Cour de Comptabilité Générale - 095530
Cour de Comptabilité Générale - 095530
GENERALE
1
Programmes
Chapitre 1 : de la notion d’entité aux principes comptables fondamentaux
Chapitre 2 : le plan des comptes
Chapitre 3 : le bilan et le compte
Chapitre 4 : le journal, le grand livre et la balance
Chapitre 5 : les opérations d’investissement et de financement
2
Chapitre 1 : DE LA NOTION D’ENTITE AUX PRINCIPES COMPTABLES
FONDAMENTAUX
Deux notions sont abordées ici : celles de l’entité et celle de la comptabilité. La notion d’entité
peut être abordée sous l’angle d’une pluralité d’éléments allant du rôle à la classification de
l’entité en passant par les moyens à sa disposition. La notion de comptabilité requiert un exposé
préalable de son historique et une précision de son rôle et de son intérêt.
I Notion d’entité
I 1- Définition de l’entité
L’entité est une organisation économique financièrement indépendante qui produit des biens
et des services pour le marché dans le but de réaliser un bénéfice.
I 2- Le rôle de l’entité
Trois rôles essentiels se distinguent :
- Rôle économique
L’entité est un agent de production qui produit pour le marché, en satisfaisant les besoins des
consommateurs.
- Rôle rémunérateur et social
L’entité distribue des revenus : elle verse des salaires au personnel, des impôts à l’état, des
dividendes aux actionnaires, et elle construit des écoles et des centres de santé…
- Rôle financier
L’entité est une chaine financière dans le circuit économique.
Pour jouer son rôle, l’entité doit disposer de moyens.
3
- Les moyens immatériels ou immobilisations incorporelles : Ce sont :
Le nom commercial ;
Le brevet d’invention ;
L’achalandage, qui est la force d’attirer les clients potentiels (passants) par
l’emplacement, la présentation, la réputation, etc. ;
La clientèle, qui représente l’ensemble des clients qui ont l’habitude d’acheter les
marchandises ou d’obtenir des services dans l’entité.
- Les moyens humains : C’est l’ensemble des personnes qui travaillent dans l’entité et
perçoivent une rémunération en contrepartie.
II Notion de la comptabilité
Aussi vieille que le monde la comptabilité n’a été introduite véritablement en Afrique qu’à
partir des années 70 avec l’avènement d’un système comptable organisé : le plan OCAM
(Organisation Commune Africaine et Malgache). Toutefois les entités avaient toujours la
possibilité du moins au Togo d’utiliser d’autres systèmes tels que les plans 57 et anglo-saxons.
L’usage de tous ces plans ne permettait pas la comparaison des entités en termes de
performance et de rentabilité. Il fallait donc pour y arriver que les entités parlent le même
langage comptable ; d’où l’avènement du SYSCOA (Système Comptable Ouest Africain)
conçu dans le cadre des dispositifs de l’OHADA (l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique pour le Droit des Affaires) mis en vigueur le 1er janvier 1998 dans les pays de
l’UEMOA réalisé avec le concours de la BCEAO pour les 8 pays membres de l’UEMOA
(Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Le SYSCOA a été mis en application le
5
01-01-1998 selon l’acte uniforme de l’OHADA qui dispose que toutes les entités ou tous les
opérateurs économiques de l’UEMOA doivent tenir leur comptabilité dans ce système.
Au début des années 2000, ce système est étendu aux pays de l’Afrique centrale et de ce fait il
prend le nom de SYSCOHADA. Le 1er janvier 2018 un nouveau SYSCOHADA révisé dans
ses articles et application est mis en vigueur.
L’article 1 du dispositif juridique du SYSCOHADA dispose : « Toute entité (…) doit mettre
en place une comptabilité destinée à l’information externe et pour son propre usage, une
comptabilité générale conformément audit Acte Uniforme. A cet effet :
- elle classe, saisit, enregistre dans sa comptabilité toute opération entrainant des
mouvements de valeurs qui sont traitées avec des tiers ou qui sont contractées ou effectuées
dans le cadre de sa gestion interne ;
- elle fournit après traitement approprié de ses opérations, les redditions de comptes
auxquelles elle est assujettie légalement ou de par ces statuts, ainsi que les informations
nécessaires aux besoins des divers utilisateurs. »
Les articles 7 et 8 disposent que l’entité doit présenter les états financiers de synthèse
regroupant les informations comptables au moins une fois par an sur une période de 12 mois
appelé exercice.
