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Les Médias en Suisse: Gianni Haver Mix & Remix

Le document présente un aperçu complet des médias en Suisse, incluant la presse, la télévision, la radio, le cinéma, la publicité et internet, tout en soulignant leur importance historique et sociale. Il aborde également les théories sur la communication et l'influence des médias dans la société contemporaine. Enfin, il propose une analyse des enjeux actuels liés à la diversité et à l'évolution des médias en Suisse.

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Les Médias en Suisse: Gianni Haver Mix & Remix

Le document présente un aperçu complet des médias en Suisse, incluant la presse, la télévision, la radio, le cinéma, la publicité et internet, tout en soulignant leur importance historique et sociale. Il aborde également les théories sur la communication et l'influence des médias dans la société contemporaine. Enfin, il propose une analyse des enjeux actuels liés à la diversité et à l'évolution des médias en Suisse.

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Les médias

en Suisse
Gianni Haver
Mix & Remix
Remerciements
Nous tenons à remercier, pour leur lecture attentive de l’ouvrage: Table des matières
Didier Charlet, Cécile Collet, Daniel Hammer, Jean-Luc Iseli, Cyril Jost,
Thierry Meyer, Jean-Jacques Roth et Vincent Veillon.

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

Préambule
Qu’est-ce qu’un média? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Quelques approches théoriques . . . . . . . . . . . . 10
Quelques concepts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
La presse
L’imprimerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
La photographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Illustrations et dessins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Les premiers périodiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
La presse quotidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
La presse magazine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

Le cinéma
Du muet au parlant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Les actualités et le documentaire . . . . . . . . . . . 40
L’essor du cinéma suisse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Le cinéma sur d’autres supports . . . . . . . . . . . . 44

La radio
Avant le service public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
La création de la SSR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
De la RSR à la RTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Les radios privées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

La télévision
Les débuts de la télévision . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Un produit de luxe qui se popularise . . . . . . . . 60
De la TSR à la RTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Directeur de collection: Vincent Kucholl Les télés locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Conception de la couverture: Moser Design SA, Lausanne
Conception et réalisation: Editions Loisirs et Pédagogie, Le Mont-sur-Lausanne
Relecture: Anne Leroy, Leroylire, Lausanne; Catherine Vallat, Moutier La publicité
Photolithographie: Martine Séchaud, à point nommé La réclame . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Les affiches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Édition 2022 La publicité sur écran . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
© LEP Loisirs et Pédagogie SA, 2012 Les autres supports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Le Mont-sur-Lausanne
Les techniques publicitaires . . . . . . . . . . . . . . . . 76
LEP 935058 B1
I 0522 2PRE Internet et les nouveaux médias
Imprimé en Suisse La naissance du Web . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
Internet en Suisse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
ISBN livre: 978-2-606-02160-3
Les jeux vidéo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
ISBN Edubase: 978-2-606-02193-1
ISBN Itunes: 978-2-606-02194-8 La Suisse et les jeux vidéo . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
La téléphonie mobile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Tous droits réservés pour tous les pays. Toute reproduction, partielle ou totale,
de quelque manière que ce soit, est strictement interdite sans l’autorisation Annexes
écrite de l’éditeur. Chronologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
www.editionslep.ch
Introduction

Une société ne peut exister sans communication. Et pour fonc-


tionner, la communication a besoin des médias.

Le paysage médiatique suisse est foisonnant. En comparaison


internationale, il compte une grande variété de journaux, de
chaînes de radio et de télévision. Par ailleurs, son histoire est
riche, la Suisse étant le berceau de nombreuses innovations
qui ont contribué à façonner les médias.

Ce livre présente un large panorama de tout ce qui contribue à


l’activité médiatique en Suisse. La presse, la télévision, la radio,
internet, mais aussi le cinéma et la publicité sont abordés dans
une perspective historique qui débouche sur leurs développe-
ments les plus récents.

Une information détaillée, présentée clairement et illustrée par


des données chiffrées et des anecdotes, une partie consacrée
aux principales théories qui ont marqué l’analyse des médias
ainsi qu’un index en fin d’ouvrage donnent certaines clés pour
mieux appréhender la richesse du système médiatique et les
enjeux qui lui sont propres.

