Etude de texte : Candide ou l’optimisme
Support : Chapitre 18
Extrait : « Candide et Cacambo montent en carrosse […] ce qui l'étonna le moins »
I. Situation du passage
Après plusieurs mauvaises expériences (la mort, la guerre, l’autodafé,…), dans ce
chapitre Candide découvrit un monde parfait où tout va bien.
II. Identification de texte
• Titre de l’œuvre : Candide ou l’optimisme
• Auteur : Voltaire
• Date de publication : 1759
• Genre littéraire : Extrait d’un conte philosophique
• Type de texte : narratif – descriptif
III. Les axes de lecture
1) Eldorado : un pays utopique
Candide et Cacambo sont conduits dans la ville d’Eldorado puis à la cour du roi :
ils y découvrent un monde merveilleux, exotique et véritablement extraordinaire.
Nos deux voyageurs ont découvert que tout va bien dans ce pays .Parmi les
caractéristiques de ce monde parfait , nous citons :
• Facilité de transport (les moutons volants !) : le carrosse de Candide et Cacambo
est tiré par des moutons qui volent.
• Un monde de beauté et de luxe : « belles filles », « grâce inimaginable ».
• Un monde de valeurs et de mœurs : « poliment ».
• Un pays pure et propre : « eau rose pure ».
• Un monde raffiné : « or et pierreries », « orné », « duvet de colibri ».
• Un monde d’enchantement des sens : odeurs agréables « une odeur semblable à
celle du girofle et de la cannelle », « liqueur de canne de sucre » .
• Un monde de divertissement : musique « mille musiciens selon l’usage ordinaire
».
• La présence d’extraordinaires d’édifices publiques majestueux, marchés et
grandes places, fontaines à la fois belles et utiles.
• Absence de répression marquée par de nombreuses négations : « il n’y en avait
point », « on ne plaidait jamais », « on lui dit que non ». De façon implicite suggère
l’absence de violence et de crimes.
• Des citoyens accueillants et généreux : « reçurent », « les conduisirent », « les
vêtirent », « poliment », « à souper », « grâce inimaginable ».
• La modestie du roi : « L’usage est d’embrasser le roi et de le baiser des deux
côtés », « Candide et Cacambo sautèrent au cou de sa majesté ».
• L’égalité des sexes suggérée par la présence de femmes dans certains corps
classiquement réservés aux hommes : « vingt belles filles de la garde », « les
grands officiers et les grandes officières de la couronne ».
IV. Les caractéristiques d'un Conte philosophique
• Un monde improbable et irréaliste qui appartient au genre du conte : un monde
surnaturel.
• les moutons volants.
• le carrosse tiré par les moutons volants,…
• l’utilisation du procédé de l’hyperbole : exagération des chiffres, « 220 pieds de
haut », « jusqu’aux nues », « mille colonnes », « deux mille pas ».
V. la critique de la société européenne
À travers la description parfaite de l’Eldorado, voltaire voulait critiquer les
défauts du monde réel en général et de la société de son temps plus
singulièrement. Parmi ces défauts, nous citons :
• Le protocole entre le roi et son peuple.
• L’absence de justice, de l’égalité sociale et de la tolérance.
• La propagation de la violence et des crimes.
• La saleté et la laideur de la société.
• L’hostilité des citoyens.
• La misère,…
Remarque :
L’Eldorado a donc à la fois une dimension pédagogique, puisqu’à travers sa
description Voltaire met en relief certaines valeurs, mais aussi une dimension
critique étant donné qu’y sont soulignés les travers de la société contemporaine
de l’auteur.
VI. Synthèse
Ce passage de l’Eldorado fait écho à la théorie de Pangloss qui soutient que le
monde est le meilleur des mondes possibles. L’Eldorado est en lui-même, par sa
perfection, un démenti de cette conception. De plus, Voltaire ne cesse de
souligner son côté inconcevable, irréel : le meilleur des mondes n’existe donc pas,
ce n’est qu’une utopie et imagination.
Etude de texte : Candide ou l’optimisme
Support : Chapitre 19
Extrait : « La première journée de nos deux voyageurs […] il entra dans Surinam»
I. Situation du passage :
Après avoir quitté le pays des rêves avec beaucoup de richesses, Candide et son
valet Cacambo se trouvent à Surinam, là où ils ont rencontré un nègre esclave,
mal traité par son maître.
