"Du mépris", "honteux" : voici ce qui ressort de la réunion d'urgence sur le carrefour Léonard ce vendredi après-midi
Aucun changement en vue au carrefour Léonard. L'accès Auderghem-Waterloo sera bien fermé ce mardi. La réunion d'urgence n'a abouti à aucune modification concrète. Côté francophone, on hurle au mépris. "On se sent pris en otage et mis devant le fait accompli."

- Publié le 12-04-2024 à 18h28
- Mis à jour le 12-04-2024 à 18h35

Les espoirs étaient, côté francophone, faibles. Et à juste titre. Rien ne change dans les plans du carrefour Léonard. Une réunion d'urgence a été organisée ce vendredi après-midi, au cœur même du vaste carrefour autoroutier en présence des autorités flamandes, du cabinet Van den Brandt et des communes concernées (Auderghem, Watermael-Boitsfort, Overijse, Woluwe-Saint-Pierre, Hoeilaart et Kraainem).
Conclusion de la réunion : rien ne change. "Ce n'était pas une concertation, mais une présentation", peste Matthieu Pillois (Défi), échevin à Auderghem. "C'est du mépris. Ils n'en ont rien à foutre des riverains. C'est honteux. En gros : démerdez-vous avec vos problèmes." "On se sent pris en otage et mis devant le fait accompli", abonde l'échevin sanpétrusien Alexandre Pirson (Les Engagés).

Petit résumé de la saga qui met à dos les trois régions. Le carrefour Léonard, croisement du Ring et de l'E411, fait l'objet d'une sérieuse et chronophage rénovation. Depuis le mois dernier, de grosses perturbations sont à déplorer avec la suppression d'une bande entre les Quatre-Bras et Léonard. Mais au compte-gouttes cette semaine, l'annonce d'embarras supplémentaires a fait fulminer Bruxelles et le BW. Dès mardi et ce jusqu'à octobre, il ne sera plus possible, en venant d'Herrmann-Debroux, de tourner à droite sur le Ring vers Waterloo. En juin, en plus de cela, il sera impossible de tourner à gauche depuis le Ring en venant de Waterloo pour rejoindre Auderghem et Herrmann-Debroux.

Lydia Peeters absente : "ce n'est pas d'un grand courage"
Ce vendredi à la réunion de crise, la ministre flamande Lydia Peeters (Open VLD) a brillé par son absence, pointent les Bruxellois. Ni elle, ni son cabinet n'ont fait le déplacement. "Ce n'est pas d'un grand courage", note Olivier Deleuze (Ecolo), qui dénonce un "amateurisme confondant" des autorités flamandes dans ce dossier.
Et il n'est pas le seul. Aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique, quantité de mandataires brabançons et bruxellois francophones sont montés au créneau ces derniers jours. Au fur et à mesure de la semaine et des nouvelles annonces d'embarras, le ton est monté à l'encontre des autorités flamandes et de Lydia Peeters. Les communes d'Auderghem, Watermael-Boitsfort et Woluwe-Saint-Pierre ont demandé, en vain, la suspension des travaux et prédisent un chaos routier aux délétères conséquences dans les quartiers résidentiels. Taxé de léthargie par des députés wallons, le ministre wallon Philippe Henry (Ecolo) a finalement demandé jeudi la suspension des travaux et a convoqué une conférence interministérielle.

Enfin, Auderghem a franchi une nouvelle étape ce vendredi en annonçant saisir les tribunaux en mettant en demeure la Flandre. La localité invoque notamment la loi spéciale du 8 août 1980. Elle prévoit : "les accès et sorties du ring autoroutier de Bruxelles (R0) ne peuvent être fermés ou rendus inutilisables qu'après concertation entre les régions au sein de la communauté métropolitaine." Une condition totalement bafouée aux yeux des Auderghemois.