Fiche de Révision : Analyse Fonctionnelle et Transformée de
Fourier
1. Différence entre Lp et Lp (notation)
Définition : Lp (Ω) est l’espace des fonctions mesurables telles que |f |p dx < ∞. La notation
R
Lp est souvent une version raccourcie ou informelle de Lp .
Utilité : Mesurer la “taille moyenne” d’une fonction.
√
Exemple : La fonction f (x) = 1/ x sur [0, 1] est dans L1 ([0, 1]) mais pas dans L2 ([0, 1]).
2. Définition de L∞
Définition : L∞ (Ω) = {f : Ω → R | ∃C ≥ 0 tel que |f (x)| ≤ C p.p. x ∈ Ω}. On note
∥f ∥L∞ = ess supx∈Ω |f (x)| < ∞.
Utilité : Caractérise les fonctions bornées presque partout.
Exemple : La fonction f (x) = sin(1/x) sur (0, 1] est dans L∞ ((0, 1]). La fonction g(x) = 1/x
sur (0, 1] ne l’est pas.
3. Bien définie pour f ∈ Lp
Méthode : Montrer que l’intégrale impliquée converge, que l’application est univoque, mesurable,
linéaire (si applicable), etc.
Exemple : L’opérateur T (f )(x) = K(x, y)f (y) dy est bien défini si le noyau K satisfait
R
certaines conditions (par exemple, K ∈ Lq et f ∈ Lp avec 1/p + 1/q = 1, assurant la convergence
par l’inégalité de Hölder).
4. Inégalités de Hölder et Minkowski
Hölder : Pour 1 ≤ p, q ≤ ∞ tels que 1/p + 1/q = 1, on a pour f ∈ Lp (Ω) et g ∈ Lq (Ω),
l’inégalité suivante :
Z Z 1/p Z 1/q
|f (x)g(x)| dx ≤ |f (x)|p dx |g(x)|q dx = ∥f ∥p ∥g∥q .
Ω Ω Ω
Minkowski : Pour 1 ≤ p ≤ ∞, on a pour f, g ∈ Lp (Ω), l’inégalité suivante :
Z 1/p Z 1/p Z 1/p
|f (x) + g(x)|p dx ≤ |f (x)|p dx + |g(x)|p dx ,
Ω Ω Ω
soit ∥f + g∥p ≤ ∥f ∥p + ∥g∥p .
Exemple : Si f ∈ L3 (Ω) et g ∈ L3/2 (Ω), alors par l’inégalité de Hölder avec p = 3 et q = 3/2
(vérifiant 1/3 + 2/3 = 1), le produit f g est dans L1 (Ω) et ∥f g∥1 ≤ ∥f ∥3 ∥g∥3/2 .
1
5. Théorème de Fatou et corollaire
Lemme de Fatou : Soit (fn )n∈N une suite de fonctions mesurables positives sur Ω. Alors,
Z Z
lim inf fn (x) dx ≤ lim inf fn (x) dx.
Ω n→∞ n→∞ Ω
Corollaire : Si (fn )n∈N est une suite de fonctions mesurables positives qui converge presque
partout vers une fonction mesurable f , alors
Z Z
f (x) dx ≤ lim inf fn (x) dx.
Ω n→∞ Ω
6. Inégalité de Young (Convolution)
Définition (Convolution) : La convolution de deux fonctions f et g sur Rd est définie par
Z
(f ∗ g)(x) = f (x − y)g(y) dy,
Rd
lorsque cette intégrale est bien définie.
Inégalité de Young : Si 1 ≤ p, q, r ≤ ∞ satisfont 1 + 1/r = 1/p + 1/q, alors
∥f ∗ g∥r ≤ ∥f ∥p ∥g∥q .
7. Raisonnement par densité
Théorème : L’espace des fonctions continues à support compact Cc (Ω) (ou Cc∞ (Ω) pour les
fonctions indéfiniment différentiables à support compact) est dense dans Lp (Ω) pour 1 ≤ p < ∞.
Utilité : Permet d’étendre des propriétés valables pour des fonctions régulières (comme
celles de Cc ) à des fonctions plus générales de Lp par passage à la limite.
8. Égalité de Parseval, Lemme de Fatou, Théorème de Riesz-
Fischer
Égalité de Parseval (Séries de Fourier) : Si (en )n∈N est une base hilbertienne d’un espace
de Hilbert H, alors pour tout f ∈ H,
∞
X
|⟨f, en ⟩|2 = ∥f ∥2 .
n=0
Lemme de Fatou : (Déjà énoncé au point 5)
Théorème de Riesz-Fischer : L’espace Lp (Ω, µ) est un espace de Banach pour 1 ≤ p ≤ ∞.
En particulier, L2 (Ω, µ) est un espace de Hilbert. De plus, si (an )n∈N ∈ ℓ2 , alors il existe une
fonction f ∈ L2 ([−π, π]) dont les coefficients de Fourier sont précisément les an , et ∥f ∥2 =
∥(an )∥2 .
