These: Pour Obtenir Le Diplôme de Doctorat
These: Pour Obtenir Le Diplôme de Doctorat
Clément CARLIER
Thèse co-dirigée par Elie RIVOALEN, Laboratoire de Mécanique de Normandie, EA 3828, INSA Rouen
Normandie et Grégory GERMAIN, IFREMER
et co-encadrée par Grégory PINON, laboratoire CNRS UMR 6294 LOMC, Université Le Havre Normandie
Résumé
Mots-clefs
Simulation numérique, Hydrolienne, Turbulence ambiante, Synthetic-Eddy-Method,
Hydroliennes en interaction, Essais expérimentaux, Sillage, Performance.
I
Abstract
The development of marine current turbines arrays has been an active research topic
for some years. However, many studies are still necessary in order to fully understand the
behaviour of such arrays. One of these studies is the impact of the ambient turbulence on
the behaviour of marine current turbines. Indeed recent studies have shown that ambient
turbulence intensity highly modifies the behaviour of horizontal axis marine current tur-
bines. Consequently numerical simulations have to represent the ambient turbulence or
at least its effects on the performance and wake of the turbines. An other one of these
studies is the assessment of interaction effect between turbines in close proximity. In or-
der to highlight these interaction effects, experiments were carried out in the IFREMER
flume tank of Boulogne-Sur-Mer. Those experiments focused on elementary interactions
between three 3-bladed horizontal axis turbines. In parallel to these experiments, a three-
dimensional software is developed at LOMC (Université le Havre Normandie) to simulate
marine current turbines in a free flow. This manuscript presents the latest numerical de-
velopments carried out at LOMC in collaboration with IFREMER in order to take into
account the effects of ambient turbulence on the turbines as well as the interactions effects
between turbines.
Keywords
Numerical computations, Marine current turbine, Ambiant turbulence, Synthetic-Eddy-
Method, Interacting turbines, Experimental trials, Wake, Performence.
III
Table des matières
Résumé I
Abstract III
Introduction 1
V
Table des matières
Conclusion 115
VI
Table des matières
Bibliographie 119
VII
Introduction
L’énergie est l’un des enjeux économique et écologique majeurs de notre siècle. Il est
ainsi indispensable de trouver de nouvelles sources d’énergies pour d’une part palier à
l’épuisement des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz...) et d’autre part préserver l’é-
cosystème de notre planète. En effet, le réchauffement climatique actuel lié entre autre
à l’émission de gaz à effet de serre a des effets visible et quantifiable sur notre environ-
nement. La NASA (National Aeronautics and Space Administration) estime que les six
premiers mois de l’année 2016 sont les plus chauds depuis que les relevés modernes de
température existe, à savoir depuis 1880. La première moitié de l’année 2016 présente une
augmentation moyenne des températures de 1.3°C par rapport à la fin du XIXème siècle.
Ce constat engendre une prise de conscience mondiale quant à la nécessité d’agir pour
limiter le réchauffement climatique comme a pu le montrer la COP21 à Paris en 2015,
fixant un objectif de limitation du réchauffement mondial entre 1.5°C et 2°C d’ici 2100.
En France, on observe également une forte volonté d’augmenter l’utilisation des éner-
gies renouvelables. Cette volonté se traduit notamment par les nombreux champs d’éoli-
ennes terrestres construits récemment comme par exemple dans la vallée de la Somme. Ou
encore les différents projets de parc d’éoliennes offshores comme au large de Fécamp en
Normandie où 83 éoliennes devraient être implantées pour une puissance totale installée
de 498 mégawatt. Ainsi, la part du renouvelable dans le mix énergétique est passée de
11% en 2005 à 17.2% en 2015 comme le montre la Figure 1. De plus, la France a fixé un
objectif de 23% d’énergie renouvelable dans son mix énergétique pour l’horizon 2020 [1].
Parmi tout les types d’énergies renouvelables qui sont en développement, les Énergies
1
Introduction
Marines Renouvelables (EMR) font l’objet d’un intérêt grandissant dans la communauté
scientifique. Cet intérêt se traduit notamment par l’apparition de congrès scientifiques
dédiés tels que l’European Wave and Tidal Energy Conference (EWTEC) dont la dernière
édition s’est tenue à Nantes en 2015 ou encore l’Oxford Tidal Energy Workshop qui se
tient tous les ans à Oxford. De plus, les énergies marines possèdent également depuis
2013 une revue scientifique dédiée : International Journal of Marine Energy (IJOME).
L’appellation EMR (Énergies Marines Renouvelables) regroupe en réalité des énergies
basées sur des ressources et techniques de production très différentes. Sous cette appellation
EMR on trouve l’énergie marémotrice exploitant les variations du niveau d’eau créées par
les marées : illustrée en France par l’usine de la Ranse installée en 1966. L’éolien offshore
entre également dans la catégorie des EMR avec par exemple les différents parcs présents au
Danemark et au Royaume-Uni ou encore le projet au large de Fécamp cité précédemment.
On retrouve également sous cette appellation l’énergie houlomotrice utilisant l’énergie
générée par la houle. Ou encore les hydroliennes, sur lesquelles portent ces travaux de
thèse, exploitant l’énergie cinétique des courants marins tels que les courants de marée.
Une hydrolienne est une machine sous-marine, généralement une turbine, qui utilise
l’énergie cinétique des courants marins. La turbine permet la transformation de l’énergie
hydraulique en énergie mécanique qui sera au final transformée en énergie électrique par
un alternateur. La masse volumique de l’eau étant 832 fois plus élevée que celle de l’air,
la puissance récupérable par unité de surface est plus grande pour une hydrolienne que
pour une éolienne et ceux malgré une vitesse du fluide généralement plus faible. En temps
que système de production d’énergie, les hydroliennes présentent plusieurs avantages. Pre-
mièrement, elles exploitent une source d’énergie propre et renouvelable. Deuxièmement,
les courants de marées sont prévisibles, même s’ils sont intermittents et turbulents [5,6]. Et
troisièmement, les hydroliennes n’engendrent pas ce que certains appellent "une pollution
visuelle" car elles se situent sous l’eau. Malheureusement, les hydroliennes n’ont pas que
des avantages, elles ont également un certain nombre d’inconvénients. Les hydroliennes
créent des perturbations qui modifient le courant, entraînant de possibles effets sur le
transit sédimentaire et potentiellement sur la faune et la flore marine. Elles peuvent être
victimes d’une érosion importante due au sable présent en suspension dans l’eau. Enfin, il
est nécessaire d’éviter le développement d’algues sur l’hydroliennes, il faut donc utiliser des
peintures antifouling qu’il faut régulièrement renouveler et qui nécessitent de plus l’utili-
sation de produits qui ne sont pas nécessairement sans conséquence sur l’environnement.
Du point de vue de la ressource disponible, l’énergie des courants possède un potentiel
important estimé entre 75 et 100 gigawatts au niveau mondial. En Europe, le potentiel
estimé est d’environ 11 gigawatts, principalement réparti entre la France et le Royaume-Uni
comme le montre la carte de la Figure 2. Ainsi, d’après une estimation d’EDF, le potentiel
hydrolien français est évalué entre 2 000 et 3 000 MW, avec pour sites principaux le raz
Blanchard en Normandie et le passage de Fromveur, près de l’île d’Ouessant en Bretagne.
La première implantation d’hydrolienne, la turbine Seagen de MCT, a eu lieu en 2008
dans le Strangford narrows en Irlande du Nord. Depuis, plusieurs hydroliennes ont été
installées et on envisage désormais le développement de parcs hydroliens. Par exemple
en France, depuis 2012, un démonstrateur a été lancé par EDF à Paimpol-Bréhat en
Bretagne et a franchi une étape importante avec l’immersion de deux prototypes d’une
puissance de 2 MW, conçu par la société Open-Hydro (filiale de DCNS) (Figure 3a).
L’hydrolienne mesure 16 m de diamètre pour un poids de 850 tonnes. Un autre exemple
d’implantation d’hydrolienne en France est la turbine Sabella D10 (Figure 3c) de la société
Sabella implantée dans le passage de Fromveur. L’hydrolienne a été connectée au réseau
électrique fin septembre 2015 pour atteindre une production de 10MWh d’électricité en
2
Introduction
(a) Open Hydro (source : http:// (b) Alstom (source : http:// (c) Sabella (source : http://
www.openhydro.com) alstomenergy.gepower.com) www.sabella.fr)
3
Introduction
turbulence importants.
Pour ce faire, la première étape consiste à modéliser numériquement le cas le plus
simple, à savoir, une unique hydrolienne dans un écoulement incident u∞ stationnaire
uniforme. Dans la littérature, plusieurs outils de simulations numériques sont utilisés dans
ce but. Parmi ces outils, beaucoup sont basés sur la méthode BEM (Blade Element Momen-
tum) qui se révèle être principalement adaptée à la prédiction des coefficients de puissance
CP et de traînée CT d’une turbine [12–14]. En effet, dans leurs études Bahaj et al. [12] et
Batten et al. [14] ont validé leurs prédictions numériques en les comparant aux données
expérimentales présentées dans [7]. Néanmoins, la méthode BEM est incapable de simuler
le champ local de vitesse et donc le sillage de l’hydrolienne qui est indispensable pour
évaluer les effets d’interactions entre les différentes turbines d’un parc. Pour pallier à ce
problème Malki et al. [15] ont proposé de coupler la méthode BEM avec un modèle de CFD
(Computational Fluid Dynamics) permettant ainsi d’obtenir le sillage moyenné de l’hy-
drolienne. Mais une telle approche reste coûteuse en temps de calcul. Des codes de calcul
basés sur la méthode Volume Finis sont également couramment utilisés pour les simula-
tions du comportement d’hydrolienne comme dans les travaux de Elie et al. [16, 17]. Une
autre approche fortement utilisée dans la littérature est la modélisation des hydroliennes
par des disques poreux dans des logiciels de Mécanique des Fluides [18–20]. Toutefois, cette
approximation ne permet généralement que des comparaisons avec des sillages expérimen-
taux obtenus derrière un disque poreux. Ceci rend difficile l’évaluation des phénomènes
présents dans le sillage due à la rotation des pales de l’hydrolienne. L’outil numérique
présenté dans ces travaux de thèse est quant à lui basé sur la méthode Vortex particu-
laire [21, 22] qui permet une bonne évaluation du sillage des hydroliennes mais éprouve
néanmoins certaines difficultés à prédire les coefficients de puissance CP et de traînée CT
pour des vitesses de rotation élevées des machines (après le point de fonctionnement).
La seconde étape, nécessaire pour modéliser un parc d’hydrolienne en condition réelle
de fonctionnement, est la prise en compte des variations de vitesse dans l’écoulement.
Les fluctuations de vitesses rencontrées sont caractérisées classiquement par le taux de
turbulence ambiante I∞ (défini de manière plus précise dans le Chapitre 3). Un taux de
turbulence ambiante I∞ élevé caractérise un écoulement présentant des fluctuations de
vitesses importantes. Par exemple, sur le site du Sound of Islay en Écosse, Milne et al [23]
ont mesuré des taux de turbulence ambiante compris entre 9.5% et 10.3% montrant ainsi
que sur un site réel l’écoulement présente de fortes fluctuations de vitesse. De récentes
études expérimentales ont montré que le taux de turbulence ambiante I∞ a une influence
très importante sur le sillage d’une hydrolienne comme le montre la Figure 4 tirée des
travaux de Mycek et al. [24]. Ainsi, plus la turbulence ambiante I∞ est élevée, plus le sillage
est dissipé rapidement. De plus, les effets d’interactions entre machines sont également
fortement impactés tant au niveau des performances que du sillage par la turbulence
ambiante comme montré dans les travaux de Mycek et al. [25]. Les résultats présentés
Figure 5 mettent en évidence l’importance de la prise en compte de la turbulence ambiante
pour les études d’interaction entre machines proches. En effet, dans l’étude de Mycek et
al. les performances de la seconde hydrolienne sont bien meilleures quand le taux de
turbulence ambiante est élevé que quand celui-ci est faible. Il est donc primordial de
modéliser correctement les effets du taux de turbulence ambiante sur le fonctionnement
des machines avant de passer à la simulation de plusieurs machines en interaction, ce qui
constitue la troisième étape de développement de cette thèse.
Le premier chapitre de ce manuscrit de thèse est consacré à la présentation du code de
calcul basé sur la méthode vortex particulaire pour la modélisation du sillage des turbines
et la méthode des singularités pour la prise en compte des hydroliennes. Les résultats
4
Introduction
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) I∞ = 3% (b) I∞ = 15%
0.6 0.6
Single Single
a = 02D a = 02D
0.5 a = 04D 0.5 a = 03D
a = 06D a = 04D
a = 08D a = 05D
0.4 a = 10D 0.4 a = 06D
a = 12D a = 08D
a = 10D
∞
∞
down
down
0.3 0.3
CP,U
CP,U
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSRdown
U∞ TSRdown
U∞
5
Introduction
sont discutés.
Le dernier chapitre correspond quand à lui à l’étape suivante, à savoir l’étude de
plusieurs turbines en interaction. Pour réaliser cette dernière partie de l’étude numérique
proposée ici, il a tout d’abord été nécessaire de réaliser une série d’essais expérimentaux
sur trois hydroliennes en interactions pour disposer d’une base de données suffisante afin de
réaliser des comparaisons entre les résultats numériques et expérimentaux et ainsi valider
l’outil numérique développé dans ce travail de thèse.
6
Chapitre 1
7
1.1. Principaux modèles utilisés
Dω ∂ω
= + (u · ∇) ω. (1.2)
Dt ∂t
Cette formulation des équations de Navier-Stokes est obtenue à partir de leur expression
traditionnelle, à savoir la formulation vitesse/pression (u, P ) :
∇ · u = 0
(1.3a)
∂u 1
+ (u · ∇) u + ∇P = ν∆u. (1.3b)
∂t ρ
Pour ce faire, on introduit le vecteur tourbillon ω :
ω = ∇ ∧ u, (1.4)
et on applique l’opérateur rotationnel à l’équation (1.3b) pour obtenir l’équation (1.1b).
u = ∇φ + ∇ ∧ ψ + u∞ = uφ + uψ + u∞ . (1.5)
On utilise maintenant cette décomposition du champ de vitesse (1.5) dans les équations
(1.1a) et (1.4) afin d’obtenir de nouvelles conditions sur le potentiel scalaire φ et le potentiel
vecteur ψ. La décomposition de Helmholtz (1.5) est dans un premier temps injectée dans
l’équation de conservation de la masse (1.1a) :
8
1.1. Principaux modèles utilisés
Émission particulaire
Pale - profil mince Sillage
∇·u = 0
⇔ ∇ · (∇φ + ∇ ∧ ψ + u∞ ) = 0
⇔ ∇ · (∇φ) + ∇ · (∇ ∧ ψ) + ∇ · u∞ = 0 (1.6)
⇔ ∇ · (∇φ) + 0 + 0 = 0
⇔ ∆φ = 0.
Dans un second temps la décomposition du champ de vitesse (1.5) est injectée dans la
définition du vecteur tourbillon ω (1.4) :
ω = ∇∧u
= ∇ ∧ (∇φ + ∇ ∧ ψ + u∞ )
= ∇ ∧ (∇φ) + ∇ ∧ (∇ ∧ ψ) + ∇ ∧ u∞
(1.7)
= 0 + ∇ ∧ (∇ ∧ ψ) + 0
= ∇ (∇ · ψ) − ∆ψ
= −∆ψ
Il est désormais nécessaire d’exprimer les composantes potentielle et rotationnelle de
la vitesse.
9
1.1. Principaux modèles utilisés
uent
i (P ) = Φi ∧ O i P , ∀P ∈ Si , (1.9)
avec O i le centre de rotation de la turbine i et Φi sa vitesse de rotation. La condition
de glissement ainsi définie, combinée à la décomposition de Helmholtz (1.5) permet de
déduire une condition sur la vitesse potentielle uφ :
h i
uφ (P ) · n(P ) = uent ψ ∞
i (P ) − u (P ) − u (P ) · n(P ) ∀P ∈ Si . (1.10)
La combinaison des conditions (1.6), (1.10) et (1.11) permet de déduire la forme suivante
pour le potentiel scalaire φ en tout point M du domaine D :
1
Z
MP
φ(M ) = µ(P ) · n(P )ds(P ), (1.12)
4π S |M P |3
où µ est une distribution surfacique de doublets normaux répartie sur les surfaces S . Cette
distribution de doublets µ est obtenue de façon à vérifier la condition de non pénétration
(1.10). Le champ de vitesse potentielle uφ correspondant au gradient du potentiel scalaire
φ s’écrit donc en tout point M du domaine D :
1
Z
MP
uφ (M ) = µ(P )∇M · n(P ) ds(P ). (1.13)
4π S |M P |3
De plus, on identifie dans les expressions du potentiel scalaire φ (1.12) et de la composante
uφ de la vitesse (1.13) le noyau de Biot et Savart K :
1 x
K(x) = − . (1.14)
4π |x|3
D’où :
Z
φ(M ) = µ(P )K(P M ) · n(P )ds(P ), (1.15)
S
Z
uφ (M ) = µ(P )∇M [K(P M ) · n(P )] ds(P ). (1.16)
S
10
1.1. Principaux modèles utilisés
S 2p S 1p
r 1p
Cp M
S 3p
Sp r 0p
S 0p
Figure 1.4 – Schéma récapitulatif des notations relatives au éléments surfaciques.
la notion de facette permet ainsi d’exprimer la vitesse potentiel uφ comme la somme des
contributions de chaque facette Sp . Il vient ainsi l’expression semi-discrète suivante :
Np
1 X
Z
MP
uφ (M ) = µp ∇M · np ds(P ). (1.17)
4π p=1 Sp |M P |3
où l’on a :
Z
MP
αkp (M ) = ∧ dl(P )
Sp |M P |3
" # (1.19)
h i r kp · r k+1
p r kp ∧ r k+1
p
= |r kp | + |r k+1
p | 1−
|r kp ||r k+1 k k+1 2
p | |r p ∧ r p |
11
1.1. Principaux modèles utilisés
h i
uφ (C i ) · n(C i ) = uent (C i ) − uψ (C i ) − u∞ (C i ) · n(C i ) ∀i ∈ J1, Np K. (1.20)
Aµp = b, (1.21)
Une fois cette composante potentielle définie, il faut passer à la composante rotation-
nelle.
