Littérature Et Imaginaire
Littérature Et Imaginaire
Démonstration
«Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de
monter sur l’échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune [...]1»
Fond: Cette phrase a pour thème le droit de parole des femmes dans l’espace public.
Forme: L’ef cacité du message est assurée par le parallélisme, qui crée un lien étroit entre
l’échafaud et la Tribune.
Éléments de comparaison
Extrait de La Princesse de Clèves
« Ce prince était fait d’une sorte qu’il était dif cile de n’être pas surprise de le voir quand on
ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait
encore l’air brillant qui était dans sa personne; mais il était dif cile aussi de voir Mme de
Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement1. »
Éléments syntaxiques
● Phrases longues incluant souvent des subordonnées.
● Le style complexe est le miroir de la situation qui l’est tout autant : on a organisé la
rencontre sachant bien que Mme de Clèves est mariée.
Extrait de Un époux sur mesure
« Il promenait son regard sur la salle, l’expression arrogante et légèrement ennuyée. Puis ses
yeux rencontrèrent ceux de Callie et s’arrêtèrent2. »
Éléments syntaxiques
● Phrases courtes, généralement coordonnées ou juxtaposées.
● Le style expéditif sert l’action.
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Deux romans, deux styles
Sommaire des principales différences stylistiques entre les deux œuvres.
Deux romans, deux styles
Sommaire des principales différences stylistiques entre
Dans l’analyse littéraire, que vous connaissez, on étudie le fonctionnement interne du texte,
et ce, en travaillant à mettre au jour les liens qui existent entre les thèmes abordés et les
procédés employés.
Mais qu’en est-il de la dissertation explicative? En quoi ressemble-t-elle et diffère-t-elle de
l’analyse littéraire?
Ressemblances
Regardons en quoi la dissertation explicative ressemble à l’analyse littéraire.
● Elle présente plusieurs idées principales, qui sont étayées par des idées secondaires,
elles-mêmes illustrées par des citations extraites de textes littéraires.
● Elle est construite de façon à démontrer la justesse et la pertinence de chaque idée
principale; tous les éléments d’un paragraphe convergent vers elle.
● Elle prend appui sur une étude objective, rigoureuse et neutre du texte littéraire à partir
d’un sujet de rédaction.
● Elle résulte d’un véritable effort de structuration de la pensée.
Différences
Voyons maintenant en quoi la dissertation explicative diffère de l’analyse littéraire.
● Elle étudie l’œuvre littéraire en la mettant en rapport avec une idée ou un objet qui lui est
extérieur (une vision du monde, un autre texte, un courant littéraire, un élément du
contexte sociohistorique).
● L’analyse de la forme du texte devient un outil servant à nourrir l’argumentation, ne
représentant donc pas nécessairement le centre du propos.
Leçon 1B - La France au 19e siècle
La Révolution française, 1789-1799
La Révolution française correspond à une suite d'évènements démontrant le profond désir de
rénovation sociale et politique du peuple. Celui-ci remet en cause l'Ancien Régime, soit la
monarchie absolue où le roi détient un pouvoir qui lui vient de Dieu et le contrôle de l'Église
sur les affaires de l'État.
Le peuple se révolte donc contre un système politique vieux de plusieurs siècles, qui
perpétue de profondes inégalités sociales, et aussi contre la division sociale en trois ordres:
la noblesse, le clergé et le tiers état.
Tout le 19e siècle est le théâtre de négociations et d'affrontements entre les partisans du
libéralisme et les partisans de la monarchie. La Révolution jette la France dans une tempête
historique sans précédent, par laquelle les libertés et droits individuels allaient prendre le pas
ssur les privilèges d'une élite toute-puissante.
Alphabétisation et lecture
La population montre un intérêt grandissant pour la culture, et diverses avancées
technologiques contribuent à rendre le livre de plus en plus accessible.
C'est au 19e siècle que nait la littérature de masse. Le roman, qui était un genre mineur
auparavant, devient populaire, surtout auprès du lectorat féminin.
Leçon 2A - George Sand au 19e siècle
Le romantisme
Dans l’esthétique romantique, l’imagination et l’exaltation des sentiments prédominent. Ces
thèmes doivent pouvoir être exprimés en toute liberté, sans contraintes morales ou formelles.
Thèmes romantiques
● L'expression libre de soi
● La mélancolie
● La rêverie
● La nature
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Résumé
Courant artistique: romantisme; valorisation des sentiments et de l'imagination; expression en
toute liberté.
Auteurs emblématiques: Victor Hugo, Alfred de Musset, Alfred de Vigny.
Origines: Allemagne, Angletterre; rejet des conventions, classicisme, Siècle des lumières;
répercussions en France; retour des émigrés, diffusion des idéeaux romantique.
Thèmes: expression libre de soi, mélancolie, fuite hors du monde, rêverie, nature comme
refuge.
Résumé
Genre narratif: récit d'évènements (réels ou ctifs); présence d'une narrateur, mise en scène
de personnages dans un lieu et un temps donné.
Roman: réaliste, porttrait dèle de la société française postrévolutionnaire, romantique à
dominante sentimentale, prédominance de rêves d'amour et d'élans passionnels.
Paratexte: pseudonyme, création d'une identité littéraire, libre de toute attache, préface de
1832; portrait réaliste de la société, préface de 1842; dénonciation af rmée des conditions de
vies des femmes.
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Indiana est une jeune créole de Le colonel Delmare est un
Ralph Brown est le cousin et Raymon de Ramière est un
19 ans, originaire de l’île Bourbon ancien colonel de l’armée
l’ami le plus fidèle d’Indiana. Il jeune homme qui se
(colonie française située dans impériale qui a épousé Indiana à
a passé son enfance auprès distingue par son éloquence
l’océan Indien où son père s’était l’île Bourbon, où il s’était réfugié
d’elle, à l’île Bourbon. Il et sa capacité à briller en
exilé après la défaite de après l’abdication de Napoléon
défend avec intransigeance société. Il est séducteur et
Waterloo). Bonaparte. Fervent défenseur de
des valeurs républicaines. opportuniste; il se plait à
Mariée trop jeune à un ancien l’Empire, Delmare déteste
Réservé et doté de peu séduire les femmes.
colonel d’Empire, elle mène une profondément la monarchie
d’éloquence, on le croit Issu de la noblesse, il défend
existence profondément restaurée. Il peine à se
égoïste, mais, au fil du récit, il la Restauration et les
malheureuse auprès d’un homme reconnaitre dans ce monde en
se révèle particulièrement principes de la Charte.
beaucoup plus vieux qu’elle, changement. Toujours tourné
sensible. Entièrement dévoué Toutefois, ses convictions se
brutal et autoritaire. Passive et vers le passé, il est nostalgique
à Indiana, il vit auprès d’elle révèlent creuses et fluctuent
maladive parce prisonnière de sa du temps où la France
et de son mari. dès lors que ses intérêts sont
situation maritale, elle vit sans triomphait en Europe avec les menacés.
espoir dans le manoir de Lagny campagnes de Napoléon.
en Brie jusqu’au jour où elle En épousant Indiana, il a hérité
rencontre Raymon de Ramière, du manoir de Lagny et de la
un jeune monarchiste dont elle fabrique attenante, qu’il sait faire
devient éperdument amoureuse prospérer. S’il est habile en
et grâce auquel elle espère affaires, il l’est moins dans ses
échapper à son mariage. relations humaines. Entêté et
rustre, il ne sait trop que faire de
la femme chétive et
perpétuellement malheureuse
qu’il a épousée et avec laquelle il
se montre dur et parfois même
violent.
Résumé
George Sand (1804-1876): écrivaine majeure de la littérature française, autrice proli que de
romans, gure emblématique du romantisme.
Univers culturel: fréquentation de gures importantes du romantisme, Indiana (1832), premier
roman écrit avec son pseudonyme, défense des oppriméss et des plus démunis (paysans,
ouvriers, femmes).
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Leçon 2B - Exploration du roman Indiana
Extrait d'Indiana
« Car sa femme avait dix-neuf ans, et, si vous l’eussiez vue enfoncée sous le manteau de
cette vaste cheminée de marbre blanc incrusté de cuivre doré; si vous l’eussiez vue, toute
uette, toute pâle, toute triste, le coude appuyé sur le genou, elle toute jeune, au milieu de ce
vieux ménage, à côté de ce vieux mari, semblable à une eur née d’hier qu’on fait éclore
dans un vase gothique, vous eussiez plaint la femme du colonel Delmare, et peut-être le
colonel plus encore que sa femme1. »
Explication
Dans cette description d’Indiana, on trouve la posture et les traits physiques typiques de l’être
mélancolique tel que représenté par les romantiques. Le mal de vivre que ressent Indiana
n’est pas celui des poètes romantiques (appelé mal du siècle) se sentant jetés dans un
monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas, mais plutôt celui d’une femme condamnée à
vivre dans un mariage qui ne lui convient pas. Tout son corps traduit son mal de vivre : son
apathie, sa pâleur, sa maigreur.
D’ailleurs, l’univers d’Indiana est, d’entrée de jeu, placé sous le signe de l’ennui.
Dès les premières pages du roman, Sand réunit trois êtres, dont deux, Indiana et Ralph, qui
« sembl[ent] s’abandonner en toute soumission au vague ennui qui [pèse] sur eux2 [...] »
Extrait d'Indiana
« – À bas, Ophelia! à bas!
Et le jeune homme adressa en anglais une grave réprimande au docile animal, qui, honteux
et repentant, se traîna en rampant vers madame Delmare comme pour lui demander
protection. Mais madame Delmare ne sortit point de sa rêverie, et laissa la tête d’Ophélia
s’appuyer sur ses deux blanches mains, qu’elle tenait croisées sur son genou, sans lui
accorder une caresse1. »
Explication
Dans cet extrait, on retrouve l’état de langueur typique du personnage romantique. Mais plus
encore, on apprend que le chien du domaine du Lagny a pour nom Ophélia. Ce choix de
Sand n’a rien d’anodin. En donnant pareil nom à la bête, l’autrice évoque le mythe d’Ophélie,
si cher aux romantiques français. Ophélie est un personnage de la pièce Hamlet de
Shakespeare dans laquelle Ophélie sombre dans la folie et se suicide quand elle comprend
que son amant la délaisse. On la représentera souvent morte, glissant sur les eaux de la
rivière dans laquelle elle s’est noyée.
Avec cette référence au complexe d’Ophélie, Sand offre une représentation typique du mal
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Avec cette référence au complexe d’Ophélie, Sand offre une représentation typique du mal
de vivre féminin qui annonce la tentation du suicide et le mal de vivre qui traverseront
l’histoire d’Indiana.
Extrait d'Indiana
« Et puis je ne sais quelle attente vague pesait sur cette âme impressionnable et sur ses
bres délicates. […] Madame Delmare avait toutes les superstitions d’une créole nerveuse et
maladive; certaines harmonies de la nuit, certains jeux de la lune lui faisaient croire à de
certains événements, à de prochains malheurs, et la nuit avait pour cette femme rêveuse et
triste un langage tout de mystères et de fantômes qu’elle seule savait comprendre […].
– Vous direz encore que je suis folle, dit-elle en retirant sa main que tenait toujours sir Ralph,
mais je ne sais quelle catastrophe se prépare autour de nous. […] Ralph, je me sens émue
comme à l’approche d’une grande phase de ma destinée... J’ai peur, ajouta-t-elle en
frissonnant, je me sens mal. Et ses lèvres devinrent aussi blanches que ses joues. Sir Ralph,
effrayé […] de sa pâleur mortelle, […] demand[a] des secours1. »
Explication
Cet extrait montre toute la place laissée, dans ce récit romantique, à la sensibilité des
personnages. Au l de l’histoire, Sand s’attardera à décrire toutes les variations des états
d’âme et des émotions des êtres de passion qu’elle a choisi de représenter. Les « bres
délicates » d’Indiana, ses origines créoles, sa constitution maladive lui donnent accès à des
mystères que seuls certains êtres peuvent entrevoir. Cette jeune femme connait l’extrême
sensibilité propre aux romantiques. Après avoir pressenti la « catastrophe » à venir, la peur
qui la gagne est si grande qu’elle s’affaiblit. Chez Indiana, les émotions et les sensations sont
constamment exacerbées. Elle est atteinte jusque dans sa chair par ce qu’elle ressent.
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Leçon 3A - Les idées principales et secondaires
Question 1
Dans la deuxième partie d’Indiana, comment les personnages s’expliquent-ils la mort de
Noun?
Question 2
Au chapitre X, on apprend que Raymon de Ramière écrit des « brochures politiques1 ».
Quelles idées y défend-il?
● Raymon défend la Charte, ce texte de loi avec lequel Louis XVIII, sous la Restauration, a
cherché à concilier les principes de la monarchie et certains des acquis de la Révolution.
En soutenant la Charte, il défend des idées à mi-chemin entre celles des nobles
souhaitant le retour de la monarchie de l’Ancien Régime et celles des bourgeois libéraux
revendiquant davantage de pouvoir.
Question 3
Quelle est la nature de l’imbroglio qui existe entre Raymon de Ramière et Indiana lorsqu’ils
se retrouvent pour la première fois depuis la mort de Noun?
● Raymon de Ramière croit qu’Indiana est au courant de sa liaison avec Noun, parce
qu’elle le rend responsable de sa mort.
Toutefois, Indiana continue de ne rien savoir à propos de leur liaison. À ses yeux, la
responsabilité de Raymon tient au fait qu’en s’introduisant dans sa chambre et en faisant de
Noun sa complice, il a provoqué chez elle la colère qui l’aurait conduite au suicide.
Passe pertinent d'Indiana
« Elle le contemplait avec attendrissement, elle retrouvait sa con ance en lui. Elle prenait les
remords du coupable pour le repentir de l’amour. – Ne pleurez plus, dit-elle en se levant et en
s’approchant de lui; c’est moi qui l’ai tuée, c’est moi seule qui suis coupable. Ce remords
pèsera sur toute ma vie1 [...] »
Explication
À ce moment du récit, plutôt que de libérer celle qu’il dit aimer du sentiment de culpabilité qui
l’af ige, Raymon choisit de se taire et de tirer pro t de la situation. Lorsqu’elle le voit
profondément troublé, Indiana interprète ses pleurs comme des signes de l’amour qu’il
éprouve pour elle. Parce qu’elle a été maintenue dans l’ignorance par ses proches, la jeune
femme se laisse prendre aux pièges que lui tend le jeune séducteur.
Question 4
Au chapitre XIV, Raymon de Ramière est « effray[é]1 » et même quasi « dégoût[é]2 » par
l’aisance avec laquelle Indiana participe à la partie de chasse. Qu’est-ce qui explique cette
réaction?
● Il est surpris de voir la jeune femme frêle et maladive qu’il connait s’élancer avec autant
d’assurance et d’ardeur à cheval. Toutefois, sa réaction va au-delà de la simple surprise.
Raymon a peur de l’énergie et de l’audace d’Indiana, parce qu’il craint de perdre son rôle
d’amant protecteur. Aussi, elle lui parait moins féminine.
Passage pertinent d'Indiana
« Lorsque les limiers furent lancés, Raymon s’étonna de ce qu’il semblait se passer dans
l’âme d’Indiana. Ses yeux et ses joues s’animèrent; le gon ement de ses narines trahit je ne
sais quel sentiment de terreur ou de plaisir […] Tant de résolution l’effraya et faillit le dégoûter
de madame Delmare. Les hommes, et les amants surtout, ont la fatuité innocente de vouloir
protéger la faiblesse plutôt que d’admirer le courage chez les femmes3. »
Explication
L’effroi et le quasi-dégout de Raymon de Ramière n’ont rien de surprenant. Au 19e siècle,
l’expression brute du désir féminin était jugée suspecte, menaçante, voire bestiale. Au début
de l’extrait, le « gon ement de ses narines » est signe de désir, mais aussi de bestialité. Or,
chez les bourgeois, comme Indiana, la femme devait savoir se tenir, rester discrète.
Question 5
Pourquoi, dans cette deuxième partie du roman, Ralph est-il sur le point de se suicider?
● Lors de la partie de chasse, on annonce qu’Indiana a été renversée par son cheval et
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qu’il est inutile de se presser pour lui prêter secours, puisqu’il est probablement déjà trop
tard. Aussitôt, Ralph sort son couteau pour se trancher la gorge. Indiana est tout pour lui et
son empressement à s’enlever la vie quand il la croit morte en témoigne.
Passage pertinent d'Indiana
« Dans cet instant d’effroi, les yeux de Raymon rencontrèrent le visage pâle et morne de M.
Brown. Il ne criait pas, il n’écumait point, il ne se tordait pas les mains; seulement, il prit son
couteau de chasse, et, avec un sang-froid vraiment britannique, il s’apprêtait à se couper la
gorge, lorsque Raymon lui arracha son arme1 […] »
Explication
La réaction de Ralph représente une manifestation typique de la passion telle qu’elle traverse
l’imaginaire romantique. Son amour pour Indiana est d’une telle intensité qu’il le conduit à
l’extrémité de la mort. On trouve là une autre manifestation de la tentation du suicide,
thématique qui traverse le roman de Sand. Dans cette œuvre romantique, les émotions
contraires se rencontrent et se heurtent (la vie et la mort, l’amour et la haine, etc.).
Le sujet de dissertation
Interpréter adéquatement un sujet de dissertation:
● Encadrer ou surligner les mots-clés de l'énoncé
● Déterminer l'objet d'étude, c'est-à-dire la partie de l'oeuvre littéraire à laquelle il faudra
s'intéresser (un chapitre, quelques pages l'oeuvre entière)
● Déceler si le sujet contient des indices pour l'élaboration du plan. En effet, il arrive parfois
que la libellé du sujet de dissertation indique les grandes idées autour desquelles il
faudra structurer l'argumentation.
Avant tout, vous devez savoir qu'une dissertation explicative comporte habituellement:
● trois idées principales qui ont chacune deux idées secondaires
● ou deux idée principales qui ont chacune trois idées secondaire
Selon, le sujet de dissertation et votre argumentation, vous pourrez opter pour l'une ou l'autre
de ces options.
