"On joue avec la sécurité des Bruxellois" : l'incendie géant d'Anderlecht relance la polémique sur le manque de moyens des pompiers
L'impressionnant incendie qui a mobilisé d'importants moyens de secours samedi matin à Anderlecht ravive la colère des syndicats des Pompiers de Bruxelles. Selon eux, le sinistre démontre que les réductions d'effectifs et de véhicules envisagées mettraient en danger tant les intervenants que les Bruxellois.

- Publié le 06-06-2026 à 18h30

L'impressionnant incendie qui a mobilisé d'importants moyens de secours samedi matin à Anderlecht relance le bras de fer entre la direction des Pompiers de Bruxelles et les organisations syndicales. Pour ces dernières, l'intervention illustre concrètement les risques liés aux réductions d'effectifs et de moyens envisagées au sein du service.
Pour Frédéric Leroy, mandataire permanent du SLFP, cet incendie démontre précisément pourquoi les projets de réduction des moyens opérationnels inquiètent les syndicats.
"Sans deuxième autopompe, on était coincés"
"Notre direction veut diminuer les effectifs et le nombre de camions. Cet incendie prouve que ce serait une grosse bêtise", affirme-t-il.
L'intervention a mobilisé quatre officiers, cinq autopompes, trois auto-échelles, plusieurs ambulances, des équipes SMUR, des véhicules logistiques ainsi que des renforts extérieurs, dont une autopompe venue de Lennik et un drone de la zone de secours Vlaams-Brabant Oost.
"Sans la deuxième autopompe présente à Anderlecht ce samedi matin, nous n'aurions pas pu répondre à une autre urgence dans la commune. Si un second incident important s'était produit au même moment, la situation aurait été extrêmement compliquée", poursuit le représentant syndical.
Des effectifs jugés insuffisants
La colère syndicale intervient alors que les discussions sur le futur cadre du personnel restent particulièrement tendues.
Selon le SLFP, la direction aurait revu à la baisse ses ambitions en matière de recrutement. "On nous avait parlé de 48 engagements. Aujourd'hui, on nous annonce 41 recrutements alors que plus de 60 départs à la pension sont attendus. Cela ne permettra même pas de remplacer les départs", dénonce Frédéric Leroy.
Les syndicats pointent également des restrictions concernant l'engagement de personnel administratif.
Sur le terrain, ils estiment que les conséquences se font déjà sentir. "À Anderlecht, il devait y avoir 42 pompiers de garde ce samedi. Avec cinq malades, ils n'étaient plus que 37. On est déjà dans une situation de sous-effectif réel", affirme le syndicaliste.
Pour les représentants du personnel, les économies envisagées risquent d'avoir un impact direct sur les délais d'intervention. "S'il n'y a pas assez de pompiers, on ne sait pas arriver à temps pour sauver les gens. On joue sur la vie des pompiers et sur la sécurité des Bruxellois", prévient Frédéric Leroy.
Les syndicats estiment par ailleurs que les efforts budgétaires devraient être recherchés ailleurs. "S'il faut faire des économies, il faut regarder du côté du cadre supérieur où il y a trop d'officiers. Mais il ne faut pas toucher aux effectifs administratifs et opérationnels", conclut-il.