Portrait
Portrait
CONFUSION
3. Le portrait
Le Baron
Le
Portrait
« Il était une fois, notre premier, notre unique,
et notre véritable amour. »
La perspective
Il y a tellement de choses qui s’emmêlent dans mon être, tellement de rage et de colère, et
paradoxalement de tristesse et de nostalgie qui se mélangent dans mon cœur. Toutes ses
pulsions étouffent mon âme qui croule déjà sous le poids de mes remords et de mes
frustrations. Peur de ne plus savoir ce que je dis, ni même ce que je ressens réellement.
L’impression que mes mots sont dénués de sens, me rappelle tendrement que je frôle déjà les
limites de la déraison. Plus qu’un pas et je serait dehors, à m’amuser avec les fantômes.
Comme si la vie n’avait guère d’autres sens que de courir après ses rêves, ses fantasmes, et
sans doute toutes ces choses qui nous tiennent en haleine dans le vice d’assouvir toutes nos
pensées, même les plus sombres. Je ne sais plus ce que je dis, cela va sans dire. Sans doute
seront-ils heureux, sans doute le sont-ils même déjà. Heureux de contempler ma chute,
comme cet ange qui s’est approché trop près du soleil.
Pourtant il me reste encore m’envie d’écrire. Tout ce qui se passe dans ma tête. Et je réalise
que c’est la chose la plus objective qui me reste à faire. Écrire, comme si toute cette folie
n’avait de sens qu’en étalant du noir sur du blanc, classique n’est-ce pas ? On pourrait le dire !
Pourtant, depuis toujours c’est ici, sur ces parois blanches, teintées de noir, que cette folie a
toujours trouvé sa place. Je redis les même choses tout le temps je le sais, car ce sont ces
mêmes choses qui trottent sans arrêt dans ma tête. Écrire, quel est le sens vrai de l’écriture ?
Sinon que d’illustrer ce qui nous échappe, ou du moins, ce qu’on ne voudrait pas laisser
s’échapper.
Je déteste mes parents ! Ce qui est commun de nos jours, peut-être même depuis la nuit des
temps. Qui sait ? J’exècre la famille, car elle est la source de toute l’hypocrisie du monde.
Bien qu’il y ait toujours des cas à part. Je ne comprends toujours pas l’intérêt de se couvrir
d’attaches, si au final c’est pour s’entre-tuer. Peut-être que je suis fou ? On me l’a souvent
demandé. Bien trop souvent même, à tel point que je ne me suis jamais senti normal. Normal,
c’est quoi être normal ? Par rapport à quoi est-on normal ? A la moyenne ? A la moyenne de
tous ces gens imbus d’eux-mêmes, qui trouvent satisfaction à marcher sur les autres pour un
rien ? Le monde n’est plus convenable ! l’a-t-il déjà été autrefois ? Oui, dans nos fantasmes,
quand les grenouilles chantaient en chœur, et que les étoiles étaient encore les gardiennes du
temple sacré.
Je déteste mes parents, ça je l’ai déjà dit. Car ils n’ont jamais compris ce qui s’agitait en moi,
et qui me poussait à agiter ma main sur du papier. Un papier auquel ils n’ont jamais de la
valeur, au profit des petit papiers colorés. Était-ce mal de ne vouloir être que soi-même ? Quel
intérêt alors à vouloir emprisonner ce qui n’a nullement besoin de l’être ? Au profit de
croyances abstraites, ou d’un orgueil dans la conscience. Portant l’égo sur un podium, qui
n’est qu’une vague illusion de lui-même. Je déteste les femmes…. Qui trouvent leur amour
dans le mensonge, de l’un ou de l’autre. Parfois se mentant à elles-mêmes dans l’illusion d’un
histoire parfaite. Oui l’intérêt guide l’homme et la femme. Je me retrouve à aimer les filles de
joies, dans la simplicité de leur être. Un espace où l’offre et la demande trouvent satisfaction
loin des manigances sociales. Oui je ne suis pas parfait, tout comme la moyenne. Tout cette
moyenne imbus d’elle-même qui qualifie de Diable ce qui ne la ressemble pas. Je n’ai plus
d’amis, ni de frères dans la douleur. Mais la famille est hypocrite, et hypocrisie et folie ne font
pas bon ménages. Un amour dicté par des convictions personnelles, n’est convenable qu’à soi-
même. Car qu’est-ce que l’amour, sinon que la vie elle-même ? Cette vie qui se cache dans
l’éphémère et qui remplit les poumons de notre âme. Vie que beaucoup ont renié au profit des
églises et des réalités sociales.
Il y a quand même un bénéfice à être associable. Celui de voir les gens sous le masque. Le
masque, celui que nous portons tous. Pour nous soustraire des mondes infinies qui peuplent
nos âmes à la dérive. Le masque du tout va pour le mieux, au détriment du j’ai besoin d’aide.
Le masque du sourire élastique, occultant la lueur de nos fantasmes. Le masque du donné au
profit du recevoir. J’ignore si ce que je dis a du sens. Mais c’est déjà pas mal de d’exprimer
mes pensées. Sans style, sans but et sans vergogne. La morale appartient à ceux qui
connaissent le mal. Les gens biens ne parlent que de cœur. J’ai courut après l’amour comme
les héros dans les fables ; mais l’amour n’est qu’une image, il n’y a plus de héros dans mes
fables.
Je ne demande plus rien au monde. Qui pourra bien lire ce que j’écris, avec assez de cœur
pour entendre ce que je cri. J’ai perdu confiance dans le pouvoir de mes mots, et j’ai erré
longtemps avec les clochards. Erré sans but et sans rêves, et même sans l’espoir d’une trêve.
Me rappelant à chaque fois à quel point ma vie était minable. Comment vivre sans être ? Je
n’existe que lorsque je conjugue de façon invétérée les mots sombres qui s’abritent dans mon
être.
L’histoire n’est pas celle d’un conte de fée. Mais nous rappellera un jour qu’il n’y a pas
meilleur conteur que le Diable. Où vas-tu ? Je m’en vais au sommet de la montagne, loin des
amitiés perfides qui ne vivent que du profit, et des amours illusoires. Je m’en vais au pays des
choses simples. Où je m’assiérais auprès de la mort. Car elle a horreur qu’on l’oublie. Je m’en
vais rejoindre les vrais, les miens, ceux qui depuis tout là-haut ont transporté mon âme vers le
sommet de la montagne. J’ai cru devoir fini empalé, où on me vantait le mérites d’être exposé.
J’écris avec le sentiment de peindre, une toile que seul les amateurs sauront contempler. Vide
de sens et de perspectives, la liberté d’une folie marginale, au profit de l’expression de soi.
Être libre nous en rêvons tous, la liberté est sans doute le véritable bonheur. Mais la vraie
liberté est celle du mental. Je dis ça pour oublier que j’ai la dalle. La dalle d’un artiste en proie
à ses aspirations, trouvant dans l’optique de trouver un job, l’exubérance même de la prison
sociale. Mais un artiste veut être libre. Comment être libre avec la famine au ventre ? Alors il
ne reste plus que le mental. Donc j’écris, tout ce que me dicte mon estomac. Celui qui a
mendié au moins une fois dans sa vie, sait que le cœur de l’homme ne regarde que la valeur.
L’homme ? L’homme et la femme.
Je ne me plains pas de la vie. Je peux enfin contempler son vraie visage. Sans doutes et sans
appréhensions. Et pour exister, je l’illustre. Mes mots en sont le traits, ma folie en est la
couleur. Car j’ai écrit avec le sentiment de peindre. La vie est belle quand à quelqu’un à qui le
dire, quand on a un endroit où l’écrire. Et plus simplement encore, quand on prend le temps
de la vivre. Vivre ! Voilà donc ce qu’est le sens de la vie. Cela paraît absurde quand on ignore
comment conjuguer son existence. Rien de telle qu’une longue balade avec le Diable pour se
remettre les idées en place. Car il n’y a pas plus objective que la mort. C’est pourquoi elle a
en horreur qu’on l’oublie. Et elle se donnera toujours la peine de nous le rappeler. Et c’est
bien ce qui la fait sourire. Sourire élastique occultant la lueur de nos fantasmes.
Qui a saisi le sens de mes mots, c’est perdu lui-même. Car mes mots sont des pas lumineux
dans les ténèbres dans la perspective de me retrouver. Même si j’avoue qu’au fond, je ne suis
pas si pressé de me retrouver. Car je prends un malin plaisir à me chercher, ou du moins à
chercher, tout et rien, perdu dans le grand vide de l’existence ? Laissez-moi donc me perdre
dans ses mondes infinies, où l’écriture est l’infirmière, où l’art devient un asile. Dans lequel la
folie s’exprime par le talent. Le talent d’un auteur prisonnier de ses angoisses, qui ne trouve
du réconfort que dans ses balades avec le Diable. Paraissant aux yeux des autres, de la
moyenne je veux dire, comme un illustre clochard en passe de perdre son esprit. L’esprit qui
n’est autre que le mental, se retrouve enfin libre, et ouvert au bonheur. Comment donc
terminer cette toile ? Car il me tarde de la contempler. Pourquoi ne pas rappeler aux amateurs,
enfin aux fous qui jusque-là n’ont pas cessés de lire, que Dieu… n’existe pas !
CONFUSION
La toile
Mais qu’est-ce que l’amour ? Sinon qu’une pâle imitation de la vie elle-même ? L’ambition
malsaine d’une possession égoïste au détriment d’une liberté d’expression, d’expression de
soi. Mais je me trompe peut-être, comment ne pas ? Dans une société ou l’on confond
affection et amour. Pour nous autres, pour des gens comme nous, l’amour est l’expression
pure, je dirai même brute de la vie. La liberté, la satisfaction, l’autonomie, malgré
l’interdépendance d’une nature exaltante. Une nature qui n’est autre que l’héritage Divin.
Offerte par une création assoiffée, assoiffée d’elle-même. Donc qui se nourrit d’elle-même.
Qu’est-ce donc que l’amour, sinon que la vibration de la vie, l’énergie vitale, créatrice, et
parfois même sexuelle. Vibrant à une fréquence des plus imperceptibles, aux fréquences les
plus acerbes. Cette pulsion envoûtante, et même enivrante. L’inspiration et l’expiration de
chaque être. Le souffle du vent, la chaleur du soleil. Ainsi que la douceur et la tendresse de la
lune.
L’amour, cette danse éternelle, avec ou sans partenaire. Au rythme des battements du cœur.
Qui saurait écouter son cœur, analyser chaque battement, des plus silencieux aux plus intenses.
L’amour c’est l’expression et le partage, non l’amour n’est pas possession, car l’amour nous
rend libres. Libres de vivre, comme de mourir. L’amour c’est nous qui nous nourrissons.