Principes à respecter
Caractéristiques d'une idée principale ou secondaire bien formulée:
● L'idée principale ou secondaire constitue une phrase complète
● L'idée principale ou secondaire est concise
● L'idée principale ou secondaire n'explique rien
● L'idée principale ne traite que d'un seul aspect du sujet de dissertation
● L'idée secondaire ne traite que d'un seul aspect de l'idée principale
Leçon 3B - La forme d'un texte narratif
Procédés récurrents dans Indiana
● Figure d'insistance (la répétition, l'accumulation, l'hyperbole)
● Figure d'analogie (la comparaison)
● Figure d'opposition (l'antithèse)
La répétition:
« Voyez, voyez bien, chère amie, que j’ai sujet d’être sombre et chagrin. Vous, vous êtes
héroïque, vous riez de tout, vous ne voulez pas que je m’af ige. Ah! que j’ai besoin de vos
douces paroles […] pour soutenir mon courage1! »
L'accumulation:
« Au salon, il s’assit à son métier, examina (tout en causant et en jouant la préoccupation)
les eurs de sa broderie, toucha toutes les soies, respira le parfum que ses petits
doigts y avaient laissé.Il avait déjà vu cet ouvrage dans la chambre d’Indiana1 […] »
L'hyperbole:
« Ah! sans doute, il t’a bien trompée, et tu n’as compris ta faute qu’en voyant mon
indignation! J’ai été trop sévère, Noun, j’ai été sévère jusqu’à la cruauté; je t’ai réduite au
désespoir, je t’ai donné la mort1! »
La comparaison:
« C’était la vie des camps qui avait érigé chez lui la brutalité en principe. Avec une femme
moins polie et moins douce, il eût été craintif comme un loup apprivoisé; mais cette
femme était rebutée de son sort; elle ne se donnait pas la peine de chercher à le rendre
meilleur1. »
L'anthitèse:
« Elle reçut madame de Ramière avec un mélange de respect et d’affabilité; mais sa
froideur pour Raymon fut si glaciale, qu’il se sentit incapable de le supporter longtemps. Il
n’était point accoutumé aux dédains, et sa erté s’irrita de ne pouvoir vaincre d’un regard
ceux qu’on avait préparés contre lui1. »
Démonstration
Aux chapitres XIX à XXI, Sand fait connaitre à Indiana quelques tentatives d’émancipation,
bien qu’elle soit sous la tutelle de son mari, comme le prévoyait le Code Napoléon au 19e
siècle. Montrez-le en vous intéressant aux moyens qu’elle emploie pour échapperà
l’emprise du colonel Delmare.
Idée principale 1
Elle oppose une résistance indirecte aux demandes de son mari.
Idée secondaire 1
Elle se coupe de toute forme de lien affectif avec lui.
Citation1
« Elle ne voulait point de sa tendresse, parce qu’elle n’y pouvait pas répondre. [...] Sa froide
obéissance irritait le colonel bien plus que ne l’eût fait une rébellion adroite. » (p. 208
Exemple d'explication de citation
L’antithèse entre tendresse et froide obéissance montre combien Indiana refuse d’entrer
véritablement en relation avec son mari. Plutôt que de se laisser émotivement toucher par lui,
elle lui obéit au doigt et à l’œil avec le plus grand des détachements tout en nourrissant
secrètement l’espoir de vivre son amour avec Raymon. Elle se montre ainsi hostile au colonel
sans le dire ouverteme
Exemple d'explication de citation
Plutôt que de se rebeller ouvertement, Indiana a choisi d’obéir au doigt et à l’œil au colonel,
manière pour elle d’échapper à tout reproche et en même temps de se préserver un espace
où rêver de son amour secret avec Raymon. Or, la comparaison antithétique montre
l’ef cacité de la stratégie qu’elle emploie pour se soustraire en partie à l’autorité de son mari.
Idée principale 1
Elle oppose une résistance indirecte aux demandes de son mari.
Idée secondaire 1
Elle se coupe de toute forme de lien affectif avec lui.
Citation1
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« Elle ne voulait point de sa tendresse, parce qu’elle n’y pouvait pas répondre. [...] Sa froide
obéissance irritait le colonel bien plus que ne l’eût fait une rébellion adroite. » (p. 208)
Contrexemple d'explication de citation
L’antithèse entre tendresse et froide obéissance montre combien Indiana refuse d’entrer
véritablement en relation avec son mari. Au 19e siècle, les femmes étaient soumises à leur
mari.
Idée principale 1
Elle oppose une résistance indirecte aux demandes de son mari.
Idée secondaire 2
Elle demande à madame de Carvajal d’intercéder en sa faveur auprès du colonel.
Citation1
« la vieille marquise [...] déclara que le devoir du colonel était de laisser sa femme en France;
qu’il y aurait de la barbarie à l’exposer [...] aux dangers d’une traversée [...]; qu’en un mot
c’était à lui d’aller travailler à sa fortune » (p. 214)
Exemple d'explication de citation
Le désir d’émancipation d’Indiana passe par la voix de sa tante, qui se fait complice de sa
volonté de rester en France. L’accumulation témoigne de la détermination de madame de
Carvajal à convaincre le colonel, et ce, même si ses intérêts sont autres. Avec elle, Indiana
trouve un bon moyen d’ébranler la position de son mari.
Contrexemple d'explication de citation
Dans cet extrait, la marquise de Carvajal explique au colonel qu’il est préférable qu’il laisse
sa femme en France; elle ne supporterait pas le voyage; aussi, il n’a pas à lui faire payer le
prix de sa faillite. Elle emploie une accumulation pour s’adresser au mari d’Indiana.
Leçon 4B - Le plan de dissertation
Caractéristiques d'un plan ef cace
Les idées principales et secondaires sont claires, concises et formulées en une seule
phrase complète. Elles répondent au sujet de dissertation et elles sont organisées de façon
logique.
Les idées principales sont distinctes, elles développent un aspect différent du sujet de
dissertation. De plus, elles ne répètent pas le sujet.
Les idées secondaires sont distinctes et elles développent l’idée principale à laquelle elles
se rapportent. De plus, elles ne répètent pas l’idée principale.
Plan partiel
Idée principale 1 : Indiana oppose une résistance indirecte aux demandes de son mari.
Idée secondaire 1 : Elle se coupe de toute forme de lien affectif avec lui.
Idée secondaire 2 : Elle demande à madame de Carvajal d’intercéder en sa faveur auprès du
colonel.
Idée principale 2 : Indiana se soustrait à ses obligations conjugales.
Idée secondaire 1 : Elle fuit le domicile conjugal.
Idée secondaire 2 : Elle se rend chez son amant.
Idée principale 3 : Indiana revendique ouvertement son libre arbitre.
Idée secondaire 1 : Elle af rme que son mari n’a aucun pouvoir sur sa volonté.
Idée secondaire 2 : Elle donne un exemple concret de l’exercice de son libre arbitre.
Passons maintenant aux citations et aux explications qui appuient les idées secondaires.
Chaque idée secondaire est illustrée par une citation. Les citations sont correctement
recopiées et la référence est claire.
Quelques mots-clés accompagnent chaque citation. Ils précisent le ou les éléments de la
citation qui seront développés dans la dissertation pour approfondir l’idée secondaire.
Plan partiel
Idée secondaire 1
Elle se coupe de toute forme de lien affectif avec lui.
Citation1
« Elle ne voulait point de sa tendresse, parce qu’elle n’y pouvait pas répondre […]. Sa froide
obéissance irritait le colonel bien plus que ne l’eût fait une rébellion adroite. » (p. 208)
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Mots-clés de l’explication
● Antithèse tendresse et froide obéissance
● Coupure d’avec son mari
● Hostilité secrète
Certaines étapes sont déjà plus familières pour vous, d’autres un peu moins. Prenons donc
un moment pour approfondir deux d’entre elles.
Erreur 2
Idée principale 1
Raymon manipule Indiana parce qu’il ne l’aime plus : elle n’aurait pas dû le piéger avec la
chevelure de Noun.
Justi cation
La première idée principale manque de clarté parce que sa formulation est trop longue. On
cherche déjà à expliquer les choses alors qu’il n’est pas encore temps de le faire.
Correction
Raymon manipule Indiana sans vergogne.
Cette formulation est optimale. Elle est concise et claire, on énonce l’idée principale sans
l’expliquer.
Erreur 2
Idée secondaire 2
Sur l’île Bourbon, il se dévoue totalement à Indiana.
Justi cation
Cette idée secondaire ne fait que répéter l’idée principale 2 (Ralph est entièrement dévoué à
Indiana). Certes, elle apporte un élément nouveau en évoquant l’île Bourbon, mais ce n’est
qu’un détail. Le thème central de l’idée secondaire (le dévouement) est identique à celui de
l’idée principale. Il faut toujours éviter la répétition dans un plan, car elle affaiblit
l’argumentation.
Correction
Il abandonne tout pour la suivre sur l’île Bourbon.
Cette formulation est optimale. En évoquant un élément nouveau (Ralph abandonne tout
pour Indiana.), on démontre la pertinence de l’idée principale.
Erreur 3
Idée secondaire 3
fi
fi
fi
Il la protège contre la violence de son mari.
Justi cation
Cette idée secondaire qui appuie l’idée principale 2 aurait dû être présentée en deuxième lieu
pour obéir au principe de progression logique. En effet, dans le roman, cette scène arrive
avant le départ des Delmare et de Ralph à l’île Bourbon. Dans un plan, il faut chercher à
suivre la logique et la structure interne du récit.
Correction
Il faut simplement inverser la deuxième et la troisième idée secondaire.
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Leçon 5A - Le paragraphe de développement 1
À la n de la troisième partie d’Indiana, dans quel état émotif Indiana se trouve-t-elle?
Maintenant qu’elle est installée à l’île Bourbon et qu’elle a écrit une dernière lettre apaisée à
Raymon, Indiana mène une vie calme, mais elle est triste et profondément mélancolique.
Seuls les instants de rêverie qui ponctuent ses promenades solitaires lui apportent un peu de
bonheur.
Ces moments de rêverie où Indiana tente d’échapper à son sort représentent bien un des
thèmes chers aux romantiques.
Question 1
Au chapitre XXV, qu’est-ce qui pousse Raymon à écrire une autre lettre à Indiana alors qu’il
s’était pourtant débarrassé d’elle?
Réponse
Alors que Raymon est malade et qu’il s’est éloigné de la vie politique, il a besoin d’Indiana. Il
se dit qu’il pourrait pro ter du complet dévouement qu’elle lui avait promis.
Aussi, alors qu’elle est sur son lit de mort, sa mère le pousse vers Indiana. Elle lui conseille
d’attendre la mort du colonel Delmare pour l’épouser.
Passage pertinent d’Indiana
« Il pouvait, en se donnant un peu de peine, exercer sur son Indiana un ascendant illimité; il
se sentait assez d’adresse et de rouerie dans l’esprit pour faire de cette femme ardente et
sublime une maîtresse soumise et dévouée. Il pouvait la soustraire au courroux de l’opinion,
la cacher derrière le mur impénétrable de sa vie privée […] et l’employer à répandre sur ses
instants de solitude et de recueillement le bonheur d’une affection pure et généreuse1. »
Explication
Cet extrait permet de souligner l’égoïsme et l’hypocrisie de Raymon qui, dans sa dernière
lettre, disait à Indiana qu’il avait voulu préserver son honneur en la repoussant.
Maintenant qu’il a intérêt à la faire revenir en France, il se préoccupe beaucoup moins de sa
réputation. (Rappelons qu’au 19e siècle, la femme mariée commettait une faute grave si elle
désertait le foyer conjugal ou était in dèle.)
Question 2
Quel évènement marque un tournant dans le mariage d’Indiana et du colonel Delmare?
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Réponse
Le jour où il découvre le journal intime d’Indiana, dans lequel elle se con e à Raymon, le
colonel Delmare s’emporte et la frappe violemment. Après, le mépris d’Indiana pour son mari
sera permanent; elle ne rêvera que de moyens de fuir l’île Bourbon.
Passage pertinent d’Indiana
« – Indiana! s’écria-t-il en reculant d’effroi et de surprise, qui vous a blessé ainsi?
– Vous le demandez? répondit-elle avec un sourire amer; quel autre que votre ami en a
le droit et la volonté1? »
Explication
Ralph découvre Indiana « échevelée, dans l’état où cette horrible scène l’avait laissée2 ». Or,
à la question qu’il lui pose, Indiana répond en rappelant le caractère odieux du droit, comme
prescrit par le Code Napoléon, qui la place dans une posture de totale soumission vis-à-vis
de son mari. L’italique souligne son mépris pour ces règles.
Question 4
Pourquoi Indiana et Ralph choisissent-ils de mettre n à leurs jours dans la forêt de l’île
Bourbon?
Réponse
Pour Indiana et Ralph, cette forêt vierge, à mille lieues de la société corrompue par les
hommes, est un lieu sacré. Ils croient qu’en s’enlevant la vie au cœur de cet espace
témoignant de la grandeur de la création divine, ils seront au plus près de Dieu. Aussi,
enfants, ils ont connu là de réels moments de bonheur.
Passage pertinent d’Indiana
« Pour nous, l’univers est un temple où nous adorons Dieu. C’est au sein d’une nature
grande et vierge qu’on retrouve le sentiment de sa puissance, pure de toute profanation
humaine. Retournons donc au désert, a n de pouvoir prier. Ici, dans cette contrée pullulante
d’hommes et de vices, au sein de cette civilisation qui renie Dieu ou le mutile, je sens que je
serais gêné, distrait et attristé. Je voudrais mourir joyeux, le front serein, les yeux levés vers
le ciel1. »
Explication
Dans les mots de Ralph, on retrouve ce culte et cette idéalisation de la nature propres aux
romantiques. Chez ces derniers, se réfugier dans la nature revient à échapper aux
fi
fi
corruptions de la civilisation et au désenchantement auquel elles conduisent invariablement.
La citation
Couper une citation:
Dans une dissertation explicative, pour être convaincant, il faut éviter de se perdre en citant
des passages trop longs. Aller à l’essentiel et viser l’ef cacité contribue à mettre en avant-
plan ce à quoi l’on s’intéresse, soit illustrer avec force l’idée secondaire.
Ainsi, certaines citations doivent subir un coup de bistouri avant d’être insérées dans votre
paragraphe de développement.
Règles à respecter pour des coupures adéquates
● Toute coupure faite dans le corps de la citation doit être indiquée à l’aide de points de
suspension mis entre crochets.
● Après toute coupure au sein d’une même phrase, le segment de phrase qui reste doit
être compréhensible et syntaxiquement correct (sujet et prédicat complets). De plus, la
coupure ne doit pas altérer le sens du texte.
● Les crochets servent également à indiquer qu’un élément du texte d’origine a été modi é.
Exemple de coupure adéquate
« Mais qu[elle] fu[t] sa surprise […], en débarquant, de voir le drapeau tricolore otter sur les
murs de Bordeaux! Une violente agitation bouleversait la ville […]; le peuple se soulevait de
toutes parts » (p. 290)
Exemple de coupure adéquate
« Pour nous, l’univers est le temple où nous adorons Dieu. […] Retournons donc au désert,
a n de pouvoir prier. » (p. 307)
Exemple de coupure inadéquate
« Au mois de janvier dernier, j’étais parti […] l’île Bourbon. » (p. 331)
La citation fusionnée consiste à intégrer la citation à une phrase syntaxique. Elle devient
l’un des constituants de cette phrase syntaxique (le prédicat ou une partie du prédicat, par
exemple).
Règles à respecter
● La citation est encadrée de guillemets français et elle ne termine pas nécessairement
la phrase graphique; elle peut être suivie, par exemple, d’une autre phrase syntaxique.
● La ponctuation de la citation ne sert jamais de ponctuation nale à la phrase graphique.
Donc, celle-ci se trouve toujours après le guillemet fermant.
● Il faut s’assurer que la syntaxe de la phrase graphique est correcte et, s’il y a lieu, que
les accords nécessaires ont été faits dans la citation.
● Toute modi cation apportée au texte d’origine est indiquée entre crochets.
● On note la référence entre parenthèses après le point nal de la phrase graphique ou
après le guillemet fermant, selon le cas.
Exemple de citation fusionnée
Alors qu’ils sont sur le point de s’enlever la vie, Ralph se livre à cœur ouvert à Indiana. Il
raconte que, dès sa naissance, « [s]a mère [l’]éloigna de son sein avec dégoût, parce que
[s]on visage d’enfant ne savait pas lui rendre son sourire »; (p. 315) à l’évidence, Ralph n’a
pas suf samment été aimé par sa mère.
Contrexemple de citation fusionnée
Ralph avoue à Indiana que les seuls véritables moments de bonheur qu’il a connus durant
l’enfance sont ceux où « [il] [t] de vous ma sœur, ma lle, ma compagne, mon élève, ma
société. » (p. 316)
fi
fi
fi
fi
fi
fi
Leçon 5B - Le paragraphe de développement 2
Stratégies de transition
Utiliser un complétement de phrase:
Le complément de phrase est un constituant de la phrase de base (sujet, prédicat et
complément de phrase). Il est le seul constituant facultatif et il peut être déplacé dans la
phrase.
Il contribue à assurer la continuité entre ce qui vient d’être dit et l’idée que l’on s’apprête à
développer. Placé en début de phrase, le complément de phrase peut, entre autres, servir à
marquer une transition.
Aussi, son usage est particulièrement intéressant pour commencer un paragraphe de
développement. Cela permet de varier les stratégies de transition et de rompre l’effet de
lourdeur causée par un recours abusif aux organisateurs textuels qui sont déjà fort utiles à
l’intérieur du paragraphe (par exemple, pour introduire une idée secondaire).
Exemples de compléments de phrase
● Au chapitre V
● Dans cet extrait
● Dans ce passage
● Ici
● Peu après cette rencontre
À retenir
Vous le savez, pour ne pas être dépassé par la quantité de choses à véri er et à corriger lors
de votre révision, mieux vaut vous prémunir d’une méthode de révision. Elle sera d’autant
plus ef cace si elle correspond à vos besoins et si en l’appliquant vous priorisez d’abord
vos dé s.
Par exemple, ne perdez pas votre temps à réviser les accords de participe passé si ça ne
représente pas un dé pour vous. Maximisez plutôt votre temps de révision en vous
concentrant d’abord sur vos lacunes.
Et pour être encore plus ef cace, commencez votre révision par ce qui est plus général, puis
attaquez-vous aux erreurs plus spéci ques.
En d’autres mots, révisez d’abord la pertinence du contenu (la formulation des idées, les
choix des citations, etc.), puis l’organisation du contenu (l’organisation des idées, le choix des
fi
fi
fi
fi
fi
organisateurs textuels, etc.) et en n, la langue. Vous évitez ainsi de réviser des parties de
votre texte qui pourraient être modi ées à une étape de révision précédente.
