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Colombage

Le document présente un guide sur le colombage, une technique de construction en bois utilisée en France depuis le XIVe siècle. Il aborde l'origine, l'évolution et la typologie régionale des maisons à colombages, tout en soulignant l'importance de l'entretien et de la restauration de ce patrimoine architectural. L'ouvrage vise à fournir des méthodes d'analyse et d'intervention pour préserver ces constructions historiques.

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Colombage

Le document présente un guide sur le colombage, une technique de construction en bois utilisée en France depuis le XIVe siècle. Il aborde l'origine, l'évolution et la typologie régionale des maisons à colombages, tout en soulignant l'importance de l'entretien et de la restauration de ce patrimoine architectural. L'ouvrage vise à fournir des méthodes d'analyse et d'intervention pour préserver ces constructions historiques.

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Chantiers Jean-Louis

pratiques VALENTIN
Le
colombage,
mode d’emploi

Lire et décrire le pan de bois


Diagnostiquer les désordres
Entretenir une maison à colombage
Restaurer le pan de bois
Le colombage,
mode d’emploi
Dans la même collection
Gil Eckert, Bien penser sa cuisine
Pierre-Gilles Bellin, Bien penser son chauffage au bois
Iris ViaGardini, Enduits et badigeons de chaux

Dans la même série


à paraître :
P. Thiébaut, Créer, modifier ses ouvertures
M. Dewuef, Le torchis, mode d’emploi

Série « Chantiers pratiques »


Conception, coordination générale et direction d’ouvrage : PATRIBAT productions
(Hervé Fillipetti, Fabienne Sébilo).

Crédit iconographique
Dessins : Cécile Gagnepain
Photographies : PATRIBAT productions

Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75 240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com

Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle de la
présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisa-
tion…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contre-
façon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre Français
d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS.

© Groupe Eyrolles, 2007


ISBN : 2-212-11983-6
ISBN 13 : 978-2-212-11983-1
Jean-Louis Valentin

Le colombage,
mode d’emploi
U n e t e c h n i q u e m i l l é n a i r e . . . t o u j o u r s d ’ a c t u a l i t é

Une technique
millénaire…
toujours d’actualité
Une grande partie du territoire français est concernée par le pan
de bois.
Jusqu’au XIXe siècle, on édifia des maisons en pans de bois, alors
même que cette technique existait déjà depuis au moins le
XIVe siècle, si l’on ne considère que les témoins encore présents
datant de cette époque. C’est dire que ce principe constructif a été
systématiquement employé, tant en milieu urbain qu’à la cam-
pagne, dès que cela a été possible ou nécessaire.
Il est évident que seules des qualités intrinsèques, notamment de
durabilité, peuvent expliquer la persistance de cette technique sur
une aussi longue période et dans un espace aussi large. Pourtant,
au XIXe siècle et surtout au XXe siècle, les constructions en pans de
bois furent frappées d’indignité, beaucoup considérant que ces
« maisons médiévales branlantes » n'avaient plus leur place dans
une société moderne, notamment urbaine.
On les cacha alors sous des enduits imitant la pierre appareillée,
pour leur donner une apparence d’honorabilité, et, surtout, on les
détruisit, par quartiers entiers, pour bâtir des immeubles modernes
qui, au mieux, dureraient soixante ans. Ces disparitions massives en
laissèrent cependant un nombre suffisant, surtout en milieu rural,
pour que leur valeur et leur intérêt soient à nouveau affirmés.
Aujourd’hui, des régions telles que la Normandie, la Picardie,
l’Artois, la Champagne, l’Alsace, l’Île-de-France, l’Orléanais, le Berry,
le Maine, la Bretagne, le Bourbonnais, la Bourgogne, la Gascogne,
le Pays Basque, présentent, avec des typologies différentes, de très
nombreux exemples, plus ou moins anciens, de bâtiments agricoles
et de maisons d’habitation construits en pans de bois.

4
Hors ces provinces où il s’impose de manière évidente dans les pay-
sages, le pan de bois est aussi, en une moindre mesure, présent dans
bien d’autres régions, où il marque essentiellement les centres
urbains.
Se posent alors, pour de nombreux propriétaires, les problèmes de
l’entretien, la restauration, la valorisation de ces édifices, certains
très modestes, d’autres étonnamment complexes.
Face à ce très riche patrimoine architectural, beaucoup d’erreurs
ont été commises, par ignorance ou incompétence professionnelle,
certaines ne remettant pas en cause l’équilibre des bâtiments,
d’autres, au contraire, occasionnant des désordres irréversibles.
L’objet de cet ouvrage 1 est de rappeler les grands principes qui 1. Seuls les problèmes de structure
régissent les constructions en pans de bois et de donner aux pro- seront abordés dans cet ouvrage,
priétaires privés, aux élus des communes, aux artisans et aux archi- les techniques de hourdis (dont
le torchis) étant traitées dans
tectes des méthodes d’analyse et d’intervention. Car seuls la
un autre volume.
parfaite maîtrise technique, mais aussi le bon sens, permettront de
donner aux vieilles maisons à pans de bois une seconde chance
pour que puissent s’affirmer leurs indéniables qualités – avérées
pendant de très nombreux siècles – tout au long du XXIe siècle
encore et même au-delà.

5
L e c o l o m b a g e , m o d e d ' e m p l o i
I
CHAPITRE

Origine
et présence
du colombage
À l’inverse d’une idée très répandue, le bois est
un matériau d’une résistance et d’une longévité
hors du commun. C’est à cause d’une mécon-
naissance profonde des qualités de ce matériau
que ces préjugés, alimentés par l’idée d’un
confort et d’une modernité qui ne pourraient
être assurés que par la pierre, firent perdre,
surtout à partir de la fin du XIXe siècle, le
« réflexe bois » en matière de construction.
On perdait ainsi le fil d’une histoire technologique
vieille de plusieurs milliers d’années, qui avait
donné à ce matériau une place fondamentale
dans de nombreuses régions du monde.
Héritière de cette culture très ancienne du bois,
la construction à colombage, qui fit d’abord
appel à des techniques rudimentaires, trouva
rapidement son plein épanouissement et, dès le
XIVe siècle, offrit dans les assemblages des pièces
mises en œuvre une sophistication poussée à
l’extrême.
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Histoire du colombage

Histoire du colombage
S’il est difficile de dater l’apparition du pan de bois en France, on
peut néanmoins émettre plusieurs hypothèses.
Tout d’abord, cette technique se place dans une logique d’éco-
nomie de matériau, de recherche de légèreté de la construction et
de facilité de mise en œuvre. Entre une
construction faisant appel aux troncs d’arbre
massifs empilés ou juxtaposés et une
construction à pans de bois, on comprend
vite la différence de volume du matériau
transporté mis en œuvre.
Si la forêt est largement dominante sur notre
territoire jusqu’aux XIIe, XIIIe siècles, l’expan-
sion de l’agriculture, le développement de la
marine, l’accroissement du nombre des
forges, entraînèrent rapidement une diminu-
tion des surfaces forestières qui conduisit à
une réflexion sur leur usage et leur gestion. La
construction à pans de bois trouvait naturel-
lement sa place dans cette recherche.
Par ailleurs, si l’insécurité du haut Moyen Âge
obligeait à concevoir des édifices pouvant
résister à des assauts violents (rôle des palis-
sades et des fortifications édifiées en rondins
juxtaposés ou superposés), une plus grande
stabilité politique permit, à partir d’une cer-
taine époque, de développer des construc-
tions en pans de bois résistant certes au
temps, mais présentant une fragilité au
niveau du remplissage entre les bois de l’os-
sature (généralement traité en torchis).
Détail de façade d’une maison du On vérifie cette hypothèse en constatant que
pays d’Auge, où les poteaux de certaines « maisons fortes » médiévales (maisons de justice et
remplissage forment une grille serrée, prisons) construites en pans de bois réduisent l’écartement entre
barrée d’éperons et de décharges. les pièces verticales et en augmentent la section, les rapprochant
ainsi des troncs juxtaposés cités plus haut (pose dite « bois pour
bois » ou « tant plein que vide »).

8
Histoire du colombage

Face à ces considérations, on peut supposer que la


technique du pan de bois dut véritablement s’affirmer
à partir des XIIe-XIIIe siècles. Toutefois, les fouilles
archéologiques ont pu révéler la présence, dès le
Néolithique, de techniques de construction s’apparen-
tant au pan de bois.
Une très longue période d’expérimentation, d’amélio-
ration progressive de la technique, notamment par le
perfectionnement des outils, a permis d’aboutir aux
constructions les plus anciennes encore intactes que
nous a léguées l’Histoire (par exemple à Troyes la
façade de l’hôtel du Champ des oiseaux, qui présente
des caractéristiques techniques du XIIIe siècle, avant
confirmation par dendrochronologie), où la science
des assemblages est parfaitement maîtrisée.
Au XVIe siècle, la technique du pan de bois atteint une
perfection qui ne sera jamais mise en défaut lors des
siècles ultérieurs.
Aujourd’hui encore, les bâtiments de cette époque
constituent des références en matière d’intelligence
technologique et de compréhension du matériau bois,
dont on a su tirer alors le meilleur de ses performances.
Maison dite « d’Adam » à
Angers. Datant de la fin
du XVe siècle, elle exprime
tout le raffinement que l’on
a pu atteindre dans l’art du
pan de bois à cette époque.

Manoir de Coupesarte, dans le


Calvados. La technique du colombage
a concerné l’ensemble du bâti, du plus
modeste bâtiment agricole au manoir
le plus élégant.

9
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Typologie ré gionale des maisons à colombages

Typologie régionale des maisons à colombages


La présence de très nombreuses constructions en pans de
bois en France est loin de conduire à des paysages bâtis
uniformes. En effet, si le principe constructif reste le
même, des différences notables marquent le bâti des
régions où le pan de bois se manifeste, en particulier la
visibilité ou la non-visibilité de la structure.

Pan de bois caché


Dans des régions telles que la Picardie, l’Artois, une partie
du pays de Caux en Normandie, le Beauvaisis en Île-de-
France, la structure est cachée par un clayonnage fixé sur
Bâtiment agricole en pays d’Auge, présentant
la charpente et enduit de torchis. Rien alors, si ce n’est la
une trame régulière, typique du pan de bois
normand, avec colombes très rapprochées. dégradation de ce revêtement, ne permet de déchiffrer
la façade. Le pan de bois formant structure de ces édi-
fices n’est pas destiné à être vu : ses éléments sont géné-
ralement de médiocre qualité et sans intérêt esthétique.

Maison du Labourd, en Pays Basque. Le pan de bois y est très


sobre, sans décor, et les poteaux de remplissage très espacés et
de faible section.

Maison du Sundgau, en Alsace. Dans cette région le


pan de bois est avant tout marqué par le jeu des lisses
structurant horizontalement des panneaux barrés par
des décharges rarement rectilignes.

10
Typologie régionale des maisons à colombages

On a pu enfin en milieu urbain (mais cette pratique Maison du Ternois, en Artois. Le pan de bois
n’intervient en général pas avant le XVIIIe siècle), disparaît totalement sous un enduit de terre qui
cacher les pans de bois comme une chose indigne, recouvre un lattis cloué à l’ossature.
pour faire oublier une technique apparentée aux
bâtiments ruraux, et donner l’illusion d'une
maçonnerie de pierres enduites.

Bâtiments agricoles du Briennois, en


Champagne. L’essentage de planches posées
à clins, avec joints continus, protège le pan
de bois formant structure des murs.

Pan de bois protégé LUTTER


Dans un certain nombre de cas, on a pu protéger les façades les CONTRE L’INCENDIE
plus exposées aux vents humides en clouant sur les éléments de On ne confondra pas
l’ossature des tuileaux de terre cuite, des ardoises ou encore des la pratique régionale
bardeaux de bois. Les exemples sont nombreux en Normandie, en du bardage avec celle
Bretagne, en Champagne. de nombreux centres
urbains où, pour des
Pan de bois visible problèmes de sécurité,
des arrêtés
Lorsque les pans de bois sont visibles (cas de la plupart des régions) municipaux obligèrent,
on peut noter des différences régionales dans la structure, au à des époques
niveau des éléments de subdivision des panneaux, des éléments de diverses, à recouvrir
confortement, des éléments de décor enfin.
les façades d'un
■ Éléments de subdivision des panneaux enduit de terre ou de
Une première distinction est donnée par la présence plus ou moins plâtre les protégeant
importante de pièces verticales 2 de remplissage des panneaux de l'incendie et
(colombes et tournisses) : très rapprochés dans le pays d’Auge ou cachant des pans de
dans le Briennois en Champagne par exemple, ils seront peu nom- bois à l'origine
breux et très espacés dans le Marensin landais ou la Basse-Navarre visibles.
basque.

2. Voir « Principes
de construction », page 25.

11
I O r i g i n e e t p r é s e n c e d u c o l o m b a g e / Typologie ré gionale des maisons à colombages

De même, la section de ces pièces est très variable. Dans des


régions telles que l’Arcesais et le Briennois en Champagne, le
Sundgau en Alsace, le Pays Fort en Berry, ainsi qu’en Bresse par
exemple, le remplissage des panneaux est avant tout réalisé à par-
tir d’éléments horizontaux (lisses). Cette pratique, qui marque prio-
ritairement la partie haute des bâtiments, semble,
par son aspect fruste, être le fait d’époques plus
anciennes.
■ Éléments de confortement des panneaux
La présence ou l’absence de pièces obliques
servant à contreventer les panneaux (écharpes,
éperons, liens, guettes, croix de Saint-André), et
leur organisation plus ou moins répétitive sur les
façades, introduisent des différences fondamen-
tales forgeant pour l’essentiel l’image régionale
des maisons à pans de bois.
Maison du Marensin, dans les landes On pourra ainsi, par exemple, opposer un pan de
de Gascogne. bois solognot en Orléanais, ou augeron en Normandie, où les
La façade est compartimentée en décharges se succèdent en formant de véritables frises, à un pan
panneaux contreventés en partie de bois du pays de Caux en Normandie encore, où seules les
haute par des liens. colombes verticales rythment les façades.

Détail d’une maison du Briennois, en Champagne.


Elle se caractérise par l’absence de poteaux et de
tournisses et la multiplication des lisses venant
s’assembler dans une décharge courbe.

Maison du Perthois, en Champagne.


Jeu régulier des poteaux, sablières et
décharges. La façade est protégée par le
débordement du toit formant demi croupe.

