Prévision de l'inflation au Sénégal
Prévision de l'inflation au Sénégal
Année Universitaire : 2018/2019
Dédicace
i
Remerciements
Au terme du présent travail, l’honneur nous échoit d’exprimer notre profonde recon-
naissance à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à sa réalisation.
Nos sentiments de gratitude vont principalement à Dr Mor NDONGO, directeur de ce
mémoire. Ses conseils, ses remarques, sa compréhension et surtout sa rigueur scientifique
nous ont été chers. Sans oublier, nos remerciements vont à l’androit du Pr Abdou Aziz
NIANG pour sa contribution, ses conseils dans la réalisation de ce document.
Nos remerciements sont aussi adressés à tous les enseignants chercheurs du départe-
ment des sciences économique et de gestion. Nous disons merci à nos parents qui ont
beaucoup investi pour nos études et avec la confiance qu’ils m’ont accordé pour en arrivé
là.
Sans oublier aussi mon maı̂tre de l’école primaire le nom de Mr Thierno DIAMANKA
je le remercie infiniment par sa qualité, sa rigueur et ses conseils dont jusque là que j’ai
suivi.
Nos remerciements vont aussi à l’endroit des doctorants et nouveaux docteurs du
département économie et gestion qui m’ont accompagné, intégré, conseillé et orienté depuis
ma première année à Université.
ii
Résumé & Abstract
Résumé
Notre étude portait sur la modélisation et prévision des séries temporelles : Application
à la série de l’inflation au Sénégal. L’objectif était de trouver une méthodologie permet-
tant de mieux prévoir l’inflation. Pour ce faire nous avons appliqué deux approches des
séries temporelles uni variés à savoir Box-Jenkins (1970) et Holt-Winters (1960) sur des
données de la série mensuelle de l’indice harmonisé des prix à la consommation au Séné-
gal. Après l’analyse, nous concluons que l’approche de Box-Jenkins est meilleur en terme
de prévisions.
Abstract
Our study focused on modeling and forecasting time series : Application to the inflation
series in Senegal. The objective was to find a methodology to better predict inflation. To do
this, we applied two approaches to the varied uni time series, namely Box-Jenkins (1970)
and Holt-Winters (1960) on data from the monthly series of the harmonized consumer
price index in Senegal. After analyzing, we conclude that the Box-Jenkins approach is
better in terms of forecasts.
iii
Notations & abréviations
iv
MAE : Erreur Absolue Moyenne
MCO : Moindre Carré Ordinaire
PACF : Fonction d’Autocorrélation Partielle
PGD : Processus Générateur de Données
SARIMA : Auto régressif Intégré à Moyenne Mobile Saisonnier
Tc : T-statistique Calculée
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africain
VAR : Vecteur Auto régressif
v
Sommaire
Dédicace i
Remerciements ii
Introduction générale 2
vi
3 Application à l’indice harmonisé des prix à la consommation au Sénégal 37
3.1 Analyse exploratoire des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2 Approche de Box et Jenkins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3 Approche de Holt et Winters . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.4 Comparaison des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Conclusion générale 57
Bibliographie 60
Annexes 69
vii
Table des figures
viii
Liste des tableaux
ix
Introduction générale
1
2
Contexte et problématique
Dans un contexte de mondialisation et de l’interdépendance de plus en plus poussée
des économies, l’inflation apparait comme un phénomène observé aussi bien dans les pays
industrialisés que dans les pays en développements. Ainsi, il est plus difficile pour les
pays en développements de maitriser efficacement et de manière durable le phénomène de
l’inflation. En effet, les hausses continues des coûts de l’énergie constatées qui ont des effets
dans tous les autres secteurs et les contraintes structurelles auxquelles sont confrontés ces
pays constituent des limites à la lutte contre l’inflation.
En considérant la zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine),
les statistiques ont montré que l’inflation s’est établie en moyenne à 5,15% pendant la
période de 1976 à 2015 suite à de nombreuses crises économiques (Meuriot [39]). Donc,
on note bien la présence de l’inflation dans les pays de la zone de l’UEMOA.
Le Sénégal étant un pays membre de l’UEMOA, le fort taux d’ouverture de l’économie
Sénégalaise qui passe de 24,9% en 2016 à 26,5% accompagné d’une faible demande globale
surtout pour les produits importés atteste de sa vulnérabilité face à la conjoncture inter-
nationale. Ainsi, l’augmentation continue du cours du baril de pétrole ou la contraction
de l’offre mondiale de riz, de blé ou de lait se répercute sur les prix intérieur à la consom-
mation, entrainent par la suite une hausse du niveau général des prix. Cela s’est manifesté
au Sénégal par une évolution inhabituelle des prix mesurés par l’indice harmonisé des prix
à la consommation (IHPC) qui a dévié de sa trajectoire dès le premier trimestre de 2007
(Mbaye et Sene [37]). Le taux d’inflation s’est établi à 5,7% à la fin du troisième trimestre
de l’année 2007 contre moins de 3% pour les autres pays membres de l’union économique
et monétaire de l’Afrique de l’ouest (UEMOA). Ce taux a suscité des débats auprès des
autorités nationales et celles de l’union.
L’évolution atypique des prix de l’année 2007 amène à voir de près ce qui s’est passé
pour comprendre ce retournement de tendance. En effet, l’inflation entraine des pertur-
bations aussi bien dans le plan économique que social.
Mais depuis quelques années, le taux d’inflation a connu une stabilité au Sénégal sauf
qu’en 2017 il a été une tendance haussière.
Au Sénégal, l’inflation est mesurée par la variation de l’indice harmonisé des prix à la
consommation (IHPC). L’inflation étant le résultat de phénomènes complexes affectant
l’économie et ne laisse guère indifférent, car étant au cœur des préoccupations des autorités
politiques et monétaires, des investisseurs et des populations.
Ainsi, la littérature théorique et empirique a mis en évidence qu’une inflation élevée
et variable a des coûts économiques et sociaux importants et variés. En effet :
+ elle crée une incertitude dans l’économie : elle rend plus difficile l’interprétation de
l’information transmise par les prix des biens et des services, compliquant les prises
de décisions des ménages, des entreprises et des pouvoirs publics ;
+ elle rend le système financier moins efficient ; elle rend aussi plus difficile la prise de
décisions pour le futur.
Ainsi, la stabilité des prix est l’un des principaux objectifs des autorités monétaires.
Elle est définie comme un taux d’inflation suffisamment faible et graduel pour que les
ménages et les entreprises n’aient pas à tenir en compte dans leurs décisions de consom-
mations et d’investissements (Duguay [23]). Pratiquement toutes les banques centrales
ont reconnu l’importance de réaliser la stabilité des prix à tous instants.
Cependant, l’objectif de stabilité des prix assigné à la politique monétaire exige des
institutions monétaires et les prôneurs de décisions d’investissements des outils pour mieux
suivre et anticiper l’évolution des prix dans les court et moyen termes. Il existe de nos
jours un ensemble de méthodes rigoureuses basées sur des algorithmes, permettant de faire
des anticipations autrement dit des prévisions, notamment sur les séries temporelles. Ainsi
réduire l’incertitude liée à la connaissance du futur, améliorer la qualité de l’information
et des décisions qui en découlent demeurent les principaux objectifs de la prévision.
A court et moyen terme, l’efficacité des méthodes statistiques (par opposition aux mé-
thodes économétriques structurelles) de prévision est prouvée (Kuma [33]). Ces méthodes
reposent sur la construction de modèles auto-projectifs pour lesquels les prévisions sont
faites sur la base de l’information contenue dans la série à prévoir autrement appelé pro-
cessus générateur de données (PGD). Seule la connaissance du passé et du présent de la
série permet de la projeter sur le futur. Les méthodes statistiques en générale, la méthode
des séries temporelles en particulier ont l’avantage d’être simple, peu exigeant en don-
nées et s’applique avec un certain succès même lorsqu’on a une connaissance limitée du
phénomène étudié. Elle repose sur les seules propriétés statistiques des séries considérées.
