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Relations Monétaires Internationales: Le Fond Monétaire International

Le Fonds monétaire international (FMI), créé en 1945, a pour mission de promouvoir la coopération monétaire internationale, la stabilité économique et de fournir une assistance financière aux pays en difficulté. Avec 185 pays membres, le FMI offre des services tels que la surveillance économique, l'assistance technique et des prêts pour aider à résoudre les problèmes de balance des paiements. La gouvernance du FMI est assurée par un Conseil des gouverneurs et un Conseil d'administration, avec des ressources provenant principalement des quotes-parts des États membres.

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Relations Monétaires Internationales: Le Fond Monétaire International

Le Fonds monétaire international (FMI), créé en 1945, a pour mission de promouvoir la coopération monétaire internationale, la stabilité économique et de fournir une assistance financière aux pays en difficulté. Avec 185 pays membres, le FMI offre des services tels que la surveillance économique, l'assistance technique et des prêts pour aider à résoudre les problèmes de balance des paiements. La gouvernance du FMI est assurée par un Conseil des gouverneurs et un Conseil d'administration, avec des ressources provenant principalement des quotes-parts des États membres.

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Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Relations monétaires internationales


Cours de Mr Christian Bordes

Correction du TD9

Le Fond Monétaire International

L’histoire et l’organisation du FMI

Le FMI en un clin d'œil


Le Fonds monétaire international a été créé en 1945 pour promouvoir le bon fonctionnement de
l'économie mondiale. Basé à Washington D.C., il est gouverné par ses 185 États membres — soit
la quasi-totalité des pays du monde — devant lesquels il est responsable.

Qu'est-ce que le Fonds monétaire international ?


Le Fonds monétaire international — connu également sous le nom de «FMI» ou «Fonds» — a vu
le jour en juillet 1944, à une conférence des Nations Unies qui s'est tenue à Bretton Woods (New
Hampshire, États–Unis). Les 45 gouvernements alors représentés voulaient établir un cadre de
coopération économique conçu pour prévenir le retour aux politiques économiques désastreuses
qui avaient contribué à la Grande Dépression des années 30.

Le FMI en chiffres
- Nombre de pays membres : 185 pays.
- Services du FMI : 2.635 employés environ, originaires de 143 pays.
- Total des quotes-parts : 338 milliards de dollars EU (au 30 septembre 2007).
- Encours des prêts : 17 milliards de dollars EU à 68 pays, dont 6 milliards de dollars à des
conditions concessionnelles à 57 pays (au 30 septembre 2006).
- Assistance technique : 438.4 personnes-années durant l'exercice 2007.
- Consultations achevées au titre de la surveillance : 134 pays au cours de l'exercice 2007,
avec la publication volontaire des rapports des services du FMI pour 125 pays.

L'article I des Statuts du FMI énonce les principaux buts de l'institution :


- promouvoir la coopération monétaire internationale;
- faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial;
- promouvoir la stabilité des changes;
- aider à établir un système multilatéral de paiements;
- mettre ses ressources (moyennant des garanties adéquates) à la disposition des pays
confrontés à des difficultés de balance des paiements.

Jonathan Benchimol 1
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Activités du FMI
Plus généralement, le FMI est chargé d'assurer la stabilité du système monétaire et financier
international — le système international de paiements et de taux de change des monnaies
nationales qui rend possible le commerce entre pays. Le FMI poursuit les objectifs suivants :
promouvoir la stabilité économique et prévenir les crises; contribuer à la résolution des crises,
lorsqu'elles se produisent; promouvoir la croissance et alléger la pauvreté. Pour atteindre ces
objectifs, il exerce trois fonctions essentielles : surveillance, assistance technique et opérations de
prêts.
- Le FMI s'attache à promouvoir la croissance et la stabilité économique à l'échelle
mondiale — et partant à prévenir les crises économiques — en encourageant les pays à
adopter des politiques économiques saines.
- La surveillance comprend le dialogue que le FMI entretient régulièrement avec chaque
État membre et les conseils de politique économique qu'il leur fournit. À intervalles
réguliers (habituellement une fois par an), le FMI évalue en profondeur la situation
économique de chaque pays. Il examine avec les autorités si les politiques économiques
sont les plus propices à la stabilité externe et interne, y compris pour promouvoir une
croissance ordonné, et offre des conseils si nécessaire. La décision de publier les rapports
d'évaluation du FMI appartient à chaque pays membre concerné : l'écrasante majorité des
pays choisissent la transparence et diffusent au public des informations détaillées sur la
surveillance bilatérale dont ils font l'objet. En outre, le FMI s'appuie sur les informations
obtenues au cours des diverses consultations pour dresser des bilans et tracer des
perspectives au plan régional et mondial. Il publie ces travaux deux fois par an dans les
Perspectives de l'économie mondiale et le Rapport sur la stabilité financière dans le
monde.
- Le FMI offre aux pays membres une assistance technique et une formation —
gratuitement dans la plupart des cas — pour les aider à renforcer leur capacité de
conception et d'application de politiques efficaces. L'assistance technique porte
notamment sur la politique de finances publiques, la politique monétaire et de change, le
contrôle et la réglementation du système bancaire et financier, et les statistiques.
- Le FMI est aussi un fonds auquel les pays membres peuvent avoir recours en cas de
difficultés de balance des paiements, pour contribuer à leur redressement.
- Par ses concours financiers, le FMI donne aux États membres le répit dont ils ont besoin
pour remédier à leurs problèmes de balance des paiements. Un programme économique
appuyé par le FMI est conçu par les autorités nationales en coopération étroite avec les
services de l'institution, et les concours financiers restent subordonnés à la réalisation
effective de ce programme.
- Par ailleurs, le FMI se consacre activement à la réduction de la pauvreté dans le monde
entier, soit de façon indépendante, soit en collaboration avec la Banque mondiale et
d'autres institutions.
- Le FMI accorde une assistance financière par le biais de son mécanisme de prêts
concessionnels — la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance
(FRPC) et la Facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE) — ainsi qu'au
moyen d'allégements de dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (Initiative PPTE) et l'Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM).
- Dans la plupart des pays à faible revenu, cette assistance repose sur les documents de
stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Préparé par les autorités nationales —
en consultation avec la société civile et les partenaires extérieurs pour le

Jonathan Benchimol 2
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

développement —, le DSRP présente le cadre global de la politique économique,


structurelle et sociale mise en œuvre pour promouvoir la croissance et réduire la pauvreté
dans le pays concerné.

Gestion et organisation du FMI


Le FMI doit rendre compte aux gouvernements de ses pays membres. Au sommet de la pyramide
institutionnelle se trouve le Conseil des gouverneurs, qui comprend un représentant de chacun
des 185 pays membres. Tous les Gouverneurs se réunissent une fois par an, à l'occasion de
l'Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale; 24 d'entre eux siègent au Comité
monétaire et financier international (CMFI), qui se réunit deux fois par an. La gestion courante du
FMI est assurée à Washington par un Conseil d'administration composé de 24 membres, dont les
activités sont guidées par le CMFI et appuyées par les services professionnels du FMI. Le
Directeur général dirige les services du FMI et préside le Conseil d'administration. Il est assisté
de trois Directeurs généraux adjoints.
Le FMI reçoit ses ressources de ses pays membres, essentiellement par le biais du paiement de
leurs quotes-parts, dont le montant dépend généralement de la taille respective de leur économie.
Le montant total des quotes-parts est le facteur le plus important qui détermine la capacité de prêt
du FMI. Les dépenses annuelles de fonctionnement du FMI sont principalement financées par la
différence entre les recettes d'intérêts (sur l'encours des prêts) et les versements d'intérêts (sur les
«dépôts» de quotes-parts).

Des renseignements complémentaires sont disponibles sur le site Internet du FMI


www.imf.org.

Consultez obligatoirement « L’abc du FMI », disponible en fin de ce document.

Jonathan Benchimol 3
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Questions
1. Quelles sont les grandes dates dans l’histoire du FMI ?
2. Quel est le rôle du FMI ?
3. D’où proviennent ses ressources ?
4. Combien de pays regroupent-ils ?
5. Comment les quotas sont-ils calculés et attribués ?

Eléments de réponse Question 1


- Date de sa création : pendant la guerre froide où le nombre des pays membres a été limité
(la Pologne s’est retirée en 1950 et Cuba en 1959) ;
- 1980 : entrée de a chine et la Pologne après (la tendance s’est inversée) ;
- L’indépendance en Afrique (le FMI a été obligé de développer ses activités dans ses pays
et d’intensifier la surveillance de ces pays) ;
- Guerre du Vietnam (années 60 et début des années 70), le FMI a reconnu la république
socialiste du Vietnam ;
- Crise internationale de la dette 1997 : crise asiatique ;
- 1998 : Russie ;
- 1998 : Brésil ;
- 2000 : Turquie ;
- 2001 : Argentine ;

Voir l’article pour plus d’informations.

Eléments de réponse Question 2


Le FMI accorde son aide financière aux pays membres pour les aider à résoudre leurs problèmes
de balance des paiements et à amortir l’effet des réformes. (sa vocation principale est d’aider les
pays qui éprouvent de grave difficultés économiques, notamment des problèmes de solvabilité
par rapport aux prêteurs).
L’article des statuts du FMI en fixe les buts « encourager la coopération monétaire internationale,
faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce mondial, promouvoir la
stabilité des changes, aider à établir un système multilatéral des paiements, mettre
temporairement moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des
Etats membres qui font face à des difficultés de balance des paiements. Plus généralement et
conformément à ses autres buts, le FMI a pour responsabilité d’assurer la stabilité du système
financier international ».

Eléments de réponse Question 3


Les ressources ordinaires du FMI proviennent des souscriptions des pays membres. Lorsque le
niveau de ses ressources est faible par rapport à la demande d’utilisation émanant de ses
membres, le FMI est autorisé à emprunter pour les compléter. Jusqu’à maintenant, il ne s’est
adressé qu’à des prêteurs officiels, tels que les Etats, les banques centrales ou la BRI, mais il peut
aussi faire appel à des ressources privées. Les accords d’emprunt en vigueur sont les accords
généraux d’emprunt (AGE) conclus en 1962, et les nouveaux accords d’emprunt (NAE).

Eléments de réponse Question 4


Le FMI regroupe 184 pays.

Jonathan Benchimol 4
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Eléments de réponse Question 5


Chaque pays membre du FMI à une quote-part, exprimée en DTS, qui correspond à la
souscription au FMI ; Les quotes-parts d’un pays membre sont généralement déterminées en
fonction de son importance économique relative. Le calcul des modifications des quotes-parts
tient compte des divers critères économiques comme le PIB, le solde des transactions courantes et
les réserves officielles. Chaque pays membre se voit attribuer une quote-part sur la base de son
importance relative dans l’économie mondiale.

Le FMI et la gouvernance mondiale

Pourquoi le monde doit changer de directoire


Les Échos, 6 février 2004
Depuis bientôt trente ans, l'évolution de l'économie mondiale plaide largement pour une réforme
des instances de gouvernance multilatérale que sont les sommets des sept pays les plus
industrialisés (G7), le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale. Et cette
refonte passe d'abord au niveau des « G7 Finances » rassemblant les ministres des Finances et les
gouverneurs de banque centrale des pays du G7.
Historiquement, c'est du 15 au 17 novembre 1975 à Rambouillet, à l'initiative de Valéry Giscard
d'Estaing et d'Helmut Schmidt, que les dirigeants des cinq pays les plus industrialisés se sont
réunis pour la première fois, de manière informelle, « au coin du feu », pour débattre des grandes
questions internationales. Toutefois, cette réunion au sommet des chefs d'Etat trouve son origine
dans une autre rencontre. Celle du 25 mars 1973, où, à la suite de la décision des Etats-Unis
d'abandonner l'étalon or, le secrétaire américain au Trésor de l'époque, George Shultz, convia les
ministres des Finances français, britannique et allemand à venir débattre des problèmes
monétaires internationaux dans la bibliothèque de la Maison-Blanche. Une première réunion de
ce que l'on a appelé le « Library Group », qui constitue bien l'embryon des sommets du G7 tant
décriés aujourd'hui. A ce cénacle de base viendra s'ajouter plus tard le ministre japonais puis ses
homologues canadien et italien pour constituer le « G7 Finances » actuel (les gouverneurs des
banques centrales y participent également). Pour schématiser, si les chefs d'Etat au sein du G7 ne
s'interdisent pas d'évoquer les problèmes monétaires et financiers, la mise en oeuvre de leurs
éventuelles décisions de coopération revient à leurs ministres. Il reste que, depuis 1975, le
paysage mondial s'est profondément modifié. Tant et si bien que le G7 ne peut prétendre
continuer d'assurer seul cette régulation mondiale. Cette question est encore plus brûlante pour le
G7 Finances. Une réforme de ces deux instances est nécessaire.
L'idée d'une réforme ne date pas d'aujourd'hui. La plupart des grands économistes, à l'instar du
plus médiatique d'entre eux, Joseph Stiglitz, ne cessent de suggérer des solutions pour « légitimer
» de futures institutions. Mais il serait cependant faux d'affirmer que les chefs d'Etat et de
gouvernement ne se sont pas saisis du dossier depuis quelques années déjà. Lors du G7 de
Cologne, le 18 juin 1999, ceux-ci avaient manifesté leur souhait d'élargir leur dialogue à d'autres
nations. D'où la création, le 15 septembre 1999, du G20 (1) des ministres des Finances et des
gouverneurs de banque centrale. Un G20 défini alors comme un « nouveau mécanisme de
dialogue informel dans le cadre du système institutionnel de Bretton Woods, pour élargir le
dialogue sur les questions clefs de politique économique financière parmi les économies
systématiquement significatives et promouvoir la coopération pour acquérir une croissance
mondiale stable et soutenable qui bénéficiera à tous ». Une création accueillie avec réserve par
certains sous prétexte que cette nouvelle instance de dialogue pouvait concurrencer le FMI lui-

Jonathan Benchimol 5
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même. Néanmoins, elle a le mérite d'exister et devrait, à ce titre, constituer le socle d'une
nécessaire instance de régulation mondiale. Klaus Schwab, fondateur et dirigeant du Forum
économique mondial de Davos, n'a rien proposé d'autre en réclamant, dans un article publié par «
Newsweek » le mois dernier, la création d'un P21 rassemblant les principaux Etats industrialisés,
la Chine et d'autres puissances émergentes. Un an plus tôt, Christian de Boissieu, professeur à
l'université de Paris-I, dans un commentaire du rapport de synthèse sur la gouvernance mondiale
publié par le Conseil d'analyse économique (2), estimait « urgent de réformer la principale
instance de concertation internationale, le G7 », qui a « pour l'essentiel fait son temps », et de le
remplacer par un Gx, « sans prendre a priori parti sur la valeur du x (égal à 20 ?, supérieur ?). Si x
devenait trop élevé, il y aurait un risque de dilution et de paralysie de l'institution. En sens
inverse, un x trop faible empêcherait d'associer, convenablement et équitablement, les grandes
régions du monde et la catégorie des pays émergents ». Pour l'heure, le G20 tel qu'il existe n'a pas
supplanté le G7 Finances. Loin de là. Faut-il y voir la preuve d'une paralysie ? Le débat reste
ouvert.
Sans vouloir trancher définitivement la question du x, plusieurs évidences logiques imposent un
changement dans la composition du G7 Finances lui-même. Depuis la création d'une zone
économique et monétaire unifiée européenne, il serait logique que la zone euro n'ait qu'un siège.
Or, à ce jour, le président de la Banque centrale européenne et le commissaire européen chargé
des Affaires monétaires participent bien aux réunions du G7 Finances. Aux côtés des
responsables allemand, français et italien. Une représentation unique, déjà en débat au sein du
FMI, serait, à terme, souhaitable.
Autre évidence : l'émergence du géant économique chinois plaide pour son intégration immédiate
dans les discussions. La Chine ne totalise-t-elle pas à elle seule 20 % de la population mondiale ?
N'est-elle pas au sixième rang mondial en terme de produit intérieur brut, devant l'Italie et bientôt
devant la France ? Ne dispose-t-elle pas de la deuxième réserve en devises du monde, juste
derrière le Japon ? N'est-elle pas le pôle économique incontournable de toute la région du Sud-
Est asiatique tout en étant à la cinquième place en terme de commerce mondial. Que dire de
l'Inde (12e rang mondial en terme de PIB) ou du Brésil (11e rang). Pour résumer, les dix plus
grandes économies affichant le taux de croissance le plus rapide sur la base des parités de pouvoir
d'achat incluent la Chine, le Brésil, l'Inde et la Russie avec le Mexique, l'Indonésie et la
République de Corée, qui les talonnent. Sans ces pays, le G7 accorde une faible priorité aux
questions de développement, qui préoccupent la plupart de ces nouveaux acteurs économiques.
La refonte du G7 Finances en un G9 rassemblant les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la zone
euro, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil apparaît aujourd'hui des plus
évidentes. Mais elle se heurte au bon vouloir des acteurs actuels ainsi qu'à leurs priorités. Au
sommet des chefs d'Etat du G7 d'Evian, Jacques Chirac avait invité vingt autres dirigeants de
pays émergents. A Boca Ratón, aujourd'hui et demain, les Etats-Unis ont invité au G7 Finances
les ministres de l'Economie et des Finances... de l'Irak et de l'Afghanistan.
RICHARD HIAULT est chef du service international des « Echos ».

(1) G20 = G7 plus Argentine, Australie, Brésil, Chine, Inde, Mexique, Russie, Arabie saoudite, Afrique du Sud,
Corée du Sud et Turquie. Plus éventuellement Indonésie et Malaisie.
(2) « Gouvernance mondiale », rapport de synthèse du Conseil d'analyse économique. Par Pierre Jacquet, Jean
Pisani-Ferry et Laurence Tubiana.

Questions
1. Quelles sont aujourd’hui les principales instances de gouvernance multilatérale ?
2. Pourquoi est-il nécessaire de les réformer ?

Jonathan Benchimol 6
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Eléments de réponse Question 1


Le G7, le FMI et la Banque Mondiale.

Eléments de réponse Question 2


- Le paysage mondial s’est profondément modifié et les institutions ne remplissent pas
pleinement leurs rôles.
- Intégrer d’autres pays pour mieux débattre les problèmes économiques…

Controverse autour du rôle du FMI et propositions de réforme

Tempête sur le FMI


LE MONDE | 25.07.02 | 13h57
"Le Monde" a publié l'été dernier un échange plutôt vif entre Alain Minc, consultant et essayiste,
et Bernard Cassen, directeur général du Monde diplomatique, sur les heurs et malheurs de la
mondialisation. Cet été, de l'autre côté de l'Atlantique, a eu lieu un nouvel échange en
comparaison duquel le débat français ressemblerait à un assaut d'amabilités. En scène, Joseph
("Joe") Stiglitz, Prix Nobel 2001 d'économie, dont le livre a été tout récemment traduit en
français sous le titre La Grande Désillusion.
La Banque mondiale, dont Stiglitz fut l'économiste en chef, a organisé un débat entre celui-ci et
Kenneth ("Ken") Rogoff, ancien professeur d'économie internationale à Harvard et économiste en
chef de l'autre institution financière de Washington, le Fonds monétaire international (FMI).
M. Stiglitz, dont le visage rond et souriant lui a longtemps valu l'affection et l'admiration de ses
collègues, fait preuve dans son livre d'une violence insoupçonnée à l'égard du FMI. Il accuse les
membres de l'institution d'être des économistes de troisième zone, reproche sans détour au Trésor
américain de manipuler l'agenda du Fonds au nom d'intérêts venus tout droit de Wall Street, et se
demande si Stanley Fischer, ancien numéro deux du Fonds et longtemps professeur au MIT
(Massachusetts Institute of Technology, d'où M. Stiglitz est également issu), n'a pas été
"richement récompensé" par Wall Street en accédant ensuite à un poste important dans la banque
Citigroup pour les services rendus pendant qu'il officiait au FMI.
M. Rogoff, esprit fin et iconoclaste (il a lui-même rompu quelques lances avec le Fonds dans les
années 1980), grand maître international d'échecs, comme il fut rappelé au début du débat, n'a pas
joué l'apaisement. Il a froidement comparé Stiglitz à un autre Prix Nobel d'économie, John Nash,
"un homme d'exception" ("a beautiful mind"), selon le titre du film où il est montré comment un
génie atteint de schizophrénie doit lutter pour retrouver le sens du monde réel. A l'héritage de
Keynes, dont M. Stiglitz se réclame, M. Rogoff lui a opposé une autre filiation, celle d'Arthur
Laffer dont la courbe aurait jadis convaincu Ronald Reagan qu'on pouvait baisser les impôts et
réduire les déficits, des "voodoos economics" selon le jugement (postérieur) de George Bush
père, repris à son compte par Rogoff. En conclusion, il a suggéré à M. Stiglitz de retirer son livre
de la vente jusqu'à ce que l'insulte faite à M. Fischer en soit ôtée. M. Stiglitz révélera ensuite qu'il
a été abasourdi par l'attaque de M. Rogoff. Emu, presque en larmes, un économiste réputé de la
Banque mondiale adjura les intervenants de discuter substance et de cesser les attaques
personnelles. Le débat sur la substance n'aura pourtant guère eu lieu en séance, le laps de temps
imparti étant trop court, et l'émotion trop palpable.
Essayons de saisir ici brièvement l'enjeu de ce débat. Parmi les nombreux thèmes du livre de M.
Stiglitz, il en est un qui va au cœur du rôle du FMI. M. Stiglitz écrit ainsi : "Keynes a été le

Jonathan Benchimol 7
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parrain intellectuel du FMI (...). Il a montré pourquoi on avait besoin d'une action collective
mondiale : parce que les actes d'un pays ont une retombée sur les actes des autres. Les
importations d'un Etat sont les exportations d'un autre. Lorsqu'il les réduit pour quelque raison
que ce soit, il porte atteinte aux économies de ces pays." La critique du Fonds s'ensuit : loin de
jouer le rôle correcteur prévu par Keynes, le Fonds est devenu, selon M. Stiglitz, l'agent de la
récession mondiale, en imposant partout où il va une discipline budgétaire rigoureuse. Ce qui
poussa M. Rogoff à lui répondre qu'"un gouvernement au bord de la faillite qui ne peut s'engager
de manière crédible à remettre ses finances politiques en ordre aggravera plutôt qu'il n'améliorera
la situation de son pays".
RELANCE BUDGÉTAIRE
Tels deux trains lancés à grande vitesse sur des voies parallèles, les arguments ne se rencontrent
pas : les deux auteurs ne parlent pas de la même chose. M. Rogoff a en tête le cas de pays qui ne
parviennent plus à se financer parce qu'ils se sont trop endettés, avant. On ne voudrait pas en effet
parler de "relance budgétaire" à propos de pays tels que la Côte d'Ivoire, qui a enregistré pendant
plus de vingt ans des déficits publics supérieurs à 10 % du PIB, ou la Turquie, dont le déficit
consolidé des finances publiques a atteint 17 % l'année qui a précédé l'effondrement de sa
monnaie. Lorsque des gouvernements choisissent de s'endetter jusqu'au point limite, on se dit
qu'il est difficile de ne pas interpréter ce comportement comme une insulte à l'avenir du pays. Le
problème, pourtant, est le suivant : s'il est de fait certain que le Fonds s'est le plus souvent
retrouvé au chevet de pays dont les finances publiques étaient exsangues, ce n'est pas toujours le
cas non plus. L'exemple le plus frappant, sur lequel M. Stiglitz revient tout au long de son livre,
est le cas de la crise asiatique, qui a été déclenchée non par les déficits publics, mais par une crise
de confiance en partie autoréalisatrice et en partie provoquée par le comportement spéculatif du
secteur privé.
Le Fonds a pourtant d'abord agi comme s'il s'agissait d'une crise des finances publiques. Il fallut
attendre quelques semaines pour que, devant l'évidence d'un jugement erroné, il fasse machine
arrière sur la question budgétaire, tout en maintenant le cap d'une politique monétaire restrictive.
La crise asiatique a donné lieu ensuite à de multiples débats. Stanley Fischer, tirant à froid les
leçons de celle-ci, a suggéré que le FMI puisse agir comme un "prêteur en dernier ressort", c'est-
à-dire qu'il puisse injecter les liquidités nécessaires lorsqu'un pays souffre d'une crise de
confiance injustifiée. M. Stiglitz dénonce curieusement cette proposition, bien qu'elle relève
habituellement de la boîte à outils néokeynésienne. En France, par exemple, elle est reprise par
des auteurs, tel Michel Aglietta. C'est en fait à propos de cette idée que M. Stiglitz voit derrière
les propos de M. Fischer la main de Wall Street : sous couvert d'aider les pays, on voudrait aider
les banques. Plutôt que d'injecter massivement des liquidités en cas de crise financière, M.
Stiglitz préférerait que le FMI facilite une procédure de mise en faillite des pays en crise.
L'histoire aimant les clins d'œil, il se trouve que cette idée est désormais la doctrine officielle du
Fonds. Anne Krueger, qui a remplacé M. Fischer comme numéro 2 de l'institution, a en effet
proposé, en septembre dernier, une procédure pour les pays en difficulté qui s'inspire directement
de la procédure de mise en règlement judiciaire des firmes américaines.
ÉTATS INSOLVABLES
Le problème pourtant est que l'on ne parle (toujours) pas de la même chose. La procédure de mise
en faillite s'applique aux Etats insolvables, la procédure de prêteur en dernier ressort s'applique
aux pays où la confiance manque, mais dont les fondamentaux sont solides. La violence du débat
entre M. Stiglitz et M. Rogoff témoigne à sa manière d'une règle simple : il y a un risque
quasiment cognitif à vouloir qu'une même institution joue parfois les pères-la-rigueur et parfois le
Père Noël.

