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Cours Éthique Et Déontologie

Le cours sur l'éthique professionnelle et les valeurs en enseignement vise à préparer les futurs enseignants en leur fournissant les règles éthiques, les valeurs professionnelles et les qualités nécessaires pour exercer leur métier. Il aborde des concepts clés tels que l'éthique, la déontologie, la vocation et la conscience professionnelle, tout en soulignant l'importance de l'exemplarité et des comportements moraux dans l'éducation. En définitive, le cours insiste sur le rôle crucial de l'enseignant en tant que modèle pour les élèves et la société.

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Cours Éthique Et Déontologie

Le cours sur l'éthique professionnelle et les valeurs en enseignement vise à préparer les futurs enseignants en leur fournissant les règles éthiques, les valeurs professionnelles et les qualités nécessaires pour exercer leur métier. Il aborde des concepts clés tels que l'éthique, la déontologie, la vocation et la conscience professionnelle, tout en soulignant l'importance de l'exemplarité et des comportements moraux dans l'éducation. En définitive, le cours insiste sur le rôle crucial de l'enseignant en tant que modèle pour les élèves et la société.

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UNIVERSITÉ DE DOUALA

********************************************

ENSET
ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE ENSET
D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
***************************

DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION


*************************

B.P. 1872 18 Douala - Cameroun

Tél. (Fax) : (237) 233 01 43 99 / 699 753 095 - E-mail : [email protected]

Intitulé du cours :
PROFESSIONAL ETHIC AND VALUES IN
TEACHING
Niveau : 2 (Tronc commun)
Semestre : 1
Enseignant : M. OWONA Augustin Eric

Année académique : 2024-2025

1
OBJECTIFS DU COURS :

Le présent élément constitutif vise à :

 Préparer les élèves-professeurs au métier d’enseignant en mettant à leur disposition les


règles d’éthique et les valeurs professionnelles dudit métier ;
 Faire acquérir aux futurs enseignants, les qualités à promouvoir dans l’exercice de leur
métier ;
 Inculquer aux élèves-professeurs, une conscience professionnelle dans le but de
susciter en eux la rectitude morale dont ils ont besoin pour accomplir leur tâche ;
 Présenter aux élèves-professeurs, les droits et les obligations d’un enseignant.

2
INTRODUCTION
De nos jours, il n’est pas rare de voir les enseignants afficher des comportements
immoraux dans l’exercice de leur fonction. L’injustice règne et la corruption bat son plein ; la
perversion scolaire va grandissant, malgré le jugement de l’opinion sur ce genre de conduite
de la part de l’enseignant. Tout ceci montre à quel point l’éthique à l’école est un des sujets
qui méritent habituellement la plus grande attention de toutes les personnes concernées par
l’éducation formelle.

En réalité, l’école, pour l’apprenant, vise moins l’acquisition des connaissances que la
réalisation d’une éducation à la fois morale et civique. Ce qui importe, ce sont moins les
savoirs enseignés que la personne de l’enseignant, qui est en elle-même et par elle-même
principe d’éducation (Weiss, 2015, p.58). Ainsi, l’exercice du métier d’enseignant fait appel à
la connaissance et l’adoption des comportements moraux indispensables à l’accomplissement
de la tâche éducative. Être enseignant, ne veut pas seulement dire, être détenteur des savoirs
livresques que l’on transmet aux élèves, mais beaucoup plus, un modèle en ce sens que
l’enseignant travaille sur l’être humain et doit pour cela être reflet de la société. L’enseignant
se distingue par des exigences morales, par une attitude existentielle qui a essentiellement
trait, non pas à la détention ou l’acquisition de connaissances (comme c’est le cas du
chercheur ou de l’ingénieur), mais au rapport à autrui à savoir, ses élèves, ses collègues, sa
hiérarchie etc.

Ceci étant, le présent cours, tel que relevé dans les objectifs, retrace l’idéal d’enseignant en
partant de la genèse du mot déontologie pour s’appesantir sur l’éthique et les qualités de
l’enseignant, sa mission, les sources intarissables qui nourrissent son métier, ses devoirs, la
culture dont il doit être tributaire et les vertus à lui utiles. Il s’agit en un mot, de transmettre
aux enseignants les règles éthiques, de morale et les valeurs déontologiques du métier.

