Code Du Travail Final
Code Du Travail Final
LIVRE II : L’ENTREPRISE
TITRE I : CHEF D’ENTREPRISE
CHAPITRE I : POUVOIRS DU CHEF D’ENTREPRISE
101 Définition de l’entreprise et de l’établissement 42
102 Définition 42
TITRE I : CHEF D’ENTREPRISE
CHAPITRE I : POUVOIRS DU CHEF D’ENTREPRISE
SECTION I : POUVOIR DE DIRECTION
103 Création et fermeture d’ entreprise 43
104 Embauchage 43
105 Organisation du travail 43
SECTION II : POUVOIR REGLEMENTAIRE
106 Règlement intérieur 44
SECTION III : POUVOIR DISCIPLINAIRE
107 Principes 44
108 Faute disciplinaire 45
109 Poursuites disciplinaires 45
110 Sanctions disciplinaires 45
CHAPITRE II : OBLIGATION ET RESPONSABILITE DU CHEFD’ENTREPRISE
111 Obligation 46
112 Responsabilité pénale 46
113 Responsabilité civile 46
CHAPITRE III : CAUTIONNEMENT
114 CHAPITRE III : CAUTIONNEMENT 46
115 Réception et dépôt 47
116 Retrait du dépôt 47
117 Privilège de l’employeur 47
TITRE II : REPRESENTANTS DU PERSONNEL
CHAPITRE I : DELEGUES DU PERSONNEL
SECTION I : INSTITUTION DES DELEGUES DU PERSONNEL
118 Institution dans chaque établissement 48
119 Nombre des délégués 48
120 Election des délégués du personnel 48
121 Contestations relatives à l’élection 49
SECTION II : MISSION DES DELEGUES DU PERSONNEL
122 Fonctions 49
123 Heures de délégation 50
124 Arrêté d’application 50
SECTION III : LICENCIEMENT DES DELEGUES DU PERSONNEL
125 Autorisation nécessaire et préalable 51
126 Faute lourde – Mise à pied 51
127 Décision de l’inspecteur du travail 51
128 Recours contre la décision de l’inspecteur du travail 52
129 Décision du ministre du travail 52
130 Nullité du licenciement 52
131 Domaine d’application 53
CHAPITRE II : COMITE CONSULTATIF D’ENTREPRISE OU D’ETABLISSEMENT
132 Institution de comité consultatif 53
133 Composition du comité consultatif 53
134 Election des membres du comité consultatif 54
135 Contestation 55
136 Rôle et mission du comité consultatif 55
137 Moyens d’action 56
138 Licenciement des membres du comité consultatif 56
139 Arrêté d’application 56
TITRE III : SOUS-ENTREPRISE TACHERONNAT
CHAPITRE I : SOUS-ENTREPRISE
140 Définition 57
141 Déclaration à l’inspection du travail 57
142 Effet du contrat régulier de sous-entreprise 58
143 Effet du contrat irrégulier d’entreprise ou de sou entreprise 58
CHAPITRE II : TACHERONNAT
144 Définition 58
SECTION I : FORMATION DU CONTRAT DE TACHERONNAT
145 Validité 59
146 Forme 59
SECTION II : OBLIGATION DU TACHERON
147 Principe 59
148 Interdictions 60
149 Obligation d’affichage, de publicité et d’information 60
SECTION III : OBLIGATION DE L’ENTREPRENEUR PRINCIPAL
150 Obligations d’affichage et de publicité 61
151 Responsabilité de l’entrepreneur principal et du maître de l’ouvrage 61
152 Arrêté d’application 61
LIVRE III : CONDITIONS DE TRAVAIL
TITRE I : TRAVAIL DES FEMMES ET DES ENFANTS
CHAPITRE I : APTITUDE DU TRAVAIL
SECTION I : AGE MINIMUM
153 Age d’admission au travail 62
154 Conditions de dérogation 62
155 Horaires interdits 63
156 Tenue d’un registre 63
157 Modalités d’application 63
SECTION II : EXAMEN D’APTITUDE DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS A L’EMPLOI
158 Examen obligatoire d’aptitude 63
159 Certificat d’aptitude à l’emploi 64
160 Contrôle médical périodique 64
161 Arrêté ministériel 64
SECTION III : REPOS DES FEMMES EN COUCHES OU ALLAITANT LEURS ENFANTS
162 Repos des femmes en couches 64
163 Repos pour allaitement 65
CHAPITRE II : TRAVAIL DE NUIT DES FEMMES ET DES ENFANTS
164 Définition du travail de nuit 65
165 Repos de nuit 65
166 Interdiction du travail de nuit 65
167 Dérogations temporaires 65
168 Modalités des dérogations temporaires 66
169 Dérogations permanentes 66
TITRE II : DUREE DU TRAVAIL
CHAPITRE I : DUREE HEBDOMADAIRE
170 Durée légale dans les entreprises non agricoles 67
171 Durée légale dans les entreprises agricoles 67
172 Heures supplémentaires 67
173 Repos journalier 68
CHAPITRE II : REPOS HEBDOMADAIRE ET JOURS FERIES
SECTION I : REPOS HEBDOMADAIRE
174 Principe 68
175 Modalités d’application et dérogations 68
SECTION II : JOURS FERIES
176 Détermination par la loi – Principes 69
177 Arrêtés ministériels 69
TITRE III : CONGES PAYES
CHAPITRE I : ACQUISITION DU DROIT AUX CONGES PAYES
178 Services effectifs ouvrant droit aux congés 69
179 Période de référence 70
CHAPITRE II : DUREE DES CONGES PAYES
180 Nombre de jours de congés 70
181 Augmentation de la durée des congés en fonction de l’ancienneté 70
182 Augmentation de la durée des congés pour les mères de famille 71
183 Augmentation de la durée des congés en fonction des délais de route 71
184 Non déductibilité des absences 71
CHAPITRE III : JOUISSANCE DES CONGES PAYES
185 Période du congé 72
186 Continuité du congé 72
187 Lieu du congé 72
188 Allocation de congés payés 72
189 Indemnité compensatrice de congés payés 73
190 Arrêté ministériel 73
TITRE IV : SALAIRES
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
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et à mesure de la mise en place des nouvelles institutions et
procédures.
3. Jusqu’à leur modification ou leur abrogation, les règlements pris
en application et pour l’exécution des codes et lois antérieurs
demeurent en vigueur tant qu’ils ne sont pas contraires aux
dispositions du présent code sous les sanctions prévues aux
règlements correspondants.
4. Les dispositions du présent code sont, de plein droit,
applicables aux contrats individuels en cours.
Elles ne peuvent constituer une cause de rupture de ces
contrats, ni porter atteinte aux dispositions plus favorables pour
les travailleurs que les conventions collectives ou les contrats
individuels en cours peuvent contenir.
Les travailleurs continueront à bénéficier des avantages qui leur
ont été consentis antérieurement lorsque ceux-ci sont
supérieurs à ceux que leur reconnaît le présent code.
5. Les dispositions du présent code sont immédiatement
applicables aux conventions collectives en cours. Celles
conclues antérieurement restent en vigueur en toutes leurs
clauses non contraires au présent code.
A peine de nullité, toute clause des conventions collectives
contraire aux dispositions du présent code doit être modifiée
pour être mise en conformité avec lui dans le délai de six mois.
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LIVRE I : RELATIONS DE TRAVAIL
TITRE I : CONTRAT DE TRAVAIL
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 4 : Définition
Le contrat de travail est une convention par laquelle le travailleur
s’engage à mettre son activité professionnelle, moyennant
rémunération, au service d’un employeur sous la direction et
l’autorité de ce dernier.
Est considéré comme travailleur toute personne, quels que soient
son sexe, sa nationalité et son statut juridique qui est dans un lien de
subordination juridique envers un employeur, personne physique ou
morale, de droit public ou de droit privé, quel que soit le statut
juridique de celui-ci.
Article 5 : Principe de la liberté du travail. Interdiction du travail
forcé
Le travailleur s’engage librement. Est interdit le travail forcé ou
obligatoire par lequel un travail ou un service est exigé d’une
personne sous la menace d’une peine quelconque et pour lequel
cette personne ne s’est pas offerte de son plein gré.
Est interdite également, toute relation de travail, même si elle ne
résulte pas d’un contrat de travail et dans laquelle une personne
fournirait un travail ou un service pour lequel elle ne s’est pas offerte
de son propre gré.
Toute infraction aux présentes dispositions est passible de sanctions
pénales prévues par la loi 2003-025 du 17/07/2003 portant
répression de la traite des personnes.
Article 6 : Contrat individuel. Interdiction du contrat d’équipe
Le contrat du travail est toujours individuel.
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Est interdit le contrat d’équipe par lequel un employeur engage
plusieurs personnes à la fois, soit directement, soit indirectement,
moyennant une rémunération collective et forfaitaire.
Article 7 : Forme et preuve
Le contrat de travail se forme et se prouve librement, sous réserve de
dispositions particulières du présent code quant à la forme, à la
preuve et au contenu. Les parties doivent respecter, notamment, le
principe de non-discrimination posé par l’article 395, alinéa 2.
Le contrat écrit est exempt de tous droits de timbre et
d’enregistrement.
CHAPITRE II : ENGAGEMENT A L’ESSAI
Article 8 : Définition
La conclusion d’un contrat de travail définitif peut être subordonnée
à un engagement à l’essai par lequel les parties conviennent
d’apprécier ;
- L’employeur, la qualité des services du travailleur et son
rendement;
- Le travailleur, les conditions de travail, de vie, de rémunération,
d’hygiène et de sécurité ainsi que le climat social de l’entreprise.
Article 9 : Forme
L’engagement à l’essai doit, à peine de nullité, être constaté par écrit,
soit séparément, soit dans une clause du contrat appelé à devenir
définitif.
Article 10 : Durée de l’essai
Le contrat d’engagement à l’essai ne peut être conclu pour une durée
supérieure au délai nécessaire pour mettre à l’épreuve le travailleur
engagé, compte tenu de la technique et des usages de la profession.
La durée de l’essai doit être expressément prévue par écrit.
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L’engagement à l’essai ne peut, renouvellement compris, excéder :
- Une durée de six mois pour tout travailleur ;
- Une durée de douze mois pour le travailleur ayant conservé sa
résidence habituelle hors du territoire de la République Islamique
de Mauritanie ;
- Une durée de douze mois pour le travailleur engagé comme cadre
tel que défini par les conventions collectives ou les règlements;
Les délais d’attente de départ et de route ne sont pas compris dans la
durée maximale de l’essai.
Les durées de l’engagement à l’essai prévues par le présent article ne
s’appliquent qu’en l’absence de dispositions réglementaires ou de
clauses de conventions collectives plus favorables.
Article 11 : Sanction
Tout contrat qui ne répond pas aux conditions prévues par les articles
9 et 10, doit être considéré comme un contrat de travail définitif à
durée déterminée ou indéterminée selon ce qui a été expressément
convenu entre les parties, au cas où l’essai s’avère satisfaisant.
Article 12 : Prolongation des services
La partie qui désire prolonger l’essai doit en informer l’autre avant
l’expiration de la période concernée, faute de quoi, le contrat
définitif à durée déterminée ou indéterminée selon ce qui a été
expressément convenu entre les parties, entre en exécution au cas
où l’essai s’avère satisfaisant.
La prolongation des services au-delà de la durée par l’essai équivaut à
la conclusion d’un contrat définitif à durée déterminée ou
indéterminée selon ce qui a été expressément convenu entre les
parties au cas où l’essai s’avère satisfaisant.
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Article 13 : Résiliation de l’engagement
Sauf stipulation contraire expresse, l’engagement à l’essai peut être
résilié unilatéralement, à tout moment par l’une ou l’autre partie,
sans préavis et sans indemnité sous réserve de l’abus de droit.
La preuve de l’abus de droit est à la charge de la partie qui s’en
prétend victime.
Article 14 : Frais de voyage
Les droits au voyage du travailleur engagé à l’essai hors du lieu de sa
résidence habituelle et sa famille sont régis par les articles 207 et
suivants.
CHAPITRE III : CONTRAT A DUREE DETERMINEE
Article 15 : Définition
Est considéré comme contrat de travail à durée déterminée :
1. Celui dont la durée est définie avec précision par les parties au
moyen d’une unité de temps ;
2. Celui qui est assorti d’un terme constitué par une date
calendrier ;
3. Celui dont le terme est subordonné à un événement futur et
certain dont la date n’est pas exactement connue ;
4. Celui conclu pour l’exécution d’un ouvrage déterminé où la
réalisation d’une entreprise dont la durée ne peut être évaluée
avec précision.
Article 16 : Succession de contrats à durée déterminée
Aucun employeur ne peut conclure avec le même travailleur
successivement et sans discontinuité, plus de deux contrats à durée
déterminée, ni renouveler plus d’une fois un contrat à durée
déterminée.
La continuation des services à l’expiration d’un contrat à durée
déterminée, en dehors des cas prévus à l’alinéa précédent, constitue
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de plein droit, l’exécution d’un contrat de travail à durée
indéterminée.
Toutefois, les dispositions des alinéas précédents du présent article
ne s’appliquent pas :
1. Au travailleur engagé à l’heure ou à la journée pour une
occupation de courte durée n’excédant pas une journée ;
2. Au travailleur saisonnier engagé pour la durée d’une campagne
agricole, commerciale, industrielle, touristique ou artisanale;
3. Au docker occasionnel engagé pour les travaux de manutention
à exécuter à l’intérieur de l’enceinte du port ;
4. Au travailleur engagé en complément d’effectif, pour exécuter
des travaux nés d’un surcroît d’activité de l’entreprise ;
5. Au travailleur engagé pour assurer le remplacement provisoire
d’un travailleur de l’entreprise dont le contrat est suspendu
légalement, conventionnellement, conformément aux
dispositions du code;
6. Au travailleur engagé temporairement pour les besoins d’un
chantier, de bâtiment et de travaux publics.
Toutefois, dans le cas de fermeture de l’entreprise par suite du
départ de l’employeur sous le drapeau ou pour une période
obligatoire d’instruction militaire, de grève ou de lock-out licites, le
travailleur dont le contrat est suspendu ne peut être remplacé.
Le ministre du travail pourra toutefois accorder par arrêté, une
dérogation à d’autres professions, travaux ou emplois à caractère
saisonnier ou temporaire.
Les conditions d’emploi des travailleurs mentionnées ci-dessus, sont
fixées par décret pris après avis du conseil national du travail de
l’emploi et de la sécurité sociale
Article 17 : Durée maximale
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Aucun contrat ne peut être conclu pour une durée déterminée
supérieure à deux ans renouvellement compris.
Toutefois, pour les travailleurs étrangers n’ayant pas leur résidence
habituelle en Mauritanie, la durée ne peut, sauf dérogation accordée
dans des conditions prévues par décret, excéder trente mois pour le
premier séjour et vingt mois pour les séjours suivants.
Article 18 : Durée supérieure à trois mois, installation du travailleur
hors de sa résidence habituelle - Nécessité de visa d’approbation
Tout contrat de travail à durée déterminée conclu pour une période
supérieure à trois mois ou nécessitant l’installation du travailleur hors
de sa résidence habituelle doit, après visite médicale du travailleur,
être constaté par écrit et soumis au visa d’approbation de
l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale du lieu d’embauchage
ou au directeur du travail au cas où le travailleur a sa résidence
habituelle hors du territoire mauritanien.
Celui-ci appose le visa d’approbation après avoir, notamment:
1. Recueilli le visa d’accord préalable de l’inspecteur du travail et
de la sécurité sociale du lieu d’emploi sur les conditions du
travail consenti.
2. Vérifié l’identité du travailleur, son libre consentement et la
conformité du contrat de travail aux dispositions applicables en
matière de travail ;
3. Vérifié que le travailleur est libre de tout engagement ;
4. Vérifié que la durée du contrat est déterminée sans ambiguïté ;
5. Donné aux parties lecture et, éventuellement, traduction du
contrat.
Article 19 : Demande de visa. Procédure
La demande du visa incombe à l’employeur.
Si l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale du lieu
d’embauchage, compétent pour accorder le visa, n’a pas fait
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connaître sa décision à l’employeur dans les quinze jours de la
demande formulée par celui-ci, le visa est réputé accordé. Ce délai
est de trente jours dans le cas où le visa doit être accordé par le
directeur du travail pour un travailleur ayant sa résidence habituelle
hors du territoire mauritanien.
Article 20 : Refus ou omission du visa - Sanction
Si le visa est refusé, le contrat est nul de plein droit. En cas d’absence
d’écrit ou si l’omission du visa est due au fait de l’employeur le
travailleur peut faire constater par le tribunal compétent la nullité du
contrat et, s’il y a lieu, réclamer des dommages-intérêts.
Si l’une des parties ne respecte pas les obligations éventuellement
prescrites à l’occasion du visa d’approbation, l’autre partie peut
demander la nullité du contrat comme dans le cas d’omission du visa
et réclamer, s’il y a lieu, des dommages-intérêts.
En aucun cas, l’action en nullité ne peut être exercée :
- Après un délai de six mois suivant la date de conclusion du contrat
ou du début de son exécution.
- Après l’expiration de la durée du contrat ou après sa résiliation.
Article 21 : Obtention du visa - effets
Lorsque le contrat de travail à durée déterminée a été revêtu du visa
d’approbation, il est transmis, selon le cas, à l’organe central ou local
chargé de la main-d’œuvre, qui doit apposer, sur chaque exemplaire,
le visa d’enregistrement avec date et numéro et conserver un
exemplaire du contrat au dossier du travailleur.
CHAPITRE IV : CONTRAT A DUREE INDETERMINEE
Article 22 : Définition
Tout contrat de travail qui ne répond pas à la définition du contrat à
durée déterminée est considéré comme contrat à durée
indéterminée.
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Article 23 : Installation du travailleur hors de sa résidence habituelle
Le contrat de travail à durée indéterminée nécessitant l’installation
du travailleur hors de sa résidence habituelle est soumis aux
dispositions des articles 18 à 21.
CHAPITRE V : EFFETS DU CONTRAT DE TRAVAIL
Article 24 : Principe
Sous réserve des dispositions particulières du présent code, le
contrat de travail produit tous les effets du droit commun des
contrats.
Article 25 : Obligation de non-concurrence de travailleur
Sauf clause contraire du contrat, et sous réserve de la réglementation
du cumul d’emploi, le travailleur doit toute son activité
professionnelle à l’entreprise qui l’emploie.
Toutefois, il lui est possible, sauf convention contraire, d’exercer, en
dehors de son temps de travail et sous réserve de la réglementation
du cumul d’emplois toute activité professionnelle non susceptible de
concurrencer l’entreprise ou de nuire à la bonne exécution des
services convenus.
La clause de non-concurrence après la cessation du contrat de travail
souscrite par le travailleur n’est valable que :
- Si la rupture du contrat est due à la démission du travailleur ou à
son licenciement pour faute lourde.
- Si l’obligation de non-concurrence n’excède pas deux ans, ni un
rayon de cent cinquante kilomètres autour du lieu d’emploi ;
- Si l’activité professionnelle interdite est de nature à concurrencer
celle de l’employeur.
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Article 26 : Modification de la situation juridique de l’employeur -
Maintien des contrats individuels et de la convention collective
d’entreprise
S’il survient une modification de la situation juridique de l’employeur
ou une modification juridique de la forme, de la propriété ou de
l’exploitation de l’entreprise, notamment par succession, vente,
fusion, transformation de fonds, mise en société ou toute autre sorte
de modification, tous les contrats de travail en cours au jour de la
modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de
l’entreprise.
Leur révision ou leur résiliation ne peut intervenir que dans les
formes et aux conditions prévues par le présent code, les règlements
ou les conventions collectives comme si la modification de la
situation juridique de l’employeur n’était pas intervenue.
La convention collective d’entreprise ou d’établissement conclue
avec le précédent employeur lie le successeur de celui-ci jusqu’à
l’expiration de la durée déterminée prévue ou la dénonciation.
Article 27 : Modification de la situation juridique de l’employeur –
Effets entre les employeurs successifs
Les employeurs successifs restent tenus, envers le personnel
transféré, de toutes les obligations qui étaient à la charge de
l’employeur précédent, sans préjudice d’une action récursive contre
ce dernier par l’employeur successeur.
Article 28 : Mutation
Lorsque le travailleur est muté d’un établissement à un autre de la
même entreprise ou d’une société à une autre du même groupe, il
conserve le bénéfice de l’ancienneté et des avantages acquis avant sa
mutation, sous réserve d’une révision toujours possible de ces
derniers s’ils sont contractuels.
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Article 29 : Révision du Contrat de Travail
La révision du contrat de travail consiste en une modification
substantielle de celui-ci. Elle ne peut prendre effet que du
consentement mutuel des parties.
La partie qui prend l’initiative de la révision doit en faire la
proposition a l’autre, par écrit et lui laisser un délai équivalent à la
période de préavis pour donner sa réponse. Le silence observé par
cette dernière ne peut être considéré comme une acceptation tacite
des nouveaux termes du contrat.
Toutefois, passé le délai imparti par le demandeur de la révision sans
réponse ou exprimé par le destinataire de la révision devant les
délégués du personnel le cas échéant, la partie qui a proposé la
révision peut résilier le contrat.
Les tribunaux du travail sont compétents pour apprécier si la révision
a été proposée dans l’intérêt légitime de l’entreprise ou du
travailleur.
CHAPITRE VI : SUSPENSION DU CONTRAT DE TRAVAIL
SECTION I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 30 : Principe
En dehors des cas prévus par la loi, les règlements et la convention
collective et sauf cas de force majeure rendant impossible,
temporairement, l’exécution du contrat de travail, celui-ci ne peut
être suspendu que d’accord parties.
Article 31 : Rémunération ou indemnisation de la période de
suspension
1. La suspension du contrat de travail n’ouvre droit ni à la
rémunération ni à l’indemnisation sauf disposition contraire de la loi,
des règlements, des conventions collectives et des accords des
parties.
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2. Les indemnités et avantages de toute nature et de toute
provenance dont bénéficie le travailleur pendant la période de
suspension, ne sauraient avoir pour effet de lui permettre de tirer
bénéfice de son état par un enrichissement sans cause.
3. Dans les cas prévus aux articles 33 et 38, 1° et 2°, l’employeur
est tenu de verser au travailleur, dans la limite du préavis, une
indemnité assurant à celui-ci le montant de sa rémunération,
déduction faite, éventuellement, des indemnités qu’il pourrait
percevoir en raison même du motif de son absence.
Si le travailleur est soumis à un contrat ne fixant pas la durée du
préavis, il est fait référence au préavis fixé par la convention
collective ou par arrêté pour la branche professionnelle considérée.
Dans les cas prévus à l’article 38, 1° et 2°, un décret pris après avis du
conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale,
détermine les conditions dans lesquelles les entreprises et l’Etat
participent à l’indemnisation des travailleurs dont le contrat se
trouve suspendu.
Article 32 : Comptabilisation de la période de suspension pour
l’ancienneté et les congés payés
Les périodes de suspension déterminées par le présent chapitre sont
considérées comme temps de service effectif pour la détermination ;
- De l’ancienneté du travailleur à l’exception de celles prévues par
les articles 33 et 38, 1°, 6°, 7°, et 8° ;
- Du droit aux congés payés à l’exception des articles 34 et 38, 1°,
6°, 7°, 8° et 9°.
SECTION II : SUSPENSION DU FAIT DE L’EMPLOYEUR
Article 33 : Obligation militaire de l’employeur
Le contrat de travail est suspendu en cas de fermeture provisoire de
l’entreprise par suite du départ de l’employeur sous les drapeaux
pour une période obligatoire d’instruction militaire.
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Article 34 : Lock-out
Le contrat de travail est également suspendu pendant la durée du
lock-out décidé licitement par l’employeur.
Article 35 : Fermeture provisoire d’entreprise
Le contrat de travail est suspendu en cas de fermeture provisoire de
l’entreprise ou de l’établissement, d’interdiction ou de déchéance
temporaire de l’employeur du droit d’exercer son activité
professionnelle prononcée par une décision administrative ou
judiciaire.
Pendant cette période, l’employeur doit continuer à payer son
personnel, les salaires, indemnités et prestations de toute nature
auxquels il avait droit sans que cette durée puisse excéder trois mois.
Si la fermeture de l’entreprise ou l’interdiction ou la déchéance du
droit d’exercer une activité professionnelle excéder trois mois, les
travailleurs sont en droit de considérer que leur contrat de travail est
rompu du fait de l’employeur et doivent, dans ce cas, notifier à celui-
ci leur décision.
Si la fermeture de l’entreprise ou l’interdiction ou la déchéance du
droit d’exercer une activité professionnelle est définitive, l’employeur
est en droit de rompre les contrats du travail de son personnel, dans
ce cas il doit notifier sa décision au personnel concerné avec le
paiement de tous les droits. Il reste entendu que ce personnel
conserve la priorité d’embauche.
Article 36 : Chômage économique et chômage technique - Décision
Lorsqu’en raison des difficultés économiques graves ou
d’événements imprévus relevant de la force majeure ou de
contraintes techniques majeures, le fonctionnement de l’entreprise
est rendu économiquement ou matériellement impossible ou
particulièrement difficile, l’employeur peut décider la suspension de
tout ou d’une partie de son activité.
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La décision indique la durée, déterminée ou non, de la mise en
chômage économique ou technique ainsi que, éventuellement, les
compensations salariales proposées aux travailleurs.
La mise en chômage économique ou technique prononcée pour une
durée déterminée peut être renouvelée.
L’inspecteur du Travail est informé, sans délai, de toute décision de
chômage économique ou technique et de son renouvellement.
Article 37 : Chômage économique et chômage technique – Régime
juridique
En aucun cas, le chômage économique ou technique ne peut être
imposé aux salariés, en une ou plusieurs fois, pendant plus de quatre-
vingt-dix jours calendriers au cours d’une même période de douze
mois.
A l’expiration de cette durée, le travailleur à la faculté de se
considérer licencié sans préjudice de son droit, le cas échéant, aux
indemnités de préavis et de licenciement. Dans ce cas, les règles de la
procédure du licenciement économique ou du droit commun ne
s’appliquent pas.
Les heures de travail perdues du fait du chômage économique ou
technique peuvent donner lieu à la récupération dans les conditions
prévues par la réglementation pour la récupération des heures de
travail perdues par suite d’une interruption collective de travail.
SECTION III : SUSPENSION DU FAIT DU TRAVAILLEUR
Article 38 : Cas de suspension
Le contrat de travail est suspendu :
1. Pendant la durée du service militaire du travailleur et pendant
les périodes obligataires d’instruction militaire auxquelles il est
astreint ;
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2. Pendant une durée d’absence limitée à six (6) mois, pour cause
d’accident ou de maladie non professionnelle dûment constatée par
un médecin agréé, ce délai est prorogé jusqu’au remplacement du
travailleur ;
3. Pendant toute la durée d’incapacité temporaire de travail
résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ;
4. Pendant le repos de la femme salariée bénéficiaire des
dispositions de l’article 39 ;
5. Pendant la durée de la grève si celle-ci a été déclenchée dans le
respect de la procédure des règlements collectifs du travail ;
6. Pendant la durée des absences non rémunérées du travailleur,
autorisées ou excusées par l’employeur en vertu de la
réglementation ou d’accords individuels ;
7. Pendant la durée de la mise à pied disciplinaire du travailleur ou
du représentant du personnel décidée par l’employeur.
8. Pendant la détention préventive du travailleur.
9. Pendant la durée des congés augmentée, éventuellement des
délais d’attente et de route définis aux articles 183 et 214.
10. Pendant la période du pèlerinage aux lieux saints de
l’islam. Toutefois, le travailleur bénéficiera une fois dans sa vie
professionnelle et dans la limite de trente (30) jours consécutifs de
tous les effets produits par son contrat.
11. Pendant la durée de viduité de la femme salariée dans la
limite de cent trente jours consécutifs sans préjudice aux
prescriptions de la charia islamique en la matière.
Article 39 : Congé de Maternité
A l’occasion de son accouchement et sans que cette interruption de
service puisse être considérée comme une cause de rupture du
contrat toute femme a le droit de suspendre son travail pendant
quatorze (14) semaines consécutives, dont huit (8) semaines
postérieures à la délivrance. La durée de huit (8) semaines
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postérieures à la délivrance est irréductible quelle que soit la date de
la délivrance.
Cette suspension peut être prolongée de trois (3) semaines en cas de
maladie dûment constatée et résultant de la grossesse ou des
couches.
Cette suspension peut aussi être précédée d’une période de repos
non indemnisable dont la durée est fixée par le certificat médical
constatant la nécessité absolue d’un repos.
Les dispositions qui précèdent ne font pas obstacle à l’application des
dispositions des articles 31-3° et 38 lorsqu’au cours de l’interruption
ci-dessus visée survient une maladie dûment constatée liée ou non à
la grossesse ou aux couches.
Inversement, pendant toute la période du congé de maternité,
l’employeur ne peut donner congé à la femme salariée.
Article 40 : Maternité - Rupture
Toute femme enceinte dont l’état a été constaté médicalement ou
dont la grossesse est apparente, peut rompre son contrat de travail
sans préavis et sans avoir, de ce fait, à payer une indemnité de
rupture.
Inversement, pendant toute la période du congé de maternité,
l’employeur ne peut donner congé à la femme salariée.
Article 41 : Subsistance et soins de la femme salariée en maternité
Au cours de la période de suspension du contrat de travail pour
congé de maternité telle définie par l’article 38, la femme à droit à un
traitement spécial d’assistance en vue d’assurer, à la fois, sa
subsistance et les soins nécessaires par son état, dans les conditions
prévues par la législation de la sécurité sociale sur les prestations
familiales.
Article 42 : Allaitement de l’enfant
19
La mère allaitant son enfant peut, pendant une période quinze mois
postérieurs à la naissance, cesser son travail sans préavis et sans
avoir, de ce fait, à payer une indemnité de rupture.
Elle peut aussi, durant la même période, bénéficier d’un droit à des
repos pour allaitement. La durée de ce repos ne peut dépasser une
heure par journée de travail.
La durée de repos pour allaitement est comptée dans la durée du
travail et rémunérée comme telle.
Article 43 : Caractère d’ordre public
Toute convention collective contraire aux dispositions des articles 38
à 41 est nulle de plein droit.
CHAPITRE VII : RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL
SECTION I : RUPTURE DU CONTRAT A DUREE DETERMINEE
Article 44 : Causes de ruptures
Le contrat de travail à durée déterminée ne peut cesser avant son
terme prévu que :
- Par suite d’un cas de force majeure rendant définitivement
impossible la continuation de l’exécution du contrat ;
- Par consentement mutuel des parties ;
- Par suite d’une faute lourde de l’une des parties laissée à
l’appréciation de la juridiction compétente ;
- Par suite du décès du travailleur.
