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Module 3.1

L'évaluation des risques territoriaux est essentielle pour les collectivités afin d'assurer la sécurité des citoyens et la pérennité des services en identifiant et hiérarchisant les risques divers, qu'ils soient naturels, technologiques, environnementaux ou socio-économiques. Ce processus dynamique implique une méthodologie en quatre étapes : identification des aléas, analyse, évaluation de la vulnérabilité et hiérarchisation des risques, tout en intégrant la continuité des services essentiels. En collaborant avec tous les acteurs locaux, les collectivités peuvent construire un territoire résilient face aux crises.

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Module 3.1

L'évaluation des risques territoriaux est essentielle pour les collectivités afin d'assurer la sécurité des citoyens et la pérennité des services en identifiant et hiérarchisant les risques divers, qu'ils soient naturels, technologiques, environnementaux ou socio-économiques. Ce processus dynamique implique une méthodologie en quatre étapes : identification des aléas, analyse, évaluation de la vulnérabilité et hiérarchisation des risques, tout en intégrant la continuité des services essentiels. En collaborant avec tous les acteurs locaux, les collectivités peuvent construire un territoire résilient face aux crises.

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Semaine 3

CLOM sur la “Prévention des risques et préparation aux situations d’urgence et de crise (PPSUC)
par les collectivités territoriales”

Module 3.1 “Introduction à l’évaluation des risques territoriaux”

Introduction

L'évaluation des risques territoriaux est un processus crucial pour toute collectivité soucieuse de
garantir la sécurité et le bien-être de ses citoyens, de préserver son environnement et d'assurer la
pérennité de ses services. Ce processus consiste à identifier, analyser et hiérarchiser les différents
risques auxquels un territoire est exposé. Ces risques peuvent traditionnellement d'origine
naturelle, technologique mais aussi sanitaires, socio-économique etc. En adoptant une démarche
proactive, les collectivités peuvent anticiper les situations critiques en réalisant des actions de
réduction des risques (prévention, protection), en anticipant l’occurrence de situations perturbées,
en minimisant leurs impacts, en préparant leur capacité de réponse et de manière générale en
renforçant leur résilience.

Prenons l'exemple d'une ville côtière qui, après avoir mené une évaluation des risques approfondie
sur l’aléa et la vulnérabilité des enjeux sur le territoire, identifie un risque important de submersion
marine. Grâce à cette analyse, elle peut mettre en place des mesures de protection telles que la
construction de digues et de prévention en introduisant des prérogatives dans le cadre de
l'aménagement du territoire, ainsi que des plans d'évacuation et des systèmes d'alerte précoce.
Ainsi, en cas de tempête, la ville sera mieux préparée à faire face à la situation, à protéger ses
habitants et à limiter les dégâts.

L'objectif ultime de l'évaluation des risques est de construire un territoire résilient, capable d’être
robuste au quotidien en résistant aux chocs, de s'adapter aux changements et de se relever
rapidement après une crise.

Un spectre de risques diversifié et en constante évolution

L'évaluation des risques territoriaux ne se résume pas à dresser une simple liste de dangers
potentiels (mouvement de terrain, épidémie, terrorisme etc.). C'est un processus dynamique qui
exige une compréhension fine des interactions complexes entre les aléas, les enjeux et les
vulnérabilités du territoire.

Dans le présent document, les termes employés au masculin pour désigner des personnes sont pris au sens générique ; ils ont à la
fois valeur d’un féminin et d’un masculin
Les aléas, c'est-à-dire les événements potentiellement dangereux, peuvent être de nature diverse :

● Naturels : inondations, séismes, tempêtes, cyclones, mouvements de terrain, incendies de


forêt, éruptions volcaniques...
● Technologiques : accidents industriels, ruptures de barrage, pollutions, pannes
d'infrastructure…
● Environnementales : changement climatique, effondrement du biotope…
● Socio-économiques : crises économiques, chômage, migrations, services publics défaillants,
tensions sociales…
● Malveillantes : attaques terroristes, cyberattaques…

Il est important de garder à l'esprit que ces catégories ne sont pas mutuellement exclusives et que
les risques peuvent interagir entre eux. Par exemple, une inondation peut entraîner des pollutions
ou des coupures d'électricité, amplifiant ainsi les conséquences de l'aléa initial.

