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Theme 04 - Ondes Et Signaux - COURS

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Ondes et

Signaux

TERMINALE
Enseignement de Spécialité

Créé par : M. DESCAMPS


Lycée Européen
2023 / 2024

1
Terminale : Enseignement de spécialité

▪ Cette partie s’inscrit dans la continuité de l’étude des signaux sonores effectuée en classe de
seconde puis de celle des ondes mécaniques, en particulier périodiques, abordée en classe de
première.
▪ Ces études ont permis d’une part d'illustrer la variété des domaines d’application et d’autre part
de donner du sens aux grandeurs caractéristiques des ondes et à la double périodicité spatiale
et temporelle dans le cas des ondes périodiques.
▪ Tout en continuant à exploiter la diversité des champs d’application (télécommunications, santé,
astronomie, géophysique, biophysique, acoustique, lecture optique, interférométrie,
vélocimétrie, etc.), il s’agit dans cette partie d’enrichir la modélisation des ondes en caractérisant
les phénomènes qui leur sont propres : diffraction, interférences, effet Doppler. Même si certains
de ces phénomènes peuvent échapper à l’observation directe, le recours à l’instrumentation et
à la mesure permet de mener de nombreuses expériences pour illustrer ou tester les modèles.
▪ Il s’agit donc d’interpréter des observations courantes en distinguant bien le ou les phénomènes
en jeu et en portant une attention particulière aux conditions de leur manifestation.
Notions abordées en classe de première :
- Onde mécanique progressive périodique, célérité, retard, ondes sinusoïdales, période,
longueur d’onde, relation entre période, longueur d’onde et célérité,
- Son pur, son composé, puissance par unité de surface d’une onde sonore, fréquence
fondamentale, note, gamme, signal analogique, numérisation.

CHAPITRE INTITULE PAGE

1 Ondes mécaniques progressives


Ondes mécaniques périodiques
2 progressives
3 Etude des ondes sonores
Propriétés intrinsèques des
4 ondes
5 Lumière : Formation des images

6
Terminale : Enseignement de spécialité

Ondes mécaniques progressives 01


Jean Le Rond D’Alembert (1717 – 1783

I. Rappels sur les ondes mécaniques


1.1. Définition
DEFINITION

On appelle onde mécanique progressive la propagation d’une


perturbation et donc d’énergie dans un milieu matériel élastique sans
transport de matière.

1.2. Exemples d’ondes mécaniques progressives


 Expérience de la corde : onde à une seule dimension
Sens de déplacement
du point de la corde
Sens de déplacement
de la vibration

[Link]
 Expérience du ressort : onde à une seule dimension

Sens de déplacement
de la vibration

Sens de déplacement
du point du ressort

Sens de déplacement
 Cuve à ondes : onde à deux dimensions
de la vibration

 Haut-parleurs : onde à trois dimensions :


[Link]
Cymatics: Speaker Dish - YouTube
Cymatics: Hose Pipe Water Experiment - YouTube
Terminale : Enseignement de spécialité

▪ Remarque :
Quand on parle de direction de propagation, il faut regarder les différentes directions possibles de
propagation du signal dans le milieu matériel. Pour une onde à une seule dimension, le signal se
propage dans une direction unique. Pour une onde à deux dimensions, le signal se propage dans
plusieurs directions (une infinité en fait). Ces différentes directions définissent alors un plan. Si la
propagation peut s’effectuer dans toutes les différentes directions de l’espace, l’onde est dite à trois
dimensions.
1.3. Célérité d’une onde

On appelle célérité, V, d’une onde la vitesse de propagation de la perturbation dans


un milieu matériel élastique. Elle est obtenue en effectuant le rapport entre la distance,
d, parcourue par l’onde et la durée, Δt, mise par l’onde par parcourir cette distance :
DEFINITION

𝐝
𝐕=
∆𝐭
Avec :
- d en mètre (m) ;
- Δt en seconde (s) ;
- V en mètre par seconde (m.s-1)

Même si sa définition pourrait laisser croire que l’on pourrait confondre célérité et vitesse, il s’agit en
fait de deux notions intrinsèquement différentes.
- La notion de vitesse est liée au déplacement d’un système tel que nous l’avons étudié lors des
lois de Newton. Le terme de célérité est associé la notion de déplacement d’énergie sans
déplacement de matière.
- La célérité de l'onde est une propriété du milieu de propagation, elle est donc constante dans
un milieu donné dans des conditions données.
II. Ondes mécaniques à une seule dimension
2.1. Définition
DEFINITION

Une onde mécanique progressive à une seule dimension est qui ne se propage que
dans une seule direction dans un milieu matériel élastique.

2.2. Notion de retard


La perturbation crée par une onde sur une corde montre que la perturbation reste identique à elle-
même au cours de son déplacement. La seule différence entre deux instants quelconques t et t’ (avec
t < t’) est la position de la perturbation le long de la corde. On dira que la perturbation en M’ est en
retard sur celle en M.

M
M’
t
M’
M
t’
Terminale : Enseignement de spécialité

Dans de nombreux milieux dits non dispersifs, la perturbation arrive au point M’ à


l’instant t’ avec un retard, τ, en ayant les mêmes propriétés que lors de son passage
au point M à l’instant t. Le retard est alors égal à :
Propriétés

𝐌𝐌′
𝛕 = 𝐭′ − 𝐭 =
𝐯
Avec
- MM’ : la distance parcourue par la perturbation en mètre (m) ;
- τ = t’ – t : le retard en seconde (s) ;
- v : la célérité de la perturbation en mètre par seconde (m.s-1).

III. Ondes mécaniques progressives dans la matière


3.1. La houle
Une vague est une onde mécanique qui se propage à l'interface entre la surface de l'eau et l'air.
Elle est caractérisée par sa longueur d'onde, son amplitude, sa période et sa célérité. La longueur
d'onde correspond à la distance entre deux vagues (crêtes) successives.
On peut classer les ondes de surface, en fonction de leurs caractéristiques et de celles du milieu de
propagation, en « ondes courtes » et en « ondes longues ».
• Ondes courtes : lorsque la longueur d’onde λ est faible par rapport à la profondeur locale H de
l’océan (au moins λ< 0,5 H). Leur célérité v est définie par :
g
v= √
2. π. λ
• Ondes longues : lorsque la longueur d’onde λ est très grande par rapport à la profondeur H de
l’océan (λ >10.H), les ondes sont appelées ondes longues. Leur célérité v est définie par :
v = √g. H
3.2. Les ondes sismiques

Les ondes P : ce sont les premières arrivées, suite à un séisme. Elles se déplacent donc très vite. Elles
ont généralement une amplitude moyenne, une fréquence importante et un amortissement rapide. Ce
sont des ondes compressées dans le sens de la propagation, on dit que ce sont des ondes
longitudinales de compression et de décompression. Elles se déplacent dans les solides et les fluides.
Les ondes P ont des propriétés similaires aux ondes sonores. Leur vitesse de propagation est de l’ordre
de 6 km.s-1.
Les ondes S : on dit que ce sont les ondes secondaires. Ce sont les plus difficiles à distinguer sur la
composante verticale. Elles ont une amplitude moyenne à forte ; une fréquence un peu plus faible et
un amortissement rapide. Ces ondes ne se propagent pas à travers les liquides, donc elles ne sont pas
toujours observables sur les sismogrammes. On dit que c'est la zone d'ombre. Ce sont des ondes
transversales de cisaillement. Elles forment des micro-vibrations à la surface de la Terre, comme
Terminale : Enseignement de spécialité