∆ψ = −ω. (1.24)
La solution de cette équation de Poisson s’écrit à l’aide de la fonction de Green G pour
l’opérateur −∆. La fonction G s’exprime en trois dimensions et sans conditions aux bords
de la manière suivante :
1 1
G (x) = . (1.25)
4π |x|
Le potentiel vecteur ψ, solution de l’équation de Poisson (1.24), s’écrit donc :
ψ(M ) = (G ⋆ ω) (M )
1 1 (1.26)
Z
= ω(X)dX,
4π D |XM |
12
1.1. Principaux modèles utilisés
1 1
Z
ψ
u (M ) = ∇ ∧ ω(X)dX
4π D |XM |
(1.27)
1
Z
MX
= ∧ ω(X)dX.
4π D |M X|3
lim K ǫ = K (1.29)
ǫ→0
où ǫ est le paramètre de régularisation qui est choisi dans le code de calcul en fonction de
la discrétisation choisie (voir section 1.3.2). Il existe de nombreux noyaux désingularisés.
Deux d’entre eux sont utilisés, à savoir le noyau de Moore-Rosenhead :
x 1
K ǫ (x) = − , (1.30)
4π (|x| + ǫ2 )3/2
2
x |x|2 + 52 ǫ2
K ǫ (x) = − . (1.31)
4π (|x|2 + ǫ2 )5/2
Pour plus de détails sur les fonctions de régularisation utilisées pour construire les noyaux
désingularisés, on pourra par exemple se référer aux travaux de Beale et Majda [45].
13
1.1. Principaux modèles utilisés
Pour chaque particule i, on définit sa position X i , son volume V i et son poids tourbillon-
naire Ωi tel que :
R
XdX
Xi = P
Ri (1.33a)
Pi dX
Z
Vi= dX (1.33b)
Pi
Z
Ωi = ω(X)dX. (1.33c)
Pi
∂φ 1 P
+ (u)2 + = f (t), (1.35)
∂t 2 ρ
avec t le temps, P le pression, ρ la masse volumique du fluide et f une fonction ne
dépendant pas de la position. Notons + les valeurs prisent à l’extrados de la surface
portante et − celles prisent à l’intrados et posons la différence entre les relations (1.35)
prisent à l’extrados et l’intrados pour obtenir :
∂ + 1h + 2 i P+ − P−
(φ − φ− ) + (u ) − (u− )2 + = 0. (1.36)
∂t 2 ρ
Or, au Bord de Fuite (BF) le saut de pression est nul et donc P + = P − ce qui permet de
réécrire la relation précédente sous la forme suivante :
∂ + u+ + u− +
(φ − φ− ) + · u − u− = 0. (1.37)
∂t 2
La décomposition de Helmholtz définie par l’équation (1.5) est introduite dans l’expression
précédente :
∂ + u+ + u− φ+ + + − − −
(φ − φ− ) + · u + uψ + u∞ − uφ − uψ − u∞ = 0. (1.38)
∂t 2
+ − + −
Or, au bord de fuite on a uψ = uψ et u∞ = u∞ , il vient donc :
∂ + u+ + u− φ+ −
(φ − φ− ) + · u − uφ = 0. (1.39)
∂t 2
14
1.1. Principaux modèles utilisés
BF
Cp jp
X 0p u+
u∞
lp np
δlp Cp X 0p
X BF
p
u ∞
X BF
p jp
∂µ
+ um · ∇µ = 0, (1.40)
∂t
avec :
u+ + u−
um = . (1.41)
2
Cette relation traduit le fait que la distribution de doublet répartie sur les surfaces solides
est relâchée dans l’écoulement au fur et à mesure du temps et ce à une vitesse um .
D’un point de vue pratique, des facettes fictives Sp′ (en pointillé rouge sur la Figure
1.5) sont générées dans le prolongement des facettes Sp constitutives du bord de fuite.
Chaque facette fictive Sp′ est définie par son centre X 0p et sa taille |um,p |δt×δlp . La vitesse
um,p est la vitesse d’injection de la distribution de doublet dans l’écoulement (eq. (1.41))
prise en X BF
p , milieu de l’arête qui constitue le bord de fuite de la facette Sp (en vert
sur la Figure 1.5). L’ensemble de ces notations est résumé sur la Figure 1.5 illustrant le
processus d’émission pour une unique facette.
Une fois défini les facettes fictives Sp′ représentant les doublets injectés dans l’écoule-
ment, il est nécessaire de les transformer en particules fluides. Pour ce faire, on utilise une
nouvelle fois l’équivalence doublet-tourbillon [39]. Cette équivalence permet d’exprimer la
vitesse uφ induite par la distribution de doublets comme une vitesse induite par deux ré-
partitions de tourbillons [47]. La première est liée à l’existence d’une nappe tourbillonnaire
attachée à la surface S , et d’intensité γ = n ∧ ∇µ. La seconde est liée à un tourbillon
µdl localisé sur le contour C de la surface S . La particule émise au bord de fuite d’une
facette Sp se voit donc attribuer un poids tourbillonnaire Ω0p correspondant à l’intensité
tourbillonnaire γ p = np ∧ (∇µ)p attaché à la facette d’émission Sp mais intégrée sur la
facette fictive Sp′ :
Z
Ω0p = np ∧ (∇µ)p dsp , (1.42)
Sp′
15
1.1. Principaux modèles utilisés
Afin d’évaluer le poids Ω0p de la particule émise, on se place dans le repère local
X BF
p , lp , j p , np (cf. Figure 1.5). Les coordonnées d’un point P dans ce repère locale
sont notées xp , y p , z p . Le tourbillon γ p peut donc s’écrire :
γ p = np ∧ (∇µ)p
0 ∂µp /∂xp
= 0 ∧ ∂µp /∂y p
1 0
(1.43)
−∂µp /∂y p
= ∂µp /∂xp
0
∂µp ∂µp
=− lp + j .
∂y p ∂xp p
∂µp ∂µp
+ |um,p | = 0. (1.45)
∂t ∂y p
On en déduit la composante tangentielle de γ p à partir des relations (1.43) et (1.45) :
∂µp
γ p · lp = −
∂y p
(1.46)
1 ∂µp
= = 0.
|um,p | ∂t
µp (t) − µp (t − δt)
γ p · lp ≈ . (1.47)
|um,p |δt
∂µp
γp · jp =
∂xp
(1.48)
µp+1 − µp−1
≈ .
2δlp
16
1.1. Principaux modèles utilisés
Le poids tourbillonnaire Ω0p de la particule émise peu donc être réécrit en combinant les
relations (1.42), (1.47) et (1.48) :
" #
µp (t) − µp (t − δt)
Z
µp+1 − µp−1
Ω0p = lp + j p dsp . (1.49)
Sp′ |um,p |δt 2δlp
L’intégrale précédente est ensuite calculée à l’aide d’une
quadrature de point milieu ce qui
0 0 0
permet finalement d’obtenir la particule X p , Ωp , Vp :
δt
X 0p = X BF + |um,p |j p (1.50a)
p
2
µp+1 − µp−1
Ω0p ≈ [µp (t) − µp (t − δt)] δlp lp + |um,p | δtj p (1.50b)
2
0
Vp = |um,p |δt × δlp × ǫ, (1.50c)
avec Vp0 le volume de la particule et ǫ le paramètre de régularisation qui doit être le même
que celui utilisé pour désingulariser le noyau de Biot et Savart (1.29). Les particules ainsi
émises sont ensuite advectées dans l’écoulement [38, 39], comme le montre la Figure 1.1.
Néanmoins, il est nécessaire d’effectuer une correction sur les particules émises aux
extrémités des pales dans le cas d’une étude sur des hydroliennes à axe horizontale. En
effet, les tourbillons lâchés au bout des pales des machines sont beaucoup plus intenses
que ceux générés le long des pales. Ainsi, aux extrémités des pales, c’est à dire quand la
facette Sp−1 ou la facette Sp+1 n’existe pas, les particules émises deviennent donc :
δt
X 0p = X BF + |um,p |j p (1.51a)
p
2
µp+1 + µp
Ω0p ≈ [µp (t) − µp (t − δt)] δlp lp + |um,p | δtj p (1.51b)
2
0
Vp = |um,p |δt × δlp × ǫ, (1.51c)
17
1.1. Principaux modèles utilisés
mis à jours avec les nouvelles valeurs liées aux particules en cours d’émission. Le système
linéaire (1.21) est résolu une nouvelle fois pour obtenir une nouvelle distribution de doublet
µp et ainsi de suite jusqu’à atteindre la convergence du processus. Pour s’assurer de cette
convergence, le critère d’arrêt suivant est utilisé :
||µip − µi−1
p ||∞ < ξ, (1.53)
où i est la sous-itération en cours et ξ est la valeur du critère souhaitée. Le processus
générale d’émission est résumé par le logigramme de la Figure 1.6.
Durant cette thèse, une modification de l’émission particulaire a été effectuée dans le but
d’obtenir une représentation plus précise du sillage proche des machines (≤ 4 diamètres).
En effet, avant cette modification, le sillage généré par les hydroliennes avait quelque diffi-
culté à se "mélanger" juste derrière les turbines comme l’illustre la Figure 1.7, notamment
par la présence de sur-vitesses le long du moyeu de la turbine. Ce manque de "mélange"
était lié à l’absence d’émission de particule au niveau des Pieds de Pales des machines,
comme l’illustre la Figure 1.8a. En effet, les sur-vitesses que l’on observe le long du moyeu
de l’hydrolienne de la Figure 1.7, que cela soit à TSR = 2.5 ou à TSR = 3.67, sont dues
à l’absence de particules dans ces parties de l’écoulement. Le choix de ne pas émettre
aux pieds des pales était lié au fait que, sur des machines réelles, les pieds des pales sont
généralement des cylindres profilés n’engendrant que très peu à pas du tout de portance.
Or, en théorie avec la méthode numérique utilisée dans cette étude seules les surfaces
portantes sont supposées émettre des particules, justifiant ainsi le choix précédemment
effectué. Néanmoins, sur une machine réel même si les pieds des pales ne génèrent que
très peu voire pas de portance, ils génèrent tout de même du tourbillon (vorticité), et
donc en toute rigueur des particules devraient être émises dans le code de calcul pour bien
représenter le sillage des machines. Mais comme expliqué précédemment, avec la méthode
numérique présentée dans ces travaux, émettre des particules revient à générer de la por-
tance même là où il ne devrait pas y en avoir. Ce problème dans la méthode numérique
utilisée ici vient en réalité de la représentation des obstacles et donc des hydroliennes par
des profils minces négligeant ainsi l’épaisseur des pieds des pales. Or, c’est l’épaisseur des
pieds de pales qui en réalité réduit très fortement leurs portances.
1.1.6 Calcul des efforts sur les machines dans le code de simulation
Les performances des hydroliennes sont déterminées de manière classique par le calcul
des coefficients de puissance CP et de trainée CT définis par :
Mx Φx
CP = 1 2 ∞ 3
, (1.54)
2 ρπR |u |
Fx
CT = 1 2 ∞ 2
, (1.55)
2 ρπR |u |
18
1.1. Principaux modèles utilisés
Initialisation
Initialisation des particules émises
Sous-itérations
[ Sinon ]
[ Condition de convergence vérifié ]
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
Figure 1.7 – Exemple de cartes de vitesse axiale obtenues numériquement sans émission
en pieds de pales.
19
1.1. Principaux modèles utilisés
Figure 1.8 – Exemple de définition des facettes d’émissions sur les pales d’un maillage
d’hydrolienne sans émission de pieds de pale (a) et avec émission de pieds de pale (b), avec
en vert les facettes d’émission et en bleu les facettes d’émissions avec correction de bout
de pale.
Les efforts normaux f p sont ensuite approchés par une quadrature de point milieu :
3
∂µ X
fp ≈ ρ np Ap + ρ u(Lkp ) ∧ µkp + 2ρΦ ∧ u(C p )Ap , (1.59)
∂t p k=0
20
1.2. Calcul de la dérivée particulaire dans la méthode Vortex
avec np le vecteur normal à la facette Sp , Ap son aire, C p son centre, lpk ses arrêtes portées
par le vecteur lkp et de milieu Lkp . µkp est le tourbillon fictif attaché au côté lpk tel que :
Ap
µp − µt,k
p lkp si lpk a une autre facette adjacente Spt,k
µkp = Ap +At,k
p (1.60)
µp lkp sinon.
La dernière étape pour calculer l’effort normal total Fn sur une hydrolienne est l’évaluation
de la dérivée temporelle de µ. Cette évaluation est réalisée grâce à un schéma d’Euler
progressif :
∂µ µp (t) − µp (t − δt)
≈ . (1.61)
∂t p δt
Finalement, on peut déduire des calculs précédents le moment MO par rapport au centre
de rotation O de la turbine :
Np
X
MO = OCp ∧ f p . (1.62)
p=1
Dω
= (ω · ∇) u + ν∆ω (1.63)
Dt | {z } | {z }
Déformation Diffusion
S = (ω · ∇) u
= ω · (∇ ⊗ u) (1.64)
T
=ω· Ju,
T
avec J u la transposée de la matrice Jacobienne J u de la vitesse u :
∂uj
J u = (Jij ) = . (1.65)
∂xi
Le terme de déformation S peut donc être développé selon chacune de ses composantes
sous la forme suivante :
21
1.2. Calcul de la dérivée particulaire dans la méthode Vortex
3
X ∂ui
Si = ωj ∀i ∈ J1, 3K (1.66)
j=1
∂xj
J u = J uψ . (1.67)
Le terme de déformation S peut maintenant être réécrit en faisant intervenir l’expression
continue de la vitesse rotationnelle uψ (1.28) exprimée précédemment :
3
X ∂uψ (M )
S(M ) = ωj (M )
j=1
∂xj
Z
∂
= ωj (M ) K(XM ) ∧ ω(X)dX (1.68)
∂xj D
!
Z 3
X ∂
= ωj (M ) K(XM ) ∧ ω(X)dX.
D j=1
∂xj
Cette expression est singulière car le noyau de Biot et Savart K (1.14) est lui-même sin-
gulier en 0. C’est pourquoi, il est une nouvelle fois nécessaire d’utiliser un noyau désingu-
larisé K ǫ comme par exemple les noyaux de Moore-Rosenhead (1.30) et de Winckelmans-
Leonard (1.31) présentés dans la section 1.1.4. On obtient ainsi, l’expression désingularisée
suivante :
!
Z 3
X ∂
S ǫ (M ) = ωj (M ) K ǫ (XM ) ∧ ω(X)dX. (1.69)
D j=1
∂xj
Z
S ǫ (M ) = χǫ (XM ) [(XM ) · ω(M )] [(XM ) ∧ ω(X)]
D
(1.70)
qǫ (XM )
+ (ω(X) ∧ ω(M ))dX,
|XM |3
3 1 1
qǫ (x)/|x| = , (1.71b)
4π (|x| + ǫ2 )3/2
2
22
1.2. Calcul de la dérivée particulaire dans la méthode Vortex
N
X
S ǫ,i Vi = χǫ (Xj Xi ) [(Xj Xi ) · Ωi ] [(Xj Xi ) ∧ Ωj ]
j=1 (1.74)
qǫ (Xj Xi )
+ (Ωj ∧ Ωi ).
|Xj Xi |3
L = ν∆ω. (1.75)
En discrétisant ce terme de diffusion L sur l’ensemble des N particules fluides Pi de centre
Xi , de poids tourbillonnaire Ωi et de volume Vi , il vient :
Z
L(X)dX ≈ ν[∆ω]X i Vi
Pi (1.76)
= Li Vi ,
où ηǫlap est un noyau construit afin d’approcher l’opérateur Laplacien [39] tel que :
1 lap x
ηǫlap (x) = η , (1.78)
ǫ3 ǫ
pour un noyau Gaussien d’ordre 2. η lap prend la forme suivante :
4 2
η lap (x) = e−|x| . (1.79)
ǫ2 π 3/2
23
1.2. Calcul de la dérivée particulaire dans la méthode Vortex
N
√ |Ωi | X
L′i Vi ≈ ν + (CM dh) 2 2
[Ωj Vi − Ωi Vj ] ηǫlap (Xj Xi )
Vi j=1
√ X N N
X
2
+ (CM dh) 2 ∇
[|Ωj |Vi − |Ωi |Vj ] ηǫ (Xj Xi ) ∧
[U j − U i ] Vj ηǫlap (Xj Xi ) ,
j=1 j=1
(1.83)
24
1.3. Principaux résultats de simulation
Φx R
TSR = , (1.86)
|u∞ |
avec Φx la vitesse de rotation de la turbine, R son rayon et u∞ la vitesse de l’écoulement
amont. Le nombre de Froude est défini par :
|u∞ |
F r∞ = √ , (1.87)
gH
avec H la hauteur d’eau et g = 9.81m.s−2 l’accélération de la pesanteur terrestre. Ainsi,
l’utilisation d’une échelle 1 : λ, c’est-à-dire un rayon R de turbine et une hauteur d’eau
H réduite d’un facteur λ par rapport à √ la réalité implique une réduction de la vitesse
de l’écoulement amont u∞ d’un facteur λ pour respecter la similitude de Froude. √ La
vitesse de rotation de la turbine Φx est quand à elle augmentée d’un facteur λ pour
respecter la similitude de TSR. Le nombre de Reynolds Re∞ basé sur le rayon R du rotor
des machines, est défini par :
|u∞ |R
Re∞ = , (1.88)
ν
avec u∞ la vitesse de√l’écoulement amont et ν la viscosité cinématique de l’eau. Re∞ est
réduit d’un facteur λ λ dans les essais en bassins. Les maquettes d’hydroliennes utilisées
expérimentalement sont considérées à l’échelle 1 : 25 par rapport à une turbine réelle.
