Cours Elevage de Bovins
Cours Elevage de Bovins
Dr Abib CAMARA
Enseignant-chercheur ENSA
Département Productions Animales
Email: [email protected]
Tél.: 77 556 29 03
OBJECTIF DU COURS
Acquérir des compétences en conduite d’élevage de bovins
Acquérir des connaissances sur les conditions de logement et les normes de construction
des bâtiments d’élevage bovins
Développer les connaissances sur les différentes production issues de l’élevage bovin
Il fournit des ressources alimentaires diversifiées (viande, lait, huiles, beurre, etc.) riche en
énergie et en protéines.
Il constitue souvent un mode d’épargne et de diversification des revenus pour les pasteurs
et les agropasteurs.
Les pratiques d’élevage de bovins sont courantes en milieu rural (généralement extensif) et
en périphérie des agglomérations (élevage semi-intensif et intensif).
NOTES INTRODUCTIVE
Les modalités de conduite permettent de distinguer deux (2) grands systèmes d’élevage:
extensif (transhumant, nomade, sédentaire) et intensif (semi-intensif ou agropastorral,
intensif).
L’intensification de l’élevage bovin est un mode de conduite qui permet d’accroître les
performances de production (qui tendent vers le potentiel génétique de la race), à travers
une alimentation de qualité satisfaisant les besoins alimentaires et nutritionnels et une
bonne gestion d’élevage.
bovins à haut potentiel de production) contre une température et une insolation excessive:
choix d’une bonne orientation du bâtiment par rapport au soleil, au vent et à la pluie.
Les sites exposés aux vents forts ou situés entre des barrières physiques (collines, par
couvert.
L’aire d’alimentation doit être dallée et couverte, large de 2 à 2,5 m (sans la mangeoire),
garrot. Prévoir 90 cm de place par animale à la mangeoire si elle est équipée de barre de
Parc à bovins de
type polyvalent
I. LOGEMENT DES BOVINS
1. 2. Normes et caractéristiques
Aire de couchage ou de repos doit être couverte par une toiture, bétonnée, paillée, plat
Aire d’exercice est non couverte (par une toiture), avec un sol perméable (non dallée) et
de cohésion suffisante pour éviter les bourbiers. Il faut prévoir 2 à 3,5 m² de surface par
animal.
I. LOGEMENT DES BOVINS
1. 2. Normes et caractéristiques
matière isolante ayant un excellent pouvoir réfléchissant des rayons du soleil (fibrociment,
aluzinc, biomasse végétale, etc.), avec une pente de 10 à 15% et une hauteurs cotés bas
La toiture (des aires couvertes) doit être orientée selon la direction Est-Ouest et offrir une
couverture suffisante des zones pour assurer une meilleure protection des animaux et/ou
Le fond et les abords des mangeoires et des abreuvoirs doivent être arrondis pour faciliter
le vidange et nettoyage au quotidien et éviter des irritations et des pertes de poils des
Les mangeoires et les abreuvoirs doivent être positionnés en bordure de parc pour faciliter
La dalle de la zone d’abreuvement doit être inclinée (2%) pour garder le point d’eau sec.
I. LOGEMENT DES BOVINS
1. 2. Normes et caractéristiques
D’autres modèles de
bâtiments qualifiés de
« Bâtiments extra
large » sont utilisés en
élevage industriel, Bâtiment de type « Chapelle »
Meilleurs circuits d’air
particulièrement dans Faible hauteur au couchage
Grande hauteur au faîtage
les régions tempérées Présence parfois de poteaux gênants
I. LOGEMENT DES BOVINS
1. 2. Normes et caractéristiques
D’autres modèles de
bâtiments qualifiés de
« Bâtiments extra
large » sont utilisés en
Bâtiment de type succession de trois bipentes
élevage industriel,
Ventilation optimale des aires de couchages
particulièrement dans Absence d’entrée d’air dans la partie centrale
D’autres modèles de
bâtiments qualifiés de
« Bâtiments extra
large » sont utilisés en
élevage industriel, Bâtiment de type « Toit d’usine » ou rendent ou shed
Possibilité de maximiser la largeur du bâtiment
particulièrement dans Bonne circulation d’air
Contraintes en termes de respect des normes d’orientation et de protection
les régions tempérées (brise vents)
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 1. Anatomie de la digestion
L’appareil digestif a pour fonction de transformer les aliments, composés non
assimilables, en nutriments, éléments assimilables. Il se compose de :
la bouche et les dents ;
le tube digestif (œsophage, estomac, intestins) ;
les glandes digestives salivaires, gastriques, intestinales, foie, pancréas).