12
Typologie régionale des maisons à colombages

■ Éléments de décor
Les charpentiers ont pu introduire des figures géo-
métriques, très souvent liées aux éléments de
décharge et de contreventement, dont le rôle déco-
ratif et symbolique double la fonction technique.
Des régions comme la Normandie, la Bretagne, la
Champagne, mais surtout l’Alsace ont ainsi déve-
loppé un art très abouti du décor du pan de bois.
Toutefois, il faut bien se garder de penser que
cette expression régionale des pans de bois se
manifeste par des paysages bâtis homogènes.
Au sein de territoires restreints, de «pays » regroupant quelques Sur ce pignon du Sundgau,
communes, l’histoire des populations, les contraintes du milieu envi- en Alsace, les pièces de décharge
ronnant, la disponibilité en bois, la plus ou moins grande richesse des s’opposent d’un panneau à l’autre
en composant un véritable décor.
constructeurs, la persistance de techniques archaïques, l’existence de
programmes plus ou moins ambitieux, ont pu conduire à une grande
hétérogénéité de traitements structurels et d’organisations de façade.
La diversité des pans de bois régionaux est ainsi prodigieuse, si l’on
considère l’ensemble des paramètres impliqués. Seule une approche
très fine de la construction sur laquelle on veut intervenir, et une ana-
lyse complète des éléments qui la composent, permettront d’en com-
prendre l’originalité, voire le caractère unique, la distinguant des
maisons environnantes.

Décor recherché sur un bâtiment de ferme


en pays d’Auge, avec doublement
des branches des croix de Saint André
marquant le niveau du plancher d’étage.

13
L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
II
CHAPITRE

Technique
du pan de bois
Un bois, bien préparé et mis en œuvre dans les
conditions requises peut, sans recours à
quelque protection artificielle que ce soit,résister
des centaines, voire des milliers d'années.
Pour ce faire, il convient de respecter le matériau,
d’en comprendre tous les aspects, de lui
donner le juste rôle dans une construction en
fonction de l’essence d’arbre utilisée, de ses
performances, de ses qualités et défauts.
Matériau vivant, le bois souffre plus des
indélicatesses des hommes à son égard que
d’une fragilité dont on voudrait souvent le
charger par simple méconnaissance de sa
nature profonde.
Intervenir sur un pan de bois ne peut se faire
que dans la parfaite maîtrise d’un métier nourri
d’une culture qui ne se résume pas à la
manipulation d’outils transformant l’arbre en
poutres.
II Technique du pan de bois / Qualité s et dé fauts du bois

Qualités et défauts du bois


Le bois offre un rapport volume/poids très avantageux pour des
bâtiments élevés sur des sols instables. Sa « masse volumique »
autorise ainsi des constructions sur des terrains marécageux, ce qui
est inconcevable pour un édifice en pierre.

Résistance thermique
La faible épaisseur d’un mur en pans de bois (de l’ordre de 18 cen-
timètres) rend son usage intéressant dans l’optique d’un gain de sur-
face habitable par rapport à l’emprise au sol de la maison. Dans le
même temps, et malgré cette faible épaisseur, son coefficient de
résistance thermique le rend très compétitif par rapport à d’autres
matériaux. Ainsi, un mur en pans de bois avec un hourdis en torchis
aura un coefficient de résistance thermique
bien supérieur à celui d’une maçonnerie tradi-
tionnelle.
De plus, le bois absorbe sans difficulté des varia-
tions de température que ne supporterait pas la
pierre.

Résistance mécanique
La résistance à la compression d’un bois debout
est quasi illimitée dans l’hypothèse de bâtiments
de plusieurs étages. Sa structure fibreuse, plus ou
moins dense selon l’essence, l’âge et les condi-
tions de pousse de l’arbre utilisé, le rendent alors
indéformable même avec des bois de section
modeste.

Commune du pays d’Auge.


La multiplication des guettes introduit
un jeu esthétique qui fait oublier
leur rôle de pièces de contreventement.

16
Qualités et défauts du bois

La section des bois utilisés, augmentée de la portée des poutres et


des charges à recevoir, feront varier la résistance à la flexion des
bois de flanc. Arbitrairement, le charpentier retiendra une section
de 25 centimètres pour une portée de 5 mètres. Mais le problème
est marginal dans les constructions à pans de bois, où les charges
sont reprises et distribuées. Une sablière d’étage, sur laquelle
repose un plancher, répartit tou-
jours les charges sur l’ensemble
du panneau : il n’y a donc pas de
flexion mesurable à son égard.

Résistance au feu
On a également commis beau-
coup d’erreurs de jugement à
propos de la faible résistance du
bois face au feu. Le bois massif
brûle pourtant très lentement :
1 centimètre au maximum par
heure pour une intensité cons-
tante du feu à 900 °C.
Au-delà de cette température, il
charbonne sur 2-3 centimètres d’épaisseur seulement, le cœur Un hourdis en torchis non
restant intact. Dans le pan de bois, l’écartement des pièces parti- entretenu se dégradera vite, ce qui,
cipe à la protection 3 de la façade (d’autant plus quand il est hourdé à terme, mettra en danger les
assemblages en pied de poteau.
à la terre) car le feu se propage de bois en bois, par ondes de
chaleur.

Résistance à l’humidité
S’il est vrai que le premier ennemi du bois est l’humidité, il est éga-
lement certain que son immersion complète dans l’eau ne l’atteint
d’aucune manière, pour preuve, notamment, la technique de
construction sur pilotis, y compris dans des lagunes où l’eau est
chargée en sel, où le bois montre son imputrescibilité quasi 3. Lors de l’incendie de Troyes en
définitive. 1524, où le feu avait pris dans les
toitures de chaume, la poutraison
des façades et des planchers avait
résisté, ce qui permit à la ville
d’être entièrement reconstruite
dès 1536.

17
II Technique du pan de bois / Qualité s et dé fauts du bois

4. Cette peau duveteuse en conti-


nuelle formation, de couleur grise, Résistance aux attaques des champignons
est appelée « peluche ». et des insectes
5. Voir aussi « Les termites », Ce n’est pas tant l’eau qui est à craindre que l’attaque menée, dans
page 21.
un milieu humide mais aérien, par les champignons qui ouvrent la
voie aux insectes. En effet le bois, par sa structure même, et pour
Aubier et duramen
autant que l’on ait respecté lors de son équarrissage le sens des
On distingue dans un arbre fibres qui le composent, est naturellement imperméable grâce à la pro-
deux parties successives tection donnée, en surface, par les fibres de cellulose4 s’alignant
(comme on distingue chez sur le ruissellement de l’eau.
un homme la chair et le
D’où la nécessité de placer le bois dans son « bon sens » quand on
squelette) :
le met en œuvre dans une construction. La pluie qui fouette une
■ l’aubier, ou faux-bois, façade n’est donc en aucun cas un danger pour la maison à pans de
directement sous l’écorce; bois car le moindre souffle d’air ou rayon de soleil les assèche rapide-
■ le duramen, ou bois par- ment. Mais qu’une voie d’eau amène l’humidité à stagner dans
fait, le cœur de l’arbre, né de l’une de ses parties, notamment ses assemblages, et de graves
la transformation de l’aubier. dégâts peuvent l’affecter.
L’aubier est, en fait, la partie Enfin, on reproche généralement au bois sa fragilité face aux
vivante de l’arbre, où circule insectes5 xylophages, tels que capricornes et vrillettes. Mais si
la sève. Son épaisseur est ceux-ci pénètrent effectivement son aubier, ils ne peuvent attaquer
variable. La croissance de le cœur de l’arbre, qui secrète des tanins arrêtant leur progression.
l’arbre est liée à l’épaisseur On retiendra donc au
d’aubier qu’il peut faire en total que les défauts dont
une saison. Plus un arbre est on accuse le bois ne pro-
vieux, moins son aubier est cèdent le plus souvent
épais . (Un chêne de 80 cen- que d’une incompréhen-
timètres de diamètre n’a sion de ses qualités intrin-
plus que 2 centimètres d’au- sèques conduisant à des
bier, tandis qu’un jeune usages aberrants, qui se-
chêne de 10 centimètres de ront développés plus loin.
diamètre peut avoir 6 centi-
mètres d’aubier). Un très
Éc er
Lib bier
orc
Au

vieil arbre peut ne plus avoir


e
Du ois p

d’aubier car il s’altère. Il a


b
ram arf
en ait

des gerces ; l’écorce com-


ou

mence à s’ouvrir et son pied



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se creuse en cône.
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le

18
Préparation du bois

Préparation du bois
Prédominance du chêne
Sans conteste, c’est le chêne qui a été prioritairement utilisé pour
construire en pan de bois, subsidiairement le châtaignier lorsque le
chêne manquait, voire le peuplier pour les bâtiments agricoles ou
même le pin dans la région gasconne. Mais dès qu’on en eut le
choix, le chêne forma structure ou, au moins, fut utilisé pour les
pièces recevant le plus de charges : poteaux principaux, sablières,
décharges.
Quasiment imputrescible lorsqu’il est mis en œuvre dans les
conditions adéquates, le chêne prédomine pour ses qualités de
résistance. Pour les pièces travaillant le plus on choisit du chêne
de bordure car, moins protégé que les arbres du centre de la forêt,
il a souffert lors de sa pousse et acquis une résistance incompa-
rable.
Abattu et mis en œuvre dans les
On a quelque peu perdu aujourd’hui cette intelligence du bois de conditions adéquates, le chêne est
construction, cette attention portée à ses caractéristiques particu- un matériau incomparable par sa
lières, qui permettait de juger d’un coup longévité et sa résistance.
d’œil qualités et défauts nés des condi-
tions de sa pousse, de son abattage, de
son stockage et de sa préparation.

Abattage de l’arbre
Dans la tradition, l’abattage se fait à un
moment où il est le moins gorgé de sève
et le plus chargé en résine (ces données
sont lisibles dans les cernes de crois-
sance d’un arbre), à savoir de novembre
à février-mars, quand la sève est basse
et que les feuilles sont tombées. On tient
compte aussi de la lune descendante.
Ces conditions d’abattage permettaient aussi de préserver l’arbre
des champignons lignivores (mérule), qui dénaturent les tanins pro-
tecteurs, infectent l’aubier (la chair vivante de l’arbre sous l’écorce)
en détruisant les matières ligneuses et facilitent l’attaque des
insectes xylophages.

19
II Technique du pan de bois / Pré paration du bois

Stockage du bois
Après abattage, l’arbre était autre-
fois entreposé sur place dans la
forêt, sur un terrain pentu pour
éviter que l’eau stagne en dessous
et que l’humidité pénètre le bois.
Aujourd’hui, on débarde les
grumes le plus tôt possible, on les
stocke à l’extérieur, sur cales pour
éviter le contact avec le sol et per-
mettre à l’air de circuler tout
autour.
On ne recouvre pas le bois d’une
bâche, ce qui risquerait d’entraîner
son échauffement et empêcherait
la pluie et la neige de le protéger
des champignons et des insectes.
Le bois est entreposé à l’air libre,
Les troncs sont écorcés avant débitage, pour éviter la présence de
sur cales, afin d’éviter les remontées
d’humidité risquant de l’affecter. cailloux et de terre risquant d’endommager les scies.
Le bois de chêne peut être stocké ainsi pendant deux, voire trois
ans, sans dommage. Équarris et débarrassés de leur aubier, les bois
sont difficilement attaquables, car le cœur de l’arbre, le duramen
ou bois parfait (en quelque sorte son squelette), ne peut être altéré.

Analyser la mise en œuvre des éléments


du pan de bois est indispensable
avant d’envisager les interventions de
restauration. On évitera ainsi de
conduire des travaux qui contrediraient
la logique historique du bâtiment ou
qui aggraveraient les dégradations.

20
Préparation du bois

Mise en œuvre du bois


On évite le plus souvent de travailler des bois secs, notamment le
chêne, car leur dureté les rend alors très difficiles à façonner.
Les bois vont terminer leur séchage alors qu’ils sont déjà mis en
œuvre dans la construction (cela peut provoquer du jeu dans les
assemblages lors de leur retrait, mais sans véritable inconvénient
pour l’édifice).
Pour les mêmes raisons, le charpentier utilisant des bois de
réemploi cherchera à éviter au maximum d’avoir à les retravailler.

Preuve de réemploi pour cette


traverse : les traces des encoches
destinées, dans son usage précédent,
à accueillir l’extrémité de paleçons.
On n’hésitait pas à montrer
ces pièces de réemploi même dans
le cas de colombages apparents.

Les termites
C’est le plus redouté des insectes xylophages, et il est vrai que le termite peut faire des ravages
quand les conditions sont propices à son activité.
À l’inverse des capricornes, des vrillettes et des lyctus, ce sont autant les insectes adultes que les
larves qui se nourrissent de la cellulose du bois.
Les régions méridionales sont de loin les plus atteintes, notamment la Gascogne. Mais on en
trouve aussi, en bien moindre quantité toutefois, jusque dans la région parisienne et en Normandie.
Les mêmes précautions dans la préparation des bois de charpente et l’entretien des maisons sont
à prendre à son égard que pour les autres insectes xylophages.

21
II Technique du pan de bois / Vocabulaire du pan de bois

Vocabulaire du pan de bois


DÉNOMINATION
DES PIÈCES Comme toute technique de construction, le pan de bois a généré
un vocabulaire très riche pour désigner chacune des pièces entrant
Toutes les pièces
dans la composition des façades et la mise en œuvre des éléments
horizontales d'une
constitutifs des murs. Ces termes techniques ont parfois leurs
façade à pans de bois interprétations régionales, souvent simples déformations du terme
ne sont pas des « scientifique ».
sablières et toutes les
pièces verticales ne
prennent pas le nom Origine des termes
de poteau. Chaque Les colombes, pièces de bois verticales montant de sablière à
élément constitutif du sablière et constituant le remplissage, tirent leur nom du columna
pan de bois a un rôle latin désignant la colonne.
précis à jouer et ce Le terme de sablière donné aux pièces de bois horizontales prin-
rôle, comme la place cipales, venant de sable, peut être une réminiscence d’époques
qu'il occupe dans la anciennes où le bâtiment s’appuyait directement sur le sol.
façade, lui ont donné Quant aux décharges, pièces obliques mettant en relation deux
son nom. sablières successives ou une sablière et un poteau, elles reportent
effectivement les charges des parties supérieures du bâtiment vers
la sablière basse et les poteaux porteurs.
De même, la guette, pièce de contreventement reliant en partie
basse une sablière et un poteau, ne doit pas être confondue avec
le lien qui, lui, relie en partie haute sablière intermédiaire ou haute
et poteau.

