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Economie Marocaine COURS

Le document analyse le sous-développement du Maroc à travers des facteurs historiques, économiques et sociaux, en soulignant l'impact des puissances coloniales et des politiques économiques. Il décrit les périodes clés de l'histoire marocaine, les effets de la colonisation sur l'agriculture, l'industrie et les infrastructures, ainsi que les inégalités économiques persistantes. Enfin, il aborde le déséquilibre entre le Nord et le Sud et la dépendance économique du Maroc vis-à-vis des pays développés.

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Economie Marocaine COURS

Le document analyse le sous-développement du Maroc à travers des facteurs historiques, économiques et sociaux, en soulignant l'impact des puissances coloniales et des politiques économiques. Il décrit les périodes clés de l'histoire marocaine, les effets de la colonisation sur l'agriculture, l'industrie et les infrastructures, ainsi que les inégalités économiques persistantes. Enfin, il aborde le déséquilibre entre le Nord et le Sud et la dépendance économique du Maroc vis-à-vis des pays développés.

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Institut National de Statistique

et d’Economie Appliquée

ECONOMIE DU MAROC

Année universitaire : 2015-2016


I. INTRODUCTION :

Il est vrai que les aléas climatiques handicapent l’agriculture mais pas plus
que d’autres pays. Il est vrai que la croissance démographique a été forte, mais elle
ne nous est pas spécifique. Il est vrai que le Maroc importe du pétrole, mais il ne
manque pas de ressources naturelles. En fait, les spécificités démographiques et
naturelles du Maroc ne peuvent expliquer son sous-développement.
La théorie des étapes de la croissance ne peut pas être transposée dans le
temps et dans l'espace. Cependant on parle de rattrapage, d’un décalage, d’un
retard de développement. Qu’en est-il des pays émergents ?
Dans la théorie marxiste, le sous-développement est le résultat historique du
développement capitaliste. C'est le produit du développement des autres.
Le sous-développement du Maroc doit être analysé sous l'angle des rapports
historiques qui se sont établis entre les puissances occidentales et le reste du
monde. Ces rapports ont été caractérisés par le développement du capitalisme
britannique puis français et allemand à partir de la révolution industrielle, les
besoins d'importer des matières premières et plus tard d'exporter des produits
manufacturés en direction des colonies. Ceci a entraîné l'avortement de toute
tentative d'industrialisation dans le Sud et bloqué l'évolution des structures
spécifiques à chaque pays colonisé.
Par ailleurs, il est vrai que la DIT ainsi instaurée, a conduit à la déstructuration
des modes de production existants et à une avancée de plus en plus rapide au
Nord par rapport au Sud. La « spécialisation » des pays du Sud dans la production
agricole ou l'exploitation minière à faible valeur ajoutée, a entraîné un profond
déséquilibre des économies du Sud et au creusement d’ « écarts de
développement ». La dépendance vis à vis du Nord pour les produits manufacturés
et la technologie se prolonge également par une dépendance alimentaire.
Mais ne faut-il pas voir aussi du côté des politiques économiques et sociales
poursuivies par les pays du Sud pour mieux comprendre les différenciations de
plus en plus grandes qui caractérisent aujourd’hui le Tiers Monde ?

-2-
II. QUELQUES ENSEIGNEMENTS HISTORIQUES ?

On peut distinguer trois périodes importantes dans l’histoire du Maroc :


 La période pré-capitaliste marquée par les rapports conflictuels du
Maroc avec l'Espagne et le Portugal du 15ème siècle jusqu'à la bataille
d'Isly date du début du déclin politique et économique du Maroc.
 Le harcèlement et l’occupation du Maroc par la France et l’Espagne
(déstructuration de la société).
 De l'indépendance à nos jours : indéterminations de la politique.

A- LE HARCELEMENT DES PUISSANCES EUROPEENNES :

Il s’est accru depuis le 15ème siècle.


1415 occupations de Sebta par les portugais.
1471 prises d'Assilah par les Portugais.
1492 chute de Grenade et découverte de l'Amérique (expansion )
1497 occupation de Melilla par les espagnols.
1578 Bataille de Oued El Makhazine (dite bataille des trois rois)
1614 occupation de Mehdia par les espagnols.
1640 occupation de Larache par les espagnols.
1684/1689 moulay Ismail reprend Tanger et Larache.
1694 début du siège de Sebta qui durera 30 ans sans résultat.
1704 les anglais ayant perdu Tanger occupent Gibraltar.
1727-1757 période de troubles (héritiers de moulay Ismaïl). Le 18ème est le
siècle du Jihad en mer (corsaires de Salé).
1765 bombardement de Rabat Salé et Larache par les français.
1769 reprise de Mazagan (El-Jadida) aux portugais par Med ben Abdallah.
1799 signature du traité hispano-marocain.
1799/1800. Troubles intérieurs et catastrophes naturelles (invasion de
sauterelles en l8l5/18, famine de 1817/18) la grande peste en 1818/20 décime la
moitié de la population),
1820 Moulay Slimane renonce au Jihad maritime
1830 occupation de l'Algérie par la France
B- LES VISEES EUROPEENNES SUR LE MAROC SE PRECISENT

-3-
1844 Défaite d'Isly. La France occupe les territoires frontaliers avec l'Algérie.
Signature du traité de Maghnia définissant les frontières algéro-marocaines.
Début de la pénétration économique
1856 signatures d'un traité commercial avec la GB (taxe de 10% à
l'importation)
1859 l'Espagne déclare la guerre au Maroc.
1860 occupations de Tétouan (durant 2 ans) et signature d'un traité commercial
hispano-marocain. Grave crise financière provoquée par le remboursement d’un
prêt anglais ayant servi à indemniser l'Espagne.
1863 accord commercial avec la France
1880 conférence de Madrid (13 états) sur le problème des protégés qui
sortaient de la juridiction du Sultan et qui donc se soustrayaient à l'impôt.
1884 occupation du Sahara par l'Espagne
1900 convention hispano-française sur les provinces sahariennes,
intronisation de moulay Abdelaziz.
1904 traités hispano-franco-britanniques (dit entente cordiale) excluant
l'Allemagne. L'occupation de Figuig et Béchar marque le début de la conquête
coloniale, « la Pacification ».
1905 occupation de Telzaza et Safsaf par la France et visite de Guillaume Il
à Tanger. Pression allemande pour la tenue d'une conférence à Tanger.
1906 conférence d'Algésiras du 15/l/1906 au 7/4/1906:
Organisation de la police, création d'une Banque d'Etat à direction
internationale, autorisation d'acheter des immeubles autour des ports sans
l'autorisation du Makhzen.
Début d'une période d'anarchie du fait de la résistance de la population.
1907 occupation d’Oujda, bombardement de Casablanca et débarquement
de 2000 soldats. C'est le début de la conquête et de la résistance armée.
1908 intronisation de moulay Hafid par les Caïd du Sud. Début de
l'exploitation des mines du Rif et de la construction d'une voie ferrée.
1909 guerre du Kert (rivière de Rif) menée par le chérif Ameziane. (113
batailles de juillet à novembre) qui meurt en 1912.

-4-
1912 signature du traité du protectorat par moulay Hafid assiégé à Fès. Il
s’agit de mettre en place "les réformes administratives, juridiques, scolaires,
économiques, financières et militaires que le gouvernement français jugera utile
d'introduire sur le territoire marocain". Du contrôle du territoire, la France et
l’Espagne sont passés à la gestion directe des affaires du Royaume.
La résistance reprend :
 Militaire de 1921-1926 (guerre du Rif), jusqu'en 1933 (résistance
des Aït Atta au djebel Saghro).

 Politique dés 1930 suite à la promulgation du dahir berbère qui


entraîne la mobilisation des élites marocaines (mouvement Salafi
avec Cheikh Chouaib Doukkali, Belarbi Aloui, Allal Fassi et
mouvement pan-arabe de Chakib Arsalane). En 1934, le « plan
des réformes marocaines » est présenté au Sultan par un groupe
d'intellectuels marocains qui ont formé l'avant-garde du
mouvement national qui présentera le manifeste de
l'indépendance en 1944.

 totale (armée et politique) de 1953 à1956.

B- LA POLITIQUE DE « MISE EN VALEUR » DU « MAROC UTILE »:


Quelques secteurs d'investissement privilégié ont absorbé 90% des capitaux
publics et privés investis au Maroc durant le protectorat.
Ils concernent essentiellement :
 les infrastructures matérielles (port, routes, barrages,
communications, centrales électriques..) qui ont servi de support aux
investissements privés dans les activités d'exportation (mines et
agriculture) ;

 et quelques industries légères (conserves, cuirs et peaux, liège, crin


végétal, métal de plomb).

1- L'infrastructure

Elle a été mise en place par des sociétés concessionnaires et par l'Etat du
protectorat. Elle a absorbé 80 à 90% des investissements publics entre

-5-
1914/38 et plus du tiers de la masse totale des investissements durant le
protectorat.

En 1956, il y avait :
 plus de 10.000 km de routes principalement dans les zones riches et peuplées.

 1800 km de voies ferrées à voie unique, essentiellement pour évacuer les


minerais et pour relier le Maroc à l'Algérie. L'exploitation du réseau était assuré
par 3 sociétés concessionnaires : les Chemins de Fer du Maroc (la plus
importante contrôlée par Paris-bas), la Cie des Chemins de fer de Tanger-Fés
(franco-espagnole) et les Chemins de Fer du Maroc Oriental (filiale de CFM et
de la société des mines de Bou Arfa).

 plusieurs ports ont été construits dont le principal est Casablanca.

 réalisation des équipements électriques (barrages, centrales hydrauliques,


thermiques, et lignes) prise en charge à 45% par une société concessionnaire
de production d’énergie électrique.

Résultat : A l'indépendance, le Maroc hérite d'une dette très lourde alors que
le groupe financier Paris Bas empoche un bénéfice de 20 milliards de francs.

-6-
2- Les mines :

La croissance du secteur minier a été très rapide grâce à l'aide de l'Etat. La


production a quadruplé de 1938 à 1956 alors que l'industrie progressera de 2,8
fois seulement.
En 1956 les minerais étaient exportés en totalité (et constituaient le tiers de
exportations) à l'exception du pétrole, du sel, de la moitié de la production
d'anthracite et de 100.000 tonnes de phosphates (sur une production de 5
millions).
Le BRPM a été créé en 1928 pour aider les entreprises privées à exploiter
les richesses du sous-sol (recherche, prospection, subventions).
L’Etat supportait ainsi à travers lui tous les risques. L’OCP (1920 ) fut créé en
tant que monopole de l'Etat et assurait 50% de la production des phosphates.
Les entreprises du secteur minier étaient contrôlées par Paris-Bas, la banque
de l'Union parisienne et la Banque Rotschild.
3- L'agriculture

La colonisation touchera un million d'hectares dont 600 000 cultivés, soit 1/8
des surfaces cultivées. Parmi les principales caractéristiques:
 La grande exploitation domine : 900 fermes de plus de 300 ha (15% des
propriétés européennes) s'étendent sur 60% des terres de colonisation et
70% des terres se situent entre Casablanca et Larache.

 C'est une agriculture très mécanisée qui suit les normes françaises (un
tracteur pour 85 ha), alors que pour l'agriculture locale moderne minoritaire
(275 000 ha), on comptait seulement un tracteur pour 3000 ha.

 C'est une agriculture scientifique fortement liée aux structures de la


recherche (INRA) aux banques (Crédit Agricole) et aux circuits de
commercialisation (exportation).

 C'est une agriculture qui s'intéresse d'avantage aux cultures spéculatives


(fruits et légumes). L'agriculture européenne représentait en 1952, 60% de
la valeur totale de l'arboriculture et 14% seulement de la céréaliculture. En
1952/34, 70% de la production agricole totale marocaine était exportée.

-7-
Par contre, l’agriculture marocaine traditionnelle connaît une stagnation
relative à cause d’un certain nombre de facteurs de blocage :
 L’exiguïté des exploitations fait que 90% des agriculteurs vivent dans 50 %
de la surface cultivable ;

 L’insuffisance du matériel et de la mécanisation) ;

 L’insuffisance des assolements et autres formes de fertilisation ;

 La dépendance à l’égard des aléas climatiques ;

 Le sous-emploi qui touche 50% de la population active agricole. Il est le


résultat de la "modernisation" de l'Agriculture.