Les différentes correspondances d’échelles entre les essais expérimentaux et la réalité sont
résumées dans le Tableau 4.3.
25
1.3. Principaux résultats de simulation
Vitesse de l'écoulement :
de 0.1 à 2.2m/s
Passerelles mobiles
Les simulations numériques présentées dans cette thèse sont réalisées de manière adi-
mensionnelle, c’est à dire avec u∞ = (1, 0, 0) contre u∞ = (0.8, 0, 0) en expérimentale et
avec R = 1 contre R = 0.35 pour les maquettes. De plus, elles sont effectuées avec des
nombres de Reynolds similaire à ceux des essais expérimentaux en utilisant la viscosité
cinématique ν comme paramètre d’ajustement. On choisit également un taux de turbu-
lence ambiante I∞ de 3% pour les données expérimentales car il s’agit du plus faible taux
de turbulence qui peut être obtenu dans ce bassin. Il s’agit donc de la configuration la
plus proche d’une simulation sans turbulence ambiante. Une description complète du dis-
positif expérimentale est disponible dans les travaux de Mycek et al. [24, 39]. Les résultats
numériques présentés ici serviront ensuite de résultats de référence pour la suite de ce
manuscrit et plus particulièrement dans la section 2.3.
26
1.3. Principaux résultats de simulation
R
Lc (Nc)
L
dh
LBF (NBF )
dh
ex
ey
ez
Table 1.2 – Description des différents maillages utilisés pour les simulations d’hydroli-
ennes.
27
1.3. Principaux résultats de simulation
0.6 0.9
T SR = 0.5 T SR = 1.5 T SR = 2.5 T SR = 0.5 T SR = 1.5 T SR = 2.5
T SR = 1.0 T SR = 2.0 T SR = 3.0 0.8 T SR = 1.0 T SR = 2.0 T SR = 3.0
0.5
0.7
0.4 0.6
0.5
CP
0.3
CT
0.4
0.2 0.3
0.2
0.1
0.1
0 0
0.16 0.14 0.12 0.1 0.08 0.06 0.04 0.16 0.14 0.12 0.1 0.08 0.06 0.04
dh dh
(a) CP (b) CT
0.6 0.9
0.8
0.5
0.7
0.4 0.6
0.5
0.3
CP
CT
0.4
0.2 0.3
0.2
0.1
Exp., I∞ = 3% Exp., I∞ = 3%
0.1
Num. sans PP Num. sans PP
0
Num. avec PP 0 Num. avec PP
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
TSR TSR
(a) CP (b) CT
28
1.3. Principaux résultats de simulation
Débutons l’étude de l’influence de l’émission de Pieds de Pales sur les sillages d’une
hydrolienne par le cas TSR = 2.5. La première chose que montre les cartes de vitesse axiale
de la Figure 1.13 est que le sillage derrière l’hydrolienne est globalement plus marqué sans
l’émission de Pieds de Pales (PP). En revanche, le sillage très proche de l’hydrolienne,
x∗ ≤ 2, présente un déficit de vitesse plus important avec émission en Pieds de Pales. En
effet, les deux premiers profils de vitesse de la Figure 1.14 montrent un déficit de vitesse
légèrement plus marqué pour la simulation avec émission de Pieds de Pales. Ils montrent
également que ce déficit de vitesse est plus homogène que celui sans émission de Pieds de
Pales qui présente très clairement des "sur-vitesses" là où il n’y a pas d’émission en Pieds
de Pales. Pour ce qui est du sillage lointain (x∗ ≥ 4), les Figures 1.13 et 1.14 mettent
en évidence une sur-évaluation du déficit de vitesse dans les simulations numériques par
rapport aux résultats expérimentaux.
Afin de mieux quantifier le déficit de vitesse dans le sillage de l’hydrolienne, une étude
du déficit de vitesse intégré d(x∗ ) sur le diamètre D de la machine est proposé. Ce déficit
de vitesse intégré d(x∗ ) est exprimé comme suit :
Z 1
!
2
∗ ∗
d(x ) = 100 1 − |y |u∗ (x∗ , y ∗ , 0)dy ∗ , (1.90)
− 12
29
1.3. Principaux résultats de simulation
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) Numérique I∞ = 0% sans émission en pieds de (b) Numérique I∞ = 0% avec émission en pieds de
pales (sans PP) pales (avec PP)
2 1.1
1.5 1
1 0.9
0.5 0.8
0 0.7
y∗
-0.5 0.6
-1 0.5
-1.5 0.4
-2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗
(c) Expérimentale I∞ = 3%, [53]
x∗ = 1D x∗ = 2D x∗ = 3D x∗ = 5D x∗ = 9D
2
Exp., I∞ = 3%
1.5 Num. avec PP
1 Num. sans PP
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
30
1.3. Principaux résultats de simulation
45
Exp., I∞ = 3%
Num. avec PP
40 Num. sans PP
30
25
20
15
10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x∗
Figure 1.15 présente donc ce déficit de vitesse intégré d(x∗ ) pour les trois cas présentés,
à savoir les résultats expérimentaux, numériques avec et sans émission en Pieds de Pales.
Dans le sillage très proche (x∗ ≤ 2), le déficit de vitesse est plus important avec l’émission
en Pieds de Pales même si, dans les deux cas, les simulations numériques le sous-évaluent
par rapport aux données expérimentales. En revanche dans le sillage lointain (x∗ ≥ 4),
les simulations numériques sur-évaluent le déficit de vitesse même si c’est moins prononcé
avec l’émission en Pieds de Pales. Ces courbes de déficit de vitesse intégré confirment donc
les observations précédentes, elles montrent également un meilleur accord de la simulation
avec émission en Pieds de Pales vis-à-vis des données expérimentales. Ainsi, l’émission en
Pieds de Pales présente une amélioration du sillage numérique dans le cas d’une hydroli-
enne à TSR = 2.5.
Intéressons nous maintenant au cas d’une turbine à son régime de fonctionnement nom-
inal à savoir TSR = 3.67. Les cartes de vitesse axiale obtenues expérimentalement et
numériquement avec et sans émission en pieds de pales sont présentées Figure 1.16. Le
sillage numérique sans émission en pieds de pales présente une très nette "sous-vitesse"
dans l’axe du moyeu de l’hydrolienne comme le mettent en évidence les profils de vitesse
de la Figure 1.17. Cette "sous-vitesse" symptomatique d’un manque de mélange dans le
sillage, est dû à l’absence d’influence tourbillonnaire au niveau des pieds de pales. Le
sillage numérique avec émission en pieds de pales est quant à lui très proche du sillage
expérimentale, notamment grâce à un bon mélange au niveau du moyeu de la machine.
En effet, les profils de vitesse avec émission en Pieds de Pales (Figure 1.17) sont en très
bon accord avec les données expérimentales, que ce soient dans le sillage proche ou dans le
sillage lointain. Tout comme pour le cas à TSR = 2.5, une étude du déficit de vitesse car-
actérisé par d(x∗ ) est présentée Figure 1.18. On remarque que la simulation sans émission
en Pieds de Pales sous-évalue très fortement le déficit de vitesse, alors que la simulation
avec émission en Pieds de Pales est en bon accord avec les données expérimentales même
si elle présente toujours une légère sous-évaluation du déficit de vitesse.
31
1.3. Principaux résultats de simulation
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) Numérique I∞ = 0% sans émission en pieds de (b) Numérique I∞ = 0% avec émission en pieds de
pales (sans PP) pales (avec PP)
2 1.1
1.5 1
1 0.9
0.5 0.8
0 0.7
y∗
-0.5 0.6
-1 0.5
-1.5 0.4
-2 0.3
2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗
(c) Expérimentale I∞ = 3%, [24]
x∗ = 1.2D x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 10D
2
Exp., I∞ = 3%
1.5 Num. avec PP
1 Num. sans PP
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
32
1.3. Principaux résultats de simulation
45
Exp., I∞ = 3%
Num. avec PP
40 Num. sans PP
30
25
20
15
10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x∗
33
Chapitre 2
Éléments d’implémentation et
d’optimisation
Ce chapitre présente les différents travaux d’optimisations et les différents choix d’im-
plémentations réalisés afin de réduire les temps de calcul des simulations. L’objectif est
de trouver un bon compromis entre la précision des résultats numériques par rapport à
une simulation de référence et le gain en temps de calcul. Pour ce faire, une simulation de
référence à une hydrolienne est tout d’abord présentée (Section 2.1). Puis un critère sur
la précision des résultats est défini afin d’apprécier les différents choix d’implémentation
présentés. Ces choix d’implémentation sont répartis en trois parties distinctes, à savoir, les
choix de paramétrisation pour réduire le coût CPU des simulations mono machine (Sec-
tion 2.3) et deux algorithmes visant à réduire le coût CPU des simulations avec plusieurs
turbines en interaction (Section 2.4 et 2.5).
35
2.1. Cas de référence
1.5 1.1
1 1
0.9
0.5 0.8
0 0.7
y∗
-0.5 0.6
0.5
-1 0.4
-1.5 0.3
2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗
Figure 2.1 – Carte numérique de vitesse axiale du cas de référence à TSR = 2.5 et
dh = 0.072.
36
2.2. Définition du bruit de parallélisation
Figure 2.2 – Exemple d’arbre binaire construit par le Treecode pour différent nombre de
processeurs.
1.5 0.1
1 0.08
0.5
0.06
0
y∗
0.04
-0.5
-1 0.02
-1.5 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
∗
x
Figure 2.3 – Cartes numériques des variations L∞ (eq. (2.1)) entre des simulations à 128
et 256 processeurs à TSR = 2.5 et dh = 0.072.
Les variations ainsi obtenues sont présentées Figure 2.3. Ainsi, on remarque que les
variations entre les deux simulations restent au maximum aux alentours de 0.1 dans le
sillage de l’hydrolienne. De plus, les profils de vitesses de la Figure 2.4 montrent que
les deux simulations sont assez proches l’une de l’autre. La variation moyenne est ensuite
calculée comme la moyenne des variations relatives de la Figure 2.3 pour obtenir une valeur
de 1.46 × 10−2 . Cette valeur de 1.46 × 10−2 constitue le niveau de variation raisonnable
utilisée pour la suite de ce chapitre.
Table 2.1 – Moyennes sur une carte de sillage des différences en norme L∞ sur une
seule itération entre des simulations exécutées avec différents critères d’erreur Tcrit sur le
treecode et une simulation exécutée sans treecode, le tout sur 256 processeurs.
37
2.3. Choix de paramétrisation
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
256 processeurs
1.5 128 processeurs
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
Figure 2.4 – Comparaisons de profils numériques de vitesse axiale simulés avec 128 et
256 processeurs.
une itération par le Treecode pour différents critères de précisions Tcrit [39] (cf. Section
2.5.1). Ainsi, les erreurs du Treecode sont extrêmement faibles et diminuent avec le critère
de précision Tcrit . En revanche, sur une simulation complète, les variations sur les résultats
restent similaires quelque soit la valeur du critère de précision Tcrit , mettant en évidence
une propagation non linéaire des erreurs d’approximations dans le code de calcul.
Table 2.2 – Moyennes des écarts relatifs d’une simulation à 128 processeurs par rapport
à une simulation à 256 processeurs, pour différentes valeurs de critère du treecode Tcrit
38
2.3. Choix de paramétrisation
1.5 0.001
1 0.0008
0.5
0.0006
0
y∗
0.0004
-0.5
-1 0.0002
-1.5 0
5 10 15 20 25 30 Ω̄∗
x∗
0.0004
-0.5
-1 0.0002
-1.5 0
5 10 15 20 25 30 Ω̄∗
∗
x
0.0004
-0.5
-1 0.0002
-1.5 0
5 10 15 20 25 30 Ω̄∗
x∗
cadre de comparaisons avec les données expérimentales sachant que l’influence d’une par-
ticule sur la vitesse décroit en 1/x2 avec la distance. Plus généralement, on s’interroge ici
sur la possibilité de négliger les particules peu utiles dans le cadre de l’étude souhaitée. Par
exemple, si l’on veut uniquement le sillage sur les 10 premiers diamètres en aval de l’hy-
drolienne, est-il nécessaire de conserver les particules se trouvant au delà de 15 diamètres
en aval ? Ou encore, cette limite se situe-t-elle à 12.5D, ou plutôt 20D ?
D’un point de vue du coup CPU, il peut donc être intéressant de se focaliser uniquement
sur la zone à étudier et "couper" le sillage se trouvant plus en aval. Une telle approche
permet techniquement de limiter le nombre de particules dans une simulation et donc de
limiter le temps de calcul pour chaque itération. Étant donné que toutes les particules
s’influencent entre elles, "couper" brutalement le sillage peut donner lieu à des effets de
bord. Il est donc préférable de dissiper progressivement le poids tourbillonnaire Ω des
particules afin de les supprimer de manière progressive. Une telle dissipation progressive
du poids tourbillonnaire dans le sillage lointain a déjà été utilisée par Hauville [32] afin
de simplifier l’advection des particules dans le sillage lointain. En effet, la dissipation
artificielle des particules était utilisée pour remplacer l’évaluation de la dérivée particulaire
(cf. Section 1.2). Dans le but de dissiper progressivement les particules à négliger, la
notion de domaine d’étude D est introduite dans le code de calcul, ce domaine d’étude
est également utilisé pour les simulations avec turbulence ambiante (cf. Chapitre 3). En
dehors du domaine d’étude D les particules perdent leur poids tourbillonnaire à chaque
itération à raison de 50% par seconde de temps physique, assurant ainsi leur disparition
progressive. On a donc pour chaque particule en dehors du domaine d’étude :
1
Ω(t + 1s) = Ω(t). (2.2)
2
On déduit de la relation (2.2) l’évolution du poids tourbillonnaire Ω des particules à
l’extérieur du domaine d’étude pour chaque pas de temps en fonction du précédent :
39
2.3. Choix de paramétrisation
y∗
0.04 0.04
-0.5 -0.5
-1 0.02 -1 0.02
-1.5 0 -1.5 0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗ x∗
∗
(a) x = 9D (b) x∗ = 10D
1.5 0.1 1.5 0.1
1 0.08 1 0.08
0.5 0.5
0.06 0.06
0 0
y∗
y∗
0.04 0.04
-0.5 -0.5
-1 0.02 -1 0.02
-1.5 0 -1.5 0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗ x∗
y∗
0.04 0.04
-0.5 -0.5
-1 0.02 -1 0.02
-1.5 0 -1.5 0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗ x∗
Figure 2.6 – Carte numérique de variation de vitesse à TSR = 2.5 et dh = 0.072 pour
différentes distances d’activation de la dissipation artificielle par rapport à la simulation
de référence.
40
2.3. Choix de paramétrisation
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Référence
1.5 dissip à 20D
1 dissip à 12.5D
dissip à 9D
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
Figure 2.7 – Comparaisons des profils numériques de vitesse axiale pour différentes dis-
tances de début de dissipation.
0.02
0.018 écarts sur la vitesse
écart moyen en norme L∞
0.016
0.014
0.012
0.01
0.008
0.006
0.004
0.002
0
9 10 11 12.5 15 17.5 20
distance de début de dissipation
Figure 2.8 – Moyenne des variations sur la vitesse en fonction de la distance à partir de
laquelle intervient la dissipation.
précédemment à 1.46 × 10−2 . Une distance de début de dissipation de 12.5D, soit 2.5D en
aval du domaine d’étude est choisie ici.
On évalue maintenant l’effet de l’utilisation de la dissipation artificielle sur les temps de
simulation. La Figure 2.9 montre l’évolution du nombre de particules et du temps de calcul
par itération pour la simulation de référence et pour les simulations analogues utilisant
la dissipation artificielle. Ainsi, la dissipation artificielle permet belle et bien de limiter le
nombre de particule dans une simulation. Elle permet également de stabiliser le temps de
calcul par itération autour d’une valeur fixe. Avec la paramétrisation choisie ici, à savoir
une dissipation artificielle qui débute 12.5 diamètres derrière l’hydrolienne, le temps de
simulation passe à 7.44 heures contre 12.97 pour la simulation de référence, soit un gain
en temps de calcul de 43%.
41
2.3. Choix de paramétrisation
1.2e+06 80
référence référence
dissip à 20D dissip à 20D
dissip à 17.5D 70 dissip à 17.5D
1e+06 dissip à 15D dissip à 15D
dissip à 12.5D dissip à 12.5D
dissip à 10D 60 dissip à 10D
800000
50
600000 40
30
400000
20
200000
10
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500
iteration (dt = 0.0267 secondes de temps physique) iteration (dt = 0.0267 secondes de temps physique)
Figure 2.9 – Nombre de particules et temps de calcul par itération, avec dissipation
artificielle à partir de différentes distances derrière l’hydrolienne à et TSR = 2.5.
25
nombre de sous-itérations
20
15
10
0
0 500 1000 1500 2000
indice de l’itération
42
2.3. Choix de paramétrisation
0.012 résidu
critère d’arret
0.01
valeur du résidu
0.008
0.006
0.004
0.002
0
2 4 6 8 10 12 14
sous-itération
43
2.3. Choix de paramétrisation
y∗
0.04 0.04
-0.5 -0.5
-1 0.02 -1 0.02
-1.5 0 -1.5 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf. 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗ x∗
y∗
0.04 0.04
-0.5 -0.5
-1 0.02 -1 0.02
-1.5 0 -1.5 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf. 2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗ x∗
Figure 2.12 – Carte numérique de variation de vitesse à TSR = 2.5 et dh = 0.072 pour
différentes limitations du nombre de sous-itérations par rapport à une simulation sans
limitation.
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Référence
1.5 2 SSITE
1 4 SSITE
8 SSITE
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
44
2.4. Résolution du système linéaire
(2)
(2)
(1) (1)
(1)
(2)
Figure 2.14 – Construction de la matrice d’influence dans le cas d’une seule machine.