Poteau long Poteau court

(décharges coupées pour l’origine, sans doute


positionner les fenêtres) par le palefrenier

22
Vocabulaire du pan de bois

Un vocabulaire précis
La bonne intelligence
entre les futurs acteurs du
chantier de restauration Lucarne à meneaux
(le propriétaire, l’artisan
Fenestron Fronton trilobé
et éventuellement l’archi- Croupe
tecte) découle de l’usage Saillie sur modillons
Décharge
d’un vocabulaire commun. Boutisse
Boutisse
Il est donc indispensable Décharge
Potelet
dans tout dialogue concer- Sablière
Lice de chambrée
nant une commande de Colombe Lice
travaux d’utiliser les mots Sablière Tournisses
justes. d’encorbellement Décharge
Solives Potelet d’allège
En évitant les confusions Console Sablière
dans la désignation des de chambrée
Croix-bonhomme
Lice
éléments de l’ossature et Sablière
d’encorbellement Décharge
du remplissage on s’épar- Tournisses
Solives
gnera des erreurs au Sablière
Console d’encorbellement
moment de la commande
Lice Poutre
écrite ou orale, ou lors de
Colombe Lice ou meneau
l’établissement du devis. Poteau Solin Dé Poteau cornier
Les deux schémas ci- Potelet d’allège Potelet d’allège
dessous et ci-contre per- Sablière de seuil Façade à pan de bois Façade à pan de bois Sablière de seuil
mettent de désigner avec encorbellement sur avec encorbellement sur
chacune des pièces 6 d’une solives. poutres.
structure à pans de bois.
6. Pour une définition précise de
ces éléments, on se reportera au
glossaire en fin d’ouvrage.
Poteau Tournisses Colombes Décharges

Sablière de chambrée

Lice

Solin Sablière de seuil Décharge Poteau porteur


assemblé avec la
poutre intérieure

23
II Technique du pan de bois / Principes de construction

Principes de construction
La structure
Le pan de bois, encore appelé colombage, voire, en Normandie,
galandage, est une structure porteuse constituée d’éléments verti-
7. Souvent appelées potelets bien caux et horizontaux.
que ce terme soit réservé aux bois
verticaux de faible hauteur situés Les poteaux et les sablières (dites aussi traverses) définissent des
sous les appuis des fenêtres : panneaux eux-mêmes subdivisés par des bois de section moindre,
les potelets d’allège. les colombes 7.
8. Voir chapitre I, page 12. Des décharges obliques reportent les charges, les surfaces 8 qu'elles
définissent étant tramées par des pièces de bois verticales qui s'y
assemblent, les tournisses, et parfois par des pièces horizontales,
les entretoises (appelées encore lisses ou lices). Aux variantes près
exposées dans le chapitre précédent, ce principe est systématique.
Les poteaux d’angle (ou poteaux corniers) et les poteaux princi-
paux portent la sablière haute (ou la sablière de chambrée dans le
cas d’un bâtiment de plusieurs niveaux) et s’appuient au sol par l’in-
termédiaire de dés en pierre.
La sablière basse, la sole, s’assemble aux poteaux et repose sur un
mur bahut, un solin, soubassement de pierres ou de briques maçon-
nées qui l’isole de l’humidité du sol.
Dans le cas où le remplissage du panneau se fait par un alignement
de colombes sans décharge, une pièce oblique prend parfois ces
9. Le coup d’éperon redresse le dernières en écharpe et les solidarise : c’est l’écharpe, ou éperon 9.
cheval et le remet en obéissance
et par analogie cette pièce Les assemblages
redresse ou tient la verticalité
des colombes. Toutes les pièces majeures de l’ossature ainsi que les pièces de
remplissage et les éléments de confortement des panneaux, liens,
guettes, éperons, s’assemblent à tenon et mortaise. Les tournisses
s’assemblent de biais aux décharges par un assemblage à oulices.
Tous ces assemblages sont chevillés.
D’autres assemblages seront éventuellement employés pour, dans
le cadre d’une restauration par exemple, raccorder bout à bout
deux éléments de sablière ou de poteaux : on parle alors
d’entures (à sifflet, à trait de Jupiter…).

24
Principes de construction

Préparation des pièces 10. Voir la figure page 27.


L’ensemble de ces pièces a, en préalable au chantier proprement
dit, été évalué et détaillé par le charpentier (c’est ce que l’on FONCTION
appelle « faire le débit du bois ») à partir du projet qui lui a été DES ASSEMBLAGES
soumis (restauration partielle ou construction).
Ce sont les
■ Sélection des bois assemblages,
Le bois de chacune des pièces envisagées aura été choisi dans le fonctionnant comme
stock des bois anciens et des bois neufs dont il dispose, en fonc- autant d'articulations,
tion des contraintes qu’elles auront à subir dans l’édifice et du rôle qui vont donner sa
esthétique qu’elles auront éventuellement à jouer. souplesse à la
■ Réalisation des pièces structure et lui
Après façonnage en atelier de toutes les pièces (y compris des permettre de subir
tenons, mortaises, trous de cheville et rainurages de blocage des sans dommage des
paleçons), à partir de l’épure (plan à échelle réduite) et de l’étalon déformations
ou ételon (tracé en grandeur vraie sur le sol de l’atelier), et avec importantes.
l’aide des outils 10 appropriés, les
éléments constitutifs du pan de
bois sont assemblés une pre-
Queue-d’aronde en long
mière fois à plat pour vérifier les
liaisons, façade par façade, avant
que l’édifice ne soit élevé sur son
site : c'est la mise dedans à blanc. Croix

■ Chevillage des assemblages


Les assemblages sont alors
testés avec des chevilles métal- Queue-d’aronde en
liques qui, lors du levage sur le Tenon-et-mortaise assemblage superposé
chantier, seront remplacées par
des chevilles en bois d’acacia
préparées en atelier. On vérifie à Enture à sifflet désabouté
ce moment qu’il n’y a pas de jeu
dans la tire des tenons (on dit
« tâter la tire »).

Queue-d’aronde par bout

Trait de Jupiter Enture à bois debout

25
II Technique du pan de bois / Principes de construction

Établissement des pièces


Chaque pièce de l’ossature et du rem-
Les marques de charpentier plissage a été au préalable marquée à
1 19 la rainette d’un signe désignant son
Un franc 2 20 emplacement dans la façade. Ces
3 21 marques de charpentier, utilisées
Un contremarque
depuis toujours, avec quelques
Un double contremarque 4 22
variantes, par l’ensemble de la profes-
Un crochet 5 23 sion, permettent de remonter tout
Un double crochet 6 25 ou partie d’un édifice sans risque de
Un monté
se tromper.
7 26
Un patte d’oie Ce véritable alphabet sert à désigner,
8 29
l’emplacement exact de l’ensemble
Un ancré 9 30 des pièces qui constituent un pan de
Un franc à la croix 10 35 bois (ou une charpente de toit). C’est
Deux contremarque à la fois un outil technique et un outil
11 40
Deux patte d’oie crochet de communication professionnelle,
12 50
Trois patte d’oie qui permet, au-delà du montage ori-
contremarque 13 100 ginel, de démonter un édifice, de
Deux à l’A 14 stocker les bois, de le remonter. Les
marques sont toujours gravées en
Quatre crochet 15
pied des pièces, sur la face vue dite
Quatre contremarque 16 « en orient ».
deux monté
17
Un patte d’oie
monté à la croix 18 Réalisation
du soubassement
Les maçonneries du solin sont réalisées après la mise en
place du pan de bois et viennent combler le vide entre le sol
et la sablière basse. Selon les régions, elles mettent en œuvre
des moellons de pierres dures et étanches, des silex bruts ou
taillés, des galets, ou encore des briques de terre cuite
pleines.
Ce solin, indépendant de la structure, répartit les charges au
sol. Dans la tradition, l’emploi pour les sablières basses de
bois noueux, souvent courbes et irréguliers, donne au sou-
bassement un profil parfois mouvementé.
Les marques indiquent la position des bois
et leur sens de montage.

26
Principes de construction

Section des bois


Elle est fonction du rôle (y compris symbolique) joué par les diffé-
rentes pièces de bois.
■ Le poteau cornier des maisons urbaines marquant un angle de rue
peut avoir une section considérable, même si on n’en a pas besoin
pour des raisons structurelles, car il est destiné à être sculpté, pour
accueillir, notamment, la niche du saint patron du quartier.
■ Un simple poteau d’angle peut aussi avoir une section variant 11. Le pied est une unité
de 33 x 33 à 66 x 66 centimètres si des sculptures sont prévues. de mesure ancienne, encore
couramment employée par
■ La section des poteaux intermédiaires varie d’un demi-pied (de les professionnels du bois
15 à 16 centimètres) à 1 pied 11 (30 à 33 centimètres). et valant 0,3248 mètre.
■ La hauteur d’une sablière de seuil fait au minimum 2/3 de pied
(entre 21 et 27 centimètres) et jamais plus de 1 pied.
■ Pour les pièces de remplissage (colombes, tournisses…), on trouve
des sections variant de 8 centimètres (1/4 de pied) à 15 centimètres
(1/2 pied), la plus courante étant 10-11 centimètres. Ces bois ne sont
jamais réellement carrés. Dans les colombages destinés à rester
apparents, la section choisie pour les éléments du remplissage sera
constante dans tout le panneau.
■ Les décharges et les
poteaux ont une section toujours supérieure
à celle des éléments de remplissage (par exemple 12 ou 13 centi-
mètres).

Marteau Bisaiguë

Ciseau ferré de chantier Équerre alsacienne

Fil à plomb Scie égoïne

Laceret de 18 millimètres
Rainette

Tarière à cuillère de 30 millimètres


Les outils du charpentier.

27
II Technique du pan de bois / Lire le pan de bois

Lire le pan de bois


Les grands principes
Lire un pan de bois, c’est savoir en décrire les particularités, en
recherchant dans les panneaux définis par poteaux et sablières quel
est le jeu des remplissages (verticaux et/ou horizontaux). C’est
noter la présence et la position des décharges, l’existence de
figures géométriques décoratives et mesurer la section des diffé-
rentes pièces de bois.
C’est aussi comprendre les descentes de charges, du sommet au
pied de l’édifice, et le rôle de chacune des pièces qui y participent.
Savoir juger de la qualité des bois, voire déterminer les essences
d’arbre mises en œuvre.
Un point de repère C’est encore repérer les assemblages et le chevillage, noter les
Quand un pan de bois était traces (mortaises, trous de cheville, rainurage) laissées sur des
destiné à être apparent, on pièces de réemploi par les affectations précédentes ; interpréter
distingue nettement les la trace d’anciennes ouvertures avec leurs encadrements et appuis.
moulures de rejet d’eau, les C’est, enfin, analyser la nature des hourdis (torchis, pavés de terre
pièces horizontales compor- crue, tuileaux, briques, silex, pierres) et celle de la maçonnerie du
tant alors une saillie dans la soubassement.
masse du bois, formant un
nez en bec-de-corbin. Pan de bois apparent ou pan de bois caché ?
Dans le cas d’un pan de bois caché par un
bardage ou par un clayonnage enduit de terre
ou de plâtre, il s’agira d’en analyser la nature,
le mode d’accroche et de recouvrement,
avant que de tenter d’atteindre la structure
même par l’intérieur du bâtiment ou en pro-
fitant des dégradations éventuelles du revê-
tement.
Cette recherche est fondamentale pour
déterminer si le pan de bois était, dès l’ori-
gine, destiné à être caché, auquel cas il serait
malencontreux de vouloir le montrer, car,
outre le non-sens esthétique d’une telle déci-
sion, on mettrait alors en danger l’ensemble
de la construction.

28
Lire le pan de bois

En résumé, lire le pan de bois de sa


maison, c’est rentrer dans l'intimité de Débord de pignon de 1,20m
Chevron formant ferme
l’édifice, en faire en quelque sorte la Sablière
radiographie pour en comprendre la Jambette en bascule
logique, le fonctionnement et, plus tard, Coyau
en faire le diagnostic. Tout ce qu’aura Blochet
Aisselier
révélé l’analyse sera reporté sur un
dessin, même sommaire, qui servira de Console
première base de réflexion pour déve- Grande croix-bonhomme
lopper un projet de restauration. Poteaux d’étage

Poteaux intermédiaires
Comprendre les descentes Petite croix-bonhomme
Décharge en croix-
de charges bonhomme
Les descentes de charges dans un pan de
Sablière d’encorbellement
bois sont réparties sur les sablières de
Poutre
seuil, même si certains poteaux repren- About de poutre
Console
nent à eux seuls des charges ponc- Culée Console
tuelles. Les poteaux sont soulagés par Poteau Culée
les lices et les pièces obliques du pan de
bois, capables de reprendre une partie
des efforts tout en assurant les aplombs Poteau porteur intermédiaire Poteau porteur extérieur
des pièces verticales. Les poteaux trans-
mettent ensuite cette charge au sol. Principe des descentes de charges dans un pan de bois.
L’essentiel pour une bonne répartition
des charges dans un bâtiment en pans de
bois est d’avoir choisi des bois de
section suffisante et d’avoir réalisé un
assemblage soigneux des pièces.

La répartition des charges


Le poteau central accueille une partie du poids du solivage
par la poutre et une partie du poids du toit par les pièces à
l’aplomb de la lucarne. Les petits liens courbes, tout en assu-
rant la verticalité du poteau, transmettent eux aussi une partie
des charges.
Une partie du poids du toit et une partie de la lucarne tran-
sitent par la pièce oblique (la décharge) contreventant aussi
l’aplomb des verticales.

29
L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
III
CHAPITRE

Vivre le pan
de bois
Certaines maisons à pans de bois ont un âge tout
à fait vénérable. D’autres, plus récentes, notam-
ment en milieu rural, sont très couramment âgées
d’un ou deux siècles. Cette longévité mérite donc
d’être prolongée en évitant de commettre des
erreurs graves, notamment en matière d’usage et
d’entretien de la maison que l’on habite.
Vivre dans une maison à pans de bois procure des
sensations très particulières que ne donne pas
une habitation construite en maçonnerie. L’odeur
du bois, les craquements liés à sa souplesse, une
chaleur naturelle du matériau engendrent des
ambiances incomparables.
Habiter une maison à pans de bois doit donc être
ressenti comme un privilège, une chance dont il
faut avoir conscience pour pouvoir la respecter et
rendre hommage à ceux qui l’ont construite et
habitée avant vous. Cet usage pertinent de la
maison ne connaît de règle que le bon sens, et
s’appuie sur la surveillance régulière et l’entretien
de ses parties constitutives.
III Vivre le pan de bois / Usage raisonné de la maison à colombages

Choix du remplissage
Usage raisonné de la maison
On évitera de remplacer les à colombages
hourdis traditionnels par un
remplissage plus dense, Favoriser une ventilation naturelle
plus dur que le bois, Les pages précédentes ont montré que l’ennemi du bois est l’hu-
comme, par exemple, de la midité stagnante, qui ronge sa chair par l’intermédiaire des cham-
brique pleine trop cuite, ou pignons lignivores et des insectes xylophages.
du parpaing de ciment, car
une humidité se créera Tout usage de la maison pouvant occasionner cette humidité devra
alors par condensation au donc être proscrit : enduits étanches sur les parois intérieures, iso-
contact du bois. On pré- lation plaquée contre les murs et ne laissant pas l’air circuler, fuites
férera la terre crue ou la d’eau persistantes des canalisations, infiltrations de l’eau de pluie
brique peu cuite, ou encore par le toit dont la couverture n’est pas entretenue, sols cimentés
les tuileaux largement emprisonnant la base des pièces de bois de la structure.
maçonnés à la chaux À l’extérieur, on s’interdira de même les recouvrements inoppor-
aérienne. tuns des façades par des enduits de ciment ou des placages des-
tinés à « enjoliver » la maison ou à
cacher le manque d’entretien des
hourdis de remplissage de l’entre-
colombage.

