Fonctionnement des tours de refroidissement
Fonctionnement des tours de refroidissement
SEMINAIRE 3
On fait circuler l’eau refroidie ainsi obtenue jusqu’à l’unité en fonctionnement, où son rôle est
d’éliminer la chaleur produite dans cette unité. De ce fait, l’eau refroidie redevient chaude et
est envoyée à la tour de refroidissement pour être refroidie et recyclée.
Circuits ouverts
Ce sont des circuits sans recirculation d’eau ou système à passage unique. L’eau réchauffée par le
procédé industriel est rejetée dans le milieu naturel. C’est un système très répandu lorsque l’on
dispose d’eau en assez grande quantité.
2
Circuits fermés
Ils sont en réalité constitués par deux systèmes liés thermiquement ; l’un complètement fermé
(aux fuites prés) sert à faire circuler l’eau et à refroidir le procédé par l’intermédiaire d’un
échangeur de chaleur, l’autre, appelé aussi circuit secondaire, sert à refroidir l’eau réchauffée.
L’exemple le plus connu est le radiateur d’une automobile
Un circuit dit fermer ne l’étant pratiquement pas en totalité il est nécessaire de pratiquer des
appoints d’eau de préférence en eau adoucie ou déminéralisée. Ces installations sont construites
avec des métaux différents ce qui présente un risque élevé de corrosion galvanique.
CIRCUIT SEMI-OUVERT
Il existe différents types de tour de refroidissement, classée généralement par le mode de création
du courant d’air appelé aussi tirage. Le tirage peut-être naturel, induit (air aspiré dans la tour),
forcé (air poussé dans la tour). 3
4
Schémas de principe de deux tours aéroréfrigérantes
à circuit ouvert à contre-courant
Les tours aéroréfrigérantes nécessitent des appoints d’eau* car leur mode de fonctionnement
conduit à une quantité d’eau évaporée de 1% (pour un écart thermique de 6 K) et à des purges
de déconcentration* du circuit d'eau. 5
Principe de fonctionnement d’une tour aéroréfrigérante ouverte
L'eau provenant du procédé à refroidir ou de l'échangeur est dispersée en fines gouttelettes par une ou plusieurs
rampes de dispersion*. L'eau traverse alors de haut en bas une surface d’échange constituée par le packing*. Ce
packing peut être considéré comme un échangeur air/fluide avec une surface d’échange élevée de par sa
constitution. L'eau refroidie est collectée dans un bassin de rétention en bas de la tour avant de retourner vers le
procédé à refroidir, directement. L'air est mis en mouvement par un ventilateur (centrifuge ou hélicoïde) ou par
tirage naturel. Il y a donc contact direct de l'eau venant du procédé avec l’air extérieur.
Ce flux d'air se charge en humidité prélevant de la chaleur à l'eau pour s'évaporer et peut entraîner des
gouttelettes d'eau.
Un paregouttelettes est disposé au sommet de la tour afin de limiter l’entraînement vésiculaire des gouttelettes
éventuellement contaminées. par les légionelles. Sa conception doit être telle que le taux
d'entraînement soit limité le plus possible. Le taux d’entraînement (appelé également entraînement vésiculaire)
ne doit pas être supérieur à 0,01% du débit d’eau en circulation
6
-Le corps d’échange* ou packing* :
Il peut être constitué :
¨ d'un empilement de parois ondulées ou en nid d’abeille sur lesquelles les gouttelettes d’eau s’écoulent sous forme de film,
¨ d'un empilement de lattes sur lesquelles l’eau s’éclate en gouttes successives.
Les matières plastiques généralement utilisées éliminent le risque de corrosion. Ces corps d’échange sont sensibles à
l’encrassement et surtout à l'entartrage
7
- Le pare-gouttelettes : encore appelé éliminateur de gouttes, séparateur de gouttelettes ou dévésiculeur :
Celui–ci est très important pour prévenir le risque d’entraînement de gouttelettes potentiellement infectées par les légionelles
8
Les rampes de dispersion* (encore couramment appelées rampes de pulvérisation) :
Celles–ci servent à la dispersion du fluide sous forme de gouttelettes sur le corps d’échange. Afin de prévenir au maximum
les risques de dissémination des légionelles, il est préférable d’utiliser des systèmes permettant une dispersion à des pressions
faibles pour éviter les éclaboussements. Les disperseurs à basse pression (environ 0,5 bar) doivent donc être préférés
9
Cette eau est refroidie au moyen d’un contact intime avec l’air par deux processus :
Conduction : La chaleur provenant de l’eau chaude est transférée par contact à l’air plus froid : ceci
représente environ 15 à 25% de l’échange total de chaleur.
Evaporation : le poids d’eau vaporisée par unité de temps et de surface est proportionnel à la différence
entre la pression partielle de la vapeur d’eau dans l’air atmosphérique et la pression de saturation en
vapeur d’eau de cet air à la température t.
En pratique, la quantité d’eau évaporée par heure se situe entre 1 et 4% de la quantité d’eau circulée
pour une différence de température de 10°C, cette quantité variant suivant l’état hygrométrique de l’air.
En vue de maintenir un volume relativement constant d’eau circulant à travers le système, les pertes par
évaporation doivent être compensées par un apport d’eau fraîche (appoint).
10
IMPORTANCE DE LA PURGE
Prenons un système réfrigérant ayant un volume d’eau de 1000m3. Son taux d’évaporation est de
40m3/H (environ 10°C de chute de température à travers la tour de refroidissement).
• Si nous supposons que l’eau d’appoint contient 400mg/L de matières solides dissoutes nous
avons au départ 1000m3 contenant 400 kg de matières solides dissoutes.
Pendant les douze premières heures de fonctionnement, à peu prés 480m3 d’eau se sont évaporées,
abandonnant les matières solides dissoutes dans le système réfrigérant.
