Rapport Leçon 250
Rapport Leçon 250
Thomas COURANT
Mars 2024
Table des matières
0 Introduction 1
0 Introduction
La transformée de Fourier est une extension pour les fonctions non périodiques des séries de Fourier. Elle
a pour objectif d’étudier une fonction comme une moyenne de fonctions trigonométriques de toutes fré-
quences. Elle a été introduite en 1822 par Joseph Fourier avec les séries de Fourier pour pouvoir résoudre
l’équation de la chaleur. Aujourd’hui, elle a des applications dans des domaines très variés des mathéma-
tiques.
Dans ce rapport nous allons commencer par définir la transformée de Fourier dans différents espaces fonc-
tionnels et voir quelques-unes de ses propriétés importantes. Puis dans une deuxième partie, nous nous in-
téresserons à certains principes d’incertitudes qui ont pour objectif de quantifier la relation entre la concen-
tration d’une fonction et l’étalement de sa transformée de Fourier. Nous utiliserons aussi la transformée de
Fourier pour résoudre un certain nombre d’équations aux dérivées partielles dont l’équation des cordes ou
l’équation de Schrödinger. Puis pour finir, nous nous intéresserons aux applications de la transformée de
Fourier en probabilités avec les fonctions caractéristiques.
Définition 1.1.1
Soit f ∈ L 1 (R) on définit la transformée de Fourier de f comme la fonction fˆ : R −→ C définie par :
Z
∀ξ ∈ R, fˆ(ξ) = f (x) e− i xξ dx.
R
On commence par montrer que fˆ est bien définie et on regarde son comportement en ±∞.
1
Exemple 1.1.1
1. Pour une fonction indicatrice, on a avec a < b :
³ ´
b−a
sin 2 ξ
∀ξ ∈ R, à1[a,b] (ξ) = 2 e− i(a+b)ξ/2 .
¡ ¢
ξ
π − ξ2
r
2
∀ξ ∈ R, à
¡ ¢
e−ax (ξ) = e 4a .
a
Remarque 1.1.1
Les fonctions indicatrices sont intégrables mais pas leur transformée de Fourier, on observe donc que la trans-
formée de Fourier n’opère pas dans L 1 (R).
Théorème 1.1.1
Pour tout f ∈ L 1 (R), la fonction fˆ : R −→ C est continue et bornée par ° f °1 .
° °
Dans la suite on notera C O (R) l’ensemble des fonctions continues qui tendent vers 0 en ±∞, on peut refor-
muler le théorème précédent.
Corollaire 1.1.1.1
L’application transformée de Fourier :
F:
¡ 1
L (R), ∥.∥1 −→ (C 0 (R), ∥.∥∞ )
¢
,
u 7−→ û
En munissant L 1 (R) du produit de convolution et C O (R) du produit usuel on obtient deux algèbres. Un
résultat important est que F est un morphisme d’algèbre, c’est la proposition suivante :
Proposition 1.1.1
Pour tout f , g ∈ L 1 (R), on a :
∗ g = fˆĝ .
f
Corollaire 1.1.1.2
Il n’existe pas d’éléments neutres pour le produit de convolution dans L 1 (R).
Il reste une question, c’est de comprendre si F est injectif ou surjectif. Pour répondre à cette question,
nous allons montrer le théorème suivant qui permet d’inverser la transformée de Fourier sous certaines
conditions.
2
Théorème 1.1.2 (Formule d’inversion)
Si f ∈ L 1 (R) et fˆ ∈ L 1 (R) alors pour presque tout x ∈ R on a :
1
Z
f (x) = fˆ(ξ) ei xξ d d ξ.
2π R
Corollaire 1.1.2.1
La transformée de Fourier F : : L 1 (R) −→ C 0 (R) est injective.
Exemple 1.1.2
La formule d’inversion nous permet aussi de calculer certaines transformées de Fourier, par exmple on obtient
que : µ ¶
1 1
∀ξ ∈ R, F 2
(ξ) = e−|ξ| . (1.1.1)
1+x 2
Mais F n’est pas surjective, c’est le résultat suivant.
Proposition 1.1.3
L’application F : : L 1 (R) −→ C 0 (R) n’est pas surjective.
La formule nous permet aussi d’affiner le lien entre transformée de Fourier et convolution en donnant une
réciproque à la proposition 1.1.1.
Proposition 1.1.4
Soient f , g ∈ L 1 (R) tel que fˆ ∈ L 1 (R), alors f g ∈ L 1 (R) et de plus :
1 ˆ
fcg = f ∗ ĝ .
2π
Il nous reste plus qu’à voir le lien entre dérivée et transformée de Fourier, ce qui nous sera très utile pour la
résolution d’EDP.
