Module I : La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)
Introduction
La TVA est un impôt sur le chiffre d’affaires. C’est un impôt indirect sur la consommation qui fait partie de
la fiscalité indirecte qui a vite fait l’objet d’harmonisation dans le cadre du processus de l’intégration
économique et monétaire dans l’espace UEMOA. Aussi, la directive N°02/98/CM/UEMOA du 22 décembre
1998 portant harmonisation des législations des Etats membres en matière de la TVA (annexe N°1) et la
directive N°02/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 (voir annexe N°2) portant modification de la directive
précédente régissent l’essentiel de la législation en matière de TVA au niveau de l’espace UEMOA dont le
Burkina Faso est membre. Chaque pays de l’espace doit, en principe, se conformer à ces directives. A cet
effet, les législations des Etats membres de l’espace UEMOA en matière de TVA ont beaucoup de
similitudes. Ce qui facilite l’étude de la TVA dans le cadre du cursus de l’expertise comptable et financière.
Par conséquent, l’étude de la TVA portera essentiellement sur la législation fiscale du Burkina Faso.
Au Burkina Faso, la TVA est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 1993. Elle a été instituée par la loi n°
4/92/ADP du 3 décembre 1992. Cette loi a été modifiée par la loi n°058-2017/AN du 20 décembre 2017
portant Code Général des Impôts (CGI) du Burkina Faso.
Comme son nom l’indique, la TVA porte sur la valeur ajoutée réalisée par le commerçant, par l’industriel,
ou par le prestataire de service. En effet, le redevable légal chargé de collecter la taxe ne la doit au Trésor
public que dans la mesure où il a ajouté une valeur au produit ou service et cela en raison du mécanisme des
déductions.
La TVA est très rentable pour les Etats. C’est un impôt dont le montant est incorporé dans le prix du bien ou
service et est supporté par le consommateur final (redevable réel).
Les recouvrements en TVA effectués par la Direction générale des impôts (DGI) en 2019, 2020 et 2021 se
sont élevés respectivement à 269 516 250 563 F CFA, 272 355 183 273 F CFA et 301 456 991 364 F CFA.
La part de la TVA dans les recettes totales recouvrées, par la DGI, en 2019, 2020 et 2021 au profit du budget
de l’Etat s’est établie respectivement à 31,91%, 31,60 et 28,68%.
L’étude de la TVA se fera à travers la détermination de la TVA collectée (section I) et le régime des
déductions et les obligations des redevables (section II).
Section I : La détermination de la TVA collectée
La TVA ou taxe unique à paiements fractionnés est une taxe assise sur chaque transaction et sur la
valeur ajoutée au produit par le vendeur. Mais qu’est-ce que la valeur ajoutée ?
La valeur ajoutée représente la différence entre d’une part, la valeur d’un bien produit, et d’autre part
la valeur des biens nécessaires à sa production. Ainsi, selon cette approche soustractive : VA = production
(biens et services) – consommation intermédiaires (de biens et services).
A partir de cette définition, le principe de la taxation de la TVA devrait être d’abord de déterminer la
valeur ajoutée puis ensuite de la taxer. Cependant, la technique retenue consiste à calculer la taxe sur les
ventes puis à retrancher de celle-ci la taxe sur les achats. En outre, le calcul de la TVA au niveau d’une
entreprise n’est pas fait opération par opération, mais globalement pour toutes les opérations réalisées au
cours d’une période donnée (mois ou le trimestre ou l’année).
Le principe de la TVA étant connu, il est important d’étudier le champ d’application (I), la base
d’imposition, le fait générateur, l’exigibilité et le taux (II).
I- Le champ d’application
Le Champ d’application de la TVA est défini par les articles 3 à 5 de la Directive
N°02/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant harmonisation des législations des Etats membres en
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matière de TVA modifiée par la Directive n°02/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009. Ainsi, selon l’article 3
« Sont soumises à la TVA les livraisons de biens et les prestations de services, effectuées à titre onéreux par
un assujetti agissant en tant que tel, ainsi que les importations. »
Au Burkina Faso, le champ ou domaine d’application de la TVA est défini par les articles 296 à 299
du CGI. Ainsi, selon les dispositions de l’article 296 du CGI « Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée
(TVA) les affaires faites au Burkina Faso par des personnes physiques ou morales assujetties qui,
habituellement ou occasionnellement, accomplissent des actes relevant d’une activité autre que salariée. »
L’article 297 précise que l’affaire peut être définie comme étant « toute opération réalisée entre
deux personnes juridiques distinctes moyennant une contrepartie en espèces ou en nature, quels que soient
les buts recherchés ou les résultats obtenus ».
En outre, cet article précise que les agences, succursales, bureaux, établissements situés à l’étranger
sont assimilés à des personnes juridiques distinctes.
L’étude du champ d’application comporte les affaires imposables (A), la définition des assujettis (B)
et les exonérations (C).
A- Les opérations imposables
Les opérations imposables peuvent être réparties en deux groupes :
- les opérations imposables par nature ;
- les opérations imposables par disposition expresse de la loi.
1- Les opérations imposables par nature (articles 298 et 299)
Les dispositions des articles 296 et 297 définissent les conditions générales pour être assujetti à la
TVA. Aussi, l’assujettissement à la TVA repose sur la réalisation, à titre onéreux, d’affaires, d’actes ou
d’opérations non salariées au Burkina Faso.
a- Les conditions d’imposition à la TVA
Les articles 296 et 297 posent quatre conditions essentielles pour qu’une opération soit soumise à la
TVA :
. L’opération doit revêtir un caractère non salarié
Pour qu’une opération soit soumise à la taxe, elle doit relever d’une activité non salariée, dont
l’exercice ne comporte pas de liens de subordination juridique entre une personne par rapport à une
autre. Peuvent être donc rangées dans cette catégorie et passibles de la TVA :
. les activités industrielles et commerciales (vente de produits fabriqués, vente à consommer sur
place, location de biens meubles, transport de personnes…)
. les activités libérales (travaux d’analyse, travaux d’expertise, soins médicaux, travaux d’assistance
et de conseil, travaux d’études et de recherches, activités d’enseignement …)
. les activités agricoles ;
. les activités extractives.
. L’opération doit comporter une contrepartie
Cette condition implique au profit du vendeur ou du prestataire de services l’encaissement d’un prix
quelle qu’en soit la nature (somme d’argent ou bien remis en échange) et quels qu’en soient les buts
recherchés (lucratifs ou non) ou les résultats obtenus (bénéfice ou perte).
. l’opération doit être réalisée entre deux personnes juridiques
La notion de personnes juridiques distinctes peut être ramenée à des personnes assujetties à la taxe.
l’opération doit être réalisée par un assujetti
Selon l’article 300 « Sont assujetties à la TVA, les personnes physiques ou morales qui réalisent des
affaires imposables et relevant du régime d’imposition du réel normal, selon les seuils fixés aux articles 527
et suivants (personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes est égal ou supérieur
à cinquante millions de F CFA).
L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont assujettis de plein droit à la
TVA pour leurs activités à caractère industriel ou commercial. »
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Outre les quatre conditions ci-dessus, la loi exige que l’opération soit réalisée au Burkina Faso
(principe de territorialité).
b- La territorialité
Selon l’article 303 du CGI « Sont soumises à la TVA, les opérations réalisées au Burkina Faso, non
comprises dans la liste des exonérations prévues aux articles 307 et 308, même lorsque le domicile ou le
siège social du redevable réel est situé en dehors des limites territoriales du Burkina Faso.
Pour les biens, l’article 304 précise que « le lieu d’une livraison de bien est réputé situé au Burkina Faso
dès lors que le bien s’y trouve au moment de la livraison.
En cas de transport du bien, le lieu de livraison du bien est réputé situé au Burkina Faso au moment du
départ de l’expédition ou du transport à destination de l’acquéreur.
Si le bien fait l’objet d’une installation ou d’un montage par le fournisseur ou pour son compte, le lieu de la
livraison est réputé se situer à l’endroit où est fait l’installation ou le montage. »
En ce qui concerne les prestations de services, selon l’article 305, ils sont imposables au Burkina Faso
lorsqu’elles y sont exécutées. Toutefois, lorsque la prestation, bien qu’exécutée dans un autre pays, est
utilisée ou exploitée au Burkina Faso, l’imposition est faite au Burkina Faso.
2) Les prestations de services exécutées au Burkina Faso mais utilisées dans un autre pays sont assimilées à
des exportations de services et ne sont pas imposables au Burkina Faso.
3) Le lieu d’imposition des prestations de services est réputé se situer :
• pour les prestations de services se rattachant à un bien immeuble, à l’endroit où le bien est situé ;
• pour les prestations de nature artistique, culturelle ou sportive, au lieu où elles se sont matériellement
déroulées.
4) Le lieu d’imposition des travaux immobiliers est situé au Burkina Faso lorsque ceux-ci y sont effectués.
Enfin, selon l’article 306 « les commissions sont réputées perçues au Burkina Faso à l’occasion des ventes
de titres de transport par les agences de voyage immatriculées au Burkina Faso, quel que soit la destination
ou le mode de transport ou le siège de la société de transport. »
Le lieu d’imposition de ces différentes opérations est conforme à celui de la Directive
n°02/98/CM/UEMOA notamment en ses articles 12, 13 et 14 qui traitent de cette question de
territorialité.
c- La nature des opérations (article 298)
Selon les dispositions de l’article 298 constituent des affaires imposables :
1) Les livraisons de biens
Par livraison de biens, il faut entendre toute opération ayant pour effet de transférer la propriété de
biens matériels et immatériels à des tiers et réalisée aux conditions de livraison définies à l’article 304
(principe de territorialité), que ces biens soient ou non fabriqués par celui qui effectue l’opération.
Sont notamment assimilées à des livraisons de biens :
• les fournitures d’eau, d’électricité et de gaz ;
• les ventes à tempérament ou ventes à crédit ;
• la transmission de biens effectuée en vertu d’un contrat de commission à l’achat ou à la vente.