Article 45 : Notification de la rupture à l’autorité administrative
En cas de rupture avant terme d’un contrat à durée déterminée
soumis au visa d’approbation, l’employeur est tenu d’en aviser, dans
les quinze jours, l’autorité qui a visé ledit contrat.
SECTION II : RUPTURE DU CONTRAT A DUREE INDETERMINEE
SOUS-SECTION I : PROCEDURE DE DROIT COMMUN
20
Article 46 : Principes
Le contrat de travail à durée indéterminée peut toujours cesser par la
volonté de l’une des parties.
Avant toute décision de licenciement, l’employeur doit en informer le
travailleur par écrit indiquant le motif allégué et l’invitant à fournir
des explications par écrit dans un délai de quarante-huit heures.
Toute résiliation est subordonnée à un préavis, notifié par écrit, par
la partie qui prend l’initiative de la rupture. Le motif de la résiliation
doit être mentionné dans cet écrit.
Le préavis ne doit être subordonné à aucune condition suspensive ou
résolutoire. Il commence à courir à compter de la date de la remise
de la notification.
Cependant, la rupture du contrat peut intervenir sans préavis en cas
de faute lourde laissée à l’appréciation de la juridiction compétente.
Article 47 : Motif légitime de rupture
Le contrat de travail à durée indéterminée peut être résilié pour une
des causes prévues à l’article 44 pour tout autre motif réel et sérieux.
Article 48 : Modalités et durée du préavis
En l’absence de conventions collectives, un arrêté du ministre chargé
du travail, pris après avis du conseil national du travail, de l’emploi et
de la sécurité sociale fixe les modalités et la durée du préavis, compte
tenu, notamment, de la durée du contrat et des catégories
professionnelles.
Article 49 : Accomplissement du préavis
Pendant la durée du préavis, l’employeur et le travailleur sont tenus
au respect de toutes les obligations réciproques qui leur incombent.
21
En vue de la recherche d’un autre emploi, le travailleur bénéficie,
pendant la durée du préavis d’un jour de liberté par semaine pris, à
son choix, globalement ou heure par heure, payé à plein salaire.
Les heures de liberté sont prises sur l’initiative du travailleur qui
devra aviser son employeur, au plus tard, la veille de son absence.
La partie à l’égard de laquelle ces obligations ne sont pas respectées
est dispensée d’observer le délai de préavis restant à courir, sans
préjudice des dommages-intérêts qu’elle peut demander pour
réparation du dommage qui lui est ainsi causé.
Article 50 : Indemnité compensatrice de préavis
Toute rupture de contrat à durée indéterminée, sans préavis ou sans
que le délai de préavis a été intégralement observé, sous réserve des
dispositions de l’article 49, alinéa 3, emporte obligation pour la partie
responsable, de verser à l’autre partie une indemnité dite “indemnité
compensatrice de préavis” dont le montant correspond à la
rémunération et aux avantages de toute nature dont aurait bénéficié
le travailleur durant le délai de préavis qui n’aura pas été
effectivement respecté.
Si la résiliation du contrat de travail intervient pendant le congé du
travailleur, l’indemnité compensatrice de préavis, calculée
conformément aux dispositions de l’alinéa précédent, est doublée.
Toutefois, le travailleur licencié qui trouve un emploi durant la
période de préavis peut quitter immédiatement l’employeur sans lui
être redevable d’une indemnité, sous la seule réserve de le prévenir
de son départ définitif.
SOUS-SECTION II : CAS PARTICULIERS
Article 51 : Age de la retraite
22
Le contrat de travail à durée indéterminée prend fin lorsque le salarié
atteint l’âge de la retraite prévu par les lois, règlements ou
conventions collectives en vigueur.
Toutefois, la partie qui entend se prévaloir de cette cause légitime de
rupture est tenue d’en informer l’autre en respectant le délai prévu
par l’article 46.
Le travailleur mis à la retraite ou qui décide de partir à la retraite a
droit à une indemnité de départ à la retraite dans les conditions
fixées par les lois, règlements ou conventions collectives en vigueur.
Article 52 : Démission
Le salarié peut librement démissionner à condition de respecter le
délai de préavis prévu par l’article 45 et de ne pas commettre d’abus
de droit.
L’abandon de poste, quelle qu’en soit la durée, ne peut être
considéré comme un acte de démission, mais peut être constitutif
d’une faute justifiant le licenciement s’il n’est pas autorisé ou excusé
par l’employeur.
Article 53 : Décès de l’employeur
Le décès de l’employeur ne provoque la rupture du contrat de travail
que s’il entraîne la cessation de l’entreprise.
Dans ce cas les travailleurs ont droit, outre les salaires et accessoires
de salaires acquis jusqu’à la date effective de la rupture, à l’indemnité
de licenciement et l’indemnité compensatrice de congés payés.
Article 54 : Décès du travailleur
En cas de décès du travailleur, ses héritiers ont droit, outre les
salaires et accessoires de salaires acquis jusqu’au jour du décès, à
l’indemnité compensatrice de préavis, l’indemnité de licenciement,
et l’indemnité compensatrice de congés payés sans préjudice aux
droits des créanciers.
23
SOUS-SECTION III : PROCEDURE DE LICENCIEMENT POUR MOTIF
ECONOMIQUE
Article 55 : Motif économique
Tout licenciement individuel ou collectif pour un motif économique
entraînant une ou plusieurs suppressions d’emploi, tel que
notamment, la diminution de l’activité ou une réorganisation
intérieure de l’entreprise ou de l’établissement, est soumis aux règles
de la présente sous-section.
Article 56 : Etablissement de l’ordre des licenciements
L’employeur établit l’ordre des licenciements des travailleurs dont il
envisage la rupture des contrats en tenant compte de la qualification
professionnelle, de l’ancienneté dans l’entreprise et des charges de
famille des travailleurs.
Sont licenciés en premier lieu les travailleurs présentant les moindres
aptitudes professionnelles pour les emplois maintenus et, en cas
d’égalité d’aptitudes professionnelles, les travailleurs les moins
anciens, l’ancienneté étant majorée d’un an pour le salarié marié et
d’un an pour chaque enfant à charge aux termes de la législation des
prestations familiales.
Article 57 : Information et consultation des délégués du personnel
En vue de recueillir leurs suggestions, l’employeur doit informer, par
écrit, les délégués du personnel en leur communiquant le motif du ou
des licenciements envisagés, des catégories des travailleurs
susceptibles d’être licenciés et l’ordre de licenciement de ceux-ci.
Les délégués du personnel disposent d’un délai de quinze jours à
partir de cette notification pour émettre leur avis sur les mesures
subsidiaires aux licenciements et sur l’ordre de ceux-ci. Cet avis ne lie
pas l’employeur.
24
L’employeur est tenu de notifier à l’inspection du travail du ressort
son projet de licenciement pour motif économique ainsi que la copie
de la lettre adressée aux délégués du personnel et l’avis de ces
derniers.
L’inspecteur du travail doit, traiter ses bons offices, rechercher, avec
les délégués du personnel et l’employeur, toutes les solutions
subsidiaires au licenciement telles que, notamment, réduction des
heures de travail, le chômage partiel, le chômage par roulement.
Dans le cas de révision de contrat du travail, les dispositions de
l’article 29 s’appliquent.
Faute de respecter ces formalités, le licenciement est nul.
Toutefois, la non-réception du rapport de l’inspecteur du travail dans
le délai prévu par l’alinéa 5 n’est pas une cause de nullité.
Article 58 : Notification du préavis
Passé le délai de quinze jours prévu par l’article précédent,
l’employeur peut procéder aux licenciements envisagés en
respectant les dispositions des articles 46 et suivants.
Article 59 : Priorité d’embauchage
Le travailleur licencié pour motif économique conserve, pendant un
an, la priorité d’embauchage dans la même catégorie d’emploi.
Passé ce délai, il continue à bénéficier de la même priorité pendant
une seconde année, mais son embauchage peut être subordonné à
un essai professionnel ou à un stage probatoire dont la durée ne peut
excéder celle de la période d’essai prévue par la convention
collective.
Le travailleur bénéficiant d’une priorité d’embauchage est tenu de
communiquer à son employeur tout changement de son adresse
survenant après son départ de l’entreprise. En cas de vacance,
l’employeur avise l’intéressé par lettre recommandée avec accusé de
25
réception envoyée à la dernière adresse communiquée par le
travailleur.
Le travailleur doit se présenter dans un délai maximum de dix jours
suivant la date de réception de la lettre.
Des décrets pris après avis du conseil national du travail, de l’emploi
et la sécurité sociale pourront fixer les modalités d’application des
dispositions de la présente sous-section.
26
SECTION III : DISPOSITIONS COMMUNES
Article 60 : Rupture abusive
Toute rupture abusive du contrat peut donner lieu à des dommages-
intérêts. La juridiction constate l’abus par une enquête, s’il y’a lieu,
sur les causes et les circonstances de la rupture du contrat.
Les licenciements effectués sans motifs légitimes, de même que les
licenciements motivés notamment par les opinions politiques ou
religieuses du travailleur, son appartenance ou sa non-appartenance
à un syndicat, son sexe, son âge, sa race, son ascendance nationale,
sa couleur, sa religion, sont abusifs.
En cas de contestation, la preuve de l’existence d’un motif légitime
de licenciement incombe à l’employeur. Le jugement doit
mentionner expressément le motif allégué par la partie qui a rompu
le contrat.
Article 61 : Dommages-intérêts
Le montant des dommages-intérêts est fixé compte tenu de tous les
éléments qui peuvent justifier l’existence et déterminer l’étendue du
préjudice causé et, notamment:
1. Lorsque la responsabilité incombe au travailleur, du préjudice
subi par l’employeur en raison de l’inexécution du contrat.
2. Lorsque la responsabilité incombe à l’employeur, des usages, de
la nature des services engagés, de l’ancienneté des services, de l’âge
du travailleur et des droits acquis à quelque titre que ce soit.
Ces dommages-intérêts ne se confondent ni avec l’indemnité de
préavis, ni avec l’indemnité de licenciement ou de départ à la retraite
éventuellement prévu par la loi, les textes réglementaires, le contrat
ou la convention collective.
27
Article 62 : La cessation d’entreprise ou des paiements
La cessation définitive d’entreprise, sauf cas de force majeure, ne
dispense pas l’employeur de respecter les règles relatives à la rupture
du contrat de travail.
La cessation des paiements d’une entreprise, même constatée par
jugement ouvrant une procédure collective de règlement du passif,
n’est pas considérée comme un cas de force majeure.
Article 63 : Débauchage
Lorsqu’un travailleur rompt abusivement un contrat de travail et
engage, à nouveau, ses services, le nouvel employeur est
solidairement responsable du dommage causé à l’employeur
précédent lorsqu’il est démontré qu’il est intervenu dans le
débauchage.
Il en est de même lorsque le nouvel employeur embauche un
travailleur qu’il sait déjà lier par un contrat de travail ou quand il a
continué à employer un travailleur après avoir appris que ce
travailleur était encore lié à un autre employeur par un contrat de
travail.
Dans ce dernier cas, le nouvel employeur n’est pas responsable si, au
moment où il est averti, le contrat de travail abusivement rompu par
le travailleur est venu à expiration ou :
- S’il s’agit d’un contrat à durée déterminée, le terme est arrivé;
- S’il s’agit d’un contrat à durée indéterminée, le préavis est expiré
ou si un délai de quinze jours s’est écoulé depuis la rupture dudit
contrat.
Article 64 : Certificat de travail
A l’expiration du contrat ou à sa résiliation, l’employeur doit délivrer
au travailleur, sous peine de dommages-intérêts, un certificat
indiquant exclusivement la date de son entrée, celle de sa sortie, la
28
nature et les dates des emplois successivement occupés, la catégorie
de la convention collective dont le travailleur relève.
A peine de dommages-intérêts, l’employeur ne peut fournir des
renseignements tendancieux ou erronés sur le compte du travailleur.
Ce certificat est exempt de tous droits de timbres et
d’enregistrement, même s’il contient d’autres mentions que celles
prévues au présent article.
29
TITRE II : CONVENTIONS COLLECTIVES
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 65 : Définition - Objet
La convention collective est un accord relatif aux conditions de
travail, à l’emploi et à la sécurité sociale conclu entre :
- D’une part, les représentants d’un ou plusieurs syndicats ou
groupements professionnels de travailleurs ;
- et d’autre part, un ou plusieurs syndicats ou groupements
professionnels d’employeurs ou toute autre organisation
d’employeurs ou un ou plusieurs pris individuellement.
La convention collective peut contenir des dispositions plus
favorables aux travailleurs que celles des lois et règlements en
vigueur.
Elle ne peut déroger aux dispositions d’ordre public définies par ces
lois et règlements.
Les contrats individuels de travail peuvent contenir des clauses plus
favorables que celles des conventions collectives.
Article 66 : Droit commun de la convention collective
Les dispositions relatives à la convention collective simple
s’appliquent à toutes les catégories de conventions collectives sous
réserve des dispositions particulières à chacune d’elles.
Un décret pris en conseil des ministres, après avis du conseil national
du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, fixe éventuellement
les modalités d’application des dispositions du présent titre.
Article 67 : Droit de timbre et d’enregistrement
Tous les actes établis pour l’exécution du présent titre sont exempts
de droit de timbre et d’enregistrement.
30
Article 68 : Conventions collectives dans les services, entreprises et
établissements publics.
1. Lorsque le personnel des services, entreprises et établissements
publics n’est pas soumis à un statut législatif ou réglementaire
particulier, des conventions collectives peuvent être conclues
conformément aux dispositions du chapitre II du présent titre;
La liste des établissements employant du personnel soumis à un
statut dans ces entreprises est établie par décret.
2. Lorsqu’une convention collective fait l’objet d’un arrêté portant
extension en application des dispositions du chapitre III du présent
titre, elle est, en l’absence de dispositions contraires, applicable aux
personnes morales de droit public visées par le premier alinéa du
présent article qui, en raison de leur nature et de leur activité, se
trouvent placées dans son champ d’application.
Article 69 : Arrêté ou décret tenant lieu de convention collective
1- Un arrêté du ministre du travail pris après avis du Conseil
national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, à défaut ou
en attendant l’établissement d’une convention collective dans les
conditions définies au présent titre, peut réglementer les conditions
du travail, de l’emploi et de sécurité sociale pour une profession
donnée en s’inspirant des conventions collectives pouvant exister ou
des normes internationalement admises.
Cet arrêté peut être pour une profession déterminée ou, le cas
échéant, pour un groupe de professions dans lesquelles les
conditions de travail et d’emploi sont comparables.
2- A défaut ou en attendant l’établissement d’une convention
collective, des décrets pris après avis du Conseil national du travail de
l’emploi et de la sécurité sociale réglementent les conditions de
travail, de l’emploi et de sécurité sociale des professions relevant des
établissements ou des services publics.
31
CHAPITRE II : CONVENTION COLLECTIVE SIMPLE
Article 70 : Conclusion
Les syndicats et groupements professionnels contractent par
l’intermédiaire de leurs représentants désignés en vertu :
- Soit des dispositions statutaires de ces organisations ;
- Soit d’une délibération spéciale de ces organisations ;
- Soit de mandats spéciaux écrits qui sont donnés individuellement
aux adhérents de ces organisations.
A défaut d’une telle désignation préalable, la convention collective
doit être ratifiée par une délibération spéciale des organisations
concernées.
Les syndicats et groupements professionnels déterminent eux-
mêmes leur mode de délibération pour la désignation de leurs
représentants et la ratification de la convention collective.
Article 71 : Forme
La convention collective doit être obligatoirement écrite en langue
arabe et en français.
Elle est établie sur papier libre et signée par les représentants
mandatés des parties contractantes.
Article 72 : Dépôt
La convention collective doit être déposée au secrétariat du tribunal
du travail compétent pour le lieu où elle est passée.
Le dépôt est effectué à frais communs aux soins de la partie la plus
diligente en trois exemplaires.
Le secrétaire du tribunal du travail dresse procès-verbal du dépôt et
en délivre récépissé. Il porte mention de la date du dépôt sur les trois
exemplaires reçus et en adresse deux à l’Inspecteur du Travail dans
les deux jours suivant le dépôt.
32
Article 73 : Application territoriale
Les parties contractantes déterminent librement le champ
d’application territorial des conventions collectives qui peut être
local, régional ou national.
Article 74 : Application dans le temps
Sauf stipulation contraire des parties, la convention collective est
applicable à partir du jour qui suit la date de son dépôt au secrétariat
du tribunal du travail telle qu’elle est précisée sur le récépissé prévu
à l’article 72.
Article 75 : Durée
La convention collective est applicable pendant une durée
déterminée ou indéterminée.
Quand la convention collective est à durée déterminée, celle-ci ne
peut être supérieure à cinq ans.
A défaut de stipulation contraire, la convention à durée déterminée
qui arrive à expiration, continue à produire ses effets comme une
convention à durée indéterminée.
Article 76 : Contenu
Les parties contractantes déterminent librement le contenu de la
convention collective tout en respectant les dispositions d’ordre
public du présent code notamment le principe de non-discrimination
posé par l’article 395, alinéa 2.
Toutefois, elles doivent prévoir dans quelle forme et dans quel délai
la convention peut être dénoncée ou révisée.
Article 77 : Effet contractuel
Sont soumis aux obligations nées de la convention, notamment quant
à la dénonciation, le renouvellement, la révision, la participation aux
commissions prévues par elle, les organisations et les personnes qui
33
l’ont signée personnellement ou qui sont membres des organisations
signataires.
La convention lie également les organisations qui y adhérent, ainsi
que tous ceux qui deviennent membres de ces organisations.
Les parties contractantes et adhérentes ainsi que leurs membres,
s’engagent à exécuter loyalement ces obligations et à ne pas
compromettre l’application de la convention collective aux
entreprises qui y sont soumises. Elles ne sont pas garantes de cette
exécution que dans la mesure déterminée par la convention.
Article 78 : Effet normatif - Assujettissement
Les clauses de la convention collective fixant les droits et obligations
des travailleurs et des employeurs s’imposent dans toutes les
entreprises lorsque l’employeur a signé personnellement ladite
convention ou fait partie ou devient membre d’une organisation
signataire ou adhérente de celle-ci.
Lorsqu’une entreprise est susceptible d’être assujettie à plusieurs
conventions collectives en raison de la pluralité de ses activités, seule
lui est applicable la convention collective correspondant à son
activité principale.
Article 79 : Adhésion
Les employeurs et les organisations qui désirent adhérer à une
convention collective doivent notifier, par écrit, leur adhésion en
trois exemplaires, au secrétariat du tribunal du travail qui a reçu
dépôt de la convention. Dans le cas où l’acte d’adhésion est déposé
au secrétariat, le secrétaire en donne récépissé. Il donne avis de cette
notification aux parties contractantes par lettre recommandée avec
accusé de réception.
Sauf clause contraire de la convention, la partie adhérente a les
mêmes droits que les parties contractantes.
34
Article 80 : Modification
Les modifications apportées à la convention initiale doivent être
établies, déposées, notifiées et publiées dans les mêmes formes et
conditions que celles prévues aux articles 71 et 72.
Article 81 : Démission
En cas de démission d’un groupement ou d’un membre d’un
groupement partie contractante d’une convention, notification doit
en être faite par écrit, en trois exemplaires au secrétariat du tribunal
de travail où le dépôt de la convention a été effectué. Dans le cas où
l’acte de démission est déposé au secrétariat, le secrétaire en donne
récépissé.
La démission d’un employeur de l’organisation signataire ou
adhérente ne le dispense pas de l’application de la convention
collective. Toutefois, les avenants postérieurs à sa démission ne lui
sont pas applicables.
Article 82 : Dénonciation
La dénonciation de la convention collective fait l’objet d’un acte écrit,
en trois exemplaires adressés par son ou ses auteurs au secrétariat
du tribunal où le dépôt a été effectué.
Dans le cas où l’acte de dénonciation est déposé au secrétariat, le
secrétaire en donne récépissé.
La dénonciation doit être précédée, sauf clause contraire expresse,
d’un préavis de trois mois.
La convention collective dénoncée continue de produire ses effets
jusqu’à l’entrée en vigueur de la convention qui lui est substituée ou,
à défaut, pendant une année à partir de la date effective de la
dénonciation.
35
Article 83 : Transmission à l’inspecteur du travail
Le secrétaire du tribunal du travail doit transmettre à l’Inspecteur du
travail deux des exemplaires sur lesquels il mentionne la date
d’arrivée ou de dépôt de toutes les notifications de modifications,
d’adhésions, de démissions ou de dénonciations mentionnées, ci-
dessus.
Article 84 : Publicité au secrétariat du tribunal de travail
Il est donné gratuitement, communication de la convention collective
à toute personne intéressée.
Des copies certifiées, conformes, des conventions collectives ainsi
que des adhésions, démissions, ou dénonciations, sont délivrées par
le secrétaire du tribunal du travail sur papier libre, aux frais du
demandeur. Elles ne peuvent être refusées.
Des traductions verbales de ces actes peuvent être demandées à
l’Inspection du Travail par toute personne intéressée.
Article 85 : Publicité dans l’entreprise
Dans chaque établissement soumis à l’application d’une convention
collective ou d’un arrêté en tenant lieu, le chef d’établissement doit
tenir un exemplaire de celle-ci à la disposition du personnel.
Article 86 : Violation de la convention collective
1-Les employeurs et les organisations liés par une convention
collective peuvent en leur propre nom, intenter une action en
dommages-intérêts :
- Contre les employeurs et organisations, signataires et adhérents
de la convention qui violeraient leurs engagements contractuels;
- Aux propres membres des organisations contractantes ou
adhérentes qui n’appliqueraient pas les clauses de ladite convention
relative aux rapports de travail entre les employeurs et les
travailleurs.
36
2- Tout employeur ou travailleur soumis à une convention
collective peut intenter une action en dommages-intérêts contre
toute autre personne ou organisation liée par la convention qui
violerait à son égard les engagements contractés;
3- Toute organisation liée par une convention collective peut
exercer toutes les actions qui naissent de cette convention en faveur
de ses membres, sans avoir à justifier d’un mandat de l’intéressé,
pourvu que celui-ci ait été averti et n’ait pas déclaré s’y opposer.
L’intéressé peut toujours intervenir à l’instance engagée par ladite
organisation.
4-Lorsqu’une action née de la violation d’une convention
collective est intentée soit, par un employeur ou un travailleur, soit,
par une organisation, toute autre organisation dont les membres
sont soumis à ladite convention peut, intervenir à l’instance engagée
en raison de l’intérêt collectif que la solution du litige peut présenter
pour ses membres.
L’action des organisations visées dans le présent article est
subordonnée à leur capacité d’agir en justice.
CHAPITRE III : CONVENTION COLLECTIVE SUSCEPTIBLE D’EXTENSION
Article 87 : Initiative de la négociation
A la demande de l’une des organisations syndicales d’employeurs ou
de travailleurs intéressées, considérées comme les plus
représentatives ou de sa propre initiative, le Ministre du Travail
convoque la réunion d’une commission mixte en vue de la conclusion
d’une Convention Collective ayant pour objet de régler les conditions
de travail, d’emploi ou de Sécurité Sociale d’une ou de plusieurs
branches d’activités déterminées sur le plan national, régional ou
local.
Article 88 : Composition de la commission mixte
37
Un arrêté du ministre du travail détermine la composition de la
commission mixte qui comprendra, en nombre égal, des
représentants des organisations syndicales les plus représentatives
des travailleurs et des employeurs ou, à défaut de ces dernières, des
employeurs pris individuellement.
Article 89 : Conventions annexes
Des conventions annexes peuvent être conclues pour chacune des
principales catégories professionnelles. Elles contiennent les
conditions particulières du travail à ces catégories et sont discutées
par les représentants des organisations les plus représentatives des
catégories intéressées.
Article 90 : Appréciation de la représentativité
Le caractère représentatif d’un syndicat ou d’un groupement
professionnel est déterminé par le Ministre du travail qui réunira
tous les éléments d’appréciation et prendra l’avis des services
intéressés de l’administration du Travail.
L’appréciation de la représentativité se fait sur la base des critères
édictés par l’article 265.
La décision du Ministre est susceptible le cas échéant, d’un recours
pour excès de pouvoir.
Le dossier fourni par le Ministre du travail doit comprendre tous les
éléments d’appréciation recueillis et l’avis des services de
l’administration du Travail.
Les dispositions qui précédent ne peuvent être interprétées comme
autorisant l’administration du travail à prendre connaissance des
registres d’inscription des adhésions et des livres de trésoreries du
syndicat ou du groupement professionnel.
Article 91 : Désaccord de la commission mixte
38
Si une commission mixte n’arrive pas à se mettre d’accord sur une ou
plusieurs dispositions à introduire dans la convention, l’Inspecteur du
Travail doit, à la demande de l’une des parties intervenir pour
faciliter la réalisation de cet accord.
Article 92 : Clauses obligatoires
Les conventions collectives visées par le présent chapitre
comprennent obligatoirement des dispositions concernant.
1- Le libre exercice du droit syndical et la liberté d’opinion
des travailleurs;
2- Les salaires minimaux correspondant aux diverses
qualifications de la hiérarchie professionnelle de la branche
d’activité considérée;
3- Les modalités d’exécution et les taux de majoration des
heures supplémentaires effectuées le jour ou la nuit pendant les
jours ouvrables, le repos hebdomadaire et les jours fériés;
4- La durée de l’engagement à l’essai et celle du préavis;
5- Les délégués du personnel;
6- Les dispositions concernant la procédure de révision ,
modification et dénonciation de tout ou partie de la convention
collective;
7- Les modalités d’application du principe “à travail égal,
salaire égal” pour les jeunes travailleurs;
8- Les congés payés;
9- Les indemnités de déplacement, et quand il y a lieu, les
indemnités d’éloignement;
10- La classe de passage et le poids des bagages en cas de
déplacement du travailleur et de sa famille, qu’il s’agisse d’un
déplacement pour se rendre de sa résidence habituelle au lieu
d’emploi, et inversement ou qu’il s’agisse d’un déplacement
occasionnel du lieu d’emploi;
39
11- Les conditions d’embauchage et de licenciement des
travailleurs sans que les dispositions prévues puissent porter
atteinte au libre choix du syndicat par le travailleur;
12- Les procédures conventionnelles de conciliation,
d’arbitrage, suivant lesquelles seront ou pourront être réglés les
différends collectifs de travail susceptibles de survenir entre les
employeurs et les travailleurs liés par la convention.
Article 93 : Clauses facultatives
Elles peuvent également contenir, sans que cette énumération soit
limitative, des dispositions concernant:
1- Les primes d’ancienneté, d’assiduité et de rendement ;
2- Les indemnités pour frais professionnels et assimilés, les
indemnités de transport;
3- Les primes de panier pour les travailleurs devant prendre
leur repas sur le lieu du travail.
4- Les conditions générales de la rémunération au
rendement ou à la commission chaque fois qu’un tel mode de
rémunération sera reconnu possible intégralement ou
partiellement ;
5- Les indemnités pour travaux pénibles, dangereux,
insalubres, salissants ;
6- Quand il y a lieu, l’organisation et le fonctionnement de
l’apprentissage et de la formation professionnelle dans le cadre de
la branche d’activité considérée ;
7- Les conditions particulières de travail des femmes et des
jeunes dans certaines entreprises se trouvant dans le champ
d’application de la convention ;
8- Quand il y a lieu les modalités de constitution du
cautionnement ;
9- L’emploi à temps réduit de certaines catégories de
personnel et leurs conditions de rémunération;
40
10- L’organisation, la gestion et le financement des services
sociaux et médico-sociaux;
11- Les conditions particulières du travail : travaux par
roulement, travaux durant le repos hebdomadaire et durant les
jours fériés.
Un décret déterminera les conditions dans lesquelles pourront
être rendues obligatoires les dispositions facultatives reconnues
utiles.
Article 94 : Adaptation des conventions collectives conclues sur un
plan territorial plus réduit
Dans le cas où une convention collective concernant une branche
d’activité déterminée a été conclue sur le plan national ou régional,
les conventions collectives conclues sur le plan régional ou local
adaptent cette convention ou certaines de ses dispositions aux
conditions particulières de travail existant sur le plan territorial plus
réduit.
Elles peuvent prévoir des dispositions nouvelles et des clauses plus
favorables aux travailleurs.
Article 95 : extension de la convention collective
A la demande de l’une des organisations syndicales ou de l’un des
groupements professionnels les plus représentatifs ou à l’initiative du
ministre du travail, les dispositions des conventions collectives
répondant aux conditions déterminées par la présente section,
peuvent être rendues obligatoires pour tous les employeurs et
travailleurs compris dans le champ d’application professionnelle et
territoriale de la convention, par arrêté conjoint du ministre du
travail et du ministre des finances.
Cette extension des effets et des sanctions de la convention collective
se fera pour la durée et aux conditions prévues par ladite convention.
41
Toutefois, le ministre du travail doit exclure de l’extension après avis
motivé du conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité
sociale, les conditions qui seraient en contradiction avec le extraits de
la convention, sans en modifier l’économie, les clauses qui ne
répondraient pas à la situation de la branche d’activité dans le champ
d’application considéré.
42
leurs observations sur les clauses de la convention et de leur avis sur
l’opportunité de l’extension de tout ou partie de ses dispositions.
L’arrêté d’extension ou de retrait d’extension fera obligatoirement
référence au numéro du journal officiel contenant en même temps
que l’avis d’extension, le texte intégral de la convention. Les parties
de la convention qui ne seraient pas étendues, seront reproduites
intégralement dans le corps même de l’arrêté, avec référence aux
pages du journal officiel ci-dessus.
CHAPITRE IV : CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE
INTERPROFESSIONNELLE
Article 98 : Définition
Des conventions collectives nationales interprofessionnelles peuvent
être conclues dans les même conditions que celles prévues pour les
conventions collectives susceptibles d’extension.
Toutefois, par dérogation aux dispositions de l’article 92, une
convention collective nationale interprofessionnelle peut ne contenir
que quelques-unes des clauses prévues par les articles 91 et 92.
Article 98 : Définition
Une convention collective concernant une entreprise ou une ou
plusieurs entreprises ou un ou plusieurs établissements d’une
entreprise peut être conclue entre :
- D’une part, un ou plusieurs employeurs ou un groupement
d’employeurs ;
43
- Et d’autre part, des délégués du personnel de l’entreprise ou de
l’établissement.
Article 100 : Objet
La convention d’entreprise ou d’établissement a pour objet :
- En présence d’une convention collective simple ou étendue
applicable à l’entreprise ou à l’établissement d’adapter celle-ci
aux conditions particulières de l’entreprise ou de l’établissement
considéré, ou de prévoir les dispositions nouvelles ou plus
favorables aux travailleurs.
- En l’absence de toute convention collective, de définir les
conditions de travail, d’emploi et de sécurité sociale, comme s’il
s’agissait d’une convention collective simple.
