Sujet : « la prise en charge internationale des déplacés suite à un
conflit armé : le cas des déplacés internes de la partie Est de la
république démocratique du Congo »
INTRODUCTION
Depuis près de trois décennies, l’Est de la république démocratique du
Congo (RDC) est le théâtre de conflits armés récurrents, marqués par l’activisme de
groupes armés tels que le mouvement du 23 mars (M23). Ces affrontements qui
opposent ces groupes armés et les forces armées de la RDC (armée régulière du pays),
ont engendré des déplacements massifs de populations civiles, contraignant des
millions de personnes à fuir leurs foyers pour chercher refuge dans des zones plus
sures mais toujours à l’intérieur du pays.
I. PROBLEMATIQUE
Les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays jouissent, sur un
pied d'égalité, en vertu du droit international et du droit interne, des mêmes droits et
libertés que le reste de la population du pays. Elles ne doivent faire l'objet, dans
l'exercice des différents droits et libertés, d'aucune discrimination fondée sur leur
situation en tant que personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.1
Mais en RDC le principe directeur précité est loin d’être respecté car les
civils payent un lourd et sanglant tribut en raison du conflit, y compris les femmes et
les enfants qui ont échappé de justesse aux violences et dormant maintenant à la belle
étoile dans des sites de déplacés qu’il s’agisse de sites spontané ou spécialement
aménagés. Tous sont épuisés et traumatisés. La recrudescence des violences dans la
région a provoqué le déplacement de plus de 800 000 personnes depuis le mois de
mars de l’année dernière, ce qui génère également des déplacements en direction des
provinces du Sud-Kivu et de l’Ituri2 et pendant près de deux décennies en Republique
Démocratique du Congo un nombre très important de personnes se sont vues forcées
de fuir leur lieu d’origine, parfois de manière répétée, et ce directement en raison du
conflit persistant qui ravage l’Est du pays. Les vagues de violence ont acquis une telle
chronicité au cours des années que le déplacement qu’elles engendrent fait maintenant
partie intégrante du mode de vie de pratiquement tous les habitants qui vivent dans les
provinces de l’Est. En septembre 2014, on estimait le nombre de personnes déplacées
1
Lire à ce titre, le Principe premier des principes directeurs des nations unies relatives aux déplacements des
personnes à l’intérieur de leur propre Pays.
2
Voir UNHCR, Inquiétude pour des centaines de milliers des personnes déplacées en République démocratique
du Congo, Mars 2023, unhcr.org
à l’intérieur de la RDC à 2,7millions5. 3 Même si ces chiffres ont subi des fluctuations
ils se sont habituellement maintenus autour de la barre des 2 millions pendant plus de
dix ans4
Contraints de quitter leur foyer, les déplacés internes sont aussi victimes
de formes de privations spécifiques, comme la perte de leur logement, et sont souvent
exposés à des risques en matière de protection particuliers ou accrus. 5 Les personnes
déplacées sont exposées à une violence constante. Les champs et les commerces
laissés à l’abandon risquent fort d’être pillés, ce qui met en péril leurs moyens de
subsistance, les femmes et les jeunes filles sont exposées aux violences sexuelles,
notamment aux viols, ainsi qu’aux menaces physiques et aux extorsions par les parties
au conflit. De nombreux enfants ont été séparés de leurs familles6
Face à cet état de chose, la nécessité de la prise en charge de ces
personnes déplacées à l’intérieur de la RDC n’est plus à démontrer, en ayant ratifié la
Convention de l’Union Africaine pour la protection et l’assistance des personnes
déplacées à l’intérieur de leur propre pays (convention de Kampala), la RDC s’est
engager donc à respecter et à protéger les droits et libertés de ces personnes déracinées
et de prendre des mesures préventives pour empêcher les déplacements internes 7 mais
la même convention prévoit une double prise en charge humanitaire des déplacés
internes scruter dans le préambule ou l’économie générale de ladite convention qui
prévoit premièrement la prise en charge interne qui se fait par l’Etat et la prise en
charge internationale qui se fait par les organisations et Agences humanitaires
internationales en prenant note de la spécificité de celles-ci dans le cadre de l’approche
de collaboration inter-agences des Nations Unies concernant les personnes déplacées,
particulièrement de l’expertise du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les
réfugiés (HCR) en matière de protection des personnes déplacées, et la demande qui
lui a été faite par le Conseil exécutif de l’Union africaine dans la Décision EX/CL.413
(XIII) de juillet 2008 à Sharm El-Sheikh (Égypte) à poursuivre et à renforcer son rôle
dans la protection et l’assistance aux personnes déplacées dans le cadre du mécanisme
de coordination des Nations Unies8 ce dans ce contexte que nous allons étudié cette
prise en charge qui suscite beaucoup des questions.
