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I - Formation de l’empire du Djolof
1. Contexte historique et géographique
L’Empire du Djolof était situé dans la région de l’actuel Sénégal.
Il était délimité :
au nord par le fleuve Sénégal,
au sud par la rivière Gambie.
Le Djolof partageait des frontières avec plusieurs royaumes voisins, notamment :
le Sine,
le Cayor,
le Baol.
Le territoire du Djolof possédait une géographie favorable : les terres fertiles et les
ressources hydriques permettaient le développement de l’agriculture (mil, sorgho, riz) et de
l’élevage (bovins, ovins, caprins).
Ces activités économiques ont contribué à la prospérité de l’empire.
Historiquement, avant la consolidation du Djolof au XIVᵉ siècle, la région était constituée
d’une confédération de petits royaumes.
Ces royaumes, souvent en rivalité ou en guerre, ont été progressivement réunis sous
l’autorité d’un seul souverain : le Bourba Djolof, symbole du pouvoir central.
1. L’origine et l’unification des royaumes vassaux
L’unification du Djolof s’est réalisée grâce à la politique habile des premiers rois,
notamment :
Par des conquêtes militaires, le Bourba Djolof imposait son autorité sur les territoires
voisins.
Par des alliances stratégiques et des mariages dynastiques, il consolidait son influence
et assurait la fidélité des chefs locaux.
Les principaux royaumes vassaux étaient :
le Sine,
le Cayor,
le Baol,
le Saloum.
Ces royaumes conservaient une autonomie locale : ils géraient leurs affaires internes, mais
ils devaient :
reconnaître la suzeraineté du Bourba Djolof,
payer un tribut (offrandes, impôts),
fournir des soldats en cas de guerre.
Cette organisation semi-fédérale permettait de maintenir l’équilibre entre centralisation du
pouvoir et stabilité régionale.
1. Le rôle du Bourba Djolof
Le Bourba Djolof est la figure centrale de l’Empire.
Son rôle fut essentiel à plusieurs niveaux :
Politique : Il assurait l’unité du territoire, imposant l’obéissance aux royaumes vassaux.
Militaire : Grâce à une armée disciplinée, il repoussait les menaces internes et externes.
Diplomatique : Il savait négocier alliances et traités pour renforcer son pouvoir.
Social et administratif : Il mit en place une organisation sociale stable, des mécanismes
d’administration, et des lois respectées dans tout l’empire.
Ainsi, grâce à une combinaison de force, de diplomatie et de vision politique, le Bourba
Djolof a réussi à faire du Djolof un empire stable et influent pendant plusieurs siècles.
II - Organisation politique et sociale
1-La structure du pouvoir centralisé dans l’Empire du Djolof
La structure du pouvoir centralisé dans l’Empire du Djolof
L’Empire du Djolof était organisé autour d’un pouvoir fortement centralisé, dirigé par un
monarque suprême appelé le Bourba Djolof.
Le Bourba Djolof
Chef suprême de l’empire, il concentrait tous les pouvoirs : politique, militaire, judiciaire
et religieux.
Il était considéré comme le garant de l’unité de l’empire.
Il avait autorité sur tous les royaumes vassaux, qui devaient lui prêter allégeance.
Le Bourba Djolof était entouré de plusieurs institutions pour gouverner efficacement :
Le Conseil impérial
Composé de nobles, de chefs de guerre, de grands dignitaires et parfois de
représentants des royaumes vassaux.
Ce conseil assistait le roi dans les grandes décisions : politique étrangère, organisation
militaire, justice.
Même s’il avait une fonction consultative, c’est le Bourba qui tranchait en dernier
ressort.
Les Gouverneurs locaux
Chaque royaume vassal (Sine, Cayor, Baol, Saloum, etc.) était dirigé par un roi local ou
un chef.
Ces chefs avaient une autonomie dans la gestion de leur territoire, mais ils devaient :
Reconnaître l’autorité du Bourba,
Verser un tribut régulier,
Fournir des soldats pour les campagnes militaires de l’empire.
L’armée impériale
Le Bourba Djolof commandait une armée centralisée, formée de contingents envoyés
par les royaumes vassaux.
L’armée servait à défendre l’empire, à réprimer les révoltes internes et à mener des
conquêtes.
La justice impériale
Le Bourba était le juge suprême.
Il rendait la justice dans les grandes affaires et supervisait l’application des lois sur
l’ensemble du territoire.