II. Identification de texte :
• Titre de l’œuvre : Candide ou l’optimisme
• Auteur : Voltaire
• Siècle : 18ème s
• Genre littéraire : Extrait d’un conte philosophique
• Type de texte : narratif – descriptif
• Registre littéraire : pathétique et ironique
III. Axes de lecture :
1) La rencontre avec le nègre : un retour à la réalité du mal
Au sortir de l'Eldorado, Candide et Cacambo rencontrèrent un nègre qui se trouve
dans un état désastreux (un homme handicapé et moitié habillé), ce qui
a constitué un choc brutal pour les deux voyageurs et un retour à la réalité du
mal.
2) Dénonciation de l'esclavage raciste
• L’homme noir se trouve dans une situation d’humiliation : il est presque nu et «
étendu par terre » en attendant son maître blanc « Vanderdendur », Voltaire
voulait nous montrer que les Noirs se trouvent dans une situation de totale
soumission aux Blancs (Le Racisme : supérieur :blanc ≠ inférieur : Noir).
• Les nègres sont considérés comme des objets, totalement dépourvut
d’humanité.
• Ils sont considérés comme des animaux de compagnie (les esclaves sont jugés
inférieurs aux animaux) cela conduit implicitement à une mise en accusation des
esclavagistes capables de réduire des hommes à une situation inférieure à celle
des animaux.
• La mère vend son fils avec dix écus à un blanc.
• Le travail et les mauvais traitements, Toute tentative de rébellion est châtiée
durement : « Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape
le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe
la jambe ».
3) Dénonciation de la philosophie de l’optimisme
• Dans la troisième partie du texte, Candide reprend la parole et se révolte contre
Pangloss et son optimisme.
• Il dénonce d’une autre façon l’absurdité de l’esclavage, en reprenant le thème de
l’optimisme, qui est le sujet du roman. Sa mère lui tient en effet un discours qui
ressemble à ceux de Pangloss : « Mon cher enfant […] et de ta mère ». Elle prêche
à son fils l’acceptation de l’ordre établi et le persuade, contre toute évidence, de
son bonheur. Par un renversement absurde propre aux raisonnements de
Pangloss, la condition d’esclave devient un « honneur ».
• Pour la première fois dans l'oeuvre, il rejette fermement les enseignements de
Pangloss et s’avise avec netteté que la réalité contredit tout à fait : « Ô Pangloss !
[…] je renonce à ton optimisme. »
Synthèse
• Le texte de Voltaire fournit tout d’abord un certain nombre de renseignements
précis sur les réalités de l’esclavage au XVIIIème siècle.
• L’esclavage illustre ce que Voltaire appellera plus loin dans ce chapitre « la
méchanceté des hommes ».
• Par le pathétique et par l’ironie, il en dévoile le caractère ignoble afin de secouer
la bonne conscience des européens.
• Candide entame alors une évolution décisive : pour la première fois, il se
révolte contre les leçons de son maître Pangloss. C’est le début d’une conquête de
soi-même qui l’amènera à l’indépendance complète dans le chapitre final.
Lecture : Candide ou l’optimisme
Support : « Le vieux savant […] tout fut englouti. » Chapitre 20
I. Identification du texte :
• Titre de l’œuvre : Candide ou l’Optimisme
• Son auteur : Voltaire
• Son genre : Extrait d’un conte philosophique
• Son type : Narratif
II. Situation du passage :
La rencontre avec le nègre de Surinam, victime des cruautés de son maître, met
brutalement fin à l'exaltation de Candide, parti de l'Eldorado avec un rêve de
puissance et de bonheur. M. Venderdendur achève de le désespérer, en le
dépouillant de ses richesses. Le jeune homme décide néanmoins de s'embarquer
pour l'Europe, où il attendra Cacambo chargé de racheter Cunégonde qui est
devenue la maîtresse du gouverneur de Buenos Aires. Auparavant, il cherche
quelqu'un pour lui tenir compagnie pendant la traversée ; il choisit finalement un
savant pauvre et persécuté du nom de Martin à qui il paie le voyage. Pour passer
le temps sur le bateau, ils entament une discussion sur le problème du mal.
