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QUELQUES FIGURES DE
STYLE
A. DEFINITIONS DES CONCEPTS
Le style : C’est la forme propre à chacun d’exprimer sa pensée par la parole, l’écriture, la sculpture, la peinture etc. nous
l’envisageons ici comme la manière particulière de s’exprimer ou d’écrire propre à un écrivain ou à un genre littéraire par l’utilisation
des procédés stylistiques appelés aussi « Figures de style. » Il est présenté comme un écart par rapport à la norme.
Figure de style : Elle se caractérise par un changement raisonné de sens ou du langage par rapport à la manière ordinaire et simple
de s’exprimer.
C’est la forme particulière du langage. Elle s’oppose au langage simple en détournant les éléments du langage commun de leur usage
normal pour créer un nouveau langage
B. SORTES DE FIGURES DE STYLE
Il existe plusieurs catégories de figure dont : Les figures de répétition (Anaphore, pléonasme, gradation, Parallélisme, Répétition, ),
Les figures d’analogie (allégorie, Personnification, Comparaison, Métaphore, …) , Les figures de substitution (Métonymie,
Synecdoque, Périphrase, Antonomase, …) ; Les figures d’opposition (Antithèse, Antiphrase, Chiasme, …), Les figures
d’amplification (Hyperbole, Anaphore, Gradation, Accumulation, Répétition, Paronomase), Les figures d’atténuation ( Litote,
Prétérition, Euphémisme, Antiphrase, …) et les Figures de construction (Parallélisme, Ellipse, Anacoluthe, Asyndète, Polysyndète,
Interrogation, …)qui peuvent se regrouper ne trois sortes de figures de style dont:
Les figures de pensée
Les figures de construction
Les figures de mots ou de grammaire
a) Les figures de pensée : Sont celles qui ne modifient pas le sens des mots ni de la construction de la phrase, mais qui ont uniquement
pour but, les états d’âme de l’orateur ; elles consistent aussi à jouer sur la psychologie de l’auditoire. Les figures permettent de rendre le
langage plus expressif, plus créatif ou persuasif. 0
Ex : L’hyperbole, La litote ? L’allusion, La prosopopée, …
b) Les figures de construction : Consistent à intervertir l’ordre des mots dans la construction grammaticales (dans la phrase) :
Ex : L’hyperbate, L’ellipse, Le Pléonasme, …
c) Les figures de mots : Elles consistent à détourer les mots de leur sens propre. Ici les mots passent de leur sens propre au sens
figuré. Généralement,
EX : La métaphore, La métonymie, …
Voici les figures les plus employés :
1) L’Ellipse : Elle consiste à omettre un terme que le sens de la phrase ou de l’expression permet de rétablir sans peine. EX : (Celui)
Qui vivra, verra. (Celui qui) Loin des yeux, (est) près du cœur
2) L’inversion (l’hyperbate) : Figure de construction qui consiste à renverser l’ordre habituel des mots dans la phrase. EX :
Toute sa vie durant, il pleurait.
3) L’oxymoron : C’est le rapprochement par un rapport grammatical de deux termes opposés par le sens et qui créent un effet de
surprise. Deux mots opposés l’un à coté de l’autre
EX : Il était, quoique déçu, très souriant. Une sublime horreur
4) La litote : Consiste à laisser entendre plus qu’on ne dit en remplaçant une affirmation par la négation de son contraire. C’est le fait
de dire moins pour faire entendre plus. Elle consiste à suggérer quelque chose, mais sans le dire clairement.
EX : Je ne suis pas content de ton travail.
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5) Le pléonasme : C’est une figure de construction par laquelle on emploie des mots superflus quat au sens, mais qui donnent plus de
force ou plus de grâce à la phrase. C’est la répétition des mots ayant le même sens. C’est un mot ou une expression qui répète ce qui
vient d’être dit.
EX : Ajouter en plus. Je l’ai entendu de mes propres oreilles.