Et pendant ce temps 480m3 d’eau d’appoint ont été rajoutés qui contiennent 192 kg supplémentaires
de matières solides dissoutes.
Les matières solides dans le système atteignent maintenant 592 kg
La teneur en sel dissous a augmenté de 50%, et au bout de 24H du même fonctionnement il y aura
près de 784 mg/L de sels dissous, au bout de 72H, il y aurait à peu près1600 mg/L de sels dissous.
11
Cette augmentation de concentration ne peut être maintenue, car les sels dissous arriveraient forcément au-
delà de leur solubilité, entraînant des dépôts dans le circuit ainsi que des risques de corrosion sous dépôt.
Dans le but d’éviter une telle concentration, on retire continuellement une partie de l’eau du circuit, sous la
forme de purge.
Une petite quantité, moins de 0,01% de l’eau en circulation est entraînée dans l’air. Nous négligerons la
perte par entraînement vésiculaire.
En partant avec une eau contenant 400mg/L de solides dissous, nous arrivons au bout de 72H de
fonctionnement à volume constant à concentration de 1600mg/L en solides dissous. La teneur en solide
dissous (SD) a été multipliée par 4, soit 4 cycles de concentration.
Pour maintenir cette concentration en solides dissous de 1600mg/L, il faut remplacer une partie de l’eau à
1600mg/L par de l’eau initiale à 400mg/L :
La quantité à remplacer est de P = (400/1600) x 100 =
P = 25%
12
Définition des termes utilisés pour les calculs
E : débit de l’évaporation en m3/H, il dépend de la quantité d’eau à refroidir (Q).De façon empirique, on
évapore 1% du débit de recirculation(Q) pour chaque chute de température (5°C) à travers la tour de
refroidissement.
P = débit de la purge en m3/H, réglé pour limiter la concentration des sels minéraux dans l’eau recirculée,
concentration due à l’évaporation d’une partie de l’eau circulée.
En général, ce rapport est déterminé par le dosage des chlorures, du TH, TAC dans l’eau de l’appoint et du circuit .
13
Nombre de cycles de concentration
Ce nombre n’est pas choisi arbitrairement, il se trouve défini par la quantité initiale de matière
dissoute (SD)a et par la concentration maximale tolérable de matières dissoutes dans l’eau en
circulation(SD)c .
A = P + E + EV (2)
Etant en régime permanent, il y a égalité entre les solides dissous entrant et ceux sortant :
On obtient :
A = (P + Ev ) Rc (7)
D’où :
P + Ev = E/ (Rc - 1) (9)
Dans la pratique, les pertes par entraînement vésiculaire est très faible, et on peut la négliger (dans une installation
bien connue).
15
On arrive à :
P = E/(Rc - 1) (10)
Rc = A/P (8)
A = PRc (11)
A = ERc/(Rc – 1) (12)
A titre d’exemple, on établi le tableau (purge et appoint) pour un débit d’évaporation de 100m3/H
16
Rc P (m3/H) A (m3/H)
2 100 200
3 50 150
4 33 133
5 25 125
6 20 120
7 16,66 116,62
Ce tableau montre bien l’économie que l’on peut réaliser sur la consommation de l’eau d’appoint et par conséquent sur
l’énergie de pompage, dés que l’on concentre l’eau de circulation. On voit aussi qu’à partir d’un certain rapport de
concentration l’économie réalisée en eau est faible et comme généralement on augmente les problèmes de dépôts sur
les échangeurs en élevant les rapports de concentration, il faudra fixer une limite à respecter pour concilier ces deux
paramètres de fonctionnement.
17
Nécessité et but des traitements de l’eau de refroidissement
En plus du fait qu’elle refroidit l’unité en fonctionnement, l’eau en circulation peut aussi générer d
actions, le plus souvent indésirables :
Produire du tartre, le colmatage, corroder les échangeurs de Chaleur, les revêtements intérieurs, les pompe
les vannes, etc.
18
TARTRE
Mécanisme de l'entartrage.
Les dépôts incrustants communément appelés tartres sont essentiellement constitués de sels
d'alcalino-terreux (calcium et magnésium) et leur formation est liée à de nombreux paramètres.
Parmi ces sels, le carbonate de calcium sera l'élément perturbateur principal dans les installations
d'eaux
Le carbonate de calcium est en équilibre en solution avec l'ion calcium et l'ion carbonate suivant la
réaction :
19
Ca2+(aq) + CO32-(aq) = CaCO3(s)
L'équilibre qui lie le calcium aux composés du dioxyde de carbone est appelé équilibre calco-
carbonique (ou encore carbo-calcique)
Néanmoins on peut déjà dégager les "grandes tendances" :
Dans une eau qui initialement ne dépose pas de tartre carbonaté on aura précipitation si :
- à une température donnée :
la concentration en calcium vient à augmenter : cas des circuits où l'on a concentration des sels
minéraux par évaporation : c'est le cas des eaux de tour de refroidissement, de celles des chaudières
vapeur,
la concentration en carbonates vient à augmenter : comme nous le verrons plus loin si on a par
exemple augmentation du pH.
la concentration de dioxyde de carbone vient à diminuer par un dégazage lié à une élévation de
température ou à une modification de la pression partielle de ce gaz par pulvérisation - aération :
cas des tours de refroidissement par exemple.
21
- pour des concentrations données :
par modification de la température qui joue sur la valeur prise par le produit de
solubilité Ks.
par dissociation des ions bicarbonates en carbonates.
En effet lors d'une élévation de température les bicarbonates se décomposent pour
former des ions carbonates suivant la réaction :
22
CO32-+CO2+H2O 2.HCO -
3
cette réaction est d'autant plus totale que l'on se rapproche de 100ºC et fournit les ions
carbonates nécessaires à la précipitation du sel.
par élévation du pH qui entraînera une augmentation de la concentration en carbonates : c'est le
cas des injections de produits basiques dans une eau calcique
Parmi les conditions physiques une est plus particulièrement importante la température de la
surface. Elle est forcément différente de la température moyenne de l'eau dans le cas d'un
échangeur thermique.
