Utilisations de l'intégrale d'Osgood
Utilisations de l'intégrale d'Osgood
N0 d’ordre : 09/2012 - M / MT
MEMOIRE
Présenté pour l’obtention du diplôme de MAGISTER
En : Mathématiques
Spécialité : Analyse : Systèmes Dynamiques
Par
Djamel Eddine CHERIET
THÈME
Sur les di¤érentes utilisations de l’intégrale d’Osgood
1
Dédicaces
À
Ma chère mère, pour ses sacri…ces depuis qu’elle m’a mis au monde, et qui n’a
pas cessé de prier pour moi et m’encourager, que ALLAH me la garde.
Mon père, qui m’a toujours soutenu et aidé à a¤ronter les di¢ cultés.
Je sais que les paroles ne su¢ ront jamais à décrire ce que je ressens envers
vous...mais je ne trouve pas mieux à dire que : " Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous
deux; miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit".
2
Table des matières
1 Préambule 6
3
3.5.1 Version classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.5.2 Version non standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6 Lien entre le critère d’Osgood et le critère de Tamarkine . . . . . . . . . . . 36
3.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4 Critère de prolongement 38
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2 Les travaux de Hartman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2.1 Théorème d’extension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2.2 Solution maximale et solution minimale . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.3 Les travaux de Bernfeld . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.3.1 Equations di¤érentielles perturbées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.3.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle perturbée . . 42
4.4 Le prolongement en Analyse Non Standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4.1 Critère de prolongement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle perturbée . . 45
4.5 Les travaux de Ceballos-Lira, Macias-Diaz et Villa . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.5.2 Test d’Osgood . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.5.3 Version non standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4
Conclusion générale 59
5
Chapitre 1
Préambule
Le premier chapitre servira à faire une brève présentation de l’analyse non standard.
Le troisième chapitre est consacré à l’étude du prolongement d’une solution vers l’in…ni
(les travaux de Hartman et de Bernfeld et autres), suivant deux versions classique et
non standard.
6
Chapitre 2
2.1 Introduction
En mathématiques, l’analyse non standard (ANS) est un ensemble d’outils développés depuis
1960 a…n de traiter la notion d’in…niment petit de manière rigoureuse. Pour cela, une nou-
velle notion est introduite, celle d’objet standard (s’opposant à celle d’objet non standard),
ou plus généralement de modèle standard ou de modèle non standard. Cela permet de
présenter les principaux résultats de l’analyse sous une forme plus intuitive que celle ex-
posée traditionnellement depuis le XIXe siècle.
L’Analyse Non Standard est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines des Math-
ématiques: systèmes dynamiques, calcul asymptotique, probabilités, algèbre... Elle s’est
révélée un outil à la fois e¢ cace et agréable à utiliser.
Nous tentons ici d’exposer, très brièvement, les notions d’ANS qui nous paraissent néces-
saires pour comprendre la partie non standard de notre travail.
2.2.1 Formalisation
Précisons les règles qui régissent l’utilisation de la propriété "être standard". Ces règles se
traduisent formellement par:
7
L’introduction dans le langage de la théorie des ensembles d’un nouveau prédicat à
une entrée st( ). La formule st(x) est une notation pour "x est standard", propriété
que possèdent certains éléments de l’univers ensembliste.
L’énoncé de trois schémas d’axiomes qu’on rajoute à ceux de la théorie ZFC (Zermelo-
Fraenkel+ Axiome du Choix).
Collections externes
Les propriétés et énoncés internes obéissent aux mèmes règles que dans ZFC; il n’en est pas
de mème des énoncés externes: ainsi le Schéma de Compréhension de ZFC, qui dit que pour
tout ensemble X et toute formule (x), il existe un ensemble dé…ni comme fx 2 X = (x)g,
ne s’applique qu’aux formules internes (par exemple la collection des entiers standard n’est
pas un ensemble). Par commodité, on écrira aussi fx 2 X = (x)g pour des formules ex-
ternes, mais les éléments de X ainsi délimités peuvent ne pas constituer un ensemble: dans
ce cas on dira qu’on a dé…ni une partie externe de X, ou collection externe, et on s’autorisera
à la noter par un symbole (C par exemple), et à écrire x 2 C au lieu de "x 2 X = (x)", ainsi
qu’à pratiquer sur ces collections les opérations booléennes élémentaires (intersection, réu-
nion...). Les théorèmes classiques des mathématiques ne peuvent pas en général s’appliquer
aux collections externes; ainsi le fait que toute partie non vide de N admet un plus petit
élément ne s’applique pas à la collection des entiers non standard (ce qui montre bien que
cette collection est externe, ainsi que son complémentaire). De mème la collection des réels
in…nitésimaux est majorée, mais n’a pas de borne supèrieure.
8
Quanti…cateurs externes :
On écrit 8st xF (x) pour 8x(st(x) =) F (x)); ce qui se lit "pour tout x standard F (x)", et
de mème 9st xG(x) pour 9x(st(x) ^ G(x)) sign…e "il existe x standard tel que G(x)".
Il existe des entiers naturels plus grands que tout entier standard. Ces entiers sont évidem-
ment non-standard, et tout entier non standard est plus grand que tout entier standard.
Les uns sont plus grands en valeur absolue que tout réel standard, et leur partie entière
est un entier non standard. On les nomme réels i-grands.
D’autres (les inverses des précédents) sont plus proches de 0 que tout réel standard
non nul. On les nomme i-petits ou in…nitésimaux.
En…n, il résulte de la stabilité des standard pour l’addition que, si a est un standard
non nul et " un réel i-petit, a+ " est non standard, mais n’est ni i-petit ni i-grand. Il
résultera des axiomes à venir que tout réel non-standard qui n’est ni i-petit ni i-grand
est de cette forme a + " (a standard, " in…nitésimal).
Un peu de vocabulaire
Deux réels x et y sont i-voisins ou i-proches si x y est i-petit (on écrit alors x ' y,
et naturellement x ' 0 est une notation pour " x est i-petit " ).
En particulier tout réel standard est limité, et tout réel standard non nul est appréciable.
9
2.2.3 Les axiomes
On se place dans le cadre de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel.
Les objets ou les ensembles dé…nis par cette théorie seront quali…és d’internes ou
classiques. C’est le cas de tous les objets et ensembles usuels que nous connaissons:
; e; 2; N; R; [Link]
Axiome de transfert
Dès que tous les paramètres Ei d’une formule classique F ont des valeurs standard:
Pour tout x standard, F (x; E1 ; :::; En ) ssi pour tout x ; F (x; E1 ; :::; En )
Autrement dit, pour véri…er qu’une formule usuelle dépendant de paramètres standard
est vraie pour tout x, il su¢ t de la véri…er pour tout x standard. Intuitivement, nous ne
pouvons accéder qu’aux éléments standard, et ce sont eux qui nous permettront de véri…er
une formule classique. Cet axiome peut aussi s’exprimer (par négation) :
Il existe x standard, F (x; E1 ; :::; En ) ssi il existe x , F (x; E1 ; :::; En )
Si une propriété classique est vraie pour un x, alors elle est vraie pour un x standard. En
voici quelques conséquences. La plus importante est le fait que si un objet mathématique est
dé…ni de façon classique de manière unique à partir d’objets standard, il est nécessairement
standard. C’est donc le cas de ?; 0; 1; 2; ; e; i; N; Rn pour n standard,...
