Diagonalisation
Diagonalisation
Diagonalisation
Die Mathematiker sind eine Art Franzosen : redet man zu ihnen, so übersetzen sie es
in ihre Sprache, und dann ist es alsobald ganz etwas anderes. a
G OETHE
Écrivain allemand (1749-1832)
a. Les mathématiciens sont comme les Français : quoi que vous leur disiez, ils le tra-
duisent dans leur propre langue et le transforment en quelque chose de totalement différent.
1 Définitions
Soit ϕ ∈ L (E).
On dit que ϕ est diagonalisable s’il existe une base de E qui soit composée de vecteurs propres de ϕ.
Exemples.
• Dans R2 . Posons u = (1, −1), v = (0, 2) et ϕ : R2 → R2 définie par ϕ(x, y) = (−x, 3x + 2y). On vérifie que ϕ(u) = −u et
ϕ(v) = 2v. Résumons :
* u et v sont deux vecteurs propres de ϕ.
* u et v sont deux vecteurs non colinéaires. Ils forment une famille libre de R2 . (u, v) est donc une base de R2 .
L’endomorphisme ϕ est un endomorphisme diagonalisable de R2 .
• L’endomorphisme ψ : P ∈ Rn [x] 7→ (x −1)P0 (x) ∈ Rn [x] est diagonalisable. En effet, si on pose Pi (x) = (x −1)i pour tout
i ∈ [[0; n]], on calcule ψ(Pi ) = i Pi . De plus, la famille (Pi ) est libre (de degré échelonné) et contient autant de vecteurs
que la dimension de Rn [x]. On a donc une base de vecteurs propres. L’endomorphisme ψ est un endomorphisme
diagonalisable de Rn [x].
Exercice 1 F Soit ϕ ∈ L (E) avec E de dimension finie. Les questions sont indépendantes.
1. Que dire de ϕ si ce dernier est diagonalisable et n’admet qu’une seule valeur propre ?
p. 19
2. Que dire de ϕ si ce dernier est diagonalisable et rg ϕ2 = 0 ?
¡ ¢
Exercice 2
1
5
4 Interprétation géométrique
Posons de plus w = (−3, 5). On a w = −3u+v. Comme
3 ϕ est linéaire.
w
2 ϕ(w) = −3ϕ(u) + ϕ(v)
ϕ(w) = 3u + v = (3, 1).
1v
Ce court calcul illustre un fait important. Les calculs
dans une base de vecteurs propres sont beaucoup
−4 −3 −2 −1 u1 2 3 4 5
plus faciles puisque les restrictions de ϕ aux sous-
−1 espaces propres sont des homothéties.
2v
ϕ ¯E : u 7→ λu.
¯
−2
λ (ϕ)
3u
−3
Soit A ∈ Mn (R).
On dit que A est diagonalisable s’il existe une matrice inversible P et une matrice diagonale D ∈ Mn (R) telles que
A = P · D · P−1 .
Autrement dit, une matrice est diagonalisable si et seulement si elle est semblable à une matrice diagonale. Dans ce
cas, P est la matrice de passage de la base canonique de M3,1 (R) à une base de vecteurs propres de A.
Remarque. Si la matrice A est diagonalisable, alors les colonnes de P forment une base de Mn,1 (R) constituée de vec-
teurs propres de A. De plus, le spectre de A s’identifie au spectre de D qui correspond donc aux coefficients diagonaux
de D.
£ ¤ ¡ ¢
Preuve. En effet, si on note P = C1 C2 . . . Cn , D = diag d 1 , d 2 , · · · , d n et Ei est la matrice colonne constituée de zéro sauf
un 1 en position (i , 1). On a donc PEi = Ci , DEi = d i Ei et
La matrice colonne Ci est vecteur propre de A pour la valeur propre A. Comme P est inversible, la famille des colonnes de P est
une base de Mn,1 (R). D’où le résultat.
■
Exemples.
0 2 −1
• Reprenons l’exemple page ?? avec A = 3 −2 0 . On a montré que
−2 2 1
1 4 2
Sp(A) = {1, 2, −4} avec E1 (A) = Vect 1 , E2 = Vect 3 et E−4 = Vect −3 .
1 −2 2
1 4 2
On pose P= 1 3 −3 .
