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Fonctionnement des tours de refroidissement

Le document décrit le fonctionnement des tours de refroidissement, y compris les circuits ouverts, fermés et semi-ouverts. Il explique les principes de base comme l'évaporation et le refroidissement de l'eau. Le document contient également des schémas et des explications détaillées sur les composants clés des tours de refroidissement.

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Le document décrit le fonctionnement des tours de refroidissement, y compris les circuits ouverts, fermés et semi-ouverts. Il explique les principes de base comme l'évaporation et le refroidissement de l'eau. Le document contient également des schémas et des explications détaillées sur les composants clés des tours de refroidissement.

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ALGERIAN EXPERT WATER, Sarl

SEMINAIRE 3

Eaux de chaudière et tours de refroidissement

Pr Kherrat Rochdi et Pr Samar Mohamed El Hadi


1
Principes fondamentaux des tours de refroidissement

 La fonction de la tour de refroidissement est uniquement de refroidir de l’eau chaude.

On fait circuler l’eau refroidie ainsi obtenue jusqu’à l’unité en fonctionnement, où son rôle est
d’éliminer la chaleur produite dans cette unité. De ce fait, l’eau refroidie redevient chaude et
est envoyée à la tour de refroidissement pour être refroidie et recyclée.

Ils existent trois circuits différents :

Circuits ouverts

Ce sont des circuits sans recirculation d’eau ou système à passage unique. L’eau réchauffée par le
procédé industriel est rejetée dans le milieu naturel. C’est un système très répandu lorsque l’on
dispose d’eau en assez grande quantité.

2
Circuits fermés

Ils sont en réalité constitués par deux systèmes liés thermiquement ; l’un complètement fermé
(aux fuites prés) sert à faire circuler l’eau et à refroidir le procédé par l’intermédiaire d’un
échangeur de chaleur, l’autre, appelé aussi circuit secondaire, sert à refroidir l’eau réchauffée.
L’exemple le plus connu est le radiateur d’une automobile

L’avantage de ce procédé est qu’il ne consomme théoriquement pas d’eau

Un circuit dit fermer ne l’étant pratiquement pas en totalité il est nécessaire de pratiquer des
appoints d’eau de préférence en eau adoucie ou déminéralisée. Ces installations sont construites
avec des métaux différents ce qui présente un risque élevé de corrosion galvanique.

CIRCUIT SEMI-OUVERT

Il existe différents types de tour de refroidissement, classée généralement par le mode de création
du courant d’air appelé aussi tirage. Le tirage peut-être naturel, induit (air aspiré dans la tour),
forcé (air poussé dans la tour). 3
4
Schémas de principe de deux tours aéroréfrigérantes
à circuit ouvert à contre-courant

Les tours aéroréfrigérantes nécessitent des appoints d’eau* car leur mode de fonctionnement
conduit à une quantité d’eau évaporée de 1% (pour un écart thermique de 6 K) et à des purges
de déconcentration* du circuit d'eau. 5
Principe de fonctionnement d’une tour aéroréfrigérante ouverte

L'eau provenant du procédé à refroidir ou de l'échangeur est dispersée en fines gouttelettes par une ou plusieurs
rampes de dispersion*. L'eau traverse alors de haut en bas une surface d’échange constituée par le packing*. Ce
packing peut être considéré comme un échangeur air/fluide avec une surface d’échange élevée de par sa
constitution. L'eau refroidie est collectée dans un bassin de rétention en bas de la tour avant de retourner vers le
procédé à refroidir, directement. L'air est mis en mouvement par un ventilateur (centrifuge ou hélicoïde) ou par
tirage naturel. Il y a donc contact direct de l'eau venant du procédé avec l’air extérieur.
Ce flux d'air se charge en humidité prélevant de la chaleur à l'eau pour s'évaporer et peut entraîner des
gouttelettes d'eau.
Un paregouttelettes est disposé au sommet de la tour afin de limiter l’entraînement vésiculaire des gouttelettes
éventuellement contaminées. par les légionelles. Sa conception doit être telle que le taux
d'entraînement soit limité le plus possible. Le taux d’entraînement (appelé également entraînement vésiculaire)
ne doit pas être supérieur à 0,01% du débit d’eau en circulation

6
-Le corps d’échange* ou packing* :
Il peut être constitué :
¨ d'un empilement de parois ondulées ou en nid d’abeille sur lesquelles les gouttelettes d’eau s’écoulent sous forme de film,
¨ d'un empilement de lattes sur lesquelles l’eau s’éclate en gouttes successives.

Les matières plastiques généralement utilisées éliminent le risque de corrosion. Ces corps d’échange sont sensibles à
l’encrassement et surtout à l'entartrage

7
- Le pare-gouttelettes : encore appelé éliminateur de gouttes, séparateur de gouttelettes ou dévésiculeur :

Celui–ci est très important pour prévenir le risque d’entraînement de gouttelettes potentiellement infectées par les légionelles

Exemples de pare-gouttelettes en PVC

8
Les rampes de dispersion* (encore couramment appelées rampes de pulvérisation) :
Celles–ci servent à la dispersion du fluide sous forme de gouttelettes sur le corps d’échange. Afin de prévenir au maximum
les risques de dissémination des légionelles, il est préférable d’utiliser des systèmes permettant une dispersion à des pressions
faibles pour éviter les éclaboussements. Les disperseurs à basse pression (environ 0,5 bar) doivent donc être préférés

9
Cette eau est refroidie au moyen d’un contact intime avec l’air par deux processus :

 Conduction : La chaleur provenant de l’eau chaude est transférée par contact à l’air plus froid : ceci
représente environ 15 à 25% de l’échange total de chaleur.

 Evaporation : le poids d’eau vaporisée par unité de temps et de surface est proportionnel à la différence
entre la pression partielle de la vapeur d’eau dans l’air atmosphérique et la pression de saturation en
vapeur d’eau de cet air à la température t.

 En pratique, la quantité d’eau évaporée par heure se situe entre 1 et 4% de la quantité d’eau circulée
pour une différence de température de 10°C, cette quantité variant suivant l’état hygrométrique de l’air.

Pertes par entraînement mécanique ou vésiculaire


Le contact intime entre le courant d’air et le courant d’eau donne lieu à un entraînement vésiculaire que
l’on contrôle par un séparateur de gouttelettes ou dévésiculeur (des chicanes), néanmoins cette perte
existe et peut être très variable, de 0,5 à 0,0005% du débit de circulée.

En vue de maintenir un volume relativement constant d’eau circulant à travers le système, les pertes par
évaporation doivent être compensées par un apport d’eau fraîche (appoint).

10
IMPORTANCE DE LA PURGE

Prenons un système réfrigérant ayant un volume d’eau de 1000m3. Son taux d’évaporation est de
40m3/H (environ 10°C de chute de température à travers la tour de refroidissement).
• Si nous supposons que l’eau d’appoint contient 400mg/L de matières solides dissoutes nous
avons au départ 1000m3 contenant 400 kg de matières solides dissoutes.
Pendant les douze premières heures de fonctionnement, à peu prés 480m3 d’eau se sont évaporées,
abandonnant les matières solides dissoutes dans le système réfrigérant.
Et pendant ce temps 480m3 d’eau d’appoint ont été rajoutés qui contiennent 192 kg supplémentaires
de matières solides dissoutes.
Les matières solides dans le système atteignent maintenant 592 kg
La teneur en sel dissous a augmenté de 50%, et au bout de 24H du même fonctionnement il y aura
près de 784 mg/L de sels dissous, au bout de 72H, il y aurait à peu près1600 mg/L de sels dissous.

11
Cette augmentation de concentration ne peut être maintenue, car les sels dissous arriveraient forcément au-
delà de leur solubilité, entraînant des dépôts dans le circuit ainsi que des risques de corrosion sous dépôt.

Dans le but d’éviter une telle concentration, on retire continuellement une partie de l’eau du circuit, sous la
forme de purge.
Une petite quantité, moins de 0,01% de l’eau en circulation est entraînée dans l’air. Nous négligerons la
perte par entraînement vésiculaire.

Eléments de calcul des circuits de refroidissement avec évaporation

Notion de cycle de concentration

En partant avec une eau contenant 400mg/L de solides dissous, nous arrivons au bout de 72H de
fonctionnement à volume constant à concentration de 1600mg/L en solides dissous. La teneur en solide
dissous (SD) a été multipliée par 4, soit 4 cycles de concentration.

