CB 1
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Voici les consignes d’usage, présentes dans le libellé des épreuves de mathématiques des concours :
N’oubliez pas de bien numéroter vos copies et de traiter les questions dans l’ordre. Les
différentes parties de ce problème ne sont pas indépendantes. Il n’est néanmoins pas nécessaire
d’avoir réussi à démontrer un résultat pour l’utiliser dans la suite du problème.
Exercice 1.
(a) Montrer qu’il existe une fonction h définie sur R∗+ (on donnera l’expression explicite de h(x)) telle
que : ∀x > 0, g ′ (x) = h(x)f (x).
(b) Dresser le tableau de variations complet de g sur ]0, +∞[. On détaillera les calculs de limites et on y
fera figurer r et 1.
3. (a) Montrer que, pour tout n ∈ N∗ , l’équation g(x) = n admet une unique solution dans [1, +∞[. On
notera αn cette solution.
n
(b) Montrer que : ∀n ≥ 1, αn ≥ e 2 .
(c) En déduire que (αn )n≥1 admet une limite et la déterminer.
(d) i. En vous inspirant de ce qui a été fait plus tôt dans l’exercice, écrire une fonction Python
approx(n) permettant de trouver une valeur approchée de αn .
ii. Comment pourrait-on illustrer la question 3.c. grâce à cette fonction approx(n) ?
2
α
4. (a) Montrer que pour tout n ≥ 1, ln enn = αn2 .
n
2
αn
(b) En déduire que en admet une limite et la déterminer.
n≥1
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Définition : On dit qu’une matrice A de Mn (R) est productive lorsque A est positive et lorsqu’il existe
une matrice positive V de Mn,1 (R) telle que V − AV > 0.
10. Etude d’un exemple : dans cette question, on suppose que n = 2. On se donne un réel a ≥ 0 et on pose
0 a a+1
A= et V = .
0 0 1
Montrer que A est productive.
11. Cas des matrices stochastiques : soit A une matrice stochastique de Mn (R).
(a) Quelle est la taille de la matrice AU ? La calculer et en déduire que pour tout λ ∈ [0, 1[, la matrice
λA est productive.
(b) Soit V une matrice positive de Mn,1 (R) et soit k ∈ [ 1, n]] tel que ∀i ∈ [ 1, n]], [V ]i ≥ [V ]k . Calculer
[AV ]k et en déduire que A n’est pas productive.
12. Une caractérisation des matrices productives : Soit A une matrice de Mn (R).
(a) On suppose dans cette question que A est productive, et on note V une matrice positive de Mn,1 (R)
telle que V − AV > 0.
i. Justifier que V > 0. On pourra raisonner par l’absurde.
ii. Soit X une matrice de Mn,1 (R) telle que X − AX ≥ 0. On pose
[X]1 [X]n [X]k
c = min ,..., et k ∈ [ 1, n]] tel que c = .
[V ]1 [V ]n [V ]k
Montrer que c est bien défini. Montrer ensuite que
n
X
c [V ]k − [A]k,j [V ]j ≥ 0.
j=1
∀X ∈ Mn,1 (R), BX = 0 =⇒ X = 0.
On admet que la réciproque de cette propriété est vraie.
B. Montrer que In − A est inversible.
v. En utilisant la question 12.a.ii), montrer que pour toute matrice positive X de Mn,1 (R), la
matrice Y = (In − A)−1 X est positive.
vi. En déduire que la matrice (In − A)−1 est positive.
(b) On suppose que A est positive, que In − A est inversible et que (In − A)−1 est positive. On note
V = (In − A)−1 U . Montrer que V − AV > 0.
(c) Conclure que A est productive si et seulement si on a : A est positive, In − A est inversible et
(In − A)−1 est positive.
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Proposition de solutions
Solution 1 1. (a) f est dérivable sur ]0, +∞[ comme somme de fonctions usuelles dérivables sur cet intervalle et,
2
∀x > 0, f ′ (x) =
+ 2x > 0
x
donc f est strictement croissante sur ]0, +∞[. Comme f est continue sur cet intervalle, d’après le théorème de la
bijection, elle réalise une bijection de ]0, +∞[ sur f (]0, +∞[) =] lim f (x), lim f (x)[=] − ∞, +∞[= R.
x→0 x→+∞
2x2
(4x ln(x) + )(x2 + 1) − 2x(2x2 ) ln(x)
′ 2x
g (x) = x
= (2 ln(x) + x2 + 1) = f (x)h(x)
(x2 + 1)2 (x2 + 1)2
2x
en posant h(x) = (x2 +1)2
.
2x
Conclusion : Pour tout x > 0, on a g ′ (x) = f (x)h(x) avec h(x) = (x2 +1)2
.
