Procès Ullens: Me Mayence "choqué" par les propos de la juge d'instruction: "C'est inacceptable"

Nicolas Ullens de Schooten, 61 ans, est accusé d'avoir assassiné sa belle-mère, Myriam Lechien, devant la propriété qu'elle occupait avec son époux, le baron Guy Ullens de Schooten. Retour sur la deuxième journée du procès Ullens.

Après une journée consacrée à la lecture de l'acte d'accusation et à l'interrogatoire de l'accusé, c'est au tour du juge d'instruction en charge de l'enquête et des enquêteurs de venir témoigner lors de la deuxième journée.

L'audience se clôture, les débats reprendront lundi matin

L'audience se clôture, les débats reprendront lundi matin avec l'audition des enfants et de la soeur de Myriam Lechien, abattue de six balles devant sa villa, le 29 mars 2023 à Lasne.

L'inspectrice confirme que l'accusé faisait des recherches pour des vacances

Sur une question de Me Mayence, l'avocat de la défense, l'inspectrice confirme que l'accusé faisait des recherches pour des vacances à Carcassonne, dans le sud de la France. "Ces vacances étaient prévues le jeudi suivant", note l'avocat de Nicolas Ullens.

Me Jean-Philippe Mayence s'offusque des propos de la juge d'instruction

"Tout le monde s'est précité pour dire non, il n'a jamais parlé de l'histoire du Congo, pourtant il en parle dès sa deuxième audition", commente Me Mayence. Tout le monde acquiesce.

"Ce qui a été dit tout à l'heure m'a choqué. Vous avez parlé de 'tactique de défense', notamment entre ces deux premières auditions. Pourriez-vous préciser sur quels éléments vous vous basez?"

"Le mot tactique était peut-être mal choisi, stratégie aurait été mieux. Pour vous répondre, dans la première audition, il est surtout question de l'aspect financier de l'affaire et pour les suivantes, on insiste surtout sur la relation familiale", répond la juge d'instruction.

"Tactique ou stratégie, c'est inacceptable d'entendre cela. Il parle de son père comme de son meilleur ami dès les premiers paragraphes de sa toute première audition", conclut Me Mayence.

L'héritage de Myriam Lechien a été divisé entre ses enfants et Guy Ullens

L'héritage de Myriam Lechien a été divisé entre ses enfants et Guy Ullens à sa mort, à hauteur de 50% du patrimoine chacun selon le droit suisse, rappelle un enquêteur.

Me Gilles Vanderbeck soulève une contradiction

Me Gilles Vanderbeck soulève une contradiction entre les auditions et l'interrogatoire de l'accusé qui a eu lieu hier. Notamment qu'il a pris sa Dacia pour être plus discret lors d'un rendez-vous prévu avec un contact dans le cadre de son "dossier Congo". "Il n'a jamais été question d'une opération relative au Congo", confirme l'équipe d'enquête.

Les investigations ont-elles pu objectiver les menaces dont parlait Nicolas Ullens?

"Non, ce que nous avons retenu des notices ouvertes, c'est qu'elles ont été classées sans suite", répond une inspectrice à une question de Me Laurent Kennes, l'un des avocats des parties civiles, soit les petits-enfants et enfants de Myriam Lechien. Nicolas Ullens expliquait porter régulièrement porter une arme car il faisait l'objet de menace dues à ces différentes professions.

L'audition des parties civiles reportée à lundi matin

Le président de la cour d'assises de Nivelles, Pierre Delcour, a reporté l'audition des parties civiles, initialement prévue ce vendredi après-midi à lundi, au vu de l'heure tardive.

L'audience reprend d'ici quelques minutes

L'audience reprend d'ici quelques minutes, les différentes parties au procès et le jury vont pouvoir poser leurs questions aux enquêteurs et la juge d'instruction, suite à leur exposé des investigations qui a duré près de huit heures ce vendredi.

3 millions d'euros ont été donnés aux petits-enfants

Les enquêteurs reviennent sur le patrimoine de la famille Ullens, entre les années nonante et 2000. Tous les enfants ont reçu une maison, de financement dse études (Harvard pendant 15 ans notamment). Ils ont aussi touché pour 15 millions d'euros chacun en rente, cadeaux et projets divers. 3 millions ont été donnés petits-enfants.

Des notices en pagaille à la Sûreté

Du temps où Nicolas Ullens travaillait pour la Sûreté, il a ouvert deux notices (des dossiers judiciaires, NdlR) contre des collègues mais aussi contre Didier Reynders. Toutes ont été classées sans suite. La Sûreté avait elle aussi ouvert des notices à l'encontre de son ancien employé.

"La victimisation de Nicolas Ullens"

"L'espèce de victimisation" de l'accusé Nicolas Ullens est "difficile à écouter", ont réagi les conseils de Geneviève Lechien, la soeur de la victime, à la sortie du premier jour du procès devant la cour d'assises du Brabant wallon.

Les avocats ont aussi réagi à l'attitude de l'accusé. "C'est compliqué parce qu'il a été assez flou sur sa version des faits et sur sa motivation."

Mes Justine Wayntraub et Marko Obradovic ont par ailleurs réaffirmé l'intention de leur cliente d'être présente pour le soutien à "son neveu et sa nièce" mais aussi pour "défendre l'honneur de sa soeur", qui, selon eux, a été "pas mal décriée" dans la presse.

Les avocats de l'accusé, Mes Mayence père et fils et ceux des enfants de la victime, Mes Vanderbeck et Kennes, n'ont pas souhaité faire de commentaires à la sortie de la salle d'audience.

A la fin de l'audience, les avocats des enfants de Myriam Lechien ont déposé un devoir complémentaire pour disposer du dossier relatif à l'altercation que l'accusé a eue lors de ses études à Louvain-la-Neuve avec un professeur. Il avait fini par lui mettre "sa main au visage".

Mayence : "aucune question sur les faits"

Me Kennes, dans sa dernière intervention, avait pointé les quelques répliques teintées d'humour de l'accusé -lorsqu'il a notamment fait référence à son passage à l'internat de Godinne qui l'a préparé à la prison- ou encore les quelques sourires qu'il a esquissés lors de son interrogatoire.

Me Mayence a alors rétorqué qu'il trouvait ça "assez considérable de s'expliquer sur quelque chose qui s'est passé il y a 40 ans" et que les avocats des parties civiles n'ont posé "aucune question sur les faits" à l'accusé.

Nicolas Ullens de Schooten, 61 ans, est accusé d'avoir assassiné sa belle-mère, Myriam Lechien, le 29 mars 2023, devant la propriété d'Ohain qu'elle occupait avec son époux, le baron Guy Ullens de Schooten.

La journée de jeudi a été consacrée à la lecture de l'acte d'accusation et à l'interrogatoire de l'accusé.

Vendredi, le juge d'instruction en charge de l'enquête et les enquêteurs viendront témoigner lors de la deuxième journée.

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