) ou bien être plus globales et toucher plusieurs domaines (écriture, motricité
globale et fine…)
Terminologie
Concernant la terminologie, plusieurs appellations telles que maladresse, débilité motrice ou
encore dyspraxie de développement ont été utilisées pour désigner le trouble depuis le début
du XXe siècle. Le terme désormais retenu par différentes conférences internationales de
consensus (Ontario en 1994, Leeds en 2006, Bruxelles en 2010) est celui de Trouble de
l’Acquisition de la Coordination, apparu avec la version révisée du DSM-III.
Classifications
Voici les critères diagnostics du TAC selon DSM V (Albaret, Chaix, 2015)
23
l'imprécision dans l'exécution des habiletés motrices (ex. : attraper un objet, utiliser des
ciseaux ou des couverts, écrire, faire du vélo, pratiquer une activité sportive, etc.) ;
D - Le déficit en habiletés motrices n'est pas mieux expliqué par une déficience intellectuelle
(trouble du développement intellectuel) ou un déficit visuel, et n'est pas dû à une affection
neurologique qui atteint les mouvements (ex. : paralysie cérébrale, dystrophie musculaire
progressive, trouble dégénératif).
2- Epidémiologie
La prévalence du trouble est variable selon les données. Elle est estimée à 6 % des enfants de
5 à 11 ans (selon le DSM IV) et à 1.7% (selon Lingam et al, 2009). Le trouble touche
davantage les garçons que les filles, le sex ratio étant de 1.8/1 (Lingam et al 2009) à 7/1. Les
troubles persistent à l’adolescence et à l’âge adulte.
24
3- Signes généraux
Une revue de 41 études rapportant des caractéristiques individuelles d’enfants TAC âgés de 4
à 16 ans a recensé les activités posant le plus de difficultés aux enfants TAC (Geuze 2005).
Chez les 4-6 ans, tranche d’âge qui nous intéresse dans ce mémoire, les activités de la vie
quotidienne le plus souvent affectées sont : l’habillage (boutonnage, laçage de chaussures), le
dessin qui est très souvent pauvre et plus globalement le graphisme (écriture, copie de
formes…), la locomotion (marcher, monter/descendre les escaliers, la course, le saut, le
tricycle, les jeux de ballons et de plein air), ainsi que la manipulation d’outils tels que le
maniement des couverts ou encore des ciseaux, les jeux de construction posent aussi
problème…
L’anxiété, le manque de relations sociales, le choix de jeux immatures et le désintérêt pour les
activités motrices constituent d'autres symptômes non spécifiques au TAC qui peuvent
aggraver le déficit moteur chez ces enfants.
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Des signes neurologiques doux sont également fréquemment observés, ils peuvent être en
faveur d’un dysfonctionnement des ganglions de la base ou du cervelet (Volman, Geuze,
1998). Des syncinésies et des mouvements choréiformes peuvent également être retrouvés.
4- Facteurs de risque
- Les facteurs de complication prénataux et obstétriques : petit poids de naissance, score
d'APGAR faible, difficultés respiratoires sont souvent évoqués comme contribuant à la
maladresse (Michelsson et Lindahl, 1993). Cependant ils ne peuvent être considérés comme
des facteurs prédictifs puisque certains enfants sains présentent dans leur anamnèse de tels
évènements.
- Il semble que des facteurs génétiques soient impliqués dans le trouble, car certains parents
évoquent chez eux une certaine maladresse à l'âge de leur enfant.
- Des signes neurologiques doux ont été rapportés dans le cadre du TAC mais peu d'études
démontrent un possible lien de causalité. (Gillberg, Gillberg et Groth, 1989 ; Losse et al,
1991 ; Johnston et al, 1987 ; Lundy-Ekman et al, 1991 ; Volman et Geuze, 1998).
26
5- Evolution
Les études longitudinales tendent à montrer une diminution des répercussions du trouble.
Cependant, la moitié des enfants TAC présente des difficultés motrices persistantes à
l’adolescence et l’âge adulte, ainsi que des difficultés scolaires, professionnelles, et sociales
(Geuze, 2005).
6- Diagnostic
Etant donné la variabilité interindividuelle du développement perceptivo-moteur avant l'âge
de 5 ans (Silva et Ross, 1980), le diagnostic de TAC ne peut être posé de façon stable qu'aux
alentours de 5 ans.
Les outils utilisés fréquemment chez les jeunes enfants (à partir de 5 ans)
Les outils utilisés pour l'évaluation des enfants TAC (tests, questionnaires...) doivent répondre
à certaines qualités : la standardisation (la situation de test est la même pour chaque
examinateur, et les résultats indépendants de celui-ci), la validité (le test mesure ce qu'il
prétend mesurer), la fidélité (les résultats obtenus à un test effectué à plusieurs reprises pour
un même phénomène sont semblables), la sensibilité (la précision de l'outil d'évaluation). Les
tests cités ci-dessous sont ceux correspondant à la tranche d’âge étudiée dans ce mémoire.
27
Capacités mesurées Tests utilisés Age Temps de passation
fréquemment
Figure de Rey
et constructives 4ans à adulte
Les résultats obtenus aux tests normés et standardisés sont à corréler avec les éléments relevés
lors l'entretien des parents, les données d'anamnèse et les bilans des autres professionnels
(ophtalmologique, orthoptique, psychométrique/ neuropsychologique, neuropédiatrique).
28
II- Hétérogénéité du TAC
Le TAC est un trouble hétérogène : une grande variabilité interindividuelle concernant les
performances motrices est observée entre des individus porteurs de ce même diagnostic. Ainsi,
certains auront des déficits plutôt globaux tandis que d'autres auront des difficultés ciblées sur
des domaines spécifiques.
1- Sous-groupes
Cette hétérogénéité entraîne l'évocation, chez certains (Dewey et Kaplan en 1994 ; Hoare en
1994 ; Albaret, 1996…) de l'existence de sous-types dans le TAC, cependant, les différents
auteurs ne sont pas parvenus à établir un consensus . Les sous-groupes de TAC sont difficiles
à préciser à cause de l'importance de la comorbidité des troubles des apprentissages entre eux.
