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Politiques économiques au Maroc: Analyse macroéconomique

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COURS

Economie du Maroc

Pr. Mustapha BOUACHOUCH 1


Introduction

Economie???

Définition: Absence d’une définition universelle


 L’économie est « une science qui étudie les choix des agents économiques (individus, ménages, firmes, Etat) dans
l’utilisation des ressources rares en vue de satisfaire leurs objectifs illimités (ex : besoin/désir de consommation, objectif de
profit,…) ».
 La problématique de l’économie : Ressources rares / Besoins illimités

Champs d’étude : On distingue 3 champs d’analyse de l’économie :


 Analyse micro-économique
 Analyse méso-économique
 Analyse macro-économique
 Notre champ d’analyse est le niveau macro-économie : L’étude des Politiques économiques adoptées par le Maroc selon un
ordre chronologique (depuis l’indépendance à nos jours) 2
Modèle d’analyse Pouvoirs publiques
Autorités monétaires

La politique économique (PE): « Ensemble des Instruments mis en ouvre par l’Etat pour atteindre certains objectifs »

Assurer la durabilité de :
Politique conjoncturelle -Croissance économique
-Développement

Instruments Objectifs Objectifs


de la PE à court terme à long terme

Politique structurelle Optimiser les variables de carré magique:


- Croissance économique
- Plein emploi
- Stabilité des prix
- Equilibre extérieur
Les instruments de la politique économique

Instruments à court terme Instruments à long terme


(Politique conjoncturelle) (Politique structurelle)

Ensemble des décisions prises par l’Etat à court terme Ensemble des décisions prises par l’Etat à moyen et à long

pour stabiliser les équilibres macro-économiques : terme pour transformer le système économique :
 La politique budgétaire,  La politique agricole,

 La politique monétaire  La politique industrielle,


 La politique de réglementation,
 La formation…

Ces deux instruments sont complémentaires


Objectifs à court terme: Croissance / Stabilité des prix / Plein emploi / Equilibre extérieur

1- La croissance économique : la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période
donnée. Elle est mesuré par la variation de PIB. Ce dernier mesure la richesse créée au niveau national. PIB= Somme des
valeurs ajoutées marchandes et non marchandes = Activités primaires + Activités secondaires + Activités tertiaires+ Services
non commercialisés (produit des administrations, services des salariés, des ménages)
 La croissance économique = (PIB1- PIB0 /PIB0)* 100

2- L’emploi revient à la lutte contre le chômage. Il est évalué par le taux de chômage = (Nombre de chômeurs / population
active)* 100.

3- L’équilibre extérieur : évalué par le solde de la balance commerciale (exportations/importations) = la différence, en termes
de valeur monétaire, entre les exportations et les importations de biens et de services dans une économie sur une période
donnée. On parle de solde commercial.
 Si la balance commerciale est positive  le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : « balance
excédentaire ».
 Si la balance commerciale est négative  on parle de « balance déficitaire ». 5
4- La stabilité des prix revient à la lutte contre l’inflation, elle est mesurée par le taux d’inflation (hausse des prix). On peut
utiliser l’indice des prix à la consommation (IPC) : L’IPC est la mesure du coût du panier des biens et services achetés. Si l’IPC
augmente le coûtIPC : Coût
de la du panier
vie aura des biens et services achetés.
augmenté.

La Var.% de l’IPC (courant –base) permet de déterminer le taux d’inflation :

Il nous indique l’évolution de coût de vie

Au Maroc, pour mesurer l’inflation, l’HCP utilise l’indicateur d’inflation sous-jacente. Il exclut:
 les produits à prix volatiles qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur
les marchés mondiaux (produits pétroliers, produits frais, viandes, fleurs et plantes,...)
 les produits à tarifs publics dont les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...) 6
Objectifs à long terme: Croissance / Développement

La croissance économique n'est qu'une des composantes du développement

 Le développement est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d'une population qui la rendent apte à faire
croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ». F. Perroux
 Le développement: est « l’ensemble des transformations des structures démographiques, économiques, sociales, mentales,
politiques… qui accompagnent la croissance et l'élévation du niveau de vie ».
 Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures à répondre aux leurs » Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987).

 Le développement est recherché, en général, par l'innovation (via la recherche) + l'investissement + l'éducation, la sécurité
+ la santé+ l’écologie+ ...
 Au Maroc le développement est mesuré par l'indice de développement humain (IDH) : l'espérance de vie + le niveau
d'éducation + le niveau de vie. 7
PLAN

Chapitre 1: Chapitre 2: Chapitre 3:

De l’Indépendance à 1982 De 1983 à 1993 De 1993 à nos jours

Modèle national de développement Stabilisation et Ouverture et poursuite de la libéralisation


libéralisation : PAS
Chapitre 1: Les politiques économiques au Maroc (1956 à 1983)

SECTION 1: POLITIQUES CONJONCTURELLES

I. Politiques Budgétaires
1- Recettes ordinaires 2- Dépenses Ordinaires
1-1. Recettes fiscales: 2-1. Biens et services
 Impôts directs  Personnel
 Impôts indirects  Autres biens et services
 Droits de douane 2-2. Intérêts de la dette
 Droits d’enregistrement et de timbre  Intérieure
1-2. Recettes non fiscales:  Extérieure
 Monopole et participations 2-3. Compensation
 Privatisation 2-4. Remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux
 Domaine
 Autres recettes

3- Solde Ordinaire
4- Dépenses d’investissement
5- Solde des comptes spéciaux du trésor
6- Soldes des SEGMA
7- Déficit/ Excédent Global
8- Variation des instances (ordres de paiement en instance de visa et de règlement)
9- Besoin/ Excédent de financement
10- Financement intérieur: Dont : Adjudication + Dépôts au trésor + Compte courant à BAM
11- Financement extérieur: Tirage et dons + Amortissement

CHARGES ET RESSOURCES DU TRESOR


1 Les dépenses budgétaires (1955-1983)

Structure des dépenses

Les dépenses de la dette (Prévisions en


Dépenses de fonctionnement et d’investissement entre 1966-1983 (en millions
millions de DH)
de Dh)
1956-1965 : Absence des statistiques. En générale,
il y avait une augmentation des dépenses
notamment de fonctionnement
 1956-1965 : Augmentation des dépenses notamment de fonctionnement
 1966-1973 : Evolution stable
 Les dépenses évoluent de manière régulière et lente
 Les dépenses de fonctionnement dépassent les dépenses d’investissement
 La dette publique était très raisonnables.
 1973-1977 : Explosion des dépenses (notamment d’investissements)
 Les dépenses d’investissement commencent à augmenter dépassant ainsi les dépenses de fonctionnement.
 Les dépenses de fonctionnement ont également augmenté
 La dette publique commence à augmenter
 1978-1982 : Continuité d’augmentation des dépenses:
 Les dépenses d’investissement restent à un niveau élevé
 Les dépenses de fonctionnement continuent à augmenter de manière progressive
 La dette publique a fortement augmentée
1.1 Politiques de dépenses publiques

1955-1973 1973-1982

Augmentation progressive des dépenses: prédominance Expansion - récession des dépenses d’investissement
des dépenses de fonctionnement

55-65 : Activisme 66-73 : Orthodoxie 73-77 : Activisme 78-82: Orthodoxie


- Plan biennal (58-59 ) - Plan triennal (65-67 ) - Plan quinquennal (73-77) - Plan triennal (78-80)
- Plan quinquennal (60-64 ) -Plan quinquennal (68-72 )
I- Augmentation progressive des dépenses: prédominance des dépenses de fonctionnement

A. 1956-1965 : La reconstruction de l’économie et de l’Administration

Au lendemain de l’indépendance, le Maroc avait besoin de restructurer son économie pour faire face aux impératifs de
croissance. Il a recruté fortement pour investir l’administration laissé vacante par le départ des français et de répondre aux
attentes sociales Ainsi il a mis en place des plans d’équipement et d’industrialisation:
a. Le plan biennal 1958-1959 : est un plan d’équipement.
b. Le plan quinquennal 1960-1964 : fixait 3 objectifs fondamentaux : (Industrialisation - Développement du secteur
agricole- Formation des cadres).

 Ces plans ont contribués à une augmentation des dépenses publiques notamment celles de fonctionnement 
Déséquilibre 14
B. 1966-1973 : Orthodoxie budgétaires

Face aux déséquilibres de la période précédente, les pouvoirs publics ont mis en place des plans de stabilisation :
a. Le plan triennal 1965-1967 : a fixé les objectifs fondamentaux suivants :
 Croissance du secteur agricole jugé prioritaire (politique des barrages)
 Développement des industries légères exportatrices.
 Développement du tourisme
 Formation des cadres.
b. Le plan quinquennal 1968-1972 : a pour priorité la «planification familiale »

 Ces plans ont permis de réduire la croissance des dépenses notamment de l’investissement = stabilisation.
II- 1973-1982 : Politique d’investissement stoppée

A. 1973-1977 : L’activisme budgétaire

1973 : Progression phénoménale des dépenses suite à plusieurs facteurs:


1) Le triplement des prix
Elaboration du plan quinquennal 1973-1977 (Barrages, routes, constructions scolaires et
des phosphates en 1973 :
universitaires...)
 Hausse des subventions alimentaires
 Accroissement des recrutements
 Hausse des salaires (+26 %)

La conjecture est marquée également par : Un choc pétrolier de 1973 + Une augmentation des dépenses militaires
(conflit du Sahara) + Une accélération de la croissance de consommation = à cause de la hausse des salaires + la
croissance démographique

1975 : La chute des prix des phosphates + La Réalisation des objectifs de la période précédente (1973-1975)
sécheresse devenait difficile

Solution? Endettement extérieur  La hausse des taux d’intérêt

 Graves déséquilibres : Ces facteurs constituaient des obstacles pour assurer l’équilibre budgétaire  Elaboration du plan de
stabilisation (plan triennal 78-80).
B. 78-82 : Orthodoxie budgétaires : effort de stabilisation

Le plan triennal 78-80 était essentiellement récessionniste. Ses orientations principales sont : Intégrité territoriale + Indépendance
économique (interdiction de l’importation et production locale= import- substitution) + Répartition plus équitable des fruits de la
croissance=régionalisation)

Toutefois Cette période est marquée par une continuité d’augmentation des dépenses

Pourquoi? Rigidité budgétaire = d’investissement et de fonctionnement

 Cette rigidité exerçait une pression sur les dépenses publiques qui commence à peser sur l’autonomie de la politique économique.