4- Le développement de l'industrie

Le développement industriel est anarchique et limité et résulte de


circonstances particulières. Il concerne essentiellement des industries légères dont
le coefficient de capital n'est pas élevé (investissement/production = 1,5). Les
industries de transformation (artisanat, mines et bâtiment exclus) ont contribué pour
près de 15% au PIB entre 1951/56.
En 1952, la composition de la VA industrielle était la suivante :
Métaux -------------------------------------------- 18%
Matériaux de construction -------------------- 6%
Chimie et para chimie ------------------------- 6%
Corps gras (huiles etc.) ---------------------- 5%
Produits alimentaires et tabac -------------- 40%
Textile --------------------------------------------- 11%
Cuir ------------------------------------------------ 2%
Autre ----------------------------------------------- 12%
La branche alimentaire dominait les activités, essentiellement les minoteries,
les sucreries (produit brut importé) dont la COSUMAR (90% de la production), les
distilleries, les fabriques de boisson, et les conserves de poisson (10% des exp.
totales en 1950) et de légumes.
Le textile se développe pendant la guerre mais il est fortement concurrencé
par l'importation. La chimie se développe autour de l'engrais phosphaté demandé
par l'agriculture. Le papier et carton et la pâte de cellulose (eucalyptus) sont

-8-
exportés. Les IMM sont peu importantes (surtout réparation mécanique et plomb
dont le 1/3 de la production est traité par Zellidja). Les matériaux de construction
pour les besoins intérieurs proviennent de 3 cimenteries qui fournissent 87% de la
consommation locale en 1952, et des unités de production de chaux, plâtre briques
et tuiles.
5- Les services :
Le commerce a connu une expansion sans précédent. Le nombre de
commerçants est passé de 5 500 en 1927 à 17 700 en 1938 et 67 000 en 1956.
Avec la prolifération des petits commerces on arrive à 300 000 unités. Cependant
2% des commerçants réalisaient 70% des bénéfices de la branche (dont le
commerce de gros et l'exportation qui sont entre les mains des européens.
Les placements dans l'immobilier représentent le tiers de l'investissement
total. La spéculation immobilière commence dans les années 50. L'activité de
construction bénéficie surtout à la population européenne et ce n'est qu'en 1955
qu'un programme de logement économique pour les marocains est adopté. Les
médinas sont à la marge et se détériorent.
D- LE BILAN DE LA COLONISATION
De 1920 à 1956 les exportations du Maroc ont été multipliées par 50. (Forte extraversion)
Les mines la production est entièrement exportée à l’état brut (phosphates,
charbon, cobalt, manganèse etc), à l’exception d’une partie de la production de
plomb (1/3).
L'Agriculture coloniale produit essentiellement les tomates, le vin, les
agrumes, le coton et le riz. Sa part dans les exportations agricoles passe en valeur
de 30% en 1949 à 73% en 1957 alors que l'exportation de céréales stagne (orge,
blé et maïs faisaient en moyenne l5% des exportations agricoles).
L’artisanat, en 1948-49 il y avait 200 000 artisans qui faisaient vivre 10% de
la population. Les importations de produits européens ont réduit sa contribution
à1,6% du PIB en 1955 et le sous emploi atteint 60 % des emplois.
L’administration, malgré un grand effort de marocanisation (entre 1956-59),
50% des cadres supérieurs et moyens étaient toujours des étrangers. Et dans les
entreprises du secteur public et semi-public, si la majorité des employés est

-9-
marocaine, elle occupe essentiellement des postes au bas de l'échelle alors que
les cadres et le personnel qualifié sont étrangers.
L’industrie et les services, la main d’œuvre est à 80% marocaine (mais non
qualifiée à 100 %) alors que 77% des qualifiés et cadres sont étrangers
Le rôle des grandes compagnies a été très important. La Banque de Paris et
des pays bas et le "comité du Maroc" regroupant le lobby colonial voulaient
transformer le Maroc pour l'intérêt unilatéral de capitalisme métropolitain.
Tous les investissements entre 1912 et 1955 visaient la dotation du pays d'une
infrastructure permettant son exploitation et son contrôle. Ils ont été effectué
par les autorités du protectorat, les sociétés concessionnaires (Compagnies des
Chemins de fer du Maroc, Energie Electrique du Maroc ...), et les organismes
publics (BRPM) ou mixtes (SCP).
Le financement provenait pour moitié de prêt de l'Etat français, et pour l'autre
de la fiscalité indirecte qui frappait l'ensemble de la population.
L'investissement privé des 12 645 sociétés chérifiennes (dont le siège est au
Maroc) fut également important et concerna jusqu'en 1932 l'agriculture puis
l'immobilier et le commerce. Les filiales des grands groupes français s’étaient
installées (Régie de tabacs 1912, Chaux et ciments 1914, Superphosphates
(khulman) et Brasseries du Maroc 1919 -1923, les Etablissements Carnaud (de
Wendel), COSUMAR (raffineries St louis) et les sociétés minières Aouli, Zellidja,
Djerada, et la S.C.P. L'activité de la construction et le développement de certaines
industries se fera pendant la phase d'expansion 1946/56.
Non seulement des secteurs très importants comme l'agriculture
traditionnelle et l'artisanat local vont péricliter, mais aucune industrie
moderne ne sera installée et les secteurs sociaux seront totalement négligés.

-10-
E- LA PERIODE DE CONSTRUCTION NATIONALE :
Elle va de la proclamation de l'indépendance à l'abandon du plan quinquennal
1960/64. Elle est caractérisée par des divergences entre les forces politiques à
propos de la politique économique, et sur la nature des relations du Maroc avec
l'ancienne métropole. En fait, c'est une période très politique.
Après « l'expansion » des années 1948/53, le Maroc va connaître une période
de désinvestissement et une stagnation relative.
La forte poussée démographique qui a marqué les premières années
d'indépendance ainsi que la fin de l'isolement des campagnes va exacerber les
problèmes. L'exode rural, le chômage et le sous-emploi s'aggravent et les villes
explosent. Le taux de croissance démographique dépasse 3%. La fuite de capitaux
est considérable. En 1956 seulement, les transferts vers l'extérieur atteignent 50
milliards de francs.( soit plus de 7% du PNB). Le désinvestissement est important.
En 1962, on a investi 60% de moins qu’en 1953 alors que la consommation
augmente plus vite. (d’où déficit).
Malgré cette crise, des mesures économiques majeures vont être prises
pour affirmer la souveraineté nationale:
- Au niveau des relations extérieurs : adoption d'un régime douanier autonome
en 1957 qui rompt avec les accords d'Algésiras. (régime de la porte ouverte) ;

- Au niveau monétaire : réalisation de l'autonomie monétaire par décrochage


du franc marocain du franc français, (refus de suivre la dévaluation du FF en
1958 et sortie de la zone franc). En 1959, on crée la Banque du Maroc et
l'office des changes.

- Au niveau de l'encadrement de l'économie nationale : création d'organismes de


financement de l'économie ( BNDE, CDG et BMCE en 1959).

- Au niveau de secteur agricole : adoption d'une réforme agraire, opération de


labour collectif (1958) pour regrouper les terres et améliorer les rendements
par la mécanisation, distribution des terres et début du plan des expropriations
des terres de colonisation, création de l'Office National de l'irrigation et de
l'Office National de Modernisation rurale (pour les terres bour).

-11-
- Au niveau du secteur industriel et minier, nationalisation de l'OCP et du BRPM.
Création du BEPI (1958). Création de SAMIR, SOMACA, GENERAL-TIRE,
COFITEX, l'Arsenal de Fès, BERLIET TARIK (tracteurs). Plusieurs projets sont
lancés: complexe chimique de Safi, Sidérurgie à Nador, Chantiers navals à
Tanger etc.

- Au niveau social plusieurs lois furent adoptées: sécurité sociale, salaire


minimum garanti dans l'agriculture et l'industrie, l'échelle mobile des salaires,
les conventions collectives.

Toutes ses réformes ont être mises sur pied dans la perspective d’un
programme de planification. Le Conseil supérieur de la planification est créé en
1957, et faisait partie d'un grand ministère de l'économie. C’est dans ce contexte
que sera préparé le plan quinquennal 1960/64.

-12-
F- LE LIBERALISME ECONOMIQUE :
Avec le plan 1960-64, confirmation du rôle prédominant de l’Etat : un Etat
industrialiste et volontariste qui contrôle l’appareil de production, tout en permettant
au secteur privé national encore embryonnaire de se développer dans un
environnement protégé.
Changement de gouvernement en 1963, l’orientation libérale va se
renforcer. 1ère mission de la Banque Mondiale en 1964 suite à une crise financière,
inspirera les orientations du plan triennal 1965-67 et du plan quinquennal 1968-72.
Au Maroc le libéralisme tiendrait à 4 facteurs principaux :
 Aux « traditions libérales » du Maroc selon certains, or l’Etat a toujours eu un
rôle déterminant notamment à travers le commerce ;

 A l’héritage colonial puisque les autorités du protectorat ont encouragé


l’initiative privée (mais seulement les européens)

 Au fait que l’élite ait été formée en France (elle ira vers l’administration)

 A l’influence d’organismes internationaux (BIRD) du fait

 des besoins de financement du Maroc ;

 de l’interférence de ces organismes dans les affaires ;

 du prolongement de la crise qui a rendu le Maroc plus dépendant.

En fait, l’Etat a toujours eu une place importante dans la gestion des


affaires, à la fois entrepreneur, employeur, financier et régulateur. Il s’agit d’un
libéralisme contrôlé. Les politiques poursuivies le démontrent
Jusqu’à la fin des années 70, la planification indicative constituera
l’ossature de l’intervention étatique = existence d’un secteur public important
(entreprises publiques et semi-publiques dans plusieurs activités (industrie,
agriculture, banques…)
La période entre 1960 et 1985 connut la promulgation de 6 plans de
développement, dont 4 plans quinquennaux et 2 plans triennaux. Puis s’en suivit
une crise de la planification (qui commence en fait avec l’adoption du PAS en
1983). Entre 1985 et 1988 une pause a été marquée suivie d’un plan dit
« itinéraire » de 1988 à 1992. Le recours au plan sera même supprimé du texte de
la précédente constitution, pour réapparaître dans la version actuelle. En fait,

-13-
depuis le début des années 80, le plan n’était devenu qu’un recueil de projets
publics, alors que la politique économique était dictée par les lois de finances. La
gestion du court terme avait pris le dessus sur la vision du moyen et long
terme.
Après la période du PAS (1983-93) marquée par une gestion du court terme,
on admet la nécessité d’élaboration d’une « stratégie économique et financière à M
et LT ». Des documents de travail furent confectionnés en 1995 mais aucune
décision politique n’est venue concrétiser ces projets.
Avec l’arrivée du gouvernement d’alternance, la planification est revenue à
l’ordre du jour, et un plan quinquennal 1999-2003 est élaboré. Les principales
insuffisances relevées sont :
 Un rythme de croissance de la production et de l'emploi insuffisant

 La faiblesse de l'épargne et de l'investissement

 Le poids élevé de la dette publique

 La fragilité des équilibres financiers

 La faiblesse des indicateurs sociaux et l'importance des inégalités


sociales

-14-
CH2 AJUSTEMENT STRUCTUREL ET REFORMES ECONOMIQUES

QU’EST-CE QUE LA POLITIQUE ECONOMIQUE ?

Il s’agit de l’ensemble des décisions prises par les pouvoirs publics en vue
d’orienter l’activité. Ex : diminuer le déficit budgétaire pour contrôler l’inflation ou y
recourir pour relancer l’emploi, adopter un régime fiscal pour encourager les
exportations…

Durant la période keynésienne, la politique économique était plutôt macro-


économique. Depuis les années 80, elle est plutôt micro-économique avec le
retour de la pensée néoclassique monétariste qui privilégie le marché.