Il semble nécessaire, afin de mieux comprendre le trouble, de combiner la recherche sur les
sous types avec celle sur les phénomènes de comorbidités.
2- Comorbidités
Selon Kaplan, « la comorbidité est la règle plutôt que l’exception ». En effet dans son étude
datant de 1998, seuls 53 enfants TAC parmi les 115 étudiés présentaient un trouble isolé. Le
TAC coexiste fréquemment avec le Trouble Spécifique du Langage Oral, la dyslexie ou
encore le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. (TDA/H).
29
Différentes théories proposent actuellement des modèles explicatifs de cette forte comorbidité.
Défaut d’automatisation
L’apprentissage procédural est une forme d’apprentissage implicite et non conscient
aboutissant par le biais de répétition à une automatisation des acquis (Berke, 2009 ; Ullman &
Pierpont, 2005). Nicolson et Fawcett (2007, 2011) suggèrent l’existence d’un déficit de
l’apprentissage procédural chez les sujets souffrant de trouble(s) spécifique(s) des
apprentissages avec un dysfonctionnement des voies impliquées (boucles cortico-striatale ou
cortico-cérébelleuse). En ce qui concerne les enfants TAC, Gheysen et al, en 2011 (Albaret,
Chaix, 2014) ont montré que les enfants atteints par ce trouble étaient capables de réaliser un
apprentissage général lors de tâches de séquences motrices même s’ils présentent des temps
de réaction plus longs dans ces tâches que les enfants contrôles. Mais, l’effet d’un
apprentissage spécifique n’est pas observé ce qui suggère des difficultés dans l’apprentissage
procédural.
30
3- Compétences nécessaires à l’acquisition des formes géométriques chez le TAC
L’étude de Schoemaker et al en 2001 stipule qu’une partie non négligeable des enfants TAC
présentent des performances déficitaires lors de l’évaluation de l’intégration visuo-motrice et
de la perception visuelle. Les données individuelles suggèrent l’importance de l’hétérogénéité
du trouble, les résultats aux différents tests varient en fonction des sujets porteurs du même
trouble. Egalement, les auteurs montrent l’absence de relation causale entre déficit perceptif et
31
déficit moteur (aucun lien entre mesures perceptives du DTVP-2 et mesures motrices du M-
ABC).
Certains auteurs ont tenté de comprendre quelle voie du traitement de l’information visuelle
(la voie dorsale ou occipito pariétale du « où », la voie ventrale ou occipito-temporale du
« quoi ») était atteinte chez les enfants TAC. Cependant les résultats des différentes études
sont contradictoires, ceci étant probablement dû à la divergence des populations utilisées :
O’Brien et al (2002) supposent qu’il s’agit d’une atteinte de la voie occipito-temporale tandis
que Sigmundson et al (2003) penchent pour une implication des deux voies : occipito-
temporale et occipito-pariétale.
Une étude menée par Hilde Van Waelvede et al en 2004 montrent que les enfants TAC
seraient moins performants à des épreuves d’intégration visuo-motrice, des épreuves motrices
et des épreuves de perception visuelle. Cependant au regard des performances individuelles,
tous les enfants TAC n’ont pas des problèmes avec la perception visuelle ou avec les tâches
d’intégration visuo-motrices, ceci illustrant bien l’hétérogénéité du trouble. Les auteurs ont
également montré que le déficit perceptif de certains TAC n’est pas la cause de leurs
difficultés motrices (absence de corrélation entre tâche de discrimination visuelle et épreuves
motrices) et que l’association entre déficits perceptifs et tâches motrices dépend de la tâche
employée.
Certains auteurs stipulent que la comorbidité entre le TAC et les déficits attentionnels pourrait
expliquer en partie la présence des troubles visuo-spatiaux chez certains enfants TAC
(Crawford, Dewey, 2008).
32
Graphisme et visuo-construction bidimensionnelle
Les faibles compétences graphiques sont évoquées dans le premier critère diagnostic du TAC
au niveau du DSM V, la classification parle alors d’une lenteur et d’une imprécision dans
l’exécution d’habiletés motrices telle que l’écriture.
Le TAC est souvent associé à une dysgraphie : sur 15 enfants TAC de 2e et 3e année de
primaire, 53% présentent une dysgraphie (Goldberg-Stern et Weintraub, 2005.)
Le graphisme est caractérisé par : un contrôle plutôt proximal que distal dans les activités
graphiques avec une diminution de la souplesse du geste, une augmentation du temps sur le
papier, du temps en l’air (déplacement du stylo), une diminution de la pression, de la lisibilité,
de la fréquence d’inscription, une difficulté d’organisation spatiale et une augmentation du
nombre de lettres effacées (Missiuna, 1994).
Les enfants TAC présentent des résultats plus faibles aux items de copie de formes ou de
lettres (Wilson, McKenzie, 1998).
Les difficultés en motricité fine pouvant être présentes chez le TAC expliquent en partie les
troubles de l’écriture : plus de 50% des enfants « mauvais écrivains » échouent aux épreuves
de dextérité manuelle du MABC contrairement au groupe des scripteurs efficients qui
obtiennent des scores corrects à cette même épreuve (Smits-Engelsman,, Niemeijer et Van
Galen, 2001). Selon Kaiser (2009), la motricité digitale est impliquée dans le versant qualitatif
de l’écriture et non la motricité manuelle au sens propre.
Conclusion
Comme nous l’avons vu dans la première partie de ce mémoire, une somme de compétences
est nécessaire à la réalisation d’activités visuo-constructives bidimensionnelles telle que la
copie de formes géométriques : les aptitudes visuo-spatiales, la planification/l’attention et la
motricité…
Chez le sujet TAC, un certain nombre de ces habiletés (motricité manuelle, graphisme,
compétences perceptives et visuo-spatiales) sont déficitaires, entrainant des difficultés dans la
réalisation de tâche de copie de figures.
