Colombage
Colombage
pratiques VALENTIN
Le
colombage,
mode d’emploi
Crédit iconographique
Dessins : Cécile Gagnepain
Photographies : PATRIBAT productions
Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75 240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
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Le colombage,
mode d’emploi
U n e t e c h n i q u e m i l l é n a i r e . . . t o u j o u r s d ’ a c t u a l i t é
Une technique
millénaire…
toujours d’actualité
Une grande partie du territoire français est concernée par le pan
de bois.
Jusqu’au XIXe siècle, on édifia des maisons en pans de bois, alors
même que cette technique existait déjà depuis au moins le
XIVe siècle, si l’on ne considère que les témoins encore présents
datant de cette époque. C’est dire que ce principe constructif a été
systématiquement employé, tant en milieu urbain qu’à la cam-
pagne, dès que cela a été possible ou nécessaire.
Il est évident que seules des qualités intrinsèques, notamment de
durabilité, peuvent expliquer la persistance de cette technique sur
une aussi longue période et dans un espace aussi large. Pourtant,
au XIXe siècle et surtout au XXe siècle, les constructions en pans de
bois furent frappées d’indignité, beaucoup considérant que ces
« maisons médiévales branlantes » n'avaient plus leur place dans
une société moderne, notamment urbaine.
On les cacha alors sous des enduits imitant la pierre appareillée,
pour leur donner une apparence d’honorabilité, et, surtout, on les
détruisit, par quartiers entiers, pour bâtir des immeubles modernes
qui, au mieux, dureraient soixante ans. Ces disparitions massives en
laissèrent cependant un nombre suffisant, surtout en milieu rural,
pour que leur valeur et leur intérêt soient à nouveau affirmés.
Aujourd’hui, des régions telles que la Normandie, la Picardie,
l’Artois, la Champagne, l’Alsace, l’Île-de-France, l’Orléanais, le Berry,
le Maine, la Bretagne, le Bourbonnais, la Bourgogne, la Gascogne,
le Pays Basque, présentent, avec des typologies différentes, de très
nombreux exemples, plus ou moins anciens, de bâtiments agricoles
et de maisons d’habitation construits en pans de bois.
4
Hors ces provinces où il s’impose de manière évidente dans les pay-
sages, le pan de bois est aussi, en une moindre mesure, présent dans
bien d’autres régions, où il marque essentiellement les centres
urbains.
Se posent alors, pour de nombreux propriétaires, les problèmes de
l’entretien, la restauration, la valorisation de ces édifices, certains
très modestes, d’autres étonnamment complexes.
Face à ce très riche patrimoine architectural, beaucoup d’erreurs
ont été commises, par ignorance ou incompétence professionnelle,
certaines ne remettant pas en cause l’équilibre des bâtiments,
d’autres, au contraire, occasionnant des désordres irréversibles.
L’objet de cet ouvrage 1 est de rappeler les grands principes qui 1. Seuls les problèmes de structure
régissent les constructions en pans de bois et de donner aux pro- seront abordés dans cet ouvrage,
priétaires privés, aux élus des communes, aux artisans et aux archi- les techniques de hourdis (dont
le torchis) étant traitées dans
tectes des méthodes d’analyse et d’intervention. Car seuls la
un autre volume.
parfaite maîtrise technique, mais aussi le bon sens, permettront de
donner aux vieilles maisons à pans de bois une seconde chance
pour que puissent s’affirmer leurs indéniables qualités – avérées
pendant de très nombreux siècles – tout au long du XXIe siècle
encore et même au-delà.
5
L e c o l o m b a g e , m o d e d ' e m p l o i
I
CHAPITRE
Origine
et présence
du colombage
À l’inverse d’une idée très répandue, le bois est
un matériau d’une résistance et d’une longévité
hors du commun. C’est à cause d’une mécon-
naissance profonde des qualités de ce matériau
que ces préjugés, alimentés par l’idée d’un
confort et d’une modernité qui ne pourraient
être assurés que par la pierre, firent perdre,
surtout à partir de la fin du XIXe siècle, le
« réflexe bois » en matière de construction.
On perdait ainsi le fil d’une histoire technologique
vieille de plusieurs milliers d’années, qui avait
donné à ce matériau une place fondamentale
dans de nombreuses régions du monde.
Héritière de cette culture très ancienne du bois,
la construction à colombage, qui fit d’abord
appel à des techniques rudimentaires, trouva
rapidement son plein épanouissement et, dès le
XIVe siècle, offrit dans les assemblages des pièces
mises en œuvre une sophistication poussée à
l’extrême.
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Histoire du colombage
Histoire du colombage
S’il est difficile de dater l’apparition du pan de bois en France, on
peut néanmoins émettre plusieurs hypothèses.
Tout d’abord, cette technique se place dans une logique d’éco-
nomie de matériau, de recherche de légèreté de la construction et
de facilité de mise en œuvre. Entre une
construction faisant appel aux troncs d’arbre
massifs empilés ou juxtaposés et une
construction à pans de bois, on comprend
vite la différence de volume du matériau
transporté mis en œuvre.
Si la forêt est largement dominante sur notre
territoire jusqu’aux XIIe, XIIIe siècles, l’expan-
sion de l’agriculture, le développement de la
marine, l’accroissement du nombre des
forges, entraînèrent rapidement une diminu-
tion des surfaces forestières qui conduisit à
une réflexion sur leur usage et leur gestion. La
construction à pans de bois trouvait naturel-
lement sa place dans cette recherche.
Par ailleurs, si l’insécurité du haut Moyen Âge
obligeait à concevoir des édifices pouvant
résister à des assauts violents (rôle des palis-
sades et des fortifications édifiées en rondins
juxtaposés ou superposés), une plus grande
stabilité politique permit, à partir d’une cer-
taine époque, de développer des construc-
tions en pans de bois résistant certes au
temps, mais présentant une fragilité au
niveau du remplissage entre les bois de l’os-
sature (généralement traité en torchis).