44
LIVRE II : L’ENTREPRISE
TITRE I : CHEF D’ENTREPRISE
CHAPITRE I : POUVOIRS DU CHEF D’ENTREPRISE
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TITRE I : CHEF D’ENTREPRISE
CHAPITRE I : POUVOIRS DU CHEF D’ENTREPRISE
46
Le pouvoir d’organisation du chef d’entreprise s’exerce sous réserve
des attributions conférées par la loi, aux représentants du personnel
en matière de réglementation des conditions de travail.
SECTION II : POUVOIR REGLEMENTAIRE
Article 106 : Règlement intérieur
Dans tout établissement employant plus de vingt travailleurs, un
règlement intérieur doit être établi par le chef d’entreprise et déposé
au secrétariat du tribunal du travail du ressort dans les trois mois qui
suivent l’ouverture de l’entreprise ou où l’effectif atteint le minimum
indiqué ci-dessus.
Le règlement intérieur établi par le chef d’établissement doit
contenir exclusivement les règles relatives à l’organisation technique
du travail, la discipline et les prescriptions concernant l’hygiène et la
sécurité, nécessaire à la bonne marche de l’établissement.
Toute clause étrangère aux objets mentionnés ci-dessus est nulle de
plein droit.
Un arrêté du Ministre du Travail pris après avis du conseil national du
travail de l’emploi et de la sécurité sociale déterminera les modalités
d’application du présent article et notamment les règles relatives à
l’approbation, au dépôt et à la publicité du règlement intérieur.
SECTION III : POUVOIR DISCIPLINAIRE
Article 107 : Principes
Le chef d’entreprise exerce le pouvoir disciplinaire conformément
aux dispositions de la convention collective ou du règlement
intérieur.
En l’absence de convention collective ou de règlement intérieur, il
peut également exercer le pouvoir disciplinaire à condition de
recueillir préalablement, les explications du travailleur sur la faute
47
qui lui est reprochée et d’infliger une sanction proportionnée à la
faute.
En tout état de cause, le pouvoir disciplinaire est exercé sous réserve
du contrôle judiciaire.
Article 108 : Faute disciplinaire
Une sanction disciplinaire ne peut être prononcée contre un
travailleur que si celui-ci a commis une faute dans l’exercice de sa
profession.
Les fautes commises en dehors du temps ou du lieu de travail ne
peuvent donner lieu à une sanction disciplinaire sauf cas de violation
du secret professionnel ou d’atteinte à la réputation de l’entreprise.
Article 109 : Poursuites disciplinaires
Aucune poursuite disciplinaire ne peut être engagée contre un
travailleur pour une faute dont le chef d’entreprise ou un de ses
représentants a connaissance depuis plus d’un mois.
Toutefois, lorsque la faute disciplinaire ne peut être établie qu’après
achèvement d’une procédure pénale, le délai d’un mois prévu à
l’alinéa précédent ne court que du jour où la décision pénale est
devenue définitive .
Article 110 : Sanctions disciplinaires
Lorsque les sanctions disciplinaires ne sont pas prévues par le
règlement intérieur ou la convention collective, le chef d’entreprise
peut prononcer, selon la gravité de la faute, un avertissement, un
blâme, une mise à pied inférieure ou égale à huit jours, le
licenciement avec ou sans préavis.
En aucun cas, le chef d’entreprise ne peut infliger une sanction
pécuniaire entraînant une réduction de la rémunération
normalement due pour la prestation de travail fournie.
48
CHAPITRE II : OBLIGATION ET RESPONSABILITE DU
CHEFD’ENTREPRISE
Article 111 : Obligation
Le chef d’entreprise, en tant qu’employeur, assume toutes les
obligations contractuelles prises à l’égard du travailleur et toutes
celles mises à sa charge par la législation du travail et de la sécurité
sociale.
Article 112 : Responsabilité pénale
Sauf dispositions contraires expressément prévues par la loi, le chef
d’entreprise ne peut être responsable pénalement des infractions
commises par les préposés, ni civilement responsable des sanctions
pénales pécuniaires prononcées contre eux.
Article 113 : Responsabilité civile
Le chef d’entreprise, en tant qu’employeur est responsable, vis à vis
des tiers des dommages à eux causés par les travailleurs à son service
ou par les choses dont il a la garde dans les termes du droit commun.
Il ne peut exercer une action récursoire en dommage-intérêts contre
les préposés auteurs des dommages causés aux tiers ou à l’entreprise
qu’en cas de faute lourde.
CHAPITRE III : CAUTIONNEMENT
49
employeur, à son représentant ou à un intermédiaire quelconque, en
vue d’obtenir ou de conserver un emploi.
Article 115 : Réception et dépôt
Tout employeur qui se fait remettre par un travailleur, à titre de gage
en remplacement d’une caution, du numéraire ou des titres, doit en
délivrer récépissé et le mentionner en détail sur le registre
d’employeur.
Toute somme ou tous titres remis en gage doivent être mis en dépôt
dans le délai d’un mois à compter de leur réception par l’employeur.
mention de ce dépôt doit être faite dans le registre de l’employeur et
justifiée par un certificat de dépôt tenu à la disposition de
l’inspection du travail.
Le ministre du travail fixe par arrêté les modalités de ce dépôt, ainsi
que la liste des établissements bancaires et financiers habilités à le
recevoir.
Article 116 : Retrait du dépôt
Le retrait de tout ou partie du dépôt ne peut être effectué que sous
le double consentement du travailleur et de l’employeur, ou celui de
l’un d’eux, habilité à cet effet par une décision de la juridiction
compétente.
Article 117 : Privilège de l’employeur
L’affectation du dépôt du numéraire ou des titres à la garantie des
obligations du travailleur entraîne au profit de l’employeur,
constitution d’un droit de préférence de créancier gagiste sur les
sommes déposées.
50
TITRE II : REPRESENTANTS DU PERSONNEL
CHAPITRE I : DELEGUES DU PERSONNEL
51
L’élection se déroule au scrutin secret et sous enveloppe.
Le scrutin est un scrutin de liste à deux tours avec représentation
proportionnelle.
Au premier tour de scrutin, chaque liste est établie par les
organisations syndicales professionnelles les plus représentatives au
sein de l’établissement pour chaque catégorie de personnel.
Si le nombre des votants est inférieur à la moitié des inscrits, il sera
procédé à un second tour de scrutin, pour lequel les électeurs
pourront voter pour des listes autres que celles présentées par les
organisations syndicales.
Les sièges sont attribués à la représentation proportionnelle, les
restes étant attribués à la plus forte moyenne.
Article 121 : Contestations relatives à l’élection
Les contestations relatives à l’électorat, l’éligibilité des délégués du
personnel, ainsi qu’à la régularité des opérations électorales sont de
la compétence du tribunal du travail qui statue d’urgence en premier
et dernier ressort.
La décision du tribunal du travail est susceptible d’un pourvoi en
cassation devant la cour suprême dans les formes, délais et
conditions prévus par la loi pour ce recours en matière sociale.
SECTION II : MISSION DES DELEGUES DU PERSONNEL
Article 122 : Fonctions
Les délégués du personnel ont pour mission :
- De présenter aux employeurs toutes les réclamations individuelles
ou collectives qui n’auraient pas été directement satisfaites
concernant les conditions de travail et la protection des
travailleurs, l’application des conventions collectives, des
classifications professionnelles et des taux de salaires
réglementaires ou conventionnels ;
52
- De saisir l’inspection du travail de toutes plaintes ou réclamations
concernant l’application des prescriptions légales et
réglementaires dont elle est chargée d’assurer le contrôle ;
- De veiller à l’application des prescriptions relatives à l’hygiène, à
la sécurité des travailleurs et à la sécurité sociale et de proposer
toutes mesures utiles à ce sujet ;
- De communiquer à l’employeur toutes suggestions utiles tendant
à l’amélioration de l’organisation et du rendement de l’entreprise;
- De faire part à l’employeur de leurs avis et de leurs suggestions
sur les mesures de licenciement envisagées pour motif
économique.
Nonobstant les dispositions ci-dessus, les travailleurs ont la facilité de
présenter eux-mêmes, individuellement, leurs réclamations et
suggestions à l’employeur.
Article 123 : Heures de délégation
Sauf circonstances exceptionnelles et sauf convention contraire, le
chef d’établissement est tenu de laisser aux délégués du personnel le
temps nécessaire à l’exercice de leurs fonctions dans les limites d’une
durée qui ne peut excéder quinze heures par mois.
Ce temps leur est payé comme temps de travail. Il doit être affecté
exclusivement aux tâches relatives à la mission des délégués du
personnel telle que définie par la loi, les règlements et les
conventions collectives.
Article 124 : Arrêté d’application
Un arrêté du ministre du travail détermine les modalités
d’application des sections I et II du présent chapitre et, notamment :
- Les conditions exigées pour être électeur ou éligible ;
- Les modalités de répartition entre les différents collèges
électoraux et la répartition des sièges entre les différentes
catégories de personnel ;
53
- Les modalités pratiques de l’élection ;
- Le modèle du procès-verbal de l’élection que l’employeur est
tenu de faire parvenir en trois exemplaires, sous huitaine, à
l’inspecteur ou au contrôleur du travail de son ressort ;
- Les conditions de révocation du délégué par le collège des
travailleurs qui l’a élu ;
- Les moyens matériels mis à leur disposition tels que,
notamment, les locaux et panneaux d’affichage ;
- Les conditions dans lesquelles ils seront reçus par l’employeur
ou son représentant.
SECTION III : LICENCIEMENT DES DELEGUES DU PERSONNEL
Article 125 : Autorisation nécessaire et préalable
L’employeur doit requérir l’autorisation de l’inspecteur du travail et
de la sécurité sociale du ressort en vue de licencier un délégué du
personnel.
La demande est formulée par lettre recommandée avec accusé de
réception ou par lettre simple dont l’inspecteur doit accuser
réception par émargement de la copie.
Article 126 : Faute lourde – Mise à pied
Toutefois en cas de faute lourde, l’employeur peut prononcer
immédiatement la mise à pied du ou des délégués concernés par le
licenciement en attendant la décision définitive de l’inspecteur du
travail et de la sécurité sociale.
Si le licenciement est refusé, la mise à pied est annulée et ses effets
supprimés de plein droit. Si le licenciement est autorisé, il rétroagit
au premier jour de la mise à pied.
Article 127 : Décision de l’inspecteur du travail
54
L’inspecteur du travail et de la sécurité sociale doit rendre une
décision motivée dans les quinze jours du dépôt ou de la réception de
la demande d’autorisation de licenciement.
Le défaut de notification de réponse dans ce délai vaut
automatiquement sauf dans le cas où l’inspecteur notifie à
l’employeur sa décision de recourir à une enquête avant l’expiration
de ce délai, auquel cas celui-ci est porté à trente jours.
Article 128 : Recours contre la décision de l’inspecteur du travail
La décision accordant ou refusant le licenciement d’un délégué du
personnel dessaisit définitivement l’inspecteur du travail et de la
sécurité sociale de la procédure d’autorisation.
Elle n’est susceptible d’aucun recours autre que le recours
hiérarchique formé devant le ministre chargé du travail dans le délai
de quinze jours suivant la notification de la décision de l’inspecteur
ou l’expiration du délai de quinze ou trente jours sans que
l’inspecteur ait pris une décision.
Article 129 : Décision du ministre du travail
Le ministre chargé du travail dispose d’un délai non prorogeable de
trente jours à compter de sa saisine pour rendre sa décision.
Faute d’une décision prise dans ce délai, le ministre est réputé avoir
confirmé la décision de l’inspecteur du travail et de la sécurité
sociale.
La décision du ministre est susceptible d’un recours pour excès de
pouvoir devant la cour suprême dans les délais, formes et conditions
prévus pour l’exercice de ce recours en matière administrative.
Article 130 : Nullité du licenciement
Est nul de plein droit tout licenciement d’un délégué du personnel
opéré :
55
- sans que l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail et de la
sécurité sociale ait été demandée ;
- malgré l’annulation par le ministre chargé du travail de
l’autorisation du licenciement expresse ou tacite accordée par
l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale ;
- tout licenciement d’un délégué du personnel intervenu en violation
des dispositions présentes ouvre droit à des dommages-intérêts.
Article 131 : Domaine d’application
Les dispositions de la présente section sont applicables :
- Aux délégués du personnel pendant la période comprise entre
la date de mise des listes au chef d’entreprise et celle du
scrutin;
- Aux délégués du personnel pendant la période comprise entre
la fin de leur mandat et l’expiration de six mois suivant le
nouveau scrutin.
CHAPITRE II : COMITE CONSULTATIF D’ENTREPRISE OU
D’ETABLISSEMENT
56
par établissement, désignés par chacun des comités consultatifs
d’établissement.
Article 133 : Composition du comité consultatif
Le comité consultatif d’entreprise comprend le chef d’entreprise ou
son représentant président et les membres représentant le
personnel.
Le nombre des membres du comité consultatif est fixé comme suit :
1- Pour les cadres et ingénieurs : 1 membre titulaire, 1 membre
suppléant ;
2- Pour les agents de maîtrise et le personnel assimilé : 1 membre
titulaire et 1 membre suppléant ;
3- Pour les ouvriers et employés en fonction de leur effectif :
- De 250 à 500 : 3 membres titulaires, 3 membres suppléants ;
- De plus de 501 à 1000 : 4 membres titulaires, 4 membres
suppléants ;
- Au-delà de 1000 : 5 membres titulaires, 5 membres
suppléants.
La mission du comité consultatif est simplement consultative et ses
avis ne lient pas les chefs d’entreprise.
Le chef d’entreprise est tenu de faire connaître au comité les suites
réservées à ses avis.
Article 134 : Election des membres du comité consultatif
Les membres du comité consultatif sont élus par le personnel de
chaque entreprise ou, le cas échéant de chaque établissement.
Leur mandat est d’une durée de deux ans. Ils peuvent être réélus.
L’élection se déroule au scrutin secret et sous enveloppe.
Le scrutin est un scrutin de liste à deux tours avec représentation
proportionnelle.
57
Au premier tour du scrutin, chaque liste est établie par les
organisations syndicales professionnelles les plus représentatives au
sein de l’entreprise ou le cas échéant, de l’établissement pour chaque
catégorie de personnel.
Si le nombre des votants est inférieur à la moitié des inscrits, il sera
procédé à un second tour de scrutin pour lequel les électeurs
pourront voter pour des listes autres que celles présentées par les
organisations syndicales.
Les sièges sont attribués à la représentation proportionnelle, les
restes étant attribués à la plus forte moyenne.
Article 135 : Contestation
Les contestations relatives à l’électorat, à l’éligibilité des membres du
comité consultatif ainsi qu’à la régularité des opérations électorales
sont de la compétence du tribunal du travail qui statue d’urgence en
premier et dernier ressort.
La décision du tribunal du travail peut faire l’objet d’un pourvoi en
cassation devant la cour suprême dans les formes, délais et
conditions prévus par la loi pour l’exercice de ce recours en matière
sociale.
Article 136 : Rôle et mission du comité consultatif
Le comité consultatif collabore avec la direction de l’entreprise :
- À l’amélioration des conditions de travail, d’emploi et de vie des
travailleurs dans l’entreprise ;
- À l’amélioration de la production et à l’expansion de
l’entreprise.
Le comité consultatif est obligatoirement consulté pour avis sur tout
projet ou décision relative :
58
- Aux œuvres sociales de l’entreprise, notamment, les
économats, les services médicaux et sanitaires, les infirmeries,
les crèches, les écoles, les jardins d’enfants ;
- Aux activités sportives, culturelles et éducatives ;
- Aux logements du personnel non bénéficiaire d’un logement de
service octroyé par le contrat de travail ou la réglementation ;
- Aux questions d’hygiène et de sécurité dont la compétence est
dévolue au comité consultatif d’hygiène et de sécurité en
application de l’article 252.
La mission du comité consultatif est simplement consultative et ses
avis ne lient pas les chefs d’entreprise.
Le chef d’entreprise est ténu de faire connaître au comité les suites
réservées à ces avis.
Article 137 : Moyens d’action
Le chef d’entreprise ou, le cas échéant, le chef d’établissement est
tenu de laisser aux membres du comité consultatif, dans les limites
d’une durée qui, sauf circonstances exceptionnelles ou convention
contraire, ne peut excéder quinze heures par mois, le temps
nécessaire à l’exercice de leurs fonctions. Ce temps doit être affecté
exclusivement aux tâches afférentes à la mission précisée à l’article
précédent.
Ce temps, ainsi que celui de la participation aux réunions du comité
consultatif pendant les heures de travail, est payé comme temps de
travail.
Article 138 : Licenciement des membres du comité consultatif
Les dispositions des articles 125 à 131 sont applicables au
licenciement des membres du comité consultatif.
Article 139 : Arrêté d’application
59
Un arrêté du ministre du travail pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale détermine les modalités
d’application du présent chapitre et notamment :
1°) les conditions exigées pour être électeur et éligible ;
2°) les modalités de répartition du personnel entre les différents
collèges électoraux et la répartition des sièges entre les différentes
catégories du personnel ;
3°) les modalités pratiques de l’élection ;
4°) le modèle du procès-verbal d’élection que l’employeur doit faire
parvenir en trois exemplaires, sous huitaine, à l’inspecteur du travail ;
5°) les conditions de révocation du membre par le collège des
travailleurs qui l’a élu ;
6°) les moyens matériels mis à leur disposition tels que, notamment,
les locaux et les panneaux d’affichage ;
7°) les conditions de fonctionnement du comité consultatif
d’entreprise ou d’établissement.
60
- Inscrit au rôle des impôt sous un numéro de contribuable ;
- Immatriculé à la caisse nationale de sécurité sociale.
Article 141 : Déclaration à l’inspection du travail
Tout contrat de sous-entreprise, doit faire l’objet de la part de
l’entrepreneur principal, d’une déclaration à l’inspection du travail et
à la caisse nationale de sécurité sociale.
Cette déclaration doit être faite avant l’exécution du contrat de sous-
entreprise, et comporter les renseignements suivants :
- L’objet, le lieu et la durée prévue d’exécution de la sou
entreprise ;
- Le nom du sous-entrepreneur ;
- L’adresse du fond de commerce du sous-entrepreneur ;
- Les numéros d’immatriculation du sous-entrepreneur au
registre de commerce et à la caisse nationale de sécurité sociale
;
- Le numéro d’inscription de sous-entrepreneur au rôle des
impôts.
Article 142 : Effet du contrat régulier de sous-entreprise
Il n’existe aucun lien de droit entre l’entrepreneur principal ou le
maître de l’ouvrage d’une part, et les travailleurs engagés dans les
liens d’un contrat de travail avec le sous-entrepreneur, d’autre part.
Les travailleurs ne disposent, contre l’entrepreneur principal et le
maître de l’ouvrage, d’aucune action autre que l’action directe
prévue par le code des obligations et les contrats en matière de
contrat d’entreprise.
Article 143 : Effet du contrat irrégulier d’entreprise ou de
sousentreprise
Tout contrat de sous-entreprise est considéré comme contrat de
tâcheronnat et, comme tel, soumis aux dispositions du chapitre II du
61
présent titre si le sous-entrepreneur ne réunit pas les conditions
fixées par l’article 140, ou si l’entrepreneur n’a pas fait la déclaration
de sous-entreprise prévue à l’article 141.
Il en est de même du contrat de sous-entreprise lorsque le maître de
l’ouvrage, charge de l’exécution d’un ouvrage un autre entrepreneur
ne réunissant pas les conditions requises en vertu de l’article 140.
CHAPITRE II : TACHERONNAT
62
tâcheron dans toutes les obligations de ce dernier envers les
travailleurs et les institutions de sécurité sociale.
Faute de délivrance du visa d’enregistrement dans le délai de huit
jours à compter du dépôt du contrat à l’inspection du travail,
constaté par un accusé de réception ou par une décharge sur une
copie du contrat, le dit visa est réputé acquis.
63
- Le nom, l’adresse et la profession de l’entrepreneur
principal ou du maître d’ouvrage avec lequel il a passé
contrat.
2. Le tâcheron doit également, préalablement à l’exécution du
contrat de tâcheronnat, adresser à l’inspecteur du travail :
- Un duplicata de l’avis mentionné ci-dessus ;
- Une déclaration précisant l’adresse des ateliers, magasins,
L’entreprise chantiers ou autres lieux utilisés et les effectifs
des travailleurs qu’il envisage d’employer.
3. Le tâcheron doit communiquer à l’entrepreneur principal
l’affiche des jours de paie pour la période des travaux.
64
SECTION III : OBLIGATION DE L’ENTREPRENEUR PRINCIPAL
Article 150 : Obligations d’affichage et de publicité
L’entrepreneur principal doit afficher dans ses bureaux et tenir à jour
la liste des tâcherons avec lesquels il a passé contrat.
Il doit payer le tâcheron sur le lieu même où les travaux sont
exécutés, et les services fournis, en présence des travailleurs au
service du tâcheron et aux jours fixés pour la paie de ces derniers.
Article 151 : Responsabilité de l’entrepreneur principal et du maître
de l’ouvrage
1. Dans tous les cas ou des travaux sont exécutés par
l’intermédiaire d’un tâcheron, l’entrepreneur principal est, en
cas d’insolvabilité de celui-ci, substitué à lui en ce qui concerne
l’ensemble de ses obligations à l’égard des travailleurs et des
institutions de sécurité sociale qui ont une action directe contre
l’entrepreneur principal.
Ce dernier dispose d’une action récursoire contre le tâcheron.
2. En cas d’insolvabilité du tâcheron, le maître de l’ouvrage ou
l’entrepreneur principal n’est pas responsable des dettes envers
les travailleurs et les institutions de sécurité sociale qu’à
concurrence de ce qui est dû par lui au tâcheron au moment où
ses créanciers engagent une action directe contre lui ou lui
notifient une interdiction de payer.
Article 152 : Arrêté d’application
Un arrêté du ministre du travail pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale fixe, en cas de besoin les
modalités d’application du présent titre.
65
LIVRE III : CONDITIONS DE TRAVAIL
TITRE I : TRAVAIL DES FEMMES ET DES ENFANTS
CHAPITRE I : APTITUDE DU TRAVAIL
66
des heures consacrées à l’école et aux travaux légers ne
dépassant pas sept heures.
Article 155 : Horaires interdits
Est interdit l’emploi des enfants âgés de moins de quatorze ans :
- Le vendredi et les jours fériés ;
- La nuit, de 20 heures du soir à 8 heures du matin.
Article 156 : Tenue d’un registre
Tout employeur doit tenir à la disposition de l’inspecteur du travail et
de la sécurité sociale, un registre indiquant, les noms et dates de
naissance de toutes les personnes de moins de dix-huit ans qu’il
emploie, ainsi que leurs heures de travail.
Article 157 : Modalités d’application
Un arrêté du ministre du travail fixe les modalités d’application des
dispositions de la présente section.
67
Il doit être constaté par une annotation portée au registre prévu par
l’article 156
Article 159 : Certificat d’aptitude à l’emploi
Le certificat médical d’aptitude à l’emploi peut :
- Prescrire des conditions déterminées d’emploi ;
- Être délivré pour un travail spécifique ou pour un groupe de
travaux ;
- Être délivré pour une durée limitée.
L’employeur est tenu de classer et de tenir à la disposition de
l’inspection du travail et de la sécurité sociale le certificat médical
d’aptitude à l’emploi.
Article 160 : Contrôle médical périodique
L’aptitude des jeunes travailleurs à l’emploi qu’ils exercent doit faire
l’objet d’un contrôle médical semestriel jusqu’à l’âge de dix-huit ans
révolus.
L’inspecteur du travail et de la sécurité sociale peut exiger des
contrôles d’une périodicité plus fréquente.
L’inobservation des dispositions du présent article entraîne la rupture
du contrat de travail à la charge de la partie fautive.
Article 161 : Arrêté ministériel
Un arrêté ministériel fixe éventuellement les modalités d’application
des dispositions de la présente section.
68
Il est interdit à l’employeur d’employer la femme salariée pendant
toute la durée du congé de maternité prévu à l’article 39.
69
Article 163 : Repos pour allaitement
Pendant le repos des femmes salariées pour allaitement, l’heure de
repos prévue par l’article 40, peut être répartie en deux périodes qui
seront prises par les mères en accord avec leur employeur. A défaut
d’accord, ces périodes seront fixées au milieu de chaque demi-
journée de travail.
Un arrêté du ministre du travail, pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, pourra fixer l’obligation
pour les établissements occupant plus de cent femmes, d’aménager
une chambre d’allaitement, soit dans l’établissement, soit à
proximité.
70
1. Pour les industries dans lesquelles le travail s’applique à des
matières susceptibles d’altération très rapide, il peut être
dérogé temporairement aux dispositions des articles 165 et 166
lorsque cela est nécessaire pour sauver ces matières d’une
perte inévitable.
2. Dans tous les établissements visés à l’article 166, il pourra être
dérogé aux dispositions des articles 165 et 166 lorsque cela est
nécessaire pour prévenir ou réparer des accidents graves
survenus inopinément.
Toutefois, ces dérogations sont limitées aux femmes et aux
seuls enfants âgés de seize à dix-huit ans.
Article 168 : Modalités des dérogations temporaires
Dans la limite de quinze nuits par an, il pourra être fait usage des
dérogations prévues à l’article 167 sur simple préavis donné à
l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale, avant le
commencement du travail exceptionnel.
Il ne pourra être fait usage de la dérogation prévue à l’article 167 1°,
au délai de quinze nuits par an sans autorisation spéciale préalable
de l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale.
Dans tous les cas où la dérogation est utilisée, les femmes et les
enfants devront bénéficier d’un repos compensateur de même durée
que le travail effectué du fait de la dérogation.
Article 169 : Dérogations permanentes
Des dérogations permanentes pourront être accordées par
l’inspecteur du travail et de la sécurité sociale après consultation des
délégués du personnel pour les femmes occupées dans les
établissements visés à l’article 166 dans le service de l’hygiène et du
bien-être, et qui n’effectueront pas normalement un travail manuel.
71
TITRE II : DURÉE DU TRAVAIL
CHAPITRE I : DUREE HEBDOMADAIRE
Article 170 : Durée légale dans les entreprises non agricoles
Dans toutes les entreprises non agricoles, la durée légale du travail
ne peut excéder quarante heures par semaine et huit heures par
jour.
Des arrêtés du ministre du travail, pris après avis du conseil national
du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale détermineront par
branche d’activité, par catégorie professionnelle, pour l’ensemble du
territoire ou pour une région, les modalités d’application de la
semaine de quarante heures, des dérogations et les conditions
d’utilisation de ces dérogations.
Article 171 : Durée légale dans les entreprises agricoles
Dans les entreprises agricoles, la durée annuelle légale de travail
effectif ne peut excéder deux mille quatre cents heures.
Dans cette limite, un arrêté du ministre du travail, pris après avis du
conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale fixe la
durée hebdomadaire légale selon les saisons et les régions.
Article 172 : Heures supplémentaires
Les heures de travail effectuées chaque semaine au-delà de la durée
légale définie par les articles 170 et 171 sont considérées comme
heures supplémentaires et donnent lieu à la majoration de salaire.
Les modalités d’autorisation et de rémunération des heures
supplémentaires effectuées au-delà de la durée légale, de jour ou de
nuit les jours ouvrables, le repos hebdomadaire ou les jours fériés
sont déterminées par la convention collective ou à défaut par arrêté
du ministre du travail pris après avis du conseil national du travail, de
l’emploi et de la sécurité sociale.
72
Toutefois, en ce qui concerne les services publics et les
établissements publics ces modalités sont déterminées par décret
pris en conseil des ministres.
Article 173 : Repos journalier
Le travail journalier de tout travailleur doit être suivi d’un repos
ininterrompu d’au moins dix heures consécutives, sans préjudice de
l’article 165.
73
SECTION II : JOURS FERIES
Article 176 : Détermination par la loi - Principes
Les jours fériés chômés ainsi que ceux qui sont chômés et payés sont
déterminés par la loi.
Les jours fériés effectivement chômés ne donnent lieu à la
suppression de salaire que pour les travailleurs rémunérés à l’heure
ou à la journée.
Les jours fériés non chômés ne donnent lieu à aucune majoration de
salaire.
Les jours fériés déclarés payés par la loi, s’ils sont œuvrés, donnent
lieu à une majoration de salaire.
Article 177 : Arrêtés ministériels
Les conventions collectives ou des arrêtés ministériels peuvent
déterminer les conditions dans lesquelles les jours fériés déclarés
chômés ou chômés et payés par la loi sont rémunérés s’ils sont
œuvrés.
74
Les périodes de suspension du contrat de travail sont considérées
comme des périodes de services effectifs conformément aux
dispositions de l’article 32.
Article 179 : Période de référence
La période de référence à prendre en considération pour la
détermination des services effectifs, est celle qui s’étend de la date
de l’embauchage du travailleur ou du retour du précédent congé au
dernier jour qui précède celui de son départ en congé.
75
- Trois jours ouvrables pour une ancienneté supérieure à vingt
ans.
Article 182 : Augmentation de la durée des congés pour les mères
de famille
Les salariées mères de famille ont droit à un jour ouvrable de congé
supplémentaire par an pour chaque enfant vivant de moins de
quatorze ans enregistrés à l’état civil.
Article 183 : Augmentation de la durée des congés en fonction des
délais de route
Pour le travailleur expatrié ou déplacé prenant son congé dans sa
résidence habituelle, hors du lieu de son emploi, la durée des congés
est augmentée des délais de route correspondant à la durée de
voyage aller et retour effectué dans les conditions fixées par le
présent code pour le transport des travailleurs et, éventuellement,
de délais d’attente du titre de transport.
Article 184 : Non déductibilité des absences
Dans la limite annuelle de dix jours, ne peuvent être déduites de la
durée du congé acquis, les permissions exceptionnelles payées
accordées au travailleur à l’occasion d’événements familiaux, en
application des règlements ou des conventions collectives en vigueur.
Dans la limite annuelle de quinze jours ouvrables non déductibles de
la durée du congé payé, des autorisations d’absence sans salaire
peuvent être accordées au travailleur afin d’assister aux congrès
statutaires et aux séminaires des organisations syndicales de
travailleurs.
Ces autorisations d’absence peuvent être prises en une ou deux fois
sans pouvoir porter à plus de trois, dans la même année civile, les
suspensions de contrat résultant du congé annuel et de l’application
des présentes dispositions.
76
77
CHAPITRE III : JOUISSANCE DES CONGES PAYES
Article 185 : Période du congé
Le travailleur a le droit d’exiger de prendre ses congés au terme de la
durée des services effectifs fixée par l’article 178.
Toutefois, la jouissance effective des congés peut être reportée par
accord entre les parties sans que la durée de service effectif puisse
excéder trois ans et sous réserve d’un congé de six jours ouvrables à
prendre obligatoirement chaque année.
Article 186 : Continuité du congé
Le congé ne dépassant pas douze jours ouvrables doit être continu.