Son rôle est de fournir aux décideurs les instruments (en matière de politique
financière, monétaire, des prix, du commerce extérieur…) qui permettront
d’atteindre les objectifs fixés

Au Maroc, ces instruments se distinguent par leur flexibilité. Cette


orientation se manifeste dans la mutation de la conception de la planification, la
libéralisation du commerce extérieur, la réforme de la politique des prix et de la
politique monétaire.

1- CRISE ET AJUSTEMENT

Le PAS trouve sa justification dans les déséquilibres macro-économiques


graves que connaissait l'économie marocaine au début des années 80. Ces
déséquilibres sont devenus inquiétants dès avant la fin des années 70. Ils sont
le résultat de chocs extérieurs, qui ont été amplifiés par une politique
économique inapropriée. Deux tentatives autonomes de stabilisation (Plan
1978-80 et Programme d'Ajustement 1980-83) avaient échoué à cause
notamment du manque de détermination de la politique économique, de
l'hésitation entre stabilisation et croissance.

Ces déséquilibres se manifestent par:

 une croissance plus forte de la consommation par rapport aux


investissements durant la décennie 70;

-15-
 le fait que les emprunts couvraient plus de 30% des dépenses du budget
d’équipement en 1977 contre 15% seulement en 1973 ;

 une inflation généralisée à tous les secteurs économiques qui a constitué un


frein à la croissance. L’indice des prix est passé de 2.9% en 1969 à 10% en
1980.

Ces déséquilibres iront en s’aggravant jusqu’en 1983, date de l’adoption


du Programme d’Ajustement Structurel et de l’abandon de fait de la
planification.

Le PAS qui va durer de1983-1993 et se substituera au plan comportera


deux volets essentiels :

a. Le premier volet macro-économique a consisté en un programme de


stabilisation et de réformes à moyen terme réalisé avec l'appui du FMI et qui
visait, à rétablir les grands équilibres macro-économiques externes et internes et
à libéraliser l'économie ;

b. Le second volet est un ensemble de programmes d'ajustement


sectoriels couvrant la plupart des secteurs économiques (agriculture,
industrie, échanges extérieurs, entreprises publiques, secteur financier,
transport, énergie, eau,...) et même des secteurs sociaux (éducation, formation,
santé, logement,...). Deux prêts d’ajustement sectoriel (1988-90 et 1992-94)
sont venus couronner l'ensemble.

Les principales mesures du PAS

a- La Réforme fiscale a consistée en la modernisation et la simplification


du système autour de trois grands impôts : l’impôt sur les sociétés, l’impôt
général sur les revenus et la taxe sur la valeur ajoutée.

Cette réforme visait en autre, la modernisation de l’entreprise, la


simplification des procédures administratives, et un meilleur rendement de
l’impôt.

-16-
b- La libéralisation de la politique du commerce extérieur:

Les pouvoirs publics se sont engagés, depuis 1983, dans un processus de


libéralisation du commerce extérieur visant la rationalisation et la réduction de
la protection. Progressivement on a procédé à la levée des contrôles
quantitatifs sur le commerce extérieur, l’abaissement du taux maximum des
droits de douanes de 400% à 35% et la réforme du système d'incitations qui
pénalisait les activités exportatrices).

La politique protectionniste avait permis à de nombreuses entreprises de se


créer et de se développer à l'abri de la concurrence étrangère. La dé-protection
du commerce extérieur a pour objectif de rendre le marché intérieur plus
concurrentiel et d'inciter les entreprises à plus d'efficacité en éliminant les
rentes de situation. L'adhésion du Maroc au GATT en 1987 allait dans ce sens.

c- La déréglementation des prix:

La politique des prix connaît depuis 1981 une mutation dans ses principes
de fonctionnement. Avant cette date, l'Etat intervenait sur la marché des biens et
services en réglementant le prix de certains biens et services. L'économie a pu
trouver un avantage dans la politique de contrôle des prix tant que celle-ci n'était
pas excessive et ne conduisait pas, avec le temps, à une sclérose et même à
une régression des structures économiques.

L'objectif de la libéralisation des prix qui a été menée est d'inciter les
opérateurs à une concurrence plus vive. Mais pour certains produits de base
les prix demeurent réglementés par l’Etat. Par ailleurs lune loi sur la
concurrence est en préparation.

d- La refonte de la politique monétaire:

Les autorités monétaires cherchaient à mettre en œuvre une politique


permettant de concilier les deux objectifs d'équilibre et de soutien à
l'investissement en assurant l'adéquation entre les ressources monétaires et le
niveau de l’activité économique. La maîtrise de l’inflation visait l’amélioration
de la compétitivité.

-17-
Afin de permettre au secteur financier de répondre aux besoins des
entreprises, des mesures ont été introduites en vue d'assouplir les conditions
de collecte de l'épargne et de la distribution des crédits et d'accroître la
concurrence au sein du système financier. C'est dans cette optique que les
autorités monétaires ont procédé à l'assouplissement de l'encadrement du
crédit et à la réforme des taux d'intérêt.

La libéralisation de la politique monétaire s’est accompagnée d’une


réforme du marché financier.

e- La rationalisation de l'affectation des ressources et la privatisation.

La conjonction des facteurs internes et des contraintes extérieures avaient


conduit à une forte dégradation des finances publiques. Le déficit du trésor
atteignait 12% du PIB. Le redressement du déficit devenait impérieux.

Deux mesures fondamentales ont été prises pour une meilleure allocation
des ressources: la rationalisation du budget et celle des entreprises publiques :

- En matière budgétaire, la réduction du déficit du trésor a été recherchée


à travers un ensemble de mesures concomitantes visant à renforcer les recettes
(élargissement de l’assiette fiscale, réduction des exonérations) et à obtenir une
meilleure rationalisation des dépenses (réduction de la masse salariale et
meilleur ciblage des subventions).

- En vue de redéfinir le rôle du secteur public en tant qu'instrument de


politique économique et sociale de l'Etat, une réforme a été engagée avec
comme objectifs l'assainissement financier des entreprises et établissements
publiques, la diminution des transferts budgétaires de l'Etat vers ces
entreprises par l'amélioration de leur efficacité et de leur autofinancement; et
enfin, la définition et la mise en œuvre d’une politique de désengagement de
l'Etat de certaines activités économiques.

Les pouvoirs publics ont cherché à atteindre ces objectifs par la mise en
œuvre d'un programme articulé autour de trois axes :

-18-
 Clarifier les rapports entre l'Etat et les entreprises et établissements publics
par la mise en place d’un cadre institutionnel assouplissant le contrôle financier
redéfinissant la tutelle publique en vue d'une plue grande responsabilisation des
dirigeants des entreprises, et révisant les organes de gestion de ces entreprises
pour une redynamisation de leur structure et un renforcement de leur autonomie
de gestion ;

 Améliorer les performances des entreprises publiques par l'apurement de


leurs arriérés, la consolidation de leur structure de financement (politique
cohérente de transfert et de tarification), la rationalisation de la programmation
des investissements etc…;

 Se désengager des activités qui peuvent être assumées par le privé ce qui
a nécessité la mise en œuvre progressive de mesures d'accompagnement
(redynamisation de la bourse, loi de la concurrence, adaptation de la législation
fiscale et lancement d’un programme de privatisation de certaines entreprises
publiques.(voir infra)

f- La libéralisation du contrôle des changes :

La politique de change a été marquée par la stabilité. En effet, de 1956 à


1980, une seule dévaluation est intervenue en 1959. En 1973, avec l’avènement
du flottement des monnaies, le Maroc rompt la parité fixe du Dirham avec les
monnaies étrangères. La cotation du DH devient quotidienne et sa valeur
rattachée à un panier de devises (il s’agit d’un flottement dirigé). La dévaluation
du DH en 1995 ? visait le rétablissement de la compétitivité des exportations,
car le taux de change effectif réel s’était apprécié.

Depuis le début 1993, la convertibilité du dirham qui s’appliquait déjà aux


opérations en capital des non-résidents a été appliqué également pour les
opérations courantes. D’autres assouplissements ont été introduits comme
l’augmentation de l’allocation touristique de 100 DH à 5000 DH, et les facilités
accordées aux entreprises.

-19-
Bilan de la politique d'ajustement

Les succès du PAS se manifestent essentiellement par une réduction des


déséquilibres macro-économiques.

Dans la 1ère phase (1983/88) la balance des paiements courants est passée
d’un déficit de 12,3% du PIB à un excédent de 2,3%. Le déficit du trésor public
est passé de 9,7% à 4,5% du PIB. Le taux d'inflation est tombé de 10,5% à
2,3%.

Au cours de la seconde phase (1988-93):

 Le déficit de la B.P. courants est réapparu, mais est resté limité à 2% du


PIB ;

 Les réserves extérieures ont été reconstituées et représentaient à la fin de


1992 près de cinq mois d'importations ;

 Le déficit du trésor public a continué à baisser pour se situer à environ 3%


du PIB ;

 Le taux d'inflation s'est relevé, mais est resté inférieur à 6% ;

 L'encours de la dette extérieure, après avoir augmenté jusqu'à la fin de la


première phase, s'est stabilisé à 21 milliard de dollars. Les ratios de la dette,
se sont cependant améliorés au cours du programme.

 Enfin, le PIB a augmenté durant la décennie d'environ 3,8% par an en


termes réels, et le revenu par tête a progressé de plus de 1 % par an en
moyenne.

Situation 1982 1993


Déficit budgétaire -9.7 du PIB -3%
Déficit compte courant -12.7% du PIB -2 %
Dette extérieure 12.4 Mds $ (85% du PIB) 21 Mds $ (77%)
Service dette/ exportations 43.2% 25.9% (1991)
Réserves de paiements 8 jours d’importations 5 mois
inflation 10.5 % 5.2%

-20-
Les limites peuvent être regroupées en trois grandes catégories : les
problèmes d'application, le processus d'ajustement lui-même, et son coût social.

1. Les problèmes d'application sont de nature technique et socio-politique


également (résistances sociales, groupes de pression). Des retards dans la
mise en œuvre du PAS, une mauvaise coordination entre le programme
d'ajustement général et les programmes d'ajustement sectoriels, et entre ces
derniers. Ce qui a entraîné certaines incohérences

2. Le processus d'ajustement lui même est en cause, car il s'est fait


principalement par la réduction de l'absorption. En effet, la réduction du déficit
de ressources provient de la baisse de la consommation (publique et privée) et
de l'investissement (public). De même sur le plan externe, la réduction du déficit
de ressources provient, pour les trois-quarts de la baisse des importations de
biens et services, et pour un quart seulement de l'augmentation des
exportations.

Ensuite, au niveau des finances publiques, l'ajustement s'est effectué plus


par la réduction des dépenses (particulièrement d'investissement) que par
l'augmentation des recettes. Quant aux dépenses ordinaires, leur part dans le
PIB a peu baissé, mais leur structure a changé (baisse des dépenses de
fonctionnement et des subventions à la consommation, forte augmentation des
intérêts de la dette publique liée au financement du déficit du trésor public). De
même, la structure du financement du déficit public a changé (financement
interne plus important et donc ponction sur l'épargne privée et relèvement des
taux d'intérêt).

3. Le coût économique et social du PAS a été très lourd. Si des progrès


significatifs ont été enregistrés depuis 40 ans en matière de développement
humain, on a noté une stagnation voire un recul de certains acquis durant la
période d’ajustement. Ces acquis sont d’ailleurs à nuancer car de très fortes
inégalités subsistent.

Ainsi, du fait de la baisse de l'investissement public, les retards accumulés


dans les secteurs sociaux et les infrastructures de base ont affecté les pauvres

-21-
plus que les riches, les femmes plus que les hommes, et le rural plus que
l’urbain. Aujourd’hui, près de 10 millions de marocains sont encore
analphabètes et autant n’ont pas d’eau potable. Près de 180 000 enfants de
moins de 5 ans meurent chaque année et 500 000 sont sous alimentés. La
marginalisation et la pauvreté ne cessent de gagner du terrain.

Ensuite, le gel des recrutements dans la fonction publique et les faibles


possibilités offertes par le privé ont entraîné l'aggravation du chômage en milieu
urbain (de 11,3% à 16% entre 1982-1993), l’apparition du chômage des
diplômés, et le développement du sous emploi, de la précarité et de l’informel.