lorsqu'on agite une corde. Elles sont donc les plus dangereuses pour les constructions humaines. Ces
ondes ne se déplacent pas en milieu liquide. Leur vitesse de propagation de l’ordre de 4 km.s-1.
Ces deux types d’onde sismique sont des ondes volumiques.
On peut également citer les ondes de surface. Ces ondes sont guidées par la surface de la Terre. Leur
effet est comparable aux rides formées à la surface d'un lac. Elles sont moins rapides que les ondes
de volume, leur amplitude est généralement plus forte, mais décroit rapidement avec la distance à la
surface qui les guide.
3.3. Les ondes sonores
Une onde sonore correspond à la propagation de perturbations
mécaniques dans un milieu élastique.
Le son se propage comme une onde : l'air vibre, mais en moyenne, reste
sur place, alors que l'onde, c'est-à-dire le mouvement, se propage de
proche en proche sur de grandes distances. On compare souvent ce
phénomène à la propagation d’une perturbation dans une chaîne de
masses et de ressorts : en oscillant, une masse comprime et relâche les
ressorts contigus ainsi que les masses suivantes ; ces oscillations se
transmettent ainsi de proche en proche. Toutefois, ce modèle est discret,
alors que l'air est un milieu continu, au moins à l'échelle macroscopique, et
l'image d'un ressort long, ayant une certaine masse par unité de longueur,
est plus pertinente
Ces oscillations, ou perturbations mécaniques, sont perçues, entre autres,
par l'oreille humaine qui les interprète comme des sons. La science qui
étudie ces ondes s'appelle l'acoustique.
La vitesse du son dépend de la nature, de la température et de la pression du milieu dans lequel l'onde
acoustique se propage. Au cas d'une propagation dans un gaz parfait, la vitesse augmente lorsque la
densité et/ou la compressibilité du gaz augmente.
Dans les conditions normales de température et de pression, la vitesse du son dans l'air est d'environ
340 m.s-1. Dans l'eau, elle est près de cinq fois plus élevée.
▪ Exemples de figure de Chladni

Ernst Florens Friedrich Chladni (1756-1827) était un physicien allemand et l'un des pères fondateurs de l’acoustique

moderne. En effet, au tout début du XIXème siècle, Chladni était célèbre pour donner des représentations au cours
desquelles il présentait l’expérience suivante. Il prenait une plaque de cuivre qu'il saupoudrait de sable fin, et qu'il faisait
ensuite vibrer avec un archet, transformant la plaque en instrument de musique. Le sable bougeait alors grâce aux
vibrations, formant des figures géométriques variables.

iques
Terminale : Enseignement de spécialité

Ondes mécaniques périodiques


02
progressives
Heinrich Rudolf Hertz (1857 – 1894)

I. Ondes mécaniques périodiques


1.1. Rappel sur les phénomènes périodiques
Un phénomène périodique est un phénomène qui se répète de la même manière à intervalles de temps
réguliers. Ces phénomènes sont caractérisés par leur période T : plus petite durée au bout de laquelle
le phénomène se reproduit à l’identique. La période T est exprimée en secondes.
1.2. Cas de l’onde à la surface de l’eau (2 dimensions)
Au lieu de laisser tomber une goutte pour provoquer une ride sur l’eau, on frappe régulièrement la
surface du liquide avec un vibreur. On obtient une onde mécanique progressive circulaire ou plane
périodique.
L’ensemble des points atteints par la même déformation issue de S (source) au même instant sont
donc en phase. Avec le point source S, les lignes d’onde sont des cercles concentriques de centre S.
Avec une onde plane (expérience : bande source avec la cuve à ondes), les lignes d’onde sont
rectilignes, parallèles entre elles.

λ
λ

Ondes circulaires Ondes planes

▪ Remarques :
- On obtient des ondes circulaires ou planes si la couche d’eau dans la cuve est identique en tous
points.
- La période, T, correspond à la durée entre deux frappes du vibreur sur le liquide. Chaque point de
la surface de l’eau oscille suivant la verticale avec la même période temporelle, T. C’est donc le
système à l’origine des ondes qui fixe la période de l’onde T. Cela montre bien que la période (ou
la fréquence) est une grandeur caractéristique de l’onde uniquement.
- La distance entre deux rides consécutives est appelée période spatiale, elle se note λ et s’exprime
en mètre.

II. Ondes progressives périodiques sinusoïdales


2.1. Onde créée par un vibreur sur une cordes phénomènes périodiques
Une corde attachée à un vibreur subit ainsi une perturbation périodique qui se propage le long de la
corde. On a créé une onde progressive périodique sinusoïdale.
Terminale : Enseignement de spécialité

Propriété

Une onde mécanique progressive périodique est dite sinusoïdale si la perturbation


est une fonction sinusoïdale du temps.

2.2. Périodicité spatiale


- La forme de la corde à un instant donné (on réalise une photo de la corde) est une
fonction sinusoïdale de l'abscisse x.

- Les points M, M' et N et N' sont distants d'une longueur d'onde λ. Ils ont la même élongation
quel que soit l'instant t. On dit qu’ils vibrent en phase.
- Plus généralement, si 2 points sont distants de k.λ (k étant un nombre entier), alors ils vibrent
en phase.
DEFINITION

On appelle longueur d’onde, notée λ, la période spatiale de l’onde progressive


périodique sinusoïdale. Cette longueur d’onde, λ, étant une distance, elle s’exprimera
par conséquent en mètre (m).

2.3. Périodicité temporelle


On étudie un point M d'abscisse x fixée. On trace l’élongation, y, en fonction du temps.
Terminale : Enseignement de spécialité

L'élongation du point M est aussi périodique de même période T. T est un temps, mesuré en seconde.
Tous les points de la corde vibrent avec la même période T imposée par la source S.

On appelle périodicité temporelle ou plus simplement période, notée T, la durée qui


DEFINITION

sépare deux passages consécutifs dans le même sens, pour une même position d’un
point du milieu de propagation.

La période, T, est une durée par conséquent sont unité sera la seconde (s)

Cette période est uniquement imposée par la source à l’origine de la perturbation.


2.4. Points en phase et en opposition
- Deux points matériels, M et M’, du milieu de propagation vibrent en phase s’ils sont dans le même
état vibratoire à chaque instant. La distance, d, qui les sépare est un nombre entier de longueur
d’onde.
𝐝 = 𝐤. 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤 ∈ ℤ
- Deux points matériels, N et N’, du milieu de propagation vibrent en opposition de phase si la
distance, d’, qui les sépare est un nombre entier impair de demi-longueur d’onde.
𝟐. 𝐤 + 𝟏
𝐝= . 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤 ∈ ℤ
𝟐
[Link]
2.5. Relation entre les deux périodicités
Si l’on considère les deux points M et M’ de la corde vibrant en phase.
- Ils sont distants d’une longueur d’onde 𝐝 = 𝐤. 𝛌
- M’ reproduit le même mouvement que M avec un retard 𝛕 = 𝐤. 𝐓
Si l’onde possède une célérité, v, dans le milieu de propagation considéré alors :
d k. λ λ
v= = =
τ k. T T
Ce qui nous donne finalement :
λ 1
v= = λ. f avec f =
T T
Avec :
- v : la célérité de la perturbation en mètre par seconde (m.s-1).
- T : la périodicité spatiale en seconde (s).
- f : la fréquence de la source en hertz (Hz)
- λ la période spatiale de l’onde progressive périodique sinusoïdale en mètre (m).
Terminale : Enseignement de spécialité

Propriétés des ondes sonores 03


Jean Baptiste Joseph Fourier (1768 – 1830)

I.

I. Ondes mécaniques périodiques : cas de l’onde sonore


1.1. Qu’est-ce qu’un son ?
Un son est la propagation d’une vibration mécanique dans un milieu matériel élastique, ce phénomène est appelé
onde sonore (voir Chapitre 1).

