Faculté Des Sciences & Techniques Année Universitaire 2020/2021
Al Hoceima Filière: MI -Semestre 5
Correction de la Série de TD n◦ 1
Exercice 1.
1. A une partie non vide de R, un majorant de A est un réel M ∈ R tel que
∀x ∈ A x 6 M.
Si A est un partie non vide et majorée, alors par définition sup A est le plus
petit des majorants. On a les propriétés suivantes :
(a) sup(A + B) = sup A + sup B ;
(b) sup(A ∪ B) = max(sup A, sup B) ;
(c) max(inf A, inf B) 6 sup(A ∩ B) 6 min(sup A, sup B) si A ∩ B 6= ∅ ;
(d) inf(A ∪ B) = min(inf A, inf B) ;
(e) max(inf A, inf B) 6 inf(A ∩ B) 6 min(sup A, sup B) si A ∩ B 6= ∅ ;
Prouvons les deux premières égalités,
(a) sup(A + B) = sup A + sup B : pour tout a ∈ A et b ∈ B on a a 6 sup A
et b 6 sup B donc a + b 6 sup A + sup B, donc sup A + sup B est un
majorant de A + B et comme sup(A + B) est le plus petit des majorants
de A + B alors sup(A + B) 6 sup A + sup B. Réciproquement, il existe
une suite (an ) d’éléments de A tel que cette suite converge vers sup A, de
même il existe une suite (bn ) d’éléments de B qui converge vers sup B,
la suite (an + bn ) est une suite d’éléments de A + B qui converge vers
sup A + sup B, donc la borne supérieure de A + B est plus grande que
sup A + sup B, soit sup(A + B) > sup A + sup B. D’où l’égalité.
(b) sup(A ∪ B) = max(sup A, sup B) : Remarquons d’abord que si P ⊂ Q
alors sup P 6 sup Q : en effet sup Q est un majorant de Q donc de P
(par l’inclusion P ⊂ Q), donc le plus petit des majorants, sup P , pour
P est plus petit que le majorant particulier sup Q. Appliquons ceci à
A ⊂ A∪B donc sup A 6 sup(A∪B) et pour B ⊂ A∪B on obtient sup B 6
sup(A ∪ B). On vient de prouver sup(A ∪ B) > max(sup A, sup B). Pour
l’autre inégalité : soit M = max(sup A, sup B). Pour x ∈ A ∪ B alors soit
x ∈ A et alors x 6 sup A 6 M , ou soit x ∈ B et alors x 6 sup B 6 M ;
donc quelque soit x ∈ A ∪ B, x 6 M donc M est un majorant de A ∪ B,
donc sup(A ∪ B) 6 M = max(sup A, sup B).
√
2. (a) d(0, R \ Q) = 0, regarder des éléments du type n
2
, pour n ∈ N∗ .
1
√
(b) d( 2, Q) = 0, c’est la densité de Q dans R ou alors regarder la suite définie
par u0 = 1, un+1 = 21 (un + u2n ), n ∈ N, qui est une suite de rationnels
√
convergeant vers 2.
(c) On suppose que D passe par l’origine, alors d2 (M, D) = x2 + y 2 + z 2 −
(ax + by + cz)2 .
3. d(A, B) = 0.
4. diam(]0, 1[∩Q) = 1 = diam([0, 1] ∩ (R \ Q)).
Exercice 2.
1. i) ⇒ iii) On a A ⊂ B(x, r) avec x ∈ X et r > 0. Soient a, a0 ∈ A, on a
d(a, a0 ) 6 d(a, x) + d(x, a0 ) 6 2r, on en déduit que diam(A) 6 2r.
iii) ⇒ ii) Soit x ∈ X, on cherche r > 0 tel que A ⊂ B(x, r). Choisissons
a ∈ A, et montrons que r = diam(A) + d(a, x) convient. Si a0 ∈ A, on a
d(a0 , x) 6 d(a0 , a) + d(a, x) 6 diam(A) + d(a, x) = r, ce qu’on voulait.
ii) ⇒ i) clair.