Les variations anatomiques qui existent entre les espèces ont des implications sur les
techniques d’alimentation et l’efficacité de la digestion des aliments.
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 1. Anatomie de la digestion
Appareil de préhension et de mastication des aliments, elle se
compose de :
la langue, très mobile, garnie d’une muqueuse sèche,
principal organe de préhension des bovins ;
le mufle, épais et rigide.
Les mâchoires, dépourvus d’incisives supérieures remplacées
par un bourrelet cartilagineux chez les ruminants.
Ces dispositions anatomiques font que les bovins saisissent
l’herbe par leur langue, utilisent leurs incisives et le bourrelet
comme une pince et coupe l’herbe d’un coup de tête.
Conséquences : les pâturages au ras du sol et les brindilles à la
surface ne sont pas accessible aux bovins.
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 1. Anatomie de la digestion
Estomac composé de 4 poches : panse ou rumen,
bonnet ou réseau, feuillet et caillette. Le rumen, le
réseau et le feuillet sont le « pré-estomac »
Le rumen est positionné du côté gauche de
l’abdomen. Sa capacité, 250 à 300 litres, représente
90% de l’estomac. La paroi du rumen est tapis d’une
tunique musculaire, dont les contractions
permettent le brassage des aliments, et d’une
muqueuse riche en vaisseaux sanguins.
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 1. Anatomie de la digestion
Le réseau tapissé d’alvéoles qui augmentent la surface de contact
avec les aliments. Il est mieux pourvu en glandes salivaires
comparé au rumen. Il est un organe de filtre où sont bloqués les
corps étrangers.
Le feuillet ne dispose pas de glandes digestive. Les nombreuses
lamelles qui sont disposées dans sa partie intérieure permettent
de filtrer les aliments pour ne laisser passer que ceux qui sont
finement divisés.
La caillette est qualifiée d’estomac proprement dit d’autant
qu’elle est la seule à disposer de glandes digestives qui sécrètent
le suc digestif (adultes) ou la présure (veau). Il s’y produit
l’absorption de l’eau et des minéraux.
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 1. Anatomie de la digestion
Intestin de bovins
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 2. Composition et valeur nutritive des aliments
Son apport en énergie pour l’animal, après combustion des matières organiques ;
Unité Fourragère (UF), expression d’énergie nette équivalant à la combustion d’1 kg d’orge.
La valeur énergétique en UFV : EN aliment / EN d'1 kg d'orge, avec 1 UFV = 1.760 kilocalories
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 2. Composition et valeur nutritive des aliments
Le rendement métabolique de l’E varie selon la digestibilité de l’aliment (bonne digestibilité
pour meilleure utilisation métabolique), mais aussi selon la destination/l’utilisation de l’E :
L’énergie des aliments est utilisée pour couvrir les dépenses de l’animal :
• Les dépenses d’entretien, improductives mais vitales, dues au fonctionnement de
l’organisme (respiration, maintien de la température corporelle, digestion, excrétion) et à la
recherche de nourriture (déplacement, position debout pour s’alimenter) ;
• Les dépenses de productions, très variables de l’une à l’autre (croissance, fœtus, viande,
lait, engraissement, travail).
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 2. Composition et valeur nutritive des aliments
L’encombrement d’un aliment est sa capacité à occuper durablement donc à remplir dans la
durée (créer un encombrement) l’estomac d’un animal.