Jonathan Benchimol 8
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La suggestion de M. Aglietta de confier aux banques centrales plutôt qu'au Fonds le rôle de
prêteur en dernier ressort va dans le sens d'une clarification visiblement essentielle. Au risque
d'exposer son staff à des critiques encore plus sévères, mieux vaudrait peut-être en effet que le
FMI se cantonne dans le seul rôle d'aider les pays insolvables, à la manière des tribunaux de
commerce ou des dentistes (comme Keynes aimait à parler des économistes), qu'on ne songe pas
à blâmer pour les tâches qu'ils exercent.
Daniel Cohen pour Le Monde

Questions
1. Expliquez pourquoi l’on peut dire que «Keynes a été le parrain intellectuel du FMI ».
2. Quelle est la critique adressée par Joseph Stiglitz au Fonds monétaire international dans
son livre intitulé « La grande désillusion » ? et quelle est la réponse de Kenneth Rogoff à
cette critique.
3. Pourquoi est-il important de distinguer une « crise de confiance » d’une « crise de
finances publiques » et quels sont les remèdes appropriés pour y faire face ?
4. Qu’est-ce qu’un prêteur en dernier ressort ? En quoi consiste la proposition visant à faire
assurer ce rôle par le FMI ?
5. En quoi consiste l’autre proposition consistant à ce que le FMI facilite « une procédure de
mise en faillite des pays en crise ».
6. Comparez ces deux propositions.

Eléments de réponse Question 1


A partir de 1942-1943, britanniques et américains entamèrent des négociations pour définir les
principales caractéristiques de l’organisation monétaire de l’après-guerre.

Leurs positions étaient communes concernant les traits généraux nouveau système, c'est-à-dire un
système de changes fixes, beaucoup plus organisé et contrôlé que ne l’était l’étalon or dans
l’entre deux guerres. Cependant, dans le détail, la conception de Keynes différait sensiblement de
l’américain White

Plan Keynes : autorisait les ajustements de parité et les restrictions sur les changes et le
commerce (pour concilier plein emploi et commerce extérieur), ce plan envisageait de financer
largement les pays aux balances des paiements déficitaires (assorties de conditions strictes au
taux d’intérêt) par les contributions de ceux dans les balances étaient excédentaires. Une
flexibilité significative des taux de change devait compléter ce système de compensation des
balances. Keynes a montré pourquoi on avait besoin d’une action collective mondiale : « parce
que les actes d’un pays ont une retombée sur les actes des autres. Les importations d’un Etat sont
les exportations d’un autre. Lorsqu’il réduit pour quelque raison que ce soit, il porte atteinte aux
économies de ces pays ».

Eléments de réponse Question 2


Stiglitz reproche au FMI :
- d’être, avec les USA, responsables des dérives accompagnant une libéralisation à marche
forcée que les pays industrialisés ont imposé aux pays émergents et en développement ;
- Egalement, d’imposer aux pauvres des contraintes d’équilibre budgétaire et extérieur que
les USA et d’autres grands pays développés ne s’appliquent pas à eux-mêmes ;

Jonathan Benchimol 9
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

- Enfin, d’être devenu le champion fanatique de l’hégémonie du marché (libéraliser la


commerce et les flux de capitaux, souligne Stiglitz, est une bonne chose mais il faut le
faire au « rythme des capacités de transformation des pays pauvres, émergents ou en
transition » ) ;

Rogoff, a donné raison à Stiglitz dans un livre intitulé (effets de la globalisation financière dans
les pays émergents publié en 2003). Ce document avance que (l’ouverture des pays émergents
aux flux de capitaux peut accroître leur risque d’être confronté à une crise financière).
Le processus de libéralisation des comptes de capitaux s’est accompagné dans certains cas d’une
vulnérabilité accrue aux crises. Selon l’article (le monde 25/07/02)

Stiglitz avance que le FMI est l’agent de récession mondiale, en imposant partout où il va une
discipline budgétaire rigoureuse.

Rogoff a répondu « qu’un gouvernement au bord de la faillite qui ne peut s’engager de manière
crédible à remettre ses finances publiques en ordre aggravera plutôt qu’il n’améliorera la situation
de son pays »

Eléments de réponse Question 3


Il faut faire la distinction entre les deux touts simplement parce que les solutions changent selon
l’origine de la crise.

Lorsqu’il s’agit d’une crise de confiance :


- Il faut améliorer l’information pour qu’il soit possible de suivre l’évolution de la situation
et d’agir en temps opportun ;
- Il est essentiel que des procédures prudentielles et de contrôle appropriées soient mises en
place ;
- Mettre en œuvre des réformes structurelles ;
- Le budget de l’état peu jouer le rôle d’un stabilisateur ;
- L’objectif est plus de transparence et meilleure gouvernance…

Toutefois, une crise des déficits publics peut se transformer en crise de confiance comme ça a été
le cas de la Russie et de l’Argentine (en Russie, les déficits massifs des finances publiques ont été
une des principales raisons de la crise financière (et du défaut de paiement) de 1998. En
Argentine, la contraction économique depuis 1998 s'est accompagnée d'une dégradation sensible
de la situation budgétaire, qui a fini par miner la confiance des investisseurs argentins et étrangers
dans l'aptitude de l'État à assurer le service de la dette, et a conduit à l'effondrement du système
de caisse d'émission).

Il faut savoir que La solution du Professeur Stiglitz aux crises financières qui ont secoué ces
dernières années un certain nombre de pays à marché émergents - dont les pays d'Asie orientale,
la Russie et l'Argentine - consiste à accroître les dépenses et le déficit publics et à faire
fonctionner la planche à billet. Il affirme que cette solution « keynésienne » aurait pu empêcher
les récessions qui ont suivi les crises, au contraire de ce qu'il appelle la « théorie alternative » du
FMI, qui aurait soi-disant aggravé ou même causé les contractions de la production.

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Lorsqu’il s’agit d’une crise des déficits publics, les remèdes sont généralement une politique
monétaire restrictive, politique budgétaire non expansionniste, restructuration des dépenses,
privatisations, ajustements structurels…..

Eléments de réponse Question 4


Prêteur en dernier ressort : agent chargé d’assurer l’alimentation de l’économie en liquidités et
donc d’assurer les risques d’une éventuelle insolvabilité globale du système financier. Ce rôle est
détenu par les banques centrales.

Prêteur en dernier ressort pour le FMI veut dire « qu’il puisse injecter les liquidités nécessaires
lorsqu’un pays souffre d’une crise de confiance injustifiée »

Eléments de réponse Question 5


Cette proposition limite le rôle du FMI comme prêteur en dernier ressort et implique davantage le
secteur privé dans la résolution des crises (très concrètement, en cas de crise financière, les
créanciers privés et le pays débiteur se réuniraient pour négocier la restructuration des dettes non
viables. Ce cadre légal permettrait aux pays débiteurs de négocier simultanément avec l’ensemble
des créanciers sans subir la pression d’éventuels créanciers de poids (notamment les puissants
zinzins avides de remboursements rapides)

En contrepartie, les pays en crise serait tenu d’appliquer des mesures économiques saines
indispensables au rétablissement de la confiance des marchés »

Eléments de réponse Question 6


La deuxième proposition limite le rôle du FMI en tant que prêteur en dernier ressort et propose
d’impliquer le secteur privé dans la résolution des crises.

Anne Krueger, propose même l’établissement d’un système de protection des faillites des Etats
comparables à la loi américaine sur les faillites des entreprises (chapitre 11 de la constitution)

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Et si le FMI ne servait plus à rien ?


Barry Eichengreen, professeur à l'Université de Berkeley, le 12 mai 2006.

La réforme du FMI figure sur l’agenda politique depuis des lustres. L'année dernière, pourtant, la
discussion a pris un tour nouveau. Les pays émergents, désormais pleins aux as, n'ont plus besoin
du FMI. Actuellement le Fonds a seulement six accords de prêt, au lieu vingt-et-un en 1998.
Puisque l'institution tire ses revenus de ses prêts, elle devrait, amusante perspective, être amenée
à subir un ajustement structurel aussi pénible que ceux qu’elle prescrit généralement à ses clients.
Le FMI s’est par ailleurs montré impuissant devant les déséquilibres globaux qui menacent la
stabilité financière et économique internationale. Sur ces deux sujets, son action est de moins en
moins pertinente. Le danger, comme l’a bien dit Mervyn King de la Banque d'Angleterre, est de
voir le Fonds tomber dans l'obscurité. Les réunions annuelles du Fonds qui se sont tenues à
Washington le mois dernier ont abordé ces problèmes. Pour la première fois de mémoire de
congressiste, les délégués sont sortis de leurs déclarations toutes prêtes, pour se lancer dans une
vraie discussion. Le comité dirigeant du Fonds, composé des principaux ministres des Finances et
gouverneurs de Banque centrale, a convenu que la surveillance de FMI devrait se concentrer sur
les questions économiques dans une position financière plus forte, et ils n'auraient plus besoin de
se plier aux conditions pénibles et embarrassantes imposées par le Fonds en échange de son
assistance financière. Ce que l’on perd de vue, en raisonnant ainsi, c’est que les marchés
émergents profitent en ce moment de conditions extraordinairement favorables. La croissance
globale n’a jamais été aussi forte depuis 35 ans. Les taux d'intérêt sont toujours bas pour ce
moment du cycle économique. Les investisseurs internationaux se ruent sur les marchés
émergents parce qu’il n’y a plus de place ailleurs pour investir. Et malgré cela, il y a des pays au
bord de la crise, de l'Islande à la Hongrie. Quand les taux d'intérêt augmenteront, leurs problèmes
s'approfondiront et la liste des pays à problèmes s'allongera. De plus, il revient cher de conserver
des réserves pour se prémunir contre le risque d'instabilité financière. Les pays en voie de
développement ont mieux à faire de leurs ressources. La solution la plus raisonnable, pour eux,
serait de mettre leurs réserves en commun dans une institution internationale qui pourrait prêter
aux pays dans le besoin. Cette institution pourrait agir comme une mutuelle de crédit. Mais nous
pourrions aussi l'appeler le FMI ! Hélas, sur ce front aucun progrès n’a été fait globales. La
surveillance devrait se faire sur un mode multilatéral, et non pays par pays ; et elle devrait se
concentrer sur les dysfonctionnements internationaux. L'intention, apparemment, est de donner
au Fonds un mandat pour affronter le problème des déséquilibres globaux. Mais ce nouveau rôle
lui donnera-t-il le pouvoir de faire quelque chose ? Le FMI ne sera pas capable de forcer les
Etats-Unis à relever leurs taxes ou d’amener la Chine à modifier son taux de change. Si un pays
n'emprunte pas au Fonds, il est bien connu que ce dernier ne peut guère que lui suggérer poliment
quelques modestes changements. Si le pays est un grand actionnaire du Fonds, comme le sont les
États-Unis et comme le sera bientôt la Chine, son gouvernement dira simplement à l'institution de
s'occuper de ses propres affaires. Deux époux en conflit diront souvent la même chose à ceux qui
leur offrent des conseils gratuits. Mais s'ils reconnaissent que leur mariage est menacé, il leur
arrivera de demander l'aide d’un professionnel. Un conseiller conjugal n'a certes aucun pouvoir
de contraindre le mari et la femme à changer de conduite. Mais un lieu de réunion neutre et
l’intervention d’un tiers qui a déjà traité ce genre de problèmes peuvent quelquefois favoriser des
changements de comportement. Le FMI peut-il réussir comme conseiller conjugal ? Peut-il
amener les Etats-Unis à relever leurs impôts et la Chine à augmenter ses dépenses d'éducation, de
santé publique et d'infrastructure pour stabiliser la demande globale en redistribuant ses dépenses
hors des Etats-Unis avant que les déséquilibres actuels ne deviennent explosifs ? Tous les

Jonathan Benchimol 12
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mariages ne peuvent pas être sauvés, surtout quand les partenaires voient les choses
différemment. Mais chacun sait qu’un divorce est coûteux, y compris pour les plus petits
membres de la maisonnée. Le FMI reste aujourd’hui le meilleur lieu de réunion. La Chine et les
autres grands marchés émergents ne font pas partie du G7. Et les groupes comme le G20
manquent encore d'expérience et de légitimité. Le Fonds a-t-il toujours comme rôle de fournir des
services aux économies émergentes ? Leurs balances des paiements atteignent à présent de tels
excédents, leurs réserves de devises sont telles que la réponse à la mode, c’est non. Les marchés
émergents seraient à présent ce printemps. La proposition du Fonds d’un nouveau service, qui
verserait automatiquement des fonds à des pays pré-autorisés, n’a pas été suivie. Comme on
pouvait s’y attendre : la pré-qualification est problématique, et le fait de disqualifier un pays
auparavant pré-qualifié est le plus sûr moyen de précipiter une crise. Une meilleure approche
serait de modifier les procédures existantes pour étendre l'assistance et augmenter les lignes de
crédit existantes, ce que l’on appelle les quotas du FMI, en mettant en commun les réserves des
pays. Puisque les pays dotés de plus grands quotas disposent aussi de davantage de voix au FMI,
les marchés émergents qui ont actuellement d’amples réserves mais pourraient avoir recours au
Fonds dans l'avenir devraient être heureux d’y contribuer. Donner au FMI un rôle de conseiller
conjugal est un premier pas pour le sauver de l’inutilité. Mais il a aussi un rôle de gestionnaire
d’une mutuelle de crédit pour les marchés émergents. Quand l'administration de l'institution et ses
actionnaires l’admettront, alors le FMI pourra espérer échapper à l’inutilité.

Questions
1. Quels sont les deux sujets sur lesquels l’action du FMI est jugée de moins en moins
pertinente ?
2. Pourquoi le FMI risque-t-il de devenir inutile ?
3. Expliquez en quoi consiste son rôle de « conseiller conjugal ». Pourquoi ce rôle est-il
difficile à assurer ?
4. Expliquez en quoi consiste son rôle de gestionnaire d’une mutuelle de crédit pour les
marchés émergents.

Eléments de réponse Question 1 et 2


Actuellement le FMI a seulement six accords de prêt, au lieu vingt-et-un en 1998. Puisque
l'institution tire ses revenus de ses prêts, elle devrait, amusante perspective, être amenée à subir
un ajustement structurel aussi pénible que ceux qu’elle prescrit généralement à ses clients. Le
FMI s’est par ailleurs montré impuissant devant les déséquilibres globaux qui menacent la
stabilité financière et économique internationale. Sur ces deux sujets, son action est de moins en
moins pertinente.

Eléments de réponse Question 3


Le FMI ne sera pas capable de forcer les Etats-Unis à relever leurs taxes ou d’amener la Chine à
modifier son taux de change. Si un pays n'emprunte pas au Fonds, ce dernier ne peut guère que
lui suggérer poliment quelques modestes changements. Si le pays est un grand actionnaire du
Fonds, son gouvernement dira simplement à l'institution de s'occuper de ses propres affaires.
Deux époux en conflit diront souvent la même chose à ceux qui leur offrent des conseils gratuits.
Mais s'ils reconnaissent que leur mariage est menacé, il leur arrivera de demander l'aide d’un
professionnel. Un conseiller conjugal n'a certes aucun pouvoir de contraindre le mari et la femme
à changer de conduite. Mais un lieu de réunion neutre et l’intervention d’un tiers qui a déjà traité
ce genre de problèmes peuvent quelquefois favoriser des changements de comportement.

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Critiques du FMI
En donnant l’impression d’être prêt à venir en aide à des institutions financières irresponsables, le prêteur
international en dernier ressort peut entraîner une prise de risque excessive et augmenter le risque de crise financière.
Lors des crises mexicaine et asiatique, les gouvernements des pays concernés ont utilisé le soutien du FMI pour
limiter les pertes des déposants et des autres créanciers des banques. Ce filet de sécurité crée un problème bien connu
de risque moral. Les créanciers des banques sont moins incités à surveiller les institutions bancaires et à retirer leurs
dépôts si elles prennent trop de risques, ce qui les conduit à le faire. Ceux qui critiquent le FMI, soutiennent que les
bases de la crise asiatique furent posées quand le FMI accorda des prêts lors de la crise mexicaine afin que les
engagements vis-à-vis des créanciers étrangers soient honorés. Ces derniers, anticipant qu’ils seraient remboursés
même si les choses tournaient mal, ont fourni des fonds qui ont servi à alimenter une prise de risque excessive. Il est
nécessaire de trouver le moyen de limiter ce problème de risque moral sous peine de voir l’intervention du prêteur en
dernier ressort international aggraver la situation. Il peut indiquer clairement qu’il soutiendra seulement les États qui
auront mis en place des mesures adéquates pour éviter des prises de risque excessives. Celles-ci peuvent aussi être
réduites en limitant la possibilité pour les États de renflouer les actionnaires et les créanciers des institutions
financières nationales qui ne sont pas bénéficiaires d’un système d’assurance. Certains détracteurs du FMI
considèrent qu’il n’a pas suffisamment contraint les gouvernements auxquels il a accordé son aide à limiter le
problème de risque moral. Les organisations internationales engagées dans des opérations de prêteur en dernier
ressort, comme le FMI, savent qu’en refusant leur aide à un pays émergent, elles lui font courir le risque d’une crise
extrême accompagnée d’une instabilité politique. Les responsables politiques du pays concerné peuvent exploiter
cette crainte et engager un bras de fer avec le prêteur international en dernier ressort : ils s’opposent fermement aux
réformes en espérant que le FMI cédera. Cette attitude a été observée lors de la crise mexicaine de 1995. Elle s’est
aussi manifestée lors des négociations entre le FMI et l’Indonésie pendant la crise asiatique. Le FMI obtiendrait de
meilleurs résultats en affichant clairement sa volonté de ne pas entrer dans ce jeu. À court terme, céder est une
solution de facilité, mais cela perpétue le comportement laxiste à long terme. Certains craignent que le FMI ne fasse
pas preuve d’une fermeté suffisante en cas de préoccupations de court terme. Par exemple, l’octroi de prêts du FMI
au gouvernement russe, qui tardait à adopter les réformes appropriées pour stabiliser le système financier du pays, a
été très critiqué. Le FMI est aussi critiqué pour avoir imposé aux pays d’Asie du Sud-Est des programmes d’austérité
centrés sur des politiques macroéconomiques restrictives, plutôt que des mesures microéconomiques, pour résoudre
les problèmes de fond du secteur financier. De tels programmes peuvent accroître la résistance à ses
recommandations, particulièrement dans les pays émergents. Les hommes politiques nationaux accusent les
institutions internationales d’exiger des politiques néfastes à la croissance. Ce discours leur permet de mobiliser
l’opinion publique contre le FMI et de s’abstenir de réformer le système financier de leur pays. Le recours à des
mesures microéconomiques destinées à améliorer le fonctionnement du secteur financier aiderait à modifier la
perception de l’action du FMI et pourrait être un moyen d’améliorer l’efficacité du système financier. La règle
simple suivante se dégage des opérations de prêt en dernier ressort qui ont réussi : le montant du prêt est d’autant
plus faible qu’il est accordé rapidement. Les suites du krach boursier du 19 octobre 1987 constituent à cet égard un
excellent exemple. À la fin de cette journée, les maisons de courtage avaient besoin d’emprunter plusieurs milliards
de dollars pour honorer leurs engagements envers leur clientèle et assurer le déroulement des échanges. Mais les
banques hésitaient beaucoup à les leur accorder. Prenant conscience du problème, la Réserve fédérale s’est engagée
immédiatement dans une opération de prêteur en dernier ressort. Elle a annoncé clairement qu’elle fournirait des
liquidités aux banques offrant des prêts à l’industrie des valeurs mobilières. Grâce à cette réaction très rapide, le
krach boursier a eu peu d’effets sur l’économie et le montant de liquidités qu’elle a dû injecter dans l’économie est
resté peu important. La rapidité de réaction de la Fed, le jour même où le système financier enregistre un choc
majeur, contraste fortement avec le temps pris par le FMI pour offrir des liquidités aux pays émergents lors des crises
récentes. À l’origine, les facilités de prêt du FMI servaient à fournir, à des conditions qui devaient être négociées, des
fonds à des pays confrontés à une crise de balance des paiements. Il fallait plusieurs mois avant qu’ils soient
débloqués. Pendant ce temps, la crise empirait, le montant des fonds nécessaires pour y faire face augmentait, ainsi
que la contribution apportée par le FMI. On imagine facilement pourquoi l’aide des banques centrales est disponible
plus rapidement : il existe des procédures dans le cadre desquelles elles peuvent accorder des prêts aux banques à des
conditions fixées à l’avance. La création de facilités de prêt comparables permettrait au prêteur en dernier ressort
international d’intervenir rapidement dès lors que les emprunteurs rempliraient des conditions convenues (bonne
supervision bancaire ou discipline budgétaire). Un pas dans cette direction a été fait en 1999, quand le FMI a ouvert
une nouvelle facilité de prêt conditionnelle (contingent credit line) lui permettant de fournir de la liquidité
rapidement en cas de crise. La question du rôle du FMI en tant que prêteur en dernier ressort international fait
actuellement l’objet d’un vif débat. Celui-ci porte sur les meilleurs moyens d’améliorer l’efficacité de son action.

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L’avenir du SMI

Le yuan est-il le dollar de demain ?


Le Monde, 17 décembre 2005
Fin novembre, lors de sa visite à Pékin, le président des Etats-Unis, George W. Bush, a une
nouvelle fois appelé le président Hu Jintao à réévaluer le yuan. Sans succès. Ce dossier tourne à
l'obsession à Washington, où l'on considère que le cours trop bas du yuan dope artificiellement
les exportations chinoises vers les Etats-Unis et détruit l'industrie américaine. Pékin est accusé de
fausser le jeu du commerce mondial en manipulant ses taux de change. L'exaspération américaine
démontre qu'en quelques années la Chine a acquis, après celui de grande puissance économique,
le rang de grande puissance monétaire. La devise chinoise est-elle en passe de devenir la monnaie
internationale de référence ? Le yuan est-il le dollar de demain ? A quoi ressemblera dans dix ans
le système monétaire international (SMI) ?

Aujourd'hui, le billet vert occupe une position hégémonique. « A chaque période de l'histoire, une
grande monnaie a dominé le marché, de la même manière qu'à chaque période, une langue
internationale tend à dominer », observent les économistes Agnès Benassy-Quéré, Pierre Jacquet,
Benoît Coeuré et Jean Pisani-Ferry, dans leur livre Politique économique (De Boeck). Avant la
seconde guerre mondiale, c'est la livre sterling qui était la devise-clé du SMI. En 1944, les
accords de Bretton Woods firent officiellement du dollar la monnaie de référence. Un système
d'étalon de change or (Gold Exchange Standard) fut créé, dans lequel toutes les monnaies étaient
convertibles en dollars à taux fixe, le dollar lui-même étant convertible en or au taux fixe de 35
dollars par once. Mais, le 15 août 1971, le président Nixon suspendit, de façon unilatérale, la
convertibilité du dollar, ce qui revenait à mettre fin à la prééminence institutionnelle du billet
vert. Dans les faits, celui-ci l'a conservée. Il constitue aujourd'hui les deux tiers des réserves des
banques centrales et intervient dans la moitié des transactions commerciales. Enfin, il est présent
dans 80 % des 1 880 milliards de dollars qui s'échangent quotidiennement sur le marché mondial
des changes.

« Le dollar a encore de beaux jours devant lui », estime Christian de Boissieu, président délégué
du Conseil d'analyse économique (CAE). Si l'euro a grignoté du terrain, notamment comme
devise d'émission obligataire, le dollar bénéficie encore du statut d'hyperpuissance économique,
politique et militaire des Etats-Unis. Le futur ordre monétaire mondial sera d'abord fonction du
futur ordre géopolitique mondial.
Dans ces conditions, la vraie menace, à terme, pour le billet vert, semble plutôt venir de la Chine,
dont la montée en puissance militaire inquiète et dont certains économistes prédisent qu'elle sera,
à l'horizon de deux ou trois décennies, la première économie mondiale. « Il faut se méfier de ces
extrapolations, juge M. de Boissieu. Il faudrait d'abord que le yuan devienne convertible, que la
Chine assainisse son système bancaire et se dote d'un marché financier profond. Le chemin sera
long pour la monnaie chinoise. » Comme l'explique le Prix Nobel d'économie Robert Mundell, «
le système monétaire international ne change pas sans prévenir. La règle est l'évolution et la
transition, pas la révolution. »
Au-delà de la hiérarchie des devises, comment pourrait évoluer l'architecture du système
monétaire international ? Les accords de la Jamaïque, en 1976, ont officiellement mis fin au
régime de changes fixes instauré à Bretton Woods. Aujourd'hui, le paysage monétaire est celui
des changes flottants, dans lequel ce sont les marchés - pas les Etats - qui définissent librement
les cours des grandes devises.

Jonathan Benchimol 15
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Nombreux sont ceux qui dénoncent cette « dictature des marchés » ou, plus simplement,
déplorent cette situation qui conduit à une grande instabilité monétaire, pénalisante pour
l'économie. Comme l'a un jour expliqué l'économiste américain Robert Krugman, « les marchés
des changes se comportent beaucoup plus comme les marchés financiers instables et irrationnels
décrits par Keynes que comme les marchés efficaces décrits par la théorie financière moderne ».
Dans un rapport qu'ils ont rédigé pour le compte du CAE, les économistes Fred Bergsten, Olivier
Davanne et Pierre Jacquet estiment que « nombre de problèmes de l'économie mondiale sont dus
au mauvais fonctionnement du marché des changes. L'évolution future des grandes devises
promet des surprises et de grandes incertitudes, incertitudes qui peuvent entraîner des coûts
importants pour la croissance économique car elles incitent à l'attentisme et peuvent perturber les
anticipations des entreprises ».

