Af 3810
Af 3810
DOCUMENTATION
27/09/2008
Acoustique
Équations générales
par Daniel ROYER
Ingénieur de l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de Paris (ESPCI)
Professeur à l’université Denis-Diderot, Paris 7
et Eugène DIEULESAINT
Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité (ESE)
Professeur émérite à l’université Pierre-et-Marie-Curie, Paris 6
e titre « Acoustique » désigne ici l’étude des ondes élastiques et plus précisé-
L ment de leurs modes de propagation. Le qualificatif élastique est plus géné-
ral que le qualificatif acoustique qui, en principe, se rapporte à des phénomènes
audibles, c’est-à-dire d’une fréquence comprise entre 20 Hz et 20 kHz mais
« Acoustique » a l’avantage d’être aussi un substantif.
La fréquence des ondes étudiées ici (qui incluent naturellement aussi bien les
infrasons que les ultrasons) n’est pas a priori limitée. Ces ondes sont des pertur-
bations mécaniques, de l’état d’équilibre d’un milieu. Elles ne se propagent que
dans les milieux matériels : gaz, liquide ou solide. La structure de ces milieux
impose une limite supérieure à la fréquence ; la longueur d’onde doit rester
grande par rapport à la longueur caractéristique du milieu (libre parcours moyen
pour un fluide, distance interatomique pour un solide). La fréquence des ondes
étant très inférieure à cette limite, le milieu est considéré comme continu. Par
ailleurs, l’atténuation qui croît avec la fréquence et avec le désordre du milieu
doit autoriser la propagation sur plusieurs longueurs d’ondes.
Les phénomènes étudiés sont macroscopiques : nous ne considérons pas
le mouvement individuel des molécules constituant le milieu mais celui d’une
particule de fluide ou de solide. Ce terme désigne un élément de volume infini-
tésimal à l’échelle des dimensions physiques du milieu, contenant néanmoins
un grand nombre de molécules. L’acoustique fait appel à la mécanique des flui-
des et à la mécanique des solides déformables.
L’article « Acoustique » fait l’objet de plusieurs fascicules :
AF 3810 Équations générales
AF 3812 Propagation dans un fluide
AF 3814 Propagation dans un solide
Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres.
Le lecteur devra assez souvent se reporter aux autres fascicules.
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2.1 Onde longitudinale dans une barre communique une accélération à cet élément de masse ρ0 Adx telle
que :
2 2
∂ u ∂f ∂ u
Considérons une barre, par exemple métallique, de section A et ρ 0 A --------- = ------ = AY ---------2 (4)
de longueur L (figure 1) dont l’extrémité à l’origine O est fixe. Obser- ∂t
2 ∂x ∂x
vons la partie située entre les sections M et N d’abscisses respecti- où ρ0 est la masse volumique (kg/m3) de la barre dans son état de
ves x et x + ∆x. repos.
Si une traction est exercée selon l’axe x par une force F, la barre L’équation du second ordre aux dérivées partielles :
s’allonge (son diamètre diminue, mais nous ne portons notre atten-
2 2
tion que sur le mouvement de la matière selon x). Les sections M et ∂ u 2∂ u
N viennent en M’ et N’ d’abscisses x ’ et x ’ + ∆x ’. Le déplacement ---------
2
= c ---------2 (5)
de la section M est : ∂t ∂x
u (x ) = x ’ – x , avec c = Y ⁄ ρ0 ,
et celui de la section N : est appelée équation de propagation des ondes planes. Elle régit
l’évolution, dans le temps et dans l’espace, du déplacement de
u (x + ∆x) = x ’ + ∆x ’ – (x + ∆x) = u (x) + ∆(x ’ – x) = u + ∆u. (1) matière. Il est facile de vérifier que la solution générale est de la
La déformation S au point M est, par définition, la limite de forme :
l’allongement relatif de l’élément MN lorsque sa longueur ∆x tend u (x, t) = f (x – ct) + g (x + ct) (6)
vers zéro
ou
u(x + ∆x) – u(x) du
S ( x ) = lim -------------------------------------------- = ------- . (2)
u (x, t) = F t – --- + G t + --- .