Erreur 1
Observons d’abord l’erreur la plus générale, soit celle qui porte sur la pertinence du contenu.
Erreur
Explication de citation qui appuie l’idée secondaire 1
Ici, Ralph prend Indiana dans ses bras et la réchauffe avec son manteau. Il agit avec
délicatesse contrairement aux hommes du 19e siècle, qui malmenaient les femmes.
Justi cation
Cette explication est peu convaincante. La première phrase paraphrase la citation et la
deuxième tient de la généralité. D’abord, ce qu’elle avance est faux; de plus, en référant aux
hommes en général, on se tient à distance du texte. Au moment d’expliquer une citation, il
faut rester près du texte. Quand on s’en éloigne, c’est pour s’intéresser au contexte
sociohistorique auquel le texte fait directement ou indirectement référence.
Correction
Dès qu’il apprend qu’Indiana a fui le domicile conjugal, Ralph part à sa recherche. Sensible à
son bienêtre, il sait presque instinctivement où la trouver.
Cette explication est optimale, elle permet d’approfondir l’idée secondaire (Ralph vole au
secours d’Indiana à tout moment).
fi
fi
fi
fi
Erreur 2
Passons maintenant à l’erreur qui a trait à l’organisation du contenu.
Erreur
Idée secondaire 2
D’ailleurs, Ralph va jusqu’à tout abandonner de sa vie en France pour suivre Indiana à l’île
Bourbon.
Justi cation
Il n’est pas logique de présenter cette idée secondaire en deuxième puisque l’idée
secondaire 3 (Ralph protège Indiana de la violence de son mari) concerne un évènement qui
arrive avant dans cette partie du roman (le départ pour l’île Bourbon arrive après le retour
d’Indiana à la maison).
La structure de ce paragraphe n’obéit pas au principe de progression logique des idées.
Correction
Il faut simplement inverser la deuxième et la troisième idée secondaire.
Erreur 3
Poursuivons avec l’erreur de syntaxe.
Erreur
Mise en contexte de la citation qui appuie l’idée secondaire 11
Quand, après avoir été rejetée par Raymon, délirante, Indiana est sur le point de se noyer
dans la Seine : « Alors un homme qui accourait […] la saisit par le corps, l’entraîna, et la
déposa sur les débris d’un bateau […] Il […] détacha son manteau dont il l’enveloppa, prit ses
mains dans les siennes pour les réchauffer ». (p. 227-228)
Justi cation
La citation n’est pas mise en contexte convenablement parce que la phrase introductive ne
correspond pas à une phrase syntaxique complète.
Correction2
Quand, après avoir été rejetée par Raymon, délirante, Indiana est sur le point de se noyer
dans la Seine, Ralph la sauve in extrémis : « Alors un homme qui accourait […] la saisit par
le corps, l’entraîna, et la déposa sur les débris d’un bateau […] Il […] détacha son manteau
dont il l’enveloppa, prit ses mains dans les siennes pour les réchauffer ». (p. 227-228)
fi
fi
Erreur 4
Voyons quelle est l’erreur de ponctuation.
Erreur
Dans la troisième partie du roman à l’extrême opposé de Raymon, Ralph se montre
entièrement dévoué à Indiana.
Justi cation
Lorsque placé en début de phrase, le complément de phrase doit être suivi d’une virgule.
Correction
Dans la troisième partie du roman, à l’extrême opposé de Raymon, Ralph se montre
entièrement dévoué à Indiana.
Principes stylistiques
Employer un vocabulaire riche, précis et clair
Éviter les répétitions est essentiel. Les propos redondants sont toujours monotones et, par le
fait même, moins convaincants. Le recours aux synonymes et l’usage de pronoms de reprise
visent à éviter de tomber dans le piège de la redondance.
De plus, employer les bons mots est tout aussi essentiel. En ce sens, il faut s’assurer de bien
comprendre les mots que l’on emploie et s’assurer de les employer dans un contexte
approprié. Par exemple, l’emploi du mot infraction plutôt qu’effraction viendrait complètement
changer le sens d’un message.
Bref, employer un vocabulaire riche, précis et clair rendra le propos de votre texte plus
convaincant.
Employer un niveau de langue standard
Le niveau de langue attendu dans une dissertation explicative, et ce, du début à la n, est le
niveau standard.
Il s’agit d’un niveau plus riche que le niveau familier, mais moins savant que le niveau
soutenu ou littéraire. On utilise généralement le registre standard dans un contexte plus
formel ou scolaire. Les expressions qui appartiennent à ce registre ne contiennent pas
d’anglicismes ou d’expressions familières, mais elles ne comptent pas non plus de mots trop
savants. Aussi, il faut éviter de chercher à impressionner son lecteur en utilisant un
vocabulaire soutenu que l’on maitrise mal.
Employer un style neutre et objectif
fi
Une dissertation explicative n’est pas un texte d’opinion, il s’agit plutôt d’un texte argumentatif
par lequel on cherche à montrer la justesse d’une af rmation en faisant « parler » le texte
littéraire à l’étude.
Ainsi, votre dissertation doit être dépourvue de toute trace de modalisation, soit de
formulation qui témoigne de la présence du locuteur (la première personne du singulier, la
ponctuation expressive, l’hyperbole, les adverbes d’appréciation, etc.).
Pertinence du contenu
Erreur 1
Observons d’abord la première erreur qui porte sur la pertinence du contenu.
Erreur dans le plan et le paragraphe de développement
Mots-clés de l’explication qui appuie l’idée secondaire 1
● Éducation limitée
● Savoirs concrets seulement
Explication de citation qui appuie l’idée secondaire 1
Dans ce passage, on voit bien que l’éducation d’Indiana est limitée et que Ralph s’en tient à
des savoirs concrets.
Justi cation
Cette explication de citation n’apporte rien de nouveau à l’argumentation; elle ne fait que
répéter l’idée secondaire (l’éducation qu’elle a reçue de Ralph est limitée) et paraphraser la
citation.
Correction
fi
fi
Mots-clés de l’explication qui appuie l’idée secondaire 1
● Exclusion des savoirs abstraits
● Terme péjoratif « médiocre »
● Préjugés typiques du 19e siècle
Explication de citation qui appuie l’idée secondaire 1
Dans ce passage, le terme péjoratif « médiocre » fait écho aux préjugés des hommes du
19e siècle quant à l’intelligence des femmes. Même s’il aime profondément Indiana, Ralph la
sous-estime en excluant de son éducation tout savoir abstrait.
Cette explication de citation est optimale, car elle permet d’approfondir l’idée secondaire en
apportant de nouveaux aspects (exclusion de savoirs abstraits et préjugés typiques du
19e siècle).
Erreur 2
Penchons-nous sur la deuxième erreur qui concerne la pertinence du contenu.
Erreur dans le plan
Idée secondaire 2
Elle est naïve.
Justi cation
Cette idée secondaire ne fait que reprendre l’idée secondaire 1 (Elle se laisse facilement
manipuler.); elle n’apporte rien de nouveau. Certes, la réaction d’Indiana aux propos de
Ralph témoigne de sa trop grande con ance en Raymon, toutefois cette idée a déjà été
montrée avec la première idée secondaire.
Correction
Idée secondaire 2
Ses réactions sont mal adaptées à la réalité.
Cette formulation est optimale. Elle apporte quelque chose de nouveau à l’argumentation
pour approfondir la ré exion. Pour éviter la redondance, il est préférable de souligner les
conséquences du fait que Raymon manipule Indiana, soit qu’Indiana se met en colère contre
Ralph lorsqu’il cherche à l’aider.
Maitrise de la langue
Erreur 1
Passons maintenant aux erreurs qui portent sur la maitrise de la langue.
Erreur dans le paragraphe de développement
Or, je trouve qu’en l’infantilisant de la sorte, Ralph et le colonel Delmare privent Indiana de
fi
fi
fl
fi
renseignements qui auraient pu lui permettre de mieux comprendre les évènements.
Justi cation
Une dissertation explicative n’est pas un texte d’opinion. Il faut éviter toute trace de
subjectivité et opter pour un style neutre. Ainsi, on ne doit jamais avoir recours à la première
personne du singulier.
Correction
Or, en l’infantilisant de la sorte, Ralph et le colonel Delmare privent Indiana de
renseignements qui auraient pu lui permettre de mieux comprendre les évènements.
Supprimer ces quelques mots permet de conserver un ton neutre.
Erreur 2
Un dernier petit effort! Voyons une dernière erreur qui a trait à la maitrise de la langue.
Erreur dans le paragraphe de développement1
Raymon de Ramière se gardera bien, d’ailleurs, de lui révéler le secret de sa liaison avec
Noun. Ici, Indiana s’empresse de consoler Raymon de Ramière qui a pourtant conduit sa
chère amie à mettre n à ses jours : « Ne pleurez plus, dit-elle […]; c’est moi qui l’ai tuée,
c’est moi seule qui suis coupable. Ce remords pèsera sur toute ma vie […] J’ai été bien dure
envers elle!... – Et envers moi, dit Raymon ». (p. 146-147)
Justi cation
La répétition de Raymon de Ramière affaiblit le propos, elle est agaçante pour le lecteur. La
pronominalisation permet d’éviter ce type d’erreur. Par exemple, on aurait pu
remplacer Raymon de Ramière par celui.
Correction
Raymon de Ramière se gardera bien, d’ailleurs, de lui révéler le secret de sa liaison avec
Noun. Ici, Indiana s’empresse de consoler celui qui a pourtant conduit sa chère amie à mettre
n à ses jours : « Ne pleurez plus, dit-elle […]; c’est moi qui l’ai tuée, c’est moi seule qui suis
coupable. Ce remords pèsera sur toute ma vie […] J’ai été bien dure envers elle!... – Et
envers moi, dit Raymon ». (p. 146-147)
Stratégies de révision
Observez les erreurs relevées dans cette préparation au devoir pour ré échir aux questions
suivantes.
Critères d’évaluation
fi
fi
fi
fi
● Pertinence du contenu
● Ef cacité de l’organisation du contenu
● Maitrise de la langue
Conclusion du module 1
Le romantisme dans tous ses états
Objectif
Expliquer la vision du monde du 19e siècle contenue dans une œuvre littéraire romantique
Survol du parcours accompli
Dans ce module, vous avez lu un roman romantique marqué par une France en pleine
effervescence sur les plans social, politique et culturel. L’autrice que vous avez rencontrée
est à l’image de sa patrie : foisonnante d’idéaux!
Vous vous êtes familiarisé avec de nombreuses composantes de la dissertation explicative.
Après toutes les activités que vous avez réalisées, vous pouvez convenir qu’il n’est pas
toujours évident d’analyser un texte littéraire à partir d’un sujet de dissertation et encore
moins d’expliquer le tout dans un texte cohérent, clair et convaincant. C’est pourtant la
compétence que vous êtes en voie d’acquérir.
Dernières étapes avant votre devoir
L’atteinte de l’objectif du module est à portée de main, voilà un jalon important à franchir.
Pour mettre toutes les chances de votre côté dans la réalisation du devoir 1, parcourez
attentivement les documents suivants.
Ouvrez votre journal ré exif pour remplir la section « Bilan des apprentissages par module ».
En cernant vos forces et vos dé s, vous serez plus apte à développer vos talents d’analyse
littéraire et de rédaction.
Il est maintenant temps de réaliser votre devoir. Une fois remis, vous pourrez poursuivre avec
le module suivant.
fi
fl
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Module 2 - Un appel à la réconciliation
Introduction du module 2
Objectif du module 2
Expliquer la vision du monde de l’après-Seconde Guerre mondiale contenue dans une œuvre
littéraire issue du nouveau roman et du théâtre de l’absurde
Déroulement
Dans ce deuxième module, vous traverserez l’époque de la modernité. Ce sera l’occasion
pour vous d’explorer les courants littéraires du nouveau roman et du théâtre de l’absurde,
dont on retrouve des caractéristiques dans Hiroshima mon amour de Marguerite Duras. Et
pour atteindre votre objectif, vous produirez une dissertation explicative partielle de 600 mots.
Pour y parvenir, vous soupèserez les bouleversements sociohistoriques et culturels
provoqués par la guerre en France et au Japon. Cela vous aidera à voir clair dans les thèmes
de l’œuvre, un scénario littéraire riche en pistes d’analyse. Au l des leçons, vous
peau nerez aussi vos aptitudes en rédaction et en révision de texte. Pour perfectionner votre
maitrise de la dissertation explicative, vous apprendrez à lier vos idées entre les paragraphes
de développement.
fi
Leçon 6B - L'après guerre
Objectif : Décrire le contexte sociohistorique après la Seconde Guerre mondiale
Avant la Seconde Guerre mondiale
Une certaine idéologie humaniste a prévalu de la Renaissance jusqu’au 20e siècle. Cette
idéologie amène l’humanité à acquérir de nouvelles connaissances. Les valeurs de justice,
de paix et de tolérance qui en découlent contribuent au progrès de la société. Les
humanistes ont donc foi en la capacité de l’humanité de rendre le monde meilleur.
Voici quelques gures connues pour leur apport à cette idéologie:
● L’Italien Léonard de Vinci (1452-1519) consacre sa vie à l’avancement de plusieurs
disciplines : sculpture, peinture, architecture, botanique, anatomie, etc. Souvent associé à
sa célèbre toile de la Joconde, il fait aussi l’ébauche de plusieurs inventions, dont le
parachute.
● Marie Skłodowska-Curie (1867-1934) est une célèbre physicienne et chimiste polonaise.
Ses travaux, notamment sur la radioactivité, contribuent largement à l’amélioration des
soins aux malades. Elle milite toute sa vie pour la paix, le bien de l’humanité et les droits
des femmes.
● Albert Einstein (1879-1955), physicien du 20e siècle, se voue à l’avancement de la
science et milite pour de nombreuses causes paci stes, dont l’antisémitisme.
Conséquences géopolitiques
e bloc de l’Ouest, capitaliste, défend le libéralisme et encourage la prospérité individuelle. Le
capitalisme américain s’est étendu au monde occidental de l’après-guerre, entrainant à sa
suite une société de loisirs fortement axée sur la consommation. L’industrialisation et la
technologie, progressant à pas de géant, favorisent alors la production et la consommation
de masse. Il en résulte que l’individu disparait dans une nouvelle aliénation collective : le
matérialisme.
Le bloc de l’Est, quant à lui, est communiste. Il est devenu le symbole de la justice sociale et
poursuit le rêve d’une société égalitaire telle que proposée par Karl Marx .
Même si la France fait partie du bloc capitaliste, c’est dans cette direction que plusieurs
personnalités intellectuelles se lancent, car elles y voient la possibilité d’un nouvel
humanisme. Elles se revendiquent de l’existentialisme.
Peu à peu, l’idéal communiste de l’après-guerre est réduit à néant par un communisme
abusif en URSS, qui a mené à des conditions de vie déplorables des populations.
Une désillusion similaire découle de l’idéalisme démocratique américain qui véhicule le rêve
américain, mais qui piège une partie de l’Occident dans une société plus capitaliste que
libérale. La jeunesse, très nombreuse des années 1950, surnommée les babyboumeurs, a
refusé ce mode de vie et surtout les valeurs de la société centrées sur la sécurité nancière,
le travail stable et le conservatisme des institutions comme le mariage, la famille et la religion.
En allant à l’encontre des ainés, elle a créé la contreculture, mouvement qui s’est maintenu
jusque durant les années 1970.
L’existentialisme repose sur de grands concepts comme la liberté, la responsabilité et
l’engagement de l’être humain face à sa destinée. C’est le rôle que s’attribuent les
existentialistes dans le but d’éclairer l’humanité comme l’ont fait avant eux les humanistes. Si
la vie n’a pas à être absurde, l’être humain peut dépasser l’absurde en s’engageant envers
l’humanité.
fl
Leçon 7A - Marguerite Duras après la Seconde Guerre mondiale
En contestation au monde conformiste, les nouveaux romanciers refusent de créer des œuvres
qui reproduisent le réel. Ils veulent simplement rendre compte du monde, sans lui donner un
sens.
Pour ce faire, ils rejettent l’idée du narrateur omniscient qui décrit la réalité de façon
vraisemblable, puisqu’il incarne la vision d’ensemble de ce monde organisé. À cela, on préfère
le monologue intérieur d’un personnage ou le récit raconté par plusieurs narrateurs.
Les personnages ne sont pas aussi développés que dans le roman traditionnel.
On ne connait souvent pas leur environnement socioéconomique ni même leur nom. Flous, anonymes ou
atypiques, ils se révèlent par leurs actions et leurs paroles.
Les personnages perdent aussi leur identité et leur individualité, à l’image des matricules que sont devenus les
gens modernes. En somme, ils ne constituent plus le centre de l’œuvre.
Le théâtre de l'absurde
Les principales caractéristiques du théâtre de l'absurde:
● Ce mouvement rejette le théâtre d’illusion. Sous diverses in uences dont celle du
cinéma, on fragmente l’action et le décor. Il revient au public de reconstituer le cours
incertain du récit.
● Espace-temps non conventionnel. Le temps et l’espace sont illogiques et re ètent
l’irréalisme du rêve et de l’inconscient.
● Remise en question de la notion de personnage. Les personnages sont anonymes et
représentent l’humanité plutôt que des individus particuliers. Ils vivent de l’absurdité.
● En l’absence de vérités absolues, on s’intéresse à l’inconscient. Les contradictions et
ambigüités ne sont plus refoulées dans la parole, qu’on autorise à rompre avec la raison.
Il en résulte des malentendus plus ou moins fréquents et parfois profonds.
● Dislocation du langage. Le discours souvent incompréhensible et insigni ant montre les
problèmes modernes de communication et fait ré échir sur le sens même de la
communication par le langage.
● Humour noir. On traite de sujets sérieux tels que l’angoisse et la déchéance humaine,
comme le font les existentialistes, mais par le biais de la caricature et de la dérision.
La nouvelle vague
● Rejet des costumes et des décors soignés. Les réalisateurs de la nouvelle vague
délaissent l’effet de réel recherché par le cinéma traditionnel. Ils ne cherchent pas à créer
fl
de beaux décors et des costumes élaborés.
● Refus du travail en studio et des techniques complexes. Le lm s’écrit parfois directement
sur le plateau. Les tournages se font souvent à l’extérieur avec une caméra légère qui se
porte sur l’épaule
● Spontanéité des dialogues. On cherche à produire un lm ayant un côté naturel et
décontracté. Par conséquent, les dialogues tendent vers une certaine simplicité.