INSTABILITÉ DU MARCHÉ DES CHANGES


D'autres économistes préfèrent au contraire souligner la résistance de l'économie mondiale aux
chocs monétaires et financiers observés depuis vingt ans. La croissance atteint des niveaux
records depuis plusieurs années. Mieux, le commerce mondial augmente deux fois plus vite
encore que la production, preuve, selon eux, que les échanges de biens et de marchandises ne sont
guère pénalisés par l'instabilité du marché des changes. A leurs yeux, il n'est donc guère utile, et
il serait même dangereux, de réformer en profondeur le SMI.

Pour M. de Boissieu, le retour à un système de changes fixe n'est pas d'actualité. « Le contexte
économique ne s'y prête pas et il n'y a aucune volonté politique dans ce sens », assure-t-il. D'un
point de vue économique, l'importance des déséquilibres commerciaux, avec les gigantesques
déficits américains d'un côté et les énormes excédents asiatiques de l'autre, est incompatible avec
l'instauration de parités fixes, qui figerait la situation. Sur le plan politique, « personne ne veut
d'un nouveau Bretton Woods », observe le président délégué du CAE.

Les Américains s'accommodent très bien d'une flexibilité du dollar dont ils ont su faire le
meilleur usage, pour leur propre économie, au cours des dernières années. Les Européens sont
aussi en retrait. « La France, qui a longtemps été en pointe pour réclamer une réforme du SMI, ne
propose aujourd'hui plus rien. Elle sait qu'elle ferait un flop », souligne M. de Boissieu. Même les
pays en développement, qui ont eux-mêmes beaucoup souffert à la fin des années 1990 des
parités fixes qu'ils avaient mises en place, se satisfont d'un régime de change flottant. A
l'occasion du cinquantième anniversaire des accords de Bretton Woods, l'économiste américain
Richard Cooper avait prédit pour le XXIe siècle un système monétaire international fondé sur une
monnaie commune pour toutes les démocraties industrielles, monnaie gérée par une banque
centrale unique. Rien n'indique aujourd'hui qu'on se rapproche de ce monde monétaire presque
parfait.
PIERRE-ANTOINE DELHOMMAIS

Jonathan Benchimol 16
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Questions
1. Quels sont les attributs et les fonctions d’une monnaie internationale de référence ?
Quelles ont été les principales devises-clé au cours de l’histoire du SMI ?
2. « A chaque période de l'histoire, une grande monnaie a dominé le marché, de la même
manière qu'à chaque période, une langue internationale tend à dominer ». Ce
rapprochement fait par Agnès Benassy-Quéré, Pierre Jacquet, Benoît Coeuré et Jean
Pisani-Ferry entre l’utilisation d’une monnaie internationale de référence et l’utilisation
d’une langue peut-il être justifié par un raisonnement économique ?
3. À quelles conditions le yuan pourrait-il devenir une devise-clé ?
4. Pour Robert Mundell, « le système monétaire international ne change pas sans prévenir.
La règle est l'évolution et la transition, pas la révolution. » Quelles sont les périodes au
cours desquelles le système monétaire international a connu de grands changements ?
Discutez la règle énoncée par Mundell en vous demandant si elle est vérifiée au cours de
chacune de ces périodes.
5. Quel est le contenu des accords de la Jamaïque ?
6. Quels sont les deux points de vue en présence sur le fonctionnement du système
monétaire international depuis l’instauration d’un régime de flottement impur ?
7. Un retour à une organisation du SMI fondée sur un régime de changes fixes vous paraît-
elle envisageable dans un avenir proche ? (Votre réponse doit être argumentée et
s’appuyer sur l’analyse économique).

Eléments de réponse Question 1


Une monnaie internationale de référence :
- est la principale monnaie de réserve ;
- la plus utilisée dans les transactions commerciales ;
- la principale devise traitée sur le marché des changes ;
- la devise possédant les marchés financiers les plus importants ;
Avant la seconde guerre mondiale, c’est la livre sterling qui était la devise clé du SMI. En 1944,
les accords de Bretton Woods firent officiellement du dollar la monnaie de référence. Un système
d’étalon de change or fut crée, dans lequel toutes les monnaies étaient convertibles en dollars à
taux fixe, le dollar lui-même étant convertible en or. En 1971, le président Nixon suspendit la
convertibilité du dollar, ce qui revenait à mettre fin à la prééminence institutionnelle du billet
vert. Dans les faits, celui-ci l’a conservé, le dollar est la monnaie internationale de référence.

Eléments de réponse Question 2


Réfléchissez…

Eléments de réponse Question 3


A part sa puissance économique et militaire grandissante, il faudrait que le yuan devienne
convertible, que la chine assainisse son système bancaire et se dote d’un marché financier
profond.

Eléments de réponse Question 4


Le système de l’étalon-or comporte un mécanisme automatique puissant pour assurer l’équilibre
extérieur. Les flux d’or accompagnant les déficits et les surplus provoquent des changements de
prix qui réduisent les déséquilibres courants et tendent par conséquent à ramener toutes les
économies à l’équilibre extérieur. La performance avec la quelle le système parvint à maintenir

Jonathan Benchimol 17
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l’équilibre interne fut cependant mitigée. A l’éclatement de la première guerre mondiale en 1914,
le système de l’étalon-or fut suspendu.

Les essais faits après 1918 pour revenir à l’étalon-or d’avant-guerre furent sans succès. Lorsque
l’économie mondiale s’engagea dans une dépression générale après 1929, le système de l’étalon-
or s’effondra et l’intégration économique internationale s’affaiblit. Dans les conditions
économiques turbulentes de la période, les gouvernements se préoccupèrent essentiellement de
leur équilibre intérieur et essayèrent d’éluder le problème d’équilibre extérieur en isolant leurs
économies du reste du monde.

Les architectes du Fonds monétaire international espéraient concevoir un système de taux de


change fixes qui encourageaient la croissance du commerce international mais en même temps
rendrait les conditions de l’équilibre extérieur suffisamment flexibles pour qu’elles puissent être
réalisées sans sacrifier l’équilibre intérieur. A cette fin, la charte du FMI a prévu des moyens de
financement pour les pays en déficit et a autorisé les ajustements de taux de change en cas de «
conditions de déséquilibre fondamental ». Tous les pays rattachèrent leurs monnaies au dollar.
Les Etats-Unis rattachèrent le dollar à l’or et acceptèrent d’échanger avec les banques centrales
l’or contre des dollars au prix de 35$ l’once.

La politique monétaire devint moins efficace sauf en ce qui concerne les Etats-Unis et les
mouvements dans les réserves internationales devinrent plus volatiles. Ces changements
révélaient une faiblesse essentielle du système. Pour atteindre en même temps un équilibre
intérieur et un équilibre extérieur, des politiques des changements des dépenses autant que de
substitution des dépenses sont nécessaires. Mais la possibilité même de politique de substitution
des dépenses (les changements des taux de change) pouvait donner lieu à des flux spéculatifs de
capitaux qui minaient le système de taux de change fixes.

Les politiques macroéconomiques des Etats-Unis à la fin des années 1960 contribuèrent à
provoquer l’effondrement du système de Bretton Woods au début de 1973.
Donc, le passage du système étalon-or au système de Bretton Woods est un changement qui ne
s’est pas effectué sans prévenir, les symptômes du non fonctionnement du système étalon or ont
déjà apparu et il y avait la période de transition dans laquelle le système a passé du (flottement
impur- retour à l’étalon or- flottement administré) et les principaux pays industrialisés ont pris le
temps pour réfléchir à une nouvelle architecture monétaire. Donc, pour cette période (on pourrait
dire que la proposition de Mundell est vérifiée).

En second temps, lors du système de Bretton Woods. Lorsque les États-Unis ont renoncé à l’or,
les autres pays ont abandonné le dollar, ce qui a provoqué des fluctuations de cours des changes.
Le système monétaire international n’a plus fonctionné à l’unisson, mais comme un assemblage
de systèmes monétaires nationaux (on pourrait considérer ça comme une révolution et aussi le
début d’une transition parce que là encore, les symptômes du non fonctionnement du système ont
déjà apparu (crise de confiance, politique budgétaire américaine expansionniste….), associés de
grands changements….

En résumé, la proposition de Robert Mundell semble vérifiée.

Jonathan Benchimol 18
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Eléments de réponse Question 5


1976: les accords de la Jamaïque
Le dollar n'est plus rattaché à un étalon-or. Désormais, les États-Unis défendent un système de
changes flottants. La CEE y est opposée; De Gaulle n'a cessé de préconiser le retour à l'étalon-or.
Les accords de la Jamaïque officialisent le flottement monétaire. Il n'y a plus de parités fixes
entre les monnaies, dont le cours n'est plus défini par un étalon mais se définit sur le marché
selon le jeu de l'offre et de la demande. L'or est démonétisé et redevient une marchandise comme
les autres; son cours connaît d'ailleurs alors une hausse vertigineuse. Les réserves de Fort Knox,
où était stocké l'or de la banque centrale américaine, disparaissent.

Le FMI vend aussi l'or qui lui reste pour aider les PVD. Cependant, on prévoyait qu'à terme on
passerait à un système de parités stables mais ajustables. Il faut distinguer deux moments dans
l'évolution du cours du dollar : dans les années 1970 il flotte à la baisse, dans les années 1980 il
flotte à la hausse. Dans les deux cas, il est très difficile de parler de déclin du rôle du dollar.
Émettre des dollars désormais n'est pas sans effets sur le cours de la monnaie.

Eléments de réponse Question 6


- premier point : le paysage monétaire est celui des changes flottants, dans lequel ce sont les
marchés et pas les Etats qui définissent librement les cours des grandes devises. Nombreux ceux
qui dénoncent cette « dictature des marchés » ou déplorent tout simplement cette situation qui
conduit à une grande instabilité monétaire, pénalisante pour l’économie.
- d’autres économistes préfèrent au contraire souligner la résistance de l’économie mondiale aux
chocs monétaires et financiers observés depuis vingt ans. La croissance atteint des niveaux record
depuis plusieurs années.
Mieux le commerce mondial augmente deux fois plus vite encore que la production, preuve,
selon eux que les échanges des biens et marchandises ne sont guère pénalisés par l’instabilité du
marché des changes. A leurs yeux, il n’est donc guère utile, et il serait même dangereux, de
réformer en profondeur le SMI.

Eléments de réponse Question 7


Le directeur adjoint de l’Institut Français des Relations internationales (IFRI) considérait que
seule une crise ou une rupture profonde pourrait remettre en cause le système monétaire
international et le refondre dans sa totalité : aucun nouveau Bretton Woods n’est susceptible de
conduire un changement brutal du régime. Un nouveau Bretton Woods à l’échelle mondiale
paraît tout à fait prématuré tant que les principaux pays ne sont pas davantage prêts à partager la
souveraineté économique et monétaire.

Pour Monsieur de Boissieu, le retour à un système de changes fixes n’est pas d’actualité « le
contexte économique ne s’y prête pas et il n’y a aucune volonté politique dans ce sens » assure-t-
il. D’un point de vue économique, l’importance des déséquilibres commerciaux, avec les
gigantesques déficits américains d’un côté et les énormes excédents asiatiques de l’autre est
incompatible avec l’instauration des parités fixes. Sur le plan politique « personne ne veut d’un
nouveau Bretton Woods ».

Jonathan Benchimol 19
SUPPLÉMENT AU BULLETIN DU FMI VOLUME 34 SEPTEMBRE 2005
W W W . I M F . O R G / I M F S U R V E Y

Guide du FMI
À la une : Reconstruire
au lendemain d’un conflit
MINI-GLOSSAIRE
D I R E

Les économistes et le FMI utilisent des termes spécialisés, parfois obscurs pour le profane. En voici
quelques-uns qui apparaissent dans la présente publication, avec un renvoi à la page où ils appa-
raissent en contexte.

Conditionnalité : ensemble des conditions que les pays doivent remplir dans la plupart des cas
pour pouvoir emprunter au FMI (voir page 23).
L E

Contagion : propagation d’une crise financière d’un pays à un autre, un peu comme une maladie
infectieuse se propage entre les personnes (voir page 16).
P O U R

Facilité : type de prêt que le FMI met à la disposition de ses membres (voir page 25).

Gouvernance : désigne, sous tous ses aspects, la manière dont s’exerce l’autorité dans un pays ou
une institution, y compris l’ensemble des règles applicables, en particulier pour ce qui est de l’obli-
gation de rendre des comptes (voir page 16).
M O T S

Macroéconomie : (du grec makros, «grand»). La macroéconomie considère l’économie dans son en-
semble et s’intéresse donc à des variables telles que la richesse globale, la masse monétaire, le revenu
total, le chômage, l’inflation et le taux de change (valeur d’une monnaie par rapport aux autres mon-
naies). À l’inverse, la microéconomie (du grec mikros, «petit»), s’intéresse au comportement des dif-
férents agents économiques, tels que les ménages et les entreprises, et à la fixation des prix relatifs
L E S

(voir page 15).

Surveillance du FMI : aux termes de ses Statuts, le FMI est chargé de surveiller le système monétaire
international et de suivre attentivement les politiques de change de ses membres. Activité fondamen-
tale du FMI, la surveillance consiste à suivre l’évolution de l’économie, tant au niveau mondial que
dans chaque pays, et à avertir les décideurs en cas de dégradation de la situation (voir page 16).

Transparence : désigne le degré d’ouverture des relations entre une institution et le public. Plus une
institution est transparente, mieux elle informe le public de ses activités et de ses méthodes de travail
(voir page 18).

Viabilité : la dette d’un pays est viable si elle peut être remboursée en intérêt et en principal sans
nuire à la santé de l’économie (voir page 18).

Un glossaire de termes financiers figure aussi sur le site Internet du FMI (www.imf.org).

En couverture : ouvriers afghans à Kabul. Après la chute des talibans, il a fallu remettre l’économie sur pied (voir page 2).
(Scott Nelson/Getty Images)
SUPPLÉMENT AU BULLETIN DU FMI

N U M É R O
2 Reconstruire sur les décombres
Activité du FMI dans les pays qui sortent d’un conflit
6 10 Événements qui ont marqué le FMI
Aperçu historique
11 À l’écoute du monde
Le FMI en perspective

Scott Nelson/Getty Images


12 Qui pilote le FMI?
Organisation et finances
14 Conseil d’administration du FMI 2
Représentation des pays et répartition des voix
C E

15 Veiller à la santé des pays membres


Surveillance et prévention des crises
Laura Wallace 19 Quand les choses vont mal...
D A N S

Rédactrice en chef La résolution des crises


Sheila Meehan 22 Quand il faut remettre l’économie sur les rails
Rédactrice principale
Prêts et conditionnalité
Conny Lotze

Paula Bronstein/Getty Images


Directrice de production 25 Comment le FMI accorde-t-il ses prêts?
Modalités des concours financiers
Camilla Andersen
Jeremy Clift 26 Transmission d’un savoir-faire
Christine Ebrahim-zadeh
Assistance technique et formation 28
Jacqueline Irving
Rédacteurs
28 La quête d’une vie meilleure
Maureen Burke Réduction de la pauvreté et allégement de la dette
Lijun Li
Assistantes de rédaction 32 Identifier les adaptations nécessaires
Julio Prego
Le Bureau indépendant d’évaluation
Jorge Salazar
Graphistes 33 Le FMI en un coup d’œil
Repères et indicateurs
Stephen Jaffe
Michael Spilotro 33 Organigramme du FMI
Montage photos

Graham Hacche L’ABC du FMI est un supplément du Bulletin du FMI (ISSN 0250–7412), périodique aussi publié en anglais
Conseiller principal (IMF Survey) et en espagnol (Boletín del FMI). Les opinions et les informations contenues dans le Bulletin et
l’ABC ne représentent pas nécessairement la position officielle du FMI. Les articles du Bulletin et de l’ABC,
hormis les photos et illustrations, peuvent être reproduits à condition que la source soit citée.
Édition française Le courrier à la rédaction doit être adressé à Current Publications Division, Room 7–106, IMF,
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ACTIVITÉ DU FMI DANS LES PAYS QUI SORTENT D’UN CONFLIT

Reconstruire sur les décombres

Q
uand les armes se sont tues, la reconstruction peut commencer. De la ré-
gion des Grands Lacs en Afrique aux montagnes d’Afghanistan en pas-
sant par les plantations de café du Timor-Leste, le FMI aide à ranimer
des économies dévastées par des conflits meurtriers. Alors que la com-
munauté internationale s’efforce de rétablir la stabilité politique et économique, le FMI ap-
porte sa contribution en intervenant rapidement pour mettre en place les fondations indis-
pensables au bon fonctionnement de l’économie. Les pays qui sortent d’un conflit doivent
être dotés des moyens d’assurer les services publics essentiels et d’appliquer de bonnes po-
litiques économiques afin que le peuple reprenne confiance dans l’avenir.

L’intervention du FMI dans les pays qui sortent d’un conflit s’inscrit dans son rôle traditionnel,
qui consiste à fournir aux pays membres des conseils de politique économique ainsi qu’une as-
sistance technique dans ses domaines de compétence propres (voir page 26) et, le cas échéant,
une aide financière. Mais au lendemain d’un conflit, sa tâche exige une grande souplesse et beau-
coup d’ingéniosité. Certains conflits aboutissent à la création de nouveaux pays, d’autres font
simplement table rase des anciennes règles et structures.
Le FMI a souvent eu affaire à des pays qui étaient en pleine transition politique ou écono-
mique. Pendant les années 60 et 70, il a aidé de nombreux pays en développement nouvelle-
ment indépendants à mettre en place leurs systèmes monétaires et budgétaires. Au cours des
années 80, il a intensifié son assistance pour soutenir les réformes structurelles des pays à faible
revenu. Enfin, pendant les années 90, il a aidé les pays de l’ex-Union soviétique et d’Europe
centrale et orientale à abandonner la planification centrale en faveur de l’économie de marché.
Cette expérience lui a été précieuse pour intervenir dans les pays sortant d’un conflit, ce qu’il
est de plus en plus souvent appelé à faire depuis que la communauté internationale lui a offi-
ciellement demandé en 1995, dans l’Accord de paix de Dayton, d’aider à la reconstruction de la
Bosnie-Herzégovine.
«Avec de la détermination, on peut accomplir beaucoup dans les pays qui sortent d’un conflit,
mais rien n’est possible sans un effort collectif appuyé du FMI et de la communauté internationale»,
affirme Scott Brown, qui a été chef de la mission du FMI en Bosnie-Herzégovine de 1995 à 1998
avant de travailler au Kosovo et en Iraq. En général, le FMI joue un rôle prépondérant en formulant
des conseils sur le cadre général de la politique économique et sur la reconstruction des institutions
monétaires, financières et budgétaires. Le département géographique concerné du FMI est ainsi mis
à contribution, de même que les Départements des finances publiques, financier, juridique, des sys-
tèmes monétaires et financiers, de l’élaboration et de l’examen des politiques, et des statistiques.
D’autres organisations sont chargées de rétablir et de maintenir la sécurité, généralement sous
l’égide des Nations Unies, de l’OTAN ou d’autres organismes multilatéraux, tandis que les princi-
paux donateurs coordonnent l’assistance politique et mobilisent l’aide.

2 L’ABC DU FMI
gnait. «Nos homologues des autres organisations ne man-
quaient pas de ressources ni de bonne humeur, se souvient
M. Brown, et ce que nous accomplissions ensemble favorisait un
solide esprit de corps. Les relations que nous avons tissées à
cette époque avec les agents des autres organismes ont été pré-
cieuses pour notre travail dans d’autres pays.»
Dans un pays qui sort d’un conflit, les relations étroites entre
toutes les parties prenantes sont des aspects essentiels du travail
sur le terrain. La communication ouverte, l’échange d’idées, et la
participation de groupes divers permettent d’établir des relations

Stephen Morrison/EPA
de confiance et facilitent l’appropriation des réformes par le pays.
Au lendemain de la guerre sanglante en République démocra-
tique du Congo, qui a duré de 1998 à 2001, le chef de mission,
Femmes allant au marché. En République démocratique du Congo, les besoins de Jean A.P. Clément et son équipe ont multiplié très tôt les contacts
reconstruction de l’économie ont été énormes après la guerre de 1998–2001. avec des groupes très divers représentant la société civile, les égli-
ses, les réformateurs et la presse. «Nous avons toujours opéré
dans la plus grande transparence, confie M. Clément. Nous
avons établi des relations de confiance avec les réformateurs et
D’abord établir des relations de confiance
les autorités.» Mais l’équipe du FMI a veillé soigneusement à res-
Le travail du FMI commence — alors que, souvent, le conflit
pecter un certain équilibre entre toutes les factions pour éviter le
sévit toujours — par des réunions préparatoires et stratégiques
retour de la méfiance et des hostilités. «Les gens doivent bénéfi-
qui ont lieu au siège de l’institution et par des consultations avec
cier concrètement des dividendes de la paix, affirme M. Clément.
les partenaires au développement potentiels. Des groupes de tra-
Il faut qu’ils comprennent qu’il leur en coûterait bien plus de re-
vail internes, dont les travaux sont coordonnés par la direction du
prendre les armes que de maintenir la paix.»
FMI, mettent à profit l’expérience accumulée. Dès que les condi-
Les conseillers et représentants résidents du FMI pour-
tions de sécurité le permettent, les agents du FMI se rendent en
suivent ce travail de fond. C’est le cas, par exemple, de Zia
général dans le pays concerné en tant que membres d’une équipe
Ebrahim-zadeh, représentant résident du FMI en Ouganda
où sont représentées plusieurs organisations internationales.
pendant les années 80, au lendemain du conflit. Face au scep-
Dans le cas de la Bosnie, une petite équipe d’agents de la
ticisme suscité par les conseils du FMI, M. Ebrahim-zadeh et
Banque mondiale, de l’Union européenne, de la Banque euro-
son équipe ont passé des heures en réunions formelles et infor-
péenne pour la reconstruction et le développement et du FMI
melles avec les autorités pour exposer précisément leurs préoc-
s’est rendue à Sarajevo et Mostar dès que le cessez-le-feu a pris
cupations et expliquer les conseils du FMI. Ainsi, lorsque le
effet en octobre 1995. Les autorités étaient prêtes à se mettre au
gouvernement ougandais a rejeté une proposition de dévalua-
travail et, en quelques jours, le FMI a commencé à organiser des
tion de la monnaie de crainte que la hausse des prix des impor-
missions de suivi. En moins de deux mois, elles avaient établi
tations ne nuise aux agriculteurs, en particulier aux produc-
une évaluation des dommages et de l’assistance technique né-
teurs de café, l’équipe du FMI lui a démontré, chiffres détaillés
cessaire, préparé la Bosnie-Herzégovine à l’adhésion au FMI et
à l’appui, que les effets favorables de la dévaluation seraient de
fait le nécessaire pour que le pays devienne le premier à bénéfi-
loin supérieurs à son coût. «Ces contacts étroits et ces discus-
cier de la nouvelle politique du FMI en matière d’aide d’urgence
sions approfondies ont été déterminantes pour nos relations
aux pays qui sortent d’un conflit, une semaine après la ratifica-
avec les autorités», se rappelle M. Ebrahim-zadeh.
tion du Traité de Dayton.
«Les conditions étaient difficiles, raconte M. Brown. Les
membres de la mission voyageaient en plein hiver avec les sol- Création et rénovation
dats et le matériel militaire dans des avions cargos ou des héli- Dans un premier temps, les missions du FMI recensent ce qui,
coptères. Beaucoup des infrastructures de base étaient dévas- des anciennes structures financières et budgétaires, lois et ins-
tées. Pour se rendre d’une ville à l’autre, il fallait éviter les titutions, a survécu, ce qui doit être réformé, et ce qui doit être
champs de mines et traverser les lignes de front d’armées qui, entièrement reconstruit. Par exemple, lorsque le Timor-Leste a
peu de temps avant, s’entretuaient.» Pourtant, l’optimisme ré- fait sécession de l’Indonésie, tout était à inventer. En revanche,