Expression en pourcentage de purge

Pour maintenir cette concentration en solides dissous de 1600mg/L, il faut remplacer une partie de l’eau à
1600mg/L par de l’eau initiale à 400mg/L :
La quantité à remplacer est de P = (400/1600) x 100 =
P = 25%
12
Définition des termes utilisés pour les calculs

E : débit de l’évaporation en m3/H, il dépend de la quantité d’eau à refroidir (Q).De façon empirique, on
évapore 1% du débit de recirculation(Q) pour chaque chute de température (5°C) à travers la tour de
refroidissement.

Ev = entraînement vésiculaire en m3/H

P = débit de la purge en m3/H, réglé pour limiter la concentration des sels minéraux dans l’eau recirculée,
concentration due à l’évaporation d’une partie de l’eau circulée.

A = débit de l’appoint en m3/H (compense les pertes dues à la purge et à l’évaporation)

V = volume du circuit, en général on l’estime en prenant le volume du bassin plus 20 à 50%

Rc = rapport de concentration entre la salinité de l’eau du circuit et la salinité de l’eau d’appoint

En général, ce rapport est déterminé par le dosage des chlorures, du TH, TAC dans l’eau de l’appoint et du circuit .

13
Nombre de cycles de concentration

Ce nombre n’est pas choisi arbitrairement, il se trouve défini par la quantité initiale de matière
dissoute (SD)a et par la concentration maximale tolérable de matières dissoutes dans l’eau en
circulation(SD)c .

Rc = (SD)c/ (SD)a (1)

Le circuit en régime permanent :

Pour toute période de temps considérée, nous avons :

A = P + E + EV (2)

Etant en régime permanent, il y a égalité entre les solides dissous entrant et ceux sortant :

A (SD)a = (P + Ev )(SD)c (3)


14
L’équation (1) donne :

(SD)c = Rc x (SD)a (5)

On obtient :

A (SD)a = (P + Ev) Rc (SD)a (6)

A = (P + Ev ) Rc (7)

Soit : Rc = A/ (P + Ev) = (P + E + Ev)/ (P + Ev) = E/ (P + Ev) +1 (8)

D’où :

P + Ev = E/ (Rc - 1) (9)

Dans la pratique, les pertes par entraînement vésiculaire est très faible, et on peut la négliger (dans une installation
bien connue).
15
On arrive à :

P = E/(Rc - 1) (10)

Rc = A/P (8)

A = PRc (11)

Et on obtient d’après (10)

A = ERc/(Rc – 1) (12)

A titre d’exemple, on établi le tableau (purge et appoint) pour un débit d’évaporation de 100m3/H

16
Rc P (m3/H) A (m3/H)

1,5 200 300

2 100 200

3 50 150

4 33 133

5 25 125

6 20 120

7 16,66 116,62

Ce tableau montre bien l’économie que l’on peut réaliser sur la consommation de l’eau d’appoint et par conséquent sur
l’énergie de pompage, dés que l’on concentre l’eau de circulation. On voit aussi qu’à partir d’un certain rapport de
concentration l’économie réalisée en eau est faible et comme généralement on augmente les problèmes de dépôts sur
les échangeurs en élevant les rapports de concentration, il faudra fixer une limite à respecter pour concilier ces deux
paramètres de fonctionnement.

17
Nécessité et but des traitements de l’eau de refroidissement

En plus du fait qu’elle refroidit l’unité en fonctionnement, l’eau en circulation peut aussi générer d
actions, le plus souvent indésirables :

Produire du tartre, le colmatage, corroder les échangeurs de Chaleur, les revêtements intérieurs, les pompe
les vannes, etc.

Attaquer les matériaux de construction de la tour de refroidissement, fournir un milieu favorable à


croissance de microorganismes, générer des aérosols contenant des bactéries de type légionnelles
contribuer aux problèmes de pollution.

18
TARTRE

Mécanisme de l'entartrage.
Les dépôts incrustants communément appelés tartres sont essentiellement constitués de sels
d'alcalino-terreux (calcium et magnésium) et leur formation est liée à de nombreux paramètres.
Parmi ces sels, le carbonate de calcium sera l'élément perturbateur principal dans les installations
d'eaux

Le carbonate de calcium est en équilibre en solution avec l'ion calcium et l'ion carbonate suivant la
réaction :

19
Ca2+(aq) + CO32-(aq) = CaCO3(s)

Le sens 1 correspond à la dissolution de cristaux de carbonate de calcium ;


Le sens 2 correspond à l'apparition de cristaux.
Lorsque le minéral est en excès (il suffit qu'il y ait la présence d'une molécule
de CaCO3) dans un volume d'eau les concentrations de ses composants ionisés
sont liées par la relation :
Ks = [CO32-].[Ca2+] où Ks est le produit de solubilité.

Si le produit [CO32-].[Ca2+] est inférieur à Ks il ne pourra pas y avoir


précipitation.
Inversement pour avoir précipitation du carbonate de calcium il est nécessaire
d'avoir : [CO32-].[Ca2+]>Ks
20
Rappel : le terme de précipitation désigne l'apparition d'une phase solide.
La solubilité du carbonate de calcium est donc liée à la concentration en calcium et en carbonates et
donc aux concentrations des différents composés du dioxyde de carbone.

L'équilibre qui lie le calcium aux composés du dioxyde de carbone est appelé équilibre calco-
carbonique (ou encore carbo-calcique)
Néanmoins on peut déjà dégager les "grandes tendances" :

Dans une eau qui initialement ne dépose pas de tartre carbonaté on aura précipitation si :
- à une température donnée :
la concentration en calcium vient à augmenter : cas des circuits où l'on a concentration des sels
minéraux par évaporation : c'est le cas des eaux de tour de refroidissement, de celles des chaudières
vapeur,
la concentration en carbonates vient à augmenter : comme nous le verrons plus loin si on a par
exemple augmentation du pH.
la concentration de dioxyde de carbone vient à diminuer par un dégazage lié à une élévation de
température ou à une modification de la pression partielle de ce gaz par pulvérisation - aération :
cas des tours de refroidissement par exemple.

21
- pour des concentrations données :

 par modification de la température qui joue sur la valeur prise par le produit de
solubilité Ks.
par dissociation des ions bicarbonates en carbonates.
En effet lors d'une élévation de température les bicarbonates se décomposent pour
former des ions carbonates suivant la réaction :

22
CO32-+CO2+H2O 2.HCO -
3

 cette réaction est d'autant plus totale que l'on se rapproche de 100ºC et fournit les ions
carbonates nécessaires à la précipitation du sel.
par élévation du pH qui entraînera une augmentation de la concentration en carbonates : c'est le
cas des injections de produits basiques dans une eau calcique

Parmi les conditions physiques une est plus particulièrement importante la température de la
surface. Elle est forcément différente de la température moyenne de l'eau dans le cas d'un
échangeur thermique.
La température de la surface en contact avec l'eau est fonction du flux thermique que l'on s'impose
(puissance divisée par la surface d'échange).
Plus ce flux sera important et plus la température de surface sera élevée et pourra conduire à
l'entartrage.

23
Conséquences de l'entartrage.
Les conséquences d'un entartrage sont :
 hydrauliques ;
 bactériologiques ;
 technologiques ;
 énergétiques et thermiques.
1.Conséquences hydrauliques.
L'accumulation d'une épaisseur de tartre dans équipements conduit à une
diminution des sections de passage. Cela occasionnera une augmentation de la
résistance hydraulique des réseaux ce qui conduira dans tous les cas à une
augmentation de la dépense énergétique des pompes dans le cas de réseaux
fermés ou surpressés et

* si la hauteur manométrique des pompes ou la charge disponible restent


constantes, à une diminution du débit ;
* si le débit est maintenu constant à une augmentation de la perte de charge, une
vitesse accrue et donc un niveau sonore plus élevé. 24
Conséquences technologiques

les épaisseurs de tartre peuvent même amener à ne plus pouvoir sortir les épingles
de réchauffage de ballons de production d'eau chaude sanitaire.
L'entartrage peut aussi avoir pour conséquences :
 le blocage des organes de manœuvre des robinetteries,
 l'impossibilité d'obtenir l'étanchéité siège - clapet des robinetteries,
 le blocage des soupapes de sécurité,
 la diminution du volume utile des réservoirs,
 des dégradations des états de surface des appareils sanitaires,
 l'entraînement de particules en suspension qui peuvent être abrasives,

De plus l'amorce de corrosions sous dépôts est possible.