Didascalies
Il existe plusieurs types de didascalies, selon le type d’indication que l’on veut fournir. Elles
sont toujours en italique, contrairement aux répliques, qui sont écrites en caractères romains.
Voici les types de didascalies que l’on retrouve dans Hiroshima mon amour:
● Les didascalies explicatives: Les didascalies explicatives donnent des indications sur des
éléments importants qui doivent être vus à l’écran ou sur les intentions des personnages.
C’est sur cette didascalie explicative que s’ouvre le scénario de Hiroshima mon amour.
On explique que le lm débute par l’image d’une explosion sur l’ile de Bikini, où ont eu
lieu des essais de bombes atomiques par les États-Unis. Comme cette didascalie est
écrite entre crochets, on comprend que cette idée n’a pas été retenue et que cette image
n’apparait pas dans le lm. En effet, le lm s’ouvre plutôt sur deux épaules nues, comme
l’indique la première didascalie qui n’est pas entre crochets.
● Les didascalies suggestives: Les didascalies suggestives offrent des choix relativement à
la mise en scène, au jeu d’acteur, au montage. Pour différentes raisons, il peut arriver
qu’une scène ne fasse pas l’unanimité au moment du tournage. Les scénaristes
anticipent cela et écrivent parfois des répliques de rechange. Dans l’extrait ci-contre, la
Française et le Japonais (les personnages principaux) ne s’entendent pas. Duras a
imaginé plusieurs répliques pouvant mettre n au con it.
fi
fi
7B - Exploration du scénario Hiroshima mon amour
Des thèmes atemporels
Bien que la guerre et l’amour puissent être considérés comme des thèmes diamétralement
opposés, ils sont intimement liés dans cette œuvre. Dès le départ, le titre Hiroshima mon
amour est un oxymore, car la ville qui représente l’horreur extrême de la guerre est associée
à l’amour.
C’est ainsi par l’amour que les thèmes de la guerre et de la mort sont amenés. Lors d’une
brève relation extraconjugale, donc d’une histoire d’amour impossible, la Française raconte
une autre histoire d’amour inenvisageable qu’elle a vécue lors de la guerre. Rapidement dans
l’œuvre, cet épisode de sa vie prend le dessus sur le récit du bombardement de Hiroshima.
Au début du scénario, la répétition de « J’ai vu » par la Française et de « Tu n’as pas vu » par
le Japonais, ou la répétition de « faute d’autre chose » illustrent que malgré tous les musées,
toutes les reconstitutions, il est impossible de se rappeler clairement, collectivement, de la
douleur vécue par la nation japonaise.
Pour bien se rappeler des évènements, il ne suf t pas d’avoir vu, il faut avoir vécu. Le
scénario rappelle des évènements de l’histoire collective, mais ne les aborde pas sous cet
angle. Pour cette raison, l’histoire de Nevers prend plus de place dans l’œuvre. Même si elle
ne se compare pas à celle de Hiroshima (la mort d’une personne n’équivaut pas à une
attaque atomique ayant tué des milliers de personnes), c’est une histoire personnelle vécue
par la Française.
Peu de temps après que la Française se soit remémoré son amour défunt, le Japonais la
questionne à propos de l’attaque nucléaire sur Hiroshima.
La stupeur et la peur évoquées sont tout à fait fondées. Avant les bombardements de
Hiroshima et de Nagasaki, les échos que le monde recevait des tests atomiques menés par
les États-Unis et leurs alliés avaient encore un caractère abstrait. Il était alors dif cile
d’imaginer l’ampleur de la mort que sèmerait une bombe larguée sur une ville vastement
fi
peuplée. Dès les 6 et 9 aout 1945, l’imaginaire collectif est marqué à jamais par ces deux
bombardements.
Extrait de Hiroshima mon amour
« ELLE
Se connaître-à-Hiroshima. C’est pas tous les jours.
Il vient la retrouver sur le balcon, il s’assied en face d’elle, habillé déjà. (En chemise, col
ouvert.)
Après une hésitation, il demande :
LUI
Qu’est-ce que c’était pour toi, Hiroshima en France?
ELLE
La n de la guerre, je veux dire, complètement. La stupeur… à l’idée qu’on ait osé… la
stupeur à l’idée qu’on ait réussi. Et puis aussi, pour nous, le commencement d’une peur
inconnue. Et puis, l’indifférence, la peur de l’indifférence aussi…1 »
fi
Leçon 8A - Les idées principales et secondaires
Question 1
Dans la partie III du scénario de Hiroshima mon amour, la Française et le Japonais se
retrouvent sur le lieu de tournage d’un lm sur Hiroshima.
Extrait de Hiroshima mon amour
« Il est quatre heures de l’après-midi, place de la Paix à Hiroshima. Dans le lointain s’éloigne
un groupe de techniciens de cinéma portant une caméra, des projecteurs et des écrans-
ré ecteurs. Des ouvriers japonais démontent l’estrade of cielle qui vient de servir de cadre à
la dernière séquence du lm.
Une remarque importante : on verra toujours les techniciens de loin et on ne saura jamais
quel est le lm qu’ils tournent à Hiroshima. On n’en verra toujours que le décor qu’on est en
train de défaire. [Peut-être, tout au plus, en saura-t-on le titre.]
Des machinistes portant des pancartes en différentes langues, en japonais, en français, en
allemand, etc… “JAMAIS PLUS HIROSHIMA”, circulent1. »
Comment appelle-t-on le procédé qui consiste à intégrer une œuvre dans une œuvre
(dans ce cas-ci, un lm dans un lm)?
Le procédé utilisé est la mise en abyme. Il consiste à intégrer une œuvre dans une autre du
même type, par exemple un lm dans un lm, du théâtre dans du théâtre, un dessin dans un
dessin (c’est le cas dans l’illustration sur les verres de Slush Puppie!).
Ce procédé qui contribue à supprimer l’effet de réel peut parfois créer un effet comique ou,
au contraire, ajouter une dimension critique à l’œuvre.
Question 2
D’après vous, quel est l’effet créé par la mise en abyme dans la partie III du scénario?
La raison de la venue de la Française à Hiroshima est son rôle dans le tournage d’un lm sur
la paix, Les Enfants de Hiroshima, auquel on fait allusion dans la didascalie de la p. 65. Ce
lm historique s’intéresse au drame qui s’est joué dans cette ville.
La mise en abyme contribue à rejeter tout effet de réel qui amènerait à se laisser prendre
complètement dans l’histoire. Ce procédé tout comme les évènements qui ne sont pas
présentés dans un ordre chronologique et le Japonais qui se substitue à l’Allemand
rappellent qu’il s’agit d’une œuvre de ction. On ne fait pas croire, comme dans les romans
réalistes, que ce qui est raconté est la vérité; l’introduction d’une telle faille dans l’immersion
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fl
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narrative favorise d’ailleurs une ré exion sur le sens de l’œuvre.
Par le procédé de la mise en abyme, on mentionne aussi que les tentatives de
commémoration du bombardement à Hiroshima sont fréquentes et, somme toute, peu
ef caces. Les gens sont indifférents au tournage du lm.
Question 3
Dans le contexte de cet extrait, la Française raconte au Japonais des bribes de ses souvenirs
impliquant l’Allemand.
Extrait de Hiroshima mon amour
« ELLE
On s’est d’abord rencontré dans des granges. Puis dans des ruines. Et puis dans des
chambres. Comme partout.
À Hiroshima. Dans la chambre, la lumière a encore baissé. On les retrouve dans une
pose d’enlacement presque calme.
ELLE
Et puis, il est mort.
À Nevers. Images de Nevers. Des rivières. Des quais. Des peupliers dans du vent, etc.
Le quai désert.
Le jardin.
À Hiroshima, maintenant. Et on les retrouve [presque dans la pénombre].
ELLE
Moi dix-huit ans et lui vingt-trois ans.
À Nevers. Dans une cabane, la nuit, le “mariage” de Nevers1. »
Dans la didascalie au bas de la page 79, pourquoi le terme mariage est-il entre
guillemets?
La Française et l’Allemand ne se sont pas of ciellement mariés, car leur union était interdite
étant donné que les Allemands étaient des ennemis des Français lors de la Deuxième Guerre
mondiale. C’est pour cette raison qu’ils se rencontraient dans des lieux inusités et peu
fréquentés tels que des granges et des ruines.
Question 4
Dans la partie IV, au café, la Française s’adresse au Japonais. Vrai ou faux?
C’est vrai.
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fl
fi
fi
Dans la partie IV, le Japonais se substitue à l’Allemand lorsqu’il emploie le pronom je et le
présent de l’indicatif pour raconter des évènements qui se sont produits en France 14 ans
plus tôt.
Cette confusion entre les personnages, le temps et l’espace transgresse totalement l’écriture
traditionnelle.
Question 5
La chanson La Marseillaise est composée par l’of cier et poète français Rouget de Lisle en
1792 au moment où la France déclare la guerre à l’Autriche. Il s’agit donc d’un chant de
guerre contenant des slogans patriotiques.
Rouget de Lisle a rédigé le refrain ainsi que les six premiers couplets, et plusieurs autres ont
été ajoutés au l des années. En 1795, La Marseillaise devient l’hymne national français.
Dans la partie IV, la Française raconte qu’on chante La Marseillaise. Qui chante et
pourquoi?
Sous l’occupation de la France par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, il était
interdit de chanter La Marseillaise. Lors de la Libération, les Français chantent donc cet
hymne avec joie, comme on le raconte dans Hiroshima mon amour.
Question 6
Extrait de Hiroshima mon amour
« LUI
Tu cries, avant la cave?
ELLE
Non. Je ne sens rien…
Ils sont joue contre joue, les yeux à moitié fermés, à Hiroshima.
ELLE
[Ils sont jeunes. Ce sont des héros sans imagination.] Ils me tondent avec soin jusqu’au bout.
Ils croient de leur devoir de bien tondre les femmes.
LUI
Tu as honte pour eux, mon amour? (Très net.)
La tonte.
ELLE
fi
fi
Non. Tu es mort. Je suis bien trop occupée à souffrir. Le jour tombe. Je ne suis attentive
qu’au bruit des ciseaux sur ma tête (ceci est dit dans la plus grande immobilité) . Ça me
soulage un tout petit peu… de… ta mort… comme…
…comme, ah! tiens, je ne peux pas mieux te dire, comme pour les ongles, les murs, de la
colère1. »
Aux pages 96 et 97, la Française raconte qu’elle a été tondue. Quelle est la
signi cation de ce geste?
Lors de la Libération, les Français ont rasé les cheveux de toutes leurs compatriotes qu’ils
soupçonnaient d’avoir collaboré avec les Allemands d’une façon ou d’une autre. Ces tontes
se faisaient en public en guise de représailles.
Comme vous le savez déjà, les stratégies pour formuler des idées peuvent être employées
dans l’ordre ou dans le désordre, il n’y a pas de séquence logique pour déterminer des idées.
Et vous n’êtes pas tenu de toutes les utiliser chaque fois. Appliquez celles qui conviennent à
vos besoins.
Passez en revue de nouveau ces stratégies pour replonger dans l’art de l’analyse littéraire.
● Chercher le sens des mots-clés: Chercher le sens des mots-clés du sujet de
dissertation dans un dictionnaire de langue (Le Robert, par exemple). Noter les
dé nitions les plus intéressantes, considérant l’œuvre littéraire que l’on doit étudier, est
une stratégie qui peut s’avérer fort enrichissante. Dans les dictionnaires de langue,
contrairement aux dictionnaires encyclopédiques comme le Larousse, on trouve des
nuances de sens et des renvois analogiques (synonymes) susceptibles de nourrir votre
ré exion.
● Consulter ses notes de cours: Chercher, dans les notes de cours, des renseignements
quant aux mots-clés du sujet de dissertation. Cette stratégie est pertinente quand un
sujet de dissertation porte sur un courant littéraire ou des éléments du contexte
sociohistorique et culturel.
● Repérer des passages pertinents: Repérer, dans le texte à l’étude, des passages
pertinents et les regrouper ensuite en fonction des traits qu’ils partagent. Le repérage de
passages pertinents est un exercice incontournable. Nommer le point de convergence de
divers passages allant dans le même sens permet de dégager des idées principales ou
secondaires.
fl
fi
fi
● S'interroger: S’interroger sur des thèmes, des aspects ou des personnages du texte ou
du sujet de dissertation. Prendre le temps de s’interroger sur divers aspects du texte ou
du sujet est aussi une stratégie intéressante. Cela suppose de se donner une vue
d’ensemble sur le texte et de chercher des pistes pour con rmer l’exactitude de l’énoncé
présent dans le sujet du travail (ou dans l’idée principale).
Leçon 8B - La citation expliquée
Procédés d'écriture
L'antiphrase
Dé nition
L’antiphrase oppose un mot ou une phrase à la vérité ou au sens commun. De l’ironie nait de
cet écart entre les mots employés et la réalité.
Stratégie de repérage et d’analyse
Pour déceler une antiphrase et l’ironie créée par celle-ci, il est essentiel d’être attentif au
contexte dans lequel le mot ou la phrase est énoncé. Par exemple, la phrase « Quel bel
exemple de courage! » peut être une antiphrase dans un contexte où la personne dont on
parle manque de courage. Dans un autre contexte, cette même phrase peut faire l’éloge
d’une personne qui fait véritablement preuve de courage. Dénuée d’ironie, elle ne constitue
donc pas une antiphrase.
Précisons que, si l’antiphrase peut parfois être utilisée pour se moquer gentiment de
quelqu’un ou de quelque chose, elle sert surtout à critiquer une personne ou à dénoncer
l’absurdité d’une situation.
Extrait de Hiroshima mon amour
« Ce résultat prestigieux fait honneur à l’inteligence scienti que de l’homme.1 »
Interprétation de l’effet
Cette phrase inscrite sur une des pancartes brandies lors du dé lé pour la paix fait allusion
au bombardement atomique d’Hiroshima. Elle constitue une antiphrase, car, en véhiculant le
contraire du message, elle dénonce le fait que l’évolution scienti que de l’humanité a mené à
une atrocité plutôt qu’à des bienfaits. On remet donc en question le bienfondé de
Les didascalies
Dé nition
Les didascalies se retrouvent dans les textes théâtraux ou scénaristiques et fournissent des
explications sur tout ce qui n’est pas dit par les personnages. Elles apportent des précisions
au comédien sur son jeu, comme un geste à faire, le ton à utiliser ou à quel personnage
s’adresser.
Stratégie de repérage et d’analyse
On reconnait les didascalies par le recours à l’italique (parfois combiné à des parenthèses).
fi
fi
Cela les distingue des répliques, qui sont toujours écrites en caractères romains.
Les didascalies explicatives informent sur les intentions des personnages ou sur des
éléments importants qui doivent être vus à l’écran ou sur scène.
Les didascalies suggestives présentent des choix concernant la mise en scène, le jeu
d’acteur, le montage.
Les indications de jeu, un troisième type de didascalies, précisent clairement les gestes et les
déplacements des acteurs, sans être simplement suggérées : elles décrivent des actions des
personnages aussi concrètes que leurs répliques.
Extrait de Hiroshima mon amour
« Pendant la scène, on voit peut-être quelques détails, au loin et par exemple, une maquette
du Palais de l’Industrie, [un guide entouré de touristes japonais], [un couple d’invalides de
guerre en tenue blanche tendant leur tronc pour quêter], [une famille au coin de la rue en
train de bavarder]…
[…]
LUI
Tu étais facile à retrouver à Hiroshima.
Elle a un rire heureux.
Un temps. Il la regarde de nouveau.
Entre eux passent deux ou quatre ouvriers qui portent une photographie très agrandie qui
représente le plan de la mère morte et de l’enfant qui pleure, dans les ruines fumantes de
Hiroshima – du lm Les Enfants de Hiroshima.1 »
Interprétation des didascalies
Dans cet extrait, le Japonais retrouve la Française endormie après le tournage d’une scène
du lm dans lequel elle joue.
Dans le premier paragraphe, Marguerite Duras insère quelques idées pouvant être adaptées
au grand écran. Il s’agit seulement de suggestions, comme l’indiquent les mots « peut-être »
et « par exemple ». Le recours aux crochets nous apprend d’ailleurs que, dans la réalisation
du lm, certaines de ces idées ont été abandonnées par Alain Renais. Le paragraphe entier
constitue une didascalie suggestive.
Après la réplique du Japonais, deux lignes en italique décrivent les réactions des
personnages : ce sont des indications de jeu.
Le troisième paragraphe en italique informe sur des éléments qui font partie intégrante du
fi
fi
fi
récit et qui seront montrés à l’écran. Il s’agit d’une didascalie explicative.
La ponctuation expressive
Dé nition
La ponctuation expressive comprend les signes de ponctuation qui permettent au locuteur de
rendre son point de vue visible dans ce qu’il exprime, d’adopter une attitude vis-à-vis du
destinataire. La ponctuation expressive peut contribuer, par exemple, à porter un jugement, à
laisser transparaitre une émotion ou à soulever un questionnement.
Stratégie de repérage et d’analyse
Ces stratégies dépendent du signe de ponctuation utilisé.
● La phrase exclamative: On reconnait la phrase exclamative à la présence du point
d’exclamation. Pour interpréter une phrase exclamative, il faut se demander quelle
émotion le locuteur cherche à accentuer et pourquoi.
● La phrase interrogative: On reconnait la phrase interrogative à la présence du point
d’interrogation. Pour interpréter une phrase interrogative, il faut se demander ce que le
locuteur cherche à exprimer en formulant une question et pourquoi. Par exemple,
cherche-t-il à porter un jugement, à laisser transparaitre une émotion ou à soulever un
questionnement?
● Les points de suspension: Les points de suspension servent à marquer une
interruption dans le l du discours d’un locuteur. Cette interruption peut être involontaire
(le locuteur se fait interrompre) ou volontaire (le locuteur doute, hésite ou ré échit). C’est
parfois aussi une façon d’exprimer un sous-entendu, de ne pas tout dire. Pour interpréter
l’effet de la présence de points de suspension dans une phrase, il faut se demander ce
que l’on cherche à taire et pourquoi la pensée ou le propos d’un personnage est
interrompu.
Extrait de Hiroshima mon amour
« ELLE
Les mains deviennent inutiles dans les caves. Elles grattent. Elles s’écorchent aux murs… à
se faire saigner…
[…]
ELLE
… c’est tout ce qu’on peut trouver à faire pour se faire du bien…
fi
fi
ELLE
… et aussi pour se rappeler…
ELLE
… J’aimais le sang depuis que j’avais goûté au tien1. »
Interprétation de l’effet
Les nombreux points de suspension marquent des hésitations et une discontinuité dans les
souvenirs de Riva, dont la chronologie est incertaine. Aussi, par ce qu’elle tait, la ponctuation
enveloppe, en quelque sorte, la souffrance de la Française dans la ouate : si toutes les
phrases étaient achevées, elles évoqueraient possiblement d’autres éléments douloureux.