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I. DÉFINITIONS DES CONCEPTS

Il est admis que nous reprenons certaines expressions entendues aux informations ou utilisés
par les spécialistes de la question, sans toujours savoir ce qui se cache derrière ces mots : c’est
le cas par exemple des concepts tels que l’éthique, la déontologie, la conscience
professionnelle et la vocation. Afin de clarifier ces expressions, il faut passer par l’étape des
définitions.

1. La notion d’éthique dans le domaine de l’éducation.

Du mot grec « ethos » ou « èthos », le concept d’éthique renvoie à une demeure, à un lieu où
l’on séjourne habituellement (Ayelo, 2018, p. 11). Cette définition qui introduit l’idée du juste
milieu, montre que l’agir de l’Homme ne doit pas créer de déséquilibre ou de dysharmonie
dans son rapport de soi, aux autres et à l’environnement. L’éthique désigne à la fois la vertu
au sens de juste mesure, d’ordre et d’harmonie dans les conduites humaines dans la
mesure où les relations humaines sont souvent complexes, nous sommes en relation avec
des gens de différentes cultures ayant des croyances et des valeurs parfois très différentes.
Ainsi le code d’éthique permet de situer les repères. Il doit permettre la discussion et
trouver les terrains d’entente. L’objet d’étude de l’éthique est constitué des jugements de
valeur et l’appréciation des conduites de l’homme. L’éthique comporte, pour ainsi dire, les
principes de la morale et désigne l’ensemble des règles de conduite, des critères d’évaluation
de la conduite humaine et des mœurs.

Rendu dans le domaine de l’éducation, la question d’éthique n’a jamais cessé d’être liée au
métier d’enseignant. L’enseignant étant un modèle, il se distingue ainsi par des exigences
morales, par une attitude existentielle qui a essentiellement trait, non pas à la détention ou
l’acquisition des connaissances, mais au rapport à autrui. Ceci revient à dire que le premier
souci de l’enseignant doit être l’éducation complète de l’Homme ; cela n’est possible que si
l’enseignant lui-même se conduit décemment dans son environnement professionnel.
Cette conduite fait appel aux qualités que nous allons étudier à la suite de ce cours.
Cependant, il est inimaginable qu’on puisse parler d’éthique sans déontologie, les deux étant
intimement liées.

2. La déontologie professionnelle chez l’enseignant

Du mot grec deôn-ontos qui signifie « ce qu’il faut faire » et logos, « connaissance ou pensée
», la déontologie est la science de la conscience professionnelle. Elle traite des devoirs à

4
remplir dans l’exercice d’un métier. Il s’agit d’un ensemble de tâches professionnelles qui
incombent aux membres d’une profession.

La déontologie de l’enseignement veut définir ce qu’est l’enseignement, où il commence, où


il s’arrête et repérer l’ambigüité ou l’illégitimité de certaines pratiques. Elle vise la
transmission explicite du savoir, à tous ses niveaux et dans toutes ses formes (Ayelo et
Houedenou, 2018, p.9). Ce qu’il faut savoir des règles déontologiques dans le domaine de
l’enseignement est que leur fonction consiste à gommer les conflits, à escamoter les clivages,
à estomper les affrontements en les ramenant à un noyau de normes supposées communes
(Weiss et al., 2015, p.67). Ainsi, lorsqu’un enseignant reçoit une plainte en vertu de la
déontologie enseignante, il répond selon les règles et les devoirs qui régissent cette profession.

3. La vocation professionnelle

Du latin vocatio, de vocare qui signifie « appeler », la vocation concerne la destination


naturelle de quelqu’un. C’est un penchant ou une aptitude spéciale, un genre de vie ou une
activité. La vocation est une vive inclination. C’est cette disposition naturelle ou acquise
qui crée une pulsion ou un appel irrésistible chez un professionnel (Ayelo et Houedenou,
2018, p.22).