S’il est supérieur à douze jours ouvrables, il peut être fractionné par
accord entre les parties à condition qu’une fraction au moins soit de
douze jours ouvrables.
Article 187 : Lieu du congé
Le travailleur est libre de prendre son congé dans le pays de son choix
sous réserve des dispositions relatives au transport.
Article 188 : Allocation de congés payés
L’employeur doit verser au travailleur, au moment de son départ en
congé une allocation égale au douzième des sommes perçues par le
travailleur au cours de la période de référence à l’exécution des
indemnités à caractère de frais, des prestations en nature liées
accessoirement à l’emploi ou des indemnités forfaitaires en tenant
lieu qui n’ont pas le caractère de rémunération en nature.
Les indemnités d’éloignement et de déplacement prévues aux
articles 199 et 200 ne sont pas prises en compte pour le calcul des
indemnités de congés payés.
78
Par contre, les retenues éventuellement opérées sur le salaire au
titre des prestations en nature sont prises en compte dans le calcul
de l’allocation de congé.
Article 189 : Indemnité compensatrice de congés payés
En cas de rupture du contrat ou en cas d’expiration du contrat avant
que le travailleur ait acquis droit aux congés payés, une indemnité
calculée sur la base des droits acquis en vertu des dispositions ci-
dessus doit être accordée à la place du congé.
Le travailleur engagé à l’heure ou à la journée pour une occupation
de courte durée n’excédant pas une journée, perçoit une indemnité
compensatrice de congés payés, en même temps que le salaire
acquis, au plus tard en fin de journée, égale au douzième de la
rémunération acquise au cours de la journée. Cette indemnité doit
figurer obligatoirement au bulletin de paie sous forme d’une mention
distincte du salaire.
En dehors de ces cas, est nulle et de nullité absolue toute convention
prévoyant l’octroi d’une indemnité compensatrice aux lieu et place
du congé.
Article 190 : Arrêté ministériel
Un arrêté du ministre du travail, pris après avis du conseil national du
travail de l’emploi et de la sécurité sociale précise, en cas de besoin,
les conditions d’application du présent titre.
TITRE IV SALAIRES
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 191 : Principe “à travail égal, salaire égal”
A conditions égales de travail, de qualification professionnelle et de
rendement, le salaire est égal pour tous les travailleurs quels que
soient leur origine, leur sexe, leur âge et leur statut.
79
Par travail, il faut entendre l’emploi effectivement occupé par le
travailleur tel que défini par les textes en vigueur sur la base des
travaux qu’il comporte.
Article 192 : Principe “pas de salaire sans travail”
Aucun salaire n’est dû en cas d’absence en dehors des cas prévus par
la loi, les règlements, les conventions collectives ou l’accord des
parties.
Inversement, le salaire est dû à tout travailleur qui se tient
effectivement à la disposition de son employeur aux temps et lieu de
travail convenus, sauf pour les cas de chômage économique ou
technique.
Article 193 : Détermination du salaire et de ses accessoires
La rémunération du travailleur est déterminée, soit par convention
collective, soit par arrêté, soit par accord des parties dans le respect
du minimum prévu par la réglementation ou la convention collective
en vigueur.
Les travailleurs doivent être informés individuellement ou
collectivement , par écrit ou par affichage ou par tout autre moyen
approprié à la situation de l’entreprise, des conditions de salaires qui
leurs sont applicables avant de commencer le travail ou à l’occasion
de tout changement de ces conditions.
Article 194 : Prise en compte des commissions, primes et
indemnités
Lorsque la rémunération des services est constituée, en totalité ou en
partie par des commissions ou des primes et prestations diverses ou
des indemnités représentatives de ces prestations dans la mesure où
celles-ci ne constituent pas un remboursement de frais, il en est tenu
compte pour le calcul de l’allocation de congé payé, de l’indemnité
de préavis, de l’indemnité de licenciement et des dommages-
intérêts.
80
Le montant à prendre en considération, à ce titre, est la moyenne
mensuelle calculée sur les douze derniers mois d’activité, des
éléments visés au précédent alinéa ou sur la période d’activité si
celle-ci est inférieure à douze mois.
CHAPITRE II : ELEMENTS DU SALAIRE
SECTION I : SALAIRE MINIMAL INTERPROFESSIONNEL GARANTI ET
SALAIRES MINIMAUX HIERARCHISES
Article 195 : Fixation du SMIG
Un décret, pris après avis du conseil national du travail, de l’emploi et
de la sécurité sociale fixe le taux du salaire minimal
interprofessionnel garanti.
Le décret peut fixer :
- Des taux d’abattement applicables aux travailleurs âgés de
moins de dix-huit ans.
- Des taux différents pour les activités agricoles.
Article 196 : Interdiction d’une rémunération inférieure au SMIG
Il est interdit à tout employeur de rémunérer un salarié à un taux
inférieur au SMIG tel que déterminé par le décret visé à l’article
précédent.
Pour l’application du présent article, entrent dans le décompte du
salaire les avantages en nature et les accessoires du salaire ayant le
caractère de compléments de salaire, à l’exclusion des majorations
pour heures supplémentaires et des remboursements de frais.
Article 197 : Salaires de base catégoriels
A défaut de conventions collectives ou dans leur silence, des arrêtés
du ministre du travail, pris après avis du conseil national du travail de
l’emploi et de la sécurité sociale fixent les catégories professionnelles
et les salaires de base minimaux qui leur correspondent.
81
SECTION II : SALAIRE A LA TACHE OU AUX PIECES
Article 198 : Conditions de rémunération à la tâche ou aux pièces
Lorsqu’une convention collective étendue ou non étendue, ne
prévoit pas de rémunération à la tâche ou aux pièces, il est interdit à
tout employeur auquel s’applique la convention collective de
pratiquer ce mode de rémunération.
Lorsqu’elle est prévue par une convention collective, la rémunération
à la tâche ou aux pièces doit être calculée de telle sorte qu’elle
procure au travailleur de capacité moyenne et travaillant
normalement, un salaire au moins égal à celui du travailleur
rémunéré au temps effectuant un travail analogue.
Les taux minimaux de salaire ainsi que les conditions de
rémunération à la tâche ou aux pièces sont affichés aux bureaux des
employeurs et sur les lieux de paie du personnel.
Article 199 : Non-respect des conditions de rémunération à la tâche
ou aux pièces
L’infraction aux dispositions de l’article précédent est constatée par
procès-verbal dressé par l’inspecteur du travail du ressort appuyé
d’une expertise. Le cas échéant, le tribunal correctionnel peut
commettre un nouvel expert et apprécie souverainement si les faits
relevés constituent l’infraction visée.
Le tribunal du travail apprécie de la même manière lorsqu’il est saisi
d’un différend individuel ayant trait à la rémunération à la tâche ou
aux pièces.
SECTION III : INDEMNITE D’ELOIGNEMENT-INDEMNITE DE
DEPLACEMENT
Article 200 : Indemnité d’éloignement
Lorsque les conditions climatiques de la région du lieu d’emploi
différent de celles caractérisant la résidence habituelle d’un
82
travailleur et lorsqu’il résultera, pour ce dernier, des sujétions
particulières du fait de cet éloignement, le travailleur recevra une
indemnité d’éloignement destinée à le dédommager des dépenses et
sujétions supplémentaires auxquelles l’expose sa venue et son séjour
au lieu d’emploi.
Article 201 : Indemnité de déplacement
Lorsqu’un travailleur est astreint par obligation professionnelle en
déplacement occasionnel et temporaire hors de son lieu habituel
d’emploi, il a droit à une indemnité de déplacement.
Article 202 : Arrêté ministériel
Les modalités d’attribution et le taux de ces indemnités sont fixés par
les dispositions des conventions collectives ou, à défaut, par arrêté
du ministre du travail pris après avis du conseil national du travail, de
l’emploi et de la sécurité sociale.
83
Article 204 : Ravitaillement en denrées alimentaires
Dans le cas où le travailleur ne peut, par ses propres moyens, obtenir
pour lui et sa famille, un ravitaillement régulier en denrées
alimentaires de première nécessité, l’employeur est tenu de les lui
assurer.
Un arrêté du ministre du travail détermine les régions et les
catégories de travailleurs pour lesquelles est obligatoire la fourniture
d’une ration journalière de vivres, la valeur maximale de
remboursement de celle-ci, les détails en nature et en poids des
denrées de première nécessité la composant, les conditions de sa
fourniture, notamment par la mise en culture de terrains réservés à
cet effet.
Article 205 : Cession de biens et fournitures de services dans les
économats
Est considérée comme économat, toute organisation où l’employeur
pratique directement ou indirectement, la cession de biens ou la
fourniture de services aux travailleurs de l’entreprise pour leurs
besoins personnels et normaux.
Les économats sont admis sous la triple condition :
- Que les travailleurs ne soient pas obligés de s’y fournir ;
- Que la vente des marchandises y soit faite exclusivement au
comptant et sans bénéfice ;
- Que la comptabilité du ou des économats de l’entreprise soit
entièrement autonome et soumise au contrôle d’une
commission de surveillance élue par les travailleurs.
Le prix des marchandises mise en vente doit être affiché lisiblement.
Tout commerce installé à l’intérieur de l’entreprise est soumis aux
dispositions qui précédent, à l’exception des coopératives ouvrières.
84
La vente des alcools et spiritueux est interdite dans les économats,
ainsi que sur le lieu d’emploi du travailleur.
Article 206 : Ouverture et fermeture des économats
L’ouverture d’un économat dans les conditions prévues à l’article
précédent est subordonnée à l’autorisation du ministre du travail,
délivrée, après avis de l’inspecteur du travail du ressort sur la
proposition du directeur du travail.
Elle peut être prescrite dans toute entreprise par le ministre du
travail, sur proposition de l’Inspecteur du Travail du ressort et du
directeur du Travail.
Le fonctionnement est contrôlé par l’inspecteur du travail qui, en cas
d’abus constaté, peut prescrire la fermeture provisoire pour une
durée maximale d’un mois.
Le ministre du travail peut ordonner la fermeture définitive du ou des
économats de l’entreprise, sur le rapport de l’inspecteur du travail du
ressort ou sur proposition du directeur du travail.
SECTION II : TRANSPORT DU TRAVAILLEUR DE SA FAMILLE ET DE
LEURS BAGAGES
Article 207 : Transport du travailleur expatrié
Les frais de transport du travailleur expatrié, de son conjoint et de ses
enfants mineurs vivant habituellement avec lui, ainsi que de leurs
bagages, sont à la charge de l’employeur sauf dans les cas suivants :
1. Lorsque le travailleur quitte sa résidence habituelle sans contrat
individuel de travail ou sans promesse individuelle de contrat
de travail ;
2. Lorsque le contrat d’engagement à l’essai est résilié ou ne
donne pas lieu à l’établissement d’un contrat de travail définitif,
si le travailleur a été engagé au lieu d’emploi ;
85
3. Lorsque le contrat à durée déterminée est résilié avant terme
du fait ou par la faute lourde du travailleur, sauf en cas de force
majeure ;
4. Lorsque le contrat à durée indéterminée est résilié du fait du
travailleur ou par suite de faute lourde de celui-ci avant que ce
soit expirée la durée minimale de séjour prévue du contrat ;
5. Lorsque le tribunal compétent a prononcé la nullité d’un
contrat à la charge du travailleur.
Dans les cas visés au 4° et au 5° ci-dessus, les frais de transport de
retour et éventuellement de venue, sont répartis au moment de la
résiliation du contrat, entre l’employeur et le travailleur au prorata
du temps de service accompli eu égard à la durée minimale du séjour
prévue au contrat.
Article 208 : Transport du travailleur déplacé
Les frais de transport du travailleur de nationalité mauritanienne ou
ayant en Mauritanie sa résidence habituelle et éventuellement sa
famille, déplacé du fait de l’employeur pour l’exécution de son
contrat de travail hors de sa résidence habituelle, sont à la charge de
Conditions de travail 99l’employeur dans les conditions fixées par
arrêté du ministre du travail, pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale.
Article 209 : Durée minimale de séjour
Le contrat de travail ou la convention collective peut prévoir une
durée minimale de séjour en dessous de laquelle le transport des
membres de la famille du travailleur n’est pas à la charge de
l’employeur.
Cette durée n’excédera pas douze mois.
Article 210 : Moyens de transport - classe de passage - poids des
bagages
86
Le transport du travailleur expatrié ou déplacé et de sa famille ainsi
que de leurs bagages est effectué par la voie et les moyens normaux
laissés au choix de l’employeur sauf prescription médicale contraire.
Il est cependant loisible au travailleur d’utiliser un moyen de
transport à sa convenance dans ce cas : si le moyen est plus coûteux,
les frais supplémentaires incombent au travailleur ; s’il est moins
coûteux, le travailleur ne peut exiger de son employeur que le
paiement de la différence.
La classe de passage et le poids des bagages sont déterminés par
l’emploi tenu par le travailleur dans l’entreprise suivant stipulation de
la convention collective ou, à défaut suivant les règles fixées par
arrêté du ministre du travail pris après avis du conseil national du
travail de l’emploi et de la sécurité sociale.
Il est tenu compte, dans tous les cas, des charges de famille pour le
calcul du poids des bagages.
Article 211 : Frais de transport avancés par le travailleur
Le transport du travailleur et de sa famille, ainsi que de leurs bagages
constituant une prestation en nature, n’est susceptible de
remboursement par l’employeur au travailleur que lorsque celui-ci a
avancé les frais d’un transport acquis aux termes des dispositions de
la présente section, et réellement effectué.
Article 212 : Délais de transport
Les délais de transport du travailleur par le moyen offert par
l’employeur, ne sont compris ni dans la période de référence ouvrant
droit à congé, ni dans la durée du congé.
La durée du congé est toutefois amputée des délais supplémentaires
qu’entraîne l’utilisation de tout moyen de transport moins rapide que
celui offert par l’employeur.
Article 213 : Exigibilité du droit au transport
87
Le travailleur qui a cessé son service peut exiger de son ancien
employeur, la mise à sa disposition des titres de transport auxquels il
a droit, dans un délai de deux ans à compter de la cessation du travail
chez ledit employeur.
A cet effet, ce dernier remet au travailleur une attestation
établissant, au jour de la rupture du contrat, le décompte exact des
droits du travailleur en matière de transport.
Le travailleur qui a été au service de plusieurs employeurs successifs
et qui manifeste sa volonté de regagner sa résidence habituelle,
remet les attestations qu’il détient au dernier employeur en échange
des titres de transport. Le dernier employeur a une action directe
devant le tribunal du travail contre les précédents employeurs en vue
de la répartition des frais de transport exposés, au prorata du temps
de service du travailleur chez chacun des employeurs successifs.
Un arrêté du ministre du travail pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale fixe, en cas de besoin, les
modalités d’exécution des présentes dispositions.
Article 214 : Indemnisation du délai d’attente des titres de transport
Le travailleur qui a cessé son service et qui est dans l’attente du
moyen de transport désigné par son employeur pour regagner sa
résidence habituelle reçoit de l’employeur une indemnité égale au
salaire qu’il aurait perçu s’il avait continué à travailler. Il continue à
bénéficier des prestations et avantages en nature.
Le travailleur dont le contrat de travail est signé ou dont le congé est
arrivé à expiration et qui reste à la disposition de son employeur dans
l’attente du moyen de transport lui permettant de quitter sa
résidence habituelle pour rejoindre son lieu d’emploi, reçoit de
l’employeur, pendant cette période d’attente, une indemnité calculée
sur la base de l’allocation de congé.
88
L’indemnité prévue à l’alinéa précédent est due également lorsque le
travailleur a été empêché d’utiliser le moyen de transport désigné à
la date prévue à charge pour lui de prévenir son employeur par les
voies les plus rapides et de rendre compte et prouver que l’attente
ne lui est pas imputable.
Article 215 : Rapatriement du corps du travailleur ou d’un membre
de sa famille décédé
En cas de décès, au lieu d’emploi d’un travailleur expatrié ou déplacé
ou d’un membre de sa famille dont le voyage était à la charge de
l’employeur, le rapatriement du corps du défunt jusqu’au lieu de
résidence habituelle est à la charge de l’employeur.
Si la famille du défunt renonce au transport des restes mortels,
l’employeur assurera les frais de funérailles dans la limite d’une
somme forfaitaire qui sera définie par la convention collective.
Un arrêté du ministre du travail pris après conseil du travail , de
l’emploi et de la sécurité sociale pourra déterminer les conditions
d’application du présent article.
CHAPITRE IV : MODALITES DE PAIEMENT DU SALAIRE
Article 216 : Mode de paiement du salaire
Le salaire doit être payé en monnaie ayant cours légal en Mauritanie
nonobstant toute clause contraire.
Sous réserve des dispositions du présent code relatives aux
prestations en nature, le paiement de tout ou partie du salaire en
nature, en alcool ou en boissons alcoolisées est formellement
interdit.
Il est interdit à l’employeur de restreindre de quelque manière que ce
soit, la liberté du travailleur de disposer librement de son salaire à
son gré.
Article 217 : Lieu du paiement
89
Sauf en cas de force majeure, la paie est faite sur le lieu du travail ou
au bureau de l’employeur lorsqu’il est voisin du lieu du travail.
En aucun cas, elle ne peut être faite dans un débit de boissons ou
dans un magasin de vente sauf pour les travailleurs qui y sont
normalement occupés.
Article 218 : Moment du paiement
Le paiement des salaires a lieu durant les heures de travail lorsque
celles-ci concordent avec les heures d’ouverture normale de la caisse.
Il ne peut se faire le jour où le travailleur a droit au repos. Les
travailleurs absents le jour de la paie peuvent retirer leur salaire aux
heures normales de la caisse et conformément au règlement
intérieur de l’établissement.
Article 219 : Périodicité du paiement - Principes
A l’exception des professions pour lesquelles des usages établis
prévoient une périodicité de paiement différente et qui sont
déterminées par arrêté du ministre du travail, après avis du conseil
national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, le salaire doit
être payé à intervalles réguliers, ne pouvant excéder quinze jours
pour le travailleur payé à l’heure ou à la journée et un mois pour le
travailleur payé au mois.
Toutefois, le travailleur journalier engagé à l’heure ou à la journée,
pour une occupation de courte durée est payé chaque jour
immédiatement après la fin du travail. Néanmoins, les entreprises
occupant plus de cinquante personnes sont autorisées à payer,
chaque mois, les travailleurs dont le salaire est calculé sur une base
horaire ou journalière, à condition qu’un acompte représentant au
moins la moitié du salaire du mois précédent soit versé chaque
quinzaine. Les travailleurs employés par les services publics sont
payés une fois par mois.
Article 220 : Délais de paiement
90
Les paiements mensuels doivent être effectués au plus tard huit jours
après la fin du mois de travail qui donne droit au salaire ; les
paiements à la quinzaine ou à la semaine, au plus tard quatre jours
ou deux jours après la fin de la quinzaine ou la semaine qui donne
droit au salaire. Pour tout travail aux pièces ou au rendement dont
l’exécution doit durer plus d’une quinzaine, les dates de paiement
peuvent être fixées de gré à gré, mais le travailleur doit recevoir
chaque quinzaine des acomptes correspondants au moins à 90% du
salaire minimal et être intégralement payé dans la quinzaine qui suit
la livraison de l’ouvrage.
Les commissions acquises au cours d’un trimestre doivent être
payées dans les trois mois suivant la fin de ce trimestre. Les
participations aux bénéfices réalisés durant un exercice doivent être
payées dans les neuf mois qui suivent l’exercice. En cas de rupture du
contrat de travail, le salaire et les accessoires du salaire, les primes et
les indemnités de toute nature dus au travailleur au moment de la
rupture doivent être payés dès la cessation du service.
Toutefois en cas de litige, l’employeur peut obtenir du président du
tribunal du travail l’immobilisation provisoire, entre ses mains, de
tout ou partie de la fraction saisissable des sommes dues.
Article 221 : Etablissement d’un bulletin de paie et d’un registre des
paiements
Quels que soient la nature et la durée du travail fourni et le montant
de la rémunération acquise, tout paiement du salaire doit, sauf
dérogation autorisée à titre individuel par l’inspecteur du travail du
ressort, faire l’objet d’une pièce justificative dite “Bulletin de Paie”
dressée et certifiée par l’employeur et remise au travailleur au
moment du paiement.
Toutes les mentions portées sur le bulletin de paie visé à l’alinéa
précédent sont obligatoirement reproduites, à l’occasion de chaque
paiement des salaires, sur un registre dit “registre des paiements». A
91
l’occasion de chaque paie ce registre est émargé par chaque
travailleur intéressé ou, si le travailleur est illettré, par deux témoins
dont l’un choisi par le travailleur en cas de paiement par espèce ou
par chèque.
La contexture du bulletin de paie et du registre des paiements est
fixée par arrêté du ministre du travail après avis du conseil national
du travail de l’emploi et de la sécurité sociale. Le registre des
paiements ou tout autre document justificatif des paiements est
conservé par l’employeur, à l’établissement, dans les mêmes
conditions que les pièces comptables et doit être présenté, sur le
champ, à toute réquisition de l’inspection du travail même en cas
d’absence du chef d’établissement.
Article 222 : Inopposabilité des mentions de renonciation ou
d’acceptation, sans réserve des bulletins de paie
N’est pas opposable au travailleur la mention “Pour solde de tout
compte” ou toute mention équivalente souscrite par lui, soit au cours
de l’exécution, soit après la résiliation de son contrat de travail et par
laquelle le travailleur renonce à tout ou partie des droits qu’il tient de
son contrat de travail.
L’acceptation par le travailleur sans protestation ni réserve, d’un
bulletin de paie ne peut valoir renonciation de sa part au paiement
de tout ou partie du salaire, des accessoires du salaire, des primes et
des indemnités de toute nature qui lui sont dus en vertu des
dispositions législatives, réglementaires, conventionnelles ou
contractuelles.
Elle ne peut valoir, non plus, compte arrêté et réglé.
Article 223 : Absence du bulletin de paie ou de registre des
paiements
En cas de contestation sur le paiement du salaire, des accessoires du
salaire, des primes et des indemnités de toute nature, le non-
92
paiement est présumé, si l’employeur n’est pas en mesure de
produire le registre des paiements dûment émargé par le travailleur
ou les témoins sous les mentions contestés, ou le double émargé
dans les conditions, du bulletin de paie afférent au paiement
contesté sauf cas de force majeure empêchant l’employeur de
produire ces documents.
Toutefois, les sommes réclamées dont l’employeur établira le
paiement par chèque, mandat, virement, prélèvement bancaire ou
tout autre mode de paiement scriptural, viendront en déduction des
sommes réclamées par le travailleur.
CHAPITRE V : PRIVILEGES ET GARANTIES DE LA CREANCE DE SALAIRE
Article 224 : Principe
Pour l’application des dispositions du présent chapitre, le salaire
s’entend du salaire proprement dit qu’elle soit son appellation des
accessoires de salaire, de l’allocation de congé, des primes, des
indemnités, des prestations de toute nature et des dommages-
intérêts.
Article 225 : Privilège des salaires
A due concurrence de la fraction incessible et insaisissable du salaire,
telle qu’elle résulte des dispositions de l’article 236, les créances de
salaire du travailleur bénéficient d’un super privilège général
préférable à tous les autres privilèges généraux et spéciaux.
A due concurrence de la fraction cessible et saisissable, les créances
de salaire du travailleur bénéficient d’un privilège général simple.
Le super privilège général et le privilège général simple s’exercent sur
les biens meubles et immeubles de l’employeur, après le droit de
préférence des créanciers hypothécaires en ce qui concerne ces
derniers.
Article 226 : Faillite ou liquidation judiciaires - Paiement des salaires
93
En cas de faillite ou liquidation, les sommes précomptées par le
trésor postérieurement à la date de cession des paiements, sur les
mandats dus à l’employeur, sont rapportées à la masse.
Au plus tard dans les dix jours qui suivent le jugement déclaratif de
faillite ou de liquidation judiciaire et sur simple ordonnance du juge
commissaire, le syndic ou le liquidateur paie les créances des
travailleurs.
Au cas où il n’aurait les fonds nécessaires, ces créances doivent être
acquittées sur les premières rentrées de fonds avant toute autre
créance comme indiqué à l’article 225.
Au cas où lesdites créances sont payées grâce à une avance faite par
le syndic, le liquidateur ou toute autre personne, le prêteur est, par
cela même subrogé dans les droits du travailleur et doit être
remboursé dès la rentrée des fonds nécessaires, sans qu’aucune
autre créance puisse y faire opposition.
Article 227 : Faillite ou liquidation judiciaire - Maintien du
travailleur dans son logement
Le travailleur logé par l’employeur avant la liquidation ou la faillite
continue à être logé jusqu’à la date du paiement de sa dernière
créance ou, éventuellement jusqu’à la date du départ du moyen de
transport mis à sa disposition pour regagner sa résidence habituelle.
Article 228 : Droit de rétention
Le travailleur détenteur de l’objet œuvré par lui peut exercer le droit
de rétention dans les conditions prévues par la législation en vigueur.
Les objets mobiliers confiés à un travailleur pour être travaillés,
façonnés, réparés ou nettoyés et qui n’auront pas été retirés dans le
délai de six mois pourront être vendus dans les conditions et formes
déterminées par la législation en vigueur.
Article 229 : Assistance judiciaire
94
Le bénéfice de l’assistance judiciaire est acquis d’office pour toute
demande d’autorisation de saisie - arrêt que le travailleur croit devoir
présenter à la juridiction de droit commun.
95
CHAPITRE VI : PRESCRIPTION DE L’ACTION EN PAIEMENT DE
SALAIRE
Article 230 : Délai de prescription
L’action de tout travailleur, en paiement de salaire ou fourniture de
prestation en nature ou éventuellement leur remboursement se
prescrit par deux ans à compter de la date ou le salaire ou la
prestation en nature est exigible.
Elle est lorsqu’il y compte, arrêté , cédule, obligation ou citation en
justice non périmée ou demande de conciliation interrompue
adressée à l’inspecteur du travail.
Article 231 : Délation du serment
Le travailleur auquel la prescription est opposée peut déférer le
serment à l’employeur ou à son représentant sur la question de
savoir si le salaire qu’il réclame a été payé.
Le serment peut également être déféré aux veuves ou veufs, héritiers
et tuteurs de l’employeur sur la même question.
Article 232 : Intervention de la prescription
Si le serment déféré n’est pas prêté ou s’il est reconnu, même
implicitement, que les sommes réclamées n’ont pas été payées,
l’action en paiement de salaire se prescrit par quinze ans
conformément aux dispositions de l’article 385 du code des
obligations et des contrats.
CHAPITRE VII : RETENUES SUR SALAIRES
Article 233 : Prélèvements obligatoires et remboursements de
cessions
Seuls les prélèvements obligatoires, les remboursements de cessions
consenties dans le cadre des dispositions réglementaires prévues par
les articles 203 et 204 et les consignations prévues par les
96
conventions collectives et les contrats individuels de travail, peuvent
faire l’objet de retenues sur le salaire.
Article 234 : Saisies-arrêts ou cessions de salaires
Le plafond des prêts ou avances sur salaires consentis par
l’employeur à son salarié, ne peut excéder six mois de la quotité
cessible du salaire.
Le remboursement d’avances d’argent consenties par l’employeur au
travailleur ne peut faire l’objet de retenues sur les salaires et
appointements que par saisie-arrêt ou cession volontaire souscrite
devant le président du tribunal de la Moughataa du lieu de la
résidence ou, à défaut devant l’inspecteur du travail.
Toutefois, lorsque le magistrat ou l’inspecteur du travail réside à plus
de vingt-cinq kilomètres, il peut y avoir consentement réciproque
écrit devant le wali de la wilaya.
Les acomptes sur salaire déjà acquis ne sont pas considérés comme
avances.
Article 235 : Compensation judiciaire
Dans tous les cas autres que ceux prévus par les articles 233 et 234, la
compensation ne peut être opérée que par décision de justice.
Article 236 : Fixation des portions cessibles et saisissables des
salaires
Des décrets pris en conseil des ministres après avis du conseil
national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale fixent les
portions de salaires et de pensions de retraite soumises aux
prélèvements progressifs. La retenue visée à l’article 234 ne peut,
pour chaque paie, excéder les taux fixés par les décrets.
Il doit être tenu compte pour le calcul de la retenue, non seulement
du salaire ou de la pension de retraite proprement dite, mais de tous
les accessoires du salaire et de la pension, à l’exception toutefois, des
97
indemnités déclarées insaisissables par la loi ou la réglementation en
vigueur, des sommes allouées à titre de remboursement de frais
exposés par le travailleur et les allocations ou indemnités pour
charges de famille.
Article 237 : Interdiction des retenues non prévues par la loi
Les dispositions d’une convention collective ou d’un contrat de travail
autorisant tous les autres prélèvements sont nuls de plein droit.
Les sommes retenues au travailleur en contravention des dispositions
ci-dessus portent intérêt à son profit au taux légal depuis la date où
elles auraient dû être payées et peuvent être réclamées par lui
jusqu’à prescription, le cours en étant suspendu pendant la durée du
contrat.
98
Les décrets et arrêtés pris pour l’application de dispositions du
présent titre précisent les cas dans lesquels les inspecteurs et
contrôleurs du travail doivent recourir à la procédure de mise en
demeure.
Lorsqu’il existe des conditions de travail dangereuses pour la sécurité
et la santé des travailleurs non visés par les décrets et arrêtés pris
pour l’application du présent titre, l’employeur est mis en demeure
d’y remédier par l’inspecteur ou le contrôleur du travail.
La mise en demeure doit être faite par écrit, soit sur le registre
d’employeur, soit par lettre recommandée avec accusé de réception,
elle est datée et signée.
Elle précise les infractions ou dangers constatés et fixe les délais dans
lesquels ils devront avoir disparu, qui ne pourront être inférieurs à
quatre jours francs, sauf en cas d’urgence.
L’employeur qui aura été l’objet d’une mise en demeure signifiée en
vertu de l’alinéa précédent pourra, avant l’expiration du délai fixé par
la mise en demeure et au plus tard dans les quinze jours qui suivront
sa signification, adresser une réclamation au ministre du travail.
Cette réclamation suspensive est soumise après enquête, au comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité qui entend le
réclamant s’il y a lieu et donne son avis au ministre du travail qui
décidera de la suite à réserver à la réclamation.
Article 240 : Déclaration des accidents du travail et des maladies
professionnelles
L’employeur est tenu d’aviser l’inspecteur du travail, dans un délai de
quarante-huit heures de tout accident du travail survenu ou de toute
maladie professionnelle constatée dans l’entreprise.
Les modalités de cette déclaration sont fixées par la législation
spéciale applicable aux accidents du travail et aux maladies
professionnelles.
99
En ce qui concerne les maladies professionnelles, la date de la
première constatation médicale de la maladie est assimilée à la date
de l’accident.