Par ailleurs, si le PAS a permis de réduire les déséquilibres extérieurs et


intérieurs, il n’a guère permis d’amélioration en terme d’investissement, de
consommation et de croissance.

Enfin, ces effets négatifs devaient être passagers et s’atténuer avec la


reprise de l’activité économique. Or la croissance a tardé à se manifester, et
l’ajustement s’est inscrit dans le long terme.

L’après PAS
Les réformes structurelles entamées dans la décennie 80 se sont
poursuivies durant la décennie 90. Les objectifs fondamentaux peuvent être
résumés comme suit:

 Le rééquilibrage des finances publiques

 La maîtrise de l’inflation et la mobilisation de l’épargne

 L’amélioration des conditions de l’investissement et de la compétitivité des


entreprises

De ce fait, on a assisté à la poursuite de la politique de rationalisation des


dépenses publiques et de la politique monétaire, à un désengagement progressif
de l’Etat au profit du secteur privé notamment à travers le programme de
privatisation des entreprises publiques.

Par ailleurs, les réformes se sont inscrites dans le nouveau contexte de

-22-
mondialisation, avec l’adhésion du Maroc à l’O.M.C., et la perspective de la
création d’une zone de libre échange avec l’Union Européenne.

C’est ainsi qu’il a été procédé à l’adoption d’une politique d’encouragement


de l’investissement privé national et étranger par la réforme du système
d’incitation à l’investissement (charte de l’investissement déc 1995), la réforme du
marché financier en 1993 ett la création de la Société de BVC, détenue par des
sociétés de bourse, du CDVM, des Sociétés d’Investissements en Capital
Variable ‘SICAV), d’Organismes de Placement en Valeurs Mobilières (OPCVM)
et de Fonds Communs de Placement.

Avec la formation du gouvernement d’alternance (1998-2002) les


principales insuffisances relevées sont :

 Un rythme de croissance de la production et de l'emploi insuffisant

 La faiblesse de l'épargne et de l'investissement

 Le poids élevé de la dette publique

 La fragilité des équilibres financiers

 La faiblesse des indicateurs sociaux et l'importance des inégalités sociales

Les principaux axes de la stratégie de développement économique et


social élaborés se présentaient comme suit

a- Une nouvelle méthode de gestion du développement par

 La restructuration de l'administration et la modernisation de sa gestion

 La réforme de la justice et la consolidation des bases de l'Etat de droit

 Le renforcement du processus de décentralisation et de déconcentration


(nouvelle gouvernance)

 Le développement d’une démarche participative (partenariat))

b- Une croissance forte, génératrice d'emplois, et la mise à niveau


économique par

 La mise à niveau du tissu productif

-23-
 L’amélioration du cadre incitatif et promotionnel

 une politique commerciale rénovée et la promotion des exportations et du


tourisme

 L'assainissement et la rénovation du secteur public

 La dynamisation du secteur financier

 L’amélioration de la formation des ressources humaines

 L'infrastructure économique de base

c- La promotion du monde rural

d- La valorisation des ressources humaines et la reforme du système


éducatif, de formation et de recherche

e- Le développement social et la réduction des inégalité

 La promotion de l'emploi

 L'amélioration de l'accès aux services de base et la lutte contre la


pauvreté et l'exclusion (santé, logement social, solidarité et protection
sociale)

f- L'aménagement du territoire et la réduction des inégalités régionales en


respectant les enjeux de l'environnement.

Cette stratégie avait été préparée par l’USFP dirigé par Abderrahmane
Youssoufi qui guidait le gouvernement. Cependant son application a connu
de grandes difficultés du fait notamment de la non homogénéité du
gouvernement composé de plusieurs partis et de la poursuite de l’orientation
libérale du Maroc après la fin du PAS. Un plan quinquennal 1999-2003 avait
bien été élaboré, mais son application n’a pas été possible du fait de la
poursuite du recours à la gestion de Court Terme.

En 2003, Driss Jettou, un chef d’entreprise, est nommé 1er ministre pour
diriger la même formation gouvernementale (Koutla + RNI + MP) jusqu’en 2007.
Le parti de l’Istiqlal suivra entre 2007 et 2012 avec Abbas El Fassi comme

-24-
premier ministre et la même formation gouvernementale (Koutla + RNI + MP).
Puis viendra le tour du PJD avec comme chef de gouvernement Abdelilah
Benkirane avec l’Istiqlal, le PPS et le MP (2013), avant que l’Istiqlal ne passe
dans l’opposition et que le RNI réintègre le gouvernement.

-25-
CH3- ANALYSE DE L’EVOLUTION DES PRINCIPAUX AGREGATS
MACROECONOMIQUES

1- QUELQUES INDICATEURS POUR COMPRENDRE

- Comparer le PNB/habitant au Maroc / à d’autres pays

- Comparer le taux de croissance annuel moyen du PIB à l'accroissement


démographique.

- augmentation de part de la population urbaine/population totale

- Un secteur agricole trop importante (autour de 17%) par rapport aux


pays développés de l’OCDE (2 à 5%), alors que la part de l’industrie stagne
(18%)

- L'importation de céréales ne cesse de se développer et est devenue un


phénomène structurel. (plus de la ½ de la consommation).
- amélioration notable de l'espérance de vie mais….

- Une population encore très jeune : à la fois un atout et un handicap. Le


Maroc est en pleine phase de transition démographique ;

- Un taux de mortalité infantile (pour mille naissances) élevé/ aux pays


développés ;

- L’encadrement médical reste faible malgré les efforts (nombre


d'habitants par médecin et habitants pour un infirmier).

- Le taux d'analphabétisme concerne encore une large part de la


population, et surtout dans le rural et parmi les femmes ;
- la généralisation de l’enseignement n’est toujours pas atteinte, et surtout une
forte déperdition scolaire au collège, dans le secondaire et le supérieur

2 – LES PERFORMANCES MACRO-ECONOMIQUES :

Le Maroc a connu depuis l’indépendance des phases d’expansion et de


stabilisation successives, au gré du climat et de l’évolution de
l’environnement international.

-26-
La première période 1950-1961 a connu une stagnation de la
production due notamment à la chute des activités de construction à partir
de 1953, à la baisse des activités commerciales depuis 1954 et à la crise du
secteur agricole. De 1955 à 1961 la croissance de la PIB est négative
(mauvaise campagnes agricoles en 1957 et 1959) sauf en 1958 et 1960. Le
taux de croissance moyen est négatif ( - 0,04% par an).

La décennie 60 connaît de meilleures performances surtout en fin


de décennie (bonne campagne agricole en 1968). La croissance est quand
même très irrégulière (12% en 1962, -2,47% en 1966, 12% en 1968 et
0,44% en 1969) mais se situe à un niveau relativement plus élevé avec un
taux moyen de 3,9% par an entre 1961 /69

La décennie 70 se distingue par une croissance plus soutenue,


quoiqu’irrégulière. Le taux moyen de croissance a été de 5,63% entre
1970 et 1979, résultat de la progression des investissements publics qui ont
été le moteur principal de la croissance et des performances du secteur
minier entre 1974/77 (hausse des prix des phosphates), des BTP et de
l'industrie. La tendance va se renverser dans les dernières années pour le
BTP, le commerce et les services, et une 2ème sécheresse sévira en 1978/79
après celle de 1975.

Cette période se caractérise également et surtout par la naissance de


déséquilibres financiers assez graves. L’épargne intérieure est restée
limitée et les besoins fondamentaux de la population loin d’être satisfaits.
Les écarts de revenus sont importants surtout entre la ville et la campagne.
Le chômage commence à devenir préoccupant. La dette extérieure ne
cesse de s’aggraver, du fait des programmes d’investissements lancés en
1975 et des efforts consacrés à la défense et à l’équipement des
provinces sahariennes. La crise des paiements provient également de la
hausse des importations (pétrole et biens d’équipement). Ce qui pousse
l’Etat à adopter une politique de stabilisation dès 1978 (Plan 78/80).

-27-
Par ailleurs, malgré la mise sur pied de quelques programmes sociaux
et les tentatives d’une meilleure répartition des revenus (compensation des
produits de base) il subsiste un grand déficit social comparativement à des
pays similaires.

Durant les premières années 80, la politique expansionniste entreprise


(plan1981/85), facilitée par les emprunts sur le marché international, va
aggraver les déficits déjà accumulés. La conjonction de nombreux éléments
(2ème choc pétrolier de 1979, trois années de sécheresse, 1981,1983 et 1987
, politique d’austérité à partir de 1983,) explique le ralentissement de la
croissance. Les bonnes performances de l'agriculture et du commerce en
1985 et 1986 ont permis de contenir cette baisse. Le taux moyen de
croissance entre 1980/89 a été de 3,8% par an.

Les années 90 vont connaître un ralentissement plus important du


rythme de croissance, puisque la moyenne des années 90 s’est établie à
environ 2.5% par an, (alors que la population a crû de 3,3% et la population
active de 4,1%) en deçà du niveau des décennies 80 (3,9%) et 70 (5,6%). Ce
rythme est sans commune mesure avec l’objectif tracé de 6% de croissance
économique nécessaire pour réduire à terme le chômage et améliorer le
niveau de vie des citoyens.

Les années 2000 vont connaitre une amélioration notable des


performances en termes de croissance économique. Ainsi la croissance du
PIB s’est établie à 4.6% entre 2000et 2007 et à 4.3% entre 2008 et 2013.
Cependant, il faut noter que durant la 2ème période (2008-2013) le PIB non
agricole n’a progressé que de 3.6% par an, ce qui montre l’impact persistant
des performances du secteur agricole sur l’économie nationale.

(Se référer au Tableau de Bord des Indicateurs Macro-économique


de la DEPF. Ministère des finances, mai 2015)

-28-
3 –EVOLUTION DES STRUCTURES ECONOMIQUES

Au regard des moyennes calculées ci dessous, on remarque qu’il n’y a


pas eu de bouleversement majeur dans les structures de l'économie
nationale. Cependant, par rapport aux années 70, on note la réduction des
parts des secteurs de l'agriculture et pêche, et dans une moindre mesure du
commerce et des mines, alors que la part de l'industrie baisse et que le BTP
semble avoir repris dans les années 2000.

Evolution de la structure de formation du PIB en %

moyenne moyenne moyenne Moyenne


années 70 années 80 années 90 2000-13*
AGR.& PECHE 22 17 19,2 15.6
MINES 6 4 2,3 3.4
INDUS.MANUF 19 18 18 15.8
BTP 7 6 4,4 6.3
COMMERCE 18 13 13 11.5
AUTRES 28 58 43 44.4

 Source Tableau de bord de la DEPF mai 2015

Ainsi le secteur primaire (agriculture, forêt et pêche) a vu sa part dans


la formation du PIB baisser d'une moyenne de 22% dans les années 70 à
15.5% dans les années 2000. Le développement important du secteur des
pêches à partir des années 80 masque probablement l’évolution réelle de
l’agriculture dont la part réelle est plus faible. En tout cas, l’impact climatique
sur l’économie reste remarquable.

Il faut préciser également l'existence d'une activité informelle


importante qu’il est difficile d’évaluer, et qui représenterait selon certaines
sources entre 25% et le tiers du PIB.

