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Utilisations de l'intégrale d'Osgood

Ce mémoire de Magister présente les diverses applications de l'intégrale d'Osgood dans le domaine des équations différentielles, notamment comme critère d'unicité, de prolongement et de caractérisation des solutions. Il explore également l'analyse non standard et ses implications dans la compréhension de ces concepts. Le travail inclut une revue des contributions de Cauchy, Osgood, et Tamarkine, ainsi que des méthodes non standard pour enrichir l'analyse.

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Utilisations de l'intégrale d'Osgood

Ce mémoire de Magister présente les diverses applications de l'intégrale d'Osgood dans le domaine des équations différentielles, notamment comme critère d'unicité, de prolongement et de caractérisation des solutions. Il explore également l'analyse non standard et ses implications dans la compréhension de ces concepts. Le travail inclut une revue des contributions de Cauchy, Osgood, et Tamarkine, ainsi que des méthodes non standard pour enrichir l'analyse.

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N0 d’ordre : 09/2012 - M / MT

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE
HOUARI BOUMEDIENE
FACULTE DE MATHEMATIQUES

MEMOIRE
Présenté pour l’obtention du diplôme de MAGISTER
En : Mathématiques
Spécialité : Analyse : Systèmes Dynamiques
Par
Djamel Eddine CHERIET
THÈME
Sur les di¤érentes utilisations de l’intégrale d’Osgood

Soutenu publiquement, le 14/11/2012, devant le jury composé de :


Mr. A. KESSI Professeur à l’U.S.T.H.B Président
Mr. R. BEBBOUCHI Professeur à l’U.S.T.H.B Directeur de Mémoire
Mr. A. BENMEZAI Professeur à l’U.S.T.H.B Examinateur
Mr. M. LAKRIB Professeur à l’U.D.L.S.B Examinateur
Mr. K. YADI Maître de conférences/A à l’U.A.B.B.T Examinateur
Mme. T. BEN ZEKRI Maître de conférences/A à l’U.S.T.H.B Examinatrice
Remerciements
Bismillah Rahman Rahim
Louange à Allah, créateur des cieux et de la terre, des ténèbres et de la
lumière.
Celui qui a créé l’homme d’une argile et sa descendance d’une eau vile. Il
honora Adam, père des hommes, en le créant de la plus belle forme.
Louange à Allah le miséricordieux de m’avoir donné le courage; la force, la
patience et la volonté pour la réalisation de ce travail.
Et prières sur notre prophète Mohamed , sur sa famille et ses
compagnons ainsi que ceux qui le suivent.

Tout d’abord, je remercie tous les enseignants de l’USTHB, et particulièrement ceux de


la Faculté de Mathématiques, pour avoir contribué et assuré ma formation.
Je remercie chaleureusement et spécialement le Professeur BEBBOUCHI, mon directeur
de thèse, pour son soutien et sa vision pragmatique des problèmes. En de nombreuses
occasions, son recul et sa vision d’ensemble du monde des EDO se sont avérés essentiels
pour trouver de nouvelles solutions et dégager des perspectives de recherche.
Je tiens à remercier le Professeur KESSI de m’avoir fait l’honneur de présider le jury de
ce mémoire et de m’avoir accompagné de ses précieux conseils et de ses orientations.
Mes vifs remerciements vont aux Professeurs LAKRIB et YADI qui ont accepté d’être
les rapporteurs de ma thèse, et qui ont contribué à améliorer sensiblement mon document.
Je suis de plus très honoré d’avoir pu les compter parmi les membres du jury au même
titre que les professeurs BEN MEZAI et BEN ZEKRI qui n’ont jamais manqué l’occasion
de m’exprimer leurs encouragements.
Merci à mes parents et mes frères pour leur soutien sans faille, leurs encouragements et
sans qui rien n’aurait été possible.
En…n je remercierai tous ceux qui ont participé de loin ou de près à la réalisation de ce
travail.

1
Dédicaces
À
Ma chère mère, pour ses sacri…ces depuis qu’elle m’a mis au monde, et qui n’a
pas cessé de prier pour moi et m’encourager, que ALLAH me la garde.
Mon père, qui m’a toujours soutenu et aidé à a¤ronter les di¢ cultés.
Je sais que les paroles ne su¢ ront jamais à décrire ce que je ressens envers
vous...mais je ne trouve pas mieux à dire que : " Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous
deux; miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit".

À ma petite sœur Fadoua et tous mes frères


Mes oncles et tantes, cousins et cousines
À mes belles sœurs
À mes petits neveux et nièces
Tous mes amis sans citer les noms
Tous ceux qui me sont chers.
Je dédie ce modeste travail.

2
Table des matières

1 Préambule 6

2 Analyse non standard 7


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Notions et dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2.1 Formalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2.2 Les nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2.3 Les axiomes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2.4 Les suites et les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.5 Collections externes et principes de permanence . . . . . . . . . . . . 15
2.2.6 Topologie sur un espace métrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.7 Ombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Unicité de la solution d’une équation di¤érentielle ordinaire 21


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2 Les travaux de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.1 Le théorème de Cauchy-Lipschitz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.2 Le théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire et conséquences . . . . . . . 23
3.3 Plus loin que Cauchy-Lipschitz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.4 Les travaux d’Osgood . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.1 Version classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.2 Version non standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.5 Les travaux de Tamarkine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

3
3.5.1 Version classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.5.2 Version non standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6 Lien entre le critère d’Osgood et le critère de Tamarkine . . . . . . . . . . . 36
3.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

4 Critère de prolongement 38
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2 Les travaux de Hartman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2.1 Théorème d’extension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2.2 Solution maximale et solution minimale . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.3 Les travaux de Bernfeld . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.3.1 Equations di¤érentielles perturbées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.3.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle perturbée . . 42
4.4 Le prolongement en Analyse Non Standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4.1 Critère de prolongement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle perturbée . . 45
4.5 Les travaux de Ceballos-Lira, Macias-Diaz et Villa . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.5.2 Test d’Osgood . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.5.3 Version non standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

5 Caractérisation d’une solution singulière 50


5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
5.2 Caractérisation des intégrales singulières d’une EDO . . . . . . . . . . . . . . 51
5.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

6 Généralisation du test d’Osgood 57


6.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
6.2 Lien entre l’unicité et la caractérisation des solutions singulières . . . . . . . 57
6.3 Lien entre l’unicité et le prolongement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

4
Conclusion générale 59

Annexe : Un peu d’histoire 60


6.4 Cauchy Augustin Louis (1789-1857) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
6.5 Osgood William Fogg (1864-1943) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6.6 Tamarkine Yakov Davidovitch (1888-1945) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.7 Bernfeld Stephen R (1945 - 2003) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

5
Chapitre 1
Préambule

Ce modeste travail est consacré à la présentation de di¤érentes utilisations d’une intégrale


très importante et très utile dans le domaine des équations di¤érentielles, appelée intégrale
d’Osgood.
Initialement, l’intégrale d’Osgood a servi comme critère d’unicité de la solution d’une
équation di¤érentielle ordinaire. Plus tard, elle sera utilisée pour un critère de prolongement
ou d’explosion de la solution. En…n, à partir des travaux de Cauchy, on peut aussi l’utiliser
pour un critère de caractérisation d’une solution singulière d’une équation di¤érentielle.
Le travail consiste à revoir tous ces aspects et éventuellement en découvrir d’autres, en
utilisant des méthodes non standard.
Pour mener à bien notre projet, nous avons élaboré le plan suivant:

Le premier chapitre servira à faire une brève présentation de l’analyse non standard.

Le second chapitre parlera essentiellement des travaux d’Osgood et Tamarkine pour


l’unicité d’une solution d’une équation di¤érentielle avec une extension grace à l’outil
non standard.

Le troisième chapitre est consacré à l’étude du prolongement d’une solution vers l’in…ni
(les travaux de Hartman et de Bernfeld et autres), suivant deux versions classique et
non standard.

Le quatrième chapitre cite un critère de caractérisation d’une solution singulière d’une


équation di¤érentielle.

6
Chapitre 2

Analyse non standard

2.1 Introduction
En mathématiques, l’analyse non standard (ANS) est un ensemble d’outils développés depuis
1960 a…n de traiter la notion d’in…niment petit de manière rigoureuse. Pour cela, une nou-
velle notion est introduite, celle d’objet standard (s’opposant à celle d’objet non standard),
ou plus généralement de modèle standard ou de modèle non standard. Cela permet de
présenter les principaux résultats de l’analyse sous une forme plus intuitive que celle ex-
posée traditionnellement depuis le XIXe siècle.
L’Analyse Non Standard est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines des Math-
ématiques: systèmes dynamiques, calcul asymptotique, probabilités, algèbre... Elle s’est
révélée un outil à la fois e¢ cace et agréable à utiliser.
Nous tentons ici d’exposer, très brièvement, les notions d’ANS qui nous paraissent néces-
saires pour comprendre la partie non standard de notre travail.

2.2 Notions et dé…nitions

2.2.1 Formalisation
Précisons les règles qui régissent l’utilisation de la propriété "être standard". Ces règles se
traduisent formellement par:

7
L’introduction dans le langage de la théorie des ensembles d’un nouveau prédicat à
une entrée st( ). La formule st(x) est une notation pour "x est standard", propriété
que possèdent certains éléments de l’univers ensembliste.

L’énoncé de trois schémas d’axiomes qu’on rajoute à ceux de la théorie ZFC (Zermelo-
Fraenkel+ Axiome du Choix).

L’introduction de la propriété "st" amène à distinguer plusieurs sortes de formules: celles


qui peuvent s’écrire sans utiliser le prédicat st (autrement dit celles qui sont exprimables
dans le langage de ZFC) sont appelées formules internes; les autres (qui contiennent le
prédicat st( ) ou ses dérivés) sont appelées formules externes. De plus, on s’autorise à
rajouter aux formules des paramètres, désignant certains objets de l’univers où on se place.
Les formules internes dont tous les paramètres désignent des objets standard sont appelées
formules standard.

Collections externes

Les propriétés et énoncés internes obéissent aux mèmes règles que dans ZFC; il n’en est pas
de mème des énoncés externes: ainsi le Schéma de Compréhension de ZFC, qui dit que pour
tout ensemble X et toute formule (x), il existe un ensemble dé…ni comme fx 2 X = (x)g,
ne s’applique qu’aux formules internes (par exemple la collection des entiers standard n’est
pas un ensemble). Par commodité, on écrira aussi fx 2 X = (x)g pour des formules ex-
ternes, mais les éléments de X ainsi délimités peuvent ne pas constituer un ensemble: dans
ce cas on dira qu’on a dé…ni une partie externe de X, ou collection externe, et on s’autorisera
à la noter par un symbole (C par exemple), et à écrire x 2 C au lieu de "x 2 X = (x)", ainsi
qu’à pratiquer sur ces collections les opérations booléennes élémentaires (intersection, réu-
nion...). Les théorèmes classiques des mathématiques ne peuvent pas en général s’appliquer
aux collections externes; ainsi le fait que toute partie non vide de N admet un plus petit
élément ne s’applique pas à la collection des entiers non standard (ce qui montre bien que
cette collection est externe, ainsi que son complémentaire). De mème la collection des réels
in…nitésimaux est majorée, mais n’a pas de borne supèrieure.

8
Quanti…cateurs externes :

On écrit 8st xF (x) pour 8x(st(x) =) F (x)); ce qui se lit "pour tout x standard F (x)", et
de mème 9st xG(x) pour 9x(st(x) ^ G(x)) sign…e "il existe x standard tel que G(x)".

2.2.2 Les nombres


Entiers naturels, standard ou non

Il existe des entiers naturels plus grands que tout entier standard. Ces entiers sont évidem-
ment non-standard, et tout entier non standard est plus grand que tout entier standard.

Réels standard ou non

Il existe plusieurs sortes de réels non standard :

Les uns sont plus grands en valeur absolue que tout réel standard, et leur partie entière
est un entier non standard. On les nomme réels i-grands.

D’autres (les inverses des précédents) sont plus proches de 0 que tout réel standard
non nul. On les nomme i-petits ou in…nitésimaux.