Il s’appuyait sur des juges locaux pour traiter les affaires quotidiennes dans les
provinces.
Les relations diplomatiques
Le Bourba menait la politique extérieure de l’empire : alliances, traités de paix,
négociations commerciales.
Les ambassades et les mariages entre familles royales servaient à renforcer l’influence
du Djolof dans la région.
Résumé rapide
L’Empire du Djolof avait une structure pyramidale :
Au sommet, le Bourba Djolof avec tous les pouvoirs.
Autour de lui, un Conseil impérial pour l’assister.
Dans les provinces, des chefs vassaux relativement autonomes, mais soumis.
Sous son contrôle, une armée centralisée et une justice organisée.
Cette centralisation du pouvoir a permis au Djolof de rester un empire puissant et stable
pendant plusieurs siècles.
2-Les Royaumes Vassaux et leur Autonomie dans l’Empire du Djolof
Les royaumes vassaux
Dans l’Empire du Djolof, un royaume vassal est un royaume qui :
Reconnaît l’autorité supérieure du Bourba Djolof (l’empereur),
Accepte de payer un tribut (des richesses ou des ressources),
S’engage à fournir des soldats à l’Empire en cas de besoin.
En échange, le royaume vassal garde une certaine liberté de gouverner ses affaires
internes.
Les principaux royaumes vassaux
Parmi les royaumes vassaux du Djolof, les plus importants étaient :
Le Sine
Le Cayor
Le Baol
Le Saloum
Chacun de ces royaumes avait ses propres traditions, rois et organisation politique.
Même s’ils dépendaient du Bourba Djolof, les royaumes vassaux conservaient une
autonomie locale, c’est-à-dire :
L’autonomie des royaumes vassaux
Chaque royaume avait son propre roi (appelé Damel au Cayor, Teigne au Baol, Saltigi au
Sine, etc.).
Les rois vassaux administraient leurs lois, leurs terres et leur justice sans intervention
directe du Bourba, tant qu’ils respectaient leur serment de fidélité.
Ils pouvaient aussi gérer leurs propres affaires militaires, sauf en cas de grande guerre
impériale.
Cependant, cette autonomie avait des limites :
Le roi vassal devait régulièrement envoyer des tributs au Bourba,
Il devait se rendre à la cour impériale pour prêter serment ou lors des grandes
cérémonies,
En cas de désobéissance, le Bourba pouvait envoyer une armée pour rétablir l’ordre.
Un équilibre fragile
La relation entre le pouvoir central et les royaumes vassaux était basée sur un équilibre
fragile :
Trop de centralisation risquait de provoquer des révoltes.
Trop d’autonomie pouvait affaiblir l’empire.
Avec le temps, certains royaumes comme le Cayor ou le Baol ont cherché à devenir
totalement indépendants, ce qui a contribué au déclin progressif de l’Empire du Djolof à
partir du XVIᵉ siècle.
En résumé
Dans l’Empire du Djolof :
Les royaumes vassaux avaient leur roi, leur administration et leurs lois locales.
Mais ils restaient sous l’autorité du Bourba Djolof, à qui ils devaient tribut et soutien
militaire.
Ce système d’autonomie contrôlée a permis à l’empire de durer longtemps, tout en
restant vulnérable aux divisions internes.
3 - Société hiérarchisée et les castes
Dans l’Empire du Djolof, la société était organisée de manière très hiérarchisée. Cela veut
dire que les individus n’étaient pas tous égaux : chacun appartenait à un groupe social
précis, avec des droits et des devoirs différents selon sa position.
La hiérarchie sociale reposait sur plusieurs grands groupes : les nobles, les castes
artisanales, les griots et les esclaves. Ces groupes étaient souvent héréditaires : on naissait
dans un groupe et on y restait toute sa vie.
Voici comment cette société était structurée :
Les Nobles (Les Geer)
Les nobles étaient au sommet de la société.
Ils formaient la classe dirigeante : rois, chefs, guerriers.
Ils possédaient des terres, commandaient les armées et rendaient la justice.
Leur rôle principal était de protéger le peuple, gouverner et représenter l’empire.
Les Castes Artisanales (Les Ñeeño)
Ce groupe était composé de personnes spécialisées dans des métiers précis.
On y trouvait :
Les forgerons (outils, armes, bijoux),
Les cordonniers (fabrication de chaussures),
Les tisserands (fabrication de tissus),
Les sculpteurs, etc.
Chaque caste avait une grande utilité économique mais restait socialement inférieure
aux nobles.