2) Les travaux immobiliers
Par travaux immobiliers, il faut entendre :
• tous les travaux exécutés par les différents corps de métier participant à la construction, à la
rénovation, à l’entretien et à la réparation de bâtiments et d’ouvrages immobiliers ;
• les travaux publics ;
• les travaux de chaudronnerie (découpe et transformation du métal) de bâtiments et de constructions
métalliques ;
• les travaux de démolition ;
• les travaux accessoires ou préliminaires à des travaux immobiliers.
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3) Les prestations de services
Par prestation de services, il faut entendre toute opération qui ne constitue pas une livraison de biens
effectuée entre deux personnes juridiques distinctes et comportant une contrepartie en espèces ou en nature,
notamment :
• les concessions de biens incorporels ;
• les locations de fonds de commerce ;
• les locations de biens meubles ou immeubles ;
• les opérations d’entremise ;
• les opérations de banque, d’assurance et de réassurance ;
• les travaux à façon ne relevant pas des actes de production ;
• les opérations d’entretien et de réparation de biens meubles ;
• les ventes à consommer sur place ;
• les opérations de tourisme, d’hôtellerie et de restauration ;
• les activités de spectacles et de divertissement ;
• les opérations de transport ;
• les fournitures de télécommunication ;
• les opérations réalisées par les professions libérales.
Au total, nous venons d’examiner les conditions générales pour qu’une opération puisse être
imposable et énumérer certaines affaires imposables par nature. D’autres ne remplissent pas ces conditions
mais entrent dans le champ d’application de la TVA en raison des dispositions expresses de la loi.
NB : Certaines activités financières seront soumises à la Taxe sur les Activités Financières
(TAF) à compter du 1er juillet 2021 (Loi N°035-2020/AN du l9 octobre 2020 portant loi de finances
pour l'exécution du budget de l'Etat, exercice 2021) et par conséquent seront exonérées de la TVA
pour éviter la double imposition à partir de cette date. Les autres Etats de l’UEMOA sont déjà
concernés par cette taxe spécifique sauf la Guinée Bissau.
2- Les opérations imposables par dispositions expresses de la loi
Aux termes des dispositions des articles 299 les importations et la livraison à soi-même (LASM) de
biens et services sont taxables par la volonté expresse du législateur.
a- Les importations : article 299-1)
Par importation, il faut entendre le franchissement du cordon douanier au Burkina Faso pour la mise
à la consommation qu’il s’agisse de marchandises provenant de l’extérieur ou placées jusqu’alors sous un
régime douanier suspensif.
Sont assimilées à des importations :
• les prestations de services rendues par des non-résidents ;
• les acquisitions de biens immatériels acquis auprès de non-résidents
b- Les transformations de produits du secteur primaire : 299-2)
2) Les opérations de transformation de produits agricoles et piscicoles et toutes autres opérations,
réalisées par les agriculteurs, les pêcheurs, leurs coopératives ou leurs unions de coopératives, qui en raison
de leur nature ou de leur importance sont assimilables à celles réalisées par les industriels et les
commerçants, que les opérations constituent ou non le prolongement de l’activité agricole ou piscicole.
c- La livraison à soi-même (LASM) des biens et services (article 299-3°)
La LASM est une opération dans laquelle l’assujetti a la double qualité de fournisseur et de
consommateur. Par conséquent, il y a absence de deux personnes juridiques distinctes. En outre, l’opération
a pu être réalisée sans aucune contrepartie, c’est-à-dire une opération qui n’est pas effectuée à, titre onéreux.
Deux situations doivent être considérées :
- La LASM est faite pour les besoins de l’exploitation ;
. la LASM porte sur des biens autres qu’immobilisation ou services par exemple sur les stocks :
l’imposition est établie si le bien fabriqué, extrait, transformé n’ouvre pas droit à déduction ou si ledit bien
conserve un droit à déduction limitée.
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. la LASM porte sur des immobilisations : l’imposition est également établie si la taxe exigible est
immédiatement et intégralement récupérable. Dans ce cas, l’incidence financière est nulle pour l’entreprise.
- La LASM de biens ou services est effectuée pour les besoins autres que ceux de l’exploitation
c’est-à-dire pour les besoins propres de son personnel, de ses dirigeants ou à titre gratuit à des tiers (cadeaux
et dons). Ces biens et services sont imposables s’ils ont ouvert droit à déduction.
L’imposition des LASM vise à faire supporter à l’entreprise (ou à l’exploitant) qui se livre à elle-
même des biens ou services, la même charge fiscale que celle qui se trouverait dans l’obligation d’acheter
ces mêmes biens et services.
d- L’imposition des activités relatives au commerce électronique
Dans le cadre de l’élargissement de l’assiette, l’imposition des activités relatives au commerce en
ligne a été consacrée en 2025 grâce aux dispositions de l’article 299-4) du CGI. Ainsi, « les ventes de biens
et les prestations de services effectuées sur le territoire burkinabè à travers les plateformes de commerce
électronique étrangères ou locales, y compris les commissions perçues par les opérateurs de plateformes de
commerce en ligne à l'occasion de ces opérations. » (Article 26 de la LF exercice 2025)
e- Le champ résiduel
Selon l’article 299-5, toute activité lucrative autre que les emplois salariés sont imposables à la TVA.
En somme, le champ d’application de la TVA couvre une multitude d’opérations à l’exclusion des
activités salariales. Ces opérations à l’exception des importations et des LASM, doivent remplir les
conditions d’imposition pour que la TVA soit due. Aussi, convient-il d’étudier les personnes assujetties à
cette taxe.
B- Les personnes assujetties (articles 300 à 302 du CGI)
Outre la différence entre l’assujetti et le redevable, il sera question de l’assujetti par option.
1- L’assujetti de droit commun
Il convient de distinguer les assujettis établis sur le territoire national de ceux qui sont hors du Burkina Faso.
a- L’assujetti établi au Burkina Faso
Selon l’article 300 « sont assujetties à la TVA, les personnes physiques ou morales qui réalisent des
affaires imposables et relevant du régime d’imposition du réel normal, selon les seuils fixés aux articles 527
et suivants.
L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont assujettis de plein droit à la
TVA pour leurs activités à caractère industriel ou commercial. »
Depuis le 1er janvier 2015, les assujettis à la TVA sont les personnes physiques ou morales qui
réalisent des opérations imposables dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes est supérieur ou égal à
cinquante millions (50 000 000) F CFA. Ce seuil est conforme à l’article 16 de la Directive 02-2009 de
l’UEMOA (entre 30 et 100 millions pour les entreprises réalisant des opérations de livraisons de biens et
entre 15 et 50 millions pour celles qui réalisant des prestations de services).
b- Le cas des assujettis domiciliés hors du Burkina Faso
Le redevable non résident doit se faire représenter par un redevable résident. Aussi, l’article 302 du CGI-
dispose que « lorsqu’un redevable n’est pas domicilié au Burkina Faso, il doit faire accréditer auprès d’un
service des impôts, un représentant domicilié au Burkina Faso qui s’engage à remplir les formalités
incombant à ce redevable et à acquitter la taxe à sa place.
À défaut, la taxe et le cas échéant les pénalités, sont exigées de la personne destinataire de l’opération
imposable ».
2- Les assujettis par option (article 301 du CGI)
Aux termes des dispositions de l’article 301 « sont assujettis à la TVA par option, les exploitants agricoles,
les planteurs, les éleveurs, les sylviculteurs et les pêcheurs, quel que soit leur chiffre d’affaires annuel et les
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entreprises de transport routier de personnes et de marchandises relevant du régime du réel normal
d'imposition uniquement pour leur activité de transport.
L’option est irrévocable et prend effet à compter du premier jour du mois au cours duquel elle est
exercée. »
Il est important de préciser que la Directive 02-1998 de l’UEMOA, en son article 4, a exclu le secteur
agricole du champ d’application de la TVA, tout en donnant la possibilité à chaque Etat membre de
l’imposer dans les conditions et selon les modalités qu’il définit.
Au total, le champ d’application de la TVA est vaste. Aussi, pour éviter que certaines opérations ne
soient imposées, le législateur a prévu accorder des exonérations.
C- Les exonérations (articles 307 à 309 du CGI)
Les opérations exonérées sont des opérations qui entrent dans le champ d’application de la TVA.
Cependant, le législateur les exclut soit pour éviter une double imposition, soit pour des raisons de
compétitivité, soit pour des motifs sociaux.
1-Les exonérations destinées à éviter une double imposition
Le législateur en évitant d’imposer certaines opérations vise à éviter la double imposition.
a- Les opérations supportant la taxe unique sur les contrats d’assurance et les activités financières
soumises à TAF (art.307)
Les affaires effectuées par les entreprises d’assurance et de réassurance et qui sont soumises à la taxe
unique sur les assurances.
Les opérations soumises à la taxe sur les activités financières TAF à compter du 1 er juillet 2021 et
remplacement de la TVA.
Les opérations effectuées par les courtiers en assurances.
b- Les opérations soumises aux droits d’enregistrement (art.307-17)
Les mutations d’immeuble, de droit réel immobilier, de droit au bail, de fonds de commerce et de titre
minier imposées aux droits d’enregistrement ou à une imposition équivalente à l’exclusion des opérations
effectuées par les marchands de biens.
Le marchand de bien, par définition, est une personne dont l’activité professionnelle est d’acheter et de
vendre des biens immobiliers, tels que les immeubles, des maisons, des fonds de commerce, des logements
ou des parts de sociétés immobilières. Le marchand de biens de distingue de l’agent immobilier en étant
propriétaire du bien qu’il vend ou revend. Il rénove ou embellit souvent le bien pour augmenter sa valeur et
trouver des acquéreurs prêts à un prix plus élevé ? Il a le statut de commerçant.
2-Les exonérations dictées par des motifs sociaux et culturels
a- Les exonérations liées aux raisons sociales
Il s’agit :
- Les recettes réalisées dans le cadre de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et supérieur
dispensé dans les établissements publics et dans les établissements privés reconnus par l’État.
