Blagues, remarques déplacées, regards, agressions... En Belgique, le sexisme au travail touche près de 9 femmes sur 10

Le sexisme au travail touche toutes les femmes, quels que soient leur âge, leur fonction ou leur secteur d'activité, selon une enquête relayée mardi par le Conseil bruxellois de l'égalité entre les femmes et les hommes (CEFH).

La loi visant à lutter contre le sexisme dans l'espace public est entrée en vigueur en 2014. Une étude menée par le bureau d'avocats Demos, en concertation avec la société civile, montre que cette loi a abouti effectivement à des condamnations mais que sa connaissance et sa portée sont trop limitées. De plus, le sexisme en ligne ne peut pas être sanctionné de facto.
Des faits souvent passés sous silence, plus de 75% des femmes ne signalant pas les faits subis. ©Copyright (c) 2019 Motortion Films/Shutterstock. No use without permission.

Cette enquête nationale menée par l'organisation JUMP - Solutions for Equity at Work indique que 87% des femmes déclarent avoir été la cible de sexisme dans un cadre professionnel (90% des femmes cadres salariées et 85 % des employées).

Ce sexisme se manifeste sous la forme de blagues et remarques déplacées (88%), regards ou sollicitations inappropriées (58%) mais aussi d'agressions réprimées par le Code pénal: 27% des femmes déclarent avoir été harcelées moralement en raison de leur genre, 21% avoir subi du harcèlement sexuel, 54% une discrimination ou exclusion professionnelle et même 12% une agression sexuelle.

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Des faits passés sous silence

Ces faits sont souvent passés sous silence, plus de 75% des femmes ne signalant pas les faits subis. Lorsqu'elles le font; près de deux tiers d'entre elles estiment ne pas avoir été protégées par leur employeur, et 20 % ont même été pénalisées à la suite de leur démarche.

En outre, 70% des incapacités de travail de plus de six mois liées au burn-out ou aux troubles anxieux concernent des femmes, qui représentent aussi 60% des malades de longue durée et jusqu'à 80% après 55 ans.

Tant que le sexisme ne sera pas reconnu comme un facteur structurel de risque psychosocial plutôt que comme une affaire relationnelle, "les dispositifs existants soigneront les conséquences sans toucher aux causes", indique le Conseil.

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Traquer aussi le "sexisme ordinaire et le sexisme d'ambiance"

Le CEFH demande dès lors que le sexisme, "y compris le sexisme ordinaire et le sexisme d'ambiance", soit inscrit comme notion autonome dans les politiques de bien-être au travail et dans l'évaluation des risques psychosociaux.

Le Conseil demande également à la Région bruxelloise d'activer ses leviers propres; (subsides, aides publiques, marchés publics et labels). Il plaide aussi pour la formation obligatoire des Services externes pour la prévention et la protection au Travail (SEPPT), des personnes de confiance, des médecins du travail et de l'Inspection du travail, pour l'exemplarité des pouvoirs publics comme employeurs et financeurs, ainsi que pour l'instauration d'une journée officielle de lutte contre le sexisme, sur le modèle du 25 janvier en France.

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