45
2.4. Résolution du système linéaire
(2)
(2)
(5) (4) (4)
(5)
(3) (3)
(1) (1)
(1)
(3)
(5)
(2)
(4)
46
2.4. Résolution du système linéaire
Table 2.3 – Caractéristiques de la matrice d’influence A dans le cas d’une seule turbine
pour une large gamme de maillages d’hydroliennes.
30
25
20
|Aij |
15
j=1,j6=i
Pp
N
10
|Aii| −
5
0
-5
-10
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
i
Figure 2.16 – Illustration que la matrice d’influence A n’est pas à diagonale dominante
pour le cas d’une turbine représentée par la maillage 05x11.
Les valeurs de ce coefficient β sont données dans le Tableau 2.3 pour une grande variété de
maillages d’hydroliennes. Ainsi, le Tableau 2.3 montre que même dans le cas d’une unique
turbine le coefficient d’asymétrie β n’est pas nul même s’il reste relativement faible. Donc,
même si elle en est proche ; la matrice d’influence A n’est pas symétrique.
La matrice d’influence A n’est pas non plus à diagonale dominante comme le montre la
Figure 2.16 représentant les valeurs prise par la relation (2.5). En effet, dans le cas d’une
seule hydrolienne la relation (2.5) prend des valeurs négatives.
Np
X
|Aii | − |Aij | (2.5)
j=1,j6=i
47
2.4. Résolution du système linéaire
48
2.4. Résolution du système linéaire
moins de 500 itérations pour des configurations à quatre hydroliennes, même si le nombre
d’itérations nécessaire reste important.
49
2.4. Résolution du système linéaire
50
2.4. Résolution du système linéaire
10 turbines
3 turbines
Figure 2.17 – Illustration des deux configurations utilisées pour l’étude du gain de temps
de calcul apporté par le Bi-CGSTAB.
Table 2.5 – Décomposition du temps total d’émission ttotal (en seconde) suivant la méth-
ode de résolution utilisée pour les 5 maillages étudiés pour la configuration à 3 hydroliennes.
51
2.5. Un algorithme de type Treecode pour calculer la vitesse potentielle
Table 2.6 – Décomposition du temps total d’émission ttotal (en seconde) suivant la méth-
ode de résolution utilisée pour les 5 maillages étudiés pour la configuration à 10 hydroli-
ennes.
52
2.5. Un algorithme de type Treecode pour calculer la vitesse potentielle
1000
Résolution par inversion
Régression (pente 3.11)
100 Pré-cond. Bi-CGSTAB
Régression (pente 1.96)
10
ttotal
1
0.1
0.01
0.001
1000 2000 5000 10000 20000
N
53
2.5. Un algorithme de type Treecode pour calculer la vitesse potentielle
dlp,3 P ep,3
µp
dlp,2
P ep,2
Cp Cp
dlp,4 P ep,4
dlp,1 P ep,1
(a) Doublet (b) Particules équivalentes
Figure 2.19 – Schéma illustrant le passage d’une représentation par doublet surfacique à
une représentation en particules équivalentes pour une facette p.
54
2.5. Un algorithme de type Treecode pour calculer la vitesse potentielle
1.5 0.1
1 0.08
0.5
0.06
0
y∗
0.04
-0.5
-1 0.02
-1.5 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
∗
x
Figure 2.20 – Carte numérique de vitesse et d’erreur relative avec utilisation du Treecode
sur uφ pour une turbine à TSR = 2.5 et dh = 0.072.
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Référence
1.5 Treecode
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
55
2.5. Un algorithme de type Treecode pour calculer la vitesse potentielle
2 0.1
1 0.08
0 0.06
y∗
-1 0.04
-2 0.02
0 2 4 6 8 10 12 14 0
∗ diff. Linf.
x
Figure 2.22 – Carte des variations sur la vitesse entre des simulations exécutées sur trois
hydroliennes avec et sans Treecode sur uφ pour les pâles.
x∗ = 2D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D x∗ = 12D
3
Sans Treecode
2 Avec Treecode
1
0
y∗
-1
-2
-3
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
56
2.6. Bilan
20 0.022
bruit de parallélisation
18 0.02
16 0.018
temps de calcul (heures)
di
Tr
ss
so
ee
se
0
ip
us
co
a
-it
d
tio
ba
di
tr
ér
n
po
ee
ss
so
a
se
à
tio
ip
co
us
ur
12
d
-it
ns
tio
les
e
.5
ér
po
n
D
a
p
tio
ur
al
12
es
ns
les
.5
D
p
al
es
(a) Temps de calcul (b) Erreur relative moyenne
Figure 2.24 – Résumé des gains de temps de calcul et des erreurs commises pour chaque
choix d’implémentation.
2.6 Bilan
Dans ce chapitre, quatre éléments d’implémentation permettant de réduire les temps
de calcul d’une simulation ont été présentés. Il s’agit de l’introduction d’une dissipation
artificielle en dehors de l’espace d’étude, de la réduction du nombre de sous-itération
d’émission, de l’utilisation d’un solveur itératif pour les simulations à plusieurs turbines
ainsi que d’une nouvelle méthode de calcul de l’influence des turbines sur les particules.
Un résumé des gains en temps de calcul et des variations liées à tous ces développements
est présenté dans la Figure 2.24, dans le cas d’une unique turbine. La Figure 2.25 fait le
bilan de tous ces développements quand ils sont utilisés simultanément. Ainsi, l’utilisation
combiné des différents éléments d’optimisations présentés dans ce chapitre génère au finale
une variation moyenne de 1.88 × 10−2 ce qui est légèrement supérieur à celle liée au bruit
de parallélisation qui est de 1.46 × 10−2 mais reste néanmoins tout à fait raisonnable. D’un
point de vue du temps de calcul, une réduction finale de 51% du temps d’une simulation
type d’une hydrolienne sur 60 secondes est obtenue, réduisant la durée d’une simulation
sur 256 processeurs de 12.93 à 6.40 heures. Le sillage numérique obtenu suite à tous ces
développements est comparé à celui de la simulation de référence Figure 2.26 et 2.27.
Ces cartes de vitesse axiale montrent un bon accord entre les deux simulations, avec une
nouvelle fois des différences concentrées sur la fin du sillage.
57
2.6. Bilan
0.022
14 bruit de parallélisation
0.02
12 0.018
10
0.014
8 0.012
0.01
6
0.008
4 0.006
0.004
2
0.002
0 0
ba
di
tr
ba
di
tr
ee
ee
ss
so
ss
so
se
se
ip
ip
co
co
us
us
a
a
d
d
-it
-it
tio
tio
e
e
ér
ér
po
po
n
n
a
a
à
tio
tio
ur
ur
12
12
ns
ns
les
les
.5
.5
D
D
pa
pa
les
les
(a) Temps de calcul (b) Erreur relative moyenne
Figure 2.25 – Résumé des gains de temps de calcul et des erreurs commises pour chaque
choix d’implémentation présenté pris cumulativement.
1.5 0.1
1 0.08
0.5
0.06
0
y∗
0.04
-0.5
-1 0.02
-1.5 0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 diff. Linf.
x∗
Figure 2.26 – Carte de variation de vitesse axiale entre le simulation référence une sim-
ulation et utilisant toutes les fonctionnalités décrites précédemment.
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Référence
1.5 Optimisée
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
58
Chapitre 3
Modélisation de la turbulence
ambiante
1
Z T
u∞ = u∞ (x, t)dt, (3.2)
T 0
on a donc :
1 T σ
Z
u (x, t)dt = 0. (3.3)
T 0
Le taux de turbulence ambiante I∞ , quant à lui, peut s’exprimer :
r
1 2
[σ (u∞ )+σ 2 (v∞ )+σ 2 (w∞ )]
I∞ = 100 3
, (3.4)
ū2∞ +v̄∞
2 +w̄ 2
∞
59
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) I∞ = 3% (b) I∞ = 15%
0.6 0.6
Single Single
a = 02D a = 02D
0.5 a = 04D 0.5 a = 03D
a = 06D a = 04D
a = 08D a = 05D
0.4 a = 10D 0.4 a = 06D
a = 12D a = 08D
a = 10D
∞
∞
down
down
0.3 0.3
CP,U
CP,U
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSRdown
U∞ TSRdown
U∞
3.1, plus la turbulence ambiante I∞ est élevée, plus le sillage se dissipe rapidement, c’est-
à-dire que l’on retrouve plus rapidement les caractéristiques de l’écoulement amont. De
plus, les interactions entre machines sont également fortement impactées par la turbulence
ambiante, tant au niveau des performances que du sillage, comme démontré par différents
essais expérimentaux [25, 59]. Ainsi, comme illustré Figure 3.2, dans une configuration à
deux turbines alignées avec le courant, les performances de l’hydrolienne avale sont bien
meilleure quand le taux de turbulence ambiante est élevé. Il est donc crucial de carac-
tériser précisément l’influence que peut avoir différents niveaux de turbulence ambiante
I∞ sur les turbines. En effet, plusieurs études in situ réalisées sur des sites potentiels
d’implantations de fermes hydroliennes montrent des taux de turbulence ambiante I∞
très différents suivant les sites. Ces études couvrent entre autres les sites de Fall of War-
ness (UK) [63,64], Sound of Islay (UK) [23], Puget Sound (USA) [65], Strangford Narrows
(UK) [66], East River (USA) [67] et Ramsay Sound (UK) [68] où des taux de turbulence
ambiante I∞ variant de 3.2% à 24% ont pu être mesurés. Une telle gamme de niveau
de turbulence ambiante suivant les sites d’implantation implique des comportements très
différents des hydroliennes d’un site à l’autre. Il est donc indispensable de pouvoir tenir
compte numériquement des effets de la turbulence ambiante sur les performances et le
sillage des machines. Dans la littérature, plusieurs approches ont déjà été proposées pour
60
3.1. Synthetic-Eddy-Method
modéliser la turbulence ambiante. Par exemple, en éolien Chatelain et al. [69] ainsi que
Branlard et al. [70] utilisent l’algorithme de Mann [71] pour générer un écoulement tur-
bulent en entrée de simulation. En hydrolien, Baptiste Elie [17] utilise par exemple l’outil
TurbSim développé par le National Renewable Energy Laboratory (NREL) pour générer
des conditions d’entrée turbulentes pour un code Volume Finis (WCCH [72]).
Afin de répondre à cette problématique, un nouveau modèle inspiré de la Synthetic-
Eddy-Method développée par Jarrin et al. [26,27] a été implémenté dans le code de calcul.
Ce chapitre propose une description de la Synthetic-Eddy-Method, puis une analyse précise
des caractéristiques de l’écoulement ainsi généré. Pour ce faire, on s’appuie notamment sur
la caractérisation de la turbulence ambiante présente dans le bassin à houle et à courant
de l’IFREMER de Boulogne-sur-Mer proposée par Medina et al. [61, 62].
3.1 Synthetic-Eddy-Method
La Synthetic-Eddy-Method [26,27] a déjà été utilisée à plusieurs reprises dans le cadre
de simulation d’hydroliennes. Par exemple, Togneri et al. [73,74] l’utilisent pour générer un
écoulement amont turbulent dans leur code BEM-CFD. Ahmed et al. [75,76] génèrent grâce
à ce modèle des conditions d’entrée pour le code Saturne [77] développé par EDF. Cette
méthode a été conçue pour générer des écoulements incidents reproduisant un tenseur
de Reynolds R donné. Les différentes composantes Rij du tenseur de Reynolds R sont
définies de manière similaire aux variances et covariances statistiques :
Rij = (u∞
i − ui )(uj − uj ) = ui uj
∞ ∞ ∞ σ σ ∀i, j ∈ J1, 3K. (3.5)
avec uσ,k la vitesse induite par une structure k définie comme suit :
s
σ,k Vσ k
u (x) = c Fλ (x − xk ) ∀k ∈ J1, N K, (3.7)
N
où Vσ est le volume du domaine fluide fini contenant les N structures turbulentes et où Fλ
est une fonction de forme qui doit vérifier un certain nombre de critères qui seront décrits
dans le paragraphe 3.1.3. Les intensités ck des structures Ek sont définies de la manière
suivante :
61
3.1. Synthetic-Eddy-Method
u∞
Ek−
Ek+
Dσ
3
X
cki = ai,j ǫki,j ∀i ∈ {1, 2, 3}, ∀k ∈ J1, N K. (3.8)
j=1
Les différents termes ǫki,j intervenant dans l’équation (3.8) sont des valeurs aléatoires in-
dépendantes. La loi de probabilité des ǫki,j doit être de moyenne nulle et de variance 1. Ici
la loi de probabilité proposée par Jarrin et al. [26, 27] est utilisée :
s
1/3 σ 2 (u∞ ) + σ 2 (v∞ ) + σ 2 (w∞ )
I∞ = 100
ū2∞ + v̄∞
2 + w̄ 2
∞
s
100 R1,1 + R2,2 + R3,3
= ∞ (3.11)
|u | 3
v
u
100 t tr R
u
= .
|u∞ | 3
62
3.1. Synthetic-Eddy-Method
avec λ la taille des structures turbulentes Ek qui correspond également à sa zone d’in-
fluence. C’est-à-dire qu’il s’agit de la zone dans laquelle une structure induit une pertur-
bation de vitesse uσ,k non nulle. Dans le modèle de turbulence ambiante, les structures
turbulentes peuvent avoir des tailles λi différentes suivant chaque coordonnée et les struc-
tures ont également la possibilité d’avoir des tailles différentes les unes des autres. La
sous-fonction fλ , que l’on appellera noyau dans la suite de ce chapitre, intervenant dans
l’expression de la fonction de forme Fλ (eq. (3.12)) doit vérifier un certain nombre de con-
ditions mathématiques afin d’assurer la convergence statistique du modèle vers le tenseur
de Reynolds R souhaité. Ces conditions peuvent être résumées de la manière suivante :
0
fλ ∈ C (R, R)
(3.13a)
fλ (y) = 0 ∀y ∈/ [−λ, λ] (3.13b)
argmax(fλ (y)) = 0
(3.13c)
y
fλ (y) = fλ (−y) (3.13d)
Z
λ 2
fλ (y)dy = 1. (3.13e)
−λ
Ainsi, le noyau fλ doit être continue sur R, avoir un support compact sur [−λ, λ], attein-
dre sa valeur maximale en 0, être symétrique et finalement vérifier la condition intégrale
(3.13e). Dans les travaux de Jarrin et al. [26,27], le noyau utilisé est un noyau triangulaire,
représenté sur la Figure 3.4 pour différentes tailles de λ. Son expression est la suivante :
( q
3
(λ − |y|) si |y| < λ
fλ (y) = 2λ3 (3.14)
0 sinon.
Ce noyau a l’avantage d’être très simple mais il présente un inconvénient non négligeable,
à savoir que sa dérivée est discontinue en −λ, 0 et λ comme on peut le voir sur la Figure
3.4. Cette propriété entraine des discontinuités dans les gradients de vitesses et donc
dans le champs de vorticité ω pouvant créer des problèmes au moment du couplage de la
63
3.1. Synthetic-Eddy-Method
2
λ = 0.5
λ=1
λ = 1.5
λ=2
1.5
fλ(y)
1
0.5
0
-2 -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2
y
avec erf la fonction erreur qui intervient dans le calcul de la fonction de répartition de la
loi Normale et qui s’écrit :
2
Z x
2
erf(x) = √ e−t dt. (3.19)
π 0
La Figure 3.5 illustre les quatre noyaux définis précédemment pour une taille λ de 1 tandis
que la Figure 3.6 représente les valeurs positives du noyau Gaussien pour différentes tailles
λ.
64
3.1. Synthetic-Eddy-Method
noyau triangulaire
1.2 noyau cosinus
noyau polynomial
noyau Gaussien
1
0.8
f1(y)
0.6
0.4
0.2
1.6 λ = 0.5
λ = 1.0
λ = 1.5
1.4 λ = 2.0
1.2
1
fλ(y)
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.5 1 1.5 2
y
65
3.1. Synthetic-Eddy-Method
u∞
I∞
Figure 3.7 – Vue schématique des tourbillons dans un écoulement turbulent réel.
66
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
σ(λ) = 10%
σ(λ) = 20%
σ(λ) = 30%
σ(λ) = 40%
σ(λ) = 50%
ϕ(λ)
67
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
0.0016
Valeurs souhaitées
0.0014 N=100
N=250
0.0012 N=500
N=750
0.001 N=1000
0.0008
0.0006
0.0004
0.0002
-0.0002
R11 R12 R13 R21 R22 R23 R31 R32 R33
Figure 3.9 – Comparaison entre les valeurs du tenseur de Reynolds R (eq. (3.10)) pre-
scrites au modèle et celles obtenues avec la Synthetic-Eddy-Method à I∞ = 3% pour des
structures turbulentes de taille unique λi = (0.5, 0.5, 0.5), un noyau triangulaire et en
faisant varier le nombre de structures N .
Table 3.1 – Tableau de synthèse des résultats pour I∞ = 3% avec, sauf indication contraire
dans la colonne "Cas étudiés", des tailles λi = (1.0, 1.0, 1.0), un écart type σ(λ) = 0%,
1000 structures et un noyau triangulaire.
68
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
0.04
Valeurs souhaitées
0.035 N=100
N=250
0.03 N=500
N=750
0.025 N=1000
0.02
0.015
0.01
0.005
-0.005
R11 R12 R13 R21 R22 R23 R31 R32 R33
Figure 3.10 – Comparaison entre les valeurs du tenseur de Reynolds R (eq. (3.10))
prescrites au modèle et celles obtenues avec la Synthetic-Eddy-Method à I∞ = 15% pour
un noyau triangulaire, différents nombres N de structures turbulentes de taille unique
λi = (1.0, 1.0, 1.0).
valeurs souhaitées et les valeurs obtenues par le modèle. Un résumé de l’étude paramétrique
effectué afin de vérifier le bon fonctionnement du modèle est donné dans les tableaux 3.1 et
3.2 pour les deux taux de turbulence ambiante étudiés. Ainsi, on remarque que quelque soit
le nombre N de structures, les tailles de structures λ, les écarts types σ(λ) ou les noyaux
choisis, les paramètres R et I∞ recalculés à partir des champs de vitesse par le modèle
sont en très bon accord avec les valeurs théoriques prescrites. Le modèle de turbulence
choisi, à savoir la Synthetic-Eddy-Method, permet donc de générer des perturbations de
vitesse vérifiant le tenseur de Reynolds R prescrit.