S’intéresser aux médias, à leur histoire et à leur fonctionnement,


c’est se donner les moyens de comprendre comment la commu-
nication, ingrédient de base de toute société, s’organise. Pour
exercer un regard critique et éviter d’être cantonné dans un rôle
de simple spectateur.
8 Préambule Qu’est-ce qu’un média ? 9

Les sortes de médias


Qu’est-ce qu’un média?.
• Les médias sont un ensemble hétéroclite de techniques et de
pratiques: l’édition et la téléphonie mobile sont deux médias,
Mot d’origine latine,
Origine du mot mais leurs différences paraissent plus évidentes que leurs L’arrivée d’internet a
entraîné une révision de la
récupéré par des ressemblances. Pour mettre de l’ordre dans la diversité des
• Media est le pluriel du nom latin Medium qui signifie classification des médias.
médias, certains auteurs proposent des classifications.
auteurs américains, «milieu», mais aussi «moyen», «instrument». Pour certains auteurs, il
existe ainsi une division
puis francisé, le mot
• L’usage actuel du mot se généralise aux États-Unis dans les • Pour Marshall McLuhan, les médias peuvent être: entre le one-to-one (le télé-
«média» désigne – «froids», lorsqu’ils transmettent peu d’informations, ce qui phone, par exemple), le one-
années 1950. On parle alors de mass-media et la langue fran-
l’une des composantes pousse leur audience à compléter le message; to-many (la télévision ou la
çaise reprend d’abord l’expression américaine, ou la traduit radio, par exemple) et le
fondamentales des par «moyens de communication de masse». Dès le milieu des – «chauds», lorsqu’ils sont riches en informations et ne lais-
many-to-many (internet).
sociétés contempo- années 1960, le néologisme «média» («médias» au pluriel) se sent que peu de «blancs à remplir». L’audience est alors
raines. diffuse et il est accepté par l’Académie française en 1973. moins active.
Selon McLuhan, le téléphone et la télévision sont des médias froids, alors
Le mot «média» a donné le verbe «médiatiser» qui renvoie au processus de
que la presse et la radio sont des médias chauds. Toutefois, sa classification
rendre un personnage ou un événement public par l’intermédiaire des
date du début des années 1960 et les transformations technologiques de
médias. Le mot «médiacratie», moins répandu, décrit une société dans
certains médias entraînent sa remise en question.
laquelle les médias exercent un pouvoir important sur le domaine politique.

• Le sociologue français Francis Balle propose une classification


Définition axée sur les techniques:
– les médias autonomes ne nécessitent pas de raccordement
• La définition du mot «média» est multiple et varie selon les à un réseau particulier, mais exigent parfois un équipement
auteurs. Certains ont une vision très large: Marshall McLuhan pour être consommés. Ce sont, par exemple, les livres, les
(> p. 12), par exemple, voit dans ce terme toute «extension journaux, les disques ou les DVD;
de l’être humain», c’est-à-dire la radio ou les journaux, mais – les médias de diffusion comprennent, notamment, la radio
aussi l’automobile ou les vêtements. et la télévision qui peuvent être diffusées par câble, par
Plusieurs autres auteurs ne définissent pas le terme, mais proposent des listes
ondes, par satellite ou par d’autres moyens;
de ce qui est selon eux, «les médias»: presse, radio, cinéma, télévision, etc. – les médias de communication incluent tous les systèmes
qui permettent d’instaurer une relation à distance qui rend
• Un média sert à faire passer un message, à amplifier la possible le dialogue entre deux personnes, ou entre des
communication, que ce soit dans le temps (écrits, peinture) groupes, comme le téléphone ou internet.
ou dans l’espace (téléphone, courrier).
Quand un nouveau média
Les moyens qui permettent une communication d’individu à individu sont
apparaît, certains prophéti-
sent la disparition de médias
donc également des médias.
Le rôle des médias
plus anciens. À l’arrivée de la • Aujourd’hui, le terme «médias» est habituellement utilisé
télévision, puis d’internet, la • Les médias, au sens large, ont un rôle fondamental dans toute
dans le sens de «médias de masse». En plus de la diffusion
fin de la presse a été annon- société, car ils permettent la communication au sein de celle-
cée, tout comme celle du
dans le temps et dans l’espace, l’amplification du public
potentiel est également prise en compte. Un émetteur ci. Sans communication, une société ne peut exister.
théâtre lorsque le cinéma est
devenu sonore. En fait, l’arri- communique avec un nombre très élevé de récepteurs.
vée d’un nouveau média • Le rôle des médias est d’informer, mais aussi de distraire et de
entraîne une réorganisation • Le mot «média» renvoie, d’une part, à certaines institutions cultiver. Toutefois, cette tâche n’est jamais remplie de manière
et un renforcement de ayant leurs propres règles, leurs orientations et leur savoir- totalement neutre, car les médias commentent ou orientent
l’ensemble, mais aucun l’information et décident de ce dont il est important de parler.
faire (une chaîne de télévision ou un quotidien, par exemple)
média de masse n’a encore
et, d’autre part, à certaines techniques de communication C’est pourquoi le pouvoir politique cherche à contrôler ou, au
disparu aujourd’hui.
utilisées (l’affichage ou le cinéma, par exemple). moins, à réglementer ce secteur.
10 Préambule Quelques approches théoriques 11