Endettement extérieure : Depuis 1976, les dépenses de la dette ont fortement augmenté à cause de Plan
Solution? quinquennal (73-77) qui a nécessité des dépenses dépassant largement les ressources vers un endettement
profond.

Toutefois, la situation conjecturelle est influencé par certains facteurs défavorables : Graves sécheresses en 1981+ Hausse des prix
du pétrole + Troubles sociaux de juin 1981 à Casablanca.

 Le Plan de stabilisation n’a pas pu être maintenu au delà de 1979 d’où la nécessité de la mise en œuvre d’un Programme
d’ajustement structurel avec la Banque Mondiale (BM) et le Fond Monétaire International (FMI).
2 Les recettes budgétaires (1955-1983)

2.1 Politiques fiscales

A. 1955-1972 :

a. Structure des recettes fiscale

 1955-1970 :
- Les impôts indirects et les droits de douanes occupaient une part importante dans les recettes fiscales par rapport aux impôts
directs.
 1970-1972 :
- Les impôts directs ont fortement augmenté  Mais ils sont restés en dessous des impôts indirects
- Les droits de douanes ont diminués

Prédominance des IIN, puis des DD et enfin des ID


b. Le système fiscal : (1955-1972)

 1956- 1960 : Le Maroc reconduit le système fiscal hérité de la France:


 La fiscalité directs comportait essentiellement le Tertib : Taxe urbaine sur la valeur locative des propriétés bâties; Taxe
d’habitation; Prélèvement sur les traitements et salaires; Impôt sur les bénéfices
 La fiscalité indirecte : Droits de marchés ruraux, Droits des pauvres, Vérifications des poids et mesures…
 Autres : droits de douane; taxes intérieures sur les biens de consommation; taxe sur les transactions avec exonération du
commerce de détail; droits d'enregistrement et de timbre…

 1961 -1971: La fiscalité marocaine (la constitution de 1962) :


 Taxes intérieure à la consommation: au début appliquées aux tabacs, vins et alcools, les produits pétroliers puis aux
produits de consommations courantes : le sucre, le thé, le café…
 Taxe sur le chiffre d'affaires : appliqué sur l'eau, l'énergie électrique, le gaz et les produits pétroliers, les produits
pharmaceutiques, radiodiffusion et télévision, les fournitures scolaires, les huiles alimentaires… avec une exonération des
produits de première nécessité tel le pain, les farines, le lait, le sucre, les produits agricoles…
 L'impôt sur travail: prélèvement fiscal sur les traitements et salaires de la population active du secteur public et privé.
 L'impôt des patentes + L'impôt sur les bénéfices professionnels: la taxation des professions libérales, industrielles et
commerciales
 Le changement de l’impôt agricole (1962) : La suppression de l’Impôt Tertib Agricole et son remplacement par un
nouvel impôt agricole. Le premier se réalisait à partir du rendement moyen de la terre alors que le deuxième sera évalué
sur la base du revenu potentiel, c’est-à-dire le revenu attendu en moyenne calculé sur la base de la capacité de production
de la terre.
1973-1982

a. Structure des recettes fiscale:

 La part des droits de douanes a évolué de 17 % à 27 %


 La part des impôts indirects a enregistré un net recul passant ainsi de 50 % à 41 %,
 La part des impôts directs a régressé légèrement passant de 25 % à 23 %.

 Prédominance des IIN, puis des DD et enfin ID


 Les DD ont évolués plus rapidement que les autres impôts

b. Le système fiscal (1972-1982) : La fiscalité marocaine a crée :


 Contribution complémentaire en 1972 (sur le revenu global des personnes physiques)
 Taxe sur le revenu des valeurs mobilières en 1972 (sur les plus-values et les dividendes)
 Plusieurs codes d’investissement sectoriels en 1973
 Plusieurs régimes économiques en douane en 1973

Dans l’ensemble: Malgré, l’augmentation des recettes, elles restaient


insuffisantes pour financer les dépenses de l’Etat (surtout après la chute des 1973-1982 : Recours aux Emprunts
prix des phosphates de 1975) et la structure du système fiscale n’a guère extérieurs
changé (Absence d’une réforme fiscale importante).
II. Politiques Monétaires (1955-1982)

- Les instruments de contrôle Direct :


• L’encadrement de crédit
• Sélectivité de crédit
• Le contrôle de change

Instruments Objectifs Objectifs


monétaires intermédiaires finaux

- Les instruments de contrôle Indirect:


• Le réescompte
• Les réserves obligatoires
• Plancher d’effets publics -Les agrégats monétaires -La croissance économique
• L’open Market -Le taux d’inflation -L’emploi
• Swaps de change -Le taux d’intérêt 21
-La stabilité des prix
• Opérations de mise en pensions -Le taux de change; -L’équilibre extérieur
1955-1973 1973-1982

Évolution des principaux instruments de régulation du crédit Suppression puis retour à l’encadrement du crédit

1955-65: 1966-73: 1978-82:


1973-77:
1 - Système des fiches 1 - Élargissement de 1 - Encadrement
1 - Réserve
2- Plafond de réescompte + Sélectivité de crédit +
monétaire et Plafond
+ Réserve monétaire + 2 - Seconde
réescompte + de réescompte +
PEP réforme des taux
Coefficient de 2 - Première réforme
2 - Encadrement de d’intérêt
trésorerie des taux d’intérêt +
crédit + Sélectivité + Sélectivité
Réserve monétaire +
PEP

« L’étude de la monnaie est, par excellence, le domaine de l’économie dans lequel la complexité est utilisée pour déguiser ou éluder la vérité et
non pour la révéler » John K. GALBRAITH, L’argent, Gallimard, idées, 1976, p.19.
- Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin. - Une citation de Henry Ford.
A. Évolution des principaux instruments de régulation du crédit jusqu’en 1972

a. 1959-1966 : Le système des fiches

 Utilisation de système des fiches pour agir sur la liquidité


 Transformation de la Banque du Maroc en établissement public autonome;
 Institution de la monnaie nationale (Dirham)

 Le système des fiches : est un instrument qui permet d’attribuer à chaque banque des quotas d’admission au réescompte
par nature d’opérations.
 Le réescompte consiste à acheter un effet avant son échéance qui l'a déjà escompté auprès d’un client pour se refournir en
liquidité auprès de la banque centrale.

Nécessité de mettre en place de nouveaux instruments monétaires : remplacement du système des fiches par le «plafond de
réescompte» et création de «coefficients de trésorerie».
b. 1959-1966 : Le plafond de réescompte et le coefficient de
trésorerie
1- Plafonds de réescompte
 Plafond de réescompte: La BC fixe un volume global du réescompte possible en fonction des dépôts collectés.
 En 1959: les autorités monétaires ont procédés à l’instrument du Plafond de réescompte

 Résultats : 1960 1962


Recours à l’institut d’émission 75 M dhs 152 M dhs
Les crédits bancaires 1077 M dhs 1464 dhs

 Ce système n’avait pas d’effet direct sur le volume des concours bancaires : les crédits bancaires étaient supérieurs aux recours à
l’institut d’émission:

Pourquoi ?: Alimentation des trésoreries bancaires par leurs maisons mères installées à l’étranger.

2- Coefficient de trésorerie
Le CT est le pourcentage des dépôts, des banques, bloqués dans leurs actifs et de leurs passifs : Avoirs (en caisse ou en compte)
à la BDM + Bons du trésor + Effets réescomptables.
 En 1963, les autorités monétaires ont fixés le CT au taux de 45 %
 Résultats : Augmentation des crédits bancaires.

Les banques ont pu couvrir le coefficient de trésorerie (de 45%)  Cette instrument n’a pas maîtrisé la
Pourquoi ?:
distributions de crédits par les banques.
c. 1966-1972 : L’introduction de nouveaux instruments de la politique monétaire

En 1966, des nouveaux instruments ont été élaborés pour rendre la politique monétaire performante dans leur action sur la liquidité
bancaire: Élargissement du système de réescompte + Réserves monétaires+ Plancher des effets publics + Encadrement du crédit +
Sélectivité du crédit

1- Élargissement du champ d’application du système de réescompte

 Inclure tous les concours mobilisables auprès de la BDM:


- Les bons de trésor détenues par les banques de l’excédent du plancher d’E.P.
- Les effets des crédits à moyen terme à l’intérieure du plafond de réescompte
 Permettre le hors plafond de réescompte aux secteurs jugés prioritaires + Suppression pour les autres secteurs.