III. Axes de lecture :
I - Le thème du mal
• Le mal est l'un des thèmes fondamentaux du roman. On peut le définir comme
ce qui cause à l'homme de la douleur et du malheur, mais le problème qu'il pose
est celui de son existence. Candide en distingue deux sortes : le "mal moral" et le
"mal physique" : le premier concerne l'imperfection du monde qui nous entoure,
et le second est lié aux défauts de l'homme, à sa perversité.
• Martin donne sa position à ce sujet dans un long discours entouré par deux
courts dialogues avec Candide. Il se situe par rapport à des courants de pensée
aujourd'hui oubliés, mais qui se sont querellés pendant des siècles. Il refuse d'être
appelé socinien, doctrine de Socin, mais se prétend "manichéen", partisan de
Manès, chef d'une secte chrétienne du 3ème siècle, qui explique l'univers par la
lutte des deux principaux antagonistes : le Bien et le Mal. L'adjectif "manichéen"
dans la bouche de Martin devient synonyme de "pessimisme", car pour lui, le
principe qui régit tout est le Mal. Ce n'est pas Dieu qui gouverne le monde mais le
"diable" ou "quelque être malfaisant". Le savant prend au pied de la lettre la
réflexion de Candide : "il faut que vous ayez le diable au corps". Dans l'infini de
l'univers, notre monde lui paraît peu de choses : ce n'est pas un "globe", mais un
"globule", le suffixe "ule" ayant une valeur de dénigrement. Aucune providence ne
le régit : "Dieu l'a abandonné". La seule exception néanmoins qui confirme la
règle est l'Eldorado : "J'en excepte toujours l'Eldorado". Cette réserve est capitale
car Candide aura au moins une référence qui échappe aux idées du savant.
II - Les misères de la condition humaine
• Pour illustrer son pessimisme, Martin dresse un tableau désolant de la condition
humaine. Dans un premier temps, il fait un long catalogue de ce qu'il appelle "les
misères publiques", qu'il envisage sous les trois principaux types de rapport entre
les individus : celui des "villes", celui des "familles", et enfin celui des "faibles" et
des "puissants". Un seul sentiment anime ces relations : la haine qui s'exprime le
plus fréquemment par la guerre. L'idée de la guerre réapparaît avec l'image de la
"ville assiégée ... de fléaux" qui traduit chez Martin une obsession du Mal. Il ne
s'étend pas sur les malheurs de la vie privée qu'il appelle "chagrins secrets" car il
les juge pires encore ; cette réticence est une façon d'en accroître la gravité.
• Rien n'échappe donc au mal : les hommes sont méchants, la vie est un malheur.
Ces idées constituent un antidote à l'optimisme et font de Martin un anti-Panglos.
L'opposition apparaît dans un "tout va mal" qui remplace le "tout va bien", mais
aussi dans la démarche intellectuelle. Tandis que Panglos plaque sur le monde un
système à priori dont les idées précèdent la vérification par l'expérience, Martin
adopte la démarche inverse pour arriver à une conclusion radicalement opposée.
Son personnage va pourtant trop loin et tombe dans le même défaut que Panglos
en donnant à son pessimisme un caractère aussi excessif et absolu que
l'optimisme.
• Enfin, l'emploi fréquent de la proposition consécutive décrit l'intensité de
l'amertume et de la rancœur du savant. Les subjonctif "désirât" et "voulût"
confèrent aux propositions relatives la même valeur consécutive. Le discours de
Martin est cependant séduisant, et l'on peut se demander, en se référant au début
du roman, s'il n'est pas de nature à convaincre Candide.
IV. Conclusion :
Fonder toute opinion sur les données de l'expérience constitue une des
revendications majeures de la philosophie des Lumières. Voltaire est en effet de
ceux qui abordent la vie avec une lucidité scientifique. Tout raisonnement, y
compris en philosophie, doit s'appuyer sur les faits et non découler d'une attitude
à priori, qui subordonne la réalité à une idée préexistante, comme Dieu ou
l'optimisme du "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles".
Mais les conclusions auxquelles aboutit Martin sont abusives ; car, à force de voir
le mal partout, il tombe dans le travers de Panglos. En préférant l'esprit critique à
l'esprit de système, Candide en revanche devient dans cette page un philosophe
des Lumières, qui cherche à dissiper les "ténèbres" entretenues par le fanatisme,
qui conduit à un point de vue unilatéral sur le monde.
