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Produit scalaire et orthogonalité en espaces euclidiens

Ce chapitre traite des espaces vectoriels euclidiens, en se concentrant sur le produit scalaire et l'orthogonalité. Il définit les propriétés du produit scalaire, introduit des concepts tels que la norme, la distance, et l'angle entre vecteurs, et présente des théorèmes importants comme l'inégalité de Cauchy-Schwartz. Le chapitre aborde également les notions de vecteurs unitaires et orthogonaux, ainsi que les bases orthonormales dans les espaces euclidiens.

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Produit scalaire et orthogonalité en espaces euclidiens

Ce chapitre traite des espaces vectoriels euclidiens, en se concentrant sur le produit scalaire et l'orthogonalité. Il définit les propriétés du produit scalaire, introduit des concepts tels que la norme, la distance, et l'angle entre vecteurs, et présente des théorèmes importants comme l'inégalité de Cauchy-Schwartz. Le chapitre aborde également les notions de vecteurs unitaires et orthogonaux, ainsi que les bases orthonormales dans les espaces euclidiens.

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Chapitre 21

E SPACES VECTORIELS EUCLIDIENS


(1) P RODUIT SCALAIRE . O RTHOGONALITÉ

Mohamed TARQI

Table des matières


1 Produit scalaire sur un espace vectoriel 1
1.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Norme et distance associées à un produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Angle de deux vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Vecteurs unitaires, vecteurs orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.5 Orthogonale d’une partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Espaces euclidiens 6
2.1 Existence de bases orthonormales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Projecteurs orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Formes linéaires et hyperplans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

3 Orientation. Produit vectoriel 9


3.1 Orientation d’un espace euclidien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Produit vectoriel dans un espace euclidien orienté de dimension 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

•••••••••••
Dans ce chapitre E est un espace vectoriel réel.

1 Produit scalaire sur un espace vectoriel


1.1 Définitions et propriétés
Définition 1.1 On dit qu’une application f : E × E 7−→ R est un produit scalaire si les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. ∀ x, y, x0 , y0 ∈ E , λ, µ ∈ R :
f (λ x + µ x0 , y) = λ f ( x, y) + µ f ( x0 , y)
On dit que f est linéaire à gauche.
f ( x, λ y + µ y0 ) = λ f ( x, y) + µ f ( x, y0 )
On dit que f est linéaire à gauche.
2. ∀ x, y ∈ E , f ( x, y) = f ( y, x). On dit que f est symétrique.
3. ∀ x ∈ E , f ( x, x) ≥ 0. On dit que f est positive.
4. ∀ x ∈ E , f ( x, x) = 0 ⇐⇒ x = 0. On dit que f est définie.

Remarque : Cette définition s’énonce en disant que f est une forme bilinéaire symétrique définie positive.
Notation : Au lieu de noter f ( x, y), on note souvent le produit scalaire de x et y par ( x| y), ou x.y ou < x| >. En
géométrie élémentaire on note →−x .→
−y .

1
C HAPITRE 21 P RODUIT SCALAIRE . O RTHOGONALITÉ

Remarque : Si le caractère symétrique de f est établi, la bilinéarité à droite équivalent à la linéarité à gauche.

Proposition 1.1 (Inégalité de C AUCHY -S CHWARTZ) Soit (|) un produit scalaire sur E . Alors ∀ x, y ∈ E , on a :

( x| y)2 ≤ ( x| x)( y| y).

De plus il y a égalité si, et seulement si, x et y sont liés.

Démonstration : Soit λ ∈ R, considérons le trinôme :

T (λ) = ( x + λ y| x + λ y) = λ2 ( y| y) + 2λ( x| y) + ( x| x).

1. Si ( y| y) = 0, alors y = 0 et l’inégalité est toujours vérifié, car ( x| x) ≥ 0.


2. Si ( y| y) = 0, alors, comme T (λ) ≥ 0, 40 = ( x| y)2 − ( x| x)( y| y) ≤ 0.
Le cas d’égalité :
1. Si y = 0, y est proportionnel à tout vecteur x.
2. Si y 6= 0, dans T (λ) admet une racine double α tel que ( x + α y| x + α y) = 0, soit par conséquent x + α y = 0. Les x
et y sont donc proportionnels.
u
t

Exemples :
n
1. L’application (.|.) : ( x, y) −→ x i yi , définie sur R n × R n est un produit scalaire, c’est le produit scalaire cano-
P
k =0
nique de Rn . L’inégalité de Cauchy-Schwartz s’écrit :
à !2 à !à !
n n n
x2k yk2
X X X
x k yk ≤
k =0 k =0 k =0

Si on pose X = M ( x, B) et Y = M ( y, B), alors ( x| y) = t X Y .