De plus, un déficit des processus attentionnels peut être observé (Wilson et Maruff, 1999),
entravant d’autant plus la réalisation de ce type d’activités.
33
III- Méthodes d’apprentissage
34
2- Thérapies orientées sur le déficit
Ces approches ont pour but de restaurer les fonctions altérées chez l’enfant TAC et donc de
réduire le déficit .
Il en existe plusieurs types :
Approches sensori-motrices
Ces approches combinent différentes autres techniques et découlent du postulat suivant : la
corrélation entre les informations sensorielles et les informations motrices est indispensable à
la bonne exécution motrice. Il est important dans l'acquisition d'habiletés sensorimotrices
d'expérimenter les ressentis sensoriels découlant du geste. Les habiletés sensorimotrices sous
développées chez le TAC doivent être travaillées afin d'améliorer l'exécution du mouvement.
Les activités proposées devront être supplémentées de stimulations sensorielles pour
permettre la corrélation des deux systèmes sensoriels et moteurs.
Les études publiées à l'heure actuelle ne peuvent fournir un niveau de preuve suffisant pour
nous permettre de conclure quant à l'efficacité de cette méthode
35
Les études menées jusqu'à présent montrent une efficacité limitée de la technique chez les
enfants TAC, la thérapie orientée sur les processus n'a un effet que sur la sensibilité
kinesthésique.
36
Les objectifs finaux sont définis avec l'enfant et ses parents. Puis l'habileté est analysée de
manière précise afin d'identifier les difficultés, cette analyse préalable permet au thérapeute de
cibler les questions futures à poser à l'enfant afin de le guider au mieux dans la découverte des
stratégies.
Cette méthode utilise deux types de stratégies : une stratégie globale et plusieurs spécifiques.
La première se décompose en quatre points :
- « goal »: le but de l'activité est déterminé avec l'enfant ;
- « plan » : sélectionner une stratégie;
- « do » : la mettre en œuvre ;
- « check » : discuter sur son efficacité potentielle et reformuler un nouveau plan d'action si
nécessaire.
Il existe 7 stratégies spécifiques :
- La spécification ou modification de la tâche afin de faciliter l'exécution
- La mnémonic motrice : rattacher à un mouvement une image mentale
- La position du corps : orienter les questions à l'enfant pour qu'il prête attention à une
partie du corps.
- Le script verbal : amener l'enfant à produire une séquence de mots ou de sons qui lui
permettra de guider son mouvement.
- Sentir le mouvement : attirer l'attention de l'enfant sur les ressentis lors de l'exécution
d'un mouvement.
- Faire attention à l’exécution : amener l'enfant à verbaliser certaines parties clés de la
tâche afin qu'il s'en souvienne.
- L’auto-guidance verbale : amener l'enfant à utiliser le soliloque, dans un premier
temps de manière audible puis progressivement utiliser le soliloque internalisé.
La méthode requiert en général une douzaine de séances d'une heure chacune. La première est
consacrée à l'identification de trois objectifs thérapeutiques et à l'analyse des difficultés
actuelles concernant l'activité. Puis la stratégie globale est enseignée à l'enfant avant d’être
mise en œuvre. Enfin la dernière séance permet d’objectiver les progrès réalisés.
Les études menées sur la méthode CO-OP semblent indiquer une amélioration des capacités
sur de nombreuses habiletés et une certaine généralisation des progrès.
Ainsi, aux regards des études actuelles, les approches thérapeutiques orientées sur la
performance semblent les plus prometteuses et notamment, parmi elles, la méthode CO- OP.
37
Cependant, cette méthode nécessite un certain nombre de pré-requis de la part de l’enfant :
- Pouvoir identifier des activités qui lui posent problème
- S’exprimer avec aisance
- Pouvoir comprendre ce qu’on lui demande
- Etre suffisamment attentif
Ainsi, ce type de prise en charge semble difficile à mettre en place, tel quel, auprès de jeunes
enfants.
Conclusion
En somme, les compétences graphiques des enfants TAC comme l’acquisition des formes
géométriques sont souvent entravées . Or, celles-ci vont permettre à l’enfant de développer le
dessin figuratif mais aussi d’accéder ultérieurement à l’apprentissage de l’écriture. En effet,
l’intégration visuo-motrice et plus particulièrement la capacité à copier certaines formes (la
ligne verticale, la ligne horizontale, le cercle, le carré, la croix, les diagonales, la croix oblique
et le triangle) constitue l’un des pré-requis de l’écriture manuscrite.
Il me semble donc important de prendre en charge les enfants avec TAC échouant dans ces
activités en privilégiant une approche orientée sur la performance.
38
Le tonus est important, les mouvements digitaux sont saccadés. Le ballant des membres
supérieurs n’est pas obtenu sur demande. Spontanément, Romain utilise sa main droite pour
manipuler mais peut désigner de la main gauche (avec pouce adductus). , Le déliement digital
est très complexe avec les pouces qui ont tendance à rester en adduction.
développement psychomoteur
L'observation de la motricité globale de Romain révèle un manque de dissociation des
ceintures avec une motricité saccadée et explosive. Le rampé est mal coordonné et le quatre
pattes peu fluide. Romain ne peut se mettre debout sans appui des mains au sol et pour
s'asseoir en partant du décubitus dorsal il doit passer par le décubitus ventral puis la position
quatre pattes avant de basculer sur le côté pour s'asseoir. Romain ne parvient pas à s'équilibrer
dans la position accroupi. A la marche et la course, il y a peu de ballant des bras et peu de
déroulement du pied. Romain peut monter les escaliers en alternant les appuis avec aide mais
descend marche après marche.
En motricité fine, la tenue du feutre et le découpage sont très complexes. La coordination
bimanuelle le met en grande difficulté.