1 −2 2
On vérifie numériquement :
2
D = np . array (([1 , 0 , 0] , [0 , 2 ,
0] , [0 , 0 , -4]) )
>>> print ( P @ D @ P_inv )
Editeur
# a t t e n t i o n à l ’ orde des
[[ -2.22044605 e -16 2.00000000 e +00 -1.00000000 e +00]
Editeur
valeurs propres
[ 3.00000000 e +00 -2.00000000 e +00 0.00000000 e +00]
P = np . array (([1 , 4 , 2] , [1 , 3 ,
[ -2.00000000 e +00 2.00000000 e +00 1.00000000 e +00]]
-3] , [1 , -2 , 2]) )
P_inv = np . linalg . inv ( P )
print ( P @ D @ P_inv )
On retrouve bien A = PDP−1 (attention aux arrondis près).
· ¸
1 1
• La matrice T = n’est pas diagonalisable.
0 1
Preuve. Raisonnons par l’absurde en la supposant diagonalisable. Elle est donc semblable à une matrice diagonale dont les co-
efficients diagonaux sont les valeurs propres de T. Or, T est triangulaire avec seulement 1 sur la diagonale. 1 est la seule valeur
propre et T serait semblable à la matrice identité. Absurde, la seule matrice semblable à l’identité est l’identité.
■
Exercice 3 F Vrai ou faux ?
1. Si A est diagonalisable alors A2 est diagonalisable. X ×
2. Si A2 est diagonalisable alors A est diagonalisable. X × p. 19
3. Si A est inversible, A est diagonalisable si et seulement si A−1 est diagonalisable. X ×
4. La somme de deux matrices diagonalisables est diagonalisable. X ×
Exercice 4
3
⇐ Réciproquement, si A est diagonalisable, il existe P ∈ Mn (R) inversible et D diagonale telles que
A = PDP−1 .
Il existe une base C de E telle que P = PBC et dans ce cas D = MatC (ϕ). On constate alors que C est une base de vecteurs
propres de ϕ qui est donc un endomorphisme diagonalisable.
■
2 Caractérisations
2.1 Version « endomorphisme »
Vect Bλ ⊂
X ¡ ¢ X
Par somme Eλ (ϕ) ⊂ E.
λ∈Sp(ϕ) λ∈Sp(ϕ)
Vect Bλ = Vect(B) = E.
X ¡ ¢
λ∈Sp(ϕ)
X
Nécessairement Eλ (ϕ) = E.
λ∈Sp(ϕ)
On conclut en rappelant que la somme des sous-espaces propres est toujours directe.
■
Soit ϕ ∈ L (E) avec E de dimension finie. On a l’équivalence entre les énoncés suivants.
¡ ¢
i) dim Eλ (ϕ) = dim(E).
P
λ∈Sp(ϕ)
4
Preuve. C’est une conséquence directe du théorème précédent et du théorème page ?? qui affirme l’équivalence entre :
µ ¶
p p ¡ ¢
i) dim Fi = dim Fi .
P P
i =1 i =1
p
ii) La somme Fi est directe.
P
i =1
Exemple. Posons l’endomorphisme ϕ : Mn (R) → Mn (R) défini par ϕ(M) = tM. On remarque que E1 (ϕ) et E−1 (ϕ) cor-
respondent respectivement aux sous-espaces vectoriels des matrices symétriques et antisymétriques. Or, un exercice
classique donne
¡ ¢ n(n + 1) ¡ ¢ n(n − 1)
dim E1 (ϕ) = et dim E−1 (ϕ) = .
2 2
Preuve. Supposons que ϕ possède n = dim(E) valeurs propres λ1 , λ2 , . . . , λn deux à deux distinctes. Par définition d’une valeur
propre ¡ ¢
∀ i ∈ [[1; n]], dim Eλi (ϕ) Ê 1.
n
X ¡ ¢ Xn
Par somme : dim Eλi (ϕ) Ê 1 = n = dim(E).
i =1 i =1
à !
n
M n
X ¡ ¢ n
M
Or, on a aussi Eλ (ϕ) ⊂ E puis dim Eλi (ϕ) = dim Eλi (ϕ) É dim(E).
i =1 i =1 i =1
X ¡ ¢
Par encadrement dim Eλ (ϕ) = dim(E)
λ∈Sp(ϕ)
! Attention. La réciproque est fausse. Par exemple, pour E de dimension n Ê 2, l’endomorphisme idE est diago-
nalisable avec seulement une valeur propre (1).