La question de l’identification de l’évolution de l’inflation et surtout celle de son de-
venir dans le futur, constituent l’un des problèmes majeurs face auxquels sont confrontés
régulièrement les décideurs des pouvoirs publics, qui doivent idéalement, anticiper sur le
mouvement de cet informateur, afin de prendre à temps des mesures qui s’imposent. Ainsi,
nous nous posons la question de savoir comment peut-on décrire l’évolution temporelle
de l’inflation au Sénégal ?
Objectifs de recherche
Nous répartissons nos objectifs de recherche en deux catégories à savoir un objectif
général et deux objectifs spécifiques.
Objectif général
De manière globale, il est question de trouver une méthodologie qui prévoit au mieux
l’inflation au Sénégal.
Objectifs spécifiques
Plus précisément, à partir des données mensuelles de l’indice harmonisé des prix à
la consommation (IHPC) du Sénégal observés de janvier 2008 à décembre 2018, nous
devons :
Organisation du travail
Notre travail sera articulé autour de trois chapitres.
+ Le deuxième chapitre sera lui intitulé généralités sur les séries temporelles.
+ Et le chapitre trois sera consacré à l’application avec les données réelles sur l’indice
harmonisé des prix à la consommation du Sénégal. Pour ce faire nous utilisons deux
techniques à savoir la méthode de Box et Jenkins sur un modèle ARIMA saisonnier
et celle de Holt et Winters afin de comparer la meilleure en termes de prévision.
Durant tout le long de notre étude, nous effectuons les analyses économétrique, à l’aide du
logiciel R version 3.3.0 (2016-05-03), ainsi qu’à ses packages (tseries, caschrono, fBasics,
forecast)
1.1 Généralités
1.1.1 Définitions et mesures
1.1.1.1 Inflation
Le concept inflation comporte plusieurs définitions selon les auteurs ; les uns le défi-
nissent par ses causes et d’autres par ses manifestations ou conséquences.
Le professeur Kinzonzi (1979) définit l’inflation comme étant « le processus de hausse,
pendant une certaine période de temps, du niveau général des prix relatifs des biens et
services offerts sur le marché, avec comme conséquence une diminution progressive du
pouvoir d’achat de l’unité monétaire »(Umba Di Mamona [48]).
Selon Franck Shostak (2002), l’essence de l’inflation n’est pas une augmentation des
prix, mais une augmentation de l’offre de la monnaie qui, à son tour met en mouvement
une augmentation générale des prix de biens et services (Umba Di Mamona [48]).
Pour Bernard et Colli (1976), l’inflation est un phénomène général d’ajustement, pour
la voie monétaire des tensions s’exerçant dans un ensemble socio-économique et caractérisé
par la hausse générale des prix et de la dépréciation (Colli et Bernard [15]). Ainsi, il y’a
inflation lorsque le niveau général des prix croı̂t alors que la valeur des marchandises en
circulation n’augmente pas.
L’inflation importée est hausse générale et durable des prix provoquée par une aug-
mentation des coûts des produits importés (Mercillon [38]).
Avec l’inflation importée, les coûts de productions sont plus importants pour les entre-
prises nationales. Ces dernières répercutent le plus souvent cette hausse sur le prix des
biens ou services vendus. Et du cout le pouvoir d’achat des ménages va baisser.
L’inflation sous-jacente est une mesure du niveau de la hausse générale des prix qui
ne tient pas compte de certains postes de dépenses dans le calcul (Lassoued [34]). Cette
inflation exclut les éléments les plus volatils tels que le pétrole ou les produits alimentaires
(produits laitiers, viandes...). Ces derniers sont très sensibles à l’évolution de l’offre et la
demande. Elle exclut également les postes de dépenses liés à l’investissement de l’Etat.
C’est le cas des prix de l’énergie (électricité et gaz) qui sont des prix réglementés.
L’indice des prix à la consommation est un instrument de mesure qui fournit une esti-
mation de l’évolution d’ensemble des prix des biens et services figurant dans la consomma-
tion des ménages pour une date de référence donnée. Cet indice ne mesure pas le niveau
des prix pour une période déterminée, mais plutôt une variation de ce niveau entre deux
périodes.
L’indice des prix est un indicateur couramment utilisé pour mesurer les variations au
cours du temps du niveau général des prix des biens et services acquis. Comme que les prix
des différents biens et services n’évoluent pas tous au même taux, un indice des prix ne
peut que refléter la moyenne des variations. Généralement il est attribué à une valeur de
100 pour une période de base déterminée et, pour d’autres périodes, les valeurs de l’indice
doivent en principe fournir une estimation des variations moyennes en pourcentage des
prix, par comparaison avec la période de base.
L’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) est un indice des prix à la
consommation calculé de façon relativement comparable dans les pays membres de l’UE-
MOA afin de maitriser l’inflation. Il a été créé par le règlement de l’UEMOA en 1997 et
a remplacé l’indice des prix à la consommation (IPC).
+ L’IHPC sert à mesurer, chaque mois, la variation des prix au Sénégal. Il permet
aussi de comparer l’inflation avec celle des autres pays membres de l’union et celle
d’autres pays de la zone franc.
+ Il est utilisé par la comptabilité nationale pour la déflation d’autres agrégats comme
la consommation des ménages, le produit intérieur brut, etc. Cette opération permet
de passer de l’agrégat à prix courants à l’agrégat à prix constants.
+ L’IHPC peut aussi servir à indexer des contrats privés, des pensions alimentaires,
etc.
Pour le calcul de l’IHPC, nous avons douze fonctions selon la classification de l’UEMOA.
Le tableau suivant nous montre les différentes catégories de fonction des biens et services
et leurs pondérations.
Tableau 1.1 – Les douze fonctions de l’IHPC base 100 et leurs pondérations
N° Intitulés Pondérations
06 Santé 3,53%
07 Transports 5,63%
08 Communication 3,29%
10 Enseignement 1,94%
Somme 100,00%
12
X Pti
IHP Ct = × P0i (1.2)
i=1
Pibase
La figure 1.1 nous montre que durant la période de 2008 à 2018, il a été constaté
une forte augmentation du taux d’inflation au Sénégal pour les années 2008 et 2011 qui
dépassent largement le seuil établi par la zone UEMOA (qui est de 3%).
Ces tensions inflationnistes en 2008 et 2011 sont dues à la fois aux chocs d’origines
interne et externe. Selon le rapport de travail de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique
de l’Ouest (BCEAO) en 2011 sur l’évolution des prix à la consommation, l’inflation était
expliquée par une forte augmentation des prix alimentaires principalement les céréales
locales et des produits alimentaires importés (huile, blé, lait, riz, etc) mais également aux
fortes tensions sur les cours du pétrole brut. Ces dernières ont impacté indirectement sur
certains biens et services notamment l’électricité et les services de transport.
Figure 1.2 – L’évolution du taux d’inflation dans les pays de l’UEMOA de 2008 à 2018
Nous avons constaté une différence en termes de variation dans les pays membres
de l’union économique et monétaire ouest africain (UEMAO) dans la période de 2008 à
2018. Mais les tendances sont sensiblement égales. Pour l’ensemble des pays de l’union,
les années 2008 et 2011 ont été marquées par une forte inflation. Ainsi, le taux d’inflation
moyenne annuelle de l’union était de 7,4% en 2008 et 3,9% en 2011 (Rapport de BCEAO
[6]). Selon le rapport de travail de la BCEAO de 2011, ces taux d’inflations élevés sont
causés par la crise alimentaire et énergétique (2008) et des perturbations par la crise
post-électorales en Côte d’Ivoire (2011).
Cependant en 2012, certains pays de la zone comme le Benin, le Mali et le Burkina
Faso ont enregistré un taux d’inflation qui dépasse largement le seuil de convergent (3%).
Cette hausse est imputable au niveau général des prix à la consommation des fonctions «
transport », « autres biens et services » et « produits alimentaires » (Dossou et Awoue-
koun [20]). En 2017 aussi il y’a eu une tendance haussière du taux d’inflation dans certains
pays. Cette hausse peut s’expliquer par certains facteurs d’origine interne comme la hausse
des loyers, hausse des prix des services de restauration et la hausse des prix des céréales
locales. A l’exception de la Guinée Bissau et du Burkina, les prix des loyers ont augmenté
pour les autres pays. En effet, les hausses les plus importantes ont été enregistrées au Niger
(+15,0%) et en Côte d’Ivoire (+2,13%) (Rapport de BCEAO [8]). En plus l’augmentation
des prix des loyers, ceux des céréales locales ont aussi connu une hausse en 2017. Selon
le rapport de travail de la BCEAO de 2017, ce fait s’explique par un recul en terme de
production de céréales de la Côte d’Ivoire et du Sénégal respectivement 4,5% et 1,3%.
