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Introduction à la cristallographie et minéraux

La cristallographie est l'étude des cristaux, de leur formation et de leurs caractéristiques géométriques, influencées par l'arrangement des atomes. Le cours de cristallographie vise à aider les géologues et minéralogistes à classer les minéraux, en se concentrant sur la géométrie des cristaux et les techniques de détermination des minéraux. Les minéraux se forment par divers processus, dont l'endogène et l'exogène, et leur cristallisation est souvent influencée par des conditions de température et de pression.

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Introduction à la cristallographie et minéraux

La cristallographie est l'étude des cristaux, de leur formation et de leurs caractéristiques géométriques, influencées par l'arrangement des atomes. Le cours de cristallographie vise à aider les géologues et minéralogistes à classer les minéraux, en se concentrant sur la géométrie des cristaux et les techniques de détermination des minéraux. Les minéraux se forment par divers processus, dont l'endogène et l'exogène, et leur cristallisation est souvent influencée par des conditions de température et de pression.

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CHAPITRE I : GENERALITES

I.1. DEFINITIONS

1. La cristallographie est une science qui étudie la formation, la forme et les


caractéristiques géométriques des cristaux, étant donné que chaque composé chimique tend à
cristalliser selon une forme particulière lorsque les conditions deviennent favorables.

2. Un cristal est un polyèdre (corps à plusieurs faces et arêtes) solide délimité par des
surfaces planes issues d’un arrangement ordonné de ses atomes constitutifs. Ceci veut dire
que les propriétés physiques d’un cristal comme la forme, la dureté,… dépendent de la
manière dont se disposent ses atomes.

Exemple : Le diamant et le graphite sont tous constitués de carbone, mais l’arrangement


différent des atomes leurs confère des formes et duretés différentes.

Dans le diamant, chaque atome de carbone est fortement lié par covalence normale à
quatre autres atomes situés aux sommets d’un tétraèdre régulier dont il occupe le centre.
Cette situation lui donne sa forme cubique et sa grande dureté (10 à l’échelle de Mohs) (fig.).

Quant au graphite chaque atome de carbone est relié par liaison covalente normale à
trois atomes de carbone.
Il en résulte une disposition en hexagones plans aux sommets desquels se trouvent des
atomes de carbone. Les réseaux sont empilés les uns aux autres d’une manière lâche donnant
ainsi au graphite sa faible dureté et sa forme hexagonale.

Fig. 1. a. Structure du graphite

1
2
Fig. 1. b. Structure du diamant

3. Un minéral est un corps solide issu d’un arrangement ordonné de ses atomes à l’état
naturel, mais il ya des cas particuliers où des minéraux sont à l’état liquide comme le cinabre,
ou gazeux (les fumerolles).

I.2. OBJECTIFS ET LIMITES DU COURS

Le cours de cristallographie aide les géologues et les minéralogistes dans la


détermination et la classification des minéraux.
Dans le cadre du programme de ce cours (deuxième année de graduat de la faculté des
sciences département de géologie), on va plus parler de la forme et des caractéristiques
géométriques des cristaux, la formation des minéraux étant réservée au cours de minéralogie.
En plus de cela il sera permis de faire un point sur les bases de la cristallographie optique et
cristallochimie.

C’est ainsi que ce cours comprendra deux grandes parties, la première, consacrée à la
cristallographie géométrique permettra à l’étudiant de se familiariser avec les différentes
formes des cristaux qu’on peut trouver dans la nature et la deuxième, qui traitera quant à elle
de la cristallographie optique et cristallochimie, donnera à l’étudiant les grandes lignes sur les
principales techniques utilisées pour la détermination des minéraux, puis les relations
existantes entre la forme géométrique, la composition chimique et les forces qui lient les
différents atomes dans un minéral.

3
I.3. HISTORIQUE

La cristallographie est née plusieurs années avant le 17 ème siècle de manière non
scientifique. Ce n’est qu’en 1781 qu’elle a commencé à devenir une véritable science,
lorsque l’abbé René Haüy, se trouvant chez un ami collectionneur des minéraux, il examinait
avec attention un morceau de spath d’Islande (variété de calcite incolore et transparente). Il
aperçut en le posant sur un texte que celui-ci se voyait dédoublé. Surpris, il laissa tomber et il
se brisa en morceaux de formes rigoureusement identiques au cristal de départ (c’est le
clivage). Il entame ainsi une longue étude qui aboutira sept ans après à un assai sur la
structure des cristaux dont le résultat est le suivant : « Les cristaux sont constitués d’un
empilement régulier de petits constituants élémentaires épousant la même forme que les
cristaux de départ ». Il appela alors ces constituants unités de croissance ou de base du
mobile atomique cristallin. Cette croissance se fait dans une direction qui forme toujours un
ange droit avec la face concernée.

I.4. FORMATION ET CRISTALLISATION DES MINERAUX

Ces deux notions seront développées dans le cours de minéralogie. A ce stade, nous
allons en parler d’une manière très brève pour faciliter la compréhension du cours.

4.1. Formation des minéraux

Les minéraux sont formés au cours de deux grands processus qui sont les processus
endogène et exogène.

a. Le processus endogène

Ce processus se déroule à l’intérieur de l’écorce terrestre, à des grandes profondeurs


et est lié à des phénomènes magmatiques. La formation des minéraux s’effectue à plusieurs
stades.
- Le stade magmatique au sens strict, solidification d’un magma totalement uniforme.
- Le stade pegmatitique, solidification dans les cavités ou les fissures sous forme de
poches ou des lentilles.
- Stade pneumatolitique : cristallisation par sublimation des produits gazeux
(fumerolles).
- Stade hydrothermale : c’est par le refroidissement des solutions hydrothermales.

b. Le processus exogène

Il se déroule dans la partie superficielle de l’écorce terrestre. Il se passe en trois


stades :
- L’altération : physique, chimique, biologique,
- Le transport : l’eau, le vent, la glace,…
- La sédimentation : consolidation détritiques, chimiques.

4
c. Le processus métamorphique

Le métamorphisme est l’ensemble des transformations qui affectent une roche à


l’état solide. Ces transformations sont causées par la pression et la température.
Elles affectent la texture, la composition minéralogique et pétrographique.

En bref, nous retiendrons que lors de ce processus il n’y a pas de changement de


composition chimique mais seulement, le réarrangement des éléments conduisant à une
recristallisation à l’état solide.
Ex. : - Granite = quartz, feldspath, micas (roche ignée)
- Gneiss = quartz, feldspath, micas (roche métamorphique)
- Grès = Silice de dimension du sable de cimentée par du calcaire de la silice ou mê-
me de l’argile (roche sédimentaire).

- Quartzite = roche constituée de quartz en agrégat positif issu du métamorphisme des


Grès (roche métamorphique).

RESUME

PROCESSUS DEPLACEMENT DE LA PAS DE DEPLACEMENT


MATIERE DE LA MATIERE
EXOGENES ROCHE SEDIMENTAIRE ROCHES RESIDUELLES
- Roches détritiques
- Roches organogènes
- Roche d’origine
chimique
ENDOGENES ROCHE ERUPTIVE ROCHES METAMORPHI-
- Plutoniques QUES
- Volcaniques - Contact
- Régional

Par suite du changement de la température et de la pression les éléments chimiques contenus


dans une roche sont déstabilisés et se réorganisent en vue de former d’autres minéraux
progressivement.
*Zéolites : analcime (Na Al Si2 O6 ), …
* CPX : Jadéite (Na Al Si2O6 ),…
* prehnite : Ca Al2 Si 3 O10 (OH ) 2
* Pumpellyite: Ca4 (Mg, Fe) (Al, Fe²)5 Si6 O23 (OH ) 3 2 H2 O
*lawsonite: Ca Al2 Si2O7 (OH) 2 H2 O

TEMPERATURE °C PRESSION (Kb) MINERAUX


0 – 200 0 - 2 Kb Zéolites
100 – 300 0 – 4 Kb Prehnite-pumpellyite
100 – 400 2 – 5 Kb Lausonite –albite,
Chlorite, pumpellyite
Actinote.
250 – 500 2 – 10 Kb Albite-épidote –
chlorite - Actinote

5
500 – 700 2 – 13 Kb Horneblende,Epidote
granulite
700 – 900 2 – 15 Kb OPX, Talc, granulite
200 - 800 10 -15 Kb CPX + Pl + Qtz

4.2. Cristallisation

Les minéraux, comme tous les corps simples et combinaisons chimiques, peuvent se trouver
sous les trois états de la matière, gazeux (dans les fumerolles), liquides (magnas, solutions
hydrothermales) et solides. Lorsqu’ils se solidifient, ils le font très souvent sous la forme
cristalline, même si certains peuvent avoir une forme amorphe dans certaines conditions
comme l’agate, ils peuvent après un temps plus ou moins long se transformer en des
véritables cristaux. L’Etat cristallin est donc la forme stable des minéraux solides. Les
cristaux se forment par :

* Refroidissement des minéraux en fusion dans les magmas, ils commencent par un petit
cristal (amorce) qui subira une croissance. Ils exigent alors un temps plus ou moins long de
refroidissement.
Ex : Le sel de table, purifié en usine par recristallisation, comporte de petits cubes qui ne sont
pas bien visible à l’œil nu alors que dans le sel gemme, formé par des processus géologiques
lents, les cristaux sont énormes et bien visibles.

* Pour bien se former, les cristaux exigent de l’espace et du tems nécessaire, comme l’a
démontré par hasard Mr. Victors lorsqu’il reproduisait une expérience de chimie du cours de
quatrième secondaire, oubliant dans un Becher le reste d’une solution de sulfate de cuivre,
plusieurs semaines après, l’eau s’étant évaporé, il restait dans le fond du récipient de beaux
cristaux de sulfate de cuivre qui existent dans la nature sous la même forme et l’appellation
de CHALCANTHITE de formule : CuS04.5H20 et qui peut titrer jusqu’à 25 % cuivre.
Au Katanga ce minéral a été retrouvé dans le gisement de Likasi pour la première fois.
C’est ainsi que les cristaux se forment régulièrement dans des fissures (druses) et dans des
cavités (géodes).

6
Fig. 2. Formation et cristallisation des minéraux

I.5. LES PRINCIPALES LOIS DE LA CRISTALLOGRAPHIE

a. Loi de la constance des angles

En 1783, Romé de l'Isle qui travaillait sur des cristaux artificiels, développa ce concept et
énonça la loi de la constance des angles de la façon suivante : "L'inclinaison des faces
entre elles est constante et invariable dans chaque espèce."
Il émet en même temps l'opinion que "les diverses formes cristallines d'un même minéral ne
sont que des dérivations faciles à déduire d'une même forme appelée fondamentale. «Trois
éléments peuvent être retenus.

 Les formes apparentes des cristaux ne sont pas régulières car ils ne se développent pas
librement. Cependant, l'angle dièdre entre les faces est toujours égal à 120°.
 Cette propriété, caractéristique des cristaux, constitue la première loi de la
cristallographie, énoncée en 1783 par Romé de l'Isle.
 Dans des cristaux de même espèce, les angles dièdres correspondants sont égaux, quel
que soit le développement et la forme des faces.

7
b. Loi de la forme primitive: CARACTÉRISTIQUES ENTIÈRES

 Un cristal a la même forme que les parallélépipèdes élémentaires qui le constituent.


Cette forme est dite forme primitive. L'empilement des parallélépipèdes élémentaires
suivant trois directions de l'espace permet de reconstituer le cristal dans son entier.
Mais l'empilement s'arrête en formant des faces qui semblent planes.
 Haüy (1784) a montré qu'on peut obtenir ce résultat en enlevant des parallélépipèdes
élémentaires en nombre décroissant à partir d'un sommet ou d'une arête de la forme
complète. Il se forme une sorte d'escalier, dont la limite semble plane du fait de la
taille particulièrement fine des cristaux élémentaires.
 Le rapport de la longueur de l'arête primitive sur celle de l'arête résultant de la
troncature est obligatoirement un nombre rationnel (Ne dépassant pas 7).

c. Loi des SYMÉTRIES

 Une rotation d'un certain angle autour d'un centre (ou axe, ou plan) de symétrie
semble remettre le cristal dans une position identique à celle initiale.

Si la rotation est
l'axe est dit et se note
de
180° BINAIRE L2 ou A2
120° TERNAIRE L3 ou A3
90° QUATERNAIRE L4 ou A 4
60° SÉNAIRE L6 ou A 5

 Haüy a montré que: si un cristal subit une modification (troncature d'un sommet ou
d'une arête, par exemple), tous les éléments symétriquement identiques subissent la
même modification.
 Le cristal a un centre de symétrie: si un sommet est tronqué, le sommet opposé est
également tronqué.
 Le cristal a un axe de symétrie quaternaire.
 Les quatre arêtes symétriques sont tronquées de manière identique.
 Plus un cristal possède de facettes, plus il possède d'éléments de symétrie.