La tonalité satirique
Dé nition
La tonalité satirique consiste à dénoncer des mœurs ou des pratiques en s’en moquant.
Stratégie de repérage et d’analyse
De nombreuses antiphrases exprimant l’ironie des personnages ou du narrateur, un
vocabulaire péjoratif, des comparaisons illogiques, des hyperboles accentuant le ridicule d’un
personnage ou d’une situation ou, au contraire, des euphémismes atténuant la gravité d’une
situation sont tous des indices de la tonalité satirique.
Extrait de Hiroshima mon amour
« Les enfants sont fardés en blanc. La sueur perle à travers le talc. Deux d’entre eux se
disputent une orange. Ils sont en colère.
[…]
Les chants informes des enfants continuent, mais en diminuant.
Une monitrice gronde les deux enfants qui se disputent l’orange. Le grand prend l’orange. Le
petit pleure. Le grand commence à manger l’orange.
Tout ceci dure plus qu’il ne faudrait1. »
Interprétation de l’effet
Ce qui devait être un dé lé dans un lm faisant la promotion de la paix se transforme en une
grotesque mascarade : les enfants chantent mal, ils se disputent, leur maquillage coule.
On peut interpréter la satire dans ce passage comme une critique des commémorations
of cielles du bombardement de Hiroshima, qui sont inef caces.
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Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie III du scénario.
Relativement court, le sujet de dissertation comporte uniquement deux mots-clés : bêtise et
humaine. Si cela parait simple, il est d’autant plus important de consulter la dé nition du mot
bêtise qui peut être formulée ainsi : « manque de jugement ou d’intelligence; comportement
ou propos le dénotant1 ».
L’objet d’étude concerne la partie III du scénario.
L’élaboration du plan aura comme point de départ la recherche dans le texte d’exemples de
bêtise humaine. Quelles erreurs de jugement ou d’intelligence les personnages commettent-
ils? À ce chapitre, tous les personnages doivent être suspectés, et pas seulement la
Française et le Japonais.
Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie III du scénario.
Idée principale
L’humanité est indigne de son progrès.
Idée secondaire 1
L’intelligence scienti que de l’humanité a mené à la bombe atomique.
Extrait de Hiroshima mon amour
« 2e SÉRIE PANCARTES
I
Ce résultat prestigieux fait honneur à l’inteligence scienti que de l’homme1. »
Explication de citation
Cette phrase inscrite sur une des pancartes brandies dans le lm sur la paix que tourne la
Française à Hiroshima est une antiphrasequi fait allusion au bombardement de Hiroshima.
Cette phrase est ironique, car le message véhiculé est le contraire de celui qui est inscrit.
Dans cette didascalie, on mentionne que même si la bombe atomique est un grand pas pour
l’humanité d’un point de vue scienti que, elle a créé beaucoup plus de tort que de bien, ce
qui est loin d’être prestigieux pour l’humanité.
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Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie III du scénario.
Idée principale
L’humanité est indigne de son progrès.
Idée secondaire 2
La capacité de l’humanité à éviter de reproduire les mêmes erreurs est restreinte.
Extrait de Hiroshima mon amour
« ELLE
[…] On va tourner les scènes de foule… Il y a bien des lms publicitaires sur le savon.
Alors… à force… peut-être1. »
En traçant des liens entre les points de suspension et sa tonalité satirique, expliquez
comment cet extrait appuie l’idée secondaire.
Les points de suspension ainsi que la tonalité satirique (le ton dérisoire) dans la réplique
de la Française laissent entendre que la probabilité qu’un lm sur la paix restaure la paix est
bien peu probable. Donc, la Française doute que l’humanité puisse apprendre de ses erreurs.
Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie III du scénario.
Idée principale
L’humanité est indigne de son progrès.
Idée secondaire 3
Son « intelligence » a causé des milliers de morts.
Extrait de Hiroshima mon amour
« 3e pancarte :
[Voici le cri des 100 000 cadavres envolés de HIROSHIMA1.] »
La pancarte prend la forme d’une didascalie. Expliquez comment elle appuie l’idée
secondaire.
Cette didascalie explicative appuie l’idée secondaire en décrivant une marche de
commémoration des bombardements sur Hiroshima lors de la Deuxième Guerre mondiale.
On y dénonce les nombreuses victimes innocentes de cette bêtise humaine qui a engendré
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fi
une telle catastrophe, mais en même temps, on révèle l’amnésie collective : alors qu’on
déplore 200 000 morts au début de l’œuvre (p. 33), on a coupé ce nombre de moitié ici. Ainsi,
tout le monde, décideurs et population, est coupable de manquer d’intelligence par rapport à
cette catastrophe.
L'explication du citation
Un exemple détaillé
Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie IV du scénario.
Idée principale
Les Français adoptent un comportement déplorable.
Idée secondaire 1
Un Français tue bêtement l’Allemand.
Citation
« ELLE
Quelqu’un avait tiré d’un jardin. […] Je suis restée près de son corps toute la journée et puis
toute la nuit suivante. […] C’est dans cette nuit-là que Nevers a été libérée1. »
Explication
L’Allemand et la Française sont avant tout des humains qui éprouvent des sentiments
similaires l’un envers l’autre. La guerre fait en sorte qu’ils sont plutôt considérés comme des
ennemis, ce qui pousse un compatriote de la Française à agir de façon bête en tuant
l’Allemand la nuit de la libération de la France, qui était sous occupation allemande.
Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie IV du scénario.
Idée principale
Les Français adoptent un comportement déplorable.
Idée secondaire 2
Les Français causent la souffrance de leur compatriote.
Citation
fi
fi
« ELLE
Ah ! quelle douleur. Quelle douleur au cœur. C’est fou… On chante La Marseillaise dans
toute la ville. Mon amour mort est un ennemi de la France. Quelqu’un dit qu’il faut la faire se
promener en ville. La pharmacie de mon père est fermée pour cause de déshonneur1. »
Cette citation contient des éléments de forme, de fond et de contexte qui vous
serviront à rédiger une explication. Relevez-les sous forme de mots-clés.
Plusieurs éléments issus de la citation valent la peine d’être notés. En ce qui a trait à la
forme, par exemple, vous pouvez retenir l’interjection et la répétition dans les phrases
expressives : « Ah! quelle douleur. Quelle douleur au cœur. » Cela vous permettra de tisser
un lien avec le fond et le contexte.
Expliquez la citation en respectant les idées principale et secondaire énoncées.
Voici une explication complète qui commente des éléments de forme, de fond et de contexte.
Alors que tous sont heureux de la libération de la France et chantent La Marseillaise, qui est
un chant patriotique français, la Française vit beaucoup de tristesse, comme on peut le voir
par l’interjection, les phrases expressives et la répétition de « Quelle douleur ».
La Française est considérée comme une traitresse de sa patrie pour avoir aimé un ennemi et
elle sera montrée dans toute la ville comme un exemple à ne pas suivre. Ainsi, l’amour, un
sentiment noble, cause son déshonneur et celui de sa famille, tout cela à cause de la guerre,
ce qui est d’une profonde bêtise.
Sujet de dissertation
Dans Hiroshima mon amour, Marguerite Duras fait état de la bêtise humaine. Justi ez cette
af rmation à partir de l’étude de la partie IV du scénario.
Idée principale
Les Français adoptent un comportement déplorable.
Idée secondaire 3
Les Français agissent sans se poser de questions.
Citation
« ELLE
Ils sont jeunes. Ce sont des héros sans imagination. Ils me tondent avec soin jusqu’au bout.
Ils croient de leur devoir de bien tondre les femmes1. »
fi
Expliquez la citation en respectant les idées principale et secondaire énoncées.
Contrairement au commentaire formulé à propos de la citation rattachée à la deuxième idée
secondaire, il n’est pas pertinent cette fois de s’attarder à la forme.
Voici une explication complète qui commente des éléments de fond et de contexte.
Au moment de la libération de la France, les habitants de Nevers, comme plusieurs de leurs
compatriotes, se vengent de la Française en lui rasant les cheveux pour la trahison qu’elle a
commise envers son peuple. Ce geste n’est pas présenté de façon glorieuse. Au contraire,
les Français ne se posent pas de questions sur leur acte, ce qui témoigne de leur bêtise.
La citation juxtaposée
La Française exprime le con it intérieur qu’elle vit en raison de la guerre qui s’immisce dans
sa relation amoureuse : « La mort dans l’âme, certes, mais dans un irrépressible bonheur j’ai
embrassé mon ennemi. » (p. 127)
Cette citation1 juxtaposée est-elle correctement intégrée? Justi ez votre réponse.
L’intégration de cette citation juxtaposée est adéquate. En effet, elle est bien contextualisée :
on indique quel personnage prend la parole (« la Française ») et à quel sujet (« le con it
intérieur qu’elle vit en raison de la guerre »).
La phrase introductive correspond à une phrase syntaxique complète. La citation, annoncée
par le deux-points, est encadrée de guillemets français et elle termine la phrase graphique.
Puisque la citation se termine par un point, ce dernier se trouve avant le guillemet fermant.
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Aussi, la référence est écrite entre parenthèses, après le guillemet fermant.
De l'oeuvre à la dissertation
Vous avez dû remarquer que, jusqu’à présent, la mise en forme des extraits épousait celle du
livre Hiroshima mon amour. Cette approche était motivée par le souci de faciliter votre
appropriation des contenus.
Cependant, dans la rédaction d’un paragraphe de dissertation, il est souhaitable d’intégrer les
citations dans le texte a n d’en faciliter la compréhension.
Comparez les transcriptions du passage1 suivant. Quelles différences notez-vous?
Le texte est le même dans les deux transcriptions. Pourtant, il semble plus succinct dans
celle de droite. C’est que le nom du personnage a été déplacé juste avant la première
réplique (il est écrit en petites majuscules et est suivi d’un point et d’un tiret cadratin) et que
les sauts de ligne ont été supprimés. Ce resserrement permet d’intégrer plus lisiblement la
citation dans un paragraphe de dissertation.
Notez qu’il n’est pas nécessaire de conserver le nom du personnage en début de citation si
vous le désignez dans la mise en contexte de la citation. En évitant de telles redondances,
vous rédigerez des textes plus concis et plus uides.
Extrait de Hiroshima mon amour
« Elle
Je te rencontre.
Je me souviens de toi.
Cette ville était faite à la taille de l’amour.
Qui es-tu?
Tu me tues. » (p. 114-115)
« ELLE. — Je te rencontre. Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l’amour.
Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu? Tu me tues. » (p. 114-115)
Vos textes comporteront des citations, c’est incontournable! Dans ce procédé, vous devriez
porter attention à l’utilisation de certains verbes.
Contrexemple1
La Française cite : « J’ai tout vu. Tout. » (p. 22)
Pourquoi est-ce une erreur?
Le dictionnaire en ligne Usito donne cette dé nition du verbe citer : « Reproduire mot à mot
les paroles ou le texte d’un auteur, pour éclairer, illustrer ou prouver ce qu’on dit3. »
Ainsi, la Française ne cite pas, c’est plutôt vous qui citez l’œuvre.
Correction2
La Française dit : « J’ai tout vu. Tout. » (p. 22)
Vous devez couper les citations lorsqu’elles sont inutilement longues. Veillez toutefois à
respecter certaines règles : le segment de phrase résultant d’une coupure doit rester
compréhensible et syntaxiquement correct.
Contrexemple1
La Française raconte la mort de son amant : « Quand je suis arrivée […] pas tout à fait
mort. » (p. 99)
Pourquoi cette citation est-elle mal coupée?
La citation n’est pas coupée au bon endroit, car la phrase principale est amputée; ce qu’il en
reste ne contient ni sujet ni verbe. Cette erreur de syntaxe rend la citation dif cile à
comprendre.
Correction2
La Française raconte la mort de son amant : « Quand je suis arrivée […] il n’était pas tout à
fait mort. » (p. 99)
fl
fi
Lorsque vous insérez une citation dans un texte, vous devez l’encadrer avec des
guillemets… les bons guillemets!
Contrexemple1
La Française exprime ses sentiments à l’égard de sa relation avec le soldat allemand : “Je
devins sa femme dans le crépuscule, le bonheur et la honte.” (p. 132)
Pourquoi est-ce une erreur?
Dans la rédaction de textes en français, les citations sont encadrées de guillemets français
(« »). Les guillemets de second rang (guillemets anglais : “ ”) sont utilisés seulement dans les
cas où la citation comporte certains mots ou passages qui ont déjà des guillemets.
Exemple de l’usage des guillemets de second rang à l’intérieur d’une citation3
Dans les appendices, l’autrice brosse un portrait de la Française, dont voici un extrait : « On
pourrait l’appeler elle aussi d’une certaine manière ”The Look”. Tout, chez elle, de la parole,
du mouvement, “en passe par le regard”. » (p. 154)
Correction2
La Française exprime ses sentiments à l’égard de sa relation avec le soldat allemand : « Je
devins sa femme dans le crépuscule, le bonheur et la honte. » (p. 132)
D’autre part, le départ imminent de la Française lui cause aussi un profond désarroi, car elle
sait que sa relation avec le Japonais arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La
didascalie explicative suivante évoque habilement son état d’esprit troublé : « Succession
des rues de Hiroshima et de Nevers. » (p. 114) Les images successives du passé et du
présent insinuent que cette femme se trouve dans un cercle vicieux dont elle ne peut se
sortir.
Quelle citation choisir?
La deuxième idée secondaire et la mise en contexte soulignent l’oubli qui guette la Française,
tant par rapport à sa relation avec l’Allemand qu’à celle avec le Japonais. Rappelez-vous que
Riva associe l’un à Nevers et l’autre à Hiroshima. Parmi les didascalies présentes à la page
114, une seule évoque ces villes. Pour la Française, Nevers connote surtout le passé et
Hiroshima, le présent.
Comment intégrer la citation choisie?
La mise en contexte de cette citation nomme le procédé d’écriture qu’on y trouve (une
didascalie explicative) et ce qu’il illustre (l’état d’esprit troublé de la Française). Tout est déjà
en place pour ajouter une citation juxtaposée. Remplacez le point nal de la phrase
introduisant la citation par un deux-points, placez la citation entre guillemets, puis indiquez la
page de la référence entre parenthèses. Gardez l’italique de la didascalie explicative.
Vous n’avez pas à écourter la citation puisque chaque mot est essentiel. À l’inverse, vous ne
devez pas non plus inclure une phrase additionnelle, par exemple, Monologue intérieur de
Riva, car cela ne sert pas à illustrer l’agitation de la Française.
Leçon 9B - Les paragraphes de développement 2
Les fonctions des organisateurs textuels
À titre de rappel, voici ce à quoi ils peuvent servir :
● Introduire une idée
● Marquer un ajout
● Marquer un but
● Marquer une cause
● Marquer une conséquence
● Marquer un exemple
● Marquer une exception
● Marquer une opposition
● Marquer une progression
● Conclure un raisonnement
Pourquoi le choix de l’organisateur textuel au début de la deuxième phrase est-il
erroné?
«Les personnages de Hiroshima mon amour sont avant tout des représentants de l’humanité
plutôt que des individus particuliers. Cela dit, ils n’ont pas de nom.»
La locution cela dit peut servir à marquer une exception ou à conclure. Cependant, dans ce
paragraphe, la première phrase introduit une cause et la deuxième phrase, une
conséquence (les personnages sont des représentants de l’humanité, donc ils sont
anonymes). Il convient ainsi d’utiliser un marqueur de conséquence, par exemple : « Les
personnages de Hiroshima mon amour sont avant tout des représentants de l’humanité plutôt
que des individus particuliers. C’est pourquoi ils n’ont pas de nom. »
Parcourez ce plan pour mieux saisir la logique des stratégies de transition à l’échelle de
paragraphes entiers.
À quoi sert la phrase de transition?
● Au début ou à la n du paragraphe, elle permet de passer ef cacement d’un paragraphe
de développement à l’autre en soulignant la convergence ou le contraste entre l’idée
principale qui vient d’être étudiée et la prochaine idée principale.
● À l’intérieur du paragraphe, elle permet d’introduire une nouvelle idée secondaire.
Réviser un texte est un processus facilité par une démarche structurée. En véri ant un
élément précis à la fois, vous êtes plus susceptible de détecter des erreurs, incluant les plus
complexes.
Dans les pages précédentes, vous avez observé que l’ordre dans lequel les erreurs sont
corrigées peut avoir de l’importance. C’est le principe de l’iceberg : une erreur de surface (par
exemple, un accord erroné) peut disparaitre à la suppression d’une erreur de profondeur
(notamment, une idée maladroitement formulée).
Pour réviser ef cacement, vous devriez donc chercher à détecter vos erreurs de profondeur
avant celles de surface.
En ordre décroissant, voici les éléments qui devraient solliciter votre attention :
fi
fi
1. Le contenu
2. L’organisation du contenu
3. La langue
La correction en étapes
Le premier critère
Considérez d’abord l’erreur de contenu dans le paragraphe de développement1.
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublé par les similitudes
entre ses deux histoires d’amour impossible, sa relation d’un soir avec le Japonais qui
l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand et sa relation avec le Japonais qui arrive
à sa n. Ce souvenir de sa liaison avec l’Allemand qu’elle avait refoulé dans l’oubli. Elle est
profondément agité : « on la vit refermer doucement la porte de cette chambre. Monter
l’escalier, le descendre, le remonter, etc. » (p. 109) L’accumulation présentée dans cette
didascalie explicative, illustre que la Française hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner
voir le Japonais ou non car elle perçoit cette nouvelle relation comme une in délité envers
son amant mort, son départ imminant lui cause un profond désarroi, car elle sait que sa
relation avec le Japonais arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La didascalie
explicative : « Succession des rues de Hiroshima et de Nevers. » (p. 114) Les image
successive du passé et du présent insinue que cette femme se trouve dans un cercle vicieux
qu’elle ne peut se sortir. Pour conclure, son histoire avec l’Allemand, puis celle avec le
Japonais 14 ans plus tard laissent croire que la Française est condamnée à revivre ce qu’elle
a vécu et elle en est perturbée.