Proposition 1.1.5
∂f
Soit f ∈ L 1 (R) C 1 (R) et tel que 1
∂x ∈ L (R) alors
T
∂f
d
∀ξ ∈ R, (ξ) = i ξ(x
f (.)(ξ).
∂x
Proposition 1.1.6
Soit f ∈ L 1 (R), telle que x : 7−→ x f (x) soit dans L 1 (R). Alors fˆ est de classe C 1 et sa dérivée est bornée sur R
donnée par :
∂ fˆ
∀ξ ∈ R,
¡ ¢
(ξ) = − i x f (ξ).
∂ξ
3
Théorème 1.2.1 (Formule de Plancherel-Parseval)
Soit f ∈ L 1 (R), alors fˆ ∈ L 2 (R) si et seulement si f ∈ L 2 (R) et dans ce cas on a :
° °2
° fˆ° = 2π ° f °2 .
° °
2 2
Remarque 1.2.1
En terme de produit scalaire la formule de Plancherel-Parseval s’écrit :
Z Z
1 2
∀ f , g ∈ L (R) ∩ L (R), fˆ(ξ)ĝ (ξ) dξ = f (x)g (x) dx.
R R
On utilise maintenant la densité de L 1 (R)∩L 2 (R) dans L 2 (R) pour pourvoir étendre la transformée de Fourier
à L 2 (R).
Théorème 1.2.2
L’application linéaire continue injective
s’étend en une unique application linéaire continue injective (que l’on note toujours F ) :
F : L 2 (R) −→ L 2 (R).
Cette application est la transformée de Fourier sur L 2 (R), de plus on a toujours l’égalité de Plancherel-
Parseval : °2 ° °2
∀ f ∈ L 2 (R), °F ( f )°2 = 2π ° f °2 .
°
Pour la transformée de Fourier sur L 2 (R) nous n’avons plus de formule exacte pour la calculer mais on a le
lien suivant avec la formule intégrale.
Proposition 1.2.1
Soit f ∈ L 2 (R), on a le résultat suivant :
lim ° f − ϕ A °L 2 = 0 et lim ° fˆ − ψ A °L 2 = 0,
° ° ° °
A→+∞ A→+∞
où on a posé
Z A Z A
∀ξ ∈ R, ϕ A (ξ) = f (x) e− i xξ dx et ∀x ∈ R, ψ A (x) = fˆ(ξ) ei xξ dξ.
−A −A
De plus on retrouve la même formule de dualité que pour la transformée de Fourier dans L 1 (R). C’est la
proposition suivante.
Il ne nous reste plus qu’à étudier les propriétés d’injectivité et de surjectivité de la transformée de Fourier
sur L 2 (R), c’est l’objectif du théorème suivant.
4
Théorème 1.2.3
La transformée de Fourier
F : L 2 (R) −→ L 2 (R).
est un isomorphisme de l’espace de Hilbert L 2 (R), d’inverse F −1 = p1 F .
2π
On s’intéresse maintenant aux valeurs propres et vecteurs propres de la transformée de Fourier. Pour cela,
nous allons introduire les polynômes et les fonctions de Hermite.
2 ∂n ³ −x 2 ´
∀x ∈ R, Hn (x) = ex e (x).
∂x n
Définition 1.2.2
On définit pour n ∈ N les fonctions de Hermite par
2
/2
∀x ∈ R, h n (x) = C n Hn (x) e−x ,
Théorème 1.2.4
La famille (h n )n∈N est une base hilbertienne de L 2 (R) et de plus pour n ∈ N :
p
F (hn ) = (−1)n 2πhn .
Dans la proposition suivante, on regroupe les différentes propriétés de S (R) qui découlent directement de
sa définition.
Proposition 1.3.1
On a les résultats suivants :
1. S (R) est un espace vectoriel.
5
2. On a les inclusions suivantes :
∂k f
∀ f ∈ S (R), ∀k ∈ N, ∈ S (R).
∂x k
∀ f ∈ S (R), ∀k ∈ N, x k f ∈ S (R).
∀ f , g ∈ S (R), f ∗ g ∈ S (R).
Exemple 1.3.1
Soit P ∈ C[X ] et a > 0 alors on a :
f : R −→ C
2 ∈ S (R).
x 7−→ P (x) e−ax
Un point important c’est la stabilité de S (R) par la transformée de Fourier, c’est le point de la proposition
suivante.
Proposition 1.3.2
Pour tout f ∈ S (R) alors fˆ ∈ S (R).
Remarque 1.3.1
La transformée de Fourier est bien définie sur S (R) car on a l’inclusion S (R) ⊂ L 1 (R).