69
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
Table 3.2 – Tableau de synthèse des résultats pour I∞ = 15% avec, sauf indication
contraire dans la colonne "Cas étudiés", des tailles λi = (1.0, 1.0, 1.0), un écart type σ(λ) =
0%, 1000 structures et un noyau triangulaire.
70
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
3 1.4 3 1.4
2 1.3 2 1.3
1.2 1.2
1 1.1 1 1.1
0 1 0 1
y
y
-1 0.9 -1 0.9
0.8 0.8
-2 0.7 -2 0.7
-3 0.6 -3 0.6
-3 -2 -1 0 1 2 3 ||u∞ || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u∞ ||
x x
(a) I∞ = 3% (b) I∞ = 5%
3 1.4 3 1.4
2 1.3 2 1.3
1.2 1.2
1 1.1 1 1.1
0 1 0 1
y
-1 0.9 -1 0.9
0.8 0.8
-2 0.7 -2 0.7
-3 0.6 -3 0.6
-3 -2 -1 0 1 2 3 ||u∞ || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u∞ ||
x x
(c) I∞ = 10% (d) I∞ = 15%
Figure 3.11 – Exemples de champs de vitesses donnés par le modèle de turbulence am-
biante pour N = 1000 structures de taille λ = (1.0, 1.0, 1.0), un noyau triangulaire et
différents taux de turbulence I∞ .
Figure 3.12 – Exemples de champs de vitesses donnés par le modèle de turbulence am-
biante pour I∞ = 15%, N = 1000 structures, un noyau triangulaire et différentes tailles
de structures.
71
3.2. Comportement général du modèle de turbulence ambiante
y
-1 0.9 -1 0.9 -1 0.9
0.8 0.8 0.8
-2 0.7 -2 0.7 -2 0.7
-3 ∞
0.6 -3 ∞
0.6 -3 ∞
0.6
-3 -2 -1 0 1 2 3 ||u || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u ||
x x x
(a) Rf = 0.1 ⇔ N = 5 (b) Rf = 1 ⇔ N = 51 (c) Rf = 100 ⇔ N = 5167
Figure 3.13 – Exemples de champs de vitesses donnés par le modèle de turbulence am-
biante pour I∞ = 15%, un noyau triangulaire et des structures de taille λ = (1.0, 1.0, 1.0).
Figure 3.14 – Exemples de champs de vitesses donnés par le modèle de turbulence am-
biante pour I∞ = 15%, N = 1000 structures, un noyau triangulaire et différentes formes
de structures.
72
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
y
-1 0.9 -1 0.9 -1 0.9
0.8 0.8 0.8
-2 0.7 -2 0.7 -2 0.7
-3 ∞
0.6 -3 ∞
0.6 -3 ∞
0.6
-3 -2 -1 0 1 2 3 ||u || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u || -3 -2 -1 0 1 2 3 ||u ||
x x x
(a) σ(λ) = 25% (b) σ(λ) = 50% (c) σ(λ) = 100%
Figure 3.15 – Exemples de champs de vitesses donnés par le modèle de turbulence am-
biante pour I∞ = 15%, N = 1000 structures de taille moyenne λ = (0.5, 0.5, 0.5), un
noyau triangulaire et différentes valeurs d’écart type sur la taille des structures.
les volumes VEk occupés par les structures et le volume Vσ du domaine contenant ces
structures :
N
P
VEk
k=1
Rf = , (3.21)
Vσ
avec VEk pris comme le volume d’un ellipsoïde :
3
4 Y
VEk = π λk . (3.22)
3 i=1 i
Ce nouveau paramètre Rf permet ainsi d’évaluer s’il y aura peu de chevauchement (Rf <
1), un chevauchement modéré (Rf < 5) ou beaucoup de chevauchement (Rf > 5). Si on
applique ce critère sur les trois champs de vitesse de la Figure 3.12, on obtient Rf ≈
0.32 pour le champ 3.12a où on observe effectivement que très peu de chevauchement
de structure. Le champ de vitesse 3.12b présente un Rf d’environ 2.45 cohérent avec les
chevauchements modérés présents. Enfin le Rf du champ de vitesse 3.12c est d’environ
19.40 ce qui explique le très fort chevauchement de structures turbulentes. L’influence du
paramètre Rf est illustré sur la Figure 3.13 pour des structures de taille λ = (1.0, 1.0, 1.0).
La Figure 3.14, quant à elle, illustre l’influence de la forme des structures sur l’écoulement
simulé. Dans un souci de se rapprocher au maximum d’un écoulement réel, un paramètre
d’écart type σ(λ) a été introduit (cf. section 3.1.4) afin d’avoir une variation dans la taille
des structures. La Figure 3.15 permet de visualiser l’influence de cet écart type σ(λ) sur
l’allure générale de l’écoulement produit. Ainsi, un faible écart type, à savoir σ(λ) = 25%
semble permettre de générer un écoulement plus désordonné que dans le cas sans variation
de taille de la Figure 3.12a. En revanche, pour des valeurs d’écart type plus élevées,
σ(λ) = 50% et σ(λ) = 100%, des structures "étirées" apparaissent à cause de taille proche
de zéro dans une direction. Ces structures "étirées" engendrent un écoulement dont l’allure
générale semble s’éloigner de celle d’un écoulement réel.
73
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
E(k)
introduction d’énergie
Dissipation
suppression
d’énergie
Production Distribution
k
74
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
0.2
uσ (t)
0
-0.2
-0.4
-0.6
0 2 4 6 8 10
t[s]
Figure 3.17 – Mesures temporelles en un point des fluctuations de vitesses uσ (t) induites
par le modèle de turbulence ambiante.
75
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
102
Noyau triangulaire
0
Noyau cosinus
10 Noyau polynomiale
Noyau Gaussien
10−2
Sxx(f )
10−4
10−6
10−8
10−10 −4
10 10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
f [Hz]
Figure 3.18 – Densité spectrale de puissance (PSD) donnée par le modèle pour les dif-
férents noyaux considérés avec λ = 0.25 et σ(λ) = 0.
est une exponentielle complexe. La transformée de Fourier d’une fonction g(t) est définie
par : Z ∞
F(g(t)) = G(f ) = g(t)e−2πif t dt (3.25)
−∞
où G(f ), appelée le spectre de g, nous indique la quantité de puissance contenue à certaines
fréquences f . Afin de démontrer le lien entre la décroissance "en bosses" de la densité
spectrale de puissance dans le cas d’un noyau triangulaire, on définit le noyau triangulaire
unitaire T (t) tel que :
(
1 − |t| si |t| 6 1
T (t) = (3.26)
0 sinon.
Si on calcule sa transformée de Fourier, il vient :
Z ∞
∆(f ) = F (T (t)) = T (t)e−2πif t dt
−∞
Z 0 Z 1
−2πif t
= (1 + t)e dt + (1 − t)e−2πif t dt
−1 0
" # " #
1 + 2πif e2πif 2πif − 1 e−2πif
= − − + 2 2
4π 2 f 2 4π 2 f 2 4π 2 f 2 4π f
e−2πif (e2πif − 1)2
=−
4π 2 f 2 (3.27)
2
e−2πif eπif [eπif − e−πif ]
=−
4π 2 f 2
e−2πif e2πif (2i)2 sin2 (πf )
=−
4π 2 f 2
2
sin(πf )
=
πf
2
= sinc (f ).
La transformée de Fourier de la fonction tente unitaire est donc égale au carré de la fonction
sinus cardinal, représentée sur la Figure 3.19. On retrouve le phénomène de décroissance
76
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
100
sinc2(x)
Noyau triangulaire
1
0.01
sinc2(x) 0.0001
1e-06
1e-08
Figure 3.19 – Comparaison entre sinc2 (x) et la PSD obtenue avec le noyau triangle pour
λ = 0.25, Rf = 1 et σ(λ) = 0.
102
σ(λ) = 0%
0
σ(λ) = 25%
10 σ(λ) = 50%
σ(λ) = 75%
10−2 σ(λ) = 100%
Sxx(f )
10−4
10−6
10−8
10−10 −4
10 10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
f [Hz]
Figure 3.20 – Influence de l’écart type σ(λ) sur la densité spectrale de puissance (PSD)
pour un noyau Gaussien et λ = (0.5, 0.5, 0.5) avec un taux de remplissage Rf = 2.
en bosse, identifié précédemment sur la Figure 3.18. De plus, la transformée de Fourier est
une application linéaire de L1 (R) dans l’espace des fonctions :
Ainsi, le spectre obtenu dans le domaine fréquentiel peut être vu comme la composée
de plusieurs transformations de Fourier de fonction de forme. C’est d’ailleurs pour cette
raison que deux simulations paramétrées de la même façon ne donnent pas deux spectres
identiques. En effet, le caractère aléatoire du modèle se manifeste dans le placement et
l’intensité des structures, c’est-à-dire que deux points de mesures identiques ne "verront"
pas passer les mêmes structures. Le même raisonnement s’applique pour les fonctions de
forme polynomiale, sinusoïdales et gaussienne afin d’expliquer la décroissance "en bosse"
obtenue pour un écart type σ(λ) nul.
77
3.3. Étude spectrale du champ de vitesse
102
Rf = 0.01
0
Rf = 0.1
10 Rf = 0.5
Rf = 1
10−2 Rf = 2
Rf = 3
Sxx(f )
10−4
10−6
10−8
10−10 −4
10 10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
f [Hz]
78
3.4. Étude des macros échelles de Taylor
102
Noyau triangulaire
0
Noyau cosinus
10 Noyau polynomiale
Noyau Gaussien
10−2
Sxx(f )
10−4
10−6
10−8
10−10 −4
10 10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
f [Hz]
Figure 3.22 – Influence du noyau utilisé sur la densité spectrale de puissance (PSD) pour
λ = (0.5, 0.5, 0.5) avec un écart type σ(λ) = 50% et un taux de remplissage Rf de 2.
102
Mesures en bassin [62]
λ = 0.25
λ = 0.5
100 λ = 0.75
10−2
Sxx(f )
10−4
10−6
10−8
10−10
10−4 10−3 10−2 10−1 100 101 102 103
f [Hz]
Figure 3.23 – Comparaison entre les données expérimentales et numériques avec σ(λ) =
100%, I∞ = 15% et U∞ = 0.8[m.s−1 ].
79
3.4. Étude des macros échelles de Taylor
E(k)
Production
Cascade Énergétique Dissipation
k
Grandes Échelles Échelles inertielles Petites Échelles
celui-ci peut être de l’ordre du kilomètre sur une importante période de temps, mais à
l’intérieur de celui-ci, les processus de mélange de l’air sec et humide peuvent se produire
à une échelle de l’ordre de quelques millimètres sur des instants très courts. Ces échelles
spatiales sont à mettre en lien avec la notion de tourbillon de turbulence, -d’eddy-, utilisée
pour qualifier les mouvements turbulents. Un eddy est un concept physique qui peut être
assimilé à une structure porteuse d’un mouvement tourbillonnaire localisé dans une région
et dont la taille maximale est limité par les frontières physiques de l’écoulement" [82].
Un écoulement turbulent pleinement développé à haut nombre de Reynolds est com-
posé de structures tourbillonnaires de différentes tailles. La plus grande échelle est fixée
par l’écoulement moyen et la plus petite par la dynamique inhérente de l’agitation turbu-
lente, qui dépend fortement de la viscosité du fluide. Comme illustré sur la Figure 3.24,
entre ces deux échelles, ce sont les effets inertiels du mouvement qui dominent.
Cette grandeur est une évaluation grossière de la distance en deçà de laquelle la vitesse
fluctuante est parfaitement corrélée avec elle même et totalement décorrélée au-delà. La
fonction d’autocorrélation d’une variable u(t) à deux instants t1 et t2 est définie par :
80
3.4. Étude des macros échelles de Taylor
1.2
Fonction d’autocorrélation
1
0.8
0.6
R(τ )
0.4
0.2
0
0 0.5 1 1.5 2
τ [s]
Figure 3.25 – Exemple de tracé d’une fonction d’autocorrélation R(τ ) calculée à partir
d’un champ de vitesse généré par le modèle.
Table 3.3 – Influence du taux de remplissage Rf sur le calcul de la macro échelle spatiale
de Taylor L avec σ(λ) = 50% et un noyau Gaussien.
hu(t) u(t + τ )i
R(τ ) = . (3.32)
hu2 i
Comme illustré sur la Figure 3.25 lorsque τ = 0, l’autocorrélation vaut 1 et elle décroit
lorsque τ augmente. La fonction d’autocorrélation converge vers 0 car la turbulence est
considérée comme un phénomène aléatoire. La macro échelle L est donc calculée comme
x par le résultat de l’intégration de la
le produit de la vitesse moyenne de l’écoulement u∞
fonction d’autocorrélation sur un intervalle de temps fini [0 : T ]. En pratique, la borne
supérieure T est approchée au point où R(τ ) = 0 pour la première fois.
81
3.4. Étude des macros échelles de Taylor
Table 3.4 – Influence de l’écart type σ(λ) sur le calcul de la macro échelle spatiale de
Taylor L avec Rf = 1 et un noyau Gaussien.
0.8 0.8
Noyau triangulaire, a = 0.746 Noyau cosinus, a = 0.669
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
L
L
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
λ λ
0.8 0.8
Noyau polynomial, a = 0.694 Noyau Gaussien, a = 0.654
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0.4 0.4
L
0.3 0.3
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
λ λ
Figure 3.26 – Relation entre la macro échelle spatiale de Taylor L calculée et la taille de
structure prescrite λ pour les différents noyaux utilisés à Rf = 1 et σ(λ) = 10%.
82
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
étude. De plus, il apparait très clairement que cette relation est linéaire (donc de la forme
L = a × λ) pour chacun des noyaux considérés. En effet, les valeurs du coefficient de cor-
rélation sont comprises entre 0.98 et 1, signe de qualité de la régression linéaire obtenue
pour chacun des noyaux. En revanche, les valeurs du coefficient a obtenues varient suivant
le noyau choisi, indiquant une dépendance entre la macro échelle de Taylor L et le noyau
utilisé. Cette dépendance avec le noyau choisi n’est pas une surprise étant donné que le
noyau permet de calculer la fonction de forme de la structure turbulente et définit donc
d’une certaine façon sa forme générale au même titre de la taille λ. Les résultats obtenus
indiquent donc qu’il existe une fonction de transfert linéaire entre la macro échelle de
Taylor L et le paramètre de taille prescrit λ pour chacun des noyaux considérés. Ainsi,
dans le cas où cette macro échelle est connue pour l’écoulement à reproduire, il est alors
possible d’estimer la taille λ à prescrire pour retrouver cette échelle caractéristique L. Une
fois le modèle turbulence ambiante caractérisé sans turbine il est maintenant nécessaire
de la tester en présence d’une hydrolienne.
83
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
2λ1 2λ1
2λ2
D
u∞
Ek−
Ek+ 2λ2
Dσ
du couplage du modèle de turbulence ambiante avec la méthode vortex est donné Figure
3.27.
Une fois l’espace Dσ défini, les structures turbulentes peuvent être générées à l’intérieur
de celui-ci comme décrit précédemment dans la section 3.1. Au cours d’une simulation les
structures turbulentes doivent être advectées dans l’écoulement. Pour ce faire deux straté-
gies sont possibles : utiliser la vitesse u∞ ou bien utiliser la vitesse réelle u définie par
l’équation (1.5). Dans ces travaux, la première option est choisie et donc les structures
turbulentes sont déplacées à la vitesse u∞ . Avec cette approche, le modèle de turbulence
ambiante fonctionne comme une sous-couche du programme, de telle sorte que les struc-
tures turbulentes influencent les turbines et les particules mais ne sont pas influencées par
celles-ci.
84
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
2 1.4 2 1.4
1.5 1.3 1.5 1.3
1 1.2 1 1.2
0.5 1.1 0.5 1.1
0 1 0 1
y∗
y∗
-0.5 0.9 -0.5 0.9
-1 0.8 -1 0.8
-1.5 0.7 -1.5 0.7
-2 0.6 -2 0.6
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) Moyenne sur 25s (b) Moyenne sur 50s
2 1.4 2 1.4
1.5 1.3 1.5 1.3
1 1.2 1 1.2
0.5 1.1 0.5 1.1
0 1 0 1
y∗
y∗
-0.5 0.9 -0.5 0.9
-1 0.8 -1 0.8
-1.5 0.7 -1.5 0.7
-2 0.6 -2 0.6
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(c) Moyenne sur 200s (d) Moyenne sur 800s
Figure 3.28 – Cartes de vitesse sans hydrolienne, moyennées sur des temps différents avec
I∞ = 15% et λ = (0.25, 0.25, 0.25).
est nécessaire. Or, une simulation de 90s physique sur une hydrolienne en présence de tur-
bulence ambiante s’effectue en approximativement 24H sur 256 processeurs, on peut donc
estimer qu’une simulation des 840s physique prendrait un temps de calcul très important
de 223.2H, soit 9.3 jours, à s’exécuter.
Afin de réduire les temps de calcul nécessaire à l’obtention d’un sillage complet d’hy-
drolienne en présence de turbulence ambiante on se propose ici d’effectuer les simulations
sur 90s de temps physique et de filtrer la turbulence ambiante dans le sillage de la turbine.
Pour ce faire, le champ de vitesse u(x, t) est décomposé en combinant les équations (1.5)
et (3.1) de la manière suivante :
1
Z T
lim uσ (x, t)dt = 0. (3.35)
T →+∞ T 0
On utilise ainsi la propriété (3.35) au moment du post-traitement pour filtrer la com-
posante uσ de la vitesse, en présupposant que uσ = 0, au moment d’effectuer les moyennes
temporelles. Permettant ainsi d’obtenir des cartes de sillage exploitable pour des simula-
tions sur des temps physiques beaucoup plus courts (90s ici). La Figure 3.29 illustre le
filtrage de la turbulence ambiante sur le cas d’une turbine à TSR = 3.67 et I∞ = 15%.