-29-
CH 4- LE SECTEUR AGRICOLE
Le secteur agricole dans l'économie nationale représente autour de 17% du
PIB, occupe environ la moitié de la population active soit 6 millions de personnes et
contribue pour près de 40% aux recettes des exportations et pour 20% aux
importations.
Le nombre d’exploitants agricoles est de près d’1,5 million de personnes dont
81% d’analphabètes et une moyenne d’âge de 52 ans. Parmi eux :
4,3% n’ont pas de terres
55% ont des exploitations de moins de 5 ha représentant 24% de la SAU
70% ont des exploitations de moins de 3 ha représentant 12% de la SAU
4% ont des exploitations de plus de 20 ha représentant 1/3 de la SAU
0,2% ont des exploitations de plus de 100 ha représentant 8,7% de la SAU.
Par ailleurs, seulement 15% environ de la SAU est irriguée soit 1,5 Million
d’ha,soit par la grande hydraulique (barrages), soit par la PMH (petite et moyenne
hydraulique : pompage dans les rivières et les nappes).
La SAU est composée de plus de 9,5 millions de parcelles d’une moyenne de
0,92 ha chacune. L’exploitation étant formée de 6,4 parcelles en moyenne, la
superficie par exploitation est de 6,1 ha.
UTILISATION DU SOL
Superficie totale: 710 850 km2 = 71 Mha
Superficie cultivable: 9,3 M ha = 13% de la S.T.
Superficie cultivée 7,5 M ha = 80% de la Superficie cultivable
dont :
céréales: 5 à 6 millions ha = 64% de la S cultivée
légumineuses: 4%
oléagineux: 1,5%
cultures industrielles: 2%
cultures fourragères: 2,5%
cultures maraîchères 3%
cultures sous étage 3,5%
plantations fruitières 10%
jachère: 25% de la S cultivée

-30-
Forêts (Alfa comprise): 9,2 M ha = 13% de la ST
Terres de parcours: = 30 %
Terres mortes: = 44 %
2- RESSOURCES EN EAU ET DEPENDANCE CLIMATIQUE

2-1 Les ressources en eau mobilisable


Les régimes de précipitations varient d'une région à l'autre et sont dominés
par leur forte irrégularité annuelle et saisonnière (pluies et sécheresses).
En année normale, les précipitations apportent 150 milliards m3 d'eau. Les 3
grands châteaux d'eau (Rif, Haut et Moyen Atlas) reçoivent des chutes de neige
importantes. Les écoulements de surface qui en résultent varient de 15 à 30
milliards m3. Les ressources mobilisables ne constituent cependant que 16 milliards
m3 /an, dont 82% sont effectivement mobilisées (13,2 milliards m3).
Plus de 57% de ce potentiel est concentré dans les bassins du Sebou, de
l'Oum R'bia, et du Loukkos, et plus de 73% dans la zone atlantique nord.
Le Sebou (long de 500 km, DMA1 96,5 m3/s, Bassin Versant 25981 km2,
principal affluent l’ Ouergha) irrigue les plaines du Saïs et du Gharb ;
L’Oum R'bia (600 km, DMA 24,5 m3/s, BV 3 378 km2) irrigue la plaine du
Tadla et le plateau des Rhamna ;
La Moulouya (500 km, DMA 9 m3/s, BV de 52 580 km2) irrigue la partie
orientale.
Les autres principaux cours d'eau sont:
- les oueds atlantiques (Loukkos, Bou Regreg, Tensift et Souss)
- les oueds-torrents méditerranéens (Martil, Laou, Ghris et Kert)
- les oueds sahariens (Ziz et Draâ)
L’évolution de la pluviométrie conditionne les réalisations de la campagne
agricole et, par conséquent, la croissance économique au Maroc.

1
Le débit d'un cours d'eau c'est le volume d'eau écoulé en un point donné par un cours d'eau en une seconde;
d'où son expression en m3/seconde. Le débit moyen annuel (DMA) est la moyenne arithmétique des débits quotidiens

annuels.

-31-
Cette évolution en «dents de scie» exprime cependant une tendance lourde à
la baisse. De 800 mm par an en moyenne durant les années 1960, les moyennes
annuelles de précipitations sont passées à 700 mm pendant les années 1970, et à
450 mm entre 1980 et 1990.

2-2 La Politique de Mobilisation de l’eau

Jusqu'en 1966, la politique de construction des grands barrages est restée


timide, puisqu'en 28 ans, 15 ouvrages seulement ont été construits, d'une capacité
totale de 2 milliards de mètres cubes.
En 1967, l'objectif de l'irrigation d’un million d’ha en l'an 2000 a donné
une impulsion nouvelle à la politique de construction des barrages qui s'est inscrit
dans une stratégie de sécurisation de la production agricole vis-à-vis des aléas
climatiques
20 ans après, en 1986, le programme a été consolidé par le lancement d'un
vaste programme de réalisation de petits et moyens barrages, avec comme objectif
la construction d'un grand barrage par an jusqu'à l'an 2000, et la conduite d’un
programme de transferts d'eau inter-bassins (10 grands canaux) dans le cadre
de la solidarité entre régions riches et régions pauvres en eau.
Pour ce faire, le tiers du budget d’investissement a été jusqu'au milieu des
années 1970, consacré à l'équipement hydraulique et au développement du
secteur agricole. Depuis les années 1980, la part du budget consacrée à
l'agriculture ne cesse de diminuer pour osciller autour de 10%.
Depuis 1967, plusieurs grands barrages ont été réalisés faisant passer la
capacité de stockage de 2,3 milliards de m3 en 1967 à près de 16 milliards de m3 en
2013. (cf les cartes du début du cours)
Malgré ces efforts et la réussite du pari de l’irrigation de 1 million d'ha, soit
12,7% de la superficie utile, plus de 87% des exploitations (9,2 millions ha)
demeurent tributaires des pluies.
Par ailleurs, les investissements engagés dans l’irrigation n’ont pas été
optimisés. D’une part, ils ne répondent pas toujours pas aux normes de
rationalisation requise, et d’autre part leur réalisation reste incomplète, et
d’énormes gaspillages sont enregistrés remettant en cause la gestion du système.

-32-
La demande en eau se trouve aujourd'hui déterminée essentiellement par
l'importance des volumes d'eau alloués à l'agriculture irriguée et la continuelle
croissance des besoins en eau potable et de l'industrie, d’où une forte pression
sur les ressources et une tendance à la raréfaction. Par ailleurs, la lutte contre la
pollution et les effets de la sécheresse, des inondations et de l’envasement des
barrages imposent de plus en plus une planification intégrée et une gestion plus
rationnelle des ressources en eau.

2-3 Les Perspectives


Un programme ambitieux de réalisation de grands, moyens et petits barrages
a été envisagé pour satisfaire les demandes en eau à court, moyen et long termes.
Les composantes principales de ce programme étaient :la réalisation à
l’horizon 2020 de plus de 60 grands barrages. Le rythme de réalisation a été porté
à deux barrages par an entre 2000 et 2010 et de trois barrages par an entre 2010
et 2020;
la construction d'une centaine de petits et moyens barrages au rythme de 2 à
3 barrages par an
la poursuite de transfert d'eau interbassins Nord-Sud et Nord-Est.
Une loi sur l’Eau a été promulguée en 1995,avec comme principes :
« Préleveur payeur » et « Pollueur payeur ». Les décrets d’application n’ont
toujours pas été promulgués.
Les Institutions impliquées sont : le Ministère délégué chargé de l’eau, le
Conseil supérieur de l’eau et du climat, les Agences de bassin hydraulique, les
ORMVA, l’ONEE (ex ONEP), les Régies et entreprises de distribution (concession
de service public) et Haut Commissariat aux eaux et Forêts.
Le Maroc s’est également engagé dans la désalinisation de l’eau de mer,
surtout dans les provinces du Sud.
Le problème de pollution des eaux de surface concernent de nombreuses
régions surtout celles où existent des activités industrielles, mais aussi celles où
certaines production agro-industrielle polluent les rivières (margines d’huile d’olive
et usage non raisonné d’engrais).

-33-
3- EVALUATION DE LA POLITIQUE DE LIBERALISATION ET
D'OUVERTURE :

3-1 Le Programme d’Ajustement du Secteur Agricole


Le PASA s'articule autour de sept orientations essentielles :
La rationalisation de la gestion de la politique de l'eau. Des contrats-
programmes devront définir les relations entre les ORMVA et l'Etat qui se
désengagera progressivement de «toute opération caractère commercial ou de
prestation de service ».
La restructuration des services de la recherche agronomique, de vulgarisation
et de l'élevage et l'association du secteur privé à la gestion et à la prise e charge
d'une partie de ces services.
L'amélioration de la gestion des ressources naturelles et de la politique
foncière au moyen d'une politique de reboisement et de mesures juridiques et
législatives visant les travaux de remembrement, la prévention du morcellement, la
privatisation des terres collectives, la réforme des baux ruraux et la question des
cessions de terres.
La libéralisation des prix et du commerce des facteurs de production dans les
secteurs de l'agriculture et de l'élevage. (arrêt des subventions pour les engrais,
semences, aliments pour le bétail, machines agricoles, pétrole et eau ; et transfert
au privé ou à des groupements producteurs d’activités de production et de
commercialisation des produits agricoles).
La libéralisation des prix et du commerce des produits agricoles (suppression
des subvention de certains produits alimentaires de base comme le lait depuis
1985, ou réduction des subventions).
La restructuration des investissements publics dans le sens de
l’encouragement des producteurs pouvant répondre aux objectifs du PAS. Choix de
« zones-tampons» et de «producteurs cibles» avec comme seule référence la
croissance de la production agricole, devenue la priorité des priorités.
Enfin, la libéralisation du commerce extérieur des produits agricoles, en
éliminant les monopoles (OCE) et le système de contingentement (substitution
progressive des quotas d'importation par une tarification douanière graduelle en
fonction des produits agricoles à importer).

-34-
3- 2 Des résultats très contrastés
Les principales conclusions à la fin de du programme PASA1 et PASA2 sont :
a- La production, notamment des céréales, est demeurée tributaire des
conditions climatiques et la satisfaction des besoins dépend encore des
importations.(cf statistiques sur l’évolution des productions et des importations)
Le déficit de la balance alimentaire s'est creusé depuis le début des années 90
(3,5 millions de dirhams en 1997), et le taux de couverture des biens alimentaires
essentiels n'a pas connu d'évolution significative. Il était de 47% pour les céréales
de 23% pour les huiles végétales, 45% pour le sucre, et 80% pour le lait et dérivés.
b- Du fait de la politique protectionniste de l'Union Européenne, principal client
du Maroc, les exportations marocaines d'agrumes et de primeurs ont stagné entre
1985 et 1997. Par contre, l'exportation des nouveaux produits (aubergines, haricots
verts, avocats, fraises, kiwis, fleurs coupées) a connu des performances réelles et
appréciables.
Les résultats ont été donc très contrastés :
Les performances à l’exportation sont bonnes pour les nouveaux produits,
mais elles sont contrecarrées par la nature protectionniste du marché européen.
L'agriculture vivrière demeure encore sous l'emprise des fluctuations agro-
climatiques et nécessite une diversification des productions.
La libération des prix seule n’a pas entraîné une amélioration générale des
performances, car l'assise foncière et financière, et la nature des cultures
pratiquées restent déterminantes,
Malgré les efforts en matière de sécurité alimentaire, des inégalités entre les
régions et les catégories d'agriculteurs demeurent (accès aux moyens de
production et de commercialisation et au marché pour les catégories les plus
défavorisées de la population rurale).
Enfin, des potentialités appréciables existent mais elles sont soit
insuffisamment exploitées, soit tout simplement non explorées, ni à des fins
d'accroissement de la sécurité alimentaire, ni dans l’objectif de développement des
exportations.