La température de la surface en contact avec l'eau est fonction du flux thermique que l'on s'impose
(puissance divisée par la surface d'échange).
Plus ce flux sera important et plus la température de surface sera élevée et pourra conduire à
l'entartrage.
23
Conséquences de l'entartrage.
Les conséquences d'un entartrage sont :
hydrauliques ;
bactériologiques ;
technologiques ;
énergétiques et thermiques.
1.Conséquences hydrauliques.
L'accumulation d'une épaisseur de tartre dans équipements conduit à une
diminution des sections de passage. Cela occasionnera une augmentation de la
résistance hydraulique des réseaux ce qui conduira dans tous les cas à une
augmentation de la dépense énergétique des pompes dans le cas de réseaux
fermés ou surpressés et
les épaisseurs de tartre peuvent même amener à ne plus pouvoir sortir les épingles
de réchauffage de ballons de production d'eau chaude sanitaire.
L'entartrage peut aussi avoir pour conséquences :
le blocage des organes de manœuvre des robinetteries,
l'impossibilité d'obtenir l'étanchéité siège - clapet des robinetteries,
le blocage des soupapes de sécurité,
la diminution du volume utile des réservoirs,
des dégradations des états de surface des appareils sanitaires,
l'entraînement de particules en suspension qui peuvent être abrasives,
25
Conséquences thermiques et énergétiques.
Les tartres ont des conductivités thermiques très faibles en regard des matériaux
utilisés dans la construction des échangeurs : acier ou cuivre.
Le tableau suivant indique les conductivités rencontrées pour les dépôts à base de silicates,
de carbonates et de sulfates :
26
Matériau Conductivité thermique en W.K-1.m-1
Acier 18
Cuivre 235
Les tartres sulfatés sont très durs, adhérents aux parois et sont difficiles à éliminer par voie
chimique.
Les dépôts silicatés se rencontreront dans les chaudières vapeur essentiellement. Ils peuvent se
former lorsque le titre TAC est faible, les concentrations et températures élevées.
Ils sont extrêmement durs, très adhérents, et leur élimination par voie chimique est impossible et ne
peut être obtenue que par moletage.
Les dépôts carbonatés sont les tartres les plus communément rencontrés. Ils peuvent être éliminés
par voie chimique (en faibles épaisseurs).
27
L'augmentation dans de fortes proportions des dépôts entraînent une augmentation de la résistance thermique des
parois et donc une diminution du coefficient d'échange, si l'on désire maintenir le programme de l'échangeur.
La puissance est proportionnelle à l'écart de température logarithmique Tmax Tmin
DTLM
T
max
Ln
Tmin
et au coefficient d'échange global (pour une configuration et une surface d'échange données).
28
Si l'on désire maintenir la température de sortie du secondaire il faudra
soit augmenter le débit au primaire soit la température d'entrée primaire
soit ces deux grandeurs et ce en fonction de l'épaisseur de tartre. Ce
qui conduira à une hausse de la consommation énergétique liée aux
pompes et/ou une hausse des pertes thermiques en ligne.
Dans le cas contraire on ne pourra plus assurer le programme
thermique.
un cas intermédiaire est celui des chaudières : le cas présenté est celui
d'une virole de chaudière vapeur qui est entartrée par plusieurs types de
tartres. Les températures des fumées augmentent en particulier avec
les tartres silicatés : les pertes par les fumées augmentent donc aussi et
donc le rendement de la chaudière chute
29
Conséquences thermiques d'un entartrage de
chaudière.
Épaisseur du foyer : 12mm
T=188ºC
Eau à 175 ºC
Fumées à 950 ºC
T=188ºC
T=207ºC
Fumées à 950 ºC
T=188ºC
T=246ºC
Fumées à 1000 ºC
T=188ºC
T=321ºC
Fumées à 1200 ºC
T=609ºC
30
Ces exemples montrent que cela conduira à une baisse du rendement global par
augmentation des consommations de combustibles pour la même puissance
récupérée sur l'eau ou la vapeur (si la température des fumées augmente les pertes
seront plus élevées).
De plus :
on assistera à une détérioration des caractéristiques de résistance mécanique : la
résistance d'un métal chute fortement (dans un rapport de 10 entre 300 et 600ºC
pour un acier de chaudière).
on a dans le cas des chaudières un risque de "coup de feu" : si le tartre vient à
s'écailler l'eau relativement plus froide vient en contact avec l'acier surchauffée ce
qui produit un point de fragilité qui peut être l'amorce d'une rupture
31
LUTTE CONTRE LE TARTRE
- Procédés additifs : ajouter des substances qui vont faire reculer le produit de solubilité, ou altérer le
processus de croissance des cristaux ou disperser les cristaux formés.
Procédés soustractifs
Les procédés d’adoucissement total ou partiel aux résines échangeuses ou la décarbonatation à la
chaux.
Ces méthodes impliquent des investissements accompagnés de dépenses des consommables nécessaires
au procédé, de coûts de main-d’œuvre. Leur mise en œuvre se fera après une étude technico-
économique.
32
Procédés additifs
Ce sont ceux qui sont utilisés dans les circuits de refroidissement semi-ouverts avec tour dans la quasi-
totalité des cas.
L’acidification est un des plus anciens procédés utilisés pour prévenir la formation de tartre.
Le bicarbonate de calcium est transformé en sulfate suivant la réaction :
33
Addition de produits dispersants antitartre
34
Molécules à base de phosphore
En fait, il s’agit des premiers inhibiteurs d’entartrage qui ont été employés à l’échelle
industrielle.
