LL1 : « Le dormeur du Val »
Objet d’étude : émancipations créatrices
Œuvre : Les Cahiers de Douai
Texte : Le dormeur du Val
Support : livre
Genre littéraire : Poétique
Auteur : Arthur Rimbaud 1854-1891 XIXème siècle
Date : octobre 1870
17ème poème des Cahier de Douai
Introduction :
-Arthur Rimbaud Né en 1840 et mort en 1891est un poète considéré comme
Baudelaire comme un précurseur de la poésie moderne. Il écrit ses premiers
poèmes lorsqu’il est âgé d’environ 17 ans et lors d’une fugue du foyer familiale à
Charleville. Ces écrits qu’il confiera à son ami Paul Demeny deviendront les 22
poèmes des Cahier de Douai.
Dans cette œuvre, le jeune auteur raconte à travers ses fugues les régions
dévastées par la guerre Franco-Prussienne.
Dans le dormeur du Val, le 17ème poème de ce recueil, il respecte la forme du
sonnet traditionnel dont le titre résume très bien son contenu, il s’agit en
apparence d’un jeune soldat endormit dans une nature refuge.
Lecture expressive :
Donc, nous nous demanderons comment dans ce poème charmant en apparence
Rimbaud rend compte d’une scène macabre.
Pour répondre à cette question, nous verrons le cadre bucolique et heureux que
Rimbaud instaure dans le premier quatrain. Puis, comment il décrit le soldat qui
dort dans le second quatrain et enfin nous étudierons le mystère que Arthur
Rimbaud révèle au cours des deux tercets.
Un cadre bucolique et heureux :
1er vers présente le cadre spatial avec : « un trou de verdure »
Endroit paisible, description d’une vallée étroite
Vers 4 : reprend le vers 1 avec : « le petit val »
La notation colorée renforce l’impression de la nature.
Nature vivante : « chante » v1 + adv follement idée de rapidité et de vie.
Personnification de la montagne « fière » qui renforce la nature vivante.
Oxymore et métaphore « haillons d’argent » v2/3 qui semble exprimer le pouvoir
de transformer la pauvreté en richesse.
Synesthésie avec la sollicitation de la vue avec les différentes couleurs lumières
(le verbe : « luit » v.4 et de l’ouïe avec chante.
« Un petit val qui mousse de rayons » v.4 métaphore de la lumière qui prend la
forme d’une text ure agréable.
Champ lexical de la lumière.
Hypotypose est formé dans ce quatrain (scène si frappante que l’on a
l’impression de la voire) grâce à la lumière et à différents sens.
Le personnage du dormeur :
Le soldat est présenté dans une nature accueillante. Abondance de végétation
(herbes v7 et cresson bleu v8). Scène colorée dans un cadre champêtre.
« Soldat jeune » adjectif postposé qui met en avant la jeunesse du soldat et son
innocence.
« un » art. indéf. Qui généralise le personnage parmi tant d’autre.
Portrait organisé du haut du corps « nuque » v.6 « corps » v.5
Champ lexical du sommeil et du calme associé au soldat « dort » et « étendu
dans l’herbe »v.7
Il est allongé dans la végétation.
Répétition de la préposition « dans » 3x v.6/7 qui donne l’impression que le
personnage fait parti du décor, en osmose avec la nature.
« Sous la nue » mis en valeur à la rime qui renvoie à une position allongée sous
la voute céleste.
« Lit vert » v.8 métonymie qui rappelle nature verdoyante et donc un lieu
bucolique.
Poème qui évoque une scène de printemps/été avec une nature lumineuse et
colorée.
Cependant la position du soldat renvoie à la position de quelqu’un d’endormit
mais aussi de mort (« nuque baignant dans le frais cresson bleu » v.7. Il est
également dans son « lit vert » v.8 qui peut être pour se reposer ou car il est
malade ou car c’est son cercueil. Il y a des signes avant-coureurs de la mort du
soldat et ce texte peut être interprété de différentes manières.
Le mystère révélé
Indices alarmants de la mort plus clairs « les pieds dans les glaïeuls, il dort » v.9
position qui évoque le sommeil et la mort ainsi que les fleurs qui représente la
nat ure et la tombe.
Cela crée une atmosphère inquiétante.
Le verbe « Dort » v.9 mis en fin de ver peux suggérer un euphémisme de la mort.
v.10 le polyptote (répétition d’un mot sous différentes formes
grammaticales) : « souriant » ; « sourirait » v.9 et v.10.
Contre rejet de « Souriant comme » qui donne une effet de dramatisation car il
est mis en valeur par la diérèse « un enfant malade » indice morbide
« il fait un somme » v.10 référence à l’euphémisme de la mort.
Présence d’une double interprétation.
« Nature » v.11 apostrophe de la nature qui la personnifie « berce-le » v.11
impératif qui l’invite telle une mère à protéger son enfant + allitération en S qui
suggère le bercement :
« Souriant » v.9 ; « Sourirait » v.10 ; « somme » v.10 ; « berce » v.11.
Soldat comparé à un enfant qui renvoie à sa jeunesse.
« il a froid » v.11 revoie à un cadavre.
Antithèse : »chaudement, il a froid » v.11 qui contraste entre la nature vivante et
le soldat mort.
« Les parfums ne font plus frissonner sa narine » qui renvoie à une absence
d’odeur et donc à une litote car il ne respire plus donc il ne sent pas les parfums.
« La main sur sa poitrine » v.13 qui est la position des défunts aux XIXème.
Chute surprenante qui donne un effet de surprise dans le dernier vers avec la
révélation finale :
Adjectif « tranquille » v.14 placé en rejet qui qualifie sa poitrine.
Puis le «. » suggère une pose comme une coupure forte.
Enfin « Il a deux trous rouges au côté droit. » v.14 qui est une métonymie qui
suggère qu’il a subi des tirs d’armes à feu et il y a un euphémisme car il n’y a pas
d’évocation de la mort de manière directe.
« Trou » au v.1 et v.14 créent une boucle qui cloue le sonnet.
Rimbaud condamne la guerre de manière indirecte car ce n’est pas par
polémique mais par une évocation lyrique de ce que la guerre met en péril.
Cette image d’un soldat jeune est emblématique car il représente toutes les
victimes innocentes de la guerre.
Conclusion :
Rimbaud dans ce poème charmant en apparence rend compte d’une scène
macabre car il décrit une nature bucolique et protectrice puis décrit un jeune
soldat pour enfin révéler un mystère très surprenant qui est la mort de ce soldat
qui semble endormi.
Dans ce poème le poète fait preuve d’une grande maturité poétique, il renouvelle
le sonnet avec des effets de rythme et une double interprétation, des
euphémismes chargés d’émotions et une mise en scène dramatique pour la
dénonciation de la guerre.
Sa maturité est également présente car il ne répond pas à la violence de la
guerre par la violence mais par un hymne à la vie.
Dans le poème Le Mal , Rimbaud traite du sujet de la guerre qu’il dénonce d’une
manière différente grâce à une description crue et violente.