- des opérations effectuées par les entreprises de construction d’habitats sociaux agréées comme
telles et dont les prix de référence sont fixés par les pouvoirs publics ;
- les services rendus par les associations à but non lucratif légalement constituées et les
établissements reconnus d’utilité publique, sous réserve que lesdits services soient conformes à l’objet
statutaire de l’association ou de l’établissement ;
- les consultations médicales, soins et autres prestations présentant un caractère médical qu’ils soient
au bénéfice de la santé humaine ou animale, y compris les prestations d’hospitalisation et de transport de
malades et de blessés ;
- les prestations d’hébergement et de restauration fournies aux malades dans les structures sanitaires ;
- les fournitures d’eau et d’électricité aux personnes physiques pour un niveau de consommation fixé
par ordonnance prise en Conseil des Ministres. En fait, l’exonération concernée est limitée à un niveau de
consommation ;
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- les médicaments, les produits pharmaceutiques, les matériels et les produits spécialisés pour les
activités médicales ;
- les importations et les ventes de produits alimentaires non transformés, frais, réfrigérés ou congelés
destinés à la consommation, y compris le poisson ;
-10) b) de viandes non transformées, fraîches, réfrigérées ou congelées destinées à la consommation
à l'exclusion de la viande congelée importée.; (article 307-10)b)
- les intérêts sur des prêts consentis aux personnes physiques pour la construction ou l’acquisition de
la première maison ou du premier appartement destiné à leur habitation principale lorsque la valeur hors taxe
ne dépasse pas un montant fixé par arrêté du Ministre chargé des finances (10 millions) ;
- pour compter de 2013 le matériel solaire y compris le matériel fonctionnant avec l’énergie solaire
(lampe, réfrigérateur, etc.) ;
- les opérations de transport routier de personnes et de marchandises effectuées par les entreprises de
transport relevant du régime du réel normal d’imposition (Loi de Finances, exercice 2020).
b- Les exonérations fondées sur des raisons culturelles.
Il s’agit des ventes par les artistes d’œuvres d’art à l’exception des articles d’orfèvrerie, de bijouterie,
de joaillerie ainsi que des objets manufacturés par les artisans ou industriels de l’art.
3- Les exonérations liées aux activités du commerce extérieur et agricoles
D’une manière générale, les exportations sont exonérées de la TVA dans toutes les législations en vue
d’encourager la promotion du commerce extérieur source de nombreux avantages économiques et
financiers.
a- les exonérations liées au commerce extérieur
L’article 307-2) vise les exportations directes de biens matériels et immatériels, les réexportations en
suite de régime douanier suspensif et les exportations de services ainsi que celles qui sont assimilées. Ce
sont :
- les transports terrestres pour la partie réalisée à l’étranger lorsque les prestations sont effectuées du
Burkina Faso vers l’étranger ;
- les transports aériens internationaux et les déménagements internationaux par voie aérienne ;
- l’avitaillement des aéronefs à destination de l’étranger ;
Dans le but de favoriser les exportations des fruits et légumes, le législateur a décidé pour compter du 1 er
janvier 2011 d’exonérer les ventes d’emballages par les fabricants pour le conditionnement des fruits et
légumes destinés à l’exportation par les professionnels. Aussi, pour éviter les abus, il est précisé que les
modalités d’application de l’exonération sont fixées par voie règlementaire.
-b- Les exonérations liées au secteur agricole
Sauf l’option prévue par les articles 301 et 530 les ventes effectuées par les agriculteurs ou les
pêcheurs de produits non transformés de leur culture, de leur élevage ou de leur pêche sont exonérées
(article 307°). En outre, il faut noter l’exonération des intrants et matériels agricoles.
4- Les autres exonérations
a- Les exonérations en faveur des personnes morales de droit public
Aux termes de l’article 307-4, les ventes, cessions ou prestations réalisées par l’État, les collectivités
territoriales et les établissements publics n’ayant pas un caractère industriel ou commercial sont exonérées.
b- Les exonérations diverses
Elles concernent une variété d’activités que le législateur entend protéger sous certaines conditions.
Ce sont :
- les opérations effectuées par les contribuables relevant de la Contribution des Micro-
Entreprises (CME) ;
- les opérations effectuées par les contribuables du régime du bénéfice du réel simplifié
d’imposition pour compter du 1er janvier 2015.
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c- Les exonérations au profit de personnes dans le cadre des relations internationales
Conformément aux dispositions de l’article 309-1) du CGI, l’État peut accorder des exonérations dans le
cadre des relations internationales qui sont, sous réserve de réciprocité, strictement limitées :
- aux fournitures d’eau, de téléphone et d’électricité, aux prestations de services et aux
travaux immobiliers effectués dans les locaux de la mission diplomatique et à la résidence
principale du chef de mission ;
- aux biens et services nécessaires au fonctionnement des organismes internationaux et
organismes assimilés ayant conclu avec l’Etat une convention de siège ;
- aux biens nécessaires au fonctionnement des institutions du système des Nations Unies
conformément à la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies du 13
février 1946.
Pour bénéficier de cette exonération, les contribuables doivent disposer d’un certificat d’exonération
et solliciter la détaxe de la TVA auprès de la Direction générale des impôts
5-Les exonérations prévues par la Directive N°02/2009/CM/UEMO portant modification de la
Directive N°02/98/CM/UEMOA DU 22 DECEMBRE 1998 portant harmonisation des législations des
Etats membres en matière de TVA.
Ces exonérations sont très limitées et l’article 29 les énumère.
Article 21 nouveau
Sont exonérées de la Taxe sur la Valeur Ajoutée :
1. les prestations d’hospitalisation, y compris le transport des blessés et malades, et les prestations de
soins à la personne réalisées par les centres hospitaliers publics, centres de soins, ou par des organismes
assimilés, et les prestations de soins rendues par les membres du corps médical et paramédical ;
2. les livraisons de médicaments et produits pharmaceutiques, ainsi que des matériels et produits
spécialisés pour les activités médicales conformément à la de Directive n° 06/2002/CM/UEMOA du 19
septembre 2002 portant détermination la liste commune des médicaments, produits pharmaceutiques,
matériels et produits spécialisés pour les activités médicales exonérés de la TVA au sein de l’UEMOA ;
3. les livraisons de produits alimentaires non transformés et de première nécessité conformément à la
liste, objet de l’annexe à la présente Directive dont elle fait partie intégrante ;
4. les prestations de services réalisées dans le domaine de l’enseignement scolaire ou universitaire
par les établissements publics et privés ou par des organismes assimilés ;
5. la tranche sociale de consommation des livraisons d’eau et d’électricité, dont les éléments
constitutifs sont définis par chaque Etat membre ;
6. les opérations bancaires et les prestations d'assurance et de réassurance, qui sont soumises à une
taxation spécifique ;
7. les mutations d’immeubles, de droits réels immobiliers et les mutations de fonds de commerce
imposées aux droits d’enregistrement ou à une imposition équivalente ;
8. les livraisons, à leur valeur faciale, de timbres-poste pour affranchissement, de timbres fiscaux et
d'autres valeurs similaires ;
9. les ventes de livres ;
10. les ventes de journaux et publications périodiques d’information, à l'exception des recettes de
publicités ;
11. les ventes, par leur auteur, d’œuvres d’art originales ;
12. les locations d’immeubles nus à usage d’habitation ;
13. le gaz à usage domestique.
En somme, nous venons d’analyser les opérations imposables d’une manière générale. Ce champ
d’application de la TVA, initialement très vaste, a été restreint par les différentes exonérations pour diverses
raisons. Cette restriction aboutit à identifier les opérations effectives sur lesquelles la TVA doit être collectée
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ou facturée. Mais sur quelle base doit-on appliquer le taux ? A partir de quel moment le Trésor public peut-il
réclamer le paiement de sa dette fiscale ?
II- Le fait générateur, l’exigibilité, la base imposable et le taux
Outre le fait générateur et l’exigibilité, nous aborderons la base d’imposition de la TVA et le taux de
cette taxe.
A- Le fait générateur et l’exigibilité
Le fait générateur et l’exigibilité de la TVA sont régis par les articles 315 et 316 du CGI. Aussi, il
convient dans un premier temps de donner la définition de ces notions avant de s’attarder sur le cas des
différentes opérations imposables.
1- Définitions
Deux définitions seront données.
a- Le fait générateur
La doctrine française définit le fait générateur comme « le fait par lequel sont réalisées les conditions
légales nécessaires pour l’exigibilité de la taxe ». C’est donc l’événement qui donne naissance à la créance
fiscale du Trésor public.
Si le fait générateur donne naissance à la créance fiscale, il ne la rend pas pour autant immédiatement
exigible.
b- L’exigibilité
Il s’agit du droit que le Trésor public peut faire valoir à partir d’un moment donné, auprès du
redevable pour obtenir le paiement de la taxe. C’est donc le droit reconnu au Trésor de réclamer le paiement
de l’impôt à un moment précis.
Dans le mécanisme de fonctionnement de la TVA, l’exigibilité a un intérêt essentiel pour l’assujetti
et pour le client :
- pour l’assujetti, l’exigibilité permet de déterminer à quelle période d’imposition, il faut rattacher les
opérations réalisées ;
- pour le client, l’exigibilité détermine la date à laquelle, il peut déduire la taxe qui lui a été facturée
dès lors qu’il a la possibilité de déduire cette TVA récupérable.
2- Le fait générateur et l’exigibilité des opérations imposables
Dans la plupart des cas, le fait générateur et l’exigibilité coïncident. Cependant, il y a des exceptions.
a- Le fait générateur
Selon l’article 315 du CGI, le fait générateur est constitué par :
• 1° la livraison du bien ou du travail pour les ventes, les travaux immobiliers et les travaux à façon.
Pour les travaux immobiliers donnant lieu à l’établissement de décomptes, le fait générateur est réputé
intervenir lors de l’expiration des périodes auxquelles ces décomptes se rapportent ;
• 2° l’accomplissement des services rendus pour les prestations de services et les prestations à soi-
même ;
• 3° la mise à la consommation de la marchandise sur le territoire burkinabè au sens douanier du
terme pour les importations ;
• 4° l’émission de la facture ou la comptabilisation de l’opération pour les importations de biens
immatériels ou les prestations de services rendues par des non-résidents ;
• 5° la première utilisation pour les livraisons à soi-même de biens ou de travaux immobiliers.
