0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
70 vues14 pages

RHC 12276

Le document explore le patrimoine colonial algérien, en particulier l'architecture et l'urbanisme développés durant l'occupation française, et examine la dualité de ce patrimoine, souvent nié ou perçu négativement après l'indépendance. Il met en lumière les efforts de conservation et de valorisation de ces édifices, notamment à travers l'ordonnance de 1967 qui a permis une continuité dans la protection du patrimoine, y compris celui de la période coloniale. L'étude se concentre également sur le palais Bengana à Skikda, considéré comme une exception dans la reconnaissance du patrimoine colonial algérien.

Transféré par

riyanou.lokbani
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
70 vues14 pages

RHC 12276

Le document explore le patrimoine colonial algérien, en particulier l'architecture et l'urbanisme développés durant l'occupation française, et examine la dualité de ce patrimoine, souvent nié ou perçu négativement après l'indépendance. Il met en lumière les efforts de conservation et de valorisation de ces édifices, notamment à travers l'ordonnance de 1967 qui a permis une continuité dans la protection du patrimoine, y compris celui de la période coloniale. L'étude se concentre également sur le palais Bengana à Skikda, considéré comme une exception dans la reconnaissance du patrimoine colonial algérien.

Transféré par

riyanou.lokbani
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Revue d'histoire culturelle

XVIIIe-XXIe siècles
9 | 2024
Le patrimoine colonial urbain, une histoire mémorielle
(1945-2024)

Le bâti colonial algérien, un patrimoine affirmé ou


nié ?
The algerian colonial building, an affirmed or denied heritage?

Anissa Mami

Édition électronique
URL : https://journals.openedition.org/rhc/12276
DOI : 10.4000/1320o
ISSN : 2780-4143

Éditeur
Association pour le développement de l'histoire culturelle

Référence électronique
Anissa Mami, « Le bâti colonial algérien, un patrimoine affirmé ou nié ? », Revue d’histoire culturelle [En
ligne], 9 | 2024, mis en ligne le 01 novembre 2024, consulté le 17 janvier 2025. URL : http://
journals.openedition.org/rhc/12276 ; DOI : https://doi.org/10.4000/1320o

Ce document a été généré automatiquement le 17 janvier 2025.

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers
annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 1

Le bâti colonial algérien, un


patrimoine affirmé ou nié ?
The algerian colonial building, an affirmed or denied heritage?

Anissa Mami

1 Le patrimoine tend à la sauvegarde et à la conservation de traditions, d’objets d’art,


d’édifice ou de sites qui rattachent une société à son passé. Qu’en est-il cependant,
quand une partie des éléments tangibles de ce passé a été imposée à la suite d’une
conquête et de la mise en place d’un ordre colonial ? Comment, dans le même temps, ne
pas ignorer ce patrimoine longtemps hégémonique1, tout en valorisant d’autres traces
anciennes d’occupation de l’espace ? Depuis la préhistoire, les campagnes et les villes
d’Algérie sont riches d’une histoire qui ne se résume certes pas à la colonisation.
Aujourd’hui, le patrimoine le plus remarquable de l’Algérie inclut les peintures et
gravures rupestres du Sahara, des villes antiques romaines comme Djemila, Tipaza ou
Timgad, les médinas d’Alger et de Constantine ou de nombreuses constructions
ottomanes2.
2 Cependant, c’est durant l’occupation française que l’urbanisme et l’architecture ont été
profondément remodelés. Les opérations du génie militaire, l’introduction de
techniques de construction et d’esthétiques nouvelles et l’action singulière
d’architectes de renommée internationale, comme Henri Petit, Jules Voinot, Albert
Ballu, ou Charles Montaland, ont eu des effets spectaculaires sur place. Sur le terrain,
cela s’est d’abord traduit par une reproduction des canons de l’architecture
monumentale européenne de différentes époques. À la fin du XIXe siècle, des bâtiments
haussmanniens, comme ceux de Paris, fleurissent également à Alger, Constantine et
Sétif à l’est, Oran et Sidi Bel Abbès à l’Ouest. Ce nouvel art de bâtir dessine une nouvelle
physionomie urbaine et donne naissance à de multiples chef-d’œuvres : le Théâtre
National d’Alger et celui d’Oran, la cathédrale Notre-Dame d’Afrique, le front de mer
d’Alger, la mairie de Sidi Bel Abbès, les gares d’Annaba ou de Skikda.
3 À la même période, s’affirme aussi dans l’empire français un certain orientalisme à
l’origine du style « néo-mauresque », bien représenté en Algérie3. Encouragé par le
Gouvernement général d’Algérie au début du XXe siècle, et en particulier par Charles