Parmi les principaux désavantages liés à leur utilisation, on note, leur très faible stabilité en
milieu aqueux dû à leur hydrolyse dépendant de la température (Sup a 70 °C) et du pH, ils se
dégradent en ortho phosphates ; De plus les ortho phosphates entraînent la formation de
dépôts de phosphates de calcium, réduisant considérablement l’échange calorifique. Ils sont
des nutriments pour les micro-organismes pouvant entraîner une prolifération excessive
d’algues et de bactéries tant dans le système de refroidissement que dans le milieu naturel
où sont rejetées les purges.
Leur action stabilisante se limite à des concentrations maximales en bicarbonates de 4 à 5
meq/L.
35
Acides phosphoniques et leurs sels
Ces produits agissent apparemment par inhibition de la formation de cristaux plutôt que par
séquestration vraie. Contrairement aux agents chélatants, ils sont efficaces à des doses bien
inférieures. L’inhibition se produit dès que ces composés à l’état de trace sont adsorbés à la
surface des germes cristallins générateurs de tartre, les empêchant ainsi de grossir. Les
phosphonates sont relativement sensible à l’eau de javel.
L’acide amino-tri (méthylène) phosphonique (AMP) est aussi utilisé mais il est sensible aux
oxydants dont le chlore.
36
POLYMERES ORGANIQUES
37
Dégradation des métaux
(corrosion)
* Quelques chiffres...
- aux USA, ½ tonne d’acier est
détruit à chaque heure par la corrosion
- dans les pays
industrialisés, le coût de la corrosion
s’élève à environ 4% du P.N.B.
* La dégradation dépend...
- du type de matériau
- de
l’environnement dans lequel se trouve
ce matériau
Lorsque nous parlons d’empêcher la corrosion, c’est un idéal que l’on n’atteint
jamais, il s’agit de l’amener à une valeur acceptable ; On admet généralement
en corrosion supposée uniforme ment généralisée les chiffres suivants :
40
La corrosion chimique
C’est la réaction entre le métal et une phase gazeuse ou liquide. Si cette corrosion se produit à haute
température elle est alors appelée « corrosion sèche » ou corrosion à haute température.
41
Corrosion" physique.
La corrosion par érosion se produit lors du passage à grande vitesse d'eau chargée de sédiments. Il faut donc
avoir une eau véhiculée qui contienne le minimum de sédiments, et des vitesses de circulation pas trop élevées.
Elle peut se produire en particulier dans les pompes et amener une destruction rapide des aubes, ou lors de
modification trop brusques de section d'écoulement.
Une vitesse de 2 m.s-1 ne devrait jamais être dépassée dans un circuit d'eau
42
Recommandations de vitesses maximales pour le cuivre et alliages (utilisés dans les circuits de pompes à
chaleur) :
Eaux chlorurées
Eaux douces Eau non
Eau sableuse
sableuse
Cuivre 1,8 1 0,8
Cu Zn 30
2,4 1,5 1,2
Laitons Cu Zn 29 Sn 1
Cu Zn 22 Al 2 2,7 2 1,5
Cu Ni 10 3 2,7 2,7
Cupro-nickels
Cu Ni 30 4,5 et >0,3 3,5 3,5
43
Corrosion électrochimique.
Corrosion bactérienne
Ce type de corrosion, appelé aussi bio-corrosion, rassemble tous les phénomènes
de corrosion dans lesquels les bactéries agissent directement ou par
l’intermédiaire de leur métabolisme en jouant un rôle primordial, soit en
accélérant un processus déjà établi, soit en créant les conditions favorables à son
établissement (ex : production de H2SO4 par certains types de bactéries).
44
RAPPEL
Réaction d’oxydo-réduction
électrolyte
électrodes
d’où vient-elle ?
Corrosion métallique par couplage galvanique
M’ M’’
Energie (eV)
Potentiel (V)
O2/OH-
EF’’ M’+/M’
EF’ M’’+/M’’
O2/OH- M’ M’’
Mesure de potentiel
E = E(métal) – E(référence)
Echelle des potentiels
ESH/V
Au3+/Au 1,5 V
Cu2+/Cu 0,34 V
H+/H2 0V 2 H + + 2 e- ½ H2
Fe2+/Fe - 0,44 V
Zn2+/Zn - 0,76 V
Mesure de potentiel
V
H2
Pt
[H+] = 1M
2 H + + 2 e- ½ H2
Electrode de référence
Potentiel fixe et connu par rapport à la solution, courant nul ou négligeable
Hg
Hg2Cl2
Cl-
Fritté de verre
E = Eo - 0,058 lg (Cl-)
E(ECS)/ESH = 0,246 V
Electrode de référence
Potentiel fixe et connu par rapport à la solution, courant nul ou négligeable
Ag
AgCl
Cl-
Fritté de verre
E = Eo - 0,058 lg (Cl-)
E(Ag/AgCl)/ESH = 0,199 V
Potentiel électrochimique
* Dissolution
double couche
une accumulation de charges
créent une tension
+ + + + +
- - - {
- -
E f T , M n
État d'équilibre :
Début de dissolution : La différence de potentiel
Des charges s'accumulent entre le métal et la solution
État initial dans le métal ; (créée par les charges
les cations métalliques accumulées et les cations
passent en solution. métalliques passés en
solution) est suffisamment
forte pour empêcher la
dissolution de se poursuivre.