Si E et F sont des ensembles standard, il en est de même de leur intersection, de leur
réunion, de leur produit, de l’ensemble des applications de E dans F , de l’ensemble des
parties de E. Si a et b sont deux nombres standard, il en est de même de ab ; a + b ; a b
; ab (b non nul), etc. Si n est standard, il en est de même de n + 1 ou de In = f1; :::; ng.
Si A est une partie standard de R bornée, SupA et Inf A sont standard. Si f est une
fonction standard (c’est-à-dire dé…nie sur des ensembles standard et de graphe standard),
alors l’image d’un élément standard est standard.
En…n, cet axiome permet de montrer que, pour voir que deux ensembles standard sont
égaux, il su¢ t de véri…er qu’ils possèdent les mêmes éléments standard. Ainsi, la seule partie
standard de N contenant tous les entiers standard est lui-même. Par contre, il existe des
parties non standard contenant tous les entiers standard, à savoir les parties f0; 1; 2; :::; !g
avec ! non standard.
10
Voici quelques applications de l’axiome de transfert:
Deux ensembles standard sont égaux si et seulement s’ils ont les mèmes éléments
standard.
Une fonction standard prend des valeurs standard aux points standard.
Une fonction standard est continue si et seulement si elle est continue en tout point
standard.
Axiome d’idéalisation
Soit R(x; y) une relation « classique » . Par relation classique, on entend une relation ne
faisant pas intervenir le nouveau prédicat « standard » dans son énoncé. Il s’agit donc
d’une relation usuelle de nos mathématiques de tous les jours.
L’axiome d’idéalisation a¢ rme que les deux propositions suivantes sont équivalentes:
1. Pour chaque ensemble standard …ni F , il existe x (noté dans la suite xF ) tel que
R(x; y) pour tous les y appartenant à F .
2. Il existe x tel que R(x; y) pour tout y standard.
Relation concourante
Soit B une relation binaire et interne. On dit que B est concourante si elle véri…e la
propriété:
8st Z; Z …ni; 9x B(x; y) 8y 2 Z:
La relation est un exemple de ce type.
L’axiome signi…e que, pour trouver un x qui véri…e une propriété relative à tous les y
standard, il su¢ t qu’on puisse trouver un tel x qui véri…e la proprièté considérée relativement
aux éléments y de n’importe quel ensemble standard …ni.
Voici quelques applications de l’axiome d’idéalisation:
Il existe un entier supérieur à tous les entiers standard, et tout entier non standard
est plus grand que tous les entiers standard.
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Tout ensemble in…ni possède un élément non standard, et un ensemble n’a que des
éléments standard si et seulement si il est standard et …ni.
Dans un espace topologique, la relation d’inclusion entre les voisinages d’un point x
donné étant concourante, il existe un voisinage de x inclus dans tout voisinage standard
de x (c’est ce qu’on appelle un voisinage in…nitésimal de x)
Axiome de standardisation
12
le principe de Saturation (qui se démontre avec l’Axiome du Choix):
Soient X et Y deux ensembles standard, B une relation (interne ou externe) telle que
(8st x 2 X)(9st y 2 Y )B(x; y) ; alors il existe une application standard f de X dans
Y telle que (8st x 2 X)B(x; f (x)):
Pour tout réel x limité, il existe un réel standard x (nécéssairement unique) tel que
x ' x.
Les suites
Nous allons donner des propriétés non classiques des suites, qui, dans le cas des suites
standard, coïncideront avec des propriétés usuelles.
Convergence d’une suite Soient un une suite standard dans E et l un élément standard
de E.
- (un ) converge vers l si et seulement si, pour tout n i-grand, un ' l.
- l est valeur d’adhérence de (un ) si et seulement s’il existe n i-grand tel que un ' l.
Convergence d’une sous-suite Pour une suite (an ) standard, il y a équivalence entre:
- il existe une sous-suite de (an ) qui converge vers l:
- l est standard et il existe n illimité tel que an ' l:
(l est une valeur d’adhérence de la suite (an ) , et dans ce cas, il existe une sous-suite de
(an ) qui converge).
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Les fonctions
Dérivation Pour une fonction standard f dé…nie sur un intervalle standard de R, et pour
x0 standard il y a équivalence entre:
- f est dérivable en x0 de dérivée l standard.
f (x) f (x0 )
- pour tout x in…niment proche de x0 ; x x0
' l , avec l standard.
Intégration Pour une fonction standard f sur I = [a; b] standard, il y a équivalence entre:
- f intégrable au sens de Riemann.
- pour toute subdivision de [a; b] : a = x0 < x1 < ::: < xn = b avec xi ' xi+1 , il existe
deux fonctions en escalier et relatives à la subdivision de façon que, pour tout x de I,
(x) f (x) (x), et
Zb
'0
a
Zb Zb Zb
On pose alors f la partie standard de ou de .
a a a
Suites de fonctions Soient (fn ) une suite standard de fonctions de E dans F , et f une
fonction standard de E dans F .
- (fn ) converge simplement vers f si et seulement si, pour tout n i-grand et tout standard
x0 2 E; fn (x0 ) ' f (x0 ).
14
- (fn ) converge uniformément vers f si et seulement si, pour tout x 2 E (standard ou
non) et tout n i-grand, fn (x) ' f (x).
- Si E est localement compact, (fn ) tend vers f uniformément sur tout compact si et
seulement si fn (x) ' f (x) pour tout n i-grand et tout x presque standard dans E.
La S-notion
Le langage non standard permet ainsi de reformuler, d’une façon souvent plus simple, les
notions de base de l’analyse. On remarque que les nouvelles caractérisations ne sont valables
que pour les objets standard. Pour les objets non standard, on dispose donc de notions à pri-
ori distinctes: la notion classique et une notion non standard (ou S-notion) correspondante,
obtenue en appliquant les dé…nitions ci-dessus à tous les objets (standard ou non).
Etudions par exemple la S-notion la plus naturelle qui correspond à la continuité.
15
[
G= An et A0 A1 ::: A! :
st(n)
Une partie H de E est appelée halo si c’est un ensemble externe et s’il existe une suite
(Bn )navec ! entier i:g:, de sous-ensembles internes de E telle que l’on ait:
!
\
H= Bn et E = B0 B1 ::: B! :
st(n)
Ces deux dé…nitions entrainent que si H est un halo, G = E H est une galaxie et
réciproquement.
Principes de permanence
Permanence de Cauchy Elle repose sur la distinction entre ensembles internes et parties
externes:
Si X est un ensemble interne et P une propriété interne, alors fx 2 X = P (x)g est
interne; donc si Y est une partie externe de X et que l’on a démontré que P est véri…é
pour tous les éléments de Y , alors on peut a¢ rmer que P est encore vraie pour certains
éléments hors de Y .
Lemme de Robinson (Voir [1]) Si une suite (un ) est telle que un est i-petit pour tout
n standard, alors il existe ! i-grand tel que un soit i-petit pour tout n < !.
16
- A est ouvert si et seulement si, il contient le halo de tous ses points standard.
- A est fermé si et seulement si, pour tout x presque standard dans A, x 2 A.
- un point standard y est adhérent à A si et seulement si hal(y) \ A 6= ;; ou encore si
et seulement si y 2 hal(A).