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 2

Jonnart, ce style peut être défini comme une nouvelle interprétation d’un caractère
esthétique régional dont témoignent la grande poste et la villa Sésini d’Alger, la gare
d’Oran, l’hôtel Cirta de Constantine ou encore le palais Bengana de Skikda. La
production architecturale et urbaine datant de la colonisation française est d’une
indéniable diversité mais, en termes « d’émotions patrimoniales »4, reste
potentiellement nimbée d’une aura négative depuis l’indépendance. Dans un pays jeune
où la quête d’une identité nationale, et donc de « signes de reconnaissance »5, demeure
un enjeu essentiel, quelle place pouvaient en effet conserver ces héritages honnis à
l’issue de la guerre de Libération nationale ? Comment pourtant, à partir des années
1970 et surtout des décennies suivantes, une certaine ouverture internationale, et de
nouvelles normes promues par l’UNESCO, ont réorienté le regard d’une partie des
acteurs du patrimoine algérien.

Les pratiques patrimoniales coloniales et post-


coloniales
4 L’architecte Edmond Duthoit6 a posé les bases d’une mise en valeur des édifices et des
vestiges de l’Algérie à partir des années 1880. En effet, dès son arrivée, Duthoit7 est
subjugué par ce qu’il découvre, notamment des édifices arabo-musulmans considérés
comme exceptionnels, certains classés en tant que monuments historiques dès 1887, à
l’instar de la grande mosquée d’Alger Djamaa El-Kebir, Les maisons mauresques de la
Casbah de Dar El Souf, Dar Mustapha Pacha et Dar Abdeltif. Parallèlement, sont aussi
classés à différentes dates, les ruines du palais byzantin et les restes de l’amphithéâtre
romain de la ville de Cherchell, les grottes de la ville Jijel ou encore le mausolée romain
Tekseb de Tizi-Ouzou. Duthoit a également participé à la reconnaissance et à la mise en
place des fouilles archéologiques des sites romains de Djemila à Sétif, de Tipaza et de
Timgad ce qui par la suite leur a valu une importante reconnaissance mondiale. Toutes
les lois métropolitaines relevant de la protection du patrimoine (loi du 31 décembre
1913 relative aux monuments historiques) ou de la protection des monuments naturels
et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque
(loi du 2 mai 1930), s’appliquaient à la colonie.
5 Après l’indépendance, l’Algérie a dû faire face à de nombreux défis et avait donc
d’autres priorités que la conservation et la valorisation du patrimoine8. Ainsi, le nouvel
État a dans un premier temps eu tendance à maintenir les dispositions antérieures9, en
procédant, en quelque sorte, à une « nationalisation du droit du patrimoine culturel »10,
à travers l’ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la
protection des sites et monuments historiques et naturels. C’est alors Houari
Boumediene, Président du Conseil de la Révolution, qui prend cette décision qui est
donc une reconduction temporaire d’une législation coloniale, en attendant l’écriture
d’un nouveau cadre réglementaire adapté à de nouveaux besoins et aspirations. Une
commission nationale des monuments historiques par le ministère de l’Éducation
Nationale voit le jour à la même période. L’un de ses membres, l’historien et
archéologue français Paul-Albert Février11, contribue à y définir les dispositifs régissant
les fouilles archéologiques et le classement des monuments historiques.
6 L’article 19 de l’ordonnance de 1967 affirme ainsi que « les monuments historiques font
partie intégrante du patrimoine national. Ils comprennent tous sites, monuments ou
objets mobiliers appartenant à une période quelconque de l’histoire du pays (de

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 3

l’époque préhistorique à nos jours) et présentant un intérêt national du point de vue de


