L’ARCHITECTURE DE L’ANTIQUITÉ À NOS JOURS
I – L’Antiquité
a - L’architecture classique (Ve et IVe siècles avant J.-C.)
L’architecture classique trouve ses origines dans la civilisation grecque. Cette architecture
exprime la vie de la cité, en particulier au travers de l’Acropole et du Parthénon.
Le Parthénon vue de profil et de face
Les Romains conquièrent au IIe siècle av. J.-C. l'Afrique du Nord, la Grèce et
l'Espagne, et assimilent les traditions architecturales de ces régions, en particulier celles de la
Grèce. Ils intègrent également le savoir-faire technique de leurs voisins immédiats en Italie
centrale, les Étrusques. L’architecture romaine s’inspirera des mêmes principes que
l’architecture grecque mais privilégiera les édifices utilitaires plutôt que religieux.
L'apport des Romains est surtout de l'ordre de la technique constructive :
Utilisation de nouveaux matériaux (terre cuite, ciment, brique), perfectionnement de
nouvelles structures (arc*, voûte*, dôme*) déjà expérimentées par les Étrusques. Le temple
romain reprend le modèle grec, y ajoutant souvent une base élevée
Maison carrée de Nîmes, début du Ier siècle apr. J.-C.
Les monuments civils romains sont d'une taille et d'une complexité sans précédent. Les
Romains vont construire des aqueducs (le pont du Gard), des bains publics (thermes de
Caracalla), des basiliques (tribunaux), des théâtres, des arcs de triomphe, des amphithéâtres
(le Colisée), des arènes et des palais.
Les arènes de Nîmes Arc de Triomphe d’Orange
Amphithéâtre d’Arles
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Aqueduc (Le pont du Gard)
La maison d’un grand propriétaire romain.
La demeure du grand propriétaire est luxueuse et confortable. Elle est construite en pierre de
taille, avec des colonnades* et des portiques*. Elle possède de vastes salles à manger, des
chambres pour l’été, d’autres pour l’hiver. La plupart des pièces sont dallées et lambrissées de
marbre. Les murs et sols sont parfois composés de fresques en mosaïque.
Mosaïques intérieures d’une demeure romaine.
Des hameaux et des villages
Dans les villages, les paysans continuent de construire des maisons en bois et en argile.
Les toits sont encore très souvent en chaume. Les conditions de vie ne sont pas faciles.
II – LE MOYEN AGE
A – Les églises et cathédrales
a - L’architecture romane (XIe et XIIe
siècles)
Deux siècles plus tard, favorisée par les progrès de la démographie
et du sentiment religieux, de nombreuses églises sont construites donnant
ainsi naissance à une architecture baptisée " romane " (issue de Rome). L’art
roman devient le premier grand style
architectural de l’Occident chrétien.
Avant l’an 1000, la plupart des églises étaient construites en bois et
beaucoup avaient été brûlées par les vikings. Les églises restantes deviennent
trop petites (car la population augmente) ou sont en trop mauvais état. Les
architectes des époques mérovingiennes, carolingienne vont être à l'origine
de l'architecture romane. Les églises qu’ils vont construire sont imitées des
anciennes basiliques romaines.
Cathédrale de Pise Abbatiale de St Jouin de Marne
Jusqu’au 11ème siècle, une charpente en bois soutenait la toiture. Mais cette
technique présentait de graves risques d’incendie.
Les architectes remplacèrent cette charpente par une voûte* de pierre ayant la forme
d’un demi-cercle (on l’appelle une voûte* en plein cintre).
Mais le poids
de la voûte oblige à
construire des murs
épais et peu élevés. Il
faut même
renforcer à l’extérieur
par des contreforts*
On ne peut y pratiquer
que de
ouvertures qui
laissent pénétrer que
peu de lumière
l’intérieur de l’édifice.
Nef et voûte de Vézelay Abbaye Saint-Georges de Boucherville
Abbatiale de St Jouin de Marne
Les édifices sont compacts, massifs, les ouvertures sont réduites : les
bâtiments sont donc assez sombres.
L'Église romane d'Issoire L’Église Saint Martin
Portails*, chapiteaux* et autels s'ornent de sculptures finement réalisées, et les vitraux*
font leur apparition en Europe, mais encore à petite échelle du fait de l'étroitesse des embrasures*
des fenêtres.
Chapiteau Portail
b - L’architecture gothique (XIIe et XVIe siècles)
Sans précédent dans le monde antique, le gothique est l'une des inventions les plus hardies
du génie occidental.