Rb
2. Soit E = C ([a, b], R) l’espace des fonctions continues sur [a, b] (a < b). L’application ( f , g) −→ a f ( t) g( t)dt est
un produit scalaire. L’inégalité de Cauchy-Schwartz s’écrit :
µZ b ¶ 2 µZ b ¶ µZb ¶
2 2
∀ f , g ∈ E, f ( t) g( t)dt ≤ f ( t)dt g ( t)dt .
a a a

3. Sur R3 , la forme bilinéaire symétrique S définie par :

1
S (( x, y, z), ( x0 , y0 , z0 )) = xx0 + yy0 + zz0 + ( x y0 + xz0 + yx0 + yz0 + zx0 + z y0 )
2
est un produit scalaire.

1.2 Norme et distance associées à un produit scalaire


p
Soit (.|.) un produit scalaire sur E . Posons : ∀ x ∈ E, k xk = ( x| x) et considérons l’application de E dans R+ définie
par : x −→ k xk.

Théorème et définition 1.1 Cette application vérifie les propriétés suivantes :


• ∀ x ∈ E , k xk ≥ 0 et k xk ⇐⇒ x = 0.
• ∀ x ∈ E , ∀λ ∈ R, kλ xk = |λ|k xk.
• ∀ x, y ∈ E , k x + yk ≤ k xk + k yk. ( Inégalité triangulaire )
On dit que l’application x −→ k xk est une norme sur E .

Cours de Mathématiques MP 2 / 11 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 21 P RODUIT SCALAIRE . O RTHOGONALITÉ

Démonstration :
1. ∀ x ∈ E , k xk = ( x| x) ≥ 0 et puisque (.|.) est définie,

k xk = 0 ⇐⇒ ( x| x) = 0 ⇐⇒ x = 0.

2. Soit λ ∈ R et x ∈ E , kλ xk = (λ x|λ x) = λ2 ( x| x). d’où kλ xk = |λ|k xk.


3. ∀ x, y ∈ E ,

k x + yk = ( x + y| x + y)
= ( x| x) + 2( x| y) + ( y| y)
≤ ( x| x) + 2( x| x)( y| y) + ( y| y)
≤ [( x| x) + ( y| y)]2

u
t

Remarques :
1. L’inégalité de Cauchy-Schwartz s’écrit donc :

∀ x, y ∈ E, |( x| y)| ≤ k xkk yk.

2. Pour tous vecteurs x et y de E , on a : |k xk − k yk ≥ k x − yk.


3. Les normes associées aux exemples précédents, s’écrivent respectivement :
s
n
n
(a) ∀ x = ( x1 , x2 ,..., xn ) ∈ R , k xk = x2k .
P
k =0
qR
b
(b) ∀ f ∈ C ([a, b], R), k f k = a f 2 ( t)dt.
p
(c) ∀( x, y, z) ∈ R3 , k( x, y, z)k = x2 + y2 + z2 + x y + xz + yz.

Théorème et définition 1.2 Soit (.|.) un produit scalaire sur E et soit x −→ k xk la norme associée. L’applica-
tion d : E × E −→ R définie par d ( x, y) = k x − yk vérifie les propriétés suivantes :
• d ( x, y) ≥ 0 et d ( x, y) = 0 ⇐⇒ x = y.
• ∀ x, y ∈ E , d ( x, y) = d ( y, x).
• ∀ x, y, z ∈ E , d ( x, z) ≤ d ( x, y) + d ( y, z). ( Inégalité triangulaire ).

Démonstration : La preuve est immédiate, à titre d’exercice. u


t

Proposition 1.2 ( Identité du parallélogramme ) Soit (.|.) un produit scalaire et k.k la norme associée. Alors on a :
∀( x, y) ∈ E 2 , k x + yk2 + k x − yk2 = 2(k xk2 + k yk2 ).