l’histoire, de l’art ou de l’archéologie ». L’article 20 précise de son côté qu’un site est
considéré comme historique s’il s’agit d’un « ensemble d’immeubles urbains ou ruraux
présentant l’intérêt national défini à l’article 19. Il peut comprendre tout ou partie de
villes, de villages, d’espaces bâtis ou non bâtis, y compris le sous-sol afférent à ces
catégories ».
7 De ces définitions découle le fait que tout bâtiment ayant un intérêt particulier et
appartenant à diverses périodes, dont la phase coloniale, est susceptible de bénéficier
d’une mesure de protection constituant un patrimoine, y compris, en théorie du moins,
le bâti colonial. En instaurant l’ordonnance de 1967, l’objectif principal de l’État était
d’instituer un « droit du patrimoine algérien » qui du fait des circonstances était moins
en rupture qu’en continuité avec les normes et les pratiques antérieures. De ce fait, la
liste de tous les biens mobiliers, immobiliers et de tous les sites et les monuments
naturels classés durant la période coloniale est ainsi reprise. Cette liste, qui comprend
293 biens classés (210 édifices et monuments historiques, 17 objets mobiliers ou
meubles et 66 sites et monuments naturels12), est, du reste, restée en vigueur un long
moment. En effet, aucun bâtiment ou site n’y a été ajouté jusqu’aux années 1980.
L’historien et archéologue Abderrahmane Khelifa explique ceci par le fait que la gestion
du patrimoine et de la culture dépendait au départ du ministère de l’Education
Nationale. De fait les affaires patrimoniales et culturelles étaient marginalisées au
profit de l’éducation. Après même la création d’un ministère de l’Information et de la
Culture, dans les années 1970, les questions culturelles demeuraient encore
secondaires13.
8 Mais à partir des années 1980, à la suite des nouvelles orientations socio-politiques que
prend l’Algérie et grâce à certains acteurs clés, la prise en charge du patrimoine connait
une nouvelle impulsion. En effet, sous la présidence de Chadli Ben Djedid, l’Algérie,
pays socialiste relativement fermé jusque-là, s’ouvre davantage au reste du monde et
conduit à une internationalisation des pratiques patrimoniales locales. Des architectes,
des historiens ou des archéologues fonctionnaires bénéficient alors de bourses pour se
former en Europe. De retour au pays, certains d’entre eux, comme Abderrahmane
Khelifa14, essayent de mettre en pratique leurs expériences étrangères dans un climat
plus favorable.
9 Le décret de mai 1985 instaure une nouvelle organisation de l’administration centrale
du ministère de la Culture et du Tourisme (nouvelle appellation du ministère régissant
les affaires culturelles et patrimoniales). Le patrimoine culturel bénéficie désormais
d’une plus grande attention avec la création d’une importante direction de gestion et la
création de l’Agence Nationale d’Archéologie et de protection des sites et monuments
historiques, dirigée par A. Khelifa. L’action patrimoniale se veut alors plus réfléchie et
rigoureuse en abordant d’une manière plus spécifique les domaines archéologiques,
archivistiques ou relatifs aux monuments et sites historiques. Désormais, démarre une
véritable mise en valeur plus ambitieuse du patrimoine national par l’ouverture de
multiples chantiers de fouilles, dont les résultats sont systématiquement publiés.
Plusieurs campagnes de restauration du bâti ancien sont également lancées alors que
des opérations de classement sont planifiées. A cet égard, le premier édifice colonial à
avoir bénéficié d’une mesure de protection, et à être ajouté à la liste établie avant 1962,
est le palais Bengana de Skikda (ex-Philippeville).

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 4

Le palais Bengana : une exception ?


10 La ville de Skikda a été fondée au début de la colonisation française, en 1838, sur un
ancien site romain. Ce site occupe le versant nord de la colline du fort dit « Beni
Melouk », sur une position stratégique située au-dessus de la voie antique de
« Rusikada » et à proximité d’un pont romain. Selon les préceptes et les directives du
gouverneur d’Algérie Charles Jonnart, ce palais fait partie d’une importante série
d’édifices néo-mauresques de la région, parmi lesquels : l’hôtel de ville, le siège de la
poste, la gare ferroviaire, la grande poste, le commissariat et la banque nationale
d’Algérie. L’initiative de leur construction revient principalement à Paul Cuttoli15, qui
arrive à Skikda dans les années 1880 avant d’en devenir maire en 1929.
11 En 1913, Cuttoli demande à Charles Montaland16 de lui construire une villa néo-
mauresque qu’il dédie à sa compagne Marie, dont il fait inscrire le nom dans sa version
arabe, Meriem, précédée du terme « Izza » (« chère »). Par la suite la construction a été
appelée à travers sa dénomination dialectale : « Meriem Azza ». Mais pour des auteurs
qui lui ont consacré une monographie17, ce nom renverrait à la Vierge Marie. Ils
estiment que Cuttoli et son architecte ont souhaité faire dialoguer intérêt pour l’art
arabo-musulman et acte de dévotion à la Vierge. Pour eux, cette idée est confortée, par
la présence, dans les éléments décoratifs, d’étoiles de David à six branches et du poisson
à deux queues occupant l’espace intérieur, faisant ainsi référence à l’Ancien et au
Nouveau testament. Néanmoins, l’hypothèse que la construction de ce palais a d’abord
été un hommage à l’épouse du propriétaire reste dominante.
12 Cependant, la propriété change de nom dans les années 1930 et devient le palais
Bengana18. L’acquéreur, Boulakrass Bengana, est un riche notable originaire de la ville
de Biskra qui en fait une résidence estivale secondaire. Mais une vingtaine d’années
plus tard, après le début de la Guerre d’Algérie ou Guerre de Libération nationale,
Bengana doit quitter les lieux du fait de menaces qu’il reçoit de la part d’Européens
habitant ce quartier résidentiel.
13 Le palais a bénéficié d’un classement en 1985 du fait de l’intérêt manifesté par des
spécialistes qui s’y sont intéressés19. Autrement dit, l’inscription sur la liste de
l’inventaire général des biens culturels immobiliers en tant que patrimoine national,
escamote son caractère « colonial » ou « orientaliste » et met en avant ses qualités
esthétiques singulières et, sans doute aussi, son appropriation littérale ou dans les
mémoires locales, dès les années 1930 par des Algériens. On peut cependant se
demander si ce cas ne constitue pas une exception.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 5