2- Les réserves monétaires

Les réserves monétaires sont les dépôts des banques bloqués dans un compte d’avoirs à la Banque centrale.
 Le 11 février 1966, conserver une réserve monétaire dans un compte rémunéré 100% de l’excédent des dépôts à vue et à terme.
 En novembre 1966 le taux a été ramené à 25% de l’accroissement des dépôts à vue uniquement.
3- Plancher des effets publics

 Un effet public est une reconnaissance de dette qui est émise par l’Etat (notamment les BDT).
 En février 1966: imposer aux banques la conservation, chaque mois, d’un portefeuille minimum de bons de trésor à 6 mois + 25%
des dépôts à vue et à terme à l’achat de bons du trésor.
 Le P.E.P (instrument indirecte) était inefficace pour limiter la distribution des crédits surtout dans un contexte de surliquidité bancaire
: accroissement de la masse monétaire de 15,2%.

4- Encadrement du crédit + Sélectivité du crédit+ Instruments indirects

a- Encadrement du crédit, consiste à fixer chaque année un taux maximum de progression de crédits bancaires avec fixation de
plafonds individuels pour chaque banque. En cas de son dépassement les banques en question seront sanctionnées.
 En 1969, application de l’encadrement de crédit. Cette instrument a été supprimé en 1993.
b- Sélectivité du crédit : ouverture de crédit à des secteurs d’activité à promouvoir
Résultat:
1969 1970 1971
Progression de la masse monétaire 15,2% 8,3% 7,8%

L’encadrement du crédit et la sélectivité du crédit  ont permis à la fois de limiter la progression de la masse monétaire et de favoriser
certains secteurs prioritaires:

c- Instruments indirects :
 Le taux de la réserve monétaire a été modifié de 25% à 4% en 1971 .
 Le plancher d’effets publics a été relevé de 25% à 30% en 1972.
B. 1973-1982 : Suppression puis retour à l’encadrement du crédit

a. 1973-1977 : Politique monétaire fondée sur le désencadrement du crédit

Cette période correspond à la mise en œuvre du Plan quinquennal 1973-1977: relancer l’économie par la demande et accroître les
investissements (explosion). Ce plan s’accompagnait d’une politique monétaire expansionniste qui visait la croissance des crédits
d’investissement:
1- Désencadrement : Réserve monétaire + Plafond de réescompte

2- Première réforme des taux d’intérêt :


Intérêts débiteurs : Simplifier les taux, hiérarchiser leur structure et à les majorer de 1 à 2 points afin d’inciter les entreprises à
recourir à l’autofinancement.
 Intérêts créditeurs : Relèvement des taux et l’établissement de nouvelles possibilités de placement à la suite de la création par les
banques de compte à terme et bons de caisse de 1 mois à 3 mois (1,5%) et des comptes sur carnet des personnes physiques (3%).
 Toutefois  certains secteurs ont bénéficié des taux inférieurs  Sélectivité du crédit

 Le relèvement des taux débiteurs n’a pas freiné l’endettement des entreprises.
 Le relèvement des taux créditeurs n’a pas conduit les banques à réserver une part importante de leurs crédits au financement de
l’investissement.

 Forte augmentation de la masse monétaire  Augmentation des prix  Retour à l’encadrement


b. 1977-1982 : Politique monétaire fondée sur l’encadrement du crédit

La politique de stabilisation du Plan triennal 1978-1980 s’est traduite sur le plan monétaire par :
a. Retour à l’encadrement du crédit : Les instruments classiques (de désencadrement) n’ont pas pu établir les équilibres
fondamentaux  d’où le recours à la politique d’encadrement du crédit de manière à ramener la croissance de la masse monétaire à
un taux proche de celui du PIB  il est passé de 20,4% (1977) à 11,7% (1981).

b. Seconde réforme des taux d’intérêt afin de consolider l’assainissement de l’économie et d’assurer les ressources stables
nécessaires au financement des investissements:
 Les taux créditeurs ont été révisés à la hausse en décembre 1978 et en octobre 1980
 Les taux débiteurs ont été révisés à la hausse en 1980.

 Cette réforme n’a pas eu des résultats positifs:


 Les dépôts à terme ont plutôt servi à financer les crédits à court terme.
 La réforme a permis aux banques d’améliorer leurs situations au détriment de la réalisation des objectifs du plan triennal au niveau
de l’investissement

 Le (PAS)
SECTION 2: POLITIQUES STRUCTURELLES

I- Les politiques agricoles

1956 Début des années 60 1965-1985


Vision stratégique:
Absence d’une vision stratégique Remises en ordre l’agriculture, priorité du développement

Politiques: - Impôt agricole - Modèle de développement agricole


Incohérentes et sans visions d’ensemble - Réforme agraire - Politique des barrages
A- Les premières années de l’indépendance

Les Politiques économiques de cette période n’ont pas été stratégiques : Absence de la clarté de la vision d’ensemble et de la cohérence
des décisions prises. Par exemple:
 Distribution symbolique des terres de quelques milliers d’hectares.
 Application de l’Impôt Tertib Agricole : il se réalisait à partir du rendement moyen de la terre.

B- Début des années 60 : « Remises en ordre » par le plan quinquennal 1960-1964

a - Élaboration de « l’impôt agricole » (1961) : il est évalué sur la base du revenu potentiel, c’est-à-dire le revenu attendu en
moyenne calculé sur la base de la capacité de production de la terre. En plus il a détaxé largement les revenus agricoles et
particulièrement les plus élevés.
b - «Réforme agraire» : La réforme agraire a pour but de redistribuer ou de déconcentrer des terres de culture, soit pour fournir des
terres aux petits paysans et lutter ainsi contre la pauvreté rurale, soit pour favoriser les grosses exploitations dans une économie
mondialisée – conception libérale.
Initiée durant les années 1970, la réforme agraire au Maroc a vu l’attribution de 303.000 hectares de terres agricoles appartenant au
domaine de l’Etat. Les bénéficiaires sont devenus propriétaires, à condition de respecter certaines restrictions imposées par l’Etat par
exemple en matière de vente ou de location, en matière de succession… En d'autres termes, ils ne sont pas propriétaires de plein droit.
C- 1965-1985 : L’agriculture, priorité du développement du pays

a- Modèle de développement agricole:


La crise financière de 1964 a conduit à la première réunion du Conseil supérieur de la Promotion nationale et du Plan qui a
confirmé la priorité nécessaire à l’agriculture dans les plans de développement (plan triennal 1965-1967) :
 Satisfaction de la demande interne = « Autosuffisance alimentaire »
 Fournir les matières premières pour développer l’industrie
 Libérer la Main d’oeuvres pour autres secteurs : 70% de la population active dépendent de l’agriculture
 Financement des autres secteurs par le surplus de l’agriculture
 Produits agricoles = l’exportation= Devises…
Cette stratégie de développement se basait sur deux piliers :
 Modernisation du secteur traditionnel pour un objectif de réduire l’impact des aléas climatiques : par la recherche d’une
meilleure maîtrise de l’eau.
 Rentabilisation :
 Édification des barrages pour irriguer la terre
 Développer les périmètres d’exploitation de l’eau
31
 Orienter la production agricole vers les « cultures commerciales »
Sur le plan En 1966, le Maroc a adopté la politique des barrages:
méthodique Politique volontariste, Globale, Intégrée et Sélective

b- La politique des barrages


La politique des barrages a déployé plusieurs instruments d'intervention:
1- Investissements publics; 2- Subventions; 3- Quasi-exonération; 4- Crédit agricole; 5- Politique des prix; 6-
Encadrement, 7- Recherche de marchés externes (OCE+ AC).

- Investissements publics : Construction des infrastructures de base et les équipements de drainage de l'eau (construction
d’une quinzaine de grands barrages équipé près de 300000 ha dans les périmètres irrigués) et élaboration de Code des
Investissements agricoles (1969) : la mise en valeur des terres, la modernisation des exploitations et l'intensification de la
production.
- Subventions : Encourager l'acquisition des moyens de la modernisation (matériel agricole et d'irrigation, plantation de
vergers...).  Les zones aménagées pour l’irrigation ont bénéficié un prix très bas d’eau et une contribution symbolique au
coût des équipements.
- Quasi-exonération fiscale :
 Fiscalité directe : - Décision royale d'exonération des revenus agricoles
 Fiscalité indirecte : - Exonération de la TVA et de droits de douane: le matériel, le cheptel,
les produits agricoles (frais et transformés)… + des exportations
- Encadrement : Encadrement intégré de plusieurs producteurs (de cultures sucrières, de lait…) dans toutes les phases de la
chaîne de production par : l’obtention des crédits, le suivi des Offices de Mise en Valeur, l'exécution des traitements
phytosanitaires appropriés…
- Crédit agricole : Financement des zones des exploitations et des productions privilégiées par cette politique.
- Politique des prix : Réglementation des prix de certains produits de base: les céréales, le lait, et certaines cultures
industrielles (betterave, coton…) destinées au marché intérieur et déréglementation des prix des produits maraîchers, des
agrumes, de l'huile d'olive destinées au marché extérieur.
- Recherche de marchés extérieurs:
 1965 : Création de l'Office de Commercialisation et d'Exportation qui a pour objectif de mettre ses moyens
matériels et humains au service de la recherche des marchés extérieurs et des conditions de vente avantageuses.
 1969 : Signature d’un accord commercial avec la Communauté Economique Européenne (5 ans): Abattements
douaniers de certains produits agricoles (frais et transformés).