D’autres ne sont ni i-grands ni i-petits: ces sont les réels appréciables.

En…n, il résulte de la stabilité des standard pour l’addition que, si a est un standard
non nul et " un réel i-petit, a+ " est non standard, mais n’est ni i-petit ni i-grand. Il
résultera des axiomes à venir que tout réel non-standard qui n’est ni i-petit ni i-grand
est de cette forme a + " (a standard, " in…nitésimal).

Un peu de vocabulaire

Deux réels x et y sont i-voisins ou i-proches si x y est i-petit (on écrit alors x ' y,
et naturellement x ' 0 est une notation pour " x est i-petit " ).

x est limité s’il n’est pas i-grand.

x est appréciable s’il n’est ni i-petit ni i-grand.

En particulier tout réel standard est limité, et tout réel standard non nul est appréciable.

9
2.2.3 Les axiomes
On se place dans le cadre de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel.

Les objets ou les ensembles dé…nis par cette théorie seront quali…és d’internes ou
classiques. C’est le cas de tous les objets et ensembles usuels que nous connaissons:
; e; 2; N; R; [Link]

Axiome de transfert

Dès que tous les paramètres Ei d’une formule classique F ont des valeurs standard:
Pour tout x standard, F (x; E1 ; :::; En ) ssi pour tout x ; F (x; E1 ; :::; En )
Autrement dit, pour véri…er qu’une formule usuelle dépendant de paramètres standard
est vraie pour tout x, il su¢ t de la véri…er pour tout x standard. Intuitivement, nous ne
pouvons accéder qu’aux éléments standard, et ce sont eux qui nous permettront de véri…er
une formule classique. Cet axiome peut aussi s’exprimer (par négation) :
Il existe x standard, F (x; E1 ; :::; En ) ssi il existe x , F (x; E1 ; :::; En )
Si une propriété classique est vraie pour un x, alors elle est vraie pour un x standard. En
voici quelques conséquences. La plus importante est le fait que si un objet mathématique est
dé…ni de façon classique de manière unique à partir d’objets standard, il est nécessairement
standard. C’est donc le cas de ?; 0; 1; 2; ; e; i; N; Rn pour n standard,...
Si E et F sont des ensembles standard, il en est de même de leur intersection, de leur
réunion, de leur produit, de l’ensemble des applications de E dans F , de l’ensemble des
parties de E. Si a et b sont deux nombres standard, il en est de même de ab ; a + b ; a b
; ab (b non nul), etc. Si n est standard, il en est de même de n + 1 ou de In = f1; :::; ng.
Si A est une partie standard de R bornée, SupA et Inf A sont standard. Si f est une
fonction standard (c’est-à-dire dé…nie sur des ensembles standard et de graphe standard),
alors l’image d’un élément standard est standard.
En…n, cet axiome permet de montrer que, pour voir que deux ensembles standard sont
égaux, il su¢ t de véri…er qu’ils possèdent les mêmes éléments standard. Ainsi, la seule partie
standard de N contenant tous les entiers standard est lui-même. Par contre, il existe des
parties non standard contenant tous les entiers standard, à savoir les parties f0; 1; 2; :::; !g
avec ! non standard.

10
Voici quelques applications de l’axiome de transfert:

Tous les objets spéci…ques des mathématiques classiques sont standard.

Deux ensembles standard sont égaux si et seulement s’ils ont les mèmes éléments
standard.

Une fonction standard prend des valeurs standard aux points standard.

Une fonction standard est continue si et seulement si elle est continue en tout point
standard.

tout sous-ensemble standard et borné de R est borné par un standard.

Axiome d’idéalisation

Soit R(x; y) une relation « classique » . Par relation classique, on entend une relation ne
faisant pas intervenir le nouveau prédicat « standard » dans son énoncé. Il s’agit donc
d’une relation usuelle de nos mathématiques de tous les jours.
L’axiome d’idéalisation a¢ rme que les deux propositions suivantes sont équivalentes:
1. Pour chaque ensemble standard …ni F , il existe x (noté dans la suite xF ) tel que
R(x; y) pour tous les y appartenant à F .
2. Il existe x tel que R(x; y) pour tout y standard.
Relation concourante
Soit B une relation binaire et interne. On dit que B est concourante si elle véri…e la
propriété:
8st Z; Z …ni; 9x B(x; y) 8y 2 Z:
La relation est un exemple de ce type.
L’axiome signi…e que, pour trouver un x qui véri…e une propriété relative à tous les y
standard, il su¢ t qu’on puisse trouver un tel x qui véri…e la proprièté considérée relativement
aux éléments y de n’importe quel ensemble standard …ni.
Voici quelques applications de l’axiome d’idéalisation:

Il existe un entier supérieur à tous les entiers standard, et tout entier non standard
est plus grand que tous les entiers standard.

11
Tout ensemble in…ni possède un élément non standard, et un ensemble n’a que des
éléments standard si et seulement si il est standard et …ni.

Théorème de Nelson: Si E est un ensemble standard, il existe une partie standard et


…nie X de E contenant tous les éléments standard de E.

Dans un espace topologique, la relation d’inclusion entre les voisinages d’un point x
donné étant concourante, il existe un voisinage de x inclus dans tout voisinage standard
de x (c’est ce qu’on appelle un voisinage in…nitésimal de x)

Axiome de standardisation

Soit E un ensemble standard et P une propriété quelconque, faisant ou non intervenir le


prédicat « standard » . Alors il existe un ensemble A standard tel que pour tout x standard,
x appartient à A si et seulement si x appartient à E et véri…e P (x):
Cet axiome ne présente d’intérêt que si la propriété P est non classique (elle utilise le
prédicat « standard » ). A n’est autre qu’un ensemble standard dont les éléments standard
sont les éléments standard de E véri…ant la propriété P . Il se peut que A possède d’autres
éléments, mais ils seront non standard. Par ailleurs, un ensemble standard étant dé…ni de
maniére unique par ses éléments standard, il en résulte que A est unique. On l’appelle le
standardisé de la collection fx element de E j P (x)g qui, à priori, n’est pas un ensemble
au sens ZFC. L’interprétation intuitive qu’on peut donner à cet axiome est la suivante : la
collection fx element de E j P (x)g ne nous est pas directement accessible. Nous ne pouvons
considérer que son standardisé.
Par exemple, considérons E = N , et P (x) la propriété:"x est standard". La collection
fx élément de E j P (x)g est la collection des éléments standard. Son standardisé est un
ensemble standard contenant tous les éléments standard de N. Nous avons déjà vu que
c’était N tout entier.
Considérons maintenant E = N , et P (x) la propriété x est non standard". La collection
fx élément de E j P (x)g est la collection des éléments non standard. Son standardisé est
l’ensemble vide.
Voici quelques conséquences de l’axiome de standardisation:

12
le principe de Saturation (qui se démontre avec l’Axiome du Choix):

Soient X et Y deux ensembles standard, B une relation (interne ou externe) telle que
(8st x 2 X)(9st y 2 Y )B(x; y) ; alors il existe une application standard f de X dans
Y telle que (8st x 2 X)B(x; f (x)):

Pour tout réel x limité, il existe un réel standard x (nécéssairement unique) tel que
x ' x.

2.2.4 Les suites et les fonctions


On se donne deux espaces métriques standard E et F .

Les suites

Nous allons donner des propriétés non classiques des suites, qui, dans le cas des suites
standard, coïncideront avec des propriétés usuelles.

Convergence d’une suite Soient un une suite standard dans E et l un élément standard
de E.
- (un ) converge vers l si et seulement si, pour tout n i-grand, un ' l.
- l est valeur d’adhérence de (un ) si et seulement s’il existe n i-grand tel que un ' l.

Convergence d’une sous-suite Pour une suite (an ) standard, il y a équivalence entre:
- il existe une sous-suite de (an ) qui converge vers l:
- l est standard et il existe n illimité tel que an ' l:
(l est une valeur d’adhérence de la suite (an ) , et dans ce cas, il existe une sous-suite de
(an ) qui converge).

Suite de Cauchy Pour une suite (an ) standard, il y a équivalence entre:


- (an ) est une suite de Cauchy.
- pour tout n et p illimités, an ' ap

13
Les fonctions

Continuité La continuité d’une fonction de R dans R se dé…nit plus simplement avec


l’analyse non standard. Pour une fonction standard, il y a équivalence entre:
- f est continue.
- Pour tout x standard et pour tout " in…niment petit , f (x + ") est in…niment proche
de f (x).

Continuité uniforme Pour une fonction standard f , il y a équivalence entre:


- f est uniformément continue.
- Pour tout x et pour tout " in…niment petit, f (x + ") est in…niment proche de f (x).

Dérivation Pour une fonction standard f dé…nie sur un intervalle standard de R, et pour
x0 standard il y a équivalence entre:
- f est dérivable en x0 de dérivée l standard.
f (x) f (x0 )
- pour tout x in…niment proche de x0 ; x x0
' l , avec l standard.

Intégration Pour une fonction standard f sur I = [a; b] standard, il y a équivalence entre:
- f intégrable au sens de Riemann.
- pour toute subdivision de [a; b] : a = x0 < x1 < ::: < xn = b avec xi ' xi+1 , il existe
deux fonctions en escalier et relatives à la subdivision de façon que, pour tout x de I,
(x) f (x) (x), et
Zb
'0
a
Zb Zb Zb
On pose alors f la partie standard de ou de .
a a a

Suites de fonctions Soient (fn ) une suite standard de fonctions de E dans F , et f une
fonction standard de E dans F .
- (fn ) converge simplement vers f si et seulement si, pour tout n i-grand et tout standard
x0 2 E; fn (x0 ) ' f (x0 ).

14
- (fn ) converge uniformément vers f si et seulement si, pour tout x 2 E (standard ou
non) et tout n i-grand, fn (x) ' f (x).
- Si E est localement compact, (fn ) tend vers f uniformément sur tout compact si et
seulement si fn (x) ' f (x) pour tout n i-grand et tout x presque standard dans E.

La S-notion

Le langage non standard permet ainsi de reformuler, d’une façon souvent plus simple, les
notions de base de l’analyse. On remarque que les nouvelles caractérisations ne sont valables
que pour les objets standard. Pour les objets non standard, on dispose donc de notions à pri-
ori distinctes: la notion classique et une notion non standard (ou S-notion) correspondante,
obtenue en appliquant les dé…nitions ci-dessus à tous les objets (standard ou non).
Etudions par exemple la S-notion la plus naturelle qui correspond à la continuité.

S-continuité Soient E et F deux espaces métriques standard. On dit qu’une fonction:


f : E ! F est S-continue en un point x si pour tout y 2 E; x ' y =) f (x) ' f (y):
Si f et x sont standard, la S-continuité en x équivaut à la continuité en x. Par contre,
la S-continuité en tout point de E pour une fonction standard équivaut à sa continuité
uniforme.

S-dérivablité Une fonction f de R dans R, est dite S-dérivable au point x et de S-dérivée


a, ssi a est standard et , pour tout " 6= 0 , i:p. on ait :
f (x+") f (x)
"
'a
L’unicité d’un tel standard a provient de ce que deux standards in…niment voisins soient
égaux .

2.2.5 Collections externes et principes de permanence


Halos et galaxies

Soit E un ensemble interne.


Une partie G de E est appelée galaxie de E si c’est un ensemble externe et s’il existe
une suite (An )n ! avec ! entier i:g:, de sous-ensembles internes de E telle que l’on ait:

15
[
G= An et A0 A1 ::: A! :
st(n)
Une partie H de E est appelée halo si c’est un ensemble externe et s’il existe une suite
(Bn )navec ! entier i:g:, de sous-ensembles internes de E telle que l’on ait:
!
\
H= Bn et E = B0 B1 ::: B! :
st(n)
Ces deux dé…nitions entrainent que si H est un halo, G = E H est une galaxie et
réciproquement.

Principes de permanence

La distinction entre ensembles internes et collections externes, ainsi que la classi…cation


des collections externes en halos et galaxies, permettent souvent de montrer que certaines
propriétés démontrées pour tous les éléments d’un certain domaine s’étendent en fait à un
domaine plus grand: c’est ce que l’on appelle les raisonnements par permanence.