Ces états financiers comprennent le bilan, le compte de résultat, le Tableau des flux de
trésorerie ainsi que les notes annexes. Ils forment un tout indissociable et décrivent de façon
régulière et sincère les événements, opérations et situations de l’exercice pour donner une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entité.
La comptabilité est tenue et aménagée pour fournir des informations quantitatives en termes
monétaires sur les entités qu’elle décrit dans leur structure et dans leur activité.
Selon le SYSCOHADA, l’information comptable est destinée à tous les agents de l’économie
marchande dont le centre est la libre entité. Il s’agit :
- des partenaires commerciaux (fournisseurs, clients)
- des partenaires financiers (associés, prêteurs, banquiers)
- des partenaires sociaux (état, personnel, l’entité elle-même)
7
III Les principes comptables fondamentaux
1) Le postulat de l’entité
Ce postulat formule l’hypothèse fondamentale de la relation entre d’une part la personne
morale et le groupe et d’autre part son ou ses associés (exploitant, associes, actionnaires,
membres). En effet, l’entité est considérée comme étant une personne morale ou un groupe
autonome et distinct de ses propriétaires et de ses partenaires économiques. La comptabilité
financière est fondée sur la séparation entre les patrimoines de l’entité et celui de ses
propriétaires. L’entité s’étend donc à toute organisation exerçant une activité économique et
qui contrôle et utilise des ressources économiques.
9
5) Le postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique
Il conduit à donner dans les états financiers la priorité à la réalité économique sur la forme ou
l’apparence juridique. C’est un principe d’application limitée.
Cas d’application retenus par le SYSCOHADA
a) Inscription à l’actif du bilan (comme si l’entité en était propriétaire) des biens détenus
avec réserve de propriété ;
b) Inscription à l’actif du bilan du locataire des biens utilisés dans le cadre d’un contrat de
location-acquisition (coté preneur) et d’une créance de location financement (coté
bailleur). Ces dispositions sont limitées aux de crédit-bail, de location-vente ou tout
autre contrat de location assortie d’une option d’achat dont le preneur est
raisonnablement certain d’exercer ;
c) Inscription à l’actif du bilan des effets remis à l’escompte non encore échus ou honorés ;
d) Inscription dans les charges du personnel des charges du personnel facturées par
d’autres entités.
10
2) La convention de prudence
Selon l’article 3 et 4 de l’acte uniforme relatif au droit comptable et a l’information financière
: « la comptabilité doit satisfaire dans le respect de la règle de prudence, aux obligations de
régularité, de sincérité et de transparence inhérentes à la tenue, au contrôle, à la présentation et
à la communication des informations qu’elle a traitées. »
La prudence suppose donc une appréciation raisonnable des évènements et des opérations à
enregistrer au titre de l’exercice. La prudence cherche à éviter de transférer sur des exercices
ultérieurs des risques nés dans l’exercice et susceptibles d’entraîner des pertes futures. Les
actifs et les produits ne doivent pas être surévalues et les passifs et les charges ne doivent pas
être sous évalués.
En vertu de ce principe :
- Les pertes latentes sont obligatoirement enregistrées par mesure de prudence alors que
les gains latents ne sont enregistrés qu’en cas de réalisation de l’évènement.
- Il y a obligation de procéder aux amortissements et aux provisions quel que soit le
résultat.
La meilleure illustration est donnée par la comptabilisation des écarts de conversion enregistrés
à l’actif et au passif du bilan alors que seules les pertes probables de change sont enregistrées
en charges par le biais de provisions.
11
Ces corrections doivent obligatoirement transiter par le compte de résultat du nouvel exercice.
