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Chapitre 4

Ce chapitre traite de la diagonalisation et de la trigonalisation des endomorphismes dans un espace vectoriel de dimension finie. Il définit les valeurs propres, les vecteurs propres, et les polynômes caractéristiques, tout en établissant des théorèmes sur la diagonalisabilité et la trigonalisation des matrices. Des exemples et des exercices illustrent les concepts, notamment le calcul de puissances de matrices et l'application du théorème de Cayley-Hamilton.

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Chapitre 4

Ce chapitre traite de la diagonalisation et de la trigonalisation des endomorphismes dans un espace vectoriel de dimension finie. Il définit les valeurs propres, les vecteurs propres, et les polynômes caractéristiques, tout en établissant des théorèmes sur la diagonalisabilité et la trigonalisation des matrices. Des exemples et des exercices illustrent les concepts, notamment le calcul de puissances de matrices et l'application du théorème de Cayley-Hamilton.

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Chapitre 4

Diagonalisation et trigonalisation
I. Introduction
Dans tout le chapitre K = ℝ ou ℂ.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n, f un endomorphisme de E. Soit A une
matrice associée à un endomorphisme f de  dans une base donnée de E.
On peut munir E de plusieurs bases de même cardinal n. Soient A et B deux matrices
semblables alors il existe une matrice inversible P telle que : B = P-1 A P.

Objectif : on veut trouver une base B’ de E ou trouver une matrice P inversible tq A’= P-1 AP
soit une matrice diagonale.
Définitions :
• Soit E un K-ev de dimension n et f£(E). On dit que f est diagonalisable s’il existe une base
B’ de E telle que la matrice de f dans B’ soit diagonale.
• On dit que An(K) est diagonalisable si elle est semblable à une matrice diagonale c’est-à
dire s’il existe une matrice P inversible tq la matrice A’= P-1 AP soit diagonale.

II. Eléments propres d’un endomorphisme.


1. Valeurs propres et vecteurs propres
Définitions :
Soit E un K-ev et f £(E)
• On dit que K est valeur propre de f s’il existe x  E tq x  0E et f(x) =  x
• On dit que x est un vecteur propre de f associé à la valeur propre 
Remarques :
1) Le scalaire λ associé au vecteur propre est une valeur propre de f
( resp. de A). En effet
(f - 𝜆 idE)(x) = f(x) - 𝜆 x = 𝜆 x - 𝜆 x = 0.
Donc Ker(f - 𝜆 id E) n’est pas réduit au vecteur nul, ce qui signifie que (f - 𝜆 id E) n’est pas
injectif, par suite λ est une valeur propre de f.

2) f est diagonalisable ssi il existe une base de E formée de vecteurs propres.


Remarque : sur la diagonale de la matrice diagonale apparaissent les valeurs propres de
l’endomorphisme.
Théorème :
Si les valeurs propres sont 2 à 2 distinctes, alors la famille constituée par les vecteurs propres
associés à ces valeurs propres est libre.

Corollaire :
Si dimE = n et que f admet n valeurs propres distinctes, alors f est diagonalisable.
2. Polynôme caractéristique
Définition
Le polynôme Pn ( ) = det(A −  In ) s’appelle le polynôme caractéristique de A.
Les valeurs propres de A sont les racines de ce polynôme de degré n.
Résumé :
1) Les valeurs propres  sont les solutions de l’équation : det(A − I) = 0
2) Les vecteurs propres V sont les solutions de l’équation : (A − I).V = 0
Remarques :
- On calcule un vecteur propre pour chaque valeur propre.
- Lorsqu’on exprime la matrice dans la base constituée par les vecteurs propres, on obtient
une matrice diagonale dont les éléments diagonaux sont les valeurs propres de la matrice.
Définition : spectre d’un endomorphisme
Soit (E,+,.) un K-espace vectoriel et soit : u ∈ L(E).
L’ensemble des valeurs propres de u est appelé spectre de u et est noté Sp(u).