-35-
3-3 L’évolution des performances du secteur agricole (Extrait du texte
de Rachid DOUKKALI, RDH 50)
Entre 1961 et 2002, le secteur agricole a connu une croissance relativement
faible en comparaison avec le reste de l’économie. Cette faible performance est
d’autant plus inquiétante que ce secteur continue à occuper une place
prépondérante en termes de revenus et d’emploi.
L’analyse de l’évolution permet de distinguer globalement trois phases
d’évolution :
une longue phase de croissance modérée jusqu’en 1985,
une phase de forte croissance qui a concerné la majorité des spéculations
agricoles, entre 1986 et 1990
suivie d’une décélération de la croissance après 1991.
Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de cette décélération, notamment
des conditions climatiques très défavorables et les grandes fluctuations des
productions céréalières. Ces dernières, étendues à des zones marginales, sont
devenues beaucoup plus sensibles aux variations climatiques.
En dehors des céréales, légumineuses et cultures oléagineuses, l’essentiel
des autres spéculations agricoles ont continué à connaître une croissance de
production même après 1991, et à soutenir une croissance urbaine relativement
élevée. À la tête de ces spéculations, on trouve les productions horticoles et
animales, en particulier celles de l’aviculture.
L’évolution de la balance commerciale agricole montre que depuis 1973, date
où la balance commerciale agricole est devenue négative, l’écart entre les
importations et les exportations en termes de quantités ne cesse de se creuser. Le
taux de couverture n’est resté stable, autour de 50 %, que grâce à des termes de
l’échange en faveur des exportations agricoles marocaines.
La stagnation des exportations trouve ses explications dans les difficultés que
rencontre le Maroc sur les marchés extérieurs, notamment le protectionnisme
européen, et dans la croissance de la demande interne.
Du côté des importations, la dépendance croissante du Maroc du marché
extérieur pour son approvisionnement en produits de base de consommation
humaine n’est plus à démontrer. Ce que l’évolution récente montre c’est la

-36-
généralisation de cette dépendance à l’alimentation du cheptel et aux semences
autres celles des blés et de l’orge. Le Maroc qui a toujours été considéré un pays
d’élevage est devenu fortement dépendant des importations pour assurer une
partie de sa consommation en produits d’origine animale.
De point de vue balance commerciale agricole, le Maroc est passé de la
situation de pays excédentaires à pays déficitaire. Ce taux est passé d’une
moyenne de plus de 130 % pendant les années 1960 à près de 50 % en moyenne
pendant les années 1990 et pendant la période 2000-2002 à près de 42 %.
En terme de la production agricole nette, le Maroc a réalisé sur la période
1961-2002 l’un des taux de croissance les plus élevés de l’échantillon, avoisinant
les 3 %. Cependant, jugé par la productivité globale des facteurs de production
mobilisés par unité produite dans le secteur, le Maroc a connu une régression,
puisque le taux de croissance de cette productivité a été négatif (-1.9 %).
L’analyse de l’évolution du taux de croissance de la productivité globale des
facteurs montre que celui-ci a été positif pendant les deux dernières decennie
(1982-92 et 1992-02). La décomposition de la productivité globale des facteurs en
efficience technique et en changement technique montre que l’agriculture a réalisé
une amélioration technique significative.
En terme de productivité à l’hectare entre 1993 et 2002, le Maroc a réalisé
l’avant dernière position d’un échantillon de pays. En terme de productivité par actif
employé dans l’agriculture, il a enregistré la dernière position, soit seulement 68 %
de la valeur réalisée par l’Égypte, 62 % de celle réalisée par la Turquie et moins de
50 % de celle réalisée par la Tunisie et par le Mexique. Comparée aux pays de tête
de l’échantillon, la production agricole nette par actif dans le secteur agricole au
Maroc ne représente qu’une faible proportion puisqu’elle n’est que de 12,6 % de
celle enregistrée par la Grèce, 7,2 % par rapport à celle de l’Espagne et seulement
4,6 % de celle réalisée par l’Irlande.
Par comparaison au reste de l’échantillon l’agriculture au Maroc reste
globalement caractérisée par une utilisation intensive de main d’œuvre peu
qualifiée et du facteur terre, très peu mécanisée et utilisant très peu d’intrants
modernes, d’où une faible productivité à l’hectare et par actif employé. Les pays qui
ont pu réaliser des revenus élevés par actif employé se caractérisent tous par

-37-
d’importants investissements dans la formation et la recherche et ont tous opéré
une vraie substitution travail-capital et une intensification dans l’utilisation des
intrants modernes.

4- LES CONTRAINTES DU SECTEUR AGRICOLE

4-1 LE PROBLEME FONCIER:


Malgré l’augmentation de la SAU moyenne de par exploitation de 4,9 ha à 6,1
ha et par parcelle de 0,8 à 0,92 ha entre 1974 et 1995, le problème foncier reste
entier, et la pression démographique sur la terre est grandissante. La population
rurale baisse en proportion mais elle augmente en termes réels.
L’enquête agricole de 1995/96 a montré la prédominance de la petite
exploitation. Celle-ci joue un rôle stratégique puisqu’elle fournit plus de 50% des
productions céréalières et animales et emploie près de 66% de la population rurale.
Pourtant, elle ne bénéficie pas d'une attention à la mesure de sa contribution aux
grands équilibres économiques et sociaux. (intérêt pour l’irrigation/bour)
Ensuite, le statut des propriétés assez complexe. Il existe 5 catégories
principales :
terres « melk » 75,8% de la SAU, (6,6 Mha)
terres « jemaâ » 17,7%, de la SAU (1,5 Mha)
terres « guich » 2,8%, de la SAU (240 000 ha)
terres « habous » 0,6% de la SAU (59 000 ha)
domaine de l’Etat 3,1%. de la SAU.(270 000 ha)
Ceci entrave la "melkisation" des terrains agricoles et empêche le
développement de l'investissement

4-2 LE FINANCEMENT
L'accès au crédit demeure sélectif en raison de la prédominance d'une culture
commerciale. (ancien rôle de la Caisse Nationale du Crédit Agricole) qui impose
aux agriculteurs des garanties qu'ils ne peuvent fournir en raison du statut de leur
propriété foncière, ce qui impliquent que la grande majorité des agriculteurs sont
exclus du système.
Par ailleurs, même quand les petits exploitants accèdent au crédit, les
plafonds octroyés au niveau des caisses locales ne permettent pas le financement

-38-
de l'investissement. De même qu’ils trouvent de plus en plus de difficultés de
remboursements du fait des répercussions néfastes de la sécheresse.
En outre, le rôle du Fond de Développement Agricole dispose actuellement de
moyens de financement important.Plusieurs fonds sobnt également mobilisé
comme celui du Millenium Chalenge.
La faiblesse de l'investissement explique notamment la lenteur de la
mécanisation En 1995/96 il y avait près de 43 000 tracteurs opérationnels soit 1,2
tracteurs par exploitation. Mais 62% du parc se trouve dans les exploitations >5 ha.
Rapporté à la SAU le ratio est d’1 tracteur pour 202 ha (contre 1/477 ha en 1974),
sachant qu’il est de 1/136 ha pour les exploitations > 5 ha et 1/381 ha pour celles
<5 ha.
Par ailleurs, si 90% des exploitations >100 ha recourent à la mécanisation des
travaux du sol, ce taux n’est que de 23% pour les exploitations de moins d’1 ha. De
plus 49% des exploitations n’utilisent pas d’engrais (contre 54% en 1974), 84% pas
de semences sélectionnées, et 67% pas de produits phytosanitaires.

4-3 LE PRIX DES FACTEURS DE PRODUCTION

La hausse des prix des intrants (engrais, semences sélectionnées, eau et


énergie) et la faiblesse de la vulgarisation agricole sont un handicap pour le
secteur. De ce fait, la consommation annuelle d’engrais par exemple reste faible
globalement.

4-4 UNE LIBÉRALISATION NON MAITRISEE

Suite aux programmes (PASA 1, PASA 2) l'Etat s’est désengagé effectivement


dans les domaines financiers, technique et de l'encadrement humain, mais
paradoxalement, il a maintenu les objectifs traditionnels de sécurité alimentaire et
de promotion des exportations.
La motivation principale de cette politique devenait la recherche de la
productivité, même au prix de l'abandon d'un ensemble d'actions de nature socio-
économique en direction des populations rurales. Un tel désengagement de l'Etat
va de pair avec une déprotection de la production nationale des céréales, du sucre
et des oléagineuxs. La conséquence en a été est la destructuration du monde rural
et l’accroissement des écarts ville-campagne.

-39-
5- Analyse critique
Selon najib Akesbi (RDH50),« l’un des défis majeurs qui se pose aujourd’hui à
notre pays, c’est de réussir une transition d’une agriculture encore largement
extensive, peu productive et fortement protégée, vers une agriculture intensive,
compétitive et plus ouverte sur le marché mondial, et ce, à un coût politique, social
et écologique acceptable.
On ne peut évidemment trouver ses solutions adéquates rapidement et
aisément. Bien au contraire, le plus souvent, résistances et conservatismes divers
se conjuguent pour pérenniser un statu quo qui n’est ni cohérent ni viable, et
encore moins équitable.
Dans les conditions actuelles, l’intégration à l’économie mondiale et une
libéralisation mal préparée ruinerait l’agriculture marocaine. Mais, on ne peut non
plus ignorer que c’est précisément l’état où se trouve le monde rural qui constitue
l’obstacle majeur à tout développement compétitif de l’agriculture marocaine, et
rend si difficile une insertion «gagnante» dans le mouvement de mondialisation en
cours. Donc, la libéralisation des échanges doit impérativement s’inscrire dans une
dynamique d’ensemble qui commence par les réformes internes incontournables et
se prolonge ensuite dans les « ouvertures » réfléchies, programmées, et
négociées.
Ce processus ne peut être que global, progressif, et pragmatique et c’est l’État
qui doit le conduire, car il doit exercer ses fonctions essentielles stratégiques et de
régulation.
Un État jouant pleinement son double rôle d’État-stratège et d’État-régulateur,
et un État aussi pleinement démocratique car les conditions de succès de toute
démarche déclinée en termes de choix et d’options impliquent nécessairement les
intérêts des uns et des autres, en termes d’orientations et de politiques, en termes
d’actions et de mesures qui favorisent les uns, probablement au détriment des
autres, d’où la nécessité d’une stratégie qui doit être l’affaire de tous....
L’État-régulateur devra s’appliquer à conduire les réformes qui s’imposent en
mettant en oeuvre les modes de régulation qui auront été préalablement adoptés,
et adaptés aux conditions objectives de l’économie et de la société. Il lui faudra agir
avec volontarisme et détermination pour réaliser les restructurations ou les

-40-
reconversions nécessaires, mettre en oeuvre les politiques d’accompagnement
appropriées pour atténuer l’ampleur des chocs, favoriser les efforts d’adaptation et
préserver des conditions d’existence décentes pour la grande majorité de la
population. » (fin de l’extrait)
Deux défis semblent peser sur l’avenir du secteur agricole. D’une part, la
nécessité de combler les retards accumulés au niveau de la promotion du monde
rural, sans quoi aucun développement agricole ne sera possible. D’autre part, le
défi de la mondialisation des échanges.
5-1 LE CONTEXTE MONDIAL

A/ La concurrence entre les grands producteurs (Amérique du Nord et


Europe surtout), et le développement d'alliances stratégiques, nécessite pour les
autres agricultures potentiellement concurrentes, des restructurations permanentes
de leurs activités de production, de transformation et de commercialisation.
Le corollaire en est le développement des cultures fort consommatrices d'eau
et d'intrants et la diminution de l'intérêt pour les cultures vivrières et donc une
aggravation de la dépendance alimentaire (avec importations de semences et
d'intrants divers, et recours au financement externe de ces importations).
B/ Depuis l'avènement de l’OMC et la mise en place des premiers dispositifs
de libéralisation des échanges agricoles, des formes rénovées et diversifiées de
protection sont développées par les grandes puissances agro-alimentaires
(normalisation, contrôle des techniques et des législations commerciales
internationales en matière agricole).
C/ L'emprise des réseaux transnationaux sur la recherche agricole
constituera une réelle arme agro-biologique du futur. Les producteurs nationaux
dépendront de façon structurelle et permanente des industries agro-chimique
transnationales.
5-2 LES CHOIX STRATEGIQUES
Deux thèses plus ou moins complémentaires seront développées.
A/ Pour D. Guerraoui, le débat, plutôt conjoncturel, entre ouverture ou
protection et entre libéralisation ou intervention de l’Etat est dépassé.
La question qui se pose c’est comment s'organiser nationalement et
régionalement en vue de maîtriser le processus de mondialisation et d'ouverture ?