Un son pur est un son obtenu à partir Un son complexe est la superposition de plusieurs
d’un signal sinusoïdal sons purs (théorie de Fourier)

Que le son soit pur ou complexe, l’onde mécanique associée est périodique.
1.2. Récepteur de l’onde sonore : l’oreille humaine
Le récepteur humain du son se compose de trois parties : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille
interne. Le son, intercepté par le pavillon, est canalisé par le canal auditif jusqu’au tympan, qui se met
à vibrer. Ces trois parties constituent l’oreille externe. Celle-ci aide à déterminer la direction du son et
fournit une cavité résonnante qui amplifie les sons moyens de fréquence entre comprises 3000 et 4000
Hz. L'oreille ne possède pas une écoute linéaire en amplitude et fréquence. Elle est moins sensible aux
basses fréquences. C'est logique, le corps humain est très bruyant. Le corps génère plutôt des
fréquences basses (digestion, respiration, le cœur, etc), il serait invivable d'entendre tout cela.
L’oreille moyenne relie le tympan à la fenêtre ovale par
l’intermédiaire de 3 trois os oscillants. Ce dispositif amplifie
la force exercée sur la fenêtre flexible sur l’oreille interne.
L'oreille interne est fragile, avec le temps on perçoit de
moins en moins le haut du spectre. (En moyenne on perd
1000 Hz tous les 10 ans, ou sont passés mes hertz perdus
!).
L’oreille humaine peut entendre des sons dont la fréquence
est comprise entre 20 Hz et 20000 Hz ce qui correspond à
des ondes mécaniques de période comprise entre 50 µs et
50 ms.
10

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

1.3. Intensité sonore et niveau sonore


Lorsqu’une onde sonore est émise avec une certaine « force » (appelée
puissance acoustique P) par une source ponctuelle, elle se propage
uniformément dans toutes les directions si le milieu de propagation est
homogène et isotrope. À chaque instant, la surface atteinte par cette onde est
une sphère d’aire S (ci-contre).

On définit l’intensité sonore (ou acoustique), notée I, par la puissance sonore (ou
acoustique) reçue par une unité de surface du récepteur :
DEFINITION

𝐏
𝐈=
𝐒
Avec :
- P : puissance acoustique en watt (W) ;
- S : surface de l’onde en mètre carré (m2) ;
- I : intensité sonore en watt par mètre carré (W.m-2).
Le système auditif humain est d'une très grande sensibilité : il peut détecter des sons provoquant des
déplacements du tympan de l'ordre de 10 nm !
Le seuil d'audibilité dépend de la fréquence. Par convention, le
seuil de l'audibilité est 1 kHz, on remarque qu'à 4 Khz, il y a une
petite bosse. C'est là qu'on entend le mieux.
Une oreille moyenne peut encore percevoir une intensité
acoustique de :
Imini = I0 = 1 pW.m-2
La sensation auditive n'est pas proportionnelle à l'intensité
acoustique I : elle est liée au niveau d'intensité acoustique.
Le niveau d'intensité acoustique (ou sonore) L (L comme «
level » en anglais) est défini par :

On définit le niveau d’intensité sonore par la relation suivante :


DEFINITION

𝐋
𝐈
𝐋 = 𝟏𝟎. 𝐥𝐨𝐠 𝟏𝟎 (𝐈 ) ou 𝐈 = 𝐈𝟎 . 𝟏𝟎𝟏𝟎
𝟎

Avec :
- I : intensité sonore perçue par l’oreille (W.m-2).
- I0 : intensité sonore de référence correspondant au seuil d’audibilité (W.m-2).
- L : niveau d’intensité sonore en décibel (dB).

֎Attention !
Quand l'intensité sonore est multipliée par deux, le niveau d'intensité sonore n’est pas doublé, fort
heureusement ! Il augmente de 3 dB. Voyons cela : Soit une intensité sonore I2 telle que I2 = 2.I1
On a alors :
I2 I1
= 2.
I0 I0
ce qui nous donne :
I2 I1
log10 ( ) = log10 (2. )
11

I0 I0

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
I I
 log10 (I2 ) = log10 (2) + log10 (I1 )
0 0

 L2 = 10. log10 (2) + L1


 𝐋𝟐 = 𝟑, 𝟎 + 𝐋𝟏

1.4. Atténuation de l’intensité sonore


1.4.1. Atténuation géométrique
Cette atténuation est liée au fait que le récepteur s’éloigne de la source. L’atténuation géométrique est
définie : A = L2 – L1 au niveau de la surface S2.
▪ Exemple :
Considérons que la sphère S2 a un rayon double de la sphère R1 : R2 = 2.R1
Etant donné que R1< R2, l’atténuation aura une valeur, exprimée en décibel,
négative. Cela traduit que l’énergie de l’onde sonore se répartit sur une
surface plus grande et donc que l’intensité sonore diminue avec la distance
par rapport à l’émetteur.
Par définition :
I I
L1 = 10. log10 (I1 ) et L2 = 10. log10 (I2 )
0 0

De plus :
P P P P
I1 = = et I2 = = 4.π.R2
S1 4.π.R21 S2 2

Nous avons alors :


I2 I1
A = L2 − L1 = 10. log10 ( ) − 10. log10 ( )
I0 I0
I I
 A = 10. (log10 (I2 ) − log10 (I1 ))
0 0
I2
I

I0
A = 10. log10 ( ) = 10. log10 ( 12 )
I1
I0

𝑃
S

S2
A = 10. log10 ( ) = 10. log10 ( 1 )
P
S2
S1

Ce qui nous donne :


4.π.R2 R2 R
 A = 10. log10 (4.π.R12 ) = 10. log10 (R12 ) = 20. log10 (R1 )
12

2 2 2

Avec R2 = 2.R1, on obtient :

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
R 1
 A = 20. log10 (2.R1 ) = 20. log10 (2) = −20. log10 (2)
1

Soit finalement : A = - 6,0 dB


Dans le cas où la seconde sphère a un rayon double de la première, l’atténuation sera de 6 dB.
1.4.2. Atténuation par absorbance du milieu
Lorsqu’une onde sonore se propage dans un milieu absorbant, une partie de l’énergie est transférée
au milieu. Ainsi, l’intensité sonore décroît entre l’entrée de l’onde dans le milieu et sa sortie.

On définit l’atténuation par absorbance d’un matériau comme suit :


DEFINITION

𝐈
𝐀 = 𝐋𝒔𝒐𝒓𝒕𝒊𝒆 − 𝐋𝒆𝒏𝒕𝒓é𝒆 = 𝟏𝟎. 𝐥𝐨𝐠 𝟏𝟎 (𝐈 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒊𝒆 )
𝒆𝒏𝒕𝒓é𝒆

Avec :
- Lsortie et Lentrée ; niveau d’intensité sonore en décibel (dB).
- Isortie : intensité sonore après avoir traversé le matériau (W.m-2).
- Ientrée : intensité sonore avant d’avoir traversé le matériau (W.m-2).

II. Effet Doppler-Fizeau


L'effet Doppler ou effet Doppler-Fizeau, est le décalage de fréquence d'une onde (mécanique,
acoustique, électromagnétique ou d'une autre nature) observé entre les mesures à l'émission et à la
réception, lorsque la distance entre l'émetteur et le récepteur varie au cours du temps.
2.1. Cas où la source est mobile par rapport au milieu de propagation
Une source sonore s’approche d’un auditeur fixe à la vitesse VS. Le milieu de propagation, ici l’air est
supposé immobile et la vitesse de propagation de l’onde est vonde. La source envoie des bips avec une
période TS.
À t = 0, la source envoie un premier bip et à t = TS, la source envoie un second bip. On peut résumer
cette expérience à l’aide du schéma suivant :
Par rapport au récepteur, fixe par rapport au milieu de propagation, la distance d1 entre deux bips est :
d = D − VS . TS = vonde . Ts − VS . TS
d = (vonde − VS ). TS
Pour le récepteur la distance est donnée par :
d = vonde . TR
en appelant TR la période du signal entendu par le récepteur.
On en déduit l’égalité suivante :

d = vonde . TR = (vonde − VS ). TS
VS
 TR = (1 − vonde
). TS

Soit encore :
13

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

1
fR = ( ) . fS
VS
1−
vonde
2.2. Conclusion et réflexion
La vitesse de la source est une grandeur algébrique, c’est-à-dire qu’elle peut être positive ou négative.
Tout dépendra du déplacement relatif de la source et de l’onde.
- Si la source se déplace dans le même sens de déplacement que l’onde (cas de l’exemple ci-dessus),
V
la vitesse sera comptée positivement. De ce cas, le terme 1 − v S sera inférieur à 1.
onde
On a donc 𝐓𝐑 < 𝐓𝐒 ou 𝐟𝐑 > 𝐟𝐒 .
Le son perçu sera donc plus aigu que le son émis.
- Si la source se déplace dans le sens contraire (émetteur et récepteur s’éloigne), la vitesse sera comptée
V
négativement. De ce cas, le terme 1 − S sera supérieur à 1.
vonde
On a donc 𝐓𝐑 > 𝐓𝐒 ou 𝐟𝐑 < 𝐟𝐒 .
Le son perçu sera donc plus grave que le son émis.