Palais Bengana, façade

Nadia Zaid, et alii, op. cit. p. 20

Détails de la moulure du palais de Bengana

Nadia Zaid et alii, op. cit., p. 46 20

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 6

La difÏcile intégration d’édifices sans statut clair


14 Jusqu’aux années 2000, plusieurs constructions de l’époque coloniale ont bénéficié
d’une mesure de protection pour deux raisons. D’abord, comme le Palais Benagana,
pour leurs qualités esthétiques. Mais d’autres, ont été classés car ils constituaient un
support à la « mémoire de la Guerre de Libération nationale », notamment après
l’instauration de la loi n° 98-04 du 15 juin 1998 relative à la protection du patrimoine
culturel, qui constitue actuellement l’instrument de base de la gestion du patrimoine en
Algérie.
15 Cette loi est indissociable du contexte particulier de la décennie noire marquée, comme
on le sait, par de fortes violences. Préparée sous le gouvernement du président Liamine
Zerouel, elle est censée participer d’un certain apaisement dans la phase d’incertitude
que traverse alors le pays. En effet, après la démission du président Chadli Ben Djedid, à
la fin des années 1980, l’Algérie est entrée dans une zone de turbulences. Le pays n’est
dirigé que par un comité transitoire appelé « Haut Comité d’État » composé de
généraux militaires et de membres du FLN. Ce n’est qu’en 1995 et après nomination de
Liamine Zerouel comme candidat par le HCE que des élections présidentielles sont
organisées et que ce dernier est élu.
16 Pour le nouveau président, il était nécessaire de clarifier le cadre législatif en place. Ce
souci s’est aussi manifesté dans le domaine de la protection du patrimoine bâti comme
l’indique le chef de cabinet actuel de l’inspection générale au sein du ministère de la
Culture, Nourredine Athmani, l’un des concepteurs de la loi de 199821.
17 La particularité de ce nouveau texte est qu’il précise davantage la définition du
patrimoine et met en place de nouveaux instruments et moyens pour sa prise en
charge. La notion de « bien culturel immatériel » est par exemple introduite dans son
article 222. Il est surtout à noter que dans la loi de 1998, et notamment dans son article
41 concernant les ensembles urbains et ruraux, il n’est plus fait spécifiquement
référence aux centres historiques de l’époque coloniale. Sont d’abord mis en avant : des
casbahs, des médinas, des ksours (villages fortifiés) et autres agglomérations qualifiées
de « traditionnelles ». L’omission, volontaire ou involontaire, des constructions
architecturales et urbaines françaises des XIXe et XX e siècles est probablement
symptomatique d’un refoulement des traces les plus manifestes de la colonisation23. De
fait, très peu de monuments et sites coloniaux ont été classés, à l’instar du palais
Bengana.
18 Toutefois, même si dans la loi de 1998, le bâti architectural colonial n’est pas clairement
mentionné, à travers des formulations le distinguant, il semble que celui-ci soit tout
autant concerné par la protection, la préservation et la conservation, du moins d’une
manière discrète et pas tout à fait assumée, comme je l’ai montré dans ma thèse24 . J’ai
ainsi recensé 101 constructions architecturales françaises qui sont actuellement
protégées. Parmi celles-ci, 41 sont classées en tant que monuments historiques et 60
sont inscrites sur la liste d’inventaire supplémentaire ou sur la liste d’inventaire
général ou en ouverture d’instance de classement. Toutefois, on peut remarquer que
sur les 41 monuments historiques classés : 12 d’entre eux l’ont été avant 1962 et ont
conservé ce statut dans la loi de 1967, 8 ont en revanche été classés durant les années
1990 et 21 à partir des années 2000.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 7