- A est compact si et seulement si tout point x de A est presque standard dans A (c’est
a dire que x existe et appartient à A).
2.2.7 Ombres
Plaçons-nous dans un espace métrique standard (E; d). Si A est une partie standard de E,
on a vu que les points standard adhérents à A sont ceux qui appartiennent à hal(A); comme
A est un ensemble standard, il en résulte que A est le standardisé de hal(A).
Une S-notion correspondante est la notion d’ombre: si A est une partie (interne ou
externe) de E, l’ombre de A est l’ensemble standard A = s hal(A):
Quelques propriétés des ombres :
- si A est standard, A = A;
- si A est interne, A est fermé;
- si E est localement compact et A interne et limité, A est compact. Si de plus A est
connexe, A l’est également.
Remarques et exemples
17
Fig.1. Graphe de la fonction: y = sin( x" ); (" = 10 63 ).
- si A est le graphe de y = arctg( x" ) pour x 2 R, A est composé de:
R 2
[ f0g [ 2
; 2 ] [ R+ 2
; (Voir[Fig.2]).
18
Cette remarque nous amène à un résultat important, le théorème de l’ombre continue,
qui peut s’énoncer ainsi:
Remarque 2.2.1 Si f est une fonction interne qui véri…e les deux conditions suivantes:
- f est S-continue;
- f est presque standard.
Alors f est dite de classe S 0 :
f est dite de classe S 0 sur une partie interne A de E si f est de classe S 0 en tout point
presque standard de A.
Alors f véri…e le théorème de l’ombre continue ssi f est de classe S 0 :
Dé…nition 2.2.1 Une fonction interne f de R dans R est dite de classe S 1 en un réel a si
f est presque standard en a et s’il existe un réel standard b tel que l’on ait:
f (y) f (x)
8x 8y; x 6= y ; x ' a ' y =) y x
' b:
f est dite de classe S 1 sur une partie interne A de E si f est de classe S 1 en tout point
presque standard de A.
19
Conséquences
- Si f est une fonction standard de classe S 1 en a; f est strictement dérivable en a, mais
f n’est pas nécéssairement de classe C 1 au voisinage de a.
- Par contre, une fonction standard de classe C 1 est forcément de classe S 1 .
- Si une fonction interne est dérivable et presque standard, alors elle est de classe S 1 ssi
sa dérivée est de classe S 0 :
20
Chapitre 3
3.1 Introduction
Quand
8 on parle de l’unicité de la solution d’un problème de Cauchy de la forme:
< y 0 = f (y)
(P C)
: y(t0 ) = y0
la première chose qui vient à l’esprit pour la majorité des mathématiciens, c’est véri…er
les conditions du théorème de "Cauchy-Lipschitz". Pourtant il existe d’autres critères.
21
Cette solution, si elle existe, est-elle unique?
Dans tout ce qui suit, k:k désigne une norme sur Rn , Le résultat suivant donne une
première réponse à cette question.
Remarque 3.2.2 Si l’on exige seulement que la fonction f soit continue, alors on a encore
existence d’une solution pour le problème de Cauchy (c’est le théorème d’Arzela-Peano)
mais on peut perdre l’unicité. Pour s’en convaincre on cherchera à résoudre l’équation
di¤érentielle:
p
y 0 = 2 jyj; et on aura plusieurs solutions passant par l’origine.
Le théorème de Cauchy-Lipschitz ne fournit l’existence d’une solution que sur un sous-
intervalle de I contenant t0 su¢ samment petit. On peut se demander s’il n’est pas possible
de prolonger cette solution sur un intervalle de temps plus grand. Le lemme ci-dessous nous
aidera à répondre à cette question.
22
Lemme 3.2.1 (de recollement), (Voir[14])
Soit f véri…ant les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz et (t0 ; y0 ) 2 I . Soit
1 et 2 deux solutions de (EN ) dé…nies sur des sous-intervalles I1 et I2 de I contenant t0 .
Alors
8 1 2 sur I1 \ I2 et la fonction dé…nie sur I1 [ I2 par:
< si t 2 I1
1
: si t 2 I2
2
véri…e (t0 ) = y0 sur I1 [ I2 ; et est une solution.
23
Théorème 3.2.3 (de Cauchy-Lipschitz linéaire), (Voir [14]).
Pour tout t0 2 I et y0 2 Rn ; le système di¤érentiel (EL) admet une unique solution de
classe C 1 telle que y(t0 ) = y0 et prolongeable.
24
3.4 Les travaux d’Osgood
En 1898, W.F. Osgood a donné un critère de l’unicité d’une solution d’une équation di¤éren-
tielle ordinaire. Citons le critère d’Osgood selon deux aspects, la version originale classique
celle qui a été découverte par Osgood, et la version non standard.
Preuve. (Voir[13])
a)- On va montrer l’implication:
Z0
(9 0 2]0; a]; fdy
(y)
= 1) =) (L’unique solution du système (C0) qui passe par l’origine
0+
est la solution triviale):
Par l’absurde supposons qu’il y a non unicité à l’origine (voir Graphe2.1 ), ç-à-d, qu’il
existe une autre solution y1 de (C0); dé…nie sur ]0; a], non identiquement nulle:
Cette solution véri…e:
y10 = f (y1 ) et y1 (0) = 0:
Zx
Donc y1 (x) = f (y1 (t))dt:
0
Comme y10 est non nulle sur ]0; a]; y1 est une bijection, donc inversible.
Soit u = y1 1 la fonction réciproque de y1 :
Zy1
Donc u0 = y10 = f (y1 ) et u(y1 ) = fdt(t)
, avec u(0) = 0 car :
1 1
0
y1 (0) = 0 =) y1 1 (y1 (0)) = y1 1 (0) = u(0):
25
Zy1
dt
Donc u(y1 ) = f (t)
existe et elle est bien dé…nie, mais ceci est impossible car l’intégrale
0
est in…nie, d’après l’hypothèse.
b)- Idem, pour l’implication:
Z0
dy
(Il y a unicité à l’origine de la solution triviale) =) (9 0 2]0; a]; f (y)
= 1):
0+
Z0
dy
Par l’absurde supposons que: 8 0 2 ]0; a]; f (y)
< 1:
0+
Soit:
Zy
dz
u(y) = f (z)
, u est bien dé…nie, et:
0+
0 1
u = f (y)
6= 0:
On a:
1
(u 1 )0 = u0 (u 1)
= f (u 1 ):
Si, u 1 (0) = r; avec r 6= 0; on a u(r) = 0, ce qui est impossible.
Donc u 1 (0) = 0:
1
u serait une solution de (C0) di¤érente de 0 et il y a non unicité, il y a contradiction
avec l’hypothèse.
26
Remarque 3.4.1 Si on prend la contraposée, on a bien cette équivalence:
Z0
il y a non unicité à l’origine, ssi 8 0 2 ]0; a]; fdy
(y)
est …nie:
0+
Exemple 3.4.1 L’exemple suivant est trés connu et illustre la non-unicité des solutions
d’une équation di¤érentielle.
Soit le problème de Cauchy suivant:
p
y 0 = 2 jyj ; y(0) = 0
On a :
Z0 Z0
dy dy
p
f (y)
=
2 jyj
0+ 0+
h i
p 0
= jyj
0+
p
= 0 < 1, ie, l’intégrale est …nie.