Démonstration : ∀α, β ∈ R, ∀ x, y ∈ E.

kα x + β yk2 = α2 k xk2 + 2αβ( x| y) + β2 k yk2 .

en particulier : (
k x + yk2 = k xk2 + 2( x| y) + k yk2
k x − yk2 = k xk2 − 2( x| y) + k yk2

Par addition de ces deux équation, on obtient : k x + yk2 + k x − yk2 = 2(k xk2 + k yk2 ) u
t

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Interprétation géométrique de l’identité


du parallélogramme : La somme des carrés →
−x − →
−y
des cotes d’un parallélogramme est égale à

−y
la somme des carrés des diagonales.

−x + →
−y


−x

Remarque : On aussi les égalités qui permettent d’exprimer le produit scalaire en fonction de la norme :
1 1
( x, y) = (k x + yk2 − (k xk2 − k yk2 ) = (k x + yk2 + k x − yk2 ).
2 4

1.3 Angle de deux vecteurs


Soit E un espace vectoriel muni d’un produit scalaire (.|.). Soient x et y deux vecteurs non nuls de E , alors k xk 6= 0
et k yk 6= 0 et d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
( x | y)
−1 ≤ ≤ 1,
k xkk yk
il existe alors un nombre réel θ unique dans [0, π] tel que :
( x | y)
cos θ = .
k xkk yk
Ce nombre θ, par définition, est l’angle non orienté des deux vecteurs x et y.

1.4 Vecteurs unitaires, vecteurs orthogonaux


Définition 1.2 Soit k.k une norme sur E associée à un produit scalaire (.|.).
1. Un vecteur x de E est unitaire ou normé si k xk = 1.
2. Deux vecteurs x et y de E sont dites orthogonaux si ( x| y) = 0.

Remarques :
1. Si x 6= 0, les vecteurs k xxk et k−xxk sont unitaires.
2. Le seul vecteur qu’et orthogonal à lui même est le vecteur nul.
3. L’orthogonalité entre les vecteurs de E est une relation symétrique.
Définition 1.3 On dit que la famille ( x i ) i∈ I de vecteurs de E est orthogonale si les vecteurs x i sont orthogonaux deux à deux.
Si de plus ils sont unitaires, alors la famille est dite orthonormée.
Définition 1.4 Soit B = ( e 1 , e 2 ,..., e n ) une base de E . Si c’est une famille orthonormée, on dit que B est une base orthonor-
mée, en abrégé B.O.N .

Remarques :
1. La base ( e 1 , e 2 ,..., e n ) est orthonormale si, et seulement si,
∀( i, j) ∈ [1, n]2 , ( e i | e j ) = δi j

où δ i j est le symbole de Kronecker.


2. La base canonique de Rn est une B.O.N pour le produit scalaire canonique.
Proposition 1.3 Si une famille ( x i ) i∈ I est orthogonale et formée de vecteurs non nuls, alors cette famille est
libre.

Cours de Mathématiques MP 4 / 11 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 21 P RODUIT SCALAIRE . O RTHOGONALITÉ

n
Démonstration : Soit x i 1 , x i 2 ,..., x i n une famille finie de ( x i )i ∈ I et λ1 , λ2 ,..., λn des scalaires tels que
P
λ j x i j = 0,
j =0
n
alors ∀k ∈ [1, n], ( x i k |
P
λ j x i j ) = λk ( x i k | x i k ) = 0, puisque x i k 6= 0 alors λk = 0. Donc la famille est libre.
j =0
En particulier toute famille orthonormée est libre. u
t

Proposition 1.4 Si la famille ( x i )1≤ i≤ p est orthogonale, alors


p p
x i k2 = k x i k2 ( Relation de P YTHAGORE ).
P P
k
i =1 i =1

Démonstration :
p p p
x i k2
X X X
k = ( xk | xk )
i =1 k =1 k =1
p
k x k k2 +
X X
= (xi |x j
k =1 i6= j
p
k x k k2 .
X
=
k =1

u
t

Remarques :
1. Dans le cas où p = 2, il y a équivalence entre ( x| y) = 0 et k x + yk2 = k xk2 + k yk2 . En effet, on a pour tout x et y
de E , k x + yk2 = k xk2 + k yk2 + 2( x| y).
−−→ −−→ −−→
2. Dans le plan euclidien le triangle ABC est rectangle en A si, et seulement si, k ABk2 + k AC k2 = kBCk2 .

