LU3ME101 : Ondes mécaniques
Thème 4 : Ondes stationnaires
1 Ondes stationnaires sur une corde
On considère une corde horizontale de longueur L suivant ex , de masse linéique µ homogène,
tendue par la tension au repos T0 . La corde est fixée en x = 0, et excitée en x = L par un vibreur
électromagnétique générant des vibrations verticales selon la direction (Oz) qui se propagent
le long de la corde et sont décrites par le champ de déplacement transverse u(x, t) = u(x, t)ez .
A l’issue d’un court régime transitoire, une onde stationnaire s’établit le long de la corde.
1. Quelle équation vérifie le champ de déplacement u(x, t) ?
2. En utilisant la notation complexe u(x, t) = Re(û(x, t)), le champ de déplacement trans-
verse se met sous la forme û(x, t) = a(x)e−jωt . Déterminez l’expression de a(x) et inter-
prétez la solution obtenue.
3. À l’aide des conditions aux limites, montrez que le champ de déplacement complexe se
met sous la forme û(x, t) = 2jA1 sin(kx)e−jωt .
4. Dans le cas où l’excitation impose un déplacement uE (t) = U cos ωt en x = L, montrez
sin kx
que u(x, t) = U cos ωt.
sin kL
5. Pour certaines valeurs de kL, autrement dit pour certaines valeurs de fréquence d’ex-
citation fE (L étant fixée), l’amplitude du déplacement transverse atteint des valeurs
importantes, la corde entre en résonance. On définit :
— Un noeud de déplacement : point de la corde constamment immobile, c’est-à-dire
d’abscisse xn tel que u(xn , t) = 0, ∀t,
— Un ventre de déplacement : point de la corde pour lequel le déplacement de la corde
est extremal, c’est-à-dire d’abscisse xv tel que |u(xv , t)| est maximal, ∀t.
Déterminer les positions xn des noeuds et xv des ventres.
λ π
6. Montrer que la distance entre deux ventres de déplacement transverse est égale à = .
2 k
mc
7. Montrer que la fréquence de résonance d’une corde de longueur L est fm = (i.e.
2L
quand l’amplitude du déplacement transverse de la corde est infinie/maximale)
8. Pour différentes masses pendues m, on mesure les fréquences de résonance de la corde
des modes 1 à 6, et les périodes associées :
Pour chaque masse pendue, tracer, les périodes T de résonance en fonction de la
longueur d’onde. La longueur de la corde est L = 123.3 mm ±1 mm. En déduire la
célérité des ondes c0 dans la corde pour chaque masse pendue.
9. Tracer la tension au repos de la corde T0 en fonction de c20 . En déduire la masse linéique
µ de la corde.
10. Tracer les fréquences de résonance de la corde en fonction du nombre de ventre pour
chaque masse. Vérifier graphiquement que la condition aux limites en x = L correspond
bien à celle d’un déplacement imposé.
Masse Fréquence (Hz)
m (g) Mode 1 Mode 2 Mode 3 Mode 4 Mode 5 Mode 6
50 25.5 50 74.8 100 125.5 150.1
80 31.4 63.2 94.7 126.3 158.5 190.2
100 35.8 71.8 105.9 141.2 176.8 211.8
120 39 78.3 116 154.7 193.5 232.2
150 43.7 87 129.9 173.4 217.2 260.2
200 50 100.4 150.1 201.3 250.7 300
Table 1 – Fréquence de résonance de la corde pour différentes masses pendues.
Masse Période (ms)
m (g) Mode 1 Mode 2 Mode 3 Mode 4 Mode 5 Mode 6
50 39.2 20 13.4 10 8 6.7
80 31.8 15.8 10.6 7.9 6.3 5.3
100 27.9 13.9 9.4 7.1 5.7 4.7
120 25.6 12.8 8.6 6.5 5.2 4.3
150 22.9 11.5 7.7 5.8 4.6 3.8
200 20 10 6.7 5 4 3.3
Table 2 – Période de résonance pour différentes masses pendues.