Toutefois, en cas d’émission d’une facture avant que les livraisons de biens ou les prestations de
services ne soient effectuées, le fait générateur est réputé intervenir au moment de l’émission de la facture.
b- L’exigibilité (art.316 du CGI)
- L’exigibilité est constituée :
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1) Pour les livraisons de biens, au moment où la livraison des marchandises ou produits est effectuée.
En cas d’établissement de facture avant que des livraisons ne soient effectuées, la taxe devient exigible au
moment de l’émission de la facture.
2) Pour les prestations de services, par l’accomplissement des services. Toutefois en ce qui concerne les
redevables soumis à l’impôt sur les bénéfices non commerciaux, l’exigibilité intervient à l’encaissement
du prix des services.
3) Pour les travaux immobiliers, par l’exécution des travaux.
4) Pour les importations, par la mise à la consommation de la marchandise sur le territoire burkinabè au sens
douanier du terme.
Pour les importations de biens immatériels ou les prestations de services rendues par des non-résidents, par
l'émission de la facture ou la comptabilisation de l'opération.
5) Pour les livraisons à soi-même, par la date du prélèvement du bien ou la première utilisation du service
6) S’il s’agit de fournitures ou de livraisons à l’État, aux collectivités territoriales ou à leurs démembrements
n’ayant pas un caractère industriel ou commercial, un différé de paiement peut être accordé par le service
des impôts jusqu’au moment du paiement par les services du Trésor public.
Le montant dû est retenu à la source par le service chargé du paiement, au taux indiqué par le service des
impôts lors du visa des décomptes, du marché ou du contrat. À défaut de visa, une pénalité de 25 % en cas
de mauvaise foi et 200 % en cas de manœuvres frauduleuses, des droits dus sera infligée aux contrevenants.
Le Burkina Faso n’est-il pas allé dans le sens de la Directive 02-1998 notamment en son article 24 où
s’agissant des prestations de service, le fait générateur intervient au moment où la prestation est effectuée, et
la taxe devient exigible lors de l’encaissement du prix, ou à concurrence du montant encaissé, lors de
l’encaissement d’une fraction du prix de la prestation.
Cependant, à l’examen de l’article 26 de cette Directive, le Burkina Faso, peut fixer son exigibilité à
l’accomplissement du service. En effet, cet article précise que « Les Etats membres peuvent déroger aux
dispositions de l’article 24 pour certaines opérations sous réserve que l’exigibilité de la taxe soit fixée au
plus tard au moment de l’encaissement du prix de l’opération, ou de l’établissement de la facture. »
En somme, l’importance du fait générateur et de l’exigibilité est évidente comme établie plus haut.
L’exigibilité précise à quel moment le Trésor peut réclamer le paiement de la TVA. Aussi, est-il nécessaire
de savoir sur quelle base calculer la taxe.
B- La base d’imposition
La base d’imposition de la TVA est régie par les articles 310 à 314 du CGI.
1- Les règles générales d’assiette
Il est important de définir la base imposable de façon générale et de préciser ensuite les éléments à prendre
en compte dans cette base et ceux qui en sont exclus.
a- Le cas général (art.310)
La base imposable est constituée :
1° pour les livraisons de produits extraits ou fabriqués au Burkina Faso, par le prix de vente réclamé au
client ou par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir en contrepartie ;
2° pour les travaux immobiliers, par le montant des mémoires, marchés, factures ou acomptes, y compris les
travaux confiés à des sous-traitants ;
3° Pour les prestations de services et les importations de biens immatériels, par les prix des services ou par
toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir en contrepartie.
4° pour les importations par la valeur en douane des marchandises augmentée des droits et taxes de porte
de toute nature liquidés par l’administration des douanes ;
5° pour les livraisons à soi-même, par le prix de revient des biens, services ou travaux ;
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6° pour les entreprises de travail temporaire, sur toutes les sommes facturées au client ;
7° pour les échanges, par la valeur des produits reçus en contrepartie du bien livré, augmentée, le cas
échéant, du montant de la soulte.
b- Les éléments essentiels à inclure dans la base d’imposition (art.311)
Les éléments à inclure dans la base d’imposition, outre le prix principal de la marchandise ou du service,
sont :
1) Les frais accessoires tels que les intérêts, les frais de commission, d’emballage, de transport et
d’assurance demandés par le fournisseur à l’acheteur ou au preneur, ainsi que le montant des droits de
douane, des droits d’accises et toute autre taxe applicables aux produits ou au service, à l’exception de la
TVA elle-même.
Cependant, les frais de transport sont exclus de la base d’imposition à condition que la vente soit conclue
aux conditions « départ » et que le transport soit à la charge de l’acquéreur et rémunéré distinctement.
2) Les indemnités n’ayant pas le caractère de dommages et intérêts.
3) Les subventions et abandons de créance qui représentent l’unique contrepartie d’une opération imposable
ou qui constituent un complément direct du prix d’une telle opération ou sont destinées à compenser
globalement l’insuffisance des recettes d’exploitation d’une entreprise.
c- Les éléments à exclure dans la base d’imposition (article 312)
Les éléments à exclure de la base d’imposition sont les suivants :
1° les escomptes, remises, rabais, ristournes et autres réductions de prix consentis sur facture aux clients et
dans les normes habituelles de l’activité concernée ;
• 2° les sommes perçues lors des livraisons d’emballages consignés à condition que la TVA afférente à ces
sommes ne soit pas facturée ;
• 3° les indemnités ayant le caractère de dommages et intérêts ;
• 4° les primes et subventions d’équipement affectées au financement d’un bien d’investissement et les
aides à caractère financier entre entreprises ;
• 5° les débours dûment justifiés.
N.B. : les frais de transport ne sont pas rattachés au prix principal s’il s’agit d’une vente « départ », le
transfert de propriété ayant lieu dès la sortie du magasin du vendeur et le transport n’incombant pas à ce
dernier.
A côté de ces règles générales relatives à la base imposable, il y a des règles particulières d’assiette.
2- Les règles particulières d’assiette (articles 313 et 314)
Nous examinerons le cas des biens d’occasion et les opérations d’entremise.
a- L’imposition sur la marge
Le législateur définit les biens d’occasion comme les biens ayant fait l’objet d’une utilisation et qui
sont susceptibles de réemploi en l’état ou après réparation. Ainsi, sont exclus les biens détériorés avant tout
usage et les biens rénovés ou transformés.
L’article 313 prévoit que les vente de biens d’occasion sont exonérés à l’exclusion de celles relatives
aux biens amortissables ayant donné droit à déduction effectuées par les assujettis et de celles réalisées par
les négociants en biens d’occasion. Aussi, l’article 313 alinéa 2 soumet-il les ventes de biens d’occasion
réalisées par les négociants à la TVA sur option pour tout ou partie des affaires réalisées.
En ce qui concerne la base d’imposition, elle est constituée par la différence entre le prix de vente et
le prix de revient. Toutefois, la TVA ayant grevé le prix d’acquisition des biens revendus n’est pas
déductible.
De plus, dans le cas où l’option faite par le négociant concerne seulement une partie de ses affaires, il
lui est demandé de tenir une comptabilité distincte selon le mode de facturation et à établir des factures
adéquates en conséquence.
b- Les opérations d’entremise (article 314)
Pour les opérations d’entremise effectuées par les agences de voyages et les organisateurs de circuits
touristiques, la base d’imposition est constituée par la différence entre le prix total hors TVA payé par le
client et le prix hors TVA déductible facturé à l’agence ou à l’organisateur, par les entrepreneurs de
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transport, les hôteliers, les restaurateurs, les entrepreneurs de spectacles et les autres assujettis qui exécutent
matériellement les services utilisés par le client.
La TVA facturée par les entrepreneurs de transport, les hôteliers, les restaurateurs, les entrepreneurs de
spectacles et les autres assujettis qui exécutent matériellement les services utilisés par le client n’est pas
admise en déduction.
En somme, le rétrécissement de la base d’imposition par l’imposition sur la marge ou sur le montant
de la commission n’est pas nécessairement un avantage dans la mesure où cela s’accompagne d’une
restriction dans l’exercice du droit à déduction. En outre, après avoir déterminé la base d’imposition,
l’application à cette base du taux de la TVA permet d’obtenir la TVA collectée.
C- Le taux d’imposition
Les taux des impôts indirects et plus particulièrement de la TVA font souvent l’objet de nombreuses
manipulations en fonction des objectifs budgétaires ou en fonction des impératifs économiques et sociaux.
Aussi, au Burkina Faso, avant l’application de taux unique, il y a eu la cohabitation de taux multiples.
1- Les taux multiples
Dès l’institution de la TVA, le législateur a retenu deux taux dont un taux de 10% pour les produits
de large consommation et un taux de 15% pour les autres à l’exception de ceux exonérés.
2- Le taux unique
Les difficultés liées à l’utilisation des taux multiples et aussi pour des raisons budgétaires, le
législateur adopte un taux unique de 15% dès le 1er /12/1993 (loi n° 27/93/ADP).
Dans le cadre du processus d’intégration économique sous-régionale au sein des pays de l’UEMOA,
et le souci d’harmoniser les législations fiscales des pays membres, en 1996 (loi n° 26/07/96 du 16 juillet
1996), le législateur adopte à compter du 1er septembre 1996, le taux unique de 18%.
Il importe de préciser que ce taux de 18% a été maintenu par la loi n°0058-2017/AN du 20 décembre
2017 portant code général des impôts.
Cependant, avec la pandémie de la maladie à Corona virus apparue au Burkina Faso en mars 2020, la
Loi n°031-2020/AN, du 09 juillet 2020 promulguée le 20 juillet 2020, portant Loi de finances rectificative
de la Loi de finances pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2020 a introduit un taux réduit pour
promouvoir le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Aussi, pour compter du 1er janvier 2025, l'article
317 du CGI a été modifié et rédigé ainsi qu'il suit :
Le taux de la TV A est fixé à 18%.
Ce taux est réduit à 10% :
- pour les prestations d'hébergement et de restauration fournies par les hôtels, les restaurants et
organismes assimilés agréés ;
- pour les transports aériens nationaux.