La vocation fait naître un attachement farouche et donne de l’aisance à exercer un métier


qu’on s’est donné librement. Ainsi, elle est réellement un appel, un penchant naturel et peut
s’identifier par un attrait qu’on a pour tel métier sans y voir d’avance le gain ou les intérêts
qu’il procure. Partant de la pensée de Louis Pasteur (1822-1895) qui stipule que « Ce n’est
pas la profession qui honore l’homme, mais c’est l’homme qui honore sa profession », l’on
pourrait dire que cette manière de se sentir appelé par et pour le travail est bien ce qu’on
pourrait nommer vocation première. L’enseignant qui est arrivé dans l’enseignement avec cet
atout naturel ou cette inclination fait des merveilles d’autant plus que le secret du bonheur est
de faire ce qu’on aime et le secret de la réussite est d’aimer ce que l’on fait.

Toutefois, on peut aussi avoir une vocation seconde. Les besoins de la cause ou les
circonstances poussent certaines personnes à devenir enseignant peut-être parce qu’il est plus
facile d’entrer dans ce corps. En principe, une fois qu’un individu s’est trouvé dans
l’obligation d’exercer le métier d’enseignant, il devrait commencer par apprendre à aimer son
métier. Il devra se créer les conditions pour devenir amoureux de son métier d’autant plus que
sans un minimum d’attrait, la conscience professionnelle déserte le forum.

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4. La conscience professionnelle chez l’enseignant.

Le constat fait sur l’exercice du métier d’enseignant aujourd’hui présente des enseignants qui
vaquent les cours comme ils le veulent, sans autorisation aucune ; ils restent dans les rues ou
dans leur maison et s’occupent de leurs affaires privées. Et quand ils décident de se rendre au
service, ils y vont encore en retard. La ponctualité, l’assiduité et la régularité ne sont plus de
mise. On remarque la mauvaise foi dont font preuve la plupart des enseignants surtout les
jeunes, de leur manque de conscience professionnelle et du professionnalisme. Ainsi, la
conscience professionnelle a disparu, pourrait-on dire, pour laisser place à la pagaille et au
libertinage. Certains enseignants ne préparent plus la classe. Tout est devenu exagérément
commercial. Les enseignants vendent tout ce qu'ils doivent utiliser en classe à l'école : les
cahiers d'activités, la craie, les photocopies, les notes, les fournitures (dotation), etc.

Or, c’est la conscience professionnelle qui devrait aider l’enseignant à bien accomplir sa
mission d’autant plus qu’elle est la lumière qui idéalise la tâche et le moteur intérieur qui aide
à mieux l’accomplir. En tant que vertu individuelle, la conscience professionnelle est une
condition de l’estime de soi, une forme de sincérité et de fidélité envers soi. Elle exige la
régularité, l’assiduité, l’efficacité, la justice, l’équité, le zèle et l’esprit d’initiative. Elle
implique le sens du travail bien fait et la volonté de bien le faire.

II. LES QUALITES D’UN BON ENSEIGNANT.

L’enseignant est d’abord un modèle de la société. À cet effet, il se doit d’adopter les
comportements à la fois physiques, moraux, intellectuels et professionnels digne de la figure
d’éducateur qu’il représente.

1. Les qualités physiques d’un enseignant

L’enseignant étant un homme public, il doit être propre, correct et donc respectable. Ainsi,
il a l’obligation de s’habiller décemment sans extravagance, il doit être bien coiffé, sans
tignasse et coiffure extravagante. Ceci est d’autant plus pertinent que les tenues osées et
sexy, pour les enseignantes, peuvent subtilement influencer la libido des élèves. Il est donc
exigé d’avoir une tenue correcte.

Un enseignant doit aussi, à côté du style vestimentaire soigné, avoir une conduite
irréprochable dans son milieu de travail. Il doit éviter par exemple de se soûler et d’être un
débiteur insolvable ; un tel comportement n’honore pas la personne de l’enseignant.