Donc d’après Osgood, il n’y a pas d’unicité à l’origine.
Il est facile de véri…er ce résultat.
E¤ectivement, 8le problème admet au moins deux solutions di¤érentes:
< t2 Si t > 0
y1 = 0 et y2 =
: 0 Sinon
p
Graphe2.2 Deux solutions de: y 0 = 2 jyj; y(0) = 0
27
Exemple 3.4.2 On peut généraliser:
y0 = yk 0<k<1 ; y(0) = 0
On a :
Z0 Z0
dr
f (r)
= rdrk
0+ 0+
1
= 1 k
r1 k 0+0
1
= 1 k
[ 10 k ] < +1:
Donc l’intégrale est …nie. D’après Osgood il n’y a pas d’unicité à l’origine, (Voir Graphe2.3).
28
Graphe2.4 L’unique solution de: y 0 = y; y(0) = 0
Conséquences
A partir des travaux de Cauchy-Lipschitz et Osgood, on peut conclure quelques résultats.
Corollaire 3.4.1 Soit f une fonction continue telle que f (0) = 0 et ne s’annulle pas sur
un intervalle ]0; a]; a 2 R+ ,
Z0
dr
Si f est lipschizienne alors: 9 0 2]0; a]; f (r)
= 1:
0+
29
Les solutions du système sont données par: y1 = sin(y) x cos(y) et y2 = 0.
Z0
dr
il y a non unicité, d’après Osgood, 8 0 ; 0 < 0 4
; r sin(r) < 1:
0+
Théorème 3.4.2 Il y a unicité de la solution triviale à l’origine ssi 9 <a:8 i:p; 0 <
Z
< =) fdr (r)
est i:g:
à l’origine)
En utilisant la contraposée:
Z
dr
(non unicité des solutions à l’origine) ) (8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (r)
est
limitée):
Supposons qu’il existe une solution y1 non nulle sauf en 0 de (C0) ie:
dy1
dt
= f (y1 ) , y1 (0) = 0
Z Z
dy1 dy1
donc f (y1 )
= dt ) 8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
= d
Z
dy1
)8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
=
Z
dy1
Alors: 8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
est limitée.
30
On va montrer la deuxième implication:
Z
dr
(Il y a unicité de la solution triviale à l’origine) ) (9 < a; 8 i:p; 0 < < : f (r)
est i:g:)
En utilisant la contraposée:
Z
dr
(8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (r)
est limitée) ) (non unicité des solutions à
l’origine):
Zs
dr
Soit: u(s) = f (r)
31
Z
1 dr
Pour appréciable, = 2
; f (r)
est i.g. pour tout i:p; > 0. D’après Osgood il y a
1
= 1 k
y1 k
= 1
1 k
[ 1 k 1 k
] avec k < 1:
Donc l’intégrale est limitée. D’après Osgood il n’y a pas d’unicité à l’origine.
p
E¤ectivement, le problème précédent admet deux solution: y = 0 et y = (1 k) (1 k)t:
= [log y]
= log log
Z
dr
Pour appréciable; f (r)
est i.g., pour tout i:p. D’après Osgood il y a unicité à
l’origine.
32
Théorème 3.5.1 (Voir [15])
Soit (x0 ; y0 ) un point du plan et R = [x0 a; x0 +a] [y0 b; y0 +b] un rectangle voisinage
du point (x0 ; y0 ):
Supposons que f satisfasse aux deux conditions suivantes:
(i)- f continue sur R:
(ii)- Pour tous (x; y1 ) et (x; y2 ) points de R , jf (x; y2 ) f (x; y1 )j '(jy2 y1 j) avec '
fonction continue, positive, croissante de la variable positive u et telle que '(0) = 0:
Zu0
du
Alors, si '(u) ; (0 < u < u0 ) diverge quand u tend vers 0, la courbe intégrale de (EN )
u
qui passe par (x0 ; y0 ) est unique.
dv v(x) 0 dv
et 0 dx
(0) = limx !0 x
limx !0 x
= '(0) = 0: Donc: dx
(0) = 0:
dph
Soit ph une solution de l’équation dx
= '(ph ) et ph (0) = h, h étant un nombre positif
donné à l’avance.
Zx
ph est positive et croissante et ph (x) = h + '(ph ( ))d
0
On en déduit dans R:
0 v(x) < ph (x) :::(T 1)
En e¤et:
Zx
[ph v](x) h+ ['(ph ) '(v)]( )d :::(T 2)
0
d(ph v) dph dv
[ph v](0) = h; dx
(0) = '(h) > 0; car: dx
(0) = '(h) et dx
(0) = 0:
33
Ceci nous montre que la di¤érence ph v est positive et croissante pour les valeurs de x
assez petites.
L’inégalité (T 1) est ainsi démontré.
Observons maintenant que ph est une fonction croissante de x pour h donné et une
fonction croissante de h pour x donné, dé…nie par l’équation:
Zph
d
'( )
=x
h
La quantité ph tend donc, pour h ! 0, vers une limite déterminée p0 (x) pour chaque
valeur de x dans l’intervalle (0; a), et l’on a en outre :
ph (x) > p0 (x) (h > 0):
Or p0 (x) ne peut qu’ètre identiquement nulle, car on aurait dans le cas contraire pour
h < p0 (x) :
p0 (x)
Z
d
'( )
<x
h
Ce qui est impossible pour h assez petit, l’intégrale dans le premier membre étant diver-
gente pour h ! 0. On a donc:
0 v(x) limh !0 ph (x) = p0 (x) = 0:
Théorème 3.5.2 supposons que f est une fonction standard, satisfasse aux deux conditions
suivantes:
(i)- f continue sur R.
(ii)- pour tout (x; y2 ) et (x; y2 ) points standard de R, jf (x; y2 ) f (x; y1 )j '(jy2 y1 j)
avec ' fonction standard continue, positive telle que '(0) = 0:
Zu0
du
Alors, si: 9 u0 ; u0 > 0 : 8 u i:p; 0 < u < u0 =) '(u) est i:g., la courbe intégrale de
u
(EN ) qui passe par (x0 ; y0 ) est unique.
34
Preuve. Supposons, sans restreindre la généralité, que (x0 ; y0 ) = (0; 0):
Zu0
du
(9 u0 > 0, 8 u i:p; 0 < u < u0 : '(u) i:g ) =) (Unicité de la solution qui passe par
u
l’origine).
Par contraposée , il su¢ t de montrer:
Zu0
du
(non unicité à l’origine) =) (8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(u)
soit limitée).
u
Soit y1 ; y2 deux solutions di¤érentes du problème.
Supposons sans restreindre la généralité que y1 (x) > y2 (x) et y10 (x) > y20 (x); 8 x 6= 0 et
y1 (0) = y2 (0) = 0; donc:
y10 = f (x; y1 ); y1 (0) = 0 et y20 = f (x; y2 ); y2 (0) = 0
Alors,
y10 y20 = jf (x; y1 ) f (x; y2 )j '(jy1 y2 j)
Soit: u = y1 y2 :
du
Alors, u0 '(u) =) '(u)
dt
Zu0 Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
dt:
u u
Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
u0 u:
u
Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
soit limitée.
u
35
3.6 Lien entre le critère d’Osgood et le critère de Tamarkine
Théorème 3.6.1 Si le test de Tamarkine est véri…é pour un système autonome admettant
y = 0 comme solution, alors le test d’Osgood sera vrai.