Détail de façade d’une maison du On vérifie cette hypothèse en constatant que
pays d’Auge, où les poteaux de certaines « maisons fortes » médiévales (maisons de justice et
remplissage forment une grille serrée, prisons) construites en pans de bois réduisent l’écartement entre
barrée d’éperons et de décharges. les pièces verticales et en augmentent la section, les rapprochant
ainsi des troncs juxtaposés cités plus haut (pose dite « bois pour
bois » ou « tant plein que vide »).
8
Histoire du colombage
9
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Typologie ré gionale des maisons à colombages
10
Typologie régionale des maisons à colombages
On a pu enfin en milieu urbain (mais cette pratique Maison du Ternois, en Artois. Le pan de bois
n’intervient en général pas avant le XVIIIe siècle), disparaît totalement sous un enduit de terre qui
cacher les pans de bois comme une chose indigne, recouvre un lattis cloué à l’ossature.
pour faire oublier une technique apparentée aux
bâtiments ruraux, et donner l’illusion d'une
maçonnerie de pierres enduites.
2. Voir « Principes
de construction », page 25.
11
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Typologie ré gionale des maisons à colombages
12
Typologie régionale des maisons à colombages
■ Éléments de décor
Les charpentiers ont pu introduire des figures géo-
métriques, très souvent liées aux éléments de
décharge et de contreventement, dont le rôle déco-
ratif et symbolique double la fonction technique.
Des régions comme la Normandie, la Bretagne, la
Champagne, mais surtout l’Alsace ont ainsi déve-
loppé un art très abouti du décor du pan de bois.
Toutefois, il faut bien se garder de penser que
cette expression régionale des pans de bois se
manifeste par des paysages bâtis homogènes.
Au sein de territoires restreints, de «pays » regroupant quelques Sur ce pignon du Sundgau,
communes, l’histoire des populations, les contraintes du milieu envi- en Alsace, les pièces de décharge
ronnant, la disponibilité en bois, la plus ou moins grande richesse des s’opposent d’un panneau à l’autre
en composant un véritable décor.
constructeurs, la persistance de techniques archaïques, l’existence de
programmes plus ou moins ambitieux, ont pu conduire à une grande
hétérogénéité de traitements structurels et d’organisations de façade.
La diversité des pans de bois régionaux est ainsi prodigieuse, si l’on
considère l’ensemble des paramètres impliqués. Seule une approche
très fine de la construction sur laquelle on veut intervenir, et une ana-
lyse complète des éléments qui la composent, permettront d’en com-
prendre l’originalité, voire le caractère unique, la distinguant des
maisons environnantes.
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L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
II
CHAPITRE
Technique
du pan de bois
Un bois, bien préparé et mis en œuvre dans les
conditions requises peut, sans recours à
quelque protection artificielle que ce soit,résister
des centaines, voire des milliers d'années.
Pour ce faire, il convient de respecter le matériau,
d’en comprendre tous les aspects, de lui
donner le juste rôle dans une construction en
fonction de l’essence d’arbre utilisée, de ses
performances, de ses qualités et défauts.
Matériau vivant, le bois souffre plus des
indélicatesses des hommes à son égard que
d’une fragilité dont on voudrait souvent le
charger par simple méconnaissance de sa
nature profonde.
Intervenir sur un pan de bois ne peut se faire
que dans la parfaite maîtrise d’un métier nourri
d’une culture qui ne se résume pas à la
manipulation d’outils transformant l’arbre en
poutres.
II Technique du pan de bois / Qualité s et dé fauts du bois
Résistance thermique
La faible épaisseur d’un mur en pans de bois (de l’ordre de 18 cen-
timètres) rend son usage intéressant dans l’optique d’un gain de sur-
face habitable par rapport à l’emprise au sol de la maison. Dans le
même temps, et malgré cette faible épaisseur, son coefficient de
résistance thermique le rend très compétitif par rapport à d’autres
matériaux. Ainsi, un mur en pans de bois avec un hourdis en torchis
aura un coefficient de résistance thermique
bien supérieur à celui d’une maçonnerie tradi-
tionnelle.
De plus, le bois absorbe sans difficulté des varia-
tions de température que ne supporterait pas la
pierre.
Résistance mécanique
La résistance à la compression d’un bois debout
est quasi illimitée dans l’hypothèse de bâtiments
de plusieurs étages. Sa structure fibreuse, plus ou
moins dense selon l’essence, l’âge et les condi-
tions de pousse de l’arbre utilisé, le rendent alors
indéformable même avec des bois de section
modeste.
16
Qualités et défauts du bois
Résistance au feu
On a également commis beau-
coup d’erreurs de jugement à
propos de la faible résistance du
bois face au feu. Le bois massif
brûle pourtant très lentement :
1 centimètre au maximum par
heure pour une intensité cons-
tante du feu à 900 °C.
Au-delà de cette température, il
charbonne sur 2-3 centimètres d’épaisseur seulement, le cœur Un hourdis en torchis non
restant intact. Dans le pan de bois, l’écartement des pièces parti- entretenu se dégradera vite, ce qui,
cipe à la protection 3 de la façade (d’autant plus quand il est hourdé à terme, mettra en danger les
assemblages en pied de poteau.
à la terre) car le feu se propage de bois en bois, par ondes de
chaleur.
Résistance à l’humidité
S’il est vrai que le premier ennemi du bois est l’humidité, il est éga-
lement certain que son immersion complète dans l’eau ne l’atteint
d’aucune manière, pour preuve, notamment, la technique de
construction sur pilotis, y compris dans des lagunes où l’eau est
chargée en sel, où le bois montre son imputrescibilité quasi 3. Lors de l’incendie de Troyes en
définitive. 1524, où le feu avait pris dans les
toitures de chaume, la poutraison
des façades et des planchers avait
résisté, ce qui permit à la ville
d’être entièrement reconstruite
dès 1536.