2. Les qualités morales et intellectuelles


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Pour mener à bien son travail, l’enseignant doit avoir une parfaite connaissance des ses
obligations morales et intellectuelles.

Sur le plan moral, l’enseignant doit épouser les valeurs humaines socialement admises. Pour
cela il doit aimer son prochain, particulièrement les élèves dont il a la charge de former. Ceci
est d’autant plus important qu’on ne peut donner à l’enfant que quand on l’ « aime ».
L’enseignant doit être honnête, intègre et vertueux. Il doit être respecté et non craint.
L’enseignant dans sa salle de cours doit éviter toute sorte de discrimination et cultiver la
justice et l’équité chez ses élèves.

Le côté intellectuel renvoie aux valeurs de l’esprit de l’Homme. L’enseignant doit avoir une
intelligence au-dessus de la moyenne. À cet effet, tout enseignant a besoin de se cultiver. Il
doit se documenter, aller dans les bibliothèques, écouter la radio, suivre les émissions
télévisées portant sur les débats importants, les journaux télé et de présentation de
documentaires. L’enseignant en tant qu’un homme de culture, doit se procurer aussi des livres
de culture générale notamment en littérature, en sciences humaines et sociales. Il doit faire des
choix, connaître les élèves auxquels il a affaire dans leur singularité, repérer leurs difficultés
d’apprentissage, en chercher les causes pour pouvoir y remédier, définir des priorités.

Les exigences déontologiques qui s’imposent à l’enseignant n’ont plus dès lors seulement trait
à sa propre personne -être suffisamment cultivé et savant pour pouvoir dispenser un
enseignement de qualité, avoir un comportement irréprochable, une parfaite maîtrise de soi,
etc. Elles concernent aussi et surtout sa relation avec les apprenants, à leurs préoccupations, à
leur milieu familial et social, aux urgences entre lesquelles il est appelé à trancher. Il ne lui
suffit plus d’être intellectuellement compétent et moralement respectable, ni d’avoir une
personnalité lui conférant une « autorité naturelle » et un « rayonnement exemplaire :». Il a
également l’obligation de posséder des capacités et compétences relationnelles, disposer de
techniques de gestion et de résolution des conflits, et surtout vouloir l’égalité non comme un
principe abstrait, mais comme un combat quotidien nécessitant des outils et des méthodes. Il
en va de même pour l’insertion sociale et professionnelle de l’apprenant. Dans la mesure où il
ne s’agit plus seulement d’une simple socialisation (apprentissage des règles de base de la vie
en société) couronnée par une éducation morale et civique, mais d’un accès à l’autonomie
dans toutes ses composantes - intellectuelle, mais aussi économique, juridique, politique,
sociale, etc. Elle suppose que l’enseignement ne se réduise pas à la juxtaposition de
disciplines ou de matières définies comme les éléments d’une « culture générale ». La société
moderne étant en évolution constante, elle implique pour l’enseignant l’obligation de se tenir
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au courant de ses évolutions, de ne pas les rejeter dans un hautain mépris, de ne pas distinguer
entre des apprentissages « nobles » qui seraient de son ressort et d’autres « subalternes »
qu’on abandonnerait aux familles ou aux circonstances.

3. Les qualités professionnelles

La profession d’enseignant exige de lui la connaissance parfaite des méthodes


d’enseignement, les techniques d’évaluation, la législation et la règlementation scolaires.
L’enseignant doit cultiver l’esprit de perfectionnement en lui.

L’enseignant est tenu de servir partout où besoin se fait sentir, quelles que soient les
difficultés qu’il rencontre et l’idée que les autres se font de lui. Un employé peut se permettre
de ne pas aller au travail, sans que cela ait un effet sur son entourage, sans que l’attention du
public ne soit attirée. Lorsqu’un enseignant est absent, c’est tout l’établissement et même
toute la localité qui est au courant. Les élèves abandonnés, bavardent et attirent l’attention des
classes voisines ; une fois de retour à la maison, ils rendent fidèlement compte du scandale
qu’ils auront vécu à leurs parents et à toute la communauté. L’enseignant demeure très
surveillé par tous. Personne n’est obligé de se faire éducateur. Mais celui qui choisit de le
devenir doit envisager avec gravité toute l’étendue de ses devoirs, toutes les difficultés de sa
charge et en accepter, sans arrière-pensées, toutes les conditions. On ne saurait parler de bons
enseignants sans vocation, sans une foi qui soutient et qui élève, sans une volonté absolue de
se consacrer entièrement au métier d’enseignant.