La question que l’on se pose c’est si on a une continuité de la transformée de Fourier dans S (R), pour cela
il faut munir S (R) d’une topologie, c’est l’objectif de la proposition suivante.
Proposition 1.3.3
On munit S (R) d’une faille de semi-norme (q k,l )k,l ∈N donnée par :
¯ ¯
¯ ∂l f ¯
¯ k
∀k, l ∈ N, ∀ f ∈ S (R), q k,l ( f ) = sup ¯x (x) ¯. (1.3.1)
¯
x∈R ¯ ∂x l ¯
Ceci permet de munir S (R) d’une distance (donc d’une topologie) donnée par :
1 q k,l ( f − g )
∀ f , g ∈ S (R),
X
d(f ,g) = .
k,l ∈N 2k+n 1 + q k,l ( f − g )
Remarque 1.3.2
On remarque que grâce à la famille de semi-norme on a l’équivalence suivante pour une suite ( f n ) ∈ S (R)N
donnée :
f n −→ f dans S (R) ⇐⇒ ∀k, l ∈ N, q k,l ( f n − f ) −→ 0.
n→+∞ n→+∞
6
On peut donc maintenant énoncer le théorème important de cette partie :
Théorème 1.3.1
L’application transformée de Fourier :
F : S (R) −→ S (R)
,
f 7−→ fˆ
1
Z Z
− i xξ
ˆ
f (ξ) = f (x) e dx et f (x) = fˆ(ξ) ei xξ dξ.
R 2π R
Définition 1.4.1
On définit les distributions tempérées S ′ (R) comme l’ensemble des formes linéaires continues S (R) dans
C. C’est à dire T ∈ S ′ (R) si T : S (R) −→ C est une application linéaire et qu’il existe une constante C > 0net
n ∈ N tel que : ¯ ¯
¯ ∂l f ¯
k
∀ϕ ∈ S (R), ¯ T, ϕ ¯ ≤ C
¯ ®¯ X
sup ¯x (x)
¯ ¯
∂x l
¯
k,l ≤n x∈R
¯ ¯
0
L’intérêt des distributions tempérées c’est que pour tout p ∈ [1, +∞], L p (R) s’injecte dedans, c’est la propo-
sition suivante.
Proposition 1.4.1
Pour tout p ∈ [1, +∞], L p (R) s’injecte continument dans S ′ (R) grâce à l’application :
i : L p (R) −→ S ′ (R)
T f : S (R) −→ C .
f 7−→
ϕ 7−→ R f (x)ϕ(x) dx
R
Définition/Théorème 1.4.1
Si T ∈ S ′ (R), on définit la transformée de Fourier de T , notée F (T ), la forme linéaire sur S (R) définit par :
∀ϕ ∈ S (R), F (T ) , ϕ = T, F ϕ .
® ¡ ¢®
De plus F (T ) ∈ S ′ (R).
Exemple 1.4.1
p
On a par exemple, F (δ0 ) = 1
2π et F (1) = 2πδ0
Remarque 1.4.1
Pour tout p ∈ [1, +∞], L p (R) s’injecte dans S ′ (R) on vient donc de finir la transformée de Fourier sur L p (R)
comme étant l’application :
Fp : L p (R) −→ S ′¡(R) ¢
.
f 7−→ F T f
7
Il reste à vérifier qu’elle coïncide bien avec la transformée de Fourier sur L 1 et sur L 2 , pour cela il suffit de
montrer que pour tout f ∈ L 1 (R) ∪ L 2 (R) et ϕ ∈ S (R) on a :
Z Z
ˆ
f (x)ϕ(x) dx = f (x)ϕ̂(x) dx.
R R
De plus la transformée de Fourier ce comporte aussi bien sur S (R) que sur S ′ (R) c’est le théorème suivant.
Théorème 1.4.1
La transformée de Fourier sur S ′ (R) est bijective, bi-continue et d’inverse F −1 = p1 F .
2π
Ainsi on a :
Z Z Z Z
¯2 ¯2 ¯2 ¯2
x 2 ¯ f (x)¯ dx ξ2 ¯ fˆ(ξ)¯ dξ = x 2 ¯ f (x)¯ dx ¯ fb′ (ξ)¯ dξ
¯ ¯ ¯ ¯
R R R R
° °2 ° ′ °2
=2π x f 2 f 2
° ° ° ° par l’égalité de Perseval,
h ³ ´i2
≥2π Re x f (x) f ′ (x) par l’inégalité de Cauchy-Schwartz.
