Le compactage
Dr Adama DIONE
Compactage
C’est le processus de densification d’un sol qui réduit le volume des
vides et organiser la structure des grains de manière à obtenir un
assemblage plus stable.
Eau
Rôle du compactage
Le compactage vise à :
augmenter la densité apparente sèche d’un sol.
Limitation des tassements
Diminution de la perméabilité
Augmentation des performances mécaniques : portance, module de
déformation, résistance à la compression, au poinçonnement et à la
résistance au cisaillement
Les effets de compactage sur certaines propriétés des sols
Le compactage augmente la stabilité des sols et leur capacité à
supporter des charges mais il modifie en même temps certaines de
leurs propriétés en particulier :
la structure des sols,
la perméabilité,
le gonflement et le retrait,
la compressibilité,
la résistance au cisaillement.
La structure des sols
Le compactage réduit l’indice des vides et densifie la structure à grains
uniques des sols pulvérulents.
Dans les sols cohérents, il entraîne plutôt une réorganisation des
particules d’argile, qui tendent à devenir parallèles et à adopter une
structure dispersée.
L’augmentation de l’énergie de compactage et une teneur en eau
supérieure à la teneur en eau optimale rendent la structure de plus en
plus dispersée.
La perméabilité
Le compactage diminuant le volume des vides dans le sol, rend la
circulation de l’eau plus difficile.
Si on augmente l’énergie de compactage, la quantité des vides
diminue davantage ce qui se traduit par une baisse de la
perméabilité.
Dans les sols argileux, la perméabilité la plus faible s’obtient
lorsque la teneur en eau est égale ou supérieure à la teneur en eau
optimale pendant le compactage.
La diminution de la perméabilité est un inconvénient dans le cas des
sols pulvérulents utilisés comme matériaux de fondation qu’il faut
drainer rapidement.
Le gonflement et le retrait
En réduisant ainsi l’indice des vides et la perméabilité des sols, on
diminue à la fois la quantité d’eau qu’ils peuvent contenir et celle
qu’ils sont susceptibles de recevoir.
Ce faisant, on limite les variations de volume causées, entre autres,
par le gonflement et le retrait.
Cependant, il faut noter que l’argile compactée alors que sa teneur en
eau est supérieure à la teneur en eau optimale sera davantage sujette
au retrait, tandis que celle qui est compactée alors que sa teneur en
eau est inférieure à la teneur en eau optimale sera plus sujette au
gonflement.
La compressibilité
Plus le volume occupé par les vides dans un sol est élevé, plus la
compressibilité de ce sol est grande et plus les tassements peuvent y
être importants.
Ainsi, en réduisant les vides d’un sol par compactage, on le rend
moins compressible, et les risques de tassements s’atténuent.
La résistance au cisaillement
Dans les sols pulvérulents, plus les particules sont resserrées les unes contre
les autres par le compactage, plus le frottement et l’enchevêtrement deviennent
importants et plus la résistance au cisaillement augmente.
Dans les sols cohérents, les forces de cohésion constituent le facteur principal
de la résistance au cisaillement. Or, plus la distance entre les particules est
faible, plus les forces de cohésion sont élevées.
En réduisant les distances qui séparent les particules, le compactage augmente
donc la résistance au cisaillement. De façon générale, la résistance au
cisaillement des sols argileux est plus importante quand la teneur en eau est
inférieure à la teneur en eau optimale pendant le compactage.
Puisqu’on augmente la résistance au cisaillement d’un sol en le compactant, on
y augmente également l’angle de frottement interne ce qui se traduit par une
augmentation de la capacité portante.
Principe de Compactage
Le compactage consiste à appliquer suffisamment d’énergie au sol
pour y réduire l’indice des vides et ainsi en accroître la compacité.
Le poids volumique sec ( d ) d’un sol compacté sera donc supérieur à
celui d’un sol non compacté. C’est d’ailleurs cette caractéristique qui
permet de vérifier l’efficacité du compactage.
Le poids volumique du sol est influencé par trois variables :
la teneur en eau ;
l’énergie de compactage ;
la granulométrie.
Eau + air eau
Allure générale de la courbe Proctor
Courbe de compactage γd en fonction de w.
Influence de l’énergie de compactage
Influence de la nature du sol sur la courbe Proctor
Equipement nécessaire
• Moule Proctor : c’est un tube métallique cylindrique, que l’on
peut fixer sur une plaque de base, et muni d’une rehausse. Il existe
deux types de moules :
Le moule Proctor : utilisable pour les sols fins
Le moule CBR, le plus utilisé. Il sert aussi pour l’essai CBR,
d’où son nom, et comporte un disque d’espacement qui en
réduit la hauteur utile
• Dame Proctor : c’est un tube cylindrique avec un mouton
actionné par une poignée. On distingue deux dames en fonction de
l’intensité de compactage désiré
La dame PN (la plus petite) utilisée pour l’essai Proctor
Normal
La dame PM, utilisée pour l’essai Proctor Modifié
Equipement nécessaire
Appareillage spécifique pour l’essai Proctor.