F Exemple.
Soit n ∈ N \ {0; 1}. Posons pour tout polynôme P ∈ Rn [x], le polynôme ϕ(P) défini par
Exercice 5
1
ϕ(P)(x) = x(1 − x)P0 (x) + xP(x).
n p. 20
1. Vérifier que ϕ est un endomorphisme de Rn [x].
2. Pour tout k ∈ [[0; n]], on pose Pk (x) = x k (1 − x)n−k . Calculer ϕ(Pk ).
3. Justifier que ϕ est diagonalisable.
5
2.2 Version « matricielle »
Ainsi, pour V ∈ Mn,1 (R), ϕA (V) = AV et on a l’équivalence : V est vecteur propre de A si et seulement si V est vecteur
propre de ϕA . Plus généralement,
ker(A) = ker(ϕA ).
Justifions maintenant que la matrice A est diagonalisable si et seulement si ϕA est un endomorphisme diagonalisable.
Preuve. Raisonnons par double implication.
−1
⇒ Supposons la matrice A diagonalisable. Soient P inversible et D diagonale telles que A = P DP. Nous avons vu que les co-
lonnes de P forment une base de Mn,1 (R) composée de vecteurs propres de A. C’est aussi une base de Mn,1 (R) composée
de vecteurs propres de ϕA qui est donc diagonalisable.
⇐ Réciproquement, si ϕA est un endomorphisme diagonalisable, ϕA (et donc A) admet une base de vecteurs propres. Notons
(Ci )i ∈[[1;n]] , une telle base. Pour tout indice i , il existe λi ∈ R tel que ACi = λi Ci . Si on pose P = [C1 , C2 , . . . , Cn ]
AP = A[C1 , C2 , . . . , Cn ]
= [AC1 , AC2 , . . . , ACn ]
= [λ1 C1 , λ2 C2 , . . . , λn Cn ] = PD avec D = diag(λ1 , . . . , λn ).
Comme la famille (Ci )i ∈[[1;n]] est une base, P est inversible et A = PDP−1 . La matrice A est diagonalisable.
■
T HÉORÈME caractérisations
Preuve. C’est une conséquence directe des résultats précédents appliqué à l’endomorphisme ϕA car nous avons vu que la matrice
A est diagonalisable si et seulement si ϕA est un endomorphisme diagonalisable.
■
6
iv) dim E0 (J) + dim En (J) = (n − 1) + 1 = n.
iii) On sait déjà que E0 (J) et En−1 (J) sont en somme directe et
dim E0 (J) ⊕ En−1 (J) = dim E0 (J) + dim En−1 (J) = n = dim Mn,1 (R).
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
ii) On montre que la famille (V, W2 , W3 , . . . , Wn ) est libre. Comme elle contient autant de vecteurs que Mn,1 (R), c’est
une base de Mn,1 (R) constituée de vecteurs propres de J.
i) Si on pose
£ ¤ ¡ ¢
P= V W2 ... Wn et D = diag [n, 0, . . . , 0] .
Soit A ∈ Mn (R).
linalg
A = np . array ([[1 ,3 ,0] ,[0 , -2 ,0] ,[ -1 , -2 ,0]])
# On d é finit la matrice A
print ( al . eigvals ( A ) )
Selon ce calcul, 0, 1 et −2 sont toutes les valeurs
propres de A. La matrice A est diagonalisable.
3 Compléments
3.1 Cas particuliers
F .
Soit A ∈ M2 (R) diagonalisable. Notons λ1 et λ2 , les deux valeurs propres éventuellement
Exercice 6
confondues de la matrice A.
1. Montrer que λ1 + λ2 = tr(A) et λ1 λ2 = det(A). p. 20
· ¸
0 1
2. En minimisant le nombre de calculs, montrer que la matrice A = n’est pas
−1 0
diagonalisable dans R.
7
Exercice 7
F Soit µ ¶
a c
A= ∈ M2 (R) p. ??
c d
Démontrer que A est diagonalisable dans R.