Le score de dégradation total du MABC est de 32,5 soit bien inférieur au 5e percentile compte
tenu de l'âge de l'enfant.
Il obtient un score de 12,5 en dextérité manuelle (inférieur au 5e percentile). Lors de la tâche
unimanuelle (score de dégradation = 3,5), la pince pour chaque main manque de précision,
l'insertion est très délicate de la main gauche avec le poignet en supination. L'enfant ne
parvient pas à tenir, sans aide, la tirelire de l'autre main. Lors de l'enfilage des perles, tâche
bimanuelle, ( score de dégradation de 4), la main droite est utilisée pour viser, les pinces sont
de nouveau très coûteuses et toniques. De nombreux mouvements parasites sont observés et
l'enfant réalise la tâche en apnée. L'épreuve du trajet de la bicyclette est échouée même si elle
est réalisée avec le doigts.
En maîtrise de balle, le score de dégradation obtenu est de 5 soit situé entre le 5e et 15e
percentile. L'épreuve d'attraper du sac lesté est échouée (score de 5) mais il parvient à faire
rouler la balle dans le but (score de 0).
En ce qui concerne l'équilibre, le score obtenu est de 15 soit inférieur au 5e percentile.
L’équilibre unipodal ne peut être obtenu même si l'enfant parvient à soulever son pied,
l'impulsion pour le saut au dessus de la corde est insuffisante, et Romain ne parvient pas à
coordonner la marche sur une ligne et la pointe des pieds.
42
Les épreuves du Charlop-Atwell sont très complexes pour Romain qui obtient un score global
le situant à -3,5DS (-3DS en score objectif et -3,5DS en score subjectif). Il ne parvient pas à
coordonner la marche et le tournoiement, il effectue un saut ¼ de tour et se réceptionne
lourdement , l’équilibre sur pointe des pieds n’est pas obtenu.
Ainsi, sur les épreuves de motricité (globale et fine), l’enfant se montre en grande difficulté
tant dans la programmation que dans l’exécution et l’équilibre. La régulation tonique est
difficile.
la graphomotricité
Romain tient son feutre de la main droite avec une prise marteau très tonique. Sont observées
de nombreuses syncinésies et diffusions toniques dans le membre supérieur et le visage lors
du tracé. Il ne parvient pas à démarrer et arrêter son feutre là où on lui demande, de plus il est
très rapide au détriment de la précision.
Le traitement visuospatial
Lors de l'épreuve de la position dans l'espace du Frostig, l'enfant obtient un score de -1,3DS :
la discrimination d’'orientations droite/gauche n'est pas perçue.
Perception visuelle
La discrimination figure/fond du FROSTIG est un item très complexe pour Romain et non
cotable puisqu’il met en jeu du graphisme. Cependant, il semble aussi que Romain soit en
difficulté pour discriminer certaines figures lorsque le fond contient de nombreuses
informations visuelles.
43
5- au niveau scolaire
6- Orthoptie
Bien que pris en charge en orthoptie, Romain ne bénéficie pas de bilan récent dans ce
domaine. Une dizaine de séances ont été proposées à Romain au début de l’année scolaire, il
s’agissait principalement d’un soutien dans les coordinations oculo-manuelles.
7- Conclusion
En somme, Romain présente un retard moteur global qui se manifeste dans la première
enfance. Ce retard est non imputable à des déficits neurologiques (pas de syndrome
cérébelleux), sensoriels ou à une déficience intellectuelle. Les difficultés motrices vont
retentir sur les activités de la vie quotidienne (habillage, jeux moteurs, peintures…) et vont
avoir un retentissement psychologique important (angoisses, rituels,…). Le pédiatre pose le
diagnostic de Trouble de l’Acquisition de la Coordination.
45
II- Evaluation psychomotrice supplémentaire
Détails subtest 1
Romain, dans ce subtest, obtient un score dans la norme compte tenu son âge, il a une parfaite
connaissance des couleurs et des formes (carré, cercle, triangle, croix, losange) sur consigne
visuelle (donner la forme identique à celle montrée par l’examinateur) et sur consigne orale
(tous les items sont réussis). Il reconnaît l’ensemble des formes par la seule modalité haptique
lorsque la consigne est visuelle (donner la même forme que celle présentée en modalité
visuelle) et reconnaît l’ensemble des formes hormis la croix lorsque la consigne est orale.
Romain a donc une représentation mentale globale des formes correcte ce qui lui permet de
les identifier clairement même en absence de vision.
Détails du subtest 3
Le passage au graphisme est très difficile pour Romain. L’enfant devient très anxieux, s’agite
et met en place de nombreuses stratégies d’évitement : il s’ « enferme » dans la production de
la lettre « P » qu’il maîtrise à la place des formes demandées, pose de nombreuses questions,
raye ses productions… Il répète les mêmes phrases à de nombreuses reprises « je fais le pied
du P », « le papa du P » … Seul le cercle pourra être reproduit sur consigne orale et sur
consigne visuelle. Romain adopte une prise tonique marteau avec l’avant bras en supination,
la mine appuyant fortement sur le papier.
Concernant la précision visuo-motrice : Romain est en difficulté. Il réussit deux items sur 8 et
raye le point de départ et d’arrivée (besoin de créer des repères visuels ?). Concernant les
contours de tablettes : seul le triangle est réalisé correctement. Enfin aux items reproduction
46
de figures sur modèle, Romain obtient un score de 6/8, en dehors du modèle, il est plus en
difficultés et obtient un score de 2/8.
Conclusion
Cette évaluation révèle une bonne connaissance des formes élémentaires chez Romain mais
de très grandes difficultés à les produire graphiquement même sur modèle. La prise immature
est très tonique ce qui empêche Romain de contrôler pleinement son geste.
Cependant, les compétences réelles de Romain ne peuvent être actualisées du fait de la mise
en place de stratégies d’évitement, conséquences d’une grande anxiété.