Préparation de l’échantillon
• Quantité à prélever :
Dépend du moule utilisé
La courbe sera définie par 5 ou 6 points
Moule Proctor : 6 x 2,5 kg = 15 kg de sol
Moule CBR : 6 x 5,5 = 33 kg
Choix du moule
Dépend de la grosseur D des plus gros grains du sol
Si D ≤ 5 mm (et seulement dans ce cas), le moule Proctor
est autorisé, mais le moule CBR est conseillé
Si 5 < D ≤ 20 mm, utiliser le moule CBR. Conserver ce sol
intact, avec tous ses constituants
Si D > 20 mm, tamiser à 20 mm et peser le refus R :
Si R ≤ 25%, l’essai se fait dans le moule CBR mais sans y
remettre le refus
Si R > 25%, l’essai Proctor ne peut être fait
• Homogénéisation :
Elle est effectuée à la main ou au malaxeur
Briser les mottes mais pas les éléments pierreux
• Dessiccation partielle :
Amener w à une valeur nettement inférieure à la teneur en
eau optimale
Sécher le matériau à l’air libre ou à l’étuve
Vmoule Proctor = 948 cm3
V moule CBR = 2 296 cm3
Position des coups dans le moule Proctor normal et modifié
Mode opératoire
• Assembler moule et embase (pour le moule CBR, mettre le disque
d’espacement). Mettre un disque de papier filtre au fond du moule,
ce qui facilité le démoulage. Peser l’ensemble moule + embase (soit
Pm). Mettre en place la rehausse
• Introduire la première couche de sol et la compacter. Scarifier la
surface compactée afin de faciliter la liaison avec la couche
suivante
• Procéder de manière identique pour les couches suivantes
• Après compactage de la dernière couche, enlever la rehausse. Le
sol compacté doit dépasser le moule de 1 cm environ
• Araser soigneusement le moule et le nettoyer puis le peser (soit
Ph). Ne pas créer de trous sur la surface arasée.
• Oter l’embase et prélever deux prises sur l’échantillon pour
déterminer la teneur en eau
• On obtient ainsi le premier point de la courbe dont les
coordonnées sont :
en abscisse : w, la teneur en eau
en ordonnée : γd, poids volumique sec qui s’exprime par :
Ph Pm
d
1 wV
Pm = Poids du moule et son embase
Ph = poids du moule plein de sol à la teneur en eau w
• Pour les autres points, augmenter à chaque fois la teneur en eau de
2%
• Tracer la courbe de la teneur en eau w mesurée après chaque essai
en fonction du poids volumique γd obtenu
• A partir de la courbe, déduire la position de l’optimum Proctor
Normal ou Modifié
Compactage sur le terrain
Contrôle du compactage
Le contrôle du compactage se fait sur le terrain à l’aide de
densitomètre dont le plus utilisé au Sénégal est le densitomètre à
membrane
Gamma densimètre
à diffusion Pas de Norme → Contrôler la dispersion de la MVR d’un matériau
►Principe:
Mesurer la transmission d’une source « radioactive » à travers un matériau pour estimer après
étalonnage la MVRe et la compacité.
►Type d’essai:
1) Mesure manuelle en discontinue: TROXLER 2) Prise de mesure en automatique
Perforation du matériau sur 7cm
Rq: essai a associer a un carottage et une mesure de
MVRe et C MVR en laboratoire
Domaine d’emploi des principaux engins de compactage
Effet d’une première passe de compactage dynamique, (Bergado et al, 1996).
On peut évaluer la profondeur d’influence approximative du
compactage à l’aide de l’équation suivante :
D 0,5 Wh
D = profondeur d’influence du compactage (m)
W = masse du pilon (t)
h = hauteur de chute du pilon (m)
On constate que plus la masse du pilon est grande et plus sa
hauteur de chute est importante, plus la profondeur d’influence
s’accroît. Par exemple, le compactage avec un pilon de 10 tonnes
tombant d’une hauteur de 20 m aura la profondeur d’influence
suivante :
D 0,5 10t 20 m 7,0 m
Le vibreur V23
Phases d’exécution du vibro-compactage
Essai CBR
• Dans les travaux routiers, et en particulier pour la confection des
remblais et des couches de forme, on ne peut admettre que de faibles
déformations.
• On détermine donc la portance du sol, c’est-à-dire sa résistance à la
rupture, par l’essai CBR (Californian Bearing Ratio) ou essai de
portance californian
• Au cours de cette essai, le matériau est poinçonné par un piston de
19,3 cm2 de section, enfoncé à la vitesse constante de 1,27 mm/mn
• Les valeurs particulières des deux forces ayant provoqué les
enfoncements de 2,5 et 5 mm sont alors rapportées aux valeurs 13,35
et 19,93 kN, qui sont les forces observées dans les mêmes conditions
sur un matériau de référence
On distingue 2 types d’essais CBR en fonction des buts fixés :
• L’essai C.B.R. immédiat : Mesure de la résistance au
poinçonnement d’un sol compacté à sa teneur en eau naturelle. Il
caractérise l’aptitude du sol à permettre la circulation en phase
de chantier Dans les régions peu humides, le C.B.R. immédiat sert
directement de référence (pas de variation hydrique)
• L’essai C.B.R. après imbibition : Mesure de la résistance au
poinçonnement d’un sol compacté à différentes teneurs en eau puis
immergé durant plusieurs jours (4 en générale). Il caractérise
l’évolution de la portance d’un sol compacté à différentes
teneurs en eau et/ou soumis à des variations de régime
hydrique.