L’amour c’est la croissance, c’est l’évolution. Que le ciel en témoigne, cette toile où
s’exhibent les étoiles. Oui c’est sans doute cela l’amour. Ce pacte de laisser être dans le
respect de soi, oui soi d’abord puis les autres.
Pourtant l’amour est un bien grand mot, un mot bien trop fort. Derrière lequel se cachent tant
de séductions que de manipulations. Le jeu de la création, le jeu de la reproduction. L’amour
c’est le sexe, l’amour c’est la tendresse qui nous enlace, et parfois qui s’égare dans la violence.
Comme le doux plaisir qui prend racine dans la douleur. L’être humain est un peu sadique, un
peu maso sur les bords. Sûrement à l’image de son créateur. Sûrement à l’image de cet auteur
qui écrit avec le sentiment de peindre. Comme un artiste peintre qui étale couches après
couches la couleur de ses émotions. Faisant le portrait de ses sentiments à l’égard de lui-
même, à l’égard de la vie. Laissant sur son passage, pour le plaisir des spectateurs,
admirateurs, et parfois humbles lecteurs, le charme et la caresse d’un vaque ressenti. Il sont
émus ceux qui connaissent l’art, car l’art c’est l’amour, ou du moins l’amour c’est de l’art.
Nous dirons peut-être que l’art est fait d’amour, dans l’amour, par amour et pour l’amour. Car
l’art c’est la vie, le portrait de la vie. L’art c’est la vie qui danse au gré du pinceau, au gré de
la plume, enlacée par la main de l’auteur. Cet auteur qui écrit avec le sentiment de peindre.
Non l’amour n’est pas attachement, qui conduit vers la possession. L’amour est satisfaction et
profit dans le partage et dans le respect de soi et de l’autre. Pourtant, mais bien pourtant, la
nature elle-même est possession et attachement. La nature est jalouse et égoïste. Peut-être
donc l’amour c’est se laisser posséder, cependant par quoi ou par qui ? Sans doute par ce qui
nous fait vivre, et qui nous donne accès à la liberté d’être nous-mêmes. Comme cet auteur
possédé par son inspiration, qui n’est autre que l’amour égoïste de sa propre nature, de sa
propre culture, qu’il exprime sans honte et avec ardeur tel une danseuse sous les regards
fasciné de ses clients.
Oui qu’est-ce donc que l’amour, ou plutôt qu’est-ce qu’il n’est pas ? Oui qui saurait dire ce
que la vie n’est pas, et qu’est-ce que la vie ne saurait pas être ? Danse ce cas où est donc
l’amour ? Quand parfois la liberté d’expression tend vers la nuisance de son prochain. Nous
dirons que l’amour est dans la conscience. La conscience de soi et des autres. La conscience
de nos actes, de notre bien, comme de nos fautes. L’amour, le grand amour avec grand A, lui
nous rend conscient. Il nous rend conscient des choses, de leur valeur véritable et même
objective. Il nous apprend à les accepter, et à les apprécier à leur juste valeur. A les savourer
pour en tire le profit le plus convenable. Car comment traiter une chose, comment l’apprécier,
quand on ne sait la mesurer à sa juste valeur ? Qu’est-ce que la vie n’est pas ? Laissez nous
vous dire ce que la vie n’est pas.
Elle n’est pas tout ce que les gens disent à son propos. Elle ne connaît ni de maîtres, ni de
sages. Il faudrait avoir le courage et l’humilité d’admettre que tout ce que nous savons, c’est
que nous ne savons rien ! La prétention du savoir nous éloigne du savoir lui-même. Car
chaque portrait de la vie n’est que l’expression hyperbolique de l’image qui s’illustre dans
l’œil de celui qui la peint. Car même en regardant bien au-delà de ce que l’on voit, on ne peut
voir que ce que la vie décide elle-même de nous montrer.
Car la vie grande manipulatrice, Divine mère sadique, ne saurait nous envoûter que par les
charmes de sa séduction. Afin de nous emmener au cœur du jeu de la vie. Le jeu de la création,
la conception menant à la reproduction. Se nourrissant de nous et de notre vitalité, pour enfin
nous délaisser dans les bras de la mort. Serait-ce là le véritable amour ? Qu’en est-il ? Il
faudrait donc se laisser envoûter par son charme, se laisser posséder par le désir. Car la vie
mystérieuse et ambiguë ne cherche qu’à être connue. Le jeu de la vie, le jeu de la reproduction.
Au final, qu’est-ce donc que l’amour ? Sinon que cette attraction, et parfois répulsion, qui
conduit les êtres à s’unir, quitte à parfois se détruire. Pour laisser profit à la création, plus loin
encore à la reproduction. Nous emprisonnement dans une espèce de folie, qui n’est que
l’illusion issue des charmes même de la séduction.
Séduction.
Le sens
La princesse et Le charpentier
Où trouver l’amour ?
Il était une fois, dans un royaume lointain, en des temps lointains, une princesse qui ne
trouvait pas l’amour. Peut importe le prince qu’on lui présentait, elle le rejetait hâtivement, car
elle n’y voyait aucune satisfaction. On appela des princes de tous les royaumes, on organisa
même des banquets, mais rien ne faisait son plaisir. Elle disaient simplement que le jour où
elle verrait son prince elle le saurait. Car pour elle, la vie n’avait guère de sens, et tout ce qui
faisait la vie n’avait guère de sens, si ce n’était pas pour profiter de l’amour. Au fond, elle
préférait danser, danser, elle passait toute ses journées à danser.
Mais ces parents voyaient bien que le temps était avancé, et qu’il fallait bien qu’un jour ou
l’autre, elle épouse un homme, afin de lui confier le royaume. Mais la princesse refusait
d’entendre. Elles s’accrochait à ses rêves, qui pour d’autre n’étaient que des fantasmes. Les
rêves d’une enfant qui avait peur de grandir. Car pour ses parents, grandir nous emmenait bien
évidemment à être responsable. A faire des choix pour le bien de tous, même si ce n’était pas
les plus convenables.
Et les choix en question se révélaient êtres des fiançailles avec le prince du royaume voisin !
Afin que le royaume conserve sa pérennité et que ses parents conservent leur gloire. Le prince
en question prétendait être fou amoureux, et disait qu’il était en quête d’une femme. Le
mariage était donc finalement arrangé, et les parents avaient déjà fixé la date butoir.
A ces mots, la princesse réalisa qu’elle avait jusqu’à la date butoir pour rencontrer l’amour de
sa vie. Car c‘était la seule façon d’échapper au sort qu’on lui avait réservé, à l’alliance sans
vergogne qui l’attendait. Mais l’amour, où trouver l’amour ? Une question à laquelle elle
n’avait jamais répondue. Alors elle entendit parler d’un charpentier, dont on disait qui
semblait avoir réponse à tout. Qu’il pouvait lui donner satisfaction, et qu’elle pouvait bien
évidemment y trouver l’amour. Ne voyant là que sa seule issue, elle décida donc d’aller à sa
rencontre. Mais ce qu’elle ignorait encore, c’est que sur le chemin, se préparait déjà sa
rencontre avec l’amour. Une rencontre loin de tout ce qu’elle avait attendu.
Acte 2 :
Elle prit alors un chariot, un valet et une servante, et se rendit promptement dans la demeure
du charpentier. On lui avait dit : « Quand tu seras loin des hommes, mais aussi loin des fables,
là tu trouveras ce que tu cherches ! ». Sur son chemin se dressa devant-elle une forêt aux
allures lugubres. Dont les murmures cinglants ne semblaient pas l’enchanter. Une envie de
faire demi-tour la serra au cœur, mais le sors qui lui était réservée l’incitait à avancer. Mais à
ce stade du parcours, le chariot ne pouvait pas entrer. Et le valet n’était donc plus d’aucune
utilité.
- Rapporte mes bagages au palais, car ici je dois poursuivre à pieds. Dit-elle au valet qui
s’en pressa de s’en aller.
Elle ne garda que sa servante, ainsi que la valise qui contenait les offrandes. Puis s’engagea
lentement dans la forêt. Les arbres semblaient morts, Et les corbeaux chantaient tellement fort,
que leurs voix obscures nous faisaient oublié qu’on était en pleine journée. Et le ciel le ciel
était d’une grisaille sans nom. Elles marchaient, dans la boue et les marécages, jusqu’à
atteindre une rivière qui s’écoulait paisiblement au cœur de la forêt. Pour traverser la rivière,
il n’y avait qu’une barque mise à disposition. Et cette barque ne possédait qu’une seule place.
- Donne moi la valise et laisse moi passer la première. Tu poussera la barque pour
m’aider à avancer. Puis, quand je serai de l’autre côté, je te renverrai la barque, et tu
pourra passer à ton tour. Dit-elle à sa servante.
Ce qui se fit. Mais arrivé de l’autre côté, malgré tous les efforts de la princesse, la barque ne
quittait pas la rive. Lorsqu’elle levait les yeux, le brouillard avait déjà conquis la rivière. Elle
ne pouvait plus ni entendre, ni voir sa servante. Il ne restait plus qu’elle et sa valise, alors elle
décida de poursuivre son chemin. Plus loin, sur un sentier, elle rencontra des écureuils qui
prenaient la fuite. Et dans la foulée, un d’eux la percuta. Elle trébucha puis se retrouva au sol.
Elle regarda vers les cieux, et réalisa qu’ici il faisait déjà nuit. Puis l’écureuil s’enfuit et
disparut dans la forêt. Mais elle qui était au sol, ne pouvait plus se relever, car elle était épuisé.
Elle ne se sentait même plus capable de porter sa valise. Au loin devant elle, une silhouette
apparut. Plus la silhouette se rapprochait, plus il semblait que c’était un homme, jeune et
charmant. Vêtu de vêtements sans valeurs. Il se rapprocha de plus belle. Et arrivé juste sous
ses yeux, il lui tendit sa main. Comme pour l’aider à se relever.
- Es-tu l’ogre qu’on entend chanter la nuit ? Demanda la princesse en prenant du recul.
- Peux-tu voir ce que tu entends ?
- Qu’ en sais-je ?
- Justement, tu ne sais pas ! viens, ton destin t’attend !
La princesse saisit la main de l’homme aux yeux plein de charme et se laissa porté.
Acte 3 :
- Qui es-tu ? Demanda le charpentier, tandis qu’il se préparait à lui prendre ses
mensurations.
- Ne sais-tu donc pas que je suis ta princesse ?
- Qui irrite les fous ? Qui offre le savoir aux sages ? Répliqua le charpentier tandis qu’il
préparait ses mesures…Et que veux-tu ?
- Je veux l’amour, une vie remplit d’amour !
- Et quand tu auras trouvé l’amour, ou iras tu après ?
- Là où vont tous les amoureux, au pays de ceux qui sont les plus heureux !