Protéger les façades


Mais l’on pourra aussi décider de
protéger une façade conçue à l’ori-
gine pour être vue par des bardages
de bois, des tuileaux, des ardoises,
pour autant que soit respecté un
vide entre cette protection et le
pan de bois. À l’inverse, on s’inter-
dira absolument de retirer l’enduit
Remplissage de l’entre colombage par ou le bardage d’un pan de bois qui
des tuileaux disposés en «feuilles de n’était pas, au départ, destiné à être vu, car on exposerait alors la
fougère» et en «arbres de vie». maison à de graves désordres.
Le passage du hourdis de torchis à Il existe cependant des cas où, en ajoutant un nez 12 sur les pièces
des éléments de terre cuite non
horizontales, on peut remettre le pan de bois apparent, à condi-
dimensionnés pour cet usage a amené
à composer de telles figures. tion malgré tout que la façade soit orientée nord-est, est ou sud
(une orientation au sud-ouest semblant la dernière admise).
12. Voir aussi page 28.

32
L’entretien du pan de bois

L’entretien du pan de bois


LE CIMENT EST À
Même si l’édifice ne présente, après diagnostic, aucun désordre PROSCRIRE
nécessitant une intervention plus ou moins immédiate, il doit être
surveillé et entretenu (comme tout bâtiment d’ailleurs, quelle que Si un enduit au
soit sa structure). Cette surveillance doit s’exercer sur tous les élé- ciment a été utilisé,
ments de la construction dont la dégradation pourrait engendrer il faut
des voies d’eau et une humidité stagnante pouvant affecter le bois impérativement le
de l’ossature. retirer car, par
nature, il condense
Surveiller les points principaux et produit de l'eau
Il s’agira ainsi de vérifier au moins une fois par an (plus, si des condi- qui, restant
tions atmosphériques exceptionnelles engendrent des risques sup- emprisonnée entre
plémentaires) l’état de la couverture, pour éviter la pénétration l'enduit étanche et le
des eaux de pluie et leur action néfaste sur la structure. mur, attaquera les
bois de la façade.
De la même manière, on contrôlera les systèmes de protection des
sablières d’étage (auvents, moulures intégrées aux pièces de bois).
Le contrôle systématique de l’état du hourdis de remplissage de
l’entre-colombage (torchis, tuileaux, briques), dont la dégradation L’enduit ciment appliqué sur la
peut entraîner le pourrissement des bois, est lui aussi vital. façade a entraîné le pourrissement
des pièces de bois ; le remplissage va
On surveillera également les sols périphériques au bâtiment, leur rapidement se désagréger.
imprégnation par des eaux mal drainées pouvant
dégrader la semelle qui supporte les poteaux de l’os-
sature ou le solin protégeant la sablière basse des
remontées capillaires.
Il faudra, enfin, porter une attention toute particu-
lière aux revêtements de protection (enduits, bar-
dages) des pans de bois cachés et vérifier qu’ils jouent
toujours leur rôle face aux intempéries.
Cette surveillance, constante permet en outre, d’ac-
quérir une intimité avec la maison dont on suit l’évo-
lution et le vieillissement progressif. L’entretien à
proprement parler découle de cette surveillance,
replacer un élément de couverture, refaire un hourdis 13 ou un
enduit, placer un drain, reposer un élément de bardage, pouvant, 13. Voir notamment l’ouvrage
selon les cas et la compétence de chacun, être fait directement par Le torchis, mode d’emploi
l’usager du bâtiment ou par un artisan spécialisé. dans la même série.

33
III Vivre le pan de bois / L’entretien du pan de bois

Traiter le bois attaqué


■ Insectes xylophages
On pourra généralement lutter contre les insectes
xylophages (après avoir éliminé bien sûr les causes de
leur présence) par des moyens simples lorsque l’at-
taque est superficielle, par exemple en pulvérisant de
l’eau de javel.
Dans le cas d’une attaque de l’aubier d’un bois par les
capricornes, on devra retirer cet aubier et traiter le
bois sous-jacent à la cire d’abeille.
Dans le cas d’une atteinte généralisée, il faudra scier
le bois pour mesurer la profondeur de la dégradation
(les professionnels font un sondage sonore à l’aide
d’un petit marteau pour voir si ça « sonne creux et
mou ») et décider éventuellement le remplacement
des pièces.
■ La mérule
La mérule, quant à elle, pourra, avec les mêmes pré-
cautions préliminaires (traiter l’humidité cause de sa
présence) être détruite par aspersion, pulvérisation
ou badigeonnage d’eau de javel (mais le bois sera
Le bois produit naturellement
légèrement décoloré).
son « gris », matière qui assure Les produits fongicides et insecticides, qui sont largement
sa protection. employés par les propriétaires pour lutter contre ces prédateurs
du bois, sont, à notre avis, non seulement à peu près inefficaces
(le chêne par exemple est inimprégnable au-delà de quelques mil-
TRAITEMENT limètres de profondeur) mais encore néfastes pour la santé des
DU BOIS habitants.
On peut
éventuellement cirer Respecter la protection naturelle du bois
un pan de bois De manière générale on ne doit ni gratter, ni brosser, ni limer, ni
intérieur avec de la poncer le bois, qui perdrait alors sa protection naturelle, son
cire d'abeille, ou le « gris ». Un pan de bois extérieur n’a pas à être traité pour être
passer à l'huile de protégé. La règle absolue est de ne pas rendre sa surface étanche.
lin, mais en aucun
cas il ne faudrait le
vernir ou le laquer.

34
L’entretien du pan de bois

Colorer le pan de bois


Si l’on souhaite rehausser la façade en colorant
le pan de bois, on badigeonnera celui-ci au lait
de chaux, nature ou teinté de pigments naturels
(par exemple, tout simplement avec de l’argile
trouvée autour de la maison).
Il est indispensable de peindre directement sur
le « gris » du bois, dont les fines couches de cel-
lulose permettent une bonne accroche. Si on le
ponçait, il perdrait cette couche protectrice et
s’assimilerait à un bois neuf peu résistant à l’hu-
midité. Pour les mêmes raisons, on peindra
directement sur le bois même s’il présente un Le faïençage apparaît sur la surface de la pièce.
faïençage ; sa surface faite de petits carreaux
absorbera vite la teinture.
PERMÉABILITÉ DES BOIS
Connaître pour mieux intervenir : AUX TRAITEMENTS
le chêne et le peuplier
Le chêne est très difficilement
■ Le chêne imprégnable. Il est donc vain
L’aubier du chêne, chargé en amidon, n’est pas très de vouloir le protéger par des
résistant : il s’échauffe rapidement et est alors attaqué
produits chimiques de synthèse.
par les bostryches aux piqûres noires et par les lyctus
À condition que l'on accepte
aux piqûres blanches. Il conviendra donc le plus possible
son vieillissement naturel et sa
de l’éliminer. Mais cela est sans conséquence pour le
couleur gris argenté due aux
duramen, qui n’est pas attaqué par ces insectes, sauf si
l’arbre a été abattu pendant la période de montée de
effets des ultraviolets solaires
sève ou stocké dans de mauvaises conditions. et lunaires, il est naturellement
protégé. Étant très
■ Le peuplier
imprégnable, le peuplier peut
Cette essence est, comme bois de charpente, aujour-
recevoir un traitement par des
d’hui tombée en désuétude 14. Il peut être attaqué par
produits de préservation, ce
les sirex et les vrillettes, mais cela est sans grande
qui favorise son emploi dans
conséquence pour sa tenue dans le temps. En effet,
des sites exposés à l'humidité.
même très attaqué, il ressemble à nos os spongieux ; les
galeries de faible diamètre creusées par ces insectes
laissent au bois une bonne cohésion de ses fibres. Seule
une telle attaque conjuguée à une mauvaise protection 14. Seules les maisons anciennes et surtout
contre l’humidité pourrait l’altérer dangereusement. les granges, certaines vieilles de plus de
cent ans, attestent encore l’importance
que le peuplier a eue dans le passé.

35
L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
IV
CHAPITRE

Le diagnostic
Si, par nature, le pan de bois bénéficie d’une
longévité au moins égale à celle des maçonneries
de pierre ou de brique bien exécutées, des
malfaçons d’origine, de malencontreuses
interventions, l’usure des pièces de structure les
plus exposées aux actions de l’humidité, peuvent
engendrer des désordres dont certains seront
flagrants et d’autres auront des effets plus
pernicieux.
Il s’agit donc, pour tout propriétaire de maison
à pans de bois, comme, bien sûr, de tout
professionnel du bâti ancien, de pouvoir évaluer
la santé de l’édifice avant une intervention de
restauration, de réhabilitation ou d’extension.
Le diagnostic suppose l’examen méticuleux des
parties visibles ou cachées (notamment par des
enduits de nature diverse ou des revêtements de
protection) de la structure pour en déterminer les
désordres avant d’en connaître les causes et
d’envisager les réparations indispensables.
IV Le diagnostic / Recherche et é valuation des dé sordres

Recherche et évaluation des désordres


GRAVITÉ DES
DÉSORDRES Certaines pathologies sont directement apparentes (déversement
de l’édifice, fléchissement d’une sablière, rupture d’une pièce,
Selon les cas, les
pourrissement d’un élément de l’ossature, désassemblage de
désordres
pièces…). D’autres ne se manifesteront que par les effets indirects
nécessiteront un
qu’ils ont sur certains points du bâtiment (déformation des ouver-
démontage de la tures, pente insolite des planchers, humidité intérieure…).
façade, voire de la
totalité de l'édifice, Pour chacun des désordres évoqués, il faudra, dans un deuxième
ou simplement une temps, en déterminer l’origine : fondations défectueuses, surcharge
reprise en sous-œuvre. de plancher, voie d’eau par le toit, dégradation des hourdis, sup-
pression irraisonnée d’une pièce de l’ossature ou du contrevente-
Dans un grand nombre
ment, solin non étanche, attaque des insectes ou des champignons.
de cas aussi, le
bâtiment ayant malgré
Méthode du diagnostic
tout gardé son
équilibre naturel, Seul l’examen minutieux du bâtiment sous tous ses angles, à l’inté-
aucune intervention rieur comme à l’extérieur, pourra porter ses fruits. Une analyse
ne sera nécessaire. superficielle, ne prenant pas en compte l’ensemble des pièces de
l’ossature principale, du remplissage, des hourdis de l’entre-colom-
bage, de la maçonnerie du solin enfin, risquerait de passer à côté
de signes avant-coureurs de désordres.
Le relevé photographique, ou mieux encore un relevé archi-
tectural, par les anomalies qu’ils révèlent, permettent géné-
ralement de débusquer l’essentiel des désordres. À défaut, la
notation de toutes les découvertes faites à propos de cet
examen visuel sur un dessin, même sommaire, de la façade
et de ses composants, peut être une bonne base pour établir
un bilan que l’on soumettra à un professionnel.
Dans tous les cas de figure, il faut prendre son temps, revenir
plusieurs fois sur les lieux, à des moments différents de la
journée ; l’évolution de l’éclairement de la façade pouvant,
par les jeux d’ombre et de lumière, faire apparaître des
détails jusqu’alors ignorés.

Pourrissement du pied de la décharge dû à l’application d’un


enduit au ciment et au remplissage en brique pleine, matériau
plus dense que le bois, qui a généré une condensation.

38
Les désordres flagrants

Les désordres flagrants


Le déversement latéral de l’édifice
C’est presque l’image d’Épinal de la maison à pans de bois médié-
vale toute gauchie, comme prête à s’effondrer. Disons d’emblée
que le cas est rare et que plus le bâtiment est ancien et moins l’ori-
gine du désordre peut provenir d’une malfaçon.
Évoquons plutôt les méfaits causés à l’environnement de l’édifice
par le passage des réseaux urbains déstabilisant poteaux d’angle
et sablières basses, l’exhaussement des sols par stratifications suc-
cessives des revêtements engendrant le pourrissement de ces
mêmes sablières.
Il peut s’agir aussi de voies d’eau non contrôlées qui ont entraîné
la détérioration des assemblages, leur rupture et par là même la
fin du liaisonnement de toutes les pièces entre elles, fondement
de l’équilibre d’une maison à pans de bois. Nous verrons plus loin
que même dans ce cas de figure extrême, le rétablissement de
l’ordre est parfaitement envisageable.

Le fléchissement et la rupture
des sablières d’étage
En fait, à l’inverse d’une poutre portant un plancher qui, sous l’effet
des charges qu’elle supporte, peut présenter une déformation
notable (fonction de ces charges et de sa portée), le fléchissement
d’une sablière ne peut être imaginé qu’en cas de rupture des
poteaux et décharges sous-jacents qui participent à la répartition
des charges que cette sablière reçoit.
Par contre, la rupture de la sablière elle-même peut survenir,
lorsque, mal protégée d’une descente de gouttière, elle pourrit et
propage son pourrissement aux pièces auxquelles elle est associée.
On vérifiera toujours l’état de cette pièce fondamentale, que l’on
a toujours cherché à protéger par un larmier (un bec-de-corbin)
d’apparence décorative, un auvent (cas très courant des maisons
alsaciennes mais aussi de Normandie), ou l’encorbellement des
étages supérieurs (cas des maisons urbaines où l’encorbellement
permet avant tout de contrebalancer la portée des poutres et de
préserver le rez-de-chaussée du ruissellement de la pluie).

