Urgences
Arrêt Cardio-Respiratoire (ACR)
Définition :
→
Le cœur s’arrête plus de circulation du sang.
Les organes ne reçoivent plus d’oxygène.
Urgence vitale absolue.
Signes d’un ACR :
Perte de connaissance, parfois avec convulsions initiales.
Arrêt respiratoire visible : pas de mouvements thoraciques.
Absence de pouls carotidien.
Causes fréquentes de l’ACR :
1. Cardiaques : infarctus, trouble du rythme.
2. Respiratoires : asthme, noyade, overdose.
3. Autres : accident, AVC, intoxication, électrocution.
Pourquoi agir vite ?
La mort survient en quelques minutes sans intervention.
Chaque minute sans RCP = 10% de chance de survie en moins.
80% des ACR sont d’origine cardiaque.
La chaîne de survie
1. Alerter
2. Masser (compressions sur le thorax)
3. Défibriller
➡️ Peut augmenter les chances de survie de 4 à 40%.
Évaluation initiale :
La victime réagit-elle (parole, mouvements, yeux) ?
Sinon, appeler les secours immédiatement.
Compressions thoraciques chez adulte/enfant :
Allonger la victime sur un sol dur.
Faire 30 compressions + 2 insufflations.
Rythme : 100 à 120 compressions/minute.
Enfoncer le thorax de 5 à 6 cm.
RCP chez enfant/nourrisson
Commencer par 5 insufflations.
Puis 30 compressions + 2 insufflations.
Utiliser 1 main (enfant) ou 2 doigts/pouces (nourrisson).
Vérifier signes de reprise (mouvements, toux, respiration).
Ventilation artificielle :
Pour faire entrer de l’air dans les poumons.
Méthodes : bouche-à-bouche, masque, insufflateur.
Défibrillateur Automatisé Externe (DAE)
Dispositif simple, utilisé par tout public.
Analyse le rythme cardiaque et administre un choc si besoin.
Étapes :
Allumer l’appareil.
Placer les électrodes.
Suivre les consignes vocales.
Cas particuliers :
Si étouffement :
5 claques dans le dos.
5 compressions abdominales (Heimlich).
Si perte de connaissance :
Allonger la victime.
Alerter.
Commencer la RCP si elle ne respire pas.
Les Plaies
Plaie simple
Définition : Éraflure ou coupure légère, peu de sang.
Conduite à tenir :
1. Laver la plaie à l’eau (avec ou sans savon).
2. Désinfecter avec un antiseptique.
3. Mettre un pansement.
4. Vérifier la vaccination antitétanique (VAT) → avis médical si doute.
Plaie grave
Critères :
Beaucoup de sang.
Objet planté (verre, couteau…).
Zones sensibles : œil, thorax, ventre, orifices.
Plaie profonde ou écrasée.
Conduite à tenir :
Ne pas retirer un objet enfoncé dans la plaie.
Mettre la victime en position d’attente.
Stopper une éventuelle hémorragie.
Protéger du froid ou du chaud.
Alerter les secours.
Rassurer et surveiller la victime.
Traumatismes
Définition : Atteintes aux os, articulations, peau ou organes internes.
Risques :
Paralysie, perte de connaissance.
Difficulté à respirer.
Hémorragie interne, choc.
CAT selon le type de traumatisme
🔹 Traumatisme d’un membre :
Ne pas mobiliser le membre.
Immobiliser si possible (écharpe…).
Retirer les bijoux.
Position confortable pour la victime.
Alerter les secours.
Protéger du froid/chaud.
Ne rien donner à boire ou manger.
Surveiller et parler à la victime.
🔹 Traumatisme du rachis cervical / crânien :
Ne pas bouger la tête.
La maintenir doucement avec les mains.
Alerter les secours.
Parler et surveiller la victime.
🔹 Plaie à l’œil :
Ne pas toucher ou retirer un objet.
Immobiliser la tête.
Alerter les secours.
Éviter tout contact ou pression sur l’œil.
🔹 Cas particulier : section de membre
1. Récupérer le membre amputé.
2. L’envelopper dans un linge propre.
3. Le mettre dans un sac plastique.
4. Le placer dans un deuxième sac contenant eau + glaçons (sans contact direct).
5. Le remettre à l’équipe médicalisée.
Synthèse : conduite générale en cas de plaie ou traumatisme
1. Ne pas mobiliser la victime inutilement
2. Nettoyer (si simple plaie) ou protéger (si grave)
3. Évaluer la gravité
4. Alerter les secours si besoin
5. Parler à la victime et surveiller ses signes vitaux
6. Protéger contre le froid et le chaud et les intempéries
Détresse respiratoire
Définition : Quand la personne respire mal ou pas du tout, le corps manque d’oxygène →
urgence vitale.