Seules, l’incidence d’un changement de méthode ayant un impact fort significatif et celle de la
correction d’erreur significative sont directement imputables aux capitaux propres.
NB
La bonne application et le respect de ces principes concourent à la recherche de l’image fidèle,
à la situation financière et au résultat de l’exercice. L’image fidèle apparaît donc comme un
test final permettant de juger à travers l’application des principes comptables d’une
organisation et de la signification des états financiers vis-à-vis des utilisateurs.
12
Chapitre 2 : LE PLAN DES COMPTES
Le Système comptable OHADA retient une codification décimale des comptes avec
neuf classes ayant les codes 1 à 9.
13
- Classe 8 : comptes des autres charges et des autres produits (participations des travailleurs,
subventions d’équilibre, etc.).
- 10 Capital:
Exemples :
- 11 Réserves :
Exemples :
- 12 Report à nouveau
Exemples :
14
121 Report à nouveau créditeur,
129 Report à nouveau débiteur.
Exemples :
- 14 Subventions d’investissement
- 15 Provisions réglementées et fonds assimilées
- 16 Emprunts et dettes assimilées.
Exemples:
161 Emprunts obligataires,
162 Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit,
165 Dépôts et cautionnements reçus
- 17 Dettes de location-acquisition
Exemples :
172 Dettes de location-acquisition/ crédit-bail immobilier
173 Dettes de location-acquisition/ crédit-bail mobilier
174 Dettes de location-acquisition/ location-vente
15
2.2. Classe 2 : comptes d’actif immobilise
Ils correspondent aux emplois durables rendus nécessaires par l’objet économique et
financier de l’entreprise. Ils comprennent :
Exemple :
- 214 : Marques ;
- 22 terrains,
- 26 Titres de participation,
- Les Comptes de stocks (3) : c’est l’ensemble des marchandises, matières premières et
fournitures liées, des produits intermédiaires, des produits finis et des produits et services en
cours qui sont la propriété de l’entreprise à l’inventaire.
Exemple :
16
31 : Marchandises,
33 Autres approvisionnements,
34 Produits en cours.
50 : Titres de placement,
51 : Valeurs à encaisser,
52 : Banques,
53 : Etablissements financiers et assimilés,
55 : Instruments de monnaie électronique,
56 : Banques, crédits de trésorerie et d’escompte,
57 : Caisse.
17
2.6.Classe 6 : comptes de charges des activités ordinaires
Les charges sont des emplois définitifs de consommation des valeurs décaissées ou à
décaisser par l’entreprise :
- soit en contrepartie des marchandises, approvisionnements, de travaux et services
consommés par l’entreprise ainsi que des avantages qui lui ont été consentis,
- soit en vertu d’une obligation légale que l’entreprise doit remplir,
- soit exceptionnellement sans contrepartie directe.
Comme charge d’exploitation, on a aussi les dotations aux amortissements et aux provisions.
Ce sont par exemple les comptes suivants :
- 60 Achats et variation de stocks,
- 61 Transports,
- 62 Services extérieurs,
- 63 Autres services extérieurs,
- 64 Impôts et taxes,
- 66 Charges de personnel,
- 67 Frais financiers et charges assimilées,
- 68 Dotations aux amortissements,
- 69 Dotations aux provisions.
70 Ventes,
71 Subventions d’exploitation,
77 Revenus financiers et produits assimilés,
18
78 Transferts de charges.
3. Nomenclature comptable
3.1. Numérotation des comptes
La numérotation des comptes du SYSCOHADA est décimale avec neuf classes ayant les
codes 1 à 9. Chaque classe est divisée en comptes principaux numérotés de 0 à 9 à l’intérieur
de ladite classe. Chaque compte principal peut être divisé en 10 comptes divisionnaires. Le
SYSCOHADA a limité la codification, le plus souvent à quatre chiffres, et parfois à trois
chiffres. Cependant, lorsque les comptes prévus par le SYSCOHADA ne suffisent pas à
l’entité pour enregistrer distinctement toutes ses opérations, elle peut ouvrir toutes
subdivisions nécessaires. Inversement, si les comptes prévus par le SYSCOHADA
s'avéraient trop détaillés par rapport aux soins de l’entité, elle peut les regrouper dans
un compte global de même niveau, plus contracté. Les comptes étant en conséquence
ouverts au regard de ses besoins spécifiques, toute entité peut :
- ajouter à la codification du SYSCOHADA sa propre codification, plus
analytique ;
- ou y insérer la codification nécessaire résultant des nomenclatures exigées par la
Statistique nationale.