39
IV Le diagnostic / Les dé sordres flagrants

La ruine de la sablière basse


15. Un enduit de ciment couvrant
malencontreusement le solin Elle peut provenir d’écoulements supérieurs trouvant là leur zone
conduira inévitablement, plus ou de stagnation ou découler aussi d’une dégradation de la maçon-
moins vite, à un tel désordre. nerie du solin 15 qui, alors, n’arrête plus les remontées capillaires du
sol et peut provoquer son affaissement.
Dans les cas extrêmes, c’est au déversement de la sablière basse,
La ruine de la sablière de seuil et du ou sole, que l’on assiste, avec désolidarisation des poteaux et faux-
pied du poteau a été engendrée par aplomb des poteaux intermédiaires. Ce désordre, majeur, nécessite
la mise en place, sur le soubassement, l’intervention immédiate d’un charpentier qualifié.
d’un revêtement en ciment derrière
lequel l’eau stagne. Dans ces
conditions, la mérule se développe La détérioration d’une pièce du remplissage
rapidement et détruit la cellulose Elle ne peut se concevoir que dans le cadre de désordres
du bois, occasionnant le basculement collatéraux, humidité d’un hourdis mal entretenu, ou humidité
du seuil et le faux aplomb
intérieure occasionnée par une canalisation défectueuse,
de la façade.
un évier, une douche. La rupture de ces pièces peut pro-
venir d’un choc accidentel.
Les pièces obliques de décharge ne peuvent jamais céder.
Leur détérioration ne peut provenir que du pourrissement
de leur pied à cause d’une humidité stagnante.

Le pourrissement de la base
d’un poteau d'angle
Le poteau cornier, reposant sur une semelle monolithe ou
faite d’une maçonnerie de pierres, peut, par dégradation
de cette dernière, être atteint par l’humidité du sol.
C’est d’ailleurs pour éviter ce désagrément que, dans la
tradition, on prenait soin d’intercaler une ardoise, parfai-
tement étanche, entre la base des poteaux et leur support.

L’affaissement de la sablière de seuil est principalement


dû aux remontées capillaires d’humidité et au manque
de ventilation intérieure. La modification du niveau
des sols extérieurs a accéléré le processus de remontées
capillaires dans les maçonneries.

40
Les désordres flagrants

La dégradation d’un assemblage


Un désordre flagrant peut se manifester au niveau des assemblages
ÉVALUER
LE POURRISSEMENT
à tenon/mortaise, le cas extrême étant dû à la disparition de la
cheville qui tient l’assemblage (mais elle a normalement une durée D’UN BOIS
de vie au moins équivalente à celle des pièces qu’elle bloque, Dans tous les cas de
surtout si elle est en acacia, une telle cheville pouvant supporter figure exposés où le
1 500 kilogrammes). pourrissement affecte
un bois, il ne faut pas
L’autre cas, plus courant, montre un simple relâchement, un jeu de
hésiter à gratter la
quelques centimètres, engendré par le dessèchement, après mise
partie atteinte, à la
en œuvre, du bois du tenon et de la mortaise.
sonder à l'aide d'un
De manière générale la dissociation totale d’un assemblage ne poinçon ou d'une
peut qu’être le produit d’un désordre majeur d’un élément du mèche, pour se rendre
pan de bois. On peut imaginer, par exemple, la suppression malen- compte de la
contreuse d’une pièce de contreventement engendrant une telle profondeur du dégât
déformation du panneau que l’assemblage poteau/sablière ne peut
(dans la majeure
plus, mécaniquement, jouer son rôle. Le cas est, hélas, fréquent
partie des cas on
lorsqu’un pan de bois destiné à être apparent a disparu sous un
constatera, d'ailleurs,
enduit ou un essentage cachant la structure au point qu’on en
que le pourrissement
oublie sa logique constructive et que l’on ouvre une baie sans tenir
compte des éléments de l’ossature. Bien des immeubles urbains ont
n'est que superficiel).
connu pareille mésaventure.

À l’aide d’une plane, il sera parfois


Le sondage du bois grâce à un poinçon permet nécessaire de retirer en surface d’un bois
d’évaluer, en profondeur, la résistance de la pièce affectée. les parties atteintes, sans pour autant
avoir à remplacer la pièce.

41
IV Le diagnostic / Les dé sordres caché s

Les désordres cachés


Les principes généraux
IDENTIFIER On peut dire, comme pour toute construction, qu’un désordre peut
L’ORIGINE en cacher un autre, et on ne doit pas arrêter l’analyse de la maison
D’UN DÉSORDRE aux seuls désordres manifestes qui affectent la façade. Car l’origine
Il faut se montrer de ces désordres peut être… d’autres désordres.
très attentif à tous Par ailleurs, des désordres affectant d’autres éléments 16 de la
les désagréments que construction que le pan de bois proprement dit (le second œuvre,
l'on peut rencontrer planchers, menuiseries d’ouverture, enduits intérieurs) trouvent
dans l'usage souvent leur origine dans la structure elle-même.
quotidien de la De même, une vérification méticuleuse de toutes les parties recou-
maison (humidité en vertes après la construction de l’édifice, par tout type de recou-
particulier) pour vrement (papier peint, enduit au ciment, plaque métallique…),
remonter jusqu'à la permettra de débusquer des désordres en devenir ou déjà aboutis.
cause, plutôt
qu'essayer d'emblée La dégradation des appuis de fenêtre
de les résoudre de Dans la tradition, on réalisait les appuis en bois. Leur recouvrement
manière inconsidérée à l’aide de plaques de plomb ou de zinc peut s’avérer une aberra-
au risque de les tion, car l’air ne circulant plus sur le bois, il entraîne leur dégrada-
aggraver. tion. Généralement, le simple fait de découvrir l’appui d’origine
suffira à stopper les dégâts.

Le faux-aplomb des ouvertures


La difficulté à ouvrir les portes et fenêtres 17 peut être le symp-
tôme d’un désordre de structure, tel qu’un basculement dû à l’af-
faissement et au déversement de la sablière basse de l’édifice, qui
aurait pu échapper à l’investigation générale. Mais, une maison à
16. L’affaissement de la sablière pans de bois admettant des déformations importantes sans que
basse peut être révélé par la cela mette en danger la stabilité de l’édifice, on évitera d’en
présence de fissures sur les murs
déduire que la maison est à abattre !
intérieurs ou la pente insolite
des planchers. Raboter les menuiseries de fenêtres, reprendre le niveau du plan-
cher, sera généralement largement suffisant, le désordre propre-
ment dit évoluant de manière très progressive (parfois sur des
17. Quand il ne s’agit pas, bien sûr, centaines d’années !).
d’un simple gonflement
des menuiseries occasionné
par l’humidité.

42
Les désordres cachés

La désolidarisation des poutres


Dans le cas de maisons à pans de bois mitoyennes, avec un raccor- 18. Rappelons que la mérule
dement des toitures faisant intervenir un chéneau (aujourd’hui en progresse dans l’aubier du bois
zinc, autrefois en bois), la dégradation de celui-ci entraînera la ruine mais pénètre difficilement le bois
parfait.
progressive des sablières d’étage de chacun des bâtiments contigus,
dont on ne s’apercevra que lorsque les poutres se raccordant à ces
19. Toujours sur le dessous ou
sablières s’en seront désolidarisées. le côté des pièces pour pouvoir
Dans le cas de bâtiments placés d’équerre (par exemple une grange évacuer ces sciures.
faisant angle droit avec une habitation), il faudra, pour les mêmes
raisons, toujours contrôler l’état de la noue de raccordement des
toitures.

L’attaque des bois par les champignons


C’est souvent de l’intérieur que l’on peut constater l’attaque de ATTAQUES VISIBLES
la mérule (alors qu’à l’extérieur on ne remarquera qu’une dégrada- DES INSECTES
tion de l’enduit par exemple), qui engendre des traces d’humidité La petite vrillette
très visibles, avec une couleur variable, du noir au blanc en passant fait des trous de
par les verts, les marrons et les rouges. En passant la main sur ces 1 à 1,5 millimètre,
taches on aura la sensation d’une poudre humide teintant la peau. la grosse vrillette
Un sondage montrera la profondeur de son attaque 18, mais il est des trous de
rare qu’une poutre soit complètement attaquée par le champignon. 2 millimètres.
Il prépare par contre le terrain aux insectes xylophages après avoir Le capricorne, quant
détruit les tanins protecteurs, car les attaques de la mérule et des à lui, fore des trous
insectes sont souvent combinées.
de 2 jusqu'à
L’attaque des bois par les insectes 5 millimètres.
On identifie l’insecte en fonction de la dimension
des trous qu’il laisse dans le bois. On peut aussi
repérer ces insectes par les sciures de bois qu’ils
laissent en faisant leurs galeries 19, en suivant la
fibre tendre du bois.
Le capricorne ne peut s’attaquer au chêne que
quand les bois ont été très dégradés par la
mérule. Quant à la vrillette elle n’en attaque que
l’aubier. Même le peuplier, beaucoup plus tendre
que le chêne, ne peut subir des atteintes graves
que dans le cas d’une forte dégradation préalable
par l’humidité et les champignons.

43
L e c o l o m b a g e , m o d e d ’ e m p l o i
V
CHAPITRE

Restaurer
le pan de bois
Le diagnostic a pu révéler des désordres sur
lesquels il convient d’intervenir. La plupart de ces
interventions nécessitent le recours à des artisans
spécialisés, ceux-là même généralement qui ont
conduit le diagnostic.
La capacité d’une maison à pans de bois à résister
aux déformations étant, comme nous avons pu le
constater, exceptionnelle, on peut, entre le
constat du désordre et l’intervention, se donner
le temps de la réflexion pour intégrer la
restauration du bâtiment dans un programme
plus large de travaux d’aménagement ou de
réhabilitation.
On pourra aussi réfléchir posément aux
entreprises auxquelles on fera appel, pour
trouver l’artisan le mieux adapté aux conditions
du futur chantier (compétence en matière de
constructions anciennes, sensibilité à la notion de
préservation du patrimoine, références sur des
interventions identiques).
Il est toujours instructif d’aller visiter des
chantiers équivalents et de discuter avec leurs
commanditaires et les artisans qui les ont
conduits.
V Restaurer le pan de bois / Principes de restauration

Principes de restauration
La réflexion préalable
MÛRIR SA DÉCISION La restauration d’une maison ancienne est effectivement un
Aucune réponse moment important, qui oblige à se poser des questions fondamen-
hâtive ne pouvant tales : quel type d’intervention faire, et quel sera son impact sur la
être apportée aux valeur esthétique des façades ? Comment concilier efficacité tech-
questions ayant trait nique, à moyen et long termes, et respect des caractéristiques his-
à la restauration, il toriques de la maison ? Quels matériaux de substitution ou
convient de se d’accompagnement admettre, et lesquels refuser ?
donner du temps, et Le bon sens exige que les solutions retenues soient toujours celles
fort heureusement la qui permettront à la construction de vivre le plus longtemps pos-
maison à pans de sible en assurant à ses habitants le maximum de confort et de satis-
bois vous permet de faction. Et si ces solutions sont celles de la tradition, pourquoi en
le prendre ! chercher d’autres, plus « modernes » mais peut-être plus aléatoires,
voire dangereuses pour la survie du bâtiment ?

Les interventions courantes


Selon la nature des désordres, différents types d’intervention
seront envisagés, chacun mobilisant des moyens techniques et
Le manque d’entretien du bardage financiers et impliquant une durée de chantier particuliers :
en ardoise et la rupture du conduit
■ intervention sur un élément de remplissage des panneaux ou sur
de descente des eaux de pluie ont
occasionné des désordres importants : une pièce de décharge ou de contreventement ;
la sablière de chambrée, pourrie, ■ intervention sur un des éléments majeurs de l’ossature (rempla-
s’affaisse et le bardage bois est cement ou réparation d’un poteau ou d’une sablière) ;
endommagé.
■ intervention lourde, nécessitant le démontage
complet d’une façade, voire de tout l’édifice, ou
encore son redressement ;
■ reprise totale ou partielle de la maçonnerie du
solin.
On peut ajouter à cette liste les travaux liés non
à la réparation de désordres mais à une amélio-
ration du confort du bâtiment, notamment en
matière d’isolation thermique (par exemple,
doublage intérieur d’une paroi en pan de bois, ou
doublage extérieur pour un pan de bois caché).

46
Principes de restauration

La désolidarisation des assemblages


Tenons, mortaises, queues-d’aronde, traits de Jupiter : tous ces
assemblages ont la même solidité s’ils sont adaptés à l’effort qui
leur est soumis. Les cas de figure décrits ci-dessous sont exception-
nels et ne concernent pas le courant des interventions sur les
façades en pans de bois. Seules des entreprises très spécialisées
seront à même de conduire dans de bonnes conditions de tels
travaux.
■ Dissociation d’assemblages due à une mauvaise conception
Dans ce cas (qui est, somme toute, rare dans la tradition, le char-
pentier sachant calculer les efforts auxquels sont soumis les assem-
blages en fonction de la position des pièces dans la façade et de
leur section), et si l’on souhaite garder l’ouvrage sans entamer de
travaux en profondeur, on peut procéder par boulonnages discrets
des raccordements défectueux.
■ Dislocation accidentelle (choc, glissement de terrain,
effort imposé exceptionnel)
Le redressement se fait par cric, vérin, tire-fort. Après
avoir nettoyé l’intérieur des assemblages pour ménager
un réemboîtement correct, la fixation peut se faire par
un rechevillage, un boulonnage discret, voire par l’utili-
sation de pièces métalliques de renfort (boulons, plate-
bande, queue de carpe).

Plate bande
Plate bande sur enture à sifflet
désabouté.

Queue de carpe Boulon plate bande

47
V Restaurer le pan de bois / Intervention sur un élément secondaire

Intervention sur une décharge. Intervention sur un élément secondaire


Pour une décharge abîmée en pied,
on procédera à une enture après Avec des rôles différents 20, les éléments secondaires structurent
avoir dégagé la pièce de la sablière les panneaux des façades. On peut les remplacer ou les réparer sans
de seuil, retiré, par déchevillage et mettre en danger l’ossature le temps des travaux.
basculement, les deux boutisses
assemblées à oulice dans la décharge Tous les éléments, colombes, guettes, liens, éperons, lices,
et remplacé la partie défaillante. décharges, sont assemblés aux sablières et aux poteaux par tenons
La décharge est ensuite replacée et mortaises et ont été mis en place par emboîtements successifs
dans sa sablière basse en complétant lors du levage du panneau. Il faudrait donc, logiquement, procéder
la mortaise, en reprise de désabout, à un démontage complet de la façade pour remplacer l’une quel-
avec une cale. Les boutisses sont conque de ces pièces, ce qui serait fort long et coûteux si seuls un
rechevillées à neuf.
ou deux éléments sont défectueux.

