235.
Problèmes d’interversion de limites et d’intégrales
Exemple 1. fn (x) = xn Proposition 8. Si la série converge normalement sur X, alors elle converge absolument
et uniformément sur X.
lim lim fn (x) 6= lim lim fn (x)
n→∞ x→1− x→1− n→∞
2. Interversion limite-limite
I. Suite et séries de fonctions Continuité
Cadre : E espace vectoriel normé, X partie non vide d’un espace vectoriel de dimension Théorème 9. [Amr11, p.145] Soit a ∈ X.
finie F . Soit (fn ) une suite d’applications de X dans E continues en a qui converge uniformé-
ment vers f . Alors f est continue en a.
1. Convergence uniforme Si (fn ) est continue sur X, alors f est continue sur X
Définition 2 (Convergence uniforme). [Amr11, p.141] Soit (fn )n∈N une suite de fonc- Remarque 10. La convergence uniforme est nécessaire pour assurer la continuité de
tions de X. On dit que (fn )n∈N converge uniformément lorsque f.
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ⩾ N =⇒ (∀x ∈ X, kfn (x) − f (x)k ⩽ ε). Application 11. [Amr11, p.161] Soit (fn ) une suite de fonctions continues de R dans
R qui converge uniformément sur R vers f . Alors la suite (fn ◦ fn ) converge simplement
Remarque 3. [Amr11, p.143] vers f ◦ f .
1. Cette définition est valable pour les séries vues comme suites de fonctions.
Exemple 12. Soit (fn ) une suite de fonctions réelles définies sur [a, b] et k-
2. On peut munir l’espace vectoriel B(X, E) d’applications bornées de X dans E en lipschitziennes convergeant simplement vers une fonction f . Alors la suite (fn ) converge
posant, pour tout f ∈ B(X, E), kf k∞ = supx∈X kf (x)k. Cette norme est appelée uniformément vers f .
la norme de la convergence uniforme.
Théorème 13 (Double limite). [Amr11, p.156] Soit (fn ) une suite d’applications de X
Proposition 4. Si la suite (fn ) converge uniformément sur X vers f , alors, elle converge
dans E, convergeant uniformément sur X vers une application f , et soit a ∈ X tel que
simplement sur X vers f .
pour tout n ∈ N la limite bn de (fn (x)) lorsque x → a existe. Si E est complet,
Remarque 5. [Amr11, p.169] La réciproque est fausse : fn (x) = 2nx
1+n2 x2 sur R+ .
lim lim fn (x) = lim lim fn (x).
∑ n→∞ x→a x→a n→∞
Proposition 6 (Critère
∑ de convergence uniforme d’une série). Soit n une série de
f∑ ∑
fonctions sur I. fn converge uniformément sur I si, et seulement si fn converge Corollaire 14 (Double limite pour une série). [Amr11, p.195] Soit a ∈ X et soit fn
simplement sur I et la suite des restes (Rn )n∈N converge uniformément vers la fonction une série de fonctions de X dans E On suppose que
nulle sur I.
1. pour tout n ∈ N, la fonction fn admet une limite ℓn au point a
∑ ∑
Définition 7 (Convergence normale). On dit que la série fn converge normalement 2. la série fn converge uniformément sur X
sur X lorsque
— ∀n ∈ N,∑ fn ∈ B(X, E), Alors
∑
— la série kfn k∞ converge. 1. la série ℓn converge dans E
1
2. la fonction somme S admet une limite en a, et 1. Interversion limite-intégrale
∑
+∞ Lemme 22 (Approximation). Toute fonction mesurable positive (X, A) −→ (R, B(R))
lim S(x) = ℓn . est limite croissante d’une suite de fonctions étagées positives.
x→a
n=0
Lemme 23 (Fatou). Soit (fn )n∈N une suite de fonctions mesurables positives. Alors,
∑+∞ ∫ ∫
Exemple 15. Sur R : fn (x) = 1
1+n2 x2 . limx→+∞ fn (x) = 0 et
∑+∞ n=0
lim inf fn dµ ⩽ lim inf fn dµ.
limx→0+ n=0 fn (x) = +∞. X X
Dérivation Exemple 24. Soit une suite
∫ de fonctions mesurables (fn )n∈N qui converge µ-p.p vers
f . On suppose que supn⩾0 X |fn | dµ < +∞. Alors f ∈ L1 (X).