T1 = 0 2 0 , T2 = 0 1 0 et T3 = 0 1 0 . p. 20
0 0 3 0 0 2 0 0 2
· 2
α
¸
1
2. À quelle condition sur α ∈ R, la matrice Mα = est diagonalisable ?
0 α
Résultat admis.
F Les questions sont indépendantes.
Exercice 9 1. Montrer que l’endomorphisme suivant est diagonalisable.
R3 R3
½
→
ϕ: p. 21
(x, y, z) 7 → ( 2x + y + z , x + 3z , x + 3y − z ).
E = E0 (p) ⊕ E1 (p).
Les projecteurs sont des endomorphismes diagonalisables. Si B est une base adaptée à la décomposition en sous-
espaces propres, on a
1 ··· 0 0 ··· 0
. .. .. ..
..
. . .
0 ··· 1 0 ··· 0
MatB (p) = .
0 ··· 0 0 ··· 0
.. .. .. ..
. . . .
0 ··· 0 0 ··· 0
| {z }| {z }
dim E1 (p) dim E0 (p)
¡ ¢ ¡ ¢
En particulier, on constate que Tr MatB (p) = rg MatB (p) = rg(p).
8
• Soit s, une symétrie (s 6= ± idE ). Grâce à la décomposition E = E−1 (s) ⊕ E1 (s), on vérifie que toutes les symétries sont
diagonalisables et
1 ··· 0 0 ··· 0
.. .. .. ..
. . . .
0 ··· 1 0 ··· 0
MatB (s) = .
0 ··· 0 −1 ··· 0
.. .. .. ..
. . . .
0 ··· 0 0 ··· −1
| {z }| {z }
dim E1 (p) dim E−1 (p)
En reprenant les méthodes étudiées page ??, traiter les exercices suivants.
Diagonaliser la matrice A signifie : donner, si possible, une matrice diagonale D et une matrice
inversible P telles que A = PDP−1 .
Exercice 11 F Considérons l’application ϕ défini sur R2 [x] par ϕ(P)(x) = x(1 − x)P0 (x) + 2xP(x).
1. Montrer que ϕ définit un endomorphisme de R2 [x].
p. 21
2. Exprimer la matrice de ϕ dans la base canonique. La diagonaliser.
3. Conclure en donnant une base de vecteurs propres de ϕ.
Astuce. Dans la recherche des valeurs, il ne faut pas oublier que pour une matrice diagonalisable
λ × dim Eλ (A) .
X ¡ ¢
Tr(A) =
λ∈Sp(A)
F
Exercice 12
1. Prouver la remarque précédente.
1 −3 3
p. 22
2. Soit A définie par 3 −5 3 .
6 −6 4
Sachant que rg(A + 2In ) = 1, que peut-on en déduire sur la diagonalisation de A ?
Exercice 13
G Calcul des puissances
p. 22
Calculer pour tout p ∈ N, Ap où la matrice A est étudiée à l’exercice 10.
9
F Polynôme de matrices et racine carrée d’une matrice
2 1 1
10
Exercices
6 10 11
Exercice 16. G Parmi les matrices élémentaires Ei , j de Mn (R), lesquelles sont diagonalisables ?
À Solution p. 22
A= 0 2 3 et B= 3 2 0 .
0 0 3 3 2 1
À Solution p. 23
Ma = 1 0 0 .
0 1 0
On vérifie par le calcul que Q(x) = x 3 − (a + 2)x 2 + (2a + 1)x − a est annulateur de Ma .
1. Justifier que pour a = 1, Ma ne peut être diagonalisable.
2. Déterminer les réels a pour lesquels Ma est diagonalisable.
À Solution p. 23
1. Montrer sans calculs superflus que 1 et 1 + 1/n sont les valeurs propres de An .
2. La matrice An est-elle diagonalisable ? inversible ?
3. Pour tout n ∈ N∗ , on note Bn la matrice produit : Bn = A1 A2 . . . An .
La matrice Bn est-elle diagonalisable ? inversible ? Si oui, déterminer Bn −1 .
À Solution p. 24
Exercice 22. F Soit A ∈ Mn (R). Montrer que A est diagonalisable si et seulement si rg A − λIn = card Sp(A) − 1 n.
P ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
λ∈Sp(A)
À Solution p. 25
n
Exercice 23. F On considère l’application ϕ, qui à tout polynôme P de Rn [x] associe ϕ(P) = P(k) , où P(k) désigne la dérivée
P
k=0
k ème de P avec la convention P(0) = P.
1. Montrer que ϕ est un endomorphisme de Rn [x].
11
2. Est-ce que ϕ est diagonalisable ?
À Solution p. 25
· ¸
1 1
Exercice 24. F Posons A = ∈ M2 (R) et l’endomorphisme ϕ de M2 (R) défini par ϕ(M) = AM.
1 1
1. a) Déterminer la matrice de ϕ dans la base canonique.
b) Trouver un polynôme annulateur de ϕ.
c) L’endomorphisme ϕ est-il diagonalisable ?
2. On définit maintenant les endomorphismes ψ et s de M2 (R) défini par ψ(M) = MA et s(M) = t M.
a) Vérifier que ψ = s ◦ ϕ ◦ s −1 .
b) En déduire un polynôme annulateur de ψ. Est-ce que l’endomorphisme ψ est diagonalisable ?
À Solution p. 25
A= 1 3 −2 .
1 1 0
12
4. Combien existe-t-il de plans vectoriels de R3 stables par ϕ ?
À Solution p. 27
Exercice 29. FFF FF Soient n ∈ N \ {0; 1}, a et b deux réels tels que ab 6= 0. On note M(a, b) la matrice de Mn+1 (R) donnée
par :
0 a a ··· a
b 0 0 ··· 0
M(a, b) = b 0 0 ··· 0
.
.. .. .. ..
. . . ··· .
b 0 0 ··· 0
1. a) Calculer M(a, b)2 .
b) Montrer que M(a, b)2 est diagonalisable et trouver ses deux valeurs propres.
0 c c ··· c
d 0 0 ··· 0
2. Soient c, d ∈ R∗ et M(c, d ) =
.. .. .. .
..
. . . ··· .
d 0 0 ··· 0
Exercice 32. FFF . Soit E un espace vectoriel de dimension finie et ϕ un endomorphisme de E. L’objectif de l’exercice est
de prouver l’équivalence entre les énoncés :
i) L’endomorphisme ϕ est diagonalisable.
ii) L’endomorphisme ϕ admet un polynôme annulateur scindé à racines simples.
Pour rappel, un polynôme P est scindé à racines simples s’il existe r réels a 1 , . . ., a r deux à deux distincts tels que P(x) =
r
(x − a i ).
Q
i =1
13
a) Soient f , g ∈ L (E). Justifier que l’application suivante est bien posée, linéaire et injective
½
H → Ker f
Φ: avec H un supplémentaire de Ker g dans Ker f ◦ g .
u 7→ g (u)
¡ ¢ ¡ ¢
En déduire que dim Ker( f ◦ g ) É dim Ker( f ) + dim Ker(g ) .
b) Montrer plus généralement que pour f 1 , f 2 , . . . , f r ∈ L (E),
¡ ¡ r
¢¢ X ¡ ¢
dim Ker f 1 ◦ · · · ◦ f r É dim Ker( f j ) .
j =1
Exercice 34. FF Soient f et g deux endomorphismes de E qui commutent. On suppose qu’il existe p ∈ N∗ tel que g p = 0L (E) .
Soit λ ∈ Sp( f ) et x un vecteur propre associé.
1. Montrer que Eλ ( f ) est un espace stable par g .
2. Justifier l’existence de k ∈ N tel que g k (x) 6= 0E et g k+1 (x) = 0E .
3. Vérifier que g k (x) est un vecteur propre de f + g et préciser la valeur propre associée.
4. En déduire que Sp( f ) ⊂ Sp( f + g ).
À Solution p. 30
Exercice 35. FF Soit ϕ l’application définie sur R2 [x] qui à tout polynôme P ∈ R2 [x], associe le polynôme ϕ(P) obtenu comme
le reste de la division euclidienne de P par (x − 1)2 .
1. Vérifier que ϕ est bien un endomorphisme de R2 [x].
2. Donner M, la matrice de ϕ dans la base canonique de R2 [x].
3. ¤ Calculer M2 . Qu’en déduire sur ϕ ?