▪ Réflexions :
- Il serait tentant de croire que ces COIN HISTOIRE
résultats sont identiques dans le En 1842, l'autrichien Christian Doppler (1803-1853) montre que
cas ou l’on considère l’émetteur la fréquence d'une oscillation (son, lumière) change quand la
fixe et le récepteur mobile source ou l'observateur sont en mouvement. Il essaye ensuite,
(principe de relativité). Cela n’est sans succès, d'appliquer son principe pour expliquer les
pas tout à fait le cas. Dans ce que différentes couleurs des étoiles et, en particulier, la différence de
nous venons d’étudier, le signal couleur de certaines étoiles doubles. Ceci en effet aurait supposé
arrivera obligatoirement au que les étoiles auraient eu des vitesses proches de celle de la
récepteur quel que soit la vitesse lumière ! En 1845 le hollandais C.H. Buys-Ballot (1817-1890)
de déplacement de la source. Si démontre la validité du principe de Doppler pour les ondes
sonores en constatant le changement de ton entendu quand des
le récepteur se déplace celui-ci
musiciens jouant des instruments à vent, embarqués sur un train
peut alors une vitesse de sur la ligne Utrecht-Amsterdam, s'approchent et puis s'éloignent
déplacement supérieure à celle de la gare. En 1848, le français Hippolyte Fizeau (1819-1896)
de l’onde émise. Le signal développe le même principe de manière indépendante, mais
n’arrivera jamais au récepteur. montre que dans le cas de la lumière la couleur ne change pas.
Ce sont les positions de raies spectrales qui changent. Un autre
- Ce résultat, obtenu pour des
autrichien, Ernst Mach (1836-1916), ignorant le travail de
ondes mécaniques, peut être Fizeau, arriva en 1860 aux mêmes conclusions.
appliqué pour les ondes
électromagnétiques. Cependant [Link]
cette analogie est trompeuse.
Tout d’abord les ondes
électromagnétiques se déplacent dans le vide avec une célérité, c, qui ne peut être dépassée
par l’émetteur. Le référentiel choisi a une grande importance pour définir la vitesse relative entre
l’émetteur et le récepteur.
- Ce résultat est évidemment valable dans le cadre de la mécanique classique. C’est-à-dire pour
des vitesses d’émetteur négligeable devant la célérité de la lumière.
14

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

Propriétés intrinsèques aux 04


phénomènes ondulatoires
01
Christiaan Huygens (1629 – 1695)

I. Diffraction des ondes


La diffraction est un phénomène physique que l'on
rencontre lorsqu'une onde qui se propage rencontre un
obstacle dont les dimensions sont de l'ordre de la longueur
d'onde.
La diffraction concerne aussi bien les ondes
électromagnétiques (donc les ondes lumineuses) que les
ondes mécaniques (ondes sonores, ondes à la surface de
l'eau ...).
1.1. Mise en évidence du phénomène de diffraction pour les ondes mécaniques
1.1.1. Cas de l’onde à la surface de l’eau
Une onde plane périodique rencontre un obstacle ou une ouverture :

λ λ
a a

λ
λ

L'ouverture est de grande taille par L'ouverture est du même ordre de


rapport à la longueur d’onde. grandeur que la longueur d’onde.
(λ négligeable par rapport à a) (λ non négligeable par rapport à a)
aucun changement changement de direction, même fréquence,
même longueur d'onde et même célérité.
onde diaphragmée
onde diffractée
15

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

La houle arrive à gauche de la photo sous forme d'ondes


parallèles.
En traversant l’espace entre les deux iles, on voit qu'elle en ressort
sous forme d'une onde circulaire : C'est la diffraction.

Lorsqu'une onde rectiligne rencontre un objet de dimension 'a' ; après la traversée de l’objet l’onde va
se propager alors dans toutes les directions : il y a diffraction de l'onde par l'objet. L'objet diffractant,
ouverture ou obstacle, se comporte pratiquement comme une source ponctuelle. Il y a tout de même
des réserves sur cette analogie. En effet une source ponctuelle émet dans toutes les directions
possibles alors que l’objet diffractant va favoriser certaines directions qui vont donner la figure de
diffraction.
1.1.2. Cas de la lumière émise par un laser
Dans le cadre de l'optique, le phénomène de diffraction met en défaut les lois de l'optique géométrique
pour laquelle la propagation de la lumière est rectiligne dans un milieu homogène, isotrope et
transparent. En fait le phénomène de diffraction apparaît chaque fois que l'onde lumineuse rencontre
un obstacle mais les effets ne sont manifestement observables que lorsque les dimensions de cet
obstacle sont de l'ordre de grandeur de la longueur d'onde jusqu’à environ 10 fois la longueur d’onde
de la lumière incidente.
Lorsqu’un faisceau laser passe par une fente verticale dont l’une des dimensions au moins est du
même ordre de grandeur que la longueur d’onde de la lumière émise par le laser, le faisceau se diffracte
en formant des tâches lumineuses séparées par des régions sombres qu’on appelle extinctions. La
tâche centrale possède une taille plus grande et une intensité plus importante que les autres, dont
l’intensité diminue en partant du centre vers la périphérie

D
Fente de
largeur « a »

θ
2.d

Lumière
incidente

L'écart angulaire, θ, est défini entre le milieu de la première extinction et l'axe du laser.
Lors du phénomène de diffraction d'une onde lumineuse monochromatique, l'écart angulaire θ(rad) du
faisceau est peu différente du rapport entre la longueur d'onde λ (m) de la radiation lumineuse et la
largeur « a » (m) de la fente :
𝝀
𝜽= (𝟏)
𝒂
(1) : cette relation est à connaître.
- On se place dans la situation pour que l'écart angulaire soit très faible. Pour cela il faut que la
distance d, entre deux extinctions consécutives, soit négligeable devant la distance D entre la
fente et l’écran. Dans ces conditions, la tangente de l'angle est peu différente de la valeur de
l'angle exprimé en radian : θ (rad) ≈ tan θ ;
16

- D’après le schéma, on peut facilement établir la relation suivante :

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
d
tan θ = (2)
D
- On en tire l’égalité suivante :
𝛌 𝐝
𝛉= = (𝟑)
𝐚 𝐃
(3) : cette relation est à retrouver.
▪ Remarques :
- Ce dispositif permet de mesurer la taille a de très petits objets. L’objet joue le rôle de la fente.
Si connait la longueur d’onde λ de la lumière émise par le laser, on peut mesurer facilement les
valeurs de d et D, on en déduit alors la taille a de l’objet diffractant.
- De même, on peut aussi déterminer la valeur de la longueur d’onde de la lumière incidente si
tous les autres paramètres sont connus.
- La lumière possède un comportement similaire à celui des ondes mécaniques mais l’analogie
s’arrête la !
1.1.3. Cas de la lumière blanche