∆x → 0 ∆x dx x x
(7)
c c
Lorsque la traction varie avec le temps :
Les fonctions f et g d’une part, F et G d’autre part, sont arbitraires,
u = u (x, t), elles représentent une perturbation se propageant à la vitesse c res-
pectivement dans le sens des x croissants et dans celui des x
S est une dérivée partielle : décroissants. Lorsque, comme ici, la matière ne se déplace que sui-
∂u vant x, c’est-à-dire sous la forme de compressions et de dilatations,
S = ------ . l’onde correspondante est dite longitudinale.
∂x
La déformation est un rapport sans dimension. Une origine des
abscisses n’est nécessaire que pour repérer la section observée. La
barre reste déformée tant qu’elle est maintenue sous tension par la 2.2 Onde transversale sur une corde
force extérieure. Dès qu’elle est supprimée, elle revient à son état tendue
initial. Les sections M’ et N’ sont rappelées en M et N par une force
mécanique interne f.
La tension mécanique, définie comme la densité de la force par ■ Soit un fil (corde) dont l’extrémité x = 0 est ancrée dans un sup-
unité de surface (f /A) est proportionnelle à la déformation, tant que port fixe et dont l’autre extrémité x = L est soumise à une force F.
celle-ci reste petite (∂u/∂x << 1). Ce comportement linéaire du maté- L’expérience montre qu’une perturbation, créée en écartant une
riau s’exprime par la loi de Hooke, à l’aide du module d’Young Y : petite portion du fil de sa position d’équilibre puis en la relâchant, se
divise en deux parties qui se propagent en sens inverses à la même
f ∂u vitesse (figure 2 a).
---- = YS = Y ------- . (3)
A ∂x Cette vitesse croît quand on augmente F, décroît quand on aug-
Si f M’ = f (x + u, t) est la force qui s’exerce sur la surface M’, celle qui mente la masse de la corde par unité de longueur ρ < (kg/m). Cela se
s’exerce sur la surface N’ est : comprend en appliquant la loi de Newton à un élément MN de lon-
gueur au repos ∆x (figure 2 b).
∂f
f N’ = f (x + u + dx + du, t) = f (x + u, t) + ------ (dx + du).
∂x La résultante F des forces de tension s’exerçant sur cet élément a
pour composantes :
La résultante des forces agissant sur la tranche M’N’ :
∂f ∂f ∂u ∂f F x = F ( cos α 2 – cos α 1)
f N’ – f M’ = ------ (dx + du) = ------ (1 + ------- )dx ≈ ------ dx
∂x ∂x ∂x ∂x F y = F ( sin α 2 – sin α 1).
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2 2
1 d g 2 1 d f
---------- ---------- = c ---------- ---------2-
g ( t ) d t2 f(x) dx 3.1 Conservation de la matière
(équation de continuité)
Le membre de gauche est fonction uniquement de t, celui de droite
uniquement de x ; étant égaux, ils ne peuvent être que constants. En
posant cette constante égale à –ω 2, il vient : La masse volumique d’un fluide compressible varie en respectant
la loi de conservation de la matière. Le flux de matière, au point x et
à l’instant t, est égal au produit de la masse volumique ρ (x, t) et du
2
d g 2 vecteur vitesse des particules v (x, t). La masse traversant par unité
---------2- + ω g ( t ) = 0
de temps l’élément de surface dS de normale unitaire l orientée
dt
vers l’extérieur est égale à ρv. l dS.