Éléments de remplissage
Pour un élément de remplissage, le premier travail consiste à
retirer, de part et d'autre de la pièce détériorée, le hourdis et les
palançons qui le retiennent. On retire ensuite les chevilles bloquant
l’assemblage, puis on déboucle les mortaises (c’est-à-dire qu’on
agrandit l’entaille de mortaise pour pouvoir désengager le tenon
latéralement). On peut alors dégager la pièce.
Toutefois, lorsque les éléments de remplissage sont en ordre serré,
on peut, par souci d’économie et de gain de temps, et dans la
mesure où ces pièces ne sont pas porteuses, se contenter de scier
le bois pour l’ôter et mettre en place son remplaçant en le
clouant 21 en tête et en pied aux sablières. Le rétablissement ulté-
rieur du hourdis masquera cette intervention.

Éléments de décharge
Pour un élément de contreventement, on évitera de procéder ainsi.
Une guette ou un lien devront, en cas d’intervention, retrouver leur
assemblage à tenon et mortaise.
Pour une décharge, où s’assemblent de part et d’autre les tournisses,
20. Voir « Principes de construction », il faudra, en outre, retirer toutes ces pièces avant d’intervenir sur
page 24. celle-ci. Selon les cas, une décharge neuve est réalisée en atelier
ou une enture est effectuée pour remplacer la seule partie dété-
21. Dans le cas d’un pan de bois
riorée. On peut alors repositionner la pièce entre les sablières, la
destiné à être caché et dont les
éléments sont souvent en peuplier réassembler aux éléments de remplissage, puis ajouter une cale
le clouage, dès l’origine, de ces dans les mortaises de pied et de tête agrandies pour bloquer les
pièces secondaires est très courant. tenons.

48
Intervention sur un élément majeur

Intervention sur un élément majeur


de l’ossature
Il s’agit en l’occurrence des sablières et des poteaux qui, selon les
désordres qui les affectent, seront réparés ou remplacés. Ce sont
les pièces majeures d’un pan de bois et l’on ne peut que recom-
mander une attention particulière pour leur restauration.
On cherchera malgré tout, pour des raisons d’économie (car ce
sont des pièces massives et coûteuses), à conserver dans la mesure
du possible la partie encore saine de ces pièces. Rares en effet sont
les cas où la totalité d'un poteau ou d’une sablière est dégradée en
profondeur.

Les poteaux
Pour un poteau on aura le plus souvent constaté le pourrissement
de son pied, au contact de la semelle, alors que la tête du poteau,
avec son assemblage avec la sablière intermédiaire, est saine.
On sectionne alors à la scie la partie atteinte, après avoir dégagé
le remplissage et étayé la poutre. On réalise ensuite, sur place, en
sous-face, une enture de poteau à l’aide d’un passe-partout ou
d’une tronçonneuse. Puis, on taille l'inverse de l’enture dans la
pièce de bois de remplacement et on emmanche les deux
pièces, sans jeu.
On procédera de manière identique si c’est la tête
du poteau qui, à la suite d’une fuite de chéneau
par exemple, a été dégradée.

Une partie de la sablière de seuil ayant dû


être remplacée, on opère un réemboîtement
de la pièce neuve, par enture désaboutée.
La pièce de remplacement sera,
de préférence, choisie dans un bois courbe
de manière à pouvoir reprendre plus
aisément les tenons des tournisses.

49
V Restaurer le pan de bois / Intervention sur un é lé ment majeur

Les sablières
Lorsque c’est le pied du poteau qui a été atteint, la sablière basse
qui s’y raccorde l’aura été aussi quasi inévitablement. Il y a donc,
dans ce cas, nécessité de tronçonner l’about de sablière dégradé,
de tailler une pièce neuve au même gabarit, avec tenon et mor-
taise, et de la raccorder à la sablière avec une enture horizontale.
Mais cette intervention sur la sablière suppose que l’on ait dégagé
22. Voir page 59. la maçonnerie du solin 22.
Dans d’autres cas, seule une partie médiane de la sablière a subi
des dommages, sans déversement de la poutre. Il faudra alors,
après avoir étayé, dégager la maçonnerie du solin de la zone
concernée, retirer les pièces verticales de
remplissage et, éventuellement, la décharge,
scier la partie de sablière atteinte, raccorder,
avec une enture, la pièce de remplacement
avec ses mortaises, remonter les pièces qui
s’y assemblent et, enfin, reconstituer la
maçonnerie du solin.
On aura compris qu’il s’agit là d’une interven-
tion longue à cause de la suite d’opérations
en cascade qu’elle suppose.

LES ENTURES
Pour toutes les interventions
mettant en œuvre des
entures, on conservera pour
les pièces de remplacement
les mêmes essences que
celles des bois d'origine.

Dans ce cas de figure, le remplacement


d’une partie de la sablière de seuil et du poteau
nécessite la mise en place de vérins.
Pied de poteau et portion de sablière assemblés
sont ensuite mis en place par enture.

50
Intervention sur un élément majeur

Affaissement sur sablière de seuil


L’affaissement sur la sablière de seuil est un désordre assez commun aux vieilles maisons à
pans de bois. C’est lui qui donne aux façades une allure penchée.
Ce tassement s’est fait lentement au cours des siècles. Il est dû principalement à la remontée
des sols jusqu’au niveau des seuils, entraînant une humidité permanente aux points d’appui.
La conséquence est donc un pourrissement lent mais régulier.
Le cas est fréquent en milieu urbain où les traitements successifs du sol de la rue sur plu-
sieurs dizaines voire centaines d’années amènent à oublier le niveau de base originel de la
construction.
À l’époque contemporaine, l’utilisation de revêtements étanches n’a pu qu’accentuer le phé-
nomène, la remontée de l’humidité du sol ne pouvant trouver d’exutoire naturel et impré-
gnant toute la zone de contact solin/sablière.
Il n’y a qu’un seul remède : dégager de nouveau le seuil et rétablir les points d’appui.
Ce qui ne va pas sans poser de problème de raccordement entre le niveau de la chaussée et
celui du solin dégagé.
On n’hésitera pas à redresser la façade (tout en gardant l’empreinte du temps), à l’aide de
vérins et de tire-forts, pour le maintien serré. Le pan de bois se prête particulièrement bien
à cette opération.
On procédera au réemboîtement des divers assemblages, puis on renforcera, si nécessaire, à
l’aide de boulonnages, fers plats, queues de carpe, boulons plate-bande. Ces ferrements
devront être efficaces et discrets.

Le rehaussement de
la chaussée dans ce village
solognot a entraîné
l’enfouissement progressif
du solin. La sablière de seuil
se retrouve au niveau du sol.
La situation est aggravée par
la présence d’un enduit
de ciment.

51
V Restaurer le pan de bois / Reconstitution d’un élément détérioré

Reconstitution d’un élément détérioré


Pièce de raccord
Pour des raisons esthétiques, et dans la mesure où la dégradation
de la pièce n’enlève rien à sa résistance, on peut se contenter de
rétablir l’unité d’un bois par une reprise simple.
Pour ce faire, on gratte la partie atteinte pour retrouver le bois sain,
on creuse une mortaise et l’on place dans cette cavité une cale de
réparation. Cette pièce de substitution sera taillée à la mesure
exacte de la mortaise, dans un bois de même nature, avec des fibres
identiques et le même vieillissement, pour que le rapiéçage soit le
moins visible possible. Après avoir enduit de colle (type Bostic® ou
Sika®), on ajuste cette pièce de raccord.
On peut procéder de manière identique pour un angle de poteau
écorné accidentellement. Après avoir taillé en biais dans la poutre
on remet, dans les mêmes conditions que précédemment, un angle
de raccordement qui, à l’œil, ressemblera à une queue-d’aronde.

Choix du bois de remplacement


Il faut retenir que, s’il est envisageable de changer l’essence du bois utilisé pour les
éléments de remplissage (par exemple passer du chêne au peuplier pour les colombes
ou les tournisses), la décharge devra (comme les sablières et les pièces de contreven-
tement, d’ailleurs) toujours être en chêne.
De manière générale :
■ les pièces couchées d’un pan de bois devront toujours être en chêne ;
■ les pièces debout pourront être en peuplier.
En effet, si la résistance à la contrainte de flanc du chêne est supérieure à celle du
peuplier, la résistance à la contrainte du bois debout du peuplier est supérieure à
celle de flanc du chêne…

52
Reconstitution d’un élément détérioré

Fibre de verre et résine


On peut, dans un certain nombre de cas, concernant généralement L’enfoncement de la pièce oblique
des monuments historiques, faire appel aux résines pour restaurer dans la poutre armoriée fragilisée
les éléments dégradés d'un pan de bois. doit être stoppé par une reprise
en résine.
■ Principe
Les résines peuvent être utilisées sur une petite portion de pièce
détériorée, ou à plus grande échelle si la pièce est véritablement
précieuse (par son histoire, ses sculptures ou ses décors peints).
En façade, on peut admettre que certains éléments ayant une
grande valeur soient complétés par des résines dans leur partie
atteinte, mais jamais sur des surfaces supérieures au tiers de la
pièce. Dans tous les autres cas de figure il est préférable de rem-
placer celle-ci, car l’intervention est très coûteuse.
■ Méthode
On commence par purger le bois pourri à l’aide du ciseau, du grat-
toir et des outils mécaniques pour retrouver le bois sain. On perce
ensuite le bois en bout de pièce, dans le sens des fibres, puis on
insère des tiges de fibres de verre de 3 centimètres de diamètre.
On pose alors un coffrage cloué autour de la pièce pour reconsti-
tuer sa base, et l’on coule enfin la résine.
Il est préférable d’utiliser un vieux bois pour faire le coffrage afin
qu’il laisse l’empreinte de ses fibres incrustées dans la résine lors-
qu’on démoule. Une fois la résine patinée (à la peinture, par un spé-
cialiste), l’illusion est parfaite.
Des tiges de fibre de verre
sont insérées horizontalement
dans la poutre après refouillement.
D’autres sont collées dans
des percements réalisés en biais dans
le bois sain. D’autres, verticales dans
l’assemblage, vont chercher l’effort
de traction au fond de l’entaille pour
le ramener en zone comprimée.
Le bas de la pièce oblique est
chanfreiné pour assurer une
bonne assise de compression.
On « colle » le tout à la résine,
les tiges de verre servant à conforter
la liaison.

53
V Restaurer le pan de bois / Dé montage partiel ou complet

Démontage partiel ou complet


d’un édifice
■ Principe
Dans un certain nombre de cas, par exemple celui d’une maison
abandonnée depuis de nombreuses années, le démontage complet
de la façade sera nécessaire pour conduire la restauration de ses
pièces endommagées. Il est, à ce sujet, totalement incohérent de
décider la destruction pure et simple d’un bâtiment même forte-
ment ruiné.
Par souci d’économie, par respect de l’histoire de la maison et de
ses bâtisseurs, par bon sens pratique aussi, on cherchera à réutiliser
un maximum d’éléments au moment du démontage. Trop de pièces
de bois, vieilles de plusieurs centaines d’années et issues de chênes
eux-mêmes séculaires, sont ainsi quotidiennement jetées à la
décharge ou brûlées alors qu’elles pourraient, réintroduites dans
une façade, jouer leur rôle pendant plusieurs centaines d’années
encore.
23. La maçonnerie du hourdis On devra donc admettre comme principe préliminaire aux
échappe au travail du charpentier travaux que toutes les pièces de bois récupérables seront épar-
et incombe au maçon. gnées lors du dégagement et du démontage de la façade à res-
taurer. Cette manière de concevoir une intervention lourde oblige,
bien sûr, à une très grande rigueur et à une analyse préalable en
Façade en cours de remontage. profondeur.
■ Méthode
On commencera par retirer minu-
tieusement le hourdis de l’entre-
colombage ou, dans le cas d'un pan de
bois caché, son revêtement de pro-
tection.
Les éléments de ce hourdis 23 (briques,
carreaux, pierres) ou de cette protec-
tion (bardeaux de bois, tuiles,
ardoises) seront stockés à part pour
leur réutilisation éventuelle.

54
Démontage partiel ou complet

On profitera de ce déshabillage pour bien comprendre les mises en


œuvre particulières utilisées au moment de la construction, l’âge
de la maison pouvant justifier une approche quasi archéologique.
Il sera bon toutefois de veiller à ce que la maçonnerie du hourdis
reconstitué ne dépasse jamais l’arête du bois, le remplissage devant
toujours être en retrait du nu du bois, car il faut que cet endroit
sensible du colombage puisse sécher rapidement en cas de pluie.
Si la charpente du toit est saine et ne nécessite pas d’intervention,
on étaiera les fermes et on pourra commencer le démontage.
On procédera au démontage des pans de bois de la façade dans
l’ordre logique de son montage originel, pièce par pièce, assem-
Il est bon de récupérer les anciens
blage par assemblage, en laissant en place, malgré tout, la sablière
torchis. Pour ce faire, on glisse la
haute et les poteaux d’angle. Les échafaudages métalliques seront lame de la truelle entre les paleçons
positionnés à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment. On procédera et le torchis en exerçant une petite
ainsi façade après façade selon l’avancement du programme de traction rotation à l’aide de la truelle.
chantier.
Comme il est dit plus haut, on repérera
au fur et à mesure de ce démontage les
pièces endommagées qui, devant être
changées, pourront néanmoins être en
partie réutilisées, après retaillage en
atelier, avec une autre affectation. Les
éléments de la façade dont la dégrada-
tion aurait fait disparaître le marquage
seront munis d’une planchette de
repère avec une marque les localisant
dans l’ossature.
Tous les bois ne devant pas subir de
transformation en atelier seront
stockés sur place, sur des cales les
mettant à l’abri de l’humidité du sol,
mais sans bâchage pour les protéger
des intempéries. Ils seront, avant leur
réutilisation, grattés au niveau des
assemblages et éventuellement purgés
avec de l’eau de javel pour éviter que
la mérule ne s’y développe.