Ainsi les questions suivantes méritent d’être posées :
3
Point de la situation humanitaire, publié en septembre 2014 par OCHA, disponible sur : http://rdc-
humanitaire.net/attachments/article/5245/RDC%20Factsheet%20Mouvement%20de
%20population_french_3eme% 20%20trimestre%202014.pdf.
4
WHITE STACEY, et maintenant, quoi ? La réponse internationale face au déplacement interne de la
Republique démocratique du Congo ; Brookings institution
, 2014. P.5
5
Groupe sectoriel global chargé de la protection, Manuel pour la protection des déplacés internes, édition
Provisoire, 2008
6
Propos tenus par SHABIA.M, dans un point de presse tenu à GOMA, le 22Mai 2022 sur la situation des
déplacés internes, unhcr.org
7
Lire utilement les articles 2 et 3 de La Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux
personnes déplacées en Afrique
8
Voir le préambule de la convention de Kampala de 2009.
Comment le droit international encadre-t-il la protection des
déplacés internes en contexte de conflit armé ?
Quelles sont les limites de son application dans le cas spécifique
de l’Est de la RDC
II. INTERET DU SUJET
Il est de notre intérêt d’approfondir encore sur ce sujet pour trouver
plusieurs pistes des solutions qui conduiront à un résultat efficace et durable pour
éradiquer dans le futur ce problème des déplacements et cet intérêt va se présenter sur
le plan théorique et sur le plan pratique.
Sur le plan théorique
Ce sujet sera d’abord profitable aux enseignants et aux étudiants du droit
international particulièrement du droit international humanitaire et en suite plusieurs
autres personnes tant physiques que morales concernées et intéressées par cette
situation des déplacements internes. En ce sens que les manuels, les textes juridiques
nationaux et internationaux et les articles seront exploités en vue d’apporter plus de
lumière sur la question et plusieurs pistes et mécanismes des solutions juridiques
seront proposer en vue d’offrir aux déplacés internes de la RDC un cadre de protection
meilleur mais ce travail aidera aussi à comprendre la coopération entre un Etat (RDC)
et des organisations internationales.
En outre, une distinction de taille sera faite dans les limites de ce travail
entre le droit ou le devoir d’ingérence humanitaire et une simple aide humanitaire.
Sur le plan pratique
Ce travail va apporter aux déplacés internes une conscience de ce qu’ils
ne sont pas étrangers bien qu’ayant effectués un déplacement c’est-à-dire la conscience
de leurs droits et libertés pour leur permettre de réclamer cela auprès des instances des
zones mais également ce travail va promouvoir une réponse internationale en matière
de protection cohérente et bien coordonnée, dans différentes opérations.
Et si sur le plan théorique ce travail va contribuer à la compréhension de
la coopération bilatérale entre la RDC et les organismes internationaux quoi de plus
logique que sur le plan pratique renforce les liens des collaborations entres les parties
prenantes en vue de sauvegarder les droits des personnes déplacées à l’intérieur de la
RDC.