6) La syllepse : Figure de construction qui consiste à faire accorder un mot non avec celui auquel il se rapporte grammaticalement,
mais avec celui que l’esprit a en vue. Elle ne porte que sur le nombre et le genre des mots. Il consiste à employer un mot à la fois dans
son sens propre et son sens figuré.
EX : Noblesse de Rennes et de Vitré l’ont élu malgré lui. Ici la mer est bleue et les nuits sont blanches.
7) L’énumération : Consiste à décomposer un tout en ses diverses parties que l’on énonce successivement. Elle sert à développer
une idée et peut être conjointe ou disjointe. EX : Les Congolais, Les Rwandais, Les Burundais et les Angolais adorent la musique.
8) Le chiasme : C’est un effet de symétrie dans lequel les mots du premier groupe sont dans l’ordre inverse de ceux du dernier groupe/
en disposant les mots sur deux lignes, on obtient une croix analogue à la lettre grecque X.
EX : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire (Corneille).
Vaincre Péril
Gloire Triomphe
Un pour tous et tous pour un (Alexandre Dumas)
9) L’emphase : Consiste à mettre en évidence un terme de la phrase par un autre terme de reprise.
EX : Le chat, lui se terra derrière la haie. Nous, on est concentrés.
10) L’Anaphore : C’est une figure dans laquelle les mêmes mots sont répétés au début des phrases.
EX : Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Peut-être, peut-être les arbres au loin, le ciel très loin. Et
peut-être non.
11) L’épiphore : répétition des mêmes mots à la fin des vers. C’est le contraire de l’anaphore. EX : J’aime travailler très bien,
avec des gens bien, pour le bien de tous.
12) Le parallélisme : Consiste à mettre en relation deux idées sans aucun lien grammatical. On y insiste surtout sur les
contrastes qui permettent de faire ressortir les traits caractéristiques et de frapper le lecteur. Il reprend une structure de manière
symétrique à deux endroits du texte.
EX : Craintive je te sers, aveugle je te suis.
Le soleil allait à son terme.
L’homme approchait à sa mort.
13) La Gradation ou Climax : Elle dispose les faits ou les idées d’après leur importance croissante (gradation ascendante) ou
décroissante (gradation descendante).
EX : Un cri, un mot, un soupir nous trahit.
C’est un roc ! c’est un pic ! c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? c’est une péninsule.
14) La périphrase : Elle exprime par un groupe de mots qui pourrait l’être par un seul.
EX : La capitale diamantifère de la RDC (au lieu de Mbujimayi)
15) L’asyndète : C’est la suppression des articles, des particules conjonctives. L’accumulation des virgules dans la phrase.
EX : Hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux, tous flambeau multicolore à la main. (Mobutu Seseseko)
16) La Polysyndète : C’est l’emploi répété des conjonctions de coordination, marqueurs de connexion ou rattachement dans la
phrase.
EX : On est Romain et pour se faire, et pour souffrir courageusement.
Ni la faune, ni la flore, ni les êtres pensants, rien ne fut épargné.
17) La symétrie : C’est un procédé qui consiste en une construction dans laquelle les éléments de la phrase obéissant à une
même répartition.
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EX : Leurs voix s’accordaient ; leurs gestes s’accordaient.
18) L’Apostrophe : Consiste à interrompre brusquement le discours pour interpeller des êtres présents ou absents, vivants ou
morts, des objets inanimés personnifiés ou non.
EX : Mère, tu m’a tendu tes mains noires.
Ciel, écoute ma prière.
19) La prosopopée : Sorte de personnification par laquelle l’auteur prête la parole à des êtres animés ou inanimés absents. Sont
ainsi personnifiés : les phénomènes, les vertus, la patrie, …
EX : Ecoute. Je suis le prof, j’ai vu des choses sombres.
20) L’Enallage : Consiste à substituer brusquement un temps (parfois un mode du verbe à un autre pour peindre plus vivement).
EX : Je vous rends dans deux mois mon tablier.