-41-
Guerraoui avance 6 idées maîtresses:
1-L'agriculture marocaine tirera sa cohérence future de sa capacité à concilier
sécurité alimentaire et de performance à l'exportation. 3 raisons à cela :
Economiquement pour capitaliser et valoriser les acquis, appréciables en
matière de sécurité alimentaire et de performance à l'exportation,
Politiquement, parce le Maroc dispose d'un potentiel important non encore
exploité de façon optimale et qu'il faut minimiser la dépendance étrangère,
Enfin, socialement, parce que l'avenir réside encore dans l'agriculture et
dans le regain d'intérêt pour le travail agricole, au regard du poids du monde rural
dans l’économie et la société marocaine.
2- L'avenir de l'agriculture vivrière réside dans une diversification
indispensable de ses activités productives (combiner cultures vivrières et
cultures de rapport; complémentarité culture-élevage, promotion d'activités
économiques non agricoles) et l’adoption d'une politique publique
d'accompagnement des paysans.
3- Il faut concilier prédominance de la micro-exploitation et mise en
valeur agricole rationnelle car l'exode rural ne peut lever l'obstacle foncier. Il
faut donc fixer les populations à la campagne en leur offrant des structures
durables et viables.
4- La nécessité de rechercher de nouveaux marchés (Maghreb, Monde
Arabe, Afrique, Etats-Unis, Canada, Europe de l'Est) car la recherche d’une
complémentarité avec l'Union Européenne ne suffit plus.
5- L'implication de tous les acteurs public, privé et associatif du monde rural et
de toute la filière agro-alimentaire et agro-industrielle dans l'élaboration de la
politique agricole.
6- Si in veut une agriculture capable de nourrir les marocains et d’exporter, il
faut revendiquer l'exception alimentaire lors des négociations avec l’UE (en 1999)
et l’OMC (en 2001), et supprimer les rentes de situation nées de la politique de
subvention et de compensation, au bénéfice du consommateur.
B/ Pour le Centre Marocain de Conjoncture 5 éléments seront
déterminants :

-42-
1-C’est le développement de l'exploitation agricole familiale qui constitue le
moyen approprié pour concilier performance économique et cohésion sociale au
sein du monde rural par l’adoption d'une politique agricole qui permet d'élargir son
capital et de moderniser ses techniques de production au moyen d'un meilleur
encadrement professionnel et d'une optimisation du travail familial.
En effet, dans le secteur irrigué, les performances demeurent en deçà des
potentialités. L'absence d'un encadrement technique véritable, la faiblesse de
l'organisation professionnelle et les problèmes de financement expliquent une telle
situation. Par ailleurs, l'extension des superficies irriguées dans le bour favorable
est possible. Elle dépend de la capacité des exploitations familiales à se doter de la
petite hydraulique grâce à des systèmes de financement souples et adaptés.
2- Le redimensionnement des exploitations est indispensable à un moment
où la lutte contre la pauvreté absolue en milieu rural devient un axe prioritaire des
composantes des politiques économiques. Une grande partie de la population vit
sous le seuil de pauvreté et d’autres peuvent être considérés comme marginalisés.
La marginalité demeure d'essence rurale puisque 75% des chefs de ménages
urbains défavorisés sont nés en milieu rural.
3- une stratégie de maîtrise de l'aléa climatique dans le domaine agricole
constitue un impératif. Elle doit reposer sur :
une politique volontariste de valorisation et de rationalisation de la gestion de
l'eau,
un renforcement du potentiel national de recherche agronomique en zone
aride et semi-aride accompagné d'une véritable politique de vulgarisation,
une politique efficace de stockage de sécurité aussi bien pour l'alimentation
humaine qu’animale, (de "provisions pour risque climatique ") qui alimenteraient un
Fonds de soutien pour les années de sécheresse.
Cette action conduirait à la mise en place d'un système efficient et permanent
de solidarité en faveur des opérateurs économiques touchés par les aléas.
4- une politique agricole concertée et participative car actuellement elle intègre
peu les soucis des petits et moyens exploitants. (exemple avant la libéralisation de
la filière céréalière pour cause de faible représentativité dans les organisations
professionnelles).

-43-
Il faut donc développement de l'organisation professionnelle des petits et
moyens exploitants pour l'optimisation de la production et de la commercialisation
et favoriser la concertation entre les Pouvoirs Publics et les représentants du
secteur.
5- Une stratégie rurale de promotion des activités non agricoles doit être
élaborée car la population rurale atteindra près de 16 millions d'habitants en 2020.
provoquant une saturation des activités agricoles. L'adoption d'une stratégie de
promotion des Communes rurales et de création d’activités de proximité
(mécanique, soudure, vente de fourrages, phytosanitaire, médicaments, services
vétérinaires, vente de produits alimentaires, pièces de rechange, tôlerie, entretien
des installation d'eau potable et d’électricité, aménagement des pistes rurales)
devra s’insérer dans le cadre de schémas régionaux d'aménagement du territoire et
s’appuyer sur la création d’associations locales d'assistance (micro-crédits, …)

-44-
CH 5- LE SECTEUR INDUSTRIEL :
Le secteur industriel constitue la 2ème activité d’importance après l’agriculture
et avant le tourisme. Cependant, sa contribution à la croissance du PIB n'a pas
connu de variation notable au cours des vingt dernières années. La part de la
production manufacturière dans le PIB est restée de autour de 15%. Or un pays tel
que le Maroc devrait générer plus de 25% de sa production dans le secteur
manufacturier.
Pourtant, son rôle dans les échanges extérieurs et les investissements est
primordial. Il représente la plus grande part des exportations totales et emploi près
de 500.000 personnes (dont 1/3 de saisonniers).
Autrefois axé sur la production de biens de consommation (agro-alimentaire
et biens d’équipement ménager), le secteur manufacturier s'est orienté depuis le
milieu des années 70 vers la fabrication de biens intermédiaires, avec la forte
expansion de la chimie (principalement, produits dérivés des phosphates) et de la
production d’articles issus dans les IMME (industries Métallurgique, mécanique et
électrique) surtout la sidérurgie-métallurgie et l’électronique.
Jusqu’à la fin des années 90, le paysage industriel était dominé par quatre
grandes branches industrielles:
Les industries agro-alimentaires (1/3 de la production), allant du simple
conditionnement à la transformation. Activités complémentaires de la production
agricole, elles permettent de valoriser des produits végétaux ou animaux, de
répondre aux besoins alimentaires de la population et de contribuer à l'apport de
devises par le biais des exportations. Elles se composent d’une dizaine de sous
branches d'inégale importance dominés par la production sucrière et par la
transformation des céréales. Viennent ensuite, la conserverie, la fabrication de
corps gras d'origine végétale ou animale (huile, margarine etc) et le lait et ses
dérivés.
Les industries chimiques et parachimiques (1/3 de la production) et 2/3
des exportations sont essentiellement constituée par la transformation des
phosphates (acide phosphorique et engrais) et la pétrochimie (plastique et dérivés).

-45-
La parachimie fournit des produits d'usage courant destinés principalement au
marché national telle l'industrie pharmaceutique .
Les industries du textile, de l'habillement et du cuir (1/5ème de la
production) occupait le premier rang aussi bien en terme d’investissements et
d’emplois créés que des exportations (1/5ème des exportations de marchandises).
Les industries mécaniques, métallurgiques, électriques et électroniques
vont amorcer leur évolution depuis le début des années 90 du fait du processus
de délocalisation de certaines activités des économies industrialisées. Depuis, la
croissance industrielle est tirée principalement par les exportations alors qu’à
l’indépendance l’orientation était plutôt d’approvisionner le marché intérieur.

I- LA POLITIQUE INDUSTRIELLE DE L’INDEPENDANCE A


L’AJUSTEMENT

Le développement de l’appareil productif industriel marocain a connu trois


phases distinctes :
La première (1956/72) correspond à la politique de substitution des
importations qui se traduit par la création d’industries locales pour atténuer la
dépendance nationale vis à vis de l’étranger.
La deuxième (1973/83) va jouer sur un mixage des politiques de substitution
et de promotion des exportations.
La troisième phase devait permettre au Maroc de devenir un pôle d’attraction
pour les investissements étrangers, et surtout de se positionner dans le nouveau
système productif international qu’offre la globalisation de l’économie mondiale.
Elle correspond au développement des industries basées sur l’exploitation des
avantages comparatifs, l’amélioration qualitative et quantitative du produit.

1- La politique industrielle de 1956 à 1972

De 1956 à 1973, la stratégie de développement visait l'édification d'une


économie moderne par la formation des cadres, la mise en place des
infrastructures de base et des institutions d’accompagnement (banques et OFS).
Cependant, malgré les orientations industrialistes des premières années, « le
bilan de l'industrialisation du Maroc depuis l'indépendance apparaît plutôt maigre »
selon A.Belal.

-46-
En effet, les objectifs du plan 1960-64 étaient axés sur une industrialisation
reposant sur la création d'industries de base. Le taux de croissance assigné par le
Plan au secteur industriel était de 10 %, contre 6,5 % pour l'ensemble de
l'économie.
Cependant, le plan 1965-67 va reléguer l'industrie au second rang. Et dès
1964 le BEPI ne jouera plus son rôle. Le secteur privé restera embryonnaire. A
l'exception du textile et des industries alimentaires, les investissements industriels
sont très insuffisants
Le plan 1968-72 va adopter une politique d'import-substitution avec une
préférence aux industries agro-alimentaires et aux industries manufacturières
légères orientées vers la satisfaction du marché intérieur. Néanmoins, la politique
industrielle gardera les mêmes fondements (protection, incitation, investissement
public), et privilégiera l'approche coûts-avantages, en particulier le critère du coût
en devises des investissements.
Durant la décennie 1960, le souci de développer les exportations a été
associé à l'objectif de valorisation des ressources naturelles locales (agricoles,
halieutiques et minières) ou encore d'appuyer le processus d'import-substitution.

2- La politique industrielle de 1973 à 1983


Dans une deuxième phase, débutant avec le plan 1973-77, l'Etat adopta
comme objectif principal la diversification des industries d'exportation, sans pour
autant rompre avec la stratégie d'import-substitution.
D’autres objectifs nouveaux furent proclamés : la promotion diversifiée des
exportations, la régionalisation de l'investissement industriel et la marocanisation
des entreprises. La politique de marocanisation visait l'instauration de la
souveraineté économique nationale, et l’aide à la formation de groupes privés
nationaux.
Sur le plan des méthodes, l’Etat privilégia les projets publics pour promouvoir
de nouveaux secteurs d'activité industrielle. Et pour pallier les carences du secteur
privé, il créa l’ODI et chercha à combiner encouragements à l'exportation et
protection locale dans une perspective d'import-substitution.
Cette période est marquée par :
la volonté de promotion d’une classe d’entrepreneurs ;

-47-
une intervention directe de l’Etat dans le processus d’industrialisation;
l’encouragement de la valorisation des ressources agricoles et minières ;
la protection du marché intérieur et l’import-substitution;
la promotion des exportations à partir du milieu des années 70.
Le résultat de cette politique été le développement de quelques exportations
de biens manufacturés, handicapées par la surévaluation du dirham et la politique
des prix et des incitations, et une très légère diversification du tissu industriel.
II- LA STRATEGIE D’OUVERTURE SUR LE MARCHE MONDIAL
A partir de 1983, l'Etat a opté pour un modèle de croissance de l'industrie
dont les principes de base sont :
L’abandon progressif de la réglementation des prix destinée à protéger le
consommateur, éviter les ententes et prévenir les dérapages inflationnistes. C’est
ainsi que la libéralisation des prix a été entamée à partir de 1982 et étendue à
presque toutes les branches industrielles en 1986. L’Etat voulait ainsi créer un
climat de concurrence et pousser les entreprises nationales à se mettre à niveau .
L'assouplissement de l'encadrement administratif des entreprises et la
décentralisation des décisions, notamment par la quasi-automaticité de l'attribution
des avantages prévus par les codes des investissements, la facilitation des
procédures du commerce extérieur (en particulier, le régime de l'Admission
Temporaire) et l'assouplissement du régime des changes (garanti de re-transfert
des capitaux investis et des bénéfices réalisés par les entreprises étrangères ,
etc…).
Une politique de protection et d'incitation qui privilégie la demande extérieure
et les forces du marché. Cette orientation s’est traduit par un long processus de
réduction des contrôles et de la charge fiscale sur les importations, l'adoption de la
Loi sur le commerce extérieur et enfin l'adhésion du Maroc au GATT.
III- DU PLAN EMERGENCE AU PLAN d’ACCELERATION
INDUSTRIELLE
1- Le Plan Emergence
En 2005, l’Etat a confié au bureau McKinsey la réalisation d’une étude
stratégique sur le positionnement international de l’industrie marocaine. Un