25
Conséquences thermiques et énergétiques.
Les tartres ont des conductivités thermiques très faibles en regard des matériaux
utilisés dans la construction des échangeurs : acier ou cuivre.

Le tableau suivant indique les conductivités rencontrées pour les dépôts à base de silicates,
de carbonates et de sulfates :

Dépôts Conductivité thermique en W.K-1.m-1

sulfatés 1,15 à 2,30

carbonatés 0,6 à 1,2

silicatés 0,33 à 0,6

A comparer aux conductivités thermiques de l'acier ou du cuivre :

26
Matériau Conductivité thermique en W.K-1.m-1

Acier 18

Cuivre 235

Les tartres sulfatés sont très durs, adhérents aux parois et sont difficiles à éliminer par voie
chimique.

Les dépôts silicatés se rencontreront dans les chaudières vapeur essentiellement. Ils peuvent se
former lorsque le titre TAC est faible, les concentrations et températures élevées.
Ils sont extrêmement durs, très adhérents, et leur élimination par voie chimique est impossible et ne
peut être obtenue que par moletage.
Les dépôts carbonatés sont les tartres les plus communément rencontrés. Ils peuvent être éliminés
par voie chimique (en faibles épaisseurs).
27
L'augmentation dans de fortes proportions des dépôts entraînent une augmentation de la résistance thermique des
parois et donc une diminution du coefficient d'échange, si l'on désire maintenir le programme de l'échangeur.
La puissance est proportionnelle à l'écart de température logarithmique Tmax  Tmin
DTLM 
 T 
max
Ln 
 Tmin 

et au coefficient d'échange global (pour une configuration et une surface d'échange données).

Plusieurs cas peuvent alors se présenter :


la puissance est maintenue constante (c'est quasiment le cas des résistances électriques) : si le coefficient
d'échange diminue le DTLM doit augmenter et ceci se traduit par une augmentation de la température de la
source de production ; cette augmentation de température peut aboutir à la destruction de la résistance
électrique.
la température du primaire est maintenue constante (c'est le cas des échangeurs alimentés en vapeur et dans
lesquels les condensats sont purgés au fur et à mesure de leur formation) : si la puissance est constante (débit de
vapeur égal au débit nominal) le DTLM devra augmenter, ce qui se traduira par une chute de la température de
sortie au secondaire.

28
 Si l'on désire maintenir la température de sortie du secondaire il faudra
soit augmenter le débit au primaire soit la température d'entrée primaire
soit ces deux grandeurs et ce en fonction de l'épaisseur de tartre. Ce
qui conduira à une hausse de la consommation énergétique liée aux
pompes et/ou une hausse des pertes thermiques en ligne.
Dans le cas contraire on ne pourra plus assurer le programme
thermique.

un cas intermédiaire est celui des chaudières : le cas présenté est celui
d'une virole de chaudière vapeur qui est entartrée par plusieurs types de
tartres. Les températures des fumées augmentent en particulier avec
les tartres silicatés : les pertes par les fumées augmentent donc aussi et
donc le rendement de la chaudière chute

29
Conséquences thermiques d'un entartrage de
chaudière.
Épaisseur du foyer : 12mm

T=188ºC

Eau à 175 ºC

Surface d'échange propre

Fumées à 950 ºC
T=188ºC

T=207ºC

4mm de tartre carbonaté

Fumées à 950 ºC
T=188ºC
T=246ºC

4mm de tartre mixte


T=304ºC

Fumées à 1000 ºC
T=188ºC
T=321ºC

4mm de tartre silicaté

Fumées à 1200 ºC

T=609ºC

30
Ces exemples montrent que cela conduira à une baisse du rendement global par
augmentation des consommations de combustibles pour la même puissance
récupérée sur l'eau ou la vapeur (si la température des fumées augmente les pertes
seront plus élevées).

De plus :
 on assistera à une détérioration des caractéristiques de résistance mécanique : la
résistance d'un métal chute fortement (dans un rapport de 10 entre 300 et 600ºC
pour un acier de chaudière).
on a dans le cas des chaudières un risque de "coup de feu" : si le tartre vient à
s'écailler l'eau relativement plus froide vient en contact avec l'acier surchauffée ce
qui produit un point de fragilité qui peut être l'amorce d'une rupture

31
LUTTE CONTRE LE TARTRE

Deux types de procédés peuvent être envisagés :

- Procédés soustractifs : élimination d’un ou plusieurs ions formateurs de tartre

- Procédés additifs : ajouter des substances qui vont faire reculer le produit de solubilité, ou altérer le
processus de croissance des cristaux ou disperser les cristaux formés.

Procédés soustractifs
Les procédés d’adoucissement total ou partiel aux résines échangeuses ou la décarbonatation à la
chaux.

Ces méthodes impliquent des investissements accompagnés de dépenses des consommables nécessaires
au procédé, de coûts de main-d’œuvre. Leur mise en œuvre se fera après une étude technico-
économique.

32
Procédés additifs

Ce sont ceux qui sont utilisés dans les circuits de refroidissement semi-ouverts avec tour dans la quasi-
totalité des cas.

Solubilisation par acidification

L’acidification est un des plus anciens procédés utilisés pour prévenir la formation de tartre.
Le bicarbonate de calcium est transformé en sulfate suivant la réaction :

Ca(HCO3)2 + H2SO4 CaSO4 + 2H2O +2CO2

Le sulfate de calcium étant beaucoup plus soluble que le carbonate.


Si la concentration en sulfate de l’eau d’appoint est élevée, l’addition de l’acide sulfurique peut entraîner
le dépassement du produit de solubilité du sulfate, dans ce cas il s’avère nécessaire d’employer l’acide
chlorhydrique ou un autre acide.

33
Addition de produits dispersants antitartre

Contrairement aux produits précédents qui limiteraient les concentrations en ions


incrustants, l’addition de produits antitartre permet à ces ions de se concentrer au-delà des
limites de précipitation naturelle en retardant l’insolubilité et le dépôt de CaCO 3 par une
action physico-chimique sur le processus de cristallisation, la concentration en produit étant
toujours supérieure à la stoechiométrie.

Les inhibiteurs de tartre se divisent en deux groupes.

* Les molécules à base de phosphore

* les polymères organiques carboxyliques.

34
Molécules à base de phosphore

En fait, il s’agit des premiers inhibiteurs d’entartrage qui ont été employés à l’échelle
industrielle.

Les plus connus sont le tripolyphosphate, l’hexametaphosphate de sodium.

Parmi les principaux désavantages liés à leur utilisation, on note, leur très faible stabilité en
milieu aqueux dû à leur hydrolyse dépendant de la température (Sup a 70 °C) et du pH, ils se
dégradent en ortho phosphates ; De plus les ortho phosphates entraînent la formation de
dépôts de phosphates de calcium, réduisant considérablement l’échange calorifique. Ils sont
des nutriments pour les micro-organismes pouvant entraîner une prolifération excessive
d’algues et de bactéries tant dans le système de refroidissement que dans le milieu naturel
où sont rejetées les purges.
Leur action stabilisante se limite à des concentrations maximales en bicarbonates de 4 à 5
meq/L.

35
Acides phosphoniques et leurs sels
Ces produits agissent apparemment par inhibition de la formation de cristaux plutôt que par
séquestration vraie. Contrairement aux agents chélatants, ils sont efficaces à des doses bien
inférieures. L’inhibition se produit dès que ces composés à l’état de trace sont adsorbés à la
surface des germes cristallins générateurs de tartre, les empêchant ainsi de grossir. Les
phosphonates sont relativement sensible à l’eau de javel.

L’HEDP (l’acide 1-hydroxy-éthylidéne1,1-diphosphonique est couramment employé à cause de


sa stabilité dans les systèmes utilisant l’eau de javel.

L’acide amino-tri (méthylène) phosphonique (AMP) est aussi utilisé mais il est sensible aux
oxydants dont le chlore.