8
CHAPITRE II : LES CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES DES
CRISTAUX

Comme on l’a défini dans les généralités, l’Etat cristallin dépend de la manière dont
se distribuent les atomes suivant un schéma régulier et périodique dessinant une structure
tridimensionnelle.

II.1. RESEAU ET MAILLE

Le réseau cristallin, est la distribution ordonnée des atomes en trois dimensions. En


ce moment là chacun des atomes est un point de concours appelé nœud des droites parallèles
aux axes choisis. (Fig.3).

9
Fig.3 : Réseau cristallin

Une maille est une figure qui permet de construire un réseau ou un cristal. Elle est appelée
maille élémentaire lorsqu’elle permet de construire un cristal sans avoir laissé un vide. Ou
encore la maille élémentaire est la petite particule qui reste lorsqu’on casse un minéral. En
général il y a 7 mailles élémentaires qui sont en même temps les 7 systèmes cristallins.

10
Fig.4 : maille élémentaire

II.2. CONSTRUCTION D’UNE MAILLE ELEMENTAIRE

Pour construire un cristal, on doit connaître ou définir sa maille. C’est-à-dire la forme, les
dimensions et la disposition des atomes contenus.

2.1. Forme et dimension

Les formes et dimensions des cristaux sont définies par les angles et les longueurs des
arêtes (axes).

a) Les arêtes

Ce sont des lignes selon les axes OX, OY, et OZ représentant les longueurs OA = a ;
OB= b, OC= c qui sont des longueurs axiales et relient différentes faces du cristal. Ces axes
nous permettent de positionner n’importe quel point dont les coordonnés sont x, y et z.

Ces axes sont trois droites imaginaires parallèles aux faces du cristal. Ils sont construits
sur des arêtes qui représentent le mieux la symétrie du système et se rencontrent en un seul
point appelé sommet.
Ex. : Le cube pour le système cubique, le prisme quadratique pour le système quadratique.

b. Les angles

C’est l’écartement entre les arêtes. Dans le système tridimensionnel nous avons 3 axes
représentatifs, par conséquent 3 angles nommés :

11
- α (dans le plan YOZ ne contenant pas OX
- β (dans le plan XOZ ne contenant pas OY
- γ (dans le plan XOY ne contenant pas OZ

Fig. 4. : Les axes avec les angles

II.3. LES SEPT SYSTEMES CRISTALLINS

Ce sont les sept possibilités qui permettent de construire un cristal compact. Ils sont
encore appelés mailles primitives ou élémentaires. Nous avons : Les mailles cubiques,
quadratique, hexagonale, rhomboédrique, orthorhombique, monoclinique et triclinique.

12
3.1. Le système cubique

C’est un polyèdre formé par 6 faces carrées, égales et parallèles 2 à 2, 8 sommets et 12 arêtes.
Les angles et les arêtes sont de ce fait égaux.
a = b = c et α = β = γ = 90°
Volume = a3
Exemple des minéraux

Galène (PbS), pyrite (FeS2), Cuprite (Cu20), le diamant (C).

Fig.5. : Système cubique

3.2. Le système quadratique (tétragonal)

13
Ce polyèdre est formé par 4 faces rectangulaires égales et parallèles deux à deux et
deux bases carrées plus 12 arêtes et 8 sommets.
a = b ≠ c et α = β = δ = 90° Volume = 2a.c
Exemple : Chalcopyrite (CuFeS2), rutile (Ti02), Cassitérite (Sn02), Cristobalites Si02).

Fig. 6 : Système quadratique

3.3. Système orthorhombique

Cette maille est un polyèdre formé par 4 faces rectangulaire parallèles et égales deux
à deux et terminées par deux bases rectangulaires. En plus il comporte comme les deux autres
systèmes précédents 12 arêtes et 8 sommets. Tous les angles ont 90°.
A = b ≠ c et α = β = γ = 90°
Exemple : Marcassite (FeS2), soufre natif (S),…

14
Fig. 7 : système orthorhombique

3.4. Système hexagonale

C’est un prisme droit terminé par deux bases hexagonales. Il comporte 12 sommets, 18
arêtes, 6 faces et 2 bases. a = b ≠ c et α = β = 90° mais γ = 120°
Volume = a².c sin 120°
Exemple : Pyrrhotine (FeS), Nickéline (AsNi)
Molybdénite (MoS2), graphite (C),…

Fig. 8 : système hexagonal

3.5. Système rhomboédrique ou trigonal

C’est un polyèdre formé par 6 faces losangiques égales, a = b = c et α = β = γ ≠ 90°


Volume = a3.√1-3cos² α + 2 cos3 α
Exemple : Oligiste (Fe03), Corindon (Al203), magnésite (Mg0), sphérocobaltite (CoCO3),
Sidérite (FeC03),…

15
Fig. 9 : système rhomboédrique

3.6. Système monoclinique ou clinorhombique

C’est un prisme oblique à bases rectangulaires. Il a 6 faces, 8 sommets et 12 arêtes.


a ≠ b ≠ c et α = γ = 90° ≠ β = quelconque.
Volume = a.b.c sin β

Exemple: Malachite Cu2CO3(OH)2, L’azurite (Cu3(CO3)2(0H)2

16
Fig. 10 : système monoclinique

3.7. Système triclinique

C’est comme la maille monoclinique un prisme oblique mais lui a des bases de
parallélogrammes. Il contient 6 faces, 12 arêtes et 8 sommets également.
a≠ b ≠ c et ≠ 90° α ≠ β ≠γ ≠ 90°

Vol: 2.a.b.c √sin [Link] (1- α).sin(s- β).sin(s- γ)

α+β+γ
Avec 2s = α + β + δ  s = ---------
2
Exemple : Parawollastonite (CaSi03), Kaolinite (Al(0h)2.Si4018)

17
Fig. 11 : système triclinique

II.4. LES MODES DE BRAVAIS

En plus des sept mailles élémentaires classiques, on peut construire d’autres figures
de forme parallélépipédiques, malheureusement elles conduisent à des représentations plus
compliquées masquant même la symétrie véritable du réseau. Ces figures qui ne respectent
pas la symétrie sont appelées les modes de bravais.

En d’autres termes, les modes de bravais sont des figures qui peuvent bien par translation
reproduire l’ensemble du réseau mais ne possèdent pas tous les éléments de symétrie que le
mode primitif ou la maille simple.

Fig. 12 : cube à face centrée et maille primitive rhomboédrique

18
Au total, il existe 14 modes de bravais pour tous les sept systèmes cristallins regroupés en 4
modes principaux : mode P, mode F, mode C et mode I.

4.1. Mode P

C’est le mode primitif ou solide (maille) élémentaire. Dans ce mode les atomes se
trouvent dans tous les sommets du polyèdre. C’est-à-dire au croisement des trois axes.
C’est ainsi que chaque nœud placé à un sommet est en effet à la limite de 8 cellules et il
n’appartient à la cellule considérée que pour 1/8. Alors la multiplicité sera égale à :
M = (1/8 x 8) = 1. Dans chaque sommet nous avons un seul atome.

4.2. Mode F

Dans ce mode, en plus des points dans les sommets, d’autres noeuds supplémentaires
se trouvent au milieu des faces. C’est pourquoi on l’appelle mode à face centrée. Ici, le point
qui se trouve eu centre est à la frontière entre 2 cellules et n’appartient à la cellule considérée
que pour la moitié. Alors la multiplicité donne :
M = (1/8 x 8) + 1(1/2 x 6) = 4

4.3. Mode I

C’est le mode centré. Ici, en plus des atomes dans les sommets, nous avons 1 seul
atome au centre du polyèdre.
Alors la multiplicité = (1/8 x 8) + 1 = 2

4.4. Mode C
On l’appelle mode à bases centrées. C’est-à-dire qu’en plus des atomes des sommets, nous
disposons des atomes au centre de chaque base. Comme pour le mode F, l’atome se trouve à
la frontière entre deux cellules et n’appartient à la cellule considéré que pour 1/2 . D’où la
multiplicité donnera : M = (1/8 x 8) + (1/2 x 2) = 2
N.B. : La multiplicité est le nombre d’atomes (nœuds) qu’on peut trouver dans les mailles
multiples ou mieux, c’est le nombre de particules qui existe dans la maille élémentaire.

19
Importance de la multiplicité

La multiplicité nous aide à calculer le poids spécifique :

Z.M N = Nombre d’Avogadro


PS = ------- V = Volume de la maille élémentaire
N.V M = Poids atomique ou moléculaire
Z = Multiplicité

4.5 Tableau sur les 14 modes de bravais

20
II.5. FAMILLES DES PLANS RETICULAIRES

5.1. Définition

Un plan isolé n’a pas de sens en cristallographie.


Pour plus de signification, les plans sont toujours pris par familles. On les appelle plans
réticulaires. Une famille réticulaire est un ensemble de plans parallèles identiques et
équidistants. Cette définition est tirée des observations suivantes :

- Dans un réseau plan, tous les points peuvent être placés sur les familles de droites;
- Toutes les lignes d’une famille sont parallèles et équidistantes.
- Tous les points du réseau sont contenus dans une même famille de lignes.
- Il existe une infinité de famille qui diffère par leurs orientations.

Fig.13 : famille des plans

21
5.2. Notation (Indice de Miller)

Pour caractériser les familles des plans réticulaires, on définit leur orientation en utilisant une
notation internationale appelée NOTATION DE MILLER ou INDICE DE MILLER.

5.2.1. Les indices de Miller sont trois nombres entiers

Ils sont représentés par h, k, l suivant les côtés de la maille élémentaire


respectivement a sur h, b sur k et c sur l. Ces chiffres indiquent en combiens de segments
égaux sont coupés les axes a, b, c pour former un plan. Ces 3 chiffres sont mis entre
parenthèse.
Chaque plan suivant dans une famille est le double du précédent. C’est-à-dire que si
un plan coupe les axes en des points situés à a/h (OC), b/k (OY), c/l OZ), le plan
immédiatement voisin couperait à son tour les axes en 2a/h sur OX, 2b/k sur OY et 2c/l sur
Ex. : si h = 3, k = 2 ; l = 1, la plan se notera (321). Le plan suivant sera (642).

Les plans parallèles∞∞∞ aux axes ont comme coordonnées 0 car ils coupent les axes
à l’infini et que par convention. 1/0 = ∞, 1/∞=0

Fig. 14 : notation de Miller

-1° les indices de Miller sont calculés à partir des inverses des segments

22
OA=1 , OB=2 , et OC=3 pour le plan ABC
1/OA = 1/1 1/OB = 1 /2 1/OC = 1/3

OA’=2 , OB’=4 , OC’=6 pour le plan O’B’C’


1/OA’ = 1 /2 1/OB’ = 1 /4 1/OC’ = 1/6

-2° les indices de Miller sont obtenus en multipliant chacun de ses inverses par le plus
petit commun multiple (PPCM ) des dénominateurs

pour le plan ABC 1 , 2 , 3 : ppcm = 6

indice de Miller ( h k l ) ( 1/1 x 6 =6 ) ( 1 /2 x 6 = 3 ) ( 1 /3 x 6 = 2 ) 632

pour le Plan A’B’C’ 2 , 4 , 6 : ppcm = 12

indice de Miller ( h k l ) 1 /2 x 12 = 6 ) ( 1/4 x 12 = 3 ) ( 1/6 x 12 = 2 ) 632

Les deux plans ont le même indice de Miller. Ils sont parallèles

5.2.2. Les indices de Miller sont trois nombres premiers entre eux

- L’équation du plan passant par l’origine est hx + ky + lz = 0


- Le premier plan à partir de l’origine est hx + ky + lz = 1
- Le plan de rang n aura pour équation hx + ky + lz = ŋ

5.3. DISTANCE RETICULAIRE

La distance réticulaire est la distance constante qui sépare deux plans d’une même
famille (h, k, l), on la désigne par dhkl.

La distance interréticulaire dhkl est donnée par :

où :

 Gr est le tenseur métrique du réseau réciproque ;

 est le vecteur normal à un plan de la famille {hkl) ;

 , et sont les vecteurs de base du réseau réciproque ;

23
 est la transposée du vecteur .

Dans le cas simple d’un cube de a arête, la distance réticulaire est donnée par :

Pour le système quadratique nous aurons

Pour le système triclinique

N.B. : Cette distance diminue quand les indices se compliquent.

3.1. Densité réticulaire

La densité réticulaire est le nombre de nœuds contenus dans ce plan par unité de
surface. On a la note Shkl.
Ex. : Soit un cube de 1 cm à découper dans le cristal en prenant pour base un plan (hkl) avec
N (nombre de nœuds contenus dans ce cube et A (nombre de plans empilés dans ce cube (1
cm de h).