Exercice 1 :
Déterminer les valeurs propres de la matrice suivante :

3 1 0
 = (−4 −1 0)
4 8 2

PA(X) = (2-X)[(3-X)(-1-X)+4] = (2-X)(1-X)2


Sp(A) = {2,1}
3. Sous-espaces propres d’un endomorphisme
Définition :
Soit f £(E) et  une valeur propre de f.
On appelle sous-espace propre associé à  l’ensemble
E  =x  E/ f (x) =  x= Ker(f-  id E)
Remarques :
• E est l’ensemble formé des vecteurs propres associés à la valeur propre  et du vecteur 0E
• dimE  1
• (f - idE) est un endomorphisme de E, donc dimE = dimKer(f −  idE ) +dimIm(f −  idE )
n =dimE  + rg(f−  id E)
Donc dimE  = n - rg(f −  idE) .
Exercice 2 :
Déterminer les sous-espaces propres associés aux valeurs propres de la matrice A :

3 1 0
 = (−4 −1 0)
4 8 2
E  =x  E/ f (x) = x= Ker(f- id E) = vect(1,-2,12)
E  =x  E/ f (x) =  x= Ker(f-  id E) = vect(0,0,1)

Théorème : somme directe de sous-espaces propres


Soit (E,+,.) un K-espace vectoriel et soit : u  L(E).
Soient 1, …, n des valeurs propres distinctes de u. Alors la somme E  (u)++ E  (u) est
directe.

4. Diagonalisation
Théorème :
f est diagonalisable ssi Pn() admet n racines i (distinctes ou confondues) et si on a, pour tout
i : m(i ) = dimE i (m(i) : ordre de multiplicité de i)
Autre formulation du théorème :
f est diagonalisable ssi dimE i = m(i) ∀i∈ {1,...,p}.
3 1 0
 = (−4 −1 0) n’est pas diagonalisable car dim E1= 1.
4 8 2

5. Applications
1. Calcul de la puissance d’une matrice : Ak
Soit An(K).
Si A est diagonalisable, il existe deux matrices : A’ diagonale et P inversible tq A’ = P-1 AP
(c’est-àdire A = PA’P-1)
Ak = (PA' P-1)(PA' P-1)...(PA' P-1) = P(A')k P-1

𝜆1 ⋯ 𝜆1𝑘 ⋯
Or si A’ = [ ⋮ ⋱ ⋮ ] alors A’k = [ ⋮ ⋱ ⋮]
⋯ 𝜆𝑛 ⋯ 𝜆𝑘𝑛

𝜆1𝑘 ⋯
k
Donc A se calcule par la formule suivante : Ak = P[ ⋮ ⋱ ⋮ ]P-1
⋯ 𝜆𝑘𝑛

2. Résolution d’un système de suites récurrentes


On cherche à déterminer les expressions de un et vn en fonction de n, connaissant le système
suivant :
𝑢 = 𝑓(𝑢𝑛 , 𝑣𝑛 )
{ 𝑛+1 et les valeurs u0 etv0.
𝑣𝑛+1 = 𝑔(𝑢𝑛 , 𝑣𝑛 )
𝑢𝑛 𝑢0
On pose Xn = ( 𝑣 ) et X0 = (𝑣 )
𝑛 0

Le système précédent s’écrit Xn+1 = [Link]


D’où, par récurrence, Xn = An.X0
On est ainsi ramené au calcul de An puis de Xn en fonction de n.