L’encombrement du fourrage (EF) augmente avec l’âge de l’herbe : l’herbe jeune a une
valeur E plus faible que la paille. Il est plus élevé chez les graminées que les légumineuses.
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
2. 2. Composition et valeur nutritive des aliments
La qualité nutritive des aliments est déterminée également par les teneurs en matières
azotées totales (MAT), digestibles (MAD), en protéines digestibles dans l’intestin (PDI)
Pour des aliments riches en MAT (concentrés, tourteaux), PDIE est inférieur à PDIN :
l'aliment seul n'apporte pas assez d'énergie pour digérer l'azote qu'il contient.
UBT (Unité Bétail Tropical) : animal de 250 kg PV; CI = 2,5 kg (MS) / 100PV;
UGB (Unité Gros bétail): animal de 600 kg PV; CI = 4500 kg MS par an.
Toute stratégie d’alimentation qui cherche à couvrir totalement les besoins de production
des animaux, i.e. à maximiser les performances de production, est appelée « Stratégie
animal » par opposition à la « Stratégie fourrage » (réduction de la quantité de concentré
pour mieux valoriser le fourrage) et la « Stratégie sous-contrainte » (apport de concentrés
nuls ou presque en cas de déficit et/ou de mauvaise qualité du fourrage).
II. BASES DE L’ALIMENTATION DES BOVINS
Etude de cas
Un lot de 10 taurillons ayant un poids vif moyen de 120 kg au démarrage est mis en
embouche sur une durée de 4 mois, avec à terme un PV moyen de 250 kg.
Montbéliarde, animal de
grand format, ayant un PV
adulte de plus d’1 tonne, race
mixte (laitière et bouchère)
Aptitude laitière de 15 litres
par jour, bonne qualité de
viande avec un rendement
carcasse moyen de 50%.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Besoins d’entretien
Entretien, pour couvrir toutes les dépenses improductives mais indispensables, dues au
mais aussi de son niveau d'alimentation, en particulier chez les races tropicales.
L’objectif sera de limiter ces besoins d’entretien d’autant qu’ils sont improductifs
Les BE sont estimés à 75 kcal/kg PV0,75 pour les bovins. Les bovins laitiers ont un besoin
supérieur aux bovins à viande (race), d’une part, et les mâles dépensent plus que les
Chez la VL en début de lactation, les BE ne sont couverts du fait du niveau élevé de ces
besoins et de leur CI limitée. Les animaux puisent dans leurs réserves corporelles adipeuses
pour combler ce déficit. De même un déficit minéral temporaire est acceptable si les
Protéines (g PDI/jour) 1,56 × Qté lait brut (kg) × TP (g) 48 g PDI/kg de lait à 4% de
MG et 31 g de TP/kg de lait
Caabs (g/jour) 1,25 g/kg de lait brut 3,51 × besoins UFL – 7,65
Pabs (g/jour) 0,9 g/kg de lait brut 2,80 × besoins UFL – 5,65
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Besoins pour la croissance et d’engraissement
Les besoins en croissance sont associés aux vaches primipares qui très souvent n’ont pas
bouclé leur croissance. Généralement, les génisses sont mises à la reproduction avant la
fin de leur croissance pour allonger la durée de la carrière reproductive de l’animal. Dans
ces conditions, l’animal doit trouver dans son alimentation (ration) les nutriments pour
sa croissance.
La vache qui a mobilisé ses réserves corporelles pour assurer la gestion du fœtus et la
production de lait durant les trois premiers mois de lactation devra les reconstituer dès
que sa CI et ses besoins le permettront.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Besoins pour la reconstitution des réserves corporelle
Evolution de la CI et des
besoins en production laitière
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Besoins pour la gestation (nouvelle)
Une bonne stratégie de gestion d’un troupeau de vaches laitières s’appuie une une bonne
planification de la reproduction. Les vaches lactante entament une nouvelle gestation
avant leur tarissement (arrêt de la production laitière).