19
3.2. Les constantes et parallélismes
La codification du Système comptable OHADA permet dans certains cas de retenir plus
facilement les comptes. C’est le cas pour le parallélisme entre charges et produits et pour les
constantes pour les chiffres 8 et 9.
3.2.1. Parallélismes
Parallélisme entre charges et produits
20
- Le chiffre 9 en 2ème position indique une provision ou une dépréciation,
21
Chapitre 3 : LE BILAN ET LE COMPTE
R= A- P
ACTIF – PASSIF = PRODUIT- CHARGE
R= P- C «Principe de la double comptabilité »
I. Le bilan
Le bilan est tableau récapitulatif de la situation patrimoniale d’une entreprise à une date donnée.
Chaque élément du bilan est appelé compte ou poste du bilan. Le bilan comporte deux cotés :
- le côté gauche appelé Actif exprime les emplois ;
- le côté droit appelé Passif exprime les ressources de l’entreprise.
Cette répartition est complétée selon le cas par l’écart de conversion actif et l’écart de
conversion passif.
L’ordre de classement de ces éléments à l’Actif et au Passif est basé sur une analyse
fonctionnelle qui trouve son origine dans la théorie des cycles. Le cycle est une séquence
d’opérations ayant une certaine régularité et correspondant à une fonction de l’entreprise. C’est
ainsi que :
- le cycle des opérations d’investissement-financement
- le cycle des opérations courantes
- le cycle des opérations de trésorerie
Avec le SYSCOHADA, cette présentation fonctionnelle du bilan répond à l’optique
économie/gestion de la situation financière qui a été privilégiée à l’optique juridico/financière
traditionnelle. Ainsi le SYSCOHADA confère au bilan le « périmètre » d’un patrimoine
beaucoup plus économique que juridique.
22
Cette section doit permettre :
- de prendre connaissance de la structure détaillée du bilan tel que prévu par le SYSCOHADA
et des relations entre classes des comptes et rubriques du bilan.
- de présenter les rubriques et les comptes du passif et de l’actif du bilan et les situer dans leur
contenu et leur mode général de fonctionnement.
L’actif regroupe les comptes à solde débiteur qui représentent les emplois de l’entreprise
(matériel, marchandises, banques, caisse). Ils permettent la réalisation de l’objectif
économique de l’entreprise.
a) Actif immobilisé
Il correspond aux emplois durables rendus nécessaires par l’objet économique et financier de
l’entreprise (c’est à dire son activité son activité principale). Il comporte 3 rubriques ou postes :
- Immobilisations incorporelles (21) : ce sont des immobilisations immatérielles susceptibles
de générer des avantages : frais de recherches et de développement ; Brevets, licences,
concessions et droit similaires ; Logiciels ; Fonds commercial…
- Immobilisations corporelles (22, 23, 24) : ce sont des immobilisations matérielles (tangibles)
susceptibles d’être utilisées de façon durable : terrains ; Bâtiments, installations techniques et
agencements ; Matériels…
- Immobilisations financières (25, 26, 27) : ce sont : titres de participation ; Autres
immobilisations financières.
23
c) la trésorerie actif (TA)
Elle enregistre les opérations relatives aux valeurs en espèces, aux chèques, aux titres de
placement ainsi qu’aux opérations faites avec les établissements de crédits. Exemple : titres de
placement, valeurs à encaisser, banque, chèques postaux, caisse
Le passif regroupe les comptes à solde créditeur qui représentent les ressources de financement
de l’entreprise.