21) La comparaison : Elle identifie deux objets à partir d’un détail qui leur est commun. La comparaison complète, comprend 4
termes :
EX : Bahaya travaille comme une machine
(Comparé : Bahaya ;
Comparant : Une machine ;
Terme de comparaison : comme ;
Point de comparaison : travaille).
22) L’antiphrase : Consiste à exprimer par le discours autre chose que ce que l’on dit par ironie. C’est quand on exprime le
contraire de que l’on pense.
EX : Que tu es drôle ! Comme il est fort en français ! adressé à un élève faible en français.
23) L’allitération : C’est la répétition de la même consonne à l’intérieur d’une phrase ou d’un vers.
EX : Un chasseur sachant chasser sans son chien de chasse est un bon chasseur.
Ces seize chaises je les ai achetées chez ce Serge.
24) L’Assonance : C’est la répétition de la même voyelle au sein d’un vers ou d’une strophe. EX : Lève, Jérusalem, lève la tête
altière. (il s’agit de l’assonance de la voyelle « è »
25) La paronomase : C’est le rapprochement de termes voisins par la sonorité mais non par le sens.
EX : Qui vivra, verra. Patience passe science.
26) La métaphore (Transfert de sens d’un mot à un autre) : Une comparaison dont on implicite ni le comparé, ni le terme
comparatif, ni le point de comparaison.
EX : L’homme épave passive, obéit à toutes ses excentricités.
C’est un lion infatigable à la nage.
27) La métonymie : Elle exprime un objet par un autre terme désignant un autre objet uni au premier par une relation étroite ;
exprime le contenant à la place du contenu et vice – versa.
EX : Boire une bouteille de vin. La cause pour l’effet (La plume de l’écrivain, vivre de son travail)
28) La synecdoque : C’est la constitution du terme inclus à celui qu’il inclut ou l’inverse. Prendre la partie pour le tout, le genre pour
l’espèce, le singulier pour le pluriel, le plus pour le moins. EX : La toile de l’artiste.
Les mortels pour les hommes.
Le Lame pour le poignard.
29) La tmèse : c’est la séparation de deux éléments d’un mot par l’intercalation d’un ou plusieurs mots.
EX : Lors même que vous aviez raison : lorsque…
30) Le Zeugma : Consiste à donner à un même verbe deux compléments dont seul le plus rapproché lui convient par le sens.
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EX : Versez des larmes avec de prières. Sous le pont kamagema coulent les déchets et la table.
Il admirait l’exaltation de l’âme et les dentelles de sa jupe.
31) La prétérition : Consiste à faire voir que l’on ne veut pas parler d’une chose dont on parle néanmoins par ce moyen indirect.
EX : Je ne suis pas venu vous annoncer que nous déclenchons la grève.
32) La catachrèse : C’est une sorte de métaphore à laquelle on est obligé de recourir lorsqu’il n’existe pas dans la langue de mot
propre pour exprimer ce qu’on veut dire.
EX : Le bras d’un fauteuil. Une feuille de papier.
33) La personnification : Elle consiste à prêter la vie, la parole, la volonté, la conscience, l’âme à un être inanimé, aux forces
de la nature, aux idées abstraites. Bref, elle consiste à animer les choses.
EX : Ma maison me regarde et ne me reconnait plus (Victor Hugo)
34) La subjection : Elle consiste à poser une question à laquelle on donne soi-même la réponse.
EX : Pourquoi nous nous habillons ? Pour cacher la nudité.
35) L’euphémisme : C’est une figure qui consiste à substituer à un terme qui exprime une réalité désagréable ou trop crue, une
expression atténuée.
EX : Il n’est plus jeune (il est vieux). Il a vécu (il est mort)
36) L’interrogation oratoire : Elle présente une idée sous forme de question pour provoquer l’attention de l’auditoire ou
du lecteur. La réponse est contenue dans la question.
EX : Devons-nous prendre le résumé ? Faut-il sacrifier Rodrigue ?