Or on a :
µZ ¶
1 1
Z Z
Re x f (x) f ′ (x) dx = x f (x) f ′ (x) dx + x f ′ (x) f (x) dx
R 2 R 2 R
1h ¯ ¯2 i+∞ 1 ¯
¯ f (x)¯2 dx − 1 x f ′ (x) f (x) dx + 1 x f ′ (x) f (x) dx
Z Z Z
¯
= x ¯ f (x)¯ −
2 −∞ 2 R 2 R 2 R
1° °2
= − ° f °2 ,
2
8
¯2 ligne vient d’une intégration par partie et pour la dernière ligne on utilise le fait que f ∈ S (R)
où la deuxième
¯
donc x f (x)¯ −→ 0. Ainsi on obtient donc bien l’inégalité voulue :
¯
|x|→+∞
° f °4 = π ° f °4 .
2π °
Z Z
2¯
¯2 ¯2
ξ2 ¯ fˆ(ξ)¯ dξ ≥
¯ ¯ ° ° °
x f (x)¯ dx 2 2
R R 4 2
Maintenant pour f ∈ H11 (R) on veut montrer le résultat par densité. Pour cela on définit une produit scalaire
sur H11 (R) comme ceci :
Z Z Z
∈ H11 (R) , 2
ξ2 fˆ(ξ)ĝ (ξ) dx.
®
∀f ,g f ,g H11 = fg+ x f (x)g (x) dx +
R R R
³ ´
On remarque que H11 (R) , 〈., .〉H 1 est une espace de Hilbert la norme associée étant :
1
q° ° ° ° ° °
∀ f ∈ H11 (R) , ° f °2 + °x f °2 + °ξ fˆ°2 .
° °
°f ° =
H11 2 2 2
Etape 2 :Montrons que C c∞ (R) est dense dans H11 (R) pour ∥.∥H 1 .
1
Sous-étape 1 : Soit f ∈ H11 (R) on commence par montrer qu’on peut approcher f par des fonctions à sup-
port compact. C’est à dire montrons qu’il existe une suite f n n∈N de fonctions de H11 (R) telle que pour tout
¡ ¢
∀g ∈ L 2 (R), °χn g − g ° −→ 0.
° °
2 n→∞
CVS
En effet, on a χn g −−−−→ g et ¯χn g ¯ ≤ ¯g ¯ ∈ L 2 (R).
¯ ¯ ¯ ¯
n→∞
En particulier en notant f n = f χn comme f , x f ∈2 (R) on a :
L2 L2
f n −−−−→ f et x f n −−−−→ x f .
n→∞ n→∞
1 ¡
ξ fˆn (ξ) = ξ fˆ ∗ χ
¢
cn (χ)
2π Z
1 1
Z
ξ − y fˆ(ξ − y)χ fˆ(ξ − y)y χ
¡ ¢
= cn (y) dy + cn (y) dy
2π R 2π R
1 ¡¡ ˆ¢ i ³ ˆ c′ ´
y f ∗χ f ∗ χn (ξ) car χˆ′n (y) = − i y χ
¢
= cn (ξ) + cn (y).
2π 2π
L2
y fˆ ∗ χ
cn = ĝ ∗ χ χn −−−−→ 2πĝ = 2πξ fˆ(ξ).
¡ ¢
cn = 2πgd
n→∞
9
L2
En effet g χn −−−−→ g et F : L 2 (R) −→ L 2 (R) est une application continue.
n→∞
Pour l’autre terme on remarque que :
fˆ ∗ χ χ′n .
c′ = fd
n
Et on a :
1 ′ ³ . ´ CVS CVS
χ′n = χ −−−−→ 0 d’où f χ′n −−−−→ 0.
n n n→∞ n→∞
L2 L 2
f χ′n −−−−→ 0 d’où χ′n −−−−→ 0.
fd
n→∞ n→∞
Sous-étape 2 : Soit f ∈ H11 (R) à support compact, montrons que l’on peut approcher f par une suite f n n∈N ⊂
¡ ¢
2
L
f n −−−−→ ξ fˆ.
Montrons que ξc
n→∞
On remarque que l’on a c f ∗ ϕn = fˆϕ
fn = à cn ainsi :
Z ¯ ¯2 Z
¯2 ¯ ¯2
ξ2 ¯ c
f n (ξ) − fˆ(ξ)¯ dξ = ξ2 ¯ fˆ(ξ)¯ ¯ϕ
¯
cn (ξ) − 1¯ dξ.
¯ ¯
R R
Or on a ϕn = nϕ(n.) donc :
ξ
µ ¶ Z
∀ξ ∈ R, ϕ
cn (ξ) = ϕ̂ −→ ϕ̂(0) = ϕ = 1.
n n→∞ R
10
2
L
f n −−−−→ ξ fˆ ainsi on a bien :
D’où par convergence dominé ξc
n→∞
H11
f n −−−−→ f .
n→∞
H11
Etape 3 : Soit f ∈ H11 (R) alors il existe une suite f n n∈N dans C c∞ (R) telle que f n −−−−→ f .