Le paragrpahe partiellement corrigé
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublé par les
similitudes entre ses deux histoires d’amour impossible. Sa relation d’un soir avec le
Japonais qui l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand.Ce souvenir de sa
liaison avec l’Allemand qu’elle avait refoulé dans l’oubli. Elle est profondément agité : « […]
on la vit refermer doucement la porte de cette chambre. Monter l’escalier, le descendre, le
remonter, etc. » (p. 109) L’accumulation présentée dans cette didascalie explicative, illustre
que la Française hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner voir le Japonais ou non car elle
perçoit cette nouvelle relation comme une in délité envers son amant mort, et sa relation
avec le Japonais qui arrive à sa n. Son départ imminant lui cause un profond désarroi, car
fi
fi
fi
elle sait que sa relation avec le Japonais arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La
didascalie explicative : « Succession des rues de Hiroshima et de Nevers.» (p. 114) Les
image successive du passé et du présent insinue que cette femme se trouve dans un cercle
vicieux qu’elle ne peut se sortir. Pour conclure, son histoire avec l’Allemand, puis celle avec
le Japonais 14 ans plus tard laissent croire que la Française est condamnée à revivre ce
qu’elle a vécu et elle en est perturbée.
Le deuxième critère
Parcourez maintenant les erreurs d’organisation du contenu dans le paragraphe de
développement1.
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublé par les similitudes
entre ses deux histoires d’amour impossible. Sa relation d’un soir avec le Japonais qui
l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand. Ce souvenir de sa liaison avec
l'Allemand qu’elle avait refoulé dans l’oubli. Elle est profondément agité : « on la vit refermer
doucement la porte de cette chambre. Monter l’escalier, le descendre, le remonter, etc. » (p.
109) L’accumulation présentée dans cette didascalie explicative, illustre que la Française
hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner voir le Japonais ou non car elle perçoit cette
nouvelle relation comme une in délité envers son amant mort, et sa relation avec le
Japonais qui arrive à sa n. Son départ imminant lui cause un profond désarroi, car elle sait
que sa relation avec le Japonais arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La
didascalie explicative : « Succession des rues de Hiroshima et de Nevers. » (p. 114) Les
image successive du passé et du présent insinue que cette femme se trouve dans un cercle
vicieux qu’elle ne peut se sortir. Pour conclure, son histoire avec l’Allemand, puis celle avec
le Japonais 14 ans plus tard laissent croire que la Française est condamnée à revivre ce
qu’elle a vécu et elle en est perturbée.
Le paragrpahe partiellement corrigé
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublé par les similitudes
entre ses deux histoires d’amour impossible. D’une part, sa relation d’un soir avec le
Japonais qui l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand qu’elle avait refoulé dans
l’oubli. Ce souvenir de cet amour malheureux la rendprofondément agité : « […] on la vit
refermer doucement la porte de cette chambre. Monter l’escalier, le descendre, le remonter,
etc. » (p. 109) L’accumulation présentée dans cette didascalie explicative, illustre que la
Française hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner voir le Japonais ou non car elle perçoit
fi
fi
cette nouvelle relation comme une in délité envers son amant mort. D’autre part, son
départ imminant lui cause un profond désarroi, car elle sait que sa relation avec le
Japonais arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La didascalie explicative :
« Succession des rues de Hiroshima et de Nevers.» (p. 114) Les image successive du passé
et du présent insinue que cette femme se trouve dans un cercle vicieux qu’elle ne peut se
sortir. Ainsi, son histoire avec l’Allemand, puis celle avec le Japonais 14 ans plus tard
laissent croire que la Française est condamnée à revivre ce qu’elle a vécu et elle en est
perturbée.
Le troisième critère
Examinez en n les erreurs de langue dans le paragraphe de développement1.
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublé par les similitudes
entre ses deux histoires d’amour impossible. D’une part, sa relation d’un soir avec le
Japonais qui l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand qu’elle avait refoulé dans
l’oubli. Ce souvenir de cet amour malheureux la rend profondément agité : « on la vit
refermer doucement la porte de cette chambre. Monter l’escalier, le descendre, le remonter,
etc. » (p. 109) L’accumulation présentée dans cette didascalie explicative illustre que la
Française hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner voir le Japonais ou non car elle perçoit
cette nouvelle relation comme une in délité envers son amant mort. D’autre part, son départ
imminant lui cause un profond désarroi, car elle sait que sa relation avec le Japonais arrive à
son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La didascalie explicative : « Succession des rues
de Hiroshima et de Nevers. » (p. 114) Les image successive du passé et du présent
insinue que cette femme se trouve dans un cercle vicieux qu'elle ne peut se sortir. Ainsi, son
histoire avec l’Allemand, puis celle avec le Japonais 14 ans plus tard laissent croire que la
Française est condamnée à revivre ce qu’elle a vécu et elle en est perturbée.
Le paragrpahe partiellement corrigé
Finalement, dans la cinquième partie du scénario, la Française est troublée par les
similitudes entre ses deux histoires d’amour impossible. D’une part, sa relation d’un soir
avec le Japonais l’amène à se remémorer sa liaison avec l’Allemand qu’elle avait
refoulée dans l’oubli. Ce souvenir de cet amour malheureux la rend profondément agitée :
« on la vit refermer doucement la porte de cette chambre. Monter l’escalier, le descendre, le
remonter, etc. » (p. 109) L’accumulation présentée dans cette didascalie explicative illustre
que la Française hésite, elle ne sait pas si elle doit retourner voir le Japonais ou non, carelle
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perçoit cette nouvelle relation comme une in délité envers son amant mort. D’autre part, son
départ imminent lui cause un profond désarroi, car elle sait que sa relation avec le Japonais
arrive à son terme et qu’elle l’oubliera, lui aussi. La didascalie explicative suivante évoque
habilement son état d’esprit troublé : « Succession des rues de Hiroshima et de Nevers.»
(p. 114) Les images successives du passé et du présent insinuentque cette femme se
trouve dans un cercle vicieux dont elle ne peut se sortir. Ainsi, son histoire avec l’Allemand,
puis celle avec le Japonais 14 ans plus tard laissent croire que la Française est condamnée à
revivre ce qu’elle a vécu et elle en est perturbée.
fi
Leçon 10A - Préparation au devoir 2
À titre de rappel, voici les critères d’évaluation du cours. Gardez-les en tête pour rédiger votre
dissertation explicative partielle au meilleur de vos capacités.
Pertinence du contenu
Ce critère porte sur la pertinence de tous les éléments qui constitue l’argumentation de la
dissertation, soit la pertinence des idées principales et secondaires, des citations et des
explications de citations.
Ef cacité de l’organisation du contenu
Ce critère porte sur l’organisation de différents éléments de la dissertation. Par exemple,
l’ordre de présentation des idées, les enchainements entre les parties du texte, l’usage
d’organisateurs textuels, etc.
Maitrise de la langue
Ce critère porte sur la capacité à rédiger un texte dans un français exempt de fautes
d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe.
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Module 3 - Horreur et incrédulité
Leçon 10B - L'ère de la postmodernité
Dans le module précédent, vous avez étudié une oeuvre et des courants littéraires associés
à la modernité, une période couvrant la n du 19e siècle jusqu'à 1980. Vous entamez
maintenant la dernière étape de votre voyage temporel qui couvre la postmodernité.
Cette activité pose les bases historiques qui jetteront un éclairage utile sur l'oeuvre d'Annie
Ernaux.
Objectif: Décrire le contexte sociohistorique de la postmodernité
Néolibéralisme et mondialisation
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Voici un résumé de ce qu'est le néolibéralisme
Dé nition
Le néolibéralisme est une doctrine capitaliste qui défend la non-intervention de l'État dans
l'économie (à l'opposé des modèles communiste et socialiste). Cette manière de penser
l'économie et le rôle de l'État encourage la libre concurrence et l'autorégulation des marchés.
Une vision économique prédominante
Dans les années 80 et 90, certains dirigeants, dont Ronald Reagan (président des État-Unis
de 1981 à 1989) et Margaret Tatcher (première ministre du Royaume-Uni de 1970 à 1990),
font régner le conservatisme politique dans les pays industrialisés. Leurs mesures
économiques s'orientent largement sur la vision néolibérake de Milton Friedman (1912-2006),
célèbre économiste américain. Voici, en quelques mots, comment il exprimait sa vision.
«La concurrence du marché, quand on la laisse fonctionner, protège le consommateur
mieux que tous les mécanismes gouvernementaux venus successivement se
superposer au marché. »
L'autobiographie
Qu'en est-il?
Dans le domaine des études littéraires, la dé nition la plus admise de l’autobiographie est
celle de Philippe Lejeune.
«Récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence,
lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa
personnalité.»
Concrètement, l’autobiographie se traduit comme suit.
● Elle prend la forme d’un récit en prose.
● Elle porte sur la vie d’un individu.
● Le narrateur offre une vue rétrospective sur les évènements racontés.
Le pacte autobiographique
Le pacte autobiographique repose sur les deux principes suivants.
● L’auteur, le narrateur et le personnage principal correspondent à la même personne.
● L’auteur s’engage sincèrement à raconter la vérité. Dans son projet d’écrire, il a un réel
désir de restituer les évènements décrits tels qu’ils se sont produits. En retour, l’auteur
attend du lecteur qu’il pose un regard juste sur le récit.
Les manifestations du pacte autobiographique
On peut trouver des traces explicites du pacte autobiographique dans le paratexte.
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Le pacte autobiographique s’inscrit de manière plus implicite quand le nom du « personnage
principal » du récit coïncide avec celui de l’auteur ou quand les dates associées aux
évènements racontés correspondent à l’histoire biographique de l’auteur. Il y a donc une
concordance entre les informations livrées dans le récit et la réalité.
De plus, des entrevues accordées dans les médias au moment de la parution de l’œuvre
peuvent aussi contribuer à établir le pacte autobiographique.
Le métadiscours
Le métadiscours est un discours second sur un discours premier (le récit lui-même).
Le métadiscours est présent dans un roman, par exemple, lorsque la narratrice ou le
narrateur s’emploie à ré échir sur sa manière de raconter l’histoire ou s’interroge quant aux
stratégies qu’il a employées pour le faire. Le métadiscours devient l’espace d’une
« autoré exion » sur le travail en cours.
Dans l’autobiographie, la présence d’un métadiscours est fréquente. Les fragments
métadiscursifs sont l’occasion pour l’autrice ou l’auteur de rappeler, par exemple, les limites
de la mémoire, la dif culté de restituer des évènements lointains, l’authenticité de la
démarche entreprise et aussi de réaf rmer ses intentions.
Annie Ernaux
Qui suis-je?
Je suis née à Lillebonne en 1940 et j’ai grandi à Yvetot, en Normandie. J’ai étudié en lettres à
l’université de Rouen, puis à l’université de Bordeaux. Je me suis ensuite consacrée à
l’enseignement jusque dans les années 2000.
Je suis issue d’un milieu modeste, mais mes parents m’ont tout de même envoyé dans un
collège privé où j’ai côtoyé des lles issues de la bourgeoisie. Dans La place (1983), je
raconte justement l’écart qu’il y a entre mes parents et moi, eux qui ne sont pas cultivés et
qui n’ont pas eu accès au savoir. Cet écart a fait naitre chez moi un malaise qui s’est
répercuté dans mon écriture.
J’ai donc opté pour une écriture simple, une écriture « plate », refusant les procédés
stylistiques. Ce choix me permet de rester près de la vérité des évènements racontés, de
rendre mes textes accessibles, mais aussi de ne pas trans gurer la réalité de la classe
sociale à laquelle j’ai appartenu pendant près de 18 ans et à laquelle je m’intéresse dans
plusieurs de mes récits.
«Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d’une vie
soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre d’abord le parti de l’art, ni de
chercher à faire quelque chose de “passionnant”, ou d’“émouvant”.»
Son oeuvre
Elle a d’abord écrit quelques romans largement inspirés de sa vie. Toutefois, la parution de
La place
fi
en 1983 marque un tournant dans son œuvre puisqu’à partir de cette parution, elle se prêtera
essentiellement à l’écriture d’autobiographies.
Plusieurs de ses autobiographies sont des récits de liation, c’est-à-dire qu’Annie Ernaux se
tourne vers son passé familial. Dans La place et La honte, elle s’intéresse à son père; dans
Une femme et « Je ne suis pas sortie de ma nuit », à sa mère; dans L’autre lle, il est
question de sa sœur décédée à 6 ans et qu’elle n’a pas connue. Cette démarche d’écriture
lui permet de mieux dessiner les contours de sa propre histoire.
Il faut ajouter à son œuvre la publication du journal intime Se perdre (2001) qui donne aux
lectrices et aux lecteurs un autre point de vue sur sa liaison avec un diplomate russe, qu’elle
avait déjà racontée dans Passion simple (1991).
L’œuvre d’Ernaux comporte aussi une importante ré exion sur l’écriture. Ses autobiographies
en portent les traces, mais cette ré exion est plus approfondie dans les entretiens qu’elle
publie : L’écriture comme un couteau (2003) et Le vrai lieu (2014). Aussi, dans L’atelier noir
(2011), elle publie des extraits de ses cahiers d’écriture, dans lesquels elle s’interroge quant
au processus créateur, note des idées à explorer, etc.
«J’importe dans la littérature quelque chose de dur, de lourd, de violent même, lié aux
conditions de vie, à la langue du monde qui a été complètement le mien jusqu’à dix-
huit ans, un monde ouvrier et paysan. Toujours quelque chose de réel
«J’ai l’impression que l’écriture est ce que je peux faire de mieux, dans mon cas, dans
ma situation de transfuge, comme acte politique et comme don.»
Les personnages de L'événement
Annie Duchesne
À 23 ans, alors qu’elle est étudiante en lettres à l’université de Rouen, Annie Duchesne
apprend qu’elle est enceinte. Elle est aussitôt résolue à se faire avorter. Elle apparait alors en
jeune femme obstinée, déterminée à mettre un terme à sa grossesse, mais en même temps
confrontée à l’illégalité de l’avortement et au peu de moyens nanciers dont elle dispose
étant donné ses origines de classe. (Duchesne est le nom de jeune lle d’Annie Ernaux.)
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Leçon 11B - Au coeur du récit L'événement
Question 1
Je commence mon récit en racontant une visite à l’hôpital Lariboisière de Paris : « J’ai suivi le
long couloir voûté du pavillon Elisa. La première fois je n’avais pas remarqué un kiosque à
musique, dans la cour qui longe le couloir vitré. Je me demandais comment je verrais tout
cela après, en repartant. »
Pourquoi est-ce que je m'interroge de la sorte?
Lorsque je me rends à l’hôpital, c’est pour recevoir le résultat d’un test de dépistage du VIH.
Je suis bien consciente que mon regard sur le monde ne sera plus le même si j’apprends que
le résultat est positif.
Au moment où j’ai écrit mon récit, soit à la n des années 90, l’épidémie du VIH/sida fait des
ravages dans le monde entier. Selon l’Organisation mondiale de la santé, à la n du 20e
siècle, le VIH/sida est la quatrième cause mondiale de décès; 33 millions d’hommes, de
femmes et d’enfants sont porteurs du virus et 14 millions en sont déjà morts. Dans mon récit,
je témoigne de la peur qui accompagnera la sexualité non protégée à partir des années
1980.
Question 2
Dans les premières pages, je fais un parallèle entre le VIH et l'événement au coeur de
mon récit. Pourquoi?
Lorsqu’à la n des années 1990, j’attends le résultat d’un test de dépistage du VIH, j’éprouve
une angoisse pareille à celle que j’avais éprouvée au moment de recevoir l’avis d’un
gynécologue à propos d’une possible grossesse.
Dans les années 1960, une grossesse non désirée bouleversait une vie comme la
séropositivité le faisait dans les années 1990. Dans les deux cas, c’était une forme de
condamnation. Dans le cas d’une grossesse non désirée, il s’agit d’une condamnation à être
confronté à la violence d’un avortement clandestin ou à l’ostracisme réservé aux lles-mères.
Dans le cas du VIH, il s’agit d’une condamnation à mort et à l’ostracisme social.
Question 3
Je raconte avoir «éprouvé de la satisfaction à troubler l'insouciance» de P., père de
l'enfant que je portais, en lui annonçant que j'étais enceinte. Pourquoi?
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Je trouve injuste le fait d’être seule à porter le poids de cette grossesse non désirée. Même si
je suis déterminée à me faire avorter et que je le dis à P., je sais qu’il risque d’être tout de
même un peu ennuyé par la situation.
J’évoque ici la réalité des femmes de l’époque, soit le fait qu’elles devaient gérer seules ce
que l’on considérait comme des problèmes de femmes. C’était sur elles que retombait
l’odieux de s’être fait « prendre » au piège d’une grossesse. Qui plus est, dans le contexte où
l’avortement ne pouvait être que clandestin, les hommes étaient encore plus tenus à l’écart
de la situation dont ils étaient pourtant aussi responsables.
Question 4
J'ai décider d'écrire à propos de mon avortement alors même que «m'y abandonner me
semblait effrayant». Pourquoi?
À mes yeux, l’exercice était nécessaire. Il s’agissait de la seule façon de faire naitre quelque
chose de cet évènement qui a mené à la mort : « je me disais […] que je pourrais mourir
sans avoir rien fait de cet événement. S’il y avait une faute, c’était celle-là2. »
En plongeant au fond de moi-même, dans mes souvenirs, je retrouve un épisode douloureux
de mon histoire, mais aussi de l’histoire des femmes. C’est donc dans cette transmission que
cet évènement trouve une partie de son sens.
D’ailleurs, dans mon entreprise autobiographique, il y a ce désir de témoigner des conditions
sociales de différentes époques. Je parle ainsi d’auto-sociobiographie pour décrire plusieurs
de mes œuvres.
Question 5
Dans L’événement, au moment de présenter mon projet autobiographique, j’ai écrit : « C’est
justement parce que aucune interdiction ne pèse plus sur l’avortement que je peux, écartant
le sens collectif et les formules nécessairement simpli ées, imposées par la lutte des années
soixante-dix — “violence faite aux femmes”, etc. —, affronter, dans sa réalité, cet événement
inoubliable1. »
Qu'est-ce que je sous-entends dans cette phrase?
Dans ce fragment métadiscursif, j’explique que, maintenant que l’avortement est reconnu
comme un droit en France, je peux m’approcher plus que jamais de l’expérience telle que je
l’ai personnellement vécue. C’est dans ce contexte seulement, alors que les discours
fi
féministes et revendicateurs ne peuvent plus s’ingérer dans ce que j’ai connu que je peux
réellement plonger dans cet évènement pour le restituer dans toute sa vérité.