55
V Restaurer le pan de bois / Dé montage partiel ou complet

Démontage d’une maison à pans de bois. Exemple


Au préalable, les maçonneries de remplissage ont été démontées ainsi que le torchis et la couver-
ture ; l’ensemble a été étayé. Les chevrons anciens et les pannes ont été récupérés et stockés en vue
du futur remontage.
L’ordre du démontage pièce par pièce est partiellement indiqué par le biais de chiffres ; le démon-
tage de l’édifice est effectué de haut en bas en commençant par les longs pans A et C, c’est-à-dire
la partie haute de l’encuvement (tout d’abord la sablière haute selon le sens des joints à recouvre-
ment), puis seront démontés la charpente du toit, les planchers ainsi que les solivages.
On procédera ensuite au démontage de la partie haute des croupes C et D avant de reprendre le
démontage des deux longs pans par le poteau d’angle (11), la sablière de chambrée (12)…

Blochet Joint de recouvrement


4 1
6 6 6 3 3 2
C
2 2
12 Côté
13 croupe C
11

Travée I Travée II Travée III Travée IV

B 7

8 8 9 9 9 10 10 10
A 8

Côté long pan A Côté long pan C

Travée I Travée II Travée III

1 4
2 6
2 3 3 3 5 5 5 6
6

Côté croupe B Encuvement

Travée I Travée II Travée III Travée IV

56
Démontage partiel ou complet

De manière générale, il est préférable de restructurer le pan de


bois en atelier plutôt que de revoir les assemblages sur le chan- COÛT DU CHANTIER
tier, car on passe toujours plus de temps à réparer sur place.
On peut, globalement,
C’est pour cette raison que dès que l’intervention de restauration évaluer le coût de la
est lourde, il est préférable de démonter toute la façade, de refaire restauration d'une
une épure et de tailler les pièces en atelier.
façade en pans
Le temps perdu en manutention et en transport est alors largement de bois de
récupéré par la précision du raccordement des bois neufs avec 4,5 x 9 mètres,
ceux d’origine, d’autant plus faciles alors à remettre en œuvre dans démontée-remontée,
la façade. à 8 000 euros HT
■ Remontage en moyenne (mais
Pour un chantier de reprise totale d’un édifice de 160 mètres carrés toute une série de
au sol, on comptera, avec une équipe de 3 à 5 hommes, un temps paramètres peut,
de remontage variant de une à deux semaines (cette durée n’in- bien sûr, faire varier
cluant pas le travail préalable en atelier, fonction du nombre de ce chiffre).
pièces à tailler et d’assemblages à réaliser).

Le remontage des panneaux de la façade se fera dans le sens du marquage des pièces à partir des poteaux d’angle :
sablières de seuil, décharges, lices, etc.

57
V Restaurer le pan de bois / Redressement d’une faç ade

Redressement d’une façade


Nous prendrons arbitrairement un cas de figure très déformé.
Personne n’a corrigé le désordre de la façade ; le propriétaire actuel,
âgé, laissera ce soin au futur repreneur. Le rez-de-chaussée, très
ruiné par le rehaussement progressif du niveau de la rue, a fait dis-
La déformation de la sablière
d’encorbellement, jusqu’à sa rupture, paraître presque complètement les appuis. Mais la maison tient
est due à l’enfoncement progressif toujours !
de ses appuis dans le sol qui, au fil ■ Principe
du temps, a été rehaussé de 60 cm. On pourrait être tenté de garder la déformation pour insister sur
À l’étage, la répartition des efforts
l’histoire du bâtiment. L’homme de métier ne peut, bien sûr, être
par les décharges et les tournisses
assurent encore la tenue du pan d’accord avec ce point de vue. Tout en conservant une déforma-
de bois. tion minimale, il faudra redresser la façade, bien construite il y a
quatre siècles, mais que des usages inconsidérés nous livrent dans
cet état.
■ Méthode
À l’aide de vérins et de tire-forts, la chose est possible pour des
artisans confirmés. Ceci fait, on pourra restituer dans les deux baies
les fenêtres à meneaux d'origine et même prévoir quelques petites
ouvertures complémentaires. À l’étage, deux lucarnes à la capucine
permettront d’aménager les combles. Il faudra, enfin, restituer
un rez-de-chaussée répondant au projet.

Après la mise sur vérins des deux


poutres porteuses, on procédera à la
dépose des bois du rez de chaussée
avant de redresser la façade. À
l’intérieur du bâtiment, des tire forts
sont utilisés pour stabiliser l’ensemble
par serrage.

58
Reprise de solin

Reprise de solin
■ Principe du solin
La sablière basse d’une maison à pans de bois ne repose jamais sur La reprise du solin est réalisée partie
le sol. Dans une maison à encorbellement cette pièce reposera sur par partie (sur 1,5 mètre de linéaire).
un mur de soubassement faisant fréquemment la hauteur du rez- On peut interposer entre le sol et
de-chaussée et portera les poutres de l'étage. le matériau de remplissage un feutre
bitumeux évitant la remontée
Dans le cas d’une maison ordinaire la sablière s’as-
d’humidité par capillarité.
semble aux poteaux à une hauteur d’un demi-pied
au minimum si l’on est en présence d’affleurements
rocheux. Mais il est courant de voir un espace d’un
pied, voire deux pieds, séparer la sablière du sol.
La maçonnerie sous la sablière ne fait que l’isoler
de l’humidité et ne la porte pas. Par tassement au
cours des âges, il arrive cependant que la sablière
trouve sur ce solin une certaine assise.
Une dégradation de ce solin ne remet donc pas en
cause la stabilité de l’édifice. Toutefois, en favori-
sant les remontées capillaires du sol, elle pourra
contribuer au pourrissement de la face inférieure de
la sablière ce qui, à la longue, pourra entraîner son
affaissement et son déversement.
■ Méthode
La réalisation d’un solin intervient toujours en
dernier dans les opérations de construction, après le
montage complet de l’ossature mais avant l’exécu-
tion des hourdis de remplissage.
Dans le cas d’une intervention sur une sablière de
seuil dégradée (voir plus haut), on dégarnira le solin
sous-jacent de manière progressive, sur jamais plus
de 1 à 1,5 m de longueur à la fois, et on le reconsti-
tuera au fur et à mesure de l’avancée des travaux de
remise en état.

Reprise d’un assemblage


avec cale de blocage
insérée dans la mortaise.

59
V Restaurer le pan de bois / Isolation des parois

Isolation des parois


Doublage d’une paroi par l’intérieur
■ Principe
Avec les nouvelles exigences en matière de confort, l’isolation des
murs est une pratique incontournable dans la restauration des bâti-
ments anciens. Encore faut-il bien l’aborder. De manière générale,
l’isolation d'un mur par l’extérieur est la meilleure solution par
l’effet de masse de la maçonnerie conservée à l’intérieur.
Pour le pan de bois, il en va autrement. Même si le coefficient du
rapport matériau/isolation est remarquable par rapport à celui
d’un mur de pierre, il n’est plus suffisant pour atteindre le niveau
de confort désiré aujourd'hui.
■ Méthode
L’isolation se fera par l’intérieur. On dispose d’abord une épaisseur
de laine de verre (ou tout autre isolant compatible avec un R de
2,5 pour les parois verticales). Puis on élèvera une cloison plâtrière
en briques de terre cuite de 5 centimètres avec un enduit sable et
plâtre qui pourra être laissé apparent, avec tous les jeux de mise
en œuvre possible du plâtre teinté ou non.

Doublage d’une paroi par l’extérieur


Aujourd’hui, il est courant de voir des murs de maçonnerie contem-
poraine doublés, en extérieur, par un pan de bois entièrement refa-
çonné. Ce pan de bois restitué sur une façade, et destiné à rester
apparent, comportera donc, sur ses pièces horizontales, des nez de
rejet d’eau ou des moulures en bec-de-corbin de même fonction.
Le doublage extérieur est d’un bon rapport qualité/prix et donne
aux nouvelles façades un aspect et une modénature de qualité.
Dans une opération de restauration, on double parfois par l’extérieur
des murs de pierre dont le ravalement serait onéreux avec un pan de
bois façonné en fonction du nouveau projet. Le gros avantage est que
le mur de maçonnerie constitue une masse thermique intérieure inté-
Pour offrir une bonne isolation ressante et conserve son rôle esthétique à l’intérieur de la maison.
thermique tout en restant
esthétique, le pan de bois destiné Si l’on double par l’extérieur un mur en pan de bois qui n’était pas
à rester apparent à l’extérieur a destiné à rester apparent, on peut jouer l’aspect rustique en
été doublé par l’intérieur en briques conservant, à l’intérieur, le pan de bois visible avec son hourdis de
plâtrières et avec un isolant. torchis restauré.

60
Note pratique

Note pratique
… pour préparer son chantier
de restauration

Où se procurer du bois ancien ?


Certains démolisseurs se spécialisent dans les matériaux de récu-
pération en faisant des stocks (on les trouvera dans l’annuaire à la
rubrique démolition).
Ils deviennent ainsi des marchands de matériaux (matériaux de
récupération ou matériaux des soldeurs).
Les charpentiers ont souvent aussi leurs stocks de bois anciens.
Le prix du bois ancien est libre…

Quels sont les prix du bois neuf ?


Aujourd’hui, un bois de charpente en chêne coûte entre 380 et
450 euros le mètre cube (il faut compter 1 400 euros le mètre cube
pour du bois de menuiserie).
Les prix ne varient pas d’une région française à une autre. Ils
peuvent, par contre, varier d’un pays à un autre.
Le coût du transport est relativement minime.

Auprès de qui acheter le bois neuf ?


Auprès des exploitants forestiers (scieries patentées).
Auprès des coopératives forestières (associations de propriétaires
de forêts indépendants). Ce sont les coopératives de tous les petits
exploitants privés qui font les prix du marché.
Auprès de l’Office national des forêts (prix publics de l’ONF).
Comptez 43 euros le mètre cube de bois sur pied.

61
Annexes / Glossaire

Glossaire
About : Extrémité d’une pièce de bois, notamment d’un tenon coupé à l’équerre.
Allège : Partie du mur située entre l’appui d’une baie et le niveau d’un plancher.
Ancre : Élément de fer forgé fixé à l’extrémité d’un tirant métallique.
Assemblage : Procédé de liaison des pièces de bois entre elles par pénétration
et combinaison de section.
Aubier : Partie tendre d’un bois située entre l’écorce et le duramen, ou bois parfait.
Bardage : Revêtement d’une surface extérieure au moyen de bardeaux.
Bardeau : Petite tuile plate de bois permettant de recouvrir une toiture ou une
façade.
Bec-de-corbin : Moulure dont le profil, saillant, prend la forme d’un bec crochu.
Bille : Tronçon du fût d’un arbre avant équarrissage et débitage.
Bisaiguë (ou besaiguë) : Outil du charpentier composé d’une barre d’acier ter-
minée, à ses deux extrémités, par un bédane et un ciseau.
Blanchir : Retirer les inégalités les plus saillantes d’une pièce de bois par équarrissage.
Bois-de-brin : Pièce de bois de faible diamètre, à peine équarrie.
Capricorne : Insecte coléoptère dont la larve xylophage attaque les bois.
Chéneau : Petit canal chargé de recueillir et de diriger les eaux de pluie.
Cheville : Petite tige de bois dur taillée en cône à l’une de ses extrémités qui
traverse un assemblage et en assure la cohésion.
Ciseau : Outil à lame d’acier taillée en biseau (ciseau droit, à chanfrein, ciseau-
bédane…).
Champignon lignivore : Végétal cryptogamique, parasite du bois et des sur-
faces exposées à l’humidité.
Clayonnage : Tressage de tiges végétales sur lequel s’accroche le torchis.
Colombe : Élément vertical de l’ossature secondaire d’un pan de bois allant de
sablière à sablière.
Colombage : Structure en pans de bois dont les vides sont maçonnés ou
remplis en torchis.
Confortement : Renforcement, consolidation d’un ouvrage.
Contremarque (ou marque) : Signes tracés par le charpentier sur les pièces de
bois pour les reconnaître au moment du levage.
Contreventement : Ensemble des liens ou contrevents mis en place pour
contrer la déformation latérale d’une charpente ou d’une ossature, notamment
sous l’effet du vent.
Cornier : Dénomination particulière des poteaux situés à l’angle de deux
façades en équerre.
Croix de Saint-André : Assemblage de deux pièces de bois croisées pour
assurer une meilleure rigidité au panneau.
Dé : Élément en pierre, de forme cubique, servant de support à un poteau et
l’isolant du sol.
Debout : Le bois debout travaille en compression dans le sens perpendiculaire
au fil du bois.
« Déboucler une mortaise » : Élargir l’entaille d’une mortaise à l’aide d’une
tarière et d’un ciseau.

62
Glossaire

Décharge : Pièce oblique fixée entre deux pièces horizontales afin d’assurer la
descente de charge de la traverse supérieure à la traverse inférieure.
Dépose : Démontage d’une pièce, d’un panneau ou d’un ouvrage afin d’effec-
tuer son remplacement ou sa réparation.
Descente de charges : Cheminement des charges dans un ouvrage.
Déversement : Déformation accidentelle d’un mur dont la partie supérieure
s’éloigne de l’aplomb.
Diagnostic : Analyse des désordres d’un ouvrage, visant à en évaluer l’origine
et la gravité, pour préconiser des remèdes.
« Donner de la tire » : Procédé consistant, lors de la réalisation d’un assemblage,
à percer en biais de manière à laisser une partie de bois au milieu du tenon.
Duramen (ou bois parfait) : Partie centrale du bois, après élimination de
l’écorce et de l’aubier.
Écharpe : Pièce secondaire oblique reliant deux ou plusieurs pièces parallèles.
Encorbellement : Ouvrage réalisé en porte-à-faux, et en surplomb, par rapport
aux façades des étages inférieurs.
Entaille : Évidement pratiqué dans une pièce de bois en vue de son assemblage
avec une autre (entaille droite ou en sifflet, entaille à queue-d’aronde, entaille
à mortaise…).
Entretoise : Pièce de bois maintenant l’écartement entre deux pièces pour les
empêcher de se gauchir. Dans les constructions à encorbellement, l’entretoise
assure la continuité entre les sablières haute et basse.
Enture : Assemblage bout à bout de deux pièces de bois taillées pour pouvoir
s’emboîter.
Éperon : Élément biais joignant deux pièces verticales et participant au contre-
ventement d’un pan de bois.
Épure : Représentation à l’échelle d’un ouvrage de charpente, en plan, coupe
et élévation.
Équarrir : Donner à l’équerre un bois en grume en ôtant les dosses au moyen
d’une scie ou d’une hache à équarrir.
Établissement : Ensemble des opérations allant du tracé des pièces jusqu’au
montage de l’ouvrage : l’établissement comprend le tracé des épures ou des
ételons, la sélection, l’équerrage et le marquage des bois, la taille des assem-
blages, et enfin le levage.
Étai : Pièce longue servant à reporter provisoirement vers un appui stable la charge
verticale d’une partie d’ouvrage ou à contrer latéralement un mur en dévers.
Étaiement : Dispositif permettant, à l’aide d’étais en bois ou en métal, de main-
tenir provisoirement un ouvrage.
Étançon : Gros poteau trapu, placé verticalement afin d’étayer un mur, un plan-
cher ou une poutre.
Ételon (ou étalon) : Épure en grandeur vraie d’un ouvrage de charpente, tracée
à même le sol de l’atelier.
Faïençage : Craquelure de surface prenant la forme de fins réseaux de micro-
fissures à maillage régulier.
Flambage (ou flambement) : Déformation courbe d’une longue pièce de bois
verticale ou d’un mur.