Lecture : Candide ou l’optimisme
Support : extrait du chapitre 30
« Il était tout naturel d'imaginer qu'après tant de désastres […] la fin »
I. Situation du passage :
Après avoir vécu plusieurs désastres et voyagé d’un pays à l’autre, Candide se
marie enfin avec sa bien aimée Cunégonde et vivait avec les personnages
principaux dans une petite métairie en Turquie.
II. Identification du texte :
• Titre du texte : Candide ou l’optimisme
• Son Auteur : Voltaire
• Son Genre: extrait d’un conte philosophique
• Son type : narratif-descriptif
• Tonalité : ironique et didactique
III. Axes de lecture :
1) L’évolution marquante des personnages principaux :
Dans cet excipit, nous remarquons la présence de tous les personnages
principaux du conte philosophique (Candide, Martin, Cunégonde, Pangloss,
Paquette, Giroflé, la vielle,…) mais avec des changements radicaux :
1) Candide : il n’est plus naïf et crédule comme il était dans le premier chapitre, or
il est devenu conscient, raisonné et réfléchi, il fait « de profondes réflexions »
avant de parler . Il n'est plus sous l'influence de Pangloss qui représente la
philosophie optimiste de Leibniz, en revanche il lui coupe la parole « Je sais aussi,
dit Candide » et n'hésite pas à s'opposer à lui « mais il faut cultiver notre jardin. »
2) Cunégonde : elle n’est plus belle et fraiche, pourtant elle est devenue très laide,
difficile et insupportable mais elle est une excellente pâtissière
3) Pangloss : c’est le seul personnage qui n’a pas évolué, Il est toujours amoureux
de ses longs discours faussement savants, son optimisme reste le même, « tout est
pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
2) La morale de Candide : le travail comme source du bonheur
• La dernière phrase « il faut cultiver notre jardin » résume l’idée voulue
transmettre par Voltaire en nous montrant que le travail surtout manuel est la
source du bonheur et de la satisfaction.
• Tous les personnages principaux accomplissent des tâches différentes :
Cunégonde comme pâtissière, Paquette comme brodeuse, Martin comme
jardinier, Giroflé comme menuisier, etc.
• Le travail est le seul moyen capable d’éloigner tous les maux, les défauts et les
vices du monde.
• Le travail rend la vie supportable et donne un sens à notre existence.
3) Un dénouement heureux
Comme l’exigent les règles du conte, Candide se termine sur une situation
heureuse pour tous les personnages surtout pour le héros qui a épousé sa bien
aimée et vivait dans le bonheur.
IV. Synthèse :
La fin heureuse de Candide est marquée par l’évolution avantageuse de tous les
personnages principaux sauf Pangloss qui est toujours attaché à ses théories et
son optimisme. Candide, grâce au voyage qu’il a fait partout dans le monde
(Portugal, Paraguay, Turquie, Argentine, France, Hollande,…) et toutes les
difficultés et mauvaises expériences (l’autodafé, la guerre, le tremblement de
terre, le naufrage de Jacques l’anabaptiste,…) qu’il a vécues, il est devenu plus
conscient et raisonnable.
Langue: Les types d'arguments
Argumenter, c’est défendre une position ou un point de vue personnel à l’aide
d’arguments.
Les arguments : ce sont des idées qu’on peut utiliser pour développer une thèse
ou réfuter une antithèse.
Il existe différents types d’arguments :
1) Argument d’autorité : faire référence à un ouvrage célèbre, une citation d’un
auteur, un spécialiste reconnu, une instance internationale, etc.
2) Argument d’analogie : il consiste à établir une correspondance ou une
opposition entre deux idées/situations.
3) Argument de communauté : il invoque des valeurs qui correspondent à ce qui
est beau ou bien pour une société donnée, par exemple : le Vrai, la Justice, la
Liberté, la Solidarité, l’Honnêteté.
4) Argument de norme : il s'appuie sur le bon sens pour faire admettre la thèse
qu’il défend. Il cite un proverbe, une maxime, une idée partagée unanimement.
5) Argument cause/effet : tel phénomène entraine tel autre phénomène selon le
postulat de déterminisme.
6) Argument des chiffres/des données incontestables : il consiste à utiliser des
statistiques ou des données incontestables pour appuyer une thèse.
7) Argument par l’exemple : Argument qui table sur un fait particulier du même
domaine. On prouve que l’idée défendue est correcte grâce à l’exemple.