M1 Université de Grenoble
Analyse fonctionnelle 2014/2015
TD no5 : Application ouverte et graphe fermé
Exercice 1 : Séries à la limite de la convergence
On se place dans X = `1 (N). Soit (cn ) une suite de coefficients strictement positifs
qui tend vers 0 quand n tend vers +∞ et soit T l’application de X dans X définie
par T x = T (xn ) = (cn xn ).
1) Montrer que T est bien définie et injective.
2) Montrer que T ne peut admettre d’inverse borné et en déduire que T n’est pas
surjective.
3) Montrer que pour toute P suite positive (cn ) Pqui tend vers 0, il existe une suite
positive (un ) telle que ( cn un ) converge mais ( un ) diverge.
Exercice 2 : Injection duale
Soit (X, k · kX ) et (Y, k · kY ) deux espaces de Banach tels que Y ⊂ X est dense dans
(X, k · kX ) et Y 6= X, ∅. On suppose que l’injection I : y ∈ Y 7→ y ∈ X est continue,
c’est-à-dire, qu’il existe c > 0 tel que kykX ≤ ckykY pour tout y ∈ Y . On notera
que les normes k · kX et k · kY ne peuvent pas être équivalentes (car cela impliquerait
Y = X).
1) Montrer que, par exemple, X = L1 (]0, 1[) et Y = L2 (]0, 1[) répondent à ces
conditions.
2) Montrer que l’application linéaire duale I ∗ de I associe à toute forme linéaire
bornée f sur X sa restriction f |Y à Y . On rappelle que l’application duale I ∗ est
définie de X 0 sur Y 0 par I ∗ (f ) = f ◦ I.
3) Montrer que I ∗ est injective.
4) Montrer que I ∗ n’est pas surjective. Indication : on pourra raisonner par l’absurde
et montrer à l’aide du théorème de l’application ouverte et de la caractérisation
kykY = sup{f ∈Y 0 ,kf kY 0 ≤1} f (y), que si I ∗ est une bijection, alors les normes k · kX et
k · kY sont équivalentes.
5) Soit f ∈ Y 0 . Montrer que si f ∈ I ∗ (X 0 ), alors il existe C > 0 tel que |f (y)| ≤
CkykX pour tout y ∈ Y .
6) On considère le cas X = L1 (R) (muni de la norme k · kX = k · kL1 ) et
Z ∞
Y = {h ∈ X; khkY < ∞} où khkY = (1 + |t|)|h(t)| dt .
−∞
Montrer que l’on se trouve bien dans les hypothèses de départ. Donner un exemple
de forme linéaire f ∈ Y 0 qui n’est pas dans I ∗ (X 0 ).
Exercice 3 : Non-surjectivité de la transformée de Fourier
Soit T = R/(2πZ) le cercle unité. On considère l’application F, de L1 (T) dans
`∞ ∞
0 = {u ∈ ` (Z) , lim un = 0}
n→±∞
muni de k · k∞ , définie par
Z 2π
1
F(f ) = fˆ avec fˆ(n) = f (t)e−int dt .
2π 0
On rappelle que cette application est bien définie, continue et injective.
1) Montrer que si F est surjective, alors il existe c > 0 tel que kf kL1 ≤ ckfˆk∞ pour
tout f . P
2) On considère le noyau de Dirichlet DK (t) = K ikt
k=−K e . Montrer que
sin((K + 1/2)t)
DK (t) =
sin(t/2)
et est bien dans L1 (T). Quelle est sa série de Fourier ?
3) Montrer que, sur [−π, π], |DK (t)| ≥ (2K + 1)|sinc((K + 1/2)t)| où sinc(x) = sinx x
est le sinus cardinal. En déduire que kDK kL1 tend vers +∞ quand K tend vers +∞.
4) Conclure que la transformée de Fourier F n’est pas surjective de L1 (T) dans `∞0 .
Exercice 4 : Bijection induite
Soient X et Y deux espaces de Banach et soit T : X −→ Y un opérateur linéaire
continu. On suppose qu’on a les décompositions
X = Ker(T ) ⊕ X̃ Y = Im(T ) ⊕ Ỹ
où tous les sous-espaces sont fermés (et donc que les projections associées à ces
décompositions sont continues). Montrer que T induit une bijection T̃ , d’inverse
continu, de X̃ sur Im(T ).
Supposons que T soit injectif. Montrer qu’il admet un inverse à gauche R, c’est-
à-dire une application linéaire continue de Y dans X telle que, pour tout x ∈ X,
RT (x) = x.
Montrer que si T est surjectif, il admet un inverse à droite S.
Exercice 5 : Un critère de continuité
Soient X et Y deux espaces de Banach et soit T : X −→ Y un opérateur linéaire,
pas forcément continu. Montrer à l’aide du théorème du graphe fermé l’équivalence
entre T est continu et pour tout f ∈ Y 0 , f ◦ T est dans X 0 .
Exercice 6 : Le théorème de Hellinger-Toeplitz
Soit H un espace de Hilbert et T : H → H un opérateur linéaire qui est symétrique,
c’est-à-dire que hT x|yi = hx|T yi. Montrer que T est continu.
Indication : on vérifiera que le graphe de T est fermé en utilisant que si pour
tout y ∈ H hx|yi = hx0 |yi, alors x = x0 .