En remplaçant la radiation monochromatique par une lumière blanche, la figure de diffraction présente
une décomposition en taches de couleurs sur les bords. La lumière blanche est polychromatique. Elle
est constituée d’une infinité d’ondes électromagnétiques dont les longueurs d’onde sont différentes. Au
niveau de l’obstacle, le phénomène de diffraction dépend de la longueur d’onde λ. La diffraction n’est
donc pas la même pour toutes les ondes (taches centrales de largeurs différentes se superposant), ce
qui crée la décomposition en couleurs.
1.2. Définition

On appelle diffraction, le phénomène physique se produisant lorsqu’une onde traverse


une petite ouverture ou rencontre un objet de petite taille comparativement à la
DEFINITION

longueur d’onde de l’onde incidente. Après la traversée de l’ouverture ou la rencontre


avec l’objet, l’onde change de direction et de forme mais la fréquence et la longueur
d’onde sont inchangées. Ce phénomène est d’autant plus important que la taille de
l’ouverture ou de l’obstacle est faible.
17

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

II. Interférences des ondes


2.1. Différents aspects des ondes
• Une onde se propage à partir de la source dans
toutes les directions qui lui sont offertes.
• La perturbation se transmet de proche en proche ;
il s’agit d’un transport d’énergie sans transfert de
matière.
• La vitesse de propagation est une propriété du
milieu.
• Si la rigidité du milieu augmente alors la vitesse de propagation augmente.
• Si l’inertie du milieu augmente alors la vitesse de propagation diminue.
• Des ondes peuvent se croiser sans se perturber.

2.2. Interférences à la surface de l’eau

Interférences obtenues Interférences obtenues


par réflexion par deux sources synchrones
A la surface libre du liquide on observe des rides fixes, bien nettes entre O 1 et O2. Elles ont la forme
d’arcs d’hyperboles dont les foyers sont O1 et O2. On les appelle des lignes ou des franges
d’interférence.
On observe dans ces deux expériences des nœuds et des ventres.
2.3. Conditions d’interférences
 L’interférence est un phénomène qui résulte de la superposition de deux ondes de même nature et de
même fréquence.
 Les sources émettrices de ces ondes doivent être cohérentes. Deux sources d'ondes sont synchrones
si elles sont en phase. Deux sources d'ondes sont cohérentes si elles présentent une différence de
phase constante l'une par rapport à l'autre.
 Il faut que les signaux issus des deux sources puissent se croiser pour interférer.
2.4. Interférences constructives et destructives
 Soit un point M du milieu de propagation, pour lequel
les signaux U1 et U2 arrivent en phase :
Aux ventres ces deux ondes arrivent constamment en
phase : il y a interférence constructive. L’amplitude
résultante, Utot, est égale à la somme des amplitudes
(valeur maximale de chaque signal) des ondes
18

composantes.

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

 Soit un point N, pour lequel les signaux U1 et U2 arrivent


en opposition de phase :
Aux nœuds ces deux ondes arrivent constamment en
opposition de phase : il y a interférence destructive.
L’amplitude résultante, Utot, est égale à la différence des
amplitudes des ondes composantes.

▪ Remarques :
- Dans les cas précédents, la différence d’amplitude est dû au fait que le point de l’écran n’est
pas équidistant des deux sources. De façon approximative, on considère que l’amplitude des
ondes ne diminuent pas avec l’éloignement à la source.
- De façon plus globale, l’amplitude est maximale pour le cas des interférences constructives et
elle est minimale pour le cas des interférences destructives. - Attention, il faut bien comprendre
que les tracés obtenus sont les signaux reçus en un point de l’écran.
Le signal, perçue par notre oreille dans le cas des ondes sonores ou par notre œil pour les ondes
lumineuses, est la valeur moyenne sur une période de la courbe tracée.
Par exemple si le signal peut être modélisé (cf. théorie de Fourier) par la fonction suivante :
2. π
u(t) = A. cos(ω. t + φ) avec ω =
T
- 𝝎 est appelée la pulsation d’un signal périodique de période T.
- φ est appelée la phase à l’origine.
L’intensité moyenne, I, du signal perçu au cours d’une période est donnée par :
1 𝑇 2 𝐴2 𝑇
𝐼2 = ∫ 𝑢 (𝑡). 𝑑𝑡 = . ∫ cos2 (ω. t + φ). 𝑑𝑡
𝑇 0 𝑇 0
𝐴2 𝑇 1 + 2. cos 2(ω. t + φ)
𝐼2 = .∫ ( ). 𝑑𝑡
𝑇 0 2
𝐴2 𝑇 1 𝐴2 𝑇
𝐼2 = . ∫ . 𝑑𝑡 + . ∫ cos 2(ω. t + φ) . 𝑑𝑡
𝑇 0 2 𝑇 0
Sur une période ou un multiple entier de période, on a pour la fonction cosinus :
𝑇
∫ cos 2(ω. t + φ) . 𝑑𝑡 = 0
0
Il reste :

2
𝐴2 𝑇 1 𝐴2 𝑡 𝑇 𝐴2 𝑇 0
𝐼 = . ∫ . 𝑑𝑡 = .[ ] = .[ − ]
𝑇 0 2 𝑇 20 𝑇 2 2
A2 𝐀
Soit I2 = ou plus simplement 𝐈 =
2 √𝟐

2.5. Interférences et différence de marche


L’état vibratoire en un point de l’écran d’observation dépend donc de la différence des distances de ce
point aux deux sources S1 et S2 :
 = d2 – d1. Cette différence de distances est appelée différence de marche.
Les ondes issues de deux sources synchrones interfèrent, on observe une figure d’interférence
stationnaire, c’est-à-dire fixe dans le temps.
 Il y a interférence constructive en un point M, si la différence de marche est égale à un nombre entier
(relatif) de longueurs d’onde :
19

 = 𝐤. 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤 ∈ ℤ

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
L’amplitude au point M est alors maximale. Ce qui va correspondre au sommet d’une vague, une forte
intensité sonore ou alors à une tache lumineuse.
 Il y a interférence destructive en un point N, si la différence de marche est égale à un nombre impair
de demi-longueurs d’onde :
𝟐. 𝐤 ′ + 𝟏
′ = . 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤′ ∈ ℤ
𝟐
L'amplitude au point N est alors minimale, on observe une vague de très faible amplitude, une intensité
sonore très faible ou alors à une zone sombre sur l’écran.
 Si la différence de marche est quelconque, l’amplitude en M est comprise entre 0 et la valeur
maximale.
III. Interférences des ondes électromagnétiques
3.1. Conditions d’obtention d’ondes cohérentes en optique
Les ondes électromagnétiques peuvent être assimilées à des
ondes sinusoïdales. Pour que deux ondes sinusoïdales soient
cohérentes, il faut qu’elles soient synchrones (même fréquence)
et avoir une différence de phase constante. Il est cependant très
difficile en optique d’obtenir des ondes cohérentes.
En effet la lumière est émise par des atomes sous forme de train
d’ondes purement sinusoïdales, c’est-à dire que la durée de
l’émission, τc est limitée de l’ordre de 10-12 (picoseconde) à 10-8
seconde suivant les matériaux. Cette durée est relativement
grande devant une période, T0, d’une radiation lumineuse (de
l’ordre de la femtoseconde), de sorte qu’un train d’onde comporte
de mille à dix millions d’oscillations sinusoïdales. Comme les
atomes émettent de façon aléatoire, il est impossible d’obtenir des
interférences dans ces conditions.
 Comment faire pour obtenir des ondes cohérentes en optique ?
3.2. Expérience des fentes de Young
3.2.1. Dispositif expérimental

On réalise des ondes cohérentes en dédoublant les trains d’onde, c’est-à-dire en faisant arriver en un
point des rayons lumineux issus d’une même source et ayant parcouru des chemins différents, ce qui
donne un déphasage constant puisque le déphasage ne dépend que de la différence de marche entre
les rayons. Ce dispositif a permis au physicien britannique Thomas Young (1773-1829) de démontrer
la nature ondulatoire de la lumière.
20