Zu0 Zs
( '(u) i:g ) =)( fdy
du
(y)
i:g ).
u
Preuve. Supposons que le test de Tamarkine est véri…é,
Zu0
du
( '(u) i:g )
u
On a:
pour tout y2 et y1 points de R , jf (y2 ) f (y1 )j '(jy2 y1 j)
Soit y1 ;tq : y1 (x) 0:
Alors pour y1 et y2 = 0 , on a:
f (y1 ) jf (y1 )j '(y1 ) =) f (y1 ) 1
'(y1 )
1
Zu0 Zu0
=) fdy (y)
du
'(u)
u u
Zu0
dy
=) f (y)
est i:g:
u
Et on a le test d’Osgood.
Remarque 3.6.1 On remarque qu’il y a une similitude entre le critère d’Osgood et celui de
Tamarkine, publiés presque en mème temps. Mais ils ont trouvé séparément leurs résultats
à cause du manque de communications au 19 siècle entre la Russie et le monde occiden-
tal. Et comme dira J. Tamarkine, "Nous devons ajouter que l’article de M. Painlevé dans
’Encyklopadie der Mathem. Wissenschaften’, II. A. 4a, pp. 197-198, contient une citation
brève du théorème de M. Osgood concernant le mème sujet que notre théorème, démontré
en début de la note. Mais le théorème de M. Osgood est beaucoup moins général, que le
notre, dont il n’est qu’un cas particulier [pour '(u) = ku jlog uj ; ku jlog uj log jlog uj ; :::] et
la méthode mème de M. Osgood nous est tout à fait inconnue, les bibliothèques de Pétrograd
ne possédant pas les ’Monatshefte [Link]. u. Phys.9’ (1898) où le mémoire de M. Osgood
est inséré". (Eingegangen am 27. August 1921).
36
3.7 Conclusion
Le premier intérêt de l’intégrale d’Osgood a été de prouver l’unicité d’une solution d’une
équation di¤érentielle. Ce critère d’unicité, élargi aux équations non autonomes par Tamarkine,
est plus général que le théorème de Cauchy-Lipschitz, puis qu’il s’applique à des équations
dont le second membre n’est pas lipschitzien comme: y 0 = y log jyj et y 0 = y log jlog jyjj :
37
Chapitre 4
Critère de prolongement
4.1 Introduction
L’extensibilité des solutions des équations di¤érentielles ordinaires est une propriété fon-
damentale et importante. Dans ce chapitre on va voir l’utilisation de l’intégrale d’Osgood
pour déterminer, en premier lieu, l’extensibilité des solutions d’une équation di¤érentielle
ordinaire à partir des travaux de Hartman, en deuxième lieu, le prolongement des solutions
d’une équation di¤érentielle perturbée en regardant les travaux de Bernfeld, et en…n une
généralisation du test d’Osgood faite par trois chercheurs mexicains en 2011.
38
la même manière on dé…nit l’intervalle maximal à gauche. Un intervalle maximal est un
intervalle maximal à droite et à gauche.
Corollaire 4.2.1 Soit f une fonction continue sur t0 t t0 + a; (< 1); y 2 Rd . Soit
y une solution de (P V I) sur un intervalle maximal à droite J. Alors soit J = [t0 ; t0 + a]
soit J = [t0 ; [; < t0 + a; et jy(t)j ! +1 quand t ! : Dans le dernier cas on dit que
la solution explose.
Généralement,
Corollaire 4.2.2 Soit f une fonction continue sur l’adhérence E d’un ensemble ouvert E
et supposons que y est une solution de (P V I) sur un intervalle maximal à droite J. Alors
soit: J = [t0 ; +1[, soit J = [t0 ; [ avec < 1 et ( ; y( )) 2 @E, soit J = [t0 ; [ avec <1
et jy(t)j ! +1 quand t ! :
39
est une solution de ([Link]) sur un intervalle maximal d’existence telle que si u(t) est une
solution de ([Link]), alors l’inégalité:
([Link]) u(t) u0 (t):
est véri…ée sur l’intervalle commun d’existence de u(t) et u0 (t):
Une solution minimale u0 (t) a une dé…nition similaire.
40
(P V I) y 0 = f (t; y); y(t0 ) = y0 ;
avec jy0 j u0 ; sont globales.
Corollaire 4.2.3 Sous les conditions du théorème précédent, et si on suppose que f est
continue sur [t0 ; +1[; alors les solutions existent dans [y0 ; +1[; ie elles sont prolongeables.
Preuve. On utilise les mèmes techniques dans la preuve précédente, et le résultat suit
du corollaire ([Link]):
41
sont globales (n’explosent pas), chaque fois que les solutions de:
([Link]) ; y 0 = (y)
sont globales.
Il va montrer, en plus, que les fonctions de perturbation ; de cette classe, dépendent
des fonctions .
D’autre part, considérons le problème non autonome suivant: supposons que toutes les
solutions de:
(EN ) ; y 0 = f (t; y);
où f : R Rd ! Rd est continue,
sont globales; alors pour quelle classe de fonctions g(t; y), toutes les solutions de:
(EP ) ; y 0 = f (t; y) + g(t; y):
sont globales?
Nous allons imposer une condition sur f en exigeant l’existence d’une fonction continue
: [0; 1[ !]0; 1[ telle que:
Z1
dr
([Link]) ; jf (t; y)j (jyj) pour tout t 2 R; et (r)
= 1:
Z1
dr
Cette condition ( ie si (r)
= 1 ), est su¢ sante pour que toutes les solutions de (EN )
sont globales (voir les travaux de Hartman [12]). Nous disons que est liée à f si ([Link])
est satisfaite:
Des résultats pour les systèmes (EN ) et (EP ) peuvent ètre obtenus, en supposant
jf (t; y)j (jyj) et jg(t; y)j (jyj), où les fonctions et satisfont à certaines hypothèses.
42
Z1
dr
Preuve. les solutions de ([Link]) sont globales; alors (r)
= 1: De ([Link]) il existe N
et k satisfaisant à:
(r)
(r)
< k pour r > N:
1 1
(r) + (r) (1 + k) (r) pour r > N =) (r)+ (r) (1+k) (r)
pour r > N:
Z1 Z1
dr 1 dr
comme (r)
= 1 et (1+k) (r)
= 1;
Z1
dr
On a: (r)+ (r)
= 1:
Théorème 4.3.2 Supposons que les solutions de r0 = (r) sont globales. Alors toutes les
solutions de ([Link]) sont globales pour toute fonction satisfaisant à:
(r)
limr !1 (inf (r)
) > 0:
Z1
dr
Corollaire 4.3.1 Supposons que est bornée. Si est continue, croissante et (r)
=1
Corollaire 4.3.2 Supposons que toutes les solutions de r0 = (t) (r) sont globales, avec
continue. Alors toutes les solutions de r0 = (t) (r)+ (t) (r) sont globales pour continue,
(r)
et pour satisfaisant à: limr !1 (sup (r)
) < 1:
43
r(t; t0 ; r0 ) ! 1 quand t ! b
t; b
t > t0 :
Sur l’ensemble compact [t0 ; b
t] il existe B > 0; T > 0 tels que (t) B et (t) T:
Considérons l’équation:
([Link]) ; s0 = B (s) + T (s):
T (r)
B et T satisfont limr !1 (sup B (r) ) < 1: Alors d’après le théorème précédent, toutes
les solutions de ([Link]) sont globales. En particulier, toutes les solutions de ([Link]) sont
bornées sur [t0 ; b
t] ce qui implique que toutes les solutions de ([Link]) sont bornées sur [t0 ; b
t],
d’où la contradiction, ce qui prouve le résultat.