SEPTEMBRE 2005 3
la Bosnie, la Croatie et la Serbie possédaient encore beaucoup et-Monténégro qui a obtenu son autonomie et a été placée
des éléments institutionnels de l’ex-Yougoslavie, mais ils né- temporairement sous l’administration de l’ONU en 1999, le
cessitaient de profondes réformes. En Afghanistan, après plus deutsche mark, remplacé ensuite par l’euro, est devenu la
de 20 ans de conflit pendant l’occupation soviétique puis le ré- monnaie légale, tandis qu’en Bosnie-Herzégovine, après des
gime taliban, on s’attendait à ce que tout soit à reconstruire, années de négociations entre les groupes ethniques, une mon-
mais ce n’était pas le cas. naie nationale a été adoptée, qui comporte des signes distinc-
Lors de l’un de ses premiers voyages en Afghanistan, Steven tifs pour les différentes régions du pays.
Symansky, chef de la mission du FMI, a rencontré un fonction- Le moins que l’on puisse dire est qu’organiser la circulation
naire âgé qui avait occupé plusieurs postes au ministère des fi- de la monnaie dans un pays dépourvu d’infrastructures et en
nances depuis la période antérieure au communisme. «Il savait proie à l’insécurité pose de redoutables problèmes logistiques.
comment les institutions fonctionnaient à l’époque, raconte Ainsi, au Timor-Leste, qui a adopté le dollar américain pen-
M. Symansky. Il nous a expliqué les procédures suivies alors en dant l’administration transitoire de l’ONU, la monnaie devait
matière d’impôt et de dépenses, et elles étaient tout à fait confor- être divisée en petites unités; il fallait donc beaucoup de
mes aux bonnes pratiques actuelles. Nous pouvions donc mettre pièces. Mais la logistique a parfois laissé à désirer. Un jour, un
à profit ce savoir.» La loi budgétaire a été remise en application envoi de pièces a été laissé sans surveillance pendant une nuit
pendant un an ou deux et le code des impôts pendant quelques sur un aérodrome, mais fort heureusement il y était encore le
années jusqu’à ce qu’ils puissent être améliorés et adaptés. «Sou- lendemain. Trois conteneurs remplis de pièces d’un cent —
vent, il faut partir de ce qui existe déjà», ajoute M. Symansky. 144.000 dollars en tout — sont restés dans la cour de l’Auto-
Pour faire en sorte que l’assistance de la communauté inter- rité bancaire et de paiement (BPA) pendant près de deux ans
nationale — c’est-à-dire, en général, l’aide humanitaire d’ur- parce que ces pièces n’étaient guère demandées. «La BPA a dû
gence — parvienne bien à ses destinataires, le FMI concentre les renvoyer sans même les ouvrir, se souvient M. Lönnberg.
son assistance technique sur les systèmes de paiement. «Notre Mais rien n’a été volé. Je suppose que, vu le poids du butin, le
but est de permettre aux fonds d’entrer dans le pays pour y être jeu n’en valait pas la chandelle.»
répartis en fonction des priorités», explique Åke Lönnberg, du
Département des systèmes monétaires et financiers. Il arrive La création de capacités
souvent, surtout après une guerre civile prolongée, que plu- Sur le plan budgétaire, il faut, outre créer un cadre juridique et
sieurs monnaies différentes circulent, que les billets de banque réglementaire, mettre en place les institutions et les moyens
soient de mauvaise qualité et que la fausse monnaie abonde. En nécessaires pour assurer les fonctions essentielles que sont le
outre, en raison des dysfonctionnements des systèmes de paie- recouvrement de l’impôt et les dépenses publiques. Pour
ment, les fonctionnaires et les agents de l’État ne sont pas payés. fonctionner, ces institutions ont besoin d’un personnel qualifié,
M. Lönnberg en a eu un exemple frappant lors de sa pre- qui existe rarement dans les pays qui sortent d’un conflit. Dans
mière visite dans le sud du Soudan, peu après que le gouver- les cas extrêmes, des experts internationaux dirigent ces
nement soudanais et le Mouvement populaire de libération du institutions jusqu’à ce que des agents locaux soient formés
Soudan (MPLS) eurent décidé au début de 2005 de mettre fin pour prendre la relève.
à 21 ans de guerre civile. Plusieurs monnaies circulaient dans Thomas Story, l’un des experts auxquels le FMI fait appel
le Sud du pays, qui était passé sous le contrôle du MPLS, mais pour fournir son assistance technique, a été le premier Commis-
les fonctionnaires déclarèrent à M. Lönnberg qu’ils ne payaient saire des recettes au Timor-Leste. Lorsqu’il est arrivé en avril
pas les agents de l’État ni les militaires locaux. Lorsqu’il de- 2000, il s’est mis au travail dans un bureau qu’il partageait avec
manda comment ils réussissaient à faire fonctionner le système une autre personne, équipé d’une table et d’une chaise qu’on lui
(puisqu’ils levaient l’impôt et la monnaie circulait), ils répon- avait prêtées, et d’un ordinateur portable du FMI. Il s’agissait de
dirent qu’ils «partaient du principe que les agents de l’État créer un système fiscal équitable, transparent et simple à admi-
possédaient des chèvres et quelques vaches et que leurs fa- nistrer. M. Story a recruté quelques conseillers internationaux
milles subviendraient à leurs besoins». Loin d’être satisfaits de pour faire fonctionner un système fiscal rudimentaire tout en
cette situation, ils souhaitaient ardemment y mettre fin. «Nous mettant en place de quoi gérer l’administration dans un envi-
aimerions bien les payer, déclarèrent-ils. Cela fait 26 ans que ronnement caractérisé par l’absence d’infrastructures opération-
nous ne les payons pas.» nelles. «Les administrations transitoires disposent de peu de
En Afghanistan et en Iraq, la conversion de la monnaie a été temps; aussi faut-il répondre à de multiples besoins simultané-
menée à bien en moins d’un an. Au Kosovo, région de Serbie- ment, dit M. Story. Il est facile de sous-estimer le délai nécessaire

4 L’ABC DU FMI
essentiellement parce que des bailleurs de fonds différents in-
tervenaient au niveau de la direction de la comptabilité, de
l’office du budget et du trésor. «De ce fait, il n’y avait pas de vi-
sion centralisée, explique Helio Tollini, du Département des fi-
nances publiques. Chaque bailleur de fonds poursuivait l’ob-
jectif prioritaire d’un département particulier. Après quelques
années, ils ont constaté que les progrès étaient maigres.» En
2001, le gouvernement et les bailleurs de fonds ont demandé
au FMI de coordonner l’amélioration de la gestion des dé-
penses publiques. Depuis, le FMI et les consultants résidents
qu’il a engagés ont aidé les autorités à établir un système de
gestion financière adapté aux besoins du Mozambique. «Mal-
gré quelques retards de mise en œuvre, d’énormes progrès ont
été accomplis», conclut M. Tollini.

FMI
Åke Lönnberg, du FMI, montre des échantillons de billets et pièces des États-Unis à
des fonctionnaires du Timor-Leste après l’adoption du dollar. Une expérience unique
Alors qu’ils s’efforcent de ranimer l’économie d’un pays ravagé
à la mise en place de nouvelles capacités». Les procédures de sé- par les tueries et les destructions, les équipes sur le terrain
lection au mérite, tout à fait inconnues jusque-là, ont causé doivent rester sur leurs gardes. Elles vivent et travaillent dans des
beaucoup de consternation et de confusion. Au terme d’une conditions chaotiques. Les communications sont compliquées et
série d’entretiens méticuleux, le bureau de M. Story a engagé les déplacements doivent être bien organisés et se faire sous
60 personnes, presque toutes fraîchement sorties de l’université. escorte. Les membres des premières missions en Afghanistan
En six mois, alors que les nouvelles recrues étaient en formation séjournaient dans l’immeuble criblé de balles de la banque cen-
intensive, M. Story et ses collaborateurs ont trouvé des chefs trale et, au Timor-Leste, les équipes ont d’abord dormi dans de
d’équipe, des directeurs et un commissaire adjoint. petites tentes montées à l’intérieur d’un immeuble gardé par des
Parmi les plus prometteurs figurait un ancien commandant soldats. Plusieurs missions du FMI au Libéria ont dû être éva-
du mouvement de résistance Falintil. Il était venu un jour chez cuées d’urgence en décembre 2003, lorsque tout à coup la situa-
M. Story et s’était présenté de la façon habituelle en dépliant soi- tion s’est dégradée. En Iraq, deux missions ont essuyé des coups
gneusement une vieille feuille de papier manuscrite. C’était son de feu et des membres de l’équipe ont été blessés lors de l’atten-
laissez-passer, autrement dit son droit de bénéficier d’un abri et tat à la bombe d’août 2003 contre le bureau de l’ONU à Bagdad.
d’une protection en tant que membre reconnu de la résistance; Pourtant, les fonctionnaires du FMI affirment que, malgré
mais avant l’indépendance, ce document lui aurait coûté la vie les conditions pénibles et le danger, auxquels s’ajoutent parfois
s’il avait été découvert par la police. L’ancien commandant a de- désordre et frustration, aider un pays à reconstruire son sys-
mandé du travail à M. Story qui, voyant en lui un chef potentiel, tème économique est une expérience irremplaçable, parce que
l’a encouragé à postuler. En quelques années, le commandant ce travail a des effets tangibles et immédiats. «Vous pouvez
s’était hissé au poste de Commissaire des impôts. vraiment changer le cours des choses, estime M. Story. Malgré
Au fil des ans, le FMI a appris que, d’une part, l’aide des le découragement et les déconvenues, chacun a à cœur la réus-
bailleurs de fonds doit être coordonnée si l’on veut éviter les site de l’entreprise.»
doubles emplois, les retards et le prolongement inutile de l’aide, Conny Lotze
et que, d’autre part, les gouvernements doivent appuyer sans ré- FMI, Département des relations extérieures
serves les réformes. Il incombe certes aux autorités de coordon-
ner l’assistance technique entre les donateurs extérieurs, les dif- Voir le site du FMI (www.imf.org) pour obtenir de plus amples in-
férents organismes et les gouvernements nationaux, mais si, formations sur le livre Postconflict Economics in Sub-Saharan Africa:
Lessons from the Democratic Republic of the Congo, publié sous la
pour ce faire, elles sollicitent l’aide du FMI, celui-ci doit s’effor- direction de Jean A.P. Clément, le document Rebuilding Fiscal Institu-
cer de la fournir, comme il l’a fait dans le cas du Mozambique. tions in Post-Conflict Countries (Département des finances publiques),
Bien que l’accord de paix de 1992 eût mis fin à 16 ans de et le document Restoring and Transforming Banking and Payments
Systems in Post-Conflict Economies (Département des systèmes mo-
guerre civile, le gouvernement mozambicain a continué d’avoir nétaires et financiers).
du mal à gérer les dépenses publiques pendant les années 90,

SEPTEMBRE 2005 5
APERÇU HISTORIQUE

10 événements qui ont marqué le FMI


James Boughton

Bettman/Corbis Dorothea Lange/Corbis Photos d’archives Bettman/Corbis Alain DeJean/Corbis

L
e Fonds monétaire international (FMI, parfois appelé simplement «le
Fonds») fut créé vers la fin de la Seconde Guerre mondiale dans l’inten-
tion d’édifier un nouveau système économique international, plus
stable, et d’empêcher la répétition des erreurs coûteuses des décennies
précédentes. Depuis sa création il y a 60 ans, il n’a cessé de changer et de s’adap-
ter, au gré de l’Histoire et de l’évolution des idées économiques et politiques.

Lorsque les délégations de 44 pays se retrouvèrent à Bretton Woods, dans l’État du New
Hampshire, en juillet 1944 pour fonder les institutions qui allaient régir les relations écono-
miques internationales après la guerre, elles avaient toutes le même souci : éviter de répéter les
erreurs de la Conférence de Paris par laquelle s’était conclue la Première Guerre mondiale. La
création d’une Banque internationale pour la reconstruction et le développement aiderait à re-
lancer l’activité économique et l’institution d’un Fonds monétaire international contribuerait au
rétablissement de la convertibilité des monnaies et au redressement du commerce multilatéral.
Pour John Maynard Keynes, l’économiste qui dirigeait la délégation britannique, comme pour
Harry Dexter White, le principal rédacteur des Statuts du FMI pour la délégation américaine, la
création du FMI n’avait pas simplement pour but d’éviter une répétition de la dépression con-
sécutive à la crise de 1929, mais aussi, et surtout, d’assurer la croissance de l’économie au len-
demain de la guerre en empêchant le retour de l’autarcie et du protectionnisme.
Nous examinerons certains des principaux événements du XXe siècle qui ont le plus influencé le
FMI avant de tirer des conclusions générales quant à l’empreinte laissée par l’Histoire sur le système
monétaire international d’aujourd’hui.

6 L’ABC DU FMI
ark Henley/Panos Pictures Larry Burrows/Time Life Pictures/Getty Images Toru Yamakana/AFP Photo Choo Youn-Kong/AFP Jacques Langevin/Corbis

1. La Conférence de Paris 3. La Seconde Guerre mondiale


La Conférence de Paris de 1918 a bien examiné un projet vi- En même temps qu’elle a créé les conditions propices à une ré-
sant à rétablir la prospérité et la paix mondiales — c’étaient les forme du système international, la Seconde Guerre mondiale
14 points du Président américain Woodrow Wilson. Mais six en a été le catalyseur. Lorsque les États-Unis sont entrés en
mois plus tard, lorsque les délégués sont parvenus à s’entendre guerre après le bombardement de Pearl Harbor en décembre
sur ce qui allait devenir le Traité de Versailles, des éléments es- 1941, le Secrétaire au Trésor, Henry Morganthau, Jr., a chargé
sentiels de ce projet avaient été écartés. En dix ans, la prospé- Harry Dexter White de la politique économique et financière
rité avait disparu et, au bout de vingt ans, la paix sombrait elle internationale, en lui demandant d’imaginer un plan de ré-
aussi. L’échec le plus retentissant a été celui du Président Wil- forme du système une fois que la guerre serait terminée. Or,
son, qui n’a pas su convaincre le Sénat américain de confirmer M. White avait déjà travaillé à l’ébauche d’un fonds de stabili-
l’adhésion de son pays à la Société des Nations. Mais l’échec le sation international, de sorte qu’il ne lui fallut que quelques
plus désastreux a peut-être été celui des délégués à la confé- mois pour remettre son premier projet. De l’autre côté de l’At-
rence, qui n’ont pas su jeter les bases d’une coopération éco- lantique, M. Keynes était en train d’élaborer un projet de
nomique entre les grandes nations commerçantes du monde. chambre de compensation internationale qui serait gérée con-
jointement par le Royaume-Uni et les États-Unis en tant
2. La crise de 1929 qu’États fondateurs. Même si elle était moins ouvertement
La dépression qui a commencé avec la crise de 1929 a amplifié multilatérale que la formule de M. White et fondée sur le sys-
les conséquences négatives du Traité de Versailles : l’implosion du tème de découvert britannique, par opposition au système
commerce international conjuguée aux erreurs de politique éco- assez compliqué d’échange de monnaies proposé par
nomique a provoqué l’effondrement de la production et des prix M. White, la formule prônée par M. Keynes était, pour l’essen-
dans le monde entier. Cette crise a gravement mis à mal la foi des tiel, semblable à celle de M. White. Pendant les deux années
analystes et des électeurs dans l’efficacité des marchés libres et de discussions et de négociations qui ont suivi, les deux pro-
conforté les arguments en faveur d’un rôle actif du secteur public jets ont fusionné pour aboutir à un projet des Statuts du FMI.
dans la vie économique. C’est donc tout naturellement que le L’une des principales conséquences de la guerre est qu’elle
débat s’est engagé sur la mise en place d’une nouvelle structure a conféré aux États-Unis la domination presque complète de
au lendemain de la guerre, en partant de l’hypothèse qu’un orga- l’économie mondiale. C’est la raison pour laquelle la structure
nisme intergouvernemental doté de pouvoirs étendus serait utile, financière du FMI sera fondée sur le dollar américain, et non
voire essentiel, pour le système financier international. sur une monnaie internationale créée pour l’occasion. Sa capa-

SEPTEMBRE 2005 7
cité de prêt sera limitée, et le Fonds sera dépourvu de la plu- l’emprise des puissances coloniales. Cette situation a commencé
part des pouvoirs d’une banque centrale. Son siège ne sera à évoluer en 1957, année où le Ghana et le Soudan, nouvelle-
situé ni à Londres ni même à New York, mais à Washington, ment indépendants, sont devenus membres du FMI. Les de-
où le Trésor américain pourra exercer une forte influence sur mandes d’adhésion se sont alors multipliées et, en 1969, 44 des
lui. Pendant les trois décennies suivantes, le FMI sera essen- 115 pays membres du FMI étaient des pays d’Afrique. En 1990,
tiellement une institution centrée sur le dollar, les États-Unis l’ensemble des 53 pays du continent africain avaient adhéré au
fournissant la plupart des ressources qu’il peut prêter et déter- FMI. Ils y représentaient près d’un tiers des pays membres,
minant en fait la plupart de ses décisions de prêt. mais, comme il s’agissait surtout de pays à faible revenu et de
petite taille, ils détenaient moins de 9 % des voix attribuées et
4. La guerre froide seulement 3 des 22 sièges au Conseil d’administration.
Convaincu que la coopération écono- L’avènement de l’Afrique en tant que continent de nations
mique entre l’Union soviétique et les indépendantes a fortement influencé la taille et la diversité du
États-Unis était indispensable pour assu- FMI. Le Fonds a en outre été obligé de développer sensible-
rer la paix et la prospérité après la guerre, ment ses activités dans les pays emprunteurs et d’intensifier la
M. White s’était évertué en 1944 à persua- surveillance de ces pays. Dans la plupart d’entre eux, situés
der l’Union soviétique d’adhérer au FMI. surtout au sud du Sahara, le revenu par habitant était très
La délégation soviétique à Bretton Woods faible et, sur le plan économique, ces pays comptaient parmi
a bien signé les Statuts ad referendum, mais Joseph Staline a en- les moins développés du monde — ce qui reste vrai aujour-
suite refusé de ratifier l’accord parce qu’il craignait (non sans d’hui. Leurs problèmes économiques étaient d’abord structu-
raison) que le Fonds soit largement dominé par l’Occident. rels avant d’être macroéconomiques; ils concernaient avant
Lorsque cette tension s’est transformée en guerre froide, le tout l’éducation, la santé, les infrastructures et la gouvernance,
rêve d’universalité cher à M. White a dû être abandonné. La plutôt que la finance; et ils étaient plus profondément enraci-
Pologne s’est retirée en 1950. Quatre ans plus tard, la Tchécos- nés et tenaces que dans d’autres régions. Pour résoudre ces
lovaquie était contrainte de faire de même. Peu après avoir problèmes, les pays avaient besoin de prêts à des conditions
pris le pouvoir en 1959, Fidel Castro faisait sortir Cuba du avantageuses et de compétences techniques très diverses. C’est
Fonds. Pendant plus de trente ans après l’arrivée au pouvoir ainsi que le FMI a été amené à étendre ses activités au-delà de
en Chine de Mao Zedong, le gouvernement américain s’est op- son mandat initial, et que la collaboration avec la Banque
posé à ce que la République populaire obtienne un siège en mondiale et les autres organismes de développement est deve-
tant que représentant de la Chine au Conseil d’administration nue impérative.
du FMI. La plupart des autres pays dans les sphères d’in-
fluence soviétique ou chinoise n’ont tout simplement pas ad-
héré. Ce n’est que pendant les années 80 que la tendance s’est
6. La multiplication des centres économiques
Lorsque l’économie mondiale et le com-
inversée, la Chine obtenant le siège qu’elle réclamait et la Po-
merce international commencèrent à se
logne devenant à nouveau membre du FMI.
redresser au lendemain de la Seconde
La guerre froide a naturellement limité le nombre de pays
Guerre mondiale, les États-Unis perdirent
membres du FMI. Pour reprendre la terminologie de l’époque,
peu à peu leur hégémonie économique.
on disait que le Fonds comprenait le premier monde et une
L’Europe fut la première à renaître de ses
grande partie du troisième monde, mais que le deuxième
cendres. Grâce à une forte volonté natio-
monde était absent. Le FMI devint essentiellement un club ca-
nale, au soutien international — du Plan Marshall américain,
pitaliste qui aidait à stabiliser les économies de marché.
de la Banque mondiale, puis du FMI — et à un multilatéra-
5. L’indépendance en Afrique lisme qui s’est développé localement sous la forme du Marché
Sur la quarantaine de membres originels commun et de l’Union européenne des paiements, à la fin des
du FMI, seuls trois étaient des pays années 50, une grande partie de l’Europe connaissait une
d’Afrique : l’Afrique du Sud, l’Égypte et croissance économique rapide et s’ouvrait progressivement au
l’Éthiopie. L’un d’entre eux avait davantage commerce multilatéral et au marché des changes. La Républi-
d’affinités avec le Moyen-Orient tandis que fédérale d’Allemagne est entrée au FMI en 1952 et elle est
qu’un autre était dominé par une minorité vite devenue l’une des premières économies mondiales. Ce fut
et, culturellement, était plus proche de ensuite le tour de l’Asie. Le Japon a aussi adhéré au FMI en
l’Europe. La plus grande partie du continent était encore sous 1952 et, dès les années 60, il s’apprêtait à rejoindre les États-

8 L’ABC DU FMI
Unis et l’Allemagne au premier rang du palmarès économique 8. La mondialisation des marchés financiers
mondial. Puis les années 70 ont vu la montée en puissance de Au moment de la création du FMI, le vo-
l’Arabie Saoudite et d’autres pays exportateurs de pétrole du lume et l’importance des flux financiers
Moyen-Orient. En 30 ans, la part des États-Unis dans les ex- privés étaient négligeables. Les échanges
portations mondiales est tombée de 22 % à 12 %; la baisse a commerciaux étaient financés surtout par
été encore plus spectaculaire pour les réserves internationales des crédits commerciaux et la plupart des
officielles : ils n’en détenaient plus que 12 % en 1978, contre économistes considéraient les flux trans-
54 % en 1948. frontaliers d’investissements de porte-
À mesure que se dispersait le pouvoir économique et finan- feuille autant comme des facteurs potentiels d’instabilité que
cier, un plus grand nombre de monnaies devenaient pleine- comme des sources potentielles de capitaux d’investissement.
ment convertibles aux fins des transactions du compte courant Les flux de capitaux ont commencé à prendre de l’ampleur
et même du compte de capital. Les partenaires commerciaux dans les années 50 lorsque les pays européens ont progressive-
avaient des rythmes de croissance différents et ne suivaient pas ment rétabli la convertibilité de leurs monnaies. Mais c’est
les mêmes politiques financières. Des pressions de plus en pendant les années 70, avec l’apparition du marché de l’euro-
plus fréquentes et de plus en plus fortes ont commencé à dollar et d’autres marchés financiers offshore, qu’ils se sont vé-
s’exercer sur les taux de change fixes et sur le stock limité d’or ritablement développés. Cette évolution s’est accentuée pen-
et de dollars américains. Le FMI a réagi en 1969 en modifiant dant toute la décennie sous l’effet de l’accumulation de
ses Statuts et en créant les droits de tirage spéciaux (DTS) pour pétrodollars par les pays exportateurs de pétrole et du recy-
compléter les avoirs de réserve existants, mais cette mesure clage de ces actifs sous forme de prêts souverains aux pays im-
était insuffisante face au problème sous-jacent des pressions portateurs de pétrole par l’intermédiaire de grandes banques
que subissaient les différents pays. Il fallut bien constater, internationales. Pendant les années 90, les flux transfrontaliers
avant même le premier choc pétrolier de 1973, que le système étaient devenus une source essentielle de financement tant
de taux de change fixes mais ajustables mis en place à Bretton pour les pays industrialisés que pour les pays émergents du
Woods n’était plus viable. monde entier, et la structure des marchés financiers internatio-
naux était devenue si complexe que l’on ne pouvait plus en
7. La guerre du Vietnam mesurer la taille, et encore moins la maîtriser.
En soi, l’intensification de l’engagement La mondialisation financière a eu pour effet, entre autres, de
américain dans la guerre du Vietnam pen- marginaliser quantitativement les financements du FMI pour de
dant les années 60 et au début des années nombreux emprunteurs potentiels. En effet, pendant les pre-
70 aurait eu peu d’effets sur le FMI, hormis mières années d’existence du FMI, les pays dont la balance des
par son influence directe sur l’adhésion du paiements faisait apparaître un écart de financement pouvaient
Vietnam. En avril 1975, alors que le gou- souvent combler celui-ci en empruntant simplement au Fonds.
vernement du Sud-Vietnam était sur le Pendant les années 80, ils cherchaient davantage à obtenir un
point de tomber, ses représentants ont essayé désespérément effet de «catalyse», c’est-à-dire à susciter des entrées de capitaux
d’emprunter autant qu’ils pouvaient au FMI. Le Fonds a refusé en empruntant des sommes relativement faibles au FMI à
et, quelques mois plus tard, il reconnaissait la République socia- l’appui d’un programme de réformes convenu, dans l’espoir de
liste du Vietnam. Le conflit a cependant eu un effet plus vaste sur convaincre les autres créanciers qu’ils pouvaient avoir confiance
l’économie et la position des paiements extérieurs des États-Unis. dans l’avenir du pays. Ce n’était pas tant la quantité d’argent em-
Conjuguée à l’augmentation considérable des dépenses intérieu- prunté qui comptait que la qualité des réformes. La mondialisa-
res pour financer les programmes de la «Great Society» du Prési- tion a ainsi fondamentalement modifié les rapports entre le FMI
dent Lyndon Johnson, la hausse des dépenses militaires extérieu- et ceux de ses membres qui lui empruntent des ressources, et
res a progressivement aggravé la surévaluation du dollar entre le FMI et les autres créanciers officiels et privés.
résultant du système de taux de change fixes de Bretton Woods. Un autre effet de la mondialisation a été d’affaiblir l’aspect
Après plusieurs spasmes entre 1968 et 1973, le système a fini par «coopérative de crédit» du FMI, car, dès les années 80, les
s’effondrer. Le dollar n’étant plus convertible en or, le métal pré- pays avancés étaient en mesure de financer leurs paiements
cieux ne pouvait plus remplir sa fonction centrale dans le sys- extérieurs au moyen de flux privés et n’avaient plus besoin
tème monétaire international, ni même lui être utile. Certes, ce d’emprunter au FMI. Une grande partie des membres de l’ins-
déclin n’est pas imputable uniquement à la guerre du Vietnam, titution s’est ainsi divisée en deux groupes : les créanciers et
mais il ne fait aucun doute qu’elle y a fortement contribué. les débiteurs.