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
- Une source monochromatique intense éclaire un écran percé en O d’une fente mince.
- Cette fente donne naissance à un faisceau divergent par diffraction qui éclaire un second écran
percé de deux fentes O1 et O2, parallèles très fines (environ 0,25 mm) et très rapprochées
(environ 1 mm).
- Toujours à cause de la diffraction, ces deux fentes produisent chacune un faisceau de lumière
divergent, illuminant finalement un écran.
La fréquence de l’onde lumineuse est caractéristique de la couleur de la lumière. La lumière issue de
O éclaire les deux fentes fines O1 et O2. Si celles-ci sont assez rapprochées, elles se comportent
comme deux nouvelles sources cohérentes de lumière. Dans la région où les deux faisceaux se
superposent, les ondes lumineuses interfèrent. Il y a de la lumière au point M si l’interférence y est
constructive. Il y a obscurité au point M si l’interférence y est destructive.
Sur l’écran d’observation, on observe une série de raies parallèles, de même largeur, alternativement
brillantes et sombres : ce sont des franges d’interférence. Elles sont observables quelle que soit la
position de l’écran, à condition qu’il soit illuminé par les deux faisceaux issus de O1 et O2.

Thomas Young (13 June 1773 – 10 May 1829) was an English polymath and
physician. Young made notable scientific contributions to the fields of vision, light,
solid mechanics, energy, physiology, language, musical harmony, and Egyptology. He
"made a number of original and insight full innovations "in the decipherment of
Egyptian hieroglyphs (specifically the Rosetta Stone) before Jean-François
Champollion eventually expanded on his work. He was mentioned by, among others,
William Herschel, Hermann Von Helmholtz, James Clerk Maxwell, and Albert Einstein.
Young has been described as "The Last Man Who Knew Everything".

3.2.2. Calcul de la différence de marche

L’état vibratoire au point M dépend de la différence de marche, , entre les deux rayons issus des points
O1 et O2. On applique le théorème de Pythagore :
a 2 a 2
d12 = D2 + (x − 2) et d22 = D2 + (x + 2)
Faisons la différence membre de ces deux égalités :
a 2 a 2
d22 − d12 = D2 + (x + ) − D2 − (x − )
2 2
a 2 a 2
d22 − d12 = (x + ) − (x − )
2 2
a a a a
(𝑑2 − 𝑑1 ). (𝑑2 + 𝑑1 ) = [(x + ) + (x − )] . [(x + ) − (x − )]
2 2 2 2
(d2 − d1 ). (d2 + d1 ) = 2. x. a
Or, a et x sont des distances négligeables devant D (a et x sont de l’ordre du mm, tandis que D
21

est de l’ordre du m). Les rayons O1M et O2M sont donc peu inclinés par rapport à la médiatrice IJ.
On pourra faire l’approximation suivante : d1 + d2 = 2.D.

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
Cela nous donne alors :
(d2 − d1 ). 2. 𝐷 = 2. x. a
Soit :
𝐚. 𝐱
(𝐝𝟐 − 𝐝𝟏 ) = 𝛅 =
𝐃
3.2.3. Position des maxima et des minima
 La luminosité est maximale, frange brillante, en M si l'interférence y est constructive, c’est-à-dire si :
 = 𝒌. 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤 ∈ ℤ
a. x
δ = k. λ =
D
𝛌.𝐃
Ce qui donne : 𝐱 = 𝐤. 𝐚
Les abscisses des franges brillantes sont pour différentes valeurs de k :
𝛌.𝐃 𝛌.𝐃 𝛌.𝐃
0; ± 𝐚
; ± 2. 𝐚
; ± 3. 𝐚
;…
La frange centrale est toujours une frange brillante (interférences constructives) elle ne dépend pas
des conditions expérimentales.
 La luminosité est minimale, frange sombre, en M si l'interférence y est destructive, c’est-à-dire si
𝟐. 𝐤 ′ + 𝟏
′ = . 𝛌 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐤′ ∈ ℤ
𝟐
′ 2. k ′ + 1 a. x′
 = .λ =
2 D
𝟐.𝐤 ′ +𝟏 𝛌.𝐃
Ce qui donne : 𝐱′ = .
𝟐 𝐚
Les abscisses des franges sombres sont donc :
1 𝛌.𝐃 3 𝛌.𝐃 5 𝛌.𝐃
± .
2 𝐚
; ±2. 𝐚
; ±2. 𝐚
;…
3.2.4. Interfrange
L’interfrange, i, est la distance constante qui sépare deux franges voisines de même nature : Pour une
lumière monochromatique donnée les franges sont d’autant moins serrées que les fentes sont
rapprochées ou que l’écran se trouve loin des fentes. L’interfrange dépend de la longueur d’onde de la
lumière. La mesure de l’interfrange permet de déterminer la longueur d’onde de la lumière utilisée.
𝛌. 𝐃
i=
𝐚
[Link]
3.2.5. Ordre d’interférence
En optique physique, l’ordre d'interférence
(souvent noté p) est un nombre réel défini
comme le quotient de la différence de marche
par la longueur d'onde. En particulier, aux
points de maximum d'intensité, ce nombre est
un entier, et aux points de minimum
d'intensité, c'est un demi-entier. L'ordre
d'interférence permet ainsi de désigner le
numéro d'une frange dans une figure
d'interférence.
22

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

Lumière : Formation des images 05


Christiaan Huygens (1629 – 1695)

I. Les lentilles minces


Une lentille sphérique est constituée d’un milieu transparent limité par des calottes sphériques.
Certaines lentilles n’ont qu’une seule face sphérique, l’autre étant alors plane.
1.1. Définition d’une lentille mince

Une lentille est un milieu transparent limité par deux


surfaces dont l’une au moins n’est pas plane. Nous
DEFINITION

limiterons l’étude au cas où les surfaces non planes sont R1

des calottes sphériques.


e
R2
Une lentille est dite mince si son épaisseur au centre, e, est
très inférieure aux rayons de courbure, R1 et R2, de ses
faces (e << R1 et e << R2).

▪ Remarque :
Dans le cas d’une surface plane, on considère que celle-ci à un rayon de courbure infini.
1.2. Lentilles minces convergentes et divergentes
Les lentilles minces se classent en deux catégories :
• les lentilles minces à bords minces appelées lentilles convergentes ;
• les lentilles minces à bords épais appelées lentilles divergentes.

Lentilles
convergentes

biconvexe Plan convexe Ménisque convergent

Lentilles
divergentes

biconcave Plan concave Ménisque divergent

 Comment différencier ces deux types de lentilles ?


La lentille convergente a des bords minces tandis que la lentille divergente a des bords épais
par rapport à la partie centrale des lentilles.
L’effet de chaque lentille sur un faisceau lumineux constitué de trois rayons lumineux parallèles
:
23

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

lentille convergente lentille divergente

Placer une lentille sur une photo, éloigner la lentille de la photo :

Dans le cas d’une lentille convergente Dans le cas d’une lentille divergente,
l’image va apparaître plus grande. l’image va apparaître plus petite
N.B. : le chat n’a subi aucune violence.
1.3. Représentations d’une lentille mince
L’épaisseur étant négligeable devant les rayons de courbure, on représente les lentilles par un segment
de droite dont la longueur est égale au diamètre.

L’axe de symétrie de la lentille est son axe principal. Il s’agit d’un


axe orienté, le sens positif est donné par l’orientation des
faisceaux lumineux. Il coupe la lentille au centre optique O.