- D’où l’on vient, où l’on va, sur cette terre, nous sommes tous des malheureux.
- Il te faut une robe ! lança le charpentier tandis qu’il commença à prendre les
mensurations.
- Une robe ? pourquoi une robe ? Interrogea la princesse.
- Parce que l’amour est dans les yeux de celui qui regarde…Ensuite tu rentreras chez
toi !
- Chez moi ? Je ne peux rentrer chez moi sans avoir trouvé l’amour ? Que vais-je bien
pouvoir faire avec une robe ?
- L’amour est bel et bien là où tu l’a laissé. Et quant au faire, la robe, tu n’aura
simplement qu’à la porter.
- Tout cela est-il vraiment nécessaire ?
- Le nécessaire laisse moi le faire, toi ton rôle c’est de te laisser porter… Tu ira devant
ton père et ta mère, loin des tiens, mais surtout loin du trône.
- Et quand ce sera fait ?
- Tu verras par toi-même que ce n’est que dans les fables, que ceux qui nous aimes sont
le reflet de ce qu’ils nous offrent.
- Mais à quoi bon ? Si je ne peux trouver l’amour ?
- Je te l’ai déjà dit, l’amour est bel et bien là où tu l’as laissé.
Ils avaient fini de parler, et la robe était prête. Prête à paraître, et prête à être portée. Il ne
restait plus qu’à l’essayer.
Acte : 4
La dernière demeure
Il n’y avait pas de miroir, dans les alentours, ni dans aucune autre des pièces. Pourtant elle
avait bien cherché. Tout ce qu’elle pouvait ressentir, c’était la chaleur de la robe qui la serrait
de tout son corps. Comme si elle enlaçait, baisait, caressait tous les aspects de son être. La
chaleur l’étouffait et elle se sentait mouillé. Elle sentait qu’elle perdait la tête, si bien qu’elle
dû s’effondrer. Ce soir là encore, on entendit l’ogre chanter.
Quand elle ouvrit les yeux, elle était allongée dans son lit, vêtue de sa nouvelle robe. C’était le
jour du mariage et tout le monde s’attelait pour ses derniers préparatifs. Elle essayait encore
de reprendre conscience quand la gouvernante entra dans sa chambre.
- Bonjour votre altesse, il est temps de vous lever ! Aujourd’hui c’est le grand jour !
- Où est ma servante ? Demanda la princesse un peu étourdi !
- Elle s’en est allé chercher l’amour et n’en est jamais revenu ! Répondit la gouvernante.
- Et mon valet ? A-t-il rapporté mes affaires comme je le lui avait demandé ? Relança la
princesse.
- Il était sur le chemin du retour, il a rencontré l’amour et n’est point revenu.
- Et mes parents, sont-ils ravi de ce jour ?
- Vos parents ?
- Oui le roi et la reine !
- Vos parents ont toujours rejeté l’amour, Ils sont allé le combattre, et on ne les a plus
jamais revu !
- Et mon fiancée ? Ce lui à qui l’on devait sceller mon sort ?
- Votre fiancée a prétendu connaitre l’amour, il a goûté à l’amour, et depuis il a disparu !
- Et moi alors, où suis-je ?
- Loin des hommes, mais encore plus loin des fables !
- Et où est mon amour ?
- Il t’attends, tu n’as plus qu’à te laisser porter !
Tout à coup, un Vallet vint frapper à la porte. Il était temps de conduire la princesse à son bal.
Celle-ci se leva et en moins de temps pour le dire, était prête pour son départ. On la confiât au
Vallet, un jeune homme aux yeux plein de charme. Il l’escorta tendrement vers la salle du bal.
Et au cœur de cette grande pièce, entouré par tant de regards tous fascinés par cette robe
envoûtante, dont tout le charme provenait de sa noirceur. Elle dansait, une sublime valse.
Mais cette fois-ci elle était entre les mains, d’un jeune prince avec des yeux pleins de charmes.
Elle dansait de tout son cœur, et décida de se laisser finalement porté, envoûté par ce parfum
étrange.
Où est l’amour ? Loin des hommes, et encore plus loin des fables ! Car ceux qui prétendent
nous aimer, ne reflètent pas ce qu’ils nous offrent. Mais devinez ! Qu’est-ce qui commence
par une bousculade, et qui se termine par la mort ?
Allongé, inerte, les yeux fermés tel un enfant endormi. La princesse était exposé dans ce qui
allait être sa dernière demeure. Ses parents étaient en larmes, et le peuple était abasourdi. Car
cette nuit-là, la princesse s’en était allé chercher l’amour, Et à son retour, elle n’était jamais
revenue !
Fin.
Composition
Le plaisir d’une cigarette…
Comme toutes les histoires d’amour, la nôtre aussi s’est terminée dans un tempérament assez
cynique et frustrant…
La respiration lente et effrénée d’une jeune femme en proie à l’angoisse, révélant comme dans
un miroir ses pensées les plus sombres. La douleur d’un regret profondément oublié,
renaissant avec la tendresse d’une plaie rouverte. Tout cela mêlé au souvenir d’une affection
passée. Et s’apparentant finalement au goût salé et obscur du sang. La saveur de ce dernier
étant la seule chose dont la jeune femme a conscience. Tant elle a envahi son âme et sa
bouche. Mais le vide profond dans son être lui rappelle à chaque instant qu’elle est proche de
la mort. Pour la maintenir en vie, son esprit se contraint porter tout le poids de sa souffrance.
Son corps adossé au sol contre un mur. La main gauche dans un élan désespéré, un
mouvement dont même son esprit n’a pas vraiment conscience, essai vainement de stopper
l’hémorragie de son abdomen.
Un piètre spectacle, l’être dans toute sa déchéance. A tel point que l’on pourrait se
questionner sur le sens même de la vie. Le bruit sourd d’un battement d’aile qui s’éteint. Le
silence sur le point de s’abattre, se laisse surprendre par une voix douce et somnolente. Le
soulagement d’une âme à l’agonie, se laissant porté par le repos éternel. Laissant comme seul
héritage à l’existence, l’écho sec de sa voix,
- Angela !
…
Le plaisir d’une cigarette réside dans le silence qui s’en vient lorsqu’on aspire légèrement de
l’air pour accompagner la première bouffée de tabac. Et dont l’expiration emporte tout ce qui
nous accable. Laissant l’esprit dans un élan propice à la réflexion. Bercée par l’odeur
enivrante qui émane de la fumée. A peine son esprit atteint cette liberté, que la voix de sa
fiancée retentit dans son dos.
Dans un élan de culpabilité, le jeune homme jette sa cigarette au sol, et l’écrase sans réfléchir.
Levant la tête, il se retrouve face à une jeune femme énervée, le regard assombri par la
déception.
- Tu crois vraiment que c’est le moment pour ça ? Balance la jeune femme, la voix
enroué par la colère.
- Désolé, j’étais stressé ! le regard évasif du jeune homme lui donne toujours un aire
désinvolte.
- Tu ne crois pas que c’est moi qui j’suis sensée être stressée là ? Je vais bientôt passer
pour ma soutenance, et j’espérais déjà te voir dans la salle… et toit tu… Tu passes ton
temps à fumer !
- Excuses moi, je sais que j’aurais dû venir t’encourager !
Il s’avance pour la prendre dans ses bras, mais celle-ci fait un pas en arrière. Laissant le jeune
homme perplexe.
Son cœur se serre, comme s’il se cognait brusquement contre un mur ! Il ne sait pas quoi
répondre. Son air hébété apporte à son interlocutrice la confirmation de ses soupçons. Le désir
d’influencer le monde entier pour connaître la vérité animé par la peur de perdre l’être aimé,
ou peut-être simplement la jalousie d’une femme aux prises avec la pression. Recherchant
instinctivement, et avec toute la détresse de la féminité, la présence réconfortante de son
homme. Donnant à ses yeux un air de solitude aussi culpabilisant, que le regard d’un chien
battu.
- Depuis quelques jours tu fais des cauchemars n’est-ce pas ? Et à chaque fois tu te
réveilles avec ce nom à la bouche. Et ce matin tu es resté scotché à ton téléphone,
plongé dans ta lecture.
- Ce n’est pas ce que tu crois !
- Ecoutes, je ne sais pas pourquoi ça t’arrive seulement maintenant, alors qu’on est sur
le point de lancer notre projet. On en reparlera quand tu seras prêt. Pour l’instant,
tâche de te débarrasser de cette odeur. N’oublie pas que mes parents sont ici. Ce serait
bien dommage qu’ils refusent d’investir avant même d’entendre ce qu’on a à leur dire.
Pris de court, le jeune homme est depuis paralysé par le silence. Essayant encore de faire le
point sur la situation.
Une vaine tentative pour essayer de retenir la jeune fille se solde par un échec. Celle-ci s’en
retourne dans la salle, en essayant de reprendre ses esprits. Sans doute bouleversée par ce qui
vient de se passer. Cela se ressent dans sa démarche qu’elle essaie de remodeler à chaque pas.
Petit à petit, elle reprend l’allure d’une femme déterminée, prête à affronter le publique. C’est
l’une des plus grandes qualité d’Emma. Elle sait reprendre son calme, peu importe l situation
qui s’impose à elle. Une des qualités qui a conduit le jeune homme à succomber à son charme.
Car cette sérénité inébranlable, lui permet à chaque fois de retrouver son équilibre et d’avoir
les pieds sur terre.
Il soupire. Il sait qu’elle a raison. Pourtant il faudrait bien admettre que quelque chose le
tracasse. Pour un homme qui est sur le point de changer sa vie, on est en droit de se demander
pourquoi des démons du passé reviennent perturber son équilibre. Mais comment faire face à
une histoire, quand on a encore en mémoire son arrière-goût traumatisant. Il ferait peut-être
mieux de ne plus y penser, car sur chemin ténébreux, il a toujours pu compter sur la lumière
d’Emma pour le guider. Son téléphone, un message à l’amour de sa vie,
« Tu es tellement forte que même avec tout le stresse du monde, tu arrives à me ramener les
pieds sur terre. Je t’aime et j’ai confiance en toi. »
Aucune réponse de la part de l’autre. Pourtant, dans la salle, prête à commencer son discours.
La jeune femme cherche son homme du regard, dans l’espoir de le remercier avec un sourire.
Elle n’aura pas eu besoin de le trouver, pour que ce dernier assis dans l’assistance, comprenne
tes intentions. Pendant quelques instants, Emmanuelle Kombo, jeune femme de vingt-quatre
ans à la carrure préface d’une chef d’entreprise. Expose sur l’apport des nouvelles
technologies de l’information et de la communication au sein de l’économie. Une mimique
digne d’un interview à la télévision nationale, accompagne son éloquence et son charisme,
donnant à ses propos une profonde conviction. Le public est ébahi, son fiancée on ne peut
plus fier. Trouvant dans cet événement l’évidence même de son choix.