Pour les cinq dernières années, le taux d’inflation est stable dans l’ensemble des pays de
la zone UEMOA.
Figure 1.3 – Evolutions mensuelles des indices des prix des produits importés et locaux
La figure 1.3 illustre l’évolution des indices des prix des produits importés et locaux au
Sénégal. Elle nous permet de faire une comparaison entre les prix des produits locaux et
ceux importés. Ainsi, l’écart entre les deux évolutions est très important. Dans la période
de 2014 à 2018, les prix des produits locaux sont plus élevés que ceux des produits im-
portés. Ce phénomène peut s’expliquer par la cherté des matières premières, une faiblesse
de niveau d’accès aux inputs comme les subventions, les crédits, la technologie etc.
Figure 1.4 – L’évolutions mensuelles des indices des prix selon le secteur d’activité
L’indice des prix dans le secteur primaire est largement plus élevé que les deux autres
secteurs. Durant la période de 2014 à 2018, l’indice a connu une évolution atypique d’une
tendance croissante dans le secteur primaire. Cela peut se justifier du fait le secteur
primaire au Sénégal est principalement dominé par l’agriculture. L’activité agricole au
Sénégal dépend essentiellement de la pluviométrie.
Le diagramme 1.5 nous montre la part de chacune des douze fonctions selon la classi-
fication de l’UEMAO dans la formation de l’indice harmonisé des prix à la consommation
des ménages au Sénégal. Nous constatons que les fonctions comme « produits alimen-
taires et boissons non alcoolisées » et « enseignement » leurs pourcentages sont beaucoup
plus importants dans l’IHPC (qui est respectivement 9,31% et 9,23%). En plus ces deux
fonctions, il y’a celle des « Restaurants et Hôtels » où les prix des biens et services sont
également élèves (9,15%). En effet la fonction « communication » enregistre le pourcen-
tage le plus petit parmi les douze fonctions.
soixante-dix furent celles de la remise en cause radicale des modèles macro économétriques
(Grellet [28]). En effet les modèles basés sur des techniques de séries temporelles avaient
révolutionnés les méthodes traditionnellement utilisées pour la prévision des grandeurs
économiques en général et macroéconomiques en particulier.
Dès 1970, Box et Jenkins ont développé les modèles de séries temporelles ARIMA. En
1975, Granger et Newbold ont démontré que les modèles de séries temporelles ARIMA
ont souvent fourni de meilleures prévisions que les modèles économétriques traditionnels
(Jordan et al [30]).
Ainsi la littérature économique fait ressortir plusieurs méthodes de prévision de l’in-
flation. Tout en s’accordant sur le fait qu’il n’existe pas de modèle unique qui permet de
faire la prévision des indices des prix qui devance les autres modèles. Les académiciens, les
praticiens et les banques centrales font recours à plusieurs types de modélisations écono-
métriques allant des modèles les plus simples, tels que les modèles uni variés, aux modèles
les plus complexes tels que les modèles structurels (Mouha et al [41]). Ainsi toute cette
multitude de modélisation peut être regroupée en deux catégories à savoir les modèles
statistiques et les modèles structurels.
Cette approche fait partie des méthodes a-théoriques utilisées par plusieurs banques
centrales (Mouha et al [41]). Ce type de modélisation se base uniquement sur la dynamique
intrinsèque de l’inflation et ne prend pas en considération les interactions pouvant exister
entre l’inflation et les différents indicateurs macroéconomiques. Parmi les modèles qui sont
issus de cette approche, il y’a le modèle autorégressif intégré à moyenne mobile (ARIMA)
développé par Box et Jenkins en 1976 qui est couramment utilisé pour des prévisions à
court terme. Le ARIMA est un modèle uni varié de prévision qui se base sur l’analyse
statistique des données. L’objectif de ce type de modélisation est déterminé, pour une
série temporelle linéaire stationnaire, son processus générateur de données (PGD) afin
de l’utiliser, par la suite, dans la prévision. Les prévisions issues de ces modèles sont des
fonctions linéaires des observations passées.
En réalité, la plupart des séries macroéconomiques sont non-stationnaires (Doucouré
[22]). Toutefois, elles peuvent présenter une certaine homogénéité et peuvent être mo-
délisées à travers les processus ARIMA. Pour cela il faut stationnariser la série étudiée.
Plusieurs auteurs ont montré que ces modèles statistiques unis variés simples donnent
souvent de bons résultats par rapport aux autres modèles plus sophistiqués. Stock et
Watson en 1999 témoignent du degré de précision satisfaisant des modèles autorégressifs
de marche aléatoire dans les prévisions de variables économiques aux États-Unis (Moisan
[40]).
Atkeson et Ohanian (2001) confirment ce constat en avançant qu’aucun des modèles
de prévision, y compris celui issu de la courbe de Phillips, ne devance automatiquement
La seconde grande approche de prévision de l’inflation est celle basée sur les modèles
structurels permettant de quantifier des relations de cause à effet décrites par un modèle
théorique dont la validation nécessite une vérification de deux catégories d’hypothèses
celles statistiques et celle économiques. Parmi ces modèles théoriques nous retenons la
courbe de Phillips. Phillips (1958) à travers sa courbe, il a observé une relation inverse
entre le niveau de chômage et l’inflation, en Angleterre (Phillips [44]). Ainsi une nouvelle
génération de la courbe de Phillips est apparue dans les travaux d’analyse de la politique
monétaire au milieu des années 1990 Il s’agit de la nouvelle courbe de Phillips Néo-
Keynésienne (CPNK). Cette dernière montre une relation entre l’inflation, l’output gap
(l’écart entre la production effective et le potentiel de production), l’inflation anticipée et
les chocs d’offre. Pour ce type de modèles, le comportement optimisateur des entreprises,
face à certaines rigidités des prix, fait que l’inflation soit perçue comme un phénomène
plutôt tourné vers le futur.
Galit et Gertler (1999) ont ainsi retenu une nouvelle courbe de Phillips dite « hybride
» (Gali et Gertler [27]).
Avec πt l’inflation courante, πt−1 l’inflation passée, πt+1 l’inflation future anticipée des
agents, Yt la production effective et Yt∗ le potentiel de production.
Mankiw (2011) montre que la monnaie n’est pas prise en compte par ces modèles.
Ainsi ce qui explique le recours de certains auteurs à la modélisation de l’inflation en se
basant sur la théorie quantitative de la monnaie de Milton Friedman, donnant naissance
à nouveau modèle appelé modèle P-star Gerlach et Svenson en 2000 (Mouha et al [41]).
Dans cette modélisation, l’écart du prix par rapport à sa « valeur fondamentale P* »
dépend, à la fois, de l’output gap et de l’écart de la vitesse de circulation de la monnaie
comparativement à sa « valeur structurelle ». Ainsi, l’infation (π) est une fonction de
l’inflation anticipée (π e ), de la croissance excessive de la liquidité (EL) et de chocs exogènes
e
πt = f (πt+1 , ELt−1 , CEt ) + t (1.4)
Hallman, Porter et Small en 1991 montre l’existence d’une relation de long terme entre la
monnaie et les prix dans les modèles P-star (Mouha et al [41]). L’idée générale qui sous-
tend dans ces modèles est que les prix courants ne peuvent pas s’écarter durablement de
leur valeur structurelle et on peut s’attendre à ce que les prix tendent à s’ajuster à leur
niveau d’équilibre P-étoile.
Les nouvelles courbes de Phillips, d’inspiration Keynésienne citée plus haut ne prennent
en compte que l’inflation anticipée et l’écart de production (output gap). C’est ainsi que
Atkeson et Ohanion (2001) suggèrent la prise en compte les facteurs à l’origine de la fluc-
tuation des prix, ceux qui sont susceptibles d’agir sur la dynamique de court terme tels
que le taux de change et la fiscalité indirecte (Atkeson et Ohanion [4]).