II. Caractéristiques des lentilles minces


2.1. Effet d’une lentille sur un faisceau lumineux
2.2.1. Effet d’une lentille mince convergente

On appelle foyer principal image, F’, le point de l’axe principal où viennent converger
les rayons incidents parallèles à l’axe principal, après avoir traversé la lentille.
DEFINITION

O F’ +
24

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
La distance qui sépare le centre optique, O, du foyer principal image, F’, est appelée distance focale
̅̅̅̅̅. Cette valeur est positive pour une lentille convergente.
image 𝐎𝐅′
Lorsque les rayons du faisceau incident sont parallèles
entre eux sans être parallèle à l’axe optique, le point
image est alors situé dans le plan focal image, c’est-à-
dire le plan perpendiculaire à l’axe optique contenant le
foyer principal image.
2.2.2. Effet d’une lentille mince divergente
Le foyer principal image, F’, est le point de l’axe principal d’où
semblent provenir tous les rayons lumineux émergents.
L’axe optique étant orienté dans le sens de propagation de
̅̅̅̅̅ est négative.
la lumière, la valeur algébrique 𝐎𝐅′ F’ O +
Le plan perpendiculaire à l’axe optique passant par F’ est
appelé plan focal image.
2.3. Point foyer objet d’une lentille mince convergente
Pour que des rayons soient parallèles à l’axe optique après passage dans la lentille, il faut que leurs
directions initiales passent par un point F situé sur l’axe optique et appelé foyer principal objet.

plan
focal

F O +

D’après le principe de retour inverse de la lumière (principe de Fermat), les point F et F’ sont situés à
égale distance du centre optique.
On peut donc écrire : ̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅
𝐎𝐅 = − 𝐎𝐅′
Le plan perpendiculaire à l’axe optique et contenant F est appelé plan focal objet.
2.4. Vergence d’une lentille
La vergence, C, d’une lentille mince s’exprime en fonction de la distance focale, f’, par
la relation suivante :
DEFINITION

𝟏
𝐂=
̅̅̅̅̅
𝐎𝐅′
Avec :
- ̅̅̅̅̅ : distance focale en mètre (m) ;
𝐎𝐅′
- C : vergence de la lentille en dioptrie ()

▪ Remarques :
- Cette grandeur est celle employée par les ophtalmologistes.
- Cette notion est intéressante dans le cas d’association de plusieurs lentilles.
25

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

III. Propriétés des lentilles minces convergentes


3.1. Construction de l’image d’un objet
 Comment construire l’image d’un objet, AB, perpendiculaire à l’axe optique le point A étant situé sur
cet axe ?
- Pour cela il faut d’abord construire l’image B’ du point B. Nous avons à notre disposition trois rayons
particuliers :
B (2 )

(1 )
O F’ A’

A F
(3 )
+
B’
 Le rayon issu de B parallèle à l’axe optique qui après le passage à travers de la lentille passe
par le point foyer image F’ (2).
 Le rayon issu de B passant par le point foyer objet F qui après le passage à travers de la lentille
sort parallèle à l’axe optique (3). Ce troisième tracé n’est pas toujours possible.
- Pour déterminer la position du point A’ image du point A, il faut juste savoir que l’image A’B’ donnée
par la lentille est elle-même perpendiculaire à l’axe optique. Et que le point A’ se situe sur cet axe.
▪ Remarque :
Pour la construction du point image B’, il suffit dans la pratique de tracer deux des trois rayons. Le
troisième rayon permet de vérifier si la détermination de la position de B’ est correcte.
3.2. Image réelle ou image virtuelle
- Une image est réelle si les rayons sortant de la lentille se dirigent tous vers l’image. L’image peut
être observée sur un écran (appareil photo, rétroprojecteur, …). Voir schéma précédent.
- Une image est virtuelle lorsqu’elle ne peut se former sir un écran. On a alors besoin d’un appareil
pouvoir obtenir une image (l’œil par exemple). L’image virtuelle se situe du même côté de la lentille
que l’objet. Voir schéma ci-dessous (loupe par exemple).
3.3. Relation de conjugaison

Tout comme l’axe optique est orienté, l’orientation des images et des objets donne lieu à un sens positif
qui sera celui donné par l’objet (de A vers B). Les grandeurs qui vont intervenir dans cette relation sont
donc des grandeurs algébriques.
Ainsi sur les schémas ci-dessous :
- les grandeurs : ̅̅̅̅̅ AB et ̅̅̅̅̅
OF′, ̅̅̅̅ OA′ OA' sont toutes positives tandis que
- ̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅
les grandeurs OF, A′B′ et OA seront comptées négativement.
26

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
 Considérons les triangles ABO et OA’B’ : ce sont des triangles semblables.
B
+ I
O F’ A’

A F +
J
B’
̅̅̅̅̅̅̅
A′ B′ ̅̅̅̅̅̅
OA′
Nous pouvons donc écrire : ̅̅̅̅ = ̅̅̅̅
(1)
AB OA
 Considérons les triangles A’B’F’ et OIF’ : ce sont aussi des triangles semblables.

̅̅̅̅̅̅̅
A′ B′ ̅̅̅̅̅̅
A′ F′
Nous pouvons de même écrire : ̅̅̅ = ̅̅̅̅̅ avec ̅̅̅
OI = ̅̅̅̅
AB
OI OF′
̅̅̅̅̅̅̅
A′ B′ ̅̅̅̅̅̅
A ′ F′
Cela nous donne : ̅̅̅̅ = ̅̅̅̅̅ (2)
AB OF′
 Des relations (1) et (2), on peut en déduire l’égalité suivante :
̅̅̅̅̅̅
A′ F ′ ̅̅̅̅̅′
OA
=
̅̅̅̅̅
OF ′ ̅̅̅̅
OA
Or : ̅̅̅̅̅̅
A′ F ′ = ̅̅̅̅̅
A′ O + ̅̅̅̅̅
OF ′ = − ̅̅̅̅̅
OA′ + ̅̅̅̅̅
OF ′
− ̅̅̅̅̅
OA′ + ̅̅̅̅̅
OF ′ ̅̅̅̅̅′
OA
=
̅̅̅̅̅
OF ′ ̅̅̅̅
OA
− ̅̅̅̅̅
OA ′ ̅̅̅̅̅
OA′
+ 1 =
̅̅̅̅̅
OF ′ ̅̅̅̅
OA
En divisant de part et d’autre par ̅̅̅̅̅
OA′ :
1 1 1
+ ′= −
̅̅̅̅̅
OF ′ ̅̅̅̅̅
OA ̅̅̅̅
OA
Soit finalement, on obtient la formule de conjugaison des lentilles minces de Descartes :
𝟏 𝟏 𝟏
− =
̅̅̅̅̅
𝐎𝐀 ′ ̅̅̅̅
𝐎𝐀 ̅̅̅̅̅′
𝐎𝐅
3.4. Grandissement
Si on considère les triangles semblables ABO et OA’B’, on peut donc écrire :
̅̅̅̅̅̅̅
′ ′ ̅̅̅̅̅̅
AB OA′
𝛾=
̅̅̅̅̅
= ̅̅̅̅̅
AB OA
Ce qui définit le grandissement. Lorsque le grandissement est positif, l’image est de même sens que
l’objet. Lorsque le grandissement est négatif, l’image est inversée. Le grandissement dépend, non
seulement de la lentille, mais encore de la position de l’objet par rapport à la lentille.
27

Thème 04 : Onde et signaux


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IV. Lunette astronomique


4.1. Modèle réduite de l’œil
L’œil est composé d’un ensemble de milieux transparents, mais on considère que le cristallin a le
rôle le plus important en ce qui concerne la réfraction des rayons lumineux.

Figure 1 : Quelques éléments de l'œil réel


Figure 2 : Modélisation de l'œil

Dans la modélisation optique, on assimilera donc la lentille au cristallin.