N = [Link] ; Shkl = [Link]


Ahkl = 1/dhkl

3.2. Rangés des plans

Les rangés sont représentées de la même manière que les plans réticulaires mais on
met les crochets à la place des parenthèses. [hkl].

Cela nous permettre de définir une zone de plan réticulaire. C’est l’ensemble des
plans qui passent ou qui sont parallèles à une rangée donnée, celle-ci étant l’axe de zone.

24
Fig. 15 : rangées.

II.6. LES TRONCATURES

On parle de troncature lorsqu’il y a perte par le cristal de quelques de ses éléments


(sommets, faces, arêtes) de sorte qu’il y a ajout des éléments au solide primitif.

25
26
Fig. 16 : troncatures des sommets d’un cube

6.1. Principes de notation des troncatures

La notation adoptée ici est celle de Lévy. C’est une notation internationale basée sur
le principe tel que tous les cristaux observables dans la nature se rattachent aux sept systèmes
cristallins primitifs et que, après plusieurs contraintes ils ont perdu certains de leurs éléments
et ont de ce fait pris des formes quelconques.

Pour arriver à reconstituer le solide de départ l’identification de tous les éléments est
plus que nécessaire. C’est ainsi que Levy attribua aux éléments du solide primitif des lettres
et a ceux qui s’y sont ajoutés des indices ou exposant pour les caractériser ou les distinguer
en utilisant comme base le solide triclinique qui est le moins riche en symétrie.
Il plaça le prisme triclinique de telle sorte que deux des couples de faces soient placés
verticalement, le 3ème couple soit considéré comme base oblique. En ce moment là, le dièdre
obtu se retrouve devant l’observateur, la petite diagonale du parallélogramme basal s’incline
devant lui et la grande diagonal s’inclinant quant à elle de droite vers la gauche. A partir de
cette position, il note les éléments de la façon suivante :

a. Pour les faces

- p : pour les faces de base


- m : pour les faces latérales (situées en avant et à gauche)
- t : pour les faces situées à droite.

Ces trois lettres correspondent aux initiales du mot primitif (pmt).

27
b. Pour les sommets

- a : pour les sommets situés en bas de l’arête du dièdre obtu.


- o : pour les sommets situés en haut de l’arête du dièdre obtu.
- e : pour les sommets se trouvant à l’extrémité gauche de la grande diagonale du paral-
lélogramme de base.
- i : pour les sommets à l’extrémité de cette diagonale.

c. Pour les arêtes

Ici, il utilisa les 6 premières consonnes de l’alphabet (b, c, d, f, g, h) de sorte que :


- b et c soient issus de a respectivement e(b) et i (c).
- d et f soient issus de o respectivement d = oe et f = oi.
- g et h soient réservés aux arêtes dites « hauteurs » avec h de a vers o et y de e vers i.

6.2. Notation proprement dite

Une troncature s’exprime par l’indice des arêtes regroupées affectées d’un exposant
équivalent aux longueurs homologues numériques coupées sur les arêtes.

Si la troncature est symétrique affectant une arête, on notera l’indice de l’arête


supprimée d’un exposant égal à la fraction ayant au numérateur la longueur découpée sur
l’arête de base et au dénominateur celle découpée sur l’arête verticale. Si les deux arêtes sont
basales, on prendra l’ordre alphabétique des lettres (cas du prisme monoclinique
seulement). Mais lorsque les troncatures affectent toutes les trois arêtes, on notera par les
lettres des arêtes avec les exposants égaux aux longueurs découpées.

Dans le cas d’une troncature affectant un sommet, on notera par la lettre du sommet
tronqué affecté d’un exposant égal à une fraction ayant au numérateur la longueur découpée
sur l’arête de base et au dénomination à celle découpée sur l’arête verticale

6.3. Notation dans les différents systèmes cristallins

a. Prisme cubique

La notation est simple car le cube est équidistant, tous les éléments sont égaux :
-6 faces : p, 12 arêtes, b et 8 sommets a.

28
Fig. 17 : notation dans le système cubique

b. Prisme quadratique

Dans ce prisme il se présente deux dimensions égales différentes de la 3 ème, nous


aurons ainsi :

- 2 faces p (bases); 4 faces m (verticales); 4 arêtes de hauteur (h); 8 arêtes (b); et 8 sommets
(a).

Fig. 18 : notation dans le système quadratique


[Link] rhomboédrique

C’est un cube déformé suivant un axe par 2 sommets.


Nous aurons comme notation :
- Des arêtes b (a-e) et d(e-e)
- Les faces primitivement carrées devenus des losanges mais restent toujours
équivalentes. Ce sont les faces p.
- 2 sommets (a) : suivant l’axe de déformation.
- 6 sommets (e) : les sommets restants.

29
Fig. 19 : notation dans le système rhomboédrique

d. Prisme hexagonal

Dans ce système nous aurons :


- 12 sommets (a)
- 6 arêtes hauteurs (h)
- 12 arêtes de base (b)
- 2 faces de base (p)
- 6 faces latérales (m)

Fig. 20 : notation dans le système hexagonal

e. Prisme orthorhombique

Ce prisme comporte :

- 2 faces basales (p)


- 2 faces latérales parallèles et égales (m)
- 2 faces latérales parallèles et égales (t)
- 4 faces sommets (a)
- 4 faces sommets (e), (a)

30
- 8 arêtes de base (b)
- 4 arêtes de hauteur (h

Fig. 21 : notation dans le système orthorhombique

f. Prisme monoclinique

Le système monoclinique présente :


- 2 faces p.
- 4 faces m car m et t sont équivalents.
- 4 sommets (e) situés à l’extrémité de la grande diagonale.
- 2 arêtes (a-e) et d (o-e), h et g sont sans changement.

Fig. 22 : notation dans le système monoclinique

6.4. Quelques figures dérivées des troncatures

4.1. Système cubique

31
NBRE NOM DE LA ORIENTATION DES TRONCATURES
FACES FORME FACES
4 faces Tétraèdre Perpendiculaire aux axes
A6
6 faces Cube (hexaèdre) Perpendiculaire aux axes Sommets
A4
8 faces Octaèdre Perpendiculaire aux axes Symétrique des
A3 sommets
12 faces Dodécaèdre Perpendiculaire aux axes Symétrique des
rhomboïdal A2 arêtes
24 faces Cube pyramidé Parallèles aux axes A4 Oblique des arêtes
24 faces Octaèdre pyramidé Parallèle aux axes A3 (1ère
orientation)
24 faces Trapézoèdre Parallèles aux axes A3 (2ème Oblique des sommets
orientation)
48 faces Hexakisoctaèdre Orientation quelconque Asymétriques des
sommets.

4.2. Autres appellations dans différentes figures

NOM DESCRIPTION
Pinacoïde Deux faces parallèles (les bases d’un prisme par ex.)

Prisme Ensemble de faces équivalentes parallèles à un axe


principal.
Pyramide Ensemble de faces équivalentes dont les arêtes
convergent vers un sommet situé sur l’axe principal.
Trapézoèdre Bipyramide dont un a tourné d’un angle quelconque
autour de l’axe commun.
Bipyramide Deux pyramides accolées par leurs bases

Scalénoèdre ditrigonal Bipyramide dont un a tourné de 60° par rapport à


l’autre.
Rhomboèdre Parallélépipède dont les faces ont la forme rhombe
(qui signifie losange)
Sphénoèdre Déformation tétragonal ou orthorhombique du
tétraèdre
Pédion Face unique non répétée par les éléments de symétrie.

NB : Les appellations sont multiples nous avons donné ci-haut les plus utilisées

32
II.7. LES ELEMENTS DE SYMETRIE

Une figure est symétrique lorsqu’elle peut être superposée à elle-même d’une façon
quelconque.
Les éléments de symétrie les plus importants des polyèdres sont les axes de symétrie, les
plans de symétrie et le centre de symétrie.

7.1. Axes de symétrie (ROTATION) ou SYMETRIE DIRECTE

Fig. 23 : axe de symétrie

La rotation est une opération qui consiste à tourner un objet, une figure autour d’un axe
suivant un certain angle. C’est pourquoi l’élément important de la rotation est l’axe de
rotation.

Une droite est dite axe d’ordre x lorsqu’en faisant tourner le polyèdre d’un angle égal
à 2π/x autour de cet axe, le polyèdre se retrouve en coïncidence parfaite avec lui-même. Le
nombre x doit être un nombre entier parce que le polygone décrit par un point doit se
refermer après x rotation. C’est ainsi que x n’aura que 2, 3, 4, 6 comme valeurs car ce ne sont
que ces 4 chiffres qui divise la circonférence (2 π ou 360°) en des angles entiers.

Pour noter les axes de rotation, on utilise la lettre A suivie d’un indice indiquant
l’ordre. On a alors : A2, A3, A4, et A6 comme axes de rotation.

1.1. Axe d’ordre 2 (A2)

La rotation est effectuée à 180° car 360/2 = 180.

1.2. Axe d’ordre 3

33
La rotation est effectué à 120° soit 360/3 = 120.

1.3. Axe d’ordre 4

Rotation de 90° soit 360/4 = 90.


1.4. Axe d’ordre 6

La rotation est effectuée à 60° soit 360/6 = 60.

7.2. SYMETRIE INVERSE

La rotation est la seule symétrie directe. Elle amène une figure à coïncider avec elle-
même parfaitement. Les autres éléments de symétrie sont des agents de symétrie inverse car
les figures ne sont plus directement superposables à elles-mêmes mais à leurs images (c’est-
à-dire à leurs inverses).

2.1. Symétrie par rapport au centre

Un centre de symétrie de symbole C est un point tel que tous les sommets du polyèdre
considéré soient distribués deux à deux sur des lignes droites passants par ce point et à égale
distance de part et d’autre.

Fig.24 : centre de symétrie

2.2. Symétrie inverse par rapport au plan

Un plan de symétrie ou miroir (m), est une figure qui consiste à donner à chaque
sommet du polyèdre un autre point de l’autre côté du plan qu’on appelle sommet homologue
situé sur la même normale au plan et à égale distance de ce plan.

34
Fig.25:plan de symétrie

2.3. Symétrie inverse par rapport aux axes

On dit qu’une figure possède un axe de symétrie inverse si elle est superposable à
elle-même par rotation autour d’un axe de symétrie directe (déplacement) suivie d’une
inversion (symétrie par rapport au point situé sur l’axe).

Les axes inverses sont notés par Ān et peuvent être d’ordre 1 (Ā1 équivalent à C = ī ),
d’ordre 2 (Ā2 équivalent à un miroir m = -2), la présente d’un axe inverse d’ordre 3. Ā3 est
équivalent à la présence simultanée d’un axe d’ordre 3 directe et d’un centre.
On lit alors – 3 = 3 + 1. De même pour Ā6 qui se justifie par la présence d’un axe d’ordre 3
et d’un miroir qu’on lit : Ā6 = 6 = 3 + -2.

7.3. RELATIONS ENTRE LES ELEMENTS DE SYMETRIE

Les éléments de symétrie d’une même figure ne sont pas tous indépendants et la
présence simultanée de plusieurs de ces éléments entraîne souvent l’existence nécessaire
d’autres.
Ex. : - Si un polyèdre possède un axe d’ordre pair et un centre, il possède automatiquement
un plan de symétrie perpendiculaire à l’axe. Ceci veut dire qu’en tournant p’ autour de l’axe
An, on a obtenu p’’. Le symétrique de p’’ par rapport au centre donne P, point qui est aussi
symétrique de P’ par rapport au plan passant par c et perpendiculaire à l’axe.

35
- Si un polyèdre possède deux axes primaires dans un plan, il a un axe de rotation
perpendiculaire au plan dont l’angle de rotation est le double de l’angle des deux axes.

- Quand un polyèdre possède un axe d’ordre g et un plan de symétrie passant par cet
axe, il possède q plans de symétrie passant par cet axe.

3.1. Combinaisons des éléments de symétrie dans les sept systèmes cristallins

Comme il y a des relations obligatoires entre les divers éléments de symétrie il s’en
suit qu’un polyèdre ne pourra posséder qu’un certain nombre d’entre eux. Cela fait apparaître
une certaine nomenclature que nous détaillons comme suit : Ce sont les 32 classes de
symétrie.

3.2. Holoédrie

Il y a holoédrie lorsque le motif atomique (système cristallin) possède tous les


éléments de symétrie (centre, axes, plans), mais il n’y a pas d’axes inverses

3.3. Hémiédrie ou Meriédrie

La meriédrie s’observe lorsqu’il y a réduction des éléments de symétrie à moitié. Elle


peut être :

- Enantiomorphe (plagièdre ou holoaxe) lorsque seuls les axes sont présents. C’est-à-
dire qu’il n’y a pas de centre ni de plans de symétrie.