17
II Technique du pan de bois / Qualité s et dé fauts du bois
se creuse en cône.
rd
em
oel
le
18
Préparation du bois
Préparation du bois
Prédominance du chêne
Sans conteste, c’est le chêne qui a été prioritairement utilisé pour
construire en pan de bois, subsidiairement le châtaignier lorsque le
chêne manquait, voire le peuplier pour les bâtiments agricoles ou
même le pin dans la région gasconne. Mais dès qu’on en eut le
choix, le chêne forma structure ou, au moins, fut utilisé pour les
pièces recevant le plus de charges : poteaux principaux, sablières,
décharges.
Quasiment imputrescible lorsqu’il est mis en œuvre dans les
conditions adéquates, le chêne prédomine pour ses qualités de
résistance. Pour les pièces travaillant le plus on choisit du chêne
de bordure car, moins protégé que les arbres du centre de la forêt,
il a souffert lors de sa pousse et acquis une résistance incompa-
rable.
Abattu et mis en œuvre dans les
On a quelque peu perdu aujourd’hui cette intelligence du bois de conditions adéquates, le chêne est
construction, cette attention portée à ses caractéristiques particu- un matériau incomparable par sa
lières, qui permettait de juger d’un coup longévité et sa résistance.
d’œil qualités et défauts nés des condi-
tions de sa pousse, de son abattage, de
son stockage et de sa préparation.
Abattage de l’arbre
Dans la tradition, l’abattage se fait à un
moment où il est le moins gorgé de sève
et le plus chargé en résine (ces données
sont lisibles dans les cernes de crois-
sance d’un arbre), à savoir de novembre
à février-mars, quand la sève est basse
et que les feuilles sont tombées. On tient
compte aussi de la lune descendante.
Ces conditions d’abattage permettaient aussi de préserver l’arbre
des champignons lignivores (mérule), qui dénaturent les tanins pro-
tecteurs, infectent l’aubier (la chair vivante de l’arbre sous l’écorce)
en détruisant les matières ligneuses et facilitent l’attaque des
insectes xylophages.
19
II Technique du pan de bois / Pré paration du bois
Stockage du bois
Après abattage, l’arbre était autre-
fois entreposé sur place dans la
forêt, sur un terrain pentu pour
éviter que l’eau stagne en dessous
et que l’humidité pénètre le bois.
Aujourd’hui, on débarde les
grumes le plus tôt possible, on les
stocke à l’extérieur, sur cales pour
éviter le contact avec le sol et per-
mettre à l’air de circuler tout
autour.
On ne recouvre pas le bois d’une
bâche, ce qui risquerait d’entraîner
son échauffement et empêcherait
la pluie et la neige de le protéger
des champignons et des insectes.
Le bois est entreposé à l’air libre,
Les troncs sont écorcés avant débitage, pour éviter la présence de
sur cales, afin d’éviter les remontées
d’humidité risquant de l’affecter. cailloux et de terre risquant d’endommager les scies.
Le bois de chêne peut être stocké ainsi pendant deux, voire trois
ans, sans dommage. Équarris et débarrassés de leur aubier, les bois
sont difficilement attaquables, car le cœur de l’arbre, le duramen
ou bois parfait (en quelque sorte son squelette), ne peut être altéré.
20
Préparation du bois
Les termites
C’est le plus redouté des insectes xylophages, et il est vrai que le termite peut faire des ravages
quand les conditions sont propices à son activité.
À l’inverse des capricornes, des vrillettes et des lyctus, ce sont autant les insectes adultes que les
larves qui se nourrissent de la cellulose du bois.
Les régions méridionales sont de loin les plus atteintes, notamment la Gascogne. Mais on en
trouve aussi, en bien moindre quantité toutefois, jusque dans la région parisienne et en Normandie.
Les mêmes précautions dans la préparation des bois de charpente et l’entretien des maisons sont
à prendre à son égard que pour les autres insectes xylophages.
21
II Technique du pan de bois / Vocabulaire du pan de bois
22
Vocabulaire du pan de bois
Un vocabulaire précis
La bonne intelligence
entre les futurs acteurs du
chantier de restauration Lucarne à meneaux
(le propriétaire, l’artisan
Fenestron Fronton trilobé
et éventuellement l’archi- Croupe
tecte) découle de l’usage Saillie sur modillons
Décharge
d’un vocabulaire commun. Boutisse
Boutisse
Il est donc indispensable Décharge
Potelet
dans tout dialogue concer- Sablière
Lice de chambrée
nant une commande de Colombe Lice
travaux d’utiliser les mots Sablière Tournisses
justes. d’encorbellement Décharge
Solives Potelet d’allège
En évitant les confusions Console Sablière
dans la désignation des de chambrée
Croix-bonhomme
Lice
éléments de l’ossature et Sablière
d’encorbellement Décharge
du remplissage on s’épar- Tournisses
Solives
gnera des erreurs au Sablière
Console d’encorbellement
moment de la commande
Lice Poutre
écrite ou orale, ou lors de
Colombe Lice ou meneau
l’établissement du devis. Poteau Solin Dé Poteau cornier
Les deux schémas ci- Potelet d’allège Potelet d’allège
dessous et ci-contre per- Sablière de seuil Façade à pan de bois Façade à pan de bois Sablière de seuil
mettent de désigner avec encorbellement sur avec encorbellement sur
chacune des pièces 6 d’une solives. poutres.
structure à pans de bois.
6. Pour une définition précise de
ces éléments, on se reportera au
glossaire en fin d’ouvrage.