47
- Le traitement visuo-spatial est très complexe, notamment à la copie de figure de la
NEPSY (<2e RP), l’enfant n’est pas capable de produire sans démonstration une ligne
verticale et une ligne horizontale (normalement acquises vers 2 ans 6 mois selon le test Brunet,
Lézine), le rond (acquis à 3 ans, selon le Brunet-Lézine) n’est pas reproduit à la NEPSY
(l’enfant réalise une spirale) mais est correcte à la WACS.
Ainsi, pour chacune des formes abordées différents exercices vont être proposés à Romain
lors de la prise en charge :
48
Romain particulièrement difficile. Or, cette habileté me semble importante pour l’analyse de
la constitution de la forme nécessaire à la construction et la réalisation graphique de celle-ci.
Ainsi, des exercices perceptifs seront proposés à Romain du type : discrimination
d’orientation par le biais de supports en trois dimensions (permettant la manipulation) puis
deux dimensions avec diminution progressive des repères visuels, des exercices de perception
de formes sur des fonds confus et de perception de formes intriquées ….
Ces activités seront abordées préférentiellement en début de séance, puisqu’elles sont
exigeantes d’un point de vu attentionnel pour Romain.
Exercices supplémentaires
En parallèle, un travail sur la dextérité digitale a été proposé à Romain . Il permet d’améliorer
sa prise et son tonus afin d’augmenter le contrôle du geste et le confort lors des activités
graphiques.
Ce travail ne sera pas développer dans ce mémoire.
49
Objectifs de départ :
Ainsi, les axes de travail fixés avant la prise en charge sont les suivants :
- Etre capable de produire graphiquement les formes élémentaires de base (carré, rond,
et si possible croix, triangle…)
- Utiliser les formes apprises pour enrichir les dessins de Romain
- Implémenter les règles graphiques qui serviront plus tard dans l’écriture (grammaire
de l’action, sens antihoraire)
Comme nous l’avons vu dans la partie théorique, les approches cognitives sont, à l’heure
actuelle, les approches les plus conseillées avec les enfants TAC L’approche CO-OP, en tant
que telle, me semble complexe à mettre en place auprès de jeunes enfants notamment parce
qu’elle requiert une certaine maturité : l’enfant doit être capable d’évaluer les activités qui lui
posent problème, et un grand investissement de sa part.
Pour la prise en charge proposée, je me suis inspirée de l’approche CO-OP, cependant, le
protocole n’a pas été respecté pour les raisons évoquées précédemment.
- Modification de la tâche
Par exemple : mise en place d’une image au centre du carré à dessiner pour que Romain
puisse se repérer ; instauration d’un code couleur pour la réalisation du carré.
- Sentir le mouvement
Par exemple : A l’aide d’une guidance physique, je montre à Romain comment dessiner un
rond selon le sens antihoraire
- Mnémonic motrice
Par exemple : Il faut prendre le stylo en mimant la « pince de crabe »
- Décomposition de la tâche
Par exemple :apprentissage des traits verticaux et horizontaux avant l’apprentissage du carré.
50
- Faire attention à l’exécution
Par exemple : matérialiser les extrémités des segments du carré pour penser à bien relier les
différents traits.
- Auto-guidance verbale.
Il s’agit de la principale stratégie spécifique utilisée pour l’acquisition du carré. Elle a permis
à Romain de connaître et mémoriser les différentes étapes nécessaire à la construction de la
forme et de structurer sa production. Moi-même je l’utilisais lors des démonstrations, puis je
décrivais la réalisation de l’enfant, enfin Romain, sur sollicitation de l’adulte, a pu expliciter
ses actions à chaque étape. Le vocabulaire employé par l’enfant est utilisé par l’adulte.
Huit séances d’une demi heure / trois quart d’heure ont été réalisées. Le carré a été travaillé
dans chacune d’entre elles, en parallèle, quatre séances d’entraînement sur le rond ont été
proposées. Faute de temps, le triangle n’a pu être travaillé.
Exercices perceptifs
Au début des séances abordant l’acquisition du carré, un temps d’observation a été proposé ,
Romain devait alors verbaliser le nombre de côtés « couchés » et le nombre de côtés
51
« debout », le nombre de d’angles (« pics »). Les termes « couchés », « debout », « pics » sont
les mots employés par Romain qui seront utilisés tout au long de la prise en charge sur cette
forme.
Pour faciliter ce travail un code couleur a été instauré pour les carrés proposés visuellement à
Romain : - les segments horizontaux sont de couleur bleue,
- les segments verticaux de couleur rouge.
En tout début de prise en charge sur les formes géométriques, des exercices de perception
utilisant le transfert intermodal ont été proposés avec couplage de la perception visuelle et de
la perception haptique afin de renforcer la représentation mentale de la figure. Romain devait
trouver parmi les différentes formes cachées, le carré présenté en visuel. Du fait d’une bonne
réussite à ce type d’exercices et aux items de la WACS correspondant, ce type de travail a été
rapidement abandonné.
Des exercices de discrimination de figures intriquées plus ou moins complexes ont aussi été
abordés.
Enfin, des exercices de perception et de discrimination d’orientation ont été proposés. Romain
parvient d’emblée à nommer et distinguer le trait vertical (« debout ») et le trait horizontal
(« couché ») mais il n’est pas capable dans un premier temps de distinguer le trait vertical du
trait oblique.
Pour cela des jeux de discrimination tridimensionnelle des orientations, utilisant des figurines
vont être réalisés. Il s’agissait de retrouver parmi les chiens de différentes couleurs, celui
n’adoptant pas la même orientation que les autres. L’intérêt de l’utilisation d’objets 3D est de
manipuler les figurines, et donc de comparer leurs orientations. Des repères visuels sont
matérialisés et un guidage du repérage par l’adulte est indispensable au départ. En effet,
Romain se perd dans sa prise de repère : celle-ci devient très complexe lorsque la figurine
52
intrus est « noyée » parmi les autres, c’est-à-dire lorsqu’elle n’occupe ni la première, ni la
dernière place.