- Dichosymétrique (antihémiédrie ou hémiédrie pyramidale)

Ici, c’est seulement le centre de symétrie qui manque, alors que les autres éléments
(plans et axes) existent. Il y a aussi présence de quelques axes inverses.

- Parahémiédrie (hémiédrie centrée) ; on note ici la présence seulement des axes


d’ordre supérieur, du centre et des plans principaux.

3.4. Tétartoédrie

Dans la tétartoédrie la suppression atteint les trois quarts des éléments de la maille
élémentaire.
Elle peut être aussi énantiomorphe lorsqu’il n’y a pas de centre et de plans mais seuls les axes
existent.
Il y aura aussi présence de quelques axes inverses d’ordre supérieurs.

3.5. Ogdoédrie

C’est un système très complexe dans lequel on ne représente que le huitième des
éléments de symétrie.

36
7.4. FORMULES DE SYMETRIE

La formule de symétrie est une indication qui donne le nombre d’éléments de


symétrie qu’on peut trouver dans un système cristallin en totalité(holoédrie) ou en partie
(meriédrie, tétartoédrie, ogdoédrie). On utilise pour ce faire une série de lettres qui sont :

- C : Centre de symétrie (point situé au centre du polyèdre).


- P ou M : Plan principal qui divise un polyèdre en deux parties égales. Il passe par le
milieu des arêtes latérales et contient le centre de symétrie.
- P’ ou M’ : Plan secondaire qui passe par les arêtes de base.
- P’’ et M’’ : Plan secondaire aussi qui passe par les sommets opposés et contenants les
arêtes basales.
- A : Axe de rotation principal qui intercepte P au centre de gravité et passe par les
milieux des faces de base.
- A’ : Axe secondaire passant par les milieux des faces latérales.
- A’’ : Axe secondaire aussi.

C’est la maille cubique qui est la plus symétrique et qui contient beaucoup d’éléments
de symétrie.

37
38
39
40
41
42
Tableau synthétique

HOLOEDRIE HEMEDRIE TETARTOEDRIE


- AXE ENANT. ANTIHEMIEDRIE PARAHEM.
SYSTEME - CENTRE - AXES - PLANS - CENTRE AXES AXE
- PLANS - AXES INV.

TRICLINI- C - A2 - - - -
QUE
MONOCLINI- CA2 P A2 P - - - -
QUE
ORTHORHOM C A2A’2 A2A2’A2’’ A2P’P’’ - - - -
BIQUE A2’’PP’’P’’
RHOMBOED- C A3 3A’2 A3 3A’2 A33P’ - C A3 A3 -
RIQUE 3P’
QUADRATIQUE C A42A’2
2A’’2 P 2P’ A42A’2 2A’’2 A4 2P’ 2P’’ A42A’22P’’ CA9P A4 Ā4
2P’’
HEXAGONAL C A6 3A’2 A6 3A’2
3A’’2 P 3A’’2 A6 3P’ 3P’’ A3 3A’2 P C A6 P A6 Ā6
3P’ 3P’’ 3P’’
CUBIQUE C 3A4 3A4 4A3 3Ā 4 4A3 C 3A2 4A3 3A2 4A3
4A3 6A’2 6A’2 - 6P’ 3P -
3P6P’

7.5. DEGRE DE SYMETRIE

Le degré de symétrie est la déduction de nombre de faces que peut présenter un cristal
lorsqu’on connait les éléments de symétrie.

43
Si on fait tourner une face (la face déterminante (n-1) fois autour d’un axe d’ordre n
on obtient (n-1) faces nouvelles. On obtiendra alors au moyen de tous les axes qAn un
nombre de faces égal à, ΣqAn (n-1). Donc en tenant compte de la face déterminante, le
nombre de face donné par les axes sera égal à 1 + Σqn (n-1).

Si on prend les faces symétriques de celles qui viennent d’être obtenues grâce au
centre de symétrie, on aura le nombre total de faces du polyèdre ou son degré de symétrie.

F = 2 [1 + ΣqAn (n – 1)]

II.8. FACIES DES CRISTAUX

8.1. Loi de constance des dièdres

Selon Romé de Lisle (1772) une forme cristalline est définie par les angles dièdres de
ses faces et non par sa forme extérieure et « quelles que soient les dimensions relatives de
deux faces déterminées, d’un même cristal, elles font toujours entre-elles le même angle
dièdre».
Une même forme cristalline peut donc se présenter sous plusieurs faciès plus ou moins
allongés ou aplatis suivant les développements de ses diverses faces.

8.2. Les principaux faciès des minéraux

Les cristaux d’une même espèce minéralogique se présentent sous une même façon dans leur
forme par la présence des faces associés de même type. C’est le faciès.
Conformément aux lois de bravais, on peut remarquer que ces faces, plus fréquentes, sont ce
que l’on appelle les plans de grande densité réticulaire. C’est-à-dire que c’est selon ces
plans que sont déposés en plus grande fréquence les éléments qui constituent l’édifice
cristallin.

Chaque faciès est caractérisé par le développement des faces dans un sens plus précis
(en longueur, hauteur,…).

Ex. : - Les amphiboles, tourmalines : développement selon la longueur.

- Le soufre (S), l’anatase (Ti02) : comme des pyramides.


- Le quartz (Si02) : développement en double pyramides.

Avec tous les éléments, on définit cinq principaux faciès dans la nature selon les
formes générales des cristaux.
Ce sont :

2.1. Le Faciès tabulaire

Le faciès tabulaire est constitué d’un couple de face parallèle beaucoup plus large que
les autres de telle sorte que le cristal tend vers un aplatissement. Les cristaux sont alors des
plaquettes ou des tables.

Ex. : L’oligistes (Fe2O3), la baryte ou barytine (BaSO4), …

44
Fig.26 : baryte

2.2. Le faciès prismatique

Dans ce faciès les cristaux sont allongés selon une direction aboutissement à la forme
des baguettes soit des aiguilles.
Ex. : Amphibole, tourmaline, ….

45
Fig.27 : tourmaline

2.3. Le faciès aciculaire

C’est le faciès prismatique très développé. Les cristaux sont des aiguilles
extrêmement fines. C’est le cas de la cérusite. PbC0 3, la pyromorphyte (P04)3 PbCl, le rutile
(TiO2), …

Fig.28 : cérusite

2.4. Faciès pyramidal (isométrique)

Dans ce faciès les faces principales ou prédominantes se rencontrent en points


opposés; les cristaux ont un aspect en ce moment là de pyramide simple ou double.

46
Ex. : le soufre (S); l’anatase (TiO2), quartz (SiO2)

Fig.29 : Faciès pyramidal ( quartz )

2.5. Faciès globulaire

Ce sont les faces qui se développent presque de la même manière toutes. C’est le cas
des cristaux du type cubique ou pseudo-cubique.
Ex. : Les grenats (pyrope, grossulaire,…).

47
Fig.30 : grenat

2.6. Autres faciès

A tous les faciès que nous venons d’énumérer nous pouvons y ajouter les faciès
capillaire en forme de cheveux comme l’amiante et le faciès lamellaire en forme des lamelles
comme les micas.

8.3. Mesures des angles des faces cristallines

Le caractère constant qui détermine l’espèce cristalline est la valeur des angles dièdres
des faces entre elles. Ceci veut dire que chaque cristal a des angles caractéristiques qui
présentent des valeurs constantes. Donc, la détermination de ces valeurs est d’une grande
importance dans la connaissance des minéraux.
Les mesures (mesures goniométriques) se font à l’aide d’un instrument appelé
GONIOMETRE. Le plus simple est le goniomètre d’application qui a permis à ROMEE
DE LISLE et à HAUY de dégager leurs lois fondamentales.

Fig. 31 : le goniomètre d’application

Lorsqu’on désire faire des mesures très précises de l’ordre de la minute, on utilise le
GONIOMETRE A REFLEXION.

48
II.9. LES CLIVAGES

Le clivage est la propriété que possède un cristal de se briser en des petits morceaux
identiques au cristal de départ.
Les plans de rupture ou cassures sont appelés les plans de clivage.

9.1. Loi des caractères entières

Enoncée par Bergman (1773), puis par Haüy (1781), cette loi stipule que «les faces
naturelles et les plans de clivages sont parallèles à des plans réticulaires denses, c’est-à-dire
d’indices h k l petits ».

9.2. Sorte de clivage

2.1. Clivage facile

C’est un clivage obtenu naturellement et sans dispositions particulières par simple


action mécanique.
Ex. : Le clivage des micas, de la calcite et du gypse.

2.2. Clivage difficile

Ce genre de clivage n’apparait qu’exceptionnellement dans la nature. Il exige des


actions plus complexes.

2.3. Clivage parfait

Il y a clivage parfait lorsque les surfaces obtenues sont planes et réfléchissantes.

Ex. : Clivage e½ du quartz. C’est un clivage difficile mais parfait.

2.4. Clivage interrompu ou imparfait

Ici, les surfaces réalisées ne sont pas parfaitement planes, elles sont gauches.
Ex. : Clivages des pyroxènes.

N.B. : La présence de clivage, est précieuse pour le diagnostique macroscopique des


minéraux car c’est en général à ses faces dues au clivage qu’est lié en partie l’éclat de
certaines espèces minéralogiques.

49
II.10 GROUPEMENT DES CRISTAUX

Les cristaux se trouvent naturellement soit isolés soit en association. Les associations
ou groupements des cristaux peuvent être appelés macles, agrégats ou groupements
épitaxiques selon le genre d’association et la nature des minéraux.

10.1. Les macles

On appelle macle, une union des minéraux de même espèce par un plan (une face) ou
autour d’un axe (une arête possible).
Il y a plusieurs sortes de macles dont les principales sont :

1.1. Macle de juxtaposition

Il y a macle de juxtaposition lorsque les deux indices de même espèce sont accolés
l’un de l’autre.
Ex. : plagioclases

Fig. 31 : macle de juxtaposition

50
1.2. Macle d’interpénétration

C’est lorsque les minéraux s’interpénètrent l’un de l’autre.

Ex. :

Fig.32 : macle d’interpénétration

1.3. Macle multiple

C’est quand un nombre élevé d’individus entre dans la combinaison. C’est-à-dire


quand on a une série d’individus qui se répètent et sont identiques à eux-mêmes.

51
Fig.33 : macles multiples

10.2. Groupements épitaxiques

Les groupements épitaxiques sont des associations faites entre espèces minérales
différentes qui obéissent encore à certaines lois de symétrie.
Ex. : L’association rutile + oligiste. Le rutile est orienté sur l’oligiste de telle façon que l’une
de ses faces m soit plaquée sur un des couples a 1 de l’oligiste et son axe quaternaire parallèle
aux faces m et h perpendiculaires à l’une des arêtes p a1.

De même les micas se plaquent souvent sur le feldspath par leur face p sur le clivage
1
g du feldspath.

10.3. Agrégats

Ce sont des groupements qui se font sans tenir compte d’une loi stricte et précise de
symétrie. Ils peuvent être divergeant, parallèles ou convergeants lorsque les minéraux sont
placés en un ensemble convergeant vers le centre.

52
Les roches sont en général des agrégats au sens général du terme, mais certains
d’entre elles peuvent présenter des plans privilégiés selon lesquels s’orientent les minéraux.

CHAPITRE III : ELEMENTS DE CRISTALLOGRAPHIE OPTIQUE

La cristallographie optique est une branche de la cristallographie qui a pour but la


détermination des propriétés des cristaux par la propagation de la lumière.

III.1. PRINCIPES DE PROPAGATION DE LA LUMIERE

Il y a plusieurs principes pour expliquer la propagation de la lumière et de la chaleur


dans un milieu. Les plus importants sont :

- La théorie corpusculaire : Cette théorie stipule que la lumière est un train de particules
qui traversent l’espace comme une droite.

- La théorie ondulatoire : qui assimile la lumière à des ondes (c’est-à-dire des


mouvements ondulatoires).

- La théorie de Maxwell : Cette théorie considère que la lumière est une onde
électromagnétique avec des champs électriques et magnétiques perpendiculaires l’un
de l’autre.

En conclusion, on considère la lumière comme une forme d’énergie transmise par un


mouvement ondulatoire. C’est donc une onde dont les vibrations ont lieu dans un plan
perpendiculaire à la direction de vibration. Ceci veut dire que les vibrations se font dans
toutes les directions mais dans un plan perpendiculaire au rayon lumineux.
Une onde est matérialisée par une sinusoïde.

Fig. 34 : sinusoïde.

53
A (amplitude) : distance maximale d’une particule au dessous de son Z.
T (période) : temps mis par une particule pour effectuer une vibration complète.
F (fréquence) : nombre de vibration effectuée par une particule en une seconde.
H (longueur d’onde) : c’est le chemin parcouru par une onde pendant une période.
V (vitesse) : Elle est de l’ordre dans le vide et moins que ça dans d’autres
milieux.