100
CHAPITRE II : DISPOSITIONS SPECIALES
SECTION I : MACHINES DEPOURVUES DE DISPOSITIFS DE
PROTECTIONS APPROPRIEES
Article 241 : Interdiction de la vente, de la location, de l’utilisation
des machines dépourvues de dispositifs de protections appropriées
Le ministre du travail peut, par arrêté pris après avis du comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité , interdire la vente,
l’exposition aux fins de vente ou de location et l’utilisation de
machines dont les éléments dangereux sont dépourvus de dispositif
de protections appropriées.
Les appareils machines ou éléments de machine dangereux visés à
l’alinéa précédent seront déterminés par arrêté du ministre du travail
pris après avis du comité technique d’hygiène et de sécurité.
Les arrêtés pris en application du présent article prendront effet un
an après leur publication.
Article 242 : Responsabilité de l’acheteur, du locataire, de
l’exposant, de l’utilisateur
La responsabilité de l’application des prescriptions contenues dans
les arrêtés prévus à l’article ci-dessus incombera au vendeur, au
loueur, à l’exposant, à l’utilisateur ainsi qu’à leurs mandataires
respectifs.
L’acheteur, le locataire auquel un appareil, une machine ou un
élément de machine auront été livré dans les conditions contraires
aux dispositions de l’article 241 ci-dessus et des arrêtés pris pour son
application pourra, nonobstant toute clause contraire, dans le délai
d’une année à compter du jour de la livraison, demander à la
juridiction compétente la résiliation de la vente ou de la location et,
le cas échéant des dommages-intérêts.
101
SECTION II : VENTE ET EMPLOI DE PRODUITS NOCIFS A USAGE
INDUSTRIEL
Article 243 : Détermination des produits nocifs
Le ministre du travail pourra, par arrêté pris après avis du comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité, déterminer la nature
des produits nocifs à usage industriel et la proportion au-dessus de
laquelle la présence de ces corps dans un produit complexe
donneront lieu à l’application des mesures prévues à la présente
section.
Article 244 : Conditions de vente et d’emploi
Les vendeurs ou distributeurs de produits nocifs industriels
déterminés par les arrêtés prévus à l’article 243 ci-dessus, ainsi que
les chefs d’établissements où il est fait usage de ces produits, seront
tenus d’apposer sur tout récipient contenant ces produits une
étiquette ou une inscription indiquant la nature du produit et
signalant le danger de son emploi.
Cette indication sera reproduite sur les factures ou bons de livraison.
Les arrêtés mentionnés à l’article 243 ci-dessus préciseront les
indications qui devront figurer sur ces étiquettes ou inscriptions ainsi
que la couleur et les dimensions minimales des étiquettes ou
inscriptions.
Article 245 : Interdiction de l’emploi des produits nocifs
Des arrêtés du ministre du travail, pris après avis du Comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité, pourront interdire
l’emploi de certains produits nocifs pour certains travaux industriels.
SECTION III : TRAVAIL DES FEMMES ET DES ENFANTS
Article 246 : Respect des bonnes mœurs et de la décence publique
102
Les chefs d’établissements de toute nature doivent veiller au respect
des bonnes mœurs et à l’observation de la décence publique, en
particulier à l’égard des femmes et des enfants.
Article 247 : Interdiction de certains travaux
Il est interdit d’employer des enfants de moins de dix-huit ans, des
femmes et des femmes enceintes à des travaux excédant leurs forces
ou qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils sont
effectués sont susceptibles de porter atteinte à leur santé ou à leur
intégrité physique ou de blesser leur moralité.
Des arrêtés du ministre du travail pris après avis du Comité technique
consultatif d’hygiène et de sécurité, déterminent :
a) Les travaux interdits aux enfants et aux femmes ou des travaux
interdits seulement aux enfants ou seulement aux femmes.
b) Les établissements dans lesquels l’emploi des femmes et des
enfants est, soit interdit, soit autorisé sous certaines conditions.
Article 248 : Examen des femmes et des enfants
L’Inspecteur du Travail peut requérir l’examen des femmes et des
enfants par un médecin agréé, en vue de vérifier si le travail dont ils
sont chargés n’excède pas leurs forces. Cette réquisition est de droit
si les intéressés la demandent.
La femme ou l’enfant qui ne peut être maintenu dans un emploi ainsi
reconnu au-dessus de ses forces doit être affecté à un emploi
convenable. Si cela n’est pas possible, le contrat doit être résilié avec
paiement de l’indemnité de préavis au travailleur.
103
code de la marine marchande et les textes réglementaires pris pour
son application.
Article 250 : Gros colis destinés à être transportés par navires et
bateaux
L’expédition de tout colis et objet pesant mille kilogrammes ou plus,
de poids brut destiné à être transporté par mer ou par voie navigable
intérieure doit porter sur le colis, l’indication de son poids marqué à
l’extérieur de façon claire et durable.
Dans les cas exceptionnels où il est difficile de déterminer le poids
exact, le poids marqué pourra être un poids maximal établi d’après la
nature et le volume du colis.
Article 251 : Dockers
Un décret pris en conseil des ministres, après avis du comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité, détermine les mesures
spéciales de sécurité applicables au travail effectué à terre ou à bord
pour le chargement ou le déchargement de tout bâtiment affecté à la
navigation maritime ou intérieure.
104
La composition et le fonctionnement des comités d’hygiène et de
sécurité sociale sont déterminés par arrêté du ministre du travail, pris
après avis du comité technique consultatif d’hygiène et de sécurité.
105
TITRE VI : SERVICES MEDICAUX D’ENTREPRISE
Article 254 : Service médical obligatoire
A l’exception de certaines entreprises publiques dont la liste est fixée
par décret, les entreprises ou établissements industriels, agricoles ou
commerciaux doivent assurer à leur travailleurs un service médical
dans les conditions prévues au présent titre et par les arrêtes
d’application.
Article 255 : Prise en charge des services médicaux d’entreprise par
l’office national de la médecine du travail
Il est créé auprès du ministre chargé du travail, un office national de
la médecine du travail, qui prendra en charge la médecine du travail.
Le responsable de cet office est obligatoirement un médecin nommé
par arrêté du ministre chargé du travail, sur proposition du ministre
chargé de la santé publique.
a) De gérer les services médicaux d’entreprise dans les locaux et
avec l’équipement dont il dispose dans l’entreprise comptant
au moins sept cent cinquante travailleurs à titre permanent ;
b) De créer et de faire fonctionner les services médicaux
interentreprises pour les entreprises ou établissements
comptant moins sept cent cinquante travailleurs à titre
permanent ;
c) De veiller à l’exécution des contrats conclus par l’office national
de médecine du travail avec l’Etat ou les organismes publics
chargés de dispenser les actes de la profession médicale, dans
les localités où les conditions ne permettent pas l’établissement
de service d’entreprise ou d’interentreprises.
Article 256 : Déclaration obligatoire des entreprises assujetties au
service médical
Les employeurs, personnes physiques ou morales, compris dans le
champ d’application de l’article 254 ont, quel que soit le nombre de
106
travailleurs qu’ils emploient à titre permanent, l’obligation de
déposer à l’office national de la médecine du travail.
- Leur dénomination et le siège de leurs établissements ;
- Le nombre de leurs travailleurs permanents ;
- La nature des activités de chacun de leurs établissements ;
- Le nom et la filiation du dirigeant responsable de
l’entreprise.
Tout changement doit être déclaré à l’office national de la médecine
du travail dans les huit jours qui suivent, au plus tard. Un double de la
déclaration doit être adressé à l’inspecteur du travail du ressort qui le
transmet au directeur du travail, aux fins d’en informer le directeur
de la santé publique.
La caisse nationale de sécurité sociale fait connaître à l’employeur, à
l’inspecteur du travail du ressort, au directeur du travail et au
directeur de la santé publique, le service d’interentreprises auquel
l’employeur est affilié d’office pour chacun de ses établissements ou
la désignation de l’unité médicale chargée d’y assurer la médecine du
travail.
Le service médical du travail mettra à la disposition des employeurs
les installations de première nécessité infirmerie, salle de
pansements ou boîte de secours dans les conditions qui seront fixées
par un arrêté du ministre chargé du travail pris après avis du comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité.
Article 257 : Mission des médecins de services médicaux
Les médecins de services médicaux d’entreprises ou
d’interentreprises et les unités médicales chargées d’assurer la
médecine du travail ont pour mission :
a) De faire subir à tout travailleur, avant l’embauchage ou, au plus
tard, avant l’expiration de la période d’essai, une visite
médicale déterminant si le travailleur est médicalement apte au
107
travail envisagé ; s’il n’est pas atteint d’une affection
dangereuse pour ses camarades de travail.
b) De procéder, à la requête de l’inspecteur du travail, à l’examen
des femmes et des enfants suivant les prescriptions de l’article
248, en vue de vérifier si le travail dont ils sont chargés
n’excède pas leurs forces.
c) De procéder, chaque jour, avant leur mise au travail, à une
visite des travailleurs se déclarant malades et de leur donner ou
de leur faire donner les soins et traitements nécessaires.
d) De procéder, chaque jour, à l’examen des femmes et des
enfants des travailleurs vivant avec lesdits travailleurs qui se
présentent à la visite et de leur donner ou faire donner les soins
nécessaires.
e) D’évacuer ou de faire évacuer, si nécessaire, sur la formation
médicale la plus proche, les travailleurs blessés ou malades,
transportables, non susceptibles d’être traités par les moyens
dont dispose l’office.
Si l’office ne dispose pas immédiatement de moyens
appropriés, il en rend compte d’urgence au chef de la
circonscription administrative la plus proche, qui fait procéder à
l’évacuation par les moyens à sa disposition.
Tous les frais occasionnés à cet effet devant être remboursés
par l’office national de médecine du travail au tarif officiel des
transports.
f) De conseiller les employeurs sur les mesures à mettre en œuvre
pour assurer la santé des travailleurs occupés dans l’entreprise.
Les résultats des visites auxquelles procède le médecin sont
consignés sur un registre spécial dont le modèle est fixé par
arrêté du ministre chargé du travail, pris après avis du comité
technique consultatif d’hygiène et de sécurité.
Article 258 : Mission d’inspection médicale du travail
108
Les médecins des services médicaux d’entreprises et
d’interentreprises peuvent être chargés, à titre temporaire ou
permanent, par un décret pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, de la mission d’exercer
dans les entreprises ou établissements de leur ressort les fonctions
dévolues aux médecinsinspecteurs du travail par les articles 382, 383
et 384.
En cette qualité ils exercent en ce qui concerne l’observation des
dispositions légales et réglementaires relatives à la santé des
travailleurs, tous les pouvoirs attribués aux inspecteurs et contrôleurs
du travail par l’article 376. Ils signalent à l’inspecteur du travail du
ressort les infractions constatées dans l’exercice de leur mission.
Article 259 : Cotisation des employeurs
Les frais de fonctionnement de l’office national de la médecine du
travail sont couverts par une cotisation des employeurs fixée en
pourcentage des salaires sur la base desquels est calculée la
cotisation dont ils sont redevables envers la caisse nationale de
sécurité sociale par application de la législation instituant un régime
de sécurité sociale.
Cette cotisation est versée trimestriellement à l’office national de la
médecine du travail.
Le montant de la cotisation est fixé par décret pris après avis du
conseil national du travail de l’emploi et de la sécurité sociale.
Article 260 : Comptabilité
L’office national de la médecine du travail tient une comptabilité
pour toutes ses opérations dans des conditions fixées par décret.
Si cette comptabilité fait apparaître un déficit en fin d’exercice, un
décret pourra prescrire le paiement, par les employeurs, d’une
majoration de cotisation suivant les modalités qu’il fixera.
109
Article 261 : Défaut de déclaration et de paiement des cotisations
mise en demeure
Le défaut de production de la déclaration prévue à l’article 256 et le
non-paiement des cotisations aux échéances prescrites donnent lieu
à l’application de majoration de retard fixées par un arrêté
ministériel.
Le relevé des sommes dues établi, par l’office national de la
médecine du travail, après l’envoi d’une lettre de rappel ou de mise
en demeure recommandée avec accusé de réception et dûment
certifiée par le directeur du travail ou un fonctionnaire du corps de
l’inspection du travail ayant reçu délégation à cet effet, à force
exécutoire.
Toutefois, la force exécutoire ne prendra effet qu’à l’expiration d’un
délai d’un mois à compter de la réception de la mise en demeure et
si, durant ce délai, l’employeur n’a pas introduit un recours devant le
tribunal du travail pour contester la réalité ou le montant de la dette.
Un arrêté ministériel précise les formes de la mise en demeure et le
relevé des sommes dues ainsi que les conditions de certifications
dudit relevé et les conditions dans lesquelles l’office national de la
médecine du travail et le directeur du travail sont informés du
recours introduit par l’employeur devant le tribunal du travail.
Article 262 : Taxation provisoire, Taxation forfaitaire
Lorsque le montant des salaires servant de base au calcul des
cotisations n’a pas été communiqué à l’office, une taxation provisoire
est effectuée sur la base des salaires ayant fait l’objet de la
déclaration la plus récente, majoré de vingt-cinq pour cent.
Lorsque la comptabilité de l’employeur ne permet pas d’établir le
chiffre exact des salaires payés par lui à un ou plusieurs de ses
salariés, le montant des salaires est fixé forfaitairement par l’office
110
national de la médecine du travail en fonction des taux de salaire
pratiqués dans la profession.
La procédure de recouvrement visée à l’article précédent s’applique à
la taxation provisoire qui perd sa valeur de créance si l’employeur
produit la déclaration des salaires réellement versés durant la
période considérée.
111
Article 263 : Privilège de l’office national de la médecine du travail
Le paiement des cotisations et des majorations de retard est garanti
par un privilège sur les biens meubles et immeubles du débiteur, qui
prend rang immédiatement après celui garantissant le paiement des
salaires.
112
LIVRE IV : GROUPEMENTS PROFESSIONNELS
TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 264 : Définition et objet
Les syndicats professionnels et les unions de syndicats sont des
groupements dotés de la personnalité morale ayant pour objet
l’étude, la représentation et la défense des intérêts matériels moraux
des professions libérales, économiques, industrielles, commerciales
et artisanales et de leurs adhérents
Article 265 : Représentativité
Aucun groupement professionnel n’a le monopole de la
représentation et de la défense des intérêts professionnels.
Toutefois, dans les cas expressément prévus par la loi, la fonction de
représentation peut être réservée aux seuls groupements
professionnels les plus représentatifs.
Le caractère représentatif d’un groupement professionnel est
déterminé à partir, notamment, des éléments d’appréciation
suivants:
- Les effectifs et les résultats des élections des représentants
du personnel ;
- Les cotisations ;
- L’indépendance ;
- Son expériences et l’étendue de son activité.
La représentativité au plan de l’entreprise, de la profession, de la
branche d’activité et au plan national, est appréciée par l’inspecteur
du travail du ressort sur le plan local et régional et par le directeur du
travail sur le plan national, en fonction de l’objet pour lequel et du
territoire dans lequel la représentativité syndicale est requise.
La représentativité reconnue ou acquise par un groupement
professionnel sur le plan national ou interprofessionnel, ne lui
113
confère pas une présomption de représentativité sur le plan local ou
régional, ou professionnel plus restreint.
Article 266 : Liberté syndicale
Le droit syndical s’exerce librement.
Toute personne physique, travailleur ou employeur, sans distinction
d’aucune sorte ou toute personne morale peut adhérer librement à
un syndicat de son choix dans le cadre de sa profession.
Elle peut également :
- Ne faire partie d’aucun groupement professionnel ;
- En toute liberté, adhérer au groupement de son choix dans le
cadre de sa profession ;
- Se retirer du groupement professionnel dont elle est
membre sans préjudice du droit, pour le groupement, de
réclamer la cotisation afférente aux six mois qui suivent le
retrait d’adhésion.
Article 267 : Entrave à la liberté syndicale
Toute clause statutaire contraire à la liberté syndicale est nulle de
plein droit et peut entraîner la dissolution du groupement
professionnel.
Toute entrave à la liberté syndicale est passible des peines
applicables en matière d’entrave à la liberté du travail.
Il est interdit à tout employeur de prendre en considération
l’appartenance à un groupement professionnel ou l’exercice d’une
activité syndicale pour prendre les décisions concernant, notamment,
l’embauchage, la conduite et la répartition du travail, la formation
professionnelle, l’avancement , l’octroi d’avantages sociaux et les
mesures de discipline et de licenciement.
114
L’employeur ou ses représentants ne doivent employer aucun moyen
de pression en faveur ou à l’encontre d’un quelconque groupement
professionnel.
Toute mesure prise par l’employeur, contrairement aux dispositions
du présent article est fautive et donne lieu à des dommages-intérêts.
TITRE II : SYNDICATS PROFESSIONNELS
CHAPITRE I : CONSTITUTION
Article 268 : Principe
Les personnes exerçant la même profession, des métiers similaires ou
des professions concourant à la production de biens et de services
déterminés ou la même profession libérale peuvent constituer
librement un syndicat professionnel.
Les personnes physiques ou morales, membres d’un syndicat
professionnel, doivent exercer en République Islamique de
Mauritanie la profession dont le syndicat représente et défend les
intérêts.
Toutefois, peuvent continuer à faire partie d’un syndicat les
personnes qui ont cessé l’exercice de leur profession si elles l’ont
exercée pendant, au moins, un an.
Article 269 : Mineur - Femme Mariée
Les mineurs âgés de seize ans peuvent adhérer à un syndicat sauf
opposition de la personne investie de l’autorité paternelle, le père, la
mère ou le tuteur.
Les femmes mariées exerçant une profession ou un métier peuvent,
sans autorisation de leur mari, adhérer aux syndicats professionnels
et participer à leur administration ou à leur direction dans les
conditions fixées dans le présent titre.
Article 270 : Agents du secteur public
115
Les agents, fonctionnaires ou non du secteur public, ne peuvent faire
partie à quelque titre que ce soit d’un syndicat professionnel
comprenant des membres relevant du secteur privé,
réciproquement, les travailleurs du secteur privé ne peuvent adhérer
à des syndicats composés d’agents du secteur public.
Article 271 : Conditions de forme et de validité
Pour être valablement constitué, un syndicat professionnel doit
posséder :
- Des statuts approuvés par la majorité de l’assemblée
constitutive du syndicat, cette assemblée doit comprendre,
sauf dérogation accordée par arrêté du ministre du travail,
pris après avis du conseil national du travail de l’emploi et de
la sécurité sociale, au moins vingt membres du syndicat
remplissant les conditions fixées à l’article 268.
- Un bureau élu par l’assemblée constitutive composé
uniquement des membres du syndicat remplissant les
conditions fixées à l’article 273, chargé de l’administration et
de la direction du syndicat.
Article 272 : Mentions obligatoires des statuts
Les statuts d’un syndicat professionnel doivent préciser :
- Le nom du syndicat
- L’objet du syndicat
- Le siège et l’adresse du syndicat
- Le nom et l’adresse de l’union nationale et de la centrale
internationale auxquelles le syndicat est affilié ou a
l’intention de s’affilier ;
- Le ressort territorial et la profession ou l’activité économique
dont il représente et défend les intérêts;
- Les conditions d’adhésion ;
116
- Les modalités de réunion des assemblées générales
ordinaires et extraordinaires ;
- Les modalités démocratiques selon lesquelles le mandat des
membres chargés de l’administration est octroyé et
renouvelé ;
- L’étendue de ce mandat et les pouvoirs des mandataires
visà-vis des tiers ;
- La durée du syndicat, les causes et conditions de sa
dissolution ainsi que les modalités de dévolution de son actif
et de son passif.
Article 273 : Administration et direction
Les membres chargés de l’administration ou de la direction d’un
syndicat professionnel doivent :
- être de nationalité mauritanienne ou, s’ils sont étrangers, justifier
de l’exercice en république islamique de Mauritanie de la profession
défendue par le syndicat pendant cinq années consécutives au
moins ;
- Être majeurs ;
- Avoir leur domicile légal en Mauritanie ;
- Être membres du syndicat ;
- Avoir la capacité électorale et jouir de leurs droits civils.
Article 274 : Procédure de constitution
Tout syndicat professionnel doit, après délibération de l’assemblée
constitutive, déposer ses statuts avec indication des noms,
nationalités, professions, domiciles et qualités des membres chargés
de l’administration et de la direction auprès :
- Du wali de la wilaya administrative du ressort ;
- De l’inspection du travail du ressort ;
- Du procureur de la république près du tribunal du ressort.
117
Il est délivré un accusé de réception par chacune des autorités
administratives et judiciaires susvisées.
Article 275 : Conclusion du procureur de la république
Dans les deux mois suivant l’accusé de réception du dépôt des statuts
entre ses mains comme indiqué dans l’article précédent et après
avoir vérifié la réalité du dépôt des statuts auprès des autorités
administratives précitées et la légalité des statuts, le Procureur
informe le syndicat, le wali et l’inspection du travail de ses
conclusions.
Si les statuts ont été régulièrement déposés et estimés conformes à
la loi, le procureur délivre un récépissé d’enregistrement.
Dans le cas contraire, il notifie au syndicat et aux autorités
administratives susvisées son refus de délivrer le récépissé
d’enregistrement.
Article 276 : Effets de la délivrance du récépissé d’enregistrement
Le syndicat n’acquiert la personnalité morale et la capacité juridique
qu’à partir de la délivrance du récépissé d’enregistrement.
Avant cela, il n’a aucune existence légale.
L’accusé de réception délivré par les autorités visées par l’article 274
et le récépissé d’enregistrement délivré par le procureur de la
république n’impliquent, en aucune façon, la couverture des vices de
fond ou de forme affectant les statuts et la désignation des
administrateurs ou directeurs susceptibles de se manifester
ultérieurement.
Article 277 : Effets de la non-délivrance du récépissé
d’enregistrement
Si, à l’expiration du délai de deux mois prévus à l’article 275, le
procureur n’a pas informé le syndicat de sa décision ou lui a notifié
une décision de refus de délivrance du récépissé d’enregistrement,
118
les administrateurs ou directeurs chargés normalement, par les
statuts concernés, d’agir en justice, peuvent saisir le tribunal de la
wilaya en vue d’obtenir une décision judiciaire valant délivrance du
récépissé d’enregistrement.
A peine de forclusion, le recours visé à l’alinéa précédent doit être
exercé dans le délai de deux mois suivant l’expiration du délai visé à
l’article 275.
119
Article 278 : Modification des statuts et changement
d’administration ou de direction
Les modifications statutaires et les changements survenus dans
l’administration ou la direction du syndicat sont soumis aux
dispositions des articles 274 à 277.
Article 279 : Dépôt d’un état d’effectif et des sections
Dans les trois mois suivant le récépissé d’enregistrement et, ensuite
dans le courant du premier trimestre de chaque année civile, les
dirigeants du syndicat, à la demande de l’inspecteur du travail,
doivent déposer, à l’inspection du travail du ressort, un état
indiquant le nombre des adhérents ainsi que le nombre et le siège
des sections.
CHAPITRE II : PERSONNALITE MORALE ET ACTIVITES DES SYNDICATS
Article 280 : Capacité d’agir en justice
Les syndicats professionnels jouissent de la personnalité civile.
Ils ont le droit d’agir en justice. Ils peuvent, notamment, devant
toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie
civile, relativement aux faits portant un préjudice direct ou indirect à
l’intérêt collectif de la profession qu’ils représentent.
Article 281 : Consultation
Les syndicats peuvent être consultés sur tous les différends
individuels et collectifs et sur toutes les questions se rattachant à leur
spécialité.
Dans les affaires contentieuses, les avis du syndicat sont tenus à la
disposition des parties pour en prendre communication et copie.
Article 282 : Capacité d’acquérir - biens insaisissables
Les syndicats peuvent acquérir, sans autorisation, à titre gratuit ou à
titre onéreux, des biens meubles ou immeubles.
120
Les meubles et immeubles nécessaires, à leur administration, leurs
bibliothèques et à leurs cours d’instruction professionnelle, sont
assimilés à des œuvres sociales et insaisissables.
Article 283 : Contrats et conventions
Ils peuvent passer des contrats ou des conventions avec tous autres
syndicats, entreprises ou personnes.
Les conventions collectives sont conclues dans les conditions
déterminées par le présent code.
Article 284 : Achats, prêts et locations aux membres
S’ils y sont autorisés par leurs statuts et à condition de ne pas
distribuer des bénéfices, même sous forme de ristournes à leurs
membres, les syndicats peuvent :
1- Acheter pour le louer, prêter ou répartir entre leurs membres,
tout ce qui est nécessaire à l’exercice de leur profession,
notamment, en matières premières, outils, instruments,
machines, engrais, semences, plantes, animaux et matières
alimentaires pour le bétail.
2- Prêter leur entremise gratuite pour la vente des produits
provenant exclusivement du travail professionnel ou des
exploitations des syndiqués, faciliter cette vente par
expositions, annonces, publications, groupements de
commandes et d’expéditions sans opérer la vente sous leur
nom et sous leur responsabilité ;
Article 285 : Œuvres professionnelles et subventions des
coopératives
Les syndicats peuvent créer, administrer ou subventionner des
œuvres professionnelles telles que : institutions de prévoyance,
caisse de solidarité, laboratoire, champs d’expérience, œuvre
d’éducation scientifique, agricole ou sociale, cours et publications
concernant la profession.
121
Ils peuvent subventionner des sociétés, coopératives de production
ou de consommation.
Article 286 : Œuvres sociales - Caisses de secours mutuels et de
retraite
1- Les syndicats peuvent affecter une partie de leurs ressources à
la création de logements de travailleurs, à l’acquisition de
terrains de culture ou d’éducation physique, à l’usage de leurs
membres.
2- Les syndicats peuvent, en se conformant aux dispositions des
lois en vigueur, constituer entre les membres, des caisses
spéciales de secours mutuels et de retraite.
Les fonds de ces caisses spéciales sont insaisissables dans les limites
déterminées par la loi.
Toute personne qui se retire d’un syndicat, conserve le droit d’être
membre des caisses de secours mutuels et de retraite pour la
vieillesse à l’actif desquelles elle a contribué par cotisation ou
versement de fonds.
Article 287 : Marques syndicales
Les syndicats peuvent déposer, dans les conditions déterminées par
arrêté du ministre du travail pris après avis du conseil national du
travail, de l’emploi et de la sécurité sociale leurs marques ou labels.
Ils peuvent, dès lors, en revendiquer la propriété exclusive dans les
conditions dudit arrêté.
Ces marques ou labels peuvent être apposés sur tout produit ou
objet de commerce pour en certifier l’origine et les conditions de
fabrications.
Ils peuvent être utilisés par toutes les personnes ou entreprises
mettant en vente ces produits ou objets.
122
Est nulle et de nul effet toute clause de contrat collectif, accord ou
entente aux termes desquels l’usage de la marque syndicale par un
employeur est subordonné à l’obligation pour lui de ne conserver ou
de ne prendre à son service que les adhérents du syndicat
propriétaire de la marque.
CHAPITRE III : SUSPENSION ET DISSOLUTION DES SYNDICATS
Article 288 : Causes de suspension ou de dissolutions
La suspension ou la dissolution du syndicat qui ne s’est pas
conformée aux règles de constitution prévues par le présent code ou
qui s’écarte de sa mission syndicale ou dont l’activité est contraire à
la législation en vigueur, peut, sur requête du procureur de la
république, être prononcée par le tribunal de la wilaya du ressort.
En cas de suspension, le tribunal de la wilaya doit, à l’initiative du
procureur de la république ou du syndicat, être saisi et dans les 90
jours du prononcé de cette mesure, décider, soit la dissolution soit la
levée de la suspension.
Article 289 : Effets de la dissolution
En cas de dissolution volontaire, statuaire ou judiciaire, les biens du
syndicat sont dévolus conformément aux statuts ou, à défaut de
dispositions statutaires, selon les règles déterminées en assemblée
générale, ou à défaut à une œuvre de bienfaisance dotée de la
personnalité civile désignée par le tribunal.
En aucun cas, ils ne peuvent être répartis entre les membres du
syndicat.
Le tribunal peut ordonner, en cas de dissolution judiciaire, la
confiscation des biens du syndicat.
TITRE II : SECTIONS ET UNIONS DE SYNDICATS
Article 290 : Définition
123
Les syndicats professionnels régulièrement constitués peuvent être
divisés en sections entre lesquelles sont répartis les adhérents
suivant leur qualification ou leur spécialité, le lieu, l’entreprise ou
l’établissement où ils travaillent.
Les syndicats professionnels régulièrement constitués peuvent
également se concerter et agir ensemble pour l’étude et la défense
des intérêts professionnels qu’ils représentent.
Ils peuvent se constituer librement en unions sous quelque forme
que ce soit, notamment en fédération ou confédération, sur le plan
local, régional ou national.
Article 291 : Condition juridique des unions
Les unions de syndicats sont soumises à toutes les dispositions des
articles 264 à 289, à l’exception des articles 268, alinéa 1er et 270.
124
LIVRE V : REGLEMENT DES DIFFERENDS DU TRAVAIL
TITRE I : REGLEMENT DES DIFFERENDS INDIVIDUELSE
CHAPITRE I : TENTATIVE DE CONCILIATION DEVANT L’INSPECTEUR
DU TRAVAIL.
Article 292 : Demande obligatoire de tentative de conciliation
Avant toute saisine du tribunal du travail, l’employeur ou le
travailleur doit demander que le litige individuel soit soumis à une
tentative de conciliation devant l’inspecteur ou le contrôleur du
travail ou son suppléant légal.
La demande doit être faite par écrit.
Elle suspend, jusqu’à la date du procès-verbal de clôture de la
tentative de conciliation, le délai de prescription prévu par l’article
230.
Article 293 : Convocation - comparution
Dans le jour qui suit la réception de la demande, vendredi et jours
fériés non compris, l’inspecteur du travail ou le contrôleur citent les
parties à comparaître dans un délai qui ne saurait être inférieur à huit
jours, à compter de la réception de la convocation, majorée, s’il y a
lieu, des délais de distance fixés dans les conditions prévues par
l’article 314.
Les parties sont tenues de se rendre, au jour et à l’heure fixés, devant
l’inspecteur ou le contrôleur du travail ou de se faire représenter par
un mandataire muni d’un pouvoir spécial.
Elles peuvent en outre, se faire assister soit par un travailleur ou un
employeur appartenant à la même branche d’activité, soit par un
représentant des organisations syndicales auxquelles elles sont
affiliées.
Article 294 : Non comparution
125
Si, au jour fixé par la convocation, le demandeur ne comparaît pas et
ne justifie pas d’une excuse ou d’un cas de force majeure, il est
dressé aussitôt un procès-verbal de carence qui prive la demande
écrite de tentative de conciliation de son effet suspensif.