En tenant compte aussi de la persistance de l’inflation, Sharon et Tinslay (2002) ra-
joutent au modèle de base sur la courbe de Phillips, l’inflation retardée (Kozicki et Tinsley
[32]).
D’autres travaux sur la prévision de l’inflation comme Calvo en 1994 incorporent,
en plus des précédents facteurs, la hausse des salaires nominaux, l’inflation mondiale
et l’ouverture économique à travers les importations de produits tels que les produits
alimentaires et le pétrole, l’accumulation des réserves de change qui peuvent nourrir une
augmentation de l’offre de monnaie (Mouha et al [41]).
montre que ces méthodes sont appropriées pour prévoir l’évolution à court terme de l’indice
des prix à la consommation. Il montre toutefois que la combinaison de ces deux méthodes
améliore la précision de la prévision (Touré [47]).
Après leur article de 1999 sur la capacité prévisionnelle de la courbe de Phillips sur un
horizon de 12 mois, en utilisant le taux de chômage et 167 autres indicateurs économiques,
Stock et Watson introduisent l’information financière dans les prévisions de l’inflation aux
Etats-Unis (Moisan [40]). Il s’agit des prix de certains actifs financiers qui constituent
une classe d’indicateurs potentiels de par leurs signes précurseurs : taux d’intérêt, taux
de change, prix des commodités, prix d’actifs côtés en bourses. Ils concluent que les
principales variables explicatives de l’inflation aux Etats-Unis sont les taux d’intérêts,
l’écart des taux (courbe des taux selon la structure des taux par terme), le rendement
des actions, les taux de dividendes et les taux de change. Ces deux auteurs utilisent des
données sur la période 1959-1999 provenant de 38 indicateurs de sept pays développés dont
les Etats-Unis, le Canada, la France et le Japon. A partir de leurs travaux, ils concluent
que les prix des actifs financiers sont utiles pour faire de bonnes prévisions de l’inflation
dans ces pays.
Biau et Sobczak (2001) en cherchant un modèle de prévision de l’inflation pour la
France.Ils ont trouvé un modèle multivarié dont les variables explicatives retenues dans
leurs travaux sont l’inflation importée, la fiscalité indirecte et des variables de tension sur
les marchés des biens et du travail (Biau et Sobczak [9]).
En abordant les déterminants de l’inflation, N’diaye et Badji (2008) utilisent un modèle
à correction d’erreur et l’approche par les fonctions de consommation, pour apprécier l’effet
d’un choc sur une fonction de consommation sur le niveau des prix au Sénégal (Ndiaye
et Badji [42]). Les résultats de l’étude montrent que les fonctions « alimentation », «
logement » et « habillement » seraient celles qui influencent le plus le niveau général des
prix à la consommation. A long terme, une hausse de 10% des fonctions « alimentation
» entrainerait une augmentation de 4,2%du niveau général des Prix à la Consommation
(IHPC). Un accroissement de même ampleur des prix du logement et de l’habillement
entrainerait respectivement une augmentation de 2,1% et de 1% de l’inflation. Dans le
court terme, la vitesse d’ajustement de l’IHPC à la suite d’un choc sur un trimestre serait
de l’ordre 7,7%.
Dabiré en 2008 effectue une prévision à court terme de l’inflation au Burkina Faso. Il a
utilisé trois méthodes de prévision, à savoir la méthode ARIMA, le lissage de Holt-Winter
et la méthode combinée de Granger et Newbold. L’approche retenue dans cette étude est
la méthode de combinaison (Diallo et Doumbouya [18]).
Dembo (2010) propose un modèle de prévision de l’inflation dans les pays membre de
l’UEMOA (Dembo [16]). Dans son étude, il a retenu un modèle autorégressif à retards
échelonnés (ARDL), mettant en relation l’inflation avec ses valeurs passées et d’autres
variables explicatives. Il ressort des résultats de l’étude que la valeur future de l’inflation
dans les pays de l’UEMOA dépend essentiellement de ses valeurs passées, de l’inflation
importée et du niveau de la production vivrière.
Dembo (2011) a fait une étude sur la prévision de l’inflation dans la zone de l’UEMOA
en adoptant une approche par composantes (Dembo [17]). Cette approche consiste à
prévoir séparément des composantes de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation
(IHPC). Parmi ces composantes, l’auteur a retenu six composantes telles que : produits
pétroliers, combustibles solides, électricité, produits frais, céréales, indice d’inflation sous-
jacente. Il ressort de ses estimations, que l’évolution des prix des produits pétroliers dans
les pays de l’UEMOA est liée à celle des cours mondiaux du pétrole brut. La prévision de
l’indice des prix des céréales tient compte d’une part, de son profil saisonnier et, d’autre
part , de l’évolution de la production céréalière locale, ainsi que des cours mondiaux du riz.
L’inflation sous-jacente est expliquée par l’inflation dans la zone euro, zone franc, ainsi que
par l’évolution des cours mondiaux des produits alimentaires et du pétrole brut. Il a aussi
déterminé un modèle SARIMA (Auto régressif Intégré à Moyenne Mobile Saisonnière)
pour prévoir l’indice des prix des combustibles solides et celui des produits frais.
Diallo et Doumbouya (2012) ont cherché un modèle de prévision de l’inflation en Gui-
née en utilisant l’approche de Box-Jenkins sur un modèle Autorégressif Intégré à Moyenne
mobile (ARIMA) saisonnier et la méthode de Holt-Winters (Diallo et Doumbouya [18]).
Ces auteurs ont utilisé les données mensuelles de l’indice harmonisé des prix à la consom-
mation (IHPC) couvrant la période de Janvier 2001 à Décembre 2011. Ils ont conclu que
la méthode de Box-Jenkins sur un ARIMA saisonnier et la méthode de Holt-Winters, ont
permis de trouver un modèle de prévision sur un horizon de six mois de l’inflation pour
la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).
Myriam MOISAN (2010) a fait une étude sur la prévision de l’inflation au Canada dans
le cadre d’un mémoire de maı̂trise en Economie à l’Université du QUEBEC à MONTREAL
(Moisan [40]). L’auteur a utilisé des modèles VAR (modèles de vecteurs autorégressifs)
et des modèles FAVAR (modèles de vecteurs autorégressifs augmentés par facteurs). En
appliquant ces deux catégories de modèles sur des données mensuelles de l’inflation du Ca-
nada, l’auteur a conclu que les modèles de vecteurs autorégressifs augmentés par facteurs
(FAVAR) ont un potentiel pour la prévision de l’inflation au Canada.
Hossein et al (2007) ont mené une étude portant sur l’Essai de modélisation de l’infla-
tion en Algérie dans le cadre d’un mémoire de recherche à l’Institut national de planifi-
cation et de la statistique (INPS) en Statistique Appliquée en Alger (Hossein et al [29]).
Pour ce faire, les auteurs ont utilisé deux méthodes statistiques pour déterminer les valeurs
futures de l’inflation en Algérie à savoir les méthodes de Box-Jenkins et de Holt-Winters.
En effectuant une comparaison entre ces deux méthodes en termes de pouvoir prédictif,
ils ont retenu que la méthode de Holt-Winters permet d’obtenir des meilleures prévisions
de l’inflation en Algérie.
Christophe Massamba (2005) a mené une étude de prévison des indices des prix à la
La Modélisation des séries temporelles est un domaine plus récemment appliqué en éco-
nomie mais ancien en astronomie, géologie, météorologie, etc. L’analyse des séries tempo-
relles fondée sur l’exploitation de données historiques recueillies sur un phénomène donné,
durant une certaine période ; la recherche d’un modèle pouvant constitué un cadre ma-
thématique reflétant l’évolution de ces données et partant de l’hypothèse que ”le passé
pourrait être garant de l’avenir” c’est-à-dire effectuer des prévisions (Bourbonnais et Ter-
raza [10]).
Après avoir présenté la partie théorique de notre étude, ce chapitre constitue notre
cadre méthodologique où nous expliquerons en détail les éléments essentiels pour l’analyse
statistique des données temporelles dont nous aurons besoin au cours de notre application.