Potentiel électrochimique
* Potentiel d’équilibre
- donne la
tendance de dissolution d’un métal - mesuré
p/r à une électrode de référence (H)
Potentiel standards
* En résumé
anode cathode
Réactions électrochimiques
* exemple : Fe ® acide
Milieu Fe2+ + 2e sans O2 dissout
avec O2 dissout
* à la cathode
Milieu(gain d’é-)
neutre avec O2 dissout
ou basique -
plusieurs cas sont possibles, selon le type d’électrolyte
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu acide (sans O2 dissout)
- dégagement
d’hydrogène gazeux -
exemple : Fer dans HCl
Le fer donne des électrons
aux ions H+
(transfert des é- du métal aux ions)
2 H 2e H2 ( gazeux )
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu acide (avec O2 dissout)
- exemple : Fer
dans HCl (avec O2 dissout)
Le fer donne des électrons
aux ions H+ et à l’O2
(transfert des é- du métal aux ions)
O2 4 H 4e 2 H2 O
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu neutre ou basique (avec O2 dissout)
O2 2 H2 O 4e 4OH
2 Fe 4OH 2 Fe OH 2
hydroxyde ferreux
(instable)
2 Fe OH H O 1 O 2 Fe OH
-
hydroxyde ferrique 2 2 2 2 3
exemple : la rouille (milieu neutre)
(rouille)
Fe2+
OH-
Fer cathode
anode
é-
Réactions électrochimiques (résumé)
* à l’anode (perte d’é-) M M n ne
sans O2 dissout
2 H 2e H2 ( gazeux )
Milieu acide
* à la cathode (gain d’é-)
avec O2 dissout
O2 4 H 4e 2 H2 O
potentiel de
dissolution
SOLUTIONS:
*Choisir des matériaux adaptés
*Eviter le contact direct (raccord ou centreur diélectrique)
*Anode sacrificielle
* Corrosion galvanique (suite)
- exemple :
raccordement de tuyauterie
joints
d’étanchéité
- exemple 2 :
phases différentes
d’un même matériau
La série galvanique montre la possibilité de corrosion entre deux métaux et non la
cinétique (vitesse) de corrosion
De plus, cette série n’est valable que pour l ’eau de mer à 25°C...
Ex: à des températures > 70°C, la réaction s’inverse et, dans le couple fer-zinc, le fer
devient l’anode !
On peut toutefois utiliser la série galvanique dans la plupart des cas dans l’eau douce
aux températures normales
EFFET DE SURFACE
Une très grande cathode par rapport à une petite anode engendrera la corrosion très rapide de
cette dernière...
goutte d’eau
* Corrosion par piqûre
- attaque
localisée : percement du métal -
endroits : * défauts de surface
SOLUTIONS:
*Augmenter la teneur en chrome (inox 316 L)
*Décapage passivation par bain chimique métal
LA CORROSION INTERGRANULAIRE
•Localisée aux joints des grains - zone désordonnée / structure cristallo
•Liée aux opérations de soudage : précipitation de carbures de chrome
qui réduit la résistance à la corrosion
Solutions:
*Utiliser des ‘’low carbon’’,
*Stabiliser avec Ti ou NB
*Sélectionner des procédés de soudage adaptés
*Traitement thermique après soudage si possible
Corrosion caverneuse
Elle est souvent associée aux faibles volumes de solution stagnante retenue par les cavités, les joints poreux, les dépôts sur
les surfaces et sous les têtes de boulons et de rivets. Elle concerne, en particulier, les aciers inoxydables en milieu marin
70
Autres types de corrosion
CORROSION PAR ÉROSION
* Revêtements (suite)
(b)
revêtements non-métalliques
- inorganique
* émail
* ciment et béton
- organique
*
peintures
* huiles , goudrons
* graisses
Lutte contre la corrosion
* Protection électrochimique
(a) protection anodique
- augmentation du potentiel de
corrosion de façon à ce qu’il se situe
dans la zone passive
- uniquement les métaux
passivables protection anodique
- énergie électrique nécessaire
protection cathodique
Lutte contre la corrosion
* Protection électrochimique (suite)
(b) protection cathodique
1- (le métal à par
protection protéger
anodedevient une cathode)
sacrificielle
extérieur
imposé
- on impose
un courant
extérieur
de façon à ce
que le
métal à protéger
Lutte contre la corrosion
Etre peu onéreux. a) blocage des sites b)blocage des site ANODIQUES
CATHODIQUES
Inhibiteurs de corrosion
Un inhibiteur est « une substance chimique qui, ajoutée à faible concentration au milieu
corrosif, ralentit ou stoppe le processus de corrosion d’un métal placé au contact de ce
milieu » Selon la Nationale Association of Corrosion Engineers (NACE)
• Les inhibiteurs anodiques : forment un film extrêmement mince sur les zones anodiques s’ils sont utilisés à
très faible concentration, puis sur toute la surface à dose beaucoup plus forte. Les films protecteurs obtenus
sont extrêmement minces.
• Les inhibiteurs cathodiques : produisent une isolation de la zone cathodique qui inhibe les réactions aux
cathodes. Ces inhibiteurs sont considérés comme plus sûrs, car même en cas de sous dosage, ils protégent.
• Les inhibiteurs organiques : forment un troisième type complètement différent des deux précédents en ce
que la protection mono moléculaire est maintenue sur le métal par adsorption.
• C’est un des progrès les plus considérables dans le domaine de l’anticorrosion que d’avoir constaté que des
mélanges d’inhibiteurs, le plus souvent anodiques et cathodiques avaient non seulement une action bien
plus complète que chacun pris séparément, mais qu’il suffisait de doses beaucoup plus faibles pour obtenir
un effet suffisant.
84
• Polyphosphates (cathodique)
•
• Ce sont des inhibiteurs cathodiques formant un film contenant du calcium, du fer et
du phosphate. Ils nécessitent un minimum de 100 ppm de calcium et précipitent
au-dessus de 400ppm de calcium.
• Ils sont efficaces de pH 6,5 à 7,5 zones dans laquelle leur vitesse d’hydrolyse est
minimum.