36
POLYMERES ORGANIQUES

Les polymères organiques utilisés pour le traitement anti-incrustant des eaux


appartiennent tous à la famille des acides poly carboxyliques. Il s’agit dans la plupart des
cas de dérivés des acides polyacrylique, polymétacrylique, polymaléique.
La majorité de ces polymères résistent sans dégradation notable, à des températures de
250 à 300°C. Ils sont parfaitement stables au chlore ,

NB les mélanges de phosphonates et de polymères sont en général meilleurs anti-tartre


que les polymères seuls

37
Dégradation des métaux
(corrosion)

* Quelques chiffres...
- aux USA, ½ tonne d’acier est
détruit à chaque heure par la corrosion
- dans les pays
industrialisés, le coût de la corrosion
s’élève à environ 4% du P.N.B.

* La dégradation dépend...
- du type de matériau
- de
l’environnement dans lequel se trouve
ce matériau
Lorsque nous parlons d’empêcher la corrosion, c’est un idéal que l’on n’atteint
jamais, il s’agit de l’amener à une valeur acceptable ; On admet généralement
en corrosion supposée uniforme ment généralisée les chiffres suivants :

- corrosion très faible < 20 μ par an


- corrosion modérée 20 à 100 μ par an
- corrosion inacceptable > 150 μ

Règle : Toutes les eaux naturelles sont ou corrosives ou bien génèrent du


tartre.

40
La corrosion chimique

C’est la réaction entre le métal et une phase gazeuse ou liquide. Si cette corrosion se produit à haute
température elle est alors appelée « corrosion sèche » ou corrosion à haute température.

41
Corrosion" physique.

On rencontrera essentiellement deux modes de corrosion dues à des effets physiques :


corrosion par érosion,
corrosion par cavitation.

La corrosion par érosion se produit lors du passage à grande vitesse d'eau chargée de sédiments. Il faut donc
avoir une eau véhiculée qui contienne le minimum de sédiments, et des vitesses de circulation pas trop élevées.

Elle peut se produire en particulier dans les pompes et amener une destruction rapide des aubes, ou lors de
modification trop brusques de section d'écoulement.
Une vitesse de 2 m.s-1 ne devrait jamais être dépassée dans un circuit d'eau

42
Recommandations de vitesses maximales pour le cuivre et alliages (utilisés dans les circuits de pompes à
chaleur) :

Eaux chlorurées
Eaux douces Eau non
Eau sableuse
sableuse
Cuivre 1,8 1 0,8

Cu Zn 30
2,4 1,5 1,2
Laitons Cu Zn 29 Sn 1

Cu Zn 22 Al 2 2,7 2 1,5

Cu Ni 10 3 2,7 2,7
Cupro-nickels
Cu Ni 30 4,5 et >0,3 3,5 3,5

43
Corrosion électrochimique.

La corrosion électrochimique est naturelle : la thermodynamique traduit ce que


l'on peut constater : l'état le plus stable d'un métal est son état... oxydé.

Corrosion bactérienne
Ce type de corrosion, appelé aussi bio-corrosion, rassemble tous les phénomènes
de corrosion dans lesquels les bactéries agissent directement ou par
l’intermédiaire de leur métabolisme en jouant un rôle primordial, soit en
accélérant un processus déjà établi, soit en créant les conditions favorables à son
établissement (ex : production de H2SO4 par certains types de bactéries).

44
RAPPEL
Réaction d’oxydo-réduction

oxydation: M Mn+ + né anode


réduction: Mn+ + né  M cathode
Potentiel électrochimique
* Exemple

plonger deux métaux (Cu et Fe) dans


une solution acide

® mesure d’une différence


ddp de
E potentiel

électrolyte
électrodes
d’où vient-elle ?
Corrosion métallique par couplage galvanique

M’ M’’

Energie (eV)
Potentiel (V)

O2/OH-

EF’’ M’+/M’

EF’ M’’+/M’’

O2/OH- M’ M’’
Mesure de potentiel

V Utilisation d’un voltmètre et mesurer le


potentiel du métal par rapport à une
électrode de référence.

E = E(métal) – E(référence)
Echelle des potentiels

ESH/V

Au3+/Au 1,5 V

O2/H2O 1,23 V En milieu aqueux

Cu2+/Cu 0,34 V

H+/H2 0V 2 H + + 2 e- ½ H2

Fe2+/Fe - 0,44 V

Zn2+/Zn - 0,76 V
Mesure de potentiel

Electrode standard à hydrogène (ESH)

V
H2

Pt

[H+] = 1M

2 H + + 2 e- ½ H2
Electrode de référence
Potentiel fixe et connu par rapport à la solution, courant nul ou négligeable

Hg

Hg2Cl2

Cl-

Fritté de verre

Electrode au calomel saturée (ECS)

Hg2Cl2 + 2e-⇔2 Hg + 2Cl-

E = Eo - 0,058 lg (Cl-)

E constant si (Cl-) = const.

E(ECS)/ESH = 0,246 V
Electrode de référence
Potentiel fixe et connu par rapport à la solution, courant nul ou négligeable

Ag

AgCl

Cl-

Fritté de verre

Electrode au chlorure d’ Argent


saturée

AgCl + e-⇔Ag+ + Cl-

E = Eo - 0,058 lg (Cl-)

E constant si (Cl-) = const.

E(Ag/AgCl)/ESH = 0,199 V
Potentiel électrochimique
* Dissolution

double couche
une accumulation de charges
créent une tension
+ + + + +
- - - {
- -

Potentiel entre le métal et l’électrolyte


RT
® loi de Nerst E  E  O ln a M n
nF

E  f T ,  M n

État d'équilibre :
Début de dissolution : La différence de potentiel
Des charges s'accumulent entre le métal et la solution
État initial dans le métal ; (créée par les charges
les cations métalliques accumulées et les cations
passent en solution. métalliques passés en
solution) est suffisamment
forte pour empêcher la
dissolution de se poursuivre.
Potentiel électrochimique
* Potentiel d’équilibre
- donne la
tendance de dissolution d’un métal - mesuré
p/r à une électrode de référence (H)
Potentiel standards
* En résumé

Chaque métal a une tendance à la dissolution


qui lui est propre;

Anode Pour deux métaux


Cathode
dissolution différents, celui qui aura la plus forte tendance à la déposition
oxydation dissolution sera l’anode. réduction
* Exemple 2 : Fe-Cu
??? 0,78 V

anode cathode
Réactions électrochimiques

* à l’anode (perte d’é-)


-
réaction simple : dissolution dun 
métal nombre d’électrons de valence
M  M  ne

* exemple : Fe ® acide
Milieu Fe2+ + 2e sans O2 dissout

avec O2 dissout
* à la cathode
Milieu(gain d’é-)
neutre avec O2 dissout
ou basique -
plusieurs cas sont possibles, selon le type d’électrolyte
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu acide (sans O2 dissout)
- dégagement
d’hydrogène gazeux -
exemple : Fer dans HCl
Le fer donne des électrons
aux ions H+
(transfert des é- du métal aux ions)
2 H   2e  H2 ( gazeux )
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu acide (avec O2 dissout)
- exemple : Fer
dans HCl (avec O2 dissout)
Le fer donne des électrons
aux ions H+ et à l’O2
(transfert des é- du métal aux ions)
O2  4 H   4e  2 H2 O
Réactions électrochimiques à la cathode
* Milieu neutre ou basique (avec O2 dissout)

O2  2 H2 O  4e  4OH 

2 Fe   4OH   2 Fe OH  2
hydroxyde ferreux
(instable)

2 Fe OH   H O  1 O  2 Fe OH
- 
hydroxyde ferrique 2 2 2 2 3
exemple : la rouille (milieu neutre)
(rouille)
Fe2+
OH-
Fer cathode
anode
é-
Réactions électrochimiques (résumé)
* à l’anode (perte d’é-) M  M n   ne

sans O2 dissout
2 H   2e  H2 ( gazeux )
Milieu acide
* à la cathode (gain d’é-)
avec O2 dissout

O2  4 H  4e  2 H2 O

Milieu neutre avec O2 dissout


ou basique O2  2 H2 O  4e  4OH 

Solution avec ions métalliques


Dépôt métallique M 
e M
Différents Types de corrosion
* Corrosion uniforme

- diminution d’épaisseur constante dans le temps (température donnée)

• Dissolution uniforme sur toute la surface du métal


• Résultat d’une corrosion physique (érosion, cavitation..) ou chimique par réaction
d’oxydoréduction
• Se mesure en perte de masse / unité de surface / unité de temps
• ou par épaisseur / unité de temps
SOLUTIONS : LA CORROSION GENERALISEE
*Choisir des matériaux adaptés
*Ou prévoir une sur-épaisseur
*Protection cathodique
*anode sacrificielle
LA CORROSION GALVANIQUE
• Mise en contact de matériaux de potentiels électriques différents
• Formation d’une pile de corrosion anode / cathode
• Hétérogénéité de l’attaque sur le métal le moins noble
• Ex : contact inox / acier, hétérogénéité au sein d’un même alliage
ou du milieu (aération différentielle)

potentiel de

dissolution

dans l’eau de mer

SOLUTIONS:
*Choisir des matériaux adaptés
*Eviter le contact direct (raccord ou centreur diélectrique)
*Anode sacrificielle
* Corrosion galvanique (suite)
- exemple :
raccordement de tuyauterie

joints
d’étanchéité

- exemple 2 :
phases différentes
d’un même matériau
La série galvanique montre la possibilité de corrosion entre deux métaux et non la
cinétique (vitesse) de corrosion

De plus, cette série n’est valable que pour l ’eau de mer à 25°C...
Ex: à des températures > 70°C, la réaction s’inverse et, dans le couple fer-zinc, le fer
devient l’anode !