Les besoins en gestation sont liés au développement du fœtus. Ils deviennent importants
durant le dernier tiers de la gestation (à partir de 6 mois de gestation).
Les races bovines dont les veaux à la naissance ont un poids élevé vont avoir des besoins
importants pour la gestation.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Etude de cas : Déterminer les besoins d’une vache laitière de 700 kg de poids vif, en pleine
lactation, ingérant 22 kg de MS et produisant 35 kg de lait à 42 g/kg de TB et 32 g/kg de TP
Les besoins journaliers en eau de la vache laitière sont de 100 à 160 L, répartie entre:
Pour l’UBT, les besoins journaliers en eau sont en moyenne de 60 litres (faible capacité
d’ingestion comparé aux VL, faible niveau de production laitière).
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels de la vache laitière
Besoins en eau de consommation
La consommation totale en eau des bovins est la somme des quantités d’eau contenue
dans la ration ingérée et de l’eau d’abreuvement: plus une ration sera riche en eau, moins
sera la quantité d’eau d’abreuvement.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 2. Rationnement et conduite alimentaire
Le rationnement consiste à ajuster au mieux les apports alimentaires et nutritifs aux
besoins de l’animal ou du troupeau.
Les apports alimentaires aux animaux doivent être suffisants pour couvrir leurs besoins
nutritifs, équilibrés et exempts de toxines ou de poisons. Le choix de formules alimentaires
qui remplissent ces conditions tout en étant économe financièrement sera privilégié.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 2. Rationnement et conduite alimentaire
Dans la mesure où le fourrage est de bonne qualité et peut satisfaire à lui seul les besoins
en énergie, la quantité de ce fourrage (QIF) que l’animal doit ingérée est déterminée par :
QIF = Besoins en énergie de l’animal / Valeur UF du fourrage
La ration est dite simple car constituée exclusivement de fourrage (ensilage, par exemple)
dont l’ingestion permet de couvrir les besoins alimentaires et nutritionnels de l’animal.
Le rationnement basé sur l’utilisation de plusieurs aliments est qualifié de ration composée.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 2. Rationnement et conduite alimentaire
Le concentré élève la quantité totale de MS ingérées par l’animal, accélère la vitesse de
digestion, permet une meilleure activité microbienne sans modifier la digestibilité du
fourrage qui peut être altérée si la quantité de concentré est trop élevée.
A l’échelle du troupeau, la CI considérée est celle de l’animal moyen du lot, i.e. la moyenne
des CI de l’ensemble du lot. Dans ce cas, une ration moyenne permettant de couvrir les
besoins nutritifs de l’animal moyen est distribué au troupeau (cas de mise synchronisée).
La distribution par lot est facilitée par la synchronisation des naissances. Elle est adaptée
aux effectifs d’animaux importants dont elle simplifie la gestion. Cependant, l’éleveur ne
maitrise pas la consommation individuelle de chaque animal.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 2. Rationnement et conduite alimentaire
A l’auge : fourrage vert (« cut and carry » ou « zero-grazing »), foin ou ensilage. Intérêt:
réduction des besoins (énergie et PDI), diminution des risques de maladies (surtout
parasitaires), meilleures utilisations du fourrage (moins de pertes par souillure ou
piétinement)
Ensilage : fourrage vert, fermenté par tassement, dont la valeur dépend de la qualité de
fourrage de départ et de la réussite de la fermentation. La finesse du hachage optimal
permet une bonne conservation au silo, un bon niveau d’ingestion et une fibrosité suffisante
pour prévenir les risques d’acidose.
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 3. Paramètres de reproduction
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 3. Paramètres de reproduction
La fécondité est l’aptitude d’une ♀ à donner la vie (nombre d’animaux vivants qu’une
♀ a donné naissance par an ou au cours de sa carrière). C’est une caractéristique
globale, qui dépend de : la fertilité, la prolificité, la précocité sexuelle.
Taux de fécondité (TF) = 100 × r/a
L’intervalle entre mise-bas (IMB) est une expression de la fécondité individuelle. Il est
inversement proportionnel au taux de mise-bas (TMB).