III.2. DETERMINATION DES MINERAUX PAR LA LUMIERE

La lumière, par son rayonnement nous permet d’observer les propriétés


caractéristiques des minéraux. Cela par des examens Microscopiques et
Roentgenographiques.

2.1. Examen microscopique

Cet examen consiste à faire passer de la lumière sur un minéral à travers un appareil
appelé MICROSCOPE.

Le premier microscope fut inventé par JANSEN en 1954 et le microscope polarisant


en 1828 par Nicol. Pour effectuer les observations il faut que le minéral ou roche soit rendu
transparent. C’est ainsi que SORBY en 1856 et 1858 développa les essais de NICOL 1827
qui visaient de tailler la roche jusqu’à la rendre transparent. Il démontra qu’en taillant la
roche en plaques minces de l’ordre de 0,03 mm, elle devient complètement transparente.
C’est à cette époque que commencèrent les lames minces.

Fig.35 : microscope

54
2.1.1. Microscope polarisant

Principes

La lumière naturelle qui arrive en désordre est polarisée et dirigée vers l’objet à observer.

En traversant le minéral rendu transparent, on observe les différents constituants.

La polarisation de la lumière est obtenue de plusieurs manières :

- Par passage de la lumière sur une surface réfléchissante.


- Par des instruments appelés polaroïdes.
- Par un instrument spécial appelé prisme de NICOL (c’est d’ailleurs celui-ci qu’on
utilise dans les microscopes de géologue).

Polarisation de la lumière

Nous avons vu que la lumière pouvait être considérée comme une onde transversale. Les
vibrations ont lieu dans le plan perpendiculaire à la direction de propagation du rayon
lumineux. Mais la plan dans lequel s’effectue la vibration n’est pas défini et varie avec le
temps.

Fig 36 : polarisation de la lumière

Examinons la figure ci-contre : à un instant donné il n’est pas possible de préciser


l’orientation de la vibration à l’intérieur du plan de vibration. C’est le cas de la lumière
ordinaire. Dans certaines conditions cette représentation peut être modifiée dans le sens
qu’on peut obliger la vibration à s’effectuer dans une direction bien précise. Nous aurons
alors une lumière polarisée. On appelle lumière polarisée une lumière dont la direction de
vibration est, au contraire, bien définie. Lorsque la vibration a lieu toujours dans le même
direction tout le long du rayon lumineux et qu’on peut placer toutes ces vibrations dans un

55
plan normal au plan de vibration, nous obtenons une lumière polarisée plane. Ce nouveau
plan est dit plan de polarisation. Dans le schéma ci-dessous nous avons résumé
graphiquement les termes que nous emploierons constamment.

Fig 37 : Représentation schématique de la lumière polarisée

La lumière polarisée peut être produite de diverses façons. Une de celles-ci consiste à
envoyer de la lumière sur une surface réfléchissante (par exemple un plan d’eau) selon une
certaine incidence. Le rayon réfléchi est alors polarisé et son plan de polarisation est
perpendiculaire au rayon réfracté. Le rayon réfracté est aussi polarisé et son plan de
polarisation est contenu dans le plan déterminé par lui-même et le rayon incident.
L’incidence convenable pour qu’il y ait polarisation maximum est que les rayons réfléchi et
réfracté fassent entre eux un angle de 90°.

56
Fig 37 : Représentation schématique des polariseurs

On appelle “polariseur” tout dispositif susceptible de produire de la lumière polarisée.


Que va-t-il se passer si nous faisons passer de la lumière polarisée à travers un deuxième
polariseur ? Nous donnons alors le nom ”d’analyseur” à ce deuxième dispositif car il va
permettre d’analyser les phénomènes que nous voulons mettre en évidence. Considérons les
quatre dessins suivants:
Sur le premier dessin (a), le polariseur et l’analyseur ont leur plan de polarisation parallèle
l’un à l’autre. L’onde polarisée issue du polariseur ne subit aucune modification en traversant
l’analyseur.
A la sortie de ce dernier, l’amplitude de l’onde est la même qu’à la sortie du polariseur.
En faisant tourner progressivement l’analyseur, on constate que l’amplitude de l’onde
diminue au sortir de ce dernier pour devenir nulle lorsque le plan de polarisation de
l’analyseur se trouve tourné de 90° par rapport à celui du polariseur. L’amplitude on’ à la
sortie de l’analyseur est égale à : on’ = on cos α, relation dans laquelle o n est l’amplitude de

57
l’onde avant d’entrer dans le l’analyseur et α est l’angle entre le plan de polarisation de
l’analyseur et celui du polariseur.

C’est ce dispositif polariseur/analyseur constitue la base même de la construction


du microscope polarisant.

La double réfraction et l’ellipsoïde des indices

Fig 38 : Double réfraction de la calcite

Un milieu homogène est dit anisotrope lorsque certaines de ses propriétés vectorielles, la
vitesse de la lumière par exemple, varient suivant la direction dans laquelle on la considère.
Toutes les substances cristallines sont anisotropes à l’exception de celles qui appartiennent au
système cubique.
Dans un milieu isotrope la surface d’onde, c’est à dire le lieu des points atteints par
l’ensemble des ondes issues d’une source ponctuelle, est une sphère. Dans les corps
cristallins anisotropes, la surface d’onde est non seulement complexe, mais elle est également
double. Elle est constituée de deux surfaces emboîtées l’une dans l’autre. Elles peuvent être
des ellipsoïdes, des sphères voire des surfaces plus complexes.
En effet, lorsqu’on observe le comportement des rayons lumineux dans les substances
cristallines, on constate qu’il y a généralement deux rayons réfractés. La calcite est l’un des
minéraux qui se prêtent le mieux à une telle observation. Prenons un rhomboèdre de calcite
parfaitement transparent (spath d’Islande). Observons une image à travers ce cristal : elle
apparaît dédoublée. En observant attentivement on remarque qu’elles ne semblent pas situées
dans un même plan et en faisant tourner la calcite sur elle-même, une image reste fixe tandis
que l’autre semble tourner autour de la première. Intercalons entre le rhomboèdre et l’oeil un
disque Polaroïd et faisons le tourner sur lui-même. On observe alors que pour une certaine
position du disque une des images
disparaît. En tournant encore le disque de 90°, l’image réapparaît et c’est l’autre qui
disparaît à son tour.

58
Fig 39 : Cheminement des rayons lumineux dans un rhomboèdre de calcite

Examinons plus en détail le cheminement d’un rayon lumineux à travers la calcite : Le rayon
lumineux entre dans la calcite sous une incidence normale. Il ses divise en deux rayons :
- un rayon ordinaire O qui obéit aux lois ordinaires de l’optique géométrique,
- un rayon extraordinaire E qui échappe complètement à ces mêmes lois en divergeant
légèrement de la direction du rayon incident.
De plus, ces deux rayons sont polarisés. Le plan de polarisation du rayon O passe par la
grande diagonale de la face d’entrée alors que celui du rayon E est tourné de 90° par rapport
au premier.
A la sortie du cristal, les deux rayons redeviennent parallèles tout en restant polarisés dans
des plans perpendiculaires l’un à l’autre.
Notons encore qu’à l’intérieur du cristal, les deux rayons cheminent avec des vitesses un peu
différentes l’une de l’autre. Ils obéissent donc à deux indices de réfraction différents.

Cette propriété que montrent la plupart des minéraux de présenter deux indices de réfraction
porte le nom de double réfraction. La différence entre l’indice minimum et l’indice maximum
est la biréfringence.
On comprend maintenant que l’ensemble des rayons ordinaires détermine une première
surface d’onde qui diffère d’une seconde, celle engendrée par l’ensemble des rayons
extraordinaires.

Description du microscope
Commençons par la partie inférieure de l’instrument en suivant le trajet des rayons
lumineux :
L’illuminateur est un dispositif d’éclairage à incandescence fourni généralement par une
ampoule à basse tension. Un filtre bleu-clair assure une lumière qui se rapproche le plus
possible de la lumièredu jour.
Le diaphragme-iris permet de diminuer l’ouverture du cône de lumière, réduisant la
luminosité de l’objet observé mais ce qui a comme avantage d’en augmenter le relief.
Le polariseur, autrefois constitué d’un prisme de Nicol, est le plus souvent constitué d’une
plaquette de Polaroïd. Il est généralement assemblé avec le condenseur. Il est orientable dans
n’importe quel azimut. Classiquement, on règle son orientation de manière que son plan de
polarisation coïncide avec le plan de symétrie du microscope, symbolisé par le fil vertical du
réticule gravé à l’intérieur de l’oculaire. Un repère fixe gravé sur la monture du condenseur

59
facilite ce réglage. Une vis de blocage assure le maintien du polariseur dans l’orientation
choisie.
Le condenseur assure un éclairage uniforme du champ de vision. La partie fixe du
condenseur est suffisante pour un grossissement faible à moyen, Pour un grossissement plus
important, on lui superpose une lentille amovible qui a pour effet de diminuer la distance
focale de l’ensemble et d’assurer un éclairage plus intense de la partie observée.
La molette de réglage en hauteur du système condenseur/polariseur (non visible sur le dessin)
permet de faire varier le contraste lumineux de l’objet observé par rapport au milieu dans
lequel il se trouve. Il permet aussi de faire coïncider le foyer du condenseur avec le plan de la
préparation lors des observations dites “en lumière convergente”.
La platine porte-objet est circulaire et peut tourner sur elle-même autour d’un axe à centrage
fixe. La circonférence est divisée en 360° et un repère fixe permet d’effectuer des mesures
angulaires.
La molette de réglage de la mise au point de l’image agit en modifiant la hauteur de la platine
porte-objet. Elle assure deux fonctions : un déplacement rapide de la platine porte-objet,
un déplacement micrométrique permettant de mesurer des différences de hauteur de 0.001
mm. Cette double fonction est rendue possible grâce à deux butées entre lesquelles le
déplacement est micrométrique et au-delà desquelles le déplacement est rapide. La molette
est graduée et un repère fixe assure des lectures précises de la position en hauteur de la
platine.
Le revolver porte-objectifs permet de passer rapidement d’un grossissement à l’autre par
simple rotation du dispositif. Deux vis de centrage situées de part et d’autre de chaque
objectif permettent d’assurer une parfaite coïncidence entre l’axe du système optique et l’axe
de rotation de la platine.

60
Fig.40 : microscope polarisant

1. Oculaire équipé d’un réticule.


2. Fente bloquant la came d’orientation de l’oculaire.
3. Tube interchangeable.
4. Vis de centrage de chaque objectif.

61
5. Revolver porte-objectif.
6. Partie escamotable du condenseur
7. Platine porte-objet tournante avec division en 360°,
8. Repère fixe de lecture.
9. Bouton de commande du condenseur escamotable.
10. Partie fixe du condenseur.
11. Polariseur avec repère d’orientation.
12. Tige de commande du diaphragme-iris d’ouverture.
13. Illuminateur
14. Bague de support des filtres.
15. Vis de blocage du polariseur.
16. Molette de réglage de la hauteur du système condenseur/polariseur
17. Vis de blocage de l’ensemble condenseur/polariseur.
18. Molette de mise au point de l’image.
19. Objectif.
20. Fente de logement des lames auxiliaires
21. Analyseur escamotable.
22. Fixation à baïonnette du tube sur le statif.
23. Lentille de Bertrand escamotable.
24. Diaphragme de champ escamotable.

Les principaux accessoires

Divers accessoires indispensables complètent l’équipement du microscope. Citons les


principaux d’entre eux :
Les lames compensatrices sont constituées de petites plaquettes biréfringentes serties dans
une monture métallique. La lame de gypse introduit un retard de 575 x 10-8 mm. La lame de
mica, dite aussi lame quart d’onde, introduit un retard de 150 x 10-8 mm. La direction du
plus granddes deux indices ng (γ sur la lame) est gravée sur la monture. Ces deux lames dont
nous verronsplus loin l’usage s’introduisent dans une fente située au-dessus du revolver
porte-objectif. Parrapport à l’observateur, cette fente est orientée NW-SE.
Le biseau de quartz, ou coin de quartz, est taillé parallèlement à une des facettes d’un cristal
de quartz. Il est serti dans une monture métallique sur laquelle la direction de l’indice ng (γ)
estgravée. En introduisant plus ou moins en avant cette lame dans la fente précitée on impose
un retard supplémentaire plus ou moins grand à l’une des ondes polarisées par rapport à
l’autre.

Fig.41 : lames compensatrices et biseaux de quartz

62
La surplatine se fixe sur la platine porte-objet. Elle permet de localiser avec précision un
point de la préparation, Deux crémaillères normales l’une à l’autre facilitent le déplacement
de la coupe mince. Chaque bras de la surplatine est gradué et un vernier assure des lectures à
0.1 mm près.