On peut toutefois utiliser la série galvanique dans la plupart des cas dans l’eau douce
aux températures normales
EFFET DE SURFACE
Une très grande cathode par rapport à une petite anode engendrera la corrosion très rapide de
cette dernière...

Ex. boulons en alliage d’aluminium dans une tôle d’acier inoxydable....


Types de corrosion
* Pile de concentration

eau stagnante - variation du milieu environnant


- ex.: pile à
oxygène ® les surfaces à basse
concentration en O2
marée et variation d’O2
sont
anodiques

goutte d’eau
* Corrosion par piqûre
- attaque
localisée : percement du métal -
endroits : * défauts de surface

* dépassivation (ex.: attaque des ions Cl -)

- attaque en profondeur, même si faible


perte de masse
• Attaque très localisée : rupture du film passif en
présence d’halogénures
--difficile à déceler
•Ou passivation incomplète
•Perforation rapide après la phase d’amorçage et la
propagation

SOLUTIONS:
*Augmenter la teneur en chrome (inox 316 L)
*Décapage passivation par bain chimique métal
LA CORROSION INTERGRANULAIRE
•Localisée aux joints des grains - zone désordonnée / structure cristallo
•Liée aux opérations de soudage : précipitation de carbures de chrome
qui réduit la résistance à la corrosion

Solutions:
*Utiliser des ‘’low carbon’’,
*Stabiliser avec Ti ou NB
*Sélectionner des procédés de soudage adaptés
*Traitement thermique après soudage si possible
Corrosion caverneuse
Elle est souvent associée aux faibles volumes de solution stagnante retenue par les cavités, les joints poreux, les dépôts sur
les surfaces et sous les têtes de boulons et de rivets. Elle concerne, en particulier, les aciers inoxydables en milieu marin

70
Autres types de corrosion
CORROSION PAR ÉROSION

Dans un même matériau, la turbulence créée par l’écoulement rapide d’un


liquide peut engendrer une corrosion localisée (action à la fois mécanique et
électrochimique)
Autres types de corrosion
ZONES DE GRADIENTS THERMIQUES

Dans un même matériau, un gradient thermique peut


favoriser la corrosion, la zone chaude devenant l’anode
•La corrosion érosion : écoulement turbulent, particules, jet
•Qui érode le film protecteur ou le détruit, créant ainsi une pile de
corrosion
•La corrosion par cavitation : dégradation par implosion de bulles de
cavitation (ondes de choc et fatigue)
Solutions
*Modifier le design
*Eviter les turbulences
Lutte contre la corrosion
* Choix des matériaux
- si
possible, choisir des matériaux stables, pour éviter les
micropiles

- exemple béton armé : barres d’armature en matériaux


composites
* Conception
- éviter les couples galvaniques ® isoler électriquement les
métaux - éviter les interstices (corrosion caverneuse)
- éviter
les eaux stagnantes
- éviter
les changements brusques de section (corrosion par érosion) - rapport
des surfaces des électrodes ® plus la cathode est grande
Lutte contre la corrosion
* Revêtements
- isoler le matériau de l’électrolyte
-
revêtement continu et adhérent à la surface à protégé
- types de revêtement
Lutte contre la corrosion
* Revêtements (suite)
(a) revêtements métalliques
- application d’une
couche de métal sur le matériau à protéger - la couche
protectrice sera anodique ou cathodique
1- protection par
revêtement anodique
ex.: Zn sur acier 1
(tôles galvanisées)
® le Zn sert d’anode et se
dégrade à la place de
l’acier
2- protection par
revêtement cathodique 2
ex.: Cr sur acier
(pare-chocs, robinets)
® le Cr sert de cathode et l’acier se dégrade
s’il y a discontinuité de la couche protectrice
Lutte contre la corrosion

* Revêtements (suite)
(b)
revêtements non-métalliques
- inorganique

* émail

* ciment et béton
- organique

*
peintures

* huiles , goudrons

* graisses
Lutte contre la corrosion
* Protection électrochimique
(a) protection anodique

- augmentation du potentiel de
corrosion de façon à ce qu’il se situe
dans la zone passive
- uniquement les métaux
passivables protection anodique
- énergie électrique nécessaire

protection cathodique
Lutte contre la corrosion
* Protection électrochimique (suite)
(b) protection cathodique
1- (le métal à par
protection protéger
anodedevient une cathode)
sacrificielle

anode sacrificielle (Mg)


- couplage du métal à protéger
avec un moins noble
- corrosion galvanique de l’anode
- dans le cas de l’acier, on utilise
des anodes de Zn ou de Mg
- ex.: bateaux, canalisations,
réservoirs d’eau
® 2- protection par courant
on doit changer les anodes périodiquement

extérieur
imposé
- on impose
un courant
extérieur
de façon à ce
que le
métal à protéger
Lutte contre la corrosion

* Action sur le milieu


(a) diminution de la teneur en O2 pour minimiser la réaction à
la cathoderéduction

- inhibiteurs anodiques (passivateurs)


® - film mince sur la pièce à protéger
(b) addition d’inhibiteurs de
- élévation du potentiel de corrosion
corrosion
jusque dans le domaine de
passivité
- inhibiteurs cathodiques
® ralentir la réaction à la cathode
Procédé d’inhibition

Avantages Formation des couches barrières


 Abaisse la vitesse de corrosion d’un métal.

 Etre stable en présence des autres


constituants du milieu, en particulier vis-à-
vis des oxydants.

Etre stable aux températures d’utilisation.

Etre efficace à faible concentration.

Etre compatible avec les normes de non-


toxicité.

Etre peu onéreux. a) blocage des sites b)blocage des site ANODIQUES
CATHODIQUES
Inhibiteurs de corrosion

Un inhibiteur est « une substance chimique qui, ajoutée à faible concentration au milieu
corrosif, ralentit ou stoppe le processus de corrosion d’un métal placé au contact de ce
milieu » Selon la Nationale Association of Corrosion Engineers (NACE)

Classement des inhibiteurs


Par mécanisme réactionnel
- Adsorption
- Passivation
- Précipitation

Par domaine d’application Par réaction partielle


- Milieu Acide Classement des
Inhibiteurs - Anodique
- Milieu Neutre
- cathodique
- Peintures
- mixte
- Phase Gazeuses, Etc.…
• Le choix des produits inhibiteurs de corrosion est vaste mais il se ramène à trois groupes :

• Les inhibiteurs anodiques : forment un film extrêmement mince sur les zones anodiques s’ils sont utilisés à
très faible concentration, puis sur toute la surface à dose beaucoup plus forte. Les films protecteurs obtenus
sont extrêmement minces.

• Les inhibiteurs cathodiques : produisent une isolation de la zone cathodique qui inhibe les réactions aux
cathodes. Ces inhibiteurs sont considérés comme plus sûrs, car même en cas de sous dosage, ils protégent.

• Les inhibiteurs organiques : forment un troisième type complètement différent des deux précédents en ce
que la protection mono moléculaire est maintenue sur le métal par adsorption.