37) L’antithèse : Proche du paradoxe qui oppose deux vérité placées l’une à côté de l’autre. Opposition de deux mots
contradictoires.
EX : Ma nuit du jour m’attriste. Le superflu des riches est le nécessaire des pauvres.
38) Le paradoxe : c’est le rapprochement de mots opposés (antithèse) au sein d’une expression dépourvue de sens logique.
EX : Si c’est vrai, alors c’est faux. Cette victoire du plus faible, c’est un paradoxe.
39) L’antonomase : Consiste à employer un nom commun pour un nom propre et vice-versa. EX : Un La fontaine pour le fabuliste.
Un Néron pour un prince criminel.
Un Harpagon pour un avare.
Un Don Juan pour un séducteur.
40) L’ironie : Exprime le contraire de ce que l’on veut laisser entendre.
EX : Quelle est belle, votre sœur (pour un chef-d’œuvre de laideur).
41) L’allusion : C’est une figure de style qui consiste à employer un mot, une phrase qui fait penser à une personne, à une chose,
à un événement, etc sans qu’on en parle.
EX : Vous n’avez pas le talent de l’auteur de Pro Ligario (allusion faite à l’éloquence de Cicéron)
42) La réticence ou aposiopèse : Figure par laquelle le locuteur s’arrête souvent avant d’avoir achevé l’expression de sa
pensée tout en laissant clairement entendre ce qu’il ne dit pas. EX : Et à peine eut-il dos tourné, que la petite s’en alla… (Alphonse
Daudet)
43) L’antanaclase : C’est la répétition de même mot dans des sens différents.
EX : Le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas.
44) L’hyperbole : Elle consiste à exagérer les choses à aller sous l’emprise d’une vive émotion, au-delà de la vérité pour mieux
attirer l’attention sur elle ou à rester beaucoup en deçà pour mieux la faire saisir. Elle exagère en grand ou en petit.
EX : Actuellement Bukavu entière est noyé dans le sang de ses enfants.
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Ils ont mangé comme huit.
45) L’allégorie : Elle consiste à présenter sous la forme d’un objet concret et le plus souvent sous la forme humaine un autre objet
concret ou une idée abstraite. Elle consiste à rendre concret un concept abstrait, généralement à l’aide d’une personnification.
EX : La colombe et le rameau représentent la paix. Il m’envahit, m’étouffe, me prend de l’intérieur et m’entraine malgré mi là où je
ne voudrais pas ; il m’écorche et me mord, il me brûle et me tord pour que jamais je ne l’oublie, il me suit dans mon lit et me
garde éveillé. L’amour que je n’ai pas donné (Dans ce cantique, on retrouve une allégorie puisque l’amour, un concept
abstrait, est rendu concret grâce à une personnification.)
46) L’hypotypose : C’est la présence dans l’absence d’un être cher.
EX : Ton fils si loin, si près de toi Camara Laye). Loin des yeux, près du cœur.
47) L’anastrophe : C’est l’inversion qui consiste à renverser l’ordre corrélatif des mots.
EX : Sa vie durant. Jamais cela ne fonctionnera.
48) L’apocope : C’est le rejet d’une lettre ou d’une syllabe à la fin d’un mot.
EX : Recréation= récré ; Cinéma=ciné ; Sympathique= sympa ; Télévision=télé
49) L’aphérèse : C’est le contraire de l’Apocope qui est un retranchement d’une lettre de syllabe au début d’un mot ou d’un nom.
EX : Capitaine=taine ;
Hélas=las ;
Déogras=gras
50) Le Gallicisme : Construction propre et particulière de la langue française. Il met en relief un groupe de mots.
EX : Il travaille pour tous sans mot dire.
Je ne vois goute.
51) La redondance : C’est une figure qui consiste à répéter une idée dans un but stylistique.
EX : Elle a mangé tout le contenu de son assiette, il n’y restait plus rien.
Il faisait un soleil radieux.
Je le dis haut, j’affirme et je le proclame.
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