Notre Dame de Paris Cathédrale du Mans
Du milieu du XIIe siècle au XVIe siècle, les architectes sont à la recherche de lumière
et utilisent alors un voûtement jusqu’alors inemployé : la voûte sur croisée d’ogives. Ces ogives*
(ou arcs croisés), épaulées par des arcs-boutants*, soulagent les murs du poids des voûtes et
permettent d'édifier, toujours suivant le plan basilical, des nefs* de plus en plus hautes et de plus
en plus larges, baignant dans une lumière qui entre à flots par des fenêtres dont l'ampleur n'est plus
mesurée. L'ascension verticale des lignes remplace l'horizontalité massive des constructions
romanes.
Voûtes
sur
croisé
d’ogives
Nef de la Sainte Chapelle (Paris) Nef de la cathédrale de Reims En même temps que
la continuité des murs (minces et élancés), les fresques disparaissent au profit de monumentaux
vitraux* venant s’ajouter à un décor sculpté, statues et bas-reliefs* s'inspirant de l'homme et de la
nature. Cette architecture qu'au XVIe siècle les admirateurs de l'Antiquité, et principalement
les Italiens, qualifieront de "gothique", c'est-à-dire de barbare, connaît en France une large
fortune avec l'appui des rois capétiens. Contrairement à l'art roman, l'art gothique est
essentiellement un art urbain, qui s'exprime aux XIIIe et XIVe siècles dans la construction des
cathédrales, témoignage de la prospérité des grandes cités.
Cathédrale d’Amiens
On tient pour le premier édifice gothique l'abbaye royale de Saint-Denis, dont l'abbé
Suger achève la façade en 1144. Le gothique s'affirme dans les grandes églises du nord de la
France et de l'Île-de-France : cathédrale d'Amiens (1220-1270), remarquable par la hauteur et
la finesse de ses piliers, et Sainte-Chapelle (1241-1248), à Paris, où les murs pleins laissent
largement la place aux vitraux.
Cathédrale du Mans Cathédrale d’Amiens
B – Les châteaux forts
Tout seigneur important vit dans un château fort qui domine une trentaine de villages. Les
premiers châteaux fortifiés sont en bois et trop faciles à incendier. A partir du 11ième siècle ces
châteaux en bois vont être remplacés par d’imposantes constructions en pierre et devenir de
formidables forteresses.
Château fort de Bonaguil Coupe d’un château fort
Au centre de la cour où se trouvent les logements des serviteurs et les bâtiments pour
les animaux, se dresse un énorme donjon, aux murs épais de 5 à 6 mètres : c’est l’habitation
du seigneur et de sa famille. Cette habitation reste le plus souvent une construction peu
confortable, mal chauffée et mal éclairée.
C – Vivre en ville et à la campagne
Au début du 11ième siècle, les villes sont très petites. On les appelle des bourgs. Elles sont
construites autour du château fort ou de l’abbaye.
Ville de Montbrison
Au centre de la ville, les rues sont étroites, sombres et tortueuses. Les maisons construites
en torchis*, soutenues par de grosses poutres en bois (le colombage*), sont serrées les unes contre
les autres. Leurs étages avancent au-dessus de la rue pour gagner de la place.
Au rez-de-chaussée travaillent artisans et commerçants.
L’intérieur de la maison est exigu. La cuisine est souvent la pièce unique. La grande
cheminée en est l’élément essentiel. Elle sert à cuire les aliments et à se chauffer. Quand elle
existe, la chambre est le plus souvent sans cheminée. Le lit est immense, on y dort à quatre parfois
plus.
Très souvent également les appartements sont des pièces uniques, dans lesquelles se trouvent
la cuisine, la salle à m manger et la chambre.
Intérieur d’appartement au Moyen Age (Anonyme)
A la campagne, l’architecture des maisons n’évolue que très lentement. Pendant une
grande partie du Moyen Age les habitations des paysans ressemblent à de simples cabanes faites
en bois et en torchis. Elles sont couvertes de chaume et parfois même de pierres.
Il y fait très sombre car les ouvertures sont très petites et ne sont protégées de la lumière et
du froid que par des volets en bois.
La maison est le plus souvent faite d’une seule pièce, son sol est généralement composé de
terre battue et de paille.
III – LES TEMPS MODERNES
a - L’architecture de la Renaissance (XVe et XVIe siècles)
A la fin du Moyen Age eut lieu une série de changements politiques, économiques, sociaux
et intellectuels : La Renaissance.