• Ils ne réagissent pas avec les agents réducteurs dans l’eau en circulation
• En général, ils sont causes de colmatage et réduisent la protection dans les eaux à
faible vitesse (en dessous de 0,3 m/s). Dans les eaux à courant rapide (au-dessus de
3m/s), le film est facilement endommagé ;
• Ils constituent des aliments pour la croissance des algues dans les trous.
• Ils ne protégent pas le cuivre et les alliages d’aluminium. En réalité ils les attaquent
• Leur principal inconvénient est leur hydrolyse en ortho phosphates ;
85
• Phosphonates ( cationique-organique)
• Nous devons signaler qu’ils ont une action inhibitrice voisine des
poly phosphates, mais avec une résistance à l’hydrolyse infiniment
supérieure. C’est cependant leur action antitartre qui en fait de loin
leur principal intérêt. Ils attaquent le cuivre.
86
• Poly silicates (cathodiques)
• Leurs performances ne sont pas bonnes à des pH inférieurs à 7 mais elles
sont excellentes dans les eaux à faibles teneures en matières en
suspension. A des valeurs de pH supérieurs à 7,5 et jusqu’à 9. En général,
ils sont employés avec d’autres inhibiteurs.
• Ils ne doivent pas être utilisés si la concentration en silice naturelle est
supérieure à 150 ppm.
• Le film protecteur est difficile à former et facile à détruire
• Ils protègent le cuivre et les alliages d’aluminium.
87
• Zinc (cathodique)
• Il contribue au colmatage en particulier à des valeurs de pH supérieurs à 8 et à des
concentrations supérieures à 3 ppm, bien qu’il se maintienne en solution à une
concentration de 5 ppm et à un pH de 6,5-6,7. La précipitation de l’hydroxyde de zinc
peut être maîtrisée par formation de complexe avec les phosphonates.
• C’est un aliment pour les microorganismes, à des concentrations inférieures à 1 ppm,
mais à des concentrations supérieures à 3 ppm, il devient toxique pour les
microorganismes présents.
• Il n’est jamais employé seul, souvent avec d’autres inhibiteurs car son film est assez
peu résistant.
88
• Molybdates (anodiques)
•
• Les molybdates sont très rarement utilisés seuls, sauf à très fortes
concentrations. Ils sont généralement utilisés avec le zinc à des pH de
7,5.
• Ils font partis des produits considérés comme toxiques. Leur usage est
réservé aux traitements des circuits fermés ou aux circuits dont le
rapport de concentration est très élevé.
• Ils sont très coûteux, parfois associé aux nitrites à pH alcalin.
89
• Nitrites (anodique)
• En général, ils ne sont pas utilisés seul. Ils nécessitent des pH élevés
>7,5. De fortes concentrations sont nécessaires, > à 500ppm. Ce sont
d’excellents inhibiteurs pour les systèmes fermés, mais ils ne
conviennent pas pour les circuits avec tour à cause de leur oxydation
rapide en nitrate et du fait qu’ils servent d’aliment aux microorganismes.
• Ils sont très toxiques pour les animaux aussi bien que les aliments.
90
L’encrassement microbiologique et ses traitements
• Les micro-organismes comprennent des bactéries, des algues, des champignons.
On peut trouver des bactéries n’importe où dans un système de
refroidissement. Les plus gênant sont les bactéries formant des boues
organiques et celles réduisant les sulfates.
•
• Les bactéries formant les boues se protègent des atteintes extérieures par une
épaisse couche gélatineuse. Quand ces organismes se déposent sur les surfaces
de refroidissement, cette couche peut grandement gêner la transmission de
chaleur. Elle peut aussi empêcher les inhibiteurs de corrosion d’entrer en contact
avec les surfaces métalliques, et donc, provoquer la corrosion des surfaces.
• La plupart des bactéries rencontrées dans le système de refroidissement sont
aérobies, elles consomment des composés carbonés et de l’oxygène avec
production de gaz carbonique.
91
• les bactéries du soufre par contre sont en plus liées à des problèmes de corrosion, les
Thiobacillus thio-oxydants (aérobies) oxydent le soufre, les sulfures ou les sulfates et peuvent
faire descendre le pH à 1, de plus ils sont en symbiose avec des bactéries anaérobies. Les
bactéries réductrices de sulfate se nourrissent de sulfates solubles et leur produit d’élimination
est le sulfure d’hydrogène : elles générent donc un environnement corrosif pour l’acier.
92
• Les bactéries du fer : Gallionella, Crenothrix, etc, utilisent le fer comme source d’énergie pour
leur métabolisme suivant la réaction :
•
• 4FeCO3 + O2 + 6H2O ……..4Fe(OH)3 + 4CO2
•
• Il se forme d’énormes quantités d’hydroxyde de fer occasionnant un encrassement important. Ces
bactéries peuvent favoriser la formation de piqûres.
•
• Les bactéries nitrifiantes capables de transformer l’ammoniaque et les dérivés de l’ammoniaque en
acide nitrique. Par leur faible pH elles attaquent la plupart des métaux.
• Les bactéries du type légionelles (problèmes de santé beaucoup plus).
93
• ELIMINATION DES BACTERIES
94
• TRAITEMENT BIOCIDES
• Les traitements biocides se ramènent à trois types principaux :
•
1- DE TYPE OXYDANT
• - Chlore
• - Bioxyde de chlore (ClO2)
• - Hypochlorite de sodium ou eau de javel
• - Bromation
2- Non oxydant (biocides organiques)
3- Dispersants – Agents tensioactifs
95
Matériaux envisageable pour le dessalement de l’eau de mer par distillation
• Alliages cuivreux
• Les alliages cuivreux sont couramment utilisés pour réaliser les tubes des surfaces
d’échange.
• Le laiton à l’aluminium (76%Cu -22%Zn – 2%Al), le laiton amirauté (70%cu – 29%Zn –
0,04As) et le Monel (66,5%Ni – 31,5%cu) ont été longtemps considérés comme des
matériaux de base.