2 Isolation phonique par une cloison
On considère la propagation unidimensionnelle d’ondes acoustiques planes dans l’air selon
la direction (Ox). En x = 0 se trouve une cloison plane, voir la figure 1. Le but de cette exercice
est de déterminer dans quelle mesure la cloison isole acoustiquement chaque demi-espace x < 0
et x > 0 l’un de l’autre.
p1,v1 p2,v2
i t
r
0
x
cloison
Figure 1 – Réflexion et transmission sur une cloison
En absence d’onde acoustique, l’air est immobile, de masse volumique homogène ρ0 et de
pression homogène P0 . On note P (x, t) le champ de pression de l’air et v(x, t)ex son champ de
vitesse (ex est le vecteur unitaire de l’axe (Ox)), et on définit la surpression p = P − P0 . On
indice par 1 (respectivement 2) les champs de pression et de vitesse dans l’air occupant le demi-
espace x < 0 (respectivement x > 0). On considère une onde plane progressive harmonique se
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propageant dans le demi-espace x < 0 en direction de la cloison, dont les champs de surpression
et de vitesse s’écrivent en notation complexe :
pi (x, t) = Pi exp j(ωt − kx)
vi (x, t) = Vi exp j(ωt − kx)
où Pi et Vi sont les amplitudes complexes de surpression et de vitesse de l’onde incidente, ω
est la pulsation et k le nombre d’onde, et j 2 = −1. Cette onde incidente se scinde en une onde
plane rétrograde, appelée onde réfléchie, se propageant dans le demi-espace x < 0, indicée par
r, et une onde plane progressive, appelée onde transmise dans le demi-espace x > 0, indicée
par t. Les champs de surpression et de vitesse associés à ces ondes s’écrivent donc en notation
complexe :
pr (x, t) = Pr exp j(ωt + kx)
vr (x, t) = Vr exp j(ωt + kx)
pt (x, t) = Pt exp j(ωt − kx)
vt (x, t) = Vt exp j(ωt − kx)
L’épaisseur de la paroi est supposée petite devant la longueur d’onde des ondes acoustiques se
propageant dans la cloison, si bien qu’on considérera :
— que l’air occupe tout l’espace sauf le plan qu’occupe la cloison défini par x = 0,
— que la cloison vibre d’un seul bloc : la vitesse de la paroi gauche de la cloison, située en
x = O− est toujours égale à la vitesse de la paroi droite de la cloison, située en x = 0+ .
On note σ la masse par unité de surface de la cloison.
1. Quelle est la relation entre k et ω ?
2. Quelles sont les relations entre surpression et vitesse pour les différentes ondes ?
3. Reliez la vitesse de l’air en x = 0− à la vitesse de l’air en x = 0+ et à la valeur algébrique
de la vitesse Vc de la cloison. Déduisez-en que :
pi (0, t) − pr (0, t) = pt (0, t) ∀ t
4. Appliquez le principe fondamental de la dynamique à une portion de cloison de surface
dS. Déduisez-en que :
σω
pi (0, t) + pr (0, t) = pt (0, t) 1 + j ∀t
Z
où Z = ρ0 c est l’impédance caractéristique de l’air.
5. Exprimez le coefficient de transmission en pression αt de la cloison en fonction de ω
et ω0 = 2Z σ
. Pourquoi les sons traversant la cloison, en plus d’être atténués, sont-ils
déformés ?
6. Exprimez le coefficient de transmission en puissance de la cloison T en fonction de αt .
Tracez l’allure de T en fonction de ω. Les sons aigus sont-ils plus ou moins atténués que
les sons graves ? Exprimez la fréquence de coupure à −3 dB de la cloison fc , c’est-à-dire
la fréquence au-delà de laquelle (T /Tmax )dB ≤ −3dB.
7. On souhaite une atténuation de 40 dB pour une fréquence de 200 Hz. En assimilant
T à ses asymptotes basse et haute fréquence, calculez la valeur qu’il faut donner à la
fréquence de coupure fc pour obtenir cette atténuation.
8. On donne ρ0 = 1, 2 kg·m−3 et c = 343 m·s−1 . Calculez numériquement σ puis l’épaisseur
a de la cloison sachant que sa masse volumique est ρc = 1200 kg · m−3 . Comparez a à
la longueur d’onde d’un son de fréquence 200 Hz dans l’air. Conclure sur la validité du
modèle adopté pour décrire la cloison.
9. Quels sont les facteurs permettant d’améliorer l’isolation phonique ?
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