Si au jour fixé par la convocation, le défendeur ne comparaît pas et
ne justifie pas d’un cas de force majeure ou s’il n’a pas présenté ses
moyens de défense sous forme de mémoire, il sera dressé un procès-
verbal de non-conciliation par l’inspecteur ou le contrôleur du travail
qui, en outre, établira un rapport circonstancié sur l’affaire en cause
qu’il adressera, avec son avis, au président du tribunal du travail saisi
au fond.
Article 295 : Mission de l’inspecteur
L’inspecteur ou le contrôleur du travail fait connaître aux parties
quels sont, d’après les informations qui lui sont fournies et sous
réserve de l’appréciation des tribunaux, leurs droits respectifs
qu’elles tiennent de la loi, de la réglementation, des conventions
collectives et du contrat individuel.
Article 296 : Procès-verbal de conciliation
Si les parties parviennent à un accord, l’inspecteur du travail le
constate séance tenante par un procès-verbal de conciliation
contenant, à peine de nullité :
- La signature des parties et celle de l’inspecteur du travail ;
- La date du procès-verbal ;
- L’énoncé des différents chefs de réclamation ;
- Les points sur lesquels la conciliation est intervenue et, s’il y
a lieu les points convenus pour chaque chef de réclamation ;
- Les chefs de réclamation dont il est fait abandon ;
- En cas de conciliation partielle, les demandes qui n’ont pas
été comprises dans la conciliation ;
126
- Aucune mention telle que, notamment “divers, pour solde de
tout compte, toutes les causes confondues” ne peut être
employé sous peine de nullité du procès-verbal.
Article 297 : Effets du procès-verbal de conciliation
Le procès-verbal de conciliation éteint toute action en justice sur les
points ayant fait l’objet de la conciliation.
Il est présenté par la partie la plus diligente au président du tribunal
du ressort dans lequel il a été établi. Celui-ci y appose la formule
exécutoire après avoir vérifié qu’il est conforme aux prescriptions du
présent article. L’exécution est poursuivie comme celle d’un
jugement.
Article 298 : Procès-verbal de non-conciliation
S’il n’y a pas de conciliation, l’inspecteur constate le désaccord dans
un délai qui ne peut excéder sept jours par un procès-verbal où il
consigne les motifs de l’échec.
Article 299 : Effets et suites de la non-conciliation
En l’absence ou en cas d’échec de la tentative de conciliation comme
prévu aux articles 294, alinéa 2 et 298, l’action est introduite par
déclaration écrite faite au secrétariat du tribunal du travail.
Inscription en est faite sur un registre tenu spécialement à cet effet.
Un extrait de cette inscription est délivré à la partie ayant introduit
l’action.
A la demande de l’une des parties ou du tribunal, l’inspecteur du
travail devant lequel s’est effectuée, sans succès, la tentative de
conciliation, doit transmettre au président du tribunal du travail saisi,
le dossier complet qui a pu être constitué sur ce différend.
CHAPITRE II : INSTITUTION ET COMPOSITION DES TRIBUNAUX DU
TRAVAIL
Article 300 : Création
127
Les tribunaux du travail sont créés par décret pris sur proposition
conjointe du ministre de la justice et du ministre du travail.
Le décret fixe pour chaque tribunal du travail, son siège, sa
compétence territoriale et sa subdivision en sections professionnelles
lorsque la structure du marché du travail le justifie.
Les tribunaux du travail dépendent administrativement du ministre
de la justice.
En l’absence du tribunal du travail dans un ressort juridictionnel
donné, le tribunal du droit commun est compétent et statue selon les
règles de procédure prévues au présent titre.
Article 301 : Composition
Le tribunal du travail est composé :
1- D’un magistrat président
2- De deux assesseurs représentant les employeurs et de deux
assesseurs travailleurs désignés par le président sur les listes
établies en conformité de l’article 302 ci-après ; pour chaque
affaire, le président désigne autant que possible, les assesseurs
employeurs et travailleurs appartenant à la même profession
intéressée
3- Un spécialiste en droit du travail attaché auprès du président du
tribunal, doit assister obligatoirement aux audiences, sans voix
délibérative, est nommé par arrêté du ministre du travail ;
4- Un greffier ou un agent administratif désigné par un arrêté
conjoint du ministre de la justice et du ministre du travail
attaché au tribunal du travail en qualité de secrétaire.
Les assesseurs titulaires sont remplacés, en cas d’empêchement, par
des assesseurs suppléants dont le nombre est égal à celui des
titulaires.
Si l’un des assesseurs fait défaut le plus jeune membre de la
catégorie en surnombre ne siège pas.
128
129
Article 302 : Nomination des assesseurs
Les assesseurs et leurs suppléants sont nommés par arrêté du
ministre chargé du travail et sur proposition du directeur du travail.
Ils sont choisis sur les listes présentées par les organisations
syndicales les plus représentatives ou, en cas de carence de celles-ci,
par les inspecteurs du travail, ces listes comportent un nombre de
noms double de celui des postes à pourvoir.
Les assesseurs représentant les groupements des employeurs et des
travailleurs sont désignés pour un mandat de deux ans
renouvelables. Néanmoins, si le mandat des assesseurs sortants vient
à expiration avant l’époque fixée pour la prise de fonction de leurs
successeurs, ils restent en fonction jusqu’à cette prise de fonction.
Les assesseurs ou leurs suppléants justifient de la possession de leurs
droits civils et n’avoir subi aucune des condamnations qui, au terme
des lois électorales en vigueur, entraîne la radiation des listes
électorales.
Sont déchus de leur mandat les assesseurs qui ne remplissent pas
toutes les conditions ci-dessus.
Article 303 : Serment
Le président, s’il n’est pas magistrat, les assesseurs et leurs
suppléants prêtent devant le tribunal de la wilaya du ressort le
serment suivant :
“Je jure de remplir mes devoirs avec zèle et intégrité, et de garder le
secret des délibérations”
Toutefois en cas d’empêchement, le serment peut être prêté par
écrit.
Règlement des différends du travail
Article 304 : Sanctions disciplinaires contre les assesseurs
130
Tout assesseur titulaire ou suppléant qui aura gravement manqué à
ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions, sera appelé devant le
tribunal du travail pour s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés.
l’initiative de ces appels appartient au président du tribunal.
Le procès-verbal de la séance de comparution est adressé dans les
huit jours par le président du tribunal du travail au procureur de la
république.
Ce procès-verbal est transmis par le procureur de la république avec
son avis au ministre de la justice.
Article 305 : Gratuité des fonctions d’assesseurs
Les fonctions d’assesseurs titulaires et suppléants des tribunaux du
travail sont gratuites. Toutefois, pourront être allouées aux
assesseurs des indemnités de séjour et de déplacement dont le
montant ne pourra être inférieur au montant des salaires et
indemnités perçus qui seront fixés par arrêté conjoint des ministres
chargés du travail, de la justice et des finances.
Les employeurs sont tenus de laisser aux salariés de leur entreprise,
assesseurs d’un tribunal du travail, le temps nécessaire pour
participer aux séances, enquêtes et réunions du tribunal du travail
sous réserve de justification de leur absence par ceux-ci.
CHAPITRE III : COMPETENCE DES TRIBUNAUX DU TRAVAIL
Article 306 : Compétence d’attribution
Outre les cas particuliers prévus par le présent code ou des textes
particuliers, les tribunaux du travail sont compétents pour connaître :
- Des actions nées des différends individuels entre employeurs
et travailleurs à l’occasion du contrat du travail, du contrat
d’apprentissage, des conventions collectives, de la législation
de sécurité sociale et du code de la marine marchande
conformément à l’article 48 dudit code ;
131
- Des actions nées des différends individuels entre les
institutions de sécurité sociale et les employeurs et les
travailleurs.
- Des actions nées de litiges individuels entre employeurs à
l’occasion de l’application de la législation du travail et de
sécurité sociale, notamment, en matière de transport du
travailleur, contrat de sous-entreprise et de tâcheronnat de
débauchage, de cessation d’entreprise.
- Des actions nées de litiges individuels entre travailleurs à
l’occasion de la législation des accidents du travail et des
maladies professionnelles en cas de faute lourde.
- Des actions relatives au contentieux des élections des
délégués du personnel et des membres du comité consultatif
d’entreprise ou établissement, y compris le contentieux de la
représentativité syndicale liée à ces élections.
- Actions relatives au contentieux de la représentativité
syndicale en matière de convention collective d’entreprise
ou d’établissement.
Les tribunaux du travail demeurent compétents même lorsqu’une
collectivité publique ou un établissement public est en cause.
Ils peuvent statuer sans qu’il ait lieu, pour les parties, d’observer,
dans le cas où il en existe, les formalités préalables qui sont prescrites
avant qu’une instance soit introduite contre ces personnes morales.
Article 307 : Compétence territoriale
Le tribunal compétent est celui du lieu du travail.
Toutefois, pour les litiges nés de la résiliation du contrat de travail et
nonobstant toute clause contraire, le travailleur dont la résidence est
située en un lieu autre que le lieu de travail, aura le choix entre le
tribunal de cette résidence et celui du lieu de travail.
132
CHAPITRE IV : PROCEDURE DEVANT LES TRIBUNAUX DU TRAVAIL
SECTION I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 308 : Code de procédure civile
A défaut de dispositions particulières prévues par le présent code et
les règlements pris pour son application, le code de procédure civile
est applicable au règlement des différends individuels par les
tribunaux du travail, la cour d’appel et la cour suprême.
Article 309 : Gratuité de la procédure. Assistance judiciaire
La procédure devant les tribunaux du travail, la cour d’appel et la
cour suprême est gratuite à tous les degrés.
En outre, le travailleur bénéficie d’office de l’assistance judiciaire
pour l’exécution des jugements rendus à son profit.
Lorsque le jugement est exécutoire, et que le travailleur ne peut
obtenir l’exécution amiable de la décision intervenue en sa faveur, il
demande au président de faire apposer la formule exécutoire sur la
copie qui lui a été délivrée et de commettre un huissier pour
poursuivre l’exécution forcée.
Article 310 : Police d’audience - Direction des débats
L’audience est publique, sauf au stade de la conciliation. La police de
la salle d’audience appartient au président. Celui-ci dirige les débats,
interroge et confronte les parties fait comparaître les témoins cités à
la diligence des parties dans les formes prévues à l’article 316 ci-
après.
Le tribunal peut, d’office, faire citer, dans les mêmes formes, toute
personne dont il estime la déposition utile au règlement du litige.
Dans les cas urgents dont il est juge, le tribunal peut ordonner par
provision, toutes mesures nécessaires notamment pour empêcher
que les objets qui donnent lieu à une réclamation ne soient enlevés
ou déplacés ou détériorés.
133
Article 311 : Capacité de la femme mariée et du mineur d’agir en
justice
La femme mariée est autorisée à se concilier, à demander et à se
défendre devant le tribunal du travail.
Le mineur qui ne peut être assisté de son père ou tuteur, peutêtre
autorisé par le tribunal du travail à se concilier, demander ou
défendre devant cette juridiction.
Article 312 : Récusation des assesseurs
Les assesseurs du tribunal du travail peuvent être récusés :
1°) quand ils ont un intérêt personnel à la contestation ;
2°) quand ils sont parents ou alliés de l’une des parties jusqu’au
sixième degré ;
3°) si dans l’année qui a précédé la récusation, il y a eu procès pénal
ou civil entre eux et l’une des parties où son conjoint ou allié en ligne
directe ;
4°) s’ils ont donné un avis écrit sur la contestation ;
5°) s’ils sont employeurs ou travailleurs de l’une des parties en cause.
La récusation est formée avant tout débat ; le président statue
immédiatement. Si la demande est rejetée, il est passé outre débat ;
si elle est admise, l’affaire est renvoyée à la prochaine audience où
doivent siéger le ou les assesseurs suppléants.
Article 313 : Abus du droit d’agir en justice
Il y a abus du droit d’agir en justice devant le tribunal lorsqu’il
apparaît que le demandeur a intenté son action uniquement pour
nuire au défendeur en l’obligeant à subir les ennuis d’une défense.
Lorsque le tribunal estime qu’une procédure est abusive de ce chef,
le demandeur pourra être condamné à des dommages-intérêts
envers le défendeur.
134
Article 314 : Registre du tribunal - Délai de distance
Des décrets déterminent la contexture des registres et les délais de
distance mentionnés dans le présent titre.
SECTION II : INTRODUCTION DE L’INSTANCE TENTATIVE DE
CONCILIATION
Article 315 : Unicité d’instance
Toutes les demandes dérivant du contrat de travail entre les mêmes
parties doivent faire l’objet d’une seule instance, à peine d’être
déclarées irrecevables, à moins que le demandeur justifie que les
demandes des instances nouvelles ne sont nées à son profit, ou n’ont
été connues de lui que postérieurement à l’introduction de l’instance
primitive.
Sont toutefois recevables les nouveaux chefs de demandes, tant que
le tribunal du travail ne se sera pas prononcé, en premier ou en
dernier ressort, sur les chefs de la demande primitive.
Lorsque les demandes des instances nouvelles recevables en
application du présent article, le tribunal du travail ordonne la
jonction des instances et statue sur elles par un seul et même
jugement.
Article 316 : Saisine du tribunal du travail – Citation des parties
Le tribunal du travail est saisi dans les conditions prévues par l’article
298.
Dans les deux jours à dater de la réception de la demande, vendredi
et jours fériés non compris, le président cite les parties à comparaître
dans un délai qui ne peut excéder douze jours majorés, s’il y’a lieu
des délais de distance fixés dans les conditions prévues à l’article 313
ci-dessus.
La citation doit contenir les noms et profession du demandeur,
l’indication de l’objet de la demande, l’heure et le jour de la
135
comparution. La citation est faite à la personne, au domicile, par voie
d’agent administratif spécialement commis à cet effet.
Elle peut valablement être faite par lettre recommandée avec accusé
de réception. En cas d’urgence, elle peut être faite par voie
télégraphique.
Article 317 : Comparution, assistance, représentation des parties
Les parties sont tenues de se rendre, au jour et à l’heure fixés, devant
le tribunal. Elles peuvent se faire assister ou représenter soit par un
avocat, soit encore par un représentant des organisations syndicales
auxquelles elles sont affiliées. Les employeurs peuvent, en outre, être
représentés par un directeur ou un employé de l’entreprise ou de
l’établissement.
Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire des parties doit
être constitué par écrit et agréé par le tribunal du travail.
Article 318 : Défaut de comparution des parties
Si, au jour fixé par la convocation le demandeur ne comparait pas et
ne justifie pas d’un cas de force majeure, la cause est rayée du rôle.
Elle ne peut être reprise qu’une seule fois selon les formes imparties
pour la demande primitive, à peine de déchéance.
Si, le défendeur ne comparait pas et ne justifie pas d’un cas de force
majeure, ou s’il n’a pas présenté ses moyens de défense sous forme
de mémoire, défaut est donné contre lui et le tribunal statue sur le
mérite de la demande.
Article 319 : Tentative de conciliation
Lorsque les parties comparaissent devant le tribunal du travail, il est
procédé à une tentative de conciliation.
En cas d’accord, un procès-verbal, rédigé séance tenante sur le
registre des délibérations du tribunal, consacre le règlement à
l’amiable du litige.
136
Extrait du procès-verbal de conciliation signé du président et du
secrétaire vaut titre exécutoire.
Article 320 : Conciliation partielle – Non-conciliation
En cas de conciliation partielle, un extrait de procès-verbal signé du
président et du secrétaire vaut titre exécutoire pour les parties pour
lesquelles un accord est intervenu et procès-verbal de non-
conciliation pour le surplus de la demande dressée.
SECTION III : PHASE CONTENTIEUSE
Article 321 : Examen de l’affaire
En cas de non-conciliation ou par la partie contestée de la demande,
le tribunal doit retirer l’affaire ; il procède immédiatement à son
examen ; aucun renvoi ne peut être prononcé sauf accord des
parties, mais le tribunal peut toujours, par jugement motivé,
prescrire toutes enquêtes, descentes sur les lieux et toutes mesures
d’information y compris la comparution personnelle des parties ainsi
que tous constats et expertises.
Toutefois, les agents des services du tribunal ne peuvent être commis
en qualité d’experts par le tribunal du travail.
Article 322 : Délibéré
Les débats clos, le tribunal délibère immédiatement en secret, sauf
mise en délibéré, lequel ne peut excéder la date de la prochaine
audience de la même section et, au plus tard, la date d’expiration
d’un délai non renouvelable de deux semaines. Le jugement est
rédigé sur l’heure et l’audience reprise pour sa lecture ; il doit être
motivé.
Les jugements des tribunaux du travail sont pris à la majorité relative
des membres présents.
137
Article 323 : Minutes des jugements
Les minutes du jugement sont signées par le président et le
secrétaire. Elles sont conservées pendant dix ans et reliées chaque
année à la diligence du président.
Article 324 : Exécution provisoire
Le jugement peut ordonner l’exécution immédiate, nonobstant
opposition ou appel, et par provision avec dispense de caution
jusqu’à une somme qui sera fixée par décret. Pour le surplus,
l’exécution provisoire peut être ordonnée à charge de fournir
caution.
Cependant, l’exécution provisoire pourra jouer sans limite,
nonobstant toute voie de recours et sans versement de caution
lorsqu’il s’agira de salaires non contestés et reconnus comme étant
dus.
SECTION IV : VOIES ET RECOURS
Article 325 : Opposition
En cas de jugement par défaut, signification du jugement est faite
dans les formes de l’article 315, sans frais, à la partie défaillante, par
le secrétaire du tribunal ou par un agent administratif commis
spécialement à cet effet par le président.
Si, dans un délai de dix jours après la signification, le défaillant ne fait
pas opposition au jugement dans les formes prescrites à l’article 299
ci-dessus, le jugement est exécutoire.
Sur opposition, le président convoque à nouveau les parties comme il
est dit à l’article 316 ; le nouveau jugement, nonobstant tout défaut
ou appel, est exécutoire.
Article 326 : Examen des demandes en premier ou dernier ressort
Le tribunal du travail statue en premier et dernier ressort à chaque
fois que le chiffre de la demande n’excède pas deux cent milles
138
(200.000 ) Ouguiyas à charge d’un recours en cessation devant la
cour suprême. Toutefois, si le chiffre de la demande excédé deux
cent milles (200.000) Ouguiyas, il statue en premier ressort avec
possibilité d’appel.
Article 327 : Demandes reconventionnelles
Le tribunal du travail connaît de toutes les demandes
reconventionnelles ou en compensation qui, par leur nature entrent
dans sa compétence. Lorsque chacune des demandes principales,
reconventionnelles ou en compensation est dans les limites de sa
compétence en dernier ressort, il se prononcera sans qu’il y ait lieu
d’appel.
Si l’une de ces demandes n’est susceptible d’être jugée qu’à charge
d’appel, le tribunal ne se prononcera sur toutes qu’à charge d’appel
Néanmoins, il statue en dernier ressort si:
- Seule la demande reconventionnelle en dommages-intérêts
fondée sur la demande principale excédé sa compétence en
dernier ressort
- En cas de défaut du défendeur, seules les demandes
reconventionnelles formées par celui-ci dépassent le taux de
sa compétence en dernier ressort, quelque soient la nature
et le montant de ces demandes, et à condition que le
défendeur n’ait produit aucun mémoire de défense.
Si une demande reconventionnelle reconnue non fondée, est formée
uniquement en vue de rendre le jugement susceptible d’appel,
l’auteur de cette demande peut être condamné à des dommages-
intérêts envers l’autre partie, même en cas où, en appel, le jugement
en premier ressort n’a été confirmé que partiellement.
Article 328 : Appel
Dans les quinze jours du prononcé du jugement, appel peut être
interjeté dans les formes prévues à l’article 299 ci-dessus.
139
L’appel est transmis dans la huitaine de la déclaration d’appel à la
cour d’appel avec une expédition du jugement et les lettres,
mémoires et documents déposés par les parties.
L’appel est jugé sur pièces. Toutefois, les parties peuvent demander à
être entendues ; en ce cas la citation et la présentation des partie
obéissent aux règles fixées par les articles 315 et 316.
L’arrêté d’appel doit être rendu dans les trois mois de la transmission
de la déclaration d’appel à la cour d’appel.
Article 329 : Recours en cassation
La cour suprême connaît des recours en cassation contre les
jugements rendus en dernier ressort dans les formes et conditions
fixées par la loi pour l’exercice de ce recours, sans que la consignation
prévue par les textes puissent être exigée.
140
établissements publics qu’en l’absence des dispositions législatives
ou réglementaires contraires.
Article 332 : Gratuité de la procédure
La procédure en matière de règlement des différends collectifs est
gratuite.
Article 333 : Publicité
Outre la formalité de dépôt prévue à l’article 340, les accords de
conciliations, les recommandations non frappées d’opposition, les
sentences arbitrales non frappées de recours en cassation et les
arrêts de la cour suprême rendus dans les différends collectifs sont
publiés au journal officiel et transmis à la direction du travail où
communication peut être faite au public.
CHAPITRE II : TENTATIVE DE CONCILIATION
Article 334 : Notification du conflit collectif
Tout différend collectif qui ne peut ou n’a pu être réglé dans le cadre
de la procédure de conciliation et d’arbitrage par les conventions
collectives doit être aussitôt notifié par la partie la plus diligente à
l’inspecteur ou au contrôleur du travail du ressort ou à son suppléant
ou au ministère du travail lorsque le différend collectif s’étend sur le
ressort de plusieurs inspections, dans ce dernier cas, le directeur du
travail désigne un inspecteur du travail le plus compétent
territorialement.
Article 335 : Convocation et comparution des parties
L’inspecteur ou le contrôleur du travail convoque les parties aux fins
d’une tentative de conciliation dans les 48 heures de la notification
du conflit.
Les parties peuvent se faire représenter par mandataires constitués
par écrit ayant obligatoirement tous pouvoirs pour négocier et
conclure un accord. Sauf révocation du mandat notifié au
141
conciliateur, à la commission de médiation et au conseil d’arbitrage,
les mandataires sont constitués pour ces trois procédures et
instances.
Lorsqu’une des parties ne comparaît pas ou ne se fait pas
représenter, le conciliateur dresse un procès-verbal de cette carence
sans préjudice des sanctions civiles et pénales prévues au livre III du
présent code.
Article 336 : Election de domicile
Les parties, dès la saisine de l’inspection du travail ou du ministère du
travail, ou dès leur convocation, doivent indiquer le lieu où elles font
élection de domicile pour recevoir les convocations et notifications
prévues dans le présent titre. A défaut, leur domicile est élu
obligatoirement à l’inspection du travail compétente ou au ministère
du travail selon le cas. Cette élection de domicile est obligatoirement
faite pour la tentative de conciliation, la médiation et l’arbitrage.
A cet effet, un registre spécial est ouvert auprès de l’inspection du
travail et du ministère du travail destiné à l’inscription des demandes,
convocations et domiciliation des parties ainsi que de notification
faites à elles.
Article 337 : Mission et pouvoirs de l’inspecteur du travail
Le conciliateur à les pouvoirs les plus larges pour s’informer de la
situation juridique, économique et sociale de l’entreprise et des
travailleurs concernés par le différend collectif.
Dans ce but, il peut notamment enquêter auprès des entreprises et
des syndicats, réclamer aux parties tous documents et
renseignements de nature comptable, financière, statistique ou
administrative, susceptibles d’être utiles à l’examen et à la solution
du différend.
De leur côté, les parties peuvent remettre au conciliateur tout
mémoire, et faire toutes observations qu’elles jugent utiles de
142
présenter, et sont tenues de donner toutes facilités au conciliateur
pour remplir sa mission.
Article 338 : Obligation au secret professionnel
Le conciliateur est tenu au secret professionnel en ce qui concerne
toutes les informations dont il peut prendre connaissance à
l’occasion de sa mission.
Article 339 : Durée de la tentative de conciliation
En aucun cas, la phase de tentative de conciliation ne peut excéder
trente jours à compter de la convocation des parties. Si dans ce délai
les parties ne sont pas parvenues à un accord, le conciliateur doit
dresser un procès-verbal de non-conciliation.
Article 340 : Conciliation
En cas de conciliation totale ou partielle entre les parties, le
conciliateur dresse aussitôt un procès-verbal de conciliation
mentionnant les points sur lesquels les parties se sont mises
d’accord, ceux sur lesquels le désaccord persiste et ceux dont il est
fait abandon.
Le procès-verbal est signé par les parties et par le conciliateur.
L’accord de conciliation a force obligatoire et exécutoire du jour où il
est conclu sauf accord contraire des parties pour en différer ou faire
rétroagir l’effet. Il est déposé au secrétariat du tribunal du travail du
siège de l’inspection du travail ou, en cas de conflit s’étendant à
plusieurs ressorts, au tribunal du travail de Nouakchott.
Il peut être étendu dans les mêmes conditions qu’une convention
collective susceptible d’extension.
Article 341 : Non conciliation
En cas de non-conciliation totale ou partielle ou de carence de l’une
des parties, le conciliateur établit un rapport motivé sur l’état du
143
différend en précisant les points sur lesquels le désaccord persiste,
auquel sont annexés tous les documents et renseignements utiles.
Le procès-verbal de carence ou de non-conciliation ou de conciliation
partielle ainsi que le rapport du conciliateur sont transmis aussitôt au
directeur du travail.
Le procès-verbal de carence ou de non-conciliation totale ou partielle
est notifié aux parties à leur domicile élu.
CHAPITRE III : MEDIATION
Article 342 : Saisine de la commission de médiation - Convocation
des parties
Le directeur du travail doit, obligatoirement dans le délai de quinze
jours suivant la date du procès-verbal de carence ou de non-
conciliation totale ou partielle, saisir la commission de médiation et
convoquer les parties et les membres de ladite commission pour la
date, le lieu et l’heure fixés par lui.
La convocation des parties est faite dans les conditions prévues à
l’article 335.
Article 343 : Composition de la commission de médiation
La commission de médiation est composée :
- Du Directeur du travail ou son représentant, président;
- Du Wali de la wilaya, ou son représentant, dans le ressort
duquel le conflit est né;
- D’un représentant de l’employeur et de travailleur désigné
par le Ministre du travail.
La désignation des membres représentant les employeurs et les
travailleurs est faite par simple lettre du Ministre du travail sur une
liste de noms dressée chaque année, par arrêté du Ministre du
travail, sur proposition des organisations les plus représentatives.
Article 344 : Comparution et représentation des parties
144
Les parties sont tenues de comparaître ou de se faire représenter
dans les conditions prévues à l’alinéa 335.
Si au jour fixé pour la réunion de la commission de médiation, l’une
des parties ne comparaît pas ou refuse de comparaître ou ne se fait
pas représenter ou refuse de se faire représenter, la commission
établit un procès-verbal de carence dans les mêmes formes et sous
les mêmes sanctions que celles prévues à l’article 335.
Article 345 : Mission et pouvoirs de la commission de médiation
La commission de médiation ne peut connaître que des points
mentionnés dans le procès-verbal du conciliateur sur lesquels le
désaccord persiste et de tous ceux qui, résultant d’événements
postérieurs au procès-verbal, sont la conséquence directe du
différend en cours.
La commission a les mêmes pouvoirs que le conciliateur.
Elle peut, recourir aux offices d’experts et, généralement, de toute
personne qualifiée pour lui procurer des informations et des
explications.
Elle peut également statuer sur pièces, si elle s’estime suffisamment
instruite de la cause.
Les membres de la commission sont tenus au secret professionnel
dans les mêmes conditions que le conciliateur.
Les parties peuvent remettre à la commission tous mémoires et
documents, et faire toutes observations qu’elles jugent utiles de
présenter.
Article 346 : Durée de la médiation
En aucun cas, la phase de médiation ne peut excéder cent vingt jours
à partir de la date de réception par le directeur du travail du procès-
verbal de carence ou de non-conciliation totale ou partielle dressé
par le conciliateur.
145
Si, passé le délai précité, il n’a été établi ni procès-verbal de
médiation ou de carence de celle-ci, le président de la commission
doit transmettre le dossier aussitôt au ministre du travail.
Article 347 : Procès-verbal de la commission de médiation
A l’issue de ses travaux, la commission de médiation établit un
procès-verbal comportant obligatoirement deux parties:
1- Un procès-verbal de conciliation ou de non-conciliation totale
ou partielle avec indication détaillée ;
- Des points sur lesquels les parties se sont mises d’accord et
éventuellement, des modalités de cet accord ;
- Des points sur lesquels le désaccord persiste ;
- Des points dont il a été fait abandon ;
2- Un procès-verbal contenant une recommandation de la
commission précisant les propositions faites aux parties pour
mettre fin au litige.
Le procès-verbal de conciliation ou de non-conciliation est signé par
les parties ou leurs mandataires et par le président de la commission
de médiation. Il produit effet, doit être déposé et peut être étendu
dans les mêmes conditions que celles prévues par l’article 340.
La recommandation est prise à la majorité des membres composant
la commission. Le procès-verbal de la commission est signé par les
membres de la commission.
Article 348 : Notification du procès - verbal de recommandation
Le procès-verbal de recommandation est notifié aux parties aussitôt
après son établissement, aux domiciles élus par elles. Si elles refusent
d’en recevoir notification ou d’en accuser réception, il en est fait
mention dans le registre prévu par l’article 336 et la notification est
réputée faite.
146
Article 349 : Opposition
Dans les quatre jours ouvrables suivant la notification du procès-
verbal de recommandation, les parties peuvent former opposition à
la recommandation, soit en inscrivant leur opposition sur le registre
prévu à l’article 336, soit entre les mains de l’inspecteur du travail du
ressort, soit en la signifiant, avec décharge, au président de la
commission de médiation. Dans ce dernier cas, mention de
l’opposition est faite sur le registre prévu par l’article 336.
Si aucune opposition n’est faite dans le délai de quatre jours
ouvrables, la recommandation produit effet, doit être déposée et
peut être étendue dans les conditions prévues par l’article 340.
En cas d’opposition à la recommandation dans le délai de quatre
jours ouvrables, le dossier est transmis aussitôt au ministre du travail
qui peut décider de recourir à l’arbitrage.
CHAPITRE IV : ARBITRAGE
Article 350 : Décision ministérielle de recourir à l’arbitrage Le
ministre
Du travail peut décider de soumettre le différend collectif à la
procédure d’arbitrage, en toute opportunité, compte tenu,
notamment des circonstances et des répercussions du conflit s’il
estime que la grève ou le lock-out est préjudiciable à l’ordre public ou
contraire à l’intérêt général.
Le ministre du travail signifie sa décision aux parties, dans les
quatorze jours suivant la réception du dossier. Il saisit directement le
conseil d’arbitrage à qui il transmet tout dossier concernant le
différend. Mention de ces notifications et de cette saisine est faite
dans le registre prévu à l’article 336.