Elle s’agrippe au cou de son homme, dans l’expression de sa joie. Se dernier tout aussi
heureux la prend dans ses bras.
Georges Kombo est un homme fier, affirmé franc et direct. Cela se reflète dans la fermeté de
son visage, et dans la rigidité de sa stature. Ce sont pour lui des qualités indispensables,
lorsqu’on veut diriger une entreprise. Il n’en attend pas moins de tout homme qui souhaiterait
demander la main de sa fille. Toujours à ses côtés, Sandrine Kombo, qui entend bien être à la
hauteur de son compagnon. Sa générosité est le socle de sa grandeur.
- Papa, Maman !
Elle sourit devant le visage illuminé de son père. Illuminé par la fierté, tel un artisan devant
son travail accompli. Ce même visage s’assombri lorsque celui-ci tourne en direction du jeune
homme qui accompagne la fille. Ce dernier n’étant pas étonné, car cela ne vient que confirmer
ses craintes. Un début d’angoisse mis en échec par la main de sa fiancée qui vient serrer la
sienne et lui donner de sa chaleur. Mouvement qui ne passe pas inaperçu aux yeux de la mère.
Pour dissiper cette lourde atmosphère, Sandrine prend son futur gendre dans les bras.
Le jeune homme se laisse porté par la voix rassurante. De l’autre côté, Emmanuelle câline son
père. On l’entend rire. Les seules moment où on l’entend rire, ou du moins, la seule personne
qui peut le faire rire ; sa fille.
Sandrine prend le jeune homme par les épaules.
- J’espère que tu es prêt pour la suite ? Dit-elle avec un regard insistant. Regard qui lui
rappelle bien celui de sa fiancée.
- Oui M’dame, dit-il d’un air gêné.
- Ok ! Je compte sur toi !
La dame le quitte et rejoint sa fille. Puis ensembles, se dirigent vers les invités. Laissant les
deux hommes entre eux. Les deux hommes debout, à regarder leurs compagnes s’éloigner.
- Elle est ce que j’ai de plus précieux au monde ! s’exclame le père sur un ton inquiétant.
J’espère que tu sera à la hauteur, elle est prête à renoncer à son voyage pour toi. Ne me
déçois pas !
Les regards des deux hommes se croisent à nouveau. Celui du père, ne cachant pas son air
menaçant. Lui aussi s’en va, laissant derrière lui un jeune homme on ne peut plus soulagé.
Dans le hall d’entrée, les invité discutaient, rigolaient, coupe de champagne à la main,
cocktail pour d’autres, etc. Savourant entrée et petit four. Appréciaient la saveur de ces
derniers, s’interrogeant sur l’auteur de ses hors-d’œuvre. Le service traiteur était impeccable,
et tous les invités étaient d’accords. Ce qui ne laisse pas Emmanuelle indifférente, car elle sait
qui était derrière tout ça. D’ailleurs je ne lâchait pas du regard depuis un bon moment. Il
semblait dans son élément, le regard toujours aussi vide et évasif. Mais cette fois-ci, avec un
petit sourire lorsque les invités venaient se servir. Et ce resservir pour d’autres. Il ne cachait
pas sa gêne quand ces derniers le complimentaient. Ces allures de chef la faisaient toujours
craquée. Oui c’était avec cet homme-là, celui-là précisément qu’elle a choisi de passer le
restant de ma vie.
Son petit moment de contemplation se voit être gâché par l’arrivée d’une femme aussi âgée
que ma mère, mais plus parlante et plus sociable. Une belle dame qui se distingue par son
élégance. Son complet en pagne et son gabarit imposant accentuaient don côté maternelle.
C’était son professeur en communication. Ce qui m’étonnait encore, c’était le fait que son
homme semblait la connaître aussi. Ils discutaient sereinement et sans gêne. Elle le faisait rire
et il semblait l’apprécier. Je réalisais alors que je n’assistais pas à une rencontre, mais à des
retrouvailles.
- Excusez-moi !
- Ah ! Emmanuelle te voilà ! Je tenais à te dire, tu as choisis un bon traiteur.
- Oui c’est mon fiancé ! – J’avoue que j’étais un peu jalouse. De nos jours, compte tenu
des indications du livre, Angela pouvait être n’importe qui.
- Ah bon ! S’écria la dame en regardant mon homme.
- Bon aller, moi je vous laisse. Encore félicitation pour ton exposé, je vois que tu as bien
suivi mes cours !
- Oui madame ! son esprit perturbé par ce qui vient de se passer.
- Et toi, s’adressant au fiancé. Je suis heureuse de t’avoir revu, et de constater que tu
reprends ta vie en main.
A peine elle s’en va, qu’il sent déjà la tension qui plane tout près de lui. Il n’a pas besoin
qu’elle parle pour saisir la portée de la curiosité et de la jalousie qui anime sa bien-aimée.
Qu’elle volontairement transparaître, dans son regard noir plein d’animosité. Le jeune homme
soupire.
Elle lui lance un petit sourire coquin dans l’espoir de se faire pardonner. Le jeune homme en
et rassuré. Rassuré qu’elle qui est si regardante et perspicace d’habitude, ai cru à son petit
mensonge. Sans doute à cause de cet air nonchalant qu’il prend souvent. Et qui empêche les
autres de savoir s’il est vraiment sincère. Car avec tout ce qui se passe, il ne peut en aucun cas
lui dire, que cette femme est sans doute enfin, la mère de la fameuse Angéla.
Les autres
- Il a l’air vieux ton cahier !
Un vieux cahier froissé par le temps et l’usage quotidien. Dont les pages tendent déjà à jaunir.
Rafistolé avec du scotch et de la colle à papier. S’efforçant lui-même de rester en vie, pour le
bonheur de celle pour qui il est si précieux. Celle qui ne s’est jamais lassé de lui. Donnant à
l’usure un sens à sa simple existence.
Un vieux cahier ? Comment peut-on à ce point manquer de tact et de sensibilité. Elle lève la
tête pour enfin voir d’où vient cette voix. Un être aussi ennuyeux que ses propos. Le cliché du
parfait chrétiens, qui se tient droit sûr de lui, sûr qu’il marche au côté du bon sens et du
seigneur. C’est justement qui lui vient ce petit air arrogant, dont il doit sûrement ne pas s’en
rendre compte. Le genre qu’on pourrait qualifier d’être atteint du syndrome du Messi.
Ennuyeux et inculte ! Comment peut-on déranger une personne en pleine lecture, comme si ce
qu’elle fait n’a aucune importance ? Elle ferme son cahier l’air agacée, et se retourne en
direction de l’autre qui s’est déjà assis. Elle lui accorde à présent toute son attention. Son
regard pesant sur le jeune homme, comme si elle le mettait à l’épreuve. Attendant de lui une
parole sensé qui justifierait sa façon d’agir, que l’on trouve déjà vulgaire et inappropriée. Pour
elle lorsqu’on courtise une fille, il faut faire montre d’un peu plus de finesse et de subtilité.
Car la séduction perd tout sont intérêt, quand on sait déjà à quoi s’attendre.
Pas étonnant avec ce genre de prénom. Ses parents doivent être fier de leur saint enfant !
Pensa-t-elle.
- Et toi ?
- Moi c’est Sarah !
- C’est un jolie prénom !
Ah bon ?
- Cela fait déjà plusieurs jours que je te vois assise ici toute seule à lire ton cahier.
Qu’est-ce que tu lis de si intéressant ?
A ce moment, le sens de la présence du jeune homme, lui tombe sous le sens. A bien y voir, il
n’a pas pris tout seul cette initiative de venir lui parler. Sa tante ? Le prêtre ? Ca fait seulement
quelques semaines qu’elle a ses séances avec le prêtre. Mais pour elle, c’est plus agréable
avec la psy.
Est-ce qu’ils veulent déjà la réintégrer ? Non, c’est trop tôt pour elle.
Elle a ce truc dans le regard. Ce truc qui vous pousse à tout, comment le décrire ? Une sorte
d’influence à laquelle on ne peut pas échapper. Une lourde pression sur l’esprit du jeune
garçon.
Le jeune homme essai de retrouver son souffle, en quête d’une autre raison pour justifier son
action.
- J’avoue le père jacques m’a demandé de te faire intégrer les jeunes de la lumière mais,
personnellement tu m’intrigues depuis le début. Tu es toujours toute seul avec ton
cahier. Il n’a pas voulu m’en dire plus à ton sujet ? Mais j’espérais qu’en me
rapprochant de toit, j’apprendrai à mieux te connaître. Et surtout je dois dire, que tu es
vraiment très belle…
Elle l’écoutait attentivement, elle en était même presque émue, jusqu’à ce qu’il prononce ce
mot. Ce mot qu’elle déteste qu’on lu adresse. Le prêtre a dû omettre de le rencarder à ce sujet.
Le jeune garçon les yeux écarquillés, frustré, interloqué non seulement par la douleur de gifle,
non encore une fois, de la claque. Mais aussi par la jeune fille en pleine crise de panique…
Le silence règne dans la voiture. Le regard sur la route, pour éviter celui de sa tante. Essayant
tant bien que mal d’oublier ce qui s’est passé plus tôt à l’église.
- En plus ça te fait rire, on fait ça pour ton bien ! Il faut vraiment que tu t’ouvre aux
autres ma chérie.
Elle s’adosse sur son siège. Le regard plongé dans le paysage qui défile de l’autre côté de la
vitre.
- Sarah.. tu m’entends ?
- Avec lui au moins, il n’y avait pas tout ça ! murmure-t-elle dans son coin.
Mon premier amour
Une cigarette qui se consume. De la fumée qui s’évapore dans l’air. Le regard blasé,
condamné à fixer le ciel. Un ciel qui depuis toujours dans le silence, contemple le calvaire des
hommes. Qui -y- a-t-il après le ciel, plus haut ? L’espace ? D’autres planètes ? On a beau y
croire, mais la vérité c’est qu’on en sait rien. Les nuages défilent toujours comme si de rien
était. Limite quand on contemple le ciel, on a l’impression que toutes ces choses n’existent
pas ; les guerres, la famine, la pauvreté, et pourtant… Ce doit-être pour ça qu’on dit souvent
qu’il y a un Dieu quelque part. Elle parle souvent de Dieu(esse), la psy. Dieu(esse), un
concept intéressant. Lorsque les hommes sont aux prises avec leurs démons les plus obscurs,
c’est alors qu’ils recherchent avidement la lumière d’un Dieu quelconque.
Une voix sortie de nulle part le ramène sur terre. Pour se rendre compte que l’auteur est juste
assise près de lui. Il a dû rêver trop profondément aujourd’hui. A tel point qu’il ne l’a pas
remarqué. Depuis combien de temps elle est là, ces questions se bousculent dans sa tête,
pendant qu’il la dévisage.