III. LES DROITS ET DEVOIRS D’UN ENSEIGNANT

L’accomplissement de la tâche par l’enseignant implique non seulement, les droits à lui
reconnus et respectés, mais aussi la maitrise par ce dernier, des devoirs qui lui incombent vis-
à-vis des élèves, des parents et de la société toute entière.

1. Les droits de l’enseignant.

Par définition, il faut relever qu’un droit renvoie à tout ce qui est exigible par un individu et
dont il peut poser une revendication. Par extension, c’est tout ce qui doit être mis à la
disposition de l’individu et préservé pour l’accomplissement serein de sa tâche. La société
incarnée par l’État, garant de ces droits, fait confiance aux enseignants. Ainsi, certains droits
leur sont reconnus :

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- Les droits en tant qu’un être humain

L’enseignant en tant qu’être humain a le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la


sûreté de sa personne, ainsi qu’à la justice. L’enseignant a la liberté de pensée, de
conscience, de religion, d’opinion, de réunion et de domicile.

- Les droits en tant que citoyen et travailleur fonctionnaire.

En tant que citoyen et travailleur fonctionnaire, l’enseignant a le droit à la protection contre


toutes menaces, outrages, violences ou diffamations dont il peut être victime à l’occasion de
l’exercice de ses fonctions. Il a droit, après service rendu, à la rémunération équitable
comprenant un traitement indiciaire des prestations familiales. Il a le droit à la santé ; cela
implique qu’en cas de maladie imputable au service, l’État participe aux frais occasionnés par
les soins médicaux, pharmaceutiques, d’évacuation, d’hospitalisation et de rééducation. L’État
protège aussi l’enseignant contre les accidents et maladies de source professionnelle.

- Les droits en tant que professionnel de l’éducation.

L’enseignant mérite considération en même temps qu’il a droit à l’information. Il a droit à la


prime de technicité ainsi qu’aux primes liées à l’exercice effectif de ses fonctions (primes
d’évaluation et d’enseignement). L’enseignant a le droit d’exiger la présence de l’élève, son
assiduité, sa ponctualité, certains comportements de la part de celui-ci. D’où il doit informer,
peut sanctionner et orienter ses apprenants.

2. Les devoirs d’un enseignant

Par devoirs, il faut comprendre un ensemble d’obligations qui incombent à l’enseignant


dans l’accomplissement de sa mission. Partant des missions à remplir par l’enseignant, il
faut reconnaître que ce dernier remplace à l’école, les parents et continue de ce fait
l’éducation amorcée par ceux-ci à la maison. La mission de l’enseignant est alors de faire en
sorte que l’enfant puisse développer ses talents et avoir des comportements dignes de la vie au
sein d’une société, tout en étant lui-même.

Ainsi, dès que l’enseignant prend en charge des élèves :

 Il s’engage à les faire progresser, s’il y a lieu avec l’aide de tiers compétents. À cet
effet il doit considérer ses élèves comme des personnes capables d’apprendre et de
progresser ;

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 L’enseignant s’efforce d’élaborer ses enseignements avec soin et en y consacrant le
temps nécessaire ;
 Il s’abstient de porter un jugement définitif sur un élève. Il souligne plutôt les points
susceptibles d’ouvrir les perspectives ;
 L’enseignant tâche de traiter tous les élèves avec la même conscience, dans un souci
d’égalité et de justice quels que soient les sentiments que chacun lui inspire en
particulier ;
 L’enseignant a le devoir de perfectionner régulièrement ses connaissances, sa
didactique, les pratiques pédagogiques et tout autre procédé d’élaboration ou de
transmission du savoir ;
 L’enseignant ne doit pas présenter le savoir comme un obstacle infranchissable ou
l’ignorance comme un état irrémédiable. Il fondera la transmission du savoir sur
l’activité effective et la démonstration tangible pour ne pas risquer d’exclure ses
apprenants par une théorisation injustifiée (Ayelou et Houedenou, 2018, p.10).