Poteau Tournisses Colombes Décharges
Sablière de chambrée
Lice
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II Technique du pan de bois / Principes de construction
Principes de construction
La structure
Le pan de bois, encore appelé colombage, voire, en Normandie,
galandage, est une structure porteuse constituée d’éléments verti-
7. Souvent appelées potelets bien caux et horizontaux.
que ce terme soit réservé aux bois
verticaux de faible hauteur situés Les poteaux et les sablières (dites aussi traverses) définissent des
sous les appuis des fenêtres : panneaux eux-mêmes subdivisés par des bois de section moindre,
les potelets d’allège. les colombes 7.
8. Voir chapitre I, page 12. Des décharges obliques reportent les charges, les surfaces 8 qu'elles
définissent étant tramées par des pièces de bois verticales qui s'y
assemblent, les tournisses, et parfois par des pièces horizontales,
les entretoises (appelées encore lisses ou lices). Aux variantes près
exposées dans le chapitre précédent, ce principe est systématique.
Les poteaux d’angle (ou poteaux corniers) et les poteaux princi-
paux portent la sablière haute (ou la sablière de chambrée dans le
cas d’un bâtiment de plusieurs niveaux) et s’appuient au sol par l’in-
termédiaire de dés en pierre.
La sablière basse, la sole, s’assemble aux poteaux et repose sur un
mur bahut, un solin, soubassement de pierres ou de briques maçon-
nées qui l’isole de l’humidité du sol.
Dans le cas où le remplissage du panneau se fait par un alignement
de colombes sans décharge, une pièce oblique prend parfois ces
9. Le coup d’éperon redresse le dernières en écharpe et les solidarise : c’est l’écharpe, ou éperon 9.
cheval et le remet en obéissance
et par analogie cette pièce Les assemblages
redresse ou tient la verticalité
des colombes. Toutes les pièces majeures de l’ossature ainsi que les pièces de
remplissage et les éléments de confortement des panneaux, liens,
guettes, éperons, s’assemblent à tenon et mortaise. Les tournisses
s’assemblent de biais aux décharges par un assemblage à oulices.
Tous ces assemblages sont chevillés.
D’autres assemblages seront éventuellement employés pour, dans
le cadre d’une restauration par exemple, raccorder bout à bout
deux éléments de sablière ou de poteaux : on parle alors
d’entures (à sifflet, à trait de Jupiter…).
24
Principes de construction
25
II Technique du pan de bois / Principes de construction
26
Principes de construction
Marteau Bisaiguë
Laceret de 18 millimètres
Rainette
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II Technique du pan de bois / Lire le pan de bois
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Lire le pan de bois
Poteaux intermédiaires
Comprendre les descentes Petite croix-bonhomme
Décharge en croix-
de charges bonhomme
Les descentes de charges dans un pan de
Sablière d’encorbellement
bois sont réparties sur les sablières de
Poutre
seuil, même si certains poteaux repren- About de poutre
Console
nent à eux seuls des charges ponc- Culée Console
tuelles. Les poteaux sont soulagés par Poteau Culée
les lices et les pièces obliques du pan de
bois, capables de reprendre une partie
des efforts tout en assurant les aplombs Poteau porteur intermédiaire Poteau porteur extérieur
des pièces verticales. Les poteaux trans-
mettent ensuite cette charge au sol. Principe des descentes de charges dans un pan de bois.
L’essentiel pour une bonne répartition
des charges dans un bâtiment en pans de
bois est d’avoir choisi des bois de
section suffisante et d’avoir réalisé un
assemblage soigneux des pièces.
29
L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
III
CHAPITRE
Vivre le pan
de bois
Certaines maisons à pans de bois ont un âge tout
à fait vénérable. D’autres, plus récentes, notam-
ment en milieu rural, sont très couramment âgées
d’un ou deux siècles. Cette longévité mérite donc
d’être prolongée en évitant de commettre des
erreurs graves, notamment en matière d’usage et
d’entretien de la maison que l’on habite.
Vivre dans une maison à pans de bois procure des
sensations très particulières que ne donne pas
une habitation construite en maçonnerie. L’odeur
du bois, les craquements liés à sa souplesse, une
chaleur naturelle du matériau engendrent des
ambiances incomparables.
Habiter une maison à pans de bois doit donc être
ressenti comme un privilège, une chance dont il
faut avoir conscience pour pouvoir la respecter et
rendre hommage à ceux qui l’ont construite et
habitée avant vous. Cet usage pertinent de la
maison ne connaît de règle que le bon sens, et
s’appuie sur la surveillance régulière et l’entretien
de ses parties constitutives.
III Vivre le pan de bois / Usage raisonné de la maison à colombages
Choix du remplissage
Usage raisonné de la maison
On évitera de remplacer les à colombages
hourdis traditionnels par un
remplissage plus dense, Favoriser une ventilation naturelle
plus dur que le bois, Les pages précédentes ont montré que l’ennemi du bois est l’hu-
comme, par exemple, de la midité stagnante, qui ronge sa chair par l’intermédiaire des cham-
brique pleine trop cuite, ou pignons lignivores et des insectes xylophages.
du parpaing de ciment, car
une humidité se créera Tout usage de la maison pouvant occasionner cette humidité devra
alors par condensation au donc être proscrit : enduits étanches sur les parois intérieures, iso-
contact du bois. On pré- lation plaquée contre les murs et ne laissant pas l’air circuler, fuites
férera la terre crue ou la d’eau persistantes des canalisations, infiltrations de l’eau de pluie
brique peu cuite, ou encore par le toit dont la couverture n’est pas entretenue, sols cimentés
les tuileaux largement emprisonnant la base des pièces de bois de la structure.
maçonnés à la chaux À l’extérieur, on s’interdira de même les recouvrements inoppor-
aérienne. tuns des façades par des enduits de ciment ou des placages des-
tinés à « enjoliver » la maison ou à
cacher le manque d’entretien des
hourdis de remplissage de l’entre-
colombage.