🔹Signes respiratoires :
Respiration très lente (< 6/min) ou pauses > 10 sec.
Respiration rapide mais inefficace.
Respiration très faible ou absente.
🔹 Signes d’hypoxie : Cyanose des lèvres ou ongles, pouls rapide, sueurs.
🔹 Signes neurologiques : Somnolence, confusion, coma, agitation, convulsions.
Obstruction des voies respiratoires
Situation 1 : Obstruction partielle
La personne tousse, parle, respire avec difficulté.
CAT :
1. Ne pas intervenir brutalement (pas de claques, pas de Heimlich).
2. Encourager à tousser.
3. Installer confortablement, rassurer.
4. Surveiller, appeler les secours si besoin.
5. Demander avis médical.
Situation 2 : Obstruction totale
La personne ne peut plus parler, ni respirer, fait des gestes d’étouffement.
CAT :
1. Claques dans le dos (1 à 5)
Entre les omoplates.
Chez le nourrisson : penché vers le bas sur l’avant-bras, tenir la tête.
2. Compressions abdominales (Heimlich) :
Chez adulte et enfant > 1 an.
Bras autour du ventre, pression vers l’arrière et vers le haut.
3. Compressions thoraciques : Pour nourrisson, femme enceinte ou personne obèse.
⚠️Si la personne perd connaissance
a. L’allonger au sol.
b. Alerter ou faire alerter.
c. Commencer la RCP (massage cardiaque + insufflations).
d. Vérifier la bouche après chaque cycle de compressions.
Causes fréquentes de détresse respiratoire :
Asthme sévère
Allergies graves
Obstruction (aliments, objets)
Infection respiratoire (bronchite, pneumonie)
Traumatisme thoracique
Overdose, intoxication, noyade
Brûlures
Définition :
La brûlure est une destruction de la peau ou des tissus.
Elle peut être superficielle ou profonde, parfois jusqu’aux os.
Les brûlures peuvent avoir un impact psychologique important.
Causes : La chaleur, des produits chimiques, le soleil (radiations), l’électricité, les
frottements.
Critères de gravité :
1. Circonstances de survenue :
Exemples graves : explosion, fumée, brûlure en espace fermé, polytraumatisme…
2. Étendue :
Brûlure simple : rougeur ou petite cloque < la moitié d’une paume
Brûlure grave : > la moitié d’une paume
Chez l’adulte : règle des 9 (ex. : tête = 9 %, bras = 9 %, jambe = 18 %…)
3. La profondeur :
1er degré : rougeur, douleur, pas de cloque
2e degré superficiel : cloque, douloureux
2e degré profond : cloque + œdème, très douloureux
3e degré : peau noire/blanche, indolore, cicatrisation impossible
+ Profond : atteinte des muscles, os…
4. La localisation : Grave si touche : visage, yeux, mains, pieds, plis de flexion, organes
génitaux, périnée, brûlure circulaire (effet garrot)
5. Le terrain : Plus grave chez : Nourrissons, personnes âgées, malades chroniques (ex :
diabète)
6. L’agent causal : Thermique, électrique, chimique, radioactif
Évaluer la gravité de la brûlure : Une brûlure est grave si :
Elle dépasse la moitié de la paume
Elle est située à un endroit sensible (visage, mains…)
Elle est causée par un produit chimique ou l’électricité
Traitement :
1. Airway : vérifier que les voies respiratoires sont libres
2. Breathing : surveiller la respiration – donner de l’oxygène si possible
3. Circulation : attention au choc
4. Rechercher d’autres blessures graves
Premiers soins :
Cas d’une brûlure thermique :
Éloigner la personne de la source
Arroser la brûlure avec de l’eau froide (10–25 °C) pendant 15 min
Ne pas percer les cloques
Ne pas retirer les vêtements collés
Appeler les secours si nécessaire
Cas d’une brûlure chimique :
Se protéger avant d’agir
Enlever les vêtements imbibés
Laver abondamment à l’eau
Continuer à rincer jusqu’à l’arrivée des secours
Attention à l’hypothermie
Brûlure par ÉLECTROCUTION :
1. Coupez le courant : Ne touchez jamais la victime sans l’avoir isolée de la source avec un
objet non conducteur (bois, plastique).
2. Alertez les secours
3. Traitez la victime :
Si consciente : surveillez.
Si inconsciente mais respire : PLS.