19 Par ailleurs, depuis une vingtaine d’années, un nombre important d’édifices et de


bâtiments de diverses époques ont été classés. Ceci est la conséquence de l’application
de la loi de 1998 et des effets indirects de la décennie noire. En effet, la majorité des
bâtiments concernés par les différents dommages et dégradations de cette période ont
été construits au XIXe ou au XX e siècle. Ceci résulte du fait qu’ils constituent la plus
grande partie des édifices destinés à l’usage administratif et économique comme les
hôtels de ville, les banques, les postes etc. Ainsi, si le bâtiment n’a pas été visé
directement par un attentat provoquant sa destruction, comme l’hôtel
« L’Ambassadeur » d’Alger qui a été détruit par une explosion en 1996, les bâtiments et
les immeubles proches ont été partiellement endommagés par l’explosion. S’ajoute à
cela, la peur qui s’est répandue dans le pays et a réduit la vie sociale aux activités
nécessaires. Beaucoup de lieux publics et d’espaces de loisirs ont été désertés et même
fermés. Selon N. Athami les nombreux classements effectués durant cette période
représentaient une forme de résistance au terrorisme25.
20 Parmi les 101 constructions architecturales protégées des XIXe et XX e siècle, 27 édifice
sont de nature militaire, comme les prisons de Barberousse (Serkadji) d’Alger ou d’El
Koudia à Constantine, des centres de torture comme la villa Sésini sur les hauteurs
d’Alger, ou encore les camps d’internement d’El Djorf (à Msila), de Boussou et de Sidi
Bel Abbès. La valorisation et la préservation de ces édifices militaires a été faite au nom
de la mémoire de la guerre de Libération nationale26. L’objectif a été de glorifier le
combat pour l’indépendance et de rappeler le souvenir de ceux qui ont fait le sacrifice
de leur vie. C’est par exemple dans la prison de Barberousse, construite durant la
colonisation française en 1856 à la place d’une ancienne fortification turque, qu’ont été
emprisonnés et guillotinés des militants indépendantistes comme Ahmed Zabana.

Prison Barberousse (ou Serkadji) construite en 1856 dans la haute Casbah d’Alger27

Agence Nationale des Secteurs Sauvegardés en Algérie.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 8

Intérieur de la prison aujourd’hui28

Algérie Presse service, 21 juin 2020.

21 Ainsi, lors de la réception organisée le 12 décembre 2013 en l’honneur de l’installation


du président et du procureur de la Cour de Tipaza, le ministre de la justice, Taybe Louh,
profite de cet événement pour déclarer que la prison Serkadji est vouée à devenir un
« musée de la mémoire nationale29 », car elle est l’un des « sites témoins des atrocités
des crimes du colonialisme30 ». De même, lors du coup d’envoi des festivités du mois du
patrimoine de l’année 2021 en Algérie, la ministre de la Culture et des Arts, Malika
Bendouda, entame cet évènement par une visite de cette prison, qu’elle considère
comme « un important lieu patrimonial31 ».

Le programme Euromed Heritage et ses effets


22 La participation de l’Algérie au programme international Euromed Heritage a
probablement eu un effet positif dans le classement de toute une série de constructions
françaises, comme le théâtre national d’Alger construit selon un style néo-baroque en
1853 par les architectes Frédéric Chassérieu et Justin Ponsard ; l’hôtel de ville de Sidi
Bel Abbès de style classique édifié en 1879 ; la grande poste néo-mauresque d’Alger
conçue par Jules Voinot et Marius Toudoire ; ou encore le théâtre d’Oran de style
Renaissance bâti en 1907 et dont la ministre de la Culture Malika Bendouda annonce,
lors d’une conférence portant sur « la mise en valeur et la promotion architecturale,
culturelle et historique » en 2021, le classement en tant que monument historique
d’Algérie et partie intégrante du patrimoine national32.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 9

La grande poste d’Alger33

Photo récente prise par l’auteur.