Remarque : les capitaux propres et ressources assimilés (CAPRORA) et les Dettes financières
et ressources assimilées (DEFIRA) constituent ensemble les ressources stables.
c) le passif circulant
Il comprend les dettes circulantes envers les fournisseurs, l’état, la sécurité sociale, le
personnel…
d) Trésorerie-Passif
24
Elle est constituée outre les crédits de trésorerie (avances, concours bancaires), des découverts
et des crédits d’escompte.
II Le compte
La vie économique d’une entreprise est faite de multiples opérations qu’on peut classer en deux
catégories : opérations d’investissement – financement, opérations d’exploitation.
C P E I
Exploitant Prêteurs
Agent économique associés
II 1 2 Opérations d’exploitation
Elles permettent à l’entreprise de réaliser l’objet de son activité à savoir : la vente de
marchandises, l’élaboration et vente de service, la fabrication et la vente de produits, l’achat de
marchandises, l’achat de services etc.
Exemple d’application
Au cours du mois de février une entreprise achète au comptant des marchandises chez son
fournisseur habituel pour une valeur de 250 000F qu’elle revend à ses clients à 500 000F en
espèces. Lors de l’achat, l’entreprise a eu recours au service d’un transporteur pour un montant
de 75 000F. Au cours de la même période le salaire des employés, réglé par chèque, s’élevait
à 125000F.
D’après le schéma (page suivante), l’entreprise apparaît comme un centre de passage et
d’échange de flux c'est-à-dire des mouvements des biens, de services et de monnaie. On a ainsi :
- des flux de biens ou flux réels correspondant aux marchandises achetées (flux entrant)
et aux marchandises vendues (flux sortant),
- des flux de service acquis : services achetés par l’entreprise tel que le téléphone, le
travail du personnel, le transport, la publicité etc. (flux entrant),
25
- des flux de monnaie ou flux financiers : ils sont la contrepartie des biens et services
acquis ou vendus. Par exemple le paiement des achats et des frais (flux sortant) ou
encaissement des ventes (flux entrant).
Fournisseurs de M/ses ou
de Matières 1ère
Entreprise
Fournisseurs de services
Clients
Fournisseurs
d’investissement
Personnel
Etat
Prêteurs
Fux financier
26
II 1 3 Principe de la double écriture
La double écriture consiste en une analyse des opérations en flux entrants et flux sortants. Pour
une opération, le principe de la double écriture veut que les flux entrants soient égaux aux flux
sortant.
L’analyse ici consiste à identifier à partir d’une opération donnée les flux entrants et les flux
sortants, l’équilibre suivant étant toujours respecté :
Montant des flux entrants = Montant des flux sortants
Exemple : l’entreprise FOFLO achète au comptant en espèces auprès du fournisseur 2KF des
marchandises pour un montant de 250 000. Présenter le schéma des flux entre les deux
partenaires et analyser l’opération en flux entrant et sortant.
27
II 3 La comptabilité en partie double
Remarque :
Il existe quatre présentations possibles d’un compte : la méthode classique, la méthode débit-
crédit marié (avec ou sans colonne de solde) et la méthode schématique. Un compte identifie
chaque opération en indiquant : - la date de l’opération ;- le flux ayant donné naissance à
l’enregistrement c’est-à-dire le libellé.
28
a) Le compte à colonnes séparées ou tracé classique
DEBIT CREDIT
Dates Libellés Montant Dates Libellés Montant
Libellés Somme
Dates DEBIT CREDIT
d) Compte schématique
Débit Crédit
29
Exemple : entreprise FLORKO
Présenter à partir des opérations ci-après le compte caisse après analyse de ces opérations.
02-09 : retrait de 275 000 de la banque pour alimenter la caisse.
06-09 : vente de produits finis en espèces 190 000
10-09 : achat de timbre-poste en espèces 8500
14-09 : versement de 150 000 aux fournisseurs Sakibou pour règlement de sa facture
18-09 : achat au comptant contre espèces de matières premières 82950
23-09 : règlement du client Boukpéssi en espèces 345 000
26-09 : reçu facture du loyer de l’entrepôt de stockage de matières premières 100000 réglé en
espèces
27-09 : vente au comptant contre espèces de marchandises 270000 et de produits finis 125000
30-09 : versement en banque de 270300 en espèces
Il restait dans la caisse au 31 août une somme de 100 000F.