33
II- Les politiques industrielles

Années 60 1973-1983

Import-substitution Promotion des exportations

Protection Création des


Détaxation douanière entreprises Marocanisation
publiques

Contrôle direct Privatisation

34
A. Modèles de développement industriel : «Import-substitution» (années 60)

«Import-substitution» : C’est l’industrialisation par substitution aux importations. C’est permettre au pays de produire lui-même ce
qu'il importe pour développer son industrie nationale.
Sur le plan des méthodes, on peut distinguer trois instruments principaux : détaxation, protection et contrôle direct.

a. Détaxation:
Le Maroc a élaboré plusieurs codes d’investissements:
 Le code de 1958 : Remboursement des droits de douane sur les biens d’équipements, la réduction des droits
d’enregistrement…
 Le code de 1960 : Prime à l’investissement, Exonération des droits de douane…
 Le code de 1973 : Exonération de la taxe sur les produits, des droits d’enregistrement, de l’impôt des patentes, ristourne de
2% des intérêts sur les crédits de la B.N.D.E (Banque Nationale pour le Développement Economique)…
b. Protection douanière :
 Modifier le prix d’entrée des marchandises importées concurrentes des productions locales
 Donner des primes de compétitivité aux producteurs locaux.
c. Contrôle direct des flux de commerce extérieur :
 Prohibitions pures et simples, contingents tarifaires, interdictions d’importer des marchandises à des prix inférieurs à un prix
minimum…

Sans pour autant rompre avec la stratégie d’import-substitution, en 1973, l’État adopta comme objectif la diversification des industries
d’exportation : «Promotion des exportations»
B- Modèles de développement industriel « Promotion des exportations » (1973)

« Promotion des exportations » : Il s’agit de substituer progressivement aux exportations de produits primaires des
produits de plus en plus élaborés par la remontée de filières : Remplacer les exportations traditionnelles par de
nouvelles, plus intensives en capital et à plus forte valeur ajoutée (Ex. passer de l’industrie légère à l’industrie
lourde, en intégrant progressivement du progrès technique et en assurant la formation de la main-d’œuvre).
 Sur le plan des méthodes, l’Etat a adopté la politique de propriété du capital qui visait l’instauration de la souveraineté
économique nationale par la :
 Création des entreprises publiques,
 Marocanisation
 Privatisation

36
a. La création des entreprises publiques (1960 et 1970)

Durant cette période on observe une prolifération des entreprises publiques :


 ONCF, ONE, RAM, ONI (Office National d’Irrigation)…
 Entreprises publiques industrielles : Maroc-Chimie en 1962, SODERS (Société des dérivés du Sucre, SUCRAFOR (sucrerie de
canne et betteraves de l’Oriental)…
 Durant la décennie 80, la part des entreprises publiques atteint 45 % de l’investissement total

b . La marocanisation (1973)

Le transfert de la propriété étrangère aux Marocains (la marocanisation du capital). Dahir de la marocanisation du 2 Mars 1973.
La loi de la marocanisation établit deux listes d’activités de marocanisation :
 La première liste (1973) : activités commerciales, importation, activités concernant le bâtiment et les travaux publics, transports,
agences de publicité, entrepôts ….
 La deuxième liste (1974-1975) : banques, assurances, activités concernant les produits alimentaires, cuir, montage de véhicules,
matériel électrique et électronique…
 Cette opération de marocanisation a permis un transfert du pouvoir économique au profit des partenaires nationaux (publics et
privés).
c. La privatisation

La privatisation est le transfert de la propriété d'une partie ou de la totalité du capital d'une entreprise public au secteur privé.
En 1970, le système économique du Maroc a témoigné la formation des groupes privés marocains (les familles commerçantes
et certaines propriétaires fonciers). Ils ont constitués le noyau du secteur privé. Cette formation est le résultat de la conjonction
de plusieurs facteurs :
 Association : Nécessité de certaines familles marocaines de s’associer pour surmonter la contrainte de financement dont
souffrent beaucoup d’entreprises personnelles et familiales,
 Marocanisation :
 Accès privilégié à l’appareil administratif de l’Etat et d’être proche du pouvoir politique
 Coopération avec les dirigeants économiques étrangers (associations de producteurs, de comités techniques et
professionnels)

Concentration de la propriété du capital

Configuration du secteur privé marocain : Secteur agricole, le commerce de gros, l’immobilier urbain, Industries de
transformation, Secteur financier…
SECTION 3 : CROISSANCE / DÉVELOPPEMENT

I. Croissance économique entre 1960 et 1982

P1 P2 P3 P4

Taux de croissance annuel du PIB


Taux de croissance des agrégats macroéconomiques

La croissance du PIB est la somme de plusieurs contributions :


Dépenses de consommation finale + investissement + variations de
stocks + solde commercial.
Composantes de la demande à la croissance économique

Taux d’investissement = (FBCF / PIB)*100 (FBCF : formation brute de capital fixe)


FBCF : est l’agrégat qui mesure l’ensemble des dépenses consacrées à l’achat de biens de production durables non financiers (à l’exception des
terrains) réalisés par les producteurs résidents (publiques et privés) sur une période de 12 mois
Consommation finale : addition de la consommation finale des ménages et des administrations publiques.
1 Croissance économique entre 1960 et 1971

- Le taux de croissance du PIB a été deux fois négatif, enregistrant la plus forte baisse (-2,4%) en 1961 et la plus forte
croissance de (12,5%) en 1962.
- Le PIB agricole a connu une croissance moyenne de 7,9%,
- Le PIB non agricole a enregistré une croissance moyenne de l’ordre de 4,8%.

- Le taux d’investissement, variait entre 10% et 15% avec une contribution à la croissance économique de 2,8 points  Les
efforts d’investissement sont marqués par l’implantation d’une industrie de base et l’intervention de l’Etat dans le domaine
industriel afin de valoriser les ressources nationales.

- Les échanges extérieurs, la contribution des exportations nettes à la croissance était de l’ordre de (-0,8 points).  Ces
résultats peuvent trouver leur explication dans l’échec de la politique de substitution aux importations, la part des
exportations /PIB est restée quasi stable à un niveau de 23%.
2 Croissance économique entre 1972 et 1982

- La croissance du PIB a été légèrement inférieure avec un taux de croissance annuel de 4,9%:
- Le PIB agricole n’a cessé de régresser, puisqu’elle représentait plus que 26,5% dans les années 60, alors que sur la période 1972-
1982 cette part était de l’ordre de 19,4% en moyenne annuelle.
- Le PIB non agricole a affiché un taux annuel moyen de 6,2%.  Cette performance est due aux programmes d’investissement
publics de cette période.  Le secteur des services avait nettement contribué à cette performance. Sa part dans le PIB était 48,6%.

- La consommation finale: elle contribuait à la croissance par 5 points (gagnant 0,4 points par rapport à la période précédente). Elle a
représenté des niveaux qui dépassaient les 90%.

- Le taux d’investissement: a connu une hausse considérable, comparativement à la période précédente: de 12,4% à 22,9% du PIB
(grâce à l’augmentation des prix des phosphates et les conditions favorables du financement extérieur) avec une contribution à la
croissance économique de 2 points.  Par rapport à la période précédente (contribution de 2.8 points), cette augmentation semble n’a
pas un effet notable sur la croissance économique  Ceci montre que les investissements réalisés étaient moins efficaces que ceux
réalisés durant la période antérieure.

- Les échanges extérieurs: Le Maroc souhaitait relancer la croissance économique par une contribution plus importante de la demande
extérieure (promotion des exportations). Or, cet objectif n’a pas été atteint.  La part des exportations de biens et services dans le PIB
est restée pratiquement au même niveau que celui des années 60 soit 23,6%.  Ceci s’est traduit par une contribution négative des
exportations nettes à la croissance de l’ordre de -2,7 points du fait de l’augmentation importante des importations des biens
d’équipement.
II. Développement entre 1960 et 1982

1 Dépenses de santé et d’éducation

Dépenses publiques pour l’éducation et la santé en % du PIB

 Les dépenses de santé entre 1975 et 1983 sont variés autour de 1% du PIB.
 dépenses de l’éducation après avoir varié entre 5 et 6,5 % du PIB entre 1975 et 1982,
 Au total, les dépenses sociales concernant la santé et l’éducation ont été d’une grande stabilité en pourcentage du PIB,
malgré un doublement (1981) de la population marocaine depuis l’indépendance.
2 Chômage
Taux de chômage= (Nombre de chômeurs / population active)* 100

Taux de chômage urbain en % (15 ans et plus)

La population marocaine est multipliée par deux entre 1961 et 1981. Le taux de chômage urbain était autour de 10 % de la
population en âge de travailler (15 ans et plus) entre 1976 et 1983
CONCLUSION:

Croissance sans développement


Chapitre 2: Programme d’ajustement structurel (1983 à 1992)

Introduction:

Rappel : Situation économique avant le PAS :


Au début des années 1980 les principaux indicateurs économiques ont témoigné d’une grave détérioration de la situation économique
du pays:

 Choc pétrolier  Conflit du Sahara.


 Chute des prix du phosphate,  Augmentations des dépenses
 Sécheresses (1981) …
 Endettement extérieur excessif
 Troubles sociaux

 Pour faire face à cette situation le gouvernement a mis en place un Programme d’ajustement structurel (PAS).
Définition du PAS: est un programme de réformes économiques mis en place par le FMI et la BM pour permettre aux pays
touchés par de grandes difficultés économiques de sortir de leur crise.  Est un ensemble de dispositions qui agissent sur la
conjoncture et les structures du pays, résultants d'une négociation entre un pays endetté et le FMI pour améliorer son
fonctionnement économique. Les dettes sont données par tranches successives sous forme de prêts d'ajustement structurel ou
des prêts d'ajustement sectoriel.

Le PAS avait deux piliers la stabilisation + la libéralisation et deux objectif globaux : croissance économique +
développement:
 La stabilisation: Rétablir les équilibres macroéconomiques + Réduire la dette extérieure;
 La libéralisation : processus de transformation du secteur économique dans un objectif de rendre libre l'accès à ce secteur
par les différents agents économiques, privés ou publics. Elle signifie la fin du monopole d'une administration ou d'une
entreprise (publique ou privée) sur une activité.
 La croissance économique: la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période
donnée (généralement longue). Elle est mesuré par le PIB.
 Le développement: est l’ensemble des transformations des structures démographiques, économiques, sociales, mentales,
politiques, etc qui accompagnent la croissance et l'élévation du niveau de vie.. Il est mesuré au Maroc par l'indice de
développement humain (IDH) : l'espérance de vie + le niveau d'éducation + le niveau de vie.