Il écrase son mégot et le jette au loin. Puis s’adosse à nouveau sur le banc en bois. Il réalise le
paysage qui l’entoure comme s’il venait là d’arriver.
Emmanuelle Kombo, c’est comme qu’il se sont rencontrés ce jour-là. Mais pourquoi y penser
maintenant ? Peu importe. Un bus s’arrête devant lui. Le contrôleur descend et se met à hurler
avec l’enthousiasme habituel. Une envie de cloper, un kiosque pas très loin, non pas le temps.
Dans le bus, il essaie de ne pas penser à son rendez-vous. Mais essayer de ne pas y penser,
c’est y penser quand même. Il aurait dû prendre un clope, au moins pour la route. Pendant
qu’il y pense, il ressent cette sensation étrange. Il regarde de l’autre côté de la vitre, son cœur
se serre le temps d’un instant, il a du mal à respirer. Un fantôme ! Un fantôme du passé. Ce
visage qu’il ne pourra jamais oublier. Celui-là même qu’il voit dans ses cauchemars. Il baisse
la tête, pris de panique. Un début de crise d’angoisse.
- Monsieur ?
Il aurait tout donné pour être autre part qu’ici, dans ce bureau. Où apparemment le
propriétaire n’a pas assez froid qu’il a allumé la clim. Il aurait préféré avec ce froid, être dans
sa couverture, et poursuivre sa lecture. Sa maison lui manque. Enfin sa maison, quand l’autre
n’est pas là. Il y a des fois où elle le stresse vraiment. Maintenant qu’il y pense, ça fait
combien de temps qu’il ne s’est pas senti libre et épanouis ? il ne saurait le dire. Le bonheur
n’est plus qu’un lointain souvenir, tellement loin qu’il se fatigue rien qu’à envisager de
l’atteindre. D’après Emmanuelle, lorsqu’ils auront lancé leur business et qu’ils se seront
mariés, leurs parents leur lâcheraient la grappe. Et ils seront enfin libres. Il doit donc tenir
jusque-là ! Ce qui devient de moins en moins évident avec le temps. Pourtant, malgré tout ça,
il a cette impression constante qu’il est en train d’oublier quelque chose.
- Ah t’es là ?
Une allure décontracté, la voix chantonnant, pas de doute, c’est bien son père.
Avec lui, les conversations sont toujours directes. Tant mieux ! car il ne supporte pas cette
atmosphère pesante, où l’autre essai toujours de le dominer.
- Tu sais ! reprend le père, moi je n’ai jamais oublié ton rêve de devenir médecin !
Comprend que j’ai du mal à m’adapter à ta nouvelle carrière. Cuisinier c’est ça ?
Nos rêves d’enfants nous sont inculqués dès le bas âge par les gens où la société. Mais il sait
au fond de lui, qu’il y a bien une chose qu’il désirait quand il était gosse. Bordel, qu’est-ce
que c’était ?
Ca y est, c’est parti pour un tour. La fameuse prédication sur le sens de la vie. Il savait qu’il
allait y avoir droit. Faire du bien autour de soi, servir sa famille, relier l’utile à l’agréable.
Comme quoi dans la vie on a pas toujours ce qu’on veut. C’est toujours la même rengaine,
donc il utilise toujours la même parade. Regarder en direction de l’orateur, fixer un point dans
le vide, puis laisse défiler les images qui viennent à lui…
- Nous avons décidé de mettre chacun une somme d’argent, pour que tu participes au
capital du lancement de votre boîte. Tu repars à zéro c’est vrai, mais oublie le passé.
Tu as trouvé une fille bien. Maintenant concentre toi ! je sasi que tu es un garçon
intelligent. Et surtout essaie de ne pas tout gâcher.
C’est sans doute la seule chose qu’il a retenu de cette entrevue. C’est ce qui revient toujours.
Depuis sa tendre enfance, il a toujours tout gâcher. C’est ce qu’on lui répète sans cesse. Mais
à bien y voir, c’est sa vie à lui qui est gâché ! aurait-il gâché sa propre vie ? Encore un fois,
cette sensation d’avoir oublié quelque chose se manifeste. Il se sent triste, marre de ce gros
poids sur le cœur dont il ignore comment se débarrasser. Angela ! Tout ça c’est de sa faute ! Il
ne veut plus jamais la revoir. Et peu importe, même si elle revient, même si tout le monde est
contre lui, il pourra toujours compter sur Emmanuelle. Il est maintenant pressé de la retrouver.
La prendre dans ses bras, et lui présenter ces excuses. Ca la rassurerait, il montrait à quel
point il l’aime et qu’elle compte pour lui.
Il sent cette chaleur monter en lui. Tellement qu’il s’empresse d’ouvrir la porte de
l’appartement, et se dirige droit vers le salon… et là…
Une douleur le serre au cœur, elle s’intensifie à chaque fois ce dernier bat. Il est paralysé. Ce
n’est pas tant la peur, on aurait dit un réveil brutal. Comme si le rêve se terminait, et qu’une
affreuse réalité venait l’embrasser. Comme si sur le coup, sa conscience avait fermée le yeux,
et s’était recroquevillée sur elle-même. Ce qu’on pourrait simplement appeler l’angoisse.
Le bruit des vagues est comme le doux affectueux chant d’une mère aimante. Comment en
être sûr, ce doux champ, il ne l’a pas vraiment connu. Il se contente donc du chant des vagues,
chaque après-midi, quand il n’est pas l’esclave de la société. Que cherche -t-il ? Lui-même se
le demande. Pourtant, tant qu’il est là assis à regarder l’horizon, il n’écoute plus ce bruit
atroce. Cette pression suffocante qui l’envahit à chaque fois qu’il croise ce regard. Comme
tout enfant, il recherche l’amour et l’attention de ses pairs. Et plonge dans une profonde
tristesse chaque fois qu’il ne le trouve pas. Il y a cette chose en lui qui fait que ces derniers le
rejettent à chaque fois. Malgré qu’il s’évertue à se rendre agréable à leurs yeux. Il finit
toujours par commettre ces actes qui lui valent tous les blâmes du monde. Alors il prie, il prie
pour enfin rencontrer cette personne qui pourra le libérer de ses démons. Peut-être donc qu’il
vient ici tout simplement pour attendre. Loin des cris et des frustrations, une quelconque
réponse à sa prière.
C’est pourquoi le bruit des vagues est comme une chanson à ses oreilles. Pleine de tendresse
et d’amour. Elle l’emporte dans des mondes lointains et merveilleux où il peut enfin être libre.
Libre de non… ça, il ne le sait pas encore. C’est alors que vient se mêler à cette douce
mélancolie, une voix des plus angélique. Comme un appel non pas à une Divinité quelconque,
mais un appel à tout et à rien. Un appel à la vérité, sinon qu’à la vie elle-même. L’émotion
que véhiculait cette chanson, lui rappelle sa propre… oui, c’est plus come un cri qui a besoin
d’être exprimé, conscient que rien ne lui reviendra en retour. Un instant de rêverie dans ce
cauchemars que certains choisissent d’appeler la réalité.
Il se lève, suit cette douce voix, et se retrouve surpris par la beauté qui s’accapare de ses yeux.
Elle est là, debout, elle chante. La plage est son podium, Le bruit des vagues n’apparaît plus
come un chant, mais comme des acclamations de la mer, qui n’a pas pu s’empêcher de
s’émouvoir. Le coucher du soleil paraît à présent comme un timide reflet de sa beauté. Et la
brise, cette folle entremetteuse a parfaitement joué son rôle. Ayant apporté cette belle voix
jusqu’à lui, et l’ayant pris par la main, pour l’emmener jusqu’à elle. Un tour de passe-passe de
l’univers.
Leur regard se croise mais, elle l’ignore et se remet à chanter. Cependant, avec plus d’entrain.
Il se ravise, et constatant qu’elle ne cesse d’ignorer sa présence, il s’en va. Pourtant chaque
jour, il revient au même endroit, pas très loin, juste assez près pour l’entendre chanter. Et sa
voix devient de plus en plus vivante. A en croire qu’elle est ravi de savoir qu’elle est écouté.
Cette fois-ci à la fin de la chanson, une phrase parvient à ses oreilles et le bouscule. Car il sait
qu’elle lui ait adressée. « Quand est-ce que tu vas enfin m’adresser la parole ? ». Elle fini sa
phrase sur un ton qui fait rire le garçon.
- Je croyais que tu ne voulais pas être dérangée ! Lui dit-il quand il a enfin trouvé le
courage de l’aborder.
Elle sort quelque chose de ses poches, qu’elle met dans sa bouche. Puis elle sort un briquet.
- Quoi tu fumes ? Cette fille sort vraiment de l’ordinaire. Pense-t-il dans sa tête.
Elle aspire quelques bouffées, puis lui tend la mains, avec la chose entre les doigts.
- Vas-y essaie !
- Euh… je ne sais pas vraiment si j’en ai le droit !S’explique le garçon un peu embêté.
Et puis c’est quoi cette cigarette, elle a une forme bizarre !
- C’est pas vraiment une cigarette, rigole la fille, mais tu verra c’est plus marrant.
Elle lui montre comment s’y prendre. Bien qu’avec hésitation, il se rapproche tout doucement
de l’embout. Il tire une grande bouffée, aspire, puis se met à tousser. Au bout d’un moment, il
fini par s’adapter. Son corps et la brise ne font plus qu’un. Il prend conscience qu’il n’est
qu’une immense vague d’énergie. L’impression qu’il s’envole, il ressent agréablement la terre
tourner. Plus rien ne semble plus exister autour de lui. Il se laisse aller à cet abîme de silence.
Comme une conscience nue, se baladant dans l’espace-temps. Sans vraiment s’en rendre
compte, il s’est déjà allongé dans le sable. Quand leurs corps se touchent, il ressent des
frictions. Ils se rapprochent peu à peu et s’enlacent.
- C’est vrai que c’est marrant, dit le jeune garçon, bercé par la quiétude.
- Je te l’avais dit, confirme la jeune fille.
- Au fait, qui es-tu ?
- Ouais t’as raison, je me pose souvent la même question.
- Quelle question ? Reprend le garçon.
- Bah, qui est Tu ?
- De quoi tu parles, je t’ai demandé toi qui es-tu ?
- Justement c’est quoi Tu d’après toi ?
- Tu ?
- Pour moi, Tu, ce n’est que la façon dont les autres décident de nous percevoir.
A ce moment, quelque chose résonne en lui. Sa vie, son passé. Comment les autres décident
de nous percevoir. C’est cela la réponse à toutes ces questions. Tous ces regards aussi frustrant
les uns que les autres, c’est simplement la façon dont les autres décident de nous percevoir.