• Synergie entre les inhibiteurs

• C’est un des progrès les plus considérables dans le domaine de l’anticorrosion que d’avoir constaté que des
mélanges d’inhibiteurs, le plus souvent anodiques et cathodiques avaient non seulement une action bien
plus complète que chacun pris séparément, mais qu’il suffisait de doses beaucoup plus faibles pour obtenir
un effet suffisant.
84
• Polyphosphates (cathodique)

• Ce sont des inhibiteurs cathodiques formant un film contenant du calcium, du fer et
du phosphate. Ils nécessitent un minimum de 100 ppm de calcium et précipitent
au-dessus de 400ppm de calcium.
• Ils sont efficaces de pH 6,5 à 7,5 zones dans laquelle leur vitesse d’hydrolyse est
minimum.
• Ils ne réagissent pas avec les agents réducteurs dans l’eau en circulation
• En général, ils sont causes de colmatage et réduisent la protection dans les eaux à
faible vitesse (en dessous de 0,3 m/s). Dans les eaux à courant rapide (au-dessus de
3m/s), le film est facilement endommagé ;
• Ils constituent des aliments pour la croissance des algues dans les trous.
• Ils ne protégent pas le cuivre et les alliages d’aluminium. En réalité ils les attaquent
• Leur principal inconvénient est leur hydrolyse en ortho phosphates ;

85
• Phosphonates ( cationique-organique)
• Nous devons signaler qu’ils ont une action inhibitrice voisine des
poly phosphates, mais avec une résistance à l’hydrolyse infiniment
supérieure. C’est cependant leur action antitartre qui en fait de loin
leur principal intérêt. Ils attaquent le cuivre.

• Certains molécules phosphocarboxylique présentent d’excellents


propriétés anti-corrosion et anti tartre ; Leurs faibles toxicités,
constituent un avantage complémentaire.

86
• Poly silicates (cathodiques)
• Leurs performances ne sont pas bonnes à des pH inférieurs à 7 mais elles
sont excellentes dans les eaux à faibles teneures en matières en
suspension. A des valeurs de pH supérieurs à 7,5 et jusqu’à 9. En général,
ils sont employés avec d’autres inhibiteurs.
• Ils ne doivent pas être utilisés si la concentration en silice naturelle est
supérieure à 150 ppm.
• Le film protecteur est difficile à former et facile à détruire
• Ils protègent le cuivre et les alliages d’aluminium.

87
• Zinc (cathodique)
• Il contribue au colmatage en particulier à des valeurs de pH supérieurs à 8 et à des
concentrations supérieures à 3 ppm, bien qu’il se maintienne en solution à une
concentration de 5 ppm et à un pH de 6,5-6,7. La précipitation de l’hydroxyde de zinc
peut être maîtrisée par formation de complexe avec les phosphonates.
• C’est un aliment pour les microorganismes, à des concentrations inférieures à 1 ppm,
mais à des concentrations supérieures à 3 ppm, il devient toxique pour les
microorganismes présents.
• Il n’est jamais employé seul, souvent avec d’autres inhibiteurs car son film est assez
peu résistant.

88
• Molybdates (anodiques)

• Les molybdates sont très rarement utilisés seuls, sauf à très fortes
concentrations. Ils sont généralement utilisés avec le zinc à des pH de
7,5.
• Ils font partis des produits considérés comme toxiques. Leur usage est
réservé aux traitements des circuits fermés ou aux circuits dont le
rapport de concentration est très élevé.
• Ils sont très coûteux, parfois associé aux nitrites à pH alcalin.

89
• Nitrites (anodique)
• En général, ils ne sont pas utilisés seul. Ils nécessitent des pH élevés
>7,5. De fortes concentrations sont nécessaires, > à 500ppm. Ce sont
d’excellents inhibiteurs pour les systèmes fermés, mais ils ne
conviennent pas pour les circuits avec tour à cause de leur oxydation
rapide en nitrate et du fait qu’ils servent d’aliment aux microorganismes.
• Ils sont très toxiques pour les animaux aussi bien que les aliments.

90
L’encrassement microbiologique et ses traitements
• Les micro-organismes comprennent des bactéries, des algues, des champignons.
On peut trouver des bactéries n’importe où dans un système de
refroidissement. Les plus gênant sont les bactéries formant des boues
organiques et celles réduisant les sulfates.

• Les bactéries formant les boues se protègent des atteintes extérieures par une
épaisse couche gélatineuse. Quand ces organismes se déposent sur les surfaces
de refroidissement, cette couche peut grandement gêner la transmission de
chaleur. Elle peut aussi empêcher les inhibiteurs de corrosion d’entrer en contact
avec les surfaces métalliques, et donc, provoquer la corrosion des surfaces.
• La plupart des bactéries rencontrées dans le système de refroidissement sont
aérobies, elles consomment des composés carbonés et de l’oxygène avec
production de gaz carbonique.

91
• les bactéries du soufre par contre sont en plus liées à des problèmes de corrosion, les
Thiobacillus thio-oxydants (aérobies) oxydent le soufre, les sulfures ou les sulfates et peuvent
faire descendre le pH à 1, de plus ils sont en symbiose avec des bactéries anaérobies. Les
bactéries réductrices de sulfate se nourrissent de sulfates solubles et leur produit d’élimination
est le sulfure d’hydrogène : elles générent donc un environnement corrosif pour l’acier.

Production locale d’H2S (acide)


 Corrosion locale > 10 mm/an

92
• Les bactéries du fer : Gallionella, Crenothrix, etc, utilisent le fer comme source d’énergie pour
leur métabolisme suivant la réaction :

• 4FeCO3 + O2 + 6H2O ……..4Fe(OH)3 + 4CO2

• Il se forme d’énormes quantités d’hydroxyde de fer occasionnant un encrassement important. Ces
bactéries peuvent favoriser la formation de piqûres.


• Les bactéries nitrifiantes capables de transformer l’ammoniaque et les dérivés de l’ammoniaque en
acide nitrique. Par leur faible pH elles attaquent la plupart des métaux.
• Les bactéries du type légionelles (problèmes de santé beaucoup plus).

93
• ELIMINATION DES BACTERIES

• Un des biocides le plus employés est le chlore. La méthode


recommandée est d’ajouter du chlore à l’eau quittant la tour,
de telle manière que l’eau retournée contienne un taux
résiduel de chlore de 0,1 à 0,2ppm.

• Il n’existe pas de méthode simple pour calculer la concentration
de chlore nécessaire. La dose appropriée doit être déterminée
empiriquement pour chaque système.
• Des chocs à concentration plus importante peuvent être
employés.

94
• TRAITEMENT BIOCIDES
• Les traitements biocides se ramènent à trois types principaux :

1- DE TYPE OXYDANT
• - Chlore
• - Bioxyde de chlore (ClO2)
• - Hypochlorite de sodium ou eau de javel
• - Bromation
2- Non oxydant (biocides organiques)
3- Dispersants – Agents tensioactifs

95
Matériaux envisageable pour le dessalement de l’eau de mer par distillation
• Alliages cuivreux
• Les alliages cuivreux sont couramment utilisés pour réaliser les tubes des surfaces
d’échange.
• Le laiton à l’aluminium (76%Cu -22%Zn – 2%Al), le laiton amirauté (70%cu – 29%Zn –
0,04As) et le Monel (66,5%Ni – 31,5%cu) ont été longtemps considérés comme des
matériaux de base.
• On choisit habituellement le cupronickel 90/10(90%cu – 10%NI), ou dans des
conditions plus sévères, le cupronickel 70/30(70%Cu – 30%Ni). Les cupronickels
résistent bien aux différents de corrosion en eau de mer et sont utilisables jusqu’à
des températures de l’ordre de 120°c. Ils ne doivent cependant pas être exposés à
des vitesses importantes d’eau de mer (de 1à 3,6 m/s).
• Titane
• Le titane et certains de ses alliages sont parmi les matériaux les plus performants du
point de vue de la tenue à la corrosion, mais ce sont des matériaux onéreux. Leur
utilisation est réservée aux endroits les plus exposés à la corrosion dans une unité de
dessalement.

96
• Aciers faiblement alliés
• Les aciers au carbone et les aciers faiblement alliés ont des taux de
corrosion très importants en eau de mer aérée (de l’ordre de 1mm/an).
S’ils sont utilisés, c’est principalement en raison de leur faible prix de
revient. Ces aciers sont protégés par une couche protectrice de peinture
renouvelée périodiquement, il faut cependant que la taille des appareils
soit suffisante pour permettre une inspection. Lorsque la température est
plus élevée, on utilise alors l’acier ordinaire plaqué, soit par un alliage de
cuivre (cupronickel), soit par un acier inoxydable.