Pour moduler la quantité de lumière qui pénètre dans l’œil, l’ensemble pupille/iris joue le rôle de
diaphragme.
La rétine est l’écran de l’œil, elle est tapissée de deux types de cellules :
- Les cônes sont les cellules qui permettent la vision en couleur, de trois types différents, ils
sont sensibles soit au rouge, soit au bleu soit au vert ;
- Les bâtonnets permettent la vision dans des conditions de faible luminosité.
Via le nerf optique, les informations reçues par les cellules de la rétine arrivent au cerveau et sont
interprétées en terme d’image.
4.2. Vison à l’infini et vision de près
L’œil normal est appelé œil emmétrope. Nous étudions son cas ici.
Pour obtenir une image nette, le cristallin fait converger les rayons lumineux reçus sur la rétine.
- Le point situé à la distance maximale qui permet la vision d’une image nette pour l’œil au repos
est appelé Punctum Remotum (PR). Pour l’œil normal, celui-ci est à l’infini.
- Pour voir des objets plus près, l’œil doit accommoder, c’est à dire courber son cristallin pour
que celui-ci devienne plus convergent. Il existe un point pour lequel l’œil est au maximum de sa
convergence, qui correspond au point le plus proche dont on peut avoir une image nette : celui-
ci est appelé Punctum Proximum (PP). Pour un œil normal, le P.P est à 25 cm de celui-ci.
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Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité

4.3. Diamètre apparent


L'œil est sensible à l'angle apparent, α, d'un objet. En effet, il ne fait pas la distinction entre un objet
proche et petit et un objet grand et lointain. Certes, le cerveau y arrive en interprétant diverses
informations, comme la vision en 3 dimensions, ainsi que le paysage dans son ensemble, mais fermez
un œil, vous verrez que c'est tout de suite moins évident.
L'autre exemple est celui de la Lune et du Soleil, qui n'ont pas la même taille, mais qui ont le même
diamètre apparent.
Le diamètre apparent d’un objet :
- est d’autant plus élevé que l’objet est grand ;
- est d’autant plus élevé que l’objet est proche de l’œil.

 Pouvoir de résolution
L’œil ne peut distinguer deux détails d’un objet que si leur image se forme sur deux cellules différentes
de la rétine. Dans des conditions normales d’éclairement et de contraste, le pouvoir de résolution de
l’œil est d’environ 1’ d’arc soit θ = 3 x 10-4 rad. cela correspond à distinguer deux détails séparés de
1mm à une distance de 3 m.
4.4. Lunette astronomique

La lunette astronomique est un instrument d’optique servant à observer les objets lointains considérés
comme étant à l’infini. Elle a pour but de grossir la taille apparente d’un objet pour en observer des
détails invisibles à l’œil nu.
La lunette astronomique est constituée par l’association de deux lentilles convergentes appelées
objectif (L1) de distance focale 𝐟𝟏′ et oculaire (L2) de distance focale 𝐟𝟐′ .
Ce système doit être afocal c’est-à-dire que des rayons parallèles entrant dans la lunette en ressortent
parallèles. Cette condition est respectée, lorsque les positions du point focal image de l’objectif coïncide
à la point focal objet de l’oculaire.
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Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
Cette lunette est plutôt destinée à des observations astronomiques, les objets sont situés à l’infini. Afin
de ne pas fatiguer l’œil lors de l’observation, on cherche à obtenir une image également à l’infini.
Un œil humain parfait étant fait pour observer un objet situé à l'infini, il n'accommode pas lorsqu'il
observe une image à travers une lunette astronomique afocale (les myopes et les hypermétropes
compensent par le réglage oculaire).
4.5. Grossissement de la lunette astronomique

A1

B1

A1 B1 𝐀𝟏 𝐁𝟏
 Dans le triangle (𝐎𝟏̂
𝐀𝟏 𝐁𝟏 ) on a la relation trigonométrique suivante : 𝐭𝐚𝐧(𝛂) = =
O1 A 1 𝐎𝟏 𝐅𝟏′

Comme l’objet observé est lointain, on peut appliquer l’approximation des petits angles :
𝐭𝐚𝐧(𝜶) = 𝛂
Ce qui nous donne :
𝐀 𝟏 𝐁𝟏 𝐀 𝟏 𝐁𝟏
𝛂= ′ = (𝟏)
𝐎𝟏 𝐅𝟏 𝐟𝟏′
A1 B1 𝐀𝟏 𝐁𝟏
 Dans le triangle (𝐎𝟐̂
𝐀𝟏 𝐁𝟏 ) on a la relation trigonométrique suivante : 𝐭𝐚𝐧(𝜶′) = =
O2 A 1 𝐎𝟐 F2
Comme l’image est à « l’infini », on peut également appliquer l’approximation des petits angles :
𝐭𝐚𝐧(𝜶′) = 𝛂′
De plus pour une lentille mince, on a : 𝐎𝟏 𝐅𝟐 = 𝐎𝟏 𝐅𝟐′ = 𝐟𝟐′
Ce nous donne :
𝐀 𝟏 𝐁𝟏 𝐀 𝟏 𝐁𝟏
𝛂′ = = (𝟐)
𝐎𝟐 𝐅𝟐 𝐟𝟐′
Des égalités (1) et (2), on tire une nouvelle égalité :
𝐀𝟏 𝐁 𝟏
𝛂′ 𝐟′𝟐
=
𝛂 𝐀𝟏 𝐁 𝟏
𝐟′𝟏
𝛂′ 𝐀𝟏 𝐁𝟏 𝐟′𝟏
= .
𝛂 𝐟′𝟐 𝐀𝟏 𝐁𝟏
Ce qui nous donne :
𝛂′ 𝐟𝟏′
= ′
𝛂 𝐟𝟐
Remarque : cette démonstration est à connaitre.
Le grossissement d'une lunette se détermine à partir du rapport des focales de l'objectif (𝐟𝟏′ ) et de
l'oculaire (𝐟𝟐′ ). L'image sera d'autant plus grande que la focale de l'objectif sera grande et celle de
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l'oculaire petite

Thème 04 : Onde et signaux


Terminale : Enseignement de spécialité
.

PARIS
1900 EXPOSITION UNIVERSELLE

La Grande Lunette Astronomique

La grande lunette de l'Exposition de Paris 1900


est la plus grande lunette astronomique jamais
construite et constituait la pièce maîtresse de
l'Exposition universelle de Paris de 1900.
La lunette avait deux lentilles achromatiques
interchangeables de 1,25 m de diamètre, l'une
destinée à l'observation visuelle et l'autre pour la
prise de clichés photographiques, et avait une
longueur focale de 57 m. En raison de sa très
grande taille, la lunette a été montée dans une Une fin prématurée
position horizontale fixe. Vu la taille de
l'instrument, l'emploi d'une monture équatoriale
s'avérant impossible, les concepteurs conçurent À l'inauguration de l'Exposition
un sidérostat de Foucault monté sur un cadre en universelle, seule la lentille de l'objectif
fonte, le tout spécialement adapté pour la lunette. photographique était prête, le long travail
La lumière provenant des objets astronomiques de polissage pour la deuxième lentille
était redirigée dans le tube optique par ayant subi du retard, ce n'est qu'en cours
l'intermédiaire d’un miroir mobile de 2 m de d'exposition qu'elle fut livrée.
diamètre. Quant au tube d'acier horizontal, il était La lunette a été mise en place dans le
long de 60 m. L'oculaire de la lunette (ou la plaque Palais de l'Optique au Champ-de-Mars,
photographique), placé sur des rails, pouvait être près de la tour Eiffel. Le tube, orienté
décalé de cinq pieds pour la focalisation. Avec la nord-sud, était composé de 24 cylindres
plus basse puissance de 500×, le champ de vue de 1,5 mètre de diamètre et reposait sur
était de trois minutes d'arc. sept piliers en béton et en acier, l'axe du
tube était à une hauteur de sept mètres
par rapport au sol. À la fin de l'exposition,
les constructeurs n'ont pas réussi à
trouver d'acquéreur pour l'instrument qui
a été alors mis à la ferraille. Seul le miroir
du sidérostat et les lentilles de la lunette
ont été préservés et sont toujours
entreposés à l'observatoire de Paris.
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Thème 04 : Onde et signaux


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