Permanence de Cauchy Elle repose sur la distinction entre ensembles internes et parties
externes:
Si X est un ensemble interne et P une propriété interne, alors fx 2 X = P (x)g est
interne; donc si Y est une partie externe de X et que l’on a démontré que P est véri…é
pour tous les éléments de Y , alors on peut a¢ rmer que P est encore vraie pour certains
éléments hors de Y .

Permanence de Fehrele Elle repose sur le principe précédent. Si X est un ensemble


interne et H(y) une propriété de la forme 8st x P (x; y) où P est interne, alors fy 2 X; H(y)g
est un halo; donc si Y X est une galaxie et que l’on sait que H est véri…é par tous les
éléments de Y , alors H est encore vraie pour certains éléments hors de Y .

Lemme de Robinson (Voir [1]) Si une suite (un ) est telle que un est i-petit pour tout
n standard, alors il existe ! i-grand tel que un soit i-petit pour tout n < !.

2.2.6 Topologie sur un espace métrique


Soient (E; d) un espace métrique standard et A un sous-ensemble standard de E.

16
- A est ouvert si et seulement si, il contient le halo de tous ses points standard.
- A est fermé si et seulement si, pour tout x presque standard dans A, x 2 A.
- un point standard y est adhérent à A si et seulement si hal(y) \ A 6= ;; ou encore si
et seulement si y 2 hal(A).
- A est compact si et seulement si tout point x de A est presque standard dans A (c’est
a dire que x existe et appartient à A).

2.2.7 Ombres
Plaçons-nous dans un espace métrique standard (E; d). Si A est une partie standard de E,
on a vu que les points standard adhérents à A sont ceux qui appartiennent à hal(A); comme
A est un ensemble standard, il en résulte que A est le standardisé de hal(A).
Une S-notion correspondante est la notion d’ombre: si A est une partie (interne ou
externe) de E, l’ombre de A est l’ensemble standard A = s hal(A):
Quelques propriétés des ombres :
- si A est standard, A = A;
- si A est interne, A est fermé;
- si E est localement compact et A interne et limité, A est compact. Si de plus A est
connexe, A l’est également.

Remarques et exemples

- si x est presque standard dans E, fxg = f xg.


- soit " ' 0; l’ombre de A =]"; 1+"[ est [0; 1]. On voit que l’on n’a ni A A, ni A A.
- si A n’a aucun point standard, A = ;.
- (A [ B) = A [ B et (A \ B) A \ B.
- si A = fx 2 R=x 0g, A = R . On voit que si A est externe, A n’est pas toujours
fermé.
- si A est le graphe de y = sin( x" ) pour x 2 [ 1; 1], A = [ 1; 1]2 , (Voir[Fig.1]).

17
Fig.1. Graphe de la fonction: y = sin( x" ); (" = 10 63 ).
- si A est le graphe de y = arctg( x" ) pour x 2 R, A est composé de:
R 2
[ f0g [ 2
; 2 ] [ R+ 2
; (Voir[Fig.2]).

Fig.2. Graphe de la fonction: y = arctg( x" ); (" = 10 61 ):


Remarquons que dans ces deux derniers cas, A est un graphe de fonction, mais pas A;
cela est dù au fait que la fonction n’est pas S-continue.

18
Cette remarque nous amène à un résultat important, le théorème de l’ombre continue,
qui peut s’énoncer ainsi:

Théorème 2.2.1 (Voir [1])


Soient E et F deux espaces métriques standard, f une fonction de D E dans F , et G
le graphe de f . Alors:
- si f est S-continue sur D, G est le graphe d’une fonction standard continue.
- si pour tout x presque standard dans D, f (x) est presque standard, et si G est le
graphe d’une fonction g, alors:
- g est standard et continue;
- f est S-continue.
De plus pour tout x presque standard dans D, f (x) ' g(x). La fonction g est celle qu’on
obtient par standardisation de la relation y = f (x) sur les éléments standard de D. On la
note f et on dit que g est l’ombre de f:

Remarque 2.2.1 Si f est une fonction interne qui véri…e les deux conditions suivantes:
- f est S-continue;
- f est presque standard.
Alors f est dite de classe S 0 :
f est dite de classe S 0 sur une partie interne A de E si f est de classe S 0 en tout point
presque standard de A.
Alors f véri…e le théorème de l’ombre continue ssi f est de classe S 0 :

On peut ainsi dé…nir la classe S 1 par:

Dé…nition 2.2.1 Une fonction interne f de R dans R est dite de classe S 1 en un réel a si
f est presque standard en a et s’il existe un réel standard b tel que l’on ait:
f (y) f (x)
8x 8y; x 6= y ; x ' a ' y =) y x
' b:
f est dite de classe S 1 sur une partie interne A de E si f est de classe S 1 en tout point
presque standard de A.

19
Conséquences
- Si f est une fonction standard de classe S 1 en a; f est strictement dérivable en a, mais
f n’est pas nécéssairement de classe C 1 au voisinage de a.
- Par contre, une fonction standard de classe C 1 est forcément de classe S 1 .
- Si une fonction interne est dérivable et presque standard, alors elle est de classe S 1 ssi
sa dérivée est de classe S 0 :

20
Chapitre 3

Unicité de la solution d’une équation


di¤érentielle ordinaire

3.1 Introduction
Quand
8 on parle de l’unicité de la solution d’un problème de Cauchy de la forme:
< y 0 = f (y)
(P C)
: y(t0 ) = y0
la première chose qui vient à l’esprit pour la majorité des mathématiciens, c’est véri…er
les conditions du théorème de "Cauchy-Lipschitz". Pourtant il existe d’autres critères.

3.2 Les travaux de Cauchy

3.2.1 Le théorème de Cauchy-Lipschitz


Soit l’équation di¤érentielle:
y 0 = f (t; y) (EN )
avec f une fonction continue dé…nie sur I (avec I un intervalle ouvert de R et un
ouvert de Rn ) et à valeurs dans Rn :
On s’intéresse au problème de Cauchy: étant donnés t0 2 I et y0 2 Rn :

Existe-t-il une solution de (EN ) dé…nie au voisinage de t0 et prenant la valeur y0 en


t0 ; et,

21
Cette solution, si elle existe, est-elle unique?

Dans tout ce qui suit, k:k désigne une norme sur Rn , Le résultat suivant donne une
première réponse à cette question.

Théorème 3.2.1 (de Cauchy-Lipschitz) (Voir [14])


Soit un ouvert de Rn et I un intervalle ouvert de R. On suppose que:
- f est continue de I dans Rn ;
- il existe une fonction L localement intégrable sur I, telle que:
2
8t 2 I; 8(x; y) 2 , kf (t; x) f (t; y)k L(t) kx yk :
Alors pour tout point (t0 ; y0 ) de I , il existe un intervalle ouvert J I contenant t0 et
une fonction continue et bornée de J dans vérifant (EN ) sur J et telle que (t0 ) = y0 .
Cette solution (la fonction ) est unique au sens suivant: s’il existe une autre fonction
dé…nie sur un sous-intervalle ouvert J 0 de I contenant t0 ; vérifant (EN ) sur J 0 et telle
que (t0 ) = y0 alors sur J \ J 0 :

Remarque 3.2.1 La deuxième hypothèse du théorème de Cauchy-Lipschitz - le caractère


lipschitz par rapport à la variable d’espace - est véri…ée dès que f est di¤érentiable par
rapport à y; à di¤érentielle bornée. C’est une conséquence immédiate de l’inégalité des
accroissements …nis. Insistons également sur le fait que le théorème de Cauchy-Lipschitz est
à la fois local en temps et en espace. C’est- à-dire qu’il su¢ t en fait d’exiger que l’hypothèse
Lipschitz soit véri…ée au voisinage de tout point de pour une fonction L pouvant dépendre
du point et du voisinage considérés.

Remarque 3.2.2 Si l’on exige seulement que la fonction f soit continue, alors on a encore
existence d’une solution pour le problème de Cauchy (c’est le théorème d’Arzela-Peano)
mais on peut perdre l’unicité. Pour s’en convaincre on cherchera à résoudre l’équation
di¤érentielle:
p
y 0 = 2 jyj; et on aura plusieurs solutions passant par l’origine.
Le théorème de Cauchy-Lipschitz ne fournit l’existence d’une solution que sur un sous-
intervalle de I contenant t0 su¢ samment petit. On peut se demander s’il n’est pas possible
de prolonger cette solution sur un intervalle de temps plus grand. Le lemme ci-dessous nous
aidera à répondre à cette question.

22
Lemme 3.2.1 (de recollement), (Voir[14])
Soit f véri…ant les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz et (t0 ; y0 ) 2 I . Soit
1 et 2 deux solutions de (EN ) dé…nies sur des sous-intervalles I1 et I2 de I contenant t0 .
Alors
8 1 2 sur I1 \ I2 et la fonction dé…nie sur I1 [ I2 par:
< si t 2 I1
1
: si t 2 I2
2
véri…e (t0 ) = y0 sur I1 [ I2 ; et est une solution.

Dé…nition83.2.1 On dit que la solution du problème de Cauchy:


< y 0 = f (t; y)
(P V I)
: y jt=t = y0
0

est maximale si on ne peut pas la prolonger en une solution de (P V I) dé…nie sur un


intervalle strictement plus grand.

Théorème 3.2.2 (Voir[14])


Sous les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz, pour tout (t0 ; y0 ) 2 I le problème
de Cauchy (P V I) admet une unique solution maximale. De plus, l’intervalle de dé…nition
de cette solution est ouvert.

3.2.2 Le théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire et conséquences


Dans toute cette section, on considère un système di¤érentiel linéaire:
(EL) y 0 = A(t)y + B(t):
avec A 2 C(I; n (R)) et B 2 C(I; Rn ):

Lemme 3.2.2 (de Gronwall), (Voir([14])).


Soit a et ' deux fonctions continues et positives sur l’intervalle I de R, t0 2 I et y0 2 R+ .
Supposons que:
Zt
8t 2 I; '(t) y0 + a( )'( )d
t0
Alors on a :
Zt
8t 2 I; '(t) y0 exp( a( )d ):
t0

23
Théorème 3.2.3 (de Cauchy-Lipschitz linéaire), (Voir [14]).
Pour tout t0 2 I et y0 2 Rn ; le système di¤érentiel (EL) admet une unique solution de
classe C 1 telle que y(t0 ) = y0 et prolongeable.

3.3 Plus loin que Cauchy-Lipschitz


La première remarque qu’on peut observer dans les travaux de Cauchy, c’est que la dé-
monstration est longue: on a besoin du lemme de Gronwall pour montrer le théorème de
Cauchy-Lipschitz linéaire.
Deuxièmement, on sait bien que la continuité de f est su¢ sante pour avoir l’existence
locale de solutions du système di¤érentiel (P C) ou de (P V I). En revanche, l’unicité n’est
pas assurée et donc aussi la régularité de la solution en fonction des données. Il est donc,
à priori, hors de question de pouvoir dé…nir le ‡ot associé à f . On peut quand même aller
un peu plus loin. Pour cela on se donne deux critères plus e¢ caces, ceux d’Osgood et de
Tamarkine.
dy
En écrivant y 0 = dt
, et en passant le dt à droite, nous trouvons successivement:
y 0 = f (y)
dy = f (y)dt
dy
= dt
Z(y)
f Z
dy
f (y)
= dt
Z
dy
Ainsi, l’intervention de la fonction réciproque devient utile si l’intégrale f (y)
est …nie.

24
3.4 Les travaux d’Osgood
En 1898, W.F. Osgood a donné un critère de l’unicité d’une solution d’une équation di¤éren-
tielle ordinaire. Citons le critère d’Osgood selon deux aspects, la version originale classique
celle qui a été découverte par Osgood, et la version non standard.