(r) (r)
Un résultat dual peut ètre obtenu en utilisant limr !1 (inf (r)
) > 0 au lieu de limr !1 (sup (r)
) <
1.
Théorème 4.4.1 Soit y 0 = f (y) une équation di¤érentielle telle que f soit standard, con-
tinue et strictement positive.
Z!
dr
Toutes ses solutions sont prolongeables à l’in…ni ssi 9 A > 0 : 8 ! i:g ; ! > 0 =) f (r)
A
soit i:g:.
44
Comme f est strictement positive, u existe à partir d’un réel y0 . (Supposons sans
restreindre la généralité que y0 = A).
Si y n’est pas prolongeable à l’in…ni, on peut trouver t1 limité tel que y1 = y(t1 ) soit i:g:.
Zy1
Mais t1 = u(y1 ) = fdt (t)
+ u(A) est i:g d’après l’hypothèse, d’où la contradiction.
A
Condition nécessaire:
Supposons que toutes les solutions sont prolongeables à l’in…ni.
Z!
Supposons que: 8 A > 0; 9 ! i:g: : ! > 0 et fdt(t)
soit limité.
A
Z!
dt
Soit i:g: : 0 < < ! et f (t)
= r:
Z!
dt
Posons: u(y) = f (t)
:
y
On a: u( ) = r:
Soit y la fonction réciproque de u; y = u 1 :
On a:
1 1
y0 = u0 (y)
= 1 = f (y); et: y(r) = :
f (y)
D’où y est une solution qui n’existe pas dans le futur, contradiction.
45
Z!
dr
(8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
est limitée)=)(8 A > 0; 9 ! i:g : (! > 0 et
A
Z!
dr
f (r)
est limitée) ou ( fg est bornée)).
A
Z!
dr g
On suppose que: 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
est limitée, et que f
est bornée.
A
Z!
dr
On va monter alors que : 8 A > 0; 9 ! i:g : (! > 0 et f (r)
est limitée.
A
Z! Z!
dr
8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
= ( 1+ 1g (r) ) dr
f (r)
:
f
A A
Soit m = min( 1+ 1g (r) )
f
Z! Z!
dr dr
Donc : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
m f (r)
:
A A
Z!
dr
Z! f (r)+g(r)
dr A
Alors : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r) m
:
A
Z!
dr
D’où : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)
est limitée.
A
Et la démonstration est achevée.
4.5.1 Introduction
Soit y0 un nombre réel positif, et f une fonction réelle strictement positive dé…nie sur
[0; +1]. Supposons que y est une fonction réelle étendue strictement positive (peut prendre
la valeur +1) qui a le mème domaine de dé…nition que f .
Dans cette section, nous donnons un critère qui caractérise l’explosion d’une solution
d’une
8 équation di¤érentielle ordinaire de la forme:
< dy = f (y) ; t 0
dt
([Link])
: y(0) = y 0
46
Plus précisement, le temps d’explosion de la solution de ce problème est le nombre réel
positif étendu (peut prendre la valeur +1): te = sup ft 0; y(t) < 1g :
Z1 Z1
On a vu que te est …ni ssi fds(s)
< 1. Dans ce cas, te = fds
(s)
:
y0 y0
Remarque 4.5.1 L’équation ([Link]) peut ètre représentée par le problème de Cauchy suiv-
ant:8
< dX(t)
= h(t)f (X(t) + g(t)); t 0
dt
([Link])
: X(0) = y0
où f est localement lipschitzienne et h est continue. Donc l’existence et l’unicité sont
garanties (Voir ([11-(10.4.6)]))
47
Proposition
8 4.5.1 le problème suivant :
< dy(t) = h(t)f (y(t)); t 0
dt
([Link])
: y(0) = y0
1 1
admet une unique solution donnée par: y(t) = V (H(t)), pour t < H (V (1)). Cette
solution explose en temps …ni ssi V (1) < H(1). Dans ce cas Tey = H 1
(V (1)):
1
Preuve. La fonction y(t) = V (H(t)) est une solution de ([Link]), car:
y 0 (s)
f (y(s))
= h(s).
Intégrons les deux membres en [0; t]; en substituant, on trouve V (y(t)) = H(t), donc
1 1
y(t) = V (H(t)); et l’unicité est véri…ée. En plus de ça, y(t) est …nie ssi t < H (V (1)):
Si la solution de ([Link]) explose en temps Tey < 1, alors V (1) = H(Tey ) < H(1).
1
Inversement, le nombre H (V (1)) est réel, donc :
1 1
V (y(H (F (1)))) = H(H (V (1))) = V (1):
Ceci implique que Tey H 1
(V (1)), et cela assure que la solution de ([Link]) existe pour
1
t<H (V (1)).
En conséquence, la solution de ([Link]) est positive, continue et croissante sur [0; Tey ] , et
a un inverse sur [y0 ; +1] .
Soit la fonction V : [y0 ; +1] ! R; donnée par la formule:
Zy
V (y) = f (s+g(Yds 1 (s))) ;
y0
V est positive, continue et strictement croissante.
1
Corollaire 4.5.1 La solution de ([Link]) peut ètre représentée par Yt = V (A(t)); pour
1
tout t < H (V (1)):
1
Preuve. La solution Yt = V (A(t)) est évidemment une solution de ([Link]), car
0
Ys
l’expression de l’équation di¤érentielle dans ([Link]) est f (Ys +g(s))
= h(s), intégrons les deux
membres en [0; t]; en substituant, on trouve V (Yt ) = H(t), dont l’unicité est véri…ée. Et
1
plus de ça, Yt est réelle ssi t < H (V (1)):
48
4.5.3 Version non standard
Soit8le problème suivant :
< dy(t) = h(t)f (y(t)); t 0
dt
([Link])
: y(0) = y0
Où, h; f : [0; +1] ! R+ , deux fonctions standard et continues, et y0 un réel standard.
Proposition 4.5.2 Le problème ([Link]) admet une unique solution standard donnée par:
1 1
y(t) = V (H(t)), tel que: 8 ! i:g : t < H (V (!)). Cette solution explose en temps limité
ssi 9 i:g : V ( ) < H( ).
1
Preuve. Il est facile de voir que y(t) = V (H(t)) est une solution du problème ([Link]):
1
Cette solution est bien dé…nie, ie limitée, si 8 ! i:g : y(t) < !; donc V (H(t)) < !:
Cette solution explose en temps limité (ie 9 Tey > 0; Tey est limité: y est globale sur
[0; Tey ] ) si 9 i:g: : y(Tey ) = , alors: 9 i:g: : V ( ) = H(Tey ) < H( ); car H est strictement
croissante.