¡ ¢
n→∞
Or par la première étape on a :
° ° °2 π ° °
∀n ∈ N, °x f n °2 °ξ ° f n °4 .
°
f n° ≥
c °
2 ° 2
2 2
Ce qui donne par passage à la limite :
° °2 ° °2 π ° °4
°x f ° °ξ fˆ° ≥ ° f ° .
2 2 2
2
Remarque 2.1.1
2
On a les cas d’égalité pour f (x) = λ e−ax où a > 0 et λ ∈ C. De plus l’inégalité reste vraie en toute dimension.
Proposition 2.1.1
Soit f ∈ L 2 (R) tel que supp( f ) et supp( fˆ) soient bornées alors f est nulle presque partout.
Démonstration. Soit f ∈ L 2 (R) tel que supp( f ) ⊂ [−M , M ] et supp( fˆ) ⊂ [−K , K ]. Comme supp( f ) est borné,
f ∈ L 1 (R), de même pour fˆ. On utilise la transformée de Fourier dans L 1 (R), ainsi :
Z M
∀x ∈ R, fˆ(ξ) = f (t ) e− i t ξ dt .
−M
RM
On pose B = {z ∈ C; |Im(z)| < 1} et on définit sur B , h : z 7−→ −M f (t )e − i zt dt , on a :
1. Pour tout t ∈ [−M , M ], z 7−→ f (t )e −i zt est holomorphe sur B .
2. Pour tout z ∈ B et pour tout t ∈ [−M , M ] on a :
Ainsi par le théorème d’holomorphie sous l’intégrale, h est bien défini et holomorphe sur B . Or h(R\[−K , K ]) =
fˆ(R \ [−K , K ]) = 0 et B est connexe donc par le principe des zéros isolés h = 0 ainsi fˆ = 0 donc par injectivité
de la transformée de Fourier, f = 0 presque partout.
Réciproquement soit F : C −→ C une fonction holomorphe vérifiant l’inégalité alors il existe ϕ ∈ C c∞ (R) tel
que supp(ϕ) ⊂ [−R, R] et ϕ̂ = F |R .
11
On se donne une fonction f : R −→ R et on cherche les fonctions u de classe C 2 sur R × R∗+ qui vérifient le
système suivant : 2
∂ u ∂2 u
2 (x, y) + 2 (x, y) = 0, ∀(x, y) ∈ R × R∗+ ;
∂x ∂y
u(x, 0) = f (x), ∀x ∈ R;
Z
¯ ¯
sup ¯u(x, y)¯ dx < +∞.
y≥0 R
Théorème 2.2.1
Soit f ∈ L 1 (R), il existe une unique fonction u ∈ C 2 R × R∗+ qui vérifie :
¡ ¢
∂2 u ∂2 u
∀(x, y) ∈ R × R∗+ , (x, y) + (x, y) = 0.
∂x 2 ∂y 2
lim 0 = f (x).
u(x,y)→y
∂u ∂2 u ∂2 u 1
3. Pour tout y > 0, on a u(., y), ∂x (., y), ∂x 2 (., y), ∂y 2 (., y) ∈ L (R).
y
Z
∀(x, y) ∈ R × R∗+ , u(x, y) = f (s) ¡ 2 ¢ ds,
R π y + (x − s)2
On se donne un réel a strictement positif, deux fonctions f et g dépendantent de l’espace et on cherche les
fonctions u dépendantes du temps et de l’espace, de classe C 2 sur R∗+ × R vérifiant le système suivant :
2 2
∂ u 2∂ u
(t , x) − a (t , x) = 0, ∀(t , x) ∈ R∗+ × R;
∂t 2 ∂x 2
u(0, x) = f (x), ∀x ∈ R;
∂u
∀x ∈ R.
(0, x) = g (x),
∂t
Ce système modélise une corde infinie qui vibre, avec comme configuration initiale f et que l’on perturbe
en 0 avec g . On a le théorème d’existence et d’unicité suivant.
Théorème 2.2.2
Soit f ∈ C 2 (R) tel que f , f ′ , f ′′ ∈ L 1 (R) et g ∈ C 1 (R) tel que g , g ′ ∈ L 1 (R). Il existe une unique fonction
u ∈ C (R+ × R) C 2 R∗+ × R qui vérifie :
T ¡ ¢
∂2 u 2
2∂ u
∀(t , x) ∈ R∗+ × R, (t , x) − a (t , x) = 0.
∂t 2 ∂x 2
12
2. u vérifie les conditions initiales :
u(0, x) = f (x) ∀x ∈ R,
∂u
(0, x) = g (x) ∀x ∈ R.