Ainsi la carte de sillage brute (Figure 3.29a) peut être décomposée en deux nouvelles
cartes de vitesse, une première représentant le sillage de la turbine sans la composante
uσ représentant la turbulence ambiante, et une seconde, représentant l’écoulement sans
la turbine. L’avantage ici est d’extraire l’effet de la turbulence ambiante sur le sillage et
ainsi de comparer un sillage ayant subi ou pas l’effet de la turbulence.
Dans la suite de ce chapitre toutes les cartes numériques de vitesse sont obtenues après
application du filtrage de la vitesse uσ . Ce qui revient à la non prise en compte de uσ dans
l’équation (3.34). Ces simulations sont effectuées sur 90s de temps physique et les cartes
85
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
2 1.1
1.5 1
1 0.9
0.5 0.8
0 0.7
y∗
-0.5 0.6
-1 0.5
-1.5 0.4
-2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗
(a) Vitesse moyennée u(x, t)
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(b) Vitesse filtrée uψ (x, t) + uφ (x, t) + u∞ (c) Vitesse de l’écoulement sans machine u∞ +
uσ (x, t)
Figure 3.29 – Illustration du filtrage de la turbulence ambiante sur des cartes de vitesse
axiale numérique à TSR = 3.67, I∞ = 15% et λ = (0.25, 0.25, 0.25).
de vitesse présentent des vitesses moyennées sur 50s. De plus, ces simulations utilisent
également tous les développements présentés dans le Chapitre 2, à savoir une dissipation
artificielle à partir de 12.5D en aval de la machine (cf. section 2.3.1), une limitation à 2
sous-itérations de l’émission (cf. section 2.3.2) et le Treecode pour le calcul de la vitesse
potentielle (cf. section 2.5).
86
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(a) I∞ = 0% (b) I∞ = 3%
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7 0 0.7
y∗
y∗
-0.5 0.6 -0.5 0.6
-1 0.5 -1 0.5
-1.5 0.4 -1.5 0.4
-2 0.3 -2 0.3
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ū∗
x∗ x∗
(c) I∞ = 7% (d) I∞ = 15%
Figure 3.30 – Comparaison des cartes de vitesse axiale numérique à TSR = 3.67 pour
différents taux de turbulence ambiante I∞ et des structures de tailles moyennes λ =
(0.25, 0.25, 0.25).
par les déficits de vitesse intégré (cf. équation (1.90)) présentés Figure 3.32.
87
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Num. I∞ = 0%
1.5 Num. I∞ = 3%
1 Num. I∞ = 7%
Num. I∞ = 15%
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 5
u∗
45
Num., I∞ = 0%
40 Num., I∞ = 3%
Num., I∞ = 7%
Num., I∞ = 15%
35
Deficit de vitesse [%]
30
25
20
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x∗
Figure 3.32 – Comparaisons des déficits de vitesses intégrés numériques pour différents
taux de turbulence ambiante I∞ et des structures de tailles moyennes λ = (0.25, 0.25, 0.25).
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7
y∗
0 0.7
y∗
88
3.5. Influence de la Synthetic-Eddy-Method sur une hydrolienne
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Exp.
1.5 Num. I∞ = 0%
1 Num. I∞ = 3%
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
45
Exp., I∞ = 3%
40 Num., I∞ = 0%
Num., I∞ = 3%
35
Deficit de vitesse [%]
30
25
20
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x∗
2 1.1 2 1.1
1.5 1 1.5 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0 0.7
y∗
0 0.7
y∗
89
3.6. Bilan
x∗ = 2D x∗ = 4D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
2
Exp.
1.5 Num.
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
35
Exp., I∞ = 15%
Num., I∞ = 15%
30
25
Deficit de vitesse [%]
20
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
x∗
expérimental. Les profils de vitesse axiale de la Figure 3.37 montrent un très bon accord
entre les valeurs numériques est expérimentales. En effet, les profils numériques sont tou-
jours dans les limites des écart-types des mesures expérimentales. En ce qui concerne les
déficits de vitesse intégrée, la Figure 3.38 montre que le déficit de vitesse présent dans les
sillages numériques et expérimentaux sont très proches hormis pour le sillage très proche
(x∗ ≤ 2) où la simulation numérique sous évalue le déficit de vitesse.
3.6 Bilan
Pour conclure, le modèle de turbulence reposant sur la Synthetic-Eddy-Method présenté
dans ce chapitre permet de générer des fluctuations de vitesse induisant une intensité tur-
bulente I∞ donnée. De plus, les perturbations de vitesse générées par le modèle vérifient
le tenseur de Reynolds prescrit. L’étude de la densité spectrale de puissance (PSD) mon-
tre que l’introduction de structures turbulentes à tailles variables, caractérisées par le
paramètre d’écart type σ(λ), permet de "lisser" la courbe de PSD de l’écoulement. Il est
ainsi possible de générer un écoulement présentant une cascade énergétique dont la forme
90
3.6. Bilan
est proche de celle d’un écoulement réel [61,62]. Finalement, l’étude de la macro échelle de
Taylor dans l’écoulement générée par le modèle montre que les seuls paramètres influant
véritablement sur cette échelle de turbulence sont la taille moyenne des structures turbu-
lentes et dans une moindre mesure le noyau choisi. De plus, il existe pour chaque noyau
présenté une loi de commande linéaire entre la taille des structures et la macro échelle de
Taylor.
Le modèle de turbulence ambiante basé sur la Synthetic-Eddy-Method présenté dans
ce chapitre a également été testé dans le cadre de simulation avec une hydrolienne. Ces
simulations montrent que le modèle de turbulence ambiante a l’effet souhaité sur le sillage
d’une turbine, à savoir la dissipation (réduction) du sillage. De plus, une comparaison avec
des données expérimentales a été réalisée pour des taux de turbulence ambiante de 3 et
15%. Les résultats numériques pour I∞ = 3% présentent néanmoins une dissipation trop
importante du sillage. En revanche, les résultats numériques pour un taux de turbulence
ambiante de 15% montrent un bon accord avec les données expérimentales.
L’utilisation de la Synthetic-Eddy-Method dans le code de calcul pour la simulation
d’hydrolienne présenté dans ce chapitre ne représente qu’une première étape de développe-
ment. En effet, le couplage entre la méthode Vortex et la Synthetic-Eddy-Method est ici
simplifiée et devra probablement être amélioré dans de futurs travaux. Ainsi, il serait in-
téressant de prendre en compte les fluctuations de vitesse uσ dans le calcul du terme de
déformation. Ou encore utiliser un modèle de Smagorinsky pour traiter la diffusion turbu-
lente afin de pouvoir également utiliser la composante uσ dans son évaluation. Une autre
amélioration possible du couplage entre la méthode Vortex et la Synthetic-Eddy-Method
serait d’utiliser la vitesse réelle u pour déplacer les structures turbulentes Ek au lieu de la
vitesse moyenne de l’écoulement amont u∞ . Mais cette dernière possibilité d’amélioration
pose plusieurs interrogations. En effet, la Synthetic-Eddy-Method repose entre autre sur
le placement aléatoire des structures turbulentes Ek , et il n’est donc pas certain qu’une
advection des structures turbulentes par la vitesse u conserve les propriétés statistique de
la méthode et notamment sa faculté à reproduire un tenseur de Reynolds prescrit.
91
Chapitre 4
Caractérisation du comportement
de trois hydroliennes en
interaction
Dans ce chapitre, une étude des effets d’interactions entre les différentes turbines d’un
parc hydrolien est proposée. Pour ce faire, les interactions entre les machines sont divisées
en interaction unitaire entre deux ou trois machines et non le parc complet. La Figure 4.1
présente des exemples d’interaction unitaire (à deux ou trois machines) au sein d’un même
champ d’hydrolienne.
b2
b1
U∞
I∞
ey
ex a3 a2
a1
La première configuration (en rouge dans la Figure 4.1), a été étudiée numériquement
et expérimentalement par Mycek et al. [25,83]. Elle est composée de deux machines alignées
avec le courant incident. La deuxième configuration, en vert, et la troisième configuration
en bleu dans cette même Figure 4.1 ont été partiellement étudiées par Kervella et al. [59].
Il s’agissait principalement d’une étude sur les performances des machines et d’un point
de vue expérimental. Ces deux configurations sont composées de deux rangées, chacune
comportant une ou deux turbines.
93
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Dans cette étude, nous souhaitons aussi tester la capacité du code de calcul à représen-
ter les effets d’interactions entre trois machines disposées sur deux rangées. La configu-
ration présentée consiste en deux turbines en amont et une en avale, c’est à dire la con-
figuration verte sur la Figure 4.1. En guise de validation, nous souhaitons comparer les
résultats numériques avec les données expérimentales obtenues sur le même cas test. Ainsi,
une campagne d’essais expérimentaux a été réalisée au cours de ces travaux de thèse au
bassin à houle et courant de l’IFREMER de Boulogne-sur-Mer. Ces essais expérimentaux
ont permis de construire la base de données expérimentales pour cette configuration à
trois turbines.
La première partie de ce chapitre porte tout naturellement sur la présentation des essais
expérimentaux sur trois hydroliennes en interaction. Il s’agit d’extrait d’un article en cours
de finalisation. La seconde partie concerne quant à elle les résultats numériques obtenus
avec le code de calcul ainsi que leurs comparaisons avec les données expérimentales.
U∞
I∞
b2 = 1D
I∞
b1 = 2D
1D
U∞
ey ey
ex a = 4D ex
Figure 4.2 – Left : Schematic top view of the three tested configurations with a = 4D,
b1 = 2D and different values for b2 ∈ [1D; 0.75D; 0.5D] as a lateral spacing. Right :
Schematic representation of the motivations that lead to the present study.
The present study deals with the characterisation of the interaction effects between
marine current turbines. Following the previous work of Mycek et al. dealing with a single
turbine [24] and two interacting turbines axially aligned with the flow direction [25], this
paper focuses on 3 turbines in interaction. The concerned configuration is two upstream
turbines perpendicular to the upstream flow direction and a third turbine downstream,
as shown on Figure 4.2a. This precise configuration for 3 interacting turbines is rather
popular in the literature [84]. This configuration, with the third turbine downstream ex-
actly positioned at the centre of the bypass between the two upstream turbines will also
be studied here. This will consist of the reference configuration and will be referred to as
94
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Config. 1, as presented in Fig. 4.2a. In that case, parameter b2 would be equal to 1.0D
with b1 = 2.0D.
However, the main interest here is the study of the interaction effects of an upstream
wake impinging a downstream turbine. It is anticipated that, with the previous config-
uration (Config. 1), this kind of interactions will be reasonably low. However, several
industrial turbines are equipped with a yaw device. So, in the case of sites which are not
exactly bi-directional, already referred in the literature [85] ; interactions may be enhanced
as depicted on Figure 4.2b. In such an event, the upstream velocity may be inclined with
a certain angle (see the green U∞ vector on Fig. 4.2b) and then enhanced interaction will
take place.
Configuration a b1 b2
Config. 1 4D 2D 1D
Config. 2 4D 2D 0.75D
Config. 3 4D 2D 0.5D
For that reason, two additional configurations were tested, by varying the lateral posi-
tion of the downstream turbine, with respect to the ey -direction. In fact, in all the tested
configurations, the two upstream turbines are fixed, perpendicular to the incoming flow
and with a fixed lateral bypass of 1.0D. In other words, the two upstream turbine centres
are laterally spaced with a distance b1 = 2.0D. Only the third turbine will move. In all
the tested configurations, the third turbine will be placed 4.0 diameters downstream of
two upstream ones. Only the lateral position will differ : Config. 1 consists of a centred
position as already mentioned (b2 = 1.0D, black line on Fig. 4.2a), Config. 2 consists of an
off-centred position (b2 = 0.75D, red line on Fig. 4.2a) and Config. 3 consists of an even
more off-centred position (b2 = 0.5D, green line on Fig. 4.2a). Config. 2 should show in-
creased interactions of the downstream turbine with the upstream flow, interactions even
more increased in the case of the third configuration (Config. 3). All these geometrical
configuration are summarised in Table 4.1.
95
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Length: 18m
Width: 4m
Height: 2m
4m
Capacity: 700m3
Mobile trolleys
crosswise beam
load cell
LDV
U∞
I∞ R
ey
O ex H
ez torque sensor
H/2
a x+
Figure 4.4 – Schematic side-view of the three turbines configurations equivalent to the
picture presented in Fig. 4.5. The origin O(0, 0, 0) is chosen at the upstream turbine rotor
centre, in the middle of the bypass.
96
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Figure 4.5 – Photography of the three turbines setup with a = 4D, b1 = 2D and b2 = 1D.
Top view of the assembly and side view with the 2D LDV system.
as xi and ui respectively, with i from 1 to 3. Here, a constant mean velocity profile will
be considered so that u = U∞ ex . To be more precise, as in the previous work [24], the
upstream infinity velocity profiles were measured for both ambient turbulence conditions.
This aspect of velocity measurements and upstream velocity conditions will be discussed
in the following of the paper at Section 4.1.3. First, a precise description of the turbines
used for the trials will be presented and discussed, together with the force and torque
measurement techniques.
97
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Additionally, the fixation rigidity was improved even for the higher rotation speeds or
incoming velocities. These two improvements will have an effect on the force and torque
measurements as presented in the next Sub-section 4.1.2.2. Finally, the rotation speed in
now measured directly in RPM, without any conversion which also improve the accuracy
of the measurement. The rotor is still connected to a motor-gearbox assembly consisting
of a gearbox, a DC motor, a ballast load and a motor speed control unit [86], providing
an active rotor speed control. All these new improvements will increase the quality of the
measurements.
As a consequence, some differences were observed if compared to the previous results
presented in [24,25]. In that respect, comparisons of power and thrust coefficients between
the new and the former turbine are presented in sub-section 4.1.2.2 for a single turbine
configuration. As a reminder, Table 4.2 describes major parameters of the turbine together
with a picture given in Fig. 4.6. The blades profile is still designed based on a NACA 63418
and the global pitch angle is set to 0°. A complete definition of the blade geometry is given
in Annexe A. For instance, the blade chord and pitch angles variations along the radius is
given in Table A.1. And a technical drawing of the turbine is presented in Figure A.1.
Description IFREMER-LOMC
Profile NACA 63418
Rotor Radius (R) 350 mm
Hub Radius 46 mm
Hub length 720 mm
Pitch (set angle) 0°
Studied TSR [0−10]
Sense of rotation counter-clockwise
Reynolds (Re∞ ) ≈ 280 · 103
The blockage ratio α is defined as the ratio between the two upstream rotors cross-
98
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Table 4.3 – Scaling between the prototype scale (1 : 1) and le model scale (1 : 25).
99
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
seconds measurements were performed. T = 100 seconds were already sufficient for most
of the studied configurations but it was decided to increase this duration in order to have
a better confidence in the obtained results when interacting effects must be taken into
account. This was justified by the convergence of various measured quantities, especially
for the higher turbulence intensity level, as already discussed in [24] and also more recently
in [87]. Additionally, Blackmore et al. [88] mentioned that an estimated value of T = 800
seconds would be necessary for even higher ambient turbulence intensities than the ones
considered here.
The definition of downstream indicators such as the TSR or the thrust and power coeffi-
cients is a delicate matter. Unlike the previous work of Mycek et al. [25], only the reference
incoming velocity U∞ will be used here. In fact, in the former study, the turbines were
aligned with the flow directions. Therefore, it was possible to evaluate a disc-integrated
velocity perceived by the downstream turbine without too much experimental bias owing
to the axi-symmetrical configuration. In the present configuration, assessing such a quan-
tity for the downstream turbine is not possible as the axi-symmetrical configuration is
broken. Therefore, the only reference velocity that will be used is U∞ .
Following this, the downstream TSR, based on the velocity value U∞ , is defined as :
|Ωdown
x |R
TSRdown
U∞ = , (4.7)
U∞
where Ωdown
x denotes the axial rotation speed of the downstream rotor. Likewise, the
downstream power coefficient based on U∞ is given by :
where P down denotes the power retrieved by the downstream turbine and Mdown x denotes
its axial torque. Finally, the downstream thrust coefficient is defined as follows :
down Fxdown
CT,U = 1 2 2
, (4.9)
2 ρπR U∞
∞
where Fxdown denotes the axial force on the downstream device. Fxdown actually measures
the axial force on the blades. The thrust of the hub and mast are not considered. However,
the previous modification regarding the blade manufacturing and the new blade binding
device to the shaft will generate modifications in the power and thrust value, even for the
single configuration case. The new values are depicted in Figure 4.7 and are going to be
discussed in the following.
First for the lower turbulence intensity I∞ it can be noticed that the power coefficient
curve of the new turbine, Figure 4.7(a), is very similar to the one of the previous work of
Mycek et al. [25] except for the latter part of the curve. Indeed, the new CP curve start
decreasing for a lower TSR than for the previous work (around TSR = 4.5 in the present
study against TSR = 5.5 previously). As for the thrust coefficient curve, Figure 4.7(c), the
one obtain with the new turbine has many differences with the one of the previous work.
For the lower TSR (up to 3) the thrust coefficient for the new turbine in lower than for the
previous one, but with a greater increase rate. For higher value of TSR (from 4.5 onward)
the CT value keep increasing with the TSR for the new turbine where it was stagnating
for the previous one. Theese new values of power and thrust coefficients are the same as
those measured previously by Gaurier et al. [89].
100
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
0.6 0.6
Mycek et al. [24] Mycek et al. [24]
Present study Present study
0.5 0.5
0.4 0.4
0.3 0.3
CP
CP
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
0.8 0.8
CT
CT
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
Figure 4.7 – Comparison of power and thrust coefficients between the turbine used in
Mycek et al. [24, 25] and the present improved turbine.