Considérons
8 le problème suivant :
< dX(t)
= h(t)f (X(t) + g(t)); t 0
dt
([Link])
: X(0) = y0
Où, h; f : [0; +1] ! R+ , deux fonctions standard et continues, g : [0; +1] ! R+
une fonction standard, continue et bornée et y0 un réel standard.
Proposition 4.5.3 La solution de ([Link]) est standard et peut ètre représentée par Yt =
1 1
V (A(t)); tel que: 9 i:g: : t < H (V ( )):
4.6 Conclusion
Le deuxième intérêt de l’intégrale d’Osgood est de tester le prolongement ou l’explosion
d’une solution d’une équation di¤érentielle ordinaire. Initialement, Hartman a cité un critère
pour le prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle ordinaire. Après, Bernfeld
a utilisé ce critère pour les équations di¤érentielles perturbées, et en…n les trois chercheurs
mexicains ont généralisé le critère pour déterminer le temps d’explosion d’une solution d’une
équation di¤érentielle ordinaire.
49
Chapitre 5
5.1 Introduction
Une solution d’une équation di¤érentielle est appelée singulière, si elle se présente comme
l’enveloppe de la famille des courbes intégrales de la solution générale de cette équation
di¤érentielle.
Une solution singulière d’une équation di¤érentielle n’est pas décrite par l’intégrale
générale, ie on ne peut pas la déduire de la solution générale par une valeur particulière de
la constante d’intégration C.
La solution singulière est alors une solution d’une équation di¤érentielle dont l’unicité de
la solution n’a pas lieu à chacun de ses points dans le domaine de l’équation. Géométrique-
ment, ceci signi…e que plus d’une courbe intégrale passe par chaque point de cette solution.
Nous illustrons cela par l’exemple suivant:
Soit l’équation suivante: (y 0 )2 4y = 0.
Il est facile de voir que la solution générale de l’équation est donnée par la fonction
y = (x + C)2 . Graphiquement, elle est représentée par une famille de paraboles (Figure 1).
50
Figure 1. Graphe des solutions de: (y 0 )2 4y = 0:
En outre, la fonction y = 0 satisfait également à l’équation di¤érentielle, mais n’est
pas une solution particulière, et plus d’une courbe intégrale passe par chaque point de la
droite y = 0. L’unicité de la solution n’a pas lieu sur cette droite. C’est donc une solution
singulière de l’équation di¤érentielle.
Proposition 5.2.1 y = F(x) est une intégrale particulière (resp singulière) de l’équation
(EN ), si = 0 est une intégrale particulière (resp singulière) de l’équation:
0
(4:1) = f [x; F(x) + ] f [x; F(x)]:
51
l’intégrale générale de l’équation (EN ). Si on pose dans l’équation (4:3):
(4:4) y = F(x) + :
et d’après la formule (4:2), on obtient l’équation (4:1), laquelle est véri…ée en prenant
= 0:
et qui a pour intégrale générale:
(4:5) F (x; F(x) + ) = &
y = F(x) sera une intégrale particulière de l’équation (EN ) lorsque = 0 sera une
intégrale particulière de l’équation (4:1), et réciproquement .
Ainsi la question peut toujours ètre ramenée au cas où l’on aurait identiquement:
F(x) = 0.
Preuve. (=))
Z
dy
(y = 0 est une solution singulière de l’équation (EN )) =) ( f (x;y)
est i:p):
Alors:
(x;y)
(4:7) (x; y) = f (x;y)
52
Si on intègre les deux membres par rapport à la variable y, entre les limites y = , y = ,
on trouve:
Z
dy
(4:8) F (x; ) F (x; ) = (x; y) f (x;y)
Soit " i.p, tel que: " ; en appliquant le théorème de la moyenne de Cauchy, on
a:
Z Z
dy dy
(4:9) (x; y) f (x;y) = [x; "]: f (x;y)
;
Alors,
Z
dy F (x; ) F (x; )
(4:10) f (x;y)
= [x;"]
est elle-mème une fonction …nie de x, ou, tout au plus, si la fonction F (x; 0) est linéaire,
à une constante …nie di¤érente de zéro.
Par suite, le rapport:
F (x; ) F (x; )
[x;"]
est i:p, en admettant la continuité des fonctions F (x; y) et (x; y), d’où on conclut que
Z
dy
f (x;y)
est i:p:
((=)
Z
dy
( f (x;y) est i:p) =) (y = 0 est une solution singulière de l’équation (EN )):
Supposons que:
Z
dy
f (x;y)
est i:p.
53
Si on intègre, on trouve:
Z Z @F
dy @y
(x;y)
f (x;y)
= @F
(x;y)
dy
@x
Z
1 @F
= @F
(x;") @y
(x; y)dy
@x
F (x; ) F (x; )
= @F
(x;")
@x
On a:
Z
1 1 1
y
x
2
dy = 2x 2 [y 2 ]
1 1 1
= 2x 2 ( 2 2 ) ' 0; 8 x limité.
1
y
Alors y = 0 est une solution singulière de y 0 = x
2
:
2
Pour = ; on a:
54
Z
dy
y ln(y)
= ln 2:
Théorème 5.2.2 y = F(x) est une intégrale singulière (resp particulière) de l’équation
(EN ), si la valeur de l’intégrale:
Z
d
(4:11) f [x;F (x)+ ] f [x;F (x)]
Corollaire 5.2.2 On peut citer une autre version du théorème précédent, en substituant
l’intégrale précédente (4:11) par:
FZ
(x)+
dy
(4:12) f [x;y] f [x;F (x)]
:
F (x)+
= log( )
Pour =2 l’intégrale n’est pas i:p., alors y = 1 est une solution particulière.
E¤ectivement, y = 1 est une solution particulière car:
l’intégrale générale de cette équation est:
y=k exp( t) + 1:
Pour k = 0, on trouve la solution particulière y = 1.
55
Remarque 5.2.1 Si on essaie d’appliquer le test de Cauchy sur l’équation:
p
y 0 = " y; " i:p:
On a:
Z Z
dy dy
f (x;y)
= p
" y
p
= 2" [ y]
Z
p p p dy
Pour: = "; on trouve que: = p2 i:g:; bien que la solution y = 0 soit
f (x;y) "
p 2
singulière, car l’intégrale générale de cette équation est: y = 2" t; ie, y = ( "4 t2 + C):
Il est donc nécéssaire d’améliorer le théorème de Cauchy.
Théorème 5.2.3 y = 0 est une solution singulière ssi 8 i:p:; > 0; 9 i:p; 0 < < :
Z
dr
f (r)
est limitée.
5.3 Conclusion
Avant la découverte de l’intégrale d’Osgood par Osgood lui-mème, Cauchy utilise cette
intégrale comme technique de calcul pour caractériser les solutions singulières d’une équation
di¤érentielle ordinaire. On voit que cette intégrale nous aide à examiner si une solution
est une intégrale particulière ou singulière pour une équation di¤érentielle ordinaire sans
connaître l’intégrale générale de cette équation.
56
Chapitre 6
6.1 Introduction
En vertu des trois problèmes (unicité, prolongement, solutions singulières) que l’intégrale
d’Osgood peut aider à résoudre, on va donner ici des liens entre les trois résultats précédents.
0+
donc limitée, d’où il y a non unicité à l’origine.