Proposition 1.5 Soit B = ( e 1 , e 2 ,..., e n ) une B.O.N de E . Pour tout x de E , on a :


n
X
x= ( x| e k ) e k .
k =1

n
Démonstration : Soit x = λk e k un vecteur exprimé dans la base B , alors, ∀ j ∈ [1, n],
P
k =1

n
X n
X
( x| e j ) = ( λk e k | e j ) = λk ( e k | e j ) = λ j ( e j | e j ) = λ j .
k =1 k =1

u
t

1.5 Orthogonale d’une partie


Définition 1.5 Soit A une partie de E . On appelle orthogonal de A en on note A ⊥ , l’ensemble des vecteurs de E qui sont
orthogonaux à tous les éléments de A .
Deux parties A et B de E sont dites orthogonales si ∀a ∈ A , ∀b ∈ B, (a|b) = 0.

Remarques :
1. On a E ⊥ = {0} et {0}⊥ = E.
2. A ⊥ est toujours un sous-espace vectoriel de E , même si A n’est pas un sous-espace, en effet, soient x, y ∈ A ⊥
et λ, µ ∈ R, alors
∀ z ∈ A, (λ x + µ y| z) = λ( x| z) + µ( y| z) = 0
donc λ x + µ y ∈ A ⊥ .

Proposition 1.6 Si F est un sous-espace vectoriel de E , alors la somme F + F ⊥ est directe : F ∩ F ⊥= {0}.

Cours de Mathématiques MP 5 / 11 Rédigé par: M.Tarqi


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Démonstration : Soit x ∈ F ∩ F ⊥ alors x ∈ F , alors ( x| z) = 0 pour tout z de F , en particulier ( x| x) = 0, donc x = 0. u


t

2 Espaces euclidiens
Soit E un espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire (.|.).
Définition 2.1 1. Un R−espace vectoriel E muni d’un produit scalaire est dit préhilbertien.
2. Un espace euclidien est une espace préhilbertien réel de dimension finie.

Remarque : Si E est un espace vectoriel euclidien, alors tout sous-espace vectoriel de E est espace vectoriel
euclidien, pour la restriction du produit scalaire.

2.1 Existence de bases orthonormales


Lemme 2.1 Soit e un vecteur non nul de E , alors tout vecteur x de E s’écrit de façon unique sous la forme :
x = α e + y avec e et y orthogonaux.

Démonstration : L’unicité : Si x = β e + z avec e et z orthogonaux, on a : (β − α) e = y − z avec (β − α) e et y − z


orthogonaux, donc β = α et z = y.
L’existence : Le vecteur e n’étant pas nul, posons α = k( xe|ke2) et y = x − α e. Il suffit alors de vérifier que ( y| e) = 0, on a :

( y| e) = ( x − α e| e) = ( x| e) − α( e| e) = 0

le vecteur α e est la projection orthogonale de x sur Vect( e). u


t

Théorème 2.1 Tout espace vectoriel euclidien admet des bases orthonormales. Plus précisément, si B =
( f 1 , f 2 ,..., f n ) une base de E , alors on peut construire une B.O.N de E telle que :

∀ p ∈ [1, n], Vect( e 1 , e 2 ,..., e p ) = Vect( f 1 , f 2 ,..., f p ).

Démonstration : Soit B = ( f 1 , f 2 ,..., f n ) une base de E , nous cherchons une base B0 = ( e 1 , e 2 ,..., e n ) une base ortho-
normée de E .
Soit e 1 = k ff 11 k . On sait que le vecteur f 2 s’écrit de façon unique sous forme f 2 = α f 1 + f 20 , f 1 et f 20 orthogonaux. f 20
n’est pas nul, sinon on aurait f 2 = α f 1 et les vecteurs f 1 et f 2 ne seraient pas libre. On choisit alors le vecteur e 2
défini par :
f 20
e2 = .
k f 20 k
Les vecteurs e 1 et e 2 sont orthogonaux, puisque

f 10 f 20
µ ¶
(e1|e2) = | = 0.
k f 10 k k f 20 k

On a bien Vect( e 1 ) = Vect( f 1 ) et Vect( e 1 , e 2 ) = Vect( f 1 , f 2 ).