Le métier se transmettait de père en fils.
Les Griots (Les Gewel)
Les griots avaient un rôle unique : ils étaient les historiens, les chanteurs et les
conseillers.
Ils connaissaient les histoires des familles nobles, les généalogies et les traditions.
Lors des cérémonies, ils chantaient les exploits des rois et des guerriers.
Bien qu’ils soient considérés comme inférieurs aux nobles, ils étaient très respectés
pour leur savoir et leur art.
Les Esclaves (Les Jambur)
Les esclaves occupaient le rang le plus bas dans la société.
Ils étaient souvent capturés lors des guerres ou achetés.
Ils travaillaient dans les champs, servaient les nobles et parfois étaient utilisés comme
soldats.
Ils n’avaient pas de liberté, mais certains pouvaient espérer être affranchis (libérés)
après plusieurs années.
La société était structurée comme une pyramide : les nobles en haut, puis les castes
artisanales et les griots au milieu, et enfin les esclaves en bas.
Cette organisation assurait une stabilité sociale : chacun avait un rôle précis à jouer.
Remarque
Le rôle économique des femmes
Les femmes étaient très actives dans l’agriculture : elles cultivaient les champs, en
particulier le mil, le sorgho et d’autres produits alimentaires.
Elles géraient aussi le petit commerce local : sur les marchés, ce sont souvent les
femmes qui vendaient les produits (céréales, tissus, artisanat).
Grâce à leur travail, elles assuraient une grande partie de la richesse et du ravitaillement
du royaume.
Le rôle social et familial
Les femmes étaient responsables de l’éducation des enfants, surtout dans les
premières années.
Elles transmettaient les traditions, les valeurs morales et les pratiques religieuses.
Dans la famille, certaines femmes, surtout les plus âgées, avaient une autorité
importante dans la prise de décision.
Le rôle politique des femmes nobles
Parmi les femmes nobles, certaines avaient un pouvoir politique réel.
Par exemple, la Linguère (titre porté par la mère ou la sœur du roi) était une femme de
grande influence.
La Linguère conseillait le roi, et pouvait parfois intervenir dans les décisions politiques
ou jouer un rôle diplomatique (alliances entre royaumes).
Il arrivait aussi qu’une femme assure l’intérim du pouvoir si le roi était absent ou mort
sans successeur immédiat.
III-economie et échanges
1-L’agriculture et l’élevage dans l’Empire du Djolof
Dans l’Empire du Djolof, l’agriculture et l’élevage étaient les deux piliers essentiels de
l’économie et de la vie quotidienne.
L’agriculture
Importance :
L’agriculture était l’activité principale de la population.
Elle permettait de nourrir les habitants et d’assurer une partie des échanges commerciaux
avec les royaumes voisins.
Produits cultivés :
Mil (céréale résistante à la sécheresse, base de l’alimentation),
Sorgho,
Riz (surtout dans les zones plus humides),
Arachide (introduite plus tard, vers l’époque précoloniale),
Légumes et fruits pour la consommation locale.
Organisation :
Les terres agricoles étaient souvent communautaires.
Les villages cultivaient des champs collectifs, tout en permettant aux familles de gérer leurs
propres parcelles.
Les travaux agricoles étaient organisés autour des saisons des pluies et faisaient appel à
une forte solidarité entre les familles.
L’élevage
Importance :
L’élevage était aussi vital que l’agriculture, car il garantissait des ressources alimentaires et
commerciales supplémentaires.
Animaux élevés :
Bovins (vaches pour la viande, le lait, et comme animaux de trait),
Ovins (moutons),
Caprins (chèvres),
Chevaux (utilisés surtout par les guerriers et les nobles).
Utilisations :
Alimentation : viande, lait, beurre.
Commerce : le bétail était échangé contre des produits agricoles ou artisanaux.
Prestige social : posséder de nombreux troupeaux était un signe de richesse et de
pouvoir.
Mobilité :
Certains éleveurs pratiquaient un élevage semi-nomade, déplaçant leurs troupeaux selon
les saisons pour trouver de meilleurs pâturages.
Lien entre agriculture, élevage et pouvoir politique
Le Bourba Djolof et les élites dirigeantes contrôlaient de vastes domaines agricoles et de
grands troupeaux.
Le tribut payé par les royaumes vassaux comprenait souvent des produits agricoles et des
animaux d’élevage.
La prospérité agricole et pastorale renforçait ainsi l’autorité politique du Bourba et la
stabilité de l’empire.