SEPTEMBRE 2005 9
Une troisième conséquence de la mondialisation financière les effectifs du FMI ont augmenté de près de 30 % en six ans.
réside dans le fait que les pays à marchés financiers émergents La Russie et la Suisse ont reçu chacune un siège au Conseil
sont devenus tributaires d’apports de capitaux privés qui se d’administration, ce qui a porté à 24 le nombre d’administra-
sont avérés instables et peu fiables dans une conjoncture éco- teurs, dont certains ont vu s’accroître de plusieurs membres le
nomique difficile à l’échelle mondiale et régionale. Lorsque ces groupe de pays qu’ils représentent.
apports ont subitement reflué pendant la seconde moitié des
années 90, plusieurs pays à revenu intermédiaire (le Mexique Conclusions
en 1995, la Thaïlande, l’Indonésie et la Corée en 1997, la Rus- L’économie mondiale et le FMI ont profondément évolué au
sie en 1998, et le Brésil en 1999) ont sollicité l’assistance fi- cours des six décennies écoulées depuis la Conférence de
nancière du FMI à une échelle beaucoup plus grande que le Bretton Woods. Désormais, le volume des prêts du Fonds est
FMI n’en avait l’habitude. déterminé en grande partie par les crises qui surviennent
dans le monde, d’où l’attention croissante qu’il accorde à la
9. La crise internationale de la dette
prévention et à la résolution des crises. Étant donné que plus
En août 1982, les marchés internatio-
de la moitié des pays membres se retrouvent actuellement
naux des instruments de dette, dont la
dans une position créditrice ou débitrice persistante avec peu
situation n’avait cessé de se dégrader
de chances de changer de camp, de nombreux pays se défi-
pendant deux ans, sombraient soudaine-
nissent davantage par rapport à ce clivage et non plus comme
ment dans une grave crise économique
membres de la communauté internationale. Les pays
et financière. Quelques pays, dont la
membres sont également devenus beaucoup plus nombreux
Hongrie, le Maroc, la Pologne et la You-
et beaucoup plus divers, représentant la quasi-totalité des
goslavie, avaient déjà vu les banques leur tourner le dos en
pays du monde, et les responsabilités du FMI dans la gestion
1981 et pendant le premier semestre de 1982. Mais lorsque
de l’économie mondiale se sont accrues en conséquence. Il
celles-ci se sont soudain retirées du Mexique, la crise s’est
s’intéresse à des aspects bien plus nombreux de la politique
étendue à tout le système. En quelques mois, des difficultés
économique des pays membres, surtout ceux auxquels il ac-
apparaissaient aussi en Argentine, au Brésil et au Chili, et la
corde des prêts.
crise continuait à se propager. Il faudra attendre 1990, avec la
L’évolution du FMI a été déterminée et rendue nécessaire
décrue des taux d’intérêt mondiaux et le remplacement de la
par les changements économiques et politiques intervenus
dette bancaire des pays en développement les plus endettés
dans le monde. Si les événements recensés ici ne l’avaient pas
par les obligations Brady, pour pouvoir déclarer la crise termi-
influencé comme ils l’ont fait, le FMI aurait été peu à peu mar-
née. La crise de la dette a transformé le FMI en lui conférant
ginalisé jusqu’à peut-être devenir inutile. Son souci constant a
brusquement un nouveau rôle : celui de gérer les crises inter-
été de ne pas perdre de vue sa mission centrale (celle que lui
nationales. Lorsque les crises financières, mentionnées ci-
assigne son mandat originel et qui consiste strictement à pro-
dessus, ont éclaté dans les années 90, le FMI s’est inspiré de
mouvoir l’ajustement ordonné des paiements et la stabilité fi-
son expérience antérieure pour y faire face, même s’il a dû
nancière mondiale) tout en s’adaptant à l’évolution des cir-
aussi apporter de nouvelles solutions à des situations nationa-
constances et des idées. À l’occasion du 60e anniversaire des
les qui se sont révélées fort complexes et à une propagation
institutions de Bretton Woods en 2004, le FMI a tenu à relever
plus rapide et généralisée des crises à travers le monde.
ce défi en lançant un examen stratégique visant à doter l’insti-
10. L’effondrement du communisme tution de la souplesse nécessaire pour affronter les autres mu-
La chute du mur de Berlin en 1989 et tations que subira l’économie mondiale au cours des décen-
l’éclatement de l’Union soviétique en nies à venir.
1991 ont permis au FMI de devenir enfin MM. Keynes et White ont créé le FMI parce qu’ils étaient
une institution quasi universelle. En trois convaincus que le monde avait besoin d’une institution pu-
ans, le nombre des pays membres est blique pour promouvoir la coopération multilatérale contre les
passé de 152 à 172, soit l’augmentation tendances autarciques et pour compenser les limites inhérentes
la plus rapide depuis l’arrivée des pays aux marchés privés. Le monde et l’institution ont évolué, mais
africains pendant les années 60. (Le FMI compte aujourd’hui ces objectifs restent la raison d’être fondamentale du FMI.
184 membres.) Beaucoup des nouveaux venus avaient besoin
d’emprunter au Fonds, et presque tous avaient besoin d’assis- James Boughton est Directeur adjoint du Département de l’élaboration et de
tance technique et de consultations régulières. C’est ainsi que l’examen des politiques du FMI. Il est aussi l’historien officiel du FMI.

10 L’ABC DU FMI
LE FMI EN PERSPECTIVE

À l’écoute du monde
u cours de l’exercice écoulé, à la faveur d’une con-

A
joncture économique mondiale relativement favo-
rable, le FMI a continué à s’efforcer d’améliorer l’effi-
cacité de ses opérations et à définir ses priorités afin
de répondre aux besoins de ses pays membres. Dans
ce contexte, le Directeur général, M. Rodrigo de Rato, a lancé
un processus de réflexion sur les orientations stratégiques du
FMI, qui permettra de passer en revue divers dossiers — les

Prakash Singh/AFP
flux financiers mondiaux, l’intégration régionale, les efforts de
lutte contre la pauvreté et la gouvernance interne du FMI — et
d’en étudier les implications pour le travail de l’institution. Lors d’une visite en Inde, Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI (à g.), écoute
une employée d’un centre de soins pour les personnes atteintes du VIH/sida.
Après avoir affiché un taux de croissance d’un peu plus de 5 %
en 2004 — le plus rapide des trois dernières décennies — l’acti-
vité économique mondiale a retrouvé en 2005 un rythme plus financier; les problèmes spécifiques des pays à faible revenu;
modéré, revenant à son taux tendanciel d’environ 4!/4 %. De ma- la croissance et les réformes structurelles; la situation des
nière générale, l’inflation a été maîtrisée et aucune crise financière finances publiques et les accords de précaution.
grave n’est venue perturber cette progression. Il y a cependant eu Afin de répondre avec souplesse aux besoins des pays à faible
quelques ombres au tableau : la brusque et forte poussée des revenu, le FMI a continué à affiner la conception des pro-
cours du pétrole, la persistance des incertitudes géopolitiques, grammes appuyés par la facilité pour la réduction de la pauvreté
l’aggravation des déséquilibres mondiaux des balances des paie- et la croissance, ainsi que le processus d’élaboration des stratégies
ments et les redoutables problèmes économiques et sociaux aux- de lutte contre la pauvreté, et à perfectionner les instruments
quels de nombreux pays membres restent confrontés. conçus pour venir en aide à ces pays. Il travaille à l’établissement
Surveillance. Dans le contexte de l’examen des politiques d’un système de suivi pour les pays à faible revenu désireux d’en-
économiques de ses pays membres, le FMI a continué à affiner tretenir un dialogue étroit avec le FMI, qui ne souhaitent ou ne
ses outils de surveillance. Suite aux recommandations issues requièrent cependant pas son assistance financière. Il continue
du réexamen bisannuel de la surveillance effectué en 2004, le aussi à s’efforcer d’alléger la dette des pays à faible revenu et de les
FMI s’est attaché à mieux centrer son analyse et ses conseils, aider à préserver la viabilité de leur endettement, notamment en
en approfondissant l’examen du régime de change et de la donnant suite à la proposition du G-8 qui vise l’annulation de
santé du secteur financier, et en intégrant plus efficacement l’encours de la dette des pays pauvres très endettés envers le FMI,
l’analyse de la viabilité de la dette, des faiblesses des bilans et la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
des effets de contagion à l’échelle régionale et mondiale. Il s’est Assistance technique. L’assistance technique demeure un
aussi efforcé d’améliorer le dialogue avec les pays membres, complément essentiel des conseils que prodigue le FMI, car
de communiquer plus efficacement avec le public et d’évaluer elle favorise la mise en œuvre de politiques plus efficaces et
de façon plus systématique les résultats de la surveillance. d’une bonne gouvernance, notamment grâce au renforcement
Prêts. Passant en revue les conditions dont sont assortis les des institutions. Le FMI s’est efforcé de situer les stratégies et
concours financiers du FMI aux pays membres à l’appui de priorités de l’assistance technique dans une perspective à
leurs programmes économiques, l’organisation a procédé à un moyen terme, d’en évaluer plus systématiquement les résultats
examen critique de la conception des programmes et de et d’en promouvoir l’internalisation par les pays, tout en
l’application des directives sur la conditionnalité énoncées en rehaussant l’efficacité des centres régionaux.
2002. Les programmes doivent continuer à être centrés sur
cinq grands domaines : les mouvements de capitaux et les Pour plus de détails, se reporter au Rapport annuel du FMI 2005, publié
en septembre 2005, qui peut aussi être consulté sur le site www.imf.org.
crises du compte de capital, y compris le rôle du secteur

SEPTEMBRE 2005 11
ORGANISATION ET FINANCES

Qui pilote le FMI?

E
n tant qu’institution spécialisée de l’ONU, Cinq administrateurs sont désignés par les pays dont la
quote-part est la plus élevée, à savoir les États-Unis, le Japon,
le FMI participe au Conseil économique et
l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Trois autres pays
social des Nations Unies, mais il fonctionne — la Chine, la Russie et l’Arabie Saoudite — ont des quotes-
parts suffisantes pour choisir chacun leur propre administra-
de façon indépendante selon ses propres
teur. Les 176 autres pays sont organisés en 16 groupes qui
Statuts, qui régissent son organisation, ses règles et son élisent chacun un administrateur. La formation des groupes
reflète des communautés d’intérêts et, généralement, une
financement.
proximité géographique, pays francophones africains par
exemple (voir le tableau page 14).
Le FMI compte actuellement 184 pays membres, soit sept Les quelques 2.700 fonctionnaires qui composent le per-
de moins que l’ONU, à laquelle adhèrent en outre Cuba, la sonnel du FMI sont originaires de plus de 140 pays. La plu-
République populaire démocratique de Corée et cinq petits part sont en poste au siège de l’organisation, à Washington, et
pays (Andorre, le Liechtenstein et Monaco en Europe, et les les autres travaillent dans des bureaux régionaux ou locaux
pays insulaires de Nauru et de Tuvalu dans le Pacifique). situés dans le monde entier. Les effectifs du FMI se répar-
Cuba a été membre du FMI à sa fondation, puis s’est retiré en tissent pour l’essentiel entre les départements géographiques,
1964; aucun des six autres pays n’a demandé à adhérer. Pour les départements fonctionnels, les départements d’informa-
devenir membre, un pays doit se porter candidat et être ac- tion et de liaison, et les services de soutien (voir l’organi-
cepté par la majorité des pays déjà membres. gramme page 33), dont les directeurs rendent compte au Di-
La politique du FMI est définie au premier chef par le Co- recteur général. Les services du FMI surveillent l’évolution de
mité monétaire et financier international (CMFI), dont les l’économie mondiale et des économies nationales et en tirent
24 membres sont les ministres des finances ou les gouver- des analyses sur lesquelles le FMI fonde ses conseils de poli-
neurs de banque centrale des pays et groupes de pays repré- tique économique et ses décisions de prêt.
sentés au Conseil d’administration (voir l’organigramme,
page 33). Le CMFI se réunit deux fois par an et émet des avis D’où provient l’argent du FMI?
sur l’orientation générale des politiques du FMI. Le FMI est une coopérative financière, comparable à certains
La plupart de ses membres siègent aussi au Conseil des gou- égards à une caisse de crédit mutuel. À son adhésion, chaque
verneurs; chaque pays membre dispose d’un gouverneur au pays membre verse une «quote-part», qui est globalement
sein de ce conseil, qui se réunit une fois par an et adopte les fixée en fonction de son poids économique relatif et tient
grandes décisions institutionnelles (augmentation des res- compte de son PIB, de ses transactions courantes et de ses ré-
sources financières du FMI, admission de nouveaux membres, serves officielles. Les quotes-parts déterminent la souscrip-
etc.). Le Comité du développement, qui, à l’instar du CMFI, tion des pays membres au capital du FMI ainsi que le mon-
compte 24 membres de rang ministériel, transmet des avis aux tant maximum de leurs emprunts éventuels à l’institution.
Conseils des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale sur Les quotes-parts entrent aussi dans le calcul du nombre de
des questions de développement. Il se réunit deux fois par an. voix attribuées à chaque membre.
À la tête de l’institution se trouve le Directeur général, Le total des souscriptions des pays membres au capital du
nommé pour cinq ans par le Conseil d’administration (qu’il FMI forme un volant de ressources dont l’institution se sert
préside). Les directeurs généraux ont toujours été des Euro- pour aider temporairement les pays en proie à des difficultés
péens. Composé de 24 administrateurs, le Conseil d’adminis- financières. Ces ressources permettent au FMI de fournir un
tration définit les politiques et prend la plupart des décisions. soutien à la balance des paiements des pays membres qui

12 L’ABC DU FMI
appliquent des programmes d’ajustement économique et par les membres, mais aussi le montant des concours qu’ils
de réforme. peuvent recevoir du FMI et leur part des allocations de DTS.
Tous les cinq ans au moins, le Conseil d’administration ré- Le total des quotes-parts au FMI équivaut à 213,5 milliards de
vise les quotes-parts et détermine, en fonction de l’évolution DTS (environ 310 milliards de dollars). Le nombre de voix
de l’économie mondiale et de la position relative des pays dont dispose chaque pays est la somme de ses «voix de base»
membres dans cette économie, s’il y a lieu de proposer des et des voix qui lui ont été attribuées en fonction de sa quote-
ajustements au Conseil des gouverneurs. On en est actuelle- part. Chaque pays membre du FMI dispose de 250 voix de
ment à la treizième révision générale des quotes-parts, qui doit base (chiffre fixé par les Statuts) et d’une voix supplémentaire
être achevée en janvier 2008 au plus tard. pour chaque fraction de sa quote-part équivalant à
Les pays versent 25 % de leur souscription en instruments 100.000 DTS.
de réserve appelés droits de tirage spéciaux (DTS, unité de Au besoin, le FMI peut recourir à l’emprunt pour compléter
compte du FMI, voir page 33) ou dans les principales mon- les ressources tirées des quotes-parts. Il a conclu deux accords
naies, telles que le dollar des États-Unis, l’euro, le yen ou la permanents d’emprunt avec des pays membres, qu’il peut utili-
livre sterling; le FMI peut exiger le reliquat, payable en mon- ser si un danger menace le système monétaire international.
naie nationale, s’il en a besoin pour accorder des prêts. Les Ces deux accords représentent une capacité totale d’emprunt
quotes-parts déterminent non seulement la souscription due de 34 milliards de DTS (environ 49 milliards de dollars).
Les prêts concessionnels et les
allégements de dette au profit des
pays à faible revenu sont financés
Quelle est la différence entre le FMI et la Banque mondiale?
par des comptes de fiducie gérés
Le FMI et la Banque mondiale ont été créés lors de la Conférence de Bretton Woods, en
juillet 1944, dans le but de renforcer la coopération économique internationale et de jeter les bases
par le FMI.
d’une économie mondiale plus stable et plus prospère. Bien que ces objectifs demeurent fondamen-
taux pour les deux institutions, leurs mandats et leurs fonctions respectifs diffèrent, et leurs activités ont Les dépenses du FMI
évolué en réponse aux mutations et aux nouveaux enjeux de l’économie mondiale.
Les dépenses annuelles du FMI
Le FMI favorise la coopération monétaire internationale et fournit aux pays membres des conseils
de politique économique, des prêts temporaires ainsi qu’une assistance technique pour les aider à sont financées en grande partie
parvenir à la stabilité financière et à la viabilité extérieure, et à fortifier durablement leur économie. par la différence entre les recettes
Les prêts servent à soutenir l’application de programmes économiques conçus pour remédier aux
d’intérêts et les versements d’inté-
problèmes de balance des paiements, problèmes auxquels un pays se heurte lorsqu’il ne peut pas
se procurer suffisamment de financements à des conditions abordables pour régler ses paiements in- rêts. Pour l’exercice 2005, les inté-
ternationaux nets. Certains prêts sont accordés pour des périodes assez courtes (un an environ, rêts et commissions reçus des pays
avec des remboursements étalés sur 3 à 5 ans) et financés par l’ensemble des souscriptions (quotes-
emprunteurs, ajoutés à d’autres
parts) des pays membres. D’autres prêts sont accordés pour des périodes plus longues (jusqu’à
3 ans, avec des remboursements étalés sur 7 à 10 ans); c’est le cas notamment des prêts conces- revenus, ont totalisé 3,4 milliards
sionnels consentis aux pays à faible revenu avec des bonifications financées par les ventes d’or pas- de dollars, tandis que les verse-
sées du FMI et des contributions de membres. Dans ces pays, le FMI s’attache surtout à mettre les
ments d’intérêts sur la part des
politiques macroéconomiques et financières au service de la réduction de la pauvreté. La plupart
des cadres du FMI sont des économistes. souscriptions utilisées pour les
La Banque mondiale œuvre en faveur du développement économique à long terme et de la opérations, ajoutés aux autres frais
réduction de la pauvreté en accordant aux pays des concours techniques et financiers, notamment
de fonctionnement, se sont chif-
pour les aider à conduire des réformes sectorielles ou à réaliser des projets spécifiques (construction
d’écoles et de dispensaires, approvisionnement en eau et en électricité, lutte contre les maladies, frés à 1,5 milliard de dollars. Les
protection de l’environnement, etc.). Son action, qui s’inscrit généralement dans la durée, est finan- coûts administratifs (traitements
cée à la fois par les contributions des pays membres et par des émissions obligataires. Les do-
et pensions des fonctionnaires,
maines de spécialisation de ses fonctionnaires sont beaucoup plus variés que ceux des fonction-
naires du FMI. déplacements, fournitures, etc.) se
Le FMI et la Banque mondiale collaborent dans divers domaines, notamment la lutte contre la sont élevés à 1 milliard. L’excédent
pauvreté dans les pays à faible revenu, l’allégement de la dette des plus pauvres, la coordination
a été affecté au compte des res-
des programmes en vue de réaliser les objectifs de développement pour le Millénaire (voir
pages 28–31) et l’évaluation des secteurs financiers nationaux. Chaque année, les deux institu- sources générales, c’est-à-dire aux
tions tiennent ensemble leurs réunions de printemps, puis, à l’automne, leur Assemblée annuelle. fonds qui peuvent être prêtés aux
pays membres.

SEPTEMBRE 2005 13
Représentation des pays et répartition des voix au Conseil d’administration du FMI (au 15 juillet 2005)1

Le Conseil d’administration compte 24 administrateurs qui représentent un pays ou un groupe de pays. Le nom de chacun figure en gras et celui de son suppléant, en
italique. Le pourcentage des voix attribuées à chaque pays et le pourcentage total pour chaque groupe de pays sont donnés entre parenthèses. Le nombre total des voix pour
chaque groupe est aussi indiqué. Les chiffres ayant été arrondis, le total ne correspond pas forcément à la somme des composantes.
NANCY P. JACKLIN Malte (0,06%) SULAIMAN M. AL-TURKI Algérie (0,59%)
Meg Lundsager Portugal (0,41%) Abdallah S. Alazzaz Ghana (0,18%)
États-Unis Saint-Marin (0,02%) Arabie Saoudite Iran, République
371.743 voix (17,08%) Timor-Leste (0,02%) 70.105 voix (3,22%) islamique d’ (0,70%)
90.968 voix (4,18%) Maroc (0,28%)
SHIGEO KASHIWAGI HOOI ENG PHANG (MALAISIE)
KEVIN G. LYNCH (CANADA) Pakistan (0,49%)
Michio Kitahara Made Sukada (Indonésie)
Tunisie (0,14%)
Japon Peter Charleton (Irlande) Brunéi Darussalam (0,11%)
133.378 voix (6,13%) 53.662 voix (2,47%)
Antigua-et-Barbuda (0,02%) Cambodge (0,05%)
KARLHEINZ BISCHOFBERGER Bahamas (0,07%) Fidji (0,04%) EDUARDO LYO (BRÉSIL)
Gert Meissner Barbados (0,04%) Indonésie (0,97%) Roberto Steiner (Colombie)
Allemagne Belize (0,02%) Malaisie (0,69%) Brésil (1,41%)
130.332 voix (5,99%) Canada (2,94%) Myanmar (0,13%) Colombie (0,37%)
Dominique (0,02%) Népal (0,04%) Équateur (0,15%)
PIERRE DUQUESNE
Grenade (0,02%) Rép. dém. pop. lao (0,04%) Guyana (0,05%)
Olivier Cuny
Irlande (0,40%) Singapour (0,41%) Haïti (0,05%)
France
Jamaïque (0,14%) Thaïlande (0,51%) Panama (0,11%)
107.635 voix (4,95%)
Saint-Kitts-et-Nevis (0,02%) Tonga (0,01%) République Dominicaine (0,11%)
TOM SCHOLAR Saint-Vincent-et-les Vietnam (0,16%) Suriname (0,05%)
Andrew Hauser Grenadines (0,02%) 69.019 voix (3,17%) Trinité-et-Tobago (0,17%)
Royaume-Uni Sainte-Lucie (0,02%)
PETER J. NGUMBULLU (TANZANIE) 53.634 voix (2,46%)
107.635 voix (4,95%) 80.636 voix (3,71%)
Peter Gakunu (Kenya) B.P. MISRA (INDE)
WILLY KIEKENS (BELGIQUE) JON A. SOLHEIM (NORVÈGE)
Afrique du Sud (0,87%) Amal Uthum Herat (Sri Lanka)
Johann Prader (Autriche) David Farelius (Suède) Angola (0,14%) Bangladesh (0,26%)
Autriche (0,87%) Danemark (0,77%) Botswana (0,04%) Bhoutan (0,01%)
Belarus (0,19%) Estonie (0,04%) Burundi (0,05%) Inde (1,92%)
Belgique (2,13%) Finlande (0,59%) Érithrée (0,02%) Sri Lanka (0,20%)
Hongrie (0,49%) Islande (0,07%)
Kazakhstan (0,18%)
Éthiopie (0,07%) 52.112 voix (2,39%)
Lettonie (0,07%) Gambie (0,03%)
Luxembourg (0,14%) Lituanie (0,08%) HÉCTOR R. TORRES (ARGENTINE)
Kenya (0,14%)
Rép. slovaque (0,18%) Norvège (0,78%) Javier Silva-Ruete (Pérou)
Lesotho (0,03%)
Rép. tchèque (0,39%) Suède (1,11%) Argentine (0,98%)
Malawi (0,04%)
Slovénie (0,12%) 76.276 voix (3,51%) Bolivie (0,09%)
Mozambique (0,06%)
Turquie (0,45%) Chili (0,40%)
JONG NAM OH (CORÉE) Namibie (0,07%)
111.696 voix (5,13%) Paraguay (0,06%)
Richard Murray (Australie) Nigéria (0,82%)
JEROEN KREMERS (PAYS-BAS) Ouganda (0,09%) Pérou (0,30%)
Australie (1,50%)
Yuriy G. Yashuka (Ukraine) Sierra Leone (0,06%) Uruguay (0,15%)
Corée (0,76%)
Arménie (0,05%) Soudan (0,09%) 43.395 voix (1,99%)
Kiribati (0,01%)
Bosnie-Herzégovine (0,09%) Îles Marshall (0,01%) Swaziland (0,03%) DAMIAN ONDO MAÑE
Bulgarie (0,31%) Îles Salomon (0,02%) Tanzanie (0,10%) (GUINÉE ÉQUATORIALE)
Chypre (0,08%) Micronésie, États fédérés de (0,01%) Zambie (0,24%) Laurean W. Rutayisire (Rwanda)
Croatie (0,18%) Mongolie (0,03%) 65.221 voix (3,00%) Bénin (0,04%)
Géorgie (0,08%) Nouvelle-Zélande (0,42%) WANG XIAOYI Burkina Faso (0,04%)
Israël (0,44%) Palaos (0,01%) GE Huayong Cameroun (0,10%)
Macédoine, ex.Rép.youg.de (0,04%) Papouasie-Nouvelle- Guinée (0,07%) Chine Cap-Vert (0,02%)
Moldova (0,07%) Philippines (0,42%) 63.942 voix (2,94%) Comores (0,02%)
Pays-Bas (2,38%) Samoa (0,02%)
FRITZ ZURBRÜGG (SUISSE) Congo, Rép. dém. du (0,26%)
Roumanie (0,48%) Seychelles (0,02%)
Andrzej Raczko (Pologne) Congo, Rép. du (0,05%)
Ukraine (0,64%) Vanuatu (0,02%) Côte d’Ivoire (0,16%)
105.412 voix (4,84%) 72.423 voix (3,33%) Azerbaïdjan (0,09%)
Djibouti (0,02%)
MOISÉS SCHWARTZ (MEXIQUE) Ouzbékistan (0,14%)
A. SHAKOUR SHAALAN (ÉGYPTE) Pologne (0,64%) Gabon (0,08%)
Mary Dager (Venezuela) Oussama T. Kanaan (Jordanie) Guinée (0,06%)
République kirghize (0,05%)
Costa Rica (0,09%) Bahreïn (0,07%) Guinée-Bissau (0,02%)
Serbie-et-Monténégro (0,23%)
El Salvador (0,09%) Égypte (0,45%) Guinée équatoriale (0,03%)
Suisse (1,60%)
Espagne (1,41%) Émirats arabes unis (0,29%) Madagascar (0,07%)
Tadjikistan (0,05%)
Guatemala (0,11%) Iraq (0,56%) Mali (0,05%)
Turkménistan (0,05%)
Honduras (0,07%) Jamahiriya arabe libyenne (0,53%) Maurice (0,06%)
Mexique (1,20%)
61.827 voix (2,84%)
Jordanie (0,09%) Mauritanie (0,04%)
Nicaragua (0,07%) ALEXEÏ V. MOJINE Niger (0,04%)
Koweït (0,65%)
Venezuela, Rép. bolivarienne de (1,23%) Liban (0,10%)
Andreï Louchine République Centrafricaine (0,04%)
92.989 voix (4,27%) Fédération de Russie
Maldives (0,02%) Rwanda (0,05%)
PIER CARLO PADOAN (ITALIE) 59.704 voix (2,74%) São Tomé-et-Príncipe (0,01%)
Oman (0,10%)
Miranda Xafa (Grèce) Qatar (0,13%) ABBAS MIRAKHOR Sénégal (0,09%)
Albanie (0,03%) Rép. arabe syrienne (0,15%) (RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D’IRAN) Tchad (0,04%)
Grèce (0,39%) Yémen, Rép. du (0,12%) Mohammed Daïri (Maroc) Togo (0,05%)
Italie (3,25%) 70.852 voix (3,26%) Afghanistan, État islamique d’ (0,09%) 30.749 voix (1,41%)
1Ne comprend pas les voix du Libéria, de la Somalie ni du Zimbabwe, dont la représentation a été suspendue en raison de leurs arriérés à l’égard du FMI.