3.4.1 Version classique


Soit le système di¤érentiel autonome suivant:
y 0 = f (y) ; y(0) = 0 (C0)
où f une fonction continue, non nulle sur un intervalle ]0; a]; a 2 R+ et f (0) = 0:

Théorème 3.4.1 (Voir[13])


Z0
dy
Il y a unicité à l’origine de la solution triviale ssi 9 0 2 ]0; a]; f (y)
=1
0+

Preuve. (Voir[13])
a)- On va montrer l’implication:
Z0
(9 0 2]0; a]; fdy
(y)
= 1) =) (L’unique solution du système (C0) qui passe par l’origine
0+
est la solution triviale):
Par l’absurde supposons qu’il y a non unicité à l’origine (voir Graphe2.1 ), ç-à-d, qu’il
existe une autre solution y1 de (C0); dé…nie sur ]0; a], non identiquement nulle:
Cette solution véri…e:
y10 = f (y1 ) et y1 (0) = 0:
Zx
Donc y1 (x) = f (y1 (t))dt:
0
Comme y10 est non nulle sur ]0; a]; y1 est une bijection, donc inversible.
Soit u = y1 1 la fonction réciproque de y1 :
Zy1
Donc u0 = y10 = f (y1 ) et u(y1 ) = fdt(t)
, avec u(0) = 0 car :
1 1
0
y1 (0) = 0 =) y1 1 (y1 (0)) = y1 1 (0) = u(0):

25
Zy1
dt
Donc u(y1 ) = f (t)
existe et elle est bien dé…nie, mais ceci est impossible car l’intégrale
0
est in…nie, d’après l’hypothèse.
b)- Idem, pour l’implication:
Z0
dy
(Il y a unicité à l’origine de la solution triviale) =) (9 0 2]0; a]; f (y)
= 1):
0+
Z0
dy
Par l’absurde supposons que: 8 0 2 ]0; a]; f (y)
< 1:
0+
Soit:
Zy
dz
u(y) = f (z)
, u est bien dé…nie, et:
0+
0 1
u = f (y)
6= 0:
On a:
1
(u 1 )0 = u0 (u 1)

= f (u 1 ):
Si, u 1 (0) = r; avec r 6= 0; on a u(r) = 0, ce qui est impossible.
Donc u 1 (0) = 0:
1
u serait une solution de (C0) di¤érente de 0 et il y a non unicité, il y a contradiction
avec l’hypothèse.

Graphe2.1 Non unicité des solutions à l’origine.

26
Remarque 3.4.1 Si on prend la contraposée, on a bien cette équivalence:
Z0
il y a non unicité à l’origine, ssi 8 0 2 ]0; a]; fdy
(y)
est …nie:
0+

Exemple 3.4.1 L’exemple suivant est trés connu et illustre la non-unicité des solutions
d’une équation di¤érentielle.
Soit le problème de Cauchy suivant:
p
y 0 = 2 jyj ; y(0) = 0
On a :
Z0 Z0
dy dy
p
f (y)
=
2 jyj
0+ 0+
h i
p 0
= jyj
0+
p
= 0 < 1, ie, l’intégrale est …nie.
Donc d’après Osgood, il n’y a pas d’unicité à l’origine.
Il est facile de véri…er ce résultat.
E¤ectivement, 8le problème admet au moins deux solutions di¤érentes:
< t2 Si t > 0
y1 = 0 et y2 =
: 0 Sinon

p
Graphe2.2 Deux solutions de: y 0 = 2 jyj; y(0) = 0

27
Exemple 3.4.2 On peut généraliser:
y0 = yk 0<k<1 ; y(0) = 0
On a :
Z0 Z0
dr
f (r)
= rdrk
0+ 0+
1
= 1 k
r1 k 0+0
1
= 1 k
[ 10 k ] < +1:
Donc l’intégrale est …nie. D’après Osgood il n’y a pas d’unicité à l’origine, (Voir Graphe2.3).

Graphe2.3 Deux solutions de: y 0 = y 0:1 ; y(0) = 0

Exemple 3.4.3 Traitons le cas où k = 1 ; ie :


y0 = y ; y(0) = 0
On a :
Z0 Z0
dr
f (r)
= drr
0+ 0+
= [log(y)]0+0
Donc, pour 0 = 1, l’intégrale est in…nie, alors d’après Osgood il y a unicité à l’origine,
(Voir Graphe2.4).

28
Graphe2.4 L’unique solution de: y 0 = y; y(0) = 0

Conséquences
A partir des travaux de Cauchy-Lipschitz et Osgood, on peut conclure quelques résultats.

Corollaire 3.4.1 Soit f une fonction continue telle que f (0) = 0 et ne s’annulle pas sur
un intervalle ]0; a]; a 2 R+ ,
Z0
dr
Si f est lipschizienne alors: 9 0 2]0; a]; f (r)
= 1:
0+

Preuve. f est continue et lipschizienne.


On associe à f le problème de Cauchy:
y 0 = f (y) ; y(0) = 0;
D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, il y a unicité à l’origine, en passant par Osgood
Z0
on déduit que: 9 0 2]0; a]; fdr
(r)
= 1:
0+
Le théorème d’Osgood a servi pour déterminer la nature de l’intégrale, …nie ou in…nie,
de certaines fonctions, par exemple:
Z0
dr
Corollaire 3.4.2 8 0 2 R; 0 < 0 4
; r sin(r)
< 1;
0+

Preuve. Considérons le problème de Cauchy suivant:


y 0 = y sin(y) ; y(0) = 0:
La fonction f (x) = x sin(x) est continue, ne s’annulle pas sur l’intervalle ]0; 4 ] et véri…e
f (0) = 0.

29
Les solutions du système sont données par: y1 = sin(y) x cos(y) et y2 = 0.
Z0
dr
il y a non unicité, d’après Osgood, 8 0 ; 0 < 0 4
; r sin(r) < 1:
0+

3.4.2 Version non standard


On va citer la version non standard du critère d’Osgood.
Soit le système autonome suivant :
y 0 = f (y); y(0) = 0 ; (C0)
où f est une fonction standard, continue et véri…e f (0) = 0 et ne s’annule pas sur ]0; a];
a réel appréciable.

Théorème 3.4.2 Il y a unicité de la solution triviale à l’origine ssi 9 <a:8 i:p; 0 <
Z
< =) fdr (r)
est i:g:

Preuve. montrons l’implication :


Z
dr
(9 <a:8 i:p; 0 < < =) f (r)
est i:g:) ) (Il y a unicité de la solution triviale

à l’origine)
En utilisant la contraposée:
Z
dr
(non unicité des solutions à l’origine) ) (8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (r)
est

limitée):
Supposons qu’il existe une solution y1 non nulle sauf en 0 de (C0) ie:
dy1
dt
= f (y1 ) , y1 (0) = 0
Z Z
dy1 dy1
donc f (y1 )
= dt ) 8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
= d

Z
dy1
)8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
=

Z
dy1
Alors: 8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (y1 )
est limitée.

30
On va montrer la deuxième implication:
Z
dr
(Il y a unicité de la solution triviale à l’origine) ) (9 < a; 8 i:p; 0 < < : f (r)

est i:g:)
En utilisant la contraposée:
Z
dr
(8 < a; 9 i:p : 0 < < et f (r)
est limitée) ) (non unicité des solutions à

l’origine):
Zs
dr
Soit: u(s) = f (r)

u est bien dé…nie (l’intégrale est limitée).


Et en plus de ça :
1
u0 (s) = f (s)
6= 0; 8s>0
1
Donc, la fonction réciproque u = y de u est bien dé…nie. De plus, elle n’est pas nulle.
On a :
y 0 = f (y); y est di¤érente de 0 et y( ) = 0:
On prend y0 = ombre de y.
Comme f est standard et limitée, donc de classe S 0 et alors y est de classe S 1 , On a:
( y0 )0 = (y 0 ) = (f (y)) = f (y0 ):
Alors: y0 est solution et y0 (0) = 0 et y0 6=0.
donc il y a non unicité des solutions à l’origine.
La démonstration est achevée.

Exemple 3.4.4 Traitons le problème suivant:


y 0 = y log jyj ; y(0) = 0:
On a :
Z Z
dr dr
f (r)
= y logjyj
:

= [log jlog yj]


= log(jlog j) log(jlog j):
log
= log( log
)

31
Z
1 dr
Pour appréciable, = 2
; f (r)
est i.g. pour tout i:p; > 0. D’après Osgood il y a

unicité des solutions à l’origine.

Exemple 3.4.5 Pour le problème:


y0 = yk 0 < k < 1; k standard, y(0) = 0
On a:
Z Z
dr dr
f (r)
= yk

1
= 1 k
y1 k
= 1
1 k
[ 1 k 1 k
] avec k < 1:
Donc l’intégrale est limitée. D’après Osgood il n’y a pas d’unicité à l’origine.
p
E¤ectivement, le problème précédent admet deux solution: y = 0 et y = (1 k) (1 k)t:

Exemple 3.4.6 Soit le problème de Cauchy suivant :


y0 = y ; y(0) = 0
Z Z
dr dr
f (r)
= y

= [log y]
= log log
Z
dr
Pour appréciable; f (r)
est i.g., pour tout i:p. D’après Osgood il y a unicité à

l’origine.

3.5 Les travaux de Tamarkine

3.5.1 Version classique


Le théorème suivant dù à Tamarkine assure l’unicité de la solution d’une équation di¤éren-
tielle ordinaire non autonome.
Soit l’équation di¤érentielle suivante:
y 0 = f (x; y) (EN )

32
Théorème 3.5.1 (Voir [15])
Soit (x0 ; y0 ) un point du plan et R = [x0 a; x0 +a] [y0 b; y0 +b] un rectangle voisinage
du point (x0 ; y0 ):
Supposons que f satisfasse aux deux conditions suivantes:
(i)- f continue sur R:
(ii)- Pour tous (x; y1 ) et (x; y2 ) points de R , jf (x; y2 ) f (x; y1 )j '(jy2 y1 j) avec '
fonction continue, positive, croissante de la variable positive u et telle que '(0) = 0:
Zu0
du
Alors, si '(u) ; (0 < u < u0 ) diverge quand u tend vers 0, la courbe intégrale de (EN )
u
qui passe par (x0 ; y0 ) est unique.

Preuve. (Voir [15])


Supposons, sans restreindre la généralité, que (x0 ; y0 ) = (0; 0):
Supposons l’existence de deux solutions y1 et y2 telles que:
y1 (0) = y2 (0) = 0 et y10 = f (x; y1 ) et y20 = f (x; y2 ):
Posons : v(x) = jy2 (x) y1 (x)j donc v(0) = 0:
On déduit de l’hypothèse (ii) que:
Zx Zx
v(x) = [f ( ; y2 ) f ( ; y1 )]d '(v( ))d
0 0
Zx
'(v( ))d

dv v(x) 0 dv
et 0 dx
(0) = limx !0 x
limx !0 x
= '(0) = 0: Donc: dx
(0) = 0:
dph
Soit ph une solution de l’équation dx
= '(ph ) et ph (0) = h, h étant un nombre positif
donné à l’avance.
Zx
ph est positive et croissante et ph (x) = h + '(ph ( ))d
0
On en déduit dans R:
0 v(x) < ph (x) :::(T 1)
En e¤et:
Zx
[ph v](x) h+ ['(ph ) '(v)]( )d :::(T 2)
0
d(ph v) dph dv
[ph v](0) = h; dx
(0) = '(h) > 0; car: dx
(0) = '(h) et dx
(0) = 0:

33
Ceci nous montre que la di¤érence ph v est positive et croissante pour les valeurs de x
assez petites.
L’inégalité (T 1) est ainsi démontré.
Observons maintenant que ph est une fonction croissante de x pour h donné et une
fonction croissante de h pour x donné, dé…nie par l’équation:
Zph
d
'( )
=x
h
La quantité ph tend donc, pour h ! 0, vers une limite déterminée p0 (x) pour chaque
valeur de x dans l’intervalle (0; a), et l’on a en outre :
ph (x) > p0 (x) (h > 0):
Or p0 (x) ne peut qu’ètre identiquement nulle, car on aurait dans le cas contraire pour
h < p0 (x) :
p0 (x)
Z
d
'( )
<x
h
Ce qui est impossible pour h assez petit, l’intégrale dans le premier membre étant diver-
gente pour h ! 0. On a donc:
0 v(x) limh !0 ph (x) = p0 (x) = 0:

3.5.2 Version non standard


Soit (x0 ; y0 ) un point standard du plan et R = [x0 a; x0 + a] [x0 b; x0 + b] un rectangle
standard voisinage du point (x0 ; y0 ):

Théorème 3.5.2 supposons que f est une fonction standard, satisfasse aux deux conditions
suivantes:
(i)- f continue sur R.
(ii)- pour tout (x; y2 ) et (x; y2 ) points standard de R, jf (x; y2 ) f (x; y1 )j '(jy2 y1 j)
avec ' fonction standard continue, positive telle que '(0) = 0:
Zu0
du
Alors, si: 9 u0 ; u0 > 0 : 8 u i:p; 0 < u < u0 =) '(u) est i:g., la courbe intégrale de
u
(EN ) qui passe par (x0 ; y0 ) est unique.