Si elle ne respire pas : massage cardiaque + bouche-à-bouche.
Les hémorragies externes
Définition : Une hémorragie externe est une perte importante de sang visible à travers une
plaie qui ne s’arrête pas spontanément.
CAT en cas d’hémorragie externe :
1. Comprimer : Appuyer directement sur la plaie avec les doigts ou un tissu propre.
2. Allonger la victime : La mettre en position allongée, sauf contre-indication.
3. Alerter les secours (SAMU, pompiers, etc.)
4. Mettre un pansement compressif : Bandage ou tissu appuyé fortement sur la plaie.
5. Couvrir et surveiller :
Protéger du froid.
Rassurer la victime.
Surveiller l’état général.
⚠️ Cas particuliers :
➤ Présence de corps étranger ou fracture ouverte :
Ne pas faire de compression directe.
Ne pas retirer le corps étranger.
Allonger la victime et alerter.
➤ Section de membre : utilisation du garrot
Placer au-dessus de la plaie (jamais sur une articulation).
Utiliser un lien large et non élastique (3 à 5 cm de large, 1m50 de long).
Noter l’heure de pose.
Ne jamais desserrer sans avis médical.
En cas de malaise : Un malaise est une sensation désagréable qui peut traduire un problème
dans le fonctionnement de l’organisme. Il peut précéder ou accompagner une hémorragie.
Malaise / Perte de Conscience
Définition d’un malaise :
Un malaise est une sensation pénible, passagère ou persistante, signalant un
dysfonctionnement temporaire ou durable de l’organisme. Il peut précéder ou non une
perte de conscience.
Définition de la perte de conscience :
Une perte de conscience est l’incapacité d’une personne à répondre aux stimulations
verbales ou physiques, tout en respirant encore spontanément. Elle indique un arrêt des
fonctions cérébrales conscientes, mais sans arrêt respiratoire immédiat.
⚠️ Signes d’alerte d’un malaise
Douleur thoracique (possible infarctus)
Douleur abdominale intense
Sensation de vertige, flou visuel
Sueurs froides, pâleur
Trouble du langage, maux de tête, confusion
Perte d’équilibre, démarche instable
Déformation du visage, faiblesse d’un côté du corps (possible AVC)
Perte de force ou de tonus musculaire
Causes fréquentes d’un malaise ou d’une perte de conscience :
Causes traumatiques : chute, traumatisme crânien, blessure violente.
Causes médicales : AVC, infarctus, hypoglycémie, épilepsie, hypotension.
Causes toxiques : alcool, drogue, intoxication au monoxyde de carbone, surdosage
médicamenteux.
Causes psychologiques : stress aigu, crise de panique ou d’angoisse.
Causes environnementales : chaleur excessive, effort physique prolongé,
déshydratation
Risques associés :
Obstruction des voies aériennes (chute de la langue, inhalation de vomissements)
→
Arrêt respiratoire suivi d’un arrêt cardiaque
Blessures secondaires dues à une chute ou convulsions
Conduite à tenir :
Face à un malaise (victime consciente)
1. Observer la personne : couleur, sueurs, comportement
2. Questionner : “Que ressentez-vous ?”, “Prenez-vous un traitement ?”, “Êtes-vous
diabétique ?”
3. Alerter les secours si les signes sont graves ou durent
4. Agir :
Allonger la personne si possible, sauf gêne respiratoire
Desserrer les vêtements
Surveiller l’état général
Ne pas donner à boire ni de médicaments
Face à une perte de conscience (victime inconsciente)
1. Vérifier la conscience :
Stimulations verbales : “Vous m’entendez ?”
Stimulations physiques : secouer doucement les épaules, prendre la main
2. Appel au secours : appeler immédiatement le 15 (SAMU)
3. Libérer les voies aériennes (LVA) :
Une main sur le front, deux doigts sous le menton
Basculer prudemment la tête en arrière
4. Évaluer la respiration (10 secondes) :
Regarder le thorax
Écouter la respiration
Sentir un souffle
5. Si la victime respire : mettre en Position Latérale de Sécurité (PLS)
6. Si elle ne respire pas : Appeler les secours et commencer la réanimation cardio-
pulmonaire (RCP)
Cas particuliers :
Femme enceinte : PLS sur le côté gauche pour éviter la compression de la veine cave.
Victime traumatisée : position adaptée à l’état (ne pas bouger la tête si suspicion de
traumatisme cervical).
Victime sur le ventre : la retourner sur le dos pour vérifier la respiration.
Convulsions : écarter les objets dangereux autour, ne pas immobiliser la victime,
mettre en PLS après la crise.