4. Est-ce que ϕ est diagonalisable ? Si oui, précisez les sous-espaces propres.
À Solution p. 31
C = M ∈ Mn (R) | AM = MA .
© ª
A = P∆P−1 .
14
4. Soit M ∈ C . Montrer que tout vecteur colonne propre de A est un vecteur colonne propre de M. En déduire que la matrice
P−1 MP est diagonale. En déduire que C est de dimension inférieure ou égale à n.
5. Montrer que In , A, . . . , An−1 est une base de C .
¡ ¢
6. On suppose A inversible. Montrer qu’il existe Q ∈ R[X] tel que A−1 = Q(A).
À Solution p. 31
∀ x ∈ I, y 0 (x) = a(x)y(x).
Soit A, une primitive de a sur I. Montrer qu’il existe C ∈ R tel que pour tout x ∈ I, y(x) = C eA(x) .
2. On considère le système différentiel suivant :
0
x = 8x − 18y + 27z
(S ) : y 0 = −3x + 27 y − 6z
0
z = −4x + 7y − 11z
a) Écrire le système (S ) ci-dessus sous la forme X0 = AX, pour une certaine matrice A de taille 3 × 3 à coefficients réels
qu’on déterminera où on a posé :
0
x(t ) x (t )
0 0
X(t ) = y(t ) et X (t ) = y (t ) .
z(t ) z 0 (t )
b) Vérifier que la matrice A est diagonalisable et déterminer une matrice inversible Q et une matrice diagonale D telles
que A = Q−1 DQ.
Pour commencer, on pourra calculer AX1 , AX2 où :
− 23 0
X1 = et X2 = 3 .
1
2
1 1
On admet dans la suite que pour toute matrice Q à coefficients constants, si Y = Q · X alors Y0 = Q · X0 .
c) Pour tout t ∈ R, on pose Y(t ) = QX(t ). Montrer que X est solution du système (E) si et seulement si les coordonnées u,
v et w de Y sont solutions d’un système différentiel diagonal.
d) Donner l’expression de Y(t ) puis les expressions de x, y et z.
À Solution p. 32
15
Sujets de révision
Exercice 39. FFF . Diagonalisation simultanée D’après Oraux
ª ESCP 2016
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et f un endomorphisme de E diagonalisable. On note λ1 , . . . , λp l’ensemble
©
de ses valeurs propres et E1 , . . . , Ep les sous-espaces propres associés. Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par f , tel que
F 6= {0} et F 6= E. Soit x un vecteur de F.
¡ ¢
1. Montrer qu’il existe un unique p-uplet x 1 , . . . , x p ∈ E1 × · · · × Ep tel que x = x 1 + · · · + x p .
2. On suppose désormais x 6= 0. Montrer que, quitte à modifier l’ordre, on peut supposer qu’il existe r ∈ 1, p tel que x i = 0
pour i > r et x i 6= 0 pour i É r . On a alors x = x 1 + · · · + x r . On note Vx le sous-espace vectoriel engendré par (x 1 , . . . , x r ).
3. a) Montrer que (x 1 , . . . , x r ) est une base de Vx .
b) Montrer que pour tout j ∈ N, f j (x) ∈ Vx .
c) Déterminer la matrice A de la famille x, f (x), . . . , f r −1 (x) dans la base (x 1 , . . . , x r ) de Vx .
¡ ¢
r
d) Notons C1 , . . . , Cr les colonnes de A et α1 , . . . , αr des réels tels que α j C j = 0.
P
j =1
r
Montrer que le polynôme P(x) = α j x j −1 est le polynôme nul. En déduire que A est inversible.
P
j =1
p ¡
M ¢
e) Montrer que pour tout i ∈ [[1, p]], x i ∈ F, puis que F = F ∩ Ei .
i =1
4. Soit g un endomorphisme de E, diagonalisable et commutant avec f (i.e. tel que f ◦ g = g ◦ f ).
Montrer qu’il existe une base de E formée de vecteurs propres communs à f et g .