Ainsi nous adoptons deux approches : une méthode de lissage basée sur l’approche de Holt-
Winters (Doucouré [22]) et une deuxième méthode fondée sur l’approche de Box-Jenkins
(Doucouré [22]). Ces dernières s’intéressent à une seule série pour la modélisation. Elles
s’appuient sur les propriétés statistiques de la série étudiée pour identifier un processus
générateur des données et faire des prévisions. Nous comparons les capacités prédictives
des ces deux approches sur les données de l’indice harmonisé des prix à la consommation
au Sénégal, dans le chapitre 3.
2.1 Définitions
2.1.1 Définition d’une série temporelle
On appelle série chronologique (série temporelle ou encore chronique) une série sta-
tistique à deux variables (t, Yt ) avec t ∈ T , T = (t1 , t2 , ..., tn ) où la première composante
t est le temps et la deuxième composante désigne la variable numérique Yt prenant ses
valeurs aux instants t . Suivant la nature du problème étudié la série peut être journalière
(cours d’une action en bourse), mensuelle (consommation mensuelle de gaz), trimestrielle
(nombre trimestriel de chômeurs), annuelle (chiffre annuel des bénéfices des exportations,
etc) (Bourbonnais et Terraza [10]).
La série Yt a des intervalles de temps réguliers. L’étude de telles données statistiques est
utile lorsque l’on cherche à analyser, comprendre ou encore prévoir un phénomène évo-
luant dans le temps. Le but est donc de tirer des conclusions à partir des séries observées
en s’appuyant sur ses propriétés statistiques.
+ Le cycle (Ct ) regroupe des variations à période moins précises autour de la tendance.
Ces phases durent en général plusieurs années, mais n’ont pas de durée fixe. Dans
la plus part des travaux sur les séries temporelles la tendance regroupe aussi la
composante cyclique (Dor [19]).
iii - pour tout t et pour tout h,Cov(Yt , Yt+h ) = γ(h), où γ(h) désigne la fonction d’au-
tocovariance.
En d’autres termes, une série chronologique est stationnaire si elle est la réalisation d’un
processus stationnaire. Ceci implique que la série est dépourvue de tendance, de saison-
nalité et aucun facteur n’évoluant avec le temps. Une variable stationnaire a tendance
à fluctuer autour de sa moyenne revenant régulièrement à sa valeur d’équilibre de long
terme.
En d’autres termes, les variables aléatoires At sont de moyenne nulle, de variance constante
et non corrélées. Un bruit blanc fort est un bruit blanc faible et que les variables aléatoires
At sont indépendantes et identiquement distribuées (i-i-d).
Pour un processus autorégressif, chaque valeur de la série est une combinaison linéaire
des valeurs précédentes de la série. Si la valeur de la série à l’instant t, Yt ne dépend que des
valeurs précédentes Yt−p à une perturbation aléatoire εt , le processus est dit autorégrassif
d’ordre p et noté AR(p) qui s’écrit comme suit :
p
X
Yt = φk Yt−k + εt (2.2)
k=1
La valeur courante d’un processus de moyenne mobile est définie comme une combinai-
son linéaire de la perturbation courante avec une ou plusieurs perturbations précédentes.
L’ordre de la moyenne mobile indique le nombre de périodes précédentes incorporées dans
la valeur courante. Ainsi, une moyenne mobile d’ordre q, MA(q) est définie par l’équation
suivante : q
X
Yt = θj εt−j + εt (2.3)
j=1
Où les θj avec j = 1, . . . , q sont les paramètres du modèle et εt est le terme d’erreur.
Il s’agit de décrire un processus stationnaire qui peut être représenté, soit par un
modèle « autorégressif » AR(p), soit par un modèle « moyenne mobile » MA(q), soit par
un modèle mixte ARMA (p, q). Les modèles AR et MA peuvent être parfaits dans certains
cas, mais il peut arriver que l’on ait besoin d’estimer un grand nombre de paramètres
pour ajuster le modèle. Si l’on dispose de peu d’observations, ces estimations auront
tendance à être peu précises. De plus, si un modèle contenant p paramètres convient pour
la situation, il n’est pas bon de tenter d’ajuster un modèle qui en contiendra plus que p.
Les modèles ARMA consistent à avoir une partie autorégressive et une partie à moyenne
mobile. En 1938 Herman Wold a montré que les processus ARMA pouvaient être utilisés
pour modéliser n’importe quelle série stationnaire pour autant que les ordres p et q soient
bien choisis. En 1970, Box et Jenkins ont travaillé pour développer une méthodologie pour
l’estimation du modèle d’une série chronologique. Un processus est dit ARMA (p, q) s’il
existe des suites réelles (φk ) et (θj ) telles que :
p q
X X
Yt = φk Yt−k + εt + θj εt−j (2.4)
k=1 j=1
Un processus (Yt ) est dit intégré d’ordre d et on note Yt ∼ I(d), si le processus obtenu
après d différenciations est stationnaire :
Zt = ∆d Yt = (1 − B)d Yt (2.6)
La plupart des séries macroéconomiques ne sont pas stationnaires. Ainsi il est né-
cessaire de rendre ces séries stationnaires en intégrant les séries initiales. Les processus
ARIMA permettent de combiner trois types de processus temporels : les processus auto-
régressifs (AR), les processus moyenne mobile (MA) et les processus intégrés (I). Dans
le cas général, un modèle ARIMA (p, d, q) est une combinaison de ces trois types de
processus ; p, d et q désignent respectivement l’ordre du processus autorégressif, l’ordre
d’intégration et l’ordre de la moyenne mobile (Doucouré [21]). Il s’agit par la méthode
de Box et Jenkins de construire un modèle restituant le mieux possible le comportement
d’une série temporelle suivant quelques étapes que nous allons développer après.
Un processus (Yt ) est dit ARIMA(p,d,q) avec p,d,q positifs ou nuls si le processus (1−B)d Yt
est un processus ARMA(p,q) stationnaire.
p q
X X
∆d Yt = φk Yt−k + εt + θj εt−j , (2.7)
k=1 j=1
ARIMA.
Nous avons expliqué en détail les trois principales composantes d’une série temporelle. Il
est important de savoir de quelle forme prend la combinaison de ces trois composantes
s’ils existent autrement appelé schéma de décomposition. Il en existe essentiellement deux
grands types (Bourbonnais [11]).
Dans un modèle additif, on suppose que les trois (03) composantes : tendance, varia-
tions saisonnières et variations accidentelles sont indépendantes les unes des autres. On
considère que la série Yt s’écrit comme la somme de ces trois composantes :
Yt = Tt + St + At (2.8)
Dans le cas, d’un schéma multiplicatif, l’amplitude des variations (saisonnières) varie.
On suppose que les variations saisonnières et les variations accidentelles dépendent de la
tendance et on considère que Yt s’écrit de la manière suivante :
Yt = Tt × St × At (2.9)
Dans ce cas on peut utiliser le logarithme dans l’équation 2.9 pour le ramener à un modèle
additif qui est donné par :
En ce qui concerne la tendance, la série sera regressée par les MCO sur le temps et nous
vérifions la significativité du coefficient de β1 de l’équation de la tendance (2.11). Pour
détecter la saisonnalité, en plus des diagnostiques graphiques nous effectuerons également
un test statistique. Lorsque la saisonnalité est présente, nous déterminerons les coefficients
saisonniers avec la fonction « decompose » de R.
Pour estimer l’équation de la tendance, nous régressons la série sur le temps avec la
méthode des moindres carrées ordinaires (MCO). L’équation de la tendance peut être
définie comme suit :
Tt = β0 + β1 t (2.11)
Pour vérifier si la série est dépourvue de saisonnalité, nous utilisons deux méthodes à
savoir la méthode graphique et celle formelle (test d’absence de saisonnalité). La méthode
graphique consiste à comparer les 12 sous séries des observations du même mois pour les
années successives en traçant leurs graphes respectifs. Lorsqu’il apparait des dissimilitudes
sur les 12 graphes, nous pouvons dire que les variations saisonnières sont significatives
sinon il y’a absence de saisonnalité.