Le «choix du peuple»?
Quelques approches théoriques.
• L’idée que les médias manipulent l’opinion est encore
répandue aujourd’hui. S’il est vraisemblable que les médias
Le phénomène média-
Les théories de la manipulation influencent leur public, plusieurs auteurs montrent cependant Herbert Marcuse, penseur de
l’École de Francfort, est une
tique, vu son ampleur, que ce dernier ne demeure pas complètement passif et
• Gustave Le Bon (1841-1931) est un des précurseurs des théo- des personnalités les plus en
malléable.
a suscité un nombre ries des médias. Dans son ouvrage Psychologie des foules vue de la sociologie critique
à la fin des années 1960.
important de théories (1895), il affirme que les individus, lorsqu’ils sont en groupe, • Paul Lazarsfeld (1901-1976) analyse le comportement élec- Pendant les mouvements
qui permettent de le raisonnent de manière plus simpliste et sont facilement toral américain dans son ouvrage The People’s Choice (1944). étudiants de 1968, de nom-
comprendre ou de influençables. Selon lui, un meneur habile peut aisément Il y soutient que l’influence exercée par les médias dépend breux manifestants faisaient

le questionner. mettre une foule dans un état proche de l’hypnose. des opinions préalables du récepteur de même de celles de référence aux «3 M»: Marx,
Mao et Marcuse.
Le Bon ne traite pas directement des médias, mais ses idées ont influencé les son milieu et de son entourage. Le public est ainsi plus
théories sur la communication, la propagande et la publicité. Lorsque les
réceptif au discours des médias si celui-ci confirme son
médias de masse en sont encore à leurs débuts, Gabriel Tarde (1843-1904)
rend les médias responsables de la manipulation que Le Bon attribue au opinion.
meneur et affirme que l’«âge des foules» sera remplacé par l’«âge des
Lazarsfeld développe, avec Elihu Katz, la théorie dite «des deux étages».
publics», qu’il définit comme une «foule à distance».
Selon celle-ci, les électeurs ne seraient pas directement influencés par les
médias, mais par des leaders d’opinion qui appartiennent à leur entourage.
• Les premières études sur les médias en tant que tels et sur Ces leaders seraient plus attentifs au discours des médias et modifieraient
leur opinion en fonction de ceux-ci, avant de la diffuser dans leur entourage.
leur influence apparaissent dans les années 1920 et appréhen-
dent généralement le phénomène de la propagande. Dans son
ouvrage Public Opinion, paru en 1922, Walter Lippmann
(1889-1974) étudie la manipulation par les médias et définit le L’École de Francfort
concept de «fabrique du consentement» (> p. 15). Il
remarque que notre expérience du «monde réel» n’est que • Ce courant de pensée, issu de l’Institut de recherche sociale
très limitée et que notre vision de la réalité se fonde avant tout fondé en 1923 à Francfort, réunit des auteurs qui envisagent