-48-
2
ambitieux programme d’industrialisation intitulé « Emergence » a été lancé, avec
pour objectifs de créer 800 000 emplois et 53 milliards de DH de valeur ajoutée
directe à l’horizon 2010. Renouvelé en 2009 sous l’appellation de « Pacte National
pour l’Emergence Industrielle », ce programme mit l’accent sur un certain nombre
« métiers » disposant « d’avantages comparatifs » qui devaient permettre au Maroc
de se positionner face à la concurrence des autres pays du bassin méditerranéen.
Appelés à devenir les « moteurs de la croissance » économique, ces métiers
concernent les branches « traditionnelles » du Maroc, comme l’agroalimentaire, les
produits de la mer et le textile, ainsi que l’offshoring, une activité nouvelle créatrice
d’emplois, et surtout trois branches émergentes : l’aéronautique, l’automobile et
l’électronique. Parallèlement à cela, un contrat programme fut opérationnalisé en
2007 visant le développement d’un « artisanat industriel » à fort contenu culturel et
orienté vers le marché international.
Les pouvoirs publics, à travers cette stratégie industrielle, visait à impulser
une croissance additionnelle du PIB de + 1,6% sur la période 2007-2014 et de
réduire de 50% du déficit commercial. L’objectif emploi quant à lui tablait sur la
création de 440.000 emplois directs et indirects.
En 2010, le plan « Envol » est venu compléter cette stratégie, en visant trois
nouveaux secteurs : les biotechnologies, la microélectronique et les
nanotechnologies. L’aménagement de la technopole de Salé (Technopolis)
correspond à une nouvelle orientation qui mise sur les industries à plus haute
valeur ajoutée et une main d’œuvre hautement qualifiée, et qui cherche à
connecter l’entreprise aux établissements de Recherche et Développement.
3
C’est ainsi que dans les TIC, une stratégie de création de Clusters a été
engagée. Mais selon une étude d’ANIMA4, sur les 14 clusters recensés, seuls deux
sont devenus opérationnels. Il s’agit du « Technopark » de Casablanca qui
accueille 180 entreprises innovantes et « Maroc Numeric Cluster » qui rassemble
42 start-up. Les raisons de ce semi échec reviennent selon les auteurs de cette

2
Elaboré par le cabinet McKinsey, l’étude n’a jamais été diffusée.
3
Voir la fiche sur les Clusters
4
L’Usine Nouvelle. 08 octobre 2013.

-49-
étude au manque de capacités managériales liées à l’innovation et de moyens
pour travailler à l’international, ainsi qu’à la faible interaction entre les centres de
recherches universitaires et le secteur industriel.
La réalisation de ce très ambitieux programme passait notamment par la
5
création de zones spéciales de sous-traitance industrielle (MedZones) dans le but
d’attirer des investisseurs étrangers (cas de l’automobile ou de l’aéronautique) qui
visent essentiellement l’exportation vers l’Europe. Ces zones franches 6 se veulent
des espaces économiques intégrés dédiés à un certain nombre de métiers.
Ainsi, dans l’automobile, Renault-Nissan a investi plus d’1 milliard d’euros
dans une usine d’assemblage d’une capacité de 400.000 véhicules dans le parc
industriel de Melloussa. L’usine se situe à proximité du port Tanger-Med et
de Tanger Automotive City, une zone franche qui s'intègre dans le réseau des
Plateformes Industrielles Intégrées (P2i). La production a démarré en 2010 avec
pour objectif d’arriver à 80% d’intégration locale. Plusieurs fournisseurs se sont
installés dans la zone industrielle attenante au port. En 2013, avec un effectif de
5 500 salariés, la production a dépassé les 100 000 véhicules dont 93 000 à
l’export soit le double par rapport à 2012. Le démarrage d’une deuxième ligne de
production fin 2013 devrait porter la capacité du site à 200 000 véhicules, l’objectif
ultime étant de 340 000 véhicules et 6 000 emplois.
L’ouverture en 2012 d’ « Atlantic Free Zone » à Kénitra, deuxième centre de
production automobile du pays, a connu l’installation de plusieurs groupes
étrangers dont Yazaki, Sumitomo, Faurecia, Hirschmann Automotive, Saint Gobain,
Delphi et Lear. Afin d’accompagner le secteur, le gouvernement a décidé en 2013
la création de trois instituts de formation aux métiers de l’industrie automobile à
Kénitra, Casablanca et Tanger, d’une capacité de 3 000 personnes par an.

5
D’où la création de MedZ, une filiale de la Caisse de Dépôt et de Gestion.
6
L'installation en zone franche présente plusieurs avantages, l'exemption
illimitée des droits de douane, exemption de taxes pendant 5 ans puis 8,75% pour
les 20 ans suivants, exemption illimitée sur la TVA, pas de restriction sur le capital,
possibilité de rapatriement et de convertibilité des opérations en devises libres et la
simplification des procédures douanières.

-50-
Dans l’électronique, le programme prévoyait notamment le développement de
l’électronique de spécialité (embarquée) afin d’accompagner celui des équipements
automobiles et devenir une destination de sous-traitance pour les PME
européennes. Par ailleurs, deux clusters ont été créé dans le cadre de la mise en
œuvre de la «Stratégie Maroc Innovation» : le premier Morocco Micro-Electronics
Cluster à Rabat dédié à la recherche microélectronique et le second CE3M à
Mohammedia et qui intervient dans l’électronique, la mécatronique et la mécanique.
7
Dans l’aéronautique , le plan prévoyait la création de 17 000 emplois à
l’horizon 2015 avec le développement de l’Aéropôle de Nouaceur où plusieurs
équipementiers se sont installés (Safran, Eads, Bombardier, Thales, Dassault etc.)
avec quelques PME marocaines qui représentent environ 20% de l’effectif. Selon le
GIMAS8, le nombre d’entreprises aéronautiques est passé de 10 en 2003 à
106 en 2013 avec la création de 10 000 emplois hautement qualifiés,
essentiellement des jeunes de moins de 30 ans, dont 50% de femmes. Le chiffre
d'affaires réalisé à l’export atteint un milliard de dollars US
Par ailleurs, la première tranche de la nouvelle zone franche « Midparc » a
été inaugurée à Nouaceur en septembre 2013 sur une superficie de 60 ha. Elle
abrite entre autres dfeux centres de formation : l'Institut des Métiers de
l'Aéronautique(IMA) et l'Institut Spécialisé des Métiers de l'Aéronautique et de la
Logistique Aéroportuaire (ISMALA) d’une capacité d’accueil de 1000 personnes par
an.

7
En 1999 seules deux entreprises opéraient au Maroc : EADS Maroc Aviation et le centre
de maintenance de la RAM. Depuis, plusieurs entreprises se sont implantées, profitant des
avantages offerts par la délocalisation au Maroc. Actuellement, la branche compte plus de
cinquante entreprises, employant près de 6000 personnes. Plus de 70% d’entre elles sont
implantées à Casablanca, dans la zone de l’aéroport. Tanger vient en 2ème lieu, suivie de Rabat
puis Marrakech. Cette branche présente un tissu industriel diversifié allant des études jusqu’à la
maintenance des avions, en passant par le composite, le traitement des surfaces, l’assemblage,
l’usinage, la mécatronique etc.
8
Propos du président du Groupement des Industries marocaines
aéronautiques et spatiales. http://www.lemag.ma/GIMAS-L-industrie-aeronautique-
marocaine-vole-haut_a79829.html

-51-
9
Selon G. Almeras , les résultats de cette stratégie sont décevants et les
objectifs n’ont pas été atteints. Les filières automobile et aéronautique ne sont
tirées que par quelques entreprises étrangères. Les grands équipementiers n’ont
pas suivi. Le président de l’AMICA (Association Marocaine pour l'Industrie et le
Commerce de l'Automobile) affirme que « l'un des enjeux (…) se situe au niveau
du développement du tissu industriel local. A côté des équipementiers
internationaux qui sont implantés au Maroc, il y a un peu de déception sur le fait de
ne pas assister à l'éclosion de véritables entreprises maroco-marocaines :
équipementiers, sous-traitants, etc… »10 . Ceci bien que depuis 2010, l’industrie
automobile a créé en moyenne chaque année 9 000 emplois 11. Et il poursuit :
« L’électronique et l’agroalimentaire stagnent par rapport à leurs objectifs. Les
exportations textiles reculent. L’offshoring a enregistré une croissance de 18% par
an ces dernières années, mais sur les 20 milliards DH attendus, seulement 8
milliards ont été réalisés et 55 000 emplois ont été créés sur les 100 000 attendus
en 2015».
De plus, les incertitudes de l’évolution du marché mondial font peser un grand
risque quant à la pérennité des délocalisations. Et, outre le fait que c’est l’Etat qui,
encore une fois, est le principal initiateur de cette dynamique, le problème réside
surtout dans le fait que l’attraction de ces IDE ne s’est pas accompagné pas par la
création d’un système productif national autonome. Nous remarquons en effet que
le secteur privé marocain est hors jeu et que les entreprises à participation
étrangère représentent aujourd’hui plus de la moitié du tissu industriel marocain.
L’annonce du lancement d’un Plan d’accélération du développement industriel
2014-2020 marque une certaine rupture avec le Plan Emergence, en procédant à
une réévaluation de la politique industrielle du Maroc. L’objectif de promouvoir

9
« Maroc : le vrai prix de l’émergence ». Econostum. Mars 2013.
http://www.econostrum.info/Maroc-le-vrai-prix-de-l-emergence_a13966.html
10
Interview donnée à L’USINE NOUVELLE. 27 novembre 2013
11
http://www.econostrum.info/Le-Maroc-conforte-sa-filiere-
automobile_a15564.html

-52-
des « écosystèmes » et des filières industrielles autour de groupes locomotives et
12
surtout, l’adoption du principe de la compensation afin de constituer des chaines
de valeur complètes au Maroc, semble aller dans le sens d’un développement
industriel plus « autocentré ». Les effets de la stratégie d’ouverture sur le tissu
13
industriel national sont pointés du doigt par le patronat qui revendique une pause
dans les relations avec les pays avec lesquels le Maroc a signé des accords de
libre échange.
Les autres mesures concernent :
la création d'un fonds d'investissement. Celui-ci s'appelle Fonds de
développement industriel (FDI). Il sera doté d'une enveloppe de 20 milliards de
dirhams d'ici à 2020.
l’amélioration de la compétitivité des entreprises,
l’intégration du secteur informel et à l’accompagnement des très petites
entreprises (TPE).
la dynamisation des Chambres professionnelles pour un meilleur
accompagnement des PME/TPE.
l’amélioration du climat d’affaires et le renforcement de la vocation africaine
du Maroc,
le renforcement des partenariats, l’internationalisation des entreprises et la
promotion des exportations.
l’appui aux projets d’investissement dans les secteurs de l’aéronautique, des
industries Chimiques – Para-chimiques et Pharmaceutiques et dans l’amont du
secteur textile.
La mise à disposition du foncier industriel,
l’amélioration de la compétitivité de l’Offshoring.
S’agissant du volet territorial, aucune mesure spécifique n’a été annoncée,
mis à part la volonté d’une meilleure exploitation et une optimisation des parcs

12
Il s’agit de l’Offset industriel qui impose qu’une part de 20% des contrats
publics soit accordée aux PME locales.
13
Voir à ce propos l’étude commanditée par la CGEM et intitulée “les leviers
de la compétitivité des entreprises marocaines“. Valyans Consulting. Mars 2014

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industriels qui « doivent répondre aux mutations que connaît l’industrie et à
l’évolution des besoins des entreprises. Leur taux d’occupation, très faible à ce
jour, n’atteindrait que 16% en 2016».
La concrétisation de l’ensemble de ces mesures devrait permettre la création,
à l’horizon 2020, de 500 000 emplois, pour moitié issus des IDE, et pour l’autre
provenant du tissu industriel national rénové, ainsi que l’accroissement de la part
de l’industrie dans le PIB de 9 points, passant de 14% à 23% en 2020.

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