Quand j’ai publié L’événement en 2001, plus de 25 années s’étaient écoulées depuis la
décriminalisation de l’avortement en France, en 1975. Je me sentais alors libre de parler de
cet épisode vécu dans la clandestinité, mais qui, à mes yeux, ne devait pas rester dans la
clandestinité sous prétexte qu’il s’agit « d’une histoire révolue ».
Exploration du récit
Extrait de L'événement
« Juste après moi, une lle très jeune, blonde avec de longs cheveux, a tendu son numéro.
[…] Attendaient déjà, assis loin les uns des autres, un homme d’une trentaine d’années, vêtu
mode et calvitie légère, un jeune Noir avec un walk-man, un homme d’une cinquantaine
d’années […]. Après la lle blonde, un quatrième homme est arrivé […], a sorti un livre de sa
serviette. Puis un couple : elle, en caleçon, avec un ventre en grossesse, lui en costume
cravate. »
Explication
Dans la salle d’attente de l’hôpital où elle doit recevoir les résultats d’un test de dépistage du
VIH, Ernaux corrige des copies tout en observant les gens assis près d’elle. Bien que ce ne
soit pas clairement spéci é dans le texte, on comprend qu’il s’agit d’une clinique spécialisée
dans le dépistage d’infections transmises sexuellement. Sur la table de la salle d’attente
traine un prospectus « comment vivre sa séropositivité2 ». À travers cette description,
l’autrice montre combien tous sont concernés par cette maladie infectieuse. En effet, ce sont
des gens de différents âges, de différentes origines et classes sociales.
Extrait de L'événement
« Je revoyais continuellement la même scène, oue, […] les mouvements de l’amour,
l’éjaculation. C’était à cause de cette scène, oubliée pendant des mois, que je me retrouvais
ici. L’enlacement et la gesticulation des corps nus me paraissaient une danse de mort. […]
Pourtant, je n’arrivais pas à établir un rapport entre cela, les gestes, la tiédeur de la peau, du
sperme, et le fait d’être là. J’ai pensé qu’il n’y aurait jamais aucun rapport entre le sexe et
autre chose. »
Explication
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Dans la salle d’attente de l’hôpital Lariboisière, l’autrice repense à la rencontre sexuelle qui
l’a menée à devoir passer un test de dépistage du VIH. Dans ce passage où elle nomme
l’acte sexuel avec une certaine crudité, on reconnait une des thématiques de la littérature
postmoderne, soit la jouissance sexuelle entrevue en dehors des cadres relationnels
traditionnels. Il s’agit de thèmes qui traversent l’œuvre d’Ernaux. Il suf t de penser à Se
perdre, le journal dans lequel l’autrice raconte ses ébats sexuels avec son amant.
Extrait de L'événement
« Au week-end de la Toussaint, je suis retournée comme d’habitude chez mes parents.
J’avais peur que ma mère ne m’interroge sur mon retard. J’étais sûre qu’elle surveillait mes
slips tous les mois en triant le linge sale que je lui apportais à laver. »
Explication
Cet extrait témoigne de tout le soupçon qui pesait sur la sexualité des femmes dans les
années 1960 en France. À l’évidence, la jeune femme active sexuellement qu’était alors
Annie Ernaux ne se sentait pas libre de jouir de son corps en toute sérénité. Elle se savait
surveillée par sa mère, craintive de voir sa lle enceinte. À l’époque, on appelait lles-mères
les femmes non mariées qui étaient enceintes. Elles étaient mises au ban de la société et
étaient une véritable honte pour leur famille, qui souvent les rejetait.
Extrait de L'événement
« Il m’a tout de même prescrit des piqûres pour faire revenir les règles mais il n’avait pas l’air
de croire qu’elles auraient de l’effet. Sur le pas de la porte, il souriait jovialement, “les enfants
de l’amour sont toujours les plus beaux”. C’était une phrase affreuse.
Je suis rentrée à pied à la cité universitaire. Dans l’agenda, il y a : “Je suis enceinte. C’est
l’horreur.” »
Explication
Le contraste est saisissant entre les propos hyperboliques du gynécologue et ceux de la
jeune Annie Ernaux. Le médecin ne semble pas avoir perçu (ou n’a pas voulu voir)
l’inquiétude de la jeune étudiante venue le consulter. Or, ce refus des médecins, toujours des
hommes, d’entendre le désarroi des femmes dépassées par une grossesse non désirée
traverse le récit. Ce refus a beaucoup à voir avec l’illégalité de l’avortement à cette époque.
Les médecins pratiquant des interruptions de grossesse pour des raisons non médicales
fi
pouvaient perdre leur droit d’exercer et risquaient même l’emprisonnement.
Extrait de L'événement
« Début octobre, j’avais fait l’amour plusieurs fois avec P., un étudiant de sciences politiques
que j’avais rencontré pendant les vacances et que j’étais allée revoir, à Bordeaux. Je me
savais dans une période à risques, selon le calendrier Ogino de contrôle des naissances,
mais je ne croyais pas que “ça puisse prendre” à l’intérieur de mon ventre. Dans l’amour et la
jouissance, je ne me sentais pas un corps intrinsèquement différent de celui des hommes. »
Explication
Dans L’événement, l’autrice parle de la jouissance et de la liberté sexuelle traditionnellement
attribuées aux hommes, qu’elle s’est permis de vivre lorsqu’elle était jeune étudiante.
Toutefois, en 1963, l’absence d’accès à des moyens de contraception surs limite la possibilité
des femmes de jouir pleinement et librement de leur corps. En effet, depuis 1920, la
régulation des naissances est interdite en France. Ce ne sera qu’en 1967 que le droit à la
contraception sera reconnu. Quant à la méthode Ogino-Knaus, elle est peu able.
Leçon 12A - Les idées principales et secondaires
Question 1
Pourquoi, alors qu’elle était enceinte, l’autrice voyait-elle dans son état « l’emblème1 » de sa
« classe sociale d’origine »?
Réponse
À ses yeux, elle ne pourrait jamais complètement échapper à ses origines sociales, et s’être
laissé prendre au piège d’une grossesse non désirée n’en était que la manifestation.
Passage pertinent de L'événement
« Première à faire des études supérieures dans une famille d’ouvriers et de petits
commerçants, j’avais échappé à l’usine et au comptoir. Mais ni le bac ni la licence de lettres
n’avaient réussi à détourner la fatalité de la transmission d’une pauvreté dont la lle enceinte
était, au même titre de l’alcoolique, l’emblème. J’étais rattrapée par le cul et ce qui poussait
en moi c’était, d’une certaine manière, l’échec social . »
Question 2
Pourquoi Jean T. est-il particulièrement intéressé par la situation d’Annie Ernaux, qui lui
con e être enceinte?
Réponse
En l’apprenant, Jean T. comprend que la jeune femme est active sexuellement et voit là
l’occasion d’avoir des rapports sexuels sans devoir se soucier d’une possible grossesse.
Passage pertinent de L'événement
« Instantanément, il lui est venu un air de curiosité et de jouissance, comme s’il me voyait les
jambes écartées, le sexe offert. Peut-être trouvait-il aussi son plaisir dans la subite
transformation de la bonne étudiante d’hier en lle aux abois. »
Explication
Comme l’autrice l’explique un peu plus loin dans son récit, aux yeux de Jean T., elle entre
aussitôt dans la catégorie des « lles qui […] ont déjà couché ». Elle devient un objet de
possible jouissance. L’autrice raconte ne pas avoir été choquée par la réaction de Jean T. ni
par les avances qu’il lui avait faites le soir où elle était allée souper chez lui et sa femme.
Dans la société patriarcale de l’époque, un tel comportement était jugé normal.
Question 3
fi
fi
fi
Pourquoi Jean T. dit-il à la jeune Annie Ernaux qu’il ne peut « moralement » pas la soutenir
nancièrement dans son désir de se faire avorter?
Réponse
Jean T. est membre du Planning familial, une association « militant en faveur de la maternité
désirée ». Il explique donc qu’il ne peut être en accord avec son choix de se faire avorter.
Passage pertinent de L'événement
« Les lles qui voulaient avorter n’entraient pas dans le cadre moral xé par le Planning
familial auquel il appartenait. Ce qu’il désirait, c’était rester aux premières loges et continuer
de savoir la suite de mon histoire. »
Explication
Le Mouvement français pour le planning familial est fondé dans les années soixante. De
manière semi-clandestine, il travaille à aider les couples à gérer les naissances en distribuant
illégalement diaphragmes et crèmes spermicides (depuis les années 20, la contraception
était interdite en France). En quelques années, une centaine de centres sont créés, et plus
de 450 médecins y prescrivent des contraceptifs. Toutefois, quant à l’avortement, les
membres de l’association restent divisés.
Question 4
Quelle est la réaction du médecin du boulevard de l’Yser après que la jeune femme l’a
imploré de « faire revenir [s]es règles, à tout prix »
Réponse
Il évite le sujet en condamnant les hommes qui abandonnent les jeunes femmes « après
avoir pris leur plaisir » et en lui parlant d’un jeune étudiant fréquentant lui aussi l’université de
Rouen. De plus, il lui prescrit du calcium et de l’estradiol.
Passage pertinent de L'événement
« “C’est un très gentil garçon, n’est-ce pas?” Le docteur souriait et il a paru heureux de mon
approbation. Il avait oublié pourquoi j’étais là. Quand il m’a raccompagnée à la porte, il
paraissait soulagé. Il ne m’a pas dit de revenir. »
Explication
Le médecin évite à tout prix de parler d’avortement parce que, à l’époque, pratiquer un
avortement ou aider une femme à se faire avorter était illégal (l’avortement ne sera
décriminalisé qu’en 1975 en France). Les médecins le pratiquant pouvaient perdre leur droit
fi
fi
de pratique et risquaient même l’emprisonnement. D’ailleurs, plutôt que d’aider la jeune Annie
Ernaux, le médecin lui prescrit de l’estradiol, une hormone empêchant les fausses couches,
sans qu’elle sache de quoi il s’agit.
Question 5
Pourquoi, dans l’un des fragments métadiscursifs du texte, l’autrice explique-t-elle qu’il est
essentiel qu’elle continue son récit même s’il est susceptible d’irriter, voire de rebuter
certaines lectrices ou certains lecteurs?
Réponse
À ses yeux, ne pas raconter cet évènement (l’avortement en contexte de clandestinité)
reviendrait à taire une réalité de l’histoire des femmes et contribuerait, par-là, au maintien de
la vision patriarcale du monde.
Passage pertinent de L'événement
« D’avoir vécu une chose, quelle qu’elle soit, donne le droit imprescriptible de l’écrire. Il n’y a
pas de vérité inférieure. Et si je ne vais pas au bout de la relation de cette expérience, je
contribue à obscurcir la réalité des femmes et je me range du côté de la domination
masculine du monde. »
Explication
Ce passage du texte rappelle la démarche auto-sociobiographique d’Annie Ernaux. Son
travail s’inscrit résolument dans la postmodernité littéraire par les thèmes qu’elle aborde (la
sexualité au féminin, la jouissance, l’autoréférence, etc.), mais l’autrice a voulu dépasser la
démarche autoréférentielle. À travers le récit de l’expérience personnelle, elle présente les
conditions et les tensions sociales d’une époque. Avec L’événement, elle met au jour les
mécanismes « de la domination masculine du monde » tels qu’ils étaient dans les années 60
en France.
Leçon 12B - La citation expliquée
Comment choisir judicieusement un passage pertinent pour appuyer une idée
secondaire ?
Retenez les passages les plus représentatifs des idées secondaires que vous avez
formulées. Ensuite, entre plusieurs passages représentatifs, privilégiez ceux qui vous
permettent de faire des liens avec des éléments du contexte sociohistorique et culturel ou
ceux dont la forme appuie le fond. Ainsi, vous développez et approfondissez vos idées.
D’ailleurs, intégrer des citations à votre dissertation explicative permet de traiter plus en
profondeur du texte à l’étude, de ne pas le perdre de vue. Sans citation, le risque est plus
grand de traiter de manière super cielle du sujet de dissertation, de tenir le texte littéraire à
distance.
Procédé syntaxique
L’ellipse
L’ellipse, ce nom vous dit surement quelque chose, mais seriez-vous capable d’en relever
fi
fi
une dans le récit d’Ernaux?
Dé nition
L’ellipse est un procédé syntaxique par lequel une partie des constituants essentiels de la
phrase est retranchée sans que le sens de cette dernière en soit affecté. Aussi, l’ellipse crée
un certain rythme dans la phrase (saccadé, rapide, etc.) susceptible de témoigner d’un état
émotif.
Stratégie de repérage et d’analyse
On peut observer la présence d’une ellipse quand l’un des constituants obligatoires de la
phrase de base (sujet et prédicat) ou un élément de ces constituants est absent.
Pour déterminer l’effet de ce procédé, il faut se demander sur quoi l’autrice ou l’auteur
cherche à mettre l’accent en faisant l’économie de certains mots ou groupes de mots.
Extrait de L'événement
« Souvenirs des scènes suivies de fâcheries et de larmes, pas des paroles. Je ne peux
pas déterminer ce que P. était à ce moment-là pour moi, ce que je voulais de lui. Peut-être
l’obliger à reconnaître comme un sacri ce […] cet avortement que j’avais pourtant décidé en
fonction de mon désir et de mes intérêts. »
Quels pièges devez-vous éviter lorsque vous élaborez des explications de citations?
Lors de l’élaboration d’explications de citations, il faut éviter de formuler des généralités
concernant le contexte sociohistorique et culturel ainsi que paraphraser la citation, soit
répéter ce que la citation exprime déjà.
Il est également important de ne pas répéter l’idée principale ou secondaire. D’ailleurs, le
fi
fi
recours aux synonymes est une stratégie ef cace pour éviter les répétitions.
En demeurant vigilant face à ces erreurs, vous mettez toutes les chances de votre côté pour
avoir une argumentation forte, claire et cohérente.
Citation
« Instantanément, il lui est venu un air de curiosité et de jouissance, comme s’il me voyait les
jambes écartées, le sexe offert. Peut-être trouvait-il aussi son plaisir dans la subite
transformation de la bonne étudiante d’hier en lle aux abois. » (p. 34)
Explication de citation
À l’évidence, Jean T. voit la jeune femme qui se con e à lui comme un possible objet de
plaisir. Aussitôt qu’il apprend qu’elle est enceinte, il l’imagine nue, prête à se livrer à l’acte
sexuel.
Cette explication de citation n'est pas ef cace. Pourquoi?
Cette explication de citation n’est pas ef cace parce qu’elle répète l’idée secondaire et qu’elle
paraphrase la citation. Bref, elle n’apporte aucune nouveauté à l’argumentation.
Citation
« Instantanément, il lui est venu un air de curiosité et de jouissance, comme s’il me voyait les
jambes écartées, le sexe offert. Peut-être trouvait-il aussi son plaisir dans la subite
fi
fi
fi
fi
fi
fi
fi
transformation de la bonne étudiante d’hier en lle aux abois. » (p. 34)
Explication de citation
Plutôt que de se montrer sensible à l’épreuve que traverse la jeune femme, Jean T. voit
rapidement en elle une femme active sexuellement, avec laquelle il peut espérer avoir à son
tour des rapports sexuels. Dans la société patriarcale des années 60, Ernaux le souligne, on
divisait les femmes en deux groupes, celles qui avaient « déjà couché » (p. 36) et les autres.
Aussi, on s’attendait à ce que les hommes adoptent un comportement différent devant les
unes et les autres.
Cette explication de citation est bien formulée. Pourquoi?
Cette explication de citation est ef cace parce qu’elle enrichit l’argumentation en faisant
ressortir un nouvel aspect du texte, soit le manque de sensibilité de Jean T., qui ne pense
qu’à son propre plaisir. Aussi, elle prend appui sur un élément de contenu et un élément du
contexte culturel.
De plus, peut-être n’aviez-vous pas remarqué que cette explication contient une citation
fusionnée. Il peut parfois être intéressant de citer très brièvement un autre passage du récit
au moment de commenter une citation puisque cela permet d’enrichir votre argumentation.
Citation
« Sa fascination ne diminuait pas. Il m’a dit en riant qu’il pourrait me poser une sonde avec
des copains. Je n’étais pas sûre qu’il plaisantait. » (p. 37)
Explication de citation
Encore une fois complètement insensible au désespoir de son amie, Jean T. continue de
vouloir pro ter de sa vulnérabilité. Il la considère toujours et encore comme un objet.
Cette explication de citation n'est pas ef cace. Pourquoi?
Cette explication de citation n’est pas ef cace parce qu’elle répète l’idée principale ainsi que
l’idée secondaire. Aussi, elle reprend un élément de l’explication de citation qui illustre l’idée
secondaire 1, soit l’insensibilité de Jean T.
De plus, elle ne fait pas parler le texte en commentant un élément de contenu, de la forme ou
du contexte. Bref, elle n’apporte aucune nouveauté à l’argumentation.
Citation
« Sa fascination ne diminuait pas. Il m’a dit en riant qu’il pourrait me poser une sonde avec
fi
fi
fi
fi
fi
des copains. Je n’étais pas sûre qu’il plaisantait. » (p. 37)
Explication de citation
Après qu’elle a refusé de faire l’amour avec lui, Jean T. trouve dans la jeune femme
désespérée un autre intérêt : elle devient une source de divertissement. Il prend un sinistre
plaisir à imaginer comment il pourrait jouer avec son corps à défaut d’en avoir joui
sexuellement.
Est-ce que cette explication de citation est ef cace? Justi ez votre réponse
Cette explication de citation enrichit l’argumentation en faisant ressortir un élément de
contenu qui n’avait pas été étudié avant, soit le fait que la jeune femme désespérée devienne
une source de divertissement pour Jean T., le fait que le jeu se substitue à la jouissance
physique.
Citation
« “C’est un très gentil garçon, n’est-ce pas?” Le docteur souriait et il a paru heureux de mon
approbation. Il avait oublié pourquoi j’étais là. Quand il m’a raccompagnée à la porte, il
paraissait soulagé. Il ne m’a pas dit de revenir. » (p. 45)
Explication de citation
Dans cet extrait, la phrase interrogative présente les détours empruntés par le médecin pour
ne pas répondre aux demandes de sa patiente. Plutôt que d’entendre ses supplications de
« faire […] revenir [s]es règles » (p. 44), il fait dévier la conversation en discutant
super ciellement d’un étudiant de l’université de Rouen qu’elle connait aussi.