34
Preuve. Supposons, sans restreindre la généralité, que (x0 ; y0 ) = (0; 0):
Zu0
du
(9 u0 > 0, 8 u i:p; 0 < u < u0 : '(u) i:g ) =) (Unicité de la solution qui passe par
u
l’origine).
Par contraposée , il su¢ t de montrer:
Zu0
du
(non unicité à l’origine) =) (8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(u)
soit limitée).
u
Soit y1 ; y2 deux solutions di¤érentes du problème.
Supposons sans restreindre la généralité que y1 (x) > y2 (x) et y10 (x) > y20 (x); 8 x 6= 0 et
y1 (0) = y2 (0) = 0; donc:
y10 = f (x; y1 ); y1 (0) = 0 et y20 = f (x; y2 ); y2 (0) = 0
Alors,
y10 y20 = jf (x; y1 ) f (x; y2 )j '(jy1 y2 j)
Soit: u = y1 y2 :
du
Alors, u0 '(u) =) '(u)
dt
Zu0 Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
dt:
u u
Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
u0 u:
u
Zu0
dr
=) 8 u0 ; u0 > 0; 9 u i:p : 0 < u < u0 et '(r)
soit limitée.
u

Remarque 3.5.1 Ce critère consiste à comparer la fonction f du (EN ) à une fonction


positive ', et à dire que, si l’équation y 0 = '(y) admet 0 comme solution unique (en passant
à Osgood), alors le système (EN ) admet une solution unique passant par le point (x0 ; y0 ).

35
3.6 Lien entre le critère d’Osgood et le critère de Tamarkine
Théorème 3.6.1 Si le test de Tamarkine est véri…é pour un système autonome admettant
y = 0 comme solution, alors le test d’Osgood sera vrai.
Zu0 Zs
( '(u) i:g ) =)( fdy
du
(y)
i:g ).
u
Preuve. Supposons que le test de Tamarkine est véri…é,
Zu0
du
( '(u) i:g )
u
On a:
pour tout y2 et y1 points de R , jf (y2 ) f (y1 )j '(jy2 y1 j)
Soit y1 ;tq : y1 (x) 0:
Alors pour y1 et y2 = 0 , on a:
f (y1 ) jf (y1 )j '(y1 ) =) f (y1 ) 1
'(y1 )
1
Zu0 Zu0
=) fdy (y)
du
'(u)
u u
Zu0
dy
=) f (y)
est i:g:
u
Et on a le test d’Osgood.

Remarque 3.6.1 On remarque qu’il y a une similitude entre le critère d’Osgood et celui de
Tamarkine, publiés presque en mème temps. Mais ils ont trouvé séparément leurs résultats
à cause du manque de communications au 19 siècle entre la Russie et le monde occiden-
tal. Et comme dira J. Tamarkine, "Nous devons ajouter que l’article de M. Painlevé dans
’Encyklopadie der Mathem. Wissenschaften’, II. A. 4a, pp. 197-198, contient une citation
brève du théorème de M. Osgood concernant le mème sujet que notre théorème, démontré
en début de la note. Mais le théorème de M. Osgood est beaucoup moins général, que le
notre, dont il n’est qu’un cas particulier [pour '(u) = ku jlog uj ; ku jlog uj log jlog uj ; :::] et
la méthode mème de M. Osgood nous est tout à fait inconnue, les bibliothèques de Pétrograd
ne possédant pas les ’Monatshefte [Link]. u. Phys.9’ (1898) où le mémoire de M. Osgood
est inséré". (Eingegangen am 27. August 1921).

36
3.7 Conclusion
Le premier intérêt de l’intégrale d’Osgood a été de prouver l’unicité d’une solution d’une
équation di¤érentielle. Ce critère d’unicité, élargi aux équations non autonomes par Tamarkine,
est plus général que le théorème de Cauchy-Lipschitz, puis qu’il s’applique à des équations
dont le second membre n’est pas lipschitzien comme: y 0 = y log jyj et y 0 = y log jlog jyjj :

37
Chapitre 4

Critère de prolongement

4.1 Introduction
L’extensibilité des solutions des équations di¤érentielles ordinaires est une propriété fon-
damentale et importante. Dans ce chapitre on va voir l’utilisation de l’intégrale d’Osgood
pour déterminer, en premier lieu, l’extensibilité des solutions d’une équation di¤érentielle
ordinaire à partir des travaux de Hartman, en deuxième lieu, le prolongement des solutions
d’une équation di¤érentielle perturbée en regardant les travaux de Bernfeld, et en…n une
généralisation du test d’Osgood faite par trois chercheurs mexicains en 2011.

4.2 Les travaux de Hartman

4.2.1 Théorème d’extension


W désigne un ouvert non vide de Rd (d 2 N), et I un intervalle non vide de R, non borné
à droite.
Soit f : I W ! Rd une fonction continue, et soit y une solution de:
(EN ) y 0 = f (t; y)
sur un intervalle J I. L’intervalle J s’appelle intervalle d’existence maximal à droite
pour y s’il n’y a aucune extension de y sur un intervalle J1 I, J1 contenant J; de sorte
que y reste une solution de (EN ), et J, J1 ont di¤érents points de terminaison droites. De

38
la même manière on dé…nit l’intervalle maximal à gauche. Un intervalle maximal est un
intervalle maximal à droite et à gauche.

Théorème 4.2.1 (d’Arzela Péano), (Voir([12]))


On considère le système (EN ). Alors, par tout point (t0 ; y0 ) 2 I W passe au moins une
solution y(t; t0 ; y0 ) dé…nie sur J I, qui n’est pas prolongeable sur un intervalle contenant
J.

Théorème 4.2.2 (Voir ([12])).


Soit f une fonction continue sur un ensemble ouvert: E = I W R Rd et soit y
une solution de (EN ) sur un intervalle. Alors y peut ètre étendue (en tant que solution) sur
un intervalle maximal d’existence ]! ; ! + [. Egalement, si ]! ; ! + [ un intervalle maximal
d’existence, alors y tend vers la frontière @W de W quand t ! ! et t ! ! + .

Considérons le problème à valeur initiale suivant:


(P V I) y 0 = f (t; y); y(t0 ) = y0

Corollaire 4.2.1 Soit f une fonction continue sur t0 t t0 + a; (< 1); y 2 Rd . Soit
y une solution de (P V I) sur un intervalle maximal à droite J. Alors soit J = [t0 ; t0 + a]
soit J = [t0 ; [; < t0 + a; et jy(t)j ! +1 quand t ! : Dans le dernier cas on dit que
la solution explose.

Généralement,

Corollaire 4.2.2 Soit f une fonction continue sur l’adhérence E d’un ensemble ouvert E
et supposons que y est une solution de (P V I) sur un intervalle maximal à droite J. Alors
soit: J = [t0 ; +1[, soit J = [t0 ; [ avec < 1 et ( ; y( )) 2 @E, soit J = [t0 ; [ avec <1
et jy(t)j ! +1 quand t ! :

4.2.2 Solution maximale et solution minimale


Soit U une fonction continue sur un ensemble E. Une solution maximale u0 (t) du système:
([Link]) u0 = U (t; u); u(t0 ) = u0

39
est une solution de ([Link]) sur un intervalle maximal d’existence telle que si u(t) est une
solution de ([Link]), alors l’inégalité:
([Link]) u(t) u0 (t):
est véri…ée sur l’intervalle commun d’existence de u(t) et u0 (t):
Une solution minimale u0 (t) a une dé…nition similaire.

Théorème 4.2.3 (Voir ([12])).


Soit u0 (t) la solution maximale du système:
([Link]) u0 = U (t; u); u(t0 ) = u0
et u0 (t) la solution minimale du système:
([Link]) u0 = U (t; u); u(t0 ) = u0 :
Soit y une fonction de classe C 1 sur [t0 ; t0 + ] telle que:
u0 (t) jy(t0 )j u0 (t), (t; jy(t)j) 2 E et:
([Link]) jy 0 (t)j U (t; jy(t)j)
sur [t0 ; t0 + ]:
Alors l’inégalité:
([Link]) u0 (t) jy(t)j
est valable sur chaque intervalle commun d’existence de u0 (t) et y.
Idem pour:
([Link]) jy(t)j u0 (t)
sur chaque intervalle commun d’existence de u0 (t) et y:

Théorème 4.2.4 (Voir ([12])).


Soit une fonction continue et positive sur [0; +1[, telle que:
Z1
du
([Link]) (u)
= 1:

et soit u0 (t) la solution maximale de:


u0 = (u); u(t0 ) = u0
avec u0 0, qui existe sur [t0 ; t0 + a],
Soit f une fonction continue sur [t0 ; t0 + a] R, qui véri…e:
([Link]) jf (t; y)j (jyj):
Alors les solutions du système:

40
(P V I) y 0 = f (t; y); y(t0 ) = y0 ;
avec jy0 j u0 ; sont globales.

Preuve. La propriété ([Link]) implique l’inégalité:


([Link]) jy 0 (t)j (jyj)
sur n’importe quel intervalle sur lequel y existe. Ainsi par le théorème précédent,
l’inégalité ([Link]) est valable dans cet intervalle.
On va montrer que la solution maximale de:
([Link]) u0 = (u); u(t0 ) = u0 ( 0);
existe sur [t0 ; t0 + a] quand la condition ([Link]) est véri…ée.
Comme > 0; le système ([Link]) implique que pour toute solution u(t),
Zt Zu(t)
u0 (s)ds du
([Link]) t t0 = (u(s))
= (u)
:
t0 u0
Notons que > 0 implique que u0 (t) > 0 et u(t) > 0 pour t > t0 .
Par le corollaire ([Link]), si la solution u(t) n’existe pas sur [t0 ; t0 + a]; c’est qu’il existe
un intervalle [t0 ; [ tel que u(t) ! 1 quand t ! (< a). Dans ce dernier cas ([Link])
donne une contradiction, donc u(t) existe sur [t0 ; t0 + a]:

Corollaire 4.2.3 Sous les conditions du théorème précédent, et si on suppose que f est
continue sur [t0 ; +1[; alors les solutions existent dans [y0 ; +1[; ie elles sont prolongeables.

Preuve. On utilise les mèmes techniques dans la preuve précédente, et le résultat suit
du corollaire ([Link]):

4.3 Les travaux de Bernfeld

4.3.1 Equations di¤érentielles perturbées


L’auteur [4] va donner des conditions su¢ santes sur une classe de fonctions de perturbation
pour assurer que les solutions de:
([Link]) ; y 0 = (y) + (y)
: [0; 1[ !]0; 1[ et : [0; 1[ !]0; 1[ sont deux fonctions continues,

41
sont globales (n’explosent pas), chaque fois que les solutions de:
([Link]) ; y 0 = (y)
sont globales.
Il va montrer, en plus, que les fonctions de perturbation ; de cette classe, dépendent
des fonctions .
D’autre part, considérons le problème non autonome suivant: supposons que toutes les
solutions de:
(EN ) ; y 0 = f (t; y);
où f : R Rd ! Rd est continue,
sont globales; alors pour quelle classe de fonctions g(t; y), toutes les solutions de:
(EP ) ; y 0 = f (t; y) + g(t; y):
sont globales?
Nous allons imposer une condition sur f en exigeant l’existence d’une fonction continue
: [0; 1[ !]0; 1[ telle que:
Z1
dr
([Link]) ; jf (t; y)j (jyj) pour tout t 2 R; et (r)
= 1:

Z1
dr
Cette condition ( ie si (r)
= 1 ), est su¢ sante pour que toutes les solutions de (EN )

sont globales (voir les travaux de Hartman [12]). Nous disons que est liée à f si ([Link])
est satisfaite:
Des résultats pour les systèmes (EN ) et (EP ) peuvent ètre obtenus, en supposant
jf (t; y)j (jyj) et jg(t; y)j (jyj), où les fonctions et satisfont à certaines hypothèses.