La démonstration du théorème se poursuit par récurrence. Supposons construits, pour 1 ≤ k ≤ n, des vecteurs
e 1 , e 2 ,..., e k qui engendrent le même sous-espace vectoriel que les vecteurs f 1 , f 2 ,..., f k .
On cherche des nombres réels β1 , β2 ,..., βk tels que le vecteur :

f k0 = f k+1 + β1 e 1 + β2 e 2 + ... + βk e k

soit orthogonal aux vecteurs e 1 , e 2 ,..., e k . Les réels β1 , β2 ,..., βk doivent vérifier les relations :

( f k0 +1 | e i ) = 0, ∀ i = 1, 2,..., k.

Cours de Mathématiques MP 6 / 11 Rédigé par: M.Tarqi


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Ces relations fournissent les coefficients β i cherchées. Le vecteur f k0 +1 n’est nul, sinon f k+1 ∈ Vect( e 1 , e 2 ,..., e k ) =
Vect( f 1 , f 2 ,..., f k ), ce qui contraire au fait que ( f i ) soit une base.
on choisit alors
f k0 +1
e k +1 = ,
k f k0 +1 k
c’est un vecteur orthogonal aux vecteurs e 1 , e 2 ,..., e k . En outre,

Vect( e 1 , e 2 ,..., e k+1 ) = Vect( f 1 , f 2 ,..., f k+1 )

Ainsi, par récurrence, on a construit la base ( e i ) orthonormée. u


t

Corollaire 2.1 Soit F un sou-espace vectoriel d’un espace vectoriel euclidien E , F ⊥ le sous-espace ortho-
gonal de F . Alors E = F ⊕ F ⊥ .

Démonstration : L’unicité : Supposons que x = x1 + x2 = y1 + y2 avec x1 , y1 ∈ F et y1 , y2 ∈ F ⊥ , par différence, nous


obtenons :
x1 − y1 = y2 − x2 ∈ F ∩ F ⊥ = {0}.
Donc x1 − y1 = y2 − x2 = 0.
L’existence : Soit p = dim F , 1 ≤ p ≤ n et soit ( e 1 , e 2 ,..., e p ) une B.O.N de F ; c’est une famille libre de E qui peut être
complétée en une base de E , soit ( e 1 , e 2 ,..., e p , f p+1 ,..., f n ). En appliquant à cette base le procédé d’orthonormalisa-
tion les premiers vecteurs restent inchangés, on obtient donc une B.O.N de E ( e 1 , e 2 ,..., e p , e p+1 ,..., e n ).
n
soit G = Vect( e p+1 ,..., e n ), nous allons montrer que G = F ⊥ . soit x = α i e i ∈ G , on a :
P
i = p +1

( x| e 1 ) = ( x| e 2 ) = ... = ( x| e n ) = 0

donc ( x| y) = 0, ∀ y ∈ F , donc x ∈ F ⊥ , c’est-à-dire G ⊂ F ⊥ .


n
Inversement, soit z ∈ F ⊥ , z = β i e i , avec β i = ( z | e i ). D’autre part, puisque z ∈ F ⊥ , on a : β1 = β2 = ... = β p = 0, donc
P
i =1
n
P
z= βi e i ∈ G .
i= p
D’où F ⊥ = G. u
t

Remarques :
1. par construction la matrice de passage de la base ( f i ) à la base ( e i ) est triangulaire supérieure à coefficients
diagonaux strictement positifs ;
2. Soit ( f 1 , f 2 ,..., f p ) une famille orthonormale non génératrice de E ; on peut la compléter en une B.O.N ( e 1 , e 2 ,..., e p , e p+1 ,..., e n

Exemple : Considérons R3 muni du produit scalaire :