Est-ce que cette explication de citation est ef cace? Justi ez votre réponse.
Cette explication de citation est ef cace puisqu’elle fait parler le texte en commentant un
élément de la forme, soit la phrase interrogative qui permet d’illustrer l’idée secondaire.
Aussi, cette explication présente un nouvel élément de contenu, soit la stratégie employée
par le médecin pour détourner la conversation.
De plus, la présence de la citation fusionnée dans l’explication permet d’enrichir le propos.
fi
fi
fi
fi
Leçon 13A - Les paragraphes de développement
À propos des mois qui ont précédé son avortement, Annie Ernaux raconte qu'elle avait
l'impression de vivre hors de monde ou dans un monde prarallèle. Qu'est-ce qui
explique cela?
Comme elle était enceinte et qu’elle ne souhaitait pas garder l’enfant, elle était constamment
préoccupée par le fait d’avoir à trouver un moyen de se faire avorter. Dans ce contexte, elle
ne pouvait s’abandonner aux plaisirs et à la légèreté que connaissaient les jeunes femmes
de son âge qu’elle côtoyait à l’université.
Question1
Que veut dire Annie Ernaux quand, à propos du jour de sa visite chez l’avorteuse de Paris,
elle écrit : « J’ai tué ma mère en moi à ce moment-là »?
Réponse
En étant active sexuellement, Annie Ernaux avait déjà commencé à s’éloigner des valeurs
chrétiennes et conservatrices de sa mère. Or, en se faisant avorter, elle achève de
transgresser les principes religieux de sa mère et, au même moment, cesse d’être sous leur
emprise.
Passage pertninent de L'événement
« Je suis parvenue à l’image de la chambre. Elle excède l’analyse. Je ne peux que
m’immerger en elle. Il me semble que cette femme qui s’active entre mes jambes, qui
introduit le spéculum, me fait naître. »
Explication
Alors que l’autrice se plonge dans le souvenir de l’évènement au cœur du récit, elle souligne
la dimension symbolique de la scène. En se libérant, malgré l’illégalité de l’avortement, de
l’enfant en elle, c’est sa liberté qu’elle a gagnée. Elle nait alors complètement à sa réalité de
femme moderne, de femme issue du babyboum ayant accès au savoir et échappant peu à
peu
Question 2
Quel portrait Annie Ernaux fait-elle de la femme qui a pratiqué son avortement?
Réponse
Elle la décrit comme une femme issue d’un milieu populaire et vivant très modestement.
L’avorteuse se montre aussi pragmatique, soucieuse de bien faire les choses et capable
d’une certaine bienveillance.
Passage pertinent de L'événement
« Elle s’inquiétait de savoir comment j’allais rentrer. Elle tenait à me conduire jusqu’à la gare
[…]. J’avais envie de partir seule et de ne plus la voir. Mais je ne voulais pas la vexer en
refusant une sollicitude dont je ne soupçonnais pas, alors, qu’elle était dictée par la crainte
qu’on me ramasse évanouie à la sortie de chez elle. »
Explication
Cet extrait montre la naïveté de la jeune Annie Ernaux, qui, à l’époque, ne voit pas que la
sollicitude de l’avorteuse n’est pas désintéressée. La femme qui agit dans l’illégalité se
soucie de son état parce qu’elle ne veut pas éveiller les soupçons sur ses pratiques qu’elle
doit continuer de garder secrètes si elle souhaite continuer à en tirer pro t.
Question 3
Annie Ernaux avoue : « Si j’avais connu le nom de cet interne de garde pendant la nuit du 20
au 21 janvier 64 et que je m’en souvienne, je ne pourrais m’empêcher maintenant de l’écrire
ici. » Qu’est-ce qui explique cette tentation de l’autrice, alors que, dans tout le récit, elle tient
à conserver l’anonymat des gens qu’elle a côtoyés?
Réponse
L’interne lui a manqué de respect parce qu’il a cru qu’elle était une autre de ces pauvres
femmes issues du milieu populaire assez bête pour se laisser prendre au piège d’une
grossesse non désirée. Nommer cet homme serait pour elle l’occasion de condamner
publiquement le mépris qu’il éprouve à l’endroit des gens issus de classes sociales plus
modestes.
Passage pertinent de L'événement
« Dans la salle d’opération, j’ai été nue, les jambes relevées et sanglées dans des étriers,
sous une lumière violente. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait m’opérer, il n’y avait plus
rien à me retirer du ventre. J’ai supplié le jeune chirurgien de me dire ce qu’il allait me faire. Il
s’est planté devant mes cuisses ouvertes, en hurlant : “Je ne suis pas le plombier!” Ce sont
les dernières paroles que j’ai entendues avant de sombrer dans l’anesthésie. »
Explication
Cet extrait montre tout le mépris du chirurgien pour la jeune femme qui est pourtant dans une
posture de grande vulnérabilité. En effet, elle vient d’entrer d’urgence à l’hôpital parce que,
après s’être fait avorter, elle s’est mise à perdre beaucoup de sang et s’est évanouie. Le
médecin aurait dû lui expliquer l’opération qu’il s’apprêtait à pratiquer. La demande de la
jeune Annie Ernaux n’était que légitime. Toutefois, ce sont les préjugés qui guident cet
interne. Il se permet cette insolence parce qu’il la croit issue du milieu populaire de Rouen.
D’ailleurs, lorsqu’il saura qu’elle est étudiante à la faculté de lettres de Rouen, il lui
reprochera de ne pas le lui avoir dit avant. S’il avait su qu’elle était du même monde que lui, il
se serait conduit autrement.
Question 4
Qu’est-ce qui conduit Annie Ernaux à voir, dans son avortement, une « expérience humaine
totale »?
Réponse
L’expérience qu’elle a vécue dans la France des années 1960 a confronté l’autrice aux
déterminants fondamentaux de la condition humaine, soit à la question des origines de
classe (classes sociales), à la politique (la loi), à la culture (aux valeurs et croyances de
l’époque, notamment quant à la condition féminine) et à la part purement physiologique de la
vie humaine.
Passage pertinent de L'événement
« J’ai ni de mettre en mots ce qui m’apparaît comme une expérience humaine totale, de la
vie et de la mort, du temps, de la morale et de l’interdit, de la loi, une expérience vécue d’un
bout à l’autre au travers du corps. »
Explication
De fait, cette dimension « totale » de l’expérience a conduit l’autrice à vouloir la raconter.
Parce que l’expérience fait se rencontrer la sociologie, la politique, la culture et la biologie,
elle répond au projet de l’autrice, désireuse de donner une dimension auto-sociobiographique
à son œuvre. À elle seule, l’expérience individuelle d’Ernaux cristallise les tensions d’une
époque à l’endroit du corps des femmes. En témoigner permet de comprendre l’origine des
tensions qui continuent d’agiter la société postmoderne quant aux droits des femmes.
Sujet divisé
Les informations à inclure
Le rôle du sujet divisé
Le sujet divisé annonce clairement l’extrait à l’étude et la structure du développement, c’est-
à-dire les idées principales présentées dans la dissertation. Ces idées doivent être
annoncées dans le même ordre qu’elles seront abordées dans le développement.
Ne précisez pas les idées secondaires dans le sujet divisé, car cela alourdirait l’introduction.
Elles seront présentées dans les paragraphes de développement.
Sur l'extrait à l'étude
Bien souvent, le sujet de dissertation précise les pages ou les chapitres qui doivent être
analysés. Le cas échéant, il faut le mentionner explicitement dans le sujet divisé.
Si le sujet de dissertation ne précise aucun extrait, tenez pour acquis que l’œuvre entière est
sujette à l’analyse. Cela devrait alors être perçu dans le sujet divisé.
Un exemple
Pour écrire le sujet divisé, prenez un moment pour véri er l’extrait à l’étude mentionné dans
le sujet de dissertation et les idées principales du plan.
Le sujet de dissertation
Dans une entrevue1 accordée à Johanne Jarry du journal Le Devoiren 2000, Annie Ernaux
dit que la « faiseuse d’anges » l’a, d’une certaine façon, fait accoucher d’elle-même en même
fi
temps que de l’avoir avortée. Justi ez cette af rmation par l’étude des pages 85 à 130 de son
récit L’événement.
Les idées principales du plan
Idée principale 1 : L’avortement a profondément changé la narratrice.
Idée principale 2 : L’avortement a permis à la narratrice de s’émanciper.
Exemple de sujet divisé
L'étude des pages 85 à 230 permet effectivement de comprendre que l'avortement a
profondément changé la narratrice et qu’il lui a permis de s’émanciper.
Dans une dissertation de 800 mots, l’introduction devrait contenir environ 100
mots. Il est inutile de rédiger un sujet amené très long, car souvent, cela dilue
les informations réellement pertinentes. N’oubliez pas que vous devez
répondre au sujet de dissertation et non pas décrire la vie de l’autrice ou son
époque.
fi
fi
Dans le sujet amené, il faut fournir de l'information sur le contexte de création de
l'oeuvre, mais à quel point?
Comme le sujet posé, le sujet amené sert à établir le contexte par rapport à la question qui
sera abordée dans la dissertation. L’information présentée dans l’introduction doit donc être
pertinente, précise, concise et claire.
Dans le sujet divisé, il faut annoncer les idées principales et les idées secondaires qui
seront défendues.
Le sujet divisé oriente l’argumentation en précisant les idées principales de la dissertation et
l’extrait de l’œuvre à l’étude si elle n’est pas traitée dans son entièreté. On exclut d’annoncer
les idées secondaires a n de ne pas alourdir l’introduction, qui doit être composée d’environ
100 mots.
Rappel du sujet
Les informations à inclure
Le rôle du rappel du sujet
Comme l’indique le nom de cette partie de la conclusion, on y rappelle le sujet de
dissertation. Cela revient à reprendre et à reformuler le sujet posé. Vous ne devez pas
revenir sur le sujet amené.
Les caractéristiques de la conclusion
La conclusion récapitule ce qui a été dit dans votre dissertation explicative. Ce n’est donc
plus le moment de présenter une nouvelle idée ou de préciser le sens d’une citation.
La conclusion, comme tout le reste de la dissertation, doit être totalement objective. Vous ne
devez en aucun cas y donner votre opinion ou utiliser des formulations qui la laissent
entrevoir.
La conclusion est ef cace quand ses trois parties sont liées entre elles. Pour ce faire, utilisez
des organisateurs textuels et des pronoms qui assurent une cohésion entre les phrases.
Un exemple
En reformulant votre sujet posé, assurez-vous d’en conserver l’essentiel. Vous y arriverez,
d’une part, en distinguant les informations contenues dans le sujet de dissertation de celles
que vous avez ajoutées dans l’introduction pour mettre l’œuvre en contexte et, d’autre part,
en agissant sur les leviers suivants :
● la syntaxe et la ponctuation;
● la reprise de l’information;
● le vocabulaire.
Dans cet exemple de rappel du sujet, on a omis de répéter les détails sur l’autrice qui ne font
pas partie du sujet de dissertation. Ce retranchement a facilité la fusion des phrases pour
n’en former qu’une seule.
Exemple de sujet posé
fi
fl
C’est le cas de L’événement d’Annie Ernaux, dans lequel la femme de lettres raconte de
façon très personnelle comment, lorsqu’elle était étudiante dans les années 1960, elle a pris
le risque de se faire avorter illégalement par ce qu’on appelait une « faiseuse d’anges ».
Selon Ernaux, cette femme l’a, d’une certaine façon, fait accoucher d’elle-même en même
temps que de l’avoir avortée.
Exemple de rappel du sujet
En somme, Annie Ernaux raconte, dans son récit L’événement, comment la femme qui l’a
avortée illicitement près de quarante ans plus tôt l’a, d’une certaine façon, fait accoucher
d’elle-même par la même occasion.
Synthèse
Les informations à inclure
Le rôle de la synthèse
La synthèse, parfois appelée le bilan, résume brièvement les idées principales qui ont été
abordées dans les paragraphes de développement. Pour une question de concision, les
idées secondaires en sont exclues. On n’y présente pas non plus de nouvel élément pour
appuyer les idées puisque votre démonstration a été faite dans le développement.
Un ordre exible
Votre conclusion peut commencer par le rappel du sujet ou par la synthèse. Ces deux parties
peuvent aussi être entremêlées. L’important est de résumer la démarche logique par laquelle
vous passez pour répondre à la question de dissertation. Même si vous rappelez ce qui a été
dit, remodelez vos phrases a n que votre texte ne soit pas trop répétitif.
Un exemple
Pour rédiger votre synthèse, relisez vos idées principales. Dans cet exemple, nous en avons
deux :
● Idée principale 1 : L’avortement a profondément changé la narratrice.
● Idée principale 2 : L’avortement a permis à la narratrice de s’émanciper.
En résumant les idées, il est crucial d’en conserver le sens. Pour ce faire, nous avons
combiné les deux phrases des idées principales en une seule, puis nous avons cherché à
remplacer certains mots par des synonymes appropriés. Le résultat est bref et uide, sans
donner l’impression de lire des idées qui sont nouvelles
Exemple de synthèse
fl
fi
En effet, cette expérience a changé viscéralement la jeune femme et lui a permis de
s’affranchir.
Ouverture
Les informations à inclure
Le rôle de l'ouverture
La conclusion se termine par une ouverture dans laquelle une nouvelle piste de ré exion par
rapport au sujet de dissertation ou à l’œuvre étudiée est proposée. C’est un prétexte parfait
pour puiser dans votre culture générale et considérer, par exemple, vos connaissances en
littérature ou, plus largement, sur les arts. Mais attention : tout comme dans le sujet amené,
l’ouverture doit s’appuyer sur des faits en lien direct avec le sujet de dissertation.
Quelle forme donner à l'ouverture?
Il n’existe pas d’ouverture universelle qui convient à tous les sujets. Sans être très longue,
elle devrait idéalement contenir plus d’une phrase. Voici quelques pistes :
● Expliquer brièvement un lien entre l’œuvre étudiée et une autre œuvre (livre, lm,
chanson, etc.).
● Établir un lien entre l’œuvre étudiée et le courant littéraire ou le contexte sociohistorique
dans lequel elle s’inscrit.
● Tracer un lien avec l’actualité.
● Suggérer un nouvel angle d’analyse sur l’œuvre étudiée, par exemple un thème qui n’a
pas été couvert dans votre dissertation.
Un exemple
Dans l’exemple présenté ici, pour boucler la conclusion, on a choisi d’établir un lien entre
l’œuvre à l’étude et une autre œuvre de l’autrice qui a également pour thème l’avortement.
Plusieurs autres avenues seraient tout aussi valables pour une ouverture en lien avec le
même sujet de dissertation. À titre d’exemple, vous pourriez traiter des débats qui reprennent
dans l’actualité sur le droit à l’avortement dans certains pays.
Que vous choisissiez cette piste ou toute autre, vous devez demeurer neutre dans votre
propos.
Exemple d’ouverture
Cette époque a sans aucun doute été très marquante dans la vie de la femme de lettres, car
son premier roman, Les armoires vides, publié en 1974, est aussi inspiré de cet avortement.
Une étude comparative des deux récits serait d’ailleurs très intéressante pour voir les
différents angles sous lesquels Ernaux a abordé le même thème.
fi
Leçon 14B - Préparation au devoir 3
Pertinence du contenu
Erreur 1
Observons d’abord la première erreur qui porte sur la pertinence du contenu.
Erreur dans l’explication de citation de l’idée secondaire 2 de l’idée principale 1
Plan (mots-clés)
● Pas de leur âge
Premier paragraphe de développement
En écoutant ces jeunes lles, elle ne se sent pas de leur âge.
Justi cation
Cette explication est incomplète et n’est pas pertinente, car elle ne fait que répéter ce qui est
dit dans le passage cité : « Dans le wagon, derrière moi, deux lles parlaient sans
discontinuer en riant régulièrement. À les écouter, je me sentais sans âge. » (p. 89)
Il faut se demander ce qui fait en sorte que la narratrice ne se sent pas du même âge que les
jeunes lles, puis l’expliquer en se ant aux indices qui se trouvent dans le texte : les jeunes
lles parlent sans arrêt, elles rient, elles ont du plaisir, elles semblent insouciantes, etc.
Correction
Plan (mots-clés)
● Perte d’insouciance
Premier paragraphe de développement
Dans ce passage, la narratrice exprime que le problème auquel elle est confrontée a fait en
sorte qu’elle a perdu son insouciance de jeune lle. Elle ne se sent plus sur la même
longueur d’onde que ces jeunes lles qui bavardent de sujets légers.
Erreur 2
Penchons-nous sur la deuxième erreur qui concerne la pertinence du contenu.
Erreur dans la formulation de l'idée principale 2
Plan
La jeune femme est devenue plus sure d’elle-même.
Introduction (sujet divisé)
L’étude des pages 85 à 130 de l’œuvre permet effectivement de comprendre que la jeune
femme a muri à travers cette expérience, puis qu’elle est devenue plus sure d’elle-même.
fi
fi
fi
fi
fi
fi
fi
Deuxième paragraphe de développement
L’avortement a rendu la jeune femme plus sure d’elle-même.
Deuxième paragraphe de développement (phrase de synthèse)
En somme, cette épreuve dans la vie de la jeune femme l’a rendue plus sure d’elle-même.
Justi cation
Cette idée principale est mal formulée. Tout d’abord, elle ressemble beaucoup trop à l’idée
secondaire 1 qui doit l’approfondir. De plus, il ne s’agit pas du point commun entre les trois
idées secondaires de ce paragraphe.
Pour formuler l’idée principale correctement, il faut trouver le point commun entre les trois
idées secondaires du paragraphe. Quel est le lien entre le fait d’avoir con ance en soi, celui
de s’affranchir de principes moraux inculqués par la religion et la société et celui de devenir
autrice? On peut dire que la narratrice a acquis de l’indépendance.
Correction
Plan
La jeune femme a acquis de l’indépendance.
Introduction (sujet divisé)
L’étude des pages 85 à 130 de l’œuvre permet effectivement de comprendre que la jeune
femme a muri à travers cette expérience, puis qu’elle a acquis de l’indépendance.
Deuxième paragraphe de développement
L’avortement a permis à la jeune femme d’acquérir de l’indépendance.
Deuxième paragraphe de développement (phrase de synthèse)
En somme, cette épreuve dans la vie de la jeune femme lui a permis de mener sa vie
comme elle le souhaitait.
Erreur 3
Analysons la troisième erreur qui concerne la pertinence du contenu.
Erreur dans la mise en context
fi