Secondly for the higher turbulence intensity I∞ the power coefficient CP curve of the
new turbine, Figure 4.7(b), is very similar to the one obtained for the old one except for
the peak value which is higher in the nominal working range of the turbine. Moreover if
the curves for the two turbulence intensity are compared it can be noticed that the new
turbine show better CP values for the higher turbulence intensity rate than for the lower
one, when it is the opposite for the turbine used in the previous work of Mycek et al. [25].
As for the thrust coefficient CT curve, Figure 4.7(d), the and keep increasing with the
TSR, where the previous one stagnate for the high T SR value.
where [0; T ] is the averaging period. Thus, ū represents the steady part of the velocity,
while u′ represents its fluctuating part. The components Rij of the Reynolds stress tensor
R are defined as follows :
101
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Table 4.4 – Description of the DANTEC FiberFlow 60X41 laser used for LDV measure-
ments.
where tk denotes the measurement instants and N denotes the total number of measure-
ments during the averaging period [0; T ]. As a consequence, the Reynolds stress terms are
approximated by :
N
1 X
Rij ≈ ui (x, tk ) − ūi (x) uj (x, tk ) − ūj (x) , (4.14)
N k=1
with each ūi (x) approximated using equation (4.13). The measurement duration on each
point is T = 180 seconds with a data-rate of 27 Hz. This duration is also increased with
respect to the previous study [24, 25], where 100 seconds measurements were performed.
This was justified by the convergence of various measured quantities, especially for the
higher turbulence intensity level, as already discussed in [24].
The LDV measurements are performed on a grid whose points (Xi , Yi ) are arranged
as follows between the upstream row and the downstream turbine :
— X1 = 1.2D, X2 = 2D and X3 = 3D ;
— Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 1, . . . , 19, for the less refine profile ;
— Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 1, . . . , 9, Yi = (i − 10) × 0.1 m for i = 10, . . . , 20,
and Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 21, . . . , 24, for the most refine profile ;
and behind the downstream turbine :
— X5 = 5.2D and Xi = i × D for i = 6, . . . , 11 ;
— Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 1, . . . , 19, for the less refine profile ;
— Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 1, . . . , 9, Yi = (i − 10) × 0.1 m for i = 10, . . . , 20,
and Yi = −1.8 + (i − 1) × 0.2 m for i = 21, . . . , 24, for the most refine profile ;
In the lateral direction, it is important to notice that the discretisation was refined between
y ∗ = 0 and 1D in order to have a precise description of the velocity gradients encountered
in the interaction zone. These refinement zones will be of great help, especially for the
velocity profiles presented in B.1 and B.2.
102
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Table 4.5 – Measured values of σ(u∞ ), σ(v∞ ) and σ(w∞ ) and obtained I∞ for the in-
dicative turbulence conditions I∞ = 3% and I∞ = 15%, together with different upstream
velocity conditions. These values were obtained by LDV measurements at one point, placed
approximately at the location of the turbine. The measurement duration were 10800 sec-
onds (3 hours).
Table 4.5 gives all the information regarding the turbulence intensities measurements
for different upstream flow conditions. The values given in this Table are divided into two
part, namely the lower turbulent intensity rate and the higher one. For the lower turbulent
intensity, the value measured here is 1.3% which is different from the value of 3% given
in the previous work of Mycek et al. [24, 25]. This difference in value exist because in this
study a new grid is used on top of the honeycombs in order to correct the asymmetry of
the upstream velocity in the flume tank when the honeycombs are used. But this new grid
have the tendency of reducing the turbulence intensity rate. Moreover, the measurement
duration used for the present study is far longer than the one used in the previous work of
Mycek et al. [24,25]. Indeed, in the previous work of Mycek et al. [24,25] the measurement
duration for I∞ = 3% and I∞ = 15% were only 100 and 300 seconds respectfully, which
is probably to short in order to obtain perfectly converged value, especially in the case of
high turbulence intensity rate. Thus the measurement of lower turbulence intensity rate
in this study can be explain by the long measurement duration that induce values with a
better convergence. In the sequel, the two turbulence conditions will simply be referred to
as I∞ = 15% (without honeycombs) and I∞ = 3% (with the honeycombs and new grid)
to be consistent with the previous work [24, 25].
On the contrary to what was presented in the the previous paper [24, 25] where 4
incoming infinite velocities were considered, only one upstream velocity is considered for
both ambient turbulence, namely U∞ = 0.79 m/s for I∞ = 3% and U∞ = 0.83 m/s for
103
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
I∞ = 15%. The mean upstream axial velocity ū∞ may be simply denoted by U∞ . Figure 4.8
gives the profiles of the u∞ and v∞ upstream velocity components across the tank, in terms
of mean value and standard deviation, for both considered turbulence intensity rates.
1 1
0.9 0.9
u∞ [m/s]
u∞ [m/s]
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.2 0.2
0.1 0.1
v∞ [m/s]
v∞ [m/s]
0 0
−0.1 −0.1
−0.2 −0.2
-1.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 -1.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5
y/D y/D
Figure 4.8 – Upstream u∞ and v∞ velocity profiles across the tank, for I∞ = ...%
with U∞ = 0.79 m · s−1 (left), and I∞ = 15% with U∞ = 0.83 m · s−1 (right). Symbols
represent the mean value ū∞ (top) or v̄∞ (bottom), while error bars represent the
corresponding standard deviation σ(u∞ ) or σ(v∞ ).
Now that all the trials configurations and measurements techniques are defined, the
results concerning wakes (Section 4.1.4) power and thrust coefficients (Section 4.1.5) can
now be presented and discussed.
104
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
2 1.2 2 1.2
1.5 1.1 1.5 1.1
1 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0.7 0.7
y∗
y∗
0 0.6 0 0.6
-0.5 0.5 -0.5 0.5
-1 0.4 -1 0.4
0.3 0.3
-1.5 0.2 -1.5 0.2
-2 0.1 -2 0.1
2 4 6 8 10 ū∗ 2 4 6 8 10 ū∗
x∗ x∗
(a) ū∗x map for I∞ = 3% (b) ū∗x map for I∞ = 15%
2 45 2 45
1.5 40 1.5 40
1 35 1 35
0.5 30 0.5 30
25 25
y∗
y∗
0 20 0 20
-0.5 15 -0.5 15
-1 10 -1 10
-1.5 5 -1.5 5
-2 0 -2 0
2 4 6 8 10 I [%] 2 4 6 8 10 I [%]
x∗ x∗
(c) I map for I∞ = 3% (d) I map for I∞ = 15%
Figure 4.9 – Axial velocity (ū∗x ) and turbulence intensity (I) maps around the three
turbines with a = 4D, b2 = 1D and T SR1;2;3 = 3.5.
downstream wake would deviate the upstream ones and finally make them merge together.
This phenomenon is more visible on the upper part of the image presented in Fig. 4.9(a)
than in the lower part. This was also observed in the numerical computations performed on
the same configuration by Mycek et al. [92], more or less at the same location 5 ≤ x∗ ≤ 7
(see Fig. 14 of Ref. [92]) but for an I∞ = 0% and at different TSR. Further comparisons
on that point would be necessary in the near future.
For the higher ambient turbulence case ( Fig. 4.9(b)), the situation is completely
different and it is really like there were 3 independent and individual wakes. Maybe the
downstream wake depicts a larger or faster lateral expansion but this is not striking. For
the higher ambient turbulence case, the previous study of Mycek et al. [24,25] showed that
the single turbine wake nearly recover after 6 turbine diameters, with a ū∗x ≈ 0.85 or 0.9.
And this situation is nearly recovered for the downstream turbine (T3) on map 4.9(b),
the value of ū∗x being around 0.8. But the perceived velocity of this downstream turbine
is also slightly lower than U∞ , as depicted on Fig. B.7 for x∗ = 3.0.
Following these observations, the CP curve of the downstream turbine will probably
be similar to the single reference case for I∞ = 15%. And it may be slightly better for
I∞ = 3% as a small velocity increase is observed between the two upstream turbines on
Fig. 4.9(a) and B.1. But this will be discussed more into details in Section 4.1.5.
In terms of turbulence intensity in the wakes, the same comments can be drawn as
for the velocity for both ambient turbulence intensities. No real interaction between the
wakes can be identified on Fig. 4.9(d), it is as if the 3 wakes are independent. Only a higher
turbulence value is observed in the close wake of the downstream turbine (T3), around
the coordinate (x∗ , y ∗ ) = (5.2, 0).
So far Config. 2 and Config. 3 are concerned, these two configurations are going to
be treated together. In fact, more complex interactions are observed. Figures 4.10(a)
and 4.11(a) depicts the velocity map for I∞ = 3% of both configurations. Naturally,
the velocities between the upstream and downstream turbines (1.2 ≤ x∗ ≤ 3.0) are quasi
unchanged, whatever the configuration is. However, the downstream wake is completely
modified. Indeed, the interactions between the wakes of the three turbines are totally dif-
105
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
2 1.2 2 1.2
1.5 1.1 1.5 1.1
1 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0.7 0.7
y∗
y∗
0 0.6 0 0.6
-0.5 0.5 -0.5 0.5
-1 0.4 -1 0.4
0.3 0.3
-1.5 0.2 -1.5 0.2
-2 0.1 -2 0.1
2 4 6 8 10 ū∗ 2 4 6 8 10 ū∗
x∗ x∗
(a) ū∗x map for I∞ = 3% (b) ū∗x map for I∞ = 15%
2 45 2 45
1.5 40 1.5 40
1 35 1 35
0.5 30 0.5 30
25 25
y∗
y∗
0 20 0 20
-0.5 15 -0.5 15
-1 10 -1 10
-1.5 5 -1.5 5
-2 0 -2 0
2 4 6 8 10 I [%] 2 4 6 8 10 I [%]
x∗ x∗
(c) I map for I∞ = 3% (d) I map for I∞ = 15%
Figure 4.10 – Axial velocity (ū∗x ) and turbulence intensity (I) maps around the three
turbines with a = 4D, b2 = 0.75D and T SR1;2;3 = 3.5.
2 1.2 2 1.2
1.5 1.1 1.5 1.1
1 1
1 0.9 1 0.9
0.5 0.8 0.5 0.8
0.7 0.7
y∗
y∗
0 0.6 0 0.6
-0.5 0.5 -0.5 0.5
-1 0.4 -1 0.4
0.3 0.3
-1.5 0.2 -1.5 0.2
-2 0.1 -2 0.1
2 4 6 8 10 ū∗ 2 4 6 8 10 ū∗
x∗ x∗
(a) ū∗x map for I∞ = 3% (b) ū∗x map for I∞ = 15%
2 45 2 45
1.5 40 1.5 40
1 35 1 35
0.5 30 0.5 30
25 25
y∗
y∗
0 20 0 20
-0.5 15 -0.5 15
-1 10 -1 10
-1.5 5 -1.5 5
-2 0 -2 0
2 4 6 8 10 I [%] 2 4 6 8 10 I [%]
x∗ x∗
(c) I map for I∞ = 3% (d) I map for I∞ = 15%
Figure 4.11 – Axial velocity (ū∗x ) and turbulence intensity (I) maps around the three
turbines with a = 4D, b2 = 0.5D and T SR1;2;3 = 3.5.
ferent. Firstly, the wake of the turbine T1 (upstream turbine center in y ∗ = −1) does not
appear to interact at all with the wakes of turbines T2 and T3. Secondly, for those two
configurations the wake of the turbines T2 and T3 merge almost completely around x∗ = 6
creating a new wake that resemble the one of a bigger unique turbine. This new merged
wake is not centered on any of the two turbines but somewhere in between (cf. Figures
B.3 and B.5). In terms of velocity deficit both Config. 2 and Config. 3 present a higher
deficit than Config. 1 downstream the third turbine. But the two of them present also
some differences. Indeed, in the near wake of turbine T3 (5 < x∗ < 8) Config. 3 present a
higher velocity deficit than Config. 2, whereas it is the opposite for the far wake (8 < x∗ ).
Thus, the wake downstream the third turbine of Config. 3 dissipate faster than the one of
106
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
Config. 2. An explanation for this phenomenon can be the presence of a higher turbulence
intensity (I) in the wake of the third turbine for Config. 3.
Figures 4.10(a) and 4.11(a) depicts the velocity map for I∞ = 15% of both Config. 2
and Config. 3. For this turbulence intensity rate the behavior of the wake of the three
machines is quite similar to the one of Config. 1 described previously. Indeed, the high
turbulence intensity I∞ induces a fast dissipation of the wake of the two upstream turbines
leading to a flow that almost restore the initial condition when reaching the third turbine.
That is why, the wake of the turbine T3 present almost no interaction with the wake of
the turbines T1 and T2.
0.6 0.6
Single Single
Config 1 Config 1
0.5 Config 2 0.5 Config 2
Config 3 Config 3
0.4 0.4
0.3 0.3
CP
CP
0.2 0.2
0.1 0.1
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
From the first graph of Figure 4.12, for the lower ambient turbulence, a power increase
is well observed for Config. 1. This was anticipated owing to the velocity increase between
the two upstream turbines. And the power increase of 14 % is related to the velocity
increase (see Figures 4.9 and B.1) by a power of 3, which was anticipated by the theory.
However, it is very surprising that this phenomenon is absolutely not reproduced for the
higher ambient turbulence case. In fact, Figure 4.12(b) depicts a power curve which is
generally slightly lower than reference turbine (Single) for the downstream turbine in
Config. 1. For the TSR = 3.67, this downstream CP is very close to the reference value,
which is not surprising as the velocity profile depicted in Figure B.7 shows a velocity profile
at x∗ = 3 which tends to come back to a constant U∞ -value. For higher TSR values, the
CP curve slightly drops. As a conclusion, this Venturi effect often studied and looked for
in the literature, as it is supposed to enhance the downstream power retrieval, may reveal
107
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
to be beneficial for some hypothetical configuration. But it can also be at least neutral or
even negative for some configuration with a high ambient turbulence level. Following the
velocity profiles presented in B.1 and B.2 , only a downstream turbine placed at x∗ = 1
could give a CP increase for this higher ambient turbulence case of I∞ = 15%. But on the
contrary, such a configuration with a∗ = 1 may reveal catastrophic in case of flow miss-
alignment, and large power losses could be recorded. Even worth than those for Config. 2
and 3 for a∗ = 4.
So far as these configurations Config. 2 and 3 are concerned, Figure 4.12(a) shows
that Config. 2 is, at first sight, nearly neutral with respect to the reference case whereas
Config. 3 depicts large power deficit. This later case was completely expected as nearly half
of the turbine percieves a huge velocity deficit, even lower than 0.5U∞ at the blade tip (see
Figure annex B.5). Nevertheless, the nearly neutral behaviour of Config. 2 is surprising.
The only explanation would be that the downstream turbine (T3) perceives a sheared flow,
with a velocity deficit at one side of the blade tip nearly equal and opposite to the velocity
increase due to the Venturi at the other tip side. This shear flow will for sure generate
CP fluctuation much larger that in the Config. 1 or even reference case. Unless for some
imperative obligations, these two (Config. 2 and Config. 3) should be avoided for real farm
settlement. At this moment of the paper, it is just reminded that these configurations were
chosen to highlight wake-turbine interactions in order to make reference test-configuration
for numerical tools validations. The 3 different downstream CP -curves of Figure 4.12(a) is
interesting in that sense.
Finally, the CP -curves of Figure 4.12(b) are also a little surprising. In fact, a power
deficit is encountered but much lower than one could have hypothesised. But the x∗ = 3-
velocity profiles of B.2 do not depict large velocity deficits. The fact that the CP -curves
of Config. 2 and Config. 3 are nearly equivalent for this higher ambient turbulence, still is
surprising. Config. 3 is slightly lower, which is coherent, but the difference is tiny.
Single Single
1.2 Config 1 1.2 Config 1
Config 2 Config 2
1 Config 3 1 Config 3
0.8 0.8
CT
CT
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
Another important issue is the thrust coefficient. In fact, assessing the thrust is of
major importance in term of design for the foundation and hence, for the price of the tur-
bine/farm. Thrust evaluation for a single turbine in a flow is now well studied and some
references can be consulted such as [24]. Now, thrust modifications due to turbine inter-
action is not very commonly evaluated. Mycek et al. [25] evaluated the CT modification
for a downstream turbine, exactly aligned with the flow. In all the studied configurations
(depending on the distance between the turbines a), the CT values were always lower
108
4.1. Three tidal turbines in interaction : an experimental study with the
account of two turbulence intensities
that for the reference single configuration. The CT curves tend to recover to the refer-
ence configuration with increasing the inter-device distance a and more rapidly for the
higher ambient turbulence configuration. This phenomenon could easily be explained by
the velocity deficit always encountered by the downstream turbine. However, for all the
configurations with I∞ = 3%, the standard deviation for the CT was largely increased to
reach the values that were already recorded for the I∞ = 15% cases. And the CT values
for I∞ = 15% kept the same whatever the configuration was, reference single turbine or
downstream turbine, and whatever the inter-device distance.
0.1 0.1
sigmaCP
sigmaCP
0.08 0.08
0.06 0.06
0.04 0.04
0.02 0.02
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
3
Figure 4.14 – Standard deviation of the CP,U of the downstream device function of
∞
3
its T SRU∞ with T SR = 3.5, U∞ = 0.79 ms , I∞ = 3% (left) and U∞ = 0.83 ms−1 ,
1,2 −1
I∞ = 15% (right), compared to the single turbine configuration shown in Section 4.1.2.
0.15 0.15
sigmaCT
sigmaCT
0.1 0.1
0.05 0.05
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
TSR TSR
Figure 4.15 – Standard deviation of the Ct,U3 of the downstream device function of
∞
its T SRU∞ with T SR = 3.5, U∞ = 0.79 ms , I∞ = 3% (left) and U∞ = 0.83 ms−1 ,
3 up −1
I∞ = 15% (right), compared to the single turbine configuration shown in Section 4.1.2.
The Figures 4.14a and 4.15b show that the standard deviation of the power and thrust
coefficient for the turbulence rate of 3% for a downstream turbine are as expected far higher
than those of a single turbine. Indeed the influence of the two upstream turbines create
perturbation in the flow perceived by the downstream one. Moreover, the Config. 3 shows
higher standard deviation than Config. 2 which also shows higher values than Config. 1.