23 Le programme Euromed Heritage a été lancé à la suite de la déclaration de Barcelone de


1995 qui visait à favoriser les échanges culturels entre l’Union européenne et des pays
méditerranéens, dans l’optique de créer des « espaces de paix, de sécurité et de
prospérité ». A partir de 2003, neuf pays du bassin méditerranéen participe au
programme, dont l’Algérie34. L’un des volets d’Euromed Heritage a porté sur les
constructions coloniales, présentées comme « patrimoines partagés »35, dans un sens
assez proche de celui défendu à la même période par l’UNESCO36. Durant ce projet,
mené entre 2002 et 2007 et coordonné par l’historienne Mercedes Volait et le
géographe et architecte Romeo Carrabelli, chacun des participants a évoqué des
moyens mis en œuvre dans la protection d’édifices. Ce fut le cas notamment
d’architectes et enseignants algériens du département d’architecture de l’Université
Mouloud Mameri de Tizi-Ouzou37.
24 L’équipe internationale alors constituée est à l’origine d’une base de données
bibliographique de plus de dix-milles références qui concerne l’héritage architectural
des neuf pays concernés. Il a également donné naissance à un ouvrage collectif, Histoires
d’architectures en Méditerranée, XIXe-XXe siècles : écrire l’histoire d’un héritage bâti 38, auquel
ont contribué plusieurs auteurs algériens39. On peut considérer qu’Euromed Heritage a
favorisé la redécouverte de constructions françaises importantes de plusieurs villes du
pays.
25 Néanmoins, pour un certain nombre d’Algériens que j’ai pu interroger dans ma thèse40,
les édifices construits entre 1830 et 1962 restent encore associés à une période sombre
de l’histoire de leur pays. Il est par conséquent toujours difficile de considérer
d’emblée, comme le suggère pourtant la législation algérienne en vigueur depuis 1967,
que ces constructions méritent d’être sauvegardées et mises en valeur. Pourtant est-il
possible d’imaginer la rue Larbi ben M’Hidi sans la grande poste d’Alger ? Que seraient
Oran, Annaba ou Skikda sans leurs gares et hôtels de ville si particuliers ? On peut

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 10

considérer que beaucoup de ces édifices sont constitutifs du paysage urbain et forment
donc un patrimoine en puissance, qui reste cependant le plus souvent invisible.
26 En conclusion, en Algérie la question de la protection du patrimoine culturel, en
particulier architectural et urbain, est considérée aujourd’hui comme une mission très
importante. C’est ainsi que plus de mille sites et monuments historiques de différentes
époques, dont la période coloniale, sont aujourd’hui protégés. Mais pour les différents
acteurs et décideurs concernés, les constructions françaises des XIXe et XX e siècles
forment un héritage implicite mais non prioritaire, contrairement à des édifices
antérieurs plus fragiles et, surtout, ressentis comme plus légitimes car participant à
l’ancrage d’une identité nationale dans un passé plus long et moins controversé. En
2011, la ministre de la Culture Khalida Toumi l’a exprimé à sa façon, à l’occasion de la
promotion de l’événement : « Tlemcen capitale de la culture islamique »41. Selon elle,
les monuments et édifices islamiques représentaient l’héritage architectural majeur de
l’Algérie42.
27 De plus, quand la valeur patrimoniale de certaines de ces constructions est
publiquement admise par les responsables politiques (comme pour le palais de
Bengana, la grande poste d’Alger ou l’hôtel de ville de Skikda), elle l’est davantage en
raison de caractéristiques architecturales, le plus souvent exceptionnelles, qui
permettent de transcender l’aura négative que renvoie potentiellement tout édifice
associé à l’époque coloniale. Mais à l’inverse, nous avons également vu que la
patrimonialité de bâtiments et sites français est admise précisément pour des raisons
inverses. Casernes, prisons, anciens centres de torture sont rendus visibles pour rendre
tangible les aspects les plus oppressifs de la colonisation et surtout nourrir une
mémoire collective de la lutte pour l’indépendance.

NOTES
1. Bernard Toulier, « Architecture et patrimoine coloniaux européens », dans Marc Pabois,
Bernard Toulier (dir.). Architecture Coloniale et Patrimoine, expériences européennes, Paris, Somogy
Editions d’art, Paris 2006, p. 11.
2. Yassine Ouagueni, « Algérie : l’État du patrimoine- un constat mitigé », dans Icomos Algérie,
Heritage at Risk, 2003, p. 22-30. file :///C :/Users/win8/Downloads/21064-
Artikeltext-55113-1-10 20150615 %20(2).pdf
3. Pour une vue d’ensemble, voir : Nabila Oulebsir, Les usages du patrimoine : monuments, musées et
politique coloniale en Algérie (1830-1930), Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2004,
411 p.
4. Daniel Fabre (ed.), Émotions patrimoniales, Éditions de la Maison des sciences de l’homme,
Ministère de la culture, 2013, https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3580.
5. Pascal Ory, Qu’est-ce qu’une nation ? Une histoire mondiale, Paris, Gallimard, 2020, p. 280.
6. Nabila Oulebsir, « La découverte des monuments de l’Algérie. Les missions d’Amable Ravoisié
et d’Edmond Duthoit (1840-1880) », in Revue du monde musulman et de la Méditerranée, n° 73-74,
1994, p. 57-76.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 11