Théorème 16. [Amr11, p.148] Soit I un intervalle de R. Soit (fn ) une suite d’applica-
tions dérivables de I dans E convergeant simplement vers f . Pour que f soit dérivable, Application 25. Soit f une fonction dérivable sur [0, 1] de dérivée bornée. Alors
∫1 ′
il faut et il suffit que la suite des dérivées (fn′ ) converge uniformément sur I. On a alors, f (x) dx = f (1) − f (0).
0
pour tout x ∈ I,
f ′ (x) = lim fn′ (x) Théorème 26 (Beppo Levi ou convergence monotone). [BP18, ∫p.120] Soit (fn )n∈N
n→∞
une suite
∫ croissante de fonctions mesurables positives. Alors, X limn→∞ fn dµ =
Remarque 17. Faux sans l’hypothèse de convergence uniforme sur la suite (fn′ ). limn→∞ X fn dµ.
√
Exemple 18. fn (x) = x2 + n1 . Théorème 27 (Convergence dominée). Soit (fn )n∈N une suite de fonctions de L1 (X).
On suppose que
Théorème 19 (Dérivation terme à terme). [Amr11,∑ p.197] Soit (fn ) une suite de fonc-
tions ∑
dérivables de I dans E. On suppose que fn est simplement convergente et que la 1. (fn )n∈N converge simplement µ-p.p. vers une fonction f : X −→ R,
série fn′ est uniformément convergente sur I. Alors la fonction somme S est dérivable 2. il existe une fonction g ∈ L1 (X) telle que |fn | ⩽ g µ-p.p.
sur I et ∫ ∫
Alors, f ∈ L1 (X) et limn→∞ X fn dµ = X f dµ.
∑
+∞
∀x ∈ I, S ′ (x) = fn′ (x) ∫ π/2
n=0
Exemple 28. L’hypothèse de domination est fondamentale : 0
(n +
∑+∞ (−1)n
1) sinn (t) cos(t) dt.
Exemple 20. 1. f (x) = n=1 x+nest C ∞ sur R+ .
∑+∞ 1 Théorème 29 (Intégration terme à terme sur un intervalle).∑ [Amr11, p.200] Soit
2. ζ : x 7−→ n=1 nx est continue sur ]1, +∞[ et infiniment dérivable. (fn )∑une suite de fonctions de L1 (I) telle que la série kfn k1 converge. Alors la sé-
Application 21 (Formule sommatoire de Poisson). [Gou08, p.272] Soit f : R −→ C rie
∫ fn converge presque partout sur I, sa somme S est dans L1 (I). En particulier,
∑+∞ ∫
une fonction de classe C 1 vérifiant f (x) = O( x12 ) et f ′ (x) = O( x12 ) lorsque |x| → +∞. I
S(x) dµ(x) = n=0 I fn (x) dµ(x)
Alors,
Théorème 30 (Intégration terme à terme sur un segment). Soit (fn ) une suite de
∑ ∑ ∫ +∞ fonctions intégrables sur un intervalle compact [a, b], à valeurs dans un espace vectoriel
∑
∀x ∈ R, f (x + n) = f ∗ (n)e2inπx où ∀n ∈ Z, f ∗ (n) = f (t)e−2iπnt dt normé complet E. Si la série fn converge uniformément sur [a, b], alors
n→Z n→Z −∞ ∑+∞
1. sa somme S : x 7−→ n=0 fn (x) est une fonction intégrable sur [a, b],
∫b ∫b
II. Théorie de l’intégration 2. la série de terme général un = a fn (x) dx est convergente, et a S(x) dx =
∑+∞
n=0 un .
Cadre : on se place dans un espace mesuré (X, A, µ). On munit R de la tribu borélienne ∫1 ∑+∞ n
B(R) et de la mesure de Lebesgue λ. Exemple 31. [Amr11, p.215] 0 xx dx = n=1 (−1) nn .
