Incendie dans les Fagnes: la Belgique à la traîne pour combattre les feux de forêt? "Si j'étais une autorité politique, je me poserais des questions"
L'incendie des Hautes Fagnes met en lumière les limites des moyens belges, particulièrement dans les airs. Pour le colonel Stéphane Thiry, commandant de la Zone de secours Luxembourg, le pays doit désormais se poser la question de renforcer son arsenal.

- Publié le 17-08-2026 à 06h40
- Mis à jour le 17-08-2026 à 10h25

L'incendie qui ravage les Hautes Fagnes relance le débat sur les moyens mis à disposition des pompiers. Autopompes, camions-citernes, matériel pour les feux de végétation, capacités de pompage de la Protection civile, soutien logistique de l'armée…
Au sol, la Belgique n'est pas démunie. "Nous sommes bien équipés pour faire face à ce type d'incendie de manière isolée", estime Stéphane Thiry. Dans les Hautes Fagnes, c'est surtout le terrain qui change la donne. Ce n'est pas seulement de la forêt qui brûle, c'est tout qui brûle. Il y a de la tourbe et certains endroits sont inaccessibles, même à pied. Face à ces zones impossibles à atteindre, l'intervention aérienne devient essentielle. Et c'est là que le bât blesse."
"Je me poserais des questions"
En effet, la Belgique ne possède pas de flotte de bombardiers d'eau. Ses capacités propres reposent essentiellement sur les hélicoptères de la Police fédérale équipés de Bambi Buckets, capables d'emporter environ 1 000 litres d'eau. Bien loin, par exemple, des quelque 3 000 litres que peuvent transporter les Chinook néerlandais venus en renfort.
"Les seuls moyens existants en Belgique sont ceux de la police. Il y avait un seul hélicoptère disponible le jour où le feu a pris, souligne Stéphane Thiry. On va vous dire qu'il existe le mécanisme international, mais cela signifie que les moyens arrivent trois jours après. Si j'étais une autorité politique, je me poserais des questions, car nous sommes largement à la traîne si on compare le matériel de nos pays voisins…"
Plutôt des hélicoptères que des Canadair
Faut-il dès lors acheter des Canadair ? Pas nécessairement. Si des zones d'écopage existent – en théorie – en Belgique, les pompiers privilégient les hélicoptères. "Avec un point d'eau suffisamment proche, vous pouvez avoir une rotation toutes les six à huit minutes avec un nouveau largage. C'est également plus précis. Posséder des Chinook ne serait pas un luxe !"
La question d'un renforcement des moyens aériens belges est donc posée. Le ministre fédéral du Climat Jean-Luc Crucke (Les Engagés) ne souhaite toutefois pas ouvrir le débat en pleine crise. Son cabinet nous indique que "ces questions auront leur temps", la priorité restant aujourd'hui à la gestion de l'incendie et à la solidarité.