Pour atteindre ces objectifs, un ensemble de mesures de stabilisation et d’ajustement ont été élaborées par le gouvernement et
appuyées par une série d’accords de confirmation avec le FMI et de prêts d’ajustement sectoriel de la Banque Mondiale. Elles
ont touché l’ensemble des aspects de l’économie : les dépenses budgétaires, la fiscalité, la masse monétaire, l’agriculture,
l’industrie et le commerce,... 46
SECTION 1: POLITIQUES CONJONCTURELLES

I. Politiques Budgétaires d’Ajustement Structurel

1 Politique de dépenses publiques (1983-1992)

Les Politiques de dépenses publiques avaient pour objectif :


 Croissance ralentie de recrutements,
 Gèle des salaires, Politique de rigueur budgétaire
 Réduction des subventions des produits alimentaires
 Réduction des dépenses d’investissement.

Evolution des dépenses de la dette publique


Graphique : Évolution des dépenses entre 1984-1992 (en millions de DH) (Prévisions en millions de DH)
Dépenses de fonctionnement :
Les dépenses de fonctionnement ont connu des fortes augmentations:
- En montant: continuité dans la croissance (16,4 milliards de Dh en 1983; plus de 36 M en 1992).
- En pourcentage / PIB : légère baisse avec un niveau élevé (16,5 % en 1983 ; 14,5 % en 1992).
 Cette hausse s’explique par la rigidité budgétaire.

Dépenses d’investissement:
Les dépenses d’investissement ont connu des fortes diminutions:
- En montant : Une chute ( de 12,5 M Dhs en 1982 à 7,3 M en 1984)
- En pourcentage / PIB : 13,4 % en 1982 ; 6,5 % en 1984.
 La politique d’investissement a fait les frais de la politique de rigueur budgétaire adoptée.

Dette publique :
Les montants versés au titre du service de la dette (amortissements et intérêts) ont augmenté deux fois plus vite que les
dépenses de fonctionnement entre 1983 et 1992.
 Cette hausse s’explique par les frais de PAS
2 Politique fiscal (1983-1992)

Tableau : Évolution des recettes fiscales et non fiscale 1983-1992 (en millions de DH)

 Sur la base du tableau on constate un accroissement progressif des recettes fiscales et non fiscales:
- Les recettes non fiscales (inférieures que les recettes d’emprunts) ont enregistré une progression régulière jusqu’en 1988.
Elles se sont stabilisées, ensuite, autour de 10 milliards de dh (sauf en 1989).
- Les recettes fiscales ont enregistré une progression importante notamment après 1987 où les effets du nouveau système fiscal
commencent à apparaitre  Réforme fiscale radicale suivie d’un renforcement du poids de l’impôt
Cette réforme fiscale du PAS est fondé sur :
 Simplification et rationalisation du système fiscal
 Restructuration de l’assiette
 Afin de stimuler la croissance et générer un
 Abaissement de la pression fiscale surcroît de recettes

Sur le plan technique, cette réforme a abouti à:


 Instauration de la TVA (1986), de l’IS (1987) et de l’IGR (1988);
 Diminution des droits de douane à l’importation et quasi-disparition des droits à l’exportation;
 Mise en ouvre de la réforme de la fiscalité locale (1990). Il s'agit notamment : (patente, l'impôt libératoire ; la taxe sur le bétail;
taxes communales…

Graphique : Évolution des recettes fiscales (en millions de DH)


La part des ID, IND et DD dans les RF:
- Impôts indirects : Réduction = 44,2 % à 40,6 % (1992).
- Impôts directs : Croissance importante = 24,1 % (1983) à 31,6 % (1992)
- Droits de douane : Evolution assez irrégulière exemple: 23,3% (1983) à 17,7% (1987). 50
II. Politiques Monétaires d’Ajustement Structurel

1 Poursuite de la politique d’encadrement du crédit

 Encadrement du crédit
 Plafonds de réescompte + Sélectivité
 Achat de Effets de marché monétaire : Effets publics + Actifs de marché interbancaire

Tableau : Évolution du portefeuille de refinancement (en %)


1 - Principal instrument de la politique monétaire:
 Encadrement du crédit: la mise en place du PAS a conduit les autorités monétaires à continuer à appliquer de façon
systématique jusqu’en 1991, la politique d’encadrement du crédit comme principal instrument pour rétablir les équilibres
fondamentaux

2 – Plafonds de réescompte + sélectivité :


 Plafonds de réescompte: Cette technique a perdu son importance.  Disparition en 1988
 Facilités hors plafond: Renforcement de la part des facilités.  Depuis 1985, le recours des banques aux facilités à taux
variable s’est sensiblement élargi.  Le PAS n’a pas remis en cause la technique de la sélectivité en faveur des secteurs clés
de la croissance.

3 – Avances spéciales: effets publics + actifs de marché interbancaire


 Jusqu’en 1984, l’intervention de la BC sur le marché monétaire était limitée et concernait seulement les effets publics: le
recours du trésor par aux banques pour couvrir ses besoins
 En 1985, les interventions interbancaires sont progressivement préférées au recours à la BC.
SECTION 2: POLITIQUES STRUCTURELLES

I- La politique agricole de PAS

La politique d’ajustement structurel dans le secteur agricole ou «Programme d'ajustement à moyen terme du secteur
agricole» (PAMTSA):
 Prêts/Programmes à l'ajustement du secteur agricole (PASA 1 et 2)
 Prêts/Programmes à l'investissement dans le secteur agricole (PISA )
 Prêts/Programmes à l'amélioration de la grande irrigation (PAGI)

Les objectifs de PAMTSA :

 Désengagement de l’Etat dans l'agriculture  (est un aspect majeur) par :


 Redéfinition des rôles de l'État selon les impératifs du marché
 Suppression des subventions de l'État
 Libéralisation du commerce et des prix
 Amélioration de l'affectation des ressources
 Amélioration de la productivité agricole
 Formation et encadrement dans l’administration
Sur le plan des méthodes

 Privatisation des services de santé animale


 Privatisation progressive des activités commerciales
 Création de Fonds de Développement Agricole (FDA) 1986 pour :
 Intégration des différents programmes d'encouragements financiers de l'État, PASA 1
 Collecte et distribution optimale des ressources selon
les orientations de l’Etat (intensification de la production
animale, équipement des exploitations agricoles, aménagements
fonciers...)

 Dé-monopoliser les activités d’exportation des produits agricoles. Mesure isolée


de PASA 1 et 2

 Elimination des restrictions commerciales à l'importation,


 Suppression des subventions à la consommation des denrées de base PASA 2
 Libéralisation des secteurs concernés (farine, sucre, huiles alimentaires).
Résultats Le bilan de PAMTSA montre que les réalisations ne sont pas négligeables

Libéralisation – Subventions - Démonopolisation - FDA– Projets - Irrigation

 Libéralisation de plusieurs:
 Produits à l'importation : produits alimentaires transformés, denrées agricoles, graines oléagineuses.
 Prix : des céréales, légumineuses (sauf le blé tendre), lait, produits laitiers, engrais…
 Suppression des subventions correspondantes; de blé et de la pulpe de betterave sucrière; la privatisation des services
vétérinaires…
 Constitution des exportateurs privés (1996)  Mesure isolée de PASA 1 et 2
 Non maitrise totale de l’affectation des ressources de l'agriculture : notamment les investissements publics des petites
exploitations hors les périmètres d’irrigation
 Non application de plusieurs projets :
 Réforme du code des investissements agricoles,
 Réforme des terres "Bour"
 Loi-cadre forestière…
 Amélioration des conditions d’irrigation :
 Récupération des redevances d'eau de 75% et d’une part importante des coûts d'exploitation dans le projet d'irrigation.
 Adoption de la loi sur l'eau en 1995 de rationalisation d'utilisation de l’eau
 Création du Conseil supérieur de l'eau et du climat
 Création des " Agences de bassin : chargé de la gestion des ressources hydriques…
II. La politique industrielle de PAS

La politique d’ajustement structurel dans le secteur industriel ou Modèle de croissance de l’industrie nationale est un modèle
« libéral » de rationalisation de la structure de la protection et des incitations.
 La protection désigne l'intervention de l'État, dans le but de protéger son économie interne de la concurrence externe d'autres
États afin d’inciter la consommation de biens et services provenant du pays même plutôt que des pays étrangers.
 La protection, concernait seulement, les activités économiquement rentables

Les objectifs de modèle :


 La flexibilité des structures productives,
 La concurrence interne comme source de gain de productivité,
 La correction du système incitatif : Orientation du système productif vers des activités économisant les devises,
 La politique de propriété du capital : Mobilisation des ressources  vers les investissements industriels.