14 L’ABC DU FMI
SURVEILLANCE ET PRÉVENTION DES CRISES

Veiller à la santé
économique
des pays
membres

L
e FMI a pour mission première
de promouvoir la coopération
monétaire internationale et la
stabilité macroéconomique et
financière dans les pays membres et au ni-
veau mondial, afin de permettre une crois-
sance économique durable, condition sine
qua non pour rehausser les niveaux de vie
et faire reculer la pauvreté. Œuvrer à la
stabilité macroéconomique et financière
consiste en partie à empêcher les crises
économiques et financières, qui peuvent
détruire les emplois, amputer les revenus
et causer une grande détresse humaine.
Mais il s’agit aussi d’éviter de trop amples
fluctuations de l’activité économique, les
poussées d’inflation et une volatilité exces-
sive des taux de change et des marchés fi-
nanciers. Toutes ces formes d’instabilité
peuvent accroître l’incertitude et découra-
ger l’investissement, entraver la croissance
économique et peser sur le niveau de vie.

Une centrale de services téléphoniques


à Bangalore, dans le Sud de l’Inde.
Sherwin Crasto/Reuters

15
Une économie de marché dynamique ne peut échapper à une sont aujourd’hui nombreux. À bien des égards, la mondialisa-
certaine instabilité ni à des changements structurels progressifs. tion financière est bénéfique, car elle permet de mobiliser des
Dès lors, la gageure pour les décideurs consiste à limiter autant flux de capitaux privés pour financer l’investissement et la
que possible l’instabilité sans pour autant rendre le système éco- croissance dans les pays où leur utilisation sera la plus produc-
nomique moins apte à relever les niveaux de vie par l’augmenta- tive. En principe, l’intégration des marchés financiers permet
tion de la productivité, de l’efficience et de l’emploi. aussi aux pays de s’adapter aux chocs extérieurs sans être tri-
L’expérience nous apprend que les pays qui affichent les butaires de l’aide des bailleurs de fonds multilatéraux.
taux de croissance et d’emploi les plus élevés, et qui sont les Mais les flux de capitaux peuvent aussi être source d’insta-
plus stables économiquement, sont ceux qui : bilité, comme on l’a vu pendant la décennie écoulée, surtout
• suivent des politiques macroéconomiques (budgétaire, dans de nombreux pays émergents. Un nouveau type de crise,
monétaire et de change) saines; engendrée par des sorties soudaines de capitaux, est apparu
• laissent les marchés fonctionner, dans le cadre de règles qui s’est révélé plus difficile à gérer que les déséquilibres du
et de politiques structurelles adaptées, en prévoyant des dis- compte courant auxquels le FMI avait auparavant affaire.
positifs de protection sociale; Pour arrêter les sorties de capitaux, il faut prendre des me-
• sont ouverts au commerce international; sures propres à rétablir la confiance des investisseurs, notam-
• se dotent d’institutions solides pour définir la politique ment, parfois, en faisant appel à l’aide financière des institu-
économique et assurer le respect des règles; tions internationales.
• favorisent le développement de systèmes financiers solides; La mondialisation financière a aussi accentué les risques de
• recueillent, contrôlent et diffusent des données de qualité; contagion en créant de nouveaux circuits — outre les relations
• respectent les principes de la bonne gouvernance. commerciales traditionnelles — par l’intermédiaire desquels
Le FMI œuvre à la stabilité du système financier internatio- les facteurs qui rendent un pays vulnérable peuvent se propa-
nal en remplissant trois fonctions : ger au système économique mondial.
Surveillance. Il est chargé de surveiller le système moné- À en juger par les tendances actuelles, la mondialisation fi-
taire international et de s’assurer que chaque pays membre nancière va s’intensifier. Les marchés émergents vont sans
respecte ses obligations pour contribuer à garantir des régimes doute prendre de l’importance dans l’économie mondiale au
de change ordonnés et un système stable de taux de change. À cours des décennies à venir. Les géants naissants que sont
cet effet, le FMI surveille la situation économique et financière l’Inde et la Chine risquent de poser des problèmes systé-
à l’échelle mondiale et il vérifie que les politiques menées par miques particuliers. Par ailleurs, en bouleversant l’équilibre
les pays membres sont appropriées sur le plan aussi bien na- épargne–investissement à l’échelle mondiale, le vieillissement
tional qu’international. Il prévient les pays membres des dan- démographique des pays industriels pourrait aussi provoquer
gers qui s’annoncent, ce qui leur permet de prendre au besoin une augmentation des flux de capitaux internationaux.
des mesures préventives. Pour suivre de près cette évolution, le FMI continue à affi-
Prêts. Il consent des prêts aux pays qui connaissent des dif- ner ses analyses et conseils en exerçant une surveillance plus
ficultés de balance des paiements. Dans le cas des pays à faible pointue, en approfondissant l’étude des régimes de change, et
revenu, ces prêts ont d’abord pour but de soutenir la crois- en analysant plus en détail les secteurs financiers, la viabilité
sance économique et la lutte contre la pauvreté. de la dette, et les retombées régionales et mondiales. À l’occa-
Assistance technique et formation. Il aide les pays membres sion de l’examen bisannuel de la surveillance effectué en 2004,
à se doter de bons instruments de politique économique et d’ins- cette démarche a été approuvée et il a été souligné que la sur-
titutions solides pour les mettre en œuvre. veillance doit évoluer et s’adapter en permanence pour ré-
pondre aux besoins des pays membres.
La surveillance en pratique
Du fait qu’il regroupe presque tous les pays du monde, le FMI Différentes formes de surveillance
fait office de forum international où les membres peuvent Au niveau national. En règle générale, le FMI tient tous les ans
suivre l’évolution de leurs économies respectives ainsi que les des consultations avec chaque pays membre (dites «consulta-
questions économiques mondiales et en débattre. Depuis une tions au titre de l’article IV», car elles sont prévues par l’article IV
vingtaine d’années, le principal obstacle au maintien de la sta- des Statuts de l’institution). Celles-ci portent sur l’évolution des
bilité financière tient à la taille et à la complexité des marchés taux de change, des politiques monétaire et budgétaire, de la ba-
financiers internationaux. Les pays qui ont accès à ces marchés lance des paiements et de la dette extérieure, et sur les effets des

16 L’ABC DU FMI
politiques nationales sur les comptes extérieurs ainsi qu’au ni- tion économique mondiale — replaçant les politiques écono-
veau régional et international; elles visent en outre à déceler les miques nationales dans un contexte global —, ainsi que l’évolu-
signes éventuels de vulnérabilité. tion des marchés de capitaux internationaux. Dans cette opti-
Avec l’intégration croissante des marchés financiers mon- que, il examine les effets à l’échelle mondiale des grands
diaux, la surveillance du FMI s’est recentrée sur les mouvements mouvements économiques et financiers qui animent notam-
de capitaux et les secteurs bancaire et financier. À la suite des ment les marchés pétroliers et les courants commerciaux. Il ex-
crises financières survenues dans des pays émergents, et alors pose les principaux enseignements tirés de cette surveillance
que nombre de pays membres abandonnent la planification cen- dans deux rapports semestriels, les Perspectives de l’économie
trale au profit de l’économie de marché, les questions institution- mondiale et le Rapport sur la stabilité financière dans le monde
nelles (indépendance de la banque centrale, réglementation du (Global Financial Stability Report), qui servent de documents
secteur financier, gouvernance des entreprises, transparence et de référence pour les discussions du CMFI. Les rapports sur les
responsabilité) ont également gagné en importance dans la sur- Perspectives de l’économie mondiale de septembre 2004 et
veillance qu’il exerce. d’avril 2005 dressaient tous deux un bilan de santé favorable de
Au niveau régional. Pour compléter les consultations au ni- l’économie mondiale, tout en notant les risques que faisaient
veau national, le FMI s’intéresse aussi aux politiques menées peser sur l’avenir les déséquilibres des comptes courants, la re-
dans le cadre d’accords régionaux, tels que la zone euro, l’Union montée des taux d’intérêt mondiaux et la hausse continue des
économique et monétaire ouest-africaine et l’Union monétaire cours pétroliers. Les rapports sur la stabilité financière dans le
des Caraïbes orientales. Outre la surveillance intensifiée des monde faisaient pour leur part état de la solidité accrue du sys-
unions monétaires, il prête une plus grande attention aux sujets tème financier mondial, mais aussi de l’augmentation des
d’intérêt commun pour les pays de régions données (Amérique risques de correction, due à la surabondance de liquidités et à la
centrale, Afrique subsaharienne, pays insulaires du Pacifique, baisse des primes de risque. Par ailleurs, le Conseil d’adminis-
par exemple). L’examen des rapports préparés par ses services tration passe fréquemment en revue l’évolution économique
sur ces sujets permet de passer en revue les politiques qui se dé- mondiale. La direction et les cadres supérieurs de l’institution
cident au niveau régional, d’effectuer une analyse comparative participent en outre à l’examen des perspectives et politiques
de l’évolution et des politiques d’une région à l’autre, et d’analy- économiques auquel procèdent les ministres des finances, les
ser la transmission des chocs à l’échelle régionale. gouverneurs de banque centrale, leurs suppléants et d’autres
Au niveau mondial. En complément de la surveillance aux hauts fonctionnaires au sein de diverses instances telles que le
niveaux national et régional, le FMI suit attentivement la situa- Groupe des Sept principaux pays industriels (G-7), le Groupe
des Vingt-Quatre pays en développement
(G-24) et le Forum de stabilité financière.
Comment la surveillance s’opère-t-elle?
Pour mener la surveillance au niveau national conformément à l’article IV, une équipe des Une réaction rapide
services du FMI se rend dans le pays membre concerné, normalement une fois l’an, afin de
Pour éviter les crises, il ne suffit pas de dis-
rencontrer les hauts fonctionnaires et les responsables de la banque centrale, et de recueillir
des informations économiques et financières pour les analyser. Cette analyse porte sur l’évo-
poser d’un système d’alerte avancée; encore
lution économique récente et sur les politiques de change, monétaire, budgétaire et les as- faut-il adopter rapidement les mesures pré-
pects pertinents des politiques structurelles du pays. L’administrateur représentant le pays ventives qui s’imposent. En outre, les pro-
membre participe généralement aux réunions à haut niveau en qualité d’observateur. D’ordi- grès de l’intégration financière obligent à
naire, l’équipe rencontre aussi d’autres groupes : syndicats, associations professionnelles, ne pas axer la surveillance uniquement sur
universitaires, intervenants des marchés financiers et, parfois, membres des organes législa-
les pays exposés aux crises, mais aussi sur
tifs. Elle rédige généralement une déclaration de fin de mission, appelée «mémorandum»,
qui résume ses observations et recommandations et qu’elle remet aux autorités nationales, l’ensemble du système. Même si un pays
lesquelles sont libres de la publier. n’est pas lui-même en danger, il se peut
À leur retour au siège, les membres des services du FMI préparent un rapport qui décrit qu’il contribue aux déséquilibres mon-
la situation économique du pays ainsi que la teneur des entretiens avec les autorités natio- diaux et mette le reste de la planète en
nales et évalue les politiques en vigueur. Ce rapport est ensuite examiné par le Conseil d’ad-
péril. Le FMI, en tant que porte-parole im-
ministration. Les vues des autorités nationales sont communiquées au Conseil par l’adminis-
trateur responsable et un compte rendu écrit des discussions est établi, qui est transmis aux
partial de la communauté internationale, a
autorités du pays concerné. Sous réserve de l’accord du pays membre en question, les do- un rôle particulièrement important à jouer
cuments ayant trait aux consultations sont affichés sur le site Internet du FMI (www.imf.org). à cet égard; il doit attirer l’attention sur les
grandes difficultés économiques auxquelles

SEPTEMBRE 2005 17
le monde aura à faire face. C’est ainsi que, depuis 2003, il ap- ments doivent étayer les conseils que le FMI donne à ses
pelle les États-Unis, l’Europe et le Japon à œuvrer de diverses membres en vue de donner à leur économie les moyens de
manières en faveur d’une croissance mondiale soutenue et mieux résister aux chocs.
plus équilibrée. Il a invité les États-Unis à réduire leur déficit • Le FMI a aussi amélioré son analyse de viabilité de la dette
budgétaire et celui des transactions courantes, et l’Union eu- pour aider les pays à déterminer s’ils peuvent assurer le service
ropéenne et le Japon à engager des réformes structurelles de la dette extérieure et publique sans qu’un ajustement irréa-
pour revigorer leur croissance économique. La surveillance liste du solde des recettes et des dépenses soit nécessaire.
des grands pays industriels joue un rôle essentiel, et la sur- • Le FMI s’efforce de promouvoir la bonne gouvernance, qui
veillance mondiale, y compris celle des marchés financiers, est indispensable à l’obtention de bons résultats économiques,
doit être constamment renforcée. notamment pour ce qui est de l’efficience du secteur public et des
Les enseignements dégagés des crises mexicaine (1994–95) systèmes financiers, et de l’obligation de rendre des comptes dans
et asiatique (1997–98) ont conduit à un recentrage de la sur- ces deux domaines.
veillance sur la prévention des crises. Le FMI suit de plus près • Il accorde une attention accrue aux facteurs de vulnérabi-
les événements économiques et financiers à l’échelon régional lité liés au commerce, qui demeurent une préoccupation ma-
et mondial, et il conseille à ses membres d’intégrer davantage jeure pour les pays les plus pauvres bénéficiant d’un pro-
d’«amortisseurs de chocs» à leurs politiques, notamment sous gramme du FMI. Pour aider les pays en développement à faire
forme de politiques budgétaires qui autorisent une hausse des face aux effets à court terme de la libéralisation multilatérale
déficits en période difficile, de réserves adéquates, de méca- du commerce sur leur balance des paiements, il a créé le méca-
nismes financiers efficaces et diversifiés, de taux de change nisme d’intégration commerciale qui permet de mettre des res-
souples dans bien des cas, et de dispositifs de protection sociale sources à leur disposition de manière plus prévisible, dans le
plus performants. Il a par ailleurs adopté des mesures particu- cadre des facilités de prêt existantes.
lières pour rendre les pays moins vulnérables aux crises : • Le FMI étudie par ailleurs une nouvelle formule d’accord
• En 1999, réagissant notamment à la crise asiatique, le non financier qui servirait à suivre la politique économique et
FMI et la Banque mondiale ont mis en place le programme à communiquer l’avis de l’institution. Cet instrument, souhaité
d’évaluation du secteur financier (PESF), qui donne lieu à par certains pays membres et donateurs, permettrait à un pays
l’établissement de rapports sur les secteurs financiers natio- de démontrer sa volonté de mener une politique saine, soit à
naux. Ces rapports permettent aux pays de détecter les points l’opinion publique nationale, soit pour le bénéfice des créan-
forts, les risques et les failles de leurs mécanismes financiers et ciers et donateurs internationaux.
de définir des mesures correctives. Le FMI évalue les places fi-
nancières offshore, par lesquelles transite une part non négli- La transparence au FMI
geable des flux financiers mondiaux et qui sont donc impor- Le FMI s’est aussi attaché à rendre compte plus systémati-
tants pour la stabilité globale. Il participe aussi à la lutte quement de ses actions en se dotant en 2001 d’un Bureau
internationale contre le blanchiment de capitaux et le finance- indépendant d’évaluation (voir page 32) et en accroissant au
ment du terrorisme. cours des dix dernières années la transparence de son fonc-
• Le FMI a élaboré et s’emploie activement à diffuser des tionnement et du processus décisionnel. Le FMI est devenu
normes et codes de bonne pratique en matière de politique une institution plus ouverte et comptable de ses actes, et
économique. S’agissant des normes de communication des une source majeure d’information pour le grand public et les
données statistiques, il a mis au point des initiatives en vue de opérateurs des marchés, sans pour autant remettre en cause
mettre à la disposition du public des statistiques fiables, actua- son obligation de confidentialité en tant que conseiller des
lisées et complètes sur les pays membres, aidant les opérateurs pays membres.
à prendre des décisions d’investissement en pleine connais- Le FMI publie désormais la plupart des documents rédigés à
sance de cause et réduisant la probabilité de chocs susceptibles l’intention du Conseil d’administration et affiche des informa-
de précipiter des crises. tions opérationnelles et financières sur son site Internet. Il dif-
• Le FMI a élaboré plusieurs sortes d’outils d’évaluation fuse aussi davantage d’informations sur sa surveillance et les
pour être mieux en mesure de recenser les facteurs qui programmes économiques qu’il appuie. Les documents relatifs à
peuvent rendre les pays vulnérables aux crises (approche bi- un pays ne peuvent être publiés sans l’accord de celui-ci, mais,
lancielle, gestion de la liquidité, indicateurs de solidité finan- dans la plupart des cas, le principe de la publication est acquis et
cière pour la surveillance des secteurs financiers). Ces instru- la vaste majorité des rapports sont en fait rendus publics.

18 L’ABC DU FMI
LA RÉSOLUTION DES CRISES

Quand
les choses
vont mal

Q
uelle que soit la qualité de la
surveillance exercée par le FMI
et des politiques économiques
des gouvernements, il ne serait
pas réaliste de penser qu’il n’y aura jamais de crise.
En effet, dans une économie de marché dyna-
mique, il est inévitable que des crises se produisent
de temps à autre; le rôle du FMI consiste alors à en
atténuer les effets et à en limiter la durée en four-
nissant des conseils de politique économique et
des concours financiers, et à empêcher que la crise
ne se propage à d’autres pays. Pour ce faire, il est
parfois amené à engager un montant de ressources
considérable. Dans la plupart des cas, cet investis-
sement a été rentable. Par exemple, le prêt de
21 milliards de dollars consenti par le FMI à la
République de Corée en décembre 1997 était très
élevé en termes absolus, mais il a contribué au re-
tour de la stabilité financière dès le début de 1998
et d’une croissance vigoureuse l’année suivante. De
plus, la Corée a remboursé le FMI par anticipation.
C’est l’exemple type d’un soutien massif à la fois
judicieux et efficace. Le FMI a joué un rôle simi-
laire au Brésil en 1998 et en Turquie en 2001.

Marché de contrats à terme à São Paulo.


Mauricio Lima/AFP

19
Qu’est-ce qui provoque les crises économiques? balance commerciale d’un pays. D’autres peuvent réduire les
La malchance ou des politiques économiques mal conçues, ou ressources disponibles pour financer des transactions interna-
encore les deux à la fois, peuvent entraîner des difficultés de tionales, par exemple en faisant perdre confiance aux investis-
balance des paiements pour un pays, c’est-à-dire le placer dans seurs, qui vendent alors massivement leurs actifs et retirent
une situation où il ne peut plus se financer à des conditions brusquement leurs capitaux du pays («fuite des capitaux»).
abordables pour régler ses paiements internationaux nets.
Quel rôle jouent les prêts du FMI?
Dans le pire des cas, ces difficultés peuvent se transformer en
Les prêts du FMI ont pour but de donner un répit aux pays
crise. La monnaie du pays se déprécie alors à un tel rythme
pendant qu’ils appliquent des politiques d’ajustement et des ré-
qu’elle n’inspire plus du tout confiance, ce qui a des effets per-
formes visant à résoudre leurs problèmes de balance des paie-
turbateurs et destructeurs sur l’économie nationale, et les pro-
ments et à rétablir les conditions d’une croissance économique
blèmes peuvent se propager à d’autres pays.
vigoureuse. Bien entendu, ces politiques varient d’un pays à
Ces difficultés ont souvent des origines diverses et com-
l’autre en fonction de la situation particulière de chacun et des
plexes, mais plusieurs facteurs clés sont récurrents : carences
causes profondes de ses problèmes. Ainsi, un pays qui subit
du système financier intérieur, déficits budgétaires élevés et
une baisse soudaine du prix d’un de ses principaux produits
persistants, fort endettement extérieur, niveau inapproprié du
d’exportation peut tout simplement avoir besoin d’une aide fi-
taux de change, catastrophes naturelles et conflits armés.
nancière temporaire, le temps que les prix remontent, pour at-
Certains de ces facteurs, en faisant baisser les exportations ou
ténuer les effets d’un ajustement qui serait sans cela trop brutal.
augmenter les importations, peuvent avoir un effet direct sur la
Autre exemple, en cas de fuite des capitaux, un pays doit régler
les problèmes qui ont conduit à la perte de confiance des inves-
tisseurs : peut-être les taux d’intérêt sont-ils trop bas ou bien la
monnaie surévaluée, ou bien le déficit budgétaire et la dette pu-
blique, déjà élevés, semblent s’accroître trop vite, ou encore le
système bancaire national est inefficace et mal réglementé.
Pour qu’un pays membre puisse bénéficier d’un prêt, les auto-
rités de ce pays et le FMI doivent s’entendre sur un programme
économique (voir Prêts et conditionnalité, page 22).
Sans financement du FMI, l’ajustement serait plus difficile.
Par exemple, si les investisseurs ne veulent plus acheter d’obli-
gations d’État, le gouvernement n’a qu’une alternative : il doit
soit réduire ses besoins de financement en diminuant ses dé-
penses ou en augmentant ses recettes, soit financer son déficit
en imprimant de la monnaie. Dans le premier cas, la cure d’aus-
térité sera plus sévère; dans le second cas, on aura une flambée
d’inflation dont les pauvres seront les premiers à souffrir. Un
concours financier du FMI peut faciliter un ajustement plus
progressif et mieux préparé.
En ce qui concerne les pays qui appliquent des programmes
soutenus par le FMI sur de longues périodes, celui-ci a récem-
ment instauré un processus d’évaluation ex-post systématique de
ces programmes. Cela lui permet de disposer d’une analyse plus
Aalejandro Kaminetsky/Reuters

complète des problèmes auxquels se heurtent les pays, d’un exa-


men franc et critique des progrès accomplis au cours de la pé-
riode d’application des programmes ainsi que d’une évaluation
Des habitants de Buenos Aires font la queue pour acheter des dollars au début de prospective qui tient compte des leçons du passé et présente une
2002, lors de la crise du peso argentin. stratégie pour l’engagement futur du FMI.

20 L’ABC DU FMI
Tarik Tinazay/AFP
Pendant la crise financière de 2001 en Turquie, il fallait suivre assidûment l’évolution des taux de change.