Résumé rapide
L’agriculture : base de l’alimentation et du commerce.
L’élevage : source de richesse, de nourriture, et de prestige.
Ces deux activités ont permis au Djolof de prospérer et de soutenir son pouvoir politique.
2- Commerce transsaharien et atlantique
Commerce transsaharien :
L'empire du Djolof était situé sur une route commerciale importante traversant le Sahara.
Les marchands échangeaient avec le Maroc et l'Algérie des produits locaux (or, ivoire, cuir,
sel, esclaves) contre des textiles, armes et produits manufacturés.
Commerce côtier :
Grâce à son accès à l'Atlantique, le Djolof commerçait avec les Européens, exportant des
matières premières (or, ivoire, cuir, sel, esclaves) en échange d'armes, outils, textiles et
alcool.
Commerce intérieur :
L'empire était aussi un centre d'échanges régionaux, où circulaient des produits agricoles,
artisanaux et manufacturés entre ses différentes zones.
Importance :
Cette activité commerciale dynamique a grandement contribué à la richesse et à la
puissance de l'empire du Djolof.
Commerce atlantique
L’arrivée des Européens sur les côtes
Vers 1444, les Portugais, premiers Européens à explorer la côte ouest-africaine, établissent
des contacts commerciaux avec les royaumes côtiers (notamment le Cayor et le Waalo, qui
faisaient partie du Djolof).
Ils cherchent principalement trois produits : l’or, les esclaves et la gomme arabique.
Rapidement, des comptoirs européens apparaissent sur la côte, notamment à
l’embouchure du fleuve Sénégal.
Les produits échangés
Le Djolof échangeait principalement des esclaves, du cuir, des tissus, de la gomme
arabique et du mil contre des produits européens comme :
Du tissu européen,
Des armes à feu,
De l’alcool (comme l’eau-de-vie),
Des perles de verre et des objets de luxe.
Le commerce des esclaves, en particulier, devient une activité centrale pour plusieurs
royaumes vassaux du Djolof.
L’organisation du commerce
Le commerce était contrôlé par les rois et les chefs locaux, qui prélevaient des taxes sur les
marchandises échangées.
Le Buurba Djolof recevait également une part des profits tirés de ce commerce.
Des intermédiaires (marchands africains) jouaient un rôle essentiel : ils négociaient entre
les Européens installés sur la côte et les producteurs de l’intérieur.
3-l’influence de l’Islam dans les échanges
À partir du XVe siècle, l’islam commence à se diffuser progressivement dans l’Empire du
Djolof, surtout par l’intermédiaire des marchands, des érudits (marabouts) et des
voyageurs venus du nord (Maghreb) et de l’intérieur du continent (Soudan occidental).
Le rôle des marchands musulmans
Les marchands musulmans avaient un rôle essentiel dans les échanges.
Grâce à leur religion commune, ils facilitaient les relations commerciales entre le Djolof et
d’autres régions islamiques (comme le Mali, Tombouctou, ou les cités berbères du
Maghreb).
L’appartenance à l’islam instaurait un climat de confiance dans les transactions : les
commerçants musulmans partageaient les mêmes pratiques commerciales, comme le
respect de la parole donnée et des contrats.
L’introduction de nouveaux produits
L’islam favorise l’arrivée de produits nouveaux dans l’empire : tissus de qualité, perles,
manuscrits coraniques, objets de luxe, chevaux.
En échange, le Djolof exportait de l’or, sel, du coton, de la gomme arabique et parfois des
esclaves.
Les liens diplomatiques et religieux
L’appartenance au monde islamique permettait aussi d’établir des liens diplomatiques avec
d’autres royaumes musulmans.
Le Djolof entretenait des relations pacifiques et commerciales avec d’autres puissances
musulmanes, ce qui renforçait ses échanges économiques.
Le développement de l’éducation islamique
Avec l’arrivée de l’islam, l’alphabétisation en arabe se développe dans certaines parties de
l’empire.
Cela facilite la rédaction de contrats commerciaux, la correspondance entre marchands, et
favorise des réseaux commerciaux organisés.
La coexistence avec les traditions locales
Attention : l’islam n’a pas remplacé immédiatement les croyances traditionnelles.
Beaucoup de chefs (dont les souverains du Djolof) restaient fidèles aux religions
traditionnelles tout en profitant des avantages économiques et politiques apportés par
l’islam.