Fig.41 : surplatine

[Link]. Types d’observations

Avec ce type de microscope, on obtient les propriétés comme la forme, la couleur, le relief,
les indices de réfraction,….

a. Lumière transmise (Nicols parallèles) ou lumière naturelle

C’est lorsque les Nicols sont parallèles. La lumière qui arrive (rayons incidents) est
réfractée (rayons réfractées) lors de sa traversée. C’est-à-dire qu’elle change un peu de
direction. On observe les informations qualitatives comme la forme, la couleur, le relief, la
dureté, l’état d’altération.

Les observations dites “en lumière naturelle” s’effectuent sans analyseur, mais en
conservant
tout de même le polariseur. Pour être plus exacte, il faudrait dire observations en
lumière polarisée non analysée. Avec ce dispositif, nous pouvons examiner le contour des
minéraux, les directions de clivages, les cassures et les inclusions. Nous pouvons aussi
mesurer
l’épaisseur de la préparation, estimer l’indice de réfraction du minéral à partir de
son relief apparent, observer sa couleur propre ainsi que son éventuel pléochroisme, c’est
à dire la variation de sa couleur en fonction de son orientation.

63
Formes, clivages, cassures
La première observation concerne l’aspect géométrique des diverses sections. Certaines
présentent un contour tout à fait quelconque. Elles sont dites “xénomorphes”. D’autres, au
contraire, montrent des formes géométriques reconnaissables. Elles sont dites “idiomorphes”.
Les lignes droites qui marquent parfois le contour d’un minéral sont déterminées par
l’intersection de ses faces avec le plan de la coupe mince. Parfois ces formes sont
caractéristiques d’un minéral ou d’une famille de minéraux. Aussi la mesure des angles que
font ces faces entre elles est souvent intéressante. Les plans de clivages sont matérialisés par
des lignes qui sont les intersections des plans de clivage avec le plan de la coupe mince. Ces
lignes sont plus ou moins accentuées suivant que le clivage est “facile” ou “ difficile”. Il y a
parfois plusieurs directions de clivage .

Relief et indices de réfraction

Lorsqu’on examine une coupe mince renfermant plusieurs espèces minérales, ces divers
minéraux apparaissent avec des contours plus ou moins bien accusés. Certains ont un contour
à peine marqué, des lignes de clivages et des fractures à peine visible. D’autres ont, au
contraire, ont un contour bien marqué, souligné par une ligne foncée. On dit que leur relief
est bien marqué. Les premiers, au relief faible, ont un indice de réfraction moyen très voisin
de celui du baume de Canada18 qui constitue le fond de la lame mince.”. Les seconds, au
relief bien marqué, ont un indice moyen éloigné de celui du baume. Le “relief” se manifeste
par des lignes sombres qui bordent les contours et toutes les imperfections du minéral. Plus
cette ligne sombre est épaisse, plus le relief est marqué. Le relief est dû à la perturbation des
rayons lumineux provoquée par la différence d’indice de réfraction entre le minéral est le
milieu dans lequel il est plongé. Les figures ci-dessous illustrent ce phénomène.

64
Le relief d’un minéral est d’autant plus marqué que son indice de réfraction est plus
éloigné de celui du milieu dans lequel il se trouve.

La frange de Becke
Nous savons estimer la différence d’indice d’un minéral avec celui du baume, mais nous ne
savons pas encore si cet indice est inférieur ou supérieur à celui du baume. Une technique va
nous permettre de résoudre cette incertitude : l’observation de la “frange de Becke”
Examinons les figures ci-dessous. Elles représentent deux minéraux, un dont l’indice est
supérieur à celui du baume, l’autre dont l’indice est inférieur.

Lorsqu’on éloigne l’objectif de la préparation, la frange de Becke se déplace vers le milieu le


plus réfringent.

Couleur et pléochroisme

La plupart des minéraux sont transparents en coupe mince. Lorsqu’une lumière


polychromatique(lumière blanche) traverse une lame transparente, elle est plus ou moins
absorbée selon que la substance est plus ou moins transparente. Si l’absorption est
sensiblement la même pour toutes les longueurs d’onde, la lumière transmise conserve son
caractère de “lumière blanche” et le minéral paraît incolore. Si, au contraire, certaines
radiations sont plus fortement absorbées que d’autres, ces dernières prédomineront dans le
spectre de la lumière transmise et le minéral paraîtra coloré. L’absorption croît avec
l’épaisseur de la préparation. Ainsi, un minéral qui semble faiblement coloré en lame mince,
présentera une coloration beaucoup plus vive sous une forte épaisseur.

Le schéma ci-dessus montre le cheminement de la lumière blanche (symbolisée par les trois
radiations λ1, λ2 et λ3) à travers une lame transparente. Elles sont légèrement absorbées par
la lame, mais dans des proportions semblables. A la sortie, on retrouve une lumière blanche
un peu moins intense. Dans la deuxième partie du dessin, les radiations sont absorbées
différemment. Les ondes λ2 et λ3 sont fortement absorbées tandis que la radiation λ1 ne l’est
pratiquement pas. A la sortie, la lame est colorée dans une dominante de la couleur
correspondant à λ1. Les minéraux colorés sont souvent pléochroïques, ce qui signifie que leur
coloration varie suivant l’orientation de la lame. Cette variation de couleur correspond à une
variation différentielle de l’absorption suivant l’orientation du minéral.

65
On décrit le pléochroïsme d’un minéral en indiquant sa couleur lorsque la lumière blanche
traverse successivement les principaux plans de l’ellipsoïde. On oriente la section parallèle de
manière à définir les couleurs de ng et np. Puis on cherche la
couleur de nm, sur une section perpendiculaire à une des bissectrices (sng ou snp) ou bien
encore sur la section perpendiculaire à un axe optique.
Les minéraux uniaxes ne présentent que deux couleurs de pléochroïsme, l’une selon ng,
l’autre selon np. Quant à la section perpendiculaire à l’axe optique, elle présente la couleur

Pour quantifier la réfraction de la lumière on se sert de l’INDICE DE


REFRACTION (N) qui n’est autre que le rapport entre la vitesse de la lumière dans le vide
et celle dans ce milieu. Ou mieux le rapport entre l’angle incident sur l’angle réfracté.

i
Sin i v v
N = -------- = ------
Sin v v’ v’
v

b. Nicols croisés ou lumière polarisée

C’est quand on veut mesurer la birinfrigeance (Δ = n’g – n’p) par appréciation de la


teinte de polarisation puis de repérer la position des axes par rapport aux clivages ou aux
faces (angles d’extinction et signe d’allongement).
La birinfrigeance ou double réfraction est le phénomène par lequel une image apparaît
double. C’est le cas avec la calcite ou spath d’Islande. Ce phénomène est dû à l’anisotropie
des cristaux.

L’anisotropie est la variation des propriétés d’une manière différente suivant les
directions différentes. Son indice est un ellipsoïde. Le contraire est l’isotropie dont l’indice
est une sphère.

A ce sujet nous retiendrons que tous les minéraux sont anisotropes à l’exceptions de
ceux qui cristallisent dans le système cubique qui eux sont isotropes.

Macles et clivages

Parmi les sections anisotropes, il y en a parfois sui semblent partagées en deux partie par une
ligne droite, chaque moitié du minéral ayant sa propre teinte de polarisation et sa position
d’extinction particulière. Si on ôte l’analyseur, cette différence disparaît et le minéral semble
parfaitement uniforme.

66
Recherche de la section parallèle à l’axe optique

La recherche de la section parallèle aux axes optiques (à l’axe optique dans le cas des
minéraux uniaxes) est une opération importante qui doit toujours être effectuée dans une
routine d’identification d’un minéral. Cette section découpe dans l’ellipsoïde un ellipse dont
les axes sont ng et np, correspondant aux indices maximum et minimum du minéral étudié.
Comment la trouver ? Parmi les nombreuses sections présentes dans la coupe mince, la
section parallèle est celle qui présente le retard le plus élevé, c’est-à-dire qu’elle présente la
teinte de polarisation la plus à droite sur le tableau de Newton.
Après avoir identifié la section parallèle, on note sa position exacte à l’aide des coordonnées
dela surplatine, puis on la dessine dans l’orientation d’une de ses positions d’extinction. On
sait alors que ses indices ng et np sont parallèles aux traits du réticule.

Détermination de la position des indices ng et np.

On sait déjà qu’en position d’extinction, les indices ng et np sont parallèles aux traits du
réticule. Mais on ne sait pas encore lequel est ng, lequel est np. Pour lever cette incertitude,
nous devons utiliser une des lames auxiliaires décrites plus haut. On procède de la manière
suivante :
1. Sur le dessin du minéral en position d’extinction, dessinons les traces des traits du
réticules. Ils matérialisent ng et np.
2. Faisons tourner la platine de 45° (peu importe le sens) : la section ses trouve alors en
position d’illumination maximum. Mentalement faisons tourner le dessin dans le
même sens, entraînant du même coup la rotation des indices.
3. Superposons au minéral une lame auxiliaire, le mica quart-d’onde par exemple :

67
Rtotal = Rminéral + Rlame
Rtotal = Rminéral – Rlame

La biréfringence
La biréfringence est une des propriétés optiques caractéristiques de chaque espèce minérale
transparente. Sa valeur est donnée par la relation :
B = Re et l’épaisseur
e = RB dans laquelle R est le retard et e l’épaisseur de la préparation. Les coupes minces ont
une épaisseur approximative de 0.03 mm. Il faut toutefois vérifier cette épaisseur. C’est facile
si la coupe mince renferme un minéral connu dont la biréfringence est parfaitement
constante, Le quartz qu’on rencontre heureusement dans beaucoup de roches, convient tout
particulièrement. Sa biréfringence vaut 0.009. Si on porte cette relation dans la relation ci-
dessus, on obtient :

e=R
0.009
En contrôlant le retard d’une section parallèle de quartz, on peut donc vérifier l’épaisseur de
la lame mince. Nous verrons au chapitre suivant une autre méthode de vérification de
l’épaisseur.

L’angle d’extinction
Lorsqu’une section présente des caractères cristallographiques apparents (lignes de clivage,
trace de face, plan de macle), on mesure l’angle que ces directions font avec une des direction
optiques, ng ou np. La mesure est simple : il suffit d’amener la direction cristallographique en
coïncidence avec un des traits du réticule, puis de mesurer l’angle dont il faut faire tourner la
platine pour amener ng ou np en coïncidence avec le même trait du réticule (position
d’extinction).

68
On peut attribuer à l’extinction divers qualificatifs : extinction droite, extinction oblique,
extinction symétrique. L’angle d’extinction exprime la relation géométrique entre les
éléments cristallographiques du minéral et l’orientation des ellipsoïdes des indices.

Mesure de l’angle d’extinction

Signe de l’allongement
Si une section est allongée et que son extinction est parallèle ou faiblement inclinée, on
détermine le signe de l’allongement. Par convention, on dit que l’allongement est positif
lorsque la trace du plus grand des indices est parallèle à la direction de l’allongement. Dans le
cas contraire, on parle d’allongement négatif.

69
c. Lumière convergente

Dans ce type d’observation, on distingue les conditions d’uniaxie et de biaxie en


appréciant dans ce dernier cas l’angle 2 V. Pour cela, on doit d’abord repérer l’ellipsoïde des
indices et le situer par rapport aux axes (c’est-à-dire l’orienter).
L’ellipsoïde des indices est une figure qui matérialise les propriétés optiques d’un minéral par
rapport au cristal.

Nous n’observons plus ici des images réelles de la préparation, mais des phénomènes
d’interférence qui se forment au voisinage de la partie postérieure de l’objectif. Ces figures
sont produites par le passage d’un faisceau de lumière convergente à travers la lame
observée.
Dispositif d’observation
Il faut mettre en place la partie amovible du condenseur et l’amener le plus près possible de
la préparation. On utilise l’objectif dont le grossissement est le plus élevé et on règle
soigneusement
la mise au point. On vérifie que l’analyseur est bien en place. On observe les figures soit en
ôtant l’oculaire, soit en ajoutant la lentille additionnelle de Bertrand. Dans ce dernier cas,
l’image observée est plus grande, mais parfois moins nette. On peut ajouter aussi le
diaphragme de champ qui lui est associé. Il élimine les interférences parasites provoquées par
des minéraux voisins. Ce dispositif d’observation est appelé observation conoscopique ou
observation en lumière convergente.

Figures observées
Ce sont des figures qui n’ont aucune ressemblance avec les objets qu’on observe, mais des
figures d’interférences qui sont de deux types :
1. des lignes noires de formes diverses suivant l’orientation de sections sélectionnées, On les
appelle les isogyres;
2. des courbes colorées qui reproduisent les teintes du tableau de Newton et qu’on nomme
courbes isochromatiques.