NB : Selon l’article 29 de la Directive N°02-2009 « les Etats membres fixent un taux de TVA
applicable pour l’ensemble des opérations imposables. Ce taux est compris entre 15% et 20%. Toutefois, ils
ont la faculté de fixer un taux réduit de la TVA compris entre 5% et 10% à un nombre maximum de dix (10)
biens et services dont les prestations d’hébergement et de restauration fournies par les hôtels, les restaurants
et organismes assimilés agréés et les prestations réalisées par les organisateurs de circuits touristiques
agréés.
3- La liquidation (art.317)
Lorsque la liquidation fait apparaître des fractions de francs, les sommes résultantes de cette liquidation sont
arrondies au franc inférieur.
N.B. : les exportations de biens imposables en régime intérieur sont taxées au taux de 0.
Dans le mécanisme de détermination de la TVA nette, la détermination de la TVA collectée est la
première étape ; la seconde étape constitue la détermination de la TVA déductible ou TVA récupérable.
Section II : Le régime des déductions et les obligations des redevables
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Toute TVA récupérable n’est pas systématiquement admise en déduction. La loi détermine les
conditions pour la déductibilité de la TVA facturée par le fournisseur (de services ou de produits) d’une
manière générale.
I- La détermination de la TVA déductible (articles 318 à 333 du CGI)
La détermination de la TVA déductible constitue une étape importante en ce sens qu’elle permet de
diminuer la TVA collectée. Aussi, est-il nécessaire d’étudier le régime de déductions (A), les modalités du
droit à déduction (B) et le mécanisme de remboursement de crédit de TVA (C).
A- Le régime des déductions
Le régime de déduction est fondé sur le principe selon lequel la TVA qui a grevé les éléments du prix
d’une opération imposable est déductible de la TVA applicable sur cette opération. C’est le mécanisme de
l’imputation de la TVA d’amont sur la TVA d’aval.
Le régime des déductions soulève donc quelques difficultés qui seront abordées à travers l’examen
des points suivants :
- le droit à déduction ;
- les exclusions du droit à déduction ;
- les limitations du droit à déduction.
1- Le droit à déduction (article 326)
L’exercice du droit à déduction repose sur les articles 326 et 329 du CGI.
a- L’exercice du droit à déduction
Toute TVA facturée à l’entreprise à quelque titre que ce soit, ouvre en principe droit à déduction.
Ainsi, la TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération imposable est déductible de la TVA
applicable sur cette opération.
Le système de paiements fractionnés permet à chaque intermédiaire du circuit économique de
production ou de distribution de collecter un acompte sur cette taxe et à le reverser au Trésor public. Ainsi,
chaque intermédiaire collecte la taxe sur sa valeur ajoutée réalisée par lui-même sur le produit considéré.
Deux méthodes permettent d’y parvenir. Il s’agit :
- de déterminer la valeur ajoutée (VA) ou marge et lui appliquer le taux. On obtient directement la
taxe sur la VA (TVA). Cette méthode exceptionnelle ne s’applique qu’aux négociants en biens d’occasion
ou aux agences de voyages et au vendeur de ciment.
- La seconde méthode qui constitue celle du droit commun débouche indirectement sur la taxe nette
(TVA nette) par différence entre la taxe brute assise sur le prix de vente et la taxe déductible, calculée à
partir des éléments grevés de TVA ayant servi au calcul du coût de revient. Ce procédé découle de l’analyse
des dispositions des articles 296 (oblige le redevable à collecter la TVA sur le prix de vente) et 318
(l’autorise à déduire la TVA qui a grevé en amont les éléments de son prix de revient) du code. La mise en
pratique de ces dispositions se conçoit de façon globale et sur une période déterminée (mois, trimestre ou
année).
b- La portée du droit à déduction
La mise en application du mécanisme d’imputation de la TVA d’amont sur la TVA d’aval par le redevable
permet d’établir que le droit à déduction constitue une opération de liquidation de la taxe (TVA nette) à
reverser au Trésor public. Ainsi, ce droit n’est, pour cette raison, ouvert qu’aux redevables de la TVA ou
assimilés et ne peut porter que sur des biens ou services affectés à des opérations taxables ou assimilées.
A cet effet, le législateur ; aux termes des dispositions de l’article 318-1), précise que « Ouvrent droit à
déduction dans les mêmes conditions que si elles étaient soumises à la TVA, les opérations d’exportation de
biens et services et les opérations assimilées lorsqu’elles sont taxables en régime intérieur. »
Ainsi, l’exercice du droit à déduction va donc être limité aux redevables de la taxe ou aux personnes
ayant opté de se soumettre aux règles de la TVA. A ce titre, l’article 318-2) autorise les personnes assujetties
à la TVA de plein droit ou sur option à déduire la TVA qui a grevé le coût des marchandises existant en
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stock destinées à la réalisation d’opérations taxables. Enfin, les personnes non assujetties ou celles
expressément exonérées par la loi, ne peuvent à contrario bénéficier du droit à déduction encore moins le
transmettre à leurs clients.
En outre, les personnes assujetties sont également autorisées à déduire une fraction de la taxe qui a grevé le
coût des investissements existant à la même date (article 318-3 du CGI).
Cette fraction est égale :
a) pour les biens immeubles, à la différence entre le montant de la taxe qui a grevé le coût et le produit du
dixième de cette taxe par le nombre d’années ou fractions d’années écoulées depuis l’acquisition du bien ;
b) pour les autres biens d’investissement, à la différence entre le montant de la taxe qui a grevé le coût et le
produit du cinquième (1/5) de cette taxe par le nombre d’années ou fractions d’années écoulées depuis
l’acquisition du bien.
2- Les exclusions du droit à déduction (art. 319 et 320)
L’article 319 du CGI prévoit de façon expresse des exceptions au droit à déduction. Ces exceptions
sont relatives à un certain nombre de dépenses susceptibles d’entraîner des abus sans être nécessaires à
l’exploitation de l’entreprise. Elles peuvent être regroupées en trois parties.
a- Les dépenses à caractère personnel (Art.319).
Les dépenses exposées dans l’intérêt personnel de l’exploitant n’ouvrent pas droit à déduction. Il
s’agit des véhicules conçus pour le transport des personnes et les véhicules à usage mixte dont le nombre de
places assises, y compris celle réservée au conducteur, est supérieur ou égal à trois et inférieur à dix
lorsqu'ils ne sont pas affectés :
- au transport public de personnes,
- au transport de la clientèle des établissements hôteliers,
- à l'enseignement de la conduite,
- acquis par des loueurs professionnels ou des sociétés de crédit-bail et utilisés pour la location ;
- lorsqu'ils ne sont pas destinés à être revendus en l'état.
b -les dépenses à caractère somptuaires
Les dépenses exposées pour assurer le logement ou l’hébergement à l’exception de celles profitant au
personnel chargé de la surveillance ou de la sécurité des unités industrielles ou des chantiers de travaux
(art.319-2);
les dépenses de réception, de restaurant, de spectacles et de déplacement à l’exclusion des dépenses
de transport engagées en vertu d’un contrat permanent de transport conclu pour conduire le personnel sur le
lieu de travail et des dépenses exposées pour la satisfaction des besoins collectifs du personnel sur le lieu de
travail (art.319-3) ;
La taxe afférente aux objets et mobiliers de décoration autres que ceux ayant le caractère de mobilier
et matériel commercial ou industriel, ou mobilier et matériel de bureau, n’est pas admise en déduction (art.
319-4).
c- Les dépenses revêtant un caractère de libéralités
Aux termes des dispositions de l’article 319-5, la TVA ayant grevé les biens cédés et les services
rendus gratuitement ou à un prix sensiblement inférieur au prix de revient à titre de commission, salaire,
gratification, rabais, bonification, cadeau quelle que soit la qualité du bénéficiaire sauf lorsqu'il s'agit
d'objets publicitaires d'une valeur inférieure à dix mille 10 000 francs CFA hors la taxe sur la valeur ajoutée
est exclue du droit à déduction.
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d-Les autres exclusions
Il s’agit de :
- 6) Le super carburant, le gas-oil et le bio carburant.
- Et d’une manière générale, les services de toute nature portant sur les biens exclus du droit à
déduction de la taxe sur la valeur ajoutée (319-7) ;
- Toute TVA facturée est due. La TVA illégalement facturée n’est pas déductible (art. 320).
Les exclusions du droit à déduction font perdre totalement le droit à déduction du redevable. D’autres
exceptions viennent les limiter.
4- Les limitations au droit à déduction (articles 321 à 325 du CGI)
Outre la règle générale d’affectation, nous analyserons le cas des assujettis partiels.
a- La règle générale d’affection de la TVA supportée sur les achats (art.321)
Selon l’article 321 du CGI « l’exercice du droit à déduction obéit à la règle de l’affectation des biens et
services.
Par application de ce principe, la TVA ayant grevé l’acquisition de biens et services est :
a) déductible en totalité lorsque ces biens et services concourent à la réalisation d’affaires taxables ou
à des exportations portant sur des opérations taxables en régime intérieur ;
b) déductible partiellement lorsqu’ils ne concourent pas en totalité à la réalisation d’affaires taxables
ou à des exportations portant sur des opérations taxables en régime intérieur ;
c) exclue du droit à déduction lorsqu’ils concourent à la réalisation d’affaires non taxables.
b- Le cas des entreprises assujetties partiellement (art.322 à 325)
Les limitations du droit à déduction constituent un ensemble de règles applicables aux entreprises qui
en raison de leur situation particulière (option, assujetties partielles…) ne peuvent pas déduire toute la TVA
déductible.
Définition : une entreprise est dite assujettie partielle lorsqu’elle réalise à la fois des opérations
taxables et non taxables.
Ces entreprises ne peuvent déduire que partiellement la TVA ayant grevé leurs acquisitions de biens
et services.
- La détermination du droit à déduction (art.322)
Les assujettis partiels à la TVA doivent déterminer leur droit à déduction :
a) selon la règle de l’affectation pour les biens et services concourant à la réalisation, soit
d’opérations taxables, soit d’opérations non taxables ;
b) selon la règle du pourcentage de déduction pour les biens et services concourant simultanément à
la réalisation d’opérations taxables et d’opérations non taxables.
Les opérations effectuées à l’exportation qui seraient exonérées en régime intérieur n’ouvrent pas
droit à déduction.
