"L'Amour est dans le pré", un phénomène télévisuel qui séduit le monde entier : Voici à quoi ressemblent les autres versions
L'émission, dont la 17e saison se termine ce dimanche sur RTL-tvi, est produite dans plus de vingt pays à travers le monde. Petit tour d'horizon…

- Publié le 23-11-2025 à 16h20

Alors que la 17ᵉ saison de L'amour est dans le pré s'apprête à livrer son dénouement ce dimanche sur RTL-tvi, le succès du programme ne se dément toujours pas. Les aventures sentimentales des agriculteurs continuent de rassembler un large public, faisant de l'émission une valeur sûre pour la chaîne privée, saison après saison. Ce phénomène télévisuel ne se cantonne pas à la Belgique. En 2025, l'émission est produite dans 21 pays à travers le monde. L'herbe est-elle plus verte ailleurs dans L'Amour est dans le pré ? Nous nous penchons sur ces différentes déclinaisons pour comprendre pourquoi ce concept séduit (presque) partout où il s'installe.
Lancé en 2001 en Grande-Bretagne, suite à une collaboration avec le magazine Farmer's Weekly, le programme intitulé Farmer Wants A Wife a rapidement conquis le cœur du public. À l'époque, le principe est novateur : Après avoir reçu du courrier, dix fermiers célibataires acceptent ou non de rencontrer leurs prétendantes lors d'un speed dating qui, s'il s'avère concluant, permet aux femmes de partager, pendant quelques jours, le quotidien de l'agriculteur qui fait battre leur cœur. Ce dernier ne choisit toutefois que l'une d'elles pour partir en voyage, et plus si affinités…
Des règles à respecter…
Tout comme pour les gros formats tels que The Voice, par exemple, les diffuseurs sont tenus au respect d'une charte concernant L'Amour est dans le pré. "Les agriculteurs choisis par le diffuseur doivent bien vouloir lever le voile sur leur vie pendant le temps de l'émission. Ils doivent avoir au moins cinq prétendantes et pouvoir accueillir deux ou trois femmes dans leur ferme", nous expliquait, en 2018, Andrew Wightman, Flying Manager chez Fremantle Global Entertainment dont le métier est de faire le tour du monde et de visionner les saisons en cours de préparation pour s'assurer que les codes du format sont bien respectés par les diffuseurs. Si la Belgique est "une bonne élève" en la matière, l'homme expliquait devoir toutefois régulièrement "remonter les bretelles" des productions des pays scandinaves.
… mais aussi des différences : "L'adaptation locale est essentielle"
Bien que le cœur du format reste inchangé, il existe toutefois quelques différences en fonction des pays où il est diffusé. Alors que les aventures d'Il contadino cerca moglie, version italienne de L'Amour est dans le pré, se déroule avec pour paysage les champs de blé et pour son, le chant des grillons, dans Jakten på kjærligheten, la version norvégienne, les fjords se retrouvent en toile de fond, notamment pour le fameux diner aux chandelles. Cette version comporte également une épreuve unique, celle du sauna partagé entre prétendants. De son côté, la version québécoise donne la chance à des fermiers et éleveurs hétérosexuels, homosexuels et bisexuels à trouver l'amour.

"Au-delà des différences culturelles et environnementales, des climats aux styles d'agriculture, certains territoires incluent des événements de groupe qui réunissent tous les agriculteurs et prétendants plusieurs fois pendant la saison, tandis que d'autres se concentrent sur chaque ferme individuellement, suivant une structure plus traditionnelle", explique Michelle Foreman, Productrice Exécutive de l'émission dont le rôle est de superviser le format global Farmer Wants a Wife en travaillant en étroite collaboration avec tous les territoires producteurs pour garantir que chaque adaptation reflète son marché local, à travers le casting, le ton et la programmation, tout en protégeant l'ADN fondamental du format. "Nous préservons l'intégrité du format de base, mais l'adaptation locale est essentielle. Les différences culturelles, climatiques et sociales signifient que chaque version doit résonner avec son propre public tout en restant fidèle à l'esprit de l'émission."