Article 351 : Composition du conseil d’arbitrage
L’arbitrage est confié à un conseil d’arbitrage ainsi composé :
147
1- Le président du tribunal du travail ou, à défaut, le président du
tribunal de la wilaya, président du conseil d’arbitrage ;
2- Un magistrat désigné par le ministre de la justice, vice-président
;
3- Un inspecteur ou un contrôleur du travail ou, un fonctionnaire
de l’administration du travail n’ayant connu ni de la conciliation,
ni de la médiation, désigné par le ministre du travail ;
4- Un assesseur travailleur désigné dans les mêmes conditions que
celles prévues pour les assesseurs auprès du tribunal du travail ;
5- Un assesseur représentant l’employeur désigné dans les mêmes
conditions que celles prévues pour les assesseurs auprès du
tribunal du travail.
Article 352 : Mission du conseil d’arbitrage
Le conseil d’arbitrage n’est saisi et ne peut statuer que sur les points
du différend mentionnés sur le procès-verbal de non-conciliation
totale ou partielle et sur ceux qui, résultant d’événements
postérieurs au procès-verbal, sont la conséquence directe du
différend.
Article 353 : Comparution et représentation des parties
Les parties ne sont pas tenues de comparaître ni de se faire
représenter devant le conseil d’arbitrage. Mais sur leur demande ou
celle du conseil d’arbitrage, elles peuvent être entendues devant
cette juridiction.
Elles peuvent aussi y comparaître et s’y faire représenter, déposer
des mémoires et former des observations conformément aux articles
334 et 335.
Article 354 : Pouvoirs du conseil d’arbitrage
Le conseil d’arbitrage dispose des mêmes pouvoirs que ceux
reconnus à la commission de médiation par l’article 345.
Il peut également statuer sur pièces.
148
Il statue en droit sur les points relatifs à l’application et à
l’interprétation des lois, règlements et conventions collectives en
vigueur;
Il statue en équité sur les autres points, notamment sur les salaires et
les accessoires de salaires ainsi que sur les conditions de travail
quand ceux-ci n’ont pas été fixés par des dispositions légales,
réglementaires ou conventionnelles.
La sentence du conseil d’arbitrage doit être motivée. Elle doit être
rendue dans les soixante-dix jours suivants :
- L’expiration du délai de quatre-vingt-dix jours prévus par
l’article 345 sans qu’aucun procès-verbal de conciliation ou
de non-conciliation et de recommandation dressé ;
- L’opposition faite par l’une des parties à la recommandation
formulée par la commission de médiation.
Le secrétariat du conseil d’arbitrage est tenu par le secrétariat du
tribunal du travail ou à défaut, par le greffe du tribunal de la wilaya.
Article 355 : Notification et voies de recours
La sentence arbitrale est notifiée immédiatement aux parties en leurs
domiciles élus.
Elle est sans appel. Elle est susceptible d’un recours en cassation
devant la cour suprême dans les formes et conditions prévues par la
loi pour l’exercice d’un tel recours, à l’exception du délai du pourvoi
en cassation qui est de quinze jours francs à compter de la
notification et de la consignation dont les parties sont dispensées.
La cour suprême reçoit communication de l’ensemble du dossier.
Elle ne peut se prononcer qu’en droit.
Elle doit statuer dans les soixante jours qui suivent l’introduction du
recours en cassation.
149
Article 356 : Force exécutoire des sentences arbitrales
La sentence arbitrale non frappée d’un recours en cassation et l’arrêt
de la cour suprême sont exécutoires.
A défaut d’exécution par les parties, celles-ci peuvent y être
contraintes par toutes voies de droit.
La sentence arbitrale devenue définitive et irrévocable doit être
déposée et peut être étendue dans les conditions prévues à l’article
340.
L’arrêt de la cour suprême peut être étendu dans les conditions
prévues à l’article 340.
CHAPITRE V : GREVE ET LOCK-OUT
SECTION I : GREVE
Article 357 : Définition
La grève générale ou partielle est un arrêt concerté et collectif du
travail des salariés d’une ou plusieurs entreprises pour obtenir la
satisfaction de revendications professionnelles, conformément à la
réglementation en vigueur.
Tous les salariés disposent du droit de grève sous réserve de l’exercer
selon la législation et la réglementation en vigueur.
Article 358 : Préavis de grève
La grève n’est licite que si elle est précédée d’un préavis d’une durée
de dix jours ouvrables.
A peine de nullité, le préavis doit :
- Être notifié par écrit à la direction de l’entreprise ou de
l’établissement ou des syndicats professionnels patronaux ou
des unions syndicales patronales selon que la grève concerne
une entreprise, un établissement, une profession ou une
branche d’activité considérée.
150
- Émaner des représentants du personnel de l’entreprise ou de
l’établissement ou d’une ou plusieurs unions ou
organisations syndicales de travailleurs, selon les cas.
Article 359 : Obligations des grévistes
En aucun cas, l’exercice du droit de grève ne peut s’accompagner
d’occupation des lieux de travail ou de leurs abords immédiats, de la
séquestration de personnes ou de l’interdiction par la force ou la
menace, de l’accès aux lieux de travail par les non-grévistes sous
peine de sanctions pénales édictées par le livre VIII du présent code.
Article 360 : Réquisition
L’autorité administrative compétente peut, à tout moment, procéder
à la réquisition des travailleurs des entreprises privées, des services,
entreprises ou établissements publics qui occupent des emplois
indispensables à la sécurité des personnes et des biens, au maintien
de l’ordre public, à la continuité des services publics ou la satisfaction
des besoins essentiels de la nation.
La liste des emplois ainsi définis est fixée par décret.
L’autorité compétente réglera les conditions et modalités de
réquisition des travailleurs occupant les emplois figurant sur la liste
prévue à l’alinéa précédent. Elle précisera les cas dans lesquels la
notification de la réquisition, faite en principe à la personne par ordre
de service signé de l’employeur ou de son représentant ou de
l’autorité administrative compétente, pourra néanmoins résulter de
la publication au journal officiel, à la diffusion radiophonique ou
anonymement les travailleurs occupant tout ou partie les emplois
énumérés dans la liste préalablement établie par décret.
Article 361 : Effets de la grève licite
La grève licite suspend légitimement le contrat de travail des
grévistes, quelle qu’en soit la durée, sous réserve pour les travailleurs
qui sont chargés d’assurer la maintenance des appareils de
151
production, du maintien des mesures de sécurité et d’hygiène de
l’obligation de les poursuivre à la demande expresse de l’employeur
ou du chef d’entreprise.
Toutefois, si un travailleur, durant la grève même licite, enfreint les
obligations, interdictions et réquisitions prévues par les articles 359
et 360, il commet une faute lourde justifiant son licenciement et la
privation de l’indemnité de préavis, de l’indemnité de licenciement et
des dommages-intérêts.
La grève ne suspend pas le mandat des délégués du personnel et des
membres du comité consultatif d’entreprise ou d’établissement et de
tout représentant du personnel institué par les conventions
collectives.
Article 362 : Grève illicite
La grève est illicite lorsqu’elle intervient sans motif ou pour des
revendications non professionnelles.
Elle est également illicite si elle intervient pour des revendications
professionnelles;
- Sans être précédée du préavis prévu par l’article 358 ;
- Après l’achèvement de la procédure de conciliation
concrétisée par la remise aux parties du procès-verbal de
non-conciliation totale ou partielle (cf. art.334) ;
- Après la convocation des parties par le président de la
commission de médiation et avant la clôture de la phase de
médiation par un procès-verbal de la commission de
médiation ou par l’écoulement du délai prévu par l’article
346 dans les conditions fixées par ce texte.
- Après la notification de la décision du ministre du travail de
recourir à l’arbitrage dans les conditions fixées par l’article
350 ;
- Après la sentence arbitrale rendue par le conseil d’arbitrage.
152
153
Article 363 : Effets de la grève illicite
La participation d’un travailleur à une grève illicite est constitutive
d’une faute lourde justifiant son licenciement et la privation de
l’indemnité de préavis, de l’indemnité de licenciement et des
dommages-intérêts.
SECTION II: LOCK-OUT
Article 364 : Définition
Le lock-out est la fermeture de tout ou partie d’une entreprise ou
d’un établissement décidé par l’employeur à l’occasion d’un différend
collectif.
Le lock-out est interdit. Il n’est licite que :
- Si la grève consiste en une forme différente de l’arrêt
collectif de travail telle que, notamment, la grève perlée, la
grève tournante, la malfaçon, la grève du zèle.
- Si la grève le place dans l’impossibilité totale de fournir du
travail aux non-grévistes;
- Pour rétablir, avant la reprise du travail suivant la fin d’une
grève, les conditions minimales de travail, d’hygiène et de
sécurité.
Article 365 : Effets du lock-out licite
Le lock-out licite suspend le contrat de travail des non-grévistes sans
aucune rémunération, quelle qu’en soit la durée.
Article 366 : Effets du lock-out illicite
Le lock-out illicite entraîne
- Le maintien de la suspension du contrat des travailleurs
grévistes du fait de la grève;
- L’obligation de payer les rémunérations des journées de
travail perdues aux travailleurs non-grévistes comme si elles
avaient été œuvrées;
154
- L’inéligibilité de l’employeur ou du chef d’entreprise
prononcée par jugement du tribunal de la wilaya à la requête
du ministre du travail, aux fonctions de membre d’une
chambre de commerce, d’un organe consultatif du travail et
de la sécurité sociale prévu par le présent code, de la
commission de médiation et du conseil d’arbitrage,
d’assesseur au tribunal du travail.
- L’interdiction de participer, sous quelque forme que ce soit, à
une entreprise de travaux ou à un marché de fourniture pour
le compte de l’Etat ou d’une collectivité publique.
155
LIVRE VI : ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU TRAVAIL ET
MOYENS DE CONTROLE
TITRE I : ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU TRAVAIL
CHAPITRE UNIQUE : ADMINISTRATION DU TRAVAIL
Article 367 : Attributions générales
L’administration du travail est chargée, sous l’autorité du ministre du
travail, d’assurer, dans le domaine du travail, de l’emploi, de la
formation professionnelle et de la prévoyance sociale, un rôle de
conception et de conseil et, d’autre part, un rôle d’impulsion, de
coordination et de contrôle.
Elle a notamment pour raison :
- D’élaborer, dans le cadre des directives ministérielles, les
projets de lois et de règlements dans les domaines du travail,
de l’emploi, de la formation professionnelle de la prévoyance
sociale;
- D’assurer l’application des lois et règlements couvrant le
travail, l’emploi, la formation professionnelle et la
prévoyance sociale;
- De renseigner, éclairer et conseiller les employeurs et les
travailleurs;
- De documenter, conseiller, coordonner et contrôler les
services et organismes concourant à l’application de la
législation sociale;
- De réaliser, en collaboration avec les autorités et organismes
intéressés, la meilleure organisation possible du marché de
l’emploi, comme partie intégrante du programme national
tendant à assurer et à maintenir le plein emploi, ainsi qu’à
développer et à utiliser pleinement les ressources
productives;
156
- Réunir et tenir à jour les données statistiques relatives aux
conditions d’emploi et de travail et aux opérations de
prévoyance.
- D’établir chaque année, un rapport d’ensemble sur l’activité
des divers services concourant à l’application de la législation
sociale;
- De suivre les relations avec les autres états et les
organisations internationales en ce qui concerne les
questions de travail, d’emploi, de promotion et de
prévoyance sociale.
Article 368 : Organisation et fonctionnement
Les modalités d’organisation et de fonctionnement des services du
travail sont fixées par décret.
157
fonctions principales, ni porter préjudice d’une manière quelconque,
à l’autorité ou l’impartialité nécessaire aux inspecteurs dans leurs
relations avec les employeurs et les travailleurs.
Les inspecteurs du travail sont tenus de soumettre à l’autorité
centrale d’inspection des rapports périodiques d’un caractère général
sur les résultats de leurs activités.
Les attributions des inspecteurs et des contrôleurs du travail ainsi que
l’organisation et les conditions de fonctionnement des sections
d’inspection sont fixées par arrêté du ministre chargé du travail.
Article 370 : Statut des inspecteurs et des contrôleurs du travail
Le statut des inspecteurs et contrôleurs du travail fixé par décret pris
en conseil des ministres, assure à ces fonctionnaires les garanties
juridiques, matérielles et morales nécessaires en vue de préserver de
toutes influences extérieures, leur impartialité et leur indépendance.
Les inspecteurs et contrôleurs du travail ne peuvent avoir aucun
intérêt direct ou indirect dans les entreprises placées sous leur
contrôle.
Article 371 : Serment - Secret professionnel
Les inspecteurs et contrôleurs du travail prêtent serment de bien et
fidèlement remplir leur charge et de ne pas révéler, même après
avoir quitté leur service, les secrets de fabrication et, en général, les
procédés d’exploitation dont ils pourraient prendre connaissance
dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce serment est prêté devant la cour d’appel. il peut être prêté par
écrit lorsque l’intéressé ne réside pas au siège de la cour d’appel.
Toute violation de ce serment est punie conformément à la loi
pénale.
Article 372 : Confidentialité des plaintes
158
Les inspecteurs et contrôleurs du travail doivent tenir pour
confidentielle toute plainte leur signalant un défaut dans une
installation ou une infraction aux dispositions légales ou
réglementaires et doivent s’abstenir de révéler à l’employeur ou son
représentant qu’il a été procédé à une visite à la suite d’une plainte.
Article 373 : Constatation des infractions
Les inspecteurs et contrôleurs du travail peuvent constater, par
procès-verbal faisant foi jusqu’à la preuve du contraire, les infractions
aux dispositions de la législation et de la réglementation du travail et
de la sécurité sociale. Ils sont habilités à saisir directement les
autorités judiciaires compétentes.
Aucune forme spéciale n’est imposée au procès-verbal des
inspecteurs et contrôleurs du travail. Dans la constatation des
infractions à la législation et à la réglementation du travail et de la
sécurité sociale, les inspecteurs et contrôleurs du travail disposent
des mêmes prérogatives que les officiers de police judiciaire.
Article 374 : Notification du procès-verbal d’infraction
Tout procès-verbal d’infraction doit être notifié par la remise d’une
copie certifiée conforme à la partie intéressée ou à son représentant.
A peine de nullité des poursuites à intervenir, cette remise doit être
effectuée dans le mois de la constatation de l’infraction, soit par
lettre recommandée avec accusé de réception, la date du récépissé
délivré par la poste tenant alors lieu de date de notification, soit par
tout autre moyen permettant de donner date certaine à la
notification effectuée.
Un exemplaire du procès-verbal est déposé au parquet, un second
envoyé au directeur du travail pour classement, un troisième est
archivé à l’inspection du travail.
L’inspecteur ou le contrôleur du travail est tenu informé par l’autorité
judiciaire de la suite réservée aux procès-verbaux.
159
Article 375 : Assistance aux inspecteurs et contrôleurs du travail.
Toutes les autorités civiles et militaires doivent reconnaître les
inspecteurs et les contrôleurs du travail en leur qualité, sur
présentation de la carte professionnelle et leur prêter sur leur
demande, aide et assistance dans l’exercice de leurs fonctions.
Article 376 : Pouvoirs des inspecteurs et contrôleurs du travail
1- Pouvoir de visite
Les inspecteurs et contrôleurs du travail munis de pièces justificatives
de leurs fonctions peuvent pénétrer librement, sans avertissement
préalable, à toute heure du jour et de la nuit, dans les établissements
assujettis au contrôle de l’inspection du travail. Ils peuvent également
pénétrer de jour dans les locaux qu’ils peuvent avoir un motif
raisonnable de supposer être assujettis au contrôle de l’inspection du
travail.
A l’occasion de leurs visites, ils doivent informer de leur présence
l’employeur ou son représentant, à moins qu’ils n’estiment qu’un
avis risque de porter préjudice à l’efficacité du contrôle.
Les chefs d’entreprises et d’établissements sont tenus de prendre
toutes dispositions pour que le libre accès aux établissements soit
assuré à l’inspecteur ou au contrôleur du travail, en tout état de
cause et, sur le champ, même si la visite est inopinée et même en cas
de leur absence.
Le chef d’entreprise ou son représentant peut accompagner au cours
de sa visite l’inspecteur ou le contrôleur du travail si ce dernier le
demande. Celui-ci peut se faire accompagner, dans sa visite,
d’interprète officiel et des représentants du personnel de l’entreprise
visitée, ainsi que des médecins visés au 2° ci-dessous.
Les personnes qui accompagnent les inspecteurs ou contrôleurs sont
tenues sous les mêmes conditions et les sanctions prévues par
160
l’article 372, de ne pas révéler les secrets de fabrication dont ils
peuvent prendre connaissance dans l’exercice de leurs fonctions.
2- Pouvoir de réquisition
Les inspecteurs et les contrôleurs du travail peuvent requérir, si
besoin est, les avis et les consultations des médecins et techniciens.
Ces derniers sont tenus au secret professionnel dans les conditions et
les sanctions prévues par l’article 372.
3- Pouvoir d’examen, de contrôle et d’enquête
Les inspecteurs et contrôleurs du travail peuvent procéder à tous les
examens, contrôles et enquêtes jugés nécessaires pour assurer que
les dispositions applicables sont effectivement observées et
notamment:
a) Interroger avec ou sans témoin l’employeur ou le personnel de
l’entreprise ; contrôler leur identité, demander des
renseignements à toute autre personne dont le témoignage
peut sembler nécessaire;
b) Requérir du chef d’établissement la production de tout registre
ou document dont la tenue est prescrite ;
c) Prélever et emporter, aux fins d’analyse, en présence du chef
d’entreprise ou de son représentant et contre reçu, des
échantillons des matières et des substances utilisées ou
manipulées. Les frais résultants de ces réquisitions, expertises
et enquêtes sont supportés par le budget de l’état.
4- Pouvoir de prendre ou de faire prendre des mesures
Les inspecteurs et les contrôleurs du travail sont autorisés à
provoquer des mesures destinées à éliminer les défectuosités
constatées dans une installation, un aménagement ou des méthodes
de travail qu’ils peuvent avoir un motif valable de considérer comme
une menace à la santé ou à la sécurité des travailleurs. A cet effet, les
inspecteurs et les contrôleurs du travail ont le droit de saisir les
161
autorités administratives ou judiciaires compétentes pour faire
ordonner:
a) Que soit portées aux installations, dans un délai fixé, les
modifications qui sont nécessaires pour assurer l’application
stricte des dispositions légales et réglementaires concernant la
santé ou la sécurité des travailleurs;
b) Que des mesures immédiatement exécutoires soient prises
dans le cas de danger imminent pour la santé ou la sécurité des
travailleurs.
Article 377 : Carte professionnelle
Les inspecteurs et les contrôleurs du travail seront porteurs d’une
carte professionnelle de service délivrée par le ministre chargé du
travail établissant leur identité et justifiant leur qualité d’agents
assermentés et leurs fonctions.
Article 378 : Contrôle technique dans les mines, minières et
carrières
Dans les mines, minières et carrières ainsi que dans les
établissements et chantiers où les travaux sont soumis au contrôle
d’un service technique, les fonctionnaires chargés de ce contrôle
veillent à ce que les installations relevant de leur contrôle technique
soient aménagées en vue de garantir la sécurité des travailleurs.
Ils assurent l’application des règlements spéciaux qui peuvent être
pris dans ce domaine et disposent à cet effet, dans cette limite, des
pouvoirs des inspecteurs du travail, et ils portent à la connaissance
de l’inspecteur ou du contrôleur du travail du ressort les mesures
qu’ils ont prescrites et le cas échéant les mises en demeure qui sont
signifiées.
L’inspecteur ou le contrôleur du travail, peut à tout moment,
demander à effectuer avec les fonctionnaires visés au paragraphe
162
précédent, la visite des mines, minières, carrières, établissements et
chantiers soumis au contrôle technique.
Article 379 : Contrôle de l’application du code de la marine
marchande
Pour le contrôle de l’application des dispositions du code de la
marine marchande, le rôle dévolu aux inspecteurs et contrôleurs du
travail, est confié aux agents représentant l’autorité maritime prévue
dans le code de la marine marchande.
Article 380 : Contrôle des établissements militaires
Dans les établissements ou parties d’établissements militaires
employant de la main-d’œuvre civile, dans lesquels l’intérêt de la
défense s’oppose à l’introduction d’agents étrangers au service,
l’application des dispositions relatives au travail et à la sécurité
sociale est assurée par des fonctionnaires ou des officiers désignés à
cet effet.
Cette désignation est faite conjointement par le ministre chargé de la
défense et le ministre chargé du travail.
Article 381 : Prérogatives
Les dispositions des articles 376 à 381 ne portent pas atteinte aux
prérogatives des officiers de police judiciaire quant à la constatation
et à la poursuite des infractions selon le droit commun.
CHAPITRE II : INSPECTION MEDICALE DU TRAVAIL
Article 382 : Médecins inspecteurs du travail
Des médecins inspecteurs du travail sont nommés dans les services
d’inspection du travail. Ils sont chargés de toutes les questions
relatives à l’inspection du travail sur le plan médical, et prennent le
titre de médecins inspecteurs du travail.
Leurs attributions, les conditions de leur nomination et de leur
rémunération sont déterminées par décret pris en conseil des
163
ministres. Des médecins agréés peuvent assister le médecin
inspecteur du travail dans sa mission. Ils sont mandatés dans des
conditions fixées par arrêté du ministre chargé du travail.
Article 383 : Mission des médecins inspecteurs du travail
Les médecins inspecteurs du travail ont pour mission, en
coordination avec les inspecteurs et contrôleurs du travail et, sous
l’autorité de la direction du travail :
1. De veiller à l’application de la législation relative à l’hygiène du
travail et à la protection de la santé des travailleurs ;
2. D’assurer, en coordination étroite avec les services ou
organismes psychotechniques, l’examen médical des
travailleurs, en vue de leur orientation professionnelle, de leur
classement, et éventuellement de leur rééducation ;
3. D’effectuer toutes enquêtes destinées à faire ressortir les
mesures à prendre pour améliorer la protection de la santé des
travailleurs dans le milieu de leur travail ;
4. D’assurer la préparation d’un fichier physiopathologique de la
main-d’œuvre ;
5. De contrôler les services médicaux du travail ;
6. De contrôler les soins donnés aux victimes d’accidents du travail
et de maladies professionnelles.
En vue de la prévention des maladies professionnelles, les médecins
inspecteurs du travail sont autorisés à examiner les travailleurs et à
faire aux fins d’analyse, tout prélèvement portant notamment sur les
matières mises en œuvre et les produits utilisés.
Article 384 : Prérogatives des médecins inspecteurs du travail
Les dispositions relatives aux prérogatives dévolues aux inspecteurs
et contrôleurs du travail sont étendues aux médecins inspecteurs du
travail, lesquels seront assermentés dans les mêmes conditions et au
même titre que les premiers.
164
CHAPITRE III : MESURES DE CONTROLE
Article 385 : Déclaration d’embauche et de la situation de la main
d’œuvre
Toute personne qui se propose d’employer du personnel quel qu’en
soit l’importance, dans une entreprise ou dans un établissement, doit
au préalable en faire la déclaration à l’inspection du travail du
ressort.
Doivent être déclarés dans les mêmes conditions, la fermeture, le
transfert, la mutation, le changement de destination et, plus
généralement, toute modification affectant l’entreprise ou
l’établissement.
Les chefs d’établissements doivent produire périodiquement la
déclaration de la situation de la main-d’œuvre qu’ils emploient.
Des arrêtés du ministre chargé du travail fixent les modalités
d’application des dispositions du présent article.
Article 386 : Registre d’employeurs
L’employeur doit tenir constamment à jour au lieu d’exploitation, et
dans chaque établissement un registre dit “Registre d’employeur”.
Ce registre est destiné à recevoir :
- les renseignements concernant les personnes et les contrats des
travailleurs et apprentis occupés dans l’établissement ;
- les indications concernant le travail effectué, les salaires et congés ;
- les visas, mises en demeure et observations des agents de
l’inspection du travail et de la sécurité sociale, et toutes indications
relatives aux conditions d’hygiène et de sécurité.
Un arrêté du ministre chargé du travail pourra fixer en détail les
modalités pratiques concernant la tenue et le contenu de ce registre
en l’adaptant à la nature et aux dimensions des entreprises.
165
166
LIVRE VII : EMPLOI - FORMATION PROFESSIONNELLE –
APPRENTISSAGE ET ORGANISMES CONSULTATIFS
Il est institué au sein de l’administration du travail des services de
l’emploi et de la formation professionnelle chargés, sous l’autorité du
ministre chargé du travail, de réaliser en collaboration avec les
autorités intéressées la meilleure organisation possible du marché de
l’emploi et de la formation professionnelle.
TITRE I : EMPLOI
CHAPITRE I : SERVICE DE L’EMPLOI
Article 387 : Dispositif d’accès à l’emploi
L’accès à l’emploi est libre dans le cadre des dispositions du présent
code et le monopole d’embauche exercé par le service de l’emploi
est supprimé. Toutefois, le marché de l’emploi fait l’objet de
régulations édictées par décret, et destinées à protéger les candidats
à l’emploi, et à assurer la transparence et l’équité dans l’accès à
l’emploi.
Dans ce cadre, l’Etat peut être amené à créer, en liaison avec les
partenaires sociaux, une agence ou toute autre institution chargée de
promouvoir l’accès à l’emploi et le placement. De même, l’Etat peut
autoriser par arrêté l’ouverture de bureaux de placement privés
agréés dans le cadre d’un statut professionnel réglementé et
préalablement défini par décret.
Article 388 : Conditions d’emploi de la main d’œuvre étrangère
Tout étranger qui désire occuper sur le territoire mauritanien un
emploi salarié de quelque nature que ce soit, doit obtenir au
préalable un permis de travail dont la nature et les conditions
d’octroi sont fixées par un décret pris après avis du conseil national
du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale.
Article 389 : Rôle des services de l’emploi
167
Les services de l’emploi sont chargés notamment :
a. De rassembler, traiter, analyser, présenter, et diffuser toutes les
informations statistiques et non statistiques relatives à
l’emploi ;
b. D’analyser le marché de l’emploi, au plan quantitatif et
qualitatif et sous l’angle des déséquilibres qui peuvent l’affecter
en termes de genre, de générations, de qualifications, de
répartition territoriale etc.
c. De formuler toute proposition, en relation avec les partenaires
sociaux, touchant la régulation du marché de l’emploi et en
particulier, la protection des candidats à l’emploi et le respect
de la transparence et de l’équité du marché de l’emploi ;
d. De conduire toute analyse et travaux de réflexion touchant la
stratégie ou la politique de l’emploi et de formuler en tant que
besoin, tous les éléments de programme d’action qui y
contribuent ;
e. De favoriser toutes les initiatives, publiques ou privées, de
promotion et d’accès à l’emploi et de veiller à la défense de
l’emploi à travers les programmes d’action économiques définis
ou engagés par les pouvoirs publics ;
f. D’entreprendre toute étude et de proposer toute action visant
à assurer une meilleure adéquation de la formation aux
conditions d’emploi dans les différents secteurs de l’économie ;
g. De suivre l’action menée en faveur de l’emploi, spécialement à
travers les programmes publics et en faire rapport.
168
de son employeur ou d’un autre employeur. Le travailleur qui
enfreint cette interdiction est sanctionné pénalement.
L’employeur qui aura occupé, en toute connaissance de cause, un
travailleur pendant la jouissance du congé payé annuel sera
sanctionné pénalement.
Article 391 : Cumul d’emplois interdit pendant la jouissance de la
retraite
Il est fait interdiction à tout travailleur qui jouit effectivement d’une
pension ou allocation de retraite d’exécuter des travaux rémunérés
pour le compte d’un employeur quel qu’il soit.
En cas d’infraction à cette interdiction, le service de la pension ou de
l’allocation de retraite est suspendu pendant toute la durée du
contrat de travail et les pensions ou allocations de retraite
précédemment versées pendant le cumul seront reversées à
l’organisme de prévoyance de retraite.
Article 392 : Cumul d’emplois interdit au-delà de la durée
hebdomadaire légale maximale
Aucun travailleur ne peut effectuer, pour son employeur ou tout
autre employeur, des travaux rémunérés au-delà de la durée
hebdomadaire du travail , y compris les heures supplémentaires, telle
qu’elles résultent des dispositions du présent code et des arrêtés
ministériels pris pour leurs applications.
Le travailleur et l’employeur qui enfreignent cette interdiction sont
sanctionnés pénalement.
Article 393 : Cumul d’emplois autorisés
Sont exclus des interdictions prononcées par les articles 390 à 392 :
1. Les travaux rémunérés d’ordre scientifique, littéraire, artistique
et les concours apportés aux œuvres d’intérêt général,
notamment d’enseignement, d’éducation et de bienfaisance.
169
2. Les travaux effectués pour son propre compte ou à titre gratuit;
3. Les travaux d’extrême urgence dont l’exécution immédiate est
nécessaire pour prévenir un danger imminent ou pour organiser
des mesures de sauvetage.
4. Les travaux à temps partiel effectués pour plusieurs employeurs
pour des horaires inférieurs à la durée légale sans que le
nombre d’heures de travail cumulées puisse être supérieur à la
durée légale hebdomadaire, y compris les heures
supplémentaires, telle qu’elles résultent des dispositions du
présent code et celles prises pour leurs applications.
Des décrets peuvent instituer, si nécessaire, d’autres dérogations aux
interdictions de cumul d’emplois édictées par les articles 390 à 392.
Article 394 : Détermination par décret de la mission des services de
l’emploi
Des décrets pris en conseil des ministres après avis du conseil
national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale :
- Fixent les règles générales d’emplois et éventuellement des
interdictions, les limitations et les priorités d’emplois
concernant certaines catégories de travailleurs dans le cadre
d’une politique de plein emploi et de promotion ;
- Créent des commissions consultatives spécialisées, en vue de
l’étude des problèmes de l’emploi et de la formation
professionnelle ;
Article 395 : Principe de non-discrimination
Les dispositions réglementaires prises en application de l’article
précédent, doivent assurer à tous l’égalité d’accès à l ‘emploi.
Elles s’opposent à toute discrimination, distinction, exclusion ou
préférence fondée sur la race, l’ascendance nationale, la couleur, le
sexe, la religion, les opinions politiques ou l’origine sociale.
170
TITRE II : FORMATION PROFESSIONNELLE ET APPRENTISSAGE
CHAPITRE I : FORMATION PROFESSIONNELLE
Article 396 : Rôle des services de la formation professionnelle
Les services de la formation professionnelle sont chargés notamment
:
a. De mettre en place une politique de formation professionnelle
en adéquation avec la politique en matière d’emploi;
b. D’aider à créer des centres de formation professionnelle et à
mettre en place tous les moyens de promotion sociale
nécessaire et ce conformément aux directives
gouvernementales
c. D’aider à développer des cours de formation et de rééducation
professionnelle et à en établir des programmes;
Article 397 : Application de droit commun - Décret d’application
Sous réserve des dispositions spéciales prévues au présent chapitre
ou d’exception figurant expressément dans les lois et règlements,
toutes les mesures législatives ou réglementaires de droit commun
applicables aux travailleurs, s’appliquent aux apprentis.