et : (9)
L’intégrale de cette quantité sur la surface S représente la diminu-
2
d f 2 tion par unité de temps de la masse contenue dans le volume fixe V :
---------2- + k f ( x ) = 0
dx
∫ρ ∫ ρv
d
– ------ dV = .l dS (12)
dt
avec ω = ck. V S
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∫ ρ V ∫ ρv
d
------ d + j lj dS = 0 (13)
dt ∆F3 ∆F
V S
avec vj l j = v1 l 1 + v2 l 2 + v3 l 3 = v. l . ∆ S2
∆F2
3.2 Conservation de la quantité x2
de mouvement
∆F1
x1
D’après la deuxième loi de newton, la quantité de mouvement
change à une vitesse égale à la résultante des forces agissant sur le
volume V fixe. Ces forces s’exercent directement dans le volume, ∆F1
comme la pesanteur, avec une densité F (x, t) par unité de masse ou
On a par exemple : T12 = lim
∆S2 0 ∆S2 ( )
par l’intermédiaire de la surface S délimitant le volume V avec la
densité surfacique T. C’est le cas des actions exercées par la matière
située à l’extérieur de V qui se transmettent de proche en proche par Figure 4 – Élément de surface ∆S2 perpendiculaire à l’axe x2 sur
les forces de liaison entre les molécules (milieu condensé) ou par les lequel s’exercent trois contraintes : T12, T22, T32
collisions (milieu dilué). Comme leur rayon d’action est très petit du
point de vue macroscopique, leur résultante s’exprime par l’inté-
grale sur la surface S de forces élémentaires T ( l ) dS. Cette égalité étant vérifiée quelle que soit la surface S, les compo-
Le vecteur T ( l ), appelé tension mécanique, dépend de x et t mais santes de la tension mécanique T ( l ) sont
aussi de l’orientation de l’élément de surface dS, définie par le vec-
teur unitaire l normal à S (figure 3). Ti ( l ) = Tij l j . (15)
Dans le cas d’un fluide parfait, cette force est normale à l’élément Les neufs quantités Tij (xi, t), qui ne dépendent que de la position
de surface et dirigée vers l’intérieur du volume V. La théorie cinéti- x et du temps t, forment le tenseur des contraintes. Ce tenseur défi-
que (§ 3.5) montre qu’elle s’exprime en fonction de la pression nit l’état mécanique du matériau : la force exercée sur une surface
hydrostatique p : unité par la matière située du côté de sa normale estTi = Tij l j . Si
Ti = – p l i . l’élément de surface est perpendiculaire à un axe ( l j = δjk), alors :
∫T S
i ( l ) dS +
∫ ρF
V
i dV = 0. Écrivons que la quantité de mouvement change à une vitesse
égale à la force totale appliquée :
D’après le théorème de Green, ρFi est la divergence d’un tenseur de
∫ ∫ ρv v ∫ ρF ∫T
rang 2 : – Tij : d
------ ρv i dV + ( i ) j lj dS = i dV + ij lj dS (16)
dt
∂T V S V S
ρF i = – ---------ij- . (14)
∂ xj
Dans le premier membre, la dérivée est le taux de variation au
L’intégrale de volume se transforme en une intégrale de surface : cours du temps de la quantité de mouvement ρvi contenue dans le
volume V et l’intégrale de surface représente la quantité de mouve-
∫T ∫T
ment sortant pendant l’unité de temps.
i ( l ) dS – ij lj dS = 0 .
Le second membre est la quantité de mouvement créée par les
S S
forces Fi agissant en volume et par les tensions mécaniques
Ti = Tij l j exercées sur la surface S.
l
3.3 Conservation de l’énergie
dS V
Pour appliquer le premier principe de la thermodynamique, intro-
dV duisons l’énergie interne spécifique, c’est-à-dire par unité de masse,
e et le vecteur densité de flux de chaleur q (x, t).
S
La densité totale d’énergie E par unité de volume est la somme
de l’énergie interne ρe, d’origine moléculaire, et de l’énergie cinéti-
F dV
que du mouvement macroscopique de vitesse v :
1 2
E = ρe + --- ρv (17)
Figure 3 – Équilibre d’un volume V fixe intérieur au milieu 2
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Cette expression est démontrée dans le cas d’un gaz à l’aide de la ■ Leur écriture se simplifie en introduisant la dérivée lagrangienne
théorie cinétique (§ 3.5).
d ∂ ∂
Le bilan énergétique s’écrit pour le volume V : ------ = ----- + vj -------- , (25)
dt ∂t ∂ xj
∫ E V ∫ Ev ∫q ∫ ρF v ∫T
d qui représente la dérivée pour une particule suivie dans son
------
dt
d + j lj dS + j lj dS = i i dV + ij lj vi dS (18)
mouvement ; d/dt est aussi appelée dérivée particulaire. En effet,
V S S V S pendant un intervalle de temps ∆t, une particule P se déplace de vj ∆t
selon l’axe xj et la valeur d’une grandeur g liée à cette particule est
Dans le premier membre, la dérivée est le taux de variation de à l’instant t + ∆t :
l’énergie contenue dans le volume V. Les deux intégrales de surface
représentent l’énergie emportée par unité de temps en raison du ∂g ∂g
gP(t + ∆t) = g (xj + vj ∆t, t + ∆t) = gP(t) + -------- v j ∆ t + ------- ∆ t .
déplacement de matière et la quantité de chaleur sortant pendant ∂ xj ∂t
l’unité de temps par conduction.