Ces dernières années, la plupart de ses concours ont été ac- tés (PPTE) au moyen de l’initiative PPTE renforcée, créée en
cordés dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la pau- 1996 et renforcée en 1999. À ce jour, 27 pays ont bénéficié
vreté et pour la croissance (FRPC), qui octroie aux pays à d’allégements de dette accordés par le FMI et la Banque mon-
faible revenu des prêts à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du diale ainsi que par d’autres institutions multilatérales et créan-
marché pour des périodes relativement longues (rembourse- ciers (surtout publics).
ment en 5!/2 à 10 ans). Cependant, ce sont les accords de con- Le FMI continue de promouvoir les mécanismes tendant à
firmation qui donnent lieu aux prêts les plus élevés, qui sont un règlement ordonné des crises d’endettement par les pays et
accordés aux taux d’intérêt du marché (normalement pour leurs créanciers privés. Il encourage activement les emprunteurs
une période de 12 à 18 mois, avec un remboursement étalé souverains et les intervenants privés du marché à inclure dans
sur 3!/4 à 5 ans) en cas de problèmes temporaires de balance tous les nouveaux contrats d’émission internationale d’obliga-
des paiements (voir page 25). tions des clauses d’action collective (CAC), qui empêchent une
Le FMI accorde d’autres types de prêt, notamment une aide petite minorité de créanciers de bloquer un accord de restruc-
d’urgence aux pays frappés par une catastrophe naturelle ou qui turation accepté par la grande majorité. C’est ainsi que, dans les
sortent d’un conflit armé. contrats d’émission internationale d’obligations souveraines
régis par les lois de l’État de New York, les CAC sont désormais
Les crises d’endettement extérieur couramment utilisées et que, depuis le début de 2004, la pro-
Certains pays se heurtent à des difficultés de balance des paie- portion des émissions obligataires assorties de CAC dans les
ments parce qu’ils ont laissé leur dette atteindre des proportions pays émergents a considérablement augmenté.
intenables : ils ne peuvent plus en assurer le service. En pareil cas, Le FMI encourage aussi les parties prenantes à élargir le
le pays et ses créanciers doivent trouver un moyen de restructurer consensus sur les «Principes pour des flux de capitaux stables
la dette. Ils peuvent, par exemple, assouplir les conditions de et une restructuration équitable de la dette dans les pays émer-
remboursement, notamment en allongeant les échéances, et/ou gents», qui énoncent des normes de concertation entre les em-
convenir d’une réduction de la valeur nominale de la dette. prunteurs souverains et leurs créanciers privés ainsi que leurs
Avec la Banque mondiale, le FMI s’efforce de ramener à un responsabilités respectives dans la prévention et le règlement
niveau viable la charge de la dette des pays pauvres très endet- des crises financières.

SEPTEMBRE 2005 21
PRÊTS ET CONDITIONNALITÉ

Quand il faut
remettre
l’économie
sur les rails

L
e FMI fournit des concours fi-
nanciers aux pays membres qui
se heurtent à des problèmes de
balance des paiements pour sou-
tenir leurs politiques d’ajustement et leurs
réformes. Dans le cas des pays à faible re-
venu, cette aide peut être consentie à des
conditions concessionnelles. Il s’agit d’un
soutien général à la balance des paiements,
et non du financement de projets spéci-
fiques, activité qui relève des banques de
développement. Toutes les aides financières
accordées par le FMI sont approuvées par le
Conseil d’administration.
Le volume des prêts du FMI a énormé-
ment fluctué. Les chocs pétroliers des an-
nées 70 et la crise de la dette des années 80
ont engendré une forte augmentation de ses
concours. Pendant les années 90, la transi-
tion en Europe centrale et orientale et dans
l’ancienne Union soviétique ainsi que les
crises survenues dans les pays émergents
ont aussi fortement accru la demande de fi-
nancements du FMI.

Dégâts du tsunami au Sri Lanka.


Sena Vidanagama/AFP

22 L’ABC DU FMI
Au fil des ans, le FMI a conçu plusieurs instruments de prêt,
en («facilités»), pour répondre aux besoins particuliers des pays Divergences de l’encours des crédits du FMI
membres très divers. Les prêts non concessionnels sont accordés L’encours des créances du FMI est en baisse en ce qui
au moyen de quatre facilités principales : les accords de confir- concerne les prêts ordinaires...
mation, le mécanisme élargi de crédit, la facilité de réserve sup- (milliards de DTS)
plémentaire et la facilité de financement compensatoire (voir le
80
tableau pages 25). Les pays à faible revenu bénéficient d’un taux Prêts ordinaires1
70
d’intérêt concessionnel dans le cadre de la facilité pour la réduc-
60
tion de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Les pays sortant
50
d’une catastrophe naturelle ou d’un conflit armé peuvent aussi
40
demander une aide d’urgence du FMI, à des taux concessionnels
30
dans le cas des pays à faible revenu.
20
Les financements non concessionnels sont accordés au taux
10
d’intérêt du marché («taux de commission»), parfois majoré
0
d’une «commission additionnelle». Le taux de commission est 1995 96 97 98 99 2000 01 02 03 04 05

basé sur le taux d’intérêt du DTS, lequel est révisé chaque se-
...mais en hausse en ce qui concerne les prêts aux pays
maine selon l’évolution des taux d’intérêt à court terme sur les à faible revenu.
principaux marchés monétaires internationaux. Les prêts d’un
7
montant élevé donnent lieu à une commission additionnelle.
FRPC2
Le montant qu’un pays peut emprunter varie selon le type de 6

prêt, et il est exprimé comme multiple de la quote-part du pays 5

au FMI. Pour financer un besoin exceptionnel de balance des 4


paiements, le FMI peut accorder des prêts supérieurs aux limites 3
d’accès. Le FMI encourage le remboursement par anticipation. 2
Bien qu’il établisse un échéancier normal, les pays membres sont
1
censés rembourser plus rapidement s’ils le peuvent.
0
1995 96 97 98 99 2000 01 02 03 04 05

La conditionnalité des prêts 1Tousles prêts non concessionnels du FMI.


2Facilitépour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.
Lorsqu’un pays emprunte au FMI, son gouvernement s’engage
Note : Données à la fin de l’exercice (30 avril)
à renforcer ses politiques économiques et financières; c’est ce
Source : FMI, Département financier.
qu’on appelle la conditionnalité. La conditionnalité donne au
FMI l’assurance que son prêt sera utilisé pour résoudre les dif-
ficultés économiques de l’emprunteur et que celui-ci sera en Les mesures à adopter visent non seulement à résoudre les
mesure de le rembourser rapidement, afin que les fonds prêtés problèmes immédiats de balance des paiements, mais aussi à
puissent être mis à la disposition des autres pays membres qui jeter les bases d’une viabilité et croissance économique à long
en ont besoin. terme en favorisant de manière plus générale la stabilité éco-
Ces dernières années, le FMI s’est efforcé de rationaliser les nomique, par exemple en contenant l’inflation, en réduisant la
conditions de ses prêts. En septembre 2002, le Conseil d’ad- dette publique, ou en renforçant le système financier. Les me-
ministration a approuvé une révision des directives en la ma- sures requises peuvent aussi avoir pour but de remédier aux
tière, en insistant sur la nécessité de recentrer la conditionna- obstacles structurels qui freinent la croissance, notamment par
lité sur les objectifs et les instruments fondamentaux de la la libéralisation des prix et du commerce, le renforcement des
politique macroéconomique et de favoriser une plus grande systèmes financiers et l’amélioration de la gouvernance.
participation des pays à l’élaboration des programmes. Une Collectivement, ces mesures constituent le «programme
revue récente suggère que la conditionnalité est devenue plus économique» du pays membre; il est décrit dans une lettre
ciblée, et que peu de programmes sont interrompus de façon d’intention ou un mémorandum de politique économique et
prématurée. financière qui accompagne la demande de financement adres-

SEPTEMBRE 2005 23
• Les mesures préalables sont celles qu’un pays accepte de
prendre avant que le Conseil d’administration du FMI n’ap-
prouve un prêt ou ne conclut une revue. Elles garantissent
que les conditions de base indispensables seront en place
pour mener à bien le programme ou le redresser après un dé-
rapage par rapport aux mesures convenues. Ces mesures
peuvent consister, par exemple, à ramener le taux de change à
un niveau viable, à supprimer le contrôle des prix, ou à ap-
prouver formellement un budget public compatible avec le
cadre budgétaire prévu par le programme.
• Les critères de réalisation sont des conditions spéci-
fiques qui doivent être respectées pour que le crédit puisse
continuer à être décaissé. Il existe deux types de critères de
réalisation, quantitatifs et structurels. Les critères quantita-
tifs concernent généralement des variables macroécono-
miques, telles que les réserves internationales, les agrégats
monétaires et du crédit, les soldes budgétaires ou l’emprunt
extérieur. Par exemple, un programme peut fixer un niveau
minimal pour les réserves internationales nettes, un plafond
pour les avoirs intérieurs nets de la banque centrale et/ou un
plafond pour les emprunts de l’État. Les critères structurels
se rapportent aux mesures structurelles qui sont essentielles à
la réussite du programme économique. Ces critères, qui va-
rient énormément d’un programme à l’autre, peuvent porter,
par exemple, sur des mesures spécifiques visant à améliorer
le fonctionnement du secteur financier, à réformer les sys-
tèmes de sécurité sociale ou à restructurer des secteurs clés
tels que le secteur de l’énergie.
Dylan Martinez/Reuters

• Les critères quantitatifs peuvent être assortis de cibles in-


dicatives. Celles-ci sont généralement fixées pour les derniers
mois du programme, puis deviennent des critères de réalisa-
Déchargement de billets de banque à Jakarta (Indonésie). tion avec les modifications nécessaires, à mesure que les ten-
dances économiques se confirment.
sée au FMI. Les objectifs spécifiques du programme ainsi • Les repères structurels s’appliquent aux mesures qui ne
que la nature des politiques adoptées dépendent de la situa- peuvent être suivies assez objectivement pour être des critères de
tion particulière du pays. Cependant, dans tous les cas, le réalisation, ou aux petites étapes d’une réforme cruciale qui ne
but fondamental est de rétablir ou de maintenir la viabilité justifieraient pas isolément une interruption des concours du FMI.
de la balance des paiements et la stabilité macroécono- • Les revues du programme sont aussi un outil de contrôle
mique, tout en jetant les bases d’une croissance soutenue et important. Elles permettent au Conseil d’administration de pro-
de haute qualité. céder à une évaluation générale de l’exécution du programme.
Elles sont aussi l’occasion d’examiner les politiques et de modi-
Comment le respect des conditions est-il évalué? fier éventuellement le programme en fonction de l’évolution des
La plupart des prêts du FMI sont décaissés en plusieurs fois. circonstances. Ainsi, certains pays demandent parfois une déro-
De cette manière, le FMI peut vérifier si le pays continue de gation pour un critère de réalisation particulier, par exemple,
tenir ses engagements avant de décaisser chaque tranche du lorsque les autorités ont déjà fait le nécessaire pour corriger
prêt. Le contrôle s’opère de plusieurs manières : l’écart par rapport au critère fixé.

24 L’ABC DU FMI
Comment le FMI accorde-t-il ses prêts et à quelles conditions?
Les accords de confirmation et Prêts spéciaux 2. Pays sortant d’un conflit (1995) : apporte un
le mécanisme élargi de crédit • La facilité de réserve supplémentaire (1997) concours rapide à moyen terme aux pays qui
• Les accords de confirmation (1952) : visent : fournit une assistance à court terme aux pays ont des difficultés de balance des paiements
à aider les pays à surmonter des difficultés qui éprouvent des difficultés de balance des consécutives à des troubles civils ou à un
temporaires de balance des paiements; ils ont paiements imputables à une perte soudaine et conflit armé international.
en général une durée de douze à dix-huit mois déstabilisatrice de la confiance des marchés. Limites d’accès : 25 % de la quote-part, mais
avec un maximum légal de trois ans. Limites d’accès : aucune; cette facilité n’est il est possible, à titre exceptionnel, d’obtenir
Limites normales d’accès : annuelle : 100 % disponible que lorsque l’utilisation des res- des montants plus élevés.
de la quote-part; cumulative : 300 % de la sources du FMI dans le cadre d’un accord Remboursement (escompté/obligatoire) :
quote-part pour les ressources du Compte ordinaire entraînerait le dépassement de la
pas de remboursement par anticipation
des ressources générales. limite annuelle ou cumulative.
escompté/3!/4–5 ans.
Remboursement (escompté/obligatoire) : Remboursement (escompté/obligatoire) : Commissions : taux de base; pas de com-
2!/4–4 ans/3!/4–5 ans 2–2!/2 ans/2!/2–3 ans. missions additionnelles; possibilité de boni-
Commissions : taux de base + commissions Commissions : taux de base + 300 points de fication du taux de commission pour les pays à
additionnelles (proportionnelles à l’encours base, portés progressivement à 500 après 2!/2 ans. faible revenu si des ressources sont disponibles
des crédits) de 100 points de base pour les Conditions : disponible uniquement dans le Conditions : réalisation d’efforts raisonnables
montants supérieurs à 200 % de la quote-part contexte d’un accord ordinaire accompagné pour surmonter les difficultés de balance des
et de 200 points de base pour les montants d’un programme et de politiques renforcées
paiements et renforcement des capacités
supérieurs à 300 % de la quote-part. destinées à rétablir la confiance des marchés.
institutionnelles et administratives en vue d’un
Conditions : le pays doit adopter des Échelonnement et suivi : disponible pendant accord dans les tranches supérieures de crédit
politiques de nature à permettre la résolution un an; les décaissements sont concentrés en ou d’un accord au titre de la facilité pour la
des difficultés de balance des paiements dans début de période et ont lieu en deux fois réduction de la pauvreté et pour la croissance;
un délai raisonnable. Les prêts supérieurs au moins.
l’aide du FMI s’inscrirait aussi dans un effort
à 25 % de la quote-part sont soumis à des
• La facilité de financement compensatoire international visant au redressement global du
conditions plus strictes (conditionnalité des
(1963) : apporte une aide aux pays qui subissent, pays après le conflit.
tranches supérieures de crédit)
de façon temporaire et pour des raisons indé- Échelonnement et suivi : en général aucun
Échelonnement et suivi : les achats tri- pendantes de leur volonté, une baisse des recettes
mestriels sont subordonnés au respect de provenant des exportations de biens et de services Prêts pour les pays
critères de réalisation et d’autres conditions. ou une hausse excessive du coût des importations à faible revenu
• Le mécanisme élargi de crédit (1974) : de céréales. • La facilité pour la réduction de la pauvreté
fournit une assistance à plus long terme pour Limites d’accès : au maximum 45 % de la et pour la croissance (1999) : (remplace la
appuyer les réformes structurelles destinées à quote-part pour chaque élément — manque à facilité d’ajustement structurel renforcée créée
remédier à des difficultés de balance des paie- gagner à l’exportation et surcoût des impor- en 1987) offre une aide à long terme lorsqu’un
ments à plus long terme. tations de céréales — et une limite combinée pays est aux prises avec des difficultés de
Limites normales d’accès : annuelle : 100 % de 55 % de la quote-part. balance des paiements structurelles persistantes;
de la quote-part; cumulative : 300 % de la Remboursement (escompté/obligatoire) : vise une croissance soutenue qui permette de
quote-part pour les ressources du Compte 2!/4–4 ans/3!/4–5 ans. réduire la pauvreté.
des ressources générales. Commissions : taux de base; pas de com- Limites d’accès : 140 % de la quote-part; à
Remboursement (escompté/obligatoire) : missions additionnelles. titre exceptionnel, 185 %.
4!/2–7 ans/4!/2–10 ans. Conditions : disponible en principe unique- Remboursement (escompté/obligatoire) :
Commissions : taux de base + commissions ment lorsque le pays bénéficie déjà d’un accord pas de remboursement par anticipation
additionnelles (proportionnelles à l’encours de confirmation ou lorsque la position de sa escompté/5!/2–10 ans.
des crédits) de 100 points de base pour les balance des paiements, hormis la baisse des Commissions : taux d’intérêt concessionnel :
montants supérieurs à 200 % de la quote-part recettes d’exportation ou le surcoût des
!/2 % par an; pas de commissions additionnelles.
et de 200 points de base pour les montants importations, est par ailleurs satisfaisante.
supérieurs à 300 % de la quote-part. Conditions : établies en fonction d’un docu-
Échelonnement et suivi : décaissement en
ment de stratégie pour la réduction de la
Conditions : le pays doit adopter un général sur une période minimale de six mois
et conformément aux dispositions de l’accord pauvreté (DSRP), préparé par le pays selon
programme triennal avec une orientation
structurelle et exposer en détail, chaque année, relatives à l’échelonnement. une démarche participative, qui prévoit des
les mesures qu’il entend appliquer sur les politiques macroéconomiques, structurelles et
• Aide d’urgence
douze mois suivants. de réduction de la pauvreté.
1. Catastrophes naturelles (1962) : apporte un
Échelonnement et suivi : les décaissements concours rapide à moyen terme aux Échelonnement et suivi : les décaissements
trimestriels ou semestriels sont subordonnés pays qui ont des difficultés de balance des semestriels (parfois trimestriels) sont subor-
au respect de critères de réalisation et d’autres paiements consécutives à une catastrophe donnés au respect de critères de réalisation et
conditions. naturelle. à des revues périodiques.

SEPTEMBRE 2005 25
ASSISTANCE TECHNIQUE ET FORMATION

Transmission d’un savoir-faire

L
e FMI dispense des conseils et de la formation Pendant la première moitié des années 90, à mesure que le
FMI accueillait de nouveaux pays membres passant d’un système
pour appuyer la conception et l’application des de planification centrale à l’économie de marché, les activités
politiques macroéconomiques et financières dans d’assistance technique ont connu une expansion rapide.
Dernièrement, les efforts déployés par le FMI pour consolider le
les pays membres et pour renforcer les capacités système financier international, réduire les risques de crise et
institutionnelles de leurs gouvernements. Pour élaborer et améliorer les mécanismes de gestion et de résolution des crises
ont suscité une nouvelle demande d’assistance technique de la
mettre en œuvre de bonnes politiques macroéconomiques, part de pays désireux d’adopter les normes et codes
universellement acceptés en matière de politique financière, de
les pays membres doivent disposer du savoir-faire néces-
gestion des finances publiques et de statistiques. Cette assistance
saire et d’institutions publiques efficaces. De nombreux repose pour l’essentiel sur les recommandations des Programmes
d’évaluation du secteur financier et des rapports sur l’observation
pays en développement, en particulier, ont besoin d’être des normes et codes. Les travaux récents du FMI sur les places
aidés pour se doter des capacités de gestion économique financières offshore et la lutte contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme ont aussi accru les besoins
requises et d’être conseillés pour savoir quelles sont les d’assistance technique.
mesures, réformes et dispositions institutionnelles qu’il En outre, le FMI a consenti de gros efforts, en coordination
avec d’autres organismes d’assistance technique multilatéraux et
convient de mettre en place et qui ont fait leurs preuves bilatéraux, pour apporter dans les meilleurs délais conseils et
assistance aux pays sortant d’un conflit armé (voir page 2). Par
dans d’autres pays. Le FMI accorde la priorité à l’octroi
ailleurs, les pays à faible revenu ont continué à solliciter une
d’une assistance quand celle-ci renforce ses autres activités
essentielles que sont la surveillance et les prêts. Partager le savoir-faire
Divers départements du FMI fournissent de l’assistance
Le FMI apporte son assistance technique dans les domaines dans plusieurs domaines spécialisés.
relevant de sa compétence (voir graphique) en envoyant dans (exercice 2005)
le pays des missions de fonctionnaires du siège, en y affectant
des experts en mission de courte durée ou des conseillers Département
des systèmes Département
résidents, en ouvrant des centres régionaux d’assistance monétaires des statistiques
technique et en assurant la formation des cadres sur place et financiers 14 %
34 %
dans ses instituts régionaux de formation, ou encore à son
siège de Washington. Sa compétence s’étend aux domaines
suivants : élaboration et mise en œuvre de la politique
macroéconomique; politique monétaire; activités des banques
centrales; systèmes financiers; marché et politique de change; Institut
du FMI
finances publiques et gestion budgétaire; statistiques 15 %
Département
macroéconomiques, extérieures, financières et monétaires et juridique
Département
de finances publiques. Tous les membres du FMI ont droit 26 %
juridique
Autres
d’office à cette assistance, qui est dispensée gratuitement, sauf 5%
6%
si le pays a les moyens de rembourser le FMI. Près du tiers de Note : en pourcentage des ressources totales, en années–personnes effectives.
l’assistance technique totale du FMI est financée de l’extérieur.

26 L’ABC DU FMI
assistance technique pour réaliser des analyses de viabilité de
leurs dettes et en gérer les programmes de réduction, ainsi que
pour élaborer et mettre en œuvre des programmes propres à sti-
muler leur croissance et à accélérer la réduction de la pauvreté.
De plus en plus, le FMI organise, de concert avec d’autres
bailleurs de fonds, son assistance technique et sa formation au
niveau régional, dans cinq centres régionaux d’assistance
technique, dont deux en Afrique, un aux Caraïbes, un au
Moyen-Orient et un dans le Pacifique.
En examinant un rapport récent du Bureau indépendant
d’évaluation sur le programme d’assistance technique du FMI, le
Conseil d’administration a souligné le rôle de plus en plus impor-
tant que joue cette assistance dans la satisfaction des divers be-

Stephen Jaffe/FMI
soins des pays membres, surtout en ce qui concerne la conception
et l’exécution des politiques économiques et le renforcement des
capacités. Le Conseil a constaté que les facteurs essentiels pour la Formation à l’Institut du FMI.
prestation d’une assistance technique efficace sont la capacité de
réagir rapidement, l’adaptation des conseils à la situation particu-
lière des pays membres et la production d’analyses de haute est pour l’essentiel assurée par l’Institut du FMI. L’Institut du
qualité. Conformément aux recommandations du rapport, le FMI FMI assure la formation de cadres des pays membres par le
s’efforce d’améliorer la définition des priorités de l’assistance tech- biais de cours et de séminaires axés sur les grands domaines
nique, de faire participer activement les autorités à la conception suivants : gestion macroéconomique, politique financière, fi-
et au suivi des programmes, et de mieux suivre les résultats. nances publiques et secteur extérieur. La formation est assurée
par des fonctionnaires de l’Institut ou des autres départements
Formation du FMI, assistés, à l’occasion, par des universitaires et des ex-
Le FMI attache une grande importance au développement du perts externes. La préférence est accordée aux candidatures
savoir-faire dans les pays membres par la formation. Celle-ci des cadres issus de pays en développement ou en transition.
Outre la formation assurée à son siège de Washington, le
FMI offre des cours et des séminaires par l’intermédiaire
Ghana : des dépenses publiques bien ciblées d’instituts et de programmes régionaux. Il existe actuellement
pour faire reculer la pauvreté quatre centres régionaux de formation : le Centre régional
Le FMI a apporté une assistance technique considérable au Ghana multilatéral pour l’Amérique latine (au Brésil), l’Institut
pour l’aider à améliorer la maîtrise des dépenses et le suivi multilatéral d’Afrique (en Tunisie), l’Institut régional de
budgétaire et à mettre en place un système de contrôle des Singapour et l’Institut multilatéral de Vienne. Le FMI a aussi
dépenses de lutte contre la pauvreté. Après des débuts hésitants, le
mis en place des programmes de formation en collaboration
processus de réforme a pris de l’essor ces dernières années. Un
vaste système d’enregistrement des apports d’aide au titre de
avec la Chine et le Fonds monétaire arabe.
l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de suivi Pendant l’exercice 2005, l’Institut du FMI a dispensé
des dépenses de lutte contre la pauvreté a été institué. La gestion 125 cours à quelque 4000 participants, avec l’assistance des
de trésorerie a été améliorée et un système de contrôle des autres départements de l’institution. La plupart de ces cours ont
engagements de dépense a été mis en place. Les données
eu lieu dans les instituts régionaux. La formation assurée au siège
bancaires et budgétaires ont été rapprochées et un grand nombre
de comptes bancaires ont été fermés, ce qui a encore amélioré la à Washington, y compris les cours de longue durée, est demeu-
maîtrise des finances publiques. rée importante et a représenté près d’un tiers des semaines–parti-
La réforme des systèmes de gestion financière au Ghana, qui a cipants. Le reste des activités de formation a eu lieu à l’étranger,
bénéficié du concours du FMI et d’autres bailleurs de fonds, a permis en dehors du réseau d’instituts régionaux du FMI, en général
de réduire le déficit budgétaire global de 9 % du PIB en 2001 à 3,6 %
du PIB en 2004, tout en augmentant au cours de la même période les
dans le cadre d’une collaboration permanente entre l’Institut et
dépenses antipauvreté, qui sont passées de 4,5 à 7,7 % du PIB. les programmes de formation nationaux ou régionaux, mais
aussi sous forme de téléenseignements.

SEPTEMBRE 2005 27
RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ ET ALLÉGEMENT DE LA DETTE

La quête d’une
vie meilleure

L
’expansion constante de l’économie
internationale depuis la Seconde Guerre
mondiale a étendu la prospérité et sorti des
millions de personnes de la pauvreté, sur-
tout en Asie. Pourtant, de redoutables problèmes
subsistent. En Afrique en particulier, la pauvreté a
reculé très lentement ces dernières décennies et,
dans certains pays, elle s’est même aggravée. Les pro-
jections laissent entrevoir une augmentation de
2 milliards de personnes de la population mondiale
au cours des 25 années à venir, principalement dans
les pays en développement ou émergents. Nombre
de ces personnes sont condamnées à la pauvreté si
rien n’est fait par les pays à faible revenu eux-mêmes
et la communauté internationale.

Face à ces enjeux, les dirigeants de 189 pays ont, en


signant la Déclaration du Millénaire en septembre 2000,
adopté les objectifs du Millénaire pour le développement
(OMD). Au nombre de huit, ces objectifs, qui doivent
être réalisés à l’horizon 2015, concernent spécifiquement
la réduction de la pauvreté et d’autres formes de détresse
humaine ainsi que le développement durable (voir enca-
dré page suivante). La réunion de suivi qui a eu lieu à
Monterrey, au Mexique, en mars 2002, a permis aux pays
de s’entendre sur une vision commune de la stratégie glo-
bale nécessaire pour atteindre les OMD.
Ce «consensus de Monterrey» a ouvert la voie à un
nouveau pacte entre pays en développement et pays dé-
veloppés qui repose sur le principe qu’il est de leur de-

Habitants de la région soudanaise du Darfour réfugiés au Tchad.