32
L’entretien du pan de bois
33
III Vivre le pan de bois / L’entretien du pan de bois
34
L’entretien du pan de bois
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L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
IV
CHAPITRE
Le diagnostic
Si, par nature, le pan de bois bénéficie d’une
longévité au moins égale à celle des maçonneries
de pierre ou de brique bien exécutées, des
malfaçons d’origine, de malencontreuses
interventions, l’usure des pièces de structure les
plus exposées aux actions de l’humidité, peuvent
engendrer des désordres dont certains seront
flagrants et d’autres auront des effets plus
pernicieux.
Il s’agit donc, pour tout propriétaire de maison
à pans de bois, comme, bien sûr, de tout
professionnel du bâti ancien, de pouvoir évaluer
la santé de l’édifice avant une intervention de
restauration, de réhabilitation ou d’extension.
Le diagnostic suppose l’examen méticuleux des
parties visibles ou cachées (notamment par des
enduits de nature diverse ou des revêtements de
protection) de la structure pour en déterminer les
désordres avant d’en connaître les causes et
d’envisager les réparations indispensables.
IV Le diagnostic / Recherche et é valuation des dé sordres
38
Les désordres flagrants
Le fléchissement et la rupture
des sablières d’étage
En fait, à l’inverse d’une poutre portant un plancher qui, sous l’effet
des charges qu’elle supporte, peut présenter une déformation
notable (fonction de ces charges et de sa portée), le fléchissement
d’une sablière ne peut être imaginé qu’en cas de rupture des
poteaux et décharges sous-jacents qui participent à la répartition
des charges que cette sablière reçoit.
Par contre, la rupture de la sablière elle-même peut survenir,
lorsque, mal protégée d’une descente de gouttière, elle pourrit et
propage son pourrissement aux pièces auxquelles elle est associée.
On vérifiera toujours l’état de cette pièce fondamentale, que l’on
a toujours cherché à protéger par un larmier (un bec-de-corbin)
d’apparence décorative, un auvent (cas très courant des maisons
alsaciennes mais aussi de Normandie), ou l’encorbellement des
étages supérieurs (cas des maisons urbaines où l’encorbellement
permet avant tout de contrebalancer la portée des poutres et de
préserver le rez-de-chaussée du ruissellement de la pluie).
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IV Le diagnostic / Les dé sordres flagrants
Le pourrissement de la base
d’un poteau d'angle
Le poteau cornier, reposant sur une semelle monolithe ou
faite d’une maçonnerie de pierres, peut, par dégradation
de cette dernière, être atteint par l’humidité du sol.
C’est d’ailleurs pour éviter ce désagrément que, dans la
tradition, on prenait soin d’intercaler une ardoise, parfai-
tement étanche, entre la base des poteaux et leur support.
40
Les désordres flagrants
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IV Le diagnostic / Les dé sordres caché s
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Les désordres cachés
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L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
V
CHAPITRE
Restaurer
le pan de bois
Le diagnostic a pu révéler des désordres sur
lesquels il convient d’intervenir. La plupart de ces
interventions nécessitent le recours à des artisans
spécialisés, ceux-là même généralement qui ont
conduit le diagnostic.
La capacité d’une maison à pans de bois à résister
aux déformations étant, comme nous avons pu le
constater, exceptionnelle, on peut, entre le
constat du désordre et l’intervention, se donner
le temps de la réflexion pour intégrer la
restauration du bâtiment dans un programme
plus large de travaux d’aménagement ou de
réhabilitation.
On pourra aussi réfléchir posément aux
entreprises auxquelles on fera appel, pour
trouver l’artisan le mieux adapté aux conditions
du futur chantier (compétence en matière de
constructions anciennes, sensibilité à la notion de
préservation du patrimoine, références sur des
interventions identiques).
Il est toujours instructif d’aller visiter des
chantiers équivalents et de discuter avec leurs
commanditaires et les artisans qui les ont
conduits.
V Restaurer le pan de bois / Principes de restauration
Principes de restauration
La réflexion préalable
MÛRIR SA DÉCISION La restauration d’une maison ancienne est effectivement un
Aucune réponse moment important, qui oblige à se poser des questions fondamen-
hâtive ne pouvant tales : quel type d’intervention faire, et quel sera son impact sur la
être apportée aux valeur esthétique des façades ? Comment concilier efficacité tech-
questions ayant trait nique, à moyen et long termes, et respect des caractéristiques his-
à la restauration, il toriques de la maison ? Quels matériaux de substitution ou
convient de se d’accompagnement admettre, et lesquels refuser ?
donner du temps, et Le bon sens exige que les solutions retenues soient toujours celles
fort heureusement la qui permettront à la construction de vivre le plus longtemps pos-
maison à pans de sible en assurant à ses habitants le maximum de confort et de satis-
bois vous permet de faction. Et si ces solutions sont celles de la tradition, pourquoi en
le prendre ! chercher d’autres, plus « modernes » mais peut-être plus aléatoires,
voire dangereuses pour la survie du bâtiment ?
46
Principes de restauration
Plate bande
Plate bande sur enture à sifflet
désabouté.
47
V Restaurer le pan de bois / Intervention sur un élément secondaire
Éléments de remplissage
Pour un élément de remplissage, le premier travail consiste à
retirer, de part et d'autre de la pièce détériorée, le hourdis et les
palançons qui le retiennent. On retire ensuite les chevilles bloquant
l’assemblage, puis on déboucle les mortaises (c’est-à-dire qu’on
agrandit l’entaille de mortaise pour pouvoir désengager le tenon
latéralement). On peut alors dégager la pièce.
Toutefois, lorsque les éléments de remplissage sont en ordre serré,
on peut, par souci d’économie et de gain de temps, et dans la
mesure où ces pièces ne sont pas porteuses, se contenter de scier
le bois pour l’ôter et mettre en place son remplaçant en le
clouant 21 en tête et en pied aux sablières. Le rétablissement ulté-
rieur du hourdis masquera cette intervention.