1
S (( x, y, z), ( x0 , y0 , z0 )) = xx0 + yy0 + zz0 + ( x y0 + xz0 + yx0 + yz0 + zx0 + z y0 )
2
dont la norme associée est :
1
q
k( x, y, z)k = ( x + y )2 + ( x + z )2 + ( y + z )2
2
Construisons une base orthonormée ( f 1 , f 2 , f 3 ) par le procédé de Schmidt à partir de la base canonique.
◦ Le vecteur e 1 = (1, 0, 0) est normée, donc on prend f 1 = e 1 .
◦ Cherchons g 2 orthogonal à f 1 de la forme :
g2 = e 2 − λ f 1
On a ( f 1 | f 2 ) = ( f 1 | e 2 ) − λ, donc il suffit de prendre λ = ( f 1 | e 2 ) = 21 , ce qui donne g 2 = ( −21 , 1, 0), donc f 2 = ( p
−1 p2
, , 0).
3 3
◦ Cherchons g 3 orthogonal à f 1 et f 2 de la forme de la forme

g3 = e 3 − λ f 1 − µ f 2 .

Il suffit de prendre λ = ( f 1 | e 3 ) = 12 et µ = ( f 2 | e 3 ) = 2p1 3 , ce qui donne g 3 = ( −31 , −31 , 1) et f 3 = p16 (−1, −1, 3).

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2.2 Projecteurs orthogonaux


Définition 2.2 Soit F un sous-espace vectoriel de E . La projection p F sur F parallèlement à F ⊥ est appelée projection
orthogonale sur F .
De même , on appelle symétrie orthogonale par rapport à F la symétrie s F par rapport à F parallèlement à F ⊥ .
Soit BF = ( e 1 , e 2 ,..., e p ) une base orthonormée de F , alors ∀ x ∈ E , p F ( x) ∈ F , donc il existe des scalaires λ1 , λ2 ,..., λ p
p
tels que : p F ( x) =
P
λi e i .
i =1
D’autre part ∀k ∈ [1, p], λk = ( e k | p F ( x)) = ( e k | y) = ( e k | x), avec x = y + z, x ∈ F, z ∈ F ⊥ . On déduit donc
p
X
p F ( x) = ( x| e i ) e i .
i =1

Comme s F = 2 p F − id E , alors pour tout x de E , on a :


p
X
s F ( x) = 2 ( x| e i ) e i − x.
i =1

Remarque : Si p est la projection orthogonale sur F , celle sur F ⊥ est Id E − p.


Proposition 2.1 Soit p une projection vectorielle sur l’espace euclidien E . Les conditions suivantes sont
équivalentes :
1. La projection p est une projection orthogonale.
2. Pour tous vecteurs x et y de E , on a l’égalité :
( p( x)| y) = ( x| p( y)).

3. La matrice de p dans toute base orthonormée est symétrique.


4. La matrice de p dans une base orthonormée est symétrique.

Démonstration :
1. 1. =⇒ 2. On suppose que p est un projecteur orthogonal, c’est-à-dire p2 = p et ker p = (Im p)⊥ .
soit ( x, y) ∈ E 2 , on a :
( p( x)| y) = ( p( x)| y − p( y)) + ( p( x)| p( y)) = ( p( x)| p( y)),
puisque p( x) ∈ Im p et y − p( y) ∈ ker p. De même :
( x| p( y)) = ( x − p( y)| p( y)) + ( p( x)| p( y)) = ( p( x)| p( y)).
D’où : ( x| p( y) = ( p( x)| y).
2. 2. =⇒ 1. On suppose : ∀( x, y) ∈ E , ( x| p( y)) = ( p( x)| y). On a pour tout ( x, y) ∈ ker p × Im p, ( x| y) = ( x| p( y)) =
( p( x)| y) = (0| y) = 0, et donc p est un projecteur orthogonal.
n
3. 2. =⇒ 3. Soit B = ( e 1 , e 2 ,..., e n ) une base orthonormée et A = (a i j )1≤ i≤n,1≤ j ≤n = M ( p, B ). Alors p( e j ) =
P
ai j e i
i =1
et a i j = ( e i | p( e j )) = ( p( e i )| e j ) = a ji , donc A est une matrice symétrique.
4. 3. =⇒ 4. évident.
n n
5. 4. =⇒ 1. Soit B = ( e 1 , e 2 ,..., e n ) une base orthonormée de E . Alors ∀ x =
P
xi e i , ∀ y =
P
y j e j , on a :
i =1 j =1
à !
n
X n
X
( x| p( y)) = xi e i | y j p( e j )
i =1 j =1
à !
n
X n
X n
X
= xi e i | yj ak j e k
i =1 j =1 k =1
à !
n X
X n
X
= xi y j e i | ak j e k
i =1 i =1 k =1
X n X
= x i y j a i j = ( p ( x )| y ).
i =1 i =1