-La règle de détermination de la TVA déductible
L’article 323 fixe la règle de détermination de la TVA. Aussi, « pour les entreprises assujetties partiellement
à la TVA, le pourcentage de déduction est déterminé par le rapport existant entre :
• d’une part, les opérations taxables et les exportations portant sur des opérations taxables en régime
intérieur ;
• et, d’autre part, l’ensemble des affaires réalisées à l’exclusion :
- des cessions d’éléments d’actifs immobilisés ;
- des subventions d’équipement ;
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- des indemnités d’assurance ne constituant pas la contrepartie d’opérations soumises à la TVA ;
- des débours ;
- et les dommages intérêts.
- La détermination pratique du pourcentage provisoire (art.324)
- Pour les entreprises nouvellement assujetties à la taxe, le pourcentage provisoire doit être fixé en
fonction des recettes ou des produits de l’exercice précédent.
- Pour les entreprises nouvelles, le pourcentage de déduction est établi provisoirement en fonction
des recettes ou produits prévisionnels de l’année en cours et des recettes ou produits de l’exercice précédent.
Le pourcentage de déduction définitif est déterminé avant le 30 avril de l’année suivante et les
régularisations des déductions sont opérées en conséquence et dans les mêmes délais.
Exemple : l’entreprise X créée en 2018 et assujettie à la TVA a prévu pour cet exercice les opérations
suivantes :
Ventes taxables = 64 000 000 HT
Ventes taxables en régime intérieur à l’exportation = 18 500 000 HT
Ventes exonérées = 17 500 000 HT
Total = 100 000 000 HT
Le pourcentage de déduction (prorata provisoire) en 2018 =
(64 000 000 + 18 500 000) x 100/100 000 000 = 82,5%
L’entreprise X va utiliser ce pourcentage provisoire tout au long de l’année 2018. Elle déterminera
son pourcentage définitif au plus tard à la date de dépôt de ses états financiers en 2019 (30 avril 2019).
- Les régularisations (art.325)
La régularisation immédiate : une régularisation doit s’opérer du fait de la variation entre le
pourcentage provisoire et le pourcentage définitif quelle que soit la variation observée.
Si le pourcentage définitif ne subit pas de variation par rapport au provisoire, dans ce cas, il n’y a pas
de régularisation à opérer.
Les régularisations ultérieures
Régularisation concernant les biens meubles et immeubles
L’article 325 précise que « lorsqu’au titre d’une année, la variation du pourcentage de déduction
définitif de ladite année et celui de l’année d’acquisition d’une immobilisation est supérieure à 10 %,
l’assujetti doit opérer la régularisation de la déduction faite au titre de cette immobilisation à concurrence
d’une fraction égale :
•1° pour les immeubles, au dixième du produit de la taxe ayant grevé le prix d’acquisition par la
différence entre le pourcentage de déduction de l’année considérée et le pourcentage de l’année
d’acquisition ;
• 2° pour toutes les autres immobilisations, au cinquième (1/5) du produit de la taxe ayant grevé le
prix d’acquisition par la différence entre le pourcentage de déduction de l’année considérée et le
pourcentage de l’année d’acquisition. Pour les biens amortissables et totalement amortis, aucune
régularisation n’est effectuée même si le bien figure encore au bilan de l’entreprise.
Pour l’exemple ci-dessus, l’entreprise X a acquis en 2018 un immeuble grevé de TVA de 1
800 000 avec un pourcentage définitif de 82,5%. Au dépôt de ses états financiers 2019, l’entreprise a
un pourcentage définitif de 70%. La variation de pourcentage est de 12,5% supérieur à 10% ; il y a
donc une régularisation
= 1 800 000/10 x (70% - 82,5%) = -22 500 F. CFA. L’entreprise a une régularisation négative se
traduisant par une TVA à reverser au Trésor public de 22 500 F. CFA.
La formule générale est : TVA initiale x (PDn – PDr) x 1/10 où PDn et PDr désignent respectivement
le pourcentage de déduction définitif de l’année n et le pourcentage de déduction définitif de l’année
d’acquisition ou année de référence.
- En ce qui concerne les autres biens, la régularisation est faite au cinquième du produit de la taxe
ayant grevé le prix d’acquisition par la différence entre le pourcentage de déduction de l’année de
dépassement et le pourcentage de l’année d’acquisition.
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comptes, inscrit à l’ONECCA-BF, ex inspecteur des impôts /DESCOGEF/2024-2025 Page 16
L’entreprise X a acquis en janvier 2018, un bureau pour son DG au prix de 1 000 000 HT,
TVA = 180 000. Si le pourcentage définitif en 2019 était de 95%, la régularisation serait
= 180 000/5 x (95% - 82,5%) = 4 [Link]. L’entreprise a une régularisation positive. Elle a droit à
une déduction complémentaire de 4 500 F CFA.
La formule générale est de : TVA initiale x (PDn – PDr) x 1/5
Si le délai de surveillance est de cinq ans pour les autres biens, il est de dix ans pour les immeubles.
NB : Pour les biens amortissables et totalement amortis, aucune régularisation n’est effectuée même si
le bien figure encore au bilan de l’entreprise (voir art.325).
b- Le cas des entreprises assujetties sur option
Les entreprises qui optent pour être soumises à la TVA, alors qu’elles existent bien avant
verront leur droit à déduction limité en fonction de la nature des investissements et du nombre
d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.
- Pour les biens immeubles, la fraction de TVA qui peut être déduite = à la différence entre le
montant de la TVA qui a grevé le prix d’acquisition et le produit du dixième de cette taxe par le nombre
d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.
Exemple : l’entreprise Y a acquis en janvier 2010 un immeuble neuf à 20 000 000F CFA HT et
la TVA récupérable s’élève à 3 600 000 F CFA. Cette entreprise opte pour être soumise à la TVA à
compter du 1er janvier 2015. La TVA déductible admise en 2015
= 3 600 000 – (3 600 000/10) x 5 = 1 800 000 F CFA.
- Pour les autres biens d’investissement, la TVA admise en déduction = à la différence entre le
montant de la taxe qui a grevé le coût et le produit du cinquième de cette taxe par le nombre d’années
écoulées depuis l’acquisition du bien.
En outre, l’entreprise Y a acquis à cette date un bureau de luxe pour le PDG pour une valeur
HT de 2 500 000F CFA ; la TVA déductible = 450 000F CFA. La TVA déductible
= 450 000 – (450 000/5) x 5 = 0. Cette entreprise Y ne peut rien déduire au titre de ce bureau.
d- Les régularisations liées à la remise en cause du droit à déduction (art. 332)
Les évènements qui justifient la remise en cause de ce droit sont :
- la cessation d’activité ;
- la destruction de biens ;
- la cession séparée à titre onéreux ou gratuit d’éléments d’actif non immobilisés et de
biens immeubles ;
- l’affectation d’un bien à une activité ou à un usage n’ouvrant pas droit à déduction.
Ces régularisations sont fonction de la nature du bien :
1-Le cas des biens autres que des immobilisations
L’entreprise doit reverser le montant de la taxe déduite lors de l’acquisition de ces biens à
concurrence de la partie restant en stock à la date de l’événement motivant la régularisation de la
taxe.
Exemple : l’entreprise Z est spécialisée dans la revente de micro-ordinateurs portables. Elle a
débuté ses activités le 1 er janvier 2018. Pour des raisons diverses, elle cesse ses activités le 31 juillet
2018. En février 2018, elle avait importé des micro-ordinateurs pour une valeur 100 000 000F CFA
HT ; la TVA déduite = 18 000 000FCFA. A la date de sa cessation, elle disposait encore en stock, des
marchandises d’une valeur de 25 000 [Link]. La TVA qu’elle doit restituer à l’État = (18 000 000 x
25 000 000)/100 000 000 = 4 500 000F CFA.
2- Le cas des biens immeubles
La TVA à restituer = la différence entre le montant de la taxe qui a grevé le coût et le produit du
dixième (1/10) de cette taxe par le nombre d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.
3- Pour les biens non amortissables et pour les biens amortissables et non encore amortis, la
régularisation correspond à une fraction égale à la différence entre le montant de la taxe qui a
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grevé le coût et le produit du cinquième (1/5) de cette taxe par le nombre d’années écoulée
depuis l’acquisition du bien.
Exemple : l’entreprise P assujettie à la TVA depuis sa création en janvier 2016, a acquis une
camionnette de livraison neuf au prix de 10 000 000F CFA HT et la TVA déduite = 1 800 000F. CFA.
En janvier 2017, la camionnette devient inutilisable par suite d’un accident. La TVA à reverser au
Trésor public = 1 800 000 – (1 800 000/5) x 2 = 1 080 000F CFA.
4- Les régularisations liées aux résiliations, annulations et factures impayées (art.333)
L’article 333 du CGI dispose que « la TVA perçue à l’occasion de livraisons de biens ou de prestations de
services qui par la suite sont résiliées, annulées ou impayées, peut être imputée sur la taxe due au titre
d’affaires réalisées ultérieurement. L’imputation est subordonnée à la justification de la rectification
préalable de la facture initiale.
La TVA antérieurement déduite sur achats de biens ou services qui par la suite sont résiliés, annulés ou
impayés, doit être reversée dans les délais prévus à l’article 334. »
B- Modalités du droit à déduction (article 326 du CGI)
L’article 326 précise que lorsque les conditions de fond et de forme sont remplies, le droit à
déduction connaît des modalités pratiques dont la règle principale est celle de l’imputation.
Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe devient exigible chez le fournisseur.
En ce qui concerne les importations, la TVA pour être déductible, doit avoir été acquittée et figurer sur la
déclaration de mise à la consommation.
Pour les autres opérations, la TVA doit être mentionnée distinctement sur la facture.
1- La règle de l’imputation (article 327 du CGI)
Il est important d’examiné le principe avant d’envisager la détermination de la TVA nette.
a- Le principe
La déduction est opérée par imputation sur la TVA collectée par l’entreprise au titre du mois au cours
duquel le droit à déduction a pris naissance.
En cas d’omission, elle est opérée au plus tard le 30 avril de l’année suivante.