Vulnérabilité : le facteur clé de l'impact

La vulnérabilité représente la sensibilité d'un territoire, d'une population ou d'une infrastructure à


être affecté par un aléa. Elle dépend de facteurs physiques, économiques, sociaux et
environnementaux.

Par exemple, une zone densément peuplée avec des habitations précaires sera plus vulnérable à un
séisme qu'une zone rurale avec des constructions parasismiques. De même, une économie
fortement dépendante du tourisme sera plus vulnérable à une crise sanitaire dégradant les services
de transport qu'une économie diversifiée.

L'évaluation de la vulnérabilité est donc une étape cruciale de l'évaluation des risques. Elle permet
d'identifier les points faibles du territoire et de mettre en place des mesures de réduction de la
vulnérabilité, comme l’adaptation des infrastructures, la diversification économique ou la
sensibilisation de la population.

Méthodologie : proposition d’une démarche en quatre étapes

L'évaluation des risques territoriaux repose sur une méthodologie rigoureuse, qui peut comprendre
quatre étapes :

● Identification des aléas : recenser tous les événements potentiellement dangereux qui
peuvent menacer le territoire. Cette étape nécessite une veille constante, une analyse des
données historiques et scientifiques disponibles et la consultation des acteurs locaux.
● Analyse de l'aléa : évaluer la probabilité d'occurrence, l'intensité, l'étendue et la fréquence
de chaque aléa identifié. Cette analyse peut faire appel à des modèles statistiques, des
études d'impact, des cartes de risques, des simulations numériques ou des retours

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d'expérience.
● Évaluation de la vulnérabilité : identifier les enjeux (population, infrastructures,
environnement, services) qui pourraient être affectés et évaluer leur degré de vulnérabilité
intrinsèque ou par rapport à un type d’aléa. Cela peut impliquer des enquêtes de terrain,
des analyses socio-économiques, des études techniques des infrastructures et bâtiments,
des évaluations des impacts potentiels sur les services essentiels.
● Hiérarchisation des risques : hiérarchiser les risques en fonction de leur niveau de gravité,
en tenant compte de la probabilité d'occurrence, de l'intensité potentielle et des enjeux
exposés. Cette hiérarchisation permet de prioriser les actions de prévention, de mitigation
et de gestion des risques.

Figure 1 : Cartographie du risque d’inondation (exemple d’un territoire en France). A gauche la


carte représente pour une crue millénale, les zones inondables en fonction de hauteurs d’eau. A
droite, la carte représente pour une crue millénale le risque de dommages au bâti d’habitation et
d’autres enjeux impactés.

Continuité des services : un enjeu majeur pour la résilience

Au-delà de la protection des personnes et des biens, l'évaluation des risques doit également prendre
en compte la continuité des services essentiels fournis par la collectivité. Il s'agit d'identifier les
fonctions vitales pour le fonctionnement de la société et d'évaluer les risques qui pourraient les
perturber ou les interrompre.

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Par exemple, l'approvisionnement en eau potable, l'assainissement, la collecte des déchets, les
services de santé, l'éducation, la sécurité publique sont autant de missions essentielles qui doivent
être maintenues en cas de crise.

L'analyse des risques d'interruption des missions prioritaires permet de mettre en place des plans
de continuité d'activité, des solutions de secours et des mécanismes de coordination pour garantir
le fonctionnement des services essentiels, même en situation de crise.