4.3.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle per-


turbée
Théorème 4.3.1 Supposons que toutes les solutions de ([Link]) sont globales. Alors toutes
les solutions de ([Link]) sont globales, pour n’importe quelle fonction satisfaisant la condi-
tion suivante:
(r)
([Link]) limr !1 (sup (r)
) < 1:

42
Z1
dr
Preuve. les solutions de ([Link]) sont globales; alors (r)
= 1: De ([Link]) il existe N

et k satisfaisant à:
(r)
(r)
< k pour r > N:
1 1
(r) + (r) (1 + k) (r) pour r > N =) (r)+ (r) (1+k) (r)
pour r > N:
Z1 Z1
dr 1 dr
comme (r)
= 1 et (1+k) (r)
= 1;

Z1
dr
On a: (r)+ (r)
= 1:

Et toutes les solutions de ([Link]) sont globales.


(r) (r)
Notons que: limr !1 (inf (r)
) > 0 =) limr !1 (sup (r)
) < 1:
Le théorème dual suivant est obtenu par changement du rôle de et .

Théorème 4.3.2 Supposons que les solutions de r0 = (r) sont globales. Alors toutes les
solutions de ([Link]) sont globales pour toute fonction satisfaisant à:
(r)
limr !1 (inf (r)
) > 0:

Z1
dr
Corollaire 4.3.1 Supposons que est bornée. Si est continue, croissante et (r)
=1

alors toutes les solutions de ([Link]) sont globales.

Preuve. La limite de (r) quand r ! 1 existe ou est égale à +1 . Comme est


bornée il existe C > 0 telle que (r) < C.
(r) (r) (r) (r)
on a: (r)
> C
=) limr !1 inf (r)
limr !1 inf C
> 0:
Le résultat est une conséquence du théorème précédent.

Corollaire 4.3.2 Supposons que toutes les solutions de r0 = (t) (r) sont globales, avec
continue. Alors toutes les solutions de r0 = (t) (r)+ (t) (r) sont globales pour continue,
(r)
et pour satisfaisant à: limr !1 (sup (r)
) < 1:

Preuve. Supposons que les solutions de:


([Link]) , r0 = (t) (r) + (t) (r)
ne sont pas globales. Alors il existe r0 ; t0 ; b
t et une solution r de ([Link]) tels que:

43
r(t; t0 ; r0 ) ! 1 quand t ! b
t; b
t > t0 :
Sur l’ensemble compact [t0 ; b
t] il existe B > 0; T > 0 tels que (t) B et (t) T:
Considérons l’équation:
([Link]) ; s0 = B (s) + T (s):
T (r)
B et T satisfont limr !1 (sup B (r) ) < 1: Alors d’après le théorème précédent, toutes
les solutions de ([Link]) sont globales. En particulier, toutes les solutions de ([Link]) sont
bornées sur [t0 ; b
t] ce qui implique que toutes les solutions de ([Link]) sont bornées sur [t0 ; b
t],
d’où la contradiction, ce qui prouve le résultat.
(r) (r)
Un résultat dual peut ètre obtenu en utilisant limr !1 (inf (r)
) > 0 au lieu de limr !1 (sup (r)
) <
1.

4.4 Le prolongement en Analyse Non Standard

4.4.1 Critère de prolongement


Par dé…nition, une solution y d’une équation di¤érentielle n’est pas prolongeable à l’ini…ni
si on peut trouver un point limité x tel que y(x) soit i:g:.
Nous avons le théorème suivant:

Théorème 4.4.1 Soit y 0 = f (y) une équation di¤érentielle telle que f soit standard, con-
tinue et strictement positive.
Z!
dr
Toutes ses solutions sont prolongeables à l’in…ni ssi 9 A > 0 : 8 ! i:g ; ! > 0 =) f (r)
A
soit i:g:.

Preuve. Condition su¢ sante:


Z!
dr
Supposons qu’il existe A > 0 : 8 ! i:g ; ! > 0 =) f (r)
est i:g:
A
Soit y une solution standard de l’équation y 0 = f (y).
1
u=y véri…e :
Zy
u(y) = fdt
(t)
+ u(y0 )
y0

44
Comme f est strictement positive, u existe à partir d’un réel y0 . (Supposons sans
restreindre la généralité que y0 = A).
Si y n’est pas prolongeable à l’in…ni, on peut trouver t1 limité tel que y1 = y(t1 ) soit i:g:.
Zy1
Mais t1 = u(y1 ) = fdt (t)
+ u(A) est i:g d’après l’hypothèse, d’où la contradiction.
A
Condition nécessaire:
Supposons que toutes les solutions sont prolongeables à l’in…ni.
Z!
Supposons que: 8 A > 0; 9 ! i:g: : ! > 0 et fdt(t)
soit limité.
A
Z!
dt
Soit i:g: : 0 < < ! et f (t)
= r:

Z!
dt
Posons: u(y) = f (t)
:
y
On a: u( ) = r:
Soit y la fonction réciproque de u; y = u 1 :
On a:
1 1
y0 = u0 (y)
= 1 = f (y); et: y(r) = :
f (y)

D’où y est une solution qui n’existe pas dans le futur, contradiction.

4.4.2 Prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle per-


turbée
Proposition 4.4.1 Si toutes les solutions de l’équation y 0 = f (y) sont prolongeables à
l’in…ni, il en est de mème pour celles de l’équation y 0 = f (y) + g(y) pourvu que fg soit borné
à l’in…ni, g et f étant des fonctions standard, continues et positives.
Preuve. Montrons l’implication suivante:
Z!
g
(9 A > 0 : 8 ! i:g ; ! > 0 =) fdr (r)
est i:g: et f
est bornée)=) (9 A > 0 : 8 ! i:g;
A
Z!
dr
! > 0 =) f (r)+g(r)
est i:g:):
A
Si on prend la contraposée, on a:

45
Z!
dr
(8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
est limitée)=)(8 A > 0; 9 ! i:g : (! > 0 et
A
Z!
dr
f (r)
est limitée) ou ( fg est bornée)).
A
Z!
dr g
On suppose que: 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
est limitée, et que f
est bornée.
A
Z!
dr
On va monter alors que : 8 A > 0; 9 ! i:g : (! > 0 et f (r)
est limitée.
A
Z! Z!
dr
8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
= ( 1+ 1g (r) ) dr
f (r)
:
f
A A
Soit m = min( 1+ 1g (r) )
f
Z! Z!
dr dr
Donc : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)+g(r)
m f (r)
:
A A
Z!
dr
Z! f (r)+g(r)

dr A
Alors : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r) m
:
A
Z!
dr
D’où : 8 A > 0; 9 ! i:g : ! > 0 et f (r)
est limitée.
A
Et la démonstration est achevée.

4.5 Les travaux de Ceballos-Lira, Macias-Diaz et Villa

4.5.1 Introduction
Soit y0 un nombre réel positif, et f une fonction réelle strictement positive dé…nie sur
[0; +1]. Supposons que y est une fonction réelle étendue strictement positive (peut prendre
la valeur +1) qui a le mème domaine de dé…nition que f .
Dans cette section, nous donnons un critère qui caractérise l’explosion d’une solution
d’une
8 équation di¤érentielle ordinaire de la forme:
< dy = f (y) ; t 0
dt
([Link])
: y(0) = y 0

46
Plus précisement, le temps d’explosion de la solution de ce problème est le nombre réel
positif étendu (peut prendre la valeur +1): te = sup ft 0; y(t) < 1g :
Z1 Z1
On a vu que te est …ni ssi fds(s)
< 1. Dans ce cas, te = fds
(s)
:
y0 y0

4.5.2 Test d’Osgood


Soit R = [ 1; +1] l’ensemble des réels. On dé…nit h; f : [0; +1] ! R+ , deux fonctions
+
continues, g : [0; +1] ! R+ une fonction continue et bornée, Y : [0; +1] ! R une
fonction continue. Les auteurs [6] établissent des conditions selon lesquelles la solution de
l’équation:
Zt
Y (t) = y0 + h(s)f (Y (s))ds + g(t) ; t 0 ([Link])
0
explose en temps …ni. Plus précisément, ils dé…nissent le temps d’explosion de Y par le
nombre réel positif TeY = sup ft 0; Y (t) < 1g :
Donc, ils donnent des conditions dans lesquelles le temps d’explosion de Y est un nombre
réel …ni.
Soit X(t) = Y (t) g(t). On voit que le problème considéré est équivalent à la détermi-
nation du temps d’explosion de la solution X de l’équation:
Zt
X(t) = y0 + h(s)f (X(s) + g(s))ds ; t 0 ([Link])
0
Et on a: TeY = TeX ; car g est bornée.

Remarque 4.5.1 L’équation ([Link]) peut ètre représentée par le problème de Cauchy suiv-
ant:8
< dX(t)
= h(t)f (X(t) + g(t)); t 0
dt
([Link])
: X(0) = y0
où f est localement lipschitzienne et h est continue. Donc l’existence et l’unicité sont
garanties (Voir ([11-(10.4.6)]))

On dé…nit les fonctions H : [0; +1] ! R et V : [y0 ; +1] ! R par:


Zt Zy
H(t) = h(s)ds et V (y) = fds (s)
0 y0
Chacune de ces fonctions est positive, strictement croissante et continue, donc inversible.

47
Proposition
8 4.5.1 le problème suivant :
< dy(t) = h(t)f (y(t)); t 0
dt
([Link])
: y(0) = y0
1 1
admet une unique solution donnée par: y(t) = V (H(t)), pour t < H (V (1)). Cette
solution explose en temps …ni ssi V (1) < H(1). Dans ce cas Tey = H 1
(V (1)):

1
Preuve. La fonction y(t) = V (H(t)) est une solution de ([Link]), car:
y 0 (s)
f (y(s))
= h(s).
Intégrons les deux membres en [0; t]; en substituant, on trouve V (y(t)) = H(t), donc
1 1
y(t) = V (H(t)); et l’unicité est véri…ée. En plus de ça, y(t) est …nie ssi t < H (V (1)):
Si la solution de ([Link]) explose en temps Tey < 1, alors V (1) = H(Tey ) < H(1).
1
Inversement, le nombre H (V (1)) est réel, donc :
1 1
V (y(H (F (1)))) = H(H (V (1))) = V (1):
Ceci implique que Tey H 1
(V (1)), et cela assure que la solution de ([Link]) existe pour
1
t<H (V (1)).
En conséquence, la solution de ([Link]) est positive, continue et croissante sur [0; Tey ] , et
a un inverse sur [y0 ; +1] .
Soit la fonction V : [y0 ; +1] ! R; donnée par la formule:
Zy
V (y) = f (s+g(Yds 1 (s))) ;
y0
V est positive, continue et strictement croissante.

1
Corollaire 4.5.1 La solution de ([Link]) peut ètre représentée par Yt = V (A(t)); pour
1
tout t < H (V (1)):
1
Preuve. La solution Yt = V (A(t)) est évidemment une solution de ([Link]), car
0
Ys
l’expression de l’équation di¤érentielle dans ([Link]) est f (Ys +g(s))
= h(s), intégrons les deux
membres en [0; t]; en substituant, on trouve V (Yt ) = H(t), dont l’unicité est véri…ée. Et
1
plus de ça, Yt est réelle ssi t < H (V (1)):

48
4.5.3 Version non standard
Soit8le problème suivant :
< dy(t) = h(t)f (y(t)); t 0
dt
([Link])
: y(0) = y0
Où, h; f : [0; +1] ! R+ , deux fonctions standard et continues, et y0 un réel standard.