Dans la pratique, les entreprises redevables de la TVA déterminent pour une période donnée le
montant de la TVA collectée duquel elles vont déduire le montant de la TVA d’amont.
b- La détermination de la situation nette
De ce mécanisme, deux situations peuvent se produire :
- le montant de la TVA collectée est supérieur à celui des déductions autorisées, l’excédent constitue
une TVA nette à reverser au Trésor public.
- le montant des déductions autorisées est supérieur au montant de la TVA collectée correspondant à
la même période, l’excédent constitue un crédit de TVA sur le Trésor public dont la récupération est obtenue
par l’imputation c’est-à-dire le report de ce crédit sur la déclaration ou les déclarations ultérieures (article
327 du CGI).
2-Les conditions pour opérer l’imputation (art.327)
Deux conditions seront étudiées.
a- Les conditions de fond
En principe, la TVA ayant grevé les biens et services acquis par une entreprise n’ouvre droit à déduction que
sous réserve des conditions ci-dessous :
. les biens et services doivent être nécessaires à l’exploitation ;
. les biens et services doivent être affectées à l’exploitation.
.en outre, ces biens et services doivent concourir à la réalisation d’affaires taxables en totalité
ou des exportations taxables en régime intérieur.
b- les conditions de forme
Elles sont relatives au délai du droit à déduction et aux documents justificatifs.
L’article 326 précise que « Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe devient exigible chez le
redevable.
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En ce qui concerne les importations, la TVA pour être déductible, doit avoir été acquittée et figurer sur la
déclaration de mise à la consommation.
Pour les autres opérations, la TVA doit être mentionnée distinctement sur la facture. »
On peut donc conclure que le droit à déduction prend naissance dès que la TVA est exigible chez le
fournisseur. Donc du point de vue du délai, la déduction est immédiate et se fera selon une périodicité (mois
ou année).
En somme, le droit à déduction prend normalement naissance avec l’exigibilité de la taxe chez le
fournisseur. En cas de crédit de TVA, le principe constitue le report de ce crédit sur la déclaration de la
période prochaine. Cependant, pour certaines entreprises, il est prévu la possibilité de rembourser ce crédit.
C- le mécanisme de remboursement de crédit de TVA (art.328 à 331)
Il importe d’examiner les personnes éligibles et la demande de remboursement.
1- Les personnes bénéficiaires du droit au remboursement (art.328)
L’article 327 consacre le principe du report du crédit de la TVA. Cependant, certains redevables peuvent
bénéficier du droit au remboursement de leur crédit de la TVA.
A cet effet, la loi précise qu’aucun remboursement n’est autorisé sauf pour :
- les entreprises exportatrices de biens taxables en régime intérieur ;
- Les prestataires de services réalisant des opérations exploitées ou utilisées hors du Burkina Faso sous
réserve que des opérations similaires soient imposables en régime intérieur. Par entreprise
exportatrice de services, il faut entendre celles qui réalisent exclusivement leurs opérations à
l’exportation ;
- les entreprises en extension d’activité agréées au code des investissements ;
- les entreprises perdent la qualité d’assujetti à la TVA ;
- les entreprises de crédit-bail ;
- les organisations à but non lucratif bénéficiaires d’une dérogation accordée par le ministre chargé
des finances pour leurs investissements au profit des populations d’un montant au moins égal à quinze
millions (15.000 000) de francs CFA en matière de développement économique, d’enseignement et de santé.
Par entreprise exportatrice, il faut entendre celle qui réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à
l’exportation.
Le remboursement des entreprises exportatrices est limité au crédit de TVA affecté du pourcentage des
opérations réalisées à l'exportation au cours de l'exercice précédent.
Le crédit de la TVA dont le remboursement a été demandé ne peut donner lieu à imputation dans les
déclarations des mois suivants. Le sort de ce crédit reste soumis à la décision de l’administration.
Les personnes susceptibles de bénéficier du droit à remboursement doivent introduire une demande adressée
au Directeur général des impôts à cet effet.
A compter du 1er janvier 2023, il a été institué l’obligation de retenue à la source de la TVA (articles 334,
777-3° et 778 du CGI) aux entreprises exportatrices bénéficiant des remboursement de crédit de TVA.
Pour les entreprises exportatrices pouvant bénéficier des remboursements de leur crédit de TVA, les
dispositions de l’article 330 du CGI prévoient que pour leurs demandes de remboursement de crédit TVA,
elles apportent les justificatifs de la TVA acquittée en douane sur les importations de biens et services ainsi
que sur les acquisitions en régime intérieur.
Cependant, force est de constater que certains montants de la TVA objet des demandes de remboursement
n’ont pas été effectivement déclarés et payés par les fournisseurs des entreprises exportatrices.
Pour pallier cette situation, il est institué une obligation de retenue de la TVA supportée par les entreprises
exportatrices. En rappel, ces entreprises sont celles qui exportent des biens taxables en régime intérieur
de plus de 50% de leur chiffre d’affaires.
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L’institution de la retenue à la source sur la TVA vise à assurer une traçabilité des transactions et une
minimisation du risque de remboursement de TVA non perçue ; ce qui permettra une optimisation des
recettes fiscales.
Aussi, ces entreprises exportatrices doivent au moment de payer la facture de leurs fournisseurs comportant
une TVA, retenir 20% du montant de la TVA et la reverser à la recette des impôts comme ce qui se passe
avec les retenues à la source. Ainsi, il doit être possible de déclarer et de payer en ligne cette retenue et
mieux recevoir les attestations de retenue pour les différents fournisseurs ayant subi la retenue à la source
sur leur TVA.
2- La demande de remboursement de crédit de la TVA
Selon les dispositions de l’article 329-1), la demande de remboursement est adressée au Directeur général
des impôts :
- dans les trente jours (30) jours qui suivent la déclaration mensuelle faisant apparaître un crédit
remboursable d'un montant supérieur à un million (1 000 000) de francs CFA pour les entreprises, dont
l'activité est réalisée à l'exportation, les sociétés de crédit-bail et les entreprises en extension;
- dans le trimestre suivant la réalisation des investissements ;
- dans les délais trente (30) jours pour les entreprises perdant la qualité d'assujetti à la TVA.
Sous peine de forclusion, l’article 329-2) précise que la demande de remboursement doit intervenir dans un
délai maximum de deux (2) ans à compter de la date à laquelle l'impôt est devenu remboursable. Cette date
correspond au premier jour qui suit la date de l'expiration des délais de dépôt de la déclaration comportant le
crédit de TVA ou de la date de la réalisation des investissements, objet de la demande de remboursement.
Tout crédit dont le remboursement n'aura pas été demandé dans le délai de deux (2) ans sera annulé de plein
droit et ne pourra donner lieu ni à imputation ni à remboursement.
La demande de remboursement est appuyée des pièces suivantes (article 330 du CGI) :
a) pour les entreprises exportatrices :
- une copie de la déclaration TVA de la période ;
- le titre de transport et la facture visés au départ par la douane ;
- une copie de la déclaration d'exportation ou de réexportation dûment visée par la douane ;
- le justificatif de paiement des biens et services acquis en régime intérieur ;
- le justificatif de paiement des biens ou services exportés ;
- les noms, professions et adresses des acheteurs des marchandises, produits ou services ;
- les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des quittances de
paiement
. ·' des droits pour les importations ;
- la quittance de paiement du montant des retenues de TVA ;
- l'état détaillé des retenues de TV A opérées indiquant les nom, prénoms ou raison sociale du fournisseur, le
numéro IFU, les références et dates des factures, le montant de la TVA et de la retenue effectuée.
. pour les entreprises de crédit-bail, les entreprises en extension d’activités et les entreprises qui perdent la
qualité d’assujetti :
- la déclaration TV A de la période ;
- les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des quittances de
paiement
des droits pour les importations ;
- le justificatif de paiement des biens et services acquis en régime intérieur.
. pour les organisations bénéficiant d’une dérogation :
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- les copies des factures fournisseurs, des déclarations de mise à la consommation et des quittances de
paiement
des droits pour les importations ;
- le justificatif de paiement des biens et services acquis en régime intérieur.
La demande fondée donne lieu après instruction par le service de rattachement à l’établissement d’un
certificat de détaxe à la Direction générale des impôts.
3- Le paiement du certificat de détaxe
L’article 331 du CGI donne un délai de trois mois, à compter de la date de dépôt de la demande au service
des impôts de rattachement du redevable, pour effectuer le paiement du crédit fondé par l’administration
fiscale. La demande fondée donne lieu au préalable à l’établissement d’un certificat de détaxe signé du
Directeur général des impôts dans les deux (2) mois qui suivent la réception de la demande. Ce certificat
signé doit être payé dans un délai de trente (30) jours pour compter de sa date d’établissement.
II- Les obligations des redevables
Nous étudierons les obligations déclaratives et celles relatives aux modalités de facturation.
A- Les délais de déclarations
Outre, les délais de déclaration d’existence, nous examinerons ceux relatifs aux déclarations de la
TVA.
1- Les obligations déclaratives (article 372 du code des impôts)
Il s’agit de l’obligation de déclarer son existence et de tenir une comptabilité selon le droit comptable
OHADA en vigueur.
a- l’obligation de déclarer son existence ‘art. 557 du CGI)
-1) Toute personne ou société soumise à un impôt sur les bénéfices doit dans les trente (30) jours du
commencement de ses opérations ou de l’ouverture de son établissement souscrire une déclaration
d’existence.
2) Les sociétés ou autres entités non résidentes disposant d’un établissement stable au Burkina Faso
doivent déclarer le lieu de leur principal établissement ainsi que les noms, prénoms, identifiant financier
unique et adresse de leur représentant au Burkina Faso.
En cas de remplacement de ce représentant, ou de changement du lieu de l’établissement susvisé, les
sociétés non résidentes doivent en faire la déclaration dans les trente (30) jours suivant ledit remplacement
ou changement.
3) Une déclaration est également obligatoire dans les mêmes délais en cas de cession, cessation ou
modification de l’activité.
b- L’obligation de tenir une comptabilité et d’y avoir son siège
Selon les dispositions de l’article 554 du CGI « toute entreprise exploitée au Burkina Faso doit y
tenir sa comptabilité.