 1- Assouplissement de régime des prix et de système administratif


Sur le  2 - Politique de protection
plan des  3 - Politique de préférences de structure
méthodes  4 - Création de CCI et de CES
1 Assouplissement de régime des prix et de système administratif
 Assouplissement de régime des prix

 Avant le PAS (1971) : Réglementation des prix


Afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, éviter et prévenir l’inflation  le Maroc a mis en place la loi de 1971 qui
réglemente les prix. Cette loi réglemente trois catégories de produits:
 Liste A : elle comprend les produits de consommation de base, considérés comme importants du point de vue social (sucre, lait,
céréales, huiles alimentaires etc...). Leurs prix sont fixés par le Premier ministre.
 La Liste B : elle regroupe les biens d'une importance moindre, (comme les matériaux de construction ou des services dont le coût
peut être apprécié sans difficulté). La réglementation de ces produits relève d'une autorité administrative décentralisée (préfectures et
provinces).
 La liste C : elle concerne essentiellement des services dont les prix de vente sont en général déterminés par les conditions locales.
La fixation de leurs prix est de la compétence des autorités locales.
 Après le PAS (1983) : Déréglementation des prix.
On peut distinguer les modalités de régulation administrative des prix suivantes:
 Accords de Modération : fixation des prix en commun entre l’Administration et les producteurs,
 L’auto-révision : elle permet à l’Administration d’effectuer un contrôle a posteriori.
 Assouplissement de système administratif

 Assouplissement d’application des codes des investissements : La Lettre Royale (1989) a facilité l’application des
avantages du Code des Investissements au niveau des délégations régionales du Ministère du Commerce, de l’Industrie et
de la privatisation.
 Assouplissement des procédures du commerce extérieur : Établissement du Plan EXPORT (entre les administrations et
les représentants du secteur privé exportateur) a amélioré la gestion du transit portuaire des marchandises et des régimes
économiques en douanes.
 Assouplissement du régime des changes :
 Assurer le re-transfert des capitaux investis et des bénéfices des entreprises étrangères
 Dotation en devises de 20 % de chiffre d’affaires des exportateurs;
 Décentralisation de contrôle des changes au niveau des banques commerciales.
 Convertibilité totale du dirham en 1993.
3 Politique de protection
La politique de protection a connu un changement qualifié de la «libéralisation»  Orientation vers le libre-échange :
 Réduction de : l’intervention dans la définition des mesures de protection + Contrôle direct des flux de commerce extérieur + des
droit des douanes sur les importations.

Sur le plan technique Tarif douanier - Anti-dumping - Système des prix de référence- Réforme de protection industrielle

1 - Tarif douanier correspond à un document indiquant le montant des droits de douane prélevés sur les marchandises importées selon
la nature de la marchandise et son origine.
2 - Anti-dumping : Interdiction de dumping.
3 - Système des prix de référence: est un outil de contrôle direct. Il est divisé en 3 listes des produits:
 Liste A = libres à l’importation : Elle fixe les montants minimums des droits et taxes de douane à l’importation.
 Liste B = soumis à autorisation: importer les produits par l’autorisation des administrations techniques.
 Liste C= prohibés : Interdire l’entrée de la marchandise équivalente à celle produite localement.
4 - Réforme de protection industrielle :  Elimination du contrôle direct - Diminution et harmonisation des quotités tarifaires .
 Suppression de la Liste C
 Reclassement de la liste B à la liste A et compenser ce reclassement par une hausse de leurs prix de référence.
 Plafonnement du taux de protection tarifaire (57.5 % en 1991; 52.5 % en 1992).
 Réduction des écarts de taxation entre les différentes catégories de biens:
• Les biens intermédiaires =25 %;
• Les biens d’équipement= 25 %;
• Les biens de consommation = 33 %.
Résultats de la Politique de protection

Les droits et les recettes douanières en 1990 Charge fiscale sur les importations

 Le secteur industriel bénéficie d’une protection plus grande que les


autres secteurs.
 Les biens de consommation sont protégés plus que les biens  La réforme n’a pas diminué la protection
intermédiaires et les biens d’équipements.  Pourquoi ?

 Car les tarifs de certains produits ont augmentés : le passage de la liste B à la Liste A est compensé partiellement par le système
des prix de référence = la compensation était :1/5 des produits transférés dont les prix de référence dépassaient les prix unitaires à
l’importation de 1/3 en 1990.
4 Politique de préférences de structures

Le terme de « préférences de structures » est utilisés pour caractériser les préférences de politique de l’Etats dans le commerce
extérieur: Cette politique se fonde sur l’examen du niveau des droits de douanes + des mesures d’encouragement des
investissements.
L’État a marqué sa préférence pour le secteur agricole et la pêche + le secteur industriel

5 Création d’une commission consultative des importations et du Conseil Économique et Social

 En 1989 : Création de la CCI afin de veiller les intérêts des différents partenaires socio-économiques concernés par une
demande de protection ou une plainte anti-dumping.
 En 1992 : Création du CES dont ses fonctions est de déterminer la stratégie commerciale et de jouer un rôle d’arbitrage
dans la protection.
SECTION 3 : PAS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE / DÉVELOPPEMENT ?

I. PAS et Croissance économique (1983-1993)


Avant PAS Après PAS

Taux de croissance annuel du PIB


Taux de croissance des agrégats macroéconomiques

Avant PAS Après PAS

TAF :
Sur la base du graphe et des tableaux, analysez et discutez
la croissance économique de la phase concernée ?
La demande/la croissance économique
 Le taux annuel moyen de croissance économique a augmenté d’un niveau inférieur de 1,8% à 3,1%. Mais, la prise en compte de
la variation annuelle de la population (croissance de 2,1%) indique que l’accroissement du PIB réel/habitant n’a été que 1%.
 Le PIB agricole a augmenté en moyenne annuelle à 3,3%. Cependant, le secteur agricole a continué à alterner des hauts et des bas:
 Les années 1986 et 1987 : les plus bonnes années agricoles
 Les années 1987 et 1992 : les plus mauvaises années agricoles
 La dépendance de la croissance économique du secteur agricole est devenue structurelle.
 Le PIB non agricole a été caractérisé par une variation faible de ses taux annuels de croissance. Ils se sont situés entre 3,2% et 3,6%
(=moyenne de 3,4%):
 Le secteur industriel a connu des problèmes de compétitivité.
 Les services ont connu un taux de croissance relativement stable.
 La contribution de la consommation finale a diminué du 2,6 points à 2,4 points moyenne de 2,5).  Ce recul est dû notamment
aux politiques de rigueur adoptées dans le cadre du PAS
 La contribution des exportations nettes ont augmenté à 0,6 points grâce à la politique industrielle qui a entraîné une croissance
plus forts des exportations
II. PAS et développement

1 Les dépenses de la santé et de l’éducation

Avant PAS Après PAS

Dépenses publiques pour l’éducation et la santé en % du PIB

 Les dépenses de santé entre 1983 et 1995 sont varié autour de 1% du PIB.
 Les dépenses de l’éducation ont baissé en dessus de 5% du PIB en 1989
 Au total, les dépenses sociales de la santé et de l’éducation avaient une grande stabilité en pourcentage du PIB.
2 Le chômage

Avant PAS Après PAS

Tableau :Le taux de chômage urbain


 Le taux de chômage urbain a augmenté
 Les diplômés sont plus particulièrement frappés par le chômage

Tableau : Structure de la population active urbaine


 Précarisation de l’emploi
Dé-salarisation de l’emploi
 Développement du secteur informel
 Dé-salarisation de l’emploi:
 Diminution de la proportion des salariés de l’urbaine de 69,3% (1982) à 60,3% (1990)
 Diminution de la proportion des employeurs de 4,3% (1982) à 3,6% (1990)
 Augmentation de la proportion des autres statut de l’urbaine (indépendants, apprentis,…) de 26,4% (1982) à 36% (1990)

 Précarisation de l’emploi:
 Développement du travail temporaire pour les salariés
 Extension du travail des indépendant et des apprentis notamment pour les non salariés

 Développement du secteur informel : lieu d’insertion des déscolarisés + des sous- diplômés + des enfants :
 La déperdition scolaire a conduit à l’insertion des jeunes dans les activités informelles (de production et de commerce)
 Exclusion économique et sociale  survie des couches des plus défavorisées de la population.
CONCLUSION:

Recul de la croissance et des indicateurs sociaux


Chapitre 3 : Les politiques économiques du Maroc (1993 à nos jours)
I: Politiques Budgétaires

1 Politique de dépenses publiques (1993-2017)

A. 1992-2003
L’objectif principal : compresser les dépenses de fonctionnement et celles de la dette

Dépenses de fonctionnement et d’investissement Prévisions des dépenses de la dette


(en millions de DH) publique (en millions de DH)

Incompressibilité des dépenses de fonctionnement et de la dette et recul de l’investissement


 L’accroissement des dépenses de fonctionnement s’est fait au détriment de l’investissement maintenu autour de 20 milliards
de DH depuis 1993. Rapportées au PIB:
 Les dépenses d’investissement sont passées de 7,8% (1993) à 4,8% (2003)
 Les dépenses de fonctionnement sont passées de 15,1% (1992) à 18,2% (2003)
 La masse salariale est prépondérante au sein de cette structure des dépenses : représentant la moitié des dépenses
ordinaires, elle a plus que doublé entre 1990 et 2003.
 Le système de subventions des prix au consommateur (énergie et produits alimentaires de base) absorbe 6% des dépenses
totales.
 Les dépenses de la dette, après une croissance régulière, ont connu un léger recul depuis 2003 en raison de la baisse des
taux d’intérêts et de la conversion de la dette extérieure en financements

 Cette politique qui devait faire face à l’incompressibilité des dépenses de fonctionnement et des dépenses de la dette, a dû
limiter le niveau des dépenses d’investissement
69
B. 2004-2017 :
L’objectif principal : Rationaliser les dépenses et redresser l’économie

Dépenses de l’Etat (en millions de DH)

L’analyse de la structure des dépenses publiques démontre que :


 La part des dépenses d’investissement a augmenté au détriment des dépenses ordinaires
 Les dépenses ordinaires représentent toujours la part la plus importante dans les dépenses publiques,
1- Dépenses ordinaires

a- Dépenses de personnel (biens et services )

Les dépenses de personnel :


 représentent la part la plus importante dans la structure des dépenses du Budget de l’Etat.
 Augmentation continue de la masse salariale

 Les causes d’évolution de la masse salariale : « rounds » du dialogue social


 2012: La masse salariale en pourcentage du PIB a enregistré un de ses niveaux historiques les plus élevés  l’impact du
dialogue social (printemps arabe)
 2014: Augmentation du salaire net minimum de la fonction publique (3.000 dhs/mois),
 2017: Augmentation des effectifs de la fonction publique (de 525 049 salariés en 2007 à 570 165 en 2017).