63
Annexes / Glossaire

Flanc : Le bois de flanc (ou bois couché) est utilisé en position horizontale et
travaille en flexion.
Fléchissement : Déformation courbe d’une longue pièce de bois horizontale
sous l’effet d’une charge excessive ou d’une compression en bout.
Galandage : Mode constructif fait de cloisons non porteuses de distribution
intérieure, réalisées en brique ou tout autre élément maçonné.
Gauchissement (ou gauchiement) : Courbe légèrement vrillée d’une pièce de
bois ou d’un panneau qui étaient originellement plans.
Grume : Tronc d’arbre abattu, ébranché mais non écorcé.
Guette : Décharge ne s’assemblant pas dans deux éléments horizontaux mais,
respectivement, en tête et en pied dans un poteau et dans une sablière. Elle
tire son nom de la guêtre qui monte de la chaussure vers le haut de la jambe
(mais peut être aussi de la position d’un homme « aux aguets » derrière un tronc.)
Hourdis : Ensemble des matériaux (torchis, briques, tuileaux, pierres…) servant
à combler l’entre-colombage.
Insecte xylophage : Insecte parasite qui se nourrit du bois, que ce soit sous sa
forme larvaire (capricorne, lyctus, sirex, vrillette) ou sous sa forme adulte (termite).
Laceret : Outil servant à percer les trous de cheville.
Larmier (ou goutte d’eau) : Profil de la partie basse d’une corniche qui facilite
le ruissellement des eaux.
Levage : Pose, à leur place définitive, des pièces de bois préalablement prépa-
rées et pré-assemblées en atelier.
Lien : Pièce de consolidation posée en écharpe dans l’angle formé par deux
pièces de bois.
Linteau : Traverse raccordant, par le dessus, les deux montants d’une baie.
Lisse (ou lice) : Pièce de bois horizontale et rectiligne.
Marque du charpentier : Chiffre ou signe conventionnel d’identification gravé
par le charpentier sur les pièces.
Mérule : Champignon mou, parasite du bois, qui provoque à terme son pourrissement.
Mise dedans : Montage provisoire des pièces, au sol, en vue de réaliser ou de
vérifier les assemblages.
Mortaise : Entaille faite dans une pièce de bois, destinée à recevoir un tenon chevillé.
Noue : Angle rentrant formé par la jonction de deux versants de toits.
Oulice (ou houlice) : Mode d’assemblage classique d’une tournisse sur une
écharpe, soit d’une pièce verticale sur une pièce inclinée.
Ossature : Squelette formant la partie solide d’une construction avant remplissage.
Palançon (ou paleçon) : Bois formant l’armature d’un remplissage en torchis.
Pan de bois : Ensemble des pièces de bois formant l’ossature à claire-voie d’un
mur porteur.
Panneau : Zone comprise entre poteaux et sablières.
Passe-partout : Grande scie à bois sans cadre manipulée par deux personnes.
Portée : Distance comprise entre deux points d’appui successifs dans une
construction.
Poteau : Pièce verticale porteuse, en bois.
Poteau d’allège (ou potelet d’allège) : Petit poteau placé sous une fenêtre.
Potelet : Poteau court de pan de bois.

64
Glossaire

Queue-d’aronde (en) : Assemblage dans lequel le tenon est évasé, rappelant la


queue d’une hirondelle (ou aronde ou hironde).
Rabot : Outil servant à aplanir et à blanchir le bois.
Rainette (ou rénette) : Outil à lame d’acier recourbée formant deux griffes en
gouge.
Réhabilitation : Travaux d’amélioration générale ou de mise en conformité
d’un bâtiment avec les normes en vigueur.
Relevé architectural : Réaliser le « levé » d’un plan, c’est-à-dire la représenta-
tion graphique cotée d’un terrain ou d’un ouvrage.
Remontées capillaires : Infiltration ascendante, par capillarité, présente à la
base des murs d’un ouvrage.
Remplissage : Tout élément qui garnit les espaces vides d’un pan de bois.
Reprise en sous-œuvre : Travail exécuté sur les parties portantes d’un ouvrage,
sous la charge des parties supérieures qui ont été étayées.
Résine : Matière organique, naturelle ou synthétique, utilisée pour durcir et
souder des particules de matière.
Restauration : Reconstitution à l’identique, dans son état originel attesté ou
supposé, d’un ouvrage ancien.
Retrait : Contraction du bois sous l’effet d’une baisse du taux d’humidité.
Sablière : Pièce horizontale dans laquelle s’assemblent les éléments verticaux
ou obliques qui composent le pan de bois.
Scie égoïne : Scie manuelle sans cadre à lame unique.
Semelle : Socle, fondation très profonde ou élément d’assise à la base d’un
ouvrage.
Sifflet (en) : Se dit d’une pièce de bois taillée en biseau.
Sole : Sablière de seuil, de forte section, reposant sur un soubassement en
maçonnerie.
Solin de mur : Soubassement formant bahut, notamment sous les sablières de
seuil d’une construction en pan de bois.
Tarière à cuillère : Outil servant à percer des trous et à ébaucher les mortaises.
Tenon : Partie saillante d’un assemblage qui s’encastre dans l’entaille de la mortaise.
Termite : Insecte qui, sous sa forme adulte, se nourrit du bois.
Tirant : Tige métallique servant à relier deux éléments et à empêcher leur écartement.
Torchis : Mortier de terre argileuse mélangé avec de la paille.
Tournisse : Colombe qui s’assemble dans une décharge ou une guette.
Trait de Jupiter (à) : Assemblage, par enture, de deux pièces de bois, avec clef,
servant à la reprise de traction.
Tuileau : Granulat constitué de fragments de tuiles ou de briques concassées,
incorporé dans un mortier.
Vrillette : Insecte coléoptère qui se nourrit du bois en creusant de fines galeries.

65
Annexes / Bibliographie

Bibliographie
ASSOCIATION OUVRIÈRE DES COMPAGNONS DU DEVOIR
DU TOUR DE FRANCE, La charpente et la construction en bois,
« Encyclopédie des métiers », Librairie du compagnonnage, 1978.
BOITHIAS Jean-Louis et MONDIN Corinne, La maison rurale en
Normandie, Éd. Créer, tome 1-1978, tome 2-1979.
CHAUVET Jean-Yves, Vivre la maison lorraine, Jaher, 1981.
DEGEZ Albert, Le colombage vannetais, Bulletin de la Société poly-
matique, tome 107, 1980.
FUCH Maurice, La maison alsacienne à colombage, Berger-Levrault,
1977.
IMBAULT Daniel, La Champagne, architecture régionale, Jaher, 1986.
JOUSSE Mathurin, L’art de la charpenterie, Paris, 1751.
LELOUP Daniel, Les maisons à pans de bois de Bretagne, Éd. Ouest-
France, 2002.
QUENEDEY Raymond, L’habitation rouennaise (1926), Gérard
Monfort, 1977.
SOULAS Jean-Jacques, Dinan, guide de découverte des maisons à
pans de bois, Jaher, 1986.

66
Adresses utiles

Adresses utiles
Comité national pour le développement du bois (CNDB)
6, avenue de Saint-Mandé – 75012 Paris
Tél. : 01 53 17 19 60
http://www.cndb.org

Centre technique du bois et de l’ameublement (CTBA)


10, avenue de Saint-Mandé – 75012 Paris
Tél. : 01 40 19 49 19
http://www.ctba.fr

Fédération nationale du bois (FNB)


6, rue François-1er – 75008 Paris
Tél. : 01 56 69 52 00
http://www.fnbois.com

Fédération nationale des communes forestières de France (FNCoFor)


13, rue du Général-Bertrand – 75007 Paris
Tél. : 01 45 67 47 98
http://www.fncofor.fr

Union nationale artisanale Charpente, menuiserie, Agencement – CAPEB


46, avenue d’Ivry – BP 353 – 75625 Paris Cedex 13
Tél. : 01 53 60 50 00
http://www.capeb.fr

Union nationale française de Charpente, menuiserie, parquets – FFB


10, rue du Débarcadère – 75017 Paris
Tél. : 01 40 55 14 70
http://www.ucmp.org

Office national des forêts (ONF)


2, avenue de Saint-Mandé – 75012 Paris
Tél. : 01 40 19 58 00
http://www.onf.fr

Union des industries du bois (UIB)


6, avenue de Saint-Mandé – 75012 Paris
Tél. : 01 53 42 15 50
http://www.industriesdubois.com

67
Annexes / Formation

Formation
Association Ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour
de France
82, rue de l’Hôtel-de-ville – 75180 Paris Cedex 04
Tél. : 01 44 78 22 50
http://www.compagnons-du-devoir.com

Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment


7, rue Petit – 75019 Paris
Tél. : 01 42 02 06 23
http://www.compagnons.org

Union Compagnonnique – Compagnons du Tour de France


des Devoirs Unis
Villa Not-Nid – 81, Vallon Barla – 06200 Nice
Tél. : 04 93 71 57 55
http://www.lecompagnonnage.com

Institut de la Charpente et de la Construction Bois


3, bd Maréchal-Leclerc – 49100 Angers
Tél. : 06 19 60 61 30
http://www.institut-charpente.com

Institut Européen de Formation – Compagnons du Tour


de France
(Charpente, couverture, ébénisterie, etc.)
2, rue Léopold-Alixant – 39330 Mouchard
Tél. : 08 10 50 18 10
http://www.institutdescompagnons.org

Lycée du Bois de Mouchard


Rue de Strasbourg – 39330 Mouchard
Tél. : 03 84 73 74 00
http://www.lycee-du-bois.com

68
Table des matières

Table des matières


Une technique millé naire…................................................ 4
Origine et présence du colombage ....................... 7
Histoire du colombage ................................................................. 8
Typologie régionale des maisons à colombages ...................... 10
Pan de bois caché ........................................................................ 10
Pan de bois protégé ..................................................................... 1 1
Pan de bois visible....................................................................... 1 1
Technique du pan de bois........................................ 15
Qualités et défauts du bois ......................................................... 16
Résistance thermique.................................................................... 16
Résistance mécanique................................................................... 16
Résistance au feu ......................................................................... 1 7
Résistance à l’humidité ................................................................. 1 7
Résistance aux attaques des champignons et des insectes................. 18
Préparation du bois ..................................................................... 1 9
Prédominance du chêne ............................................................... 1 9
Abattage de l’arbre ..................................................................... 1 9
Stockage du bois......................................................................... 20
Mise en œuvre du bois................................................................. 21
Vocabulaire du pan de bois ....................................................... 22
Origine des termes....................................................................... 22
Un vocabulaire précis................................................................... 23
Principes de construction ........................................................... 24
La structure................................................................................. 24
Les assemblages .......................................................................... 24
Préparation des pièces................................................................. 25
Établissement des pièces .............................................................. 26
Réalisation du soubassement ........................................................ 26
Section des bois .......................................................................... 27
Lire le pan de bois....................................................................... 28
Les grands principes .................................................................... 28
Pan de bois apparent ou pan de bois caché ?................................. 28
Comprendre les descentes de charges............................................ 29
Vivre le pan de bois .................................................... 31
Usage raisonné de la maison à colombages ............................ 32
Favoriser une ventilation naturelle ................................................. 32
Protéger les façades ..................................................................... 32
L'entretien du pan de bois ......................................................... 33
Surveiller les points principaux...................................................... 33
Traiter le bois attaqué .................................................................. 34
Respecter la protection naturelle du bois........................................ 34

69
Table des matières

Colorer le pan de bois ............................................................. 35


Connaître pour mieux intervenir : le chêne et le peuplier............. 35
Le diagnostic........................................................... 37
Recherche et évaluation des désordres ................................ 38
Méthode du diagnostic ........................................................... 38
Les désordres flagrants........................................................... 39
Le déversement latéral de l’édifice............................................ 39
Le fléchissement et la rupture des sablières d’étage.................... 39
La ruine de la sablière basse .................................................... 40
La détérioration d’une pièce de remplissage .............................. 40
Le pourrissement de la base d’un poteau d’angle....................... 40
La dégradation d’un assemblage ............................................. 4 1
Les désordres cachés .............................................................. 42
Les principes généraux ............................................................ 42
La dégradation des appuis de fenêtre ....................................... 42
Le faux-aplomb des ouvertures ................................................ 42
La désolidarisation des poutres ................................................ 43
L’attaque des bois par les champignons.................................... 43
L’attaque des bois par les insectes............................................ 43
Restaurer le pan de bois .................................... 45
Principes de restauration ...................................................... 46
La réflexion préalable ............................................................. 46
Les interventions courantes ..................................................... 46
La désolidarisation des assemblages ......................................... 47
Intervention sur un élément secondaire ............................. 48
Éléments de remplissage ......................................................... 48
Éléments de décharge ............................................................. 48
Intervention sur un élément majeur de l'ossature ............. 49
Les poteaux ........................................................................... 49
Les sablières........................................................................... 5 0
Reconstitution d’un élément détérioré ................................ 5 2
Pièce de raccord ..................................................................... 5 2
Fibre de verre et résine............................................................ 5 3
Démontage partiel ou complet d’un édifice ....................... 5 4
Redressement d'une façade .................................................. 5 8
Reprise de solin ...................................................................... 5 9
Isolation des parois ............................................................... 60
Doublage d’une paroi par l’intérieur ........................................ 60
Doublage d’une paroi par l’extérieur........................................ 60
Note pratique...pour préparer son chantier de restauration ........ 6 1
Glossaire ............................................................................... 62
Bibliographie ......................................................................... 66
Adresses utiles ....................................................................... 67
Formation .............................................................................. 68

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Aux Éditions Eyrolles
Y. BENOIT/D. DIROL, Guide de reconnaissance des bois de France, 1999
L. COIGNET, La maison ancienne, 2e éd., 2006
CTBA, Le traitement des bois dans la construction, 2e éd., 2000
CTBA/Y. BENOIT, Le guide des essences de bois, 1997
M. EUCHER, Manuel des traits de charpente, 1997
M. GERNER, Les assemblages des ossatures et charpentes en bois, 1994
T. NOLL, Assemblages en bois, 2e éd., 2004
Conception graphique : Nord Compo
Mise en pages : Caroline Verret

Dépôt légal : novembre 2006


N° d’éditeur : 7456

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