III. HYPOTHESE
Sans hypothèse, les données s’écroulent entre les doigts d’un chercheur,
ce dernier se trouve désorienter en face de la foule des faits qu’il ne sait ni organiser,
ni choisir9
Celle-ci est une conjoncture douteuse mais vraisemblable parce que
l’imagination anticipe sur la connaissance, et qui est destinée à être ultérieurement
vérifier10
C’est en réalité une sorte de réponses provisoires à la problématique posé
et qui sont appelées à être confirmées ou infirmées dans le corps du travail. De ce qui
précède, quelques éléments en termes de réponses seront anticipés.
Le droit international humanitaire et le droit international des droits de
l’homme veulent la protection physique, morale et juridique des déplacés internes
parce qu’ils sont victimes des violences de tout genre et de discrimination. Il serait
donc utile à renforcer la réponse internationale face à cette situation. Ainsi, nous
partirons de l’hypothèse selon laquelle : une convention internationale relative à la
protection de déplacés internes et à la prévention des déplacements internes,
assortie des sanctions, d’une procédure spéciale et d’un organe chargé de la répression,
va d’abord assurer une vie paisible des déplacés et réduira sensiblement le taux des
déplacements des personnes à l’intérieur de leur propre pays
En sus, les Etats doivent prendre les lois drastiques suivies des organes
policiers et Administratifs pour apporter un cadre favorable à la réponse internationale.
IV. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE
La recherche en sciences sociales suit une démarche analogique à celle
du chercheur de pétrole. Ce n’est pas en formant n’ importe où que celui-ci trouvera ce
qu’il cherche11 par contre, il doit systématiser sa recherche au moyen d’une méthode et
d’une technique qu’il utilisera.
Il importe de définir le concept méthode et le concept technique avant de
préciser quelques approches méthodiques utilisées dans ce travail. Le concept méthode
vient de deux mots grecs « META » qui signifie suivant et « ODO » chemin ou
9
SHOMBA KINYAMBA, méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, P.U.K, 2012, p.50
10
KIENGE-KIENGE INTUDI.R, initiation à la cherche scientifique, notes de cours polycopié de G2 droit, UNIKIN,
2009-2010 P.12
11
VAN CAMPEN HOUT .L, manuel de recherche en sciences sociales, 4ème Ed, Dunod, Paris, 2011, p.7
passage qui peut être traduit littéralement par chemin à suivre et le mot technique :
c’est la manipulation, la pratique. Si la méthode réside au niveau de la conception, la
technique, elle, repose sur la pratique.12
Cependant, une méthode ne peut être fixée une fois pour toute par les
chercheurs, même s’il est nécessaire qu’il précise au début de sa recherche les opinions
méthodologiques provisoires, la méthode évolue au cours de son application qui tend à
s’adapter à la théorie à mesure que celle-ci dégage des faits.
La question d’étude ici relève précisément du droit internationale
humanitaire alors il existe des méthodes et des techniques multiples variant selon la
personnalité et les conceptions de chaque juriste et selon le type de sciences. C’est
ainsi que pour appréhender ce présent travail, la technique juridique (a) et la
sociologie du droit (b) nous permettrons d’élaborer la présente étude.
a. Technique juridique ou dogmatique juridique
La technique juridique selon Olivier Corten, vise à déterminer le contenu d’une
règle à partir de la prise en compte des sources formelles du droit international
positif. Mais il précise également que la technique juridique vise à exposer l’état du
droit tel qu’existant et à en déterminer le contenu. Il est question dans cette
approche, d’établir et d’interpréter une règle de droit sans la critiquer ni même
l’évaluer.13
Cette technique nous permettra d’interpréter les conventions
internationales pour ressortir les dispositions clés qui ouvrent la brèche à un régime
juridique nouveau quant aux déplacements internes.
b. La sociologie du droit
L’objet de la sociologie du droit est de conforter des règles juridiques ou des
concepts de droit international à la réalité sociale 14. Ainsi dans cette technique, la
question serait pourquoi telle règle à émerger à un moment donné de l’histoire, ou
encore pourquoi telle règle est généralement appliqué alors que telle autre ne l’est
pas. L’explication pourra se développer sur la base de théories de sociologie du
droit ou , plus généralement de théories des relations internationales
12
TELMONO. M, cours d’initiation à la recherche scientifique, UNIKIN, PUK, 2018-2019, p.12
13
CORTEN OLIVIER, méthodologie du droit international public, éd université de Bruxelles, Bruxelles, 2009, p.23
14
RENATO TREVES, sociologie du droit, Paris, PUF, 1995, p.21
Cette technique va nous permettre de comprendre l’aspect politique qui freine
l’adoption d’un texte juridique international prenant spécialement en charge les
personnes déplacés à l’intérieur de leurs propres pays.