7. Nommé par le gouvernement français de l’époque chef des Monument historique en Algérie en
1880.
8. Entretien avec de Nouredine Athmani, juriste et chef de cabinet de l’Inspection Générale au
niveau du ministère de la Culture algérien, 27 décembre 2021.
9. Jihane Chadouki, « Les monuments historiques en droit comparé et en contexte colonial »,
dans Jean-Pierre Bady, Marie Cornu, Jérôme Fromageau et alii (ed.), De 1913 au code du patrimoine.
Une loi en évolution sur les monuments historiques. Paris : La documentation française, 2018, p. 446- 452.
10. Id.
11. Paul-Albert Février a enseigné l’archéologie et l’histoire à la faculté d’Alger dès 1960 où il
devient directeur du Centre de recherches sur l’Afrique méditerranéenne en 1962. Après
l’indépendance de l’Algérie, il est nommé conseiller technique au Ministère de l’Éducation
nationale algérien de 1964 à 1968 et inspecteurs des antiquités de 1966 à 1968. Entretemps, il
devient professeur à l’université en 1967 avant de revenir en France l’année suivante.
12. Les biens et monuments historiques furent répertoriés selon leur nature, leur époque et leur
civilisation en plusieurs catégories relevant de la préhistoire, de l’antiquité, du monde
musulman. Une dernière catégorie a été intitulée « diverse », dans laquelle se trouvait
potentiellement des édifices de l’époque coloniale.
13. Nourredine Athmani, entretien le 27 décembre 2021.
14. Il est notamment l’auteur de : Fouilles de Honaïne. Contribution à l’étude des villes du Maghreb
central, Alger, Centre national de la recherche en archéologie (supplément au Bulletin d’archéologie
algérienne, 9), 2022, 2 vol.
15. Paul Cuttoli, natif de Bab El Oued, est un homme politique et avocat qui a d’abord été député
du département de Constantine puis sénateur.
16. Il est aussi le concepteur de tous les autres bâtiments néo-mauresques de cette région. Il est
nommé inspecteur général adjoint au Service d’architecture d’Algérie au milieu des années 1930.
17. Nadia Zaid, Samira Amokrane, Kamel Tazairt, Meriem Azza, Un hymne à la beauté, Skikda,
CDSP/ interimages, 1970, p. 9.
18. La cause de cette vente est liée à l’engagement de la France dans la Première Guerre mondiale
qui a grevé quelque peu les budgets alloués au fonctionnement des circonscriptions
administratives des colonies algériennes et c’est dans le but de renflouer les caisses presque vides
de sa ville, que Paul Cuttoli cède le palais de sa femme. Cf. El Watan. « Château Cuttoli-Bengan »,
28 août 2005. http://www.elwatan.com/2005-08-11/2005-08-11-24428
19. Nadia Zaid et alii, op. cit., p. 9.
20. Le texte calligraphié dit : « Bureau de monsieur Cuttoli député de Constantine qui a fait
construire ce palais Meriem izza en 1913 ».
21. Entretien avec de Nourredine Athmani, le 27 décembre 2021.
22. Article 2 de la loi n° 98-04, Journal officiel de la République Algérienne Démocratique et
Populaire, n° 44 du 22 safar 1419 correspondant au 17 juin 1998, p. 3.
23. Boussad Aiche, Farida Cherbi, « Héritage des XIXe et XXe siècles : connaissance et
reconnaissance du patrimoine algérien », dans Jean-Baptiste Minnaert (dir.), Histoire
d’architectures en Méditerranée XIXe – XXe siècles, Paris, Éditions de la Villette, 2005, p. 97-130.
24. Anissa Mami, Le patrimoine colonial en Algérie : le néo-mauresque entre reconnaissance, déni ou
identité architecturale nationale (1962-2022), Thèse de Doctorat d’histoire de l’art et d’architecture,
Université de Bougogne Franche Comté, sous la Direction de Philippe Poirrier, 2022.
25. Nourredine Athmani, entretien du 27 décembre 2021.
26. Boussad Aiche, Farida Cherbi, Leila Oubouzar, « Patrimoine XIXe-XXesiècles en Algérie : un
héritage à l’avenir incertain », dans Romeo Carabelli, Alexandre Abry (dir.), Reconnaître et protéger
l’architecture récente en Méditerranée, Paris, Maisonneuve et Larose, 2005, p. 147-170.
27. Agence Nationale des Secteurs Sauvegardés en Algérie.
28. On distingue le portrait d’Ahmed Zabana au premier plan. Source :