This means that the more the downstream turbine is in the wake of the upstream turbine,
109
4.2. Caractérisation numérique de trois hydroliennes en interaction
the more its performances are perturbed. In addition, as predicted previously the standard
deviation measured for Config. 2 is far higher than the one of a single turbine (almost
three times) despite a similar average value. On contrary for the turbulence rate of 15%
the Figures 4.14a and 4.15b show standard deviation of the power and thrust coefficient
similar but slightly higher to the one of a single turbine. This can be explain by the
quick dissipation of the wake of the upstream turbines for this turbulence rate (cf. Figures
4.9(b), 4.10(b) and 4.11(b)), thus reducing the influence of the upstream turbines over the
downstream one in comparison to the lower intensity rate.
2 1.1
1
1 0.9
0.8
0
y∗
0.7
-1 0.6
0.5
-2 0.4
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 0.3
ū∗
x∗
Figure 4.16 – Carte de vitesse axiale numérique pour une configuration à trois turbines
avec a = 4D, b2 = 1D, I∞ = 0%, et T SR1;2;3 = 3.5.
La Figure 4.16 présente le sillage numérique obtenu pour une simulation à trois hydroli-
ennes sans prise en compte de la turbulence ambiante (I∞ = 0%). On remarque ainsi que
les sillages des deux turbines amonts sont très similaires au sillage obtenu précédemment
110
4.2. Caractérisation numérique de trois hydroliennes en interaction
pour une unique turbine (cf. Figure 1.16b de la section 1.3.4). En revanche, le sillage de
la turbine avale présente un comportement inattendu. En effet, le sillage de la troisième
machine se dissipe très rapidement aux alentours de x∗ = 7, soit uniquement 3 diamètres
en aval de la troisième machine. Pour mieux comprendre les causes de ce phénomène une
carte de vorticité instantanée à T = 120s est présentée Figure 4.17. Cette carte de vorticité
montre que les tourbillons de bout de pale émis par les deux turbines situées à l’amont
génèrent une enveloppe autour du sillage de celle-ci. Les tourbillons de bout de pale émis
par l’hydrolienne avale quant à eux sont perturbés par ceux des hydroliennes de l’amont à
environ x∗ = 7, prévenant ainsi la création de l’enveloppe autour du sillage de la turbine
avale.
2 3
2.5
1
2
0
y∗
1.5
-1 1
-2 0.5
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 0
||ω||
x∗
Figure 4.17 – Carte numérique de vorticité instantanée pour une configuration à trois
turbines à T = 120s avec a = 4D, b2 = 1D, I∞ = 0%, et T SR1;2;3 = 3.5.
2 1.1
1
1 0.9
0.8
0
y∗
0.7
-1 0.6
0.5
-2 0.4
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 0.3
ū∗
x∗
Figure 4.18 – Carte de vitesse axiale numérique pour une configuration à trois turbines
avec a = 4D, b2 = 1D, I∞ = 3%, et T SR1;2;3 = 3.5.
La Figure 4.18 présente le sillage numérique obtenu pour une simulation à trois hy-
droliennes avec utilisation de la turbulence ambiante, avec un taux de turbulence de 3%.
On remarque ainsi que les sillages des deux turbines amonts sont très similaires au sillage
obtenu précédemment pour une unique turbine à un tel taux de turbulence (cf. Figure
3.33b de la section 3.5.4). Le sillage de la turbine avale quant à lui présente également un
111
4.2. Caractérisation numérique de trois hydroliennes en interaction
comportement similaire même s’il se dissipe un peu plus rapidement. De plus, la Figure
4.18 montre un mélange entre les sillages des trois turbines à partir de 9 diamètres en
aval de la première rangée de machine. Un tel mélange n’est pas présent dans le cas de la
simulation sans turbulence ambiante.
2 1.2 2 1.2
1.1 1.1
1 1
1 0.9 1 0.9
0.8 0.8
0 0
y∗
y∗
0.7 0.7
0.6 0.6
-1 0.5 -1 0.5
0.4 0.4
-2 0.3 -2 0.3
0.2 0.2
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 0.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 0.1
ū∗ ū∗
x∗ x∗
(a) Numérique I∞ = 0% (b) Numérique I∞ = 3%
2 1.2
1.5 1.1
1
1 0.9
0.5 0.8
0.7
y∗
0 0.6
-0.5 0.5
-1 0.4
0.3
-1.5 0.2
-2 0.1
2 4 6 8 10 ū∗
x∗
(c) Expérimentale I∞ = 3%
Figure 4.19 – Comparaison entre les cartes de vitesse axiale numériques et expérimentales
pour une configuration à trois turbines avec a = 4D, b2 = 1D, et T SR1;2;3 = 3.5.
La Figure 4.19 met en comparaison les résultats numériques avec et sans turbulence
ambiante avec les résultats expérimentaux précédents. Premièrement, ces cartes de sillage
montrent que les simulations numériques sous-évaluent le déficit de vitesse généré par le
sillage des turbines avec ou sans turbulence ambiante et ce tout particulièrement pour la
turbine avale. Deuxièmement, la carte de vitesse expérimentale de la Figure 4.19c montre
un mélange entre les sillages des trois machines dans le sillage lointain, à partir de 9
diamètres en aval de la première rangée de machine. Un tel comportement se retrouve
également dans le cas de la simulation avec un taux de turbulence ambiante de 3% (Figure
4.19), en revanche il est totalement absent de la simulation sans turbulence ambiante.
Ainsi, l’ajout de la turbulence ambiante dans les simulations numériques semble favoriser
le mélange entre les sillages des différentes machines dans le cadre d’interaction. Mais
l’utilisation du modèle de turbulence ambiante génère néanmoins une dissipation trop
importante du sillage des machines, pour le moment du moins.
La Figure 4.20 présente une comparaison de profils de vitesse axiale entre les don-
nées expérimentales et les deux simulations numériques proposées. Ces profils de vitesse
montrent que les simulations numériques sous-évaluent le déficit de vitesse présent dans
le sillage des machines, et ce tout particulièrement dans le cas avec turbulence ambiante.
Cette tendance de l’outil numérique à sous-évaluer le déficit de vitesse dans le sillage a
déjà été évoquée précédemment. De plus, dans le cadre de cette configuration à trois hy-
droliennes la sous-évaluation du déficit de vitesse dans le sillage est très probablement
112
4.3. Bilan
x∗ = 2D x∗ = 3D x∗ = 6D x∗ = 8D x∗ = 10D
4 Exp.
Num I = 0%
3 Num I∞ = 3%
∞
2
y∗
1
0
-1
-2
0 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1 0.5 1
u∗
accentuée par le phénomène de blocage présent lors des essais expérimentaux en raison
de la taille limitée du bassin. On rappelle que le domaine fluide utilisé numériquement est
infini et donc sans blocage. Dans un second temps, la Figure 4.20 montre également que
l’outil numérique permet de bien reproduire la forme globale du sillage des turbines pour
la simulation avec turbulence ambiante. Pour la simulation sans turbulence ambiante le
comportement globale des sillages est bien reproduit jusqu’à 6 diamètres en aval des pre-
mières machines. Mais ce n’est plus tout à fait le cas après, comme évoqué précédemment
dans la section 4.2.1.
4.3 Bilan
Pour conclure, une étude expérimentale d’interactions élémentaires entre trois hydroli-
ennes a été réalisée sur trois configurations et deux taux de turbulence ambiante. Ce travail
a permis de générer une base de données solide pour de futures comparaisons numériques,
pour l’étude des effets d’interaction entre machines. Les premiers résultats numériques
obtenus en terme de sillage avec le code de calcul, ont également été présentés pour la
première configuration de l’étude expérimentale pour des taux de turbulence ambiante nul
et de 3%. Ces premiers résultats numériques ont permis de démontrer que l’utilisation du
modèle de turbulence ambiante permettait une meilleure représentation du comportement
global du sillage des turbines dans le cadre de ces interactions à trois hydroliennes. Néan-
moins, il est à noter une nouvelle fois que l’utilisation du modèle de turbulence ambiante
à 3% engendre une dissipation du sillage des turbines encore trop importante.
113
Conclusion
Les développements numériques réalisés lors de ces travaux de thèse ont permis de
franchir un cap dans la modélisation d’hydroliennes dans un environnement donné. La
modification du schéma d’émission pour prendre en compte avec plus de précision les
pieds des pales de l’hydrolienne permet un bien meilleur mélange dans le sillage proche
de la machine. Ainsi une représentation plus fidèle du sillage est possible. Cette meilleure
représentation du sillage proche de l’hydrolienne est une avancée importante dans le cadre
de futurs travaux sur des machines en interactions très proches.
Par ailleurs, dans l’optique d’effectuer des simulations à une plus grande échelle, et
donc comportant plusieurs turbines en interaction, l’implémentation de quatre éléments
d’optimisation a été réalisée. Ces quatre développements sont : l’introduction d’une dissi-
pation artificielle en dehors de l’espace d’étude, la réduction du nombre de sous-itération
d’émission, l’utilisation d’un solveur itératif pour les simulations à plusieurs turbines ainsi
qu’une nouvelle méthode de calcul de l’influence des turbines sur les particules. L’utilisa-
tion combinée des ces différents éléments d’optimisations permet une réduction finale de
51% du temps de calcul (passage de 13 à 6.40 heures sur 256 processeurs) pour la simulation
du comportement d’une hydrolienne pendant 60 secondes. L’utilisation du solveur itératif
basé sur la méthode du Bi-Gradient Conjugué Stabilisé avec le pré-conditionnement de
Jacobi par blocs a permis de lever un verrou important pour les simulations comportant
de multiples hydroliennes en interaction. En effet, auparavant le coût en temps de calcul
très important de la résolution du système linéaire nécessaire à l’évaluation de la distribu-
tion de doublets normaux µp représentait un frein majeur pour les simulations à plusieurs
machines. L’introduction d’une méthode de type Treecode pour le calcul de l’influence
des turbines sur les particules permet quant à elle, un gain de temps de calcul de plus en
plus importants quand le nombre de turbines augmente. Par exemple, le gain en temps de
calcul n’est que de 6% pour une simulation mono turbine, mais il est de 21.2% pour une
simulation à trois turbines.
En parallèle des travaux d’optimisation du code de calcul, un module visant à simuler
l’influence de la turbulence ambiante a été développé. L’implémentation d’un tel module de
turbulence ambiante a fait suite aux travaux expérimentaux de Mycek et al. [24,25,39] qui
ont mis en évidence l’importance de la turbulence sur le comportement des hydroliennes.
C’est pour répondre à cette problématique qu’un modèle reposant sur la Synthetic-Eddy-
Method a été ajouté au code de calcul. Ce modèle permet de générer des fluctuations de
vitesse induisant une intensité turbulente I∞ donnée. De plus, les perturbations de vitesse
générées par le modèle vérifient également tout type de tenseur de Reynolds prescrit. La
Synthetic-Eddy-Method étant un modèle statistique ne reposant pas sur des lois physiques,
une étude plus poussée du modèle a été proposée. Ainsi, les densités spectrales de puis-
sance et les macro-échelles de Taylor associées aux champs de vitesse générés par le modèle
ont été étudiées. Cette étude a montré que la densité spectrale de puissance (PSD) d’un
écoulement généré utilisant des structures turbulentes de taille unique présente une struc-
115
Conclusion
ture en "bosse" qui s’éloigne d’une densité spectrale de puissance (PSD) d’un écoulement
réel. En revanche, l’introduction de structures turbulentes de tailles variables, caractérisées
par le paramètre d’écart type σ(λ), permet de "lisser" la densité spectrale de puissance
(PSD) de l’écoulement. Il est ainsi possible de générer un écoulement présentant une cas-
cade énergétique dont la forme est proche de celle d’un écoulement réel [61, 62]. L’étude
des macro-échelles de Taylor dans l’écoulement généré par le modèle montre que les seuls
paramètres influant véritablement sur ces échelles de turbulences sont la taille moyenne
des structures turbulentes et dans une moindre mesure le noyau choisi. De plus, il existe
pour chaque noyau présenté une loi de commande linéaire entre la taille des structures et
la macro échelle de Taylor calculée. Les premières simulations d’hydroliennes utilisant le
modèle de turbulence ambiante ont également été réalisées au cours de ces travaux. Elles
ont montré que l’ajout de la Synthetic-Eddy-Method dans le code de calcul permet une
dissipation du sillage plus rapide avec l’augmentation du taux de turbulence ambiante
utilisé. De plus, des comparaisons avec les données expérimentales à 3 et 15% de tur-
bulence ambiante ont été effectuées. Ces comparaisons ont montré que pour un taux de
turbulence ambiante de 15% les résultats numériques sont en bon accord avec les données
expérimentales. En revanche, pour I∞ = 3% les résultats numériques présentent encore
une dissipation trop importante du sillage.
La dernière partie de ces travaux de thèse porte sur l’étude des interactions entre
trois turbines. Pour ce faire, une étude expérimentale d’interaction élémentaire entre trois
hydroliennes a été réalisée sur trois configurations différentes à 3 et 15% de turbulence
ambiante. Cette étude expérimentale a pour objectif de servir de base de données de
référence pour les futurs comparaisons numériques et expérimentales. Les premières simu-
lations d’interaction entre trois turbines ont également été réalisées. Ces premiers résultats
numériques ont permis de démontrer que l’utilisation du modèle de turbulence ambiante
permettait une meilleur représentation du comportement globale du sillage des turbines
dans le cadre de ces interactions à trois hydroliennes. Néanmoins, l’utilisation du modèle
de turbulence ambiante à 3% engendre de nouveau une dissipation du sillage des turbines
trop importante.
Ainsi, de nombreux développements numériques sont encore nécessaire afin d’améliorer
les résultats obtenus avec le code de calcul. Les premiers développements à réaliser concer-
nent les performances des turbines. En effet, il semble impératif de compléter les courbes
de coefficients de puissance et de traînée (CP et CT ) pour les hauts TSR. Pour répondre à
cette problématique, plusieurs pistes sont envisagées. Une première piste serait le passage
d’un profil mince à un profil épais pour la représentation des pales de turbines. En effet,
l’outil numérique, dans sa version actuelle, représente les pales des hydroliennes par un
profil mince, négligeant ainsi l’influence de l’épaisseur des pales. C’est pourquoi, le pas-
sage à un modèle de profil épais devrait permettre une amélioration de l’évaluation des
coefficients de puissance et de traînée. De plus, l’utilisation d’un modèle de profil épais
devrait également réduire les problèmes liés aux pieds de pales des machines évoqués dans
la section 1.1.5. Une seconde possibilité pourrait être d’ajouter une distribution de source
sur les maillages des turbines (en plus de la répartition de doublet déjà utilisée). Une telle
approche a déjà été utilisée en 2D dans les travaux de Voutsinas et al. [54,55] notamment.
Les développements numériques sur la turbulence ambiante effectués durant cette thèse
ne représentent qu’une première étape de développement. En effet, le modèle de turbu-
lence ambiante dans sa forme actuelle génère une dissipation encore trop rapide du sillage
des machines pour les faibles taux de turbulence ambiante. Pour palier à ce problème,
une augmentation du couplage entre la méthode Vortex et la Synthetic-Eddy-Method est
envisagée. Pour ce faire, il est par exemple envisageable d’utiliser les fluctuations de vitesse
116
Conclusion
117
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123
Bibliographie
124
Bibliographie
125
Annexe A
127
Figure A.1 – Geometrical characteristics of the three turbines. The blades characteristics
have been given in [96].
128
Annexe B
Wake profiles
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.1 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s,
I∞ = 3% and with a∗ = 4.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.2 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
129
B.1. Wake profiles at I∞ = 3%
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.3 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s,
I∞ = 3% and with a∗ = 4.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.4 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.5 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s,
I∞ = 3% and with a∗ = 4.
130
B.1. Wake profiles at I∞ = 3%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.6 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
131
B.2. Wake profiles at I∞ = 15%
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.7 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.83 m/s,
I∞ = 15% and with a∗ = 4.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.8 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.9 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.83 m/s,
I∞ = 15% and with a∗ = 4.
132
B.2. Wake profiles at I∞ = 15%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.10 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
1 Turbines 1 1 1 Turbine 1 1 1 1 1 1
x∗ (top) Ux∗ (bottom)
Figure B.11 – Axial velocity profiles with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.83 m/s,
I∞ = 15% and with a∗ = 4.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2
1.5
1
0.5
0
y∗
-0.5
-1
-1.5
-2
Turbines 0 0 0 Turbine 0 0 0 0 0 0 0
∗
x∗ (top) and UxUx
Figure B.12 – < u′ u′ > with T SRup = T SRdown = 3.5, U∞ = 0.79 m/s, I∞ = 3% and
with a∗ = 4.
133
B.2. Wake profiles at I∞ = 15%
2 0.3 2 0.3
1.5 1.5
1 0.225 1 0.225
0.5 0.5
y∗
y∗
0 0.15 0 0.15
-0.5 -0.5
-1 0.075 -1 0.075
-1.5 -1.5
-2 ∗0 -2 ∗0
2 4 6 8 10 u′ u′ 2 4 6 8 10 u′ u′
x∗ x∗
(a) TI3 (b) TI15
2 0.3 2 0.3
1.5 1.5
1 0.225 1 0.225
0.5 0.5
y∗
y∗
0 0.15 0 0.15
-0.5 -0.5
-1 0.075 -1 0.075
-1.5 -1.5
-2 ∗0 -2 ∗0
2 4 6 8 10 u′ u′ 2 4 6 8 10 u′ u′
x∗ x∗
(a) TI3 (b) TI15
2 0.3 2 0.3
1.5 1.5
1 0.225 1 0.225
0.5 0.5
y∗
y∗
0 0.15 0 0.15
-0.5 -0.5
-1 0.075 -1 0.075
-1.5 -1.5
-2 ∗0 -2 ∗0
2 4 6 8 10 u′ u′ 2 4 6 8 10 u′ u′
x∗ x∗
(a) TI3 (b) TI15
134