TMB = 1/IMB (temps-années) ou TMB = 365/IMB (temps-jours)
IV. ELEVAGE DES BOVINS LAITIERS
4. 3. Paramètres de reproduction
La prolificité ou nombre de produits nés vivants par mise bas. C’est un caractère
génétique, qui dépend de l’espèce, et aussi de la race (petits ruminants plus prolifiques
que bovins).
Les BE sont plus importants chez le mâle que la femelle (+15 à +20%).
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels
Besoins d’entretien (Rappel)
Les besoins d’entretien (BE) correspondent aux dépenses (énergie, matières azotés,
minéraux) de l’animal pour se maintenir en vie, sans variation de poids ni de production
d’aucune nature. L’objectif sera de limiter les besoins d’entretien d’autant qu’ils sont
improductifs (installation de brise-vent, limitation des déplacements, facilitation de la
préhension, etc.).
Les besoins protéiques (g PDI/j) sont estimés par rapport au poids métabolique
BesP = 3,25/kg PV0,75
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 1. Besoins alimentaires et nutritionnels
Besoins pour la croissance et l’engraissement (Rappel)
Les besoins de P° sont les dépenses d’énergie, de protéines, de minéraux, etc., pour assurer
une prise de poids de l’animal. Ils sont exprimés en UFV ou kcal par kg de gain de poids,
pour l’énergie, et en gramme de PDI par kg de gain de poids pour les protéines.
Les besoins pour la croissance et l’engraissement sont liés au gain de poids (GMQ) et à la
nature des tissus produits (muscle ou graisse).
Les besoins d’E pour la production de graisse (engraissement) sont plus élevés que les
besoins pour la croissance (efficacité d’utilisation énergétique).
Il faut disposer d’une eau de qualité satisfaisante et fraîche pour l’abreuvement des bovins.
Lorsque les conditions climatiques sont défavorables (température élevée, air sec, etc.) ou
la ration alimentaire est trop sèche, les animaux augmentent leur consommation en eau.
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 2. Conduite d’élevage de bovin à viande
La production intensive ou semi-intensive de bovin à viande est désignée sous
l’appellation « Embouche bovine ».
L’embouche peut être définie comme un mode d’élevage permettant l’engraissement et
la mise en condition de certains types de bétail pour la boucherie.
Les performances techniques et économiques de l’activité d’embouche dépendent de
nombreux facteurs, dont les plus importants sont :
l’efficacité de l’atelier d’embouche (indices de consommation, croissances
pondérales, durée, etc.);
l’écart entre le prix de l’animal maigre et celui de l’animal engraissé.
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 2. Conduite d’élevage de bovin à viande
Le choix de la race dépend de la région/zone, du potentiel zootechnique (poids adulte),
du gain de poids quotidien (GMQ), de l’efficacité d’utilisation digestive (Indice de
Consommation), du rendement carcasse.
Age: plus les animaux sont jeunes (2 ans pour le taurillon), meilleur est le GMQ et l’IC;
embouche de finition pour des animaux adultes (à réformer particulièrement).
Individu: sexe (priorité aux mâles), pelage et robe (blanche, pie noir ou pie roux, éviter les
robes bannies culturellement), santé (bon état général de santé).
Le choix d’un mode de conduite dépend de facteurs techniques, liés aux caractéristiques
des animaux et des ressources alimentaires disponibles, et des facteurs économiques
(prix saisonniers des animaux, la disponibilité et le prix des aliments, etc.).
Les races bovines locales africaines peuvent donner des rendements satisfaisants en
embouche courte : 600 à 1500 g/j de GMQ.