Lui aussi se redresse. Les deux se regardent dans les yeux et se sourient. Il regarde à nouveau
l’horizon, afin de prendre un élan dans son esprit et dans son intelligence…
Elle esquisse à son égard, un sourire des plus fasciné. Son regard s’illumine comme un
orpailleur, qui vient de faire une trouvaille à la hauteur de ses efforts.
Elle pose ses lèvres sur les siennes. Le temps s’arrête, dans leurs têtes et dans leurs cœurs. Et
tout au fond de leur être. Ils font tout deux cette prière. Ans doute, sans s’en rendre vraiment
compte, de ne jamais plus se séparer.
… De nos jours…
Pourtant il en vient à s’asseoir. Elle reste debout, il faut dire qu’elle aussi est sous le choc.
Quand il est entré, l’expression de son visage, la façon dont il a mit cette fille dehors. Cette
fille, ça avait l’air de l’amuser. Mais ce n’est pas le plus important. Debout, un peu frustré et
en colère, elle aussi attend ses explications. Après un petit exercice de respiration, à croire
qu’il en a l’habitude, il arrive à se calmer. Il ôte ses mains de son visage, lorsqu’il lève la tête,
il constate la frustration de l’autre, et le regard qui le condamne. Comme pour essayer de
passer à autre chose, il se lève rn direction du couloir.
- Alors c’est tout ? Demande la jeune femme furieuse.
Il s’arrête un instant, soupire, et poursuit son chemin. Elle l’arrête par l’épaule.
- Ne me tourne pas le dos quand je te parle. Crie-t-elle dans un élan plein de rage.
Ils se retrouvent face à face. Elle devant cette expression vide avec laquelle elle n’a jamais
réussi à se familiariser. Lui devant un visage déconstruit, par la colère et les larmes. Ce qui lui
fait quand même de la peine. Elle s’assoit à son tour, sûrement pour essayer d’évacuer sa
fameuse peine en sanglot.
Elle se lève à nouveau et revient vers le jeune homme qui lui n’a pas bougé. Elle le prends
dans ses bras et fond en larmes. Il ne reste pas indifférent à ce geste et la prends dans ses bras
à son tour.
Ce qui se passe c’est qu’Emmanuelle est un fille intelligente. Et son intelligence l’emmène à
comprendre que perdre son calme n’était pas la meilleure façon d’agir. De plus, elle sait
qu’elle l’aime. Mais elle n’est plus sûr de ses sentiments à lui. On peut aussi supposer qu’elle
a reconnu cette impuissance qu’elle a toujours eu face à cet air blasé qu’il arbore toujours sur
son visage. Ou du moins depuis qu’il se sont rencontré. Elle s’accroche à son cou aussi fort
qu’elle le peut, car elle a peur de tout ce qui pourrait se passer par suite. Le fait est que Sarah
lui a expliqué qu’elle était une amie d’enfance de son fiancée. Et c’est par sa mère qu’elle
avait appris ce qu’il était devenu. Et donc elle s’était empressée de venir le retrouver. Ce qui a
permis à Emmanuelle de comprendre que sa professeur en communication n’était pas une ami
à sa mère, mais sans doute la mère de Sarah. Alors pourquoi tant de mensonges, pourquoi tant
d’hostilité envers cette fille ?
Après cet incident, une douche s’est avéré nécessaire pour calmer les esprits. Un dîner
silencieux s’en est suivi, puis le jeune homme n’a pas tardé à aller se coucher. Seule dans le
salon, le regard fixe en direction de la table, ou plutôt de ce cahier qui ne tient plus qu’à des
scotchs. Que Sarah lui avait remit plus tôt, afin que le jeune homme se souvienne d’elle. Elle
fini par trouver le courage de l’ouvrir. A l’intérieur sur la première page, elle reconnait
l’écriture de son homme. Une histoire intitulée, La princesse et le charpentier.
Perdu(e) dans le noir
… 5 ans plus tôt…
Ca commence par des petits baisers nonchalants. Sur la bouche, les joues, le visage. Puis sur
le corps, son cou, sa poitrine. Elle caresse sa tête, puis gémit tendrement. Il descend plus bas,
ça la fait rigoler. Il la regarde, elle sourit. Un sourire qui en redemande. Alors il descend
encore plus bas. Elle commence à se tordre de plaisir. Et à gémir de plus en plus fort. Elle lui
lance des mots d’amour. Elle se tord de plus en plus, de plus en plus, jusqu’à se redresser. Elle
est satisfaite, elle tente de reprendre son souffle.
Un baiser à nouveau, il s’allonge, elle le chevauche, il gémit lui aussi. Des caresses et des
baisers. Au bout d’un certains temps, il se redresse, mais toujours en elle. Il lui caresse les
seins. Il peut la ressentir, cette pression monter, et elle aussi. A tel point qu’elle lève les yeux,
mais ce n’est pas pour chercher Dieu. Il sent sa main s’agripper à son cou, il sent cette main
s’accrocher, elle gémit plus fort. La main s’accroche et les hommes lui entre dans la peau. Il
se sent épuisé, comme s’il avait sommeil, comme s’il était bercé par cet instant. Juste une
envie se laisser aller… La chaleur, sa chaleur, sa présence. Son parfum, ses cris, mais le noir
total…
… Il se réveille en sursaut. Que s’est-il passé ? Là-bas, dans un coin de la chambre, assise et
recroquevillée sur elle-même. Une jeune fille, paniqué et apeurée.
… De nos jours…
- Qui est-ce ?
La porte s’ouvre. De l’autre côté, une Emmanuelle gênée par les circonstances, mais qui a
conscience que la seule solution à son problème, c’est de se retrouver ici. Devant la porte de
sa professeur en communication.
L’expression de la jeune fille, laisse tout sous-entendre. Et la dame se voit dans l’obligation de
la laisser entrer.
- Assied toi !
La dame se redresse de son fauteuil. L’attitude de la jeune fille qui a pourtant de prendre les
choses en main, la conduit à s’inquiéter.
La jeune fille tente de reprendre son courage, et commence par déposer le livre sur la tablette.
La dame ne tarde pas à le reconnaître.
A présent c’est la dame qui hésite à répondre. Elle prend lentement le cahier. Et se met à le
contempler avec un air effrayé. Pour la première fois, Emmanuelle vois sur le visage de sa
professeur en communication, celle qui a toujours eu la tête haute, apparaitre une once de
désespoir.
Le garçon s’assoit, déboussolé. Ou du moins conscient qu’il ne peu plus y échapper. La jeune
femme vient s’assoir à ses côtés. Il se lève et prend ses distances. Le regard triste et interloqué
de l’autre lui fait de la peine.
Elle se lève, et se rapproche à nouveau de lui. Elle le prend dans ses bras.
- Aller ! regardes moi !
Elle croise le regard d’un homme désespéré, en proie à lui-même. Un homme hanté par ses
démons, qui a depuis longtemps oublié la saveur de la paix.
Une sensation agréable enlace son cœur. Peut-être, chaleureux souvenir qui frappe à la porte
de son âme.
Comme s’il pouvait enfin déposer tout ce qu’il avait porté durant tout ce temps. Il fond en
larme. La jeune femme est soulagée. Ils se regardent à nouveau dans les yeux. Elle comprend
qu’elle a eu raison d’être là. Elle l’embrasse et il se laisse faire.
- Je comprends. Tu ceux savoir ce qui s’est passé entre eux n’est-ce pas ? Demande la
dame à la jeune femme.
- Oui, s’il vous plaît ! lance la jeune femme qui arrive à constater à quel point son
interlocutrice est elle-même effrayée par cette histoire.
- Ok, mais avant tout, laisse moi tout d’abord me servir un verre !
Nous sommes
- Tu sais, ce n’est pas de ta faute ! on ne peut échapper à ce qu’on est au plus profond de
soi ! Et souvent, très souvent, les autres ne le comprennent pas…
Des caresses et des baisers. Deux âmes, deux corps, deux êtres qui se tortillent l’un sur l’autre
sur le lit.
- …Mais n’aie pas peur ! Tu as peur que leur jugement soit vrai ! Parce que tu es tout
seul dans l’arène. Mais ne t’en fais pas, je suis toujours là !
Des gémissements, un déhanchement passionnel, Des caresses et des baisers. Elle le renverse,
et se retrouve au-dessus de lui. Elle se redresse.
- Alors laisse toi aller, et oublie tout ! oublie cette façon qu’ils ont de te percevoir. Je
sais qu’elle ne te rend pas heureux !
- Tu es à moi !
- Oui, donne-moi tout, donne-moi tout de toi ! Donne moi tout ce que tu as toujours
retenu au fond de toi.
Elle serre son cou, ils se regardent dans les yeux, il acquiesce. Alors il se laisse aller, il laisse
le plaisir et le désire embraser son être. Elle ne s’arrête pas. Ca gémit de plus en plus fort, ça
continue encore et encore. Coups après coups ; Tandis qu’elle serre de plus en plus fort.
Pendant quelques instant, tout est tout retourné dans sa tête, puis il renvient à lui, en la serrant
de toute ses forces.
- Tu n’est plus !
- Nous sommes !
Enfin libre. Ils se laissent tomber sur le lit, l’un auprès de l’autre. Ils s’enlacent, deux âmes
errantes qui se sont enfin retrouvés.
« Qui est tu ? »
Debout à l’entré de la chambre, la porte grande entrouverte, une Emmanuelle au regard affolé
face au spectacle qui se déroule juste sous ses yeux.
*
* *
J’étais jeune et amoureuse. Mais il avait beaucoup d’ambitions et rêvait de voyager pour aller
se chercher ailleurs. Une vision des choses qui ne m’enchantait pas d’ailleurs. Alors à ce
moment là je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour le garder près de moi.
Alors, une amie m’a emmené voir une voyante. Elle a fait un travail sur moi, et ensuite m’a
promis qu’après cela, je tomberai enceinte. Et c’est ce qui s’est passé. Quand elle est née, elle
était déjà si magnifique ! Tellement belle que son père que je crois que c’est en la voyant que
son père avait changé d’avis sur ses projets. C’est comme ça qu’on a définitivement décider
de s’installer ensembles et de commencer notre vie.
Quelques années plus tard, nous avons pris chez nous une des nièces de cet homme qui était
devenu mon mari. Et c’est là que les problèmes ont commencé. Sarah, il faut le dire, elle était
très réservée, comme si elle avait peur des gens. Elle préférait toujours rester dans son coin, si
bien que parfois elle disparaissait. A croire qu’elle n’aimait vraiment pas être au milieu des
gens. Pourtant elle était si belle, et tout le monde n’arrêtait pas de le lui dire. Donc nous on ne
se gênait pas de la présenter, mais c’était au prix de beaucoup de caprices qui au final
commençaient vraiment à énerver son père.
