
Molenbeek-Saint-Jean (1080) fait partie de la Région de Bruxelles-Capitale. Cette localité est traversée par le ruisseau Molenbeek, qui lui donne son nom, et séparée de Bruxelles par le canal Charleroi-Bruxelles. On estimait en janvier 2022 sa population à 97 697 Molenbeekoises et Molenbeekois, répartis sur une superficie de 6,02 km². La ville s’est enrichie, au fil du temps, de la présence de plusieurs communautés issues du bassin méditerranéen (Italie, Espagne, Portugal, Maroc, Turquie, etc.), mais aussi d’Arménie, du Pakistan, d’Afrique et d’Europe de l’Est. À l’origine rurale, Molenbeek-Saint-Jean s’est progressivement industrialisée au cours du XIXe siècle. Habitants et gens de passages y visitent de nombreux édifices remarquables comme la Raffinerie (ancienne usine sucrière transformée en centre culturel dédié à la danse), l’église Saint-Jean-Baptiste ou le château du Karreveld. Depuis 2016, le MIMA, ou Millennium Iconoclast Museum of Art, accueille des expositions dédiées à l’art urbain et à la culture 2.0. La cinémathèque de la Communauté française de Belgique archive et conserve plus de 8 000 titres de films, même si elle ne dispose pas de salle de projection. Il s’agit donc d’une ville dynamique et de culture, qui s’est muée en un véritable melting-pot urbain.
Ce que nous écrivions, juste avant les élections précédentes :
A Molenbeek, la probabilité que le prochain bourgmestre soit une femme est grande. D’un côté, la MR Françoise Schepmans a des chances de rempiler : en 2012, sa liste libérale talonnait la liste du Bourgmestre sortant (son score personnel n'était d'ailleurs pas si éloigné de celui de Philippe Moureaux) et sa récente visibilité pourrait lui faire gagner des voix. Pour rappel, à l’issue du scrutin communal de 2012, le socialiste Moureaux avait été rejeté dans l’opposition après vingt ans de maïorat. De l’autre côté, il y a l’arrivée très remarquée depuis Schaerbeek de la socialiste Catherine Moureaux, la fille de l’ancien maïeur déchu. Celle-ci a bien l’intention de chasser la libérale du pouvoir, tout en sachant qu’elle devra manier subtilement l’héritage de son paternel et la nécessité de marquer la différence de génération politique. Ceci étant, la perspective d’une alliance socialiste-libérale n’est pas à exclure à Molenbeek, notamment parce que la bourgmestre actuelle est un peu lasse d’avoir à gérer une opposition au sein de sa propre équipe. Il est vrai que le CDH mais surtout Ecolo lui mènent la vie dure. Sans compter que la majorité reste un peu étriquée arithmétiquement parlant. Enfin, le MR pourrait aussi revendiquer davantage et faire fuir les partenaires actuels, qui seraient sans nul doute accueillis à bras ouverts par le Parti socialiste.
Et ce que nous écrivions juste après les élections communales de 2018 :
C’est un petit séisme qui s’est abattu dimanche à Molenbeek. Après six ans de majorité, la bourgmestre Françoise Schepmans n’a pas réussi à convaincre les électeurs et c’est la fille de l’ancien bourgmestre Catherine Moureaux qui a l’a emporté à la tête de la liste socialiste. Voici les résultats : CDH (8,39%, 3 sièges); Ecolo-Samen (8,18%, 3 sièges); Défi (4,76%, 1 siège); PS-SPA (31,34%, 17 sièges); N-VA (3,38%, 1 siège); PTB-PVDA (13,61%, 7 sièges); Liste du Bourgmestre de Françoise Schepmans (23,96%, 13 sièges). "Nous sommes premiers largement en tête", avait réagi auparavant Catherine Moureaux. "On dirait bien que c'est la majorité sortante qui perd des voix". Avec un score dépassant les 13%, le PTB-PVDA pourrait être la clé pour former une coalition à Molenbeek, en tout cas la "majorité progressiste" que souhaite Catherine Moureaux. Dirk De Blok, tête de liste du PTB a réagi de la sorte : "Ce soir, on va fêter et demain, on évaluera cela à tête reposée. C'est un signal clair des électeurs, contre les loyers qui augmentent et pour le soutien scolaire gratuit. C'est avant tout cela ce qu'on veut réaliser". Mais rien n'empêche une coalition PS-MR, si Catherine Moureaux et Françoise Schepmans parviennent à s'entendre. Mme Schepmans avait siégé avant 2012 dans une majorité avec Philippe Moureaux. Le parti Islam (1,8%) n'a pour sa part aucun élu.