Sur le plan politique, le féodalisme perd de l'importance : les villes sont fortes et les rois sont
puissants. Le pouvoir papal (du pape) s'en voit affecté et souffre bientôt d'un autre mal : la Réforme
protestante.
Sur le plan économique, l'agilité du commerce international, grâce à la monnaie et les
découvertes géographiques, créent richesse et rivalités.
Tandis qu'en Europe du Nord et dans la péninsule Ibérique le gothique continue de produire
des chefs-d'œuvre jusqu'au XVIe siècle, apparaît à Florence, au début du XVe siècle, un
mouvement de renouveau artistique et architectural qui gagne l'Italie, puis toute l'Europe.
L'architecture de la Renaissance revient aux ordres antiques (gréco-romain) et emploie l'arc
en plein cintre, la voûte en berceau et le dôme.
Des architectes de renom comme Léonard de Vinci et Michel-Ange vivent à cette époque
en Italie.
En France, Les rois veulent conquérir l’Italie. François 1er (le plus célèbre de cette période)
conduit des expéditions tantôt victorieuses (Marignan 1515) tantôt vaincus (Pavie 1525).
Finalement la seule chose qu’il ramènera d’Italie, sera l’émerveillement devant la
Renaissance italienne : il voudra aussitôt l’imiter.
Roi et grands seigneurs font bâtir des châteaux non plus défensifs comme au Moyen
Age mais qui vont servir à montre leur puissance par leurs splendeurs.
Ces châteaux essentiellement bâtis dans la région de la Loire et autour de Paris ont de larges
ouvertures laissant entre la lumière : des jardins remplacent les fossés ; des statues imitées de celles
de Grèce, des colonnes ornent les façades.
Le château le plus imposant de l’architecture de la Renaissance reste sans aucun doute celui
de Chambord, construit par François 1er.
Voici quelques témoignages de l’époque sur le château.
1 Chambord : un palais merveilleux
Nous avons fait un détour pour visiter le château de Chambord, le palais commencé par François
ler, et vraiment digne de ce grand prince. J'ai vu dans ma vie plusieurs édifices magnifiques, mais
jamais aucun plus beau ni plus riche. On assure que les grosses pierres pour les fondements du
château dans ce terrain marécageux ont coûté seules trois cent mille francs.
Relation de l'ambassadeur vénitien Jérome Lippomano (16' siècle).
2 Une architecture audacieuse : l'église Sainte-Marie des Fleurs à Florence.
Pour juger de la beauté de cette œuvre, il suffit de la regarder... On peut affirmer que jamais
les Anciens n'ont construit d'édifice aussi élevé et aussi audacieux, cette coupole paraît combattre
avec le ciel, et elle monte, dirait-on, à une hauteur égale à celle des montagnes environnantes.
D'après Vasari (16' siècle).
3 Un grand artiste : Michel-Ange
Je puis dire avoir vu Michel-Ange, alors âgé de plus de soixante ans, tailler plus de marbre
très dur en un quart d'heure que trois jeunes tailleurs de pierre n'auraient pu le faire avec davantage
de temps. Il y allait avec une telle énergie que je pensais que tout l'ouvrage (une sculpture) pouvait
se briser... Mais peu à peu les formes et la beauté apparaissaient sous ses doigts.
D'après un chroniqueur du 161 siècle.
A savoir sur le château :
* La construction du château de Chambord a duré 14 ans, de 1519 à 1533.
* Passionné de chasse, le roi de France François ler fait construire ses palais dans
les régions les plus riches en gibier.
* C'est d'abord en Italie qu'apparaissent ces constructions nouvelles bien
différentes des lourds châteaux forts du Moyen Age.
* Les artistes de la Renaissance s'intéressent à tous les arts ; ainsi, l'un des plus
grands, MichelAnge, est à la fois peintre, sculpteur, architecte et poète.
* Un autre très grand artiste de ce temps-là, l'Italien Léonard de Vinci, lui aussi
peintre, sculpteur et architecte, s'intéresse de très près à un projet de sous-marin
et à un modèle d'hélicoptère.
L'un et l'autre ne seront réalisés que 400 ans plus tard.
b - L’architecture baroque et rococo (XVIIe siècles)
1) L’architecture baroque
Cette nouvelle architecture utilise les éléments redécouverts pendant la Renaissance :
colonnes, tours, coupoles* et quelques nouveautés : fenêtres ovales, œil de bœuf,
colonnes torsadées, frontons* brisés, mais elle se défait des règles classiques,
recherche la variété, l'originalité, l'effet théâtral, l'impression. C'est un art
approprié pour exprimer le pouvoir.