Puis, lorsque l’enfant maîtrisait le jeu en trois dimensions, des exercices de discrimination
d’orientation en deux dimensions ont été abordés.
53
Ce travail a été réalisé dans un premier temps au tableau, puis progressivement à table, à
l’aide d’un plan incliné. En l’absence de ce dernier (sur un plan horizontal), Romain semble
perdu : il confond les orientations alors que celles-ci étaient maîtrisées au tableau (plan
vertical). Des crayons permettant la prise palmaire ont été proposés de temps en temps à
Romain afin d’amenuiser les contraintes liées à la prise de l’outil scripteur et pour permettre
de concentrer toute son attention sur la tâche. L’enfant exprime sa préférence pour ce type de
crayons (« c’est plus facile »).
Il est nécessaire dans ces différentes tâches graphiques que Romain soit guidé verbalement
par l’adulte.
De plus, pour que Romain accepte de produire graphiquement la forme, il a fallu parfois
inverser les rôles : Romain devenait le professeur qui me corrigeait en verbalisant mes erreurs
et la consigne à appliquer (« le trait bleu ne doit pas être debout mais couché »).
Egalement, le fait de construire le carré autours d’une image (construction la maison pour
mettre le lapin à l’abris) a été une aide au départ pour Romain. En son absence, l’enfant avait
tendance à produire les deux segments bleus horizontaux collés et ne parvenait ainsi pas à
tracer les segments verticaux. Au fur et à mesure des séances, il a été possible de se séparer de
l’image.
Enfin, des exercices de closure ont été régulièrement proposés à Romain afin de renforcer la
représentation mentale qu’il se fait de la forme. Au départ, Romain est en difficulté lorsqu’il
s’agit de compléter la forme à qui il manque l’un des segments verticaux : en effet, au lieu de
fermer la figure, il posait la mine de l’outil scripteur à l’extrémité du trait horizontal du dessus
et le prolongeait horizontalement.
54
Grâce à notamment à l’entrainement perceptif qui a permis à Romain de mieux connaître les
caractéristiques de la formes, ses performances se sont améliorées sur ce type d’exercices.
Au fur et à mesure des séances, l’enfant devient davantage précis avec un meilleur contrôle du
geste.
Exemple de jeu de précision visuo-motrice : tracer les barreau de l’échelle pour que Sam le
pompier éteigne les flammes.
Le rond est la forme la mieux maîtrisée par Romain. Cependant ses performances sont
quelque peu hétérogènes. Le rond est souvent ouvert et peut se transformer en spirale. Ainsi,
il est nécessaire de renforcer l’acquisition de cette forme et d’ apprendre à Romain à arrêter
son geste lors du retour au point de départ.
L’acquisition du tracé antihoraire de cette forme a aussi été abordé, pré-requis de l’activité
d’écriture. Selon Lurçat , le tracé antihoraire est possible dès 4 ans.
De même que pour le carré, il serait intéressant d’intégrer le rond dans les dessins de Romain
afin de les enrichir. Par exemple, Romain pourra combiner le rond et le carré pour former une
voiture…
55
Exercices perceptifs
Tout comme pour le carré, des exercices de perception utilisant le transfert intermodal ont été
proposés, travail rapidement abandonné du fait de la bonne réussite de Romain face à ce type
de tâche.
De même, des exercices de discrimination de figures intriquées plus ou moins complexes ont
été réalisés avec une bonne réussite de la part Romain.
Point de départ
56
3- Aménagement s / gestion des contraintes
Romain est un petit garçon très ritualisé qui peut se montrer très anxieux face au changement .
Dans la salle d’attente, chaque semaine, il lit le même livre à la même place. Au début de la
séance, il répète les mêmes phrases chaque semaine à plusieurs reprises (« après les copains
vont arriver, on va se cacher » ), pose des questions dont il connaît la réponse… Il a été ainsi
nécessaire de structurer la séance et le temps par la mise en place d’un emploi du temps des
activités et du timer. Lors d’activités inhabituelles ou tout autre changement de son
environnement (changement à l’école, personne différente qui l’amène au CAMSP…),
Romain peut devenir « opposant », ce qui a parfois compliqué la prise en charge.
Pour réaliser les différentes tâches proposées, Romain a besoin d’être beaucoup encouragé,
les renforcements positifs doivent être immédiats et les activités très ludiques avec
l’utilisation de personnages qu’il affectionne.
De plus, l’enfant peut mettre en place de nombreuses stratégies d’évitement lorsqu’il ressent
la difficulté : pose des questions et verbalise de manière excessive pour détourner
l’attention, … Il peut être opposant dans ces situations de tâches complexes, d’autant qu’il
s’agit d’un petit garçon très exigeant face à ses productions, qui manque de confiance en lui.
Il a tendance à détruire immédiatement ses réalisations (déchire, raye…) et peut parfois faire
en dessous de ses possibilités plutôt que de montrer ses réelles compétences. Actualiser ses
compétences et son évolution a été compliqué.
Parallèlement à cette anxiété, Romain a souvent tendance à être quelque peu impulsif dans les
activités difficiles, l’anxiété pouvant éventuellement être la source de cette impulsivité. Pour
palier à cela, la technique du « STOP, ECOUTE, VAS-Y » a été quelque fois employée et a
pu aider Romain. De plus, un livre expliquant étape par étape la construction du carré a été
utilisé ce qui a permis à Romain de ralentir sa production (il réalise un segment puis tourne la
page). Egalement, avant toute réalisation, Romain devait planifier ses actions.
Lors des séances, il a aussi fallu gérer l’attention labile, conséquence d’exercices coûteux
requérant une grande concentration. Pour palier à cela, il a fallu proposer des exercices de
courte durée, ludique et alterner le matériel utilisé et les supports (tableau ou table).