La comptabilité doit obligatoirement :
• être tenue en français ;
• être conforme aux dispositions de l’acte uniforme de l’OHADA relatif au droit comptable et à
l’information financière. »
En outre, l’article 555 du CGI fait obligation à « toute entreprise exploitée au Burkina Faso par un non
résident doit y tenir une comptabilité distincte pour les activités réalisées au Burkina Faso et conforme au
SYSCOHADA.
En outre, elle doit y posséder son siège social au plus tard deux (2) années après son installation sauf
dérogation accordée par le ministre chargé du commerce.
2- Les obligations de déclaration de la TVA
Le non-respect de délais de déclaration et de paiement de la TVA due entraine des sanctions.
a- Les délais (art.334 du CGI)
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-1) Tout redevable de la TVA doit déposer auprès de son service des impôts de rattachement au plus tard le
15 de chaque mois une déclaration de la TVA, sur un formulaire conforme au modèle de l’administration
fiscale, au titre des opérations intervenues pendant le mois précédent.
La déclaration doit être déposée dans les mêmes délais lorsque l’assujetti n’a effectué au cours d’un
mois déterminé aucune opération imposable.
2) Les redevables acquittent la taxe auprès du service des impôts au vu de la déclaration prévue au
présent article. Toutefois, pour les titulaires de commandes publiques non-résidents, la TVA est retenue à la
source par l’organisme payeur.
3) Pour les importations de biens immatériels ou les prestations de services rendues par des non-
résidents, la TVA est auto liquidée sur la déclaration mensuelle.
La TVA doit être acquittée au regard de cette déclaration. Le non-respect de ses obligations entraîne
des sanctions.
4) Les entreprises exportatrices de biens taxables en régime intérieur éligibles au remboursement de crédit
TVA telles que définies à l’article 328 du présent code sont tenues d'opérer une retenue de 20% sur le
montant de la TVA due à l'occasion de leurs achats de biens et services, et de la reverser au service des
impôts de rattachement dans le délai prévu au 1) du présent article.
Les versements sont effectués au vu d’une déclaration réglementaire comportant pour chaque fournisseur
faisant l’objet d’une retenue les indications suivantes :
nom et prénom (s) ou raison sociale et forme juridique du fournisseur ;
- profession ou activité ;
- numéro d’identification financier unique (IFU) ;
- adresses géographique et postale ;
- date et montant de la facture ;
- date et montant des paiements ;
- retenue opérée.
Les attestations individuelles de retenue à la source annotées des références de la quittance de paiement, par
le receveur des impôts compétent, sont remises par la partie versante aux fournisseurs pour leur permettre de
faire valoir ultérieurement les retenues qu’ils ont subies sur leurs déclarations de TVA.
5) a) La taxe sur la valeur ajoutée due sur les ventes de biens et les prestations de services rendues à
travers les plateformes de commerce électronique, est liquidée, déclarée et reversée au service des impôts de
rattachement par les opérateurs desdites plateformes, pour le compte des fournisseurs.
La taxe sur la valeur ajoutée due sur les commissions perçues à l'occasion des ventes qui sont
effectuées au Burkina Faso à travers les plateformes de commerce électronique, est déclarée et reversée au
Trésor public par les opérateurs lesdites plateformes.
b) Aux fins d'accomplissement de leurs obligations fiscales ci-dessus, les opérateurs des plateformes
de commerce électronique sont tenus de souscrire une demande d'immatriculation auprès de l'administration
fiscale.
Les opérations d'immatriculation, de déclaration et de paiement des impôts et taxes collectés par les
opérateurs des plateformes de commerce électronique peuvent être effectuées en ligne à travers le portail
internet de l'administration fiscale.
c) Sans préjudice des sanctions prévues par le présent code, le non-respect de ces obligations, donne
lieu à la suspension de l'accès à la plateforme à partir du territoire burkinabè.
d) Les modalités de mise en œuvre des présentes dispositions sont précisées par arrêté du ministre
chargé des finances.
b- Les sanctions articles (374 et 375 du code des impôts)
Le défaut de déclarations des affaires dans les délais entraîne pour le redevable une pénalité égale à
25% et majorée de 5% par mois ou fraction de mois de retard des droits dus.
En outre, toute minoration, inexactitude ou omission d’un ou de plusieurs éléments de la déclaration
de chiffre d’affaires fait l’objet d’une procédure de redressement assortie d’une pénalité égale à 50%
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majorée de 5% par mois ou fraction de mois de retard des droits non déclarés ou dont la perception a été
compromise. Cette pénalité est portée à 200% en cas de manœuvres frauduleuses.
Au total, les sanctions visent à amener les redevables à déclarer et payer la TVA dans les délais
légaux. D’autres sanctions sont prévues en cas de défaut de facturation correcte.
B- Les obligations de facturation
Il est important de rappeler l’obligation de comptabilisation et d’utilisation de moyens de paiements
scripturaux.
1-La comptabilisation en hors taxe
L’article 373 du CGI oblige le redevable à comptabiliser toutes leurs opérations de vente qu’elles se
rapportent à des marchandises, à des services ou à des éléments de l’actif immobilisé, en hors TVA. En
outre, pour les charges, la comptabilisation est effectuée hors TVA déductible. Ce principe étant
naturellement admis lorsque la TVA peut être intégralement déduite ou récupérée.
a. Les éléments de la facture et la sanction prévue (article 562 et 564 du CGI)
Le contenu de la facture
Toute opération réalisée par un redevable doit faire l’objet d’une facture normalisée dont les
conditions d’édition et de gestion sont déterminées par arrêté du ministre en charge des finances. Ces
factures doivent comporter les spécifications et mentions suivantes :
- le numéro de facture d’une série ininterrompue ;
- le nom ou la raison sociale et le numéro IFU de l’imprimeur ;
- l’année et le mois d’édition de la facture par l’imprimeur ;
- l’hologramme selon un modèle déterminé par l’administration fiscale ;
- la date d’établissement de la facture ;
- l’identité du redevable;
- les adresses géographique, cadastrale et postale du redevable;
- le numéro d’immatriculation du redevable au RCCM ;
- les références du ou des comptes bancaires ;
- le numéro d’identification fiscale (Identifiant Financier Unique : IFU) ;
- le régime d’imposition et service des impôts dont dépend le redevable;
- l’identification du client ;
- la nature, l’objet et la date de la transaction ;
- le prix hors TVA du bien ou de la prestation ;
- le taux et le montant de taxe due, et le cas échéant, la mention « exonéré » ;
- le montant total toutes taxes comprises dû par le client.
Les entreprises relevant de la DGE qui en font la demande peuvent être autorisées à confectionner
elles-mêmes leurs factures. Dans ce cas, la facture doit comporter un sticker spécifique. Les conditions
d’édition et de gestion de ces factures sont également fixées par arrêté du ministre en charge des finances.
L’administration publie une fois par an la liste des entreprises autorisées à éditer elles-mêmes leurs factures.
L’institution de la facture normalisée au Burkina Faso, à l’image de la Côte d’Ivoire, du Togo, vise à
limiter la fraude observée à cause des fausses factures établies par certains acteurs économiques pour
bénéficier du droit à déduction.
b- la sanction prévue en cas de facturation non conforme (art.565 du CGI)
- Les factures qui ne comportent pas toutes les mentions sus indiquées ou qui comportent des
mentions inexactes n’ouvrent pas droit :
• à déduction de la base de l’impôt sur les bénéfices ;
• le cas échéant, à déduction de la TVA facturée.
Les contribuables qui émettent des factures non conformes aux dispositions de l'article 566 sont en
outre passibles d’une amende de cent mille (100 000) francs CFA par facture émise.
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A titre d’exemple, l’absence de la mention du numéro d’identification fiscale entraîne l’interdiction
de déduire la taxe facturée chez le client.
La réglementation stricte qui entoure la TVA déductible vise à limiter les abus. Aussi, les exclusions,
les limitations et les régularisations s’inscrivent dans cette logique.
2- L’obligation d’utilisation des moyens de paiement scripturaux (article 568 du CGI)
Le législateur, en vue de lutter contre la fraude fiscale et encourager la bancarisation a prévu des
sanctions en cas de paiement de biens et services d’un certain niveau de prix n’utilisant pas les moyens
scripturaux.
Ainsi, pour les contribuables soumis à un régime réel d’imposition, les achats de biens, services et
immobilisations d’un montant au moins égal à un million (1 000 000) francs CFA toutes taxes comprises,
doivent être réglés par des moyens de paiement scripturaux (chèque, carte bancaire, prélèvement,
télérèglement, virement bancaire, etc.). Toute infraction à cette disposition est sanctionnée par une amende
de vingt mille (20 000) francs CFA par infraction constatée ainsi que :
- la non déductibilité de l’achat au titre de l’impôt sur les bénéfices, ou la non déductibilité des
amortissements, si le bien est une immobilisation ;
- la non déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée.
Pour compter de l’exercice 2023, une sanction a été également prévue pour le fournisseur qui accepterait
l’encaissement de ses ventes dépassant le seuil ci-dessus indiqué. La sanction est égale à vingt-cinq pour
cent (25%) du montant encaissé par le fournisseur.
Conclusion
Le mécanisme de fonctionnement de la TVA, selon le droit commun, est basé sur le principe de
l’imputation. Cette méthode de manière pratique, consiste d’une part à collecter la TVA sur les ventes des
affaires réalisées par le redevable et, d’autre part, à déduire la TVA ayant grevé tous les éléments qui ont été
nécessaires à la réalisation de ces affaires au cours d’une période donnée (le mois ou année). Ainsi, chaque
redevable collecte la TVA sur la valeur ajoutée réalisée par lui-même. Par conséquent, seul le consommateur
supporte réellement la charge fiscale. C’est pourquoi, l’on estime que la TVA est neutre pour l’entreprise.
Cette situation n’a-t-elle pas amené le législateur à être plus sévère en TVA qu’en matière d’autres impôts
notamment les impôts directs.
Enfin, il est important de préciser que le CGI du Burkina Faso respecte, dans son ensemble, les deux (2)
Directives UEMOA en matière d’harmonisation de la TVA.
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