Pour obtenir ce qui précède, l'architecture baroque combine les éléments et les formes
connus de manière surprenante et selon des rythmes nouveaux, accentuant les volumes, exagérant
la décoration, variant les plans, y ajoutant une sculpture colossale et un mobilier de grande taille,
faisant un usage abondant du stuc* peint, ouvrant ses voûtes à un ciel peint.
Les nouvelles églises sont construites sur un plan central, elliptique (en forme d’ellipse) ou
de croix latine, avec des chapelles, et une croisée (de transept) couverte d'une coupole, ainsi que
des tours de niveaux divers.
Église de Wies Église Santa Maria Della Salute
En France, l'art baroque porte le nom de CLASSICISME.
En effet, il ne cède jamais complètement aux débordements baroques, et, s'il adopte
les marques luxueuses du baroque, il le fait avec... cartésianisme (de manière plus réfléchi
et plus sobre).
Ici, l'influence et l'ingérence de l'Eglise dans le développement de l'art est moins forte
que dans la plupart des pays ; c'est le pouvoir politique, surtout de Louis XIV, qui dit ce
que l’on peut faire ou ne pas faire tant pour la religion que pour les artistes. La plupart d'entre
eux travaillent pour le Roi et se dédient à encenser sa grandeur.
L’exemple plus frappant en France est bien évidemment le château de Versailles.
Voici quelques témoignages de l’époque sur le château :
1 Un palais magnifique
Rien ne peut être plus beau dans le monde, plus magnifique, ni plus surprenant. Figurez-
vous quel est l'éclat de cent mille bougies dans cette longue suite d'appartements, un grand soleil
au mois de juillet est moins étincelant. Les ameublements d'or et d'argent avaient encore leur éclat
particulier. Toutes les décorations y étaient riches et somptueuses ; on y voyait des tapisseries,
statues, tableaux, de l'argenterie, des vases, des fleurs, des lustres, chandeliers, tapis tous différents
et rares.
D'après Molière.
2 Un palais plein de défauts
L'appartement du Roi et celui de la Reine y sont très inconfortables, avec la vue des
cabinets, avec tout ce qui est derrière de plus obscur, de plus enfermé, de plus puant. Du côté des
jardins, on jouit de la beauté de l'ensemble, mais on croit voir un palais qui a brûlé et où le dernier
étage et les toits manquent encore.
D'après Saint-Simon, Mémoires.
3 Inconfort du palais
Il fait un tel froid ici qu'on ne sait que faire. Hier, à la grand-messe, je crus que j'aurais les
pieds gelés, car quand on est avec le roi il n'est pas permis, par respect, d'avoir une chancelière
(coussin ouvert et fourré pour mettre les pieds). A la table du roi, le vin et l'eau gelèrent dans les
verres.
D'après la Princesse Palatine.
* A l'origine, le château de Versailles est un petit pavillon de chasse que le roi Louis XIII
fait construire en 1624, dans une région particulièrement riche en gibier.
* Son fils, Louis XIV, fait embellir et agrandir le château dès 1661. Mais ce n'est qu'une
vingtaine d'années plus tard que le roi et sa Cour s'installent définitivement à Versailles.
* Pendant plusieurs années, Versailles n'est qu'un immense chantier où l'on compte à
certains moments jusqu'à 30 000 ouvriers et soldats.
* La Cour, les seigneurs et leurs serviteurs, comprend près de 6 000 personnes qui vivent en
grande partie des pensions accordées par le roi Louis XIV qui est honoré presque comme un dieu.
Tableau de Pierre Patel peint en 1668 Façade côté jardins
Galerie des Glaces Les jardins de l’Orangeraie
Fontaines et bassins
2) L’architecture rococo
En ce qui concerne ses caractéristiques, le Rococo exagère les traits de l’architecture
baroque et s'intègre aux paysages ; il utilise les reflets des eaux ou des miroirs, favorise l'illusion
et la confusion des limites entre les objets ou entre la réalité et le rêve...
Le mot "rococo" est la combinaison de "rocaille" et "coquille", éléments qui inspirent
les premiers dessins. Ce qui capte l'attention de ses créateurs est la forme
irrégulière et ondulée des coquillages et des rocailles marines, mais les formes végétales
sont aussi employées.
L'important est la décoration, complètement libre. Cette décoration inclut des stucs* et des
grilles forgées, elle donne à l'art rococo un caractère d'intimité, plus d'intérieur que d'extérieur.