Solution : Mise en ouvre de la loi de finances relatives aux dépenses de personnel pour maîtriser le poids de la masse
salariale. Cette loi fixe les règles de gestion budgétaires et comptables nécessaires au respect du caractère limitatif des crédits
71
de personnel.
b- Autres biens et services

Pour les dépenses des autres biens et services, leur contribution dans les dépenses ordinaires est passée de 17,4% en 2000 à 21,9% en
2017: faible progression de 3,2%
 La constitution d’une épargne budgétaire nécessaire pour appuyer l’investissement. Il s’agit des dépenses relatives à la :
• Consommation en eau et en électricité; Location et l’aménagement des locaux administratifs; Frais de missions, Organisation des
conférences et congrès ; Parc automobile; Matériels

2- Intérêts de la dette

En 2017: les charges en intérêts de la dette se sont élevées à 27,1 milliards de dirhams, :
 Les intérêts de la dette intérieure (23,3 milliards de dirhams)
 Les intérêts de la dette extérieure (3,8 milliards de dirhams).

Les charges en intérêts de la dette ont diminués en moyenne de 13,6% (2000-2008) des dépenses totales à 9,1% sur la période 2009-
2017  les intérêts de la dette intérieure occupent la part la plus importante des charges en intérêts de la dette du Trésor, soit plus de
80% entre 2000 et 2017.
 Cette prédominance résulte du changement de la stratégie d’endettement, qui s’oriente désormais vers le marché national afin de
réduire la dépendance du royaume vis-à-vis de ses créanciers étrangers. 72
3 - Charges de la compensation

Avec l’évolution des prix des produits énergétiques le système de compensation est devenu très onéreux et coûteux. Il
s’élevait d’une année à l’autre pour se situer à 54,4 milliards de dirhams en 2012, soit 6,4% du PIB ou l’équivalent du budget
annuel de l’investissement.
A cet effet, une réforme a été lancée, initiée par:
• Un premier réajustement des prix à la pompe,
• Suivie par la mise en œuvre d’un système d’indexation partielle et totale des prix pour le supercarburant, le gasoil et le fuel
N2 à usage industriel
• Une décompensation définitive et totale des produits pétroliers liquides avant qu’ils soient libéralisés en décembre 2015.
 Cette décompensation + diminution des prix des produits énergétiques au niveau mondiale  a contribué à l’atténuation du
déficit budgétaire, passant de 6,8% à 3,6% du PIB entre 2012 et 2017.

73
4- Dépenses d’investissement

Priorité : soutien de l’activité économique + stimulation de la croissance  : investissement pour accompagner les grands
chantiers et les grands projets : Plan Maroc vert + Plan émergence + Pan azur + Rawaj…
 Les dépenses d’investissement du Budget de l’Etat ont connu une forte accélération depuis l’année 2008, passant en moyenne
dans les dépenses totales de 16,5% à 20,8%.

2012:
• Dépenses d’investissement ont payé les frais d’augmentation des salaires (résultats de printemps arabe)
• Accumulation des reports de crédits: A cause de la faible capacité d’exécution et d’accompagnement de la part des
ordonnateurs de l’effort d’investissement opéré.  La bonne gouvernance : l’amélioration de la programmation et de
l’exécution des crédits d’investissement par un ensemble de mesure  Ces mesures ont permis de réduire le montant des
reports de crédits de 2015 à 2016 de 16,3 milliards de dirhams.

2017: Dépenses d’investissement se sont élevées en croissance de 3% par rapport à 2016.


2 Les recettes budgétaires (1993-2017)

A- 1993-2000 : Baisse des droits de douane et renforcement de la part des impôts directs

 Les impôts indirects ont connu une progression régulière. La part


des impôts indirects qui était de 47,3 % en 1993 a baissé à 43,2 %
en 1998
 les impôts directs ont connu une baisse. Depuis 1996:
augmentation moins régulièrement. La part des impôts directs dans
les recettes fiscales s’est sensiblement élevée passant de 26,6% en
1993 à 36,5 % en 2003
 Les droits de douanes ont enregistré une baisse dès 1995. La part
des droits de douane dans les recettes fiscales a régressé de façon
continue, passant de 21,6 % en 1990 à 15,8 % en 1999/2000. 
l’accord d’association avec l’Union Européenne. Cet accord a eu
pour conséquence une baisse de la pression fiscale sur les
importations 75
B- 2000-2017 : Amélioration de la fiscalité directe et indirecte au détriment des droits de douane

Recettes ordinaires:
• 2000-2017: Une amélioration remarquable des recettes ordinaires. Passant de 81,4 à 226,3 milliards de dirhams= croissance annuel
moyen de 6,2%:
• 2000-2008: croissance annuel moyen est de 10,7%,
• 2009 - 2017= croissance annuel moyen est de 3,7% entre
• Par rapport aux recettes non fiscales, les recettes fiscales occupent une part plus de 85% en moyenne dans les recettes ordinaires
1.Recettes fiscales:

Les parts des impôts directs, des impôts indirects, des


droits d’enregistrement et de timbres et des droits de
douanes dans les recettes fiscales sont respectivement :
 2000-2008 : 42,5% - 39,1% - 6,3% - 12,1%
 2009-2017: 44,6% - 42,4% - 7,6% - 5,4%

 Amélioration de la fiscalité directe et indirecte au


détriment des droits de douane
 Causes: Les accords tarifaires et de libre-échange
signés par le Maroc. Ce recul des recettes douanières a
été, en partie, compensée par des recettes de la TVA à
l’importation ( de 13,4% en 2000-2008 à 17,9% en
77
2009-2017)
Impôts directs:
• 2000-2006 où le volume de l’IR était supérieur à celui de l’IS
• 2007 à 2017 où le volume de l’IS est devenu supérieur à celui de l’IR  Performances des secteurs des télécommunications,
Bâtiment et Travaux Publics et le secteur financier + l’augmentation de l’effectif de la population fiscale assujettie à l’IS.

Impôts indirects: Depuis 1986, les recettes de TVA occupent une part importante dans les recettes fiscales: la première source de
financement de l’Etat et des collectivités locales  23,3% en 2000-2008 contre 28,9% en 2009-2017  TVA est l’impôt pivot de système
fiscal Marocain  (réforme de limitation des exonérations et réduction du nombre de taux de TVA en 2005 ).

1.2 Recettes non fiscales: leur contribution dans le total des recettes fiscales est passée de 10% en 2000 à 12,9% en 2017. Cependant,
l’analyse de leur évolution démontre une fluctuation de leur part d’une année à l’autre, en raison de la forte sensibilité de ses
composantes aux évolutions de la conjoncture, aux versements exceptionnels liés aux fonds de concours et aux éventuelles opérations
de privatisation.

Conclusion : Les impôts indirects restent toujours prépondérants, bien qu’en diminution relative, dans la composition des recettes
fiscales marocaines, contrairement aux pays développés où, c’est souvent l’impôt direct qui est le plus représentatif de la recette fiscale.
II. Politiques Monétaires (1993-nos jours)

A- La politique monétaire des années 90

Les grands traits de la politique monétaire à l’époque ont été, notamment:


 L’abandon des mécanismes de contrôle direct (suppression quasi-complète des emplois obligatoires),
 La libéralisation des taux d’intérêt,
 La réforme des marchés monétaire et financier.
 la modernisation des modes d’intervention de la Banque centrale.

Les emplois obligatoires : En effet, pour restituer aux banques commerciales le pouvoir de gérer leurs actifs selon les règles
du marché, les autorités monétaires marocaines ont pris des mesures. C’est ainsi que fut supprimé entre autres :
 Le plancher d’effets publics en 1998
 Le coefficient d’emplois obligatoires en crédits à moyen terme réescomptable, en crédits au logement et en créances nées
à l’étranger en avril 1994.
En conséquence, les emplois obligatoires des banques ont baissé de 53 % à 3% à la fin des années 90.
La libéralisation des taux d’intérêt : la libéralisation a concerné aussi bien les taux créditeurs que les taux débiteurs.
 Les taux créditeurs: leur libéralisation a été achevée en 1992 à l’exception des taux servis sur les comptes sur carnets qui
demeurent réglementés par souci de protéger la petite épargne et les dépôts à vue qui ne sont pas toujours rémunérés.
 Les taux débiteurs : la libéralisation complète a été retardée jusqu’en janvier 1996 afin d’éviter une flambée des taux que
le désencadrement aurait pu provoquer.

La réforme du marché monétaire : s’est effectuée, quant à elle, à travers la dynamisation du marché des adjudications des
bons du trésor d’une part, et la création d’un nouveau compartiment, en l’occurrence le marché des titres de créances
négociables (TCN) d’autre part.
La modernisation des modes d’intervention de Bank Al-Maghrib
A partir de juin 1995, la Banque centrale a modifié les modalités de refinancement du système bancaire en mettant en place un
dispositif comprenant quatre nouveaux instruments de régulation indirecte des agrégats monétaires. Il sont :

 Les avances à 7 jours sur appel d’offres : accordées à l’initiative de Bank AlMaghrib, à un taux qui constituait un
plancher pour le taux du marché interbancaire.