Lorsque ∆t tend vers zéro, le rapport ∆g/∆t a pour limite la dérivée
Le second membre est égal à la puissance fournie par les forces particulaire :
exercées à l’intérieur du volume V ou sur la surface S.
dg ∂g ∂g ∂g
------- = ------- + v j -------- = ------- + v .= g . (26)
dt ∂t ∂ xj ∂t
3.4 Équations locales La dérivée eulérienne ∂g/∂t, qui représente la variation de g au
point fixe x est une dérivée locale. Le terme non linéaire v.∇g traduit
la variation de g due au changement de position de la particule (phé-
Les formes intégrales (13), (16), (18) s’appliquent toujours, même nomène de convection).
en présence de discontinuités. Dans une région où les grandeurs Pour la conservation de la matière [relation (22)], il vient :
sont continues et dérivables, faisons tendre le volume V vers zéro
afin de les remplacer par des équations différentielles locales. Il faut ∂ vj
dρ
auparavant convertir les intégrales de surface en intégrales de ------- + ρ -------- = 0. (27)
volume à l’aide du théorème de Green : dt ∂ xj
∫B x t ∫
d ∂B
------ ( i, ) dV = ------- ( x i, t ) dV . (20)
dt ∂t d vi ∂ T ij
V V ρ -------- = ρF i + ---------- . (28)
dt ∂ xj
■ L’équation de conservation de la matière [relation (13)] s’écrit,
pour tout volume V, aussi petit soit-il : Le produit de la masse volumique par l’accélération de la particule
(de fluide) suivie dans son mouvement est égal à la densité de force
∫
∂ρ ∂ par unité de volume. En l’absence de toute force extérieure, celle-ci
------ + -------- ( ρv j ) dV = 0 (21)
∂ t ∂ xj est due seulement aux contraintes internes Tij par lesquelles le
V milieu extérieur agit sur la particule.
soit : Transformons l’équation de conservation de l’énergie [relation (24)] :
∂v ∂v ∂q ∂T
------- + E --------j – T ij --------i + --------j = vi ρF i + ---------ij- ,
∂ρ ∂ dE
------ + -------- ( ρv j ) = 0. (22) dt ∂ xj ∂ xj ∂ xj ∂ xj
∂ t ∂ xj
∂ vj 1 dρ
En effet, si cette égalité n’était pas vérifiée en un point, par conti- en remplaçant, au premier membre, -------- par – --- ------- (équation de
∂ xj ρ dt
nuité le premier membre de la relation (22) aurait toujours le même
signe dans un petit volume autour de ce point et la relation (21) ne continuité) et en tenant compte, au second membre, de l’équation
serait pas satisfaite. de conservation de la quantité de mouvement :
∂ ∂ Il vient :
----- ( ρv i ) + -------- ( ρv i v j – T ij ) = ρF i (23)
∂t ∂ xj
∂v ∂q 2
ρ ------ --- – Tij --------i + --------j = --- ρ ---------- .
d E 1 dv
(29)
et celle de la conservation de l’énergie [relation (18)] : dt ρ ∂ xj ∂ xj 2 dt
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équivalente au premier principe de la thermodynamique. Comme 〈 m 〉 = ρ la formule (34) conduit à l’expression (17) de
En mécanique des milieux continus, on remarque que les lois de 1 2
l’énergie dans laquelle le terme --- ρv est bien l’énergie addition-
conservation font intervenir des grandeurs rapportées à 2
l’unité de volume : la quantité de mouvement ρvi et son flux nelle due au mouvement moyen du fluide.
ρvivj dans l’équation (23), l’énergie E et son flux Evj dans (24).
■ L’énergie cinétique moyenne transportée par unité de temps
En mécanique et en thermodynamique, les grandeurs caractéris- est égale au flux du vecteur :
tiques sont rapportées à l’unité de masse : la vitesse vi et l’énergie
massique 1 2 1 2 1 2
J = 〈 --- mV V 〉 = 〈 --- mV 〉 v + 〈 --- m ( v + u ) u〉 .