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C HAPITRE 21 P RODUIT SCALAIRE . O RTHOGONALITÉ

u
t

Définition 2.3 Soit F un sous-espace vectoriel de E , x ∈ E . On appelle distance de x à F , et on note d ( x, F ), le réel défini
par :
d ( x, F ) = inf k x − yk.
y∈F

Proposition 2.2 Soient F un sous-espace vectoriel de E , x ∈ E , on a :


1. ∀ y ∈ F , k x − yk ≥ k x − p F ( x)k.
2. ∀ y ∈ F , k x − yk = k x − p F ( x)k ⇐⇒ y = p f ( x).

Démonstration :

−x

Il suffit de remarquer que pour tout y ∈ F :


k x − yk2 = k x − p F ( x) + p F ( x) − yk2 =
k x − p F ( x)k2 + k p F ( x) − yk2 ,

−y
puisque x − p F ( x) ∈ F ⊥ et p F ( x) − y ∈ F . u
t


0 p F ( x)

Remarque : On déduit, d’après la proposition, que d ( x, F ) = k x − p F ( x)k.

2.3 Formes linéaires et hyperplans


Soit E un espace euclidien et a un vecteur de E . On définit l’application ϕa : x 7−→ ( x|a).
Théorème 2.2 (de la représentation ) l’application a −→ ϕa est un isomorphisme de E sur son dual E ∗ .

Démonstration : ∀ ∈ E , l’application x 7−→ ϕa ( x) est bien un forme linéaire, donc ϕa ∈ E ∗ et par conséquent l’ap-
plication a 7−→ ϕa est bien définie.
L’application a 7−→ ϕa est injective, en effet,
ϕa = 0 ⇐⇒ ϕa ( x) = 0 ⇐⇒ ( a| x) = 0∀ x ∈ E ⇐⇒ x = 0

dim E ∗ = dim E implique a 7−→ ϕa est surjective, donc ∀l ∈ E ∗ , il existe un seul élément de E tel que l = ϕa .
Autrement dit : Toute forme linéaire l d’un espace vectoriel euclidien s’écrit d’une manière unique sous la forme
l ( x) = ( x|a), ∀ x ∈ E. u
t

3 Orientation. Produit vectoriel


3.1 Orientation d’un espace euclidien
Définition 3.1 Soit B et B 0 deux bases d’un espace euclidien de dimension n. On dit que les bases B et B 0 sont de même
orientation lorsque detB (B 0 ) > 0.
C’est-à-dire det P > 0 avec P la matrice de passage B à B 0 . Orienter l’espace E c’est, une base étant fixé, convenir
que les bases qui ont même orientation sont les bases directes, et les autres sont les bases indirectes.

Remarque : Pour orienter un plan, on fixe un vecteur w ∉ P et les bases directes (u, v) de P sont celles pour les
quelles (u, v, w) est une base directe de E .
Définition 3.2 Le produit mixte sur E est le déterminant dans toute base orthonormale directe, on note [ x1 , x2 ,..., xn ] le
produit mixte de ( x1 , x2 ..., xn ) ∈ E n .

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3.2 Produit vectoriel dans un espace euclidien orienté de dimension 3


Théorème et définition 3.1 Pour tout couple ( x, y) ∈ E 2 , il existe un unique vecteur w ∈ E tel que :
∀ z ∈ E, [ x, y, z] = (w| z)

Le vecteur w est appelé le produit vectoriel de x et z, noté x ∧ y.

Démonstration : L’application z 7−→ [ x, y, z] est une forme linéaire sur, donc il existe, d’après le théorème de
représentation, un unique vecteur w tel que
∀ z ∈ E, [ x, y, z] = (w| z).
u
t

Propriétés :
1. On pour tous x, y, z ∈ E : [ x, y, z] = (( x ∧ y)| z), [ x, y, z] = [ y, z, x] = (( y ∧ z)| x), [ x, y, z] = [ z, y, x] = (( z ∧ y)| x).
2. Si ( i, j, k) est une base orthonormée directe de E , alors : i ∧ j = k, j ∧ k = i et k ∧ i = j.
Proposition 3.1 L’application ( x, y) 7−→ x ∧ y est une forme bilinéaire alternée.