Éléments de décharge
Pour un élément de contreventement, on évitera de procéder ainsi.
Une guette ou un lien devront, en cas d’intervention, retrouver leur
assemblage à tenon et mortaise.
Pour une décharge, où s’assemblent de part et d’autre les tournisses,
20. Voir « Principes de construction », il faudra, en outre, retirer toutes ces pièces avant d’intervenir sur
page 24. celle-ci. Selon les cas, une décharge neuve est réalisée en atelier
ou une enture est effectuée pour remplacer la seule partie dété-
21. Dans le cas d’un pan de bois
riorée. On peut alors repositionner la pièce entre les sablières, la
destiné à être caché et dont les
éléments sont souvent en peuplier réassembler aux éléments de remplissage, puis ajouter une cale
le clouage, dès l’origine, de ces dans les mortaises de pied et de tête agrandies pour bloquer les
pièces secondaires est très courant. tenons.
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Intervention sur un élément majeur
Les poteaux
Pour un poteau on aura le plus souvent constaté le pourrissement
de son pied, au contact de la semelle, alors que la tête du poteau,
avec son assemblage avec la sablière intermédiaire, est saine.
On sectionne alors à la scie la partie atteinte, après avoir dégagé
le remplissage et étayé la poutre. On réalise ensuite, sur place, en
sous-face, une enture de poteau à l’aide d’un passe-partout ou
d’une tronçonneuse. Puis, on taille l'inverse de l’enture dans la
pièce de bois de remplacement et on emmanche les deux
pièces, sans jeu.
On procédera de manière identique si c’est la tête
du poteau qui, à la suite d’une fuite de chéneau
par exemple, a été dégradée.
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V Restaurer le pan de bois / Intervention sur un é lé ment majeur
Les sablières
Lorsque c’est le pied du poteau qui a été atteint, la sablière basse
qui s’y raccorde l’aura été aussi quasi inévitablement. Il y a donc,
dans ce cas, nécessité de tronçonner l’about de sablière dégradé,
de tailler une pièce neuve au même gabarit, avec tenon et mor-
taise, et de la raccorder à la sablière avec une enture horizontale.
Mais cette intervention sur la sablière suppose que l’on ait dégagé
22. Voir page 59. la maçonnerie du solin 22.
Dans d’autres cas, seule une partie médiane de la sablière a subi
des dommages, sans déversement de la poutre. Il faudra alors,
après avoir étayé, dégager la maçonnerie du solin de la zone
concernée, retirer les pièces verticales de
remplissage et, éventuellement, la décharge,
scier la partie de sablière atteinte, raccorder,
avec une enture, la pièce de remplacement
avec ses mortaises, remonter les pièces qui
s’y assemblent et, enfin, reconstituer la
maçonnerie du solin.
On aura compris qu’il s’agit là d’une interven-
tion longue à cause de la suite d’opérations
en cascade qu’elle suppose.
LES ENTURES
Pour toutes les interventions
mettant en œuvre des
entures, on conservera pour
les pièces de remplacement
les mêmes essences que
celles des bois d'origine.
50
Intervention sur un élément majeur
Le rehaussement de
la chaussée dans ce village
solognot a entraîné
l’enfouissement progressif
du solin. La sablière de seuil
se retrouve au niveau du sol.
La situation est aggravée par
la présence d’un enduit
de ciment.
51
V Restaurer le pan de bois / Reconstitution d’un élément détérioré
52
Reconstitution d’un élément détérioré
53
V Restaurer le pan de bois / Dé montage partiel ou complet
54
Démontage partiel ou complet
55
V Restaurer le pan de bois / Dé montage partiel ou complet
B 7
8 8 9 9 9 10 10 10
A 8
1 4
2 6
2 3 3 3 5 5 5 6
6
56
Démontage partiel ou complet
Le remontage des panneaux de la façade se fera dans le sens du marquage des pièces à partir des poteaux d’angle :
sablières de seuil, décharges, lices, etc.
57
V Restaurer le pan de bois / Redressement d’une faç ade
58
Reprise de solin
Reprise de solin
■ Principe du solin
La sablière basse d’une maison à pans de bois ne repose jamais sur La reprise du solin est réalisée partie
le sol. Dans une maison à encorbellement cette pièce reposera sur par partie (sur 1,5 mètre de linéaire).
un mur de soubassement faisant fréquemment la hauteur du rez- On peut interposer entre le sol et
de-chaussée et portera les poutres de l'étage. le matériau de remplissage un feutre
bitumeux évitant la remontée
Dans le cas d’une maison ordinaire la sablière s’as-
d’humidité par capillarité.
semble aux poteaux à une hauteur d’un demi-pied
au minimum si l’on est en présence d’affleurements
rocheux. Mais il est courant de voir un espace d’un
pied, voire deux pieds, séparer la sablière du sol.
La maçonnerie sous la sablière ne fait que l’isoler
de l’humidité et ne la porte pas. Par tassement au
cours des âges, il arrive cependant que la sablière
trouve sur ce solin une certaine assise.
Une dégradation de ce solin ne remet donc pas en
cause la stabilité de l’édifice. Toutefois, en favori-
sant les remontées capillaires du sol, elle pourra
contribuer au pourrissement de la face inférieure de
la sablière ce qui, à la longue, pourra entraîner son
affaissement et son déversement.
■ Méthode
La réalisation d’un solin intervient toujours en
dernier dans les opérations de construction, après le
montage complet de l’ossature mais avant l’exécu-
tion des hourdis de remplissage.
Dans le cas d’une intervention sur une sablière de
seuil dégradée (voir plus haut), on dégarnira le solin
sous-jacent de manière progressive, sur jamais plus
de 1 à 1,5 m de longueur à la fois, et on le reconsti-
tuera au fur et à mesure de l’avancée des travaux de
remise en état.