2 2 2 2
E v
--- = e + ------ .
ρ 2 Le premier terme du membre de droite est égal à Ev. Comme
Nous avons donc transformé les équations (23) et (24) en tenant 〈 mu〉 = 0, il vient :
compte de la conservation de la masse. Il est naturel de voir appa-
raître alors la dérivée lagrangienne puisque celle-ci s’applique à une 1 2
particule dV suivie dans son mouvement, dont la masse ρdV est J = Ev + 〈 --- mu u〉 + 〈 m ( u . v ) u〉 . (36)
2
constante.
● Le deuxième terme est le vecteur densité du flux de chaleur q
introduit dans l’équation (18). Il est égal au flux moyen d’énergie
cinétique dû au mouvement moléculaire (diffusion de la chaleur) :
3.5 Lien avec la théorie cinétique des gaz
+∞
∫
1 2 1 2 3
q j = 〈 --- mu u j〉 = --- mu u j f d u . (37)
2 2
La notion de contrainte mécanique est assez intuitive pour un –∞
solide ou un liquide visqueux. Dans le cas d’un gaz, la théorie ciné-
La j-ième composante 〈 mu i v i u j 〉 du troisième terme s’écrit –
tique fournit une interprétation statistique des termes Tij et Tijvi qui
Tijvi en introduisant le tenseur des contraintes, défini par :
apparaissent dans les équations de conservation (23) et (24).
Soit f (x, V, t) la densité de probabilité locale de la distribution des +∞
∫
3
vitesses des molécules. La quantité f (x, V, t)d3xd3V représente le T ij = – 〈 mu i uj 〉 = – mu i u j f d u . (38)
nombre de molécules contenues dans l’élément de volume –∞
∫
3
ρ ( x, t ) = m f ( x, V, t )d V = 〈 m 〉 . (31)
Comme 〈mVi 〉 = ρvi [relation (32)] et 〈muj 〉 = 0, il vient, compte
–∞
tenu de l’expression (38) :
La quantité de mouvement macroscopique ρv de la particule de
fluide d3x est donnée par la moyenne de l’impulsion mV des Mij = ρvivj + 〈muiuj 〉 = ρvivj – Tij. (40)
molécules :
La contribution des contraintes dans l’équation de con-
+∞ servation (23) peut être interprétée comme la moyenne de la densité
Elle est nulle si le gaz est au repos. ■ Les particules d’un gaz parfait n’interagissant pas entre elles :
Soit u la déviation de la vitesse moléculaire V par rapport à la 〈muiuj 〉 = 0 si i ≠ j.
vitesse moyenne v :
Le tenseur des contraintes est diagonal, sa trace est, d’après (35)
V=v+u (33) et (38), égale à :
avec 〈 mu〉 = 0 . Tii = – 〈muiui 〉 = –2ρe.
L’énergie totale par unité de volume du gaz, supposé monoatomi- 3
que, est la moyenne de l’énergie cinétique de translation des L’énergie interne d’une mole de gaz parfait est --- RT , celle de
l’unité de masse est égale à : 2
molécules :
1 2 1 2 1 2 3 RT 3p
E = 〈 --- mV 〉 = --- 〈 m 〉 v + 〈 --- mu 〉 + 〈 mu 〉 v . (34) e = --- -------- = --- --- (41)
2 2 2 2M 2ρ
∫
1 2 3 1 2 Chaque composante de la diagonale du tenseur des contraintes est
ρe = --- mu f ( x, u, t )d u = 〈 --- mu 〉 ; (35) égale à –p :
2 2
–∞
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Les indices muets des coordonnées sont en italique. Les indices muets des coordonnées sont en italique.
La répétition de l’un d’entre eux implique une sommation. La répétition de l’un d’entre eux implique une sommation.
Références bibliographiques
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Génération, interaction acousto-optique, applications, Masson, Paris (1999).
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E 1 910 (1995).
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Springer-Verlag, Berlin (1990).
[5] WHITHAM (G.B.). – Linear and non linear waves, p. 147, John Wiley, New York
(1974).
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