9. Théorème de Dirichlet
Énoncé : Soit f une fonction périodique de période 2π, continue par morceaux sur [−π, π].
Alors la série de Fourier de f converge en tout point x vers la valeur (f (x+ ) + f (x− ))/2, où
f (x+ ) et f (x− ) désignent les limites à droite et à gauche de f en x. Si f est continue en x, la
série converge vers f (x).
2
10. Transformées de Fourier usuelles
Définitions usuelles (avec la convention fb(ξ) = f (x)e−2πixξ dx) :
R
2 R∞ 2 2
• F(e−πx )(ξ) = −∞ e−πx e−2πixξ dx = e−πξ
Ra h −2πixξ ia −2πiaξ −e2πiaξ 2 sin(2πaξ) sin(2πaξ)
• F(1[−a,a] )(ξ) = −a 1 · e−2πixξ dx = e−2πiξ = e −2πiξ = 2πξ = πξ =
−a
sin(πx)
2a sinc(2aξ), où sinc(x) = πx .
11. Propriétés de la transformée de Fourier (L1 )
Propriétés (pour f, g ∈ L1 (Rd )) :
• Linéarité : F(af + bg) = aF(f ) + bF(g) pour a, b ∈ C.
• Translation : F(f (x − y))(ξ) = e−2πiy·ξ F(f )(ξ).
• Modulation : F(e2πix·η f (x))(ξ) = F(f )(ξ − η).
• Dilatation : F(f (ax))(ξ) = 1
|a|d
F(f )(ξ/a) pour a ̸= 0.
• Convolution : F(f ∗ g)(ξ) = F(f )(ξ)F(g)(ξ).
• Produit : F(f g)(ξ) = (F(f ) ∗ F(g))(ξ).
12. Théorème d’inversion de Fourier
Énoncé : Si f ∈ L1 (Rd ) et sa transformée de Fourier fb est également dans L1 (Rd ), alors pour
presque tout x ∈ Rd , on a Z
f (x) = fb(ξ)e2πix·ξ dξ.
Rd
Si de plus f est continue, l’égalité vaut pour tout x ∈ Rd .
13. Transformée de Fourier dans L2
Définition : La transformée de Fourier sur L2 (Rd ) est définie par extension de la transformée
de Fourier sur L1 (Rd ) ∩ L2 (Rd ) par densité. L’application F : L1 (Rd ) ∩ L2 (Rd ) → L2 (Rd ) est
une isométrie (à un facteur près selon la normalisation choisie), c’est-à-dire ∥fb∥2 = ∥f ∥2 (avec
la normalisation unitaire). On étend alors cette isométrie à tout L2 (Rd ).
14. Inégalité de Bessel et égalité de Parseval (Espaces de Hilbert)
Inégalité de Bessel : Soit (en )n∈N une famille orthonormale dans un espace de Hilbert H.
Alors pour tout x ∈ H,
X∞
|⟨x, en ⟩|2 ≤ ∥x∥2 .
n=0
Égalité de Parseval : L’égalité a lieu si et seulement si la famille orthonormale (en )n∈N est
une base hilbertienne de H, c’est-à-dire si le sous-espace vectoriel engendré par les en est dense
dans H. Dans ce cas, pour tout x ∈ H,
∞
X
|⟨x, en ⟩|2 = ∥x∥2 .
n=0
3
15. Séries orthogonales
Propriétés : Soit (en )n∈N une famille orthogonale P∞ dans un espace de Hilbert H. La série
∞
converge dans si et seulement si 2 ∥e ∥2 < ∞. Si la série converge vers
P
c e
n=0 n n H |c
n=0 n | n
x, alors les coefficients sont donnés par cn = ⟨x, en ⟩/∥en ∥2 (si en ̸= 0).
16. Propriétés de l’orthogonal
Définitions : Soit E un sous-ensemble d’un espace de Hilbert H. L’orthogonal de E, noté E ⊥ ,
est l’ensemble des vecteurs de H qui sont orthogonaux à tous les vecteurs de E:
E ⊥ = {x ∈ H | ⟨x, y⟩ = 0, ∀y ∈ E}.
Propriétés :
• E ⊥ est un sous-espace vectoriel fermé de H.
• E ∩ E ⊥ = {0}.
• H = span(E) ⊕ E ⊥ , où span(E) est l’adhérence du sous-espace engendré par E. En
particulier, si E est un sous-espace vectoriel fermé, alors H = E ⊕ E ⊥ .
• (E ⊥ )⊥ = span(E). Si E est un sous-espace vectoriel fermé, alors (E ⊥ )⊥ = E.
17. Théorème de Riesz (Représentation)
Énoncé : Pour tout espace de Hilbert H, pour toute forme linéaire continue φ : H → C (ou R),
il existe un unique vecteur y ∈ H tel que pour tout x ∈ H,
φ(x) = ⟨x, y⟩.
De plus, la norme de la forme linéaire φ est égale à la norme du vecteur y: ∥φ∥ = ∥y∥.