70
L’observation de ces figures nous renseigne sur les caractéristiques de l’ellipsoïde des indices
: ellipsoïde uniaxe, biaxe, positif. négatif, estimation de l’angle 2V, et nous donne encore des
information sur l’ordre de grandeur de la biréfringence. Elles nous permettent aussi de
vérifier l’orientation de certaines sections.

71
L’ellipsoïde des indices
Au lieu de construire des surfaces d’onde engendrées par les vecteurs de vitesse de la
lumière, construisons un ellipsoïde de révolution dont l’axe est proportionnel à 1,486 et le
diamètre de la section cyclique proportionnel à 1.658. On peut démontrer que cet ellipsoïde
possède les propriétés suivantes :
- un rayon lumineux qui entre dans le cristal se décompose en deux vibrations polarisées. Le
plan de polarisation de chacune d’elles passe respectivement par le grand et le petit axe
de l’ellipse découpée dans l’ellipsoïde par le plan normal au
rayon incident.
- L’indice auquel obéit chaque rayon est proportionnel à la demi longueur de l’axe de
l’ellipse dans son plan de polarisation.
- L’axe de révolution de l’ellipsoïde coïncide avec l’axe optique. Si on imagine un rayon
lumineux qui chemine le long de l’axe optique, on constate que la surface normale à ce rayon
découpe dans l’ellipsoïde une section cyclique qui ne possède ni grand axe ni
petit axe. Le long de cet axe, l’indice de réfraction est unique et la lumière n’est pas
polarisée. Cet ellipsoïde de révolution, construit à partir des valeurs des indices de réfraction,
porte le nom d’ellipsoïde des indices.

Uniaxie ou biaxie
Dans le cas particulier de la calcite, on obtient un ellipsoïde aplati dont l’axe de révolution est
proportionnel au plus petit des indices (np) et le diamètre de la section cyclique est
proportionnel au plus grand des indices (ng). Si on applique cette construction au quartz, on
obtient un ellipsoïde allongé dont l’axe de révolution est proportionnel au plus grand des
indices (ng) et le diamètre de la section cyclique est proportionnel au plus petit des indices
(np).

72
Uniaxe positif Uniaxe négatif
(cas de la calcite) (cas du quartz)

Par convention on donne le nom d’uniaxe positif à l’ellipsoïde allongé et uniaxe négatif à
celui qui est aplati.
Du point de vue mathématique, les ellipsoïdes sont des surfaces dites «quadratiques» qui
obéissent à l’équation suivante :

x2 y2 z2
---- + ---- + ---- = 1
a2 b2 c2
Où a, b et c prennent les valeurs de ng, nm et np. Les propriétés optiques des minéraux
orthorhombiques, mono- et tricliniques sont régies par un
ellipsoïde un peu plus compliqué et qui possède deux axes optiques. Pour cette particularité
on parle d’ellipsoïde biaxe.
Dans le cas des minéraux uniaxes, le rayon lumineux qui chemine le long de l’axe obéit à
l’indice np ou ng selon que l’ellipsoïde est positif ou négatif. Dans le cas des minéraux dits
biaxes, le rayon lumineux qui chemine le long d’un des axes optiques obéit à un indice
intermédiaire qu’on appelle nm. Cet ellipsoïde est construit sur trois axes orthogonaux
respectivement proportionnels à ng, np et nm.

73
Ellipsoïde construit à partir des Ellipsoïde avec ses deux axes
indices ng, np et nm et ses deux sections cycliques

On peut démontrer mathématiquement qu’un tel ellipsoïde possède deux sections cycliques
dont les perpendiculaires constituent les deux axes optiques A et B. L’angle entre les axes
optiques est appelé angle 2 V. Cet angle varie d’une espèce minérale à l’autre. On remarque
encore que les axes optiques sont contenus dans le plan défini par ng et np. Comme pour les
uniaxes, on distingue un ellipsoïde biaxe positif, caractérisé par le fait que ng constitue la
bissectrice aiguë de l’angle 2V. Par opposition, nous avons l’ellipsoïde biaxe négatif lorsque
c’est np qui est la bissectrice aiguë de l’angle 2V.

Biaxe positif Biaxe négatif

Examinons à nouveau les dessin ci –haut et appliquons ce que nous savons


maintenant des ellipsoïdes des indices. On constate :
- un rayon lumineux qui entre dans le cristal en suivant la direction de ng se divise en
deux vibrations polarisées d’indices np et nm;
- un rayon lumineux qui entre dans le cristal en suivant la direction de np se divise en
deux vibrations polarisées d’indices ng et nm;
- un rayon lumineux qui entre dans le cristal en suivant la direction de nm se divise en deux
vibrations polarisées d’indices np et ng.
- Que se passe-t-il pour un rayon lumineux entrant dans le cristal avec une orientation
quelconque ?

74
Examinons le dessin ci-contre. La section normale au rayon lumineux
découpe dans l’ellipsoïde une ellipse dont le grand axe a une valeur intermédiaire entre nm et
ng et qu’on appelle n’g. Le petit axe a une valeur intermédiaire entre np et nm qu’on appelle
n’[Link] existe une relation mathématique entre l’angle 2V et les indices
ng , np et nm. Elle vaut :
Nous verrons plus loin comment on peut simplifier cette équation.
L’ellipsoïde biaxe est le cas général de tous les minéraux. On peut assimiler les ellipsoïdes
uniaxes à des ellipsoïdes biaxes dans lesquels nm aurait la même valeur que ng (uniaxe
négatif) ou que np (uniaxe positif). On peut même considérer les minéraux cubiques comme
un cas particulier où ng , np et nm aurait la même valeur. L’ellipsoïde se réduit alors à une
sphère.

* Les minéraux uniaxes

Dans ces minéraux l’ellipsoïde des indices tient compte d’un seul axe de révolution
qui est en coïncidence avec l’axe optique. Ceci fait que le rayon lumineux qui chemine le
long de cet axe ne subit pas la double réfraction et n’est pas conséquent pas polarisé. Il se
comporte comme s’il traversait un corps isotrope.
Les minéraux uniaxes sont ceux cristallisant dans le système quadratique, hexagonal et
rhomboédrique.

* Les minéraux biaxes

Lorsque l’axe optique ne coïncide pas avec l’axe de révolution de l’ellipsoïdes de telle
sorte qu’ils font un angle entre eux (angle 2V=, on dit que les minéraux sont biaxes. C’est
dans ces minéraux qu’on trouve le phénomène de double réfraction. Ce sont les minéraux
orthorhombiques, monocliniques et tricliniques.

75
2.1.2. Microscope à réflexion

Ce genre de microscope nous aide à observer les minéraux qui restent opaques dans le
microscope polarisant comme les charbons, les oxydes et les minéraux métallifères.

Comme parmi les corps opaques, on trouve les principaux minéraux métalliques (qui
sont d’ailleurs des minerais dans laplupart des cas), le microscope à lumière réfléchie est
abusivement dénommé microscope métallographique et son emploi est réservé plus aux
métallogénistes.

Principe : Si en lumière transmise les études sont menées sur lame très mince (0,03 mm)
pour permettre la traversée de la lumière, les observations en lumière réfléchie quant à elles
sont effectuées sur des surfaces plus grandes, polies, réfléchissantes (ce sont des sections
polies).

Ici, la lumière qui arrive sur l’objet est réfléchie. Le pouvoir REFLECTEUR (R) est
l’élément le plus important qui est le rapport entre l’énergie réfléchie et l’énergie incidente. Il
est donné par :

(n-1)² + n²k² R : pouvoir réflecteur


R = ----------------------- n : indice de réfraction
(n+1)² + n²k² k : indice d’absorption

Ici, on observe le pouvoir réflecteur, le poli, le forme,….

2.1.3. Microscope électronique

C’est un microscope utilisé pour des observations de très petites particules


difficilement visibles aux microscopes à réflexion et polarisant. Ce microscope assure aux
particules un grossissement de leurs images jusqu’à 5000-200.000 fois avec une possibilité
de les augmenter et de les diminuer progressivement selon le vouloir, en variant seulement
l’intensité du courant des lentilles électromagnétiques, alors que les microscopes ordinaires
exigent plusieurs exercices.

76
Fig.37 . : Microscope électronique

N.B. : Les observations aux microscopes ne nous permettent non seulement de déterminer
les minéraux ou les roches, mais aussi de rétablir l’histoire de la formation de ces minéraux
ou roches en établissant l’ordre de cristallisation.

2.2. Examen roentgenographique

L’étude des propriétés optiques des cristaux ne donne des résultats que fort limités
voire même n’apporte aucun renseignement lorsque les minéraux sont très petits ou lorsqu’ils
ont une chimie trop complexe. C’est ainsi que l’on recourt actuellement à la diffraction des
rayons x.

77
2.2.1. Rayons x

Les rayons x sont des rayons électromagnétiques de très faibles longueurs d’onde
(entre 0,2 et 16 A°) qui sont 5000 fois plus petits que les longueurs d’onde de la lumière
visible.
Les rayons peuvent être :

- Durs (>2A°) : utilisables en radioscopie médicale


- Mi-durs (0,7 + 2A°) : utilisables en radiocristallographie
- Mous : (>0,7 A°) : utilisables à d’autres usages.

Quant à leur obtention, nous retiendrons qu’ils sont émis par l’anticathode d’un tube sous le
vide dont la cathode, portée à une température élevée, élève un certain nombre d’électrons.
Ce sont ces électrons, aminés où leur énergie cinétique est transformée en chaleur à 99,5 % et
en énergie de rayonnement x à 0,5 %.

Les propriétés multiples de ces rayons sont utilisables à plusieurs usages. Nous en
retiendrons quelques unes d’entre elles :

- Ils impressionnent les émulsions sensibles des photographies (radiographie médicale).


- Ils excitent la fluorescence de certains métaux. (utilisation dans le compteur à
scintillation).
- Ils ionisent les atomes (utilisations dans le compteur GEIGER – MULLER).

2.2.2. Diffraction des rayons

C’est la transformation de la lumière en franges parallèles et rectilignes


alternativement claires et sombres. C’est le spectre de diffraction.
En procédant à la diffraction des rayons x, on peut faire une bonne étude de la matière
cristalline et arriver à la déterminer avec plus de précision. On y arrive par plusieurs
méthodes. Les principes sont :

Fig.38 : spectre de diffraction

a. Méthode du cristal immobile

Le cristal, immobile est disposé sur le sujet d’un pinceau de rayon x. Chaque plan
extrait de ce rayonnement fait un angle de 2 θ avec la plus d’incidence. Ce spectre est obtenu
sur une pellicule plane placée derrière le cristal. Chaque minéral a son angle 2 θ à lui seul.

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La difficulté de cette méthode est au niveau des cristaux à plusieurs minéraux.

b. Méthode du cristal tournant

C’est une méthode qui consiste à faire osciller lentement le cristal autour d’un axe
perpendiculaire au faisceau incident. Cette méthode exige des cristaux parfaits, maniables,
dont le volume ne soit pas inférieur à 1 mm3, afin de pouvoir être convenablement orientés.

c. Méthode des poudres ou de DEBYE - SCHERER

Pour palier aux difficultés précédentes, DEBYE et SCHERER, en Allemagne ont


imaginé en 1916 cette méthode en faisant passer un rayonnement sur la poudre issue du
broyage de l’échantillon à étudier. La poudre est placée en une couche mince sur une plaque
de verre (P). Celle-ci tourne d’un mouvement uniforme autour d’un axe O de son plan
parallèle à la source.

A la périphérie d’un plateau circulaire, un compteur GEIGER-MILLER (GM) ou à


scintillations tourne également autour d’un même axe à une vitesse rigoureusement très
grande. On aura ainsi : - θ = angle d’incidence des rayons
- 2 θ = angle dû au déplacement du compteur

Le nombre de corps du compteur est égal à l’intensité des rayons diffractés. Ce


comptage est inscrit sur un papier d’enregistrement et chaque anneau de diffraction se traduit
par un crochet dont la surface est proportionnelle à l’intensité de réflexion. Cette figure,
appelée « diffractogramme » constitue l’empreinte digitale d’un minéral. Elle est unique pour
chaque minéral. Pour reconnaître les minéraux, on utilise des livres dans lesquels les
minéraux sont classés en fonction de leurs trois raies les plus importantes.

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Fig.39 : Méthode des poudres ou de DEBYE - SCHERER

CHAPITRE IV : NOTIONS DE CHRISTALLOCHIMIE

IV.1. DEFINITION

La cristallochimie est l’étude des relations qui existent entre la composition chimie
d’un minéral, l’arrangement géométrique et les forces de liaison des atomes en dessinant
ainsi des figures (mailles) bien déterminées.

Le but essentiel de cette science est l’étude des liaisons entre particules dans les
cristaux et le mode de leur remplacement.