30
II 4 Compte de résultat
Le compte de résultat est élaboré à partir des comptes de gestion. Le compte de résultat
récapitule les charges et les produits qui font apparaître par différence le bénéfice net ou la
perte. Il est conçu de manière à obtenir simultanément les soldes significatives de gestion c’est
à dire :
- la marge commerciale (132)
- le chiffre d’affaires
- la valeur ajoutée (133)
- l’excédent brut d’exploitation (134)
- le résultat d’exploitation (135)
- le résultat financier (136)
- le résultat des activités ordinaires (AO) (137)
- le résultat des hors activités ordinaires (138)
- le résultat net (131 : bénéfice ; 139 : perte)
Les comptes de gestion sont les comptes dans lesquels les charges et les produits de l’entreprise
sont enregistrés. Ces comptes ne vont pas au bilan mais permettent à l’entreprise de calculer
son résultat par confrontation des produits et des charges. Les comptes de gestion sont les
comptes de la classe 6, 7 et 8. On distingue les charges et les produits de l’activité ordinaire
(AO) et les charges et les produits hors activité ordinaire (HAO).
Les opérations des activités ordinaires sont des opérations effectuées par l’entreprise et
correspondant à son objet social. Ce sont des opérations que l’entreprise effectue de façon
répétitives. Les opérations HAO sont celles qui n’ont pas de relation avec l’objet social de
l’entreprise et qui ne sont pas régulières.
Application
Les comptes de gestion de l’entreprise « CRAIM » présente les soldes suivants au 31/12/2013 :
- Achat de marchandises 66 700 000
- Variation des stocks de marchandises 2 840 000
- Autres achats 3 680 000
- Transport 920 000
- Services extérieurs A 2 080 000
- Services extérieurs B 2 430 000
- Impôt et taxe 2 800 000
- Autres charges 1 505 000
- Charges de personnel 5 950 000
- Frais financiers 1 160 000
- Dotations aux amortissements et aux provisions 1 290 000
- Vente de marchandises 90 100 000
- Produits accessoires 2 870 000
- Autres produits 2 640 000
- Revenus financiers 910 000
- Valeurs comptables des cessions HAO 75 000
- Produits des cessions HAO 115 000
- Charges HAO constatées 225 000
- Produits HAO constatés 65 000
TAF :
1) Retrouvez les numéros de ces comptes
2) Présentez le compte de résultat des AO
3) Présentez le compte de résultat HAO
4) Présentez le compte de résultat net.
33
Chapitre 4 : LE JOURNAL, LE GRAND LIVRE ET LA BALANCE
I- Le journal
C’est un document obligatoire pour tout opérateur économique en vertu des dispositions
légales destiné à enregistrer les mouvements de l’exercice. Il doit être tenu
chronologiquement sans blanc ni de rature, être coté (numéroté) et paraphé par un juge du
tribunal de commerce ou par un juge d’instance. Il comporte de gauche vers la droite:
- une marge de pointage,
- deux (2) colonnes réservées aux numéros des comptes,
- un espace central où on écrit la date, les intitulés des comptes et les libellés relatifs à
chaque opération,
- deux (2) colonnes pour l’inscription des sommes débitées et des sommes créditées.