Remarque : la capacité portante du sol est d’autant meilleure que
l’indice CBR est plus élevé
Imbibition - Mesure du gonflement
Le but de cette opération est de placer le sol dans les plus mauvaises
conditions hygrométriques qu’il est susceptible de rencontrer dans la
pratique.
1. Pour un terrain particulièrement sec ne risquant ni de subir des
remontée d’eau (nappe phréatique profonde), ni de recevoir des eaux
pluviales (revêtement étanche ou climat très sec), on pourra se
dispenser de cette imbibition.
2. Pour un terrain pouvant subir de forte remontées d’eau, ou des
inondations, ou recevoir les pluies d’un climat très humide, on
procède à une imbibition complète (jusqu’à ce que la variation
d’épaisseur de l’échantillon deviennent inférieure à 0,003 mm par 24
heure),
3. Dans les autres cas, qui sont les plus fréquents, on imbibe
l’échantillon pendant 4 jours (96 heures ± 1h).
Après avoir pesé l’ensemble moule + plaque de base+ échantillon
compacté, on place alors successivement un disque de papier filtre,
un disque perforé de mesure du gonflement (appelé Disque perforé
de mesure du gonflement), et une charge constituée par des disques
annulaires de 2,265 kg (au moins 2 ou encore 4 demi-disques),
représentant l’équivalent de la contrainte imposée par la chaussée sur
la plate-forme.
• On met le tout dans un bac rempli d’eau, la plaque de base étant un
peu écartée du fond pour permettre le passage de l’eau. Un
comparateur tenu par un trépied placé sur le moule mesurera les
variations de hauteur de l’échantillon.
• On remplit d’eau et l’on note la lecture de la mesure donnée par le
comparateur au début de l’essai.
• A la fin d’une opération d’imbibition, on note le gonflement.
Imbibition - Mesure du gonflement
Poinçonnement :
On utilise une presse qui est munie d’un piston de poinçonnement de
diamètre 4,96 cm (section 19,3 cm2), et qui est pourvue d’un
contrôleur de cadence ainsi que d’un comparateur permettant de
suivre les enfoncements au 1/100ième de mm près.
• On place l’échantillon sur le plateau, bien axé sur le piston de
poinçonnement. Les charges annulaires sont remises en place (leur
trou central laisse le passage au piston de poinçonnement).
• On amène la tige au contact du sol et quand l’aiguille
dynamométrique de la presse commence à bouger, on arrête le
mouvement et on met le comparateur à zéro.
• Puis la presse est actionnée à une vitesse constante d’enfoncement
égale à 1,27 mm/min, le mouvement étant régulé, soit de manière
automatique, soit en suivant le cadencemètre de la machine.
On effectue simultanément les mesures de l’enfoncement et de la
force exercée et on note (sans arrêter le poinçonnement) les forces
qui correspondent aux enfoncement suivants :
Enfoncement (mm) 0,625 1,25 2 2,5 5 7,5 10
Temps de mesure (min) 0,5 1 1,5 2 4 6 8
Force de
poinçonnement (kN)
• La mesure de la teneur en eau doit suivre immédiatement
l’opération de poinçonnement
Expression des résultats
Le procès verbal d’essais doit comporter les indications suivantes :
• Contrôle du poids volumique sec γd de l’échantillon compacté ; on
doit ici retrouver le poids volumique de l’essai Proctor Modifié γd
OPM . Si la différence |d - d OPM | > 0,05 g/cm3 il y a eu faute ou
erreur, et il faut recommencer l’essai,
• Condition d’imbibition (le cas échéant),
• Gonflement pendant l’imbibition « g » : on l’exprime en
« gonflement linéaire relatif », par rapport à la hauteur initiale h de
l’échantillon : g = Dh/h x 100
Il est nécessaire de tracer la courbe effort-poinçonnement avant la
détermination de F.CBR2,5 ; F.CBR5,0 .
En effet, un décalage de zéro peut se produire et il faut alors le
corriger.
• L’indice CBR est par convention la plus grande des deux valeurs suivantes :
I.CBR2,5 = 100. F2,5/13,35
I.CBR5,0 = 100. F5,0/19,93
[Link] = max (I.CBR2,5 ; I.CBR5,0)
F2,5 : Force (en kN) à 2,5 mm d'enfoncement
F5,0 : Force (en kN) à 5 mm d'enfoncement
13,35 : Force (en kN) à 2,5 mm d'enfoncement pour le matériau type
19,93 : Force (en kN) à 5 mm d'enfoncement pour le matériau type
250
200 CBR (95% OPM) = 105
CBR (98% OPM) = 162
150
Indice CBR
100
50
0
88 90 92 94 96 98 100
Compacité (%)