Et je crois que tout ça aussi rendait sa cousine jalouse. A l’époque j’ai fait mine de ne pas voir
ce qui se passait. J’avais réussi à me convaincre que c’était des bêtises d’enfants. Parce que ça
tournait toujours en dispute, quand il s’agissait de sa famille. Ce qui se passait, c’est que cette
dernière coupait les cheveux de Sarah pendant son sommeil, et lui faisait faire des choses
humiliantes. Sarah n’arrêtait pas de s’en plaindre, mais à chaque fois, je lui disais de ne pas y
prêter attention.
Et puis un jour, Sarah a tenté d’étouffer sa cousine pendant son sommeil. Cet incident à tout
détruit, je parle de notre famille. Après ça mon mari m’a quitté, il sous-entendait que notre
fille n’apportait que des problèmes. Au fond, il regrettait encore d’avoir laissé passé sa chance
de voyager.
Aujourd’hui je me dis que j’avais peut-être juste peur de regarder la vérité en face. Et puis un
jour, je rentrais du boulot, il y avait de partout sur le sol de la maison. Je voyais des touffes de
cheveux par terre et je commençais à craindre le pire. En suivant la piste des touffes de
cheveux, je suis arrivé à la salle de bain, et c’est là que je l’ai trouvé. Elle était au fond de la
baignoire, elle s’était à nouveau coupé les cheveux, et avait essayer de se suicider. Elle avait
failli ôter la vie du garçon qu’elle aimait pendant leurs rapports sexuels. Et elle en était
terrifiée.
Après cela, j’ai réalisé qu’il y avait un vrai problème. J’ai donc commencé à l’emmener voir
des psy, puis des prêtres. Jusqu’à aujourd’hui.
*
* *
- Ce cahier, elle n’a jamais voulu s’en séparer. Ca m’étonne de le voir entre tes mains.
- Elle voulait que je lui rendre, pour qu’il se souvienne d’elle. Mais je crois que lui aussi
ne l’a jamais oublié. Elle essaye tant bien que mal de parler, bien que bouleversée par
cette histoire.
- Tu sais, les amours de jeunesse.
- Oui !
- J’aurais pu être une meilleure mère !
- Sans doute.
Emmanuelle prend le verre vide de la dame et le rempli avec la liqueur. Elle bois à grande
gorgée. Elle refait la même chose au moins trois fois d’affilé. Sous le regard hébété de sa
professeur. Sans doute qu’elle aurait pu être une meilleur mère. Sans doute que ce n’était pas
de sa faute. Sans doute que la vie est cruelle, ou peut-être qu’elle est tout aussi simple au
contraire… Enfin, bref ! Le mal est fait comme on dit. A présent, comment sortir de tout ça ?
C’est la question qu’il convient de se poser.
Une seule envie, rentrer et revoir son homme. Le prendre dans ses bras, lui demander pardon.
Ou peut-être qu’elle devrait prendre ses distances. Pourquoi ne pas lui en avoir parlé ?
Pourquoi ne lui a-t-il pas fait confiance ? Une question en entraîne une autre, et c’est sans fin.
Elle est peut-être juste blessée. Ou peut-être qu’en réalité, elle est loin de comprendre ce qui
se passe ou d’envisager gérer la situation. Une seule conviction, celle de se retrouver face à
son homme. Sans doute le seul moyen de répondre à ses questions. Les larmes dans les yeux
qu’elle essuie à tout moment l’empêchent de bien voir la route.
Elle ouvre la porte, entre dans l’appartement. Des bruits étranges, des bruits de… Non !
Qu’est-ce qui se passe. Elle se dirige silencieusement vers la chambre. La porte est
entrouverte. Elle pousse la porte. Ce qu’elle voit,
- Tu n’est plus !
- Nous sommes !
Ils se laissent tombés sur le lit, l’un auprès de l’autre. Ils s’enlacent. Deux âmes errantes qui
se sont enfin retrouvées.
Debout à l’entrée de la chambre, une au regard affolé face au spectacle qui se déroule juste
sous ses yeux.
Ce jour-là, j’avais décidé de mettre fin à mes jours. Je n’arrivais plus à supporter la pression
que me mettait mes parents. Depuis toujours, il c’est eux qui ont décidé de ce qui était bien
pour moi. Et moi je les ai suivi, pensant que j’y trouverai un quelconque bonheur. Ou peut-
être je le comprends à présent, que je me confortais dans cette illusion rassurante. De peur
d’affronter la réalité. Mais toi, ton sourire, ta façon simple d’appréhender la vie, m’ont donné
du courage, afin d’affronter la mienne. Ce que j’ai fait. Mais je le suis encore trompée. Je me
suis trompée sur ce que j’aurai dû choisir de suivre. Est-ce que Dieu existe ?, ce jour là tu
m’as dit, que c’est quand les hommes sont aux prises avec leurs démons les plus obscures,
qu’ils recherchent avidement la lumière d’un Dieu quelconque. Moi j’y ai toujours cru à
toutes ces histoires. Le bien et le mal, la justice et toutes ces conneries. Mais comme toutes les
vraies histoires d’amour, la notre aussi s’est terminée dans un tempérament cynique et
frustrant…
Ce bruit qu’il avait entendu, qui l’avait conduit à se rendre dans la cuisine. Où il l’avait vu en
larme. Elle avait tout vu, elle savait tout. Il n’avait plus rien à lui dire. Elle le savait tout aussi
bien que lui. Il n’aura pas su l’en empêcher. Elle qui bavait tout sacrifiée pour lui. Non, c’est
ce qu’elle croyait, au fond c’était pour elle-même. Il était encore entrain de réfléchir quand il
se rendit compte, que ce bruit qu’il avait entendu, qui l’avait conduit à se rendre dans la
cuisine, c’était elle qui cherchait un couteau. Ses s’écarquillèrent, son cœur fit mine de
s’arrêter de battre, quand il la vit se planter la lame dans le ventre. Etait-ce là, la fin de toute
cette histoire ?
La respiration lente et effrénée d’une jeune femme en proie à l’angoisse, révélant comme dans
un miroir ses pensées les plus sombres. La douleur d’un regret profondément oublié,
renaissant avec la tendresse d’une plaie réouverte. Tout cela mêlé au souvenir d’une affection
passée. Et s’apparentant finalement au goût salé et obscur du sang. La saveur de ce dernier
étant la seule chose dont la jeune femme a conscience. Tant elle a envahi son âme et sa
bouche. Mais le vide profond dans son être lui rappelle à chaque instant qu’elle est proche de
la mort. Pour la maintenir en vie, son esprit se contraint porter tout le poids de sa souffrance.
Son corps adossé au sol contre un mur. La main gauche dans un élan désespéré, un
mouvement dont même son esprit n’a pas vraiment conscience, essai vainement de stopper
l’hémorragie de son abdomen.
Un piètre spectacle, l’être dans toute sa déchéance. A tel point que l’on pourrait se
questionner sur le sens même de la vie. Le bruit sourd d’un battement d’aile qui s’éteint. Le
silence sur le point de s’abattre, se laisse surprendre par une voix douce et somnolente. Le
soulagement d’une âme à l’agonie, se laissant porté par le repos éternel. Laissant comme seul
héritage à l’existence, l’écho sec de sa voix,
- Angela !
« Par où commencer ? Cela a fini par devenir un rituel. Une balade parmi les hommes, un
petit saut d’esprit jusqu’à la plage ; où je l’entends chanter encore et encore pendant des
heures. Pour qu’au final je ressente le besoin de peindre.
Par où commencer ? Ça me fait toujours cet effet-là. Mon esprit agité devant la toile vierge,
comme un élan de concentration avant la prière. Pour finir par entamer avec des propos diffus,
qui finalement finissent par prendre tout leur sens.
Je ne vais pas reposer la question, ni y répondre en essayant de raconter une histoire. Je vais
simplement m’appliquer à exposer les faits. « Exposer ! », Ça me rappelle que ma toile est
encore vierge.
L’art du bien mentir. Comment ne pas s’émouvoir de haine quand on prend conscience, dans
les deux aspects de la chose, que l’homme est destiné à être nu. L’homme ! L’homme et la
femme ! Désolé pour les féministes, je passe ma vie entière à employer le mot homme, même
quand il s’agit de définir les deux dans un contexte global. Me demander de changer de façon
aussi radicale, c’est comme demander à un fumeur d’arrêter la clope la veille d’un test de
dépistage. Donc… peu importe à quel point nous essaierons de nous couvrir après avoir fini
d’écrire ce bouquin, ou même de le lire. Nous devrons admettre en toute humilité, que sous
tout nos vêtements, peu importe comment ils sont mis, nous restons toujours nus. Nus, aussi
nus que les arbres et les animaux. Que les plantes qui regardent le ciel, que ce même ciel qui
conserve les astres. Nus, aussi nus qu’un enfant, et peut-être même qu’une enfante. Nus sans
aucune honte de nous-mêmes, quand bien sûr nous faisons abstraction même mentalement de
nos vêtements. Nu sur le corps, nus sur l’esprit, comme sur l’âme. La nudité n’est pas un mal,
sinon que le reflet de nous-mêmes. Alors pourquoi en avoir honte ? Tant qu’à prendre plaisir à
se contempler dans un miroir. Quoi de mieux pour nous refléter que ce qui nous permet
d’exposer nous-même ce que nous sommes, et d’en accepter le contenu. Ce qui est aussi nu
que nous-même, aussi nu qu’une toile vierge…
Et je m’aperçois déjà que des traits diffus prennent forment sur la toile…
Si ce n’était que le cas, poursuivons, nous serions tous nus sans aucune honte à nous balader
les membres à l’air. Satisfait de contempler en chacun de nous, l’essence même de notre
nature. Car peu importe à quel point on a envie d’être nu, on ne peut nier en nous -même,
l’importance, sinon que l’essence même de la présence des vêtements. On peut être porté à
croire évidemment, si l’on se base sur des trucs vrais. Vrais comme le fait que toutes les toile
ne permettent pas de peindre, et que toutes les nudités ne sont pas agréables à voir, pour les
uns comme pour les autres.
Il n’est donc pas probable de pouvoir montrer sa nudité à tout me monde, et en attendre que
tout le monde soit satisfait. Car tout le monde n’y verra pas le sens de sa nudité… Je veux dire
nature. Ce n’est pas un moyen de fuir les autres, mais plutôt une marque de respect. Car ma
liberté s’arrête là où celle des autres commence. Et se poursuit partout où elle peut l’être. On
pourrait être porté à croire ! seulement si nous avions oubliés au préalable que nous sommes
nus. Sur le corps autant que sur l’âme, ainsi que sur l’esprit. Mais l’œil du corps ne peut voir
les deux autres. Il est donc convenable de trouver pour eux aussi un miroir physique. Car tant
qu’à se contempler dans un miroir.