97
QUALITÉ REQUISE SELON LE NIVEAU DE PRESSION

Les qualités requises pour les eaux de chaudières s’expriment sous forme d’une limitation de la teneur en
impuretés de l’eau. Leurs valeurs dépendent de la pression de service de la chaudière

Recommandation :
- APAVE (Association des propriétaires d'unité électrique et de vapeur)
- ABMA (Association Américaine de Fabricants de Chaudière) dans sa garantie standard de la
pureté de vapeur.

98
Caractéristiques des eaux de générateurs.
Les caractéristiques des eaux de chaudière dépendent :
 du type de générateur de vapeur,
 du régime de vaporisation,
 du timbre de la chaudière,
 de la qualité de la vapeur demandée par l'utilisateur,
 de la nécessité de protéger la chaudière et le circuit de distribution contre les
corrosions.
Afin de répondre aux problèmes rencontrés, le maintien des caractéristiques de
l'eau dans les générateurs doit se faire dans une fourchette d'autant plus serrée que
le timbre est élevé ou qu'il est demandé une bonne qualité de la vapeur.

99
Pression de service (Bar)

0 - 15 15 - 25 25 - 35 35 - 40 40 - 60 60 - 75 7
Eau d'alimentation
Oxygène
dissous(mesuré avant mg/l 0.02 (Elimination physique de l'oxygène dissout)
l'addition du réducteur
d'oxygène)
degré Français 0.5 0.3 0.2 0.1 0.05 0.05
Dureté totale

Matière huileuse mg/l absence 0.05 0.05


pH > 8.5
Fer Total non spécifiée 0.05 0.05
mg/l
Cuivre Total non spécifiée 0.03 0.03
Eau de chaufferie
Alcalinité M 100 80 60 40 15 10
degré Français
Alcalinité P 0.07 M 0.07 M 0.07 M 0.07 M > 0.5 M > 0.5 M
SiO2 200 150 90 40 15 10
TDS mg/l 4000 3000 2000 1500 500 300
Phosphates 30 to 100 31 to 100 20 to 80 21 to 80 10 to 60 10 to 40
pH 10.5 to 12 10 to 11

adoucie ou adoucie et carbonate libre


Eau d'appoint Déminéralisée
100
Paramètres caractéristiques :
 pH : limité en valeur inférieure et en valeur supérieure pour répondre aux risques de corrosion. Le
maintien du pH dans les fourchettes indiquées pourra être obtenu par utilisation d'une solution
tampon : mélange de phosphates (mono-, di- ou trisodiques).
 TH : limité en valeur supérieure : élimination des alcalino-terreux qui conduit dans tous les cas à
un passage sur lit de résine au minimum en cycle sodium.
Un adoucissement ne sera jamais suffisant pour éliminer totalement les ions calcium. L'injection de
phosphates permet de séquester la fuite calcique des adoucisseurs.
 Matières huileuses : absence pour éviter leur saponification du fait du maintien d'un pH alcalin.
 TAC et TA : limités en valeur supérieure afin de ne pas avoir une viscosité trop élevée (lutte contre
le primage). Ceci passe dans ceratins cas par une décarbonatation et dans tous les cas par un
ajustement des purges de déconcentration.
 Silice : limitée en valeur supérieure pour éviter les précipitations de tartres siliceux et les risques
d'entraînement de silice par primage (ou, pour les chaudières haute pression, un entraînement en
phase vapeur).

101
 Rapport silice au TAC : La silice étant d'autant plus soluble que le pH et le TAC sont élevés, ce
rapport permet de maintenir la silice essentiellement sous forme dissoute (limite la silice
colloïdale).
 Salinité totale : D'autant plus limitée que l'on désire une vapeur de bonne qualité donc non
polluée par primage : vapeur peu minéralisée et pour le cas de la vapeur saturée, sèche).
Remarque : le contrôle de la salinité peut se faire avec une bonne approche, en mesurant la
résistivité de l'eau. Ce contrôle peut d'ailleurs permettre une automatisation des purges.
 Chlorures : De part leur mobilité ils sont l'un des facteurs importants de la corrosion. Ils
peuvent en effet, se concentrer localement et entraîner ainsi une baisse du pH.
 Composés phosphorés : Le maintien d'une concentration en dérivés phosphorés permet dans des
conditions parfois différentes de :
o maintenir un milieu tampon par des mélanges de phosphates disodiques et trisodiques.
o précipiter les alcalino-terreux pouvant provenir du percement d'une colonne de résine et
éviter la formation de dépôts sulfatés. Les sels de réaction peuvent être dispersés par
utilisation de produits de conditionnement ad hoc (extraits végétaux, polymères de
synthèse),
o lutter contre la corrosion par formation de phosphates métalliques insolubles et peu 102
perméables qui renforce la protection des aciers.
 Oxygène : Elimination par dégazage thermique ou par voie chimique dans le cas de l'utilisation
d'un réducteur.
 Conductivité (ou résistivité) : C'est un paramètre essentiel pour la conduite des chaudières
électriques (celles basées sur la technologie à arc). Le dosage de réactifs permet d'amener l'eau
aux caractéristiques souhaitées.
 Fer et cuivre : Ils peuvent provenir des retours condensats et générer des problèmes dans les
chaudières électriques : création d'arcs parasites, et pour le cuivre être source de corrosion par
pile bimétallique (queque soit le type de chaudière).
A ces paramètres il y a lieu d'ajouter les concentrations en produit de conditionnement nécessaire
pour la protection du réseau vapeur et du réseau de retour des condensats.
Le contrôle des paramètres en chaudière se fait par prise d'échantillon. L'eau doit être refroidie
afin d'éviter une revaporisation qui modifie les concentrations en sels.
Les mesures sont réalisées à 20ºC ou ramenées à 20ºC : compensation de température sur pH-
mètre, conductivimètre,

103
CONDITIONNEMENT DE L'EAU ALIMENTAIRE DES CHAUDIÈRES

a - Dégazage thermique
L’eau déminéralisée contient un certain nombre de gaz dissous et, en particulier, de l’oxygène et du gaz carbonique.

La concentration de l’eau déminéralisée en oxygène et en CO2 dépend de l’origine de l’eau brute mais ne peut à une température donnée et à
une pression donnée, dépasser la solubilité du gaz dans l’eau ;
le tableau ci-dessous donne pour ces deux gaz leur solubilité en normaux litres de gaz par litre d’eau sous atmosphère de gaz pur à une
pression de 1 bar absolu.

- On voit que la solubilité des gaz décroît avec la température, par contre elle croît avec la pression.

- Cette variation de solubilité avec la température est utilisée dans les dégazeurs thermiques.

- L’eau alimentaire de chaudière est réchauffée par contact avec de la vapeur BP et le retour de condensats chauds.
104
b - Conditionnement chimique de l'eau

• Élimination de l’oxygène
Le dégazage thermique ne permet que l’évacuation partielle de l’oxygène comme le montre le tableau donnant la solubilité de l’oxygène. Afin
de poursuivre l’élimination de l’oxygène, il est nécessaire d’ajouter à l’eau alimentaire un réducteur puissant pour atteindre la teneur exigée
en eau alimentaire (10 à 30 ppb).
Le sulfite de sodium Na2SO3 réagit avec l’oxygène pour donner du sulfate de sodium Na2SO4.

Cependant, pour des productions de vapeur d’une pression supérieure à 60 bars, le sulfite de sodium amène deux inconvénients :
- il augmente significativement la salinité en chaudière par la formation de sulfate de sodium
- sous l’effet de la température il se décompose partiellement en SO2 et par réaction avec l’eau, il donne naissance à de l’H2S, deux agents
de corrosion acide
Pour les chaudières d’une pression supérieure à 60 bars, on a donc abandonné le traitement au sulfite et l’on utilise maintenant
l’hydrazine N2H4 sous forme d’hydrates d’hydrazine, autre réducteur puissant également utilisé comme combustible dans l’industrie
spatiale.

Le gros avantage de l’hydrazine, s’il n’est pas employé en excès est qu’il n’augmente pas la salinité puisque les produits de l’oxydation sont
de l’eau et de l’azote sous forme gazeuse.