Pour appuyer la conclusion de la méthode graphique, nous effectuerons un test de non
saisonnalité ou d’absence de saisonnalité. Nous utilisons un test non paramétrique : le test
de Kruskal-Wallis de comparaison des résidus groupés par mois. En notant Lj (Yt ), la loi
de distribution des résidus de Yt dans le j me groupe ( observation du j me mois). Le test
se formule comme suit :
H0 : L1 (Yt ) = L2 (Yt ) = ... = L12(Yt )
(2.12)
H1 : ∃(i, j)/Li (Yt ) 6= Lj (Yt )
Après avoir soustrait la série brute de la tendance et la saisonnalité s’il existe, nous
obtenons la composante aléatoire. Cette dernière sera modélisée par un ARIMA. Ainsi il
faut tester la stationnarité de la série ajustée de la tendance et de la saisonnalité. Pour cela,
nous utilisons le test de stationnarité de KPSS. Si la série ajustée s’avère non stationnaire,
nous appliquons la différenciation. L’ordre de différenciation (d) est le nombre de différence
que nous devons appliquer à la série pour la rendre stationnaire.
Le test de KPSS nous permettra de vérifier si la série est stationnaire ou non. Il s’agit de
tester :
H0 : Série est stationnaire
(2.13)
H1 : Série est non stationnaire
Pour rechercher des valeurs possibles (pj , qj ) pour (p, q), il est essentiel d’établir une
hypothèse maximale du nombre de coefficients à utiliser. Pour ce faire, nous utiliserons
les fonctions d’autocorrélation ACF et d’autocorrélation partielle PACF.
Les ordres p correspondent aux retards (j) dont la fonction d’autocorrélation partielle
P ACF (ρj ) présente des pics qui sortent de son intervalle de confiance.
Les ordres q correspondent aux retards (j) dont la fonction d’autocorrélation ACF (ρj )
présente des pics qui sortent de son intervalle de confiance.
n 1 1 1 0
log(L) = − log(2π) − log(σ 2 ) − log(|det(Ω)|) − 2 Y Ω−1 Y (2.14)
2 2 2 2σ
2k
AIC = lnσ̂k2 + , (2.15)
T
1 + Tk
AICC = T lnσ̂k2 + T (2.16)
1 − k+2
T
klnT
BIC = lnσ̂k2 + (2.17)
T
Pour cette étape, nous appliquerons le test de student pour voir la significativité des
paramètres estimés ; ensuite nous éliminons ceux qui ne sont pas significatifs. Le test se
formalise comme suit :
H0 : ωi = 0
(2.18)
H1 : ωi 6= 0
Pour cela nous calculons la statistique de student qui est définie comme suit :
ω̂i
Tc = , (2.19)
σω̂i
où ω̂i représente les paramètres estimés de φ̂k et θ̂j ; σω̂i est l’écart type du paramètre
correspondant. Pour la conclusion du test, nous comparerons le Tc avec 1,96 (lu dans
la table de la loi normale centré réduite car la taille de notre échantillon est largement
supérieure à 30).
Lorsque Tc est supérieur à 1,96 en valeur absolue, alors nous acceptons H1 , d’où le
paramètre est significatif. Sinon, il ne l’est pas.
L’étape de validation est de juger si l’estimation est de bonne qualité en analysant les
résidus. Autrement dit de vérifier l’hypothèse présupposée de bruité des erreurs. Pour ce
faire, nous utilisons le test suivant :
H0 : Les résidus sont des bruits blancs
(2.20)
H1 : Les résidus ne sont pas des bruits blancs
Pour cela, nous utiliserons le test de Ljung et Box dont la statistique est :
k
X ρ̂2 (j)
Q(k) = n(n + 2) , (2.21)
j=1
(n − j)
avec Q(k) ∼ χ2 (k) (la statistique de Ljung et Box suit la loi de Khi-deux à k degré de
liberté). Lorsque la quantité Q(k) est petite, alors la probabilité qu’on accepte H0 ou
encore appelé P-value devient grande. Si la P-value est supérieure au seuil qu’on s’est
fixé. Ainsi l’hypothèse H0 est acceptée les résidus sont des bruits blancs.
Pour la mise en oeuvre du test dans le logiciel R, nous utiliserons la fonction « box.test
» du package « caschrono »
Le test de Jarque Bera permet de vérifier si les erreurs suivent une loi normale ou pas.
Il est formalisé comme suit :
H0 : les erreurs suivent une loi normale
(2.22)
H1 : les erreurs ne suivent pas une loi normale
On accepte l’hypothèse nulle de normalité lorsque la P-value est inférieure à 5%. Pour la
mise en œuvre du test sous R, nous utiliserons la fonction « jarque.bera.test() » du
package « tseries ».
Yt = a(t − T ) + b + εt , (2.24)
Yt = (a(t − T ) + b) + St + εt (2.26)
Ainsi pour l’estimation des paramètres a, b et St , Holt et Winters ont proposé les formules
suivantes :
âT = (1 − β)âT −1 + β(b̂T − b̂T −1 )
b̂T = α(YT − ŜT −P ) + (1 − α)(b̂T −1 + âT −1 ) , (2.27)
ŜT = γ(YT − b̂T ) + (1 − γ)ŜT −P
Source : Auteur
T
!
1 X |et |
M AP E = × 100 (2.32)
T t=1 Yt
T
1X
M AE = |et | (2.33)
T t=1
Pour la comparaison en terme de pouvoir prédictif, on choisira le modèle qui minimise ces
indicateurs ( MAPE et MAE).
Dans ce chapitre, nous entamons la phase d’application sur la série de l’indice harmo-
nisé des prix à la consommation (IHPC) au Sénégal. Nous utilisons cet indice pour prévoir
le comportement de l’inflation car il est la mesure la plus usuelle. L’objectif principal de
notre étude est de trouver un modèle qui prévoit mieux l’inflation au Sénégal dans le
court et moyen terme. Pour cela, nous utilisons deux méthodes à savoir la modélisation
ARIMA de Box-Jenkins et le lissage de Holt-Winters présentées plus haut. Ces dernières
sont des approches statistiques qui s’intéressent à une seule série. Ces approches s’avèrent
simples et non exigentes en données et s’appliquent avec un certain succès même lorsqu’on
a une connaissance limitée du phénomène étudié. Plusieurs méthodes de prévision ont été
présentées dans la littérature mais le choix de l’une ou de l’autre de ces méthodes dépend
de plusieurs facteurs : disponibilité des données, objectif de l’étude, horizon de prévision
choisi etc.
Ainsi la modélisation par l’approche statistique a été privilégiée par rapport à l’approche
structurelle en raison du besoin de disposer d’un outil de prévision de l’inflation dans le
court terme face à la disponibilité des données sur les séries longues qu’exigent les modèles
explicatifs.
Après avoir déterminé les prévisions pour chacune de ces méthodes, nous passons à
la comparaison en terme de pouvoir prédictif et sélectionnons la meilleure. L’étendue
temporelle de notre échantillon est de janvier 2008 à décembre 2018.
Nous abordons dans ce chapitre l’analyse exploratoire de la série brut, modélisation
et la prévision avec les deux approches présentées au chapitre 2 et enfin la comparaison
en terme de pouvoir prédictif. Pour ce faire, nous utilisons les indicateurs de mesure de la
qualité de prévision des séries temporelles évoqués dans le chapitre 2.
L’IHPC est publié selon la classification des fonctions de consommation des ménages à
12 fonctions (COICOP). Notre série couvre la période allant de janvier 2008 à décembre
2018. C’est une série mensuelle.
Le tableau 3.1 nous montre les éléments de tendance centrale et de dispérsion de notre
série pour la période de janvier 2008 à décembre 2018.
La valeur de l’IHPC la plus importante durant cette période est 104,14 qui correspond
au maximum, et la valeur la plus petite est 91,96. L’IHPC est en moyenne mensuelle de
98,79 pour la même période. Pour visualiser les données de ce tableau, nous représentons
la boite à moustache. Cette dernière nous permettra de détecter l’existence des valeurs
aberrantes de notre série.
Cette figure nous montre qu’il y’a absence de valeurs aberrantes dans nos données.
Nous constatons qu’il n’est pas stable durant cette période. Il a connu des fluctuations
fortes sur la période d’étude (2008 à 2018). En plus des fluctuations constatées, l’indice a
connu une tendance haussière durant cette période.