∂t
∂u ∂2 u ∂u ∂2 u 1
3. Pour t > 0, on a u(t , .),∂t (t , .), ∂t 2 (t , .), ∂x (t , .), ∂x 2 (t , .) ∈ L (R).
Pour ξ ∈ R, l’application t 7−→ R u(t , x) e− i xξ dξ est 2 fois dérivable sur R∗+
R
4. et on a pour t > 0 :
∂2 ∂2 u
Z Z
u(t , x) e− i xξ dξ = (t , x) e− i xξ dξ.
∂t 2 R R ∂t
2
1£ ¤ 1
Z x+at
∀(t , x) ∈ R+ × R, u(t , x) = f (x − at ) + f (x + at ) + g (s) ds.
2 2a x−at
Remarque 2.2.1
Dans le cas où g = 0, la solution est simplement :
1£
∀(t , x) ∈ R+ × R, u(t , x) =
¤
f (x − at ) + f (x + at ) .
2
On a simplement au cours du temps la propagation de deux ondes, l’une vers +∞ et une vers -∞.
On se donne une fonction f dépendante de l’espace et on cherche une fonction u dépendante du temps et
de l’espace qui vérifie le système suivant :
2
∂u (x, t ) = i ∂ u (x, t ), ∀(x, t ) ∈ R2 ;
∂t ∂x 2
∀x ∈ R.
u(x, 0) = f (x),
Ce problème vient de la mécanique quantique et nous allons le résoudre pour une fonction f dans la classe
de Schwartz, c’est le théorème suivant.
Théorème 2.2.3
Equation de Schrödinger
Soit f ∈ S (R), alors il existe une unique fonction u ∈ C 2 (R2 ) tel que :
1. u est une solution de l’équation de Schrödinger :
∂u ∂2 u
∀(x, t ) ∈ R2 , (x, t ) = i 2 (x, t ).
∂t ∂x
3. De plus t 7−→ u(., t ) est une application continue de R dans S (R), ainsi pour tout T ≤ 0 :
¯ ¯
¯ ∂l u ¯
T ¯ k
∀k, l ≤ 0, M k,l := sup sup ¯x (x, t ) ¯ < +∞.
¯
|t |≥T x∈R ¯ ∂x l ¯
1
Z
fˆ(ξ) e− i ξ t ei xξ dξ,
2
∀(x, t ) ∈ R, u(x, t ) =
2π R
13
Démonstration. On raisonne par analyse/synthèse.
Analyse :
Soit u ∈ C 2 (R2 ) une telle solution. On sait que pour tout t ∈ R, u(., t ) ∈ S (R), on peut donc prendre sa
transformée de Fourier selon x que l’on note :
Z
∀t ∈ R, ∀ξ ∈ R, û(ξ, t ) = u(x, t ) e− i xξ dx.
R
∂û ∂u
Z
(ξ, t ) = (x, t ) e− i xξ dx
∂t R ∂t
Z 2
∂ u
=i (x, t ) e− i xξ dx
R ∂t
2
à !
∂á2u
=i (., t ) (ξ)
∂x 2
= − i ξ2 û(ξ, t ) car u(., t ) ∈ S (R).
∂û
2
(ξ, t ) = − i ξ û(ξ, t ) ∀t ∈ R
∂t Z
û(ξ, 0) = f (x) e− i xξ dx = fˆ(ξ)
R
Par le théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire, on a existence et unicité de la solution qui est donnée par :
∀t ∈ R, û(ξ, t ) = fˆ(ξ) e− i t ξ .
2
Ainsi par inversion de Fourier dans S (R) (ou L 2 (R)) on a le résultat voulue :
1
Z
fˆ(ξ) e− i ξ t ei xξ dξ.
2
∀(x, t ) ∈ R, u(x, t ) =
2π R
Synthèse :
On pose pour x ∈ R et t ∈ R :
1
Z
fˆ(ξ) e− i ξ t ei xξ dξ.
2
u(x, t ) =
2π R
14
On applique le théorème de dérivation sous l’intégrale et ainsi on montre que u est bien définie et que
u ∈ C ∞ (R2 ). En effet on se donne T > 0 et on montre que u ∈ C ∞ (]−T, T [ × R). Pour cela on se donne
P (X , Y ) = nk=0 m i j
P P
j =0 p k j X Y ∈ C[X , Y ] et on remarque que l’on a la domination suivante :
¯ ¯ X n ¯ ¯
¯P (ξ, t ) e− i t ξ ei xξ fˆ(ξ)¯ ≥
2
C k ¯ξk fˆ(ξ)¯ ,
¯ ¯ ¯ ¯
k=0
¯P ¯
où pour k ∈ 0 ; n, on a C k = supt ∈]−T,−T [ ¯ m j¯ ˆ
j =0 k j ¯ qui est une constante. De plus f ∈ S (R) donc pour
p t
¯
∂k+l ³ ˆ − i ξ2 t i xξ
´
(ξ) = P k,l (ξ, t ) e− i t ξ ei xξ fˆ(ξ)
2
f (ξ) e e
∂x ∂t
k l
Grâce à la domination, on peut appliquer le théorème de dérivation sous l’intégrale et on a bien que u ∈
(]−T, T [ × R) pour tout T > 0 donc u ∈ C ∞ R2 .