En outre, un enseignant a l’obligation de :

 Préparer son cours ; ses fiches pédagogiques et sa classe ;


 Corriger les devoirs ou exercices ;
 S’informer de l’évolution de la science ;
 Manifester une curiosité intellectuelle et une ouverture au monde de la science ;
 Veiller au développement constant de ses connaissances et de ses compétences.

En réalité, l’enseignant doit gérer la complexité et l’incertitude. Il doit participer à la gestion,


à la conception et à l’élaboration des programmes, des méthodes d’enseignement et
d’évaluation, des manuels et autres auxiliaires d’enseignement. L’enseignant est tenu
d’évaluer ses élèves avec équité, de les orienter dans leurs choix professionnels. Il doit
également respecter les normes de la profession et collaborer avec les autorités éducatives.

Aussi, l’enseignant est tenu d’assurer le service, être présent à son poste de travail, assurer lui-
même les tâches qui lui sont confiées et répondre devant ses supérieurs hiérarchiques de
l’autorité qui lui a été conférée et de l’exécution des ordres qu’il a reçus. Il a l’obligation de
servir l’État avec loyauté et abnégation, respecter la hiérarchie du fait qu’il a au-dessus de lui
une autorité qui a vocation pour le commander et lui donner des ordres. Il doit également faire
preuve de discrétion professionnelle dans tout ce qui concerne les faits et les informations
dont il a connaissance dans l’exercice de ses fonctions.

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En outre, dans le même sens, il lui est interdit de soustraire des pièces ou des documents du
service, de les communiquer ou de les reproduire pour les besoins des tiers. En raison de la
fonction qu’il exerce, l’enseignant est tenu à l’impartialité, à la sérénité de jugement. Dans le
domaine de sa profession, il doit s’abstenir de toute propagande pour ou contre un parti
politique, une confession religieuse, le port d’un insigne politique, la distribution de tracts,
l’apposition d’affiches politiques, comportements proscrits dans les locaux de service.
L’enseignant ne doit pas mettre au premier plan ses intérêts personnels. Il doit être
désintéressé car, on ne devient pas enseignant pour gagner de l’argent, mais parce que l’on
pense que cette fonction vous permettra d’être plus utile à l’ensemble de la collectivité.

L’enseignant a besoin d’une grande égalité d’humeur. Pour ce faire, il doit se maîtriser
entièrement et éviter d’agir sous l’effet de la colère. La patience, la prudence et la douceur
sont alors des qualités indispensables pour lui. Il essaie de créer dans la classe, un climat de
confiance qui favorise l’accès à l’acquisition des connaissances et le développement des
compétences par tous.

IV. LA VIE SOCIALE DE L’ENSEIGNANT

L’enseignant est un éducateur, c’est-à-dire un homme qui a pour souci premier la formation
complète et harmonieuse des êtres humains à lui confiés par la société. C’est un être qui se
distingue par sa générosité, son dynamisme, sa façon de faire et d’agir. Il est donc l’exemple
vivant de la dignité elle-même, et ceci, en tous lieux et en toutes circonstances.

1. La vie privée d’un enseignant

L’enseignant est un homme public. Il doit être courtois, correct et respectable. Ainsi, sa vie
privée couvre l’amour, le mariage, les relations conjugales. Il s’agit aussi du climat de la vie
familiale, des loisirs, les fréquentations. Il n’y a donc pas de frontière entre la vie
professionnelle et la vie privée de l’enseignant. L’enseignant est tenu de bien mener sa vie
privée en ce sens qu’il est observé dans la société ; il est impossible pour lui de se soustraire
du jugement moral de la société à laquelle il appartient. Un enseignant doit par exemple éviter
de se soûler et d’être débiteur insolvable. Sa vie de famille doit donc être un modèle ; s’il
faisait le contraire, il porte atteinte à sa propre honorabilité. L’enseignant, dans sa vie privée,
doit donc être un exemple vivant pour ses élèves et son milieu de vie.