Le type de schéma que suit notre série qui est dans ce cas un schéma additif (2.8). Par
la suite, nous vérifions la pertinence de la tendance et saisonnalité afin de les éliminer pour
pouvoir modéliser la composante aléatoire par un modèle autorégressif intégré à moyenne
mobile (ARIMA). L’écriture de notre série devient :
IHP Ct = Tt + St + At (3.1)
Tt = β0 + β1 t (3.2)
Nous avons estimé l’équation de la tendance par la méthode des moindres carrés ordinaires
(mco). Les résultats nous montrent que tous les coefficients sont significatifs au seuil de
5%.
Ce qui montre que la tendance est significative. Avant de passer à l’étape d’analyse
de la saisonnalité, nous ajustons la série IHPC par la tendance.
Notre série devient :
Ainsi nous utilisons la série ajustée de la tendance pour analyser la composante sai-
sonnière (S).
La figure 3.5 est une représentation de l’IHPC ajusté de la tendance rangé par ordre
mensuel.
L’examen de ce graphe nous conduit à soupçonner que les variations saisonnières sont
significatives car il y’a une dissimilitude pour les douze mois de l’année. Nous utilisons un
test d’absence de saisonnalité en appui pour confirmer la conclusion de l’analyse graphique.
Pour faire le test, nous avons choisi le test non paramétrique de comparaison de distri-
butions de Kruskal-Wallis, à cause de la taille (11) réduite de nos séries d’IHPC groupées
par mois. L’hypothèse nulle du test est l’hypothèse d’absence de saisonnalité.
26,676 11 0,005142
Nous rejetons l’hypothèse nulle d’absence de saisonnalité car la p-value du test est
inférieure à 0,05 (0,005142<0,05). Les variations saisonnières sont donc significatives. Nous
déterminons maintenant les coefficients saisonniers de l’IHPC ajusté de sa tendance puis
éliminons la partie saisonnière. Il restera uniquement la composante aléatoire que nous
modélisons par la suite par un ARIMA.
Janvier -24,653248
Février 15,473789
Mars 12,782644
Avril 5,364226
Mai 1,309445
Juin 10,436482
Juillet 27,927155
Août 10,872374
Septembre 3,635774
Octobre -21,328098
Novembre -11,291970
Décembre -30,528570
Nous avons des coefficients négatifs et ceux positifs. Nous retenons un schéma additif,
donc ces coefficients sont additifs à l’IHPC. Les coefficients positifs viennent augmen-
ter l’indice tandis que ceux négatifs diminuent l’indice. En analysant les résultats, nous
constatons que le premier mois de l’année et les trois derniers mois ont des coefficients
négatifs. Le mois de juillet qui a le coefficient le plus élevé dans l’année et cela vient en
0,15429 0,1
Nous acceptons l’hypothèse nulle de la stationnarité de la série car le p-value est supé-
rieur au seuil de 5% ( 0,1>0,05). Notre série est stationnaire. Nous retenons ainsi l’ordre
d’intégration d = 0. Par la suite, il reste qu’à trouver un modèle ARIMA(p,0,q) qui revient
à un ARMA(p,q).
Pour identifier les ordres p et q, nous examinons les fonctions d’autocorrélation simple et
partielle.
Nous constatons que la fonction d’autocorrélation simple (ACF) décroit de façon si-
nusoı̈dale tandis que la fonction d’autocorrélation partielle (PACF) décroit et s’annule
au-delà du 11ième retard. Ainsi, nous pouvons retenir AR(p). On a des pics sortant de
l’intervalle au 1ier et 11ième retards de la PACF. Ensuite notre estimation va porter sur
deux modèles à savoir le AR(1) et AR(11) et retenir celui qui minimise les critères AICC
et BIC.
Figure 3.7 – Fonctions d’autocorrélation de la série sans tendance et sans saisonnalité
3.2.6 Validation
La validation consiste à faire l’arbitrage entre les modèles estimés plus haut en se
basant sur les critères de sélection, à tester la significativité des coefficients du modèle
retenu et enfin, à faire un diagnostique de la normalité des résidus.
Pour la sélection du modèle, nous retenons le modèle AR(1) qui minimise les deux critères
AICC et BIC qui sont respectivement (1289,96 et 1298,42) (voir tableau 3.6). Nous testons
la significativité des coefficients de ce modèle. Ainsi les résultats du test sont présentés
dans le tableau suivant :
Tableau 3.7 – Résultats du test de significativité de notre modèle
Au regard de la trajectoire des résidus, nous pouvons conclure que les résidus sont des
bruits blancs gaussiens car ils fluctuent autour de leur moyenne qui est nulle et une variance
qui semble constante dans le temps. Sa courbe de densité est une parfaite représentation
d’une courbe de densité de la loi normale (une courbe en cloche).
Pour confirmer la conclusion issue de cette analyse graphique, nous effectuons un test
de normalité des résidus de Jarque Bera et un test de bruit blanc gaussien de Ljung et
Box. Ainsi les résultats des tests sont les suivants :
0,071886 2 0,9647
L’hypothèse nulle du test est la normalité des résidus. Le résultat de ce test nous
conduit à accepter que les résidus sont normalement distribués car le p-value du test est
supérieure au seuil 5% (0,9647 > 0,05).
0,34903 1 0,5547
Le test statistique de Ljung et Box confirme l’hypothèse que les résidus sont des bruits
blancs gaussiens qui correspond à l’hypothèse nulle du test. Avec une p-value supérieure
au seuil (0,5547>0,05), l’hypothèse nulle est acceptée.
Ainsi l’approche de Box et Jenkins nous a permis d’obtenir un modèle qui décrit le
mouvement de l’indice harmonisé des prix à la consommation au Sénégal. Ce modèle se
présente comme suit :
α 0,5985672
β 0,0346596
γ 1
Coefficients du modèle
a 100,8392403
b 0,009555524
S1 1,795301758
S2 0,744773718
S3 0,488869805
S4 -1,009508924
S5 -1,406504918
S6 -2,284243432
S7 -2,228133071
S8 -0,161816392
S9 1,713615308
S10 2,317112569
S11 2,486979737
S12 1,968452044
Cette figure est la représentation des résultats de prévisions par le modèle de Holt-
Winters saisonnier additif avec des intervalles de prévisions pour des niveaux de confiances
de 80% et de 95%
Nous sommes amenés maintenant à faire une comparaison entre l’approche de Box-
Jenkins et celle de Holt-Winters en termes de prévisions. Pour ce faire nous utilisons des
indicateurs de mesure de la qualité des prévisions des séries temporelles tels que le MAPE
et le MAE présentés dans le chapitre 2. Le principe est de retenir le modèle qui minimise
ces indicateurs.
Nous constatons que l’approche de Box-Jenkins est meilleure que celle de Holt-Winters
en termes de prévision sur un horizon de 24 mois. En comparant les indicateurs de mesure
de la qualité des prévisions pour les séries temporelles, le modèle de Box-Jenkins présente
les valeurs les plus petites par rapport à celui de Holt-Winters. D’après le calcul de ces
indicateurs, l’écart entre une prédiction de l’indice harmonisé des prix à la consommation
et sa réalisation n’est, en moyenne, que de 0,52 ; et ne représente ainsi que 0,53% de sa
réalisation pour le modèle de Box-Jenkins 3.11.
Les résultats de ces indicateurs sont consignés dans le tableau suivant :
Tableau 3.11 – Mesure de la qualité des prévisions pour les deux approches
Conclusion Général
L’objectif de notre étude était de trouver une méthodologie qui prévoit le mieux l’in-
flation au Sénégal. Pour atteindre cet objectif, nous avons utilisé deux approches univariés
des séries temporelles à savoir l’approche de Box-Jenkins (1970) et celle de Holt-Winters
(1960).
Ainsi, nous avons analysé les données de l’indice harmonisé des prix à la consommation
(IHPC) au Sénégal.
Les prévisions ont été calculées pour chacune des deux approches sur un horizon de
2 ans soit 24 mois. En effet selon les indicateurs de mesures de la qualité des prévisions
l’Erreur Absolue Moyenne en Pourcentage (MAPE) et l’Erreur Absolue Moyenne (MAE),
l’approche de Box-Jenkins est préférable à celle de Holt-Winters.
Notre étude peut servir pour les agents économiques d’outil d’anticipation et d’aide
à la prise des décisions d’investissement, d’épargne, de consommation et de politiques
économiques.