¡ ¢
∂u i
Z
ξ2 e− i t ξ ei xξ fˆ(ξ) dξ
2
(x, t ) = −
∂t 2π R
∂2 u 1
Z
ξ2 e− i t ξ ei xξ fˆ(ξ) dξ
2
(x, t ) =
∂x 2 2π R
Donc u est bien solution de l’équation de Schrödinger et vérifie la condition initiale car par inversion de
Fourier dans S (R) :
1
Z
∀x ∈ R, u(x, 0) = ei xξ fˆ(ξ) dξ = f (x).
2π R
Comme pour t ∈ R, on a ξ 7−→ fˆ(ξ)e − i t ξ ∈ S (R) (car fˆ ∈ S (R)) et que S (R) est stable par transformée de
2
C’est à dire que si on note g : ξ, t 7−→ fˆ(ξ)e − i t ξ , il nous suffit de montrer que :
2
Or pour ξ ∈ R on a :
´ µ
¯ ¯ ¯ ¯
2 ∂ fˆ
¯ ∂l g ∂l
g ¯ X l ¯³ ¯
¯ k k − i(t +h)ξ 2
−itξ
¯ξ (ξ, t + h) − ξ (ξ, t ) ≤ P (t + h, ξ) e −P (t , ξ) e (ξ) ¯,
¯ ¯ ¯
µ µ µ
¯ ∂ξl ∂ξ l ∂ξ
¯ ¯
µ=0
¯ ¯ ¯
15
où pour tout µ ∈ 0 ; l , P µ ∈ C [X , Y ].
Or pour µ ∈ 0 ; l fixé, on a :
´ µ ˆ ¯ ¯³ ´ µˆ ¯
¯ ¯ ¯ ¯
− i t ξ2 ∂ f − i(t +h)ξ2 ∂ f
¯³
− i(t +h)ξ2 − i(t +h)ξ2
¯ P µ (t + h, ξ) e −P µ (t , ξ) e (ξ)¯ ≤ ¯ P µ (t + h, ξ) e −P µ (t , ξ) e (ξ)¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ∂ξµ ¯ ¯ ∂ξµ ¯
´ µ
¯ ¯
2 ∂ fˆ
¯³ ¯
+ ¯ P µ (t , ξ) e− i(t +h)ξ −P µ (t , ξ) e− i t ξ
2
(ξ)
¯ ¯
∂ξ µ
¯
¯ ¯
¢ ∂µ fˆ ¯¯
¯ ¯
¯¡
≤ ¯ P µ (t + h, ξ) − P µ (t , ξ) (ξ)¯
¯
¯ ∂ξµ ¯
µ ˆ
¯ ¯
¯ ¯¯ ∂ f ¯
− e− i t ξ ¯ ¯P µ (t , ξ) µ (ξ)¯ .
¯ − i(t +h)ξ2 2¯¯
+ ¯e
¯
¯ ∂ξ ¯
∂µ fˆ ¯¯
¯ ¯
¯
+ h sup ¯ξ2 P µ (t , ξ) µ (ξ)¯
¯
ξ∈R ¯ ∂ξ ¯
−→ 0.
h→0
Un point important, c’est que l’on remarque qu’on a conservation de la norme L 2 de la solution au cours
du temps. Ceci n’est pas étonnant, physiquement |u(., t )|2 modélise l’évolution de la densité de probabilité
de présence d’une particule en l’absence de potentiel, il est donc normal d’observer que la norme L 2 se
conserve au cours du temps.
Proposition 2.2.1
Avec les même notations du théorème on a :
∀t ∈ R, ° f °2 = ∥u(., t )∥2 .
° °
Remarque 2.2.2
On a même plus, pour tout s >, la norme H s (R) de f est conservée au cours du temps. Ceci permet de donner
un sens à des solutions générales de l’équation de Schrödinger dans le cas ou la donnée initiale f n’est pas plus
dans la classe de Schwartz mais dans H s (R).
Exemple 2.2.1
2
Dans le cas où f est une gaussienne, c’est à dire il existe a > 0 tel que f (x) = e−ax /2 alors la solution est donnée
par :
2 2 2 2 2 2 2
∀(t , x) ∈ R2 , u(x, t ) = (1 + 2a i t )−1/2 e−ax /(2+8a t ) ei a t x /(1+4a t ) .
