Trottinettes électriques : le casque devrait être obligatoire dès septembre
L'arrêté royal est en cours d'examen au Conseil d'État. Le ministre Crucke espère toujours une entrée en vigueur à la rentrée.

- Publié le 14-08-2026 à 06h45
- Mis à jour le 14-08-2026 à 09h20

Encore en nombre relativement anecdotique avant l'ère du covid, la trottinette électrique a connu depuis un véritable essor. Lequel s'accompagne malheureusement de son revers de la médaille : outre le non-respect du Code de la route par une part non-négligeable de ses utilisateurs, le nombre d'accidents a explosé, passant d'un peu plus de 400 accidents avec blessés en 2020 à près de 2.500 l'an dernier. Dont une grande majorité avec blessures à la tête. L'an dernier, 13 décès ont été déplorés, selon le baromètre annuel de la sécurité routière publié par Vias.
Face à ce constat, le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) annonçait dans nos colonnes, en septembre dernier, vouloir imposer le casque à tous les utilisateurs d'engins motorisés dont la vitesse maximale dépasse les 20 km/h. En mars, le ministre confirmait ses intentions : l'arrêté royal était rédigé. Avec bon espoir d'une entrée en vigueur de l'obligation avant l'automne.
Où en est-on ? Les délais devraient être tenus. Le ministre Crucke espère même que l'obligation du port du casque pour les trottinettes électriques soit imposée dès le 1er septembre prochain, sauf retard de dernière minute. "L'arrêté royal prévoyant cette obligation pour les conducteurs de trottinettes électriques, gyropodes, segways et autres engins de déplacement motorisés pouvant dépasser 20 km/h poursuit actuellement son parcours réglementaire, indique le cabinet Crucke. L'avis du Conseil d'État est attendu dans les prochains jours. Sous réserve de l'aboutissement de cette procédure, l'objectif reste bien une entrée en vigueur le 1er septembre 2026."
Qui sera concerné ? Essentiellement les engins privés. Les trottinettes électriques partagées étant désormais bridées à 20 km/h, elles n'entrent plus dans la catégorie visée par l'obligation du port du casque. Les vélos à assistance électrique, bridés à 25 km/h ne sont pas non plus concernés puisque seuls les engins entièrement ne nécessitant pas d'effort musculaire de la part de l'utilisateur sont concernés.
Quid du gilet réfléchissant ?
À Paris, la ville, en plus d'imposer le port du casque aux trottinettistes, leur impose aussi celui du gilet réfléchissant. Un tel équipement pourrait-il voir le jour chez nous ? Ardent défenseur de la sécurité routière l'Institut Vias y est favorable. "Mais uniquement la nuit quand les conditions de luminosité de sont plus adéquates, plaide Benoît Godart, porte-parole. Car les trottinettes ont les feux très bas et on ne les voit quasiment pas. Surtout quand les conditions météo sont humides, les feux se prennent toutes les crasses. En journée, par contre, ça n'a pas de sens. Notamment pour les trottinettes partagées que l'on prend souvent à la va-vite. Les gens ne se trimballent pas toute l'année avec un gilet jaune au cas où."
Chez Crucke pourtant, on indique que le port obligatoire du gilet réfléchissant "n'est pas envisagé en Belgique à ce stade. L'approche privilégiée consiste à améliorer en priorité la sécurité globale de l'environnement routier, notamment les infrastructures et la cohabitation entre les différents usagers."
Immatriculation : une étude commandée

La volonté du ministre Crucke était aussi d'imposer l'immatriculation des trottinettes électriques, entre autres pour pouvoir identifier plus facilement les auteurs d'infractions ou de délits de fuite. "La mise en œuvre de cette piste se heurte aujourd'hui à une difficulté technique importante : contrairement aux autres véhicules, les trottinettes ne disposent pas d'un système généralisé de certification et d'identification, avec certificat de conformité et numéro de châssis standardisé", commente le cabinet du ministre de la Mobilité.
Le ministre a donc sollicité Vias pour réaliser une étude sur l'intérêt, l'efficacité et la faisabilité d'un tel système. Les résultats sont attendus d'ici la fin de l'année. "Le sujet doit également être traité au niveau européen. Dans le cadre du plan d'action contre la fraude dans le commerce en ligne signé avec les ministres Beenders et Clarinval, une des mesures prévoit de soutenir la mise en place d'un cadre européen permettant l'identification et l'immatriculation des trottinettes électriques."
Les trois ministres plaident pour une initiative européenne en la matière.
Un ralentisseur automatique bientôt imposé ?

La volonté du ministre était aussi d'imposer aux trottinettes privées un mécanisme déjà présent chez les opérateurs de trottinettes partagées : le ralentisseur automatique de vitesse à l'approche d'une zone sensible comme un piétonnier ou une école.
"La technologie de géorepérage est aujourd'hui principalement utilisée par les opérateurs de trottinettes partagées, confirme le cabinet Crucke. Les données disponibles montrent par ailleurs que les trottinettes en libre-service semblent être impliquées dans moins d'accidents et dans des accidents généralement moins graves que les trottinettes privées. La question du ralentissement automatique doit donc aussi être examinée au regard de sa faisabilité technique pour les engins privés."
Toutefois, le ministre rappelle que, dans les zones piétonnes, cyclistes et trottinettistes doivent rouler au pas et, en cas de forte affluence, descendre de leur engin. "Ces règles figurent tant dans le Code de la route actuel que dans le nouveau Code de la voie publique (NDLR : qui doit entrer en vigueur en juin prochain)."