Stephen Jaffe/FMI

L’ABC DU FMI
voir aux uns comme aux autres d’œuvrer à la réalisation des fonction essentielle compte tenu des efforts en cours pour
objectifs de développement. Les pays en développement ont consacrer davantage d’aide internationale à la réalisation des
ainsi été invités à améliorer les politiques qu’ils appliquent et à OMD. En ce qui concerne les donateurs, le FMI collabore avec
mieux respecter les principes de bonne gouvernance, tandis les partenaires multilatéraux au développement afin de rendre
que les pays développés doivent les soutenir davantage, no- l’aide plus prévisible et d’assurer une plus grande cohérence
tamment par une aide accrue et de meilleure qualité et par une sur le plan des politiques et de l’administration de l’aide.
plus grande ouverture de leurs marchés. Depuis 1999, deux initiatives ont aidé le FMI et la Banque
mondiale à renforcer leur soutien en faveur des pays à faible
Évaluation périodique revenu :
L’année 2005 constitue une étape importante pour la réalisation • Le document de stratégie pour la réduction de la pau-
des OMD. Le rapport du Projet «objectifs du Millénaire» des Na- vreté (DSRP), qui énonce une stratégie élaborée par chaque
tions Unies, publié en janvier 2005, a été l’occasion de faire une pays emprunteur lui-même, laquelle sert de base aux prêts
première fois le point sur les progrès accomplis et sur les moyens concessionnels du FMI et de la Banque mondiale;
d’accélérer le pas. Cette réflexion sera suivie de discussions lors • L’amélioration du programme de réduction de la dette,
du Sommet des Nations Unies sur les suites données à la Déclara- c’est-à-dire l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés
tion du Millénaire, qui se tiendra en septembre 2005. (PPTE), créée en 1996.
Dans leur rapport de suivi mondial, le FMI et la Banque Le DSRP énonce une stratégie globale de réduction de la
mondiale passent en revue chaque année les progrès réalisés et pauvreté, élaborée par les pays eux-mêmes. Il s’agit d’établir
les obstacles qu’il reste à surmonter pour atteindre les OMD. Le les liens indispensables entre les pays à faible revenu, leurs do-
deuxième rapport, publié en 2005, est consacré aux principaux nateurs et les politiques de développement nécessaires pour
domaines sur lesquels doivent porter les efforts et accorde une atteindre les OMD. Les DSRP fournissent le cadre opérationnel
place particulière à l’Afrique, région où le risque est grand que des prêts concessionnels du FMI et de la Banque mondiale
les OMD ne soient pas atteints. Il s’avère que la réalisation de ainsi que des allégements de dette au titre de l’initiative en fa-
ces objectifs nécessiterait un relèvement considérable de l’aide veur des PPTE. Dans le cas du FMI, ces prêts sont fournis par
publique au développement reçue par les pays les plus le biais de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour
pauvres. Bien que l’aide se soit accrue depuis la conférence de la croissance (FRPC).
Monterrey, deux tiers de cette augmentation a été consentie Les pays à faible revenu préparent leurs stratégies avec la
sous forme d’allégement de dettes et de coopération technique. participation des parties prenantes au niveau national et des
D’après le rapport, compte tenu de la nature des réformes en partenaires au développement au niveau international. Pério-
cours dans de nombreux pays de la région, les pays les plus diquement mis à jour (au moins une fois tous les cinq ans) et
pauvres tireraient le plus grand profit d’un doublement de assortis de rapports d’étape annuels, les DSRP décrivent les
l’aide au cours des cinq années à venir. politiques macroéconomiques, structurelles et sociales que les
pays envisagent et la manière dont elles seront financées. Une
La coordination de l’aide au développement
La principale mission du FMI dans les pays à faible revenu est
de concourir à la stabilité et à la croissance de l’économie, Objectifs du Millénaire pour le développement
pour permettre une réduction sensible et durable de la pau- Les OMD à l’horizon 2015 sont les suivants :
vreté. Dans ces pays, il travaille en étroite collaboration avec la 1) réduire de moitié par rapport à 1990 la pauvreté extrême
Banque mondiale, qui dirige l’effort mondial de réduction de et la faim
la pauvreté. Ensemble, les deux institutions aident ces pays à 2) assurer l’éducation primaire pour tous;
3) promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes;
réaliser les OMD et, par leur assistance technique, des prêts,
4) réduire la mortalité infantile;
des allégements de dettes et un soutien à la libéralisation du 5) améliorer la santé maternelle;
commerce, appuient concrètement les principes qui sous- 6) combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies;
tendent le Consensus de Monterrey. 7) assurer un environnement durable;
Le FMI conseille aussi les pays à faible revenu pour les aider 8) mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
à gérer les effets de l’aide qu’ils reçoivent; il remplit ainsi une

SEPTEMBRE 2005 29
fois qu’un pays a établi un DSRP, il a le droit de demander des ciers, qui lui permettraient de soutenir les efforts de réforme
prêts provenant de la FRPC et un allégement de dette au titre de ces pays tout en les faisant bénéficier d’évaluations de leurs
de l’initiative PPTE. politiques et résultats économiques. Ces évaluations sont sou-
vent utilisées par les pays à faible revenu eux-mêmes et par les
Les efforts doivent être poursuivis donateurs pour appuyer leur propre appréciation du bien-
L’amélioration des résultats macroéconomiques a été particu- fondé et de la qualité des politiques suivies, et elles peuvent
lièrement nette dans les pays qui ont appliqué ou appliquent avoir une influence sur l’aide extérieure, notamment les allége-
des accords FRPC. Pourtant, la plupart des pays à faible re- ments de dettes. Il est aussi question de modifier le compte de
venu sont loin d’avoir atteint le niveau de croissance élevé re- fiducie de la FRPC de manière que le FMI puisse fournir une
quis pour réaliser les OMD à l’horizon 2015. aide financière concessionnelle aux pays à faible revenu qui
D’où viennent les problèmes ? Les services du FMI et le Bu- subissent des chocs exogènes, sans passer par la FRPC.
reau indépendant d’évaluation (voir page 32) ont recensé plu- Pour les pays à faible revenu qui se heurtent à des difficultés
sieurs difficultés. Dans un rapport publié en 2004, le BIE con- de balance des paiements à la suite de catastrophes naturelles
clut que les DSRP offrent d’énormes possibilités et que, dans ou d’une évolution défavorable des échanges, le FMI a mis en
une certaine mesure, ils ont permis d’améliorer la prise en place des mécanismes d’aide concessionnelle : l’aide d’urgence
main des programmes de réforme par les pays eux-mêmes, de en cas de catastrophe naturelle, à taux bonifié, et le Mécanisme
développer la participation et de formuler des stratégies de d’intégration commerciale (MIC).
meilleure qualité, mais qu’ils sont cependant loin d’avoir ré-
pondu aux attentes. Pour ce qui est des programmes appuyés Alléger la charge de la dette
par la FRPC, ils ont évolué dans le bon sens, mais ils ne sont L’initiative renforcée en faveur des PPTE a été créée en 1999
pas encore assez solides pour permettre une croissance dura- pour fournir des allégements de dette plus rapides et plus im-
ble à long terme, indispensable à la réalisation des OMD. portants aux pays à faible revenu ainsi que pour renforcer les
Le processus d’élaboration des stratégies de réduction de la liens entre allégement de dette et réduction de la pauvreté, en
pauvreté a fait l’objet d’évaluations qui ont amené le FMI et la particulier au moyen de la politique sociale. Pour être efficace,
Banque mondiale à le modifier quelque peu afin qu’il soit mieux l’initiative en faveur des PPTE suppose avant tout que les pays
maîtrisé par les pays eux-mêmes. En particulier, l’approbation œuvrent sans relâche à leur ajustement macroéconomique et
de la stratégie de réduction de la pauvreté par les conseils d’ad- s’efforcent de mener à bien leurs réformes structurelles et so-
ministration des deux institutions n’est plus nécessaire pour que ciales — notamment en relevant les dépenses sociales, en par-
le pays puisse bénéficier de leurs prêts concessionnels. ticulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation. À la fin
Pour affiner son rôle dans les pays à faible revenu, le FMI ré- de 2004, l’initiative a été prorogée jusqu’à fin 2006 pour per-
fléchit à de nouvelles formules, autres que des concours finan- mettre aux pays qui n’avaient pas encore pu le faire d’établir

Statut des pays bénéficiant de l’initiative en faveur des PPTE (août 2005)
Pays ayant droit à un allégement Pays ayant commencé à recevoir de l’aide, mais
de dette complet, car ils remplissent qui doivent encore remplir certains critères pour
tous les critères (18) bénéficier d’un allégement de dette complet (10) Pays non encore examinés (10)

Bénin Mauritanie Burundi Guinée-Bissau Comores République


Bolivie Mozambique Cameroun Malawi Congo, Rép. du Centrafricaine
Burkina Faso Nicaragua Congo, Rép. São Tomé-et- Côte d’lvoire Somalie
Ethiopie Niger dém. du Príncipe Lao, RPD Soudan
Ghana Ouganda Gambie Sierra Leone Libéria Togo
Guyana Rwanda Guinée Tchad Myanmar
Honduras Sénégal
Madagascar Tanzanie
Mali Zambie

30 L’ABC DU FMI
les antécédents nécessaires pour en bénéficier (voir tableau
page précédente). Un grand nombre des pays concernés, tels Un meilleur climat d’investissement
que le Libéria, la Somalie et le Soudan, ont été durement aide à réduire la pauvreté
éprouvés par des conflits.
L’un des piliers des stratégies mises en place pour promouvoir la
L’allégement de dette est indispensable, car il libère des res-
croissance et réduire la pauvreté est constitué des réformes ten-
sources qui peuvent alors financer les dépenses sociales et d’in- dant à améliorer le climat des affaires dans les pays à faible re-
frastructure nécessaires pour se rapprocher des OMD. Avant le venu. L’expérience apprend que, plutôt que la perfection, c’est la
lancement de l’initiative, les pays admis à bénéficier d’un allé- constance dans l’application de ces réformes qui permet d’ac-
gement consacraient, en moyenne, un peu plus de ressources croître l’investissement privé, de stimuler la croissance et d’accélé-
au service de leur dette qu’à la santé et à l’éducation réunies. Ce rer la réduction de la pauvreté. Si la façon dont les principaux
n’est plus le cas dans les 28 pays dont la dette a été allégée obstacles sont surmontés incite les entreprises à investir avec con-
fiance et les assure que les améliorations vont se poursuivre,
grâce à cette initiative : dans le cadre des programmes récents
d’énormes progrès peuvent être accomplis.
appuyés par le FMI et la Banque mondiale, ces pays ont consa-
On peut citer à cet égard l’exemple de l’Ouganda. Au début
cré en moyenne à la santé, à l’éducation et à d’autres services des années 90, ce pays a engagé des réformes dans de nom-
sociaux près de quatre fois le montant du service de leur dette. breux domaines touchant au climat d’investissement : annulation
Pour que l’allégement de dette porte ses fruits, il sera essen- des expropriations prononcées par le gouvernement précédent, ré-
tiel d’aider ces pays à éviter le surendettement à l’avenir. À cette duction des obstacles tarifaires, renforcement des systèmes fiscal et
fin, le FMI et la Banque mondiale ont mis en place un nouveau judiciaire, et stabilisation de l’économie. La persévérance des au-
cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu, qui torités a renforcé leur crédibilité et, partant, encouragé les entre-
prises à investir avec confiance. L’investissement privé a ainsi plus
repose en particulier sur une analyse prospective normalisée de
que doublé en proportion du PIB, passant d’un peu plus de 6 % en
l’endettement et une stratégie de financement cohérente. 1990 à 15 % en 2002. La croissance du revenu par habitant
s’est ainsi accélérée (4 % par an en moyenne de 1993 à 2002,
Les dossiers commerciaux soit huit fois la moyenne de l’Afrique subsaharienne) et la pauvreté
et le cycle de négociations de Doha a reculé pour tomber à 35 % en 2000, contre 56 % en 1992.
Les échanges commerciaux peuvent jouer un rôle bien plus
important que l’aide pour la prospérité des pays en développe-
ment. Le FMI continue de faire campagne pour que le cycle de en 2004, à obtenir une aide au titre du MIC. Des discussions
négociations de Doha sur le commerce multilatéral (lancé en sont en cours avec d’autres pays membres. La possibilité de
2001) soit mené à bonne fin et, de concert avec la Banque recourir au MIC devrait apaiser les craintes de certains pays
mondiale, il a invité les participants, pays développés et en dé- en développement qui redoutent de voir le cycle de Doha
veloppement, à en faire une priorité. Les deux institutions ont aboutir à un accord ambitieux qui exigerait d’eux un ajuste-
toutes deux souligné qu’il fallait libéraliser le commerce de ment excessif.
produits agricoles, que tous les pays devaient s’engager résolu- Le FMI a en outre veillé à ce que les pays membres tirent
ment en ce sens, et qu’il convenait de faire preuve de sou- pleinement parti des chances qu’offre la libéralisation du com-
plesse dans les domaines où une réglementation excessive pé- merce multilatéral
naliserait les pays pauvres. • en fournissant une assistance technique dans des do-
Le FMI, de son côté, n’a pas ménagé ses efforts pour prôner maines tels que la réforme des douanes, de la fiscalité et des
l’ouverture du système commercial international. En 2005, il a droits de douanes, et l’amélioration des données;
instauré le Mécanisme d’intégration commerciale (MIC) pour • en aidant les pays à inclure des réformes commerciales
aider les pays à parer aux déficits de balance des paiements dans leurs stratégies nationales de réduction de la pauvreté;
imputables à la mise en œuvre d’accords de l’Organisation • en identifiant les risques et en aidant les pays à com-
mondiale du commerce (OMC) ou à la libéralisation non dis- prendre les avantages de l’intégration internationale;
criminatoire des échanges par les autres pays. • en évaluant les effets des réformes commerciales sur les
Lorsque l’Accord de l’OMC sur les textiles et les vêtements pays membres, par exemple les conséquences d’une diminution
a expiré à la fin de 2004, la République Dominicaine, par des subventions agricoles, d’une érosion du système de préfé-
exemple, est devenue le deuxième pays, après le Bangladesh rences et de l’élimination progressive des contingents textiles.

SEPTEMBRE 2005 31
LE BUREAU INDÉPENDANT D’ÉVALUATION

Identifier les adaptations nécessaires

L
e Conseil d’administration a créé le Bureau indépendant Le BIE établit son propre programme de travail au terme de
d’évaluation (BIE) en juillet 2001 pour qu’il évalue ob- discussions internes et de larges consultations. Les évaluations
jectivement et sur le fond la performance du FMI. Le réalisées entre 2002 et 2005 ont porté sur l’utilisation prolongée
BIE a publié plusieurs rapports détaillés sur différents des ressources du FMI, le rôle du FMI pendant les crises ré-
aspects du travail de l’institution, qui servent généralement à évaluer centes du compte de capital en République de Corée, en Indoné-
le mode de fonctionnement du FMI et à suggérer les modifications sie et au Brésil, le rôle du FMI en Argentine de 1991 à 2001,
qu’il conviendrait éventuellement d’y apporter. Le BIE rend compte l’efficacité du processus d’élaboration et de mise en œuvre des
au Conseil d’administration du FMI. Il en est complètement indé- documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP)
pendant, ainsi que de la direction et des services de l’institution. Il se et de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la crois-
compose d’un directeur et de 12 autres personnes, pour la plupart sance (FRPC), l’assistance technique du FMI et l’approche du
recrutées à l’extérieur du FMI. Le 6 juin 2005, Thomas A. Bernes est FMI vis-à-vis de la libéralisation du compte de capital. Le pro-
devenu le deuxième directeur du BIE, succédant à Montek Ahluwalia. gramme de travail actuel prévoit des évaluations portant sur le
Le site du BIE (www.imf.org/ieo) contient des renseignements programme d'évaluation du secteur financier et la stabilité du
précis sur son mandat, les travaux qu’il a effectués jusqu’à pré- secteur financier (PESF), l’assistance technique du FMI à la Jor-
sent, l’état d’avancement de ses projets en cours, ses rapports danie, la conditionnalité structurelle du FMI et la surveillance
d’évaluation, ses séminaires et ses activités de sensibilisation. En multilatérale. Les évaluations que le BIE compte entreprendre
outre, il donne aux parties prenantes intéressées (autorités des dans le cadre de son programme pour les années à venir porte-
pays, universitaires, organisations non gouvernementales et au- ront sur les conseils fournis par le FMI en matière de politique
tres membres de la société civile) la possibilité de dialoguer avec des changes, sur le rôle du FMI dans les pays à faible revenu en
ses services de façon à l’aider à définir son programme de travail, ce qui concerne l’enveloppe de ressources, la prévisibilité de
ainsi que les thèmes de ses études, et à lui apporter une contribu- l’aide et la viabilité de la dette, ainsi que sur la surveillance bila-
tion importante pour la réalisation de celles-ci. térale, des grands pays industrialisés notamment.

Évaluations du BIE : thèmes communs


Les rapports du BIE comportent un certain nombre de thèmes communs : Conditionnalité et internalisation
• L’engagement politique du pays en faveur de réformes clés importe davan-
Surveillance tage que les conditions spécifiques du programme.
• La surveillance doit se situer dans une optique à long terme et constituer un • Le FMI devrait être prêt à envisager des programmes d’ajustement et de
des éléments de base de la conception des programmes. En fonction des réformes «de second rang» répondant à des critères minimaux, mais aussi
résultats de la surveillance, le FMI devrait donner aux pays une évaluation à bloquer son financement lorsque le pays ne prend pas suffisamment le
franche de leurs faiblesses très graves et les encourager à élaborer un programme en main ou ne respecte pas les critères minimaux.
plan d’action dans les domaines cruciaux où l’ajustement et les réformes • L’internalisation d’un programme d’assistance technique — en particu-
marquent le pas. lier en matière de renforcement des institutions — est essentiel pour sa
• Une plus grande franchise est essentielle pour rendre la surveillance plus réussite et le FMI devrait examiner plus systématiquement les raisons de
efficace. l’échec des recommandations des experts d’assistance technique.
• Des bilans périodiques systématiques permettent de mieux tirer les le-
Efficacité et processus décisionnel du FMI
çons de l’expérience, surtout dans les pays appliquant des programmes
• Le FMI doit définir plus précisément les objectifs intermédiaires de ses ini-
appuyés par le FMI.
tiatives afin de pouvoir mieux mesurer son efficacité. Il importe pour fixer
Conception et incertitude des programmes l’ordre des priorités de clarifier la portée du rôle du FMI dans certains do-
• La conception des programmes devrait explicitement tenir compte des maines clés (par exemple son action dans les pays à faible revenu, l’as-
risques qui les entourent, et il est nécessaire d’éviter de retenir des hypo- sistance technique ou la libéralisation des mouvements de capitaux). De-
thèses excessivement optimistes quant au rythme de la croissance et à la puis quelque temps, le FMI a fixé pour ses initiatives des indicateurs de
vitesse de réaction de la demande du secteur privé. La planification systé- réalisation plus spécifiques afin d’en suivre le bon déroulement. Le CMFI a
matique de mesures correctives pour faire face aux imprévus donnerait da- approuvé les efforts en ce sens et engagé le FMI à élaborer une méthodo-
vantage de souplesse aux programmes. Lorsque les risques se maté- logie pour mieux évaluer l’efficacité de la surveillance.
rialisent, il faudrait une plus grande transparence pour expliquer les • Les considérations politiques qui entrent inévitablement en ligne de jeu
hypothèses cruciales et la raison d’être du programme pour permettre de dans les décisions de financement doivent être prises en compte de ma-
l’adapter plus rapidement. nière transparente, les décisions relevant clairement du Conseil d’adminis-
• L’engagement politique du pays en faveur de réformes clés est de la plus tration, qui doit en rendre compte et pouvoir s’appuyer sur les évaluations
haute importance pour la réussite des programmes. franches établies par les services techniques.

32 L’ABC DU FMI
Le FMI en un coup d’œil
Repères et indicateurs (au 31 juillet 2005, sauf autre indication)

Pays membres 184 Accords en cours


Siège Washington Accords de confirmation 11
Conseil d’administration 24 membres Mécanisme élargi de crédit 2
Effectifs 2.700 Facilité pour la réduction
Total des quotes-parts 310 milliards de $ (213,5 milliards de DTS) de la pauvreté
Quotes-parts et pour la croissance 27
La plus élevée États-Unis (17,5 % du total)
La plus faible Palau (0,001 % du total) Plus gros emprunteurs
Ressources pouvant être prêtes Turquie 17 milliards de $ (12 milliards de DTS)
Ressources disponibles1 169 milliards de $ (116,2 milliards de DTS) Brésil 16 milliards de $ (10,8 milliards de DTS)
Capacité d’engagement sur un an2 133 milliards de $ (91,8 milliards de DTS) Argentine 11 milliards de $ (7,6 milliards de DTS)
Lignes de crédit3 Indonésie 8 milliards de $ (5,9 milliards de DTS)
Crédits disponibles en vertu Uruguay 2 milliards de $ (1,7 milliard de DTS)
d’accords d’emprunt 49 milliards de $ (34 milliards de DTS)
Réserves Allégements de dette pour les pays pauvres très endettés (PPTE)
Encaisses de précaution4 11 milliards de $ (7,4 milliards de DTS) Allégement complet (tous les critères
Autres avoirs sont remplis 18 pays
Avoirs en or 103,4 millions d’onces d’or fin Allégement partiel (certains critères
Valeur comptable au FMI 8 milliards de $ (5,9 milliards de DTS) restent à remplir
Valeur marchande 44 milliards de $ (à 429 dollars/once) pour permettre
Encours des crédits un allégement complet 10 pays
Total5 73 milliards de $ (49,8 milliards de DTS) Non encore examinés 10 pays
Aux pays à faible revenu Allégement total de la dette
(conditions spéciales) 10 milliards de $ (6,6 milliards de DTS) pour les PPTE6 58 milliards de $ (fin 2004)
Aux autres pays membres 63 milliards de $ (43,2 milliards de DTS) Coûts pour le FMI6 5 milliards de $ (fin 2004)

Notes :
1Montant brut dont dispose le FMI pour effectuer ses prêts, après déduction des sommes (NAE). La dernière fois qu’il s’en est servi remonte à 1998.
déjà engagées mais non encore décaissées au titre d’accords de prêt en vigueur. 4Le FMI accumule des réserves pour se protéger ainsi que ses créanciers des pertes qui
2Mesure la liquidité du FMI. C’est le montant des ressources disponibles, augmenté résulteraient du non-remboursement de prêts. Ce chiffre ne comprend pas les avoirs en or
des remboursements de prêts prévus pour l’année à venir et diminué d’un solde pru- du FMI.
dentiel fixé à 52 milliards de dollars (34,0 milliards de DTS) pour 2005. 5Les chiffres ont été arrondis, d’où un écart entre la somme des composantes et le total.
3Le FMI dispose de deux lignes de crédit auxquelles il peut avoir recours en cas de 6Valeur actuelle nette.
besoin : les Accords généraux d’emprunt (AGE) et les Nouveaux Accords d’emprunt Source : Département financier du FMI.

LE DTS Pour en savoir plus . . .


Le droit de tirage spécial (DTS) est un avoir de réserve international créé en 1969 par Le meilleur moyen d’en savoir plus sur le FMI est de consulter le site www.imf.org. Le
le FMI pour compléter les réserves officielles existantes des États membres. Les DTS Bulletin du FMI, bimensuel, et le magazine Finances & Développement, trimes-
sont alloués à chaque État membre en proportion de sa quote-part. Le DTS sert aussi triel, sont aussi de bonnes sources d’information sur les politiques et les études
d’unité de compte au FMI et à plusieurs autres organisations internationales. Sa valeur du FMI.
est déterminée en fonction d’un panier des principales monnaies internationales. Les Une évaluation critique des politiques et des procédures du FMI figure sur le site
montants en dollars des États-Unis sont calculés au taux de 1 DTS = 1,45186 dollar du Bureau indépendant d’évaluation, www.imf.org/external/np/ieo/index.htm.
(31 juillet 2005) et sont arrondis.

Organigramme du FMI
Comité monétaire et financier Comité du développement
Conseil des gouverneurs
international conjoint Banque–FMI1

Conseil d’administration Bureau d’évaluation indépendant

Directeur général
Directeurs généraux adjoints

Bureau de Bureau du Bureau de la


Bureau de gestion
placement/Caisse budget et vérification et
de l’assistance
de retraite du de la de l’inspection
technique
personnel planification internes

Départements géographiques Départements fonctionnels et services spéciaux Information et liaison Services de soutien
Département des Département de l’élaboration Département des Département des
Département Afrique
finances publiques et de l’examen des politiques relations extérieures ressources humaines

Départements
Département financier Département des études Bureau régional Asie Département
Asie et Pacifique
et Pacifique2 du Secrétariat

Département Europe Institut du FMI Département juridique Bureau du FMI Département


aux Nations Unies2 de la technologie et
Bureaux européens Institut multilatéral Département des services généraux
d’Afrique
des statistiques
Département Institut multilatéral
Hémisphère occidental de Vienne Département des systèmes
monétaires et financiers
Institut régional
Département Moyen- de Singapour 1Nom officiel : Comité ministériel conjoint des Conseils des gouver-
Orient et Asie centrale
neurs de la Banque et du Fonds sur le transfert de ressources
Département des marchés
de capitaux réelles aux pays en développement.
internationaux 2Rattaché au Bureau du Directeur général.

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