 Les avances à 5 jours : consenties à l’initiative des banques, à un taux qui constituait un plafond pour le taux du marché
interbancaire.

 Les avances à 24 heures : accordées à l’initiative des banques et à celle de Bank Al-Maghrib. Le taux appliqué à cette
catégorie d’avances était pénalisant pour les établissements bancaires.

 Les opérations d’open market : c’est une technique par laquelle la Banque centrale intervient sur le marché secondaire en
achetant et vendant des titres publics afin d’agir sur la liquidité bancaire.

 La réserve monétaire : contrairement à la plupart des emplois obligatoires, le rôle de la réserve monétaire, en matière
d’action sur la liquidité bancaire, a été maintenu même après la réforme. Notons enfin que Bank Al-Maghrib a maintenu la
fixation, chaque année, d’un objectif de croissance monétaire en tenant compte des perspectives conjoncturelles et des
prévisions économiques.
B- La politique monétaire des années 2000 : la stabilité des prix comme principal objectif : Libéralisation financière

L’adoption en novembre 2005 du Statut de la BAM a constitué un grand tournant pour la politique monétaire au Maroc. En effet, ce
Statut a conféré à la BAM l’indépendance en matière de formulation et de conduite de la politique monétaire et a érigé la stabilité des
prix en mission fondamentale de la Banque.
Dans son article 6, il est stipulé que « dans le but d'assurer la stabilité des prix, la Banque arrête et met en œuvre les instruments de
politique monétaire [...] À cet effet, la Banque intervient sur le marché monétaire en utilisant les instruments appropriés [...] ».

Les instruments d’intervention de Bank Al-Maghrib, tels qu’ils ont été réaménagés au cours des années 2000, peuvent être scindés en
deux types d’opérations, d’une part celles qui émanent de son initiative et d’autre part celles qui relèvent de l’initiative des banques.
 Les avances à 7 jours sur appel d’offres, accordées en cas de resserrement des trésoreries bancaires, à un taux correspondant au
taux directeur de la Banque centrale (fixé à 3% à partir de mars 2012). Les reprises de liquidités sur appel d’offres à même
fréquence, utilisées pour résorber les excédents et corriger les éventuels écarts vers le bas entre le taux du marché interbancaire et
son niveau compatible avec les objectifs de l’Institut d’émission.
 Les opérations d’open market : pour rappel, il s’agit d’interventions à la vente ou à l’achat sur le marché secondaire des bons du
Trésor. La vente ferme assure un retrait durable de liquidités alors que l’achat ferme permet d’alimenter les banques en monnaie
Banque centrale
 Les opérations de prise ou de mise en pension : c’est un contrat de gré à gré entre l’Institut d’émission et un établissement
bancaire, par lequel les deux parties conviennent de se céder en pleine propriété des titres moyennant un engagement de rétrocession,
à un prix déterminé à l’avance.
 Les swaps de change : ce sont des contrats de vente ou d’achat de dirhams contre devise, assortis respectivement de clause de rachat
ou de revente, à un taux de change prédéterminé. Ces opérations sont effectuées pour des besoins de politique monétaire par voie
d’appel d’offres ou de gré à gré
Thèmes des exposés
1- Politiques budgétaires de 2017 à nos jours : www.finances.gov.ma (tableau de bord des finances publiques)
2 - Politiques monétaires de 2012 à nos jours :
www.bkam.ma/Publications-et-recherche/Documents-d-analyse/Rapport-sur-la-politique-monetaire
3 - Politiques agricoles de PAS à nos jours : www.agriculture.gov.ma
 Plan Maroc vert
 Génération Green
4 - Politiques industrielles de PAS à nos jours : www.mcinet.gov.ma
 Plan Émergence industrielle
 Pacte national d'émergence industrielle
 Plan d’accélération industrielle
 Plan de relance industrielle
5- Croissance – Inflation – Chômage – Equilibre extérieure – Développement de PAS à nos jours :
www.finances.gov.ma et www.bkam.ma

Période Objectifs Instruments Résultats


Exercice 1:

Dans les plans de la décennie 1960, les modèles de développement Industriels au Maroc ont été combinés avec une
approche de type Industrialisation par Substitution aux Importations. Cependant, dans une deuxième phase, débutant en
1973, un nouveau modèle de développement est apparu, basé sur la promotion des exportations. L’État adopta comme
objectif la diversification des industries d’exportation (BELGHAZI, 2005).

Questions :

1- Définir la politique structurelle ?

2- Quelles sont les instruments d’intervention de l’état dans la stratégie industriel basé sur la promotion des exportations ?
Exercice 2:

« Le développement agricole : cette première priorité retenu par le plan triennale [1965-1967], résulte d’une évidence : 70% de
la population active du Maroc dépendent de l’agriculture, laquelle participe pour un tiers à la production nationale alimentant
42% des exportations et 30% de la consommation des particuliers ; or, dans cette branche de l’économie, les techniques
demeurent encore souvent rudimentaires, et le niveau de vie, généralement bas. Il est donc apparu comme une nécessité
primordiale de moderniser l’agriculture et de la développer pour faire face à l’accroissement de la population (environ 3% par
an) afin de conserver au pays sa position exportatrice, accroitre le revenu des agricultures et ainsi, leur pouvoir d’achat »

Note sur la Planification au Maroc (1973).

Questions :

- Quelles sont les piliers de la stratégie de développement agricole au Maroc (1965-1967) ?


- Quelles sont les instruments d’intervention de la politique des barrages ?
Exercice 3:

Graphique: Évolution des dépenses de fonctionnement et des dépenses d’investissement entre


1970-1983 (en millions de Dh)

Source : Bank Al-Maghrib


Question :
1- Définir la politique conjoncturelle ?
2- Analyser le graphique ci-dessus
Exercice 4:

Sujet de dissertation :

Depuis l’indépendance, la structure de dépenses publiques marocaines a connu une importante évolution et une mutation
profonde. Elle est passée par plusieurs phases :

 La première s’étend de l’indépendance au début de la décennie 1980,


 La seconde correspond au PAS (1983-1993),
 La troisième concerne la période allant des années 1990 à nos jours.

Dans cette optique, l’activisme et l’orthodoxie économique constituaient les deux instruments de la politique des dépenses
publiques. Analysez et discutez ces instruments dans le contexte marocain depuis son indépendance jusqu’au 2017 ?

Exercice 5:

Sujet de dissertation :
Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, les impôts indirects restent toujours prépondérants, bien qu’en diminution relative,
dans la composition des recettes fiscales marocaines, contrairement aux pays développés où, c’est souvent l’impôt direct qui
est le plus représentatif de la recette fiscale. Analysez et discutez la politique fiscale marocaine depuis son indépendance
jusqu’au 2017 ?
Comment traiter un sujet de dissertation?

 Introduction : Poser le contexte, préciser la problématique et annoncer le plan.


 Développement : Traiter la question en grands titres soulignés avec des sous titres
 Conclusion : Résumé, question / problématique…
« Au cours de la période 1973-1982, nous avons assisté à un retournement de la conjoncture macro-économique marocaine qui a
démarré de façon contrastée : à partir 1973 à une politique de l’activisme (budgétaire et monétaire) dans un contexte économique qui a
profité notamment de l’augmentation (triplement) des prix des phosphates. Mais, en 1975 avec la chute des prix des phosphates, le choc
pétrolier, conflit du Sahara…, l’activisme a cédé la place à l’orthodoxie.
Parallèlement à cette période, le Maroc a lancé une politique agricole globale et stratégique et il a remplacé ses exportations
traditionnelles par de nouvelles, plus intensives en capital et à plus forte valeur ajoutée afin de valoriser ses ressources naturelles
locales».
Question : Sur la base du texte, des graphes et des tableaux, analysez et discutez les principaux instruments de la politique
économique adoptés par le Maroc et leurs impacts sur la croissance et le développement du pays ?

La demande/la croissance économique


Taux de croissance des agrégats macroéconomiques

Dépenses publiques pour l’éducation et la santé en % du PIB Taux de chômage urbain en % (15 ans et plus)
1- Le travail doit être structuré selon les critères classiques :
1.1. La forme
 Introduction : Poser le contexte, préciser la problématique et annoncer le plan.
 Développement : Traiter la question en grands titres soulignés avec des sous titres
 Conclusion : Résumé, ouverture d’une autre question / problématique…
1.2. Le contenu :
 Traitez chaque instrument avec sa définition + explication des résultats de cet instrument
 Exposez les raisonnements, les explications, les exemples et les démonstrations.
2- Les travaux qui se ressemblent ne seront pas acceptés
3- Les travaux copiés de cours seront rejetés
Sujet : « Les politiques économiques marocaines entre les années 1973 et 1982 ».

Introduction (2 pts)
 Contexte
 Problématique
 Annoncer le plan
I- Instruments des politiques économiques (1973 et 1982) (8pts)
A- Politiques conjoncturelles
a- Politique budgétaire
b-Politique monétaire
B- Politiques structurelles
a- Politique agricole
b- Politique industrielle
II- Croissance et développement (1973 et 1982) (8pts)
A- Croissance
a- Les agrégats macroéconomiques
b- La demande
D- Développement
a- La santé et l‘éducation
b- Le chômage
Conclusion (2 pts) 91
Définir les concepts suivants

 Système des fiches


 Réescompte (taux et plafond)
 Réserve monétaire
 Encadrement de crédit
 Politique de sélectivité
 Politique de stabilisation
 PAS
 La rigidité budgétaire
 L’orthodoxie économique
 L’activisme économique
 Politique fiscale
 Crédit de payement/crédit d’engagement/ reports de crédits
 Appel d’offre

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