5-Trigonalisation

Définition
L’endomorphisme f (resp. la matrice A) est trigonalisable si le polynôme caractéristique
associé est scindé.
Tous les endomorphismes sont trigonalisable dans ℂ.
Exemple
−1 1 2
Soit A = ( 0 −1 1 )
0 0 −1
A est trigonalisable et non diagonalisable.
3 1 0
 = (−4 −1 0) est trigonalisable car son polynôme caractéristique est scindé.
4 8 2
III- Polynôme d’endomorphisme (de matrice carrée)
Définition : Soient un polynôme P∈Kn[X] , u∈L(E) et A∈Mn(K).
P(X) = ∑𝑖 𝑎𝑖 𝑥 𝑖 où ai∈K.
On désigne par :
P(u) l’application de L(E) tel que : P(u)= ∑𝑖 𝑎𝑖 𝑢𝑖 où u0 = idE et ui=u∘u∘u….∘u i fois.
et
P(A) = ∑𝑖 𝑎𝑖 𝐴𝑖 où A0=In et Ai = A×A ×…×A i fois.
Exemple
P(x) = x2+4x+2
P(A) = A2+4A + 2In
P(u) = u2 + 4u + 2idE

Théorème de Caylay - Hamilton


Soient E un K-e.v, dim E = n, B base de E, f∈L(E) et A = M(f,B).
Si Pf(x) (resp. PA(x)) le polynôme caractéristique de f ( [Link] A). Alors Pf(f)=0 (resp.
PA(A)=0).
Propriétés algébriques
Pour tous polynômes Q on a
(PQ)(u) = P(u) ∘ 𝑄(𝑢) = Q(u) ∘ P(u)
(P + Q)(u)= P(u) + Q(u)
(𝜆P)(u)= 𝜆P(u)

Définition : Polynôme annulateur.


Soient P∈ Kn[X], A∈ Mn(K),
- On dit que P est un polynôme annulateur de f si P(f) = 0.
- On dit que P est un polynôme annulateur de A si P(A) = 0.
Définition : Le polynôme minimal d’un endomorphisme f (resp. d’une matrice A) noté par
mA, est un polynôme de plus petit degré, unitaire, qui annule f(resp.A). Tout polynôme qui
annule f(resp.A) est nécessairement un multiple de mA.

Exemple

2 1
A=( ) PA(x) = (2-x)(1-x) -1 = x2-3x+1⟹ P(A) = A2-3A+3I2.
1 1
3 −1
A=( ) PA(x) = (2-x)(1-x)-1 = x2-4x+4⟹ P(A)= A2-4A+4I2.
1 1
Exemples
1- Un endomorphisme est nilpotent ssi son polynôme minimal est de la forme Xd, pour
un certain entier d appelé l’indice de nilpotence.
2- Un endomorphime distinct de 0 et de l’identité est un projecteur ssi sont polynôme
minimal est x2-x.
Remarques
1) Les polynôme Pf(X) et mf(X) ont les mêmes racines dans K
2) Si Pf(x) = (𝜆1 − 𝑥)𝑛1 ….(𝜆𝑟 − 𝑥)𝑛𝑟 dans K[x] alors mf(x) = (𝜆1 − 𝑥)𝑠1 ….(𝜆𝑟 − 𝑥)𝑠𝑟
avec 1 ≤ 𝑠𝑖 ≤ 𝑛𝑖 .
Théorème
Soit f un endomorphisme d’un K-espace vectoriel de dimension finie. Alors les conditions
suivantes sont équivalentes :
1- f est diagonalisable
2- le polynôme minimal de f est scindé à racines simples.
3- Il existe un polynôme scindé à racines simples qui annule f.

Remarque
Un endomorphisme non nul nilpotent n’est pas diagonalisable.

Application au calcul de la puissance d’une matrice


Soit A une matrice appartenant à Mn(K) et P un polyôme annulateur de A. Alors : la division
euclidienne Xk par P est :
Xk = P(X) Qk(X) + Rk(X), Rk = 0 ou d°Rk<d°P
D’où Ak = Rk(A) puisque P (A)=0.

Application au calcul de l’inverse d’une matrice


Si A est inversible, on a
a0I+ a1A+….+anAn = 0 avec a0 = det A≠0
d’où A-1= -1/a0(a1I+….+anAn-1).

Exercice
−2 −2 1
1- Soit A = (−2 1 −2) calculer Ak et A-1.
1 −2 −2
3 0 −1
2- Soit A = ( 2 4 2 ) calculer Ak et A-1.
−1 0 3

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