Démonstration : Soient α ∈ R, x, y, y0 ∈ E .
– ∀ z ∈ E , (( y ∧ x)| z) = [ y, x, z] = −[ x, y, z] = −(( x ∧ y)| z), d’où par unicité de x ∧ y, on a : x ∧ y = −( y ∧ x).
– ∀z ∈ E,
( x ∧ (α y + y 0 )| z ) = [ x, α y + y0 , z]
= α[ x, y, z ] + [ x, y0 , z ]
= α(( x ∧ y)| z ) + (( x ∧ y0 )| z )
= ([α( x ∧ y) + x ∧ y0 ]| z)

d’où par unicité de x ∧ (α y + y0 ) : x ∧ ( y + y0 ) = α( x ∧ y) + x ∧ y0 .


– La linéarité par rapport à la première variable résulte de la linéarité de la deuxième variable et de l’alternance.
u
t

Proposition 3.2 ∀( x, y) ∈ E 2 , x ∧ y = 0 ⇐⇒ { x, y} est liée.

Démonstration : • si x et y est liée, alors x ∧ y = 0.


• Réciproquement, supposons x ∧ y = 0, si { x, y} est libre, il existe z ∈ E tel que { x, y, z} soit une base de E et alors
( x ∧ y| z) = [ x, y, z] 6= 0, contradiction. Donc la famille { x, y} est liée. u
t

Corollaire 3.1 Si { x, y} est libre, alors { x, y, x ∧ y} est une base directe de E .

Démonstration : En effet, [ x, y, x ∧ y] = (( x| y)|( x| y)) = k x ∧ yk2 > 0. u


t
→ − →
− → −
Proposition 3.3 Soient B = ( i , j , k ) une base orthonormée de E , u, v ∈ E , ( x, y, z) (resp. ( x0 , y0 , z0 )) les compo-
santes de u (resp. v ) dans B, on a :

− →
− →

u ∧ v = ( yz0 − y0 z) i + ( zx0 − xz0 ) j + ( x y0 − yx0 ) k .

Démonstration : C’est immédiate, on peut retenir ce résultat sous la forme schématique :


¯ →
− ¯
¯ x x0 i ¯


¯ ¯
u∧v = ¯ y y0 j ¯.
¯ ¯
¯ →
− ¯
¯ z z0 k ¯

u
t

Proposition 3.4 ∀(u, v, w) ∈ E 3 , (u ∧ (v ∧ w)) = (u|w)v − (u|v)w.

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Démonstration :
– Si v = 0, la propriété est immédiate.
– Si v 6= 0 et si w est colinéaire à v, il existe λ ∈ R tel que w = λv, d’où :

(u|w)v − (u|v)w = λ(u|v) − λ(u|v) = 0 = u ∧ (v ∧ w).

– Si (v, w) libre, il existe une base orthonormée directe ( I, J, K ) et α, β, γ, a, b, c ∈ R tels que :



v = α I

w = βI + γ J

u = aI + bJ + cK

(d’après le procédé d’orthonormaliastion de Schmidt). On a alors : v ∧ w = αγK , d’où u ∧ (v ∧ w) = −aαγ J + aγbI


et (u|w)v − (u|v)w = bγα I − aαγ J . D’où la formule demandée.
u
t

Proposition 3.5 ∀u, v ∈ E , ku ∧ vk2 + (u|v)2 = kuk2 kvk2 . (Identité de L AGRANGE).

Démonstration : En effet, d’après le dernière proposition, on a :

k u ∧ vk = ((u ∧ v)|(u ∧ v)) = [u, v, u ∧ v] = [v, u ∧ v, u]


= (v ∧ (u ∧ v)|u) = (((v|v)u − (v|u)v)|u)
= (v|v)(u|u) − (v|u)(u|v) = kuk2 kvk2 − (u|v)2 .

u
t
.

• • • • • • • • ••

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