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V Restaurer le pan de bois / Isolation des parois
60
Note pratique
Note pratique
… pour préparer son chantier
de restauration
61
Annexes / Glossaire
Glossaire
About : Extrémité d’une pièce de bois, notamment d’un tenon coupé à l’équerre.
Allège : Partie du mur située entre l’appui d’une baie et le niveau d’un plancher.
Ancre : Élément de fer forgé fixé à l’extrémité d’un tirant métallique.
Assemblage : Procédé de liaison des pièces de bois entre elles par pénétration
et combinaison de section.
Aubier : Partie tendre d’un bois située entre l’écorce et le duramen, ou bois parfait.
Bardage : Revêtement d’une surface extérieure au moyen de bardeaux.
Bardeau : Petite tuile plate de bois permettant de recouvrir une toiture ou une
façade.
Bec-de-corbin : Moulure dont le profil, saillant, prend la forme d’un bec crochu.
Bille : Tronçon du fût d’un arbre avant équarrissage et débitage.
Bisaiguë (ou besaiguë) : Outil du charpentier composé d’une barre d’acier ter-
minée, à ses deux extrémités, par un bédane et un ciseau.
Blanchir : Retirer les inégalités les plus saillantes d’une pièce de bois par équarrissage.
Bois-de-brin : Pièce de bois de faible diamètre, à peine équarrie.
Capricorne : Insecte coléoptère dont la larve xylophage attaque les bois.
Chéneau : Petit canal chargé de recueillir et de diriger les eaux de pluie.
Cheville : Petite tige de bois dur taillée en cône à l’une de ses extrémités qui
traverse un assemblage et en assure la cohésion.
Ciseau : Outil à lame d’acier taillée en biseau (ciseau droit, à chanfrein, ciseau-
bédane…).
Champignon lignivore : Végétal cryptogamique, parasite du bois et des sur-
faces exposées à l’humidité.
Clayonnage : Tressage de tiges végétales sur lequel s’accroche le torchis.
Colombe : Élément vertical de l’ossature secondaire d’un pan de bois allant de
sablière à sablière.
Colombage : Structure en pans de bois dont les vides sont maçonnés ou
remplis en torchis.
Confortement : Renforcement, consolidation d’un ouvrage.
Contremarque (ou marque) : Signes tracés par le charpentier sur les pièces de
bois pour les reconnaître au moment du levage.
Contreventement : Ensemble des liens ou contrevents mis en place pour
contrer la déformation latérale d’une charpente ou d’une ossature, notamment
sous l’effet du vent.
Cornier : Dénomination particulière des poteaux situés à l’angle de deux
façades en équerre.
Croix de Saint-André : Assemblage de deux pièces de bois croisées pour
assurer une meilleure rigidité au panneau.
Dé : Élément en pierre, de forme cubique, servant de support à un poteau et
l’isolant du sol.
Debout : Le bois debout travaille en compression dans le sens perpendiculaire
au fil du bois.
« Déboucler une mortaise » : Élargir l’entaille d’une mortaise à l’aide d’une
tarière et d’un ciseau.
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Glossaire
Décharge : Pièce oblique fixée entre deux pièces horizontales afin d’assurer la
descente de charge de la traverse supérieure à la traverse inférieure.
Dépose : Démontage d’une pièce, d’un panneau ou d’un ouvrage afin d’effec-
tuer son remplacement ou sa réparation.
Descente de charges : Cheminement des charges dans un ouvrage.
Déversement : Déformation accidentelle d’un mur dont la partie supérieure
s’éloigne de l’aplomb.
Diagnostic : Analyse des désordres d’un ouvrage, visant à en évaluer l’origine
et la gravité, pour préconiser des remèdes.
« Donner de la tire » : Procédé consistant, lors de la réalisation d’un assemblage,
à percer en biais de manière à laisser une partie de bois au milieu du tenon.
Duramen (ou bois parfait) : Partie centrale du bois, après élimination de
l’écorce et de l’aubier.
Écharpe : Pièce secondaire oblique reliant deux ou plusieurs pièces parallèles.
Encorbellement : Ouvrage réalisé en porte-à-faux, et en surplomb, par rapport
aux façades des étages inférieurs.
Entaille : Évidement pratiqué dans une pièce de bois en vue de son assemblage
avec une autre (entaille droite ou en sifflet, entaille à queue-d’aronde, entaille
à mortaise…).
Entretoise : Pièce de bois maintenant l’écartement entre deux pièces pour les
empêcher de se gauchir. Dans les constructions à encorbellement, l’entretoise
assure la continuité entre les sablières haute et basse.
Enture : Assemblage bout à bout de deux pièces de bois taillées pour pouvoir
s’emboîter.
Éperon : Élément biais joignant deux pièces verticales et participant au contre-
ventement d’un pan de bois.
Épure : Représentation à l’échelle d’un ouvrage de charpente, en plan, coupe
et élévation.
Équarrir : Donner à l’équerre un bois en grume en ôtant les dosses au moyen
d’une scie ou d’une hache à équarrir.
Établissement : Ensemble des opérations allant du tracé des pièces jusqu’au
montage de l’ouvrage : l’établissement comprend le tracé des épures ou des
ételons, la sélection, l’équerrage et le marquage des bois, la taille des assem-
blages, et enfin le levage.
Étai : Pièce longue servant à reporter provisoirement vers un appui stable la charge
verticale d’une partie d’ouvrage ou à contrer latéralement un mur en dévers.
Étaiement : Dispositif permettant, à l’aide d’étais en bois ou en métal, de main-
tenir provisoirement un ouvrage.
Étançon : Gros poteau trapu, placé verticalement afin d’étayer un mur, un plan-
cher ou une poutre.