IV- le déclin de l’empire du Djolof
Le déclin de l’Empire du Djolof a été provoqué par une combinaison de facteurs internes
(problèmes à l’intérieur de l’empire) et de facteurs externes (pressions venant de
l’extérieur).
1-Les causes internes
Faiblesse du pouvoir central
Le pouvoir du Bourba Djolof s’est affaibli avec le temps.
Les royaumes vassaux (comme le Sine, le Cayor, le Baol) ont commencé à chercher plus
d’indépendance et à refuser l’autorité du roi central.
Guerres et rivalités internes
Des luttes de succession ont éclaté : plusieurs prétendants voulaient devenir Bourba,
créant des divisions.
Les conflits entre royaumes vassaux affaiblissaient l’unité de l’empire.
Affaiblissement économique
La baisse de la production agricole et des échanges commerciaux a réduit la richesse de
l’empire.
Le tribut payé par les royaumes diminuait, ce qui affaiblissait le pouvoir économique du
Bourba.
Perte de prestige
Le Bourba, considéré auparavant comme un chef sacré, a progressivement perdu son
prestige aux yeux de ses sujets.
Cela a rendu la centralisation du pouvoir de plus en plus difficile.
2-Les causes externes
Pression des royaumes voisins
Certains royaumes vassaux, devenus puissants, ont commencé à attaquer le Djolof pour
gagner leur indépendance.
Exemple : Le Cayor est devenu un royaume indépendant et a combattu contre le Djolof.
Expansion des empires étrangers
L’arrivée de nouveaux empires africains plus forts dans la région a menacé l’équilibre du
Djolof.
Influence européenne
À partir du XVe siècle, les Européens (surtout les Portugais, puis les Français) arrivent sur
les côtes d’Afrique de l’Ouest.
Ils modifient les routes commerciales traditionnelles, privilégiant les royaumes côtiers au
détriment du Djolof situé plus à l’intérieur.
Le commerce atlantique détourne les richesses, affaiblissant économiquement l’empire.
Colonisation française
Au XIXᵉ siècle, les Français imposent leur domination en Afrique de l’Ouest.
Ils mènent des campagnes militaires contre les royaumes africains.
Le Djolof est progressivement envahi, soumis, puis totalement annexé à la fin du XIXᵉ siècle
(en 1895 avec la chute du dernier roi Samba).
3-L’effondrement de l’Empire du Djolof
L’effondrement du Djolof a été progressif, marqué par plusieurs étapes importantes sur
plusieurs siècles, jusqu’à sa disparition complète au XIXᵉ siècle.
La désintégration interne
À partir du XVIᵉ siècle, les royaumes vassaux comme le Cayor, le Baol, et le Sine se
rebellent progressivement.
Chaque royaume veut devenir indépendant et refuse de payer tribut ou de reconnaître
l’autorité du Bourba Djolof.
Le Djolof se fragmente en plusieurs petits royaumes indépendants.
Exemple :
En 1549, le Cayor, sous la direction de son chef Amari Ngoné Sobel, bat les forces du Djolof
à la bataille de Dankhi et proclame son indépendance.
C’est un événement symbolique de la chute de l’autorité du Bourba Djolof.
L’isolement du Djolof
Avec la perte de ses royaumes vassaux, le Djolof est réduit à un territoire plus petit, autour
de son cœur historique.
Isolé, il devient moins puissant, moins influent économiquement et militairement.
L’arrivée des Européens et la concurrence commerciale
L’arrivée des Européens (Portugais puis Français) change les routes commerciales.
Les royaumes côtiers contrôlent désormais le commerce atlantique (or, esclaves,
marchandises), tandis que le Djolof, situé plus à l’intérieur, est marginalisé.
L’empire s’appauvrit.
L’intervention française
Au XIXᵉ siècle, la France lance la conquête coloniale de l’Afrique de l’Ouest.
Les Français cherchent à contrôler toutes les terres, y compris les anciens royaumes
intérieurs comme le Djolof.
Ils exploitent les divisions internes du Djolof et s’allient parfois avec des royaumes ennemis
pour affaiblir l’empire.
La chute définitive
Après plusieurs conflits et résistances locales, le dernier Bourba Djolof, Samba, est battu et
déposé par les Français en 1895.
Son successeur symbolique, Buuna (1895-1900), n’a aucun pouvoir réel : le Djolof est
annexé et intégré dans l’Empire colonial français.
L’Empire du Djolof cesse donc d’exister comme entité politique indépendante à la toute fin
du XIXᵉ siècle.