(b) Pour tout x > 0, on a h(x) > 0. Ainsi, le signe de g ′ (x) est le même que celui de f (x). De plus, g(x) −→ 0 par quotient
x→0
2 ln(x)
et croissances comparées au numérateur. Puis, g(x) = −→ +∞. Finalement, on obtient, grâce aux questions
1+ 12 x→+∞
x
précédentes, le tableau de variations suivant.
x −∞ r 1 +∞
0 +∞
g(r)
0
3. (a) g est strcitement croissante sur [1, +∞[ et continue, donc, d’après le théorème de la bijection, elle réalise une bijection
de [1, +∞[ sur g([1, +∞[) = [g(1), lim g(x)[= [0, +∞[. Comme tout n ∈ N∗ est un élément de [0, +∞[, par définition
x→+∞
d’une bijection, il admet un unique antécédant dans [1, +∞[ par g.
Conclusion : Pour tout n ∈ N∗ , il existe un unique αn ∈ [1, +∞[ tel que g(αn ) = n.
(b) On a
n
n
n
2(e 2 )2 ln e 2 en
g(e ) =
2 n =n ≤ n = g(αn ).
(e 2 )2 + 1 en + 1
n
Ainsi, comme g est strictement croissante, il vient e 2 ≤ αn .
n
Conclusion : Pour tout n ≥ 1, e 2 ≤ αn .
n
(c) Lorsque n tend vers +∞, e 2 tend vers +∞, donc le théorème de comparaison assure que (αn )n admet une limite qui
est +∞.
Conclusion : (α)n≥0 diverge vers +∞.
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def g(x):
return (2*x**2*np.log(x))/(x**2+1)
def approx(n):
x=1
for k in range(10000):
if g(x)>=n:
return x
else:
x=x+0.1
return x
Il est judicieux de choisir un pas plus grand que précédemment parce que l’intervalle à parcourir est plus grand.
ii. On peut par exemple taper approx(100) puis approx(1000), dans la console et constater que la valeur de αn
augmente considérablement avec n.
n2α2 ln(α )
n n (α2 +1)
4. (a) On sait que g(αn ) = n. Ainsi, α2
= n et donc ln(αn ) = n 2α 2 .
n +1 n
α2
Par ailleurs, ln enn = ln(α2n ) − ln(en ) = 2 ln(αn ) − n. En réinjectant dans la précédente égalité, on obtient donc :
α2n n(α2n + 1)
n
ln =2 −n= 2 .
en 2α2n αn
α2 n
Conclusion : Pour tout n ≥ 1, on a ln enn = α2
.
n
n n
(b) Nous avons, d’après la question 3.b. que (αn )2 ≥ en > 0. Donc, 0 < α2
≤ en
= ne−n −→ 0 par croissances
n n→+∞
n
comparées. Ainsi, le théorème d’encadrement permet de dire que α2
−→ 0. D’après la question précédente et
n n→+∞
α2
puisque la fonction exp est continue en 0, on peut conclure que ( enn )n≥0 admet une limite qui est e0 = 1.
α2
n
Conclusion : −→
en n→+∞
1.
Solution 2 Partie I :
1. Puisque n = 3, on a
1 0 0 1 1 0
I3 = 0 1 0 , U = 1 , E1 = 0 , E2 = 1 .
0 0 1 1 0 0
2. On a
1 1 0 0
U = 1 = 0 + 1 + 0
1 0 0 1
Conclusion : U = E1 + E2 + E3 .
3. On a
[X]1 [X]1 0 0 1 0 0
X = [X]2 =
0 + [X]2 +
0 = [X]1 0 + [X]2 1 + [X]3 0
[X]3 0 0 [X]3 0 0 1
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Partie II
6. Soit A ∈ Mn (R) une matrice strictement positive. Par définition, chacun de ses coefficient est strictement positif. Un nombre
strictement positif étant en particulier positif ou nul, chaque coefficient de A est positif ou nul. Donc A est positive.
Conclusion : Une matrice strictement positive est positive.
7. (a) Soit A une matrice positive et λ un réel strictement positif. On a alors, pour (i, j) ∈ [ 1, n]]2 ,
[λA]i,j = λ[A]i,j ≥ 0
car [A]i,j ≥ 0 et λ ≥ 0. Ainsi, tous les coefficients de la matrice λA sont positifs et donc par définition :
Conclusion : La matrice λA est positive.
(b) Soit A et B deux matrices positives. On a alors, pour (i, j) ∈ [ 1, n]]2 ,
Comme pour tout (i, k) ∈ [ 1, n]]2 , [A]i,k ≥ 0 et pour tout (k, j) ∈ [ 1, n]]2 , [B]k,j ≥ 0, la somme précédente est à termes
positifs et est donc positive. Ainsi, tous les coefficients de la matrice AB sont positifs et par définition, on a :
Conclusion : La matrice AB est positive.
(f) Soit A une matrice positive. Démontrons par récurrence que pour tout k ∈ N, P (k) : ” Ak ≥ 0 ” est vraie.
Initialisation : Pour k = 0, on a A0 = In ≥ 0 puisque ses coefficients valent 0 ou 1.
Hérédité : Soit k ∈ N fixé. Supposons que P (k) soit vraie. On a alors Ak+1 = Ak A. Par hypothèse de récurrence, la
matrice Ak est positive. Ainsi, en utilisant la question 1.e en posant B = Ak , on obtient que Ak A est positive et donc
que P (k + 1) est vraie.