57
Enfin, pour faire face aux difficultés motrices, des feutres à prise palmaire ont été
régulièrement proposés ; un plan incliné a été mis en place pour éviter que le poignet de
Romain reste levé dans les activités graphiques. Pour faire face aux difficultés perceptives, le
travail est souvent réalisé au tableau sur grand format ou sur plan incliné à table. L’intérêt du
support tableau est qu’il permet à l’enfant de se corriger en effaçant simplement le segment
qui ne lui convient pas.
4- Evolution
Le carré
Après 8 séances sur le carré et les segments horizontaux et verticaux, Romain est capable de
tracer seul la forme. Il la réalise de manière discontinue, le segment horizontal constituant la
base est tracé en premier puis les deux traits verticaux sont réalisés en partant du haut et en
descendant pour rejoindre la base. Enfin le segment horizontal du haut est placé.
Romain a tendance à tracer le carré en suivant les bord de sa feuille ou du tableau pour se
repérer.
Il s’est parfaitement approprié le code couleur et utilise le soliloque à voix haute lors de la
production de la forme.
Les performances restent variables et l’apprentissage pas complètement automatisé : souvent
Romain se perd lors de la réalisation graphique du carré, l’adulte a besoin de structurer sa
réalisation en posant des questions par exemple (« qu’est ce que tu traces en premier ») Son
tracé reste la plupart du temps peu précis, son geste est difficilement contrôlable. De plus, lors
du travail graphique sur table, Romain ne tient pas systématiquement avec sa main gauche la
feuille.
La fermeture du carré est complexe pour Romain, il a été nécessaire, pour chaque segment du
carré, de matérialiser les extrémités et de souligner l’importance de relier les segments entre
eux. Ce travail a été accompli à partir du moment où le carré était maîtrisé, cependant il a
entraîner une déstructuration de la figure sur le plan spatial (figue plus déformée).
La proportionnalité du carré n’est, la plupart du temps, pas respectée.
A la fin des 8 séances, la closure du carré est bien maîtrisée, Romain parvient même parfois à
être très précis, surtout lors de la production des traits verticaux.
58
Le rond
Après 4 séances de travail sur le rond, Romain parvient à stopper sa trace de manière plus
nette grâce au repérage mis en place (point de départ=point d’arrivée).
Le sens antihoraire n’est pas automatisé, ce travail reste à poursuivre.
Autre
Parallèlement au travail sur les formes géométriques,, un travail visant l’amélioration de la
prise a été effectué. La dextérité digitale a été renforcée par le biais de divers jeux sollicitant
la pince pouce index. Divers exercices de déliement digital ont été réalisés (cage, …) ainsi
qu’un travail sur le tonus.
La prise est désormais de type intermédiaire, tripodique, l’outil scripteur est tenu par le pouce,
l’index et le majeur, le stylo est à la verticale, les doigts sont peu mobiles et le poignet
suspendu en l’air. Ce type de prise n’est pas automatisé : spontanément, la prise immature
palmaire avec le bras en supination est adoptée, cependant il est capable de se corriger sur
demande . Il emploie alors la stratégie de mnémonic motrice ( rattacher à un mouvement une
image mentale ) , ici l’image de la « pince de crabe » lui permet de corriger sa prise seul.
Lorsque Romain adopte ce type de prise, la pression exercée sur l’outil scripteur est moins
importante, le geste ralenti et mieux contrôlé.
Sur le plan postural, la mise en place d’un plan incliné a permis le redressement du buste de
Romain.
59
V- Bilan d’évolution
Le bilan d’évolution est réalisé à 5 ans 3 mois. Romain se montre particulièrement angoissé et
opposant, si bien que certains tests ne pourront être côtés. Les progrès seront appréciés
principalement par le biais d’une analyse qualitative. Il est important de noter que ce bilan
d’évolution a été administré en absence des aménagements proposés lors de la prise en charge
(plan incliné, crayon à prise palmaire…).
1- Précision visuo-motrice
Sur le plan quantitatif, une très légère amélioration peut être observée (passage d’un rang
percentile inférieur à 2 à un rang percentile égal à 2).
Romain reste très rapide et ce au détriment de la précision. De plus il fait preuve d’une grande
impulsivité, conséquence d’une forte anxiété. Enfin, sur le plan postural, son poignet est en
suspension tout au long de l’épreuve, ce qui empêche un contrôle optimal du geste. Cependant,
qualitativement des progrès sont notables : alors que l’enfant ne percevait pas le chemin au
test initial, il est capable aujourd’hui de suivre le parcours. L’outil scripteur est tenu par la
main droite, sur sollicitation, Romain peut adopter une prise intermédiaire quadripodique ,
l’avant bras en suspension. Le feutre est la plupart du temps tenu à la verticale.
A titre indicatif, l’épreuve du « train » destinée aux 3/4ans seulement a été administrée.
60
(1)
(2)
Comparaison test (1) / retest (2) précision visuo-motrice épreuve de la voiture NEPSY 1
61
Tâche graphique du M-ABC
Sur le plan quantitatif, les notes brutes obtenues sont identiques lors du test et du bilan
d’évolution. En revanche, l’analyse qualitative est révélatrice de grands progrès. Désormais,
Romain contrôle visuellement sa trace et parvient à arrêter plus nettement son geste. Les
exigences du test en matière de précision restent trop importantes.
(1)
(2)
Comparaison test (1)/retest (2) tâche graphique du M-ABC
Lors du retest, Romain adopte une prise palmaire spontanément et refuse de tenir son crayon
avec une prise digitale.
62
2- Perception visuelle
Constance de forme
Non administré
La première partie (retrouver la figure n’ayant pas la même orientation que les autres) est
réalisée sans hésitation et est entièrement correcte. La seconde partie (retrouver l’intrus) est
plus complexe. Romain fait preuve de moins de motivation. Seul le premier item est correct
Romain obtient des résultats dans la norme des enfants de son âge.