Proposition 4.5.2 Le problème ([Link]) admet une unique solution standard donnée par:
1 1
y(t) = V (H(t)), tel que: 8 ! i:g : t < H (V (!)). Cette solution explose en temps limité
ssi 9 i:g : V ( ) < H( ).
1
Preuve. Il est facile de voir que y(t) = V (H(t)) est une solution du problème ([Link]):
1
Cette solution est bien dé…nie, ie limitée, si 8 ! i:g : y(t) < !; donc V (H(t)) < !:
Cette solution explose en temps limité (ie 9 Tey > 0; Tey est limité: y est globale sur
[0; Tey ] ) si 9 i:g: : y(Tey ) = , alors: 9 i:g: : V ( ) = H(Tey ) < H( ); car H est strictement
croissante.
Considérons
8 le problème suivant :
< dX(t)
= h(t)f (X(t) + g(t)); t 0
dt
([Link])
: X(0) = y0
Où, h; f : [0; +1] ! R+ , deux fonctions standard et continues, g : [0; +1] ! R+
une fonction standard, continue et bornée et y0 un réel standard.

Proposition 4.5.3 La solution de ([Link]) est standard et peut ètre représentée par Yt =
1 1
V (A(t)); tel que: 9 i:g: : t < H (V ( )):

Preuve. On utilise les mèmes techniques de la preuve précédente.

4.6 Conclusion
Le deuxième intérêt de l’intégrale d’Osgood est de tester le prolongement ou l’explosion
d’une solution d’une équation di¤érentielle ordinaire. Initialement, Hartman a cité un critère
pour le prolongement des solutions d’une équation di¤érentielle ordinaire. Après, Bernfeld
a utilisé ce critère pour les équations di¤érentielles perturbées, et en…n les trois chercheurs
mexicains ont généralisé le critère pour déterminer le temps d’explosion d’une solution d’une
équation di¤érentielle ordinaire.

49
Chapitre 5

Caractérisation d’une solution


singulière

5.1 Introduction
Une solution d’une équation di¤érentielle est appelée singulière, si elle se présente comme
l’enveloppe de la famille des courbes intégrales de la solution générale de cette équation
di¤érentielle.
Une solution singulière d’une équation di¤érentielle n’est pas décrite par l’intégrale
générale, ie on ne peut pas la déduire de la solution générale par une valeur particulière de
la constante d’intégration C.
La solution singulière est alors une solution d’une équation di¤érentielle dont l’unicité de
la solution n’a pas lieu à chacun de ses points dans le domaine de l’équation. Géométrique-
ment, ceci signi…e que plus d’une courbe intégrale passe par chaque point de cette solution.
Nous illustrons cela par l’exemple suivant:
Soit l’équation suivante: (y 0 )2 4y = 0.
Il est facile de voir que la solution générale de l’équation est donnée par la fonction
y = (x + C)2 . Graphiquement, elle est représentée par une famille de paraboles (Figure 1).

50
Figure 1. Graphe des solutions de: (y 0 )2 4y = 0:
En outre, la fonction y = 0 satisfait également à l’équation di¤érentielle, mais n’est
pas une solution particulière, et plus d’une courbe intégrale passe par chaque point de la
droite y = 0. L’unicité de la solution n’a pas lieu sur cette droite. C’est donc une solution
singulière de l’équation di¤érentielle.

5.2 Caractérisation des intégrales singulières d’une EDO


On veut obtenir une intégrale singulière de l’équation di¤érentielle:
(EN ) y 0 = f (x; y)
Comme les solutions de (EN ) peuvent ètre soit des intégrales singulères soit des intégrales
particulières, il faudra trouver un moyen de distinguer ces deux types. Dans le cas où nous
n’avons pas la forme explicite de l’intégrale générale, on essaie d’avoir un critère d’existence.

Proposition 5.2.1 y = F(x) est une intégrale particulière (resp singulière) de l’équation
(EN ), si = 0 est une intégrale particulière (resp singulière) de l’équation:
0
(4:1) = f [x; F(x) + ] f [x; F(x)]:

Preuve. En e¤et, y = F(x), par hypothèse, véri…e l’équation (EN ). On a:


(4:2) F 0 = f (x; F)
Soit:
(4:3) F (x; y) = &:

51
l’intégrale générale de l’équation (EN ). Si on pose dans l’équation (4:3):
(4:4) y = F(x) + :
et d’après la formule (4:2), on obtient l’équation (4:1), laquelle est véri…ée en prenant
= 0:
et qui a pour intégrale générale:
(4:5) F (x; F(x) + ) = &
y = F(x) sera une intégrale particulière de l’équation (EN ) lorsque = 0 sera une
intégrale particulière de l’équation (4:1), et réciproquement .
Ainsi la question peut toujours ètre ramenée au cas où l’on aurait identiquement:
F(x) = 0.

Théorème 5.2.1 (dù à Cauchy [5]).


Soit f une fonction continue qui ne s’annulle pas sur R [ ; ]; ; i:p et f (x; 0) = 0.
y = 0 est une intégrale singulière de l’équation y 0 = f (x; y) ssi l’intégrale dé…nie par:
Z
dy
(4:6) f (x;y)
est i:p.

Preuve. (=))
Z
dy
(y = 0 est une solution singulière de l’équation (EN )) =) ( f (x;y)
est i:p):

Représentons toujours par la formule (4:3) l’intégrale générale de l’équation (EN ); et


soient:
(x; y) ; (x; y)
les deux dérivées partielles de la fonction F (x; y) par rapport aux deux variables x et y.
On a:
F (x; y) = &:
En dérivant les deux membres, on obtient:
@F @F dy @F
@x
(x; y) + @y
(x; y) dx = 0 =) @x
(x; y) dx
dy
= @F
@y
(x; y)
@F 1 @F
=) @x
(x; y) f (x;y) = @y
(x; y)
@F
1 @y
(x;y)
=) f (x;y)
= @F
(x;y)
:
@x

Alors:
(x;y)
(4:7) (x; y) = f (x;y)

52
Si on intègre les deux membres par rapport à la variable y, entre les limites y = , y = ,
on trouve:
Z
dy
(4:8) F (x; ) F (x; ) = (x; y) f (x;y)

Soit " i.p, tel que: " ; en appliquant le théorème de la moyenne de Cauchy, on
a:
Z Z
dy dy
(4:9) (x; y) f (x;y) = [x; "]: f (x;y)
;

Alors,
Z
dy F (x; ) F (x; )
(4:10) f (x;y)
= [x;"]

De plus y = 0, étant, par hypothèse, une solution singulière de l’équation (EN ), ne


véri…e pas l’équation (4:3). En d’autres termes, l’expression F (x; 0) ne pourra pas obtenir
une valeur …nie et constante, ou bien une valeur constamment in…nie. Donc F (x; 0) devra
ètre nécessairement une fonction …nie de la variable x, et sa dérivée:
dF (x;0)
(x; 0) = dx

est elle-mème une fonction …nie de x, ou, tout au plus, si la fonction F (x; 0) est linéaire,
à une constante …nie di¤érente de zéro.
Par suite, le rapport:
F (x; ) F (x; )
[x;"]

est i:p, en admettant la continuité des fonctions F (x; y) et (x; y), d’où on conclut que
Z
dy
f (x;y)
est i:p:

((=)
Z
dy
( f (x;y) est i:p) =) (y = 0 est une solution singulière de l’équation (EN )):

Supposons que:
Z
dy
f (x;y)
est i:p.

Soit F (x; y) = & l’intégrale générale de l’équation (EN ).


On a:
@F
1 @y
(x;y)
f (x;y)
= @F
(x;y)
:
@x

53
Si on intègre, on trouve:
Z Z @F
dy @y
(x;y)
f (x;y)
= @F
(x;y)
dy
@x

Z
1 @F
= @F
(x;") @y
(x; y)dy
@x

F (x; ) F (x; )
= @F
(x;")
@x

Par l’absurde, supposons que y = 0 est une solution particulière de (EN ).


@F
Alors, 9 C 2 R : F (x; 0) = C =) @x
(x; 0) = 0:
Alors:
@F
@x
(x; ") ' 0:
Z
dy
Et donc f (x;y)
peut devenir appréciable ou i:g. Contradiction.

Donc y = 0; ne pourra ètre qu’une solution singulière.

Corollaire 5.2.1 Pour décider si y = 0 est une intégrale singulière ou particulière de


l’équation (EN ), il su¢ t d’examiner si la valeur de l’intégrale:
Z
dy
(4:6) f (x;y)
;

est ou n’est pas une quantité i:p:

Exemple 5.2.1 Soit l’équation di¤érentielle suivante:


1
y
y0 = x
2

On a:
Z
1 1 1
y
x
2
dy = 2x 2 [y 2 ]

1 1 1
= 2x 2 ( 2 2 ) ' 0; 8 x limité.
1
y
Alors y = 0 est une solution singulière de y 0 = x
2
:

Exemple 5.2.2 Examinons si y = 0 est solution singulière ou particulière de:


y 0 = y ln(y):
Z
dy ln( )
y ln(y)
= ln[ ln( )
]:

2
Pour = ; on a:

54
Z
dy
y ln(y)
= ln 2:

L’intégrale précédente diverge, alors y = 0 est une solution particulière de l’équation


di¤érentielle.

Théorème 5.2.2 y = F(x) est une intégrale singulière (resp particulière) de l’équation
(EN ), si la valeur de l’intégrale:
Z
d
(4:11) f [x;F (x)+ ] f [x;F (x)]

est ou n’est pas une valeur in…niment petite.

Corollaire 5.2.2 On peut citer une autre version du théorème précédent, en substituant
l’intégrale précédente (4:11) par:
FZ
(x)+
dy
(4:12) f [x;y] f [x;F (x)]
:
F (x)+

Exemple 5.2.3 Soit l’équation di¤érentielle suivante:


y0 = 1 y
Examinons si y = 1 est une solution singulière ou particulière.
Il su¢ t d’examiner l’intégrale:
Z1+
dy
f [x;y] f [x;1]
:
1+
On a:
Z
1+ Z
1+
dy dy
f [x;y] f [x;1]
= 1 y
1+ 1+
= [log j1 yj]1+
1+

= log( )
Pour =2 l’intégrale n’est pas i:p., alors y = 1 est une solution particulière.
E¤ectivement, y = 1 est une solution particulière car:
l’intégrale générale de cette équation est:
y=k exp( t) + 1:
Pour k = 0, on trouve la solution particulière y = 1.

55
Remarque 5.2.1 Si on essaie d’appliquer le test de Cauchy sur l’équation:
p
y 0 = " y; " i:p:
On a:
Z Z
dy dy
f (x;y)
= p
" y

p
= 2" [ y]
Z
p p p dy
Pour: = "; on trouve que: = p2 i:g:; bien que la solution y = 0 soit
f (x;y) "

p 2
singulière, car l’intégrale générale de cette équation est: y = 2" t; ie, y = ( "4 t2 + C):
Il est donc nécéssaire d’améliorer le théorème de Cauchy.

Théorème 5.2.3 y = 0 est une solution singulière ssi 8 i:p:; > 0; 9 i:p; 0 < < :
Z
dr
f (r)
est limitée.

Preuve. Ce résultat est la contraposée du théorème d’Osgood.

5.3 Conclusion
Avant la découverte de l’intégrale d’Osgood par Osgood lui-mème, Cauchy utilise cette
intégrale comme technique de calcul pour caractériser les solutions singulières d’une équation
di¤érentielle ordinaire. On voit que cette intégrale nous aide à examiner si une solution
est une intégrale particulière ou singulière pour une équation di¤érentielle ordinaire sans
connaître l’intégrale générale de cette équation.

56
Chapitre 6

Généralisation du test d’Osgood

6.1 Introduction
En vertu des trois problèmes (unicité, prolongement, solutions singulières) que l’intégrale
d’Osgood peut aider à résoudre, on va donner ici des liens entre les trois résultats précédents.