Quoi de mieux pour se refléter, que ce qui nous permet d’exposer nous-même ce que nous
sommes…
De ce fait, le contenu de l’univers est tellement infini que si nous devions nous atteler à une
séance d’essayage, cela nous prendrait sûrement je suppose des milliards de vies juste pour
essayer, Encore plus pour apprécier, et je ne parle même pas de ce qu’il en est pour en profiter.
A moins que ce ne soit justement ce qui se fait. Ou l’on peut aussi considérer le fait que
l’intelligence a conçu pour nous à l’avance, des vêtements qui nous conviennent. Et que l’on
doit s’y tenir dans un souci d’équilibre. Je dis bien à moins que, car si le corps est l’habit de
l’âme, il faut donc avoir la décence d’admettre que sous tous nos vêtements nous sommes nus.
Mais la nudité n’est pas un mal, sinon que le reflet de nous-mêmes. Alors pourquoi en avoir
honte ? Tant qu’à prendre plaisir à se refléter dans un miroir. Quoi de mieux pour se refléter,
que ce qui nous permet d’exposer nous même ce que nous sommes. Et d’en accepter le
contenu. Ce qui est aussi nu que nous-même, aussi nu qu’une toile vierge.
Voilà donc qu’apparaît déjà l’image de la faim de vivre. Si ce n’était que le cas, nous serions
tous nus, sans aucune honte, à nous balader les membres à l’air. Satisfait de contempler en
chacun de nous, l’essence même de notre nudité, je veux dire nature.
Je dis bien si ce n’était que le cas, car pourtant, peu importe à quel point on a envie d’être nus,
on ne peut pas nier au fond de nous, la présence et l’importance des vêtements. On peut donc
être portés à croire, bien évidemment, si l’on se base sur des choses vraies. Vraies comme le
fait que toutes les toiles ne permettent pas de peindre. Et que toutes les nudités ne sont pas
agréables à voir, pour les uns comme pour les autres. Il n’est donc pas probable de montrer sa
nudité à tout le monde et d’attendre que tout le monde soit satisfait. Car tout le monde n’y
verra pas le sens de sa nature, bien évidemment. Ce n’est donc pas un moyen de définir les
autres, mais plutôt une marque de respect. Car bien que ma liberté s’arrête là où celle des
autres commence, celle des autres s’arrête là où la mienne commence.
Si l’on n’a pas oublié que nous sommes nus le corps, ainsi que sur l’âme et l’esprit, on sait
que l’œil du corps ne voit pas les deux autres. Il est donc plus que convenable de trouver aussi
pour lui un miroir physique. Car tant qu’à se contempler dans un miroir. Quoi de mieux pour
se refléter, que ce qui nous permet nous même d’exposer ce que nous sommes.
Voilà que se dépeint déjà l’enfant croquant dans la pomme.
Il est donc convenable de se vêtir de telle sorte à exprimer à la vue de tous, là où ma liberté
commence, et là où elle s’arrête. Il s’agit donc de se vêtir tout d’abord de la vie, se définissant
elle-même par l’art de vivre. Et si la vie incombe aussi tout ce qu’il y a de matériel, comment
se vêtir, si l’on ignore tout sur sa nudité ? Car la nudité n’est pas un mal, sinon que
l’expression de nous-même. Et comment peut-on contempler sa nudité, sans se contempler
dans un miroir…
Comment donc ne pas s’émouvoir de plaisir, quand on prend conscience que dans les deux
aspects de la chose, sinon que dans tous les sens du terme, les êtres sont destinés à être nus.
C’est comme offrir une cigarette à une personne ouverte d’esprit, la veille d’un test de
dépistage. Donc, peu importe à quel point nous essaierons de nous couvrir, après avoir finir
d’écrire puis de lire ce bouquin, sinon que ce texte. Nous devrons avoir l’humilité d’admettre
que sous tous nos vêtements, peu importe comment ils sont mis, nous restons toujours nus.
Sans doute parfois simplement mal habillés, mais nus. Car la nudité n’est pas un mal, c’est
simplement l’art du bien mentir.
Voilà donc l’enfant dans sa nudité, à en faire baver les Dieux. Ce n’est pas un homme qui
fume seulement, mais un homme qui écrit, qui s’exprime et qui vit ! Comment avoir
conscience de sa nudité sans l’être ? Si vous avez lu jusqu’ici c’est que vous avez contemplé
mon membre à l’air. Et vous n’êtes pas obligés d’y voir l’essence même de votre nature, ni
même celle de votre nudité.
J’ai écrit avec le sentiment de peindre… et voilà que jaillit sur la toile, en toute magnificence,
la vie dans la contemplation qu’elle mérite : Somme toute, nous sommes tous des Nudistes ! »
Une histoire sans nom, un avenir sans visage, un Dieu sans image. Voilà à quoi se livre mon
existence ; Depuis toujours du moins. Il faut bien finir par s’en rendre compte. Il faut bien
finir par grandir.
Mais c’est quoi grandir ? Très loin de tout ce que j’avais cru, très loin de tout ce que j’avais
imaginé. Trouver un job, fonder une famille, c’est bien plus que cela. Pour moi grandir, c’est
arriver à se reconnaître soi-même. C’est s’accepter totalement, de l’obscurité à la lumière. Et
enfin faire le choix de s’assumer. Et se peu importe le job, ou la profession que l’on s’octroie,
peu importe la famille que l’on décide de bâtir. Car tout va de pair. Se créer une vie, se bâtir
une famille qui nous ressemble. En accord avec nous-même, en accord avec Dieu. Même si
Dieu n’existe pas. Dieu et le Diable ne sont qu’une façon d’appréhender l’existence,
d’appréhender la vie. En vrai il n’y a que la nature, il n’y a que la réalité. Entre autres tout ce
qui se passe vraiment.
Repartir à zéro, pour se refaire sur de bonnes bases. Car l’être n’a pas besoin d’amour, mais
de vivre. Tout comme l’homme n’a pas besoin d’une femme, mais d’une amie. Sans doute la
partenaire idéale. Pourquoi ? Car la vie se bâtit à deux. Car au commencement n’était pas un
mais deux. Deux individualités qui s’accordent dans le respect mutuel.
Mais l’avenir est incertain, et la vie est infiniment vaste. Il faut donc vivre au gré du temps,
voyager au gré du vent. Comme le voyage d’une plume solitaire, comme la conception d’une
toile. Car la vie se crée à chaque instant.
C’est donc une histoire sans nom, un avenir sans visage, un Dieu sans image. Au gré du temps
et du vent. Nous irons petit à petit, loin d’être pressés de vivre. Car être pressé de vivre, c’est
être pressé de mourir. Tout ce qui doit se faire se fera, en temps et en heure ? dans les instants
les plus convenables. Oui parce que le temps est notre meilleur allié. Un voyage digne de ce
nom, où l’on se contentera d’être, dans le besoin sincère de l’instant. Finalement personne
n’est maître, sinon qu’éternel apprenti de l’univers. Etudiant scrupuleusement les lois et les
aspects, le code de la vie. Qui nous procure le bien être ? Sinon que le savoir être et le savoir
vivre. L’art de bien mourir, pour bien renaître.
Ainsi je m’en vais, loin d’ici. Loin de toutes ces choses folles, pour rester près de toutes les
choses drôles. La folie n’est qu’une façon de voir les choses. Mourir loin d’ici, c’est sans
doute la porte du paradis. Dieu n’existe pas, c’est ce que le Diable m’a dit.
Maintenant laisse moi te dire, que tout cela n’était qu’un rêve. Le rêve d’un idéal jamais
acquis. Il n’y a pas de littérature dans l’écriture, mais beaucoup d’écrits dans la littérature. Il
n’y a pas de littérature dans l’écriture, juste des mots, des mots qui n’ont parfois aucun sens,
mais dont l’expression sublimée nous en indique le contenu.
Aujourd’hui j’écris même sur la marge, car j’ai juste envie de remplir ce cahier. Et si j’ai
décidé de prendre le large, c’est pour ne pas finir empaler. J’ai longtemps voulu marcher droit,
mais la vie n’est pas rectiligne. Un enchaînement de courbes sinusoïdales, qui se termine
souvent par des rimes. Donc j’ai souvent cette impression de déjà vu, de déjà vu quelque part
dont je ne me souviens plus, que je réécrirai sûrement autre part. Car Dieu revient toujours sur
les mêmes mots, même si Dieu n’existe pas. Une attraction infernale dans ma tête, il faut être
fou pour croire que les bons choix nous épargnent. Que les anges noirs nous égarent, et que
les fleuves nous séparent.
J’écris tout ce que j’entends dans ma tête, j’écris tout ce qui se meut dans mon être. Parfois
pensées absurdes, parfois propos difformes. Comment faire pour écrire un livre ? Il faut
justement écrire jusqu’à ce que ça écrive un livre. Donc j’écris tout ce que j’entends dans ma
tête. Pensées absurdes et propos difformes, voilà ce qui se meut dans mon être. Pourtant et
sans aucun doute, c’est ce que je pense réellement.
Ah oui ! Je pense ! Je pense donc je suis… en train d’écrire. Je pense mais je pense trop, sans
doute là que tout a commencé. Je pense donc j’écris, tout ce que j’entends dans ma tête.
Pensées absurdes et propos difformes, voilà ce qui reste de mon être. Être infame que je suis,
prisonnier de cette âme que je fuis. Il n’y a pas que mes larmes que j’essuie, car je pense donc
je jouis.
Il n’y a que ma main pour me passer de l’huile. Il n’y a que mes feuilles pour me garder la
nuit. Il n’y a que des mots, des pages et des pages de mots, car ce qui semble être une
cigarette au bord de la plage, c’est juste mon Bedos qui luit. La lumière luit dans les ténèbres
et les ténèbres ne l’ont point reçu. Car on n’est pas prophète chez soi. C’est Jésus le Christ qui
l’a dit, cela ne fait pas de nous des chrétiens pour autant. C’est sans doute pour ça que je m’en
vais loin d’ici, loin de toutes ces choses folles, pour rester près des choses drôles. Mais la folie
n’est qu’une façon de voir les choses. Avant je croyais que ma vie n’était qu’une piètre
tragédie, maintenant je sais que c’est une sombre comédie.
Je pense donc je suis, j’écris donc je pense. Je pense donc je jouis, je jouis donc je lance… des
mots sur une page. Sans doute pour en faire une toile. Le portrait craché de mon âme. Aux
couleurs euphoriques de l’ironie, teinté d’un humour noir. Sur laquelle ma folie ne cesse de
déteindre. Car j’écris avec le sentiment de peindre. Cette image de ma vie, qui depuis toujours
s’apparente au Diable, s’illustrant sans cesse dans cette toile, par… Dieu n’existe pas !