La cour d'assises en cause de Nicolas Ullens suspendue jusqu'en novembre: "Un coup d'épée dans l'eau"
Les réactions sont vives suite à la requête en récusation déposée ce mercredi à la cour d'assises de Nivelles où Nicolas Ullens, coupable de l'assassinat de sa belle-mère, devait être fixé sur sa peine de prison.

- Publié le 07-10-2026 à 20h08

Mercredi matin, Me Jean-Philippe et Quentin Mayence ont déposé une requête en récusation visant les trois juges de la cour d'assises de Nivelles qui ont siégé ces deux dernières semaines au procès de leur client, Nicolas Ullens, reconnu coupable la veille de l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien, le 29 mars 2023. En cause, le ralliement de la cour à un "7-5" sur une question accessoire lors de la lecture de l'arrêt sur la culpabilité de l'accusé. Les réactions ne manquent pas.
"On est surpris par la démarche, mais on ne connaît pas encore le fond de l'argumentation. La défense y voit une difficulté qui ne nous apparaît pas d'emblée. On doit analyser tout cela", commente Me Marko Obradovic, qui représente de concert avec Me Justine Wayntraub la sœur de la victime. "Est-ce que cette position sur la question accessoire entraîne un préjudice ? Quel est leur intérêt à contester ?", s'interroge-t-il à l'issue de l'audience qui est suspendue jusqu'au 4 novembre. "Un premier registre a échoué et ils ont décidé d'exercer tous les recours possibles et imaginables", estime-t-il.
"Nicolas Ullens de Schooten n'aura rien épargné à ses victimes", déplore Me Laurent Kennes, le conseil des enfants de "Mimi" avec Me Gilles Vanderbeck. "Mes clients sont complètement chamboulés. Ils attendaient la fin de ce procès et ça continue. On utilise toutes les ficelles pour essayer de s'en sortir. Quelqu'un qui assume, il assume pleinement. Aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, cet homme est condamné du chef d'assassinat", martèle l'avocat.
Pour ce dernier, la requête a peu de chance d'aboutir au regard d'un arrêt de la Cour de Cassation de 2017 qui permettrait aux juges professionnels de participer aux échanges avec les jurés et leur faire connaître leur point de vue. Une source judiciaire, non concernée par la présente affaire, abonde dans ce sens et évoque même "un coup d'épée dans l'eau."
"Que la requête aboutisse ou non ça ne changera rien à la culpabilité de Nicolas Ullens dès lors où l'on sait, même si ça n'aurait pas dû être le cas, que sept jurés sur cinq ont estimé qu'il avait prémédité son acte", nous souffle-t-elle.
Dans leurs motivations, les jurés ont estimé que les neuf minutes durant lesquelles Nicolas Ullens a patienté dans son véhicule sur le chemin donnant vers l'entrée de la villa de son père, le baron Guy Ullens, avant de percuter leur véhicule et de faire feu quasi directement, entre autres, étaient constitutifs d'une détermination sans faille et d'une préméditation. Le 29 mars 2023, il a abattu Myriam Lechien de six balles, en deux séquences. La septuagénaire, qui n'a pas eu le temps de reculer bien qu'elle avait enclenché la marche arrière, n'avait aucune chance de survivre. Nicolas Ullens, 61 ans, avait refusé d'abattre son père avant de se rendre de lui-même au commissariat le plus proche.
L'accusé reconnaît être le meurtrier de "Mimi" sa belle-mère, mais il contestait la préméditation, évoquant un "coup de sang" et des années de frustrations et d'humiliation familiale.