2. Il est clair que diam(A) 6 diam(A), montrons donc l’inégalité réciproque. Soit
ε > 0, et soient b, b0 ∈ A. Il existe a, a0 ∈ A tels que a ∈ B(b, ε) et a0 ∈ B(b0 , ε).
On a donc d(b, b0 ) 6 d(b, a) + d(a, a0 ) + d(a0 , b0 ) 6 ε + diam(A) + ε. Ceci
étant vrai pour tout ε > 0, on en déduit d(b, b0 ) 6 diam(A) et finalement
diam(A) 6 diam(A).
3. Posons d(A, B) = inf a∈A,b∈B d(a, b) : on appelle ce nombre la distance de A à B.
Soient c, c0 ∈ A∪B; on va montrer que d(c, c0 ) 6 diam(A)+d(A, B)+diam(B).
Si c, c0 ∈ A, cette inégalité est claire car d(c, c0 ) 6 diam(A); même chose si
c, c0 ∈ B. Supposons maintenant c ∈ A et c0 ∈ B (le cas symétrique étant
similaire). Soit ε > 0. Par définition de d(A, B), il existe a ∈ A, b ∈ B tel
que d(a, b) 6 d(A, B) + ε. On a alors d(c, c0 ) 6 d(c, a) + d(a, b) + d(b, c0 ) 6
diam(A) + d(A, B) + ε + diam(B). Ceci étant vrai pour tout ε, on obtient
l’inégalité attendue d(c, c0 ) 6 diam(A) + d(A, B) + diam(B). Ceci montre que
A ∪ B est borné, et que diam(A ∪ B) 6 diam(A) + d(A, B) + diam(B).
Exercice 3.
1. Définition de l’adhérence A de A
A est l’ensemble des points x ∈ E telle que il existe {xn } ⊂ A avec xn → x
dans E.
A est le plus petit fermé contenant A.
◦
2. Caractériser les points de l’intérieur A de A
◦
x ∈A si et seulement il existe r > 0 telle que la boule ouverte B(x, r) ⊂ A.
◦
A est le plus grand ouvert contenu dans A.
3. • D’après la définition de l’intérieur, l’intérieur d’un ensemble est un ouvert,
◦
◦ ◦ ◦ ◦
donc A, A et A sont des ouverts de E, si A n’est pas ouvert, alors A 6=A,
◦
◦ ◦
A 6=A et A 6=A.
2
• D’après la définition de l’adhérence, l’adhérence d’un ensemble est un
◦ ◦
fermé, donc A, A et A sont des fermés de E, si A n’est pas fermé, alors
◦ ◦
A 6= A, A 6= A et A 6= A.
4. Soit a ∈ A un point isolé c’-à-d ∃r > 0 tel que B(a, r) ∩ A = {a}.
◦
On a a ∈ A\ A car B(a, r) ∩ {a} 6= ∅ donc ∀ρ 6 r, on ne peut pas avoir
◦
B(a, ρ) ⊂ A donc a ∈
/ A.
◦ ◦
On a donc A$ A ⊂ A ⇒ A6= A.
5. Soit b un point isolé de Ac le complémentaire de A c’-à-d ∃r > 0 telle que
B(b, r) ∩ Ac = {b}. Alors
• b ∈ Ac ⇒ b ∈
/ A.
◦
/ Ac = (A)c donc b ∈ A.
• En utilisant la question 3) on trouve b ∈
D’autre part (B(b, r)\{b}) ∩ Ac = ∅,
donc B(b, r)\{b} ⊂ A
⇒ B(b, r) ⊂ A ∪ {b} ⊂ A car b ∈ A
◦
⇒ b ∈A.
◦ ◦
Finalement b ∈A et b ∈
/ A ⇒ b ∈A \A.