Conclusion : Pour tout k ∈ N, la matrice Ak est positive.
8. (a) On a A ∈ Mn (R), Ej ∈ Mn,1 (R) et t Ei ∈ M1,n (R). Ainsi, les tailles sont compatibles : on peut effectuer le produit
AEj qui donnera une matrice de Mn,1 (R) et on peut effectuer le produit t Ej (AEi ) qui donnera une matrice de
M1,1 (R), c’est à dire un réel.
Conclusion : La matrice t Ei AEj est bien définie et c’est un réel.
(b) i. Par définition, Ej ∈ Mn,1 (R) et pour tout k ∈ [ 1, n]], [Ej ]k = 1 si k = j et [Ej ]k = 0 si j ̸= k.
ii. On a d’abord AEj ∈ Mn,1 (R) donc pour k ∈ [ 1, n]],
n
X
[AEj ]k = [A]k,ℓ [Ej ]ℓ = [A]k,j
ℓ=1
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Or, comme A est positive, λA est positive pour λ ∈ [0, 1[ (question 7.a).
De plus, d’après le résultat précédent, on a λAU = λU . Donc U − λAU = U − λU = (1 − λ)U > 0 car 1 − λ > 0 et U
est strictement positive (on adapte la preuve de 7.a au cas strictement positif).
Conclusion : Si A est stochastique et λ ∈ [0, 1[, la matrice λA est productive.
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(b) On a
n
X n
X n
X
[AV ]k = [A]k,i [V ]i ≥ [A]k,i [V ]k = [V ]k [A]k,i = [V ]k
i=1 i=1 i=1
parce que la matrice A est stochastique.
Ce raisonnement est applicable à toute matrice colonne V positive. Ainsi, pour tout V ∈ Mn,1(R) , et pour tout
k ∈ [ 1, n]], on a [V ]k − [AV ]k = [V − AV ]k ≤ 0. Donc on ne peut avoir A − AV > 0 pour aucun élément V de Mn,1 (R).
Conclusion : La matrice A n’est pas productive .
12. (a) i. On sait déjà que V ≥ 0 par définition d’une matrice productive. Raisonnons donc par l’absurde en supposant
qu’il existe k ∈ [ 1, n]] tel que [V ]k = 0. Ainsi, par définition, on aurait
n
X X
[V − AV ]k = [V ]k − [A]k,i [V ]i = − [A]k,i [V ]i > 0.
i=1 i∈[[1,n]]−{k}
Cela est absurde puisque A et V sont positifs.
Conclusion : On a V > 0.
ii. Remarquons d’abord que c est bien défini car d’une part V étant strictement positif, aucun de ses coefficients
n’est nul, et d’autre part le minimum est pris sur un nombre fini d’éléments.
Calculons cette quantité :
n n
X X [X]k
c [V ]k − [A]k,j [V ]j = [X]k − [A]k,j [V ]j (∗)
j=1 j=1
[V ]k
[X]k [X]j
Mais comme par définition de k, on a [V ]k
≤ [V ]j
pour tout j, on peut dire que
[V ]j [X]k
≤ [X]j .
[V ]k
En reportant dans (∗), il vient alors
n
X
c [V ]k − [A]k,j [V ]j ≥ [X − AX]k ≥ 0
j=1
par hypothèse.
[X]j
Finalement, comme V − AV > 0, on a forcément c ≥ 0. Ainsi, tous les [V ]j
sont positifs et comme V > 0, on en
déduit que X est positive.
Conclusion : La matrice X est positive.
iii. On a
−X − A(−X) = −X + AX = −X + X = 0.
Ainsi, en particulier, −X − A(−X) ≥ 0. On peut donc appliquer la question 12.a.ii à −X en conclure que −X ≥ 0.
Comme de plus l’égalité AX = X implique que X − AX ≥ 0, la question 12.a.ii implique également que X ≥ 0.
Finalement, X a tous ses coefficients positifs et −X aussi. Donc tous les coefficients de X sont nuls.
Conclusion : X = 0.
iv. A. Soit B ∈ Mn (R). Supposons que B est inversible. Soit X ∈ Mn,1 (R). Supposons que BX = 0. On a alors
B −1 BX = B −1 0 donc X = 0.
B. On a montré en question 12.a.iii que si X vérifie AX = X (ce qui est équivalent à (In − A)X = 0), alors
X = 0. En utilisant la réciproque admise de la propriété de la question précédente avec B = In − A, on peut
dire que
Conclusion : La matrice In − A est inversible .
v. Posons Y = (In − A)−1 X. On a alors
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(c) Le sens indirect est montré dans la question 12.b. Le sens direct a été montré dans la question 12.a.
1
13. (a) D’abord, la matrice A est bien positive (ses coefficients sont égaux à 3
≥ 0 et 0 ≥ 0). De plus,
−3 1 1
1
I3 − A = − −1 3 −1 .
3 −1 −1 3
L’application rigoureuse de la méthode du pivot de Gauss permet de montrer que I3 − A est inversible et que
3 3 3
2 4 4
−1 3 3 3
(I3 − A) = 4 2 4
.
3 3 3
4 4 2