11
2. La conduite et posture de l’enseignant

Comme tout métier, l’enseignement comporte certains principes et obligations. L’enfant ne


valant que ce que vaut son maître, ce dernier est contraint de respecter fidèlement les règles
techniques et bien s’y tenir. L’enseignant se retrouve tous les jours face à une marmaille
d’enfants ou de jeunes venant d’horizons divers et ayant reçu chacun une éducation différente
de celle des autres, il doit cependant être un modèle à suivre, un exemple pour tous, d’où ses
exigences.

Les fréquentations d’un enseignant doivent être à l’image de ce qu’il est ; il doit de ce fait
éviter de lier les amitiés hâtivement quand il est nouvellement affecté à un poste. Il doit
s’abstenir de fréquenter les personnes de moralité douteuse ou de réputation suspecte.

S’il lui arrive d’aller au bar à l’occasion, cela ne doit pas être une habitude et ne doit
fréquenter n’importe lequel. Il doit éviter de se livrer à l’ivresse d’alcool, car une telle
information se répand rapidement dans le lycée où il enseigne. L’enseignant doit éviter de
divulguer les confidences intimes ou livrer les secrets personnels à des amis approximatifs.
Ceci laisse entrevoir un signe de manque de dignité et de maîtrise de soi.

De même, l’enseignant doit avoir un langage strict, pur, résolument soigné, recherché mais
sans exhibition et sans propos grossiers et orduriers.

Le harcèlement sexuel des élèves de sexe opposé nuit à la dignité et la réputation de


l’enseignant et de l’enseignement. La qualité du conjoint ou de la conjointe étant un élément
important de la réputation de l’enseignant, ce dernier ne devrait pas se précipiter à se marier,
cela doit être un acte murement réfléchi qui demande beaucoup d’attention.

12
CONCLUSION

En définitive, l'enseignant n'est pas un homme extraordinaire ; il n'est pas non plus un homme
ordinaire. Nous avons eu l'occasion de le comprendre. Il est du service public, agit sur les
âmes, éduque et forme des générations entières. Il reste un bâtisseur de la nation, un socle du
développement. Il doit alors s'occuper de son travail, accomplir sa mission avec amour, zèle et
sagacité. Il mérite une honorabilité qu'il doit défendre chaque jour. Aimer son travail et les
apprenants comme soi-même, tel doit être son leitmotiv. Ensemble, redorons alors nos blasons
pour faire reconnaître l'image de l'enseignant d'hier : « l'homme correct, consciencieux,
laborieux, studieux, dévoué et cultivé » (Ayelo et Houedenou, 2018, p.69). Car, il devient de
plus en plus un coach. Pour ce faire, il importe que l'enseignant agisse en professionnel tout
en suivant les normes éthiques dans l'exercice de ses fonctions.

En somme, la formation à l'éthique constitue un réel atout dans la réalisation de la personne


humaine d'autant plus que l’éthique joue un rôle primordial dans la structuration de la
personnalité, de l'épanouissement de l'homme et de la qualité de ses relations humaines dans
la société.

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QUELQUES DOCUMENTS A CONSULTER

 Ayelou, J C., et Houedenou, F., (2018), Se construire pour enseigner : Ethique et


déontologie de l’enseignement, Abomey-Calavi, Les Editions ProTIC ;
 Conturie, C., (2004), Enseigner avec bonheur, Paris, Parole et silence ;
 Delors, J., (1996), L’éducation, un trésor est caché dedans, Paris, Odile
Jacob/UNESCO ;
 Desamais, R., et Gineste, R., (1963), Face aux enfants. L’enseignement dans les pays
francophone et à Madagascar. Manuel de pédagogie pour les enseignants, Paris,
Armand colin ;
 Moriyon, F., G., (1995), L’éthique des professeurs, Revue internationale d’éducation
de Sèvres, vol 05.

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