2
∫ ∫ (∫ ) ∫ (∫ )
2. Application aux intégrales à paramètres 2. X×Y
f dµ ⊗ ν = X Y
f (x, y) dν(y) µ(x) = Y X f (x, y) dµ(x) dν(y)
Théorème 32 (Continuité sous le signe intégrale). [BP18, p.140] Soit f : X × T −→ K. Théorème 38 (Fubini). Soit f ∈ L1 (Ω1 × Ω2 ). Alors
Soit x∞ ∈ X. On suppose que {
µ − p.p, y 7−→ f (x, y) ∈ L1 (Ω1 )
1. pour tout x ∈ X, t 7−→ f (x, t) mesurable de (T, A) dans (K, B(K)) 1.
ν − p.p, x 7−→ f (x, y) ∈ L1 (Ω2 )
2. µ- p.p., x 7−→ f (x, t) est continue en x∞ , ∫ ∫
2. x 7−→ Y f (x, y) dν(y) et y 7−→ X f (x, y) dν(x) sont définies µ et ν-p.p respecti-
3. il existe g ∈ L1 (R+ ) telle que pour tout x ∈ X, |f (x, t)| ⩽ g(t) µ-p.p.
∫ vement.
Alors la fonction F : x 7−→ X f (x, t) dµ(t) est continue. ∫ ∫ (∫ ) ∫ (∫ )
3. X×Y f dµ ⊗ ν = X Y f (x, y) dν(y) µ(x) = Y X f (x, y) dµ(x) dν(y)
Théorème 33 (Dérivation sous le signe intégrale). Soit I un intervalle ouvert non vide
de R. Soient f : I × T −→ K et x∞ ∈ I. On suppose que Produit de convolution
∂f
1. µ-p.p., ∂x (x∞ , t) existe Proposition-Définition 39. Soient f ∈ L1 et g ∈ Lp avec 1 ⩽ p ⩽ +∞. Alors, pour
∫ x ∈ R , la fonction y 7−→ f (x − y)g(y) est intégrable sur R . On pose
d d
2. Pour tout compact K de I, il existe gK ∈ L1 (R) telle que pour presque tout t ∈ T , presque tout
f ∗ g(x) = Rd f (x − y)g(y) dλ(y). f ∗ g ∈ Lp et kf ∗ gkp ⩽ kf k1 kgkp .
∂x (x, t)| ⩽ gK (t).
pour tout x ∈ K, | ∂f
∫
Alors F (x) = T f (x, t) dµ(t) est définie en tout point x ∈ I et dérivable en x∞ , et
∫ Développements
F ′ (x∞ ) = T ∂f
∂x (x∞ , t) dµ(t).
∫ +∞ sin(x) π
1. Théorème de Riesz-Fischer
Application 34 (Intégrale de Dirichlet). dx =
0 x 2 2. Formule sommatoire de Poisson.
Théorème 35 (Holomorphie sous le signe intégrale). Soit Ω un ouvert de C. Soit
f : Ω × X −→ C telle que
Références
1. Pour presque tout t ∈ T , z 7−→ f (t, z) est holomorphe dans U
2. Pour tout compact K de U , il existe gK ∈ L1 (T ) tel pour presque tout t ∈ T , [Gou08] Xavier Gourdon. Les maths en tête, Analyse. Ellipses, 2008.
pour tout z ∈ K, |f (z, t)| ⩽ gK (t). [Amr11] Mohammed El Amrani. Suites et séries numériques, suites et séries de fonc-
∫
Alors F : z −→ T f (z, t) dµ(t) est holomorphe, et tions. Ellipses, 2011.
∫ [BP18] Marc Briane et Gilles Pagès. Analyse, Théorie de l’intégration : Convolution
∂kf et transformée de Fourier. De Boeck, 2018.
∀k ∈ N, ∀z ∈ Ω, F (k)
(z) = (z, t) dµ(t).
T ∂z k
∫ +∞
Exemple 36. La fonction Γ : z 7−→ 0
tz−1 e−t dt est holomorphe sur {z ∈
C, Re(z) > 0}.
3. Interversion intégrale-intégrale
Théorème 37 (Fubini Tonelli). [BP18, p.235] Soient f : (X, Y, A ⊗ B) −→ R+ une
fonction mesurable, µ et ν deux mesures σ-finies, respectivement sur (X, A) et (Y, B).
∫ ∫
1. Les fonctions x 7−→ Y f (x, y) dµ(y) et y 7−→ X f (x, y) dµ(x) sont respectivement
A et B-mesurables.