57
Exemple 6.2.1 Soit l’exemple d’Osgood:
y 0 = y ln(y) ; y(0) = 0:
On a vu dans le deuxième chapitre que la solution triviale est l’unique solution qui véri…e
ce système, ainsi y = 0 est une solution particulière pour le critère de Cauchy.
Corollaire 6.3.1 S’il y a unicité à l’origine de la solution triviale alors toutes les solutions
de y 0 = f (y) sont prolongeables à l’in…ni.
Z0
dy
Preuve. Supposons qu’il y a unicité à l’origine alors f (y)
= 1:
0+
Soit:
Zt
dy
u(t) = f (y)
.
0+
1
La fonction u est strictement croissante, car u0 = f
> 0:
Z0 Z1
Donc 1 = f (y) < fdy
dy
(y)
:
0+ 0+
D’après les travaux de Hartman, toutes les solutions de y 0 = f (y) sont prolongeables à
l’in…ni.
58
Conclusion générale
En conclusion, il apparaît évident que l’intégrale d’Osgood joue un rôle très important dans
le domaine des équations di¤érentielles ordinaires.
Son utilisation par Osgood a permis d’élargir le théorème d’existence et d’unicité des
solutions de Cauchy-Lipschitz avec des seconds membres non lipschitziens.
Bien avant Osgood, Cauchy avait utilisé la mème intégrale pour un critère de distinction
entre les solutions particulières et les solutions singulières.
En…n, Hartman, Bernfeld et Ceballos-Diaz-Villa utilisent la mème intégrale pour avoir un
critère d’explosion d’une solution. L’ANS nous a permis d’améliorer les di¤érentes critères.
D’autre part, on peut espérer approfondir et penser à d’autres utilisations.
A titre d’exemple, on peut généraliser les résultats à des fonctions S-continues mais pas
nécéssairement continues, des équations du type:
y 0 = f (t; y) + "g(t; y):
à des inclusions di¤érentielles particulières:
y 0 2 halo(f (t; y)):
Et parler d’unicité ou prolongement des solutions.
59
Annexe : Un peu d’histoire
Augustin Louis, baron Cauchy, né à Paris le 21 août 1789 et mort à Sceaux (Hauts-
de-Seine) le 23 mai 1857, est un mathématicien français. Fervent catholique, royaliste
légitimiste, sa position politique et religieuse lui a valu nombre d’oppositions.
D’abord élève à l’École Polytechnique, puis pendant quelques années ingénieur des Ponts
et Chaussées, il se consacre entièrement aux mathématiques pures à partir de 1813. Il est
remarqué par Lagrange et Laplace, amis de sa famille. Professeur à l’École Polytechnique
et à la Sorbonne, membre de l’Académie des sciences depuis 1816, Cauchy a refusé de prêter
serment à Louis-Philippe en 1830 et s’est exilé d’abord à Turin, où fut créée pour lui une
chaire de physique mathématique, il est ensuite appelé pendant quelque temps à donner
des leçons au duc de Bordeaux, prétendant légitime au trône, avant de regagner en…n Paris
en 1838, où on lui permit, en le dispensant du serment, de reprendre sa chaire à l’École
Polytechnique; il y enseigne jusqu’à sa mort.
Il fut l’un des mathématiciens les plus proli…ques, avec près de 800 parutions et sept
ouvrages; sa recherche couvre l’ensemble des domaines mathématiques de l’époque. On
lui doit notamment en analyse l’introduction des fonctions holomorphes et des critères de
60
convergence des suites et des séries entières. Ses travaux sur les permutations ont été les
prémisses de la théorie des groupes. En optique, on lui doit des travaux sur la propagation
des ondes électromagnétiques.
Cauchy a cependant été le maître incontesté de l’analyse dans la première moitié du
XIXé siècle. Son œuvre a fortement in‡uencé le développement des mathématiques. La
négligence dont …t preuve Cauchy envers les travaux d’Évariste Galois et de Niels Abel en
perdant leurs manuscrits, a cependant entaché son prestige.
61
nombreux concepts. Son in‡uence s’exerça non seulement à travers ses publications, mais
aussi à travers son enseignement, où il habitua ses étudiants à une pensée claire et précise.
Le premier mémoire important d’Osgood traite de la convergence non uniforme et de
l’intégration des séries terme par terme. On y trouve des idées proches de celles qui allaient
conduire à la dé…nition de mesure de Borel.
Osgood s’est aussi intéressé au problème de l’existence d’une application conforme d’un
domaine plan simplement connexe sur un disque (conjecture de Riemann): il répondit par
la négative, en indiquant un contre-exemple, à la question de savoir si une courbe simple de
Jordan peut être incluse dans une aire arbitrairement petite.
Osgood …t également des recherches sur le calcul des variations, sur les courbes gauches et
sur le mouvement du gyroscope. Pour l’Enzyklopädie der mathematischen Wissenschaften,
F. Klein demanda à Osgood d’écrire un article sur la théorie des fonctions. Cette rédaction
lui permit d’acquérir des connaissances très étendues dans ce domaine (1901). La même
année, il commença à écrire son livre Lehrbuch der Funktionentheorie (publié en 1907), qui
allait devenir un ouvrage de référence. Il n’existait pas alors de traité global employant
rigoureusement tous les outils de l’analyse moderne. Osgood rassemblait, structurait et
exposait clairement les matériaux; il comblait maintes lacunes en démontrant des théorèmes
nouveaux, en particulier sur les fonctions méromorphes.
Après sa retraite de Harvard, en 1933, Osgood donna pendant deux ans des cours à
l’université de Pékin.
62
Il est diplômé du 2ème lycée de Saint-Pétersbourg, où il a étudié dans la même classe que
A. Friedman. Il a étudié la Physique et les Mathématiques à l’Université de St. Petersburg.
Après, il a été retenu pour se préparer à un poste de professeur. Sa formation a été dirigée
par Vladimir Steklov. Il a enseigné à l’Institut des ingénieurs des chemins de fer dans
les instituts polytechniques. En 1914, il publia le livre "Le cours d’analyse", et sa thèse
intitulée «Certains problèmes généraux de la théorie des équations di¤érentielles ordinaires
linéaires et l’extension des fonctions arbitraires en série» a été soutenue en Juillet 1917. En
1919-1920 il a été chef de Département de Mathématiques de l’Institut polytechnique de
Petrograd. Aux Etats-Unis depuis 1925, il a enseigné à Dartmouth College dans le Rhode
Island, en tant que professeur invité. A partir de 1927 il est professeur à l’Université Brown.
Il a fait beaucoup pour le développement des mathématiques aux Etats-Unis, en tant que
co-éditeur et rédacteur en chef de grandes revues américaines de mathématiques, tels que
les actes de l’American Mathematical Society (dès 1928). En 1942-1943, il est vice-président
de l’American Mathematical Society.
63
Bibliographie
[10] DIENER. F et REEB. G, Analyse non standard. Edition HERMANN, Paris (1989).
64
[11] DIEUDONNE. J, Foundations of Modern Analysis, 2nd Edition, Pure and Applied
Mathematics, Academic Press, Inc., New York, 1969.
[15] TAMARKINE. Y. D, Sur le théorème d’unicité des solutions des équations di¤éren-
tielles ordinaires, Pétrograd, Bulletin de l’Académie des sciences de Russie, Eingegangen
am 27 August 1921.
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