Concrètement, cette démarche peut être développée dans le cadre de la réalisation d’un Plan de
Continuité d’Activité. Sa mise en place repose notamment sur une démarche structurée qui
commence par l’identification des services prioritaires, c’est-à-dire ceux dont l’interruption aurait
des conséquences majeures sur la population et le fonctionnement du territoire. Cette étape
s’accompagne d’une évaluation approfondie des risques pouvant affecter ces services et de l’impact
potentiel de leur dégradation, qu’il s’agisse d’une interruption totale, d’une réduction des capacités
ou d’une altération de la qualité du service. Une fois ces vulnérabilités mises en évidence, la
collectivité peut travailler à la réduction des risques associés en définissant des solutions de
continuité adaptées, telles que la redondance des infrastructures, des procédures alternatives ou la
mobilisation de ressources de secours. L’objectif est d’assurer un fonctionnement nominal des
services essentiels, même en situation de crise, en anticipant les mesures organisationnelles,
humaines et techniques nécessaires pour limiter les perturbations et garantir une réponse rapide,
efficace et ainsi contribuer à l’amélioration de la résilience territoriale.

Un exemple intéressant

De nombreuses collectivités territoriales, à travers le monde francophone, ont mis en œuvre des
démarches d'évaluation des risques qui alimentent les politiques de gestion locale des risques et de
renforcement de leur résilience. Parmi les exemples potentiels, celui de la Belgique est accessible
et intéressant.

Le Centre de Crise National belge a publié en octobre 2024, l’analyse nationale des risques liés à la
Belgique. Bien qu’il s’agisse d’un cas national, cet exemple est intéressant par rapport à sa démarche
de construction qui a identifié un large spectre de risques et elle est adaptable aux collectivités
territoriales. Cette analyse a répertorié 118 risques différents présentés dans le catalogue des
risques du rapport1. Pour réaliser cette étude, plus de 160 experts issus d’environ 140 organismes
différents ont été impliqués. Sur la base de leur expertise technique et de l’empirisme, ils ont pu
identifier, évaluer et hiérarchiser des risques pour leur pays qui sont représentés dans une matrice
des risques (Figure 2).

1 https://centredecrise.be/fr/que-fait-le-centre-de-crise-national/analyse-des-risques-et-protection-des-
infrastructures-3

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Figure 2 : Matrice des risques de l’analyse nationale des risques liés à la Belgique

Cette évaluation à l’échelle nationale est intéressante car elle permet d’orienter les politiques
nationales de gestion des risques et ainsi initier des actions visant à réduire certains risques. Par
exemple, l’évaluation du risque d’inondation a été faite plus précisément à l’échelle de la Wallonie
qui propose des outils plus précis (Figure 3).

Figure 3 : Capture d’écran de l’atlas du risque d’inondation en Wallonie 2

2 https://geoportail.wallonie.be/

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Conclusion

L'évaluation des risques territoriaux est un processus continu et itératif, qui doit être adapté aux
spécificités de chaque territoire et aux évolutions de son environnement. Elle est un outil
indispensable pour les collectivités territoriales qui souhaitent anticiper les défis, protéger leurs
populations et construire un avenir durable.

Cette démarche doit être intégrée dans une approche globale de la gestion des risques, qui implique
la participation de tous les acteurs locaux : élus, techniciens, citoyens, entreprises, associations. En
travaillant ensemble, en partageant les informations et en coordonnant leurs actions, ils peuvent
construire un territoire plus sûr, plus résilient et plus prospère.

Les exemples sont nombreux concernant les risques naturels et technologiques du fait des
politiques de gestion de ces risques très développées. Concernant d’autres natures de risques, les
exemples sont beaucoup plus rares dans les collectivités territoriales. Il n’en reste pas moins qu’ils
existent et leur prise en compte est indispensable. Il a été présenté dans ce module une approche
qui peut s’appliquer à toutes natures de risques en caractérisant le danger et en le couplant à la
vulnérabilité des enjeux importants.

6/6

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