V. DELIMITATION DU SUJET
Restreindre son champ d’investigation ne devrait pas être interprété
comme une attitude de faiblesse ou de fuite de responsabilité, mais bien au contraire de
la demande scientifique. Il est sans doute vrai qu’il n’est pas possible d’étudier de
parcourir tous les éléments influents jusqu’au début des temps 15 c’est donc avec raison
que la délimitation du sujet permet au chercheur de travailler en profondeur au lieu
d’être superficiel parce que devant papillonner. A cet égard, cette étude sera
délimitée à partir de la première guerre du Congo en 1996 qui est considérer
comme le début des grands déplacements des populations à l’intérieur de la RDC
jusqu’à ce jour.
VI. ANNONCE DU PLAN
La présente étude comporte deux chapitres dont le premier va prendre en
charge l’analyse du cadre juridique international de protection des déplacés
internes en contexte de conflit armé (chapitre I) et le deuxième chapitre sera
consacré à l’application et les limites de la protection internationale des déplacés
internes dans l’Est de la RDC (Chapitre II)
15
REZSOHAZY.R, théorie et critiques des faits sociaux Bruxelles, la renaissance du livré 1972, P.68
BIBLIOGRAPHIE
Droit onusien et communautaire
1. Charte des Nations Unies, 1945
2. Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à
l’intérieur de leur propre pays, 1998.
3. Résolution SC/16004, 21 février 2025
4. Déclaration universelle des droits de l’homme
5. Les conventions de Genève,1949.
6. Convention de l’union africaine pour la protection et l’assistance
aux personnes déplacées en Afrique (convention de Kampala),
2009
Ouvrages
7. KAGINA SENGA Benjamin, quelle protection pour les enfants
déplacés et réfugiés non accompagnés en République démocratique
du Congo
8. WHITE STACEY, et maintenant, quoi ? La réponse internationale face
au déplacement interne de la République démocratique du Congo ;
Brookings institution, 2014. P.5
9. GROUPE SECTORIEL GLOBAL CHARGE DE LA PROTECTION,
Manuel pour la protection des déplacés internes, édition Provisoire,
2008
10. CORTEN OLIVIER, méthodologie du droit international public
11. CHALOKA BEYANI, « The Elaboration of a Legal Framework for the
Protection of Internally Displaced Persons in Africa », Journal of African
Law, vol. 50, n° 2, 2006.
12. ALAIN PELLET, PATRICK DAILLIER, ET MATHIAS FORTEAU,
Droit international public 8e éd, Paris, LGDJ,2009.
Articles de revue
13. Projet mapping en république démocratique du Congo. Rapport du haut-
commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
14. UNHCR, Inquiétude pour des centaines de milliers des personnes
déplacées en République démocratique du Congo, Mars 2023, unhcr.org
15. Commentaires de l’article 51 du Protocole additionnel (I) de 1977 : Yves
Sandoz, Christophe Swinarski et Bruno Zimmermann (Ed.),
Commentaire des Protocoles additionnels du 8 juin 1977 aux
Conventions de Genève du 12 août 1949, op. cit., 1986, p. 642, § 1988.
16. Gilles Lebreton, « Critique de la Déclaration universelle des Droits de
l’homme », Cahiers de la recherche sur les droits fondamentaux [En
ligne], 7 | 2009, mis en ligne le 15 décembre 2020, consulté le 20 février
2024
17. Human rigths watch. DR CONGo : killings,rapes by Rwanda-backed
M23 rebels,13 juin 2023