16
2.3 Formule sommatoire de Poisson
[Gou20]
Une autre application de la transformée de Fourier est le calcul de séries. Ceci est possible grâce à la formule
sommatoire de Poisson qui est l’objet de la proposition suivante.
Proposition 2.3.1
Soit f ∈ C (R) telle qu’il existe C > 0 et α > 1 tels que :
Alors
X 1 X ˆ
f (2πn) = f (n).
n∈Z 2π n∈Z
Proposition 2.3.2
On définit la fonction Θ de Jacbi comme suit :
Θ : R∗+ −→ R∗+
P −πt n 2 .
t 7−→ n∈Z e
Exemple 3.0.1
Si X suit une loi de Cauchy de paramètre 1 alors on a
ϕ X (t ) = e−|t | .
La fonction caractéristique ne dépend que de la loi de la variable aléatoire par définition, elle caractérise
même la loi, c’est l’objet du théorème suivant.
Théorème 3.0.1
Deux variables aléatoires qui ont les même fonction caractéristique ont la même loi.
On peut aussi faire le lien entre la fonction caractéristique d’un variable aléatoire et la transformée de Fou-
rier d’une fonction L 1 (R).
17
Proposition 3.0.1
Soit X une variable aléatoire telle que ϕ X ∈ L 1 (R) alors X admet une densité f donnée par :
1
Z
∀x ∈ R, ϕ X (t ) e− i xt dt .
2π R
L’intérêt aussi de la fonction caractéristique c’est qu’elle se comporte bien avec l’indépendance. C’est le
point de la proposition suivante.
Proposition 3.0.2
Soient X , Y deux variables aléatoires indépendantes alors on a ϕ X +Y = ϕ X ϕY .
Pour la régularité de la fonction caractéristique on peut la relier au moment de la variable aléatoire. C’est le
résultat suivant.
Proposition 3.0.3
Soit X une variable aléatoire et ϕ X sa fonction caractéristique.
1. Si X admet un moment d’ordre n alors ϕ X est de classe C n sur R et pour tout entier 0 ≥ k ≥ n, on a :
∂k ϕ X h i
∀t ∈ R, (t ) = E ik X k ei X t .
∂t k
Remarque 3.0.1
La fonction caractéristique peut-être dérivable à l’origine (et même en tout point) sans que la variable aléa-
toire n’admette une moyenne.
Le dernier point qui nous intéresse, c’est le lien entre fonction caractéristique et convergence en loi.
S n − n E[X 1 ] ³ p ´
−→ N 0, Var(X ) en loi.
n n→+∞
Question possible :
1. Trouver l’ensemble des fonctions f ∈ L 1 (R) tel que f ∗ f = f .
Soit f une telle fonction alors en appliquant la transformée de Fourier on obtient que :
fˆ2 − fˆ = 0.
18
2. En déduire que le produit de convolution n’admet pas d’élément neutre dans L 1 .
Supposons qu’il existe un tel élément noté f , alors en particulier f ∗ f = f donc par la question
précédente f = 0. Ainsi pour tout g ∈ L 1 on a f ∗ g = 0 ce qui est absurde.
3. Soit f : R −→ R de classe C 2 tel que f , f ′ , f ′′ ∈ L 1 alors fˆ ∈ L 1 .
On sait que f , f ′ , f ′′ ∈ L 1 on a donc par double intégration par partie :
Z Z
∀ξ ∈ R, c f ′′ (ξ) = f ′′ (x) e− i xξ dx = (i ξ)2 f (x) e− i xξ dx = −ξ2 fˆ(ξ).
R R
f (t ) 1
Z
∀x ∈ R, 2 + a2
dt = 2 .
R (x − t ) x + b2
Calculer fˆ et en déduire f .
1
On pose g c (t ) = x 2 +c ˆ
2 , on a alors f ∗ g a = g b , ce qui donne f gˆa = gˆb .
a a(b − a) 1
∀x ∈ R, f (x) = (b − a)g (b−a) (x) = .
πb πb x 2 + (b − a)2
Références
[Amr08] Mohammed El A MRANI : Analyse de Fourier dans les espaces fonctonnels. Ellipses, 2008.
[Gou20] Xavier G OURDON : Les maths en tête - Analyse. Ellipses, 2020.
[Li13] Daniel L I : Cours d’analyse fonctionnelle. Ellipses, 2013.
[Ouv09] Jean-Yves O UVRARD : Probabilités 2 - Master Agrégation. Cassini, 2009.
[Rau] Jeffrey R AUCH : Partial Differential Equations. Springer New York, NY.
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