6.2 Lien entre l’unicité et la caractérisation des solu-


tions singulières
Soit f une fonction continue telle que f (0) = 0 et ne s’annulle pas sur ]0; a]; a 2 R+ :
Considérons le système di¤érentiel suivant:
(C0) y 0 = f (y) ; y(0) = 0:
Z0
dy
Corollaire 6.2.1 Si y = 0 est une solution singulière de (C0) alors f (y)
est i:p: ( 0 i:p:),

0+
donc limitée, d’où il y a non unicité à l’origine.

Preuve. Ce résultat est immédiatement obtenu à partir des critères de Cauchy et


d’Osgood.
L’exemple suivant illustre la contraposée de l’implication précédente:

57
Exemple 6.2.1 Soit l’exemple d’Osgood:
y 0 = y ln(y) ; y(0) = 0:
On a vu dans le deuxième chapitre que la solution triviale est l’unique solution qui véri…e
ce système, ainsi y = 0 est une solution particulière pour le critère de Cauchy.

6.3 Lien entre l’unicité et le prolongement


Soit f une fonction continue strictement positive sur ]0; a]; a 2 R+ ; et f (0) = 0.
Considérons le système di¤érentiel suivant:
(C0) y 0 = f (y) ; y(0) = 0:

Corollaire 6.3.1 S’il y a unicité à l’origine de la solution triviale alors toutes les solutions
de y 0 = f (y) sont prolongeables à l’in…ni.

Z0
dy
Preuve. Supposons qu’il y a unicité à l’origine alors f (y)
= 1:
0+
Soit:
Zt
dy
u(t) = f (y)
.
0+
1
La fonction u est strictement croissante, car u0 = f
> 0:
Z0 Z1
Donc 1 = f (y) < fdy
dy
(y)
:
0+ 0+
D’après les travaux de Hartman, toutes les solutions de y 0 = f (y) sont prolongeables à
l’in…ni.

58
Conclusion générale

En conclusion, il apparaît évident que l’intégrale d’Osgood joue un rôle très important dans
le domaine des équations di¤érentielles ordinaires.
Son utilisation par Osgood a permis d’élargir le théorème d’existence et d’unicité des
solutions de Cauchy-Lipschitz avec des seconds membres non lipschitziens.
Bien avant Osgood, Cauchy avait utilisé la mème intégrale pour un critère de distinction
entre les solutions particulières et les solutions singulières.
En…n, Hartman, Bernfeld et Ceballos-Diaz-Villa utilisent la mème intégrale pour avoir un
critère d’explosion d’une solution. L’ANS nous a permis d’améliorer les di¤érentes critères.
D’autre part, on peut espérer approfondir et penser à d’autres utilisations.
A titre d’exemple, on peut généraliser les résultats à des fonctions S-continues mais pas
nécéssairement continues, des équations du type:
y 0 = f (t; y) + "g(t; y):
à des inclusions di¤érentielles particulières:
y 0 2 halo(f (t; y)):
Et parler d’unicité ou prolongement des solutions.

59
Annexe : Un peu d’histoire

6.4 Cauchy Augustin Louis (1789-1857)

Augustin Louis, baron Cauchy, né à Paris le 21 août 1789 et mort à Sceaux (Hauts-
de-Seine) le 23 mai 1857, est un mathématicien français. Fervent catholique, royaliste
légitimiste, sa position politique et religieuse lui a valu nombre d’oppositions.
D’abord élève à l’École Polytechnique, puis pendant quelques années ingénieur des Ponts
et Chaussées, il se consacre entièrement aux mathématiques pures à partir de 1813. Il est
remarqué par Lagrange et Laplace, amis de sa famille. Professeur à l’École Polytechnique
et à la Sorbonne, membre de l’Académie des sciences depuis 1816, Cauchy a refusé de prêter
serment à Louis-Philippe en 1830 et s’est exilé d’abord à Turin, où fut créée pour lui une
chaire de physique mathématique, il est ensuite appelé pendant quelque temps à donner
des leçons au duc de Bordeaux, prétendant légitime au trône, avant de regagner en…n Paris
en 1838, où on lui permit, en le dispensant du serment, de reprendre sa chaire à l’École
Polytechnique; il y enseigne jusqu’à sa mort.
Il fut l’un des mathématiciens les plus proli…ques, avec près de 800 parutions et sept
ouvrages; sa recherche couvre l’ensemble des domaines mathématiques de l’époque. On
lui doit notamment en analyse l’introduction des fonctions holomorphes et des critères de

60
convergence des suites et des séries entières. Ses travaux sur les permutations ont été les
prémisses de la théorie des groupes. En optique, on lui doit des travaux sur la propagation
des ondes électromagnétiques.
Cauchy a cependant été le maître incontesté de l’analyse dans la première moitié du
XIXé siècle. Son œuvre a fortement in‡uencé le développement des mathématiques. La
négligence dont …t preuve Cauchy envers les travaux d’Évariste Galois et de Niels Abel en
perdant leurs manuscrits, a cependant entaché son prestige.

6.5 Osgood William Fogg (1864-1943)

Mathématicien américain, né à Boston et mort à Belmont (Massachusetts), William


Fogg Osgood a joué un rôle important dans le développement de la recherche aux États-
Unis. Osgood est entré au collège de Harvard en 1882 et, à l’exception de quelques années
passées dans les universités allemandes, il y fera toute sa carrière. Au départ, il fut surtout
in‡uencé par les professeurs de physique théorique B. O. Peirce et F. N. Cole. Cole avait
suivi le cours de théorie des fonctions de F. Klein. Il enseigna cette matière à Harvard dans
l’esprit de Klein. Osgood partit en 1887 à Göttingen pour suivre à son tour l’enseignement
de Klein. Sous l’in‡uence de ce dernier, Osgood acquit l’esprit de rigueur et se consacra
à l’étude de la théorie des fonctions. Il passa l’année 1889-1890 à Erlangen, où il obtint
son doctorat avec une thèse sur les intégrales abéliennes de première, seconde et troisième
espèce, reposant sur des travaux antérieurs de F. Klein et de M. Noether. En 1890, il revint
à Harvard où il fut, avec Maxime Bôcher, le principal artisan du profond renouveau des
études mathématiques aux États-Unis, mettant l’accent sur un établissement rigoureux de

61
nombreux concepts. Son in‡uence s’exerça non seulement à travers ses publications, mais
aussi à travers son enseignement, où il habitua ses étudiants à une pensée claire et précise.
Le premier mémoire important d’Osgood traite de la convergence non uniforme et de
l’intégration des séries terme par terme. On y trouve des idées proches de celles qui allaient
conduire à la dé…nition de mesure de Borel.
Osgood s’est aussi intéressé au problème de l’existence d’une application conforme d’un
domaine plan simplement connexe sur un disque (conjecture de Riemann): il répondit par
la négative, en indiquant un contre-exemple, à la question de savoir si une courbe simple de
Jordan peut être incluse dans une aire arbitrairement petite.
Osgood …t également des recherches sur le calcul des variations, sur les courbes gauches et
sur le mouvement du gyroscope. Pour l’Enzyklopädie der mathematischen Wissenschaften,
F. Klein demanda à Osgood d’écrire un article sur la théorie des fonctions. Cette rédaction
lui permit d’acquérir des connaissances très étendues dans ce domaine (1901). La même
année, il commença à écrire son livre Lehrbuch der Funktionentheorie (publié en 1907), qui
allait devenir un ouvrage de référence. Il n’existait pas alors de traité global employant
rigoureusement tous les outils de l’analyse moderne. Osgood rassemblait, structurait et
exposait clairement les matériaux; il comblait maintes lacunes en démontrant des théorèmes
nouveaux, en particulier sur les fonctions méromorphes.
Après sa retraite de Harvard, en 1933, Osgood donna pendant deux ans des cours à
l’université de Pékin.

6.6 Tamarkine Yakov Davidovitch (1888-1945)

Yakov Davidovitch Tamarkine est un mathématicien Russo-Américain, né le 28 Juin


1888 à Tchernigov en Ukraine (partie de l’Empire russe), et mort le 18 Novembre 1945 à
Washington aux Etats-Unis.

62
Il est diplômé du 2ème lycée de Saint-Pétersbourg, où il a étudié dans la même classe que
A. Friedman. Il a étudié la Physique et les Mathématiques à l’Université de St. Petersburg.
Après, il a été retenu pour se préparer à un poste de professeur. Sa formation a été dirigée
par Vladimir Steklov. Il a enseigné à l’Institut des ingénieurs des chemins de fer dans
les instituts polytechniques. En 1914, il publia le livre "Le cours d’analyse", et sa thèse
intitulée «Certains problèmes généraux de la théorie des équations di¤érentielles ordinaires
linéaires et l’extension des fonctions arbitraires en série» a été soutenue en Juillet 1917. En
1919-1920 il a été chef de Département de Mathématiques de l’Institut polytechnique de
Petrograd. Aux Etats-Unis depuis 1925, il a enseigné à Dartmouth College dans le Rhode
Island, en tant que professeur invité. A partir de 1927 il est professeur à l’Université Brown.
Il a fait beaucoup pour le développement des mathématiques aux Etats-Unis, en tant que
co-éditeur et rédacteur en chef de grandes revues américaines de mathématiques, tels que
les actes de l’American Mathematical Society (dès 1928). En 1942-1943, il est vice-président
de l’American Mathematical Society.

6.7 Bernfeld Stephen R (1945 - 2003)

Bernfeld est un mathématicien américain, né le 21 Janvier 1945 et mort le 15 Janvier


2003, à 58 ans. Bernfeld a obtenu son baccalauréat du Rensselaer Polytechnic Institute
en 1965 et son doctorat de l’Université du Maryland en 1969. Il a rejoint la faculté de
Mathématiques de l’Université de Texas à Arlington en 1975 comme professeur agrégé de
mathématiques et y est devenu professeur titulaire en 1979. Il est spécialiste des équations
di¤érentielles.

63
Bibliographie

[1] BEBBOUCHI. R, Equations di¤érentielles ordinaires: existence, unicité et analyse


non standard. OPU, Oran (1985).

[2] BEBBOUCHI. R, Equations di¤érentielles perturbées et analyse non standard. OPU,


Oran (1990).

[3] BEBBOUCHI. R, Equations di¤érentielles ordinaires. OPU, Alger (1995).

[4] BERNFELD. S. R, The extendability and uniqueness of solutions of ordinary di¤er-


ential equations. Paci…c J. Math 69 (1977) N 2 pp 307-315.

[5] CAUCHY. A. L, Equations di¤érentielles ordinaires, cours inédit, co-publication


CNRS. coll. Academic Press (1981).

[6] CEBALLOS-LIRA. M. J, MACIAS-DIAZ. J. E, VILLA. J, A generalization


of Osgood’s test and a comparison criterion for integral equations with noise. EJDE,
Vol. 2011 (2011), N 05 pp. 1–8.

[7] DELEDICQ. A et DIENER. M, Leçon de calcul in…nitésimal. Edition ARMAND


COLIN, Paris (1989).

[8] DIENER. F, Cours d’analyse non standard. OPU, Oran (1983).

[9] DIENER. F et DIENER. M, Nonstandard analysis in practice. Edition SPRINGER,


Nice (1995).

[10] DIENER. F et REEB. G, Analyse non standard. Edition HERMANN, Paris (1989).

64
[11] DIEUDONNE. J, Foundations of Modern Analysis, 2nd Edition, Pure and Applied
Mathematics, Academic Press, Inc., New York, 1969.

[12] HARTMAN. P, Ordinary Di¤erential Equations - Second Edition. Edition SIAM,


Philadelphia (2002).

[13] OSGOOD. W. F, Beweis der Existenz einer Lösung der di¤erentialgleichungen


dy=dx = f (x; y) ohne Hinzunahme der Cauchy-Lipschitzschen Bedingung. Monatsch.
Math. Phys. 9 (1898) pp 331-345.

[14] REINHARD. H, Equations di¤érentielles: Fondements et applications - 2e Edition.


Edition DUNOD, Paris (1989).

[15] TAMARKINE. Y. D, Sur le théorème d’unicité des solutions des équations di¤éren-
tielles ordinaires, Pétrograd, Bulletin de l’Académie des sciences de Russie, Eingegangen
am 27 August 1921.

65

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