Pour la recherche scientifique, l’analyse approfondie des indicateurs macroéconomiques
avec des méthodes récentes est un surplus pour la recherche en sciences économiques.
Pour l’utilisation du modèle retenu avec l’approche de Box-Jenkins, nous recomman-
dons d’ajuster tous les 24 mois pour prendre en compte les nouvelles données observées
afin d’améliorer la qualité des prévisions.
Le modèle que nous avons mis en oeuvre permet de prédire l’avenir de l’IHPC et indi-
rectement de l’inflation au Sénégal à un horizon court. Ce modèle ne permet pas d’iden-
tifier les facteurs qui influencent le mouvement de l’inflation. Or, pour que les décideurs
de politiques économiques puissent agir efficacement dans l’amélioration des conditions
socio-économiques du pays, il leur faut identifier les facteurs influents du mouvement de
cet indicateur. Pour cela, il fallait introduire d’autres indicateurs économiques dans la
modélisation. Autrement dit l’utilisation des modèles multivariés des séries temporelles.
Dans le futur, nous souhaiterons étudier la dynamique de long terme de l’inflation au Sé-
BIBLIOGRAPHIE
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Appliquée. Caméroun : Université Yaoundé 1, 147 pages.
Dédicace i
Remerciements ii
Introduction générale 2
Conclusion générale 57
Bibliographie 60
Annexes 69
Annexes
Horizon Prévisions Borne inf Borne sup Borne inf Borne sup
de l’IHPC
Horizon Prévisions Borne inf Borne sup Borne inf Borne sup
de l’IHPC
Les codes R
##############################################################
################## Analyse des données ########################
################# Début de programme ########################
###############################################################
### importer les données
data <- read.csv("C:/Users/user/Desktop/Mes recherches mémoire/data.csv")
attach(data)
str(data)
### créer un objet de classe ts
library(tseries)
ihpc_t=ts(data,start=c(2008,1),end=c(2018,12),frequency = 12)
ihpc_t
## Analyse descriptives des données
de=decompose(ihpc_t)
plot(de$random, lwd=2, col="blue",xlab="Temps",ylab="Partie aléatoire",
main="Composante aléatoire")
plot(de$trend, lwd=2, col="blue",xlab="Temps",ylab="tendance",
main="Composante tendancière")
plot(de$seasonal, lwd=2, col="blue",xlab="Temps",ylab="saisonnalité",
main="Composante saisonnière")
summary(ihpc_t)
plot(ihpc_t,lwd=3,col="blue",main="",xlab="Temps")
boxplot(ihpc_t,col="seagreen",lwd=3)
## Regresser la droite de la tendance
temps1=c(1:132)
temps1
trend=lm(data_t~temps1)
summary(trend)
### ajuster la série de la tendance
ihpcajten=reg$residuals
ihpcajten
ihpcajten_t=ts(ihpcajten,start = c(2008,1),end = c(2018,12),frequency = 12)
plot(ihpcajten_t,lwd=3,col="blue",main="",xlab="Temps",
ylab="IHPC ajusté de la tendance")
abline(h=0,lwd=3,col="red")
##### Analyser la saisonnalité ######
mois=c("J","F","M","Av","Mai","Ju","Juil","Ao^ ut","Sep","Oct","Nov","Déc")
monthplot(ihpcajten_t,lwd=3,
ylab="IHPC",
main="",
xlab="Mois",axes=T, col="blue")
#### test d’absence de saisonnalité #########
total.mois=factor(rep(mois,11),level=mois)
IHPC.mois1=data.frame(total.mois,ihpcajten_t)
IHPC.mois1
ipc.nat.par.mois2=tapply(IHPC.mois1[,-1],total.mois,rev)
ipc.nat.par.mois2
ipc.nat.par.mois=lapply(ipc.nat.par.mois2,rev)
ipc.nat.par.mois
library(tseries)
kruskal.test(ipc.nat.par.mois)
#### le test rével que les variations saisonnières existent
# calculons les cofficients saisonnière
s=matrix(ihpcajten_t,ncol=12,nrow=11,byrow=T)
s
m1=mean( s[,1])
m2=mean(s[,2])
m3=mean(s[,3])
m4=mean(s[,4])
m5=mean(s[,5])
m6=mean(s[,6])
m7=mean(s[,7])
m8=mean(s[,8])
m9=mean(s[,9])
m10=mean(s[,10])
m11=mean(s[,11])
m12=mean(s[,12])
m=c(m1,m2,m3,m4,m5,m6,m7,m8,m9,m10,m11,m12)
mt=mean(m)
mt
coef.saison=m-mean(m)
print(coef.saison)
#désaisonnalisé notre série
co=rep(coef.saison,11)
co
serie.corrige=ihpcajten_t-co
serie.corriget=ts(serie.corrige,start = c(2008,1),
end = c(2018,12),frequency = 12)
serie.corriget
## modéliser la partie aléatoire de la série
## test de stationnarité de la série
plot(serie.corriget,col="blue",lwd=3,xlab="Temps",ylab="Série corrigé")
abline(h=0,col="red",lwd=3)
library(tseries)
kpss.test(serie.corriget)
## identification
library(forecast)
Acf(serie.corriget,col="blue",lwd=3,xlab="Retard",main="")
Pacf(serie.corriget,col="blue",lwd=3,xlab="Retard" ,main="")
# estimation des models candidats
mod1 = Arima(serie.corriget,order = c(1,0,0),method = "CSS-ML")
mod1
mod2 = Arima(serie.corriget,order = c(11,0,0),method = "CSS-ML")
mod2
#### diagnostique des résidus
summary(mod1)
res= mod1$residuals
hist(res,col="blue",lwd=3)
den=(density(res))
par(mfrow=c(1,2))
plot(res,col="blue",lwd=3, main="Trajectoire des résidus",xlab="Temps",
ylab="Résidus")
abline(h=0,col="red",lwd=3)
plot(den,lwd=3,col="blue")
abline(v=0,col="red",lty=2,lwd=3)
dev.off()
library(caschrono)
Box.test(res)
library(lmtest)
library(fBasics)
library(tseries)
jarque.bera.test(res)
##### Simulations de box jenkins
library(forecast)
modv=auto.arima(ihpc_t)
modv$fitted
plot(modv$fitted,col="green",lwd=3,main="simulations du modèle de Box-Jenkins",xlab="T
lines(ihpc_t,col="blue",lwd=3)
legend("topleft",lty=c(1,1,1,1,1),legend=c("Valeurs prédites",
"Valeurs observées" ),col=c("green","blue"),cex=0.9,lwd=3,
y.intersp=0.8)
##### Prévisions box-jenkins
library(forecast)
prevbox=forecast::forecast(modv, h=24)
print(prevbox)
##### Evaluation des prévisions de box-jenkins
library(forecast)
forecast::accuracy(prevbox)
## approche de holt -winter
library(RColorBrewer)
ihpc_t
mod3=HoltWinters(ihpc_t)
mod33=predict(mod3)
prevhol=mod3$fitted
prevhol
fitholt=prevhol[,1]
print(fitholt)
#### Simulation de Holt-winters
plot(fitholt, ylab="IHPC",col="green",lwd=3,
main="Simulation pour le modèle Holt-Winters", xlab="Temps")
lines(ihpc_t,col="blue",lwd=3)
legend("topleft",lty=c(1,1,1,1,1),legend=c("Valeurs prédites",
"Valeurs observées"),col=c("green","blue"),cex=0.9,lwd=3,
y.intersp=0.8)
#### Prévisions de holt-winters
library(forecast)
prevhol=forecast::forecast(mod3,h=24)
print(prevhol)
### Evaluation des prévisions de holt-winters
library(forecast)
forecast::accuracy(prevhol)
###### Comparaison des deux approches
plot(modv$fitted,col="green",lwd=3,main="Comparaison des deux approches",
xlab="Temps",ylab="IHPC")
lines(ihpc_t,col="blue",lwd=3)
lines(fitholt,col="red",lwd=3)
legend("topleft",lty=c(1,1,1,1,1),legend=c("Valeurs observées",
"prévision Box-Jenkins", "prévision Holt-winters"
),col=c("blue","green","red"),cex=0.9,lwd=3,
y.intersp=0.8)
###############################################################
#################### Fin de programme #########################
###############################################################