Exercice 40. FF . Valeurs propres d’un endomorphisme de Mn (R) D’après EMLyon 2014 ECS
¡ ¢ colonne de Mn,1 (R) dont tous les coefficients sont nuls, 2sauf celui
Soit n ∈ N \ {0; 1}. Pour tout i de [[1; n]], on note Vi la matrice
de la i -ième ligne qui est égal à 1. On admet que la famille Vi i ∈[[t 1;n]] est une base de Mn,1 (R). Pour tout (i , j ) de [[1; n]] , on note
Ei , j = Vi t V j . Ainsi, pour tout (i , j ) de [[1; n]]2 , la matrice Ei , j est la matrice carrée de Mn (R) dont tous les coefficients sont nuls,
³ ´
sauf celui à l’intersection de la i -ième ligne et de la j -ième colonne qui est égal à 1. On admet que la famille Ei , j est
(i , j )∈[[1;n]]2
une base de Mn (R).
Soit A une matrice quelconque de Mn (R) telle que, pour tout λ de R, A 6= λIn . On considère l’application ΦA de Mn (R) dans Mn (R)
définie par :
∀ M ∈ Mn (R), ΦA (M) = AM − MA.
1. Montrer que ΦA est un endomorphisme de Mn (R).
2. Calculer ΦA (In ). L’endomorphisme ΦA est-il injectif ? surjectif ?
3. Montrer que A et t A ont les mêmes valeurs propres.
4. Soient X, Y ∈ Mn,1 (R) tels que X (resp. Y) est un vecteur propre de A (resp. de t A).
Montrer que Xt Y est un vecteur propre de ΦA .
³ ´
5. Soient (X1 , X2 , . . . , Xn ) et (Y1 , Y2 , . . . , Yn ) deux bases de Mn,1 (R). On note F la famille F = Xi t Y j .
(i , j )∈[[1;n]]2
Montrer que, pour tout (i , j ) de [[1; n]]2 , Vi t V j appartient au sous-espace vectoriel de Mn (R) engendré par F , et en déduire
que la famille F est une base de Mn (R).
6. Montrer que l’ensemble des valeurs propres de ΦA est l’ensemble des différences λ − µ lorsque λ et µ décrivent les valeurs
propres de A.
On note Mn (R) l’ensemble des matrices n × n à coefficients réels. La matrice CP ∈ Mn (R), appelée matrice compagnon de P, est
définie par
0 0 ··· 0 0
−a 0
1 0 ··· 0 0 −a 1
. . .
. .
. ..
0 1 . . . .
CP = . .
.. 0 . . . 0 0 −a
n−3
.. ..
. . 1 0 −a n−2
0 0 ··· 0 1 −a n−1
• Exemple
16
· ¸
0 3
1. a) Déterminer le polynôme R dont la matrice compagnon est CR = .
1 −2
b) Quelles sont les racines de R ? Quelles sont les valeurs propres de CR ? Que constatez-vous ?
2. La matrice CR est-elle diagonalisable ? Justifiez votre réponse.
• La matrice MP
Dans la suite, on considère MP ∈ Mn (R) définie par MP = a 0 In + a 1 CP + a 2 CP 2 + · · · + a n−1 CP n−1 + CP n .
1 0 0
0 1 0
0 0 .
On note (E1 , E2 , . . . , En ) =
,
.
, . . . , .
.. ..
. . 0
0 0 1
les n vecteurs de la base canonique de Mn,1 (R). L’objectif est de montrer que MP est la matrice nulle.
6. Retour sur l’exemple
Vérifier que MR est la matrice nulle, où R est le polynôme trouvé à la première question.
7. Retour sur le cas général
a) Montrer que pour tout k ∈ [[1, n]], Ek = CP k−1 E1 .
b) En déduire qu’il existe un vecteur X ∈ Mn,1 (R) telle que X, CP X, . . . , CP n−1 X soit une base de Mn,1 (R).
¡ ¢
8. Montrer que MP E1 = 0.
9. En déduire que MP est la matrice nulle.
a) On suppose uniquement dans cette question qu’il existe X = t x 1 · · · x n ∈ Mn,1 (R) telle que CP X = λX. Expliciter un
£ ¤
Soit k ∈ N∗ . On considère λ1 , . . . , λk des nombres réels tous distincts et α1 , . . . , αk des entiers positifs ou nuls, puis on définit le
k ¡ ¢α
polynôme S par S(x) = x − λi i .
Q
i =1
12. Déduire de toute cette étude que la matrice compagnon CS de S est diagonalisable si et seulement si les entiers αi valent tous 1.
0 0 6
17