Dissertations de Droit Administratif
Sujet 1 : Les personnes privées et les actes administratifs
Introduction
En droit administratif, l’acte administratif est traditionnellement considéré comme une
manifestation unilatérale de volonté émanant d'une autorité publique. Toutefois,
l’évolution de l’action administrative et la participation accrue des personnes privées à la
gestion de missions d’intérêt général ont conduit à une remise en question de ce
monopole. Peut-on alors admettre que les personnes privées puissent édicter des actes
administratifs ?
I. La reconnaissance de l’aptitude des personnes privées à produire des actes
administratifs
A. Les hypothèses légales de participation des personnes privées à l’exercice de
prérogatives de puissance publique
- Délégation de service public (ex : sociétés de transports, concessionnaires).
- Attribution de missions d’intérêt général par voie contractuelle ou légale.
B. L’encadrement juridique de ces actes
- Le juge administratif (Conseil d’État français ou juge administratif ivoirien) reconnaît
que certains actes émis par des personnes privées peuvent être qualifiés d’actes
administratifs s’ils sont pris dans l’exercice d’une mission de service public.
- Jurisprudence sur les actes unilatéraux pris dans le cadre d’un service public (ex :
fédérations sportives agréées).
II. Les limites et implications de cette possibilité
A. L’absence de pouvoir normatif général des personnes privées
- Une personne privée ne peut édicter un acte administratif que si elle agit pour le compte
de l’administration ou sous son contrôle.
B. Une responsabilité encadrée par le droit administratif
- Les actes administratifs émis par des personnes privées dans le cadre d’un service
public sont susceptibles de recours devant le juge administratif.
- Protection des administrés contre les abus.
Conclusion
La reconnaissance de la capacité des personnes privées à produire des actes administratifs
traduit l’évolution du rôle de l’État et de la gestion publique. Si cette participation est
encadrée, elle reste un outil utile pour l’efficacité administrative, sans remettre en cause
les principes fondamentaux du droit public.
Sujet 2 : La fin de l’acte administratif régulier
Introduction
L’acte administratif régulier est un acte conforme aux règles de droit en vigueur au
moment de son édiction. Toutefois, même régulier, un acte administratif n’est pas
toujours immuable. Quelles sont alors les causes et les modalités de la fin d’un acte
administratif régulier ?
I. Les causes de la disparition de l’acte administratif régulier
A. Les causes juridiques internes : la volonté de l’administration
- Abrogation : l’administration peut mettre fin à un acte unilatéral régulier devenu
inopportun.
- Retrait : il est exceptionnel pour les actes réguliers (interdit sauf si prévu par un texte ou
si la personne intéressée y consent).
B. Les causes externes : le changement de circonstances ou l’intervention d’un acte
supérieur
- Évolution des circonstances de fait ou de droit.
- Adoption d’un nouvel acte réglementaire incompatible avec l’acte antérieur.
II. Le régime juridique de la fin de l’acte administratif régulier
A. Encadrement de l’abrogation par le principe de sécurité juridique
- L’abrogation ne peut être rétroactive.
- Obligation de motivation dans certains cas (ex : décisions individuelles favorables).
B. Le rôle du juge administratif
- Le juge peut annuler un refus d’abroger un acte devenu illégal.
- Le contentieux de l’abrogation est encadré pour éviter l’insécurité juridique.
Conclusion
La fin de l’acte administratif régulier illustre la souplesse du droit administratif et la
nécessaire adaptation de l’administration aux réalités mouvantes. Elle est toutefois
encadrée pour concilier efficacité administrative et protection des droits des administrés.
Sujet 3 : Le chef du village en droit ivoirien
Introduction
En Côte d’Ivoire, le chef du village est une figure institutionnalisée à la croisée du droit
coutumier et du droit étatique. Sa reconnaissance par la loi n°2014-428 du 14 juillet 2014
consacre son rôle dans la vie administrative et sociale locale. Quel est le statut juridique
du chef du village et quel rôle joue-t-il dans l’ordre administratif ivoirien ?
I. Le statut juridique du chef du village
A. Une autorité administrative déconcentrée
- Représentant de l’État au niveau villageois.
- Nommé par arrêté du préfet sur proposition des populations.
B. Encadrement juridique de ses fonctions
- Conditions de nomination et révocation.
- Rémunération, responsabilité et serment prévu par la loi.
II. Les fonctions administratives et sociales du chef du village
A. Un acteur de la paix sociale et de la médiation
- Règlement des litiges coutumiers.
- Médiateur entre les habitants et l’administration.
B. Un collaborateur de l’administration territoriale
- Appui à la mise en œuvre des politiques publiques (recensement, sensibilisation,
élections).
- Transmission des informations à l’autorité préfectorale.
Conclusion
Le chef du village en droit ivoirien incarne la continuité entre les traditions locales et
l’organisation administrative moderne. Par son rôle de médiateur et d’interface avec
l’État, il demeure un acteur clé de la gouvernance de proximité et du maintien de la
cohésion sociale.