Des décrets, pris après avis du conseil national du travail, de l’emploi
et de la sécurité sociale déterminent les catégories d’entreprises dans
lesquelles il est imposé un pourcentage d’apprentis par rapport au
nombre total des travailleurs.
Article 398 : Incapacité de recevoir des apprentis
Nul ne peut recevoir des apprentis :
- S’il n’est pas âgé de vingt et un ans au moins ;
- S’il a été condamné, soit pour crime, soit pour quelque délit
que ce soit, à une peine d’emprisonnement sans sursis de
trois mois.
171
Article 399 : Contenu du contrat
Le contrat d’apprentissage est établi conformément aux usages et
coutumes de la profession. Des arrêtés du ministre du travail peuvent
déterminer un contrat type d’apprentissage qui doit être utilisé.
Il contient, en particulier :
- Le nom, prénom, âge, profession et domicile du maître ;
- Le nom, prénom, âge et domicile de l’apprenti ;
- Les noms, prénoms, profession, âge, et domicile des père et
mère de l’apprenti ou de son tuteur ou de la personne
autorisée par les parents ou par la juridiction compétente à
le représenter ;
- L’indication de la profession qui sera enseignée à l’apprenti ;
- La date et durée du contrat, celles-ci fixées conformément
aux usages de la profession, ne pourra excéder quatre ans ;
- Éventuellement, l’indication des cours professionnels que le
chef d’entreprise s’engage à faire suivre à l’apprenti, soit
dans l’entreprise, soit en dehors ;
- Les conditions de rémunération, de nourriture et de
logement et toute autre prestation arrêtée entre les parties ;
- Le rappel de la clause obligatoire d’essai de trois mois.
Article 400 : Forme du contrat
Le contrat d’apprentissage est obligatoirement écrit. Il est exempt de
tous droits de timbre et d’enregistrement. Le contrat est constaté par
acte sous seing privé. Il est rédigé en cinq exemplaires au moins.
Un arrêté du ministre du travail peut déterminer un contrat type
d’apprentissage qui devra être utilisé.
Il est obligatoirement annexé au contrat :
- un extrait d’acte de naissance ou un extrait de jugement supplétif
d’acte de naissance.
172
- un certificat médical attestant que l’apprenti est physiquement apte
à satisfaire aux obligations relatives à la nature et au lieu de travail
stipulés au contrat.
Le contrat est signé par le maître et les parents ou tuteurs de
l’apprenti s’il est mineur, par l’apprenti s’il est majeur.
Si le maître, les parents, le tuteur ou leur représentant ou l’apprenti
sont dans l’impossibilité de signer, mention de leur accord est
certifiée sur contrat sur la foi de deux témoins qui apposent leur
signature en présence de l’inspecteur du travail.
Article 401 : Visa de l’inspecteur du travail
Le contrat d’apprentissage est soumis au visa de l’inspecteur du
travail ou de son représentant.
L’inspecteur du travail vise le contrat après avoir :
1- Vérifié qu’il est conforme aux dispositions législatives et
réglementaires ;
2- Vérifié les preuves fournies par le maître qu’il n’est pas
empêché de contracter aux termes des dispositions du présent
Chapitre ;
3- Rappelé aux parties les obligations réciproques qui leur
incombent.
Après visa, l’inspecteur du travail remet un exemplaire à chacune des
parties, dépose un exemplaire au secrétaire du tribunal du travail
compétent, ce dépôt donnant date certaine au contrat et transmet
un exemplaire à l’office de la main-d’œuvre qui délivre à l’apprenti
une carte d’apprentissage.
Le maître enregistre sur son registre d’employeur le contrat
d’apprentissage.
173
SECTION I : REGIME JURIDIQUE DU CONTRAT D’APPRENTISSAGE
Article 402 : Période d’essai
Les trois premiers mois d’exécution du contrat d’apprentissage sont
considérés comme période d’essai au cours de laquelle chacune des
parties peut résilier le contrat sans avoir à verser à l’autre partie un
dédommagement quelconque, sous la seule obligation d’aviser
l’autre partie qui a visé le contrat.
Article 403 : Interdiction de conclure un nouveau contrat
d’apprentissage avant l’expiration du précédent
Tout nouveau contrat d’apprentissage conclu sans que le précédent
contrat ait été exécuté en toutes ses obligations ou sans qu’il ait été
résolu valablement, est nul de plein droit.
Article 404 : Indemnisation du maître ou du centre de formation
professionnelle
L’embauchage, comme ouvriers ou employés, de jeunes personnes
liées par un contrat d’apprentissage, d’élèves ou de stagiaires inscrits
dans des écoles ou des centres de formation professionnelle, est
passible d’une indemnité au profit de la personne physique ou
morale qui avait précédemment, la charge de leur formation.
Dans le cas où, pour certaines techniques ou professions,
l’apprentissage représente pour le maître une perte de temps et
d’argent compte tenu notamment de la valeur des matières
premières employées ou de l’usure particulière de l’outillage
résultant de l’initiation aux méthodes de travail, il peut être prévu au
contrat que l’apprenti versera une redevance au maître. Cette
redevance doit être précisée au contrat. Elle peut être modifiée
d’accord parties pendant l’exécution du contrat.
174
Article 405 : Rémunération de l’apprenti
Dans le cas où l’apprenti est employé aux seuls travaux qu’exige sa
formation et seulement pendant le temps nécessaire à cette
formation, il n’y a pas lieu à la rémunération de l’apprenti.
Dans le cas où le maître tire des travaux de l’apprenti un profit tel
qu’il dépasse l’évaluation raisonnable des soins et sujétions nés de
l’apprentissage, il y a lieu à rémunérer l’apprenti.
Cette rémunération qui tient compte, d’une part, des avantages que
l’apprenti tire de l’enseignement du métier et, d’autre part, des soins
et sujétions que cet enseignement représente pour le maître, peut
être inférieure au taux du SMIG.
Les inspecteurs du travail disposent du pouvoir de recommandation
le plus large en matière de fixation de la rémunération de l’apprenti.
Article 406 : Engagement de l’apprenti après sa formation
Il peut être prévu au contrat que l’apprenti s’engage, après
l’achèvement de l’apprentissage, à exercer une activité
professionnelle pour le compte de son ancien maître pendant une
période qui ne peut excéder deux années, faute de quoi l’apprenti
sera tenu de verser à titre de clause pénale une somme qui sera fixée
en considération du préjudice qui pourra en résulter pour le maître.
L’engagement dont il vient d’être question ne pourra toutefois porter
à plus de quatre ans la durée totale de l’engagement stipulé au
contrat d’apprentissage.
Article 407 : Obligations du maître
Le maître doit traiter l’apprenti en bon père de famille.
Il doit, notamment, avertir sans retard les parents de l’apprenti ou
leurs représentants en cas de maladie ou d’absence et les aviser de
tout fait de nature à motiver leur intervention.
175
Il doit enseigner à l’apprenti de manière méthodique, progressive et
complète, l’art, le métier ou la profession objet du contrat.
Il ne doit employer l’apprenti, dans la mesure de ses forces, qu’aux
travaux et services qui se rattachent à l’exercice de l’art, du métier ou
de la profession enseignée.
Si l’apprenti ne sait pas lire, écrire et compter, ou s’il n’a pas encore
terminé sa première éducation religieuse, le maître est tenu de lui
accorder le temps et la liberté nécessaires pour son instruction.
Ce temps sera dévolu à l’apprenti selon un accord réalisé entre les
parties, mais il ne pourra excéder deux heures par jour.
Toutes les fois que, dans le cadre de l’organisation de l’enseignement
professionnel, des cours professionnels sont organisés pour les
apprentis dans l’art, le métier ou la profession prévus au contrat, le
maître laissera à l’apprenti le temps et la liberté de les suivre. Il
contrôlera son assiduité à ces cours.
Le maître, s’il ne vit en famille ou en communauté, ne peut loger
comme apprentis des jeunes filles mineures.
Article 408 : Obligations de l’apprenti
L’apprenti doit, dans la mesure de ses aptitudes et de ses forces,
aider e maître par son travail.
Il lui manifestera fidélité, obéissance et respect.
Il est tenu, en fin d’apprentissage et à la demande du maître, de
remplacer la durée du travail qu’il n’a pu accomplir par suite de
maladie ou d’absence ayant duré plus de quinze jours.
SECTION II : FIN DU CONTRAT D’APPRENTISSAGE.
Article 409 : Certificat d’aptitude professionnelle
L’apprenti dont le temps d’apprentissage est terminé passe un
examen devant l’organisme désigné par arrêté du ministre chargé de
176
l’enseignement technique. Le certificat d’aptitude professionnelle est
délivré à l’apprenti qui a subi l’examen avec succès.
Le maître délivre à la fin de l’apprentissage un congé d’acquit ou un
certificat constatant l’exécution du contrat.
Article 410 : Cessation du contrat d’apprentissage
Le contrat d’apprentissage ne peut prendre fin qu’à l’expiration de la
durée prévue au contrat ou par accord des parties ou par décision
judiciaire.
Toute rupture unilatérale du contrat donne lieu au paiement d’une
indemnité dont le montant doit être prévu au contrat ou
expressément laissé à l’appréciation de la juridiction.
Article 411 : Résiliation de plein droit
Le contrat d’apprentissage est résilié de plein droit et sans
indemnité :
- Par le décès de l’apprenti ou du maître ;
- Lorsque le maître ou l’apprenti venait à être frappé d’une
des condamnations prévues à l’article 398 ci-dessus ;
- Si l’apprenti ou le maître est appelé au service militaire ;
- Pour les jeunes filles mineures apprenties, dans le cas de
divorce du maître ou du décès de l’épouse du maître ou de
toute autre femme de sa famille qui dirigeait la maison à
l’époque du contrat.
Article 412 : Résiliation à la demande d’une des parties
Le contrat d’apprentissage peut être résilié à la demande des parties
ou de l’une d’elles :
1- Dans le cas où l’une ou l’autre des parties manquerait aux
stipulations du contrat ;
177
2- Pour cause d’infraction grave ou habituelle aux prescriptions du
présent chapitre et des autres lois et règlements relatifs aux
conditions de travail des apprentis ;
3- Dans le cas d’inconduite habituelle de la part de l’apprenti ;
4- Le maître transporte sa résidence hors de l’unité administrative
où il habitait lors de la signature du contrat; néanmoins, la
demande en résiliation du contrat fondée sur ce dernier motif
n’est recevable que pendant trois mois, à compter du jour où le
maître aura changé de résidence ;
5- Dans le cas où le maître ou l’apprenti encourrait une
condamnation comportant un emprisonnement de plus d’un
mois ;
6- Dans le cas où l’apprenti viendrait à contracter mariage, ou s’il
devenait chef de famille par suite du décès de son père.
Article 413 : Compétence du tribunal du travail
Les actions en résiliation du contrat d’apprentissage sont portées
devant les tribunaux du travail qui règlent éventuellement les
indemnités ou restitutions qui pourraient être dues à l’une ou l’autre
des parties.
178
suspension du droit pour le chef d’établissement de former des
apprentis.
Article 415 : Suspension du droit d’assurer la formation
professionnelle
Des arrêtés du ministre du travail peuvent limiter l’effectif des
apprentis ou suspendre le droit de former des apprentis dans les
entreprises dans lesquelles il aura été constaté une formation
professionnelle manifestement insuffisante.
179
Le conseil peut formuler et adresser des vœux au ministre chargé du
travail dans toutes les matières relevant de sa compétence.
Article 417 : Composition
Le conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale est
présidé par le ministre chargé du travail ou par son représentant.
Il comprend :
1- Un représentant de l’assemblée nationale ;
2- Un représentant du sénat ;
3- Le directeur du travail ;
4- Le Directeur de l’emploi ;
5- Le Directeur de la formation Professionnelle ;
6- Le Directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ;
7- Quatre représentants des organisations syndicales
représentatives des employeurs ;
8- Quatre représentants des organisations syndicales
représentatives des travailleurs.
Des experts des questions du travail, de l’emploi, de la formation
professionnelle et de la prévoyance sociale peuvent être désignés par
arrêté du ministre chargé du travail en vue de participer aux travaux
du conseil sans voix délibérative.
Article 418 : Désignation des membres du conseil
L’Assemblée Nationale et le Sénat désignent, chacun, un membre
titulaire et un membre suppléant.
Un arrêté du ministre chargé du travail désigne sur proposition des
organisations syndicales les plus représentatives :
- Quatre représentants employeurs titulaires et quatre
suppléants ;
- Quatre représentants travailleurs titulaires et quatre
suppléants.
180
Les membres suppléants remplacent les membres titulaires en cas
d’empêchement ou de démission de ceux-ci.
Les propositions des organisations syndicales doivent comporter un
nombre de candidats au moins égal au double des postes à pourvoir.
Les membres titulaires et suppléants du Conseil national du travail de
l’emploi et de la sécurité sociale doivent être âgés de vingt-cinq ans
au moins et jouir de leurs droits civiques et politiques.
Article 419 : Durée du mandat-vacance d’un siège-cessation des
fonctions de conseiller
Le mandat des membres du conseil national du travail, de l’emploi et
de la sécurité sociale est de deux ans. Il est renouvelable sans
limitation.
La démission d’un membre de l’organisme qu’il représente entraîne
la cessation de ses fonctions au sein du conseil.
Lorsqu’une vacance se produit au sein du conseil, le membre
suppléant remplace le titulaire. Son mandat prend fin à la date à
laquelle expire celui du membre titulaire remplacé.
Article 420 : Protection du mandat des membres du conseil
L’employeur d’un membre du conseil national du travail, de l’emploi
et de la sécurité sociale est tenu de lui laisser le temps nécessaire
pour assister aux réunions du conseil.
Il ne peut le licencier que dans les conditions prévues pour le
licenciement des délégués du personnel.
Article 421 : Convocation et réunion
Le conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale se
réunit sur convocation du ministre chargé du travail ou, par
délégation sur convocation du secrétaire général.
181
La convocation précise l’ordre du jour et est accompagnée de la
documentation relative aux questions inscrites à l’ordre du jour.
Le conseil peut être réuni à la demande des deux tiers de ses
membres titulaires adressée au ministre chargé du travail.
Il doit être réuni, au moins, une fois par semestre.
Le conseil établit son règlement intérieur et les modalités de
consultation à domicile.
Article 422 : Quorum - Vote - Majorité
Le conseil national du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale ne
peut valablement émettre d’avis que si, au moins, la moitié plus un
des membres ayant voix délibérative sont présents.
Si cette condition n’est pas remplie, la réunion est reportée de trois
jours. A cette date, le conseil pourra délibérer valablement quels que
soient le nombre et la catégorie de membres présents.
Pour le vote, lorsque les représentants employeurs et travailleurs ne
sont pas à un nombre égal, les plus jeunes de la catégorie en
surnombre s’abstiennent de voter pour rétablir l’égalité du vote.
Le conseil se prononce à la majorité des membres présents ayant
voix délibérative et non privés du droit de vote par application de
l’alinéa précédent.
Article 423 : Procès-verbal des réunions du secrétariat
Le procès-verbal établi à l’occasion de chaque séance, signé par le
président, est communiqué à chaque membre pour approbation ou
rectification.
Le procès-verbal doit comprendre, en cas de partage des voix, les avis
qui ont été exprimés tant majoritaires que minoritaires.
Les procès-verbaux définitifs sont conservés à la direction du travail
et peuvent être communiqués au public.
182
La direction du travail est chargée du secrétariat du conseil national
du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, de l’établissement de
la documentation préparatoire jointe aux convocations, de
l’établissement des procès-verbaux, de garde de la conservation des
archives du conseil.
Article 424 : Frais de déplacement - Indemnités
Un décret pris au conseil des ministres détermine les conditions dans
lesquelles les membres appelés à siéger au conseil national du travail,
de l’emploi et de la sécurité sociale bénéficient de la gratuité du
transport, du remboursement des frais de déplacement et
éventuellement, de la perte de salaire.
CHAPITRE II : COMITE TECHNIQUE CONSULTATIF D’HYGIENE ET DE
SECURITE
Article 425 : Institution et rôle du comité technique consultatif
d’hygiène et de sécurité
Il est institué auprès du ministre du travail, un comité technique
consultatif d’hygiène et de sécurité.
Ce comité comprendra un nombre égal de représentants des
employeurs et de représentants des travailleurs à côté des
fonctionnaires et experts qualifiés.
Ce comité est chargé d’assister le ministre du travail dans l’étude de
toutes questions intéressant l’hygiène, la sécurité des travailleurs et
la prévention des risques professionnels.
Son avis est obligatoirement requis sur tout projet d’arrêté
réglementant les mesures d’hygiène et de sécurité des travailleurs.
Un arrêté du ministre du travail règle la composition et les conditions
de fonctionnement du comité technique d’hygiène et de sécurité.
183
LIVRE VIII : INFRACTIONS ET PENALITES
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 426 : Circonstances atténuantes
Les dispositions du code pénal relatives aux circonstances
atténuantes sont applicables à toutes les infractions aux dispositions
du présent code.
Article 427 : Amendes
Lorsqu’une amende est prononcée en vertu des dispositions du
présent livre, elle est encourue autant de fois qu’il y a d’infractions,
sans que, cependant, le montant total des amendes appliquées
puisse excéder cinquante fois les taux maximaux encourus.
En matière de contravention de simple police aux dispositions du
livre III du présent code et des textes pris pour leur application,
l’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de travailleurs
employés dans des conditions contraires aux dispositions législatives
ou réglementaires concernés.
Article 428 : Responsabilité civile du chef d’entreprise
Le chef de l’entreprise est civilement responsable des condamnations
prononcées contre leurs fondés de pouvoirs ou leurs préposés sauf
délégation faite à ceux-ci dans le domaine où l’infraction a été
commise.
Toutefois, le chef d’entreprise ne peut se prévaloir de la délégation
que si celle-ci a été faite par écrit, acceptée expressément et en
parfaite connaissance de cause par le délégué et à condition que ce
dernier dispose de tous les moyens matériels et juridiques de faire
respecter la législation et la réglementation qu’il a la charge de faire
appliquer.
184
CHAPITRE II : AMENDES CIVILES
Article 429 : Infractions sanctionnées par des amendes civiles
1- Est puni d’une amende de cinq milles ouguiyas (5.000 Um)
l’assesseur du tribunal du travail qui, sans justification valable, ne
s’est pas rendu à son poste sur la citation qui lui a été notifiée.
En cas de récidive dans le délai d’un an, l’amende civile sera de dix
milles ouguiyas (10.000 Um) et le tribunal pourra, en outre, le
déclarer incapable d’exercer, à l’avenir, les fonctions d’assesseur au
tribunal du travail.
Le jugement est imprimé et affiché à ses frais.
Les amendes sont prononcées par le tribunal du travail.
2- Les mêmes amendes civiles sont applicables, aux mêmes taux et
dans les mêmes conditions, à tout médiateur, arbitre ou membre du
conseil d’arbitrage qui ne s’est pas acquitté de ses obligations en
matière de procédure de règlement des conflits telles qu’elles sont
fixées par les dispositions des articles 334 et suivants du présent
code.
Les amendes sont prononcées, selon le cas, par le président de la
commission de médiation ou par le président du conseil d’arbitrage.
3- Les mêmes amendes civiles sont applicables, aux mêmes
conditions et aux mêmes taux, à toute personne qui, convoquée à
une tentative de conciliation pour un litige individuel ou collectif ou à
une médiation pour un conflit collectif, n’a pas déféré à cette
convocation.
L’amende est prononcée par l’inspecteur du travail ou la commission
de médiation, selon le cas, au moyen d’un procès-verbal revêtu de la
formule exécutoire par le président du tribunal du travail.
4- Les auteurs des infractions visées au 1°, 2°, 3° du présent article
perdent, en outre, le droit de participer aux marchés, appels d’offres
185
et adjudications lancés par l’état, les collectivités publiques ou les
entreprises publiques.
CHAPITRE III : DELITS
Article 430 : Juridiction compétente
Les délits prévues et réprimés au présent Chapitre sont poursuivis
devant la juridiction répressive compétente en matière délictuelle et
punies des peines ci-après.
Article 431 : Sursis et récidive
La loi du sursis est applicable aux délits prévus et réprimés par le
présent code.
Le délai utile pour constater la récidive est de cinq ans sauf s’il en est
disposé autrement par le présent code.
Article 432 : Délits relatifs au droit syndical
1- Les infractions aux dispositions des articles 270, 271, 273, 274,
284 et 291 sont poursuivies contre les directeurs ou administrateurs
des syndicats et punies d’une amende de dix mille ouguiyas (10.000
Um) à vingt milles ouguiyas (20.000 Um) et de vingt milles ouguiyas
(20.000 Um) à quarante milles ouguiyas (40.000 Um) en cas de
récidive.
2- En cas de fausse déclaration relative aux statuts, aux noms et
qualités des directeurs ou administrateurs, l’amende est de quarante
milles ouguiyas (40.000 Um).
3- Les peines prévues par la législation concernant les auteurs de
contrefaçon, apposition, imitation ou usage frauduleux des marques
de commerce sont applicables en matière de contrefaçon, apposition
imitation ou usage frauduleux de marques syndicales ou labels.
Dans le cas d’infractions prévues au 1° et 2° du présent article, les
tribunaux peuvent, en outre, à la diligence du procureur de la
République, prononcer la dissolution du groupement professionnel.
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Article 433 : Délits relatifs aux différends individuels et collectifs
Sont passibles d’une amende de dix milles ouguiyas (10.000 Um) à
quinze milles ouguiyas (15.000 Um) les infractions aux dispositions de
l’article 334 relatif à la notification des différends.
Sont passibles d’une amende de trente milles ouguiyas (30.000 Um) à
soixante milles ouguiyas (60.000 Um) :
- Toute personne qui ne comparaît pas, sans justification valable, à
la tentative de conciliation prévue par les articles 292 à 299 et
335 à 341 à la médiation prévue par les articles 342 à 349 ;
- Toute personne refusant de produire des documents ou de
fournir des renseignements prévus aux articles 337, 345 et 354.
Article 434 : Délits relatifs à la désignation des représentants du
personnel et à l’exercice de leurs fonctions
Est puni d’une amende de vingt milles ouguiyas (20.000 Um) à
quatre-vingts milles ouguiyas (80.000 Um) et d’emprisonnement de
quinze jours à quatre mois ou de l’une de ces deux peines seulement,
quiconque aura porté ou tenté de porter atteinte à la libre
désignation des délégués du personnel ou des membres du comité
consultatif d’entreprise ou à l’exercice régulier de leurs fonctions ou
aura enfreint les dispositions des articles 125 et suivants et 138.
En cas de récidive aux infractions dans le délai de trois ans, l’amende
sera de quarante milles ouguiyas (40.000 Um) à deux cent mille
ouguiyas (200.000 Um).
A la troisième infraction dans le délai de récidive, la peine
d’emprisonnement sera obligatoirement prononcée.
Les infractions pourront être constatées, soit par les inspecteurs et
contrôleurs du travail, soit par les officiers de police judiciaire.
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Article 435 : Délits relatifs à la liberté du travail, la liberté syndicale
et la non-discrimination
Le fait d’exiger illégalement du travail forcé ou obligatoire au sens de
l’article du présent code sera passible des peines prévues par les
dispositions de l’article 5 de la loi 2003-025 du 17/07/2003.
Seront passible des mêmes peines les violences caractérisées ou les
menaces de violences exercées par une personne sur une autre aux
fins de s’assurer du maintien de ses services ou du produit de son
activité. Par violences caractérisées au sens des présentes
dispositions, les violences portant atteintes à la liberté d’aller et
venir, à la liberté du travail à la libre disposition de ses biens et du
libre exercice des responsabilités parentales.
Est passible des peines prévues à l’article 434, ou de l’une de ces
deux peines seulement :
- toute personne qui aura enfreint aux dispositions de l’article 5
relatif au travail forcé, des articles 7, 60, 76 et 191 relatifs à la non-
discrimination et à l’article 267 relatif à la liberté syndicale ;
- Toute personne qui, par violence, menace, tromperie, dol ou
promesse, aura contraint ou tenté de contraindre un travailleur à
s’embaucher à son gré ou qui, par les mêmes moyens l’aura
empêché ou tenté de l’empêcher de remplir les obligations
imposées par un contrat.
Article 436 : Délits relatifs au tâcheronnat
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou l’une de ces deux
peines seulement, tout tâcheron qui aura sous-traité, en tout ou en
partie, son contrat de tâcheronnat, en violation de l’interdiction faite
par l’article 148, alinéa 2.
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Article 437 : Délits relatifs au contrat d’équipe
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou de l’une de ces deux
peines seulement, tout employeur et tout travailleur qui auront
souscrit à un contrat d’équipe en violation de l’interdiction faite par
l’article 6.
Article 438 : Délits relatifs à la formation professionnelle
Est passible des peines prévues par l’article 434 ou de l’une de ces
deux peines seulement, toute personne qui aura, sciemment, engagé
ou tenté d’engager ou de conserver à son service un travailleur
encore lié par un contrat d’apprentissage ou un stagiaire en cours de
formation professionnelle, indépendamment des dommages-intérêts
qui pourront être reconnus à la partie lésée.
Article 439 : Délits relatifs au paiement des salaires
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou de l’une de ces deux
peines seulement :
- Toute personne qui aura enfreint aux dispositions des articles
196, 197 et 216 ;
- Tout employeur relevant d’une convention collective ne
prévoyant pas une rémunération à la tâche ou aux pièces qui
aura pratiqué ce mode de rémunération en violation de
l’interdiction faite par l’article 198, alinéa 1° ;
- Toute personne qui aura rémunéré un travail à la tâche ou aux
pièces à un salaire inférieur à celui du travail rémunéré au temps,
de capacité moyenne et travaillant normalement, effectuant un
travail analogue, en violation de l’article 198, alinéa 2.
Article 440 : Délits de faux et de déclarations mensongères
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou de l’une de ces deux
peines seulement, toute personne qui :
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- Aura fait, sciemment, une fausse déclaration d’accident du
travail ou de maladie professionnelle ;
- Faisant usage d’un contrat fictif ou d’un document de travail
contenant des indications inexactes, se sera fait embaucher ou
se sera substituée volontairement à un autre travailleur ;
- Aura porté, sciemment, sur la carte du travailleur, le registre
d’employeur ou tout autre document, des attestations
mensongères relatives à la durée du travail accompli par le
travailleur ainsi que tout travailleur qui aura, sciemment fait
usage de ces attestations.
Article 441 : Délits de corruption
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou l’une de ces deux
peines seulement :
- Toute personne qui aura exigé ou accepté du travailleur une
rémunération quelconque à titre d’intermédiaire dans le
règlement ou le paiement des salaires, indemnités, allocations et
frais de toute nature ;
- Toute personne qui aura offert ou remis à un agent faisant partie
de l’administration du travail une rétribution, sous quelque
forme que ce soit et toute personne qui, faisant partie de cette
administration, aura accepté une telle rétribution.
Article 442 : Délits relatifs aux économats
Sont passibles des peines prévues par l’article 434 ou l’une de ces
deux peines seulement les auteurs d’infractions aux dispositions des
articles 205 et 206 sauf en matière d’affichage.
Article 443 : Délits relatifs au contrôle des inspecteurs du travail
Est passible des peines prévues par l’article 434 ou de l’une de ces
deux peines seulement, toute personne qui s’est opposée ou a tenté
de s’opposer à l’exécution des obligations ou à l’exercice des
pouvoirs incombant aux inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi
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qu’aux chefs des circonscriptions administratives agissant comme
suppléants des inspecteurs du travail.
L’infraction peut être constatée, soit par les inspecteurs et
contrôleurs du travail, soit par les officiers de police judiciaire.
Les dispositions du code pénal qui prévoient et répriment les actes de
résistance, les outrages et les violences contre les officiers de police
judiciaire sont, en outre, applicables à ceux qui se rendent coupables
de faits de même nature à l’égard des inspecteurs et des contrôleurs
du travail ou de leurs suppléants.
Article 444 : Délits relatifs au dépôt de cautionnement
Est puni des peines de l’abus de confiance, l’employeur qui aura
retenu ou utilisé, dans son intérêt personnel ou pour les besoins de
son entreprise, les sommes ou titres remis en cautionnement.
Article 445 : Délits relatifs à la grève
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou de l’une de ces deux
peines seulement tout travailleur gréviste qui:
- Requis conformément aux dispositions de l’article 360 et des
textes pris pour son application, n’a pas déféré à l’ordre de
réquisition ou qui, occupant l’un des emplois figurant sur la liste
fixée par le décret prévu par ledit article, a interrompu son
travail ; indépendamment de cette sanction pénale, ledit
travailleur pourra être immédiatement licencié sans préavis ni
autre indemnité que, le cas échéant, l’indemnité compensatrice
de congés payés ;
- Aura occupé les lieux de travail ou leurs abords immédiats de
façon non pacifique.
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Article 446 : Délits relatifs au cumul d’emplois
Est passible des peines prévues à l’article 434 ou de l’une de ces deux
peines seulement, toute personne qui aura enfreint, en toute
connaissance de cause, aux dispositions des articles 390, 391 et 392.
CHAPITRE IV : CONTRAVENTION DE SIMPLE POLICE
Article 447 : Juridiction compétente
Les contraventions prévues au présent chapitre sont poursuivies
devant le tribunal compétent en matière de contraventions de simple
police.
Article 448 : Récidive
Pour les contraventions, il y a récidive lorsque, dans les douze mois
antérieurs au fait poursuivi, les contrevenants ont déjà fait l’objet
d’une condamnation pour un fait identique.
Article 449 : Amendes
Les infractions au présent chapitre sont punies d’une amende de cinq
milles ouguiyas (5.000 Um) à vingt milles ouguiyas (20.000 Um) et
d’une peine de quinze jours à un mois de prison ou de l’une de ces
deux peines seulement et, en cas de récidive, de dix milles (10.000
Um) à cinquante milles ouguiyas (50.000 Um) ou de l’une de ces deux
peines seulement.
Article 450 : Infractions réprimées
Sont sanctionnées par les peines prévues à l’article 449 :
- Les infractions aux dispositions des articles 9, 10, 18, 23, 39, 42,
45, 106, 110, alinéa 2, 115, 198, alinéa 3, 200, 201, 203,204, 205
et 206 (uniquement en matière d’affichage les 217, 218, 219,
220, 221, 234 et 235, 398 et 399, 400, 402, 407 alinéa 6, 414) ;
- Les infractions aux dispositions des décrets et arrêtés pris en
application des articles 95, 106, 115, 172 ;
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- Les infractions aux dispositions du livre III et des décrets et
arrêtés pris pour leur application
- Les infractions aux dispositions des articles 124, 139, 385, 386,
387, 404 et des décrets et arrêtés pris pour leur application.
Article 451 : La présente loi sera publiée selon la procédure
d’urgence et exécutée comme loi de l’Etat
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