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 2. Conduite d’élevage de bovin à viande
Fonction de la durée
L’embouche longue en ranching: de jeunes bovins, entre 18 mois et 2 ans, sont engraissés
pendant deux ans environ (deux saisons d’herbe) ;
L’embouche herbagère: durée d’élevage d’un an avec accès aux pâturages naturels ou
améliorés, irrigués ou non, et distribution de compléments alimentaires, de résidus
agricoles ou de sous-produits agro-industriels ;
L’embouche de semi-intensif: les éleveurs engraissent les bovins avec des fourrages et des
sous-produits de récolte. La durée de ce mode d’embouche est relativement longue,
entre 6 et 12 mois.
L’embouche intensif: de jeunes bovins, entre 18 mois et 2 ans, sont engraissés pendant 6
à 12 mois avec une ration riche ;
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 2. Conduite d’élevage de bovin à viande
Fonction de l’âge des bovins
L’embouche de finition: bovins adulte maigre mis en engraissement selon deux (2) phases
(élevage et engraissement proprement dit).
L’embouche de taurillons: de jeunes bovins, entre 12 et 18 mois, engraissés pendant 6 à
12 mois pour la production de viande de qualité tendre et nutritif.
Pour les fourrages de bonne qualité (ensilage, fourrage vert, etc.) capable de satisfaire à
lui seul les besoins en énergie, la quantité ingérée (QIF) par l’animal est déterminée par :
QIF = Besoins en UFV de l’animal / Valeur UFV du fourrage
Lorsque le fourrage ne suffit pas à couvrir les besoins de l’animal, l’ajout de concentré à la
ration de base est nécessaire. L’animal substitue alors une certaine quantité de fourrage
qu’il aurait dû ingérer avec une quantité de concentré.
V. ELEVAGE DES BOVINS À VIANDE
5. 3. Rationnement des bovins à l’engraissement
Dans le cas d’une ration composé (fourrage et concentré), l’aliment fourrager doit
représenter 70% de la quantité de MS de la ration (donc 30% concentré).
Un lot de 10 taurillons ayant un poids vif moyen de 120 kg au démarrage est mis en embouche
sur une durée de 4 mois, avec à terme un PV moyen de 250 kg.
Type de biens Durée de vie (an) Amortissement Investissement An1 An2 An3 An4 An5
Linéaire 15 000 000 750 000 750 000 750 000 750 000 750 000
Bâtiment 20 Dégressif 15 000 000 1 687 500 189 843 21 357 2 402 270
Linéaire 3 000 000 600 000 600 000 600 000 600 000 600 000
Equipement 5 Dégressif 3 000 000 1 050 000 367 500 128 625 45 018 15 756
Equipement 3 Dégressif 1 500 000 625 000 260 416 108 506
VI. ELABORATION DE BUSINESS PLAN
Charges d’exploitation et fond de roulement
Les charges d'exploitation sont liées à l’activité de production: charges fixes (relativement
constant malgré une variation du volume de production) et charges variables (dont
l’évolution suit la variation du volume de production).
Il s’agit des coûts des intrants, d’énergie (électricité, carburant), de consommation en
eau, de main d'œuvre et de frais de personnel, etc.
Le fond de roulement, indicateur financier, qui détermine la capacité à financer les
dépenses courantes sans recourir à un emprunt.
Le besoin en fond de roulement (BFDR) est déterminé par la valeur des capitaux circulant
non financés par les dettes à court terme et des créances et des crédits à court terme.
VI. ELABORATION DE BUSINESS PLAN
Recettes d’exploitation et rentabilité
Indicateurs de rentabilité
Indicateurs de rentabilité
Taux de Rentabilité Interne (TRI)
TRI renseigne sur le taux d'intérêt maximal que pourrait supporter l’activité lorsque le
financement est exclusivement assuré par des emprunts. Il est le taux d'actualisation qui
conduirait à un bénéficie actualisé (VAN) nul. TRI = i (pour que VAN = 0)
Détermination de TRI par interpollation:
i1, pour VAN1 > 0
TRI, pour VAN = 0 [(TRI - i1) / (i1 - i2)] = [(VAN - VAN1)/(VAN1 - VAN2)]
i2, pour VAN2 < 0
La rentabilité financière est assurée avec TRI ≥ 15%