Ételon (ou étalon) : Épure en grandeur vraie d’un ouvrage de charpente, tracée
à même le sol de l’atelier.
Faïençage : Craquelure de surface prenant la forme de fins réseaux de micro-
fissures à maillage régulier.
Flambage (ou flambement) : Déformation courbe d’une longue pièce de bois
verticale ou d’un mur.
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Annexes / Glossaire
Flanc : Le bois de flanc (ou bois couché) est utilisé en position horizontale et
travaille en flexion.
Fléchissement : Déformation courbe d’une longue pièce de bois horizontale
sous l’effet d’une charge excessive ou d’une compression en bout.
Galandage : Mode constructif fait de cloisons non porteuses de distribution
intérieure, réalisées en brique ou tout autre élément maçonné.
Gauchissement (ou gauchiement) : Courbe légèrement vrillée d’une pièce de
bois ou d’un panneau qui étaient originellement plans.
Grume : Tronc d’arbre abattu, ébranché mais non écorcé.
Guette : Décharge ne s’assemblant pas dans deux éléments horizontaux mais,
respectivement, en tête et en pied dans un poteau et dans une sablière. Elle
tire son nom de la guêtre qui monte de la chaussure vers le haut de la jambe
(mais peut être aussi de la position d’un homme « aux aguets » derrière un tronc.)
Hourdis : Ensemble des matériaux (torchis, briques, tuileaux, pierres…) servant
à combler l’entre-colombage.
Insecte xylophage : Insecte parasite qui se nourrit du bois, que ce soit sous sa
forme larvaire (capricorne, lyctus, sirex, vrillette) ou sous sa forme adulte (termite).
Laceret : Outil servant à percer les trous de cheville.
Larmier (ou goutte d’eau) : Profil de la partie basse d’une corniche qui facilite
le ruissellement des eaux.
Levage : Pose, à leur place définitive, des pièces de bois préalablement prépa-
rées et pré-assemblées en atelier.
Lien : Pièce de consolidation posée en écharpe dans l’angle formé par deux
pièces de bois.
Linteau : Traverse raccordant, par le dessus, les deux montants d’une baie.
Lisse (ou lice) : Pièce de bois horizontale et rectiligne.
Marque du charpentier : Chiffre ou signe conventionnel d’identification gravé
par le charpentier sur les pièces.
Mérule : Champignon mou, parasite du bois, qui provoque à terme son pourrissement.
Mise dedans : Montage provisoire des pièces, au sol, en vue de réaliser ou de
vérifier les assemblages.
Mortaise : Entaille faite dans une pièce de bois, destinée à recevoir un tenon chevillé.
Noue : Angle rentrant formé par la jonction de deux versants de toits.
Oulice (ou houlice) : Mode d’assemblage classique d’une tournisse sur une
écharpe, soit d’une pièce verticale sur une pièce inclinée.
Ossature : Squelette formant la partie solide d’une construction avant remplissage.
Palançon (ou paleçon) : Bois formant l’armature d’un remplissage en torchis.
Pan de bois : Ensemble des pièces de bois formant l’ossature à claire-voie d’un
mur porteur.
Panneau : Zone comprise entre poteaux et sablières.
Passe-partout : Grande scie à bois sans cadre manipulée par deux personnes.
Portée : Distance comprise entre deux points d’appui successifs dans une
construction.
Poteau : Pièce verticale porteuse, en bois.
Poteau d’allège (ou potelet d’allège) : Petit poteau placé sous une fenêtre.
Potelet : Poteau court de pan de bois.
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Glossaire
65
Annexes / Bibliographie
Bibliographie
ASSOCIATION OUVRIÈRE DES COMPAGNONS DU DEVOIR
DU TOUR DE FRANCE, La charpente et la construction en bois,
« Encyclopédie des métiers », Librairie du compagnonnage, 1978.
BOITHIAS Jean-Louis et MONDIN Corinne, La maison rurale en
Normandie, Éd. Créer, tome 1-1978, tome 2-1979.
CHAUVET Jean-Yves, Vivre la maison lorraine, Jaher, 1981.
DEGEZ Albert, Le colombage vannetais, Bulletin de la Société poly-
matique, tome 107, 1980.
FUCH Maurice, La maison alsacienne à colombage, Berger-Levrault,
1977.
IMBAULT Daniel, La Champagne, architecture régionale, Jaher, 1986.
JOUSSE Mathurin, L’art de la charpenterie, Paris, 1751.
LELOUP Daniel, Les maisons à pans de bois de Bretagne, Éd. Ouest-
France, 2002.
QUENEDEY Raymond, L’habitation rouennaise (1926), Gérard
Monfort, 1977.
SOULAS Jean-Jacques, Dinan, guide de découverte des maisons à
pans de bois, Jaher, 1986.
66
Adresses utiles
Adresses utiles
Comité national pour le développement du bois (CNDB)
6, avenue de Saint-Mandé – 75012 Paris
Tél. : 01 53 17 19 60
http://www.cndb.org
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Annexes / Formation
Formation
Association Ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour
de France
82, rue de l’Hôtel-de-ville – 75180 Paris Cedex 04
Tél. : 01 44 78 22 50
http://www.compagnons-du-devoir.com
68
Table des matières
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Table des matières
70
Aux Éditions Eyrolles
Y. BENOIT/D. DIROL, Guide de reconnaissance des bois de France, 1999
L. COIGNET, La maison ancienne, 2e éd., 2006
CTBA, Le traitement des bois dans la construction, 2e éd., 2000
CTBA/Y. BENOIT, Le guide des essences de bois, 1997
M. EUCHER, Manuel des traits de charpente, 1997
M. GERNER, Les assemblages des ossatures et charpentes en bois, 1994
T. NOLL, Assemblages en bois, 2e éd., 2004
Conception graphique : Nord Compo
Mise en pages : Caroline Verret