Le Rococo est plus un art civil qu'un art religieux : ses thèmes sont le plus souvent
mondains et concernent la vie dans les palais.
En France, les nouveaux motifs décoratifs donnent du relief aux arabesques et remplacent
les dorés par des tons clairs et des bois vernissés. Cependant son influence sur l'architecture
française n'est pas importante
Un des édifices traditionnellement considéré comme rococo est le Petit Trianon. En effet, il
fut la résidence de Mme. De Pompadour, amante de Louis XV, et elle donna son propre sceau à
ce style.
Le style Rococo est né en France vers le milieu du XVIIIème siècle. Ce fut une réaction de
la noblesse contre le baroque classique imposé par la cour de Louis XIV. C'est un style
aristocratique* qui révèle un goût pour le clair, l'élégant, le raffiné et le galant. Il s'harmonise à
une vie désinvolte, agréable et amoureuse de la nature. Les caractéristiques de ce style sont
raccrochées à son nom. La révolution de 1789 interrompt le développement du Rococo.
IV – L’ÉPOQUE CONTEMPORAINE
a – Le néoclassicisme et l’éclectisme (XVIIIe et XIXe siècles)
1) L’architecture des églises
À la fin du XVIIIe siècle, les admirateurs de l'Antiquité exigent pour l'architecture religieuse
l'imitation de l'antique : c’est le néo-classicisme*. En France, Germain Soufflot, avec le
Panthéon essaie d'associer un temple antique à une coupole Renaissance, Pierre Alexandre Vignon,
à la Madeleine, s'inspire du Parthénon athénien et Paul Abadie, Sacré Cœur, imite une basilique
romaine tout en inspirant du style oriental de Byzance.
2) L’architecture des monuments publics
Ainsi avec la révolution industrielle, le XIXe siècle est celui du fer, et l’architecture
métallique s’impose rapidement même si elle suscite de vives polémiques. Dès 1854, les halles
(immense marché au centre de Paris) de Victor Baltard, sont construites autour d’une structure en
fer et en fonte. C’est l’exposition universelle de Paris en 1889 qui consacrera l’usage du fer.
Construite en seulement deux ans, la tour Eiffel étonnera le monde entier.
La tour Eiffel, construite par Gustave Eiffel pour l’Exposition Universelle
(320 mètres de hauteur et 7 341 tonnes de métal !)
Le XIXe siècle fait donc place à de nombreux styles d’architecture, cette grande variété, ce
côté éclectique fera que l’on nommera cette période comme l’éclectisme.
3) L’architecture des habitations
La vie à la campagne
La plupart des paysans vivent encore en 1850, comme avant la révolution. Ils sont plus
libres, un peu moins pauvres, mais ne se logent et ne se nourrissent guère mieux (lire les textes
cidessus).
Cependant, on multiplie les routes départementales. Avec les chemins de fer et la poste
quotidienne, les villages sont moins isolés.
Mieux instruits grâce aux lois scolaires, les paysans se libèrent du prestige de la noblesse et
de l'église et se rallient aux idées de la République.
Intérieur paysan au 19ième siècle
En ville
Les ouvriers
Les ouvriers sont très malheureux jusque vers 1860. Ils travaillent beaucoup pour de
maigres salaires et n'ont aucun droit. Leur logement et leur nourriture sont misérables. Ils
s'entassent dans les quartiers les plus délabrés des villes et occupent les taudis*, les caves et
les mansardes*. Parmi ces gens épuisés par le travail, par les privations et souvent par
l'alcoolisme, les maladies comme la tuberculose et les épidémies font d'énormes ravages.
Façade d’un immeuble haussmannien
Intérieur d’un immeuble haussmannien
Le logement d’un ouvrier
La bourgeoisie
Au début du 19ième siècle, la politique de Napoléon III était de mélanger les différentes
classes sociales dans les immeubles construits sous la direction du préfet Haussmann.
Cependant, la croissance de la population est si rapide et le coût des logements si élevés que
l'on doit construire des immeubles collectifs de plusieurs étages. Ils sont en pierre de taille, il se
dresse le long d’avenues percées par Haussmann.
Le rez-de-chaussée est occupé par les boutiques. Les appartements des étages ont au moins
six pièces et sont loués à des bourgeois. Les domestiques sont logés au dernier étage. La porte
cochère permet d'accéder aux escaliers et à la cour où se trouvent les écuries.
Mais le prix de ces nouveaux logements écarte les ouvriers du centre des villes. Ils
s'installent en banlieue ou dans des quartiers anciens.