Relations spatiales
Résultats du test âge réel Résultats du retest âge réel
Note brute Aucun item réalisé 1 item correct
Déviation standard -0.5 DS (peu significatif à cet - 1.5 DS
âge)
Pour les trois premiers items, la structure globale du modèle est retrouvée. Il perçoit
l’horizontale, l’horizontale combinée à la verticale et l’oblique. Cependant, Romain ne
parvient pas à être précis.
Subtests 1 et 3 de la WACS
Subtets 3 Test initial (4a.6m. 4a.11m) Retest (5a.0m. 5a.5m)
Note brute 14 18 (peu significatif)
Déviation standard -2.5 DS - 2.6 DS (peu significatif)
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Au subtest 1, Romain obtient des résultats similaires à ceux obtenus au test initial.
Le subtest 3 est très compliqué : de nouveau, Romain s’enferme dans la réalisation de
certaines lettres de son prénom et refuse de répondre à la consigne demandée. En raison d’un
comportement difficile, la production de formes sur consigne verbale et sur consigne visuelle
est peu révélatrice des progrès réalisés (refus, ratures).
Seul le carré peut être effectué sans démonstration et sans modèle si et seulement si le code
couleur est autorisé et si il peut être produit sur grand format (impossibilité de respecter
l’espace imposé). Il est alors nécessaire de poser des questions à Romain pour qu’il puisse
organiser sa production (« qu’est ce que tu fais en premier ? »…) et le renforcer positivement
à chaque étape. La proportionnalité du carré n’est pas respectée mais les extrémités sont
correctement reliées, Romain se montre très précis.
Ainsi, en absence de contrainte spatiale et grâce à l’utilisation des aménagements, Romain
peut produire un carré. En absence du code couleur, le dessin de cette forme n’est à l’heure
actuelle pas possible.
64
Le rond peut être réalisé à partir d’un modèle, il s’apparente alors, à ce moment là, à une
spirale (causée probablement par l’anxiété ) ainsi que la croix grâce au guidage de l’adulte.
65
66
Réévaluation copie de figures NEPSY
67
Discussion sur la prise en charge
68
haut vers le bas (plus simple que la progression bas haut car possibilité de « laisser tomber »
le bras). La proportionnalité du carré n’est pas respectée.
A propos de la réalisation du rond : désormais Romain s’applique le plus souvent à fermer la
forme. Le cercle est dessiné de manière spontanée selon le sens horaire. La proportionnalité
de la figure n’est pas toujours respectée. Il peut être produit sur un espace graphique réduit.
Le travail parallèle sur la motricité fine a permis à Romain d’adopter une prise digitale
intermédiaire moins tonique. Ce n’est cependant pas celle qui est utilisée de manière
spontanée.
En somme, il semblerait que Romain ait fait des progrès. Cependant, l’évaluation les a peu
mis en avant et ce pour plusieurs raisons :
- Les tests utilisés ne sont pas assez sensibles: par exemple, à la tâche graphique du M-
ABC, Romain obtient le même score lors du bilan initial et lors de la réévaluation, or,
qualitativement les deux productions sont très différentes. Les données para-cliniques
doivent impérativement être combinées à une analyse clinique fine, particulièrement
pour les enfants ayant des troubles sévères comme Romain.
- Les tests utilisés ont des exigences en matière de précision trop importantes au vu des
difficultés de Romain. L’enfant présente encore des difficultés motrices entravant la
précision (difficultés à contrôler son geste du début à la fin du tracé à l’origine d’une
grande rapidité , poignet en suspension,…)
- L’anxiété de Romain a influencé ses performances lors de l’évaluation. Elle l’a
conduit soit à refuser certaines situations, soit à faire preuve d’une grande impulsivité
(rapidité au détriment de la précision) lors de certaines épreuves, soit à rayer ses
productions… L’anxiété a rendu complexe l’appréciation des compétences réelles,
initiales et finales, de Romain.
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même la forme globale de la figure (une forme qui semblait acquise peut être
complètement déstructurée la semaine suivante). Les réalisation de Romain sont
sensibles à toute modification (exemple : le travail sur l’importance de relier les
extrémités des segments du carré a perturbé les acquis antérieurs comme
l’organisation des segments les uns par rapport aux autres…). Ceci peut être la
résultante d’un déficit d’automatisation des habiletés possiblement rencontré chez les
enfants TAC.
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CONCLUSION
Comme nous avons pu le voir dans la partie théorique, l’acquisition des formes géométriques
permet à l’enfant d’accéder au dessin figuratif mais aussi de développer ultérieurement
l’écriture, en effet la capacité à copier certaines formes constitue un pré-requis à cette
habileté.
71
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74
ANNEXE 1
MATERIELS UTILISES
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ANNEXE 2
EVOLUTION DE LA PRODUCTION DU CARRE SUR DEMONSTRATION ET EN
AUTONOMIE
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ANNEXE 3
EVOLUTION DE LA PRODUCTION DU ROND
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Résumé
Le graphisme est une habileté perceptivo-motrice qui apparaît précocement et qui évolue
conjointement aux compétences psychomotrices de l’enfant. Progressivement, il va
s’accaparer des formes géométriques qui lui permettront de développer le dessin figuratif et
l’écriture. Ce mémoire s’intéresse à l’acquisition des formes géométriques chez les enfants
atteints de trouble d’acquisition de la coordination pour qui la mise en place des habiletés
graphiques est souvent entravée.
Une intervention inspirée d’une approche cognitive a été proposée à un enfant de 5 ans afin
qu’il acquiert les formes géométriques élémentaires. Au terme des séances, l’analyse
qualitative révèle quelques progrès.
Abstract
The graphics are a visual-motor skill that appears early and develops in parallel with
psychomotor skills of the child. Gradually, it will monopolize geometric shapes that will
enable it to develop the figurative drawing and writing. This work focuses on the acquisition
of geometric shapes for children with Developmental Coordination Disorder for which the
establishment of graphics skills is often hampered.
An intervention inspired by a cognitive approach was proposed to a 5 year old child to acquire
basic geometric shapes. After this intervention, the qualitative analysis reveals some progress.
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