• On choisit habituellement le cupronickel 90/10(90%cu – 10%NI), ou dans des
conditions plus sévères, le cupronickel 70/30(70%Cu – 30%Ni). Les cupronickels
résistent bien aux différents de corrosion en eau de mer et sont utilisables jusqu’à
des températures de l’ordre de 120°c. Ils ne doivent cependant pas être exposés à
des vitesses importantes d’eau de mer (de 1à 3,6 m/s).
• Titane
• Le titane et certains de ses alliages sont parmi les matériaux les plus performants du
point de vue de la tenue à la corrosion, mais ce sont des matériaux onéreux. Leur
utilisation est réservée aux endroits les plus exposés à la corrosion dans une unité de
dessalement.
96
• Aciers faiblement alliés
• Les aciers au carbone et les aciers faiblement alliés ont des taux de
corrosion très importants en eau de mer aérée (de l’ordre de 1mm/an).
S’ils sont utilisés, c’est principalement en raison de leur faible prix de
revient. Ces aciers sont protégés par une couche protectrice de peinture
renouvelée périodiquement, il faut cependant que la taille des appareils
soit suffisante pour permettre une inspection. Lorsque la température est
plus élevée, on utilise alors l’acier ordinaire plaqué, soit par un alliage de
cuivre (cupronickel), soit par un acier inoxydable.
97
QUALITÉ REQUISE SELON LE NIVEAU DE PRESSION
Les qualités requises pour les eaux de chaudières s’expriment sous forme d’une limitation de la teneur en
impuretés de l’eau. Leurs valeurs dépendent de la pression de service de la chaudière
Recommandation :
- APAVE (Association des propriétaires d'unité électrique et de vapeur)
- ABMA (Association Américaine de Fabricants de Chaudière) dans sa garantie standard de la
pureté de vapeur.
98
Caractéristiques des eaux de générateurs.
Les caractéristiques des eaux de chaudière dépendent :
du type de générateur de vapeur,
du régime de vaporisation,
du timbre de la chaudière,
de la qualité de la vapeur demandée par l'utilisateur,
de la nécessité de protéger la chaudière et le circuit de distribution contre les
corrosions.
Afin de répondre aux problèmes rencontrés, le maintien des caractéristiques de
l'eau dans les générateurs doit se faire dans une fourchette d'autant plus serrée que
le timbre est élevé ou qu'il est demandé une bonne qualité de la vapeur.
99
Pression de service (Bar)
0 - 15 15 - 25 25 - 35 35 - 40 40 - 60 60 - 75 7
Eau d'alimentation
Oxygène
dissous(mesuré avant mg/l 0.02 (Elimination physique de l'oxygène dissout)
l'addition du réducteur
d'oxygène)
degré Français 0.5 0.3 0.2 0.1 0.05 0.05
Dureté totale
101
Rapport silice au TAC : La silice étant d'autant plus soluble que le pH et le TAC sont élevés, ce
rapport permet de maintenir la silice essentiellement sous forme dissoute (limite la silice
colloïdale).
Salinité totale : D'autant plus limitée que l'on désire une vapeur de bonne qualité donc non
polluée par primage : vapeur peu minéralisée et pour le cas de la vapeur saturée, sèche).
Remarque : le contrôle de la salinité peut se faire avec une bonne approche, en mesurant la
résistivité de l'eau. Ce contrôle peut d'ailleurs permettre une automatisation des purges.
Chlorures : De part leur mobilité ils sont l'un des facteurs importants de la corrosion. Ils
peuvent en effet, se concentrer localement et entraîner ainsi une baisse du pH.
Composés phosphorés : Le maintien d'une concentration en dérivés phosphorés permet dans des
conditions parfois différentes de :
o maintenir un milieu tampon par des mélanges de phosphates disodiques et trisodiques.
o précipiter les alcalino-terreux pouvant provenir du percement d'une colonne de résine et
éviter la formation de dépôts sulfatés. Les sels de réaction peuvent être dispersés par
utilisation de produits de conditionnement ad hoc (extraits végétaux, polymères de
synthèse),
o lutter contre la corrosion par formation de phosphates métalliques insolubles et peu 102
perméables qui renforce la protection des aciers.
Oxygène : Elimination par dégazage thermique ou par voie chimique dans le cas de l'utilisation
d'un réducteur.
Conductivité (ou résistivité) : C'est un paramètre essentiel pour la conduite des chaudières
électriques (celles basées sur la technologie à arc). Le dosage de réactifs permet d'amener l'eau
aux caractéristiques souhaitées.
Fer et cuivre : Ils peuvent provenir des retours condensats et générer des problèmes dans les
chaudières électriques : création d'arcs parasites, et pour le cuivre être source de corrosion par
pile bimétallique (queque soit le type de chaudière).
A ces paramètres il y a lieu d'ajouter les concentrations en produit de conditionnement nécessaire
pour la protection du réseau vapeur et du réseau de retour des condensats.
Le contrôle des paramètres en chaudière se fait par prise d'échantillon. L'eau doit être refroidie
afin d'éviter une revaporisation qui modifie les concentrations en sels.
Les mesures sont réalisées à 20ºC ou ramenées à 20ºC : compensation de température sur pH-
mètre, conductivimètre,
103
CONDITIONNEMENT DE L'EAU ALIMENTAIRE DES CHAUDIÈRES
a - Dégazage thermique
L’eau déminéralisée contient un certain nombre de gaz dissous et, en particulier, de l’oxygène et du gaz carbonique.
La concentration de l’eau déminéralisée en oxygène et en CO2 dépend de l’origine de l’eau brute mais ne peut à une température donnée et à
une pression donnée, dépasser la solubilité du gaz dans l’eau ;
le tableau ci-dessous donne pour ces deux gaz leur solubilité en normaux litres de gaz par litre d’eau sous atmosphère de gaz pur à une
pression de 1 bar absolu.