Plus de confort
Le gaz d'éclairage, découvert au début du 19è siècle, équipe maintenant les immeubles les
plus récents. Dans les rues, on installe des becs de gaz ; chaque soir, les allumeurs de réverbères
passent pour les allumer avec de longues perches. Il faudra attendre 1878 pour voir le premier essai
d'éclairage électrique sur la place et l'avenue de l'Opéra.
A la fin du siècle, rares sont encore les appartements disposant de l'éclairage électrique,
d'installations de toilette et de cabinets particuliers.
En 1883, le préfet Poubelle oblige à mettre les résidus ménagers dans des boîtes en tôle
déposées sur le trottoir avant le passage du tombereau chargé de ramasser les ordures.
b – Aujourd’hui
Au début du XXe un art dit « art nouveau » fait son apparition avec en France Hector
Guimard comme architecte. On lui doit notamment la construction de nombreuses bouches de
métro et quelques bâtiments.
QUELQUES ŒUVRES DE GUIMARD
De nos jours, l'utilisation du béton armé permet toutes les formes d’architecture. Ce matériau
favorise l'esthétique fonctionnaliste, dominée par les lignes droites et les surfaces planes, et
refusant l'ornementation.
La diminution de la population rurale se traduit par un accroissement de la population
urbaine. Le paysage est donc marqué par cette urbanisation très forte. Celle-ci est très nette
jusqu’en 1975 où de grands ensembles sont construits pour accueillir cette nouvelle population des
campagnes et la population issue de l’immigration. Toutes ces nouvelles habitations sont
maintenant dotées de tout le confort moderne (salle d’eau, toilettes…). Cependant, du fait de leur
gigantisme, ces ensembles capables d’accueillir un nombre considérable d’habitants ne seront que
très peu adaptés à la vie quotidienne et seront le vecteur de nombreuses tensions.
Cité des 4000 à La Courneuve
Pour les nouvelles constructions tous les matériaux sont utilisés mais essentiellement l’acier,
le verre et le béton armé. Les styles d’architecture en tendance à s’uniformiser dans le monde
entier.
A Paris la politique des différents présidents a témoigné de leur volonté pour mettre la
culture à la portée de tous et de développer le rayonnement culturel de la France. C’est donc
essentiellement dans les bâtiments culturels que l’on trouve les nouveaux styles d’architecture.
Voici quelques exemples que l’on peut trouver à Paris :
LEXIQUE :
Arc : courbe décrite par une voûte et qui est formée par un ou plusieurs arcs de cercle.
Arc-boutant : maçonnerie en forme d’arc qui s’appuie sur un contrefort pour soutenir de
l’extérieur une voûte ou un mur.
Aristocratique : qui appartient à l’aristocratie (Aristocratie : classe sociale qui détient le
pouvoir).
Bas-relief : ouvrage de sculpture qui ressort peu et qui est sur un fond uni.
Chapiteau : partie élargie qui se trouve en haut d’une colonne.
Charpente : Assemblage qui constitue l’ossature d’une construction.
Chaume : « toit de chaume » : toit en paille.
Colombage : système de maçonnerie utilisant dans la charpente des poutres de bois.
Colonnade : file de colonnes sur une ou plusieurs rangées.
Contrefort : pilier servant d’appui à un mur.
Coupole : voûte hémisphérique (de forme arrondie) d’un dôme surmontant un édifice.
Dôme : partie élevée de forme arrondie surmontant un édifice.
Embrasure : ouverture pratiquée dans l’épaisseur d’un mur.
Fronton : couronnement d’un édifice.
Lambrissé : revêtir le sol ou les murs de panneaux de bois, stuc ou marbre.
Mansarde : (du nom de l’architecte Mansard) comble ou chambre aménagée dans la toiture.
Nef : Partie centrale d’une église où se tiennent les fidèles.
Néo- : préfixe signifiant « nouveau »
Ogive : Arc diagonal sous une voûte et marquant une arête.
Portail : Grande porte monumentale.
Portique : Galerie ouverte soutenue par des colonnes.
Stuc : Faux marbre.
Taudis : logement misérable qui ne satisfait pas aux normes de confort.
Torchis : terre argileuse mélangée à de la paille et du foin.
Vitrail (plu : vitraux) : panneaux constitués de morceaux de verre colorés représentant une
scène.
Voûte : ouvrage de maçonnerie cintré fait de pierre pour couvrir un espace en s’appuyant
sur des murs.