IV.2. FORCES ET NATURES DE LIAISONS

Les cristaux sont constitués des atomes qui se répartissent de façon ordonnée et reliés
par certaines forces de plusieurs manières. Ce sont des liaisons chimiques. D’une manière
générale nous avons cinq types de liaisons atomiques. Ce sont les liaisons ionique,
covalente, métallique, hydrogène et de vander waals.

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2.1. Liaison ionique ou hétéropolaire

Cette liaison est basée sur l’attraction entre particules (ions) de signes électriques
opposés car tout élément cherche la stabilité de son enveloppe extérieur et devenir comme les
gaz nobles dont leurs couches externes comportent 8 électrons.
C’est ce que l’on appelle OCTET.
Ex. : * Le sodium Z = 11 comporte trois couches dont la première (K) à 2 électrons, la
deuxième (L), à 8 électrons. Ce phénomène fait que le sodium perde facilement son électron
de la dernière couche pour devenir un ion positif ou cation. Na+.

* C’est la même chose pour le chlore, Z = 17 dont la disposition est : couche K = 2,


couche L = 8, couche M = 7 pour chercher la stabilité, la couche M capte facilement un
électron et devient un ion négatif ou anion Cl-.

* Ces deux éléments devenant dépendant, l’un perd son élection (NaCl) et l’autre le
capte (Cl) ainsi s’établit une liaison (NaCl) cube avec Na sommets cl au milieu.

Après plusieurs investigations le constat réalisé est que les métaux sont électropositifs
et peuvent perdre un électron (Na +, K+,…), deux électrons (Fe2+, Ca2+, Mg2+, …), trois
électrons (Fe3+), quatre électrons (Ti4+) ou cinq électrons (P5+,…) alors que les non métaux
sont électronégatifs et peuvent capter aussi un électron (Cl -, Br-., I-, …), deux électrons (02-,
s2-, Te2-,…)…

Les cristaux ayant des liaisons ioniques, parmi lesquels sont la plupart des silicates,
ont généralement une dureté et une densité modérées, des points de fusion et d’ébullition
relativement haut et sont de très mauvais conducteur de chaleur et d’électricité.

Pour que les éléments arrivent à se lier il faut une certaine énergie. C’est le potentiel
d’ionisation. Exprimé en électronvolts, le potentiel d’ionisation est le travail nécessaire pour
extraire un électron donné de son orbite et le porter à une distance infinie. On comprend dès
lors que plus le potentiel d’ionisation est moins élevé plus que l’atome n’a besoin que de
faibles énergies pour libérer l’électron d’où il formera plus facilement une liaison ionique.
Sinon, c’est la covalence qui sera possible.

L’électron volt (eV) est une énergie acquise par un électron initialement au repos
lorsqu’il doit traverser un champ électrique produit par une différence de potentiel d’un volt.
Il vaut 1,062 x 10-12 ergs. Ces multiples sont le KeV et MeV.

En plus du potentiel d’ionisation, qu’on peut mesurer, d’autres forces calculables du


même genre peuvent être retenues. Ce sont :

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Z
- Force cationique F = ----
V2
Z r = rayon ionique
- Potentiel ionique I = ---- Z = nombre atomique
V
KZ²
- Indice d’énergie Ek = ----
2V

2.2. Liaison covalence

Dans la liaison covalente, deux atomes mettent leurs électrons périphériques en


commun et ainsi se complètent de façon à ce que chacun d’eux ait la structure d’un gaz
noble.

Ex. : * Formation d’un atome Cl 2 avec chacun 7 atomes sur la couche externe. Cl Cl, du
fluor F2 du Brome Br2, de l’Hydrogène, H, …

* Formation du tétrachlorure de carbone (C cl 4), cl  Z = 17, C = Z = 6, du gaz


ammoniac H20, de l’eau H20 du méthane (C H4).
Possible surtout entre les atomes des colonnes centrales (carbonides, azotides, et les atomes
des colonnes extérieures.

L’énergie est pour cette liaison presque la même que celle de la liaison ionique et les
propriétés comme les points de fusion et d’ébullition se distinguent difficilement de ceux des
cristaux ioniques. Les cristaux covalents sont également non conducteurs de l’électricité.
La seule différence est que les cristaux de covalence sont plus durs et ne libèrent pas des ions
dans le bain fondu.

2.3. Liaison métallique

C’est une liaison qui se fait entre atomes métalliques, de sorte que, étant tous
électropositifs, entre les atomes il se crée un nuage d’électrons qui n’ont pas d’allégeance les
uns pour les autres. Ces électrons peuvent s’agiter, se déplacer sans pour autant perturber la
structure. C’est ainsi que les métaux font passer la chaleur et l’électricité par déplacement de
leurs électrons.

Cu Cu Cu
Ex. : Cu Cu Cu
Cu Cu Cu

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2.4. Liaison Vander waals

C’est une liaison de nature électrostatique, s’exerçant entre des atomes ou molécules
polarisés. Il s’agit d’une attraction mutuelle des molécules par les forces de Van der waals.
Ces forces sont d’autant plus intenses que le nuage électronique de l’atome ou de la molécule
est grand.

2.5. Liaison hydrogène

C’est la plus intense des forces intermoléculaires : En effet, l’atome d’hydrogène étant
très petit, il peut s’approcher tout près d’une autre molécule. C’est une forme particulière
d’attraction dipôle-dipôle. Sa petitesse crée une forte polarisabilité (attraction forte vis-à-vis
d’atomes électronégatifs des molécules voisines).
Une liaison hydrogène s’établit entre un atome d’hydrogène, lié par covalence à un atome
très électronégatif (F, O, N, Cl) et un autre atome, lui aussi électronégatif, possédant au
moins un doublet non liant.

Les cristaux obtenus par ce genre de liaison se rompent facilement et leur température
de fusion est basse.

2.6. Liaisons effectives dans les minéraux

Un minéral (cristal) est dit homodesmique lorsqu’il n’use que d’un seul type de
liaison. C’est le cas de NaCl (ionique), du diamant (covalent), de l’hélium (Van der waals).
Lorsque plusieurs types de liaison se manifestent dans un cristal, celui-ci est dit
hétérodesmique, et dans ce cas, les propriétés physiques du cristal peuvent traduire les
différences d’association.

Ex. : Dans le graphite, les feuillets sont constitués par des fortes liaisons covalentes qui ne
sont reliés entre eux que par de faibles liaisons de Van der waals. C’est pour cette raison
qu’ils sont facilement séparables les uns des autres et ainsi s’explique l’excellent clivage que
présente le graphite.

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Les micas quant à eux sont faits de couches à tétraèdres fortement unis alors qu’entre
les feuillets n’existent que des cations à faibles liaisons ioniques. Ainsi s’explique le clivage
des micas qui isole aisément les feuillets.

IV.3. FORMATION DES CRISTAUX A PARTIR DES IONS

3.1. Règles de Pauling (stabilité des assemblages ioniques)

La formation des cristaux à partir des ions simples ou complexes suit certaines règles,
découvertes et décrites par Pauling en [Link] allons décrire quatre d’entre elles qui en
sont les principales d’une manière très brève.

a. Règle I

Autour de chaque cation sont disposés des anions qui occupent les sommets d’un
polyèdre. On forme alors un polyèdre de coordination dont sa nature est déterminée par le
rapport des rayons ioniques. Si les ions de charges opposées constituent un cristal, ils tendent
à se placer de manière aussi compacte que possible. Le nombre d’anions dans un cristal est
égal au nombre des coordinations.

La géométrie du polyèdre de coordination dépend des tailles relatives des ions en


présence. En fonction du rapport re/va avec rc rayon des cations) et ra (rayon des anions), on
peut avoir :

POLYEDRE RAPPORT vc/ra COORDINATIONS


Cubo – octaèdre rc = r a 12
Cube r – 0,732 8
Octaèdre 0,732 – 0,414 6
Tétraèdre 0,414 – 0,225 4
Triangle équilatéral 0,225 – 0,155 3
Linéaire < 0,155 2

b. Règle II

Dans un édifice ionique stable, la somme des valences électrostatiques des cations,
entourant un anion donné, est égale ou presque toujours égale à la valence de cet ion.
La valence électrostatique est la charge du cation divisée par son nombre de
Coordination.

Valence
----------------
Coordination

C’est ainsi que les valences électrostatiques de Al 4+ et Al6+ sont respectivement de ¾ et de 3/6
ou ½.
4 et 6 sont des coordinations et 3 est la valence Al3+.

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De tout ceci, nous retiendrons que la charge d’un ion est neutralisée par ses voisins
immédiats. Prenons l’exemple de la Forsterite [SiO 4] Mg2. Nous allons voir que chaque
oxygène est entouré par 1 Si et 3 Mg.
N.B. : Forsterite = Olivine magnésien.

La charge de l’oxygène est de -2. Il faut qu’elle soit compensée par la charge des
autres (Si + Mg).
Les valences électrostatiques de Si et Mg sont 4/4 = 1 pour Si et 2/6 = 1/3 pour Mg  1 Si +
3Mg = 1.1 + 3. 1/3 = 2

Fig. Valence, rapport vc/va et coordination par rapport.


Aux rayons cationiques des principaux éléments.

c. Règle III (Règle de parcimonie

Les ions, équivalents cristallochimiquement, sont aussi le plus souvent, équivalents du


point de vue géométrique. Cette règle est applicable dans les structures de haute symétrie car,
en d’autres cas, le même ion peut occuper plusieurs positions qui ne sont pas
géométriquement équivalentes

Ex. : Anthophyllite (Amphiboles Magnésien [(Si8 O22 (OH)2 ]Mg4

Ex : Sur les 4 positions occupés par Mg dans l’Anthophyllite [(Si 8 O22 (OH)2 ]Mg4 (amphibole
Magnésien), une seule est aisément substituée par le Fe. Une distension du réseau se produit,
et la symétrie orthorhombique devient alors monoclinique.

d. Règle IV

L’existence d’arêtes et de faces communes à deux polyèdres anioniques décroit sa


stabilité. Cet effet est d’autant plus important que le cation central possède une grande
valence (Z) et un rayon (r) petit. Ainsi dans les silicates, les ions. Si 4+ étant petits, les
tétraèdres Si04 ne mettent que leurs sommets en commun.

3.2. Règles de diadochie

Ces lois sont des règles qui donnent avec précision les conditions dans lesquelles les
ions peuvent se substituer l’un à l’autre dans un édifice cristallin.

a.1. Loi 1

Pour que deux ions puissent se remplacer l’un de l’autre dans un cristal, leurs rayons
ioniques ne doivent pas différer de plus de 15 %.
Ex. : Mg2+ (r = 0,66) et Fe2+ (0,74) se substituent aisément et forment une série des minéraux
intermédiaire entre la Forsterite magnésium jusqu’à la fayalite ferrifère.

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Fig. : Diagramme

b. Loi n°2

Quant deux ions possèdent la même charge mais des rayons différents, l’ion ayant le
rayon le plus petit est incorporé de préférence.
Ex. : Entre l’ion K+ (1,33 A°) et Cs+ (1,67A°), c’est K qui est accepté le plus facilement aussi
bien dans les feldspaths que dans les micas.

Dans les feldspaths l’ion K est entouré de 6 oxygènes alors que dans les micas il est
entouré par 12 oxygènes. C’est donc dans ce dernier cas que K est plus aisément substitué par
Cs car le logement du cation est plus grand.

c. Loi n°3

Lorsque deux vous possèdent le même rayon mais diffèrent par leur charge, l’ion
ayant la plus forte charge est incorporé de préférence.
Ex. : Remplacement de Ca2+ par Na2+ accompagné de Al3+ à Si4+.

d. Loi n° 4

Quand deux ions possèdent les charges et les rayons voisins, l’ion qui a la plus petite
électronégativité est incorporé de préférence.
Ex. : Le Cu+ ne remplace pas Na+ dans les plagioclases et cu2+ ne se substitue pas à Fe2+ dans
les minéraux ferromagnésiens. La liaison Cu – O est en effet plus covalente que la liaison Na
– O et par suite elle est moins stable.

3.3. Substitution des éléments en trace aux éléments majeurs

Pour les éléments en trace, l’application des règles précédentes conduit à trois types
structuraux possibles :

a. Camouflage : C’est lorsque, ayant même valence, l’élément en trace remplace


diadochiquement un élément majeur.
Ex. : Rb+ est camouflé par K+ dans les micas et les feldspaths, de même, Cr 3+ et V3+ sont
camouflés par Fe3+ dans les spinelles,…

b. Capture

Ici, l’élément en trace possède une valence supérieure à celle de l’élément majeur.
Ex. :Pb2+ est capté pour partie par K+ dans les silicates potassiques et Bi3+ par Ca2+ dans les
silicates calciques.

c. Admission

L’élément en trace possède une valence inférieure à celle de l’élément majeur.


Ex. : Li+ par Mg2+, F- par 02-, Be2+ par Al3+ et Si4+,…

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