- On voit que la solubilité des gaz décroît avec la température, par contre elle croît avec la pression.
- Cette variation de solubilité avec la température est utilisée dans les dégazeurs thermiques.
- L’eau alimentaire de chaudière est réchauffée par contact avec de la vapeur BP et le retour de condensats chauds.
104
b - Conditionnement chimique de l'eau
• Élimination de l’oxygène
Le dégazage thermique ne permet que l’évacuation partielle de l’oxygène comme le montre le tableau donnant la solubilité de l’oxygène. Afin
de poursuivre l’élimination de l’oxygène, il est nécessaire d’ajouter à l’eau alimentaire un réducteur puissant pour atteindre la teneur exigée
en eau alimentaire (10 à 30 ppb).
Le sulfite de sodium Na2SO3 réagit avec l’oxygène pour donner du sulfate de sodium Na2SO4.
Cependant, pour des productions de vapeur d’une pression supérieure à 60 bars, le sulfite de sodium amène deux inconvénients :
- il augmente significativement la salinité en chaudière par la formation de sulfate de sodium
- sous l’effet de la température il se décompose partiellement en SO2 et par réaction avec l’eau, il donne naissance à de l’H2S, deux agents
de corrosion acide
Pour les chaudières d’une pression supérieure à 60 bars, on a donc abandonné le traitement au sulfite et l’on utilise maintenant
l’hydrazine N2H4 sous forme d’hydrates d’hydrazine, autre réducteur puissant également utilisé comme combustible dans l’industrie
spatiale.
Le gros avantage de l’hydrazine, s’il n’est pas employé en excès est qu’il n’augmente pas la salinité puisque les produits de l’oxydation sont
de l’eau et de l’azote sous forme gazeuse.
105
• Protection contre l’entartrage
Le phosphate tricalcique (PO4)2 Ca3 est moins soluble que le carbonate de calcium aux températures d’exploitation de chaudières, il
présente en plus l’avantage de ne pas être adhérent.
En ajoutant à l’eau déminéralisée et dégazée du phosphate trisodique en dose contrôlée, les ions calcium passent majoritairement sous
forme de calcium trisodique en générant une boue non adhérente formant un film protecteur à l’intérieur des tubes de vaporisation.
Il importe cependant de contrôler la teneur résiduelle de phosphate en chaudière car l’entraînement de phosphate dans la vapeur par
primage conduit à des dépôts sur les ailettes des turbines de détente de la vapeur. De plus, le phosphate de fer qui se forme forcément en
chaudière (corrosion des tubes ou traces de fer dans l’eau alimentaire) peut conduire, s’il est en concentration suffisante, à des dépôts
qui, eux, sont adhérents.
106
• Conditionnement contre la corrosivité des condensats
Le gaz carbonique présent dans l’eau alimentaire accompagne la vapeur qui se forme. Lors de la condensation il se forme de l’acide
carbonique H2CO3.
Sans conditionnement particulier, on aboutit rapidement à la corrosion des circuits condensats bien connue des exploitants de réseaux
vapeur.
Cette corrosivité des condensats doit particulièrement être combattue lorsqu’un fort taux de condensats est recyclé dans le générateur de
vapeur (production d’électricité par condensation).
Deux technologies différentes peuvent être employées pour maîtriser cette corrosion :
- injection de produits alcalins volatils dans l’eau déminéralisée pour élever le pH au niveau de 9. On utilise l’ammoniac à
faible pression et de la cyclohexylamine ou de la morpholine pour des pression plus élevées.
Ces produits volatils sont entraînés par la vapeur au niveau du ballon supérieur et neutralisent le CO2 agressif lors du refroidissement de la
vapeur produite.
107
• Purges de déconcentration
Pour maintenir en chaudière une salinité totale acceptable, une teneur en silice compatible avec les
machines motrices détendant la vapeur produite et ne pas atteindre les limites supérieures des
différents agents chimiques introduits dans l’eau alimentaire, il est indispensable de procéder à des
purges continues le plus souvent prélevées au niveau du ballon supérieur.
En marche stabilisée, le débit de purges continues est asservi au débit d’eau alimentaire avec un ratio
Ces purges sont coûteuses en énergie car les calories qu’elles contiennent sont mal récupérées mais
elles sont absolument nécessaires à la protection des équipements concernés par la production, la
distribution et l’utilisation de la vapeur.
108
IMPURETE RESULTAT S'ELIMINE PAR COMMENTAIRES
Gaz Soluble
109
Solides en Suspension
Tolérance approximative de
5ppm max. pour la plupart des
Sédiment & Turbidité Boue et primage calcaire. Décantation et filtration.
applications, 10ppm pour l'eau
potable
Se trouve principalement dans
l'eau de surface, causé par,
notamment, la décomposition de
la végétation. Les matières
organiques se décompose pour
former des acides organiques. Le
résultat est un pH d'eau
d'alimentation faible, qui provoque
l'attaque des conduites des
chaudières. Il inclut les diatomes,
Primage, moussage, les dépôts les moisissures, les films
Décantation; filtration, et
Matière Organique peuvent colmater les canalisations biologiques, les bactéries
traitement chimique
et causer la corrosion. manganiques/ferrique. Les
particules suspendues se
rassemblent à la surface de l'eau
de la chaudière et rendent difficile
la libération des bulles de vapeur
remontant à la surface. Le
moussage peut aussi être attribué
à l'eau contenant des carbonates
en solution dans laquelle un léger
précipité floculeux sera formé
110 à la
surface de l'eau.
Solides Colloïdaux Dissous
111
Entartrage important s'il y a Les limites de tolérance sont
Sulfates (SO4) Désionisation
présence de calcium environ 100-300ppm CaCO3
114