105
• Protection contre l’entartrage

Le phosphate tricalcique (PO4)2 Ca3 est moins soluble que le carbonate de calcium aux températures d’exploitation de chaudières, il
présente en plus l’avantage de ne pas être adhérent.
En ajoutant à l’eau déminéralisée et dégazée du phosphate trisodique en dose contrôlée, les ions calcium passent majoritairement sous
forme de calcium trisodique en générant une boue non adhérente formant un film protecteur à l’intérieur des tubes de vaporisation.
Il importe cependant de contrôler la teneur résiduelle de phosphate en chaudière car l’entraînement de phosphate dans la vapeur par
primage conduit à des dépôts sur les ailettes des turbines de détente de la vapeur. De plus, le phosphate de fer qui se forme forcément en
chaudière (corrosion des tubes ou traces de fer dans l’eau alimentaire) peut conduire, s’il est en concentration suffisante, à des dépôts
qui, eux, sont adhérents.

106
• Conditionnement contre la corrosivité des condensats
Le gaz carbonique présent dans l’eau alimentaire accompagne la vapeur qui se forme. Lors de la condensation il se forme de l’acide
carbonique H2CO3.
Sans conditionnement particulier, on aboutit rapidement à la corrosion des circuits condensats bien connue des exploitants de réseaux
vapeur.
Cette corrosivité des condensats doit particulièrement être combattue lorsqu’un fort taux de condensats est recyclé dans le générateur de
vapeur (production d’électricité par condensation).

Deux technologies différentes peuvent être employées pour maîtriser cette corrosion :

- injection de produits alcalins volatils dans l’eau déminéralisée pour élever le pH au niveau de 9. On utilise l’ammoniac à
faible pression et de la cyclohexylamine ou de la morpholine pour des pression plus élevées.
Ces produits volatils sont entraînés par la vapeur au niveau du ballon supérieur et neutralisent le CO2 agressif lors du refroidissement de la
vapeur produite.

- injection d’amines grasses protectrices


Ces amines se déposent en chaudière et dans les réseaux vapeur et condensats sous forme de film protecteur continu protégeant l’acier
de l’agressivité du CO2.

107
• Purges de déconcentration

Pour maintenir en chaudière une salinité totale acceptable, une teneur en silice compatible avec les
machines motrices détendant la vapeur produite et ne pas atteindre les limites supérieures des
différents agents chimiques introduits dans l’eau alimentaire, il est indispensable de procéder à des
purges continues le plus souvent prélevées au niveau du ballon supérieur.
En marche stabilisée, le débit de purges continues est asservi au débit d’eau alimentaire avec un ratio
Ces purges sont coûteuses en énergie car les calories qu’elles contiennent sont mal récupérées mais
elles sont absolument nécessaires à la protection des équipements concernés par la production, la
distribution et l’utilisation de la vapeur.

108
IMPURETE RESULTAT S'ELIMINE PAR COMMENTAIRES

Gaz Soluble

Odeurs de l'eau nauséabonde: Se trouve principalement dans les


Acide Sulfhydrique (H2S) mauvais goût, et corrosif pour la Aération, Filtration, et Chloration. eaux souterraines et les cours
plupart des métaux. d'eau pollués.

Les amines neutralisantes sont


Corrosif, forme l'acide carbonique Désaération, neutralisation par utilisées pour empêcher la
Dioxyde de Carbone (CO2)
en condensat. alcalinisation. corrosion dans les circuits de
condensat.

Désaération & traitement


Corrosion (notamment par piqûre) Piquage de la tuyauterie, rupture
Oxygène (O2) chimique (Sulfite de Sodium ou
des tubes de la chaudière. dans les circuits de vapeur, etc.
Hydrazine)

109
Solides en Suspension
Tolérance approximative de
5ppm max. pour la plupart des
Sédiment & Turbidité Boue et primage calcaire. Décantation et filtration.
applications, 10ppm pour l'eau
potable
Se trouve principalement dans
l'eau de surface, causé par,
notamment, la décomposition de
la végétation. Les matières
organiques se décompose pour
former des acides organiques. Le
résultat est un pH d'eau
d'alimentation faible, qui provoque
l'attaque des conduites des
chaudières. Il inclut les diatomes,
Primage, moussage, les dépôts les moisissures, les films
Décantation; filtration, et
Matière Organique peuvent colmater les canalisations biologiques, les bactéries
traitement chimique
et causer la corrosion. manganiques/ferrique. Les
particules suspendues se
rassemblent à la surface de l'eau
de la chaudière et rendent difficile
la libération des bulles de vapeur
remontant à la surface. Le
moussage peut aussi être attribué
à l'eau contenant des carbonates
en solution dans laquelle un léger
précipité floculeux sera formé
110 à la
surface de l'eau.
Solides Colloïdaux Dissous

Moussage, dépôts dans la Entre dans la chaudière avec le


Huile & Graisse Coagulation & filtration
chaudière condensat

Les formes sont, dans l'ordre, des


Dépôts calcaire dans la chaudière, bicarbonates, des sulfates, des
empêche le transfert thermique, chlorures et des nitrates. Certains
Dureté, Calcium (Ca), et et l'efficacité thermique. Dans les Adoucissement, plus traitement sels de calcium sont
Magnésium (Mg) cas graves peut mener à la brulure interne dans la chaudière. réversiblement soluble. Le
ou à la rupture des tuyaux de la magnésium réagit avec les
chaudière. carbonates pour former des
composés à faible solubilité.

Moussage, carbonates forment


Désaération de l'eau d'appoint et Les sels de sodium sont trouvés
l'acide carbonate dans la vapeur,
Sodium, alcalinité, NaOH, de condensat de retour. dans la plupart des eaux. Ils sont
causent notamment la corrosion
Echangeur d'ion; Désionisation, très solubles, et ne peuvent être
NaHCO3, Na2CO3 du séparateur d'eau de
traitement acide de l'eau éliminer par précipitation
condensation, peuvent causer une
d'appoint. chimique.
fragilisation.

111
Entartrage important s'il y a Les limites de tolérance sont
Sulfates (SO4) Désionisation
présence de calcium environ 100-300ppm CaCO3

Le primage est causé par la


concentration en carbonate de
Primage, i.e. entraînement par la
sodium, sulfate de sodium ou
vapeur d'eau et de sels dissouts,
chlorure de sodium en solution.
peut provoquer des dépôts de
Chlorure, (Cl) Désionisation Le sulfate de sodium est trouvé
sels dans les surchauffeurs et les
dans beaucoup d'eaux aux USA,
turbines. Moussage si présent en
et dans les eaux où le calcium ou
grande quantité.
le magnésium est précipité avec
le carbonate de sodium.

Dépôts dans la chaudière, en


Fer (Fe) et La forme la plus courante est le
grande quantité peut inhiber le Aération, filtration, ion exchange.
Manganèse (Mn) bicarbonate de fer.
transfert de chaleur.

La silice se combine avec de


nombreux éléments pour former
Entartrage important dans les la silicate. Les silicates forment
Désionisation; procédé chaux-
Silice (Si) chaudières et les systèmes de des dépôts très tenaces dans la
soude, traitement par zéolite.
refroidissement. chaudière. Très difficile à enlever,
souvent seulement par acide
fluorhydrique.
112
DESSALEMENT DE L’EAU DE MER
ET DES EAUX SAUMÂTRES
Différentes eaux salines
Les problèmes de dessalement concernent principalement deux catégories d’eau salée :
*l’eau de mer
* les eaux saumâtres
Composition et salinité de l’eau de mer
-Mer Méditerranée 36 à 39 g/L
-Mer Rouge 40 g/L
-Mer Baltique 7 g/L
-Mer Caspienne 13 g/L
-Mer Morte 270 g/L
-Golfe arabo-persique 40 à 70 g/L
-Mer Noire 20 g/L
La salinité peut être très différente dans le cas des mers fermées ou peu ouvertes sur les masses
océaniques
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Salinité des eaux saumâtres
Généralement on appelle eau saumâtre une eau saline non potable, de salinité inférieure à
celle de l’eau de mer. En fait, la plupart des eaux saumâtres ont une salinité comprise entre
1 et 10g/L. Elles se présentent soit, sous forme d’eaux de surface, soit sous forme d’eaux
souterraines.
Dessalement – Généralités
Schéma général d’une installation de dessalement

Une installation de dessalement peut être schématiquement subdivisée en 4 postes.


-une prise d’eau de mer
-un poste de prétraitement
-l’installation de dessalement proprement dite
-un post-traitement

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