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 12

29. El Moudjahid, Quotidien national d’information. « La prison de Serkadji bientôt reconversion


en musée de la mémoire nationale : Un haut lieu de la barbarie coloniale », 25 décembre 2013.
https://old.elmoudjahid.com/fr/actualites/51714
30. Idem.
31. El Watan. « À partir de la citadelle d’Alger : Coup d’envoi des festivités du mois du
patrimoine », 21 avril 2021. https://www.elwatan.com/regions/centre/alger/a-partir-de-la-
citadelle-dalger-coup-denvoi-desfestivites-du-mois-du-patrimoine-21-04-2021
32. Malika Bandoura : « Dans le cadre de la mise en valeur et de la promotion architectural, culturel et
historique », Algérie 360°. « Le théâtre d’Oran sera classé ‘’patrimoine national’’« , 31 juillet 2021.
https://www.algerie360.com/20200731-le-theatre-doran-sera-classe-patrimoine-national/
33. L’édifice a été classé monument historique en 2017. Il est actuellement fermé et est en cours
de restauration avant de devenir un musée d’histoire de la poste et des télécommunications.
34. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce.
35. Mercedes Volait, « Patrimoines partagés : un regard décentré et élargi sur l’architecture et la
ville des XIXe et XXe siècles en Méditerranée », dans Marc Pabois, Bernard Toulier (dir.),
Architecture coloniale et patrimoine, l’expérience française, Paris, Somogy, 2005, p. 115-124.
36. Galila El Kadi, Sahar, Attia, Patrimoine partagé de la Méditerranée, concept, gestion et mémoire
collective, Alexandrie et le Centre de publication et de recherche Méditerranéen, 2009.
https://www.bibalex.org/Attachments/Publications/Files/
2014010812464880982_PatrimoinesPartagsdelaMditerr ane.pdf
37. Il s’agit, entre autres, d’Aiche Boussad, Mohamed Medjber et Farida Cherbi.
38. Jean-Baptiste Minnaert (dir.), Histoires d’architectures en Méditerranée, XIXe-XXe siècles : écrire
l’histoire d’un héritage bâti, Paris, La Villette Editions, 2005.
39. Un CD-Rom sur l’inventaire des dispositifs et des pratiques de protection de l’héritage
architectural contemporain a également été réalisé dans ce cadre.
40. Mami, op. cit.
41. La ville de Tlemcen compte à elle seule 75 % de ces constructions à l’échelle de l’Algérie.
42. Algérie presse service. « ‘’Tlemcen, capitale de la culture islamique’’ : recouvrer la place de la
culture algérienne aux plans régional et international », le 25 juin 2010. https://
www.djazairess.com/fr/apsfr/81277

RÉSUMÉS
Au lendemain de l’indépendance en 1962, l’Algérie se retrouve face à un parc immobilier urbain
et des infrastructures assez importantes. Ces constructions et bâtiments sont alors placés au
cœur de nombreux enjeux politiques et culturels. En effet, le patrimoine colonial du XIXe et XXe
siècle, porte en germe les traces directes ou indirectes du système colonial qui continue de laisser
des traces douloureuses dans le pays. Néanmoins, depuis l’indépendance, a émergé une politique
patrimoniale qui ne pouvait ignorer le legs de la période de la présence française. Il s’agit ici d’en
retracer les grandes lignes et d’en comprendre le sens actuel.

After independence in 1962, Algeria was faced with a relatively large stock of urban buildings and
infrastructure. These buildings were at the heart of many political and cultural issues. Indeed,
the colonial heritage of the 19th and 20th centuries bears the seeds of the direct or indirect
traces of the colonial system, which continues to leave painful scars on the country. However,

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024


Le bâti colonial algérien, un patrimoine afÏrmé ou nié ? 13

since independence, a heritage policy has been developed that cannot ignore the legacy of the
French presence. The aim here is to trace the broad outlines of this policy and to understand
what it means today.

INDEX
Mots-clés : histoire, colonisation, Algérie, patrimoine, architecture
Keywords : History, Colonization, Algeria, Modern, Architecture

AUTEUR
ANISSA MAMI

Docteur en histoire de l’Université de Bourgogne Franche-Comté et de l’Université Ferhat Abbas,


Institut d’Architecture et des Sciences de la Terre, Sétif, Algérie.

Revue d'histoire culturelle, 9 | 2024

Vous aimerez peut-être aussi