"Il y a plus d'agricultrices dans les pays scandinaves"
On note, par exemple, une plus forte présence d'agricultrices dans les pays scandinaves. "En général, c'est difficile d'avoir des agriculteurs qui écrivent aux femmes. On ne rencontre pas souvent ce cas de figure parce que ces derniers ont peur du regard de leurs amis. Il y a peut-être un peu de machisme dans le milieu rural, nous expliquait Andrew Wightman. La Suède et la Norvège, par exemple, sont des pays très ouverts à ce niveau-là. Certains diffuseurs insistent parfois sur le profil des agriculteurs. Ils veulent des femmes ou encore des agriculteurs gays. Je leur explique que, parfois, ça peut jouer en leur défaveur dans le sens où on ne choisit pas un candidat simplement en fonction de son orientation sexuelle. Il faut, avant tout, que ce soit un agriculteur intéressant qui attire le public et qui n'est pas ennuyant."
L'homme nous livre une anecdote : "Pendant un speed dating dans un des pays scandinaves, on a découvert qu'un homme avait été en prison parce qu'il avait tué quelqu'un avec un couteau, raconte-t-il. Il avait payé son crime donc, on lui a laissé une deuxième chance parce que la prétendante voulait mieux le connaître. Mais, dans certains pays, on aurait pu le virer de l'émission."
L'émission évolue également avec le secteur de l'agriculture. "On a vu apparaître des agriculteurs spécialisés dans les énergies renouvelables, des producteurs biologiques et des propriétaires de vignobles. C'est un excellent reflet de l'évolution et de la diversification continues de l'agriculture dans le monde", indique Michelle Foreman.
La patte de la version belge ? "La version belge a un merveilleux sens de la localité, les communautés agricoles sont familières au public, et les agriculteurs et leurs prétendants semblent souvent "proches de chez soi". Cette authenticité et ce lien avec l'identité régionale la rendent particulièrement captivante", expliquait Andrew Wightman.

De nombreux moments résonnent universellement. "L'anticipation lorsque les agriculteurs ouvrent les lettres, les premières visites à la ferme, les réactions des familles et les choix finaux. Ces moments fonctionnent à travers les cultures car ils touchent à quelque chose de profondément humain : l'espoir, l'amour et l'appartenance", explique Michelle Foreman.
Plus de 225 mariages et 565 bébés
Pourquoi le programme plaît-il toujours autant à travers les années ? "Le caractère vieillot de l'émission, sans hésiter !, nous lançait Andrew Wightman. Qui écrit encore des lettres aujourd'hui ? Personne ! C'est un retour aux sources qui fait du bien quand on est fatigué des sites de rencontres, des Tinder et compagnie. La romance vintage attire. C'est comme un bon rêve qui, en plus de ça, n'est pas fake ! C'est une émission qui change la vie."
"Les publics sont de plus en plus attirés par l'authenticité et la vérité émotionnelle – de vraies personnes, de vraies histoires et des connexions sincères, explique, de son côté, Michelle Foreman.. L'Amour est dans le pré est idéalement positionnée pour prospérer dans cet environnement. Ancrée dans la vie agricole réelle et dans des relations authentiques, elle continue d'évoluer tout en restant fidèle à la chaleur, à l'intégrité et à la proximité qui la caractérise." La productrice conclut en nous informant sur les projets de lancement du format dans d'autres pays."
Elle ajoute : "A ce jour, plus de 225 mariages ont eu lieu et 565 bébés sont nés grâce à l'émission. Cela illustre l'authenticité et l'impact du format."
Une "catastrophe" en Angleterre, une version 2.0 en Australie
Testé dans plus d'une trentaine de pays, le public a surtout accroché à l'émission en Europe, aux États-Unis, en Australie ou encore en Afrique du Sud. En Angleterre, par contre, la mayonnaise n'a pas pris. "Ça a été une catastrophe", reconnaît Andrew Wightman.
Aujourd'hui, alors qu'il va fêter ses 25 ans l'année prochaine, le format a encore de belles années devant lui, assure Michelle Foreman. "Il y a des projets pour lancer le format dans d'autres pays. Nous voyons continuellement de nouveaux marchés l'adopter. Par exemple, l'Australie a élargi sa portée avec une chaîne YouTube en parallèle de la version diffusée. Chez Fremantle, nous explorons toujours de nouvelles plateformes et stratégies pour garder nos formats emblématiques frais et accessibles."