34
Actif Montant Passif Montant
Mat et out.Ind.et comm. 700 000
Mobiliser de bureau 360 000
Marchandises 280 000 Capital 1 200 000
Matière 1ère 100 000 Résultat 600 000
Produits finis 350 000 Emprunt 650 000
Clients 410 000 Fournisseurs 550 000
Banque 700 000
Caisse 100 000
Total Actif 3 000 000 Total passif 3 000 000
III- La balance
C’est un état récapitulatif des comptes de l’entité à une date déterminée. Il indique pour
chaque compte, le solde débiteur ou le solde créditeur au début de l’exercice (solde initial), le
cumul des mouvements débiteurs et le cumul des mouvements créditeurs de la période et le
solde débiteur ou créditeur à la date considérée. Une balance est un instrument de contrôle en
application du principe de la partie double :
Pour établir une balance il est recommandé de suivre les étapes suivantes :
- Cumulé les comptes c'est-à-dire total débit total crédit
- Inscrire tous les comptes dans la balance
- Totaliser les colonnes et vérifier l’égalité total colonne débits = total colonne crédits
- Tirer dans la balance même le solde de chaque compte et l’inscrire dans la colonne
correspondante vérifier l’égalité total des soldes débiteurs = total des soldes créditeurs
Exemple :
Reprendre le cas précédent en établissant la balance.
35
Exercice
Un enseignant de COLLEGE DE PARIS et l’un de ses anciens étudiants ont créé une SARL
(Société A Responsabilité Limitée) dénommée THALYA spécialisée dans l’achat et la vente
de jouets pour enfants.
Le 01/09/ 2019 date de création, ils apportent 3 000 000 F qu’ils déposent à la banque.
Le 02/09/19, ils empruntent 1 700 000 F à ECOBANK et s’engagent à rembourser cet
emprunt dans les 15 mois qui suivent la fin de la première année d’activité.
Le 04/09/19, ils achètent le fonds commercial d’une société en liquidation judiciaire
comprenant :
- Fonds commercial 1 000 000 F;
- Matériel et outillage 1 800 000 F;
- Mobilier de bureau 200 000 F;
- Matériel informatique 470 000 F ;
- Agencements installations 220 500 F.
Le règlement est effectué de la manière suivante :
- le ¼ par chèque bancaire (le même jour);
- le ¼ dans 12 mois ;
- 1/2 dans 18 mois.
Le 07/09/19, ils règlent 66 000 F comprenant 2 mois de loyer d’avance et le loyer de
septembre (chèque n°1947).
Le 10/09, achat au comptant 700 000 F de marchandises, le règlement est effectué par
chèque. Le 13/09, retrait de la banque 39 000 F pour alimenter la caisse.
Le 17/09, achat d’un logiciel pour 180 000 F chez DAODI, la moitié est réglée par chèque
bancaire et le reste à crédit (dans 11 mois).
Le 20/09 ventes de marchandises à crédit à TATA 160 000 F (facture n°11).
Le 24/09 règlement des honoraires de l’expert-comptable 24 000 F en espèces.
Le 25/09 règlement en espèces :
- Des fournitures de bureau 4 500 F ;
- Des timbres postaux 1 200 F ;
- Des timbres fiscaux 1 400 F ;
Le 28/09 achat a crédit à YULL 100 000 F de marchandises (facture n°999).
Le 30/09 retour 20 000 F de marchandises à YULL.
Le 30/09 aménagements des vitrines payés par chèque bancaire 2 8 100 F.
36
TRAVAIL A FAIRE :
1) Passer les écritures au journal ;
2) Dresser la balance.
37
Chapitre 5 : LES OPERATION DE D’INVESTISSEMENT ET DE FINANCEMENT
38
2- Rôle et utilité économique
La comptabilité permet de fournir les éléments nécessaires à la détermination du résultat.
C’est un outil indispensable à une série d’agents économiques: le chef de l’entreprise, les
pouvoirs publics, les partenaires de l’entreprise et les créanciers de l’entreprise.
Pour le dirigeant de l’entreprise: la comptabilité est un instrument d’information qui
lui permet de connaître la structure de son patrimoine, le résultat de son activité.
…C’est aussi un instrument de décision et de gestion dans la mesure où elle lui
fournit des instruments de mesure qui lui permettent de piloter son entreprise.
Pour les pouvoirs publics: la comptabilité fournit les éléments de calcul des sommes
dues au trésor au titre d’impôts et taxes.
Pour les partenaires de l’entreprise : les employés cherchent par le biais de la
comptabilité à justifier une augmentation des salaires.
Pour les créanciers: la comptabilité permet de faire le point sur la situation exacte de
l’entreprise.
39