◦ ◦ ◦ ◦
• On a A⊂ A ⇒A⊂ A ⇒A⊂A,
◦ ◦ ◦ ◦ ◦
si A=A alors A \A ⊂A \ A= ∅
◦ ◦
⇒A \A = ∅ contradiction avec b ∈A \A.
6. On a
A = 0, 1 ∪ 1, 2 ∪ Q ∩ 2, 3 ∪ 4
◦
A= 0, 1 ∪ 1, 2 ; A = [0, 3] ∪ 4 ,
◦ ◦
A = [0, 2]; A= 0, 3 ,
◦
◦ ◦
A= 0, 2 ; A = 0, 3 .
Exercice 4. Par l’inégalité triangulaire |f (x) + f 0 (x)| 6 |f (x)| + |f 0 (x)| on obtient
kf k 6 N (f ). Pour une inégalité dans l’autre sens décomposons le travail :
• kf 0 k∞ 6 kf k∞ + kf k : en effet par l’inégalité triangulaire |f 0 (x)| 6 |f (x)| +
|f 0 (x) + f (x)|.
• kf k∞ 6 kf k : en effet f est continue sur [0, 1] donc elle est bornée et atteint
ses bornes. Soit x0 ∈ [0, 1] ce point du maximum. Si x0 ∈]0, 1[ alors f 0 (x0 ) = 0
donc kf k∞ = |f (x0 )| = |f (x0 )+f 0 (x0 )| 6 kf k. Si x0 = 1 alors f et f 0 ont même
signe sur un intervalle [1 − ε, 1] donc sur cet intervalle |f (x)| 6 |f (x) + f 0 (x)|
3
et donc kf k∞ = |f (1)| 6 kf k. (Enfin f (0) = 0 donc si x0 = 0 alors f est nulle
et l’inégalité est triviale.)
• Il reste à rassembler les expressions :
N (f ) = kf 0 k∞ + kf k∞ 6 kf k∞ + kf k + kf k∞ 6 3kf k.
(La première inégalité vient du premier point et la deuxième du second.)
Les normes kf k et N (f ) sont équivalentes :
1
N (f ) 6 kf k 6 N (f ).
3
Exercice 5.
R1 R1
1. kf k1 = 0 |f (t)|dt 6 0 kf k∞ dt 6 kf k∞ . Donc kf k1 6 kf k∞ Par contre il
n’existe aucune constante C > 0 tel que kf k∞ 6 Ckf k1 pour tout f . Pour
montrer ceci par l’absurde, supposons qu’il existe une constante C > 0 telle
que kf k∞ 6 Ckf k1 pour tout f de C([0, 1], R). Regardons les fonctions fk
définies par fk (x) = 2k(1 − kx) si x ∈ [0, k1 ] et fk (x) = 0 si x > k1 . Alors
fk ∈ C([0, 1], R) et kfk k∞ = 2k alors que kfk k1 = 1. On obtient 2k 6 C.1 ce
qui est contradicoire pour k assez grand. Cela prouve que les normes ne sont
pas équivalentes.
2. Comme les métriques sont définies par des normes et que les normes ne sont
pas équivalentes alors les métriques ne définissent pas la même topologie.
Exercice 6.
1. On montre facilement
N1 6 N2 6 2N1 6 2N4 6 2N3 .
2. Par contre il n’existe pas de constante C > 0 telle que N3 6 CN4 ou N2 6 CN4 .
On suppose qu’il existe C > 0 telle que N3 6 CN4 on regarde fk définie par
fk (x) = xk , après calcul on obtient N3 (fk ) = k + 1 et N4 (fk ) = 2, pour
k suffisament grand on obtient une contradiction. Comme N1 et N2 sont
équivalentes on va prouver qu’il n’existe pas de constante C > 0 telle que
N3 6 CN1 . On prend gk , définie par gk (x) = 1 + sin(2πkx). Alors N1 (gk ) = 2
et N3 (gk ) = 4k, ce qui prouve le résultat souhaité.