sur ce que les médias nous en montrent. le phénomène médiatique comme un moyen de contrôle
social. La question fondamentale est de savoir qui contrôle
• Dans Le viol des foules par la propagande politique, paru en
les médias et qui bénéficie du discours qu’ils véhiculent. Pour
1939, Serge Tchakhotine (1883-1973) affirme que la propa-
ces auteurs, le fonctionnement des médias ne peut être
gande, pour être efficace, doit faire appel à des pulsions
compris indépendamment de la société dans laquelle ils s’ins-
comme l’agressivité, la satisfaction matérielle, le désir sexuel
crivent et dont ils sont à la fois l’expression et l’instrument du
ou l’amour parental.
pouvoir.
Tchakhotine soutient que c’est grâce à la maîtrise d’une propagande média-
tique fondée sur ces pulsions que le régime nazi a conquis les esprits. Les chercheurs les plus renommés de l’École de Francfort sont Theodor
W. Adorno (1903-1969), Jürgen Habermas (né en 1929), Max Horkheimer
(1895-1973) et Herbert Marcuse (1898-1979). Rétrospectivement, Walter
Le contexte historique • Le prétendu pouvoir d’endoctrinement des médias n’est pas Benjamin (1892-1940) a également été rattaché à ce courant.
influence les théoriciens des toujours perçu négativement. Harold Lasswell (1902-1978)
médias. Par exemple, les • Les concepts de «culture de masse» (> p. 15) et d’«industrie
défend ainsi que la propagande est utile aux démocraties, car
modèles qui décrivent un
elle permet aux citoyens d’adhérer à ce que les «spécialistes» culturelle» (> p. 15) ont été développés par l’École de Franc-
public passif et influençable
datent pour la plupart de jugent bon pour eux. Les médias rempliraient ainsi trois fonc- fort. Ils se fondent sur l’idée que, dans une société capitaliste,
l’époque des totalitarismes tions: la surveillance (en révélant ce qui menace les valeurs de les productions des médias ne peuvent être qu’une marchan-
(fascisme, nazisme ou stali- la société), la mise en relation (qui permet aux membres de la dise qui répond aux lois du marché.
nisme). Les théories pour société d’adhérer à des solutions communes) et la transmis- Pour Habermas, auteur de L’espace public, publié en 1962, les nouveaux
lesquelles le public est moins médias (radio et cinéma, mais surtout télévision) captivent le public et le
sion (qui permet de faire passer l’héritage de la société).
influençable datent d’après privent de toute capacité d’émancipation. L’usage que le lecteur d’un texte
la Seconde Guerre mondiale. Le «paradigme de Lasswell», élaboré en 1948, se résume par la question: fait de sa raison disparaît chez le téléspectateur, au profit de simples opinions
«Qui, dit quoi, par quel canal, à qui, avec quels effets?». sur «le goût et l’attirance».
12 Préambule Quelques approches théoriques 13

Les cultural studies


Quelques approches théoriques.
Les principaux représentants de l’école anglaise des cultural
studies sont Richard Hoggart (né en 1918) et Stuart Hall (né
Les théories des médias
Le média, c’est le message en 1932). Pour ceux-ci, le discours homogène des médias se Umberto Eco analyse la
culture de masse, mais il
débattent régulière- confronte à la résistance des cultures populaires qui sont très
l’alimente également. Au-
• Dans son essai Pour comprendre les médias (1964), le Cana- variées. Selon Hall, si les messages des médias sont bel et bien
ment des effets que dien Marshall McLuhan (1911-1980) soutient que le moyen par
delà de sa production acadé-
«codés» selon une logique qui leur est propre, ils sont par la mique destinée aux seuls
ceux-ci ont sur les lequel un message est transmis est plus important que le suite «décodés» selon les logiques des divers publics. Cela spécialistes, il publie des
publics et à propos du contenu du message lui-même, d’où sa célèbre formule: «le aboutit à des interprétations différentes, au moins partiellement. ouvrages à succès. Son
pouvoir qu’ils ont, ou message, c’est le médium». Pour McLuhan, les sociétés ont roman Le nom de la rose,
toujours été davantage modelées par la nature de leurs publié en 1980, a été traduit
non, d’imposer un
en plus de 30 langues et s’est
médias que par les contenus que ceux-ci diffusent.
mode de vie ou une Les sémiologues écoulé à plus de 20 millions
idéologie. • En 1967, McLuhan utilise l’expression «village global» pour
d’exemplaires. Il a donné
• La sémiologie des médias est une approche héritée de la lieu à un film qui a généré
définir les effets de la mondialisation de la communication. près de 80 millions de dollars
Avec le développement des médias audiovisuels modernes, linguistique. Elle étudie le système des signes dans la société.
de recettes.
le monde deviendrait ainsi un seul village où il n’y aurait plus Roland Barthes (1915-1980) fait partie de ceux qui ont
qu’une seule culture. appliqué cette approche à l’analyse des médias. Selon celle-
ci, toute production médiatique est porteuse d’une dénota-
Ce concept apparaît avant le développement d’internet, mais l’arrivée du Web
lui a donné une nouvelle notoriété. tion (un sens évident, partagé par tous) et d’une connotation
(un sens supplémentaire, accessible à certains seulement).
La sémiologie privilégie l’étude des connotations.
Par exemple, dans sa célèbre analyse d’une publicité des pâtes françaises
Approches critiques Panzani, Roland Barthes remarque que la connotation d’«italianité» est
conçue pour être perceptible par le public français (à qui la publicité est
d’ailleurs destinée), mais pas par les Italiens (qui ne s’y reconnaissent pas
• Le sociologue Pierre Bourdieu (1930-2002) constate qu’en forcément).

raison de la baisse du lectorat des quotidiens, la télévision


• Dans son essai Apocalittici e integrati (1964), Umberto Eco
détient sur l’information une sorte de «monopole de fait».
(né en 1932) propose une voie intermédiaire entre les
Cela se traduirait par l’imposition du système de pensée et
détracteurs («les apocalyptiques») et les défenseurs
du mode de classement (la définition de ce qui est important
(«les intégrés») de la culture de masse. À son avis, cette
ou non) qu’elle véhicule.
dernière comporte à la fois des aspects négatifs et
Pour Bourdieu, même lorsque les médias sont nombreux, ils produisent des
discours similaires. La logique de la concurrence les pousse, en effet, à positifs:
s’imiter (si un média concurrent parle d’un sujet, il faut en parler aussi).
– la culture de masse est standardisée et cherche un
Certains auteurs, comme
l’Américain Edward Shils «goût moyen»; elle évite l’originalité et rend le
• Bourdieu pense qu’il est possible de se distancier de la vision
(1910-1995) ou le Français public passif; l’information qu’elle véhicule se
que la télévision donne du réel, mais cela dépend du vécu des
Georges Friedmann (1902- concentre sur le présent et occulte le passé; elle
individus, de leur expérience et de leur milieu social.
1977), se montrent très opti- communique par slogans et citations préfabriquées;
mistes vis-à-vis des médias.
Ils les considèrent comme un
• Jean Baudrillard (1929-2007) considère que les médias ne – mais la culture de masse n’est pas que la simple
formidable moyen de diffu- restituent pas le réel, mais produisent des «simulacres». Pour émanation du capitalisme; c’est aussi une expres-
sion de la culture à toutes les lui, ils sont au service du pouvoir et interdisent toute critique, sion populaire de la démocratie qui amène une
couches de la société. Le fait car celle-ci, pour exister, devrait passer par leurs canaux et forme de culture et d’information à des couches
que cette culture soit standar- serait ainsi contrôlée, puis intégrée au discours médiatique. sociales qui en étaient exclues; enfin, elle satisfait
disée ne serait qu’un moindre
Le débat serait